30 mars 2011

Pendant ce temps, la crise...

En ce moment, Fukushima et Kadhafi tiennent à eux deux l'essentiel du pavé médiatique. Ces nouvelles exotiques sont bienvenues; elles permettent d'éviter aux journalistes de présenter au bon peuple européen le troisième acte de la crise financière européenne qui se joue en ce moment au Portugal, et qui aura des retombées bien plus significatives pour lui que les péripéties libyennes ou les déboires nucléaires japonais.

José_Socrates_na_OIT.jpgPendant ce temps, au Portugal...

Que s'est-il passé au Portugal, au fait? Eh bien, le Premier ministre portugais José Socrates a démissionné mercredi dernier, après le rejet au parlement d'un nouveau plan d'austérité - le quatrième - censé "garantir" la réduction du déficit public et éviter le recours à un plan de sauvetage de l'Union européenne et du FMI.

Ecrit autrement, les politiciens portugais ont refusé de se serrer une nouvelle fois la ceinture.

Bien qu'il soit possible de créer un nouveau gouvernement avec les élus en place, on semble se diriger vers de nouvelles élections. Elles auront lieu 55 jours au moins après la dissolution de l'assemblée, selon la Constitution portugaise. L'heure tourne. Cela nous projette quelque part au mois de mai. Or, le Portugal doit rembourser 4,3 milliards d’euros de dette en avril puis 4,9 milliards en juin. Pour le renouvellement de la première tranche, le pays sera privé de gouvernement et en pleine campagne électorale; on peut donc s'attendre à ce qu'aucune décision politique forte ne soit prise à ce stade, ce qui laisse penser que le Portugal empruntera sur les marchés.

Jetons un petit coup d'oeil aux taux portugais à 10 ans:

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Taux portugais à 10 ans

Comme on voit, ça ne va pas passer comme une lettre à la poste: 8% d'intérêt, c'est énorme - bien plus que ce le Portugal réussit à économiser avec ses multiples plans d'austérité.

Compte tenu de son absence de leadership, les options du Portugal sont limitées. Il pourrait peut-être renouveler sa dette avec des échéances plus courtes, permettant de diminuer le coût global du crédit; cela ne changerait pas grand-chose, mais permettrait au moins de repousser le problème le temps qu'une nouvelle équipe dirigeante prenne les commandes, n'est-ce pas? Hélas, c'est peine perdue, comme en témoignent les taux portugais à deux ans:

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Taux portugais à 2 ans

Oui, vous voyez bien la même chose que moi: les taux à 2 ans et les taux à 10 ans sont dans le même ordre de grandeur, autour de 8%. Pour les malheureux Portugais, emprunter à deux ans est aussi cher que d'emprunter à dix!

(Dans le B-A-BA de l'emprunt, les taux d'intérêts sont liés à la durée. Plus la durée est longue, plus on prive le créditeur de son bien - que ce soit une voiture ou une somme d'argent - pendant longtemps. L'emprunteur jouissant du bien à la place du propriétaire pendant une durée plus longue, il paye comparativement plus cher et c'est bien normal. Cela se traduit par un taux, c'est-à-dire un coût du crédit, plus élevé. Ici, les taux courts à même échelle que des taux longs envoient un message différent: ils traduisent le risque de défaut à court terme du Portugal. Il est tout à fait possible que les taux courts soient plus élevés que les taux longs; on peut imaginer de gros soucis temporaires - et des taux extrêmement élevés - à court terme, alors que les taux à quinze ou vingt ans sont plus détendus parce qu'on pense que les problèmes auront été résolus d'ici là.
Voilà l'interprétation que je fais de la situation. Fin de la parenthèse!)

Le Portugal va donc probablement contracter un dernier emprunt - ruineux - sur les marchés au mois d'avril, avant que le nouveau Premier Ministre portugais n'entre en fonction. Ses options ne sont pas légions:

  1. Laisser filer les déficits;
  2. Présenter un nouveau plan d'austérité;
  3. Renégocier la dette;
  4. Laisser chuter le Portugal dans le coton confortable du Fond européen de stabilisation financière (FESF), puis du Mécanisme de Stabilité (MES) de 500 milliards d'euros destiné à prendre son relais en 2013.

Au vu de la situation financière portugaise, l'option 1 ne paraît pas crédible - si quelqu'un voulait tenter l'aventure, les prêteurs se feraient rares, quel que soit le taux d'intérêt offert. L'option 2 semble aussi peu probable, puisque c'est l'opposition à un plan d'austérité qui a fait chuter M. Socrates. On peut imaginer que les adversaires du plan l'ont refusé parce qu'ils en avaient un autre en tête, mais aucune information n'est remontée en ce sens.

Choisir de renégocier ou de rééchelonner la dette déclencherait un coup de tonnerre dans le marché européen des souscriptions publiques, et replongerait instantanément le continent dans une nouvelle crise bancaire. Ce ne serait pas la possibilité la plus idiote, mais elle réclamerait une compréhension des enjeux et un courage dont la classe politique portugaise ne semble pas disposer. En plus, elle serait aux antipodes des solutions choisies jusqu'ici.

En réalité, chacun s'attend à ce que le Portugal, bon gré mal gré, se retire à son tour du marché ouvert de la dette pour s'abriter derrière le mécanisme d'entraide européen. A l'instar de la Grèce et de l'Irlande, après avoir tant clamé qu'il s'en sortirait tout seul, le Portugal disparaîtra du devant de la scène pour lécher ses plaies (financières) à l'abri des regards (du marché). Ce qui nous amène au domino suivant, l'Espagne.

Pendant ce temps, en Espagne...

Eh bien, l'Espagne ne va pas si mal - enfin, façon de parler! Taux de chômage de 20.33% fin 2010, avec une jolie embellie à 19.3% attendue fin 2011... Selon la Banque d'Espagne, la croissance sera de 0.8% en 2011, le pays affichera un déficit public de 6.2% du PIB et 5.2% l'année suivante (là où le gouvernement espère 6% et 4.4% respectivement, mais tous les gouvernements du monde s'y entendent très bien lorsqu'il s'agit d'embellir une situation.)

Le 10 mars, l'agence de notation financière Moody's a abaissé d'un cran la note souveraine du pays, à "Aa2" avec perspective négative. La note va encore baisser.

Le marché est dans l'expectative, comme les taux le montrent:

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Taux espagnols à 10 ans

L'expectative donc, mais avec une grosse louche de méfiance par-dessus, la stabilisation étant à un niveau élevé.

Est-ce que des taux à 10 ans à plus de 5% sont soutenables pour un pays lourdement endetté, à la croissance en berne et au chômage atteignant un cinquième de la population active?

Personnellement, j'aurais tendance à penser que non, mais il vaut mieux que je me trompe parce que ni le Fond Européen de Stabilisation Financière ni le Mécanisme de Stabilité ne devraient suffire à éponger le renouvellement de la dette espagnole si le marché devient trop cher. Sans compter qu'au train où vont les choses, l'Europe pourrait être au pied du mur avant 2013, donc sans que son nouveau Mécanisme de Stabilité ne soit opérationnel.

L'Espagne peut tenir quelques temps sur sa lancée; son endettement n'est "que" de 63.5% du PIB. Mais le Portugal coule avec un petit 81.3% du PIB en dettes. Et l'Italie est à 118%... Est-on réellement sûr que l'Espagne est le prochain domino?

Pendant ce temps, ailleurs...

Quel temps fait-il à Berlin? Un peu de grisaille...

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Taux allemands à 10 ans

Ca monte gentiment.

Malgré la santé insolente des exportations allemandes (une compétitivité à laquelle le renchérissement du coût de l'énergie va probablement mettre un terme, suite à la percée électorale écologiste) les investisseurs semblent se méfier. Mettons-nous à leur place: sous le couvert du FESF, du MES ou de n'importe quel autre acronyme, ils comprennent très bien que l'Allemagne est en train de reprendre à son compte, peu à peu, toutes les dettes des maillons faibles de l'Euroland.

Tous ces engagements, ces fonds, ces garanties, ça finit par peser sur un bilan, voyez-vous.

Angela_Merkel_(2008)_v3.jpgMme Merkel a déclaré que les Allemands avaient le devoir historique de ne pas "passer pour les méchants" dans la longue crise que traverse l'Euro; apparemment, elle opte plutôt pour être le dindon de la farce. Personne ne sait jusqu'où les électeurs allemands accepteront d'expier  les fautes des générations passées, et même ainsi, les épaules (fort larges) de l'Allemagne économique risquent de ne pas suffire.

Ah, aussi, le taux d'inflation est resté stable en Allemagne en mars - à 2,1%. Le chiffre, élevé, est compréhensible au vu des tombereaux de billets créés ex nihilo par la Banque Centrale Européenne pour ses petits coups d'éponge à droite et à gauche. A inonder le marché de liquidités, vous créez de l'inflation, c'est bête comme chou.

Du coup, la BCE  laisse entendre qu'elle montera ses  taux la semaine prochaine.

Ce qui aura un effet immédiat sur les taux d'intérêt de la dette de tous les pays de la zone Euro.

Aïe.

Quelque chose me dit que les Européens vont bientôt avoir une actualité locale à se mettre sous la dent.

22 décembre 2010

Fausses notes

Vous êtes en quête d'une voiture d'occasion. Vous hésitez devant un modèle vanté par le vendeur. Celui-ci vous brandit un certificat de qualité pour le véhicule, mais en faisant le tour vous apercevez une large tache d'huile sous le bloc moteur... L'achèteriez-vous?

Ce décalage entre la qualité estimée par un tiers, ici l'émetteur du certificat, et la qualité effectivement perçue par le client se retrouve à tous les niveaux, y compris lorsque des organismes financiers cherchent à placer leur capital en souscrivant à des obligations d'Etat.

rust.jpgAlors, que fait-on en cas d'incertitude? On s'assure. On s'assure contre le risque. Dans le cas d'une voiture, on négociera une garantie auprès du garagiste-vendeur; dans le cas de la souscription à un emprunt d'Etat, on achètera des Credit Default Swaps (CDS).

Derrière leur nom barbare, les CDS ne sont que des certificats d'assurance comme les autres. Ces produits financiers permettent de se prémunir contre un défaut de paiement de celui qui a émis une dette. Ils n'existent pas que pour les Etats, d'ailleurs, certaines variétés couvrent les emprunts des grandes entreprises. La comparaison entre le prix des uns et des autres est révélatrice, et j'invite le lecteur curieux à lire ce billet instructif sur une spéculation qui ne dit pas son nom.

Mais revenons à notre sujet: les CDS sont une assurance contre la faillite.

Si le risque est élevé, le CDS est cher, forcément. C'est comme pour les assurances automobiles, ceux qui plient une voiture par an doivent payer plus de primes que les bons conducteurs.

Or, nous savons tous que le "risque" d'un pays est aussi représenté à travers la note que celui-ci obtient des agences financières. AAA, AA1, perspective négative, dégradation de la note, toutes ces notions font désormais partie du vocabulaire courant, crise oblige. Les pays jugés très fiables comme la France et l'Allemagne, nous dit-on, méritent un triple A, la meilleure note. Les mauvais payeurs obtiennent des notes inférieures, pour rester poli, jusqu'aux eaux troubles où les perspectives de retrouver sa mise sont si faibles qu'il vaut mieux tenter sa chance au casino.

On serait donc en droit de voir une sorte de corrélation entre la note attribuée à un pays par une agence de notation, et le prix de ses CDS sur le marché, c'est-à-dire le tarif des assurances destinées à se protéger contre un défaut. Bonne note = pas risqué = CDS pas cher. Et réciproquement, Mauvaise note = risqué = CDS coûteux.

Eh bien, pas du tout.

Beaucoup de pays de la zone euro ont des notes excellentes et des CDS paradoxalement très chers.

La note dit "pas risqué" et le CDS hurle "attention, risque maximum, méfie-toi!" Tout cela est très étrange.

Une seule explication: l'un des deux se trompe. Est-ce la note, ou le CDS?

Levons un secret de Polichinelle: c'est évidemment la note. Pour une raison très simple - celui qui note ne prend pas de risque personnel. Il note, rien de plus. S'il s'est fourvoyé, eh bien, ça arrive, l'erreur est humaine. Il en sera quitte pour une réputation un peu étrillée mais c'est à peu près tout. A l'opposé, celui qui souscrit des CDS le fait pour couvrir un emprunt; il a confié son argent et cherche à le protéger. S'il se trompe, il met en jeu la rentabilité de son prêt et ses économies. Il fait donc nettement plus attention.

Savoir que les notes sont surévaluées, c'est déjà bien, et beaucoup s'en doutaient déjà. Mais un article de Businessweek (Merci à Astynoos) nous donne une information autrement plus précise: à quel point sont-elles fausses?

Pour le savoir, des experts se sont contentés d'établir une corrélation entre le prix des CDS et les notes. Là où les pays, mêmes pauvres, ne sont pas dans la tourmente politique (et où les agences de notation ne sont pas désignées comme bouc-émissaire par des élites irresponsables) il existe une corrélation nette entre le prix de l'assurance et la note. Rien de tel pour la zone Euro, où on voit que les pressions des gouvernements sur les agences de notation portent décidement leurs fruits. Mais, en utilisant les CDS, il reste possible de mesurer le décalage entre note officielle et note réelle. Le résultat est décoiffant.

Les CDS associés aux obligations françaises impliquent une note de Baa1, sept rangs en dessous de la note Aaa actuellement accordée par Moody's, selon le groupe de recherche sur le marché des capitaux de la firme basée à New York.

Les contrats sur le Portugal impliquent une note B2, dix rangs en dessous de sa note A1, alors que les swaps associés aux obligations espagnoles valent un Ba3, onze rangs en dessous de sa note Aa1 actuelle, montrent les données du groupe de recherche sur Moody's. Les produits dérivés protégeant la dette belge impliquent un rating de Ba1, neuf rangs en dessous de son Aa1 actuel.

 

Il faut décidément être bien naïf pour croire aux bonnes notes attribuées par les agences. Et en fait, comme en témoigne le marché des CDS, les investisseurs n'y croient pas!

J'en arrive presque à me demander si l'illusion des notes ne serait pas maintenue juste à l'intention du grand public. Ce n'est pas impossible, vu la propension des autorités à multiplier les déclarations pontifiantes. Mais comme quelques graphiques valent mieux que de longs discours, voyons à quel point l'Euroland est sorti des turbulences, avec le taux d'intérêt des emprunts d'Etat à dix ans pour...

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...L'Irlande...

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...L'Espagne...

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...Le Portugal.

Tout cela est radieux, n'est-ce pas? Et on s'étonne d'une crise de confiance enver l'Euro!

L'hiver va être rude, pas seulement à cause de la neige.

25 novembre 2010

Coups de Semonce sur l'Euro

Le rythme des mauvaises nouvelles en provenance de la zone Euro s'accélère. On n'en est plus à dénigrer des Grecs dépensiers ou des Irlandais essayant tant bien que mal de sauver leur secteur bancaire sans convaincre, car ils ne sont plus seuls:

De leur côté, les autres pays fragiles de la zone euro étaient également en difficultés, gagnés par la contagion, avec notamment le Portugal et l’Espagne qui inquiètent le plus. Les taux espagnols à 10 ans s’inscrivaient à 5,190% contre 5,064% mercredi soir, après avoir dépassé la veille les 5% pour la première fois depuis 2002. Quant aux taux portugais, ils évoluaient également au plus haut à 7,020% contre 7,016% la veille.

 

europe-flags_1480541c.jpgL'inquiétude ne porte pas que sur le long terme; le taux des emprunts espagnols à court terme augmente d'un coup. De même, l'incendie ne se limite pas non plus à la périphérie de l'Euroland et aux vilains PIIGS. Le coeur de la zone est touché, c'est-à-dire l'Allemagne et la France. Ainsi, la France doit trouver des solutions improvisées pour payer ses fonctionnaires pour ce mois de décembre:

On pensait que cela ne pouvait arriver que dans les pays les plus en difficultés de l'Union européenne [comme si la France n'en faisait pas partie!]. Mais c'est bien l'Etat français qui rencontrerait des difficultés à payer ses fonctionnaires en décembre. La commission des Finances du Sénat s'inquiète dans un communiqué de ce que Bercy cherche 930 millions d'euros pour régler ses factures de personnel à la fin de l'année. Huit ministères sont concernés, dont l'Éducation nationale, la Défense et le Budget.

 

Huit ministères ça semble beaucoup, mais la France est richement dotée en ministères. L'explication avancée fait sourire: le Sénat dénonce des "surcoûts associés à des mesures catégorielles dont la multiplicité conduit à douter de la consistance réelle des efforts de maîtrise de la masse salariale de l’État". Que de termes polis pour dénoncer une abondance de primes de fin d'années s'accommodant bien mal à la rigueur ambiante! Mais ce ne sont que des péripéties; d'ailleurs, dès qu'on manque d'argent on en trouve:

Pas d'inquiétude, les salariés de l'Etat seront payés. L'Etat va ouvrir «en urgence» des «autorisations d'engagement» à hauteur de 1,39 milliard d'euros et des crédits de paiement pour 1,14 milliard, expliquent les sénateurs dans un communiqué, «dont 930 millions d'euros seront destinés à couvrir des dépenses de personnel». Ces dépenses seront compensées par des annulations de crédits dans d'autres postes du Budget et n'aggravent donc pas le déficit, précise la commission des Finances du Sénat.

 

Tout va hyper bien, donc. C'est à se demander comment on arrive à dégotter un ou deux milliards d'euros sans toucher à rien, mais je digresse... Pas très loin, de l'autre côté du Rhin, l'Allemagne est elle aussi à la peine:

Dans le contexte actuellement très troublé pour les marchés de dettes européens, même Berlin éprouve des difficultés à se refinancer. Le Trésor allemand avait prévu mercredi d'emprunter 6 milliards à dix ans. Mais les Bunds, pourtant considérés comme les emprunts les plus solides de la zone euro, n'ont pas réussi à séduire: la demande s'est élevée à 5,67 milliards d'euros, et 4,76 milliards ont été alloués. C'est la quatrième fois cette année, sur 69 émissions menées jusqu'à maintenant, que les demandes ressortent inférieures à l'offre, a expliqué à l'AFP Jörg Müller, porte-parole de l'Agence financière, qui gère la dette allemande.

 

Même si une souscription n'est pas pleinement remplie (ce qui constitue un très mauvais signe par les temps qui courent) il suffit de jouer sur la trésorerie et de souscrire un peu plus la prochaine fois pour espérer retomber sur ses pieds.

Pas de panique à Berlin non plus donc. Il est encore trop tôt.

En réalité, la zone euro est aux prémisses d'une crise qui la fera éclater. L'Euro a permis aux Etats les plus lourdement endettés de l'Euroland de vivre en déficit à bon compte pendant une période beaucoup trop longue, en étant les passagers clandestins d'une monnaie unique dont la seule force tenait à la signature allemande. Alors que leur endettement augmentait démesurément, les taux baissaient en parallèle et la dette restait "indolore". Ce n'est plus le cas aujourd'hui, parce que les taux peuvent difficilement descendre plus bas, que la crise a encore plus creusé les déficits et que les prêteurs se méfient.

Pour d'autres pays dont la dette n'est pas le premier souci, comme l'Espagne, l'Euro a été désastreux par son taux d'intérêt inadapté à l'économie locale. Trop bas, il a rendu trop aisé l'accès à l'emprunt, poussant l'économie dans des investissements non rentables mais donnant l'illusion de l'être - la bulle immobilière en étant l'illustration la plus aboutie.

Pour l'Allemagne et sa croissance atone, engluée dans des politiques socio-démocrates, le taux d'intérêt de la BCE était au contraire trop élevé, poussant l'économie à chercher de la rentabilité à l'extérieur du pays à travers l'exportation.

"Tous ne mouraient pas mais tous étaient frappés" écrivait Jean de la Fontaine dans la fable des Animaux malades de la peste, une situation brillamment démontrée dans L'Etat est mort, Vive l'Etat, le livre de Charles Gave.

dominos-falling.jpgAujourd'hui, les métaphores à base dominos ont le vent en poupe. L'Euroland s'effondre par la périphérie. Le parallèle a ses limites, chaque pays de l'Euroland s'effondrant pour des raisons qui lui sont propres. Si l'Irlande tombe, ce n'est pas la faute de la Grèce. Si le Portugal tombe, ce n'est pas la faute de l'Irlande, à l'inverse de ce que sous-entendent certains analystes. Chaque Etat de l'Euroland ne doit pas chercher à l'extérieur les raisons de ce qui lui arrive. S'ils tombent les uns après les autres, c'est simplement à cause d'une crise de confiance généralisée où les créanciers potentiels commencent - enfin! - à examiner de plus près les bons d'Etat qu'on leur propose. Les causes varient localement mais les symptômes sont les mêmes au bout du compte, une hausse insoutenable des taux d'intérêts réels.

D'ici peu, lorsque les montants réunis pour le fonds européen de stabilité financière seront épuisés, chacun verra que les investisseurs ont cessé pour de bon d'acheter des dettes européennes à des prix praticables. Les cris de triple A des agences de notation - "allez-y, c'est sans danger!" - n'y changeront rien. C'est à ce moment-là que les choses sérieuses commenceront.

Qui paie ses dettes s'enrichit, dit le proverbe. Or, pour payer ses dettes, il faut commencer par dégager un excédent de trésorerie, c'est à dire un bénéfice, peu importe qu'il soit libellé en pourcentage du PIB ou pas. Tant que vous ne verrez pas un pays dégager des excédents budgétaires lui permettant de réduire sa dette nette, sachez-le, quoi qu'en disent les politiciens prêt à tous les mensonges pour finir leur mandat dans le calme, l'Europe ne sera pas sortie de la crise.

20 novembre 2010

Sous-Marins, Dictateurs et tutti quanti

Un "sous-marin", c'est ainsi que Géraldine Savary évoque l'arrivée de Christoph Blocher au sein de la Basler Zeitung, engagé comme "expert" pour redresser la situation désastreuse du journal bâlois. Et de se lancer dans une tirade sur les dangers d'un journalisme acquis à une cause politique portant menace à notre démocratie, Blocher-Dassaut-Sarkozy-Berlusconi même combat. Rien que ça.

Je n'ai rien contre ce genre de posture, on sait très bien que le journalisme professionnel ne saurait qu'être orienté à gauche. Le journaliste de droite est un Dahu médiatique. Mais tout de même, lire ce genre de "craintes" de la main de Géraldine Savary, Conseillère aux Etats socialiste et disposant de sa tribune libre dans les colonnes du Matin, cela prête à sourire. A sous-marin, sous-marin et demi... Oh, et un autre sujet sur le même thème. Peut-être pour le prochain billet de Mme Savary?

kada.pngCachez ce Dictateur que je ne saurais voir, pourrait dire le Conseil Fédéral. Encore plus prude que la FCC américaine face à un sein de Janet Jackson, le Ministère Public de la Confédération a décidé d'assigner Eric Stauffer en justice. Sa faute? Avoir placé sur des affiches du MCG une photo de Muammar Kadhafi avec le texte suivant: "Il veut détruire la Suisse". La photo n'était pas trafiquée, le texte se référait à une déclaration en ce sens du leader de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire socialiste devant l'ONU (on a vu mieux question discrétion) et le peuple genevois, fort sensible, a été heureusement privé du spectacle: l'affiche a été caviardée (découpée) avant son affichage. Il n'y a donc pas grand-chose dans le dossier, à part une publicité gratuite et une tribune pour le MCG, comme d'habitude. Mais M. Stauffer est tout de même menacé de trois ans de prison!

Et Yves Nidegger, conseiller national UDC de Genève de résumer ce qui va se passer: "En faisant du foin autour de cette affiche, le gouvernement genevois n’a fait que donner des arguments supplémentaires aux Libyens qui sont déjà assez créatifs. La procédure va probablement échouer. Je ne vois pas en quoi l’affiche est outrageante. Stauffer ne sera pas condamné. Et cela fournira des arguments à la Libye pour dire que la justice suisse méprise la Libye. Tout ceci est tellement prévisible." L'analyse me paraît juste.

Eh oui, quand on joue les censeurs, on se retrouve souvent ridiculisé. Mais le Conseil Fédéral n'avait peut-être pas encore subit assez d'outrages de la Libye? Pas sûr qu'il comprenne cette fois encore.

L'Initiative pour le Renvoi des Criminels Etrangers pourrait franchir la barre et cela crée la panique. Un dernier sondage la crédite le Oui de 54% des suffrages: à un jet de pierre de la votation, rien n'est joué ni dans un sens ni dans l'autre. Les médias font donc feu de tout bois et grillent leurs dernières cartouches. Le Temps livre une analyse sociologique qui essaye, sans réussir, de faire passer les partisans du renvoi pour des gros abrutis incultes; mais, hélas, il ne trouve pas de corrélation significative entre le soutien à l'initiative et la présence (ou plutôt l'absence) de livres à la maison. Pourtant, on sait bien que les membres de l'UDC savent à peine lire et écrire, n'est-ce pas! Sans doute les 39% de Verts et 38% de socialistes d'accord avec l'idée d'expulser les étrangers qui commettent des crimes graves font-ils monter la moyenne...

Pendant ce temps, en Europe, l'Irlande continue à crier que tout va bien mais commence à souffrir d'une extinction de voix. Et l'Europe d'une extinction de fonds, en même temps. En cas de "contagion" dans le reste de la zone euro - un scénario très vraisemblable - "les 750 milliards du fonds de stabilisation européen et du FMI ne suffiront plus", souligne Bruno Jacquier, économiste à la Banque Privée Edmond de Rothschild. Pour la zone euro, l'hiver sera chaud.

06 octobre 2010

En guerre contre la réalité

Les nouvelles se suivent et se ressemblent. En vrac:

- Aujourd'hui, l'agence de notation Fitch a dégradé la note de dette à long terme de l'Irlande, à A+ contre AA-, assortissant sa décision d'une "perspective négative"; le coût du sauvetage des banques irlandaises s'avère plus élevé que prévu et le déficit budgétaire du pays est désormais estimé à environ 32% du PIB pour cette année. Oui, vous avez bien lu.

560453p_deficit.jpg- Les déficits et la dette grecques vont être "nettement" revus à la hausse; il est vrai que le déficit grec pour 2009 chiffré à seulement 13,6% du PIB, ça semblait trop beau...

- Le Portugal annonce en urgence des mesures d'austérité: TVA à 23%, baisse du salaire des fonctionnaires... Tout cela parce que la dette portugaise à 10 ans a atteint le 29 septembre un niveau proche de celui touché en mars par son homologue grecque, avec les conséquences que l'on sait.

- L'Espagne quant à elle a perdu son dernier AAA (celui de Moody's) le 30 septembre. Le chômage y atteint un modeste 20% et la saison touristique touche à sa fin. L'hiver sera rude.

- Le FMI, décidément prêt à enfoncer toutes les portes ouvertes, avertit les derniers optimistes que la crise n'est pas finie.

Le temps est à l'orage.

Il n'est pas de pire aveugle que celui qui ne veut point voir, dit-on. Maxime pleine de sagesse que devraient se rappeler les adeptes de la bourse, les éditorialistes et les politiciens chantant que la crise est derrière nous, sur la mélodie de Tout Va Très Bien, Madame La Marquise.

Dans cette vaste population faisant fi de la réalité, l'élite française fait figure d'espèce dominante. La classe politique hexagonale est en quelque sorte l'aristocratie du déni; dans son costume de velours moisi, elle agite ses manches en dentelle élimée en égrènant ses vieilles rengaines, si creuses mais pourtant si mélodieuses aux oreilles des courtisans...

A gauche, nous avons les cohortes écolo-progresso-révolutionnaires, toutes plus unitaires et plurielles les unes que les autres. Une seule cible, un seul horizon, un seul programme - l'anti-Sarkozysme primaire, aveugle et vociférant. Quand même Claude Imbert les trouve ridicules, on devine qu'un palier de médiocrité a été atteint. Citant l'éditorialiste du Point:

En tête du défilé [contre l'augmentation de l'âge de la retraite], Martine Aubry, Cécile Duflot, Marie-George Buffet affichaient, coude à coude, le cliché d'une gauche impossible où socialistes, Verts et communistes réchaufferaient le ragoût de feu le Programme commun. Une chimère, évidemment ! Bonne encore pour caresser la conquête du pouvoir. Bonne, ces temps-ci, devant les pas de clerc et foucades de la droite, pour exploiter la sarkophobie ambiante. Et après, pour quoi faire ? Enterrer la réforme des retraites ? Allons donc... Tandis que tendre son rouge tablier pour y cueillir la colère populaire, pardi, pourquoi pas ? Au pouvoir, s'il échoit, on avisera...

Qui peut croire que le socialisme français, seul en Europe, pourrait défier la sanction arithmétique d'un régime condamné (...) Le spectre d'une faillite nationale dissuaderait quiconque voudrait emplir à nouveau le panier percé de l'Etat-mamma.

 

Ce qui ne les empêche pas d'essayer. Tous ensemble, on a le droit croire en un autre avenir, pas vrai? Après tout, l'espérance a le droit d'être vaste, surtout si elle est irrationnelle! Mais la réalité ne saurait s'habiller éternellement de slogans stériles, hélas, faute de quoi la France serait le pays le plus prospère du monde...

Rappelons que la gauche se bat contre une réforme du régime des retraites par répartition, réforme elle-même largement insuffisante dans son ampleur, et dont le but n'est pas de pérenniser un système voué à la faillite (comme n'importe quel schéma pyramidal) mais simplement de donner assez l'impression d'une réforme pour éloigner la perspective d'une remise en question du AAA français, les agences de notation ayant à plusieurs reprises menacé la France d'abaisser sa note si rien n'était entrepris. On comprend dès lors la combativité du gouvernement - l'esprit guerrier tardif des gens au pied du mur. Il faut tenir, coûte que coûte, jusqu'à la fin du mandat présidentiel.

Malheureusement, l'UMP mérite largement son qualificatif de socialistes de droite. Si l'absence de réalisme, la vacuité du discours et les imprécations sont l'apanage d'une opposition dénuée de toutes responsabilités décisionnelles, on aurait espéré un ton différent de la part du gouvernement. Peine perdue:

 

Le projet de budget 2011 présenté mercredi prévoit ainsi une baisse du déficit public à 6,0% du PIB fin 2011, après 7,7% fin 2010, un effort "historique", selon le gouvernement, mais qui risque de devoir être accentué, disent les économistes. [Tu parles Charles!]

Cette réduction du déficit en 2011 viendrait d'une hausse des recettes liée à une accélération de la croissance économique à 2,0%, d'une maîtrise accrue des dépenses et d'une réduction de quelque 10 milliards d'euros des niches fiscales.

"C'est un budget historique. Nous tournons le dos à des années d'augmentation du budget de l'Etat", a dit le ministre du Budget, François Baroin, à des journalistes.

"6,0% en 2011 est un objectif intangible", a-t-il ajouté. "Franchir une telle marche n'a jamais été vu depuis 50 ans", a-t-il dit, à propos de l'ampleur de la réduction du déficit prévue l'an prochain.

La dette publique atteindra 86,2% fin 2011, après 82,9% fin 2010. Le déficit de l'Etat sera de 92 milliards d'euros en 2011.

Le déficit public, qui comprend les comptes de l'Etat, les comptes sociaux et ceux des collectivités locales, sera ensuite réduit à 4,6% fin 2012, 3,0% fin 2013 et 2,0% fin 2014, selon la loi de programmation des finances publiques présentée en même temps que le budget mercredi en conseil des ministres.

La dette atteindra 87,4% fin 2012 avant de baisser à 86,8% fin 2013 et 85,3% fin 2014.

 

Domination totale, la France et son équipe de choc vont au charbon, avec en tête le Président qui, rappelez-vous, annonçait: "La croissance, j'irai la chercher avec les dents". Accélération, Maîtrise, Réduction, tout à la fois.

Sérieusement, qui peut croire en pareils bobards? Il faut un réel talent pour annoncer un tel tombereau de fadaises à des journalistes sans se départir de son sérieux. On reconnaît le professionnalisme d'un Ministre du Budget. Mis à part les "10 milliards d'euros de réduction des niches fiscales", c'est-à-dire des augmentations d'impôt (dont l'Etat se rendra assez vite qu'elles procurent des rentrées décevantes) les autres éléments sont totalement hors de portée de l'Etat. Réduire les dépenses? Depuis quand un gouvernement y est parvenu? La croissance? L'Etat n'est pas fichu de la prévoir trois mois à l'avance. Tabler sur 2% est très optimiste - ce taux n'a été atteint qu'une fois, en 2004, sur les dix dernières années. Mais non, là nos brillants ministres annoncent une croissance record plusieurs années de suite... C'est du grand n'importe quoi!

Personne n'est dupe, bien sûr, mais cela n'empêche pas Mme Lagarde de claironner depuis mi-septembre une réduction du déficit public de 40 milliards avec un mélange d'astuces comptables, de méthode coué et de mensonges.

Certains socialistes, plus réalistes peut-être, ont trouvé la panacée: faire payer les expatriés (il faut le lire pour le croire!)

La France est aux abois, l'Euro part à veau-l'eau.

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La France (et d'autres pays d'Europe plongés dans le déni à divers degrés) ne réalisent sans doute pas que des plans pour 2013, 2014 n'ont aucun sens. A mon avis, la crise aura balayé l'Europe bien avant. Je doute fort, par exemple, que les finances publiques françaises tiennent jusqu'aux prochaines élections présidentielles. En fait, je ne suis même pas sûr que la France tienne jusqu'à Noël prochain.

Cela affectera la Suisse aussi, bien entendu. La question des finances publiques risque fort de s'imposer de manière inattendue dans les campagnes politiques en cours.

Je n'adhère pas aux discours millénaristes sur la fin du monde; c'est une crise et nous y survivrons. Mais les Américains de 1929, les Argentins de 1990 ou les habitants du Sud-Est asiatique en 1997 se rappelleront que ce n'était pas un moment agréable à passer.

En attendant, achetez de l'or. Si vous pensez que les records viennent d'être battus, vous n'avez encore rien vu.

05 juillet 2010

Frein à l'endettement, dix ans de succès

Une dépêche si belle que je ne peux m'empêcher de la reprendre telle quelle:

Avec le frein à l'endettement, la Suisse a réduit sa dette

Le frein à l'endettement a dix ans ce lundi. Selon le Département fédéral des finances qui publie une brochure pour célébrer l'événement, il a entraîné une série de succès budgétaires qui ont permis à la Confédération de réduire sa dette de 130 à 111 milliards ces cinq dernières années.

Ce succès se confirme au regard d'une comparaison internationale portant sur la dette publique: alors que la Suisse a réduit son taux d'endettement de 53 à 40% du produit intérieur brut (PIB), la zone euro a, au contraire, vu son taux d'endettement moyen passer de 70 à 85% du PIB, précise le DFF.

Certains pays ont ainsi manifesté leur l'intérêt pour l'instrument du frein à l'endettement, qui permet d'enrayer les déficits budgétaires chroniques. Ainsi, l'Allemagne a repris à son compte de nombreux éléments du système suisse de frein à l'endettement. Nombre de cantons ont eux aussi mis en place un système similaire et enregistré, grâce à celui-ci, des résultats positifs.

Le frein à l'endettement exige que le budget de la Confédération soit équilibré à moyen terme, c'est-à-dire sur l'ensemble d'un cycle conjoncturel, rappelle le DFF. En période de haute conjoncture, des excédents budgétaires doivent être dégagés afin de compenser les déficits liés à la récession suivante.

Le Conseil fédéral avait adopté le message sur le frein à l'endettement le 5 juillet 2000. Après son adoption par les Chambres fédérales, son principe a été accepté par le peuple et les cantons à une majorité de 85 %.

 

Ah, c'est beau! La Suisse a décidément de quoi faire des envieux en Europe.

156643ZT_Suisse.jpgComme souvent, malheureusement, la Suisse doit sa fortune qu'à une certaine providence. Ici, par exemple, le frein à l'endettement est un outil conçu pour... Freiner l'endettement, et non le résorber. La documentation à ce sujet sur le site du Département Fédéral des Finances, assez claire, rassure bien les petits politiciens dépensiers: Le frein à l‘endettement ne vise pas à éponger la dette fédérale, ni par conséquent à amortir le découvert du bilan. Adeptes d'une gestion saine, passez votre chemin!

Ouf, c'était moins une! Imaginez carrément que les dettes se résorbent et que le déficit s'amenuise: quelle perspective effrayante!

C'est un peu comme pour les plans de relance ruineux adoptés un peu partout en Europe: ils n'ont pas eu lieu en Suisse. La Confédération s'est contentée de manoeuvres modestes. Non que chacun ait compris que ces plans soient contre-productifs et d'une stupidité sans borne - cela échappe à la classe politique helvétique. Les "sages" décrétèrent simplement que les plans de relance étaient inutiles parce que l'économie suisse est une économie d'exportation.

L'art de prendre de bonnes décisions pour de mauvaises raisons!

Mais ne boudons pas notre plaisir. Dix ans de Keysianisme contenu sont toujours bons à prendre. Le bilan du pays s'en ressent.