05 décembre 2016

Difficile week-end électoral pour l'Europe

L'Union Européenne a mal à ses élections. L'Autriche s'arc-boute pour rester temporairement dans les bornes du politiquement convenable. L'Italie, troisième puissance économique de la zone euro, en sort bruyamment.

Les murailles de Vienne

italie,autriche,électionsLe week-end avait pourtant bien commencé avec l'élection d'Alexander Van der Bellen au poste de président en Autriche. Six mois après un premier scrutin invalidé suite à d'inavouables fraudes, l'écologiste "indépendant" rassembla finalement 53% des suffrages - moins d'un pourcent de plus qu'à la tentative précédente, bien qu'ayant bénéficié d'un matraquage continuel de l'opinion publique en sa faveur.

Selon une technique éprouvée, M. Van der Bellen fut soutenu par absolument toute la classe politique, les médias, les people, les intellectuels et le reste. Mais Norbert Hofer n'est pas Trump, pas plus que les Autrichiens ne sont des Américains. Les vieilles recettes du passé fonctionnèrent donc encore - une dernière fois sans doute. Car la victoire à la Pyrrhus du nouveau président et de ses alliés augure d'un sombre avenir pour le camp victorieux. Seul contre tous, le Parti de la Liberté (FPÖ) atteint 46% à l'échelle nationale. Il réunit jusqu'à 40% d'intentions de vote à Vienne, la terre censée lui être la plus hostile. Les prochaines élections seront donc délicates. Heureusement, M. Van der Bellen, amoureux de la démocratie, déclara que "lui vivant" jamais il ne nommerait un chancelier issu du FPÖ même si ce parti devait remporter les élections...

La maigre victoire autrichienne suffit aux élites européennes, qui purent crânement se réjouir que la coque tienne. Elle céda le même jour, quelques heures plus tard, en Italie.

Renzi logiquement poussé vers la sortie

Matteo Renzi n'eut pas pour lui les six mois de délais que s'octroyèrent les autorités autrichiennes face à des enveloppes de vote mal collées. Il n'eut droit qu'à un essai, et échoua lamentablement. Toutefois, à l'inverse de la situation autrichienne où M. Hofer mena pendant longtemps dans les sondages avant une surprise finale, l'effondrement du gouvernement italien était prévisible depuis longtemps, comme le démontrent des scores sans appel: plus de 59% des votants opposés au texte, avec une participation de plus de 65%.

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La première erreur de M. Renzi est d'avoir confondu nomination et légitimité. Cela arrive souvent lorsqu'on obtient un mandat sans passer par des élections générales. Une fois l'insupportable Berlusconi débarqué quasiment par décret d'Angela Merkel, Matteo Renzi se retrouva secrétaire général du Parti démocrate en faisant tomber son prédécesseur Enrico Letta, puis à la tête de l'Italie. Incarnant une gauche moderne et volontariste, adoubé par les plus hautes élites européennes, comment pouvait-il s'embarrasser de ce que pensait de lui la plèbe italienne?

La deuxième erreur de M. Renzi est d'avoir oublié le peuple. Alors que le peu de légitimité de son accès au pouvoir aurait dû susciter la modestie, M. Renzi fit exactement le contraire en redoublant de suffisance. Utilisant sa fonction comme une tribune pour distiller ses bonnes leçons aux Italiens, qualifié d'Obama à l'italienne pour son allure décontractée, il devint le chouchou des média italiens, jusqu'à une couverture de Vanity Fair où il posa comme une vedette de cinéma. Mais où était le peuple? Les signaux contraires, électoraux notamment, s’amoncelèrent - jusqu'à des municipales qui virent l'échec historique du Parti démocrate à Rome et à Turin face au Mouvement Cinq Étoiles.

La dernière erreur de M. Renzi est d'avoir personnalisé le scrutin. L'histoire retiendra l'ironie d'un Président du Conseil éjecté par sa tentative de mise en place d'une nouvelle organisation "plus stable" de l'État... Quels que soient les mérites de sa réforme - et elle en avait quelques-uns - il la condamna à l'échec en la présentant comme un vote de confiance sur sa personne. Matteo Renzi pensait sans doute réitérer le succès de son début de mandat où il parvint à damer le pion à ses concurrents à gauche, mais les Italiens eurent le temps de jauger sa politique et son style - agréable mais porteur de peu de substance.

Bien que coqueluche des médias et aimé hors des frontières de la Péninsule (les Italiens de Suisse votèrent à 64% en faveur de son texte, un score aligné avec l'ensemble des Italiens de l'étranger) les Italiens d'Italie virent dans le scrutin une occasion unique d'éliminer un dandy de gauche agréable mais décevant, dont les principales réformes ne cernaient certainement pas l'essentiel.

Prochaines étapes

Par un score sans appel, Matteo Renzi a donc été poussé assez brusquement vers la sortie. Son élimination politique ouvre une période d'incertitude pour l'Italie, le Mouvement Cinq Étoiles de Beppe Grillo menant la danse. On ne sait même pas selon quelle loi électorale auront lieu les prochaines élections. De plus, l'Italie reste un pays en crise, étranglé entre les vagues de migrants et un secteur bancaire à l'agonie. Sur quel obstacle trébuchera-t-elle en premier?

Aujourd'hui, les médias s'émeuvent de plusieurs images montrant un sommet où participaient Angela Merkel, François Hollande, Matteo Renzi, David Cameron et Barack Obama. Des cinq, quatre ont été évincés ou sont sur le départ.

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Le visage de l'Occident change rapidement.

Les prochaines étapes électorales sont:

  • Le 15 mars, des élections générales au Pays-Bas (Geert Wilders)
  • Le 23 avril et le 7 mai, les élections présidentielles françaises (un probable duel Le Pen / Fillon)
  • En octobre, les élections générales en Allemagne, le destin d'Angela Merkel étant dans la balance.

Mais hors du cadre démocratique de nombreuses échéances surviendront, avec des restructurations de dette grecque, les menaces de la Turquie quant au flux de migrants, l'activation du Brexit par le Royaume-Uni, ou une ou deux faillites bancaires d'importance systémique...

L'année 2017 s'annonce sportive.

09 novembre 2016

Make America Great Again - Trump est élu

Les résultats des élections américaines sont sous toit. Trump est élu - avec une marge confortable.

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Les électeurs ont parlé.

La légendaire campagne d'Hillary Clinton

Dire que l'élite de l'Amérique roulait pour Hillary Clinton serait en-deçà de la vérité, et ceux qui ont suivi cette campagne de près s'en souviendront toute leur vie. La mémoire d'Internet sera là pour rappeler éternellement aux donneurs de leçons leur manque de crédibilité. S'il y a bien une chose à laquelle que je n'imaginais pas assister de mon vivant, c'était à une unanimité et un manque d'esprit critique plus grands encore que lors des deux élections de Barack Obama. Les records sont faits pour être battus...

Démocrates, médias américains et étrangers, Silicon Valley, vedettes de la musique ou du sport, Wall Street, Hollywood, Google, Facebook, tous soutenaient à bout de bras une présidence Clinton. Même des Républicains de haut rang!

Remportant ses débats aux dires des journalistes, volant de victoire en victoire en engrangeant les soutiens selon les journaux télévisés, rien ne semblait plus en mesure d'arrêter Hillary Clinton jusqu'à son plébiscite le 8 novembre. En termes médiatiques américains, on appelle cela un "narrative", une façon de raconter l'information. Les faits sont continuellement filtrés, mis en valeur ou passés sous silence selon la façon dont ils s'intègrent dans la légende en cours d'écriture. Le flot de l'actualité est tellement canalisé que sa force entière ne sert plus qu'à mouvoir le moulin de la propagande.

La révélation de "propos de vestiaire" sexistes de Trump, enregistrés à son insu onze ans plus tôt, devaient être le dernier clou du cercueil de sa candidature. Il est de coutume de livrer des informations salaces sur un candidat au beau milieu de la campagne présidentielle ; là encore, les journalistes amis (c'est un pléonasme) jouèrent leur partition à fond. Le grand public fut abreuvé jusqu'à la nausée de propos indignés tournant en boucle, de protestations, de femmes exprimant leur dégoût, avant que ne sorte du bois de nouvelles victimes affirmant de façon très artificielle la façon dont Trump les avait pelotées ou draguées jusqu'à trente ans plus tôt.

Certains sondages donnèrent jusqu'à douze points d'avance à Hillary Clinton. On en aurait presque oublié qu'ils étaient tous plus faisandés les uns que les autres!

L'ascension de Trump

En face du camp démocrate, Donald J. Trump, n'était pourtant pas exactement le genre d'individu à prendre à la légère.

Les commentateurs abasourdis sont bien forcés de le constater aujourd'hui, M. Trump avait quelques qualités. Au départ, il n'avait pour lui que sa répartie d'ancienne vedette de télé-réalité et un portefeuille garni, qui lui évitait cette course aux levées de fonds, flirtant avec la corruption, à laquelle se soumettent habituellement les candidats.

Il triompha d'innombrables obstacles méthodiquement, les uns après les autres. Le premier d'entre eux fut d'attirer sur lui l'électorat républicain. Celui-ci avait le choix - il y avait seize autres candidats aux primaires républicaines. Cette époque correspond aussi à la courte lune de miel entre Trump et les médias. Trump générait de l'audience, choquait par son franc-parler, ses répliques assassines, ses tweets. À cette époque la presse l'adorait, mais - car il faut le souligner - seulement pour mieux se moquer de lui. Il fut qualifié tour-à-tour de clown, de bouffon et d'autres termes plus méprisants encore. Les Démocrates ne furent pas plus perspicaces ; pendant longtemps l'état-major du Parti de l'Âne regarda avec bienveillance l'ascension de Trump car il était jugé plus facile à battre par Hillary!

La popularité de Trump fut pourtant assez vite démontrée, résistant au dénigrement continuel dont il faisait l'objet. N'étant pas politicien de carrière, il partait en campagne sans le moindre réseau politique. La faiblesse du lien entre Trump et la classe politique se révélait finalement une force, car il cristallisait sur sa candidature les innombrables déçus des années Obama et d'une Amérique en panne, convaincue de la corruption galopante de Washington - de nombreux Américains qui n'étaient ni Républicains, ni Démocrates. Le camp démocrate subit le même vent de protestation à travers la candidature de Bernie Sanders, mais Hillary, incarnant le statu-quo et la continuité, remporta l'investiture. Les "rebelles" (dont des supporters de M. Sanders!) n'eurent donc plus que Trump vers qui se tourner.

Bizarrement, l'analyse la plus juste du tremblement de terre en préparation vint selon moi de Michael Moore. Le réalisateur de faux documentaires engagés, hypocrite au possible quant à ses valeurs, se démarqua de l'enthousiasme artificiel du camp démocrate en livrant deux semaines avant les élections une confession dangereusement proche d'un retournement de veste. Dans une vidéo, il exprima ce qui constituait selon lui la quintessence du vote Trump, la protestation.

[Que Trump pense ce qu'il dise ou non] est une question non pertinente parce qu'il parle à ceux qui souffrent, et c'est pourquoi tous ces sans-nom, cette masse laborieuse oubliée qui faisait partie de ce qu'on appelait la classe moyenne, ces gens démolis, aiment Trump. Il incarne le cocktail Molotov qu'ils ont tant attendu, la grenade humaine qu'ils peuvent légalement balancer dans ce système qui a volé leur vie. Et le 8 Novembre, bien qu'ils aient perdu leur emploi, qu'ils aient été évincés par la banque, qu'à côté survienne ensuite le divorce et le départ de la femme et des enfants, que leur voiture ait été saisie, qu'ils n'ont pas eu de vraies vacances depuis des années, qu'ils soient coincés dans le plan "bronze" de cet Obamacare de merde où vous ne pouvez même pas obtenir un putain d'analgésique, ils ont essentiellement perdu tout ce qu'ils avaient, sauf une chose - la seule chose qui ne leur coûte pas un centime et qui leur soit garantie par la Constitution américaine: le droit de vote. (...)

Ils voient que l'élite qui a ruiné leur vie exècre Trump. L'Amérique corporatiste a Trump en horreur. Wall Street abhorre Trump. Les politiciens de carrière haïssent Trump. Les médias méprisent Trump, après l'avoir aimé et propulsé, et ensuite détesté. Merci les médias: l'ennemi de mon ennemi est celui pour qui je voterai le 8 novembre.


Le support permanent et inconditionnel de l'establishment en faveur de Clinton finissait par être une arme à double tranchant.

Quand le narrative déraille

Longtemps avant le scrutin, Donald Trump avait assimilé son accession au pouvoir au Brexit, la victoire surprise sur toutes les prédictions. Sur les îles britanniques, le Brexit fut rendu possible par une masse inégalée d'électeurs se rendant aux urnes pour faire entendre leur voix - des gens qui n'avaient jamais voté de leur vie auparavant. Les analyses de ce scrutin montreront sans doute que c'est aussi le cas ici.

Il y eut pourtant de nombreux signes avant-coureur d'un problème dans le camp démocrate. Les manipulations pour écarter l'unique challenger Bernie Sanders. L'affaire des e-mails puis son classement par le FBI, perçus par le grand public comme un abominable traitement de faveur vis-à-vis des lois. Près de 70% des Américains considéraient qu'Hillary Clinton était une menteuse indigne de confiance.

Le malaise de Clinton lors des cérémonies du 11 septembre renforça l'impression d'une femme affaiblie et fatiguée, tout en donnant lieu à une nouvelle salve de demi-vérités.

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Le coup de grâce vint de nombreuses fuites révélées par Wikileaks (bien que passées sous silence par les médias) ainsi que de la découverte de milliers d'e-mails cachés sur les portables d'aides de longue date d'Hillary Clinton, forçant James Comey, directeur du FBI, à rouvrir une enquête sur la candidate à quelques jours du scrutin. La presse ne pouvait pas ignorer pareils développements. Des membres haut placés de la Clinton Foundation se mirent à table. Le FBI trouva la preuve que les dizaines de milliers d'e-mails détruits par Hillary n'étaient de loin pas des messages anodins concertant "les cours de yoga de sa fille". Barack Obama était lui aussi impliqué en ayant une parfaite connaissance du serveur mail privé de sa Secrétaire d’État, et en utilisait un lui-même.

Le directeur du FBI James Comey (dont on attend la démission désormais) eut beau céder une nouvelle fois aux exigences de la Ministre de la Justice Loretta Lynch, le grand public ne fut pas dupe de ces manœuvres. L'administration Obama avait abandonné depuis longtemps toute forme d'équité pour se tourner entièrement au service de la candidate démocrate.

Aujourd'hui, plusieurs enquêtes subsistent contre Hillary Clinton, à commencer par la fondation du même nom. Avec cet échec électoral la Maison Clinton est enfin tombée, emportant dans sa chute d'innombrables complices dont nous apprendrons beaucoup ces prochains mois. De nombreux politiciens corrompus finiront sans doute en prison, ce qui s'avère une perspective réjouissante. Le dernier slogan de campagne de Trump était Drain the swamp, "assécher le marais", évoquant la puanteur et la pourriture imprégnant les élites de Washington, mais aussi l'ampleur de la tâche à accomplir.

Sondage Contre Vote

Comme pour le Brexit, les mensonges répétés dans les sondages jour après jour, heure après heure, n'ont pas suffi. Les citoyens américains se sont mobilisés en masse pour soutenir Donald Trump, et la vérité ne se trouve qu'au fond des urnes.

Il est possible qu'une partie de la propagande pro-Clinton ait découragé certains de ses partisans de se déplacer ; mais en réalité, la victoire vient bien davantage de la mobilisation des pro-Trump. Pour le comprendre, un autre témoignage nous vient de Scott Adams, le créateur du célèbre Dilbert. Commentant et analysant avec beaucoup de recul les "performances" des deux candidats à la présidence, il en vint à se rapprocher de Trump en toute rationalité. Jusqu'à en être menacé à titre personnel. Mais cela ne l'amena pas à fuir, bien au contraire, et comprendre sa démarche revient à comprendre la mentalité de nombreux électeurs républicains lors de cette élection.

J'ai essayé de comprendre le trait d'union qui relie ensemble les supporters de Clinton. Autant que je puisse en juger, la volonté d'intimider autrui sous toutes ses formes en est la caractéristique dominante.

  • Si vous avez une pancarte Trump sur votre pelouse, ils vous la voleront.
  • Si vous avez un autocollant Trump sur votre voiture, ils vous la rayeront.
  • Si vous évoquez Trump au boulot, vous risquez de vous faire virer.
  • Sur les réseaux sociaux, presque chaque message que je reçois d'un défenseur de Clinton est une intimidation sous une forme ou une autre. Ils vous insultent. Ils essaient de vous faire honte. Ils vous étiquettent. (...)

L'équipe d'Hillary Clinton a réussi à perpétrer une des pires vilenies auxquelles j'ai pu assister dans ma vie. Sa campagne a présenté les partisans de Trump - une bonne moitié de l'électorat - comme des nazis, des gens sexistes, homophobes, racistes, et autres termes dégradants (...) [Le] portrait de Trump par Clinton offre une parfaite justification morale pour tout acte d'intimidation en ligne ou en personne. Nul ne peut être méchant en s'opposant à Hitler, pas vrai?


Résultat, la campagne de Clinton a divisé l'Amérique comme jamais auparavant. Clinton, et seulement Clinton.

Oui, oui, je me rends compte que des partisans de Trump ont eux aussi eu des mots très durs pour les supporters de Clinton. Je ne prends pas la défense des pommes pourries de chaque panier ; je signale simplement que Trump avait pour message d'unir tous les Américains sous une seule bannière. Le message de Clinton était, lui, que certains Américains étaient de "bonnes personnes" et que les autres, 40% à l'époque, étaient des gens "déplorables", digne d'être pointés du doigt, vandalisés, punis par la fiscalité et la violence. Elle a littéralement tourné les Américains les uns contre les autres. Il est difficile pour moi d'imaginer un candidat à l'élection présidentielle faire quelque chose de pire.

Je vais le répéter.

Autant que je puisse en juger, la pire chose qu'un candidat à l'élection présidentielle puisse faire est de jeter les Américains les uns contre les autres. Hillary Clinton a fait exactement cela.

Intentionnellement.


Les Américains se sont rebellés - lassés des insultes, des intimidations, d'être tancés par des gens prétendant parler en leur nom, lassés d'être accusés de tous les maux de l'Amérique alors que les responsabilités en étaient dans le camp d'en face. Les Américains n'aiment pas les bullies, les brutes qui cherchent à dominer par l'intimidation.

Aujourd'hui, comme Trump l'annonça dans son discours d'investiture, l'heure est à la réconciliation. Et pour de nombreux Américains, à un authentique espoir.

Donald J. Trump, 45e président des États-Unis

L'élection du 8 novembre ne concernait pas seulement le Président des Etats-Unis, mais aussi la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Comme on pouvait s'en douter, les électeurs qui ont fait l'effort de voter pour Trump n'avaient pas spécialement envie de lui lier les mains et choisirent donc de mettre au pouvoir de nombreux élus républicains.

Loin des sondages, une fois de plus, les résultats sont là: les deux chambres sont désormais sous le contrôle des Républicains. Les Démocrates étaient coutumiers du fait, notamment en 2008 avec Obama, mais pour les Républicains il faut remonter à 1924 pour retrouver pareille configuration.

usa,donald trump,hillary clinton,électionsDans les faits, cela signifie que le Président Trump dispose des majorités nécessaires pour instaurer son programme de campagne. De nombreuses réformes désastreuses et socialisantes instaurées par Obama, comme l'Obamacare, seront probablement annulées.

En outre, le Président Trump sera en mesure de nommer les prochains juges de la Cour Suprême - un des neuf sièges est à pourvoir immédiatement, et jusqu'à quatre d'entre eux devraient être nommés ces prochaines années.

Enfin, on peut s'attendre à ce que l'horizon se dégage sur nombre de dossiers internationaux, notamment la guerre en Syrie, le nucléaire iranien et les relations avec la Russie.

Donald Trump n'a jamais caché son scepticisme quant au controversé Réchauffement Climatique d'Origine Humaine, et pourra mettre en œuvre sa vision de l'immigration - et démontrer aux autres nations ce qu'il est possible de faire en la matière.

Nos gauchistes de service ne devraient pas trop désespérer: il est probable que le fameux TIPP dont ils se méfient tant vienne de dérailler sous leurs yeux. Wall Street et tout le big money soutenant Clinton-la-corrompue viennent de se prendre une veste. Les temps sont mûrs pour reconstruire un parti démocrate sur des bases plus saines.

Après le Brexit libérant le Royaume-Uni, les Américains viennent aussi de se libérer du joug de leurs élites. L'avenir se montre à nouveau riche de promesses.

01 novembre 2016

La campagne d'Hillary Clinton explose en plein vol

Je n'avais pas prévu de revenir sur l'actualité de la campagne présidentielle américaine mais compte tenu des revirement spectaculaires de ces derniers jours, est-il possible de faire autrement?

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Ceux qui ne seraient pas encore familiarisés avec quelques scandales collant aux basques d'Hillary Clinton peuvent se référer à un ancien billet sur le sujet. Depuis, l'eau aurait dû couler sous les ponts. Le scandale consécutif à l'enregistrement de propos salaces de Trump à son insu en 2005 aurait dû démolir ses dernières chances de succès pour les élections. Hillary aurait dû triompher sans coup férir... Mais il est des campagnes où rien ne se déroule comme prévu.

Il était une fois un serveur mail

En 2009, lorsque Hillary Clinton accéda au poste de Secrétaire d’État sous la présidence Obama, les Clinton mirent en place une messagerie parallèle, privée. Pendant des années, les affaires ayant trait à la diplomatie américaine circulèrent à travers l'adresse électronique HDR22@ClintonEmail.com. Ce serveur mail privé était en parfaite violation du Federal Records Act, qui impose une copie pour archivage des communications officielles des élus et hauts fonctionnaires pour des activités liées à leur mandat, et de la loi sur la liberté d’information (Freedom of Information Act) permettant à toute personne en faisant la demande de consulter ces échanges, sauf ceux classés confidentiels ou secret-défense.

Il faut noter que Mme Clinton savait parfaitement qu'elle violait la loi, sauf à faire preuve de troubles de la mémoire confinant à la démence. En 2007, alors dans l'opposition, elle reprocha à des élus républicains leur utilisation de mails privés dans le cadre de leurs fonctions. En 2011, alors même qu'elle utilisait son serveur privé, elle envoya un message enjoignant les ambassadeurs sous ses ordres à ne pas utiliser des adresses privées. En 2012, elle réprimanda sévèrement un ambassadeur et le licencia ensuite pour être passé outre.

La révélation de l'existence de ce serveur mail (par hasard, à travers le piratage du compte mail d'un proche des Clinton) entraîna une enquête. Sommée de s'expliquer, Hillary Clinton déclara que ces e-mails ne concernaient rien d'important, en imprima des milliers de pages et les fournit au FBI. Mais 33'000 messages manquaient à l'appel, couvrant par exemple la période critique de l'activité de Secrétaire d’État de Mme Clinton pendant l'attaque du Consulat américain de Benghazi, en Libye, où un diplomate américain de haut rang trouva la mort.

Mme Clinton prétendit que les e-mails manquants n'avaient aucune importance, comme les cours de yoga de sa fille, et relevaient de la sphère privée.

Sommée de livrer son serveur aux autorités, Hillary Clinton en fit effacer le contenu avec un logiciel professionnel, affirmant qu'il s'agissait d'une "simple erreur de manipulation" du technicien, sans préméditation. Les internautes purent démontrer qu'il s'agissait là d'un mensonge grossier, le technicien en question cherchant à savoir comment effacer des données sensibles plusieurs mois auparavant.

Sans avoir accès à l'entier de la correspondance d'Hillary Clinton, les enquêteurs du FBI parvinrent à trouver des données classifiées dans les mails "gracieusement fournis" par l'ancienne Secrétaire d'État. Mais tout ceci se termina abruptement en juillet par la décision de James Comey, directeur du FBI... De clore l'enquête, à la stupéfaction générale. Mme Clinton fut réprimandée pour sa "grave négligence" et ce fut tout.

Démocrates et journalistes chantèrent des louanges et tressèrent des lauriers à James Comey, incarnant le bon sens et la raison, alors que le grand public et les Républicains restaient pour le moins dubitatifs sur cette conclusion en queue de poisson.

Mais ça, c'était avant.

Réouverture de l'enquête

L'annonce par James Comey de la réouverture de l'enquête du FBI sur les e-mails de Clinton à moins de deux semaines de l'élection présidentielle fit l'effet d'une bombe.

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James Comey, héros le 6 juillet, traître à la nation le 29 octobre - toujours ce traitement
équilibré de l'information (exemple tiré du Washington Post ; cliquez pour agrandir)

À ce stade, nous ne savons pas encore quelles sont les nouvelles données sur lesquelles le FBI a pris sa décision, mais une chose paraît certaine: une annonce pareille si près d'un scrutin aussi important implique que le FBI soit tombé, au minimum, sur de la dynamite.

Nous savons en revanche d'où viennent ces nouvelles données: de l'ordinateur d'Anthony Weiner, politicien démocrate de New York et pédophile notoire. En fouillant dans les e-mails de ce sinistre personnage, les enquêteurs n'ont pas trouvé que des images pédophiles, mais aussi... des dizaines de milliers de courriers électroniques liés à Hillary Clinton et à son serveur mail.

Car il se trouve que M. Weiner est aussi le mari de Huma Abedin, principale aide de camp d'Hillary Clinton depuis vingt ans, une collaboratrice si proche d'elle que Clinton la qualifie parfois de "fille adoptive".

À ce stade, nous ne savons pas non plus comment ces courriers se sont retrouvés là - probablement des mécanismes de réplication entre comptes mails oubliés depuis longtemps, dont l'enquête éclairera peut-être la mise en place et la motivation.

Toujours est-il que la campagne présidentielle d'Hillary Clinton vient d'exploser en plein vol.

La machinerie Clinton se pulvérise

Selon toute vraisemblance, le FBI vient probablement de mettre la main sur les fameux 33'000 e-mails manquants dissimulés par Hillary, et sans doute de nombreux autres. La nouvelle est tellement importante qu'il n'est pas possible de la cacher, de la minimiser, de la détourner - même si tous les médias s'y emploient.

La fin de campagne présidentielle s'est transformée en cauchemar pour Hillary. Les accusations de Trump font mouche. Son serveur mail était au cœur de toute sa communication - non seulement ses entorses au protocole dans son rôle de Secrétaire d’État, mais aussi les affaires ayant trait à la Fondation Clinton et au trafic d'influence entretenu par le couple en préparation de son retour au pouvoir. Le FBI a désormais également placé la Fondation sous enquête.

Les informations filtrées peu à peu corroborent celles que diffuse depuis des jours Wikileaks à travers le piratage du compte Gmail de John Podesta, chef de cabinet de la Maison Blanche de Bill Clinton entre 1998 et 2001, puis conseiller spécial de l'administration Obama en 2013, puis directeur de campagne d'Hillary Clinton pour les présidentielles de cette année.

Les cartes sont retournées les uns après les autres, révélant leurs secrets. La mise aux enchères de postes d'ambassadeurs. Le chantage à l'extorsion exercé contre des Saoudiens. Les manipulations d'Hillary pour évincer Sanders des primaires démocrates. Les débats truqués. La collusion avec la Ministre de la Justice, qui a invoqué depuis le Cinquième Amendement pour ne pas témoigner contre elle-même. La complicité d'Obama dans cette histoire de serveur mail privé, ses efforts pour enterrer l'affaire, et même sa propre utilisation d'une messagerie parallèle. L'utilisation d'activistes payés pour provoquer la violence dans les réunions électorales de Donald Trump.

Les ondes de choc sont incalculables et promettent de résonner longtemps, longtemps après que les Clinton et leurs complices croupissent en prison - une issue qui paraît de plus en plus vraisemblable.

Reste une seule question - Que va-t-il se passer maintenant? Charles Gave tente de répondre:

Jamais les milliers d'e-mails ne pourront être traités dans les jours qui viennent et donc l'élection va avoir lieu dans la plus grande incertitude juridique. Si des preuves certaines sont trouvées, madame Clinton ira en prison, certainement.

Si les citoyens sont assez bêtes pour voter pour quelqu'un qui risque d’aller en prison à peine élu (...) alors nous aurons une crise de régime aux USA, de nature constitutionnelle.

Le Président nouvellement élu sera traduit devant un tribunal constitué par le Congrès et sera sans doute "impeached" par la Chambre des Représentants qui laissera au Sénat la responsabilité de destituer le Président. Voilà qui rendra les US quasiment ingouvernables pendant au moins deux ans, jusqu'à l'élection suivante.

Si monsieur Trump est élu, ce qui me paraît de plus en plus probable, madame Clinton et sans doute son Bill de mari iront en prison où ils risquent de retrouver une grosse partie de l'administration Obama, en commençant par la Ministre de la justice.

Et je ne pense pas que le Président Trump sera particulièrement généreux pour ceux qui l'insultent depuis plus d'un an.


Mais bien des incertitudes subsistent. Pour commencer, il n'est pas du tout certain que les États-Unis parviennent à déterminer qui sera leur Président au lendemain de l'élection présidentielle.

De nombreuses surprises nous attendent sans doute encore.

22 octobre 2016

Dernière ligne droite pour les présidentielles américaines

Le dernier des trois débats entre Hillary Clinton et Donald Trump a eu lieu. Ils ne se confronteront plus l'un à l'autre en public, mais seulement par annonces interposées.

clinton_sprint.jpgL'élection présidentielle américaine aura lieu dans moins de trois semaines.

Alors que nous entamons la dernière ligne droite, les camps en présence font feu de tout bois pour essayer d'arracher la décision.

A notre gauche, nous avons Hillary Clinton. Hillary Clinton incarne la continuité. La continuité d'une carrière accomplie en intégralité à Washington, dans les plus étroits cercles du pouvoir, mais aussi la continuité d'une Amérique en crise et en panne. Une Amérique où la classe moyenne se fait laminer par l'Obamacare, où la reprise économique n'existe que dans des cours de bourse manipulés par la FED, où un nombre inégalé de familles survivent grâce à des bons alimentaires tout en payant jusqu'à 50% de leurs revenus pour simplement se loger.

Le sens d'une présidence Clinton

Pour Guy Millière, qui écrit depuis les Etats-Unis, les carottes sont cuites pour Trump et Hillary sera la prochaine présidente. Reste à comprendre de quelle présidence il s'agit:

Les Etats-Unis vont donc avoir une présidente corrompue, criminelle, achetée et encore à vendre.

Ils vont avoir une présidente qui va peupler la Cour Suprême de juges qui vont déchirer la Constitution, effacer peu à peu les principes fondamentaux énoncés dans le Bill of rights, laisser détruire la séparation des pouvoirs.

Ils vont avoir une présidente favorable à l’avortement jusqu’au neuvième mois de grossesse (elle l’a redit au cours du débat), donc à l’infanticide ; une présidente qui entend régulariser les immigrés clandestins et les faire accéder à la nationalité américaine aux fins qu’ils votent démocrate en échange de chèques à la fin du mois ; une présidente qui va favoriser l’immigration musulmane, changer la composition de la population américaine, accélérer les ravages du politiquement correct, augmenter considérablement les impôts, placer les entreprises en situation de dépendance accélérée par rapport au gouvernement.

Ils vont avoir une présidente qui va continuer la guerre contre la police, maintenir les noirs dans une situation de dépendance et dans une sous culture de violence et de drogue ; une présidente qui va mettre en place un système de santé de type socialiste ; une présidente qui va démultiplier les bureaucraties, accroître le nombre d’assistés et de pauvres dépendants du gouvernement, parachever la mise en place d’une nomenklatura composée des élites politiques, des grands financiers et dirigeants de multinationales finançant les démocrates et bénéficiant en retour de subventions et autres avantages ; une présidente qui pourra s’appuyer sur la quasi-totalité des médias, et qui cherchera à éliminer tous les journalistes et intellectuels qui pensent mal ; une présidente qui, en politique étrangère, continuera ce qui a été fait sous Obama, et qui, donc, va continuer à favoriser l’Iran des mollahs antisémites, pratiquer l’aveuglement volontaire face au péril islamique, tenir un discours anti-russe tout en laissant se mettre en place un ordre mondial tenu par la Russie, l’Iran et la Chine.


Quel beau programme, en effet, et pas une de ces phrases n'est excessive. Malheureusement, une présidence Clinton signifie exactement cela. Une chance que la politicienne démocrate soit qualifiée de "centriste", on se demande ce à quoi les Américains auraient eu droit sinon.

La Menace Trump

trump_sprint.jpgA droite, nous avons Trump. Trump incarne la rupture. La rupture d'un homme d'affaire revenu de tout et décidé à bousculer un système corrompu dont il a pourtant largement profité pendant ses plus jeunes années. Trump est la promesse fragile et incertaine d'un changement, porteur d'incertitude mais aussi d'espoir. Mais pour ses adversaires, le changement préconisé par Trump représente le danger absolu, et ils n'hésitent pas à fouler ouvertement toutes les valeurs qu'ils ont jamais prétendu avoir pour le combattre. Comme l'explique Charles Gave:

Je n’ai jamais vu dans une élection aux USA une telle partialité de la grande presse. Qu’elle aille fouiller dans le passé de monsieur Trump me paraît normal. Qu’elle ne parle pour ainsi dire jamais des casseroles que traînent les Clinton commence à attirer l’attention du vertueux Wall-Street journal qui a du mal à comprendre pourquoi cette même grande presse monte en épingle les peccadilles supposées de monsieur Trump et refuse de parler des crimes des Clinton.

Car il semble bien que les journalistes de cette même grande presse soient prêts à tout pour faire élire leur candidate, comme par exemple en transmettant les questions qui lui seront posées avant que l’interview n’ait eu lieu ou en refusant de filmer les foules qui viennent aux réunions de monsieur Trump.


"Que les journalistes soient à la fois de gauche et vendus au pouvoir en place, voilà qui n’étonnera que les naïfs", poursuit-il, avant de déceler dans cette affaire une deuxième bataille, occulte cette fois-ci, entre les anciens médias et les nouveaux autour de la recomposition du paysage médiatique.

Les anciens médias historiques, presse et télévision, s'arc-boutent en faveur de Clinton dans le but de préserver leur modèle économique, leur coût élevé et leur faible rentabilité. En face, la réinformation sur Internet qui s'est envolée ces dernières années repose sur un modèle plus léger, flexible et réactif, basé sur la concurrence et la diversité des opinions. Une victoire de Trump en ferait définitivement le nouveau média mainstream.

[La] grande presse américaine est constituée aujourd’hui de valets ayant peur pour leur job et donc suivant les ordres qu’on leur donne.

Les journalistes classiques en fait soutiennent Clinton parce qu’ils savent fort bien que si Trump était élu, alors ils se retrouveraient au chômage très rapidement, et que le chômage est acceptable pour le peuple mais pas pour eux.


Mais le duel entre Trump et Clinton ne concerne de loin pas que les journalistes. Il concerne les élites dans un sens beaucoup plus large - la grande masse des gens influents qui estiment avoir plus à perdre qu'à gagner dans un bouleversement. Trump cristallise donc l'entier de l'Amérique-d'en-haut contre lui, une coalition ahurissante et sans exemple dans l'histoire, atteignant jusqu'aux cadres du parti républicain.

Soupçons de fraude

Trump ne s'est pas mal sorti des trois débats télévisés, mais beaucoup pensent que ce n'est pas suffisant pour rattraper le retard qu'il affiche depuis des semaines dans les sondages, alors même que ces sondages sont constamment biaisés. Pourquoi truquer des sondages? Peut-être, de "façon traditionnelle", pour décourager les électeurs du camp d'en face à se rendre aux urnes. Personne n'a envie d'aller voter en se sachant perdant. Mais il est aussi possible qu'il s'agisse de quelque chose de plus sinistre.

Dans le dernier débat Trump "choqua l'assistance" (toujours selon les termes soigneusement choisis des journalistes) en laissant planer le suspense sur l'acceptation de son éventuelle défaite. Clinton s'engouffra évidemment dans la brèche en fustigeant son adversaire de menacer la démocratie américaine en laissant planer un doute sur la validité de l'élection à venir.

Les médias reprennent à l'unisson. Bien sûr, personne ne se demande si la fraude électorale massive sous-entendue par Donald Trump en faveur de son adversaire démocrate ne serait pas, elle, de nature à menacer la démocratie.

Même les gauchistes les plus anti-Trump devraient se rappeler de l'élection de George W. Bush face à Al Gore en 2000, de la confusion face au vote final de la Floride, des recomptages et de la bile déversée alors en apprenant que le Républicain restait en tête. Les accusations de fraude électorale persistèrent en 2008 cette fois-ci à l'avantage du Président Obama.

Le fait est que la fraude électorale existe aux États-Unis, depuis longtemps: vote multiple, inscription de personnes décédées sur les listes électorales, ou tout simplement la bonne vieille corruption. Le fait que ces exemples récents pointent exclusivement vers des fraudeurs démocrates n'est probablement que le fait du hasard. Mais lorsque tout le reste échoue, il suffit alors de tricher au niveau des machines elles-mêmes.

Aujourd'hui 70% des électeurs républicains pensent que les résultats électoraux seront manipulés en faveur d'Hillary Clinton. La tentation sera grande pour les élites menacées par Trump de mettre "toutes les chances de leur côté" ; pour sa part, Julian Assange de Wikileaks a suffisamment d'information en sa possession pour juger que c'est le cas:

"Il n'y a pas d'élection aux États-Unis. Il y a une consolidation de la puissance. Primaires truquées, médias truqués et une candidate 'joueuse de flûte' mènent cette consolidation."


Si le 8 novembre les résultats électoraux ne correspondent pas aux sondages sortie des urnes, les États-Unis se préparent à une crise gravissime.

17 octobre 2016

François Hollande, président perdu

La publication du dernier livre en date sur François Hollande - "Un président ne devrait pas dire ça..." - suscite la dernière tempête médiatique autour de la personnalité du Président, et peut-être la dernière de sa carrière tout court.

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Gérard Davet et Fabrice Lhomme, deux journalistes du Monde, ont rencontré François Hollande 61 fois ces dernières années. Ils en ont composé ce qu'ils considèrent comme un "audit" de son quinquennat - pas une défense de François Hollande, ni un réquisitoire. Le livre laisse d'ailleurs la parole à d'autres proches du pouvoir, comme Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Jean-Pierre Jouyet, Bernard Cazeneuve, et même l'ennemi de toujours Nicolas Sarkozy. Mais les journalistes ne sont pas tendres avec M. Hollande, avouant qu'il a "du mal à se remettre en cause".

"Il a le sentiment que ce qu'il fait est bien, mais qu'on ne le comprend pas. C'est à moitié vrai, car il communique de façon catastrophique. Et il a donné le fouet pour se faire battre à plusieurs reprises, notamment sur l'épisode Leonarda. Mais tout de suite il répond: 'oui, mais j'ai été obligé…' Gérard Davet confirme: "Il ne confesse jamais une erreur et rejette assez souvent la faute sur les autres".


Mais le style de communication n'est pas tout. François Hollande aime le pouvoir, ne le partage pas, et décoche ses flèches assassines. "François Hollande aura inauguré un genre particulier d'exercice du pouvoir : agir en se racontant agir", résume Le Point en listant quelques-uns des meilleurs traits, à moins que ce ne soient les pires...

  • Autosatisfaction: "Quand je regarde rétrospectivement, je me dis, finalement, c'était logique. Qui était le meilleur dans cette génération ? Qui avait anticipé ? Au-delà des aléas de la vie, il y avait sans doute une logique qui m'a conduit là. Il n'y a pas que du hasard."
  • Ségolène Royal: "Le politique du couple, c'était moi, les enfants l'avaient compris."
  • Jean-Marc Ayrault: "Il est tellement loyal qu'il est inaudible."
  • Nicolas Sarkozy: "C'est le petit de Gaulle. On a eu Napoléon le petit, eh bien, là, ce serait de Gaulle le petit." "Ce qu'on ne voit pas chez lui, c'est qu'il ne fait pas le partage entre ce qui est possible et ce qui n'est pas possible, le légal et le non-légal, le décent et le non-décent. Pourquoi cette espèce d'appât de l'argent ? [...] Il s'entoure de gens d'argent. Pourquoi ? [...] L'argent est toujours l'argent ! C'est ça qui est étonnant." "Moi, président de la République, je n'ai jamais été mis en examen. [...] Je n'ai jamais espionné un juge, je n'ai jamais rien demandé à un juge, je n'ai jamais été financé par la Libye."
  • Les Verts: "des cyniques et des emmerdeurs."
  • La justice: "Parce que c'est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux... On n'aime pas le politique. La justice n'aime pas le politique... "

Et au-delà de ces petites phrases fielleuses, d'autres plus problématique sur la Grèce - qui aurait "demandé" à la Russie d'imprimer des Drachmes parce qu'elle n'avait plus les moyens techniques de le faire, en pleine crise de l'euro. Vraies ou fausses, elles posent sérieusement la question de la capacité du Président à ne pas lâcher des informations qui devraient rester secrètes, quand les sujets relèvent plus de la diplomatie que de la bienséance.

Même en termes de communication, François Hollande ne contrôle plus rien. Il affirme dans le livre que Valérie Trierweiler, une "femme blessée", a inventé cette histoire de sans-dents ; s'ensuit une passe d'arme par médias interposés qui se termine par une défaite. Oui, il l'a bien dit, preuve à l'appui. Il s'aliène les magistrats, signe de sa prochaine promotion sur un futur "Mur des Cons" ; il essaye de placer maladroitement des remerciements à la justice dans son discours de cérémonie pour les victimes de l'attentat de Nice.

Mais pourquoi, pour commencer, s'être autant confié à des journalistes? La profession qui, entre toutes, est la moins bien placée pour garder des secrets? Les deux auteurs du livre ont leur idée sur la question:

Fabrice Lhomme ne parle pas de connivence mais confirme que le chef de l'État "ne cesse de rencontrer des journalistes". "Je pense qu'il en fait trop. Il voit trop de journalistes. Il est obsédé par la presse, parce que va écrire tel journal, ce que va révéler telle radio, ce qu'il va voir à la télé. Et ça l'empêche de prendre de la hauteur". Et Gérard Davet de nous apprendre que "quand François Hollande part en vacances, il emmène avec lui les archives du Monde. Il découpe des articles du monde, les emmène, et les lis au bord de la piscine pendant ses vacances".

"Il y a une forme d'insouciance revendiquée chez François Hollande. Il est très naïf."


François Hollande prend davantage de précautions désormais, bien qu'il soit trop tard, beaucoup trop tard. Reste une ultime question en suspens: pourquoi deux journalistes du Monde, si proches des confidences du Chef de l’État en exercice, choisissent-ils aujourd'hui d'étaler tous ces secrets en place publique, pulvérisant une relation de confiance longuement bâtie?

La réponse est malheureusement évidente - parce que c'était la seule chose à faire. Comme d'innombrables observateurs de la vie politique française, Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont compris que François Hollande n'a pas l'ombre d'une chance d'une réélection en 2017. Plus rien ne pourra sauver sa candidature. Personne ne le voit plus au second tour, à supposer qu'il se lance.

Bien que de gauche, nos deux journalistes ont donc adopté la seule attitude économiquement viable: tirer profit des secrets du Président socialiste pendant qu'ils valent encore quelque chose. Ils l'ont déçu, certes, mas craignent peu son courroux. François Hollande disparaîtra des écrans radars en 2017, vraisemblablement pour toujours.

05 septembre 2016

Test négatif pour Angela

En Allemagne, le renouvellement des autorités du Land du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (nord-est) a eu lieu ce week-end. La Chancelière Angela Merkel en ressort durablement affaiblie. Mais elle n'est de loin pas la seule.

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La débandade était annoncée depuis longtemps. Il y a quelques jours encore 24Heures se faisait l'écho de la préoccupation allemande dans un article dont le chapeau ressemblait à un exercice d'aveuglement volontaire:

Un an après l’arrivée d’un million de réfugiés, Angela Merkel affronte une flambée populiste, prête à se manifester dans les urnes.


Oui, on se demande bien quelle mouche a piqué les électeurs... D'autant plus que le scrutin tombait quasiment le jour de l'anniversaire du tristement célèbre "Wir schaffen das!" de la Chancelière, son invitation hallucinante à laisser l'Allemagne se faire envahir par des migrants économiques revendicatifs et illettrés - avec l'arrière-pensée totalement absurde qu'ils sauveraient le modèle social-démocrate allemand.

A la place, les Allemands sont atterrés par les attentats islamistes sur leur sol - dont un kamikaze, une première sur sol germanique - et l'explosion des violences faites aux femmes, dont la presse a le plus grand mal à cacher l'ampleur. Et la plupart de tous ces braves gens ne sont là que depuis un an! On se demande quel visage aura l'Allemagne dans une génération, et ce qu'il restera de la paix civile qui part déjà en lambeaux aujourd'hui.

Stupidité? Incompétence? En tout cas, faute politique gravissime. Le "On va y arriver" de Mme Merkel se transforma rapidement en "On va arriver à la virer" chez les citoyens, et ceux-ci pourraient avoir plus de chance de succès que celle-là.

Invités à analyser le résultat du scrutin, les journalistes sont nombreux à se faire l'écho d'experts perdus devant le résultat:

Malgré le taux d’étrangers le plus bas du pays (1,5%) et seulement quelques milliers de réfugiés [sic], les gens du Mecklembourg ont été séduits par la campagne populiste et xénophobe de l’AfD. Or, l’extrême droite n’a pas dénoncé la fermeture d’écoles ou de quelques lignes de bus mais bien la politique migratoire de la chancelière. «Nous nous battons pour que l’Allemagne reste aux Allemands et pour que l’Europe ne devienne pas un califat», a répété la tête de liste, Leif-Erik Holm.

Les électeurs de cette région côtière sur la Baltique, où la densité démographique est la plus faible d’Allemagne, n’avaient aucune raison de sanctionner leur gouvernement sortant, une alliance entre conservateurs de la CDU et sociaux-démocrates du SPD. En dix ans, le chômage a été divisé par deux et le tourisme est en plein développement.


Inexplicable, vous dis-je! Apparemment, avoir peu d'étrangers sur place et une économie tournant à peu près rond devrait rendre l'électeur apathique et aveugle à toute forme de projection dans l'avenir. Combien d'années d'études faut-il avoir au compteur pour ne pas parvenir à comprendre que les électeurs ont voté pour garder ce qu'ils avaient? Qu'ils se satisfaisaient grandement de leur existence avec un emploi décent, une faible densité de population, peu de criminalité et une composition ethnique viable? Qu'ils réalisaient très bien qu'il faudra dire adieu à tout cela, leur cadre de vie s'écroulant comme un château de cartes grâce à la généreuse politique d'accueil que Mme Merkel lança aux frais du contribuable allemand?

Dans quelques années, les Allemands de Bavière et d'autres régions exposée - en tout cas, ceux qui n'auront pas réussi à déménager - envieront avec amertume la vie paisible dont disposent aujourd'hui encore leurs concitoyens de Poméranie occidentale.

Le revirement de l'électorat est absolument colossal. L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) a gagné 21% des suffrages en étant parti de rien en 2011 - le parti n'existait même pas. L'érosion de toutes les autres formations politiques donne un aperçu tout à fait lisible de l'électorat votant désormais pour l'AfD:

  • -5,2% pour le SPD ;
  • -3,6% pour la CDU d'Angela "On va y arriver!" Merkel ;
  • -6,3% pour l'extrême-gauche Die Linke ;
  • -3,7% pour les écologistes, qui évitent leur élimination d'un cheveu ;
  • -3% pour les néo-nazis du NPD, qui, eux, sont éjectés du parlement du Land.

La somme fait 21,8%, soit à peu près le score de l'AfD (21,4%).

Les analystes sont nombreux à pointer du doigt "l'humiliation" d'Angela Merkel, non seulement parce que la CDU passe en troisième position, mais aussi parce que ces résultats sont obtenus dans un fief historique de la Chancelière, là où elle commença sa carrière politique.

L'histoire est belle, le symbole fort, mais le portrait simpliste: la CDU d'Angela Merkel est le parti qui a quasiment le mieux résisté à l'ascension de l'AfD. Pratiquement tous les partis ont perdu davantage de plumes, et si on représente ces variations en proportion de leur base électorale de 2011, l'effet est encore plus marqué: deux écologistes sur cinq ont viré de bord pour l'AfD, un extrémiste de gauche sur trois, et 14% des socialistes ; en face, 15% des chrétiens démocrates. Bien entendu, il s'agit d'une approximation, en particulier parce que la participation a été 10% plus élevée que lors du scrutin précédent, mais il serait absurde de supposer que cette variation justifie à elle seule la percée de l'AfD.

L'effet est d'autant plus spectaculaire qu'il affecte de petits partis ; on pourrait ainsi dire qu'un sympathisant du NPD sur deux a aussi voté pour l'AfD, et cette affirmation est sans doute correcte, mais sans pertinence pour expliquer le score de l'AfD dans sa globalité. Au vu du nombre d'électeurs concernés, la source du succès de l'AfD se trouve clairement dans une population qui votait à gauche en 2011.

L'AfD se construit sur les ruines de la gauche. Cela n'a rien de surprenant, considérant la façon dont elle a délaissé son électorat traditionnel en faveur de celui des immigrés musulmans, jugés plus prometteurs ; de là découlent d'ailleurs les innombrables compromissions de la gauche avec les migrants et leurs revendications (louvoiements auxquels nous assistons également en Suisse).

Sachant d'où viennent les électeurs de l'AfD, les dirigeants politiques allemands de gauche feraient bien de se livrer à un peu d'introspection au lieu de traiter "d'extrémistes de droite" et autres noms d'oiseaux des gens qui sont, selon toute vraisemblance, leur électorat historique.