04 janvier 2015

Pour les Fêtes, prenez un peu de langue de bois

Certains lecteurs curieux du Figaro seront comme moi tombés sur une chronique au titre cinglant - Oui-oui au pays du déficit et du chômage - évoquant un site encore plus curieux, édité par le gouvernement français, le "kit repas famille".

Je préviens, c'est du lourd.

Le Kit Repas Famille (ou encore #KitRepasFamille en langue 2.0) est une espèce de pense-bête sensé donner réponse à tout sur chaque sujet politique qui viendra immanquablement à émerger pendant un repas en société - et comment répondre pour montrer que le pouvoir socialiste a plus d'un tour dans son sac, non mais!

 A mi-chemin entre le bingo et le jeu de l'oie, le style et les sujets abordés montrent qu'on est dans le plus grand professionnalisme:

kit_repas_famille.jpg
(cliquez sur l'image pour agrandir)

Sous chaque vignette, un argumentaire résumé destiné à prouver que le Gouvernement Travaille™ et que si les résultats ne sont pas là ils ne sauraient tarder. La version web donne accès à des liens vers un argumentaire "avancé" pour les plus masochistes ; les autres pourront se limiter à une version à découper et à coller pour avoir judicieusement le petit manuel socialiste dans la poche au moment opportun:

- Moi, je le dis franchement, je n'arrive plus à boucler mes fins de mois.

- ...

- Qu'est-ce que tu fais Dédé à regarder ton pantalon ? On dirait que tu as trouvé un rat au fond de ta poche ?

- (Dédé, s'éclaircissant la voix) Mais non tu es beaucoup plus riche que ce que tu crois! Le Gouvernement a pris une série de mesures pour le pouvoir d'achat : baisse de l'impôt sur le revenu pour certains ménages, réforme du mode de calcul du prix du gaz et de l'électricité, frais d'agences immobilières réduits (divisés par 2 à Paris), encadrement des loyers à la relocation...

- Certains ménages, pour sûr, mais certainement pas le nôtre. Et qu'est-ce que tu me chantes sur les frais d'agence immobilière à Paris? On vit à Tourcoing depuis seize ans! Quant au calcul du gaz et de l'électricité, tu m'excuseras mais ça monte...

- ...Sans compter la loi consommation qui permet de réduire le prix de bien des choses : assurance emprunteur, produits à lentilles, tests de grossesse...

- Dédé ? Qu'est-ce que tu baragouines sur ces machins d'assurance dont je n'ai jamais entendu parler ? Des produits à lentilles ? Des tests de grossesse ? Tu es sûr que tout va bien ? Tu crois que ces machins changent notre pouvoir d'achat au quotidien ?

- Je... Euh... (Dédé fouille nerveusement les petites fiches dans sa poche alors qu'une vague de sueur le submerge)


Oui, bon, on ne peut pas gagner à tous les coups.

La propagande gouvernementale française semble sans limite. On cherchera en vain par quel texte de loi l'Etat socialiste s'alloue ainsi l'argent des contribuables pour faire son autopromotion. Quant aux diplômés communicants derrière l'opération de comm, on dénichera une photo possible de la fine équipe au détour d'une page non trouvée sur le site, probablement en pleine séance de brainstorming.

Les réponses choisies mélangent allègrement le vrai et le faux. Ainsi, à l'assertion "les Français travaillent moins que les autres" le gouvernement répond que la productivité horaire française est supérieure à ses équivalents allemands ou anglais - ce qui est rigoureusement exact. Avec un Etat obèse représentant 57% du PIB du pays et le carcan des 35 heures, le secteur privé n'a pas d'autre choix que de lutter comme un lion pour éviter l'effondrement immédiat, une simple question de survie. Mais cette vérité-là n'est évidemment pas bonne à rappeler. Alors, à la place, on a droit à une statistique invraisemblable comme seuls des énarques peuvent en pondre:

"En 2 ans, 1 société sur 6 a introduit des produits nouveaux qui n'existaient pas sur le marché."


Produits nouveaux, quelle étrange définition! Selon quels critères ? Quel marché ? Par des "sociétés" de quelle taille ? Avec quel taux de réussite ? Et pourquoi sur une période de deux ans ? Ramener cette mesure improbable à une société sur 12 en rythme annuel faisait moins vendeur, sans doute...

On notera le mélange pêle-mêle de catégories rigoureusement opposées, comme "le problème c'est l'austérité / le problème c'est que l'Etat dépense trop", ou encore "l'Etat ne fait rien pour les patrons / l'Etat fait tout pour les patrons". Les auteurs ne s'en cachent même pas, plaçant ces thèmes les uns à coté des autres sans doute pour susciter une forme d'humour.

Le résultat suscite un certain malaise. Quelqu'un qui défend quelque chose et son contraire ne peut pas être de bonne foi. A moins de renoncer à la santé mentale, ou à toute représentation réaliste de la réalité.

Mais ce paradoxe est au cœur du socialisme - le mythe d'une perception de la réalité plus forte que la réalité elle-même. Le socialisme se joue des mots et les mots représentent d'ailleurs son seul domaine d'existence. Pour que le socialisme réussisse il suffit en théorie que suffisamment de croyants sincères se forcent à scander "tous ensemble tous ensemble" dans une incantation (les manifestations, autre symbolisme de la gauche, sont une autre célébration propice au phénomène) et alors, selon le dogme, la réalité pliera.

L'insécurité est un "sentiment" - il suffit de la nier, et nous nous sentirons en sécurité. La croissance est "dans les esprits". La consommation dépend du "moral" des ménages plus que de leur réelle situation économique. La courbe - parlons plutôt de ligne droite - du chômage s'inversera par la force de la volonté du Président et de son équipe...

C'est le règne de la pensée magique, mais cette pensée magique est le seul domaine d'influence du socialisme. Si la prospérité pouvait se payer de mots le socialisme et ses avatars auraient été couronnés de succès depuis longtemps. Nous savons qu'il n'en est rien ; mais inlassablement, parce que c'est sa seule façon d'agir, le socialisme essaye de formater les esprits, d'embellir la perception de la réalité, de faire passer des vessies pour des lanternes. Un travail de bénédictin pour lequel toutes les bonnes volontés sont requises, au point de devoir fournir un kit de prêt-à-penser en langue de bois jusque dans les repas familiaux lors des fêtes de fin d'années.

Pitoyable de devoir en arriver là, et tout aussi pitoyable de penser que pareille opération puisse sauver la France du naufrage.

27 décembre 2014

Islamofolie

France, gendarmerie du Roussillon, dans l’Isère, à la limite de l’Ardèche: Trois blessés dans une gendarmerie "par un déséquilibré armé d’un couteau criant Allah Akbar". L'homme, trentenaire employé dans une société de chimie, se livra à cette attaque trois jours après être rentré d'un pelérinage à la Mecque, voyage au cours duquel "il avait considérablement changé de comportement de l’avis même de ses proches", comme le rapportent les journalistes d'un quotidien régional. Mais c'était en mai 2013 - médiatiquement, autant dire le siècle passé.

france,islam,terrorisme,folieFrance, Joué-lès-Tour, attaque d'un commissariat cette fois-ci, encore aux cris de Allah Akbar. Le 20 décembre, il y a quelques jours à peine. Le forcené blesse trois policiers avant d'être abattu. Les premiers éléments de l'enquête privilégient la piste de l'islamisme radical pour expliquer les motivations de Bertrand Nzohabonayo, l'agresseur, converti à l'islam trois ans plus tôt. Il avait publié une photo du drapeau de l'organisation Etat islamique sur son profil Facebook deux jours avant de passer à l'acte.

France, Dijon, le lendemain. Un "déséquilibré" fonce dans la foule avec sa Clio, fauchant onze passants, encore une fois aux cris de Allah Akbar. Mais tout va bien: c'est un simple déséquilibré, suivi en hôpital psychiatrique, explique une source policière.

France, Nantes, le 22 décembre. Une voiture folle fonce sur le marché de Noël en faisant plusieurs blessés. A noter que le marché, situé en zone piétonne, n'est accessible aux véhicules qu'avec un badge permettant d'abaisser des bornes. Mais le lendemain, tout va bien: c'était un simple conducteur ivre - 1,80g d'alcool par litre de sang - et les cris de Allah Akbar n'étaient que le fait de Mohammed qui passait par là et avait laissé s'échapper, un peu fort, une exclamation de circonstance alors qu'il tentait de venir en aide... Au conducteur.

Le point commun entre tous ces événements? Ils n'ont aucun rapport avec l'islam.

Croire autrement serait faire preuve de simplisme, voyez-vous. Les journalistes de garde ont immédiatement entamé un ingrat travail de mise en contexte pour expliquer par exemple dans le cas de l'attaque du commissariat de Joué-lès-Tours que les motivations de l'individu n'ont rien à voir avec le terrorisme islamique. Depuis, ils vont plus loin, allant jusqu'à proclamer qu'aucune de ces attaques n'a le moindre rapport ni avec des actes de mimétisme, ni avec une quelconque loi des séries, ni avec le terrorisme islamique bien évidemment.

La faute à pas de chance, en somme. Ne riez pas, avec quelques semaines de ce matraquage (si l'actualité n'offre pas de piqûre de rappel) le message passera comme une lettre à la poste. L'homme qui s'avisera d'aborder en société le sujet des islamistes européens se verra immédiatement rabroué par force haussements de sourcils et les commentaires assassins qui vont de pair: "ce sont des malheureux qui ont besoin de notre aide, voyons."

Mais quelque part, et malgré tous les efforts visant à la faire paraître autrement, la réalité existe. Comme l'explique dans les colonnes du Figaro Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et directeur général du CAT (Centre d'analyse du terrorisme), les attaques subies par la France sont indiscutablement des actes de terrorisme: 

On a affaire à une attaque criminelle sur des civils ou des symboles de l'Etat, au nom d'une cause symbolisée par le cri «Allah Akbar». Le mode opératoire, de plus, correspond exactement au message diffusé depuis septembre par l'Etat islamique, qui demande à tous ceux qui ne peuvent le rejoindre de frapper les pays de la coalition, dont la France, sur leur propre territoire.


La France n'est pas le seul pays frappé. Rappelons les attentats subis par le Canada en 2014 (deux soldats tués par une voiture, et un tireur fou au Parlement d'Ottawa) qui ont marqué la population locale au point de définir ces deux événements comme les nouvelles les plus importantes de l'année. D'autres pays du monde, jusqu'en Australie, ont subi des attaques selon des procédés remarquablement similaires: prises d'otage, tireur fou, assaut avec une voiture... Et toujours des revendications islamistes. A chaque fois on nous parle de loup solitaire. Une meute de loups solitaires!

Le terrorisme frappe les esprits. Il plonge les victimes dans la prostration et diffuse un sentiment de panique à travers toute une population. Ces conséquences psychologiques constituent son principal objectif. Le terrorisme - islamique ou autre - ne vise pas à détruire une population entière, il en serait bien incapable, mais à susciter stupeur et passivité auprès de tout le monde, étouffant peu à peu toute velléité de résistance individuelle. Chacun n'ambitionne plus rien d'autre que de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment.

Qu'il soit accompli par des faibles d'esprit n'a guère d'importance ; la question n'a d'intérêt que pour les tribunaux et les juges d'application des peines. Là encore, les islamistes ont une longueur d'avance puisque tous les kamikazes sont par définition suicidaires... Un exemple parmi tant d'autres de l'inadéquation entre la justice occidentale et l'état d'esprit médiéval de fanatiques légèrement débiles cherchant le salut dans le sacrifice. Si d'aventure un authentique malade est partant, il n'aura quant à lui qu'à crier la formule magique au sommet de son délire pour donner une dimension politique à son acte pathologique.

Suivant une longue dérive hygiéniste de la justice occidentale où les formes les plus extrêmes du mal ne sauraient être que les conséquences d'une forme d'affection de l'esprit, l'avis d'un psychiatre pèse bien plus sur l'issue d'un procès que les plaidoiries du procureur. Le résultat? Si vous êtes fou, vous pouvez tout vous permettre.

La synergie entre islamisme et maladie mentale est promise à un bel avenir. Elle garantit aux terroristes - s'ils survivent à l'excitation du moment - d'avoir une porte de sortie des plus agréable avec aménagements de peine, soins particuliers et d'immenses efforts de réintégration, le tout payé par l'argent de ceux qu'ils combattent. Difficile de faire mieux.

Que nous réserve l'avenir? Là encore le docte M. de Montbrial nous donne un plaisant aperçu de la vie qui nous attend dans nos sociétés vaincues, tant que nous refuserons de réaliser que nous sommes en guerre:

Chacun doit continuer à vivre normalement, en s'habituant toutefois à être particulièrement vigilant dans les lieux publics.


La prochaine fois que vous entendrez des coups de feu et des détonation aux cris de Allah Akbar, n'appelez pas la police mais juste une ambulance: un pauvre hère dans les alentours a visiblement besoin de soins.

Si les islamistes sont aisément défaussés comme fous, nos gouvernements souffrent, eux, de déni. Le mal n'est pas moins grave.

26 novembre 2014

Or: même Marine Le Pen s'y met!

Dire que l'initiative sur l'or aura provoqué des remous est un euphémisme. Qu'elle soit acceptée ou refusée le 30 novembre, elle crée derrière elle un véritable tsunami.

Dernier chapitre en date: une lettre ouverte de Marine Le Pen demandant des comptes à M. Christian Noyer, président de la Banque de France. A l'attention de quelques lecteurs trop effrayés par l'idée de naviguer même ponctuellement sur le site du Front National, voilà donc ladite lettre reproduite in extenso.

Monsieur le Gouverneur,

Au nom des Français et en ma qualité de principal chef de l’opposition, j’ai l’honneur de vous écrire, car il est de mon devoir de vous présenter une requête sur les réserves d’or de la France, relevant de l’intérêt supérieur de notre nation.

marine-le-pen.jpgAvant même le déclenchement de la crise de 2008, le Front National avait anticipé et informé les institutions politiques de l’aggravation à venir du contexte macro-économique et géopolitique. Dans le cadre du modèle économique de plus en plus ultralibéral adopté par la France sous la pression de Bruxelles, aucun des fondamentaux économiques ne peut s’améliorer durablement. Tous les Français peuvent constater que les politiques d’austérité exigées par l’Union Européenne et la BCE et menées par le gouvernement sont un échec avéré et grave pour notre pays.

L’institution monétaire que vous dirigez a pour mission historique d’être la banque centrale dépositaire des réserves monétaires nationales et notamment des réserves d’or. Selon notre vision stratégique et souveraine, celles-ci n’appartiennent ni à l’Etat, ni à la Banque de France mais bien au peuple français et de surcroît servent de garantie ultime à la dette publique et à notre monnaie.

Dans la guerre froide monétaire qui se joue entre les pays occidentaux et les pays des BRICS, l’or reprend progressivement un rôle important. Selon le Conseil Mondial de l’Or, les réserves officielles d’or de la Chine, de l’Inde et de la Russie ont fortement augmenté entre 2007 et 2013.
Pour ces raisons et compte tenu de l’accroissement rapide des risques systémiques mondiaux, il est de la plus haute importance pour la solvabilité future de notre nation d’engager, d’ici mi-2015, une procédure d’audit détaillé dont les résultats feront l’objet d’un rapport. Ce rapport devra obtenir la validation des autorités macro-prudentielles françaises, l’ACPR, puis sera rendu public dans l’année.

Cet audit exhaustif devra contenir :
– un inventaire complet des quantités d’or physique affichées actuellement à 2435 tonnes ainsi que leur qualité (numéro de série, pureté, barres ‘Good Delivery’…), réalisé par un organisme français indépendant (à définir). Cet inventaire, sous contrôle d’huissier, devra indiquer le pays dans lequel les réserves d’or sont stockées, en France ou à l’étranger.
– Un recensement de tout contrat d’engagement financier officiel ou secret vis-à-vis de banques et sociétés privées, ou de prêt bilatéral entre la France et des institutions nationales ou internationales, ayant gagé l’or de la France afin de garantir le sauvetage de l’euro. Dans ce cas, l’audit exhaustif devra contenir les conditions des contrats d’engagement ou de prêts.

Par ailleurs :
Attendu que le 30 novembre prochain, aura lieu en Suisse une votation suite à une demande de référendum d’initiative populaire « Sauvez l’or de la Suisse » du parti UDC (Union Démocratique du Centre) qui propose le rapatriement de leurs réserves d’or sur leur sol.
Attendu qu’à la demande de certaines banques centrales nationales avisées, ce phénomène de campagne pour le « retour des réserves d’or nationales » et le contrôle démocratique existe depuis 2013 en Allemagne (Bundesbank), en Pologne etc.
Attendu que la Banque centrale néerlandaise a indiqué récemment qu’elle avait rapatrié 122,5 tonnes d’or.
Attendu que le 19 mai 2014, la Banque de France au côté d’autres banques de l’Eurosystème, a annoncé avoir signé l’accord de Washington des ventes d’or CBGA 4 (Gold sales Under the Central Bank Gold Agreements) qui ne prévoit pas de quotas de cession sur cette période quinquennale (2014 à 2019), contrairement aux trois accords précédents.
Attendu qu’en effet, la Banque de France déjà indépendante, a procédé dans le cadre de l’accord CBGA 2, à des ventes d’or décidées en 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement Raffarin.
L’objectif officiel affiché était de gérer plus activement les réserves de change de l’Etat afin de générer 100 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires dès 2005. N. Sarkozy déclarait aussi que cette vente d’or serait utilisée « soit pour financer des investissements qui préparent l’avenir, soit pour réduire la dette, mais en aucun cas pour financer les dépenses de fonctionnement ».
Sur la période 2004-2012, environ 614,6 tonnes d’or auraient été vendues par la France alors que dans le même temps les autres banques centrales de l’Eurosystème dont la BCE se sont engagées à limiter leurs ventes d’or. Selon un rapport de la Cour des Comptes de 2012, cette opération s’avère extrêmement coûteuse pour la puissance publique et constitue une atteinte grave au patrimoine national, effectuée sans aucune consultation démocratique.
Monsieur le Gouverneur, d’après vos déclarations, « l’or demeure un élément important des réserves monétaires mondiales». Pour les Français, vous êtes considéré comme le garant en dernier ressort de la sûreté de cette réserve d’or et donc de la stabilité de notre monnaie et de la stabilité financière nationale. En conséquence, votre responsabilité est immense.

Aussi, en fonction de la situation que nous découvrirons, je vous exhorte à procéder :
– Au rapatriement urgent sur le sol français de la totalité de nos réserves d’or se trouvant à l’étranger.
– A l’interruption immédiate de tout programme de cession d’or.
– A l’inverse, à une réallocation progressive d’une partie significative des réserves de devises au bilan de la Banque de France par l’achat d’or, lors de chaque baisse significative du cours de l’once (recommandation 20%).
– A la suspension de tout contrat d’engagement financier ou de prêt qui gagerait nos réserves d’or.
– Au bilan patrimonial et financier des opérations de cession d’or de 2004 ordonnées par N. Sarkozy.

La mise en œuvre de ces mesures est décisive pour l’avenir de la France face aux troubles socio-économiques qui risquent de se produire.

Tout comme vos héroïques prédécesseurs de la Banque de France en 1939 et 1940 avaient organisé l’évacuation de l’or français, vous vous devez d’entreprendre cette vaste opération de sécurisation du trésor national, acte patriotique qui sera reconnu le moment venu par l’opinion publique.

Je forme le vœu que, respectueux de vos devoirs de haut fonctionnaire au service de l’Etat, vous sachiez faire preuve de la lucidité et du courage nécessaires à la défense de l’intérêt général de notre pays. L’enjeu est considérable, c’est de l’avenir de la France dont il s’agit !

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Gouverneur, l’expression de ma considération distinguée.

Marine Le Pen


Marine Le Pen n'ayant aucun statut légal particulier - sa qualité de "principal chef de l’opposition" autoproclamée étant sujette à débat et certainement pas reconnue au sein des institutions de la République Française - on peut imaginer que cette lettre ne suscitera aucune réponse de l'intéressé. Mais le but de la manœuvre n'est pas là.

D'abord, la missive traduit l'état d'esprit de la Présidente du Front National, un parti français qu'on peut aimer ou détester mais qui s'annonce comme incontournable dans la vie politique hexagonale. Et celle-ci ne considère définitivement pas l'or comme une "relique barbare" qu'on peut négligemment solder lorsqu'on a besoin d'argent... Au contraire, elle pointe les récentes opérations de rapatriement d'or en Europe et les soupçons qui pèsent sur les stocks d'or français - tant leur volume que leur qualité et les éventuels engagements qui pourraient peser sur eux. Des inquiétudes que le silence compassé des dirigeants politiques et de la Banque de France elle-même ne vont certainement pas calmer.

Ensuite, elle n'hésite pas à reprendre les 20% de couverture de l'initiative sur l'or de l'UDC pour demander le même genre de ratio au niveau des réserves de la Banque de France - le tout au nom d'une méfiance accrue envers les monnaies-papier et les risques de déstabilisation de la finance mondiale qui laissera l'or comme seul garantie monétaire acceptée. Nous nous dirigeons à grands pas dans cette direction, d'autres pays s'y préparent, mais c'est la première fois que j'assiste à l'aveu aussi limpide de la situation par un responsable politique de premier plan - une attitude qui ne manque pas de faire du bruit.

Enfin, elle met les responsables du passé en face de leurs responsabilités: Nicolas Sarkozy qui solda des tonnes d'or français à vil prix sans justification aucune sauf probablement pour payer les dépenses courantes ; et bien sûr, le président de la Banque de France Christian Noyer lui-même dont la responsabilité serait effectivement "immense" s'il s'avérait que les réserves d'or françaises ne sont finalement pas ce qu'elles sont sensées être... De quoi donner des sueurs froides à nombre de coquins s'abritant fort opportunément derrière le secret de leur fonction pour éviter d'avoir à rendre des comptes sur des coffres peut-être vides.

Une chose est sûre, Mme Le Pen suit l'actualité économique de près, et avec plus de prévenance qu'on pourrait croire sur les questions monétaires.

01 octobre 2014

Pour quelques milliards de plus

La dette française a atteint 2000 milliards d'euros, un symbole dont le gouvernement se serait bien passé.

Si François Hollande se dit inquiet et déterminé - et ce n'est même pas une plaisanterie - le président fait aussi preuve d'une certaine hypocrisie. La tendance est connue depuis fort longtemps et on ne peut décemment imaginer qu'il n'ait pas été au courant. Selon l'Institut Montaigne, le montant avait été atteint au mois d'août dans l'indifférence générale, vacances obligent. Aujourd'hui la nouvelle vient du très officiel INSEE, l'institut français de la statistique, et ne peut donc plus être ignorée.

Cela équivaut à 95,1% du PIB, les critères de Maastricht - 60% - ont été explosés depuis longtemps. Les 100% du PIB, un autre symbole fort, seront franchis dans un an ou deux.

france,dette,failliteUne dette élevée n'est pas forcément un problème fatal si elle est aussi stable ; le gouvernement a alors une petite marge de manœuvre pour tenter de dégager un bénéfice primaire et essayer de réduire cette dette, fut-ce lentement.

Ce n'est pas le cas de la France. Celle-ci emprunte déjà aujourd'hui pour payer les intérêts. La dette française se creuse donc sous son propre poids.

La situation correspond donc à une accélération du processus - ce n'est pas pour rien que l'on parle de la "spirale" de l'endettement. Et bien sûr, depuis des décennies, aucune volonté politique n'est jamais venue pour tenter de tenir le budget de l'Etat. Il est tellement plus facile d'être populaire en achetant des électeurs avec de l'argent qu'on n'a pas!

La dette publique française se situait à 12% du PIB en 1974. En 1981, à la veille du passage "de l'ombre à la lumière" avec l'élection de François Mitterrand, elle était à 20%. En 1994, celle-ci atteignait 50%. La progression se fit à un rythme plus lent pendant quelques années grâce à un cycle mondial plus dynamique ; mais le mouvement ne s'arrêta pas et la dette dépassa les 60% du PIB, la fameuse limite du critère de Maastricht, en 2002. Douze ans plus tard nous en sommes désormais à 95%.

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Une autre façon de réaliser la progression de cette dette est à travers son montant, aujourd'hui 2000 milliards d'euros. Sachant que la Ve République française a été fondée en 1958, quand la France en était-elle endettée à hauteur de 1000 milliards d'euros (ou équivalents)? Quelque part à mi-chemin entre 1958 et 2014, pensez-vous peut-être? Vous n'y êtes pas. Le cap des 1000 milliards d'euros fut franchi en 2004.

La dette publique française a doublé en seulement dix ans.

Poursuivons notre réflexion. Quel sera le niveau de la dette dans dix ans? Trois mille milliards, selon une évolution linéaire? Quatre mille milliards, selon une progression géométrique? Bien malin qui peut le dire. Mais selon moi ces estimations sont de toute façon fausses, car les montants n'obéiront pas à de simples règles mathématiques. Il est plus que probable qu'il se passe quelque chose durant les prochaines années - et tout porte à croire que ce ne sera pas joli-joli.

Ne vous laissez pas leurrer par le calme apparent de la surface ou les taux d'intérêt rassurants (et manipulés) auxquels la France parvient à emprunter sur les marchés financiers. La dynamique du système est instable. Tout pourrait basculer très vite à n'importe quel moment - encore plus aujourd'hui, alors que l'endettement français repose essentiellement sur la confiance.

Depuis des décennies les libéraux tentent d'alerter l'opinion sur les dangers de la dette publique, dans l'indifférence générale et les ricanements de mépris d'une classe politique accro au Keynésianisme. Les dénégations et les sautes d'humeur n'empêcheront pas la vague de la dette de tout emporter sur son passage.

Je fais partie des déçus de François Hollande mais pour des raisons probablement différentes du plus grand nombre. "L'expérience empirique montre que lorsque la rigueur survient, un président et un gouvernement de gauche sont plus à même de faire passer la pilule des réformes auprès de leurs administrés", écrivais-je à la veille du premier tour de l'élection présidentielle de 2012, plein d'espoir naïf. J'imaginais que François Hollande aurait peut-être, au pied du mur, la stature d'un véritable homme d'état capable de faire les douloureuses réformes que d'autres se contentent formuler timidement, et uniquement lorsqu'ils sont dans l'opposition.

Mais depuis nous avons vu de quoi était capable François Hollande: de rien. L'énergie de l'homme est entièrement tournée vers la communication, la gestion de crise et le placement de ses pions pour donner le change et espérer conserver le pouvoir en 2017.

Ce qui doit donc arriver arrivera.

14 septembre 2014

Et encore merci pour ce moment

Le livre de Valérie Trierweiler Merci pour ce moment déchaîne les passions, non seulement au sein de la classe politique mais aussi dans la population. Plus d'un Français sur deux (52%) réprouve le choix de l'ex-compagne du Président de la République d'avoir écrit un ouvrage sur leur relation. Pourtant, il est en rupture de stock à peu près partout et en cours de réimpression...

france,françois hollande,valérie trierweilerTant de critiques ont été écrites, tant d'extraits ont été divulgués dans la presse qu'il serait vain de vouloir encore surprendre avec le contenu du livre. Celui-ci a pourtant quelque chose de particulier qui le place à l'écart de tout autre ouvrage politique: une authenticité inégalée, et probablement inégalable.

Valérie Trierweiler n'a rien d'une oie blanche. Journaliste, elle sait écrire. Quarante-neuf ans, mère de  trois enfants, divorcée, elle aura été compagne du président longtemps avant qu'il ne fasse acte de candidature pour l'élection présidentielle. Les Français la jugent sévèrement, et il y a certainement des raisons de la critiquer (comme d'avoir été en couple avec M. Hollande avant de divorcer par exemple) mais la candeur n'en fait certainement pas partie. Mme Trierweiler montre également par son ouvrage qu'elle n'a jamais cherché ni le pouvoir ni le prestige et qu'elle les abandonne sans regrets.

La plupart des œuvres produites en littérature politique sont le fait de journalistes engagés, d'historiens, de polémistes, plus rarement de philosophes ou d'économistes, jamais celles de proches. Ceux-ci ont pourtant partagé l'intimité de celui ou celles dont ils parlent, côtoyé leur vie pendant l'accession au pouvoir, été témoin de leur comportement privé dans les moments les plus secrets, loin des caméras et des projecteurs - les moments particuliers où la sincérité s'exprime enfin. De ce point de vue, Merci pour ce moment est la plus réaliste photographie qui soit du mandat de François Hollande à la Présidence de la République.

Bien sûr, François Hollande n'en sort pas grandi. Le qualificatif de "sans-dents" à l'égard des pauvres peut passer pour un trait d'esprit maladroit (et guère drôle) mais devient glaçant lorsqu'il se moque de l'humble famille de sa compagne. Tout le monde n'a pas la chance d'être né avec une cuillère en argent dans la bouche, vous dira-t-on ; mais cela fait tache pour le chef de file d'un mouvement soit-disant préoccupé par le bien-être des plus faibles.

En réalité, tout cela n'est que prétexte. Comme la plupart des politiciens professionnels, François Hollande n'a d'autre but que la conquête du pouvoir, pour y goûter et s'y maintenir. Il ne cherche rien d'autre. Tout le reste n'est que moyen ou, à la rigueur, divertissement. L'ambition et un cynisme sans bornes sont les principaux traits qui transparaissent de l'ouvrage de Mme Trierweiler.

Malheureusement, les motivations, le comportement et les manières de M. Hollande n'ont rien d'exceptionnels. Qu'on se souvienne des compte-rendus de réunions du quinquennat précédent dérobés chez Patrick Buisson, conseiller du président Sarkozy, et dévoilés dans la presse! MM. Hollande et Sarkozy n'ont pas le même parcours mais appartiennent visiblement à la même espère - ainsi sans doute que leurs prédécesseurs, dont la réputation a seulement été mieux préservée par une mise au secret plus efficace de leur vie privée.

Il n'aurait peut-être pas souhaité être jugé ainsi mais il faut le reconnaître, François Hollande est effectivement un président normal, c'est-à-dire une crapule à la limite de la psychopathie, un être manipulateur, mythomane, imbu de sa personne, dévoré de cynisme, mais étrangement vulnérable de par son décalage constant avec la réalité.

Sauf peut-être pour une minuscule coterie d'irréductibles un peu naïfs, il est loin le temps où l'on pouvait croire en une quelconque supériorité des élites. Comme le rappelle un célèbre blogueur à propos de l'affaire Thévenoud:

[De] Hollande à Valls, dans les rangs de l’UMP autant que dans ceux du PS et, de façon générale de toutes les autres formations politiques, ces gens ont été choisis pour leur capacité inouïe à bobarder, à contourner la vérité, à utiliser le déni comme bouclier psychologique indéboulonnable. Ils sont arrivés là où ils sont non parce qu’ils ont démontré leur capacité à gérer un pays, mais bien pour avoir été plus féroces, plus méchants, plus industrieux en coulisse, plus machiavéliques, plus fourbes et retors que leurs adversaires. Ils sont là parce qu’ils ont survécu, ce qui fait d’eux non des héros, mais les pires magouilleurs, les pires comploteurs, les traîtres les plus veules. Ceux que nous voyons émerger actuellement sont le résultat d’une sélection cancéreuse et perverse qui aura permis de filtrer et ne conserver que ceux qui sont, justement, prêts à tout pour arriver à leur place, des raclures qui n’hésiteront pas à griller un homme et sa famille pour aboutir à leurs fins.


Voilà ce à quoi mène une classe politique professionnelle, alimentée par de jeunes loups qui usent les sièges des assemblées sans avoir travaillé dans la société civile une seule journée de leur vie.

Mais il reste un petit mystère. Pourquoi François Hollande s'est-il si peu défendu? Pourquoi n'a-t-il pas cherché à interdire le livre en référé? Pourquoi n'attaque-t-il pas son ex-compagne pour diffamation ou autre?

On pourrait penser que le Président n'est plus à ça près avec une cote de popularité reflétant l'exacte crédibilité de sa ligne politique ; mais ce serait mal connaître le loup derrière l'homme. Cela ne colle pas avec un individu sans tabou ni manières et prêt à toutes les compromissions pour conserver le pouvoir. Nous avons la réponse en une petite réplique lâchée par inadvertance par un de ses conseillers:

"Elle a encore tous leurs SMS, elle est inarrêtable."


Auriez-vous cru qu'on pouvait contenir un homme politique, a fortiori un président français, avec des notions comme le respect du droit, la séparation des pouvoirs et que sais-je encore? Non. On le tient sous contrôle avec des SMS compromettants.

Sur la situation de l'individu face au pouvoir en France, cette simple phrase en dit plus long que tout le reste.

28 août 2014

La France découvre la Macron-Économie

Le gouvernement Valls II est connu depuis quelques jours à peine mais un seul ministre attire sur lui toutes les attentions: Emmanuel Macron, remplaçant de l'inénarrable ministre du "redressement productif" Arnaud Montebourg.

Avec ce nouveau ministre, la France gagne inévitablement de la crédibilité par rapport à son prédécesseur. Voilà au moins quelqu'un qui connaît le monde de l'économie privée et qui semble plus adepte du travail en coulisses que de la vaine gesticulation.

emmanuel macron,france,socialisme,libéralismeIl n'en faut pas beaucoup (il n'en faut jamais beaucoup) pour que la gauche de la gauche se dresse sur ses ergots, syndicats compris: Macron est un affreux néo-turbo-ultra-libéral, un vendu au Grand Capital. Hollande assume un virage historique, s'ouvre au centre, renie ses racines et son engagement. Ce n'est plus une réforme gouvernementale mais une trahison des valeurs. Oublié, le président qui "n'aimait pas les riches"...

Il y a évidemment de l'amertume dans ce constat, et aussi de l'exagération. Énarque, M. Macron a aussi travaillé comme haut fonctionnaire, à la banque d'affaires Rotschild, puis dans le cadre du rachat par Nestlé d'une filiale de Pfizer où sa commission fera de lui un millionnaire. Approché par l'UMP, il préfère miser sur Hollande, et devient à partir de mai 2012 secrétaire général adjoint de la présidence de la République. On est donc plus dans le parcours du grand serviteur de l’État en relation courtoise avec les grandes sociétés et les groupes financiers que dans l'entrepreneur à succès parti de rien, le self-made-man créant de la valeur par ses idées novatrices et un travail acharné.

M. Macron n'est pas une figure réellement nouvelle au sein du monde politique, sauf pour le grand public. Bien qu'issu du sérail, il n'empêche que ses opinions - que d'aucuns qualifieraient de réalistes - tranchent avec un parti socialiste français arc-bouté sur son idéologie historique. Il est en effet en faveur du rétablissement de l'équilibre des finances publiques et du libre jeu du marché:

"On ne peut plus présenter la gauche comme l’extension infinie des droits. (...)
La gauche moderne est celle qui donne la possibilité aux individus de faire face, même aux coups durs. Elle ne peut plus raisonner en termes de statuts. La société statutaire où tout sera prévu va inexorablement disparaître."


Que de socialistes (y compris en Suisse!) s'étrangleraient devant pareil discours! Mais François Hollande a-t-il seulement le choix?

L'avènement d'Emmanuel Macron n'est pas un accident et s'inscrit dans un réel changement d'orientation du gouvernement français dont la teneur est livrée par Manuel Valls lui-même:

"Cessons d'opposer systématiquement État et entreprises, d'opposer chefs d'entreprise et salariés, organisations patronales et syndicats (...) Notre pays crève de ces postures". Pour Manuel Valls, "la France a besoin de toutes ces entreprises, PME, start-up, grands groupes. Ce sont les entreprises qui génèrent des richesses qui doivent profiter à tous. J'aime l'entreprise", a-t-il ajouté devant un public conquis. "L'esprit d'entreprendre est plus que jamais nécessaire pour faire avancer le pays. Le retour à la croissance passera d'abord par le soutien aux entreprises", embraye le premier ministre, assurant qu'il est "absurde de parler de cadeaux faits aux patrons. Une mesure favorable aux entreprises est favorable au pays tout entier. (...) Le retour à la croissance passera d'abord par le soutien aux entreprises".


Ce n'est pas tous les jours qu'un premier ministre, socialiste de surcroît, se fait applaudir debout par le public d'une université d'été du MEDEF.

Pour des syndicalistes qui ont passé leur vie dans une guérilla permanente contre le "patronat", la pilule est difficile à avaler. Reste à savoir si le discours se traduira en mesures, et à quel rythme.

Le premier test est tombé: les 35 heures. La réforme-phare de Martine Aubry peut-elle être allégée, assouplie, aménagée pour cesser d'étrangler les entreprises françaises? Emmanuel Macron pense que oui, mais Harlem Désir le président du PS pense que non. Déjà les premiers obstacles, le premier bras de fer. Gageons que ce ne sera pas le dernier.

Deux ans de perdus! pourrait-on dire. Ou soixante-dix. Mais quand même un participant de l'université d'été du MEDEF concède que Manuel Valls "fait mieux que la droite", on a un aperçu du chemin parcouru par la gauche au pouvoir - et de la nullité totale de la droite qui l'a précédée.

Nous n'en sommes qu'aux discussions mais la France n'en a plus les moyens: la situation est à l'urgence.

  • Les réformes à peine discutées par l'équipe de Valls II se traduiront-elles en projets de loi?
  • S'attaqueront-elles enfin au poids de la fonction publique?
  • Seront-elles acceptées par la majorité socialiste de l'assemblée?
  • Avec quelle vigueur seront-elles combattues par la gauche dans la rue?
  • Suffiront-elles à renouer avec la croissance?

Il n'est pas improbable que Valls II s'effondre sous l'implosion de la gauche, ou simplement que les changements soient trop lents et superficiels pour sauver le navire. La conclusion s'impose comme une nouvelle, terrible question: la France a-t-elle encore le temps de ses réformes?