20 mai 2015

Les Suisses, bons à décapiter?

"Les Suisses ne sont bons qu'à être décapités", proclame un certain Oussama M., Irakien incarcéré en Suisse. Les autorités fédérales, décidément très remontées, ont décidé de "prolonger une nouvelle fois sa détention", explique le Matin. Pas de jours-amende avec sursis ni de réhabilitation aux petits oignons pour le vilain petit canard du vivre-ensemble métissé et festif - en tout cas, pas pour l'instant.

daesh.jpgPadamalgam™, double dose

Sans doute pas au courant que l'islam-ce-n'est-pas-ça (on attend avec impatience le débat télévisé entre un frère Ramadan et ce genre d'olibrius) l'individu explique au Tages Anzeiger qu'il n'y a pas lieu de perdre du temps à essayer de convertir les infidèles: "Les chrétiens suisses ne sont bons que pour la décapitation, pas pour le prosélytisme". On a beau être promis au paradis, il faut utiliser son temps efficacement. D'ailleurs Oussama se préparait à joindre le geste à la parole:

Pour les autorités suisses, Oussama M. était clairement en train de préparer une action en Suisse pour le compte de l'organisation terroriste avec l'aide de deux complices. L'Irakien «est totalement en phase avec les activités de l’État islamique et se considère comme un de ses membres», écrit le Tribunal pénal fédéral. Il se décrit comme un combattant respecté qui a participé à des batailles.


Heureusement, c'est probablement un loup solitaire, le genre de type qui devient méchant à coup de vidéos sur Youtube alors qu'avant il était gentil comme tout et disait bonjours à ses voisins lorsqu'il les croisait dans l'escalier... Rien qui justifierait, par exemple, une remise en question de la politique d'asile habilement conduite par notre conseillère fédérale socialiste Mme Sommaruga... Oups!

Oussama M. a été accueilli en Suisse après une grave blessure en Irak. Il souhaite retourner dans son pays une fois sur pied. Actuellement, il se déplace en chaise roulante. Et même s'il a été soigné et qu'il touche l'aide sociale, il est virulent (sic) avec la Suisse. Selon les autorités fédérales, l'accusé a apporté son soutien à l’État islamique, notamment pour des transferts de fonds. Il aurait aussi eu des contacts avec un membre influent Abu al-Muhajir Akkab, recherché par Interpol. Oussama M. était aussi chargé de mettre en place une cellule terroriste en Suisse chargée de préparer des attentat ici ou en Allemagne.


padama10.jpgLa Suisse est tellement accueillante qu'elle soigne et entretient des gens qui avouent ouvertement leur souhait de décapiter ses habitants! A-t-on jamais vu plus merveilleuse démonstration d'hospitalité? Mais ne vous inquiétez pas outre mesure des propos tenus! Force restera à la loi:

L'Irakien, comme ses deux complices, clame leur innocence depuis des mois. Aucune de ses demandes de libération ne lui a été accordée. En fait, sa détention préventive vient même d'être prolongée jusqu'au 20 septembre au moins.


Prend ça, vil islamiste! Ça calme, hein? Face à un type qui a probablement vu (et commis) des atrocités sans nom en Syrie et en Irak, la perspective d'être incarcéré "jusqu'au 20 septembre au moins" dans une confortable cellule helvétique - à la superficie scrupuleusement conforme aux Droits de l'Homme - doit probablement être terrifiante, faisant vaciller toutes ses convictions.

Ce triste entrefilet de la presse locale n'est qu'un exemple parmi tant d'autres d'une guerre qui gagne en intensité non seulement en Suisse mais dans l'ensemble du monde occidental, et ce d'autant plus que le flot de réfugiés "syriens" que Mme Sommaruga accueille à bras ouverts avec l'argent des contribuables comporte son lot de combattants de l’État Islamique.

La myopie ordinaire

Sans transition, prenons l'exemple imaginaire, mais inspiré de la réalité, de Martine. Martine se définit elle-même comme une amoureuse de la nature ; Martine concrétise cet amour dans un respect scrupuleux des directives officielles édictées par les écologistes et religieusement retransmises par les médias de masse. Martine mange Bio autant qu'elle peut, consomme local, recycle, ne laisse pas ses appareils en veille quand elle y pense, et se maudit intérieurement plusieurs fois par semaine lorsqu'elle est contrainte d'utiliser sa voiture.

Naturellement, Martine vote écolo - les mêmes qui réclament l'accueil de 100'000 réfugiés syriens dans le pays.

Bernard, lui, est fonctionnaire. Employé dans la prestigieuse administration cantonale de Fribourg, son travail est routinier mais finalement confortable. L'argent rentre, il a droit à ses vacances, ses chèques Reka, l'accès à la cantine du personnel. Il ne se foule pas trop mais s'entend bien avec son supérieur, ça compense. Sa progression salariale est garantie et chaque année ses copains syndicalistes réussissent à grappiller un petit plus par-ci ou par-là.

Depuis quelques temps, Bernard dort mal. Sa petite commune de Chevrilles a été sélectionnée par Mme Sommaruga pour implanter un nouveau (et énorme) centre d'accueil pour requérants. Il se demande quel effet cela aura sur la valeur de sa maison et les trajets qu'effectuent quotidiennement ses deux filles. Naturellement, cela ne l'empêchera pas de continuer à voter socialiste.

Thomas, enfin, est un rebelle. Il ne supporte pas les normes sociales rigides. Il se plaint sans arrêt que la Suisse "ne bouge pas assez", qu'elle est trop "réactionnaire" et que sa vie est un carcan. Il rêve d'un revenu universel qui lui permette une vie tranquille avec son copain, bière à volonté et un peu de deal d'herbe au noir comme complément. Il en fume aussi, tant pour oublier ses études qui ne décollent pas que pour mieux planer avec sa musique où on rêve d'un monde ouvert, beau et généreux où tous les humains se tendent la main.

Si Thomas est homosexuel, il ne s'en vante pas - et encore moins depuis vendredi dernier, où il s'est laissé submerger par l'émotion en embrassant son ami devant la gare de Zurich. Il était tard, ils devaient se quitter, mal leur en a pris. Une douzaine d'individus désœuvrés et visiblement étrangers les a vigoureusement houspillés. Les baffes ont commencé à pleuvoir et la situation manquait de dégénérer jusqu'à l'arrivée providentielle d'une patrouille de police qui dispersa l'attroupement. Depuis, Thomas s'efforce de ne plus penser à cet incident troublant, de peur de remettre en question sa vision du monde où l'UDC est le principal obstacle sur le chemin du bonheur.

Responsabilité électorale et priorités

La vie est faite de choix. Nous nous faisons une fierté de proclamer que ces choix sont l'écho de nos valeurs, de notre époque et de notre histoire personnelle ; ce n'est pas toujours vrai. Souvent, ces choix sont aussi les conséquences de notre conformisme, de nos habitudes ou de notre refus d'admettre un problème.

Les exemples de Martine, Bernard ou Thomas n'ont rien de particulier - on pourrait les décliner à l'infini. Mais chacun d'eux aura un petit souci: définir l'ordre de ses priorités face à la menace islamique incarnée par exemple par Oussama. Il y a les choix qu'on fait, mais aussi ceux qu'on refuse de faire.

  • La Suisse est-elle menacée davantage par l'islamisme ou par le réchauffement climatique?
  • La Suisse doit-elle privilégier l'accueil de faux réfugiés ou le respect de son cadre de vie?
  • Comment la Suisse peut-elle promouvoir le respect des homosexuels ou l'égalité homme-femme face à des populations allogènes totalement hostiles à ces concepts?
  • Que vaut la loi des hommes, la démocratie, la liberté d'expression, face à ceux pour qui la seule loi qui vaille est la loi d'Allah? Quel sens y a-t-il à les laisser s'installer sur notre territoire?
  • Quel sens y a-t-il à vouloir renvoyer les criminels étrangers dans leur pays, refuser l'accès à un flot de faux réfugiés, instaurer des quotas pour l'immigration lorsque les autorités élues par ces mêmes citoyens refusent par principe tout contrôle des frontières?

Ces interrogations dérangent - tant et plus que trois-quart des électeurs, et je suis généreux, s'efforcent surtout de ne pas se tourmenter avec des questions de ce genre.

La politique de l'autruche est aussi décriée qu'elle est pratiquée. Si nombre d'élus suisses ont clairement choisi leur camp, la responsabilité finale de leur accès au pouvoir incombe à l'électeur et à nul autre.

« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime, il est complice. »

George Orwell


Pas besoin d'être devin pour comprendre qu'en Europe la situation va aller en s'aggravant: hordes de requérants d'asile, crise économique, islamisation, guérillas urbaines. L'ère de l'insouciance heureuse est terminée et chaque jour il devient plus dangereux de continuer à faire comme si.

L’État Islamique n'a pas encore un an

Voyant l'évolution des crises dans la période 2010-2015 et leur accélération stupéfiante rien que depuis le début de l'année, on s'effraie à penser à ce que sera devenu le monde en 2020 à ce rythme. Bien avant, nous aurons sans doute d'autres chats à fouetter que l'organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse.

La Suisse n'a plus guère les moyens de continuer à ignorer les problèmes, ou ceux-ci finiront par l'emporter. Mais la prise de conscience requiert le réveil des citoyens, une vision claire des enjeux, et un engagement fort pour appliquer des solutions concrètes. Nous reste-t-il, en tant que peuple, assez d'énergie et de volonté pour organiser notre propre survie? Ou les réglementations sur le ramassage des déchets sont-elles l'aboutissement de notre projet de civilisation?

Nous aurons les réponses à ces questions lors des élections fédérales de cet automne. Je ne vais pas vous mentir, les perspectives ne sont pas bonnes. Si au bout du compte nous nous destinons à n'être que du bétail pour islamistes, c'est aussi parce que nous en aurons décidé ainsi.

13 mai 2015

Contre-analyse des élections britanniques

La réélection triomphale de David Cameron est une surprise pour tout le monde, y compris l'intéressé. Les sondages annonçaient depuis des semaines que les Conservateurs et les Travaillistes étaient au coude-à-coude et qu'on s'avancerait "nécessairement" vers un gouvernement de coalition.

Que s'est-il passé? Et qu'est-ce que ce résultat augure pour l'avenir?

Difficiles prédictions

Pour expliquer l'incroyable sous-estimation du résultat des Conservateurs, certains médias jugèrent bon de ressortir pour l'occasion un vieux concept, le Conservateur Timide, un individu qui voterait à droite mais piteusement, honteux de l'avouer face à un institut de sondage. En 2015, l'hypothèse peine à convaincre: le gouvernement conservateur sortant fit campagne en s'appropriant les bons résultats économiques, et l'offre politique est bien plus vaste - avec tout son lot de partis décrétés "infréquentables" par l'establishment - qu'en 1992 où cette notion fut inventée.

L'explication est probablement ailleurs, plus précisément, dans le découpage électoral. Reprenant une image publiée sur Zerohedge des résultats quasi-définitifs, la comparaison entre votes et sièges donne un aperçu du problème:

uk_results_2015.png
Résultats partiels (dépouillement de 642 sièges sur 650)

Les médias ne cherchaient pas forcément à favoriser la victoire de leur poulain travailliste ; ils prédirent d'ailleurs avec une parfaite exactitude sa défaite en Écosse face au raz-de-marée des indépendantistes du SNP. Le SNP avait rassemblé moins de la moitié des suffrages lors du référendum sur l'indépendance en septembre 2014 (avec un taux de participation de presque 85%!) mais aujourd'hui, par le mécanisme du découpage électoral, il rafle quasiment tous les sièges parlementaires dévolus à cette partie du pays, au grand dam des Travaillistes.

De la même façon, la poussée électorale du UKIP, le parti anti-européen, est totalement remarquable ; à presque quatre millions de voix, il est clairement le troisième parti de Grande-Bretagne. Cependant, comme pour le Front National en France, le système se défend fort bien en l'écartant du pouvoir. Le UKIP n'aura donc qu'un seul siège, à comparer avec les 8 qu'obtiennent les libéraux-démocrates avec deux tiers de leurs voix, ou les 8 autres qu'obtiennent les Démocrates Unionistes avec vingt fois moins de suffrages!

Et ne croyez pas qu'il ne s'agisse là que d'un chagrin partisan ; d'autres formations politiques comme les Verts sont aussi sous-représentées, bien que classées plus loin en valeur absolue.

Selon l'Electoral Reform Society, un think-tank militant pour une démocratie britannique plus représentative, la répartition des sièges à la proportionnelle intégrale donnerait un tout autre résultat à la chambre du parlement:

  1. Conservateurs 244
  2. Travaillistes 201
  3. UKIP 83
  4. Libéraux Démocrates 52
  5. Parti Nationaliste Ecossais 31
  6. Verts 25
  7. Parti Démocrate Unioniste 3
  8. Plaid Cymru 3
  9. Sinn Fein 3
  10. Parti Unioniste d'Ulster 2
  11. Parti Socio-Démocrate 2
  12. Alliance 1

La majorité absolue étant à 326 sièges, aucun parti n'aurait obtenu le pouvoir à lui seul ; et s'il est évidemment plus délicat de gouverner à travers une alliance, cela n'a rien d'impossible. L'argument selon lequel la proportionnalité amène des majorités "fragiles" ne tient pas. Non seulement c'est exactement sur la base d'une telle alliance que les Conservateurs sortants ont réussi leur réélection, mais c'est encore ce que prévoyaient de faire les deux principaux partis quelques heures avant le scrutin. Tous les instituts de sondages prédisaient qu'ils ne réussiraient pas à obtenir le pouvoir directement.

La démocratie britannique est peu représentative. Une tentative d'introduire un mécanisme de vote alternatif échoua en 2011, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d'arriver au système plus représentatif de la proportionnelle intégrale. Il est vrai que les réformes étant organisées par le parti au pouvoir, celui-ci a du mal à mettre en place une modification de la loi électorale qui se traduirait invariablement par une diminution de sa propre force au sein des instances élues...

Le Brexit, question interdite

Dès le jour de l'élection la question était sur toutes les lèvres: David Cameron honorera-t-il sa promesse de soumettre au peuple britannique "en 2017 au plus tard" un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union Européenne? Les contempteurs de l'Europe politique - et ils sont nombreux - se réjouissent de cette perspective mais il y a loin de la coupe aux lèvres.

royaume-uni,david cameron,ukip,élections,démocratieSi quelqu'un hésitait quant à la position de Mr Cameron vis-à-vis de ce sujet, la réponse est contenue dans la question. S'il estimait que la présence du Royaume-Uni dans l'Union Européenne soit une mauvaise chose pour le pays, il n'aurait aucune raison d'attendre 2017 pour proposer au peuple un éventuel divorce.

David Cameron est un politicien dans le mauvais sens du terme: habité de peu de convictions authentiques mais d'une redoutable efficacité dès lors qu'il s'agit d'organiser son maintien au pouvoir. Par exemple, après avoir longtemps été le chantre de la lutte contre le prétendu réchauffement climatique d'origine humaine, il opéra un revirement assez net sur le sujet simplement à cause du peu d'écho que la thématique suscitait au sein d'une population britannique plus inquiète de la crise économique.

C'est un peu la même chose pour le référendum sur l'Europe ; la promesse a été jetée en pâture aux citoyens en premier lieu pour monnayer sa réélection. Pro-européen convaincu, David Cameron sera le premier à voter pour le maintien dans l'UE. Il a toutefois bien conscience d'évoluer dans un parti moins europhile que lui, même si ce sentiment s'est amoindri dernièrement (les éléments les plus véhéments ayant fait défection auprès du UKIP). Maintenant que le Premier Ministre est installé au 10 Downing Street pour un nouveau mandat, le référendum perd toute utilité. Mais les Anglais ne l'entendront pas de cette oreille.

De façon étonnante, toutes les manœuvres possibles entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne semblent avoir déjà eu lieu entre l’Écosse et le Royaume-Uni, les rôles étant alors inversés.

Le précédent écossais

Le UKIP est en embuscade. Si David Cameron renonce au référendum, il lui offrira le pouvoir sur un plateau d'argent ; les anti-UE de Nigel Farage talonnent les Conservateurs dans nombre de circonscriptions et pas un électeurs ne croira à la fable d'un référendum retardé "pour des raisons indépendantes de notre volonté" au mandat suivant, en 2021 par exemple.

Malgré leur succès de la semaine dernière, l'assise des Tories sur le pays est fragile ; le système électoral aidant, il s'en faut de relativement peu pour que quelques points supplémentaires acquis au UKIP transforment le prochain scrutin en un raz-de-marée violet. La menace est exactement la même que celle qui s'est concrétisée à l'encontre des Travaillistes en Écosse: dopés par le référendum sur l'indépendance, même perdu, les indépendantistes du SNP mirent un terme brutal à une domination travailliste de plusieurs décennies. Ils remportèrent quasiment tous les sièges de cette partie du pays.

La seule échappatoire serait que David Cameron cristallise sur lui l'entier du mécontentement (certains diraient la trahison) issu de son refus d'organiser le référendum afin d'épargner le reste du parti conservateur. Outre qu'il a peu de chances de réussite, cet avenir sacrificiel n'est guère dans le caractère du personnage.

L'autre possibilité serait de renégocier avec Bruxelles des aménagements pour le Royaume-Uni, vidant le référendum de sa substance en obtenant des concessions importantes. Là encore, David Cameron rejouerait le scénario écossais: accorder tant d'avancées sur l'autonomie que la question de l'indépendance en devienne presque symbolique. Mais les autorités européennes ont déjà fait savoir qu'elles seraient aussi souples qu'un bloc de granit sur les revendications anglaises, comme à l'accoutumée.

Les portes se fermant les unes après les autres, il ne restera peut-être plus que le scénario classique: promettre l'apocalypse en cas de Brexit. Face à l'inflexibilité européenne, il faudra préparer le terrain du référendum en le jalonnant d'innombrables analyses démontrant par A + B que la sortie du Royaume-Uni sera dévastatrice pour le pays, laisser la peur et l'incertitude gagner le cœur des citoyens. Cela aussi a parfaitement fonctionné lors du scrutin écossais. Il faudra juste que la propagande arrive à étouffer le ressentiment anti-européen des sujets de Sa Majesté, et que ces derniers oublient également que ces expertises viendront des mêmes brillants esprits qui proclamaient que l'Europe et l'euro annonceraient paix et prospérité...

Au bout du compte, il n'est pas du tout certain que les électeurs puissent voter sur le Brexit, ni même qu'ils l'approuvent. Mais une bonne nouvelle est toujours possible, comme on dit. S'ils le font, David Cameron pourrait passer à la postérité pour avoir été le politicien qui a détruit l'Union Européenne - à son corps défendant!

L'humour anglais, sans doute.

13 avril 2015

De l'immobilisme électoral zurichois

Des élections ont eu lieu ce dimanche à Zurich, le canton le plus peuplé de Suisse. A quelques mois des élections fédérales d'automne, et sachant que ce canton réunit à lui seul un sixième des citoyens helvétiques, le scrutin avait valeur de test.

Le résultat est mauvais.

"Les Conservateurs, grands gagnants des élections cantonales zurichoises", titre le Nouvelliste. Le triomphe est encore loin mais il est vrai qu'à première vue, le résultat semble correct: le vert Martin Graf a été sèchement écarté du Conseil d'Etat, l'électorat n'ayant semble-t-il pas digéré l'affaire Carlos. A la place le PDC récupère un siège avec Silvia Steiner, offrant au gouvernement une répartition marquée au centre avec 2 PS, 2 UDC, 2 PLR et 1 PDC. Le remplacement d'un Vert (d'extrême-gauche) par un PDC (de centre-gauche) ne laisse donc pas présager d'un énorme changement de trajectoire gouvernementale. En évoquant "un léger glissement à droite", le Nouvelliste est dans le vrai. À peine un frémissement...

Mais, quitte à nous projeter dans les élections fédérales, laissons tomber l'élection de l'exécutif puisque celle-ci n'est pas du ressort du peuple. Penchons-nous donc sur l'évolution du Grand Conseil zurichois:

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Infographie RTS

L'UDC tient toujours la part du lion dans l'assemblée (30%) mais ne gagne pas le moindre élu. Le deuxième parti du canton, le PS, se renforce un peu d'un siège, ainsi que l'extrême-gauche. Seuls les Verts et Verts Libéraux perdent réellement des plumes dimanche, mais là encore on est loin de l'effondrement: les deux partis gardent encore plus de deux tiers de leurs sièges. Même le renouveau gouvernemental du PDC ne se concrétise guère au niveau du parlement.

Le vainqueur du jour est évidemment le PLR, doté de huit nouveaux sièges et passant en termes de force électorale de 12,9% à 17,3% des voix.

Quatre virgule quatre pour cent

En 2011, un mois après l'accident de Fukushima, un Vert avait profité de la confusion pour s'emparer d'une place à l'exécutif ; après un mandat les citoyens s'en sont lassé.

Que s'est-il passé depuis? Oh, quasiment rien. L'Europe a continué de s'enfoncer dans la crise économique et financière. Le printemps arabe a fait plonger de nombreuses dictatures dans le chaos. Les Français ont eu la joie d'expérimenter dans les faits le socialisme après l'avoir porté au pouvoir par pure détestation de Nicolas Sarkozy. La guerre civile ravage l'Ukraine. L’État Islamique est né, déplaçant le curseur de la violence islamique à un niveau encore jamais atteint. La Syrie draine de nombreux "jeunes européens" dans une guerre civile dont on ne sait de quelles exactions seront capables les gens qui en reviennent. Divers attentats terroristes ont été perpétrés en Europe, jusqu'aux portes de la Suisse.

Sur le plan strictement helvétique, la BNS a mis en place puis retiré un taux de change plancher avec l'euro, abandonnant la souveraineté du franc en embarquant des milliards d'euros dans son bilan. Les frontaliers et les immigrés n'ont jamais été aussi nombreux, malgré le vote du peuple suisse contre l'immigration de masse. Celui-ci attend toujours, d'ailleurs, la mise en œuvre du renvoi des criminels étrangers. Deux visions de moins en moins compatibles de la loi opposent les apôtres du culte du droit international aux tenants de la démocratie directe, les premiers disposant de tous les leviers médiatiques et politiques hormis le vote populaire. Le gouvernement fédéral n'a toujours pas retiré sa demande d'adhésion à l'Union Européenne, et continue en fait de faire la promotion d'une adhésion "en douce" à la bureaucratie de Bruxelles.

Tout cela n'est bien sûr qu'une maigre sélection de ce qui s'est passé ces derniers temps. Le résultat? +4,4% pour le PLR, et à peu près autant de perdu pour la gauche - les Verts plus ou moins rouges perdent davantage mais les socialistes et l'extrême-gauche compensent. Pire encore, en guise de "droite" les gagnants du jour sont ceux qui prônent entre autre l'ouverture sans limite des frontières aux personnes, la soumission à l'UE et qui cautionnent les manœuvres d'apprenti-sorcier de la BNS! Et les médias de célébrer la victoire des "Conservateurs"?

Voilà à quoi nous en sommes réduit: un basculement à peine perceptible de l'électorat. Les lignes sont figées. Comme on pouvait le craindre, l'évolution du rapport de force entre gauche et droite s'avère dérisoire. De quoi refroidir les ardeurs de tous ceux qui pouvaient espérer un réveil des citoyens.

Vent mauvais pour l'automne

Ceci n'est évidemment pas de bon augure pour les élections fédérales de la fin de l'année. Si les mêmes tendances se poursuivent - et rappelons-nous que les Zurichois sont plutôt plus à droite que le reste de la Suisse et en particulier que des Romands - le nouveau Parlement ne se distinguera pratiquement en rien du précédent ; et il en sera de même pour le Conseil Fédéral.

Le statu-quo est-il précieux au point de devoir tout lui sacrifier? La question se pose de façon cruciale alors que l'heure tourne et que les options se réduisent. Entre les bulles financières et le jihad global, la dilution de la citoyenneté et les pressions transfrontalières du chômage de masse, l'avenir de la Suisse semble constellé d'écueils qu'il faudra contourner avec habileté sous peine d'éventrer la coque.

Le dernier chiffre remarquable du scrutin est celui d'une participation qui frise l'insulte: 31,3% pour le Conseil d'Etat et 32,6% pour le Grand conseil. Moins d'un électeur sur trois s'est donné la peine de se rendre aux urnes - ou de voter par correspondance plusieurs semaines en avance...

Il est de bon ton de s'intéresser à la politique lorsque des initiatives et des référendums sont proposés au souverain, mais les citoyens devraient se rappeler que 95% des lois au moins ne passent jamais devant le peuple, concoctées par des élus ayant acquis leur siège dans l'apathie générale. Comme ce dimanche.

Dans un pays tel que la Suisse où l'offre politique est si vaste et si libre (deux des partis du Grand Conseil zurichois, PBD et Verts Libéraux, n'existaient même pas il y a dix ans) pareil désintérêt de la population pour la politique est proprement terrifiant. On peut y voir la marque d'un certain ennui, d'une offre insatisfaisante, d'une démobilisation... A moins qu'il ne s'agisse de lassitude mêlée de fatalisme. Dans tous les cas, cette posture du corps électoral n'annonce rien de bon pour le fragile futur de la démocratie helvétique.

24 mars 2015

Succès du FN et mensonge médiatique de base

Ce début de semaine voit fleurir diverses analyses sur le premier tour des élections départementales françaises - pêchant par un évident manque de diversité:

Le PS « trébuche », l’UMP « l’emporte », le FN « s’installe. »


Les éléments de langage sont en place et ils seront abondamment répétés. Il faut que le message rentre, même s'il ne correspond pas à la réalité. En effet, le Front National est bel et bien resté le premier parti de France, comme en témoignent les chiffres du Ministère de l'Intérieur. 5'142'177 voix pour le FN (25% des suffrages), la deuxième formation étant l'Union de la Droite avec 4'254 '078 voix (21% des suffrages). Le PS ferme le podium avec 2'708'592 voix (13% des suffrages). Pas vraiment de quoi s'allumer un cigare.

Pourquoi ce gouffre entre les résultats les plus officiels qui soient et la couverture médiatique du premier tour des élections départementales? Sous une forme graphique où le FN est affublé d'une jolie couleur marron (comprenne qui veut) on devine un début d'explication:

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(cliquez pour agrandir)

De nombreux partis et coalitions ont été représentées pour ces élections, sans vraiment être reconnus par les médias comme des entités politiques indépendantes. Le rassemblement forcé de la gauche autour du PS d'un côté et de la droite autour de l'UMP de l'autre permet de cacher l'émiettement de ces partis respectifs et de présenter un podium plus conforme à l'image attendue.

Combien de journalistes se sont penchés sur le fait que les écologistes réunissaient autour de 2% des suffrages nationaux alors qu'ils bénéficient d'une couverture médiatique absolument démesurée? Combien de journalistes pour relever le score absolument pitoyable réalisé par l'UMP en son nom propre, 1'339'579 voix (6% des suffrages), soit encore moins que les "Divers Gauche"?

Cela n'empêche pas certains titres "amis" comme Le Figaro de titrer, toute honte bue, que l'UMP de Nicolas Sarkozy remporte la victoire...

Non, le Front National a remporté le premier tour de ces élections départementales, et de loin. Il a progressé tant en pourcentage qu'en nombre de suffrages. Alors qu'il ne bénéficiait pas de la prime de notoriété des sortants, il a réussi à s'implanter dans des lieux où il n'avait aucune présence historique, et ses plus beaux résultats ont été obtenus dans les zones où il disposait déjà d'élus municipaux. Comme quoi les électeurs ne semblent pas déçus de "l'expérience FN", ou en tout cas pas encore.

Mais pourquoi cet émiettage des partis? La responsabilité en incombe vraisemblablement au Ministère de l'Intérieur:

Dans ce scrutin d'un genre nouveau ne pouvaient se présenter que des binômes constitués d'un homme et d'une femme, qui n'étaient pas obligatoirement issus du même parti politique. A charge pour le ministère et les préfectures de déterminer les binômes socialistes (PS), Union pour un mouvement populaire (UMP), écologistes (EELV), Front national (FN), et surtout les cas, plus complexes, d'unions : « union de la gauche », « union de la droite », « divers gauche », etc.

Interrogé par Le Monde avant le premier tour, le ministère de l'intérieur expliquait s'être fondé, pour établir ses grilles, sur « les clivages politiques issus des scrutins passés et de l'actualité politique ». Celles-ci précisaient par exemple que les binômes intitulés « union de la gauche » devaient avoir été investis par deux partis de gauche, dont le PS, quand ceux d'« union de la droite » devaient avoir reçu l'investiture à la fois de l'UMP et de l'UDI. Subtilité supplémentaire : le ministère distinguait les listes estampillées « union de la gauche » des listes « divers gauche » où aucun des deux candidats n'a été investi par le PS.


Divers gauche tout de même comptabilisés dans le résultat final du "PS" tel que présenté dimanche soir! Si vous avez l'impression d'une manipulation, vous ne seriez peut-être pas loin de la vérité:

[Pour le seul département de l'Ain] quatre cas litigieux ont été recensés. En se basant sur le Répertoire national des élus (RNE), qui recense tous les élus de France, on pouvait trouver, sous l'étiquette « union de la gauche » un binôme radical de gauche-divers gauche (sans le PS) ; deux binômes Parti socialiste-divers gauche (sans la présence d'un deuxième parti de gauche) et même un binôme divers gauche et… divers droite (dans le 20e canton).

En s'affranchissant de leur propre grille, les services du ministère de l'intérieur ont-ils dans ces cas précis choisi de favoriser l'exposition de binômes PS-union de la gauche ? Contacté, le ministère botte en touche : « La corrélation entre le RNE et les nuances individuelles des candidats n'est pas automatique. La nuance attribuée à un scrutin peut refléter l'évolution politique du candidat (…) à partir de l'ensemble des éléments connus de celui-ci... »


Pratique, en effet. A gauche, la manœuvre profita essentiellement au PS. Un binôme PS-Écologiste comptait par exemple comme "Union de la Gauche" et se vit finalement intégrer au score des socialistes ; dans les quelques cantons où ils se présentèrent sous leurs propres couleurs les candidats écologistes purent réunir autour de 10% des voix.

A droite, sans surprise, la manœuvre profita à l'UMP, puisqu'une liste estampillée "Union de la Droite" devait avoir reçu l'investiture à la fois de l'UMP et de l'UDI, tout en étant uniquement comptée dans le giron de la première le dimanche soir. Il est clair que les deux formations politiques ne sont pas de la même force (l'UDI en nom propre ne réunit que 1% des voix) mais le parti centriste avait une vocation naturelle à chercher des alliances... Lesquelles furent, du coup, entièrement phagocytées par son partenaire.

Alors, comme on le voit, le premier tour de ces élections départementales donna lieu à un sacré mensonge médiatique (jusque sur la RTS). Mais dans quel but? Certains diront, et c'est vraisemblable, que l'objectif était de présenter un résultat honorable pour tout le monde. Le PS sauve les meubles, l'UMP revient mais pas trop fort, le FN a de quoi être fier... Mais je crois pour ma part qu'il s'agissait d'autre chose: préparer l'opinion aux résultats finaux.

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La magie du découpage électoral

Si le premier tour d'une élection ouverte est représentatif des citoyens se donnant la peine d'aller voter, le second n'a aucune qualité de cette sorte. Entre les reports de voix, les consignes de vote et les listes éliminées car n'ayant pas atteint un score arbitraire, on se doute bien que la carte de France n'aura pas grand-chose à voir d'un dimanche à l'autre. Si les journalistes avaient fait correctement leur travail en présentant la réalité la pilule aurait été d'autant plus difficile à avaler pour le bon peuple: comment accepter que le FN soit à la fois si présent et réduit à rien? Mais ici nous jouons sur du velours. L'UMP est en tête, le PS bien placé et le FN troisième et réduit, déjà, à la portion congrue.

Les médias nous ont simplement livré, un peu en avance pour préparer l'opinion, les résultats du second tour.

06 novembre 2014

Obama réduit à l'état de "lame duck"

Lame Duck. L'expression américaine de "canard boiteux" fait référence à un élu sans avenir - par exemple lorsqu'il est encore en poste alors que son successeur a été élu. Mais ce n'est pas son seul usage: on l'emploie aussi pour un président contraint à une forme de cohabitation avec ses adversaires politiques.

barack obama,usa,électionsLe terme s'applique donc pleinement à Barrack Obama après la gifle infligée au camp démocrate lors des élections de mi-mandat cette semaine. Le courant politique du président se retrouve en minorité dans les deux chambres parlementaires américaines, Chambre des Représentants et Sénat.

Certes, le président est toujours en exercice mais la fin de son mandat se limitera vraisemblablement à une sorte de figuration, à moins qu'il ne s'astreigne à une guérilla contre les forces politiques disposant désormais de la majorité au sein du pouvoir législatif.

Quelle fin sans gloire pour le messie du Hope and Change depuis 2008! Reconnaissons au moins qu'il n'est pas le premier président à subir cette infamie, mais le cinquième - sans compter les présidents qui n'ont jamais eu de majorité législative pour les soutenir pendant toute la durée de leur mandat.

Il n'en reste pas moins que Barack Obama porte une lourde charge dans la défaite des Démocrates aux élections de mid-term, qui ont emporté même de nombreux bastions historiques. Pourquoi l'image du président s'est-elle détériorée au point d'être qualifié de pire président des États-Unis de tous les temps? Au point que les propres candidats du Parti Démocrate prennent bien soin de se distancier de lui pour tenter de sauver leur siège?

obamacrush08.jpgPour des médias européens toujours bloqués à l'Obamamania de 2008, il est difficile d'expliquer le revirement du corps électoral - et le fait est qu'ils n'y parviennent pas. Certes, Obama a connu quelques revers, le prix Nobel de la Paix a lancé encore quelques guerres et sa stratégie pour la Syrie est quelque peu illisible mais peu importe, ils l'aimaient avant et l'aiment toujours maintenant!

Le peuple américain, lui, s'est lassé depuis longtemps des promesses vides du candidat messianique. Ainsi, en début d'année un sondage indiquait que 71% des électeurs regrettaient d'avoir contribué à la réélection de Barack Obama - dont 55% de Démocrates parmi ces électeurs. Mais ce n'est pas le genre de nouvelle qui parvient à franchir l'Atlantique.

Le public américain est pourtant prompt à laisser quelques indices aux observateurs ; par exemple, lorsqu'il quitte en masse un meeting politique - démocrate! - lorsque le président, venu à la tribune, se met à vanter les mérites de la "reprise" économique à laquelle le pays serait sujet.

L'économie, voilà donc le principal point faible d'Obama. Les journalistes sont prompts à relayer les nouvelles émises de la Maison Blanche: la croissance est là, le chômage se réduit, les cours de la bourse battent des records.

Tout cela n'est pourtant qu'illusion.

La hausse du NASDAQ, par exemple, n'est due qu'aux injections de dollars fraîchement imprimés par la FED, les fameux QE pour Quantitative Easing. Les cours de la bourse s'envolent, certes, mais cela ne profite qu'aux 10% des Américains les plus riches qui ont les moyens de jouer massivement en bourse ; pour le commun des mortels, c'est une (fausse) prospérité dont ils ne voient pas la couleur.

Le front de l'emploi n'est guère plus reluisant. Des emplois ont bien été créés certes mais il y a salaire et salaire... Et les Américains ont échangé des postes intéressant et bien payés pour des petits boulots à peine suffisants pour joindre les deux bouts:

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Les statistiques du chômage ne sont pas meilleures ; à l'instar d'autres gouvernements plus proches de nous, l'administration Obama a tout simplement fait disparaître des millions de demandeurs d'emploi des listings, permettant ainsi de fanfaronner sur une baisse du taux de chômage. Un record de 92 millions d'Américains ne font ainsi plus partie de la population active!

Le dernier indicateur et non le moindre est celui de la pauvreté, mesurée par le biais des coupons alimentaires permettant aux familles les plus démunies de se procurer de quoi manger. Or les chiffres sont effarants: près de 50 millions d'Américains sont désormais "bénéficiaires" des fameux food stamps, soit quasiment 20% de la population civile.

Il est difficile de prétendre que les familles américaines moyennes ont retrouvé le chemin de la prospérité, ni même simplement leur niveau de vie d'avant la crise.

Et ne parlons ni de la dette publique américaine, ni du marché de l'immobilier toujours sinistré en de nombreuses régions.

Si Obama a été particulièrement confus et calamiteux sur le plan de la politique étrangère - quand elle ne se confine carrément pas au mensonge - c'est bien sur le plan de la politique intérieure américaine qu'il a perdu les élections et amené les affres de la désillusion sur le camp démocrate. L'Obamacare qu'il a poussé à bout de bras séduit de ce côté du monde, mais c'est une ignominie pour la plupart des Américains qui ne supportent pas cette immixtion du gouvernement dans la gestion de leur santé.

Par le biais du nouveau chef de leur majorité Mitch McConnell, les Républicains annoncent la couleur:

[Nous nous attaquerons] sans délai à plusieurs des défis les plus pressants auxquels fait face le pays, incluant:

  • Le système de taxation délirant qui pousse les emplois américains à être délocalisés ;
  • Les coûts de la santé dont la hausse continue sous l'égide d'une loi bancale au-delà de tout espoir et que les Américains n'ont jamais soutenue ;
  • Une menace terroriste globale et sauvage qui cherche à faire la guerre à tout Américain ;
  • Un système éducatif qui dénie tout choix aux parents et dénie une éducation correcte à bien trop d'enfants ;
  • Des réglementations excessives et des procès frivoles qui augmentent les coûts pour les familles et empêchent l'économie de croître ;
  • Une bureaucratie d'Etat obsolète et mal équipée pour servir les citoyens dans des défis du XXIe siècle, du contrôle des épidémies aux soins pour les vétérans ;
  • Une dette nationale qui a vu les Américains voler leurs propres enfants et petits-enfants, les privant de bénéfices qu'ils ne verront jamais et les laissant avec le poids d'une dette qu'il leur sera quasiment impossible de rembourser.

 

Simple et de bon sens - enfin!

Malheureusement, on se dirige surtout vers deux ans de blocage. Malgré les discours d'ouverture prononcés de part et d'autre Barack Obama a prouvé à de nombreuses reprises qu'il n'était absolument pas apte au moindre compromis. La Maison Blanche s'est toujours comportée de la façon la plus partisane qui soit tout en présentant aux médias ralliés à sa cause les blocages comme le fait exclusif de ses adversaires politiques.

Les Républicains ne disposent pas de la majorité des deux-tiers requise pour outrepasser un veto présidentiel, il paraît probable que la montagne de victoire électorale des Républicains accouche d'une souris législative. Il n'importe: les Républicains n'ont pas été élu pour travailler avec Barack Obama, mais pour le stopper.

Gageons qu'avec leur victoire cette semaine, le socialisme forcené dans lequel Barack Obama essaye sans relâche d'entraîner les États-Unis d'Amérique depuis six ans vient de subir un coup d'arrêt.

06 octobre 2014

Les trois défis de la Suisse

Affirmer que nous vivons des temps historiques est présenté comme un lieu commun ; pourtant, chacun d'entre nous le ressent. Ce siècle verra la conclusion de nombreux phénomènes dont les effets sont aujourd'hui croissants: la menace globale que représente l'islam, la lente mort de la monnaie papier, la ruine des social-démocraties, l'accroissement de zones de guérilla globales...

Les écologistes travaillent sans relâche à effrayer le grand public sur la base dune hystérie climatique de plus en plus risible. Mais pourquoi promettre l'apocalypse pour 2100 lorsque la plupart des pays qui nous environnent ne franchiront sans doute pas la moitié du siècle sous leur forme actuelle?

Le XXIe siècle sera celui d'une immense recomposition du pouvoir, de l'économie, des influences, des populations. Les crises forcent une redistribution des cartes et les peuples, inquiets, se demandent s'ils auront une bonne main... Qu'en sera-t-il de la Suisse? Survivra-t-elle aux prochains bouleversements dans deux, cinq, dix ans, pour en sortir plus forte ou au moins préserver son intégrité?

A mes yeux, tout dépend de la façon dont elle aborde trois défis déjà lancés aujourd'hui. Qu'elle échoue à relever un seul d'entre eux et son destin risque de rejoindre celui, peu enviable, de la plupart des autres pays européens.

Reprendre le contrôle des frontières

L'adhésion de la Suisse à l'Espace Schengen aura sans doute été le dernier geste d'enthousiasme crédule concédé par le peuple à une classe politique europhile. Depuis des années la population en paye le prix. Loin d'apporter la prospérité promise, l'ouverture des frontières entraîna une dégradation nette de la qualité de vie helvétique.

groupe-refugies.jpgPression sur les loyers, pression sur les salaires, insécurité: il aura fallu du temps avant que les yeux ne se décillent. Le vote contre les minarets fut sans doute le déclencheur d'un mouvement de libération restaurant la dignité des habitants du pays face à des étrangers important leur mode de vie plutôt que de s'assimiler. De nombreuses autres votations confirmèrent la volonté populaire, les citoyens refusant les innombrables abus sur l'asile, demandant le renvoi des criminels étrangers, renonçant à l'immigration de masse.

Ces efforts ne furent entendus ni par le Parlement ni par le Conseil Fédéral, bien au contraire. Berne n'écoute pas et ne veut rien savoir, quelle que soit la façon dont la situation évolue.

Malgré quelques victoires tactiques, la lutte pour la reprise du contrôle des frontières est emblématique des difficultés qui attendent les Suisses. Il ne suffit pas de comprendre un problème, de vouloir le résoudre et de voter pour la mise en place de solutions: il faut aussi en bout de chaîne des élus responsables, acceptant de jouer le jeu de la démocratie et d'appliquer des décisions sorties des urnes. Or, ce n'est pas le cas.

Aussi, malgré tout ce que le peuple a pu voter ces dernières années, les frontières restent toujours grandes ouvertes. Les faux requérants d'asile sont accueillis par milliers. Aucun quota à l'immigration n'a été réellement instauré. Le regroupement familial bat son plein. Les prisons débordent de criminels étrangers que les autorités ne tiennent absolument pas à renvoyer. Les industries du droit de recours et de l'accueil des étrangers continuent à vivre grassement de l'argent des contribuables, et pendant ce temps police et justice abandonnent des quartiers entiers aux revendeurs de drogue.

Reprendre le contrôle de la monnaie

Le XXe siècle a vu deux guerres mondiales et plusieurs génocides, mais aussi l'essor sans précédent de la monnaie papier à l'échelle mondiale - une monnaie purement scripturale, sans aucune contrepartie. Le XXIe siècle verra son effondrement.

money-hole.jpgLes monnaies papier d'hier comme d'aujourd'hui ont une valeur intrinsèquement nulle ; elles ne reposent que sur l'autorité (voire l'autoritarisme) de l'Etat et la crédulité des acteurs dans le système ainsi mis en place. Bien entendu le seul intérêt d'une monnaie scripturale est la création de monnaie ex nihilo, elle-même préalable à toutes les manipulations monétaires. Celles-ci se traduisent invariablement en une succession de bulles et de crises économiques alors que la quantité en circulation enfle toujours davantage, jusqu'à l'effondrement total du système.

La particularité de notre époque n'est pas d'avoir instauré une monnaie-papier mais d'avoir permis à ce système intrinsèquement vicié de tenir si longtemps.

Malgré la résilience de celui-ci et les innombrables expédients qu'inventent presque quotidiennement les banquiers centraux, le régime monétaire est sur sa fin. Il paraît inconcevable que l'Europe puisse tenir des décennies dans le chaos de surendettement, de course à l'inflation, de croissance nulle et de chômage élevé dans lesquels elle se débat actuellement. Et rien n'indique évidemment une sortie par le haut, bien au contraire.

Sur de nombreux aspects mais en particulier sur le plan économique, le monde de demain sera multipolaire. Nombre de pays se préparent aujourd'hui à la fin prévisible de la domination du dollar sur les échanges financiers mondiaux. Certains n'envisagent que de manipuler leur monnaie de façon encore plus éhontée mais d'autres, comme la Chine, ont des ambitions plus solides et une stratégie à long terme.

Nous n'en sommes pour l'instant qu'au début de la guerre des monnaies. Les années qui vont suivre mèneront au chaos. Le nouveau système qui émergera ne sera pas basé sur la confiance - dont on ne sait que trop avec quelle facilité les politiciens en abusent - mais sur la transparence et des valeurs non manipulables, au premier rang desquelles règnera l'or physique.

La Suisse n'est pas bien placée dans le nouveau paradigme qui s'annonce. Coffre-fort du monde, elle avait une monnaie convertible-or jusqu'à ce que les pressions de banquiers peu scrupuleux n'enjoignent, au tournant du siècle, la classe politique à y renoncer. La BNS solda 60% des réserves d'or suisses dans les années 2000, alors que le cours du métal enregistrait un plus bas historique. Depuis, crise aidant, la BNS a résolument arrimé le Franc Suisse à l'euro, monnaie fiduciaire en perdition, sous les applaudissements des naïfs.

Contrairement au contrôle des frontières, le contrôle de la monnaie suscite peu de débats. C'est d'autant plus étonnant que le sujet est absolument crucial pour la future prospérité du pays et le patrimoine des Suisses en général.

En fin de compte, un seul vote est décelable à l'horizon sur ce sujet, l'initiative sur l'or soumise aux citoyens le 30 novembre 2014. Si elle passe la rampe, la Suisse aura une petite chance de reprendre le contrôle de sa monnaie et d'en reconstruire la crédibilité sur une base saine, préparant le pays à la redistribution d'influence qui surviendra au sommet de la crise monétaire. Si elle échoue, le Franc Suisse rejoindra pour de bon l'Euro, le Dollar et toutes les autres monnaies-papier dans les poubelles de l'histoire.

Au vu du développement de la crise je doute fort que le peuple suisse ait le luxe d'attendre quelques années pour revenir sur le sujet. Il sera simplement trop tard.

Reprendre le contrôle de la démocratie

La Suisse est-elle encore une démocratie directe? Clairement plus - depuis quelques années déjà. Alors que le fossé entre le peuple et les élus se transforme en gouffre, cette évolution est de plus en plus visible aux yeux du grand public.

La classe politique helvétique a établi l'infériorité du droit suisse face aux accords internationaux et au diktat d'organisations nationales non-démocratiques. Le jugement de tribunaux étrangers comme la CEDH l'emporte sur les plus hautes juridictions fédérales. Dès lors que le gouvernement peut espérer s'attirer les bonnes grâce des élites mondiales, toutes les compromissions au droit national sont acceptables: le secret bancaire ou d'autres spécificités suisses sont ainsi sacrifiées sans contrepartie.

Reprendre le contrôle de la démocratie est sans doute la plus difficile et la plus essentielle des batailles que le peuple suisse aura à livrer à l'avenir. En effet, entre les accords diplomatiques prétendument gravés dans le marbres et le mythique "droit international",  la classe politique ne manque pas d'excuses pour faire obstacle à la volonté du peuple. Nul doute par exemple que les frontières resteront grandes ouvertes aussi longtemps que cette interprétation prévaudra à Berne.

La tâche est donc immense. Pour s'atteler au problème, on pense naturellement à l'initiative UDC pour la primauté du droit national. Elle n'est pas mauvaise mais il est à craindre qu'elle n'arrive trop tard. La récolte de signature n'a même pas encore commencé. Le temps que le texte soit voté et ses conclusions appliquées, il n'y aura peut-être plus grand-chose à sauver.

Pour réellement reprendre le contrôle de la démocratie, la responsabilité incombe au citoyen, non lors des votations, mais lors des élections.

Il ne sert pas à grand-chose d'approuver ponctuellement une initiative soumise au vote et d'envoyer au gouvernement une brochette de politiciens dont les positions sont diamétralement opposées - et qui cultivent le mépris des décisions populaires par-dessus le marché. Comment s'étonner que les gens ne votent plus?

En ce sens, les élections fédérales de 2015 seront un test beaucoup plus parlant sur la maturité politique des citoyens helvétiques que toute initiative ; et la composition du futur parlement suisse sera instructive quant aux chances de survie de la Suisse à la tempête qui se prépare en Europe, et qui laissera nombre de pays sur le carreau.

Première publication sur lesobservateurs.ch.