15 janvier 2015

Journée historique pour le Franc Suisse

Aujourd'hui, après des années de manipulations inavouables, le franc suisse vient de recouvrer sa liberté dans le fracas et le chaos.

Annoncé par un simple communiqué de presse, l'événement - d'une amplitude quasi-cosmique dans le domaine financier - vient de propulser la monnaie de plus de 20% par rapport à l'euro, dépassant la parité. Il fallait 1,20 CHF pour 1 euro hier, aujourd'hui il faut débourser moins d'un franc!

dualité.jpgLes Suisses peuvent se réjouir, ils se retrouvent ce soir 20% plus riches qu'hier à la même heure, une bonne nouvelle dont les frontaliers seront les premiers à profiter. Mais la joie risque de ne pas durer. L'incertitude est immense sur l'attractivité économique, le commerce, l'immobilier, les placements.

Parmi les perdants dans la nouvelle donne il y a par exemple le tourisme local, ou les industries exclusivement tournées vers l'exportation et qui ne peuvent ni rogner sur les marges généreuses du luxe ni profiter d'une baisse de prix notable de l'importation de leurs matériaux. Pensons en particulier à Swatch dont le président Nick Hayek décrit ce qui vient de se passer ce matin comme un "tsunami" pour lequel "il n'a pas de mots".

Il y a trois ans et demi, lorsque le peg (le taux de change minimal entre CHF et EUR) fut instauré, j'écrivais que cette limite artificielle ne saurait durer et que cela finirait mal:

L'histoire nous donnes de nombreux exemples de pays tentant arbitrairement de lier entre elles deux monnaies flottantes à travers une parité fixe. Ces manœuvres ont invariablement débouché sur des catastrophes.


La mise en gras est d'origine...

Nous ne sommes qu'au début d'une crise majeure entièrement due à une coterie de banquiers et de politiciens attachés à la stabilité à n'importe quel prix, ce qui n'est pas la moindre des ironies.

Poursuivant sur leur lancée, les médias - et plus tard les politiques - travailleront d'arrache-pied en orientant l'information du grand public pour expliquer que la fluctuation retrouvée du franc suisse est une mauvaise chose. Par exemple, aujourd'hui, l'heure est à la panique boursière: le SMI chute de plus de 8%. C'est énorme. Sauf si on comprend que les valeurs suisses, cotées en franc suisse, sont soudainement surévaluées de 20% par le truchement des monnaies! Si vous aviez une action de la société Cor Des Alpes à 120 CHF, cette part valait 100 € hier ; aujourd'hui, après une chute de 8% elle ne vaut plus que 110.4 CHF mais cela représente désormais 106 € - l'investisseur étranger est donc largement gagnant. La chute boursière actuelle est donc le résultat d'une prise de bénéfice massive sur des cours libellés dans une monnaie soudainement plus précieuse.

Jusqu'où le franc suisse poursuivra-t-il sa hausse? Dans quelle mesure cette bouffée est-elle "spéculative", mot honni de notre époque? Il est difficile de le savoir puisque la monnaie a trois ans de servitude à rattraper. La fin du peg ayant été décidée unilatéralement par la BNS, il est pour une fois hors de propos d'accuser les odieux hedge funds et autres vautours de la finance. Ils souffrent beaucoup d'une nouvelle que leurs vaillants algorithmes n'auront pas vu venir!

Le plus important n'est pas là, mais dans le pourquoi de cette modification soudaine. Le moins qu'on puisse dire est que la communication de la BNS laissera le curieux sur sa faim:

L'introduction du cours plancher a eu lieu dans une période d'extrême surévaluation du franc et de très forte incertitude sur les marchés financiers. Cette mesure exceptionnelle et temporaire a préservé l'économie suisse de graves dommages. Le franc demeure certes à un niveau élevé, mais depuis l'introduction du cours plancher, sa surévaluation s'est dans l'ensemble atténuée. L'économie a pu profiter de cette phase pour s'adapter à la nouvelle situation.

(...) Dans ce contexte, la Banque nationale est parvenue à la conclusion qu'il n'est plus justifié de maintenir le cours plancher.


Bref, rien dans ces "explications" ne justifie que la BNS renonce au peg par un petit matin d'hiver. Il y a donc d'autres raisons.

Comparons avec un autre communiqué de presse, daté cette fois-ci du 6 septembre 2011, dans lequel la BNS introduisait le plancher au taux de change:

La Banque nationale suisse (BNS) vise par conséquent un affaiblissement substantiel et durable du franc. Dès ce jour, elle ne tolérera plus de cours inférieur à 1,20 franc pour un euro sur le marché des changes. La Banque nationale fera prévaloir ce cours plancher avec toute la détermination requise et est prête à acheter des devises en quantité illimitée.

Même à 1,20 franc pour un euro, la monnaie helvétique reste à un niveau élevé. Elle devrait continuer à s’affaiblir sur la durée. Si les perspectives économiques et les risques de déflation l'exigent, la Banque nationale prendra des mesures supplémentaires.


Le volontarisme affiché à l'époque, maintenu contre vents et marée pendant trois ans, contraste avec la fin soudaine et sans gloire de l'opération.

Au vu de la tempête économique, financière et politique conséquente au changement d'orientation de la BNS, des voix s'élèveront - crieront, même - contre la banque centrale. Mais ce faisant, elles critiqueront leurs propres alliés: des banquiers centraux perclus de keynésianismes, volontaristes en diable avec la monnaie, acquis à l'idée européenne et mis en place par des autorités politiques tout aussi désireux qu'eux d'une adhésion de la Suisse à la zone euro.

A ce stade il n'y a donc que deux explications possibles: soit la BNS a renoncé parce qu'elle ne pouvait plus continuer, soit parce qu'elle ne voulait plus continuer.

La première hypothèse est difficilement plausible alors que le bilan de la BNS a littéralement explosé ces dernières années tant elle a imprimé du franc suisse pour acheter de l'euro, des actions et de la dette publique européenne, au point d'atteindre 70% du PIB du pays. Bien entendu, on pourra dire (et je serai le premier à le clamer) que la stratégie de la BNS était une impasse ; mais il est difficile pour des technocrates de faire volte-face sans événement particulier alors qu'ils persistent dans la même erreur depuis plusieurs années. Il n'y a en tout cas absolument aucune raison pour que les limites soient atteintes au milieu de nulle part, un 15 janvier au matin, au point de jeter l'éponge.

La seconde hypothèse semble incompatible avec l'idée de banquiers centraux acquis à la cause européenne mais rappelons-nous que nous ne savons pas tout. Il pourrait y avoir eu des décisions en coulisses, par exemple au niveau de la BCE, qui auraient précipité un revirement radical de la position de la BNS par rapport à l'euro et la zone euro en général.

Pensons par exemple aux élections législatives anticipées prévues en Grèce le 25 janvier et aux positions économiques prônées par le parti de gauche Syriza, en tête dans les sondages.

Pensons par exemple à la décision récente de la justice européenne d'autoriser la BCE de Mario Draghi à créer de la monnaie pour racheter de la dette publique, ouvrant la voie à un Quantitative Easing noyant la dette sous des tombereaux de billets fraîchement imprimés.

Il n'est pas interdit de penser qu'il se prépare dans la zone euro certaines opérations tellement contradictoires avec le zeste d'orthodoxie encore présent dans le cerveau des directeurs de la BNS que ceux-ci, malgré toute la sympathie qu'ils éprouvent pour la zone euro, n'ont pas eu d'autre choix que de couper les ponts avec elle.

Nous en saurons peut-être davantage les prochains jours car si un tel secret existe, il est probablement impossible à garder. En attendant, ce choc énorme pour la Suisse se révèle aussi une très mauvaise nouvelle pour la zone euro. Quelle confiance avoir dans le futur d'une monnaie unique dont les Suisses choisissent tout d'un coup de s'éloigner?

La fin du taux plancher entre le franc suisse et l'euro aujourd'hui s'apparente plus à des amarres qui lâchent en pleine tempête qu'à une séparation à l'amiable entre deux associés doués de raison.

19:00 Publié dans Economie, Suisse | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : bns, euro, monnaie |  Facebook

15 décembre 2014

Zurich: les casseurs sont de sortie

"Comment cela est-il possible dans un pays parfait?" demande un internaute face à la déferlante de violence qui a eu lieu à Zurich dans la nuit de vendredi à samedi. Que lui répondre? Que ses prémisses sont peut-être fausses?

zurich_emeutes.jpgLa Suisse n'a rien de parfaite, ni même de calme. La violence la plus bestiale menace sous une surface en apparence apaisée. Malgré la rigueur des nuits de décembre, des centaines de casseurs d'extrême-gauche en ont fait la démonstration au centre de Zurich en dévastant tout sur leur passage:


[La manifestation non-autorisée, comportant quelque 200 manifestants, masqués et armés de barres de fer, de bâtons et de pointeurs laser et pour la plupart issus de la gauche autonome,] a fait non seulement plusieurs centaines de milliers de francs de dégâts matériels, mais des personnes ont aussi été blessées. Selon la police municipale, sept agents ont dû être hospitalisés pour des lésions aux yeux et à l'ouïe. Les émeutiers ont agi dans les 3e et 4e arrondissements de la ville et ont "délibérément attaqué" les forces de l'ordre, écrit samedi 13 décembre la police. (...)

Les manifestants ont également détruit de nombreuses vitrines, pillé des magasins, mis le feu à des voitures et à des conteneurs.(...) Plusieurs véhicules d'intervention ainsi que des locaux de la police ont été sérieusement endommagés. Les manifestants ont également brisé toutes les vitres d'un restaurant bondé, dont les clients apeurés ont dû se réfugier au sous-sol et dans une arrière-salle.


Le Matin semble prendre beaucoup de recul par rapport à la nouvelle: il ne s'en fait l'écho que le lundi suivant, y compris dans sa version électronique, qui n'est pas soumise aux impératifs de délai de la version papier. Il est difficile de ne pas y voir une certaine volonté d'apaisement face aux événements, hypothèse confortée par l'absence de tout éditorial indigné face à la brutalité des casseurs. Imagine-t-on la réaction médiatique si ces brutes avaient arborés une signalétique d'extrême-droite? Seulement, pour trouver trois cent sympathisants d'extrême-droite se livrant à une guérilla urbaine il faut se lever tôt... On a pourtant un aperçu du déferlement de violence exercé par les émeutiers:

Les policiers ont été visés par des jets de pierres et d'engins pyrotechniques. Une torche a été lancée dans une voiture de patrouille et l'équipement d'une policière a pris feu. Elle est heureusement indemne, écrit la police.


La Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP) a exprimé sa consternation face à cette "haine aveugle et destructrice" et réclamé qu'une telle agression soit qualifiée de tentative de meurtre. Pour que Mario Cortesi, porte-parole de la police municipale, en vienne à concéder qu'il n'a "jamais vu cela depuis dix ans" on devine que certains paliers ont été franchis.

Que réclamaient les "manifestants"? De "reprendre le contrôle de la rue", selon un communiqué délivré sur Indymedia. "Nous reprenons possession de la rue pour protester contre l’embourgeoisement progressif de la ville et la destruction des projets alternatifs", indiquaient les activistes. En tête du "cortège" des manifestants arboraient ainsi une banderole massive ornée de l'inscription en anglais Reclaim the Streets (reprenons possession des rues).

Difficile de croire à un message destiné au public alors que la manifestation était dès le départ prévue de nuit. Tout dépend de ce que l'on entend par "possession", je suppose. Il faut reconnaître que dans les faits, nos activistes anticapitalistes n'ont pour le moins pas perdu le sens de l'intérêt matériel, comme en témoignent les annonces de dégâts enregistrées à la suite de leurs exactions. Au milieu des vitrines brisées et des voitures incendiées, un bijoutier a ainsi signalé s'être fait voler "pour 100'000 francs de bijoux", sans doute des altermondialistes coquets, et aussi que "neuf automates à billets des transports publics ont été endommagés" - sans doute une odieuse méprise face au vivrensemble communautaire et festif que nous garantissent les transports publics...

Qu'a fait la police? A part prendre des coups et éteindre les vêtements en feu de ses membres, rien. Ou si peu. Les policiers ont dû utiliser des canons à eau. On attend les plaintes des personnes mouillées par grand froid.

Malgré des heures d'affrontement on compte seulement quatre arrestations de suspects âgés de 20 à 36 ans. Deux sont "de Suisse" (sic), un de la Principauté du Liechtenstein et le quatrième du Royaume-Uni, nous expliquent les médias fiers de pouvoir brandir pour l'occasion un échantillon représentatif d'une criminalité de terroir.

Les Zurichois traumatisés par cette nuit de barbarie peuvent dormir tranquille ; plus que 196 émeutiers en liberté dans les rues! La justice prévaudra!

Ne tirons pas à boulets rouges sur la police zurichoise ; elle a certainement ramassé plus que sa part de projectiles lors des dernières nuits. La faiblesse du nombre d'arrestations s'explique peut-être par des ordres venus d'en haut. Zurich est en effet une ville fièrement à gauche, et les édiles de gauche ont souvent beaucoup de compréhension pour l'enthousiasme de leurs petits camarades rebelles, une jeunesse à laquelle ils ont souvent appartenu. Pensons à la façon dont les élus de gauche - dont Mme Savary - s'apposèrent à Berne à la motion de M. Fehr de l'UDC pour interdire les cagoules lors des manifestations!

Comme le fait remarquer un internaute avec ironie, "les Zurichois ont les autorités laxistes qu'ils méritent". Il est vrai que l'embourgeoisement continu de la ville avec des quartiers écolo-compatibles et friches industrielles réaménagées repoussent peu à peu les limites d'une zone de non-droit où s'ébattaient encore joyeusement squats altermondialistes et autres salles de concert citoyennes improvisées. Les habitants de ces secteurs n'entendent pas laisser leur place aux bobos.

Nous assistons donc à une opposition entre deux courants de gauche. Quand la croissance bourgeoise-bohème empiète sur les plates-bandes de la gauche radicale, il y a forcément des frictions - frictions qui engendrent de la chaleur qui entraîne à son tour des incendies. Quoi de plus normal au bout du compte! Mais rassurons-nous, à la fin tout cela sera certainement payé par le contribuable.

30 novembre 2014

Un triple Non prévisible

Les résultats officiels sont publiés et ils sont sans surprise: Non, Non et Non!

Ayant cru jusqu'au dernier moment à une possible surprise, voyant dans l'écart entre les sentiments des internautes  et les sondages officiel une inexplicable différence, j'en étais même arrivé à craindre de possibles manipulations électorales ; las! L'échantillonnage des votes dans ma bonne ville de Renens - où je pris part au dépouillement - me confirma que nous allions vers un rejet franchement net des trois objets soumis à l'approbation des citoyens.

votation du 30 novembre 2014
Un résultat sans appel.

Les résultats nationaux confirment cette tendance: une Suisse monochrome sur les trois objets, sauf peut-être pour l'initiative sur la suppression des forfaits fiscaux qui obtint un Oui dans le petit canton de Schaffhouse.

Suppression des forfaits fiscaux (évoquée ici): la gauche souhaitait mettre un terme à la possibilité d'accueillir de riches étrangers avec une fiscalité avantageuse. Ce modèle, dont il existe de multiples variantes dans plusieurs pays européens, était battu en brèche par des défenseurs d'une justice fiscale qui ne pouvait évidemment se traduire que vers une égalisation par le haut des prélèvements obligatoires...

Alors que la campagne donnait initialement un certain capital de sympathie à la démarche, les adversaires du textes eurent tôt fait de pointer du doigt l'inévitable exode que l'initiative provoquerait chez ces étrangers fortunés, donc des pertes fiscales en vue - comblées par d'autres contribuables, vu qu'il n'était évidemment pas question de réduire le périmètre de l'Etat. A force de marteler le "manque à gagner" pour un oui ou pour un non le raisonnement a fini par faire son chemin dans l'esprit des citoyens, qui ont fort logiquement rejeté le texte.

Avec "seulement" 59,2% de Non, l'initiative pour l'abolition des forfaits fiscaux est l'objet le moins sèchement rejeté des trois initiatives soumises au vote. C'est tout de même un échec cuisant pour la gauche qui soutenait le texte. Même les cantons qui ont localement aboli le forfait fiscal ont rejeté le projet! Cerise sur le gâteau, les prochaines offensives du même genre ne pourront plus se reposer sur l'exemple incomplet du canton de Zurich, où les statistiques s'arrêtaient fort opportunément avant l'apparition d'une véritable tendance. Alors que le temps passe, l'évolution de la situation des contribuables zurichois montrera de manière nette que non seulement les contribuables étrangers désormais soumis au régime commun ne paient globalement pas plus d'impôts qu'avant, mais en plus qu'ils fuient le territoire et ne sont évidemment pas remplacés.

ecopop.jpgInitiative Ecopop (évoquée ici): le rejet de l'initiative a été la surprise de ce dimanche, avec pas moins de 74,1% de Non. A quelques semaines du scrutin l'institut gfs.bern donnait encore 38% d'opinions favorables à l'initiative avec une marge de progression possible... Ce n'est plus une marge d'erreur, c'est un gouffre.

Dans les états-majors politiques l'heure était évidemment à l'inquiétude après le succès surprise de l'initiative du 9 février contre l'immigration de masse, mais malgré tout le chances de victoire du texte étaient plus que minces. A l'inverse du vote du 9 février, aucun parti ne soutenait le texte - mis à part quelques sections cantonales en ordre dispersé. Médias, partis et gouvernement étaient unis dans leur rejet unanime du projet, et même si les partisans du texte - dont votre serviteur - eurent l'occasion de faire valoir leurs arguments dans l'espace de liberté que représente encore Internet, le résultat final donne un petit aperçu de la surévaluation des effets de ce médium sur l'opinion publique...

Le résultat laisse un avant-goût d'inachevé. Absolument tous les acteurs politiques peuvent crier victoire et ne s'en privent pas, puisqu'ils étaient tous opposés au texte. A droite, on verra la confirmation que le vote du 9 février était "suffisant" et qu'il n'était pas besoin de recourir à une "option nucléaire" comme Ecopop ; à gauche, on lira au contraire un revirement de l'opinion publique sur les questions migratoires, essayant de présenter le vote de l'immigration de masse comme un accident à ignorer de toute urgence. Comme je l'avais prévu, diverses voix s'élevèrent le jour même pour réclamer une nouvelle votation sur l'immigration de masse, voire l'abandon pur et simple de la mise en application du texte voté en février.

or,monnaie,crise,inflation,prise de position,votation du 30 novembre 2014Initiative sur l'Or (évoquée ici): là encore, un rejet massif avec 77,3% de Non. A l'inverse des autres initiatives, celle-ci ne donna même pas l'illusion de pouvoir l'emporter à travers le moindre sondage. Le texte était porté par une partie de l'UDC, mais du bout des lèvres, et aucune autre formation politique. L'initiative sur l'Or - qui ne demandait rien d'autre qu'un taux de 20% de métal précieux au bilan de la Banque Nationale Suisse - fut présenté avec succès par les adversaires de l'initiative comme un "carcan" empêchant la "flexibilité" de la politique monétaire helvétique - c'est-à-dire, l'impression sans limite de nouveaux francs suisses pour le lier à un euro en perdition et le suivre dans les profondeurs... On se demande d'ailleurs sur quelle partie de l'ex-Euro la BNS choisira d'aligner le franc suisse lorsque l'Eurozone éclatera!

L'initiative sur l'or arrivait trop tôt car l'effondrement des monnaies papier n'est pas encore perçu par les populations ; bien entendu, quand dans quelques années les pays sans or se retrouveront le bec dans l'eau, il sera en revanche trop tard pour sauver le franc suisse.

La confusion sur le sens de la monnaie est telle dans les esprits qu'il fallait s'attendre à un résultat de ce genre. La Suisse sera donc bientôt ruinée comme les autres pays d'Europe. En revanche, il reste à chacun la possibilité de se prémunir à titre personnel contre l'effondrement financer à venir. Si le vote de dimanche a prouvé qu'il sera désormais impossible de sauver le pays de la débâcle, chacun a encore le choix d'agir de façon individuelle ces prochaines années pour sauver sa peau et son patrimoine - ce qui tracera une frontière très nette entre ceux qui ont senti venir l'orage et ceux qui ont béatement cru les mensonges des autorités. Bonne chance à tous!


Le vote de dimanche était également l'occasion de scrutins locaux, à l'échelle cantonale. On notera que Genève-la-gauchiste refusa un deuxième projet d'abolition des forfaits fiscaux, à l'échelle du canton du bout du lac cette fois-ci ; le parlement de Neuchâtel pourra désormais destituer des Conseillers d'Etat s'ils sont gravement en délicatesse avec la justice ; le canton du Valais réduira la voilure de ses dépenses à hauteur de trente millions de francs ; et enfin, le canton de Zurich, bien que refusant une initiative limitant les élèves à 20 par classe, accepte néanmoins d'augmenter le nombre de professeurs.

La participation fut seulement de 50%.

25 novembre 2014

Dernière ligne droite pour Ecopop

A peu près tout ce que la Suisse compte de corps constitués est vent debout contre Ecopop - le patronat, les syndicats, les médias, tous les partis politiques, les élus, le gouvernement, et j'en oublie peut-être - mais tel le roseau qui plie mais ne rompt pas, l'initiative refuse de se laisser enterrer dans les sondages...

Il faut dire que l'initiative a pour elle un allié de poids: la réalité.

ecopop.jpgCertes, la réalité est bien malmenée ces temps-ci - par ceux-là même qui sont sensés en rendre compte, c'est-à-dire les médias. Pas un jour ne passe sans qu'un ponte ne vienne pleurer dans les pages d'un journal les malheurs d'une Suisse refermée sur elle-même. Parce qu'un pays avec plus de 23% de population étrangère sur son sol, record européen hors Luxembourg, est visiblement un lieu fermé et hostile aux étrangers, comprenez-vous! Et selon d'autres modes de calcul, on pouvait même arriver à 33% d'étrangers... En 2001 déjà!

Mais la Suisse doit rester un pays ouvert - aux quatre vents, sans portes ni fenêtres. Avec la subtilité d'un boxeur poids-lourds, le message est cogné dans les esprits. La réalité, toujours elle, fait malgré tout son chemin jusque dans ces mêmes médias, comme si le filtre était imparfait et laissait passer quelques gouttes. Il faut juste parvenir à saisir l'instant dans le flot d'inepties.

Pareil sursaut de réel eut lieu en 2013 dans le 24Heures, répétant une étude révélée par le Tages Anzeiger sur la pression exercée sur les salaires du secteur tertiaire. L'étude provenait bien de l'Université de Genève mais il fallait qu'elle soit publiée dans la presse alémanique pour que les rédactions romandes en fassent finalement l'écho... Le titre de l'article? "La libre circulation a bel et bien fait des perdants". Oups.

votation du 30 novembre 2014,ecopop

Comme on voit, quiconque avec moins de trente-et-un ans d'expérience a souffert entre 2004 et 2010 de la libre-circulation. Les rares personnes à en avoir profité sont proches de la retraite, et probablement dans des positions hiérarchiques élevées. À noter que des économistes de l'Université de Berne étaient également arrivés aux mêmes conclusions en étudiant cette fois-ci les rémunérations de Suisses très qualifiés entre 2002 et 2008.

On pourrait aussi citer un article récent du Matin: la Suisse est un eldorado pour les travailleurs étrangers. À mettre sous le nez de tous les crédules qui sont persuadés que le vote du 9 février a fermé les frontières, alors qu'il n'y a pas le moindre début d’ersatz de mise en œuvre de l'initiative contre l'immigration de masse! (Révélation choquante: il n'y en aura jamais.)

Malgré le site web des adversaires d'Ecopop n'hésitant pas à employer un champ lexical connoté ("arbitraire", "radicale", "drastique", "relents de Malthusianisme") le principal argument en faveur d'Ecopop est malheureusement formulé par... Le Conseil Fédéral lui-même.

Pas celui de 2014, pro-UE, pro-multiculturalisme, pro-immigration, et sourd à la démocratie directe, mais celui du tournant des années 2000 qui était pro-UE, pro-multiculturalisme,  pro-immigration et tout aussi sourd à la démocratie directe... Comment? Confus? Comme vous y allez! Pourtant, l'argumentation de l'époque n'a pas disparu:

"Le Conseil fédéral [de l'an 2000] dispose désormais du travail de Thomas Straubhaar, économiste bernois, où il est clairement démontré que l'émigration des Européens en Suisse n'excéderait pas les 10 000 personnes par an et qu'elle serait le fait de personnes qualifiées. (...) Il ressort de réflexions de plausibilité que la limite supérieure du potentiel d’immigration (net) se situe autour de 10’000 ressortissants de l’UE par an. Il est toutefois plus probable que ce chiffre se situe en dessous de 8’000 (net signifie immigrations moins retours)"


Cet argumentaire fut repris jusque dans le matériel de campagne utilisé pour diluer les frontières de la Suisse dans l'espace Schengen et la libre-circulation des personnes, que le peuple approuva béatement.

Ecopop est traitée de tous les noms pour proposer une immigration nette pourtant le double de ce que le Conseil Fédéral prévoyait lui-même il y a une dizaine d'années!

Sans doute le Conseil Fédéral du passé était-il lui-même "extrême et radical" - à moins que toutes ces postures politiciennes ne soient que de la pure mauvaise foi, l'essentiel étant de préserver l'alliance impie entre la droite et la gauche. Tant pis pour les apparences et les batailles de chiffres, l'intérêt de deux castes doit prévaloir: l'immigration est à la fois l'armée de réserve du capital et le réservoir électoral de la gauche.

Nous sommes à quelques jours du verdict des urnes. Les citoyens ont déjà commencé à voter. Ecopop concerne bien plus que la simple gestion de l'immigration - c'est une ode à l'indépendance d'esprit, à la capacité du peuple souverain de prendre ses décisions à l'écart des pressions des élites, à rester maître de son destin dans une Suisse promise à la dilution.

Ecopop est un (ultime?) acte de résistance.

L'initiative passera-t-elle la rampe? Tout dépend où vous regardez. Si vous examinez les sondages officiels, on vous dira que l'initiative s'apprête à être assez sèchement rejetée. Si vous examinez les commentaires des lecteurs de toutes les publications des journaux ayant trait à Ecopop, la proportion de commentaires pro-Ecopop écrase les autres.

Le trait est encore plus marqué lorsque les internautes de passage peuvent voter pour ou contre les commentaires, comme sur Le Matin ou 20 Minutes ; on voit carrément une proportion de trois ou quatre contre un entre ceux qui sont en faveur de l'initiative et ceux qui lui sont opposés.

votation du 30 novembre 2014,ecopop
Un commentaire pro-Ecopop pris au hasard sur le site du Matin

Comment peut-il y avoir un tel décalage entre les sondages et ce que montre le Web? Je ne parviens pas à l'expliquer. Je ne vois aucune raison pour laquelle les pro-Ecopop, sensés être minoritaires, seraient plus nombreux ou plus motivés à faire connaître leur point de vue à autrui - ni pourquoi ils voteraient massivement et anonymement sur des contributions allant dans leur sens. Il n'y a pas plus de raison que les pro-Ecopop se recrutent en majorité parmi le lectorat en ligne de ces publications plutôt que dans la presse papier.

J'accueillerai avec plaisir toute explication vraisemblable, mais en réalité, je pense que nous sommes face à un mystère. Un mystère que je ne peux m'empêcher de trouver porteur d'une sourde menace, avec un enjeu aussi élevé.

Nous en saurons davantage le soir du 30 novembre.

21 novembre 2014

Genève découvre la grève "à la française"

Si Genève n'est pas vraiment la Suisse, comme le proclament de nombreux Genevois avec une pointe de fierté, la ville ressemble de plus en plus à la France - grèves comprises. Mais tout n'est pas perdu.

L'événement genevois de la semaine eut donc lieu mercredi 19 novembre avec une grève des Transports Publics Genevois (TPG) de 24h particulièrement suivie. Elle priva la ville de bus et de tram pendant une journée entière. L'expérience de cette privation fut riche en enseignements.

Sur le plan de la circulation d'abord. La population locale, dressée comme partout à croire en l'omnipotence du transport collectif sur l'odieux déplacement individuel en voiture, s'attendait au pire. Et en fin de compte... Rien - ou quasiment. Les gens se déplacèrent tant bien que mal, en taxi à plusieurs, en vélo, en covoiturage ou tout simplement à pied. Il faisait beau mais froid en ce mois de novembre. Quelques embouteillages eurent lieu le soir mais malheureusement ils sont monnaie courante dans la région, grève ou pas.

L'information avait été correctement diffusée: il en allait de l'influence du mouvement syndical, après tout. Mais mis à part quelques malheureux découvrant la situation le jour même, la plupart des gens eurent le temps de se préparer et de trouver des alternatives. Le chaos annoncé laissa plutôt la place à la bonne humeur, de nombreux citoyens - dont beaucoup de cyclistes - goûtant à l'absence des bus et tram qui monopolisent d'habitude la circulation au centre-ville.

Surpris et un peu déçu du manque d'impact de la disparition des transports publics sur les déplacements de la population, certains affirmèrent que les solutions trouvées ce jour-là ne sauraient être que ponctuelles ; d'autres annoncèrent au contraire que nous avions assisté en direct à la démonstration de l'inutilité des transports en commun.

Sur le plan politique les Suisses découvrirent un mouvement social à la française - on fait grève d'abord et on discute ensuite. L'idée des grévistes était de demander au Conseil d’État le retrait du contrat de prestation 2015-2018, actuellement discuté au Grand Conseil et dont le vote final est attendu le 4 ou le 5 décembre. Ce contrat remet en cause le statut des employés de la régie publique et pourrait amener un certain nombre de licenciements.

Il n'est pas anodin de constater la naïveté absolue de la classe politique face à ce mouvement de contestation. La palme en revient incontestablement à Christophe Stucki, directeur par intérim des TPG, et Luc Barthassat, le Conseiller d'Etat chargé du département de l'environnement, des transports et de l'agriculture. Les deux hommes claironnèrent ainsi que "le mouvement syndical avait été très suivi" et "les avait pris au dépourvu", justifiant ainsi l'échec de la mise en application d'un service minimal pourtant prévu dans la Constitution. Un véritable camouflet pour l'élu PDC.

La motivation des grévistes l'aurait emporté... Bel exemple de lyrisme syndicaliste comme on les aime, à un petit détail près: c'est complètement faux. Le soir même de cette journée de contestation, la RTS diffusait le reportage de journalistes embarqués avec les grévistes. On y voit un leader syndical local haranguer ses troupes et les préparer, le micro d'un haut-parleur en main:

"Mettez-vous dans tous les points stratégiques, empêchez les gens d'aller démarrer les véhicules, et on va essayer de tenir toute la journée comme on a prévu."


Autrement dit, loin des couleuvres gobées par les responsables hiérarchiques des TPG, il y avait bien un piquet de grève ce jour-là pour empêcher les non-grévistes de travailler, ce qui est évidemment illégal.

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Une voiture peu discrète bloque la porte du dépôt

Un peu moins naïfs que leurs aînés, les jeunes libéraux genevois en profitèrent donc pour déposer des plaintes à titre personnel. Nous verrons comment la justice instruira ces dossiers.

Les syndicalistes n'ont pas obtenu gain de cause et promettent de remettre le couvert en décembre. Les dégâts en termes d'image sont pourtant très importants. La grève en Suisse est contraire à l'esprit de la paix du travail, qui ne la considère comme un moyen de dernier recours. Ce n'est évidemment pas le cas ici, puisque le projet litigieux n'a même pas encore été étudié par le parlement genevois.

Non seulement les grévistes des TPG passent pour des jusqu'au-boutistes capricieux, mais aussi pour des... Français. Le rayonnement français n'est pas forcément celui que l'on croit ; ici, le pays est devenu synonyme de conflits sociaux à répétition pour un oui ou pour un non. Les internautes s'en donnent ainsi à cœur-joie:

"Genève compte tellement de Français que forcément leur mentalité revendicatrice et tire-au-flanc se transmet aux Suisses. Une horreur qui porte gravement préjudice aux citoyens."


Les Français frontaliers représentent un peu plus d'un quart des salariés des TPG. Sont-ils responsables du style du mouvement syndical? Nous n'en savons strictement rien. Mais beaucoup de Genevois y ont vu l'occasion de tirer à boulets rouges sur leurs voisins français et sur les frontaliers, et ce bien que les compagnies privées qui aient remplacé au pied levé les TPG défaillants pour assurer un minimum de service aient été... Françaises.

Dans son propre intérêt, le personnel des TPG aurait intérêt à revenir s'asseoir à la table de négociation et à essayer de trouver des solutions au lieu de se jeter à corps perdu dans le bras de fer. La grève préventive ne correspond tout simplement pas à la mentalité helvétique, Genève comprise.

12 novembre 2014

30 novembre: la campagne s'anime

Verrons-nous autre chose qu'un triple Non le 30 novembre? L'hypothèse est peu probable mais pourtant pas complètement à exclure. Tous les sondages ne sont pas dévoilés et certains électeurs ont déjà commencé à voter par correspondance! Un accident est toujours possible! Aussi, échaudés par de récentes surprises en votation, les médias et la classe politique prennent les devants.

swiss_gold.jpgAu sujet de l'initiative sur l'Or, le 20 minutes d'aujourd'hui propose ainsi une belle page de propagande - une interview de Thomas Jordan où le directeur de la BNS, le devoir de réserve dans la poche, lance un plaidoyer à charge contre l'initiative sans aucun contradicteur. Merveille du journalisme d'information!

On lit dans ses propos des perles de sagesse comme "Peu d'or n’a jamais été un problème lors d'une crise" et autres stupidités tellement consternantes qu'il faudrait les encadrer pour les ressortir lorsque la vraie crise de la monnaie fiduciaire aura éclaté. Dommage qu'à ce moment les Suisses aient d'autres chats à fouetter... Mais aucun doute que M. Jordan touchera son salaire mirobolant jusqu'à la dernière extrémité, peut-être même sous les applaudissements de ceux qu'il a déjà ruinés.

arc_lemanique.jpgL'initiative de la gauche contre les forfaits fiscaux donne en revanche lieu à une couverture médiatique plus étendue, avec pas moins de trois reportages d'une RTS qui semble pour une fois avoir retrouvé un semblant d'information équilibrée. Si le reportage à Kusnacht, commune emblématique de la Goldküste, 5 ans après l'abolition du forfait fiscal, laisse l'auditeur sur sa faim - on remarquera par exemple que les statistiques des rentrées fiscales dues aux forfaits fiscaux chassés de Zurich s'arrêtent fort opportunément à 2010 - il n'en est pas de même pour les deux autres sujets sur le thème.

Le grand public apprendra ainsi que de nombreux pays d'Europe ont déjà des formules financièrement aussi intéressantes que le forfait fiscal, offrant autant de point de chute pour les riches étrangers. S'ils souhaitent quitter une Helvétie devenue hostile pour eux ils n'auront pas à parcourir trop de kilomètres. Londres et la Belgique semblent des destinations privilégiées. Ceux qui pensent encore que la vie sur l'arc lémanique est une merveille inégalable devraient y songer à deux fois. Mention spéciale pour cette intervention de Linda Bourget sous-entendant avec finesse le cynisme international qui règne en matière de fiscalité des grandes fortunes.

L'autre argument vient des cantons romands craignant une diminution des recettes fiscales suite à un succès de l'initiative. Comme de coutume, on entend chanter le mantra du ceux-qui-restent-paieront-pour-ceux-qui-partent, argument central en faveur de l'initiative ; mais l'interview de Philippe Kenel, avocat fiscaliste spécialisé, change quelque peu la donne.

[La comparaison entre cantons romands et alémaniques ne tient pas la route] tout simplement parce que les cantons alémanique, même sans l'imposition à la dépense, ils sont attractifs, ce qui n'est pas le cas des cantons romands!

Je prends un exemple: à Schwytz, impôt sur la fortune, 0.1%, c'est attractif ; à Genève, 1%, dix fois plus. Il est là le problème.


Partiront-ils? Maître Kenel n'en fait aucun mystère:

Ah ils partiront! Moi je suis en contact constant avec des clients pour trouver des solutions ailleurs si l'initiative passe.


Eh oui: ceux-qui-restent pourraient bien être beaucoup moins nombreux en proportion qu'à Zurich, la faute à une fiscalité locale punitive pour les personnes physiques, comparé à la Suisse alémanique. Certes, m'objectera-t-on, ceux-qui-restent paieront donc peut-être encore plus, qui sait? Il n'est pas interdit de rêver! On peut se bercer, la foi chevillée au corps, de l'idée que nombre de riches étrangers se laisseront tondre. Mais soyons sérieux quelques secondes: on parle d'un facteur dix entre Genève et Schwytz. Même la classe moyenne déménagerait pour une telle différence. Et si un riche étranger décide de faire ses valises, pourquoi se contenterait-il de changer de canton alors que tant de pays lui tendent les bras?

On saluera la prestation de l'inénarrable Jean-Christophe Schwaab venu encore une fois exprimer toute l'hostilité qu'il ressent envers les "riches" - une posture qui ne manque pas de sel venant du président romand de l'Association suisse des employés de banque (ASEB), un secteur immanquablement précipité dans les plus grandes difficultés si le Oui l'emporte. Toujours cette histoire de scie et de branche... Mais on a les leaders syndicaux qu'on mérite n'est-ce pas!

ecopop.jpgQuant à Ecopop, me direz-vous? Nous en saurons plus ce soir avec Infrarouge - mais sachant que l'émission de mercredi soir s'intitule "Encore restreindre l'immigration?" on a un aperçu assez évident du parti-pris que le débat aura certainement.

Une chose est sûre: ces grandes manœuvres augurent de résultats peut-être plus serrés que prévus au soir du 30 novembre. De quoi donner quelques sueurs aux responsables politiques et autres "faiseurs d'opinion", et rendre cette dernière ligne droite de campagne autrement plus animée.