21 décembre 2015

Genève: casseurs partout, police nulle part

Les Genevois ont eu une bonne gueule de bois ce dimanche: ils ont découvert l'état de leur ville après une manifestation interdite de l'extrême-gauche locale. Extrême-gauche? Pardon, ultra-gauche selon la novlangue en vigueur, histoire d'épargner l'extrême-gauche institutionnelle... Certains élus de gauche soutenant d'ailleurs le mouvement.

genève,extrême-gaucheLa manifestation, sobrement intitulée "sauvage" (tout un programme!) sur le site "information et luttes" de Suisse romande renverse.ch, a dévasté la ville depuis les Cropettes dans le quartier de la gare jusqu'au boulevard Carl-Vogt à la Jonction. De nombreuses vitrines ont souffert ainsi que des banques et des bâtiments publics, au premier rang desquels le Grand Théâtre, lourdement maculé de peinture et de slogans.

Le quotidien 20 minutes se fait l'écho de la profession de foi des nihilistes:

"Nous prenons la rue pour qu'elle soit autre chose qu'un espace de circulation automobile et de vitrines de luxe; nous prenons la rue car l'avenir de nos lieux de fête et de culture est menacé par la volonté inflexible de Pierre Maudet d'imposer sa loi; nous prenons la rue parce que l'état de Genève subventionne en grande majorité le Grand Théâtre, un lieu de culture bourgeoise pratiquant des tarifs inaccessibles aux plus nombreux."


Pierre Maudet, l'ennemi à abattre. Ainsi que toutes les banques et les commerces rencontrés sur le chemin, nos révolutionnaires n'hésitant pas à s'offrir un petit extra en se servant sur la bête. De nombreuses vidéos de Genevois atterrés montrent les émeutiers attaquer les vitrines à coup de marteau, voire tenter d'y bouter le feu avec des bombes incendiaires improvisées, en toute décontraction. Mais de police, point.

La police était là, nous dit-on à la radio par le biais de sa cheffe Monica Bonfanti, mais elle a choisi... De ne pas agir. Alors que la manifestation ne comportant en tout et pour tout que quelques centaines de personnes (on parle de 500 individus, casseurs compris), les forces de l'ordre on décidé "d'être souple" et donc de livrer le centre-ville à des hordes de barbares pendant une heure et demie, les laissant infliger des dégâts se chiffrant en dizaines de milliers de francs avant de se lancer et de disperser la manifestation non autorisée. Mais qu'on se rassure, personne n'a été arrêté!

Dans une Genève prétendument en état d'alerte maximum à cause du danger terroriste, pareille démonstration d'impuissance représente un échec crucial. La soirée de samedi soir ne contribue pas à renforcer la crédibilité de la police - ni pour les citoyens du bout du lac et leur sempiternel "sentiment d'insécurité", ni face à d'éventuels islamistes en quête d'une cible facile.

En période de crise, mieux vaut éviter de crier que le roi est nu ; Genève vient de faire exactement le contraire, étalant au grand jour son impuissance derrière des excuse de stratégie de contention de la foule qui n'abusent personne.

Aurait-il été possible d'agir? De toute évidence, oui, ne serait-ce que lorsque le cortège non autorisé était le plus vulnérable, lors du passage du pont du Mont-Blanc. C'est d'ailleurs ainsi qu'une manifestation altermondialiste fut neutralisée lors du sommet du G8 à Évian en 2003. Bien que le sommet se déroule à une cinquantaine de kilomètres, les black blocks avaient investi la Cité de Calvin, surprenant tout le monde. Mais, il y a douze ans déjà, la police n'avait pu arrêter les meneurs: un Conseiller d’État de gauche avait pris fait et cause pour les manifestants, allant jusqu'à rejoindre le cortège sur le pont pour empêcher la police de les arrêter...

A l'époque déjà le problème était moins légal que politique. Que peut faire la police si on lui a donné l'ordre de ne pas intervenir?

De même que les émeutes de 2003 avaient brisé la carrière de la conseillère d'Etat Micheline Spoerri, responsable de la police à l'époque, celles de 2015 pourraient menacer Pierre Maudet. Nul doute que celui-ci ne laissera pas l'épisode de ce week-end ternir son image sans réagir. Alors que l'enquête patauge déjà et qu'on se demande si le moindre casseur verra jamais une cellule, la pression est donc maximale sur les épaules de Monica Bonfanti, dont la gestion de crise laisse pour le moins à désirer.

Entre malveillance ou incompétence il est difficile de trancher; mais du point de vue des citoyens, les deux maux sont tout aussi rédhibitoires. Si les responsables sont incapables, il faut en changer, point.

14 décembre 2015

L'ignoble chemise edelweiss

L'information a fait le tour du web helvétique: en fin de semaine dernière, dix élèves d'une école secondaire de Gossau, dans le canton de Saint-Gall, se sont fait réprimander pour s'être pointé en classe dans la traditionnelle chemise paysanne brodée.

Citant 20 Minutes:

La vue de cet habit typiquement suisse a fortement déplu à un enseignant, qui les a priés d’aller se rhabiller. (...) le professeur a en effet estimé que cette tenue véhiculait des idées «racistes et xénophobes». Les dix élèves avaient décidé de se pointer à l’école avec des chemises de paysan et d’entonner des chants patriotiques pour afficher leur «fierté d'être Suisses».


Plusieurs médias rapportent que cette initiative serait venue des élèves suite à "des tensions avec des camarades originaires des Balkans." Doux vocabulaire de journaliste pour évoquer un certain nombre d'autres élèves arborant régulièrement (et sans la moindre réaction du corps enseignant) l'aigle bicéphale albanais, avec insultes et postures de domination de circonstances.

edelweiss_hunziker.jpgLa plupart des articles de presse minimisent ensuite l'affaire en expliquant par exemple que l'enseignante avait "surréagi", selon le directeur de l'école, et que non, la chemise à edelweiss ne violait pas le code vestimentaire de l’établissement... Paroles de modération elles-mêmes modérées par une interview plus longue où l'individu explique qu'il n'avait pas lui-même de sympathie pour cette opération vestimentaire, qu'il aurait "rendu les élèves attentifs au message qu’envoient dix personnes vêtues de la sorte" tout en les "mettant en garde contre toute forme d’extrémisme". On a déjà vu mieux comme soutien.

Et quoi qu'on en dise, les élèves ont bel et bien été renvoyés chez eux pour changer leur tenue.

Les jeunes en question se "sentent incompris", explique le journaliste. Ah, toujours les sentiments de la jeunesse! Les trublions ont en plus le mauvais goût de résumer la flagrante injustice dont ils sont victimes en trois phrases:

"On peut porter un foulard sur la tête à l’école. Mais avec une chemise à edelweiss, on se fait passer un savon. Nous ne le comprenons pas."


Je crois au contraire qu'ils comprennent très bien, comme tout le monde d'ailleurs. Porter un vêtement aussi banal qu'une chemise paysanne à edelweiss, un vêtement de travail traditionnel, devient dans l'esprit fièrement anti-suisse du corps enseignant une inadmissible marque de patriotisme, à bannir de toute urgence. Et c'est bien le patriotisme - suisse - qui est à bannir. Le directeur de l'école l'exprime d'ailleurs on ne peut plus clairement:

Lorsqu’elle est arborée par un seul écolier, cette tenue patriotique n’a rien d’insultant. Mais quand dix élèves décident de la porter en même temps, c’est qu’ils essaient en effet de «faire passer un message», estime le directeur.


Et le "message" est bien entendu intolérable, même si on aurait aimé que le directeur l'évoque plus explicitement. Quel mal y a-t-il à porter un vêtement traditionnel local? A chanter des chansons du pays? Dans cette posture anti-suisse typique, les traditions, les cultures, les modes vestimentaires sont toutes admises et respectées - sauf celles de Suisse. Celles de Suisse représentent l'agression, la honte, la xénophobie, le racisme, le repli identitaire et à peu près tous les sentiments négatifs imaginables.

Et ça, c'est pour les disputes de cour d'école. On se demande quel genre d'enseignement est dispensé aux enfants en classe sur l'ensemble des "sciences humaines".

Visiblement et quoi qu'en dise la presse, les positions du directeur ne sont guère éloignées de celles de l'enseignante extrémiste. Abritant au moins deux sujets en proie au délire anti-suisse, l'école secondaire de Gossau serait-elle un nid de gauchistes antipatriotiques? Que nenni! L'affaire n'a rien d'un cas isolé. Une polémique identique avait éclaté en mars dernier à Willisau (LU). L'établissement scolaire local avait décidé d’interdire le port de la chemise edelweiss à la suite d’une altercation entre Albanais et Suisses. Sous la pression populaire, l'école avait fini par faire machine arrière. On trouve la trace du même problème il y a deux ans dans une question remontée jusqu'au parlement fribourgeois. Réponse du Conseil d’État, excusez du peu: "Porter une chemise edelweiss est autorisé si les responsables d'un établissement scolaire estiment qu'il n'y a pas lieu de craindre des débordements".

Là encore, la formulation de la phrase fait clairement porter la responsabilité des "débordements" sur le compte des porteurs de chemises, jamais sur ceux qui les agressent. Dans le même ordre d'idée, on devrait interdire aux vieilles dames de se promener dans la rue avec leur sac à main, afin d'éviter tout "débordement" de la part d'un jeune voyou qui passerait par là.

Un affrontement de basse intensité a déjà commencé dans les salles de classe et les cours de récréation des écoles helvétiques. Elle oppose des enfants suisses à des enfants revendicatifs d'autres origines, en particulier albanaise. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les Suisses sont loin d'être en position de force, les fonctionnaires du corps enseignant jouant contre leur patrie. Dans ce monde aux valeurs inversées, porter un vêtement traditionnel helvétique autrement que par habitude devient un acte hautement subversif.

C'est assez formateur, finalement, de ce qui attend ces enfants à l'âge adulte, lorsqu'ils seront confrontés aux mêmes problèmes à taille réelle avec une administration et des médias prenant fait et cause contre les autochtones.

Il n'aura fallu que quelques chemises pour que les élèves de l'école secondaire de Gossau comprennent dans quelle Suisse ils devront vivre demain.

09 décembre 2015

Guy Parmelin, nouveau Conseiller Fédéral UDC

C'est désormais chose faite, le gouvernement helvétique est sous toit.

Une matinée à suspense, surtout vers la fin

Le seul suspense concernait, il faut bien le dire, l'élection d'un éventuel second Conseiller fédéral UDC au gouvernement. Le reste de la matinée se déroula comme du papier à musique avec la réélection convenue des 6 sièges des sortants avec force applaudissements complaisants - de quoi occuper les journalistes sur des fils d'actualité en continu, brodant sur le nombre de voix réunies par celui-ci ou celle-là face à une Assemblée fédérale absolument placide.

Pour mémoire, voici donc les scores obtenus par les différents sortants, réélus par ordre d'ancienneté (compte tenu d'une absence, il fallait 123 voix pour être élu):

  • Doris Leuthard, PDC, 215 voix.
  • Ueli Maurer, UDC, 173 voix (10 voix allèrent à Thomas Hurter, conseiller national UDC de Schaffhouse, que certains considérèrent dès lors comme l'éventuel "candidat sauvage" contre le ticket UDC officiel.)
  • Didier Burkhalter, PLR, 217 voix.
  • Simonetta Sommaruga, socialiste, 182 voix.
  • Johann Schneider-Ammann, PLR, 191 voix.
  • Alain Berset, socialiste, 210 voix.

Après ce passage obligé laborieux et débordant de complaisance - Eveline Widmer-Schlumpf eut droit à deux ovations... - vint le seul petit suspense, savoir qui allait l'emporter entre Thomas Aeschi et Guy Parmelin. Le sort du tessinois Norman Gobbi semblait déjà joué mardi soir après l'interview des candidats par les différents groupes politiques, les socialistes ayant déclaré que "jamais" ils ne voteraient pour lui.

Vint enfin l'élection du nouveau venu.

  • Premier tour, Guy Parmelin, 90 voix ; Thomas Aeschi, 61 voix ; Norman Gobbi, 50 voix ; Thomas Hurter, 22 voix ; Viola Amherd (Conseillère nationale PDC haut-valaisanne), 16 voix. Le score de Norman Gobbi fut étonnamment bon, et les voix éparses entre Thomas Hurter et Viola Amherd illustrèrent le manque de coordination de la tentative de putsch opérée par une partie de l'Assemblée Fédérale.
  • Deuxième tour, Guy Parmelin, 117 voix ; Thomas Aeschi, 78 voix ; Norman Gobbi, 30 voix ; 14 voix éparses. Guy Parmelin n'était plus qu'à six petites voix de l'élection.
  • Troisième tour, Guy Parmelin, élu avec 138 voix. Thomas Aeschi reçut 88 voix et Norman Gobbi ferma la marche avec 11 voix.

Pourquoi si peu de suspense? Pourquoi, au grand dam de tous ceux qui détestent l'UDC, les partis politiques ne décidèrent-ils pas de réitérer leur "coup" de 2007 avec Eveline Widmer-Schlumpf? Les éditorialistes se pencheront longuement sur la question dans la presse demain matin. Pour ma part, j'estime qu'il y a plusieurs explications. Par exemple, la force électorale accrue du groupe UDC-PLR, qui, s'il n'a rien d'une alliance, représente tout de même une grande quantité de parlementaires prêts à jouer le jeu du ticket UDC. Celle-ci s'étant pliée de bonne grâce aux contraintes imposées par les autres formations politiques, personne n'avait d'excuse commode. On aurait pu citer aussi l'absence d'effet de surprise et l'absence de candidat sauvage suffisamment à gauche comme l'UDC pré-PBD parvenait à en fourbir à Berne. Mais, comme je l'évoquais il y a quelques jours, je ne doute pas que le PS se soit échiné à en chercher jusqu'au dernier moment.

Roger Nordmann, chef de groupe pour le PS, n'exprime pas autre chose dans son discours d'avant-vote:

Du point de vu du PS, le siège vacant doit revenir au centre. A l'intention de M.Cassis, le pays n'a pas vécu de crise institutionnelle au cours de ces 8 dernières années. Nous regrettons donc que le centre ne revendique pas le siège de Widmer-Schlumpf.
Le ticket UDC est tout sauf enthousiasmant et nous regrettons que le centre ne choisisse pas un candidat, même UDC, mais hors du ticket. (...)


Essayé, pas pu.

En fin de compte, je pense que la première raison est à chercher du côté du Conseil Fédéral actuel. Il ne comporte qu'un seul UDC bien esseulé. En 2007, il fallait impérativement éjecter l'incontrôlable Blocher ; en 2015, il n'y a personne à évincer. Il n'a jamais été question de chasser Ueli Maurer, affaibli après son échec dans l'acquisition du Gripen. Les candidats fournis par l'UDC, pour inacceptables qu'ils paraissent aux yeux du centre et de la gauche, ne peuvent se comparer avec le sentiment d'horreur que suscitait M. Blocher à l'époque - et suscite encore - auprès de ses adversaires politiques.

Quoi qu'on en dise, il n'y a ni respect des institutions, ni candidat UDC séduisant, ni retour de la formule magique ; les parlementaires helvétiques n'ont certainement pas renoncé à leurs intrigues de couloir, seulement à déclencher une nouvelle crise politique.

En ce 9 décembre 2015, ils ont simplement conclu que pour cette fois, le jeu de la candidature surprise n'en valait pas la chandelle.

Guy Parmelin élu

Parmelin.jpgGuy Parmelin est donc au Conseil Fédéral après 17 ans d'absence du canton de Vaud. Il est probable que face à la terreur que M. Aeschi suscitait à gauche, nombre de parlementaires auront choisi le "moindre mal" que représentait le viticulteur de Bursins, malgré ses faiblesses linguistiques. Comme dit l'adage, mieux vaut frayer chemin avec le diable qu'on connaît...

Il est clair que les voix de M. Parmelin sont bien venues de quelque part, ce quelque part pouvant être la gauche. Cela en chagrinera certains, qui voyaient en sa personne la candidature la plus faible du ticket UDC, comme le rappelle une célèbre caricature du processus par Mix et Remix.

Est-ce pourtant le cas? Seul l'avenir le dira. N'oublions pas que M. Parmelin a été soutenu par l'ensemble du groupe UDC à Berne, ce qui en dit long sur sa force à l'interne. Ayant désormais les coudées franches, le soutien de ses pairs et la confiance de l'Assemblée Fédérale, il a désormais toute latitude pour agir selon ses convictions, sans perdre sa bonne humeur habituelle.

Nous verrons donc assez vite au Conseil Fédéral de quel bois M. Parmelin est fait. Mais, pour rappeler une litote typiquement romande, j'espère que nombre des militants UDC méfiants envers Guy Parmelin seront déçus en bien.

02 décembre 2015

Trois papables pour un siège

L'élection du Conseil Fédéral approche à grands pas et la principale incertitude du vote tient en une phrase: l'UDC obtiendra-t-elle un second siège, mérité en regard de sa force électorale?

Pour légitime qu'elle soit, cette revendication n'a rien d'évident. Qui se rappelle encore la lutte homérique de Christoph Blocher en 2003 pour gagner sa place? Il fallut pas moins de trois tours de scrutin pour que le père du rejet de l'adhésion à l'UE passe l'épaule. Puis Eveline Widmer-Schlumpf trouva le chemin tortueux du pouvoir en 2007 et en 2011, à l'aide d'une profusion de justifications de mauvaise foi.

La classe politique suisse ne s'embarrasse pas de grand-chose dès lors que l'UDC est concernée, et certainement pas de scrupules. L'incertitude est donc maximale.

Les trois candidats officiels

Immédiatement après les élections fédérales, la politique politicienne prit rapidement le dessus. Les présidents des formations politiques hors UDC eurent donc tôt fait d'exprimer une liste d'exigences plus ou moins saugrenues pour un éventuel second siège de celle-ci, comme un candidat favorable à l'Union Européenne (autant trouver un socialiste rejetant le collectivisme...) ou issu de telle ou telle minorité.

Le parti prit néanmoins la classe politique au mot en sortant une liste de trois candidats issus de trois régions linguistiques de Suisse.

Aeschi.jpgThomas Aeschi, le Zougois. Âgé de seulement 36 ans, c'est le plus jeune des candidats. Travailleur et compétent, passé sur les bancs d'universités de renommée internationale en restant imperméable au gauchisme dont elles sont imprégnées, il vécut aux Etats-Unis et en Australie. Consultant en entreprises, il connaît le secteur privé. Il milite pour une Suisse souveraine et un gouvernement doté d'une épine dorsale, capable de négocier quelque chose sans se coucher à plat ventre en implorant pitié comme préalable à toute discussion.

Présenté comme le "grandissime favori", il fait peur à la gauche et se retrouve en conséquence violemment attaqué par les journalistes. Il serait la "créature" de Blocher / Dr. Frankenstein, à peine un être humain ; on le taxe "d'ultra-libéralisme", tare irrémédiable s'il en est ; enfin, c'est un Alémanique, source intarissable de mépris de la part des rédactions romandes. L'encre de son nom n'était pas sèche sur le communiqué de presse que déjà commençaient les campagnes sournoises contre sa personne, évoquant par exemple son implication dans "une procédure pénale pour violation du secret de fonction" en sous-entendant lourdement qu'il serait lui-même mis en cause... Ce qui n'est absolument pas le cas.

Tous les fouilleurs de poubelles sont sur la brèche.

Gobbi.jpgNorman Gobbi, le Tessinois. A peine plus vieux que le précédent (38 ans) l'élu a acquis son siège au Conseil national sous les couleurs de la Lega. Proche de l'UDC, il en est devenu officiellement membre après son élection juste pour pouvoir se présenter sous ses couleurs, procédure acceptée et entérinée par le groupe UDC. La proximité idéologique entre la Lega et l'UDC sur de nombreux sujets est un fait établi ; issu d'un Tessin victime depuis de nombreuses années des problèmes liés aux frontaliers italiens (dans l'indifférence générale du reste de la Suisse il faut bien le dire), Norman Gobbi serait, au sein du Collège, une voix entière et résolument hostile à la libre-circulation.

Cette position affirmée sur ce dossier crucial est sans doute son plus grand défaut aux yeux des sycophantes pro-européens. L'absence de représentant au Conseil Fédéral de la minorité italophone depuis Flavio Cotti en 1999 joue officiellement en sa faveur, mais on peut parier que cet argument ne pèsera pas lourd lorsque l'Assemblée fédérale votera à bulletins secrets.

Malgré la sympathie qu'il inspire, M. Gobbi fait figure d'outsider.

Parmelin.jpgGuy Parmelin, le Vaudois. Là où les autres candidats de l'UDC manquent de réseaux à Berne, le conseiller national de Bursins a patiemment bâti le sien depuis 1994 et les bancs du Grand Conseil vaudois avant de passer au Conseil National. Maître agriculteur-viticulteur de profession, il est apparenté à la branche agrarienne de l'UDC vaudoise et souvent considéré, à tort, comme un individu effacé. Son caractère aimable et son entregent habillent d'authentiques convictions.

Très à l'aise dans le fonctionnement des institutions politiques, il avoue une nette préférence pour les dossiers ayant trait aux assurances sociales, actuellement entre les mains d'Alain Berset. Le socialiste pourrait faire pression sur son groupe pour l'aider à se débarrasser de ce département toxique. Mais Guy Parmelin est romand et son élection porterait à trois sur sept leur nombre au Conseil Fédéral...

Quel serait mon candidat préféré? Tous! Sans langue de bois, je trouve chacun de ces candidats parfaitement valable, ce qui est déjà un tour de force. Je serai très satisfait si l'un d'eux parvient à entrer au Conseil Fédéral le 9 décembre.

Vous ne me verrez pas soutenir M. Parmelin avec des glapissements hystériques au nom d'un chauvinisme vaudois déplacé ; pas plus que je n'enterrerai sa candidature au prétexte qu'il vient d'une section cantonale pas toujours brillante à Berne. Il faut bien l'admettre, Guy Parmelin est le seul candidat que je puisse me targuer de connaître un peu ; derrière sa plaisante bonhomie, il m'a toujours semblé plus sérieux et solide qu'un examen superficiel laissait présager.

Norman Gobbi promet à l'inverse une communication plus rugueuse, ce qui ne serait pas pour me déplaire. Comme Conseiller fédéral, il serait sans doute un trublion imperméable au politiquement correct si mièvre et si typique de l'exécutif helvétique. Un anti-Burkhalter, en quelque sorte. Cette perspective inquiète certainement en haut lieu.

Thomas Aeschi, enfin, laisse transparaître de sa candidature suffisamment de compétence et de volonté pour clairement effrayer la gauche, ce qui en fait un candidat prometteur. Nul doute qu'il est sans doute le mieux placé des trois pour parvenir à dompter l'Administration fédérale, véritable État dans l’État.

Mais l'un d'eux sera-t-il seulement élu le 9 décembre? Ce n'est pas du tout certain.

Les manœuvres

S'il y a bien une erreur que peuvent commettre même les observateurs les plus blasés de la politique fédérale, c'est sous-estimer le niveau de cynisme dont sont capables les adversaires de l'UDC.

Par exemple, je reste persuadé que les exigences avancées pour accepter une candidature UDC au Conseil Fédéral n'avaient absolument pas pour objectif de dénicher la perle rare, mais seulement de préparer le terrain pour justifier la réélection d'Eveline Widmer-Schlumpf. Le ou les candidats de l'UDC auraient été trop anti-européens, ou pas assez latins, ou trop masculins, ou n'importe quel prétexte cousu de fil blanc qui permette d'empêcher l'UDC d'accéder à son second siège.

Une fois Eveline Widmer-Schlumpf réélue la population protesterait - mollement, elle qui a rejeté l'élection du Conseil Fédéral par le peuple, sans compter qu'un grand nombre d'anti-UDC s’accommoderaient grandement de ce nouveau "petit écart" - et les éditorialistes lâcheraient quelques lignes au vitriol sur cette affreuse UDC incapable de séduire le Parlement. Choisissant la "continuité", nous en serions quitte pour un nouveau tour de piste.

Malgré tout il arrive que les comploteurs les plus compétents subissent des vents contraires, ici, la force électorale du bloc UDC-PLR. Elle amena Eveline Widmer-Schlumpf à jeter l'éponge. La Grisonne annonça son retrait avant même que soit connu le visage final de l'Assemblée Fédérale. Se rappelant la façon dont elle acquit son siège, réclamer du courage eut été trop lui demander ; après deux législature, elle n'avait certainement pas envie de prendre le moindre risque d'une humiliation électorale.

Le plan Widmer-Schlumpf traditionnel étant tombé à l'eau, il fallait trouver une solution de rechange. Mais une nouvelle Widmer-Schlumpf semble hors d'atteinte. L'UDC de 2015 a présenté des candidats au positionnement clair ; plus possible d'y trouver des socialistes honteux comme lorsque les courants du futur PBD (positionné plus à gauche que le PLR, c'est dire) imprégnaient certaines sections cantonales.

thomas aeschi,norman gobbi,guy parmelin,udc,conseil fédéral,manoeuvres politiquesL'autre solution serait de trouver un UDC assez pro-européen et suffisamment respecté pour que la formation politique accepte d'avaler la pilule. Le nom de Peter Spuhler, de Stadler Rail, revient avec insistance. L'entrepreneur s'était fait remarquer pour s'être engagé en faveur de la libre-circulation contre l'avis de sa formation politique. Mais il quitta le Conseil national en 2013 et, au vu de l'évolution récente de la situation européenne, nul ne sait aujourd'hui s'il défendrait encore aussi aveuglément cette thèse.

Le jour J

Les chefs de parti de centre-gauche ont probablement quelques atouts dans leurs manches. L'attaque, si elle a lieu, sera déclenchée avec un maximum de force dès le premier tour alors que les voix de l'UDC et du PLR s'éparpilleront entre les trois candidats officiels, sans compter que certains PLR se joindront joyeusement à la curée. Si l'UDC tient le choc, elle se rabattra probablement en intégralité sur un candidat unique aux tours suivant pour préserver ses chances de succès, candidat que les médias s'empresseront alors de dépeindre comme "le seul vrai candidat qu'il y a jamais eu" en soulignant "l'hypocrisie" d'en avoir présenté plusieurs.

Mais il n'est pas dit que les petits comploteurs de Berne parviennent à trouver un nouveau poulain de la trempe d'Eveline Widmer-Schlumpf, et le grand public n'en saura probablement jamais rien. Le cas échéant, il faudra alors s'en remettre à la liste officielle, la mort dans l'âme. Il est peu probable que Norman Gobbi surmonte l'odeur de soufre qu'il charrie en tant qu'élu de la Lega. Guy Parmelin serait un choix raisonnable mais la surreprésentation romande au Conseil Fédéral ferait obstacle à l'ambition personnelle de Christophe Darbellay au moment de remplacer Doris Leuthard, ce qui serait problématique. Le Parlement pourrait donc opter pour une élection de Thomas Aeschi, sans enthousiasme et sous les huées de la gauche.

Tout cela n'est bien sûr que mon analyse personnelle et une bonne dose de politique-fiction. Il sera intéressant de relire ce texte après l'élection du 9 décembre.

28 novembre 2015

D'abord la crèche, ensuite le reste

La ville de Neuchâtel a réussi à faire parler d'elle aujourd'hui en choisissant de retirer une crèche de Noël disposée sous le sapin officiel de la ville. La décision pour le moins controversée des autorités suscite une avalanche de critiques. La section des jeunes UDC du canton a décidé de lancer une pétition.

L'information est révélée dans L'Express et reprise dans Le Matin, où il trônait ce vendredi au sommet du classement des articles les plus lus. Visiblement, le sujet interpelle.

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La crèche, remisée loin des regards.

D'emblée, il faut écarter tout malentendu: la décision n'a rien à voir avec l'art. La crèche en question, sculptée à la tronçonneuse, est d'une esthétique qui plaira ou non, mais là n'est pas l'important. Elle garde une force symbolique à l'approche des fêtes de fin d'année et c'est précisément pour cette raison que le Conseil Communal de la ville (l'équivalent de la Municipalité en terres vaudoises, c'est-à-dire l'exécutif, composé de cinq personnes à Neuchâtel) a décidé de l'enlever. Pour quelle raison? La réponse, hallucinante, tient en une phrase:

"Le Conseil communal ne veut pas être associé à une croyance."


La justification est limpide, assumée, et absurde. "C'est le sapin de toutes et tous, de tous les citoyens, laïcs comme croyants", précise le conseiller communal Olivier Arni à un journaliste. Est-il besoin de préciser à ce stade que le chef-lieu cantonal a à sa tête deux socialistes, deux libéraux-radicaux et une verte? Les habitants de la ville auront beau pétitionner jusqu'à ce que leurs stylos soient à court d'encre, ils ont les autorités qu'ils méritent. En outre, à ce stade, il faut rappeler que la participation aux élections communales tournait autour de 30%.

Le sapin de Noël de tous les laïcs?! Les réactions ironiques ne manquent pas - il faudrait être sérieusement atteint, à peu près comme le sont les élus neuchâtelois, pour tout dire, pour imaginer qu'un sapin de Noël sans crèche n'évoque plus la fête chrétienne de la Nativité du Christ. Nous verrons si l'agitation populaire, en cette période de fêtes et de sourdes menaces, parviendra à faire revenir à la raison des politiciens coupés de la réalité.

La superficialité d'une certaine classe politique est sans limite. Incapables de dissocier les sentiments de la pratique, ils s'imaginent que parce qu'on ne va plus à la messe le dimanche on a renié sa culture chrétienne, son héritage culturel et ses racines ; qu'on acceptera qu'une église devienne un HLM, ou que Noël soit ramené au plus petit dénominateur d'une fête commerciale où les cadeaux changent de mains sans aucune explication.

Pourtant, cette anecdote porte moins sur la "laïcisation" à marche forcée de Noël que sur la veulerie des autorités politiques. La presse ne fait aucune mention de plaintes contre la célébration de Noël, si bien que la décision de retirer la crèche sculptée semble issue de l'exécutif lui-même. Nous assisterions donc à une démarche préventive destinée à éviter non pas un conflit, mais l'idée même d'un conflit.

A mi-chemin entre peur et veulerie, les autorités neuchâteloises incarnent ici un nouveau stade dans l'aplaventrisme des élites face aux éléments allogènes d'une société. Ce n'est même plus une capitulation en rase campagne, c'est carrément la reddition à l'idée même que quelqu'un, quelque part, puisse éprouver une vague hostilité. Désormais, la population locale "se mobilise" avec des messages sur la place en question. Il serait temps.

Tout doit être fait - et tout est fait - pour s'épargner l'opprobre de gens qui pourraient, éventuellement, être vexés ou vaguement revendicatifs face à la célébration d'une fête chrétienne. Le musulman de passage? Le laïcard de combat? L'athée intolérant? Tous sont apparemment dignes de la plus haute considération. Seuls ont le droit d'être méprisés les autochtones de culture chrétienne, envers lesquels on peut tout se permettre.

Les concessions de ce genre sont sans limites. Après tout, personne n'a vraiment besoin d'une crèche sous un sapin de Noël, n'est-ce pas? Mais le problème de ces reculades est qu'elles ne s'arrêtent jamais. La petite pierre qui dévale la colline a tôt fait de devenir une avalanche.

On retire les crèches de Noël, on réécrit l'hymne national pour y supprimer les références religieuses, et ainsi de suite. Cela s'arrêtera-t-il?

20 octobre 2015

L'UDC vaudoise renonce à soutenir Olivier Français

Le congrès de l'UDC Vaud eut donc lieu lundi soir à Chavornay.

Pour un compte-rendu à peu près factuel de la soirée, on se tournera vers l'article en rapport dans le quotidien 24Heures. Malgré tout, celui-ci n'est pas exempt de quelques erreurs. Par exemple, le journaliste évoque le conflit larvé entre "UDC des villes et UDC des champs" ; si cette tension est bien réelle au niveau de l'électorat (les bons scores de Jacques Nicolet et d'Alice Glauser au sein de la liste UDC s'expliquent amplement par des consignes de vote très suivies dans les campagnes) elle n'est absolument pas la source de la division du parti au moment de choisir de soutenir Olivier Français.

Si l'alliance avec le PLR au second tour du Conseil des Etats a été rejetée par 67 voix contre 57 et une abstention, c'est pour de toutes autres raisons. Revenons sur cette soirée.

Après une présentation mi-amère des résultats vaudois, décevants comparés à la progression de l'UDC suisse mais explicables par la polémique de l'été, après l'annonce de la présidente de sa démission attendue en janvier 2016, après une analyse fine des résultats vaudois de l'élection par Kevin Grangier, arriva enfin le point d'orgue de ce congrès: le choix de soutenir ou non la candidature de M. Olivier Français au second tour de l'élection au Conseil des États.

Tout juste ressorti de sa propre séance du PLR à Bussigny, M. Français vint en tant qu'invité sous un tonnerre d'applaudissements pour plaider sa cause avant se soumettre à un feu roulant de questions de la part des délégués. La presse ne perdit pas une miette de l'exercice.

Même pas de vagues promesses

olivier français,udc,plr,élections du 18 octobre 2015Si Olivier Français était venu avec une proposition du congrès PLR de faire un apparentement avec l'UDC pour les élections communales de 2016 ou les cantonales de 2017, l'adhésion de l'assemblée lui aurait été acquise. Au lieu de cela, il ne put faire mieux que de soutenir cette position à titre personnel, et de promettre de défendre l'idée de l'élection d'un second membre de l'UDC au Conseil Fédéral au sein de son groupe à Berne. Interrogé sur ce qui le séparait des candidats de gauche sur les sujets brûlants, application de l'initiative du 9 février ou du renvoi des criminels étrangers, il resta évasif.

Bref, bien que sympathique, Olivier Français vint les mains vides. L'idée de soutenir un candidat de centre-droit était évidemment séduisante pour une assemblée UDC, mais la pilule était difficile à avaler face à un candidat proche du centre, charriant un certain historique d'animosité envers l'UDC et ses électeurs (bien qu'élu par ces derniers lorsqu'il fut porté par une coalition pour accéder à la Municipalité de Lausanne), et dont l'élection au Conseil des Etats aurait ressuscité la carrière politique d'un certain Fathi Derder sur les bancs du National par le truchement des viennent-ensuite.

Le soutien de l'UDC envers Olivier Français était donc plombé au départ, mais pas de façon irrémédiable. Il aurait fallu que le PLR vaudois fasse un effort concret pour faire pencher la balance. Mais c'était sans doute un acte d'humilité et d'ouverture trop difficile à accomplir pour un parti encore tout émoustillé par sa victoire de la veille.

Penser comme un délégué

M. Français travailla de façon méritoire pour donner l'impression d'y croire, mais l'écart avec la gauche est très grand. Il aurait été moindre si le PLR avait joué la carte de l'apparentement dès le premier tour, et alors les chances de la droite dans un ticket PLR + UDC auraient été réelles. Hélas, on ne refait pas l'histoire.

L'assemblée UDC réunie à Chavornay s'inscrivait dans une optique plus vaste que celle du second tour au Conseil des Etats, les relations futures avec le PLR vaudois.

Je pense que 80% au moins des délégués de l'UDC sont pour un rapprochement avec le PLR au nom de la droite bourgeoise, même si nos partis divergent sur des points importants. Mais cette relation doit se construire étape par étape, des fondations au sommet: d'abord à l'échelle communale, puis cantonale, puis au National, et enfin au Conseil des Etats, premier et second tour.

Dans ce contexte, une alliance avec le PLR au deuxième tour de l'élection au Conseil des Etats revenait à commencer un livre par le dernier chapitre.

Nous aurons l'occasion de rebâtir ces fondations prochainement, puisque le cycle électoral s'achève. Il reprendra dès 2016 avec les élections communales, puis les cantonales en 2017 et se concluera à nouveau avec les élections fédérales de 2019. A chaque étape l'UDC tendra la main au PLR ; à lui d'avoir l'intelligence de la saisir.

L'élection appartient aux électeurs

Les délégués ne sont pas les citoyens. Les mots d'ordre formulés par les partis sont suivis ou non de la population.

L'UDC vaudoise n'avait pas l'intention de torpiller la candidature d'Olivier Français en maintenant un de ses candidats au second tour, mais elle avait le choix entre appeler à voter pour lui ou s'en abstenir. Elle choisit cette dernière option.

S'en remettre aux électeurs est une attitude tout à fait dans la ligne de l'UDC. Les citoyens ne sont pas stupides. Ils ont, comme tout le monde, assisté aux violentes diatribes anti-UDC d'une Isabelle Moret, ou se rappellent les déclarations hostiles de M. Français lui-même. Ils ont vu le dédain affiché par le PLR vaudois en déclinant les invitations d'apparentement venues de l'UDC. Si le PLR ne séduit pas l'électorat UDC y compris lorsque l'équilibre gauche-droite est en jeu, il ne peut guère s'en prendre qu'à lui-même.

De l'autre côté, ils savent que renoncer à soutenir M. Français revient à laisser élire M. Recordon, celui qui dansait dans les couloirs du Conseil National en 2007 après avoir réussi à évincer M. Blocher du Conseil Fédéral. Des images inoubliables!

Le choix est difficile, et même si la mobilisation est au rendez-vous la victoire du candidat PLR au Conseil des États paraît très incertaine. Heureusement, la politique vaudoise porte plus loin. Comme le fit remarquer un délégué, même si les écologistes vaudois réussissent à sauver leur candidat au Conseil des Etats, cela ne changera pas grand-chose à leur défaite nationale. Ils ont perdu et ils le savent.

Le congrès UDC du 19 octobre ne visait pas qu'à décider du second tour d'une élection, mais à mettre à plat ses relations futures avec le PLR au sein de la droite. Et bien que les majorités soient amoindries par l'enjeu le sentiment de l'assemblée fut clair: il n'y aura plus d'alliance avec le PLR si celui-ci continue à traiter l'UDC par le mépris. Les délégués UDC ne supporteront plus que le PLR ne s'adresse au parti que les quelques soirs où il aura besoin de ses voix au gré des circonstances.

Il est dommage que cette leçon coûte probablement sa candidature à M. Français, mais entre deux formations politiques et leurs électeurs le respect se doit d'être réciproque. L'exemple du Valais nous montre d'ailleurs que l'UDC peut fort bien progresser dans un canton sans avoir d'apparentement avec qui que ce soit.

Espérons que le PLR vaudois comprenne le message. Nous verrons ce qu'il en est dès 2016, lors des élections communales.