28 avril 2016

Budapest, Vienne et Berne

Quelques jours après la victoire du FPÖ au premier tour des élections présidentielles autrichiennes, le changement de paradigme a bien eu lieu, s'inscrivant en lettres de feu dans la conscience des politiciens de Vienne. La politique migratoire devient le facteur décisionnel majeur de l'opinion, tous les autres aspects de la vie publique étant relégués à des rôles secondaires.

Les médias dénoncent désormais de "l'Orbanisation" de l'Autriche, selon l'adjectif façonné pour décrire la façon dont le dirigeant hongrois Viktor Orbán a décidé de faire face au flux migratoire, fermant la frontière hongroise avec des barbelés et mettant en place en urgence tout un train de mesures législatives pour criminaliser les franchissements intempestifs.

En Suisse tout particulièrement, de nombreux esprits brillants expliquent régulièrement sur les plateaux de télévision et dans les colonnes des journaux l'absurdité d'une politique de fermeture des frontières, trop chère, difficile, impraticable, et finalement impossible. Ils ont juste un petit problème avec ce graphique:

migrants_hongrie.gif

L'odieux Viktor Orbán a vraiment de quoi se faire détester. Non seulement son approche du problème est contraire à tous les principes de réalisme dont se gargarise le lobby pro-migratoire mais en plus, elle fonctionne. Quel abominable individu!

Si pareille information se diffuse fatalement mal dans nombre de pays européens où la caste dirigeante garde encore sa mainmise sur l'opinion publique, tel n'est plus le cas là où l'assaut migratoire est une réalité indiscutable, dont l'Autriche. La réussite hongroise a tardivement convaincu les politiciens d'agir dans le sens souhaité par la population.

Il serait cynique d'y voir une tardive réaction au score du FPÖ le week-end dernier, bien entendu. Pareil train de mesure se prend typiquement entre les deux tours d'un scrutin présidentiel...

Quoi qu'il en soit, l'impulsion est finalement arrivée. Les autorités autrichiennes prennent le taureau par les cornes. Les journalistes pro-immigration se lamentent:

Le mercredi 27 avril restera un jour noir pour les défenseurs des droits humains d’un pays, l’Autriche, qui fut longtemps synonyme de terre d’asile (...) les réfugiés syriens, afghans ou irakiens auront un permis de séjour limité dans le temps. Au bout de trois ans, la situation dans leur pays d’origine sera examinée. Si la guerre y est finie, ils devront rentrer chez eux. (...)

Anticipant une possible arrivée massive, cet été, de réfugiés en provenance d’Italie, Vienne veut pouvoir mettre en place un régime d’exception, valable deux ans, afin de refouler les migrants à ses frontières, si son administration se juge dépassée. Les réfugiés, même de nationalité syrienne ou irakienne, devront alors prouver qu’ils sont persécutés dans le pays par lequel ils sont arrivés en Autriche.

 

Apparemment, formaliser l'asile comme quelque chose de temporaire fait de vous la lie de l'humanité. De même que de chercher à préserver l'équilibre intérieur du pays d'accueil. De même que de poser une simple question de bon sens: "venez-vous seulement d'un pays où vous êtes persécuté?"

Pas le pays où vous êtes , pas le pays de vos ancêtre ou celui où vous viviez il y a trois, cinq ou dix ans, pas un pays où vous vous sentiriez malheureux, mais le pays d'où vous venez maintenant, un pays où vous seriez persécuté, alors que vous frappez à la porte de l'Autriche?

La question s'inscrit dans une conformité totale avec les Accords de Dublin, sur le fond comme sur la forme. Mais tout le monde semble avoir oublié les Accords de Dublin, en particulier ses plus fervents apôtres, ceux qui invoquent le Droit International à tout bout de champ. La fièvre anti-frontière fait perdre tout sens commun.

Au bout du compte, Budapest trouve une solution. Vienne, après l'avoir beaucoup critiquée, lui emboîte le pas. Et à Berne?

A Berne, rien du tout. Rien n'est plus frappant que le contraste entre le réalisme désormais affiché des capitales d'Autriche et de Hongrie et le cirque perpétuel du Palais Fédéral helvétique. A Berne, Mme Simonetta Sommaruga supporte tellement peu la critique qu'elle la fuit lorsque M. Roger Köppel rappelle ses contradictions, en parlant de l'extension de la libre-circulation des personnes à la Croatie:

« Je m’étonne de voir avec quelle manière frivole, avec quelle légèreté, vous, Madame Sommaruga, vous vous asseyez sur des dispositions constitutionnelles que jusqu'à il y a peu vous défendiez avec véhémence. »


Et M. Köppel n'est pas seul, j'avais moi-même formulé un constat identique.

Les journalistes locaux font bien sûr leur travail "d'information" sur l'accrochage. Ils tentent de rameuter l'opinion pour soutenir la gentille conseillère fédérale contre l'odieux tribun zurichois. La sauce ne prend pas. Lui n'a rien à se reprocher et les internautes s'interrogent: "Je ne vois pas ce qu'il y a de virulent dans les propos de Roger Köppel." Sur 20 minutes, on prend carrément fait et cause pour le conseiller national UDC.

Les médias, surtout, déploient des trésors d'ingéniosité pour ne pas évoquer le fond. Accordons-leur au moins que la situation est effectivement différente: Viktor Orbán doit rendre des comptes à son peuple ; les politiciens autrichiens manœuvrent dans la peur dans l'attente d'un second tour électoral difficile en mai ; en Suisse, en revanche, Mme Sommaruga n'a de comptes à rendre à personne. Soutenue par la majorité des parlementaires, elle peut ignorer royalement tant l'opinion publique que la crise des migrants et tout ce qui s'ensuit. Pareilles choses valent bien peu face à un crime de lèse-majesté.

Quelle ironie! La Suisse se veut une démocratie directe mais la démocratie n'y est nulle part plus méprisée par sa classe politique. Il y a pourtant urgence: le flot des migrants ne faiblit pas et se rapproche toujours plus de la Suisse. S'il faut arriver en Allemagne et que l'Autriche se referme, par où passeront les hordes qui s'échouent en Italie? Si Budapest et Vienne ferment les portes et que Berne dilapide un temps précieux en crises d'ego, que va-t-il se passer?

Je vous laisse deviner.

02 avril 2016

L'impasse immobilière

"L'achat d'une maison est devenu un rêve inaccessible" explique Le Matin du 30 mars, chiffres à l'appui ; inaccessible pour le commun des mortels, cela va sans dire. Reprenant une étude publiée par le quotidien 20 minutes alémanique sur la base d'une analyse de 800'000 annonces du portail immobilier Homegate, il ressort que la classe moyenne n'est plus en mesure d'acquérir un logement dans la plus grande partie de la Suisse.

Qu'on en juge: un couple avec enfant et des revenus annuels de 90'000 francs cherchant un objet raisonnable - une maison individuelle de 4,5 pièces - n'en trouvera pas dans 88% des communes du pays, dont l'ensemble des cantons de Genève et de Zurich. En augmentant les revenus à 100'000 francs annuels, 65% des communes du pays restent hors d'atteinte. Il faut disposer de 200'000 francs annuels pour espérer acquérir l'objet convoité à peu près n'importe où en Suisse, et encore, certaines communes restent tout de même inaccessibles, dont la ville de Zurich. Mais, à ce stade, peut-on encore parler de classe moyenne?

Une tendance lourde

Partant d'une base 100 en 2003, la courbe des prix montre clairement une hausse, mais ce n'est pas la seule. Les loyers prennent eux aussi l'ascenseur. Les résidents payent une proportion de plus en plus grande de leurs revenus pour simplement se loger, car les salaires ne suivent pas.

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Placer l'origine de la courbe en 2003 n'est pas anodin: c'est en effet en 2002 que l'accord sur la libre circulation des personnes est entré en vigueur. Il fallait donc attendre un an pour ressentir ses premiers effets sur le marché de l'immobilier, ininterrompus depuis.

En quatorze ans les prix sont montés de 36% - d'abord les prix des locations, puis les prix d'acquisition avec un léger retard. Fait accablant, les deux courbes ont été systématiquement supérieures à la hausse des salaires. "La libre-circulation des personnes a beaucoup amené à la Suisse" diraient ses adeptes ; c'est-à-dire, aussi, une énorme pression démographique qui a poussé l'ensemble des prix immobiliers à la hausse. Ce que la Suisse et les Suisses pensèrent gagner en croissance, ils le perdirent en loyers et en hypothèques.

Le défi est moins d'acheter la maison de ses rêves que de tout simplement parvenir à se loger, une épreuve que les familles de l'arc lémanique connaissent bien.

La Geste politique

Les indices d'inflation reposent sur des moyennes historiques et mettent l'accent sur les biens de consommation, ce qui permet aux autorités de minimiser l'impact du logement, signe essentiel de la dégradation économique de la vie en Suisse. Or, non seulement le logement est le premier poste de dépense d'une famille helvétique, mais il l'est de façon écrasante. Même les primes d'assurance-maladie sont loin derrière. Le déplaisir de découvrir la hausse annuelle des primes d'assurance-santé obligatoire s'efface devant la terrifiante perspective d'être obligé de déménager.

Le niveau des prix s'explique fort simplement par le mécanisme de l'offre et de la demande. Les constructions restent très lourdement réglementées. Les zones à bâtir vont et viennent au bon plaisir des politiciens. Si les immeubles semblent désormais pousser comme des champignons, les nouvelles constructions ne parviennent pas à rattraper des années de pénurie. Du reste, les Suisses voudraient-ils d'une vaste banlieue s'étalant de Genève à Zurich?

immobilier,immigrationLa question se pose puisque la demande, elle, ne s'est jamais tarie. L'utilisation du capital de retraite des salariés pour nantir les fonds propres d'une acquisition immobilière a été rendue plus difficile, mais la mesure s'apparente à une simple vexation. Cela ne change strictement rien pour tous ceux qui cherchent désespérément une simple location, et la racine du problème, le flot de nouveaux arrivants, ne faiblit pas.

Alors que la classe politique est déjà responsable de la situation, la tentation est grande pour des politiciens de s'emparer du dossier et prétendre faire quelque chose. Des aigrefins pourraient ainsi s'inspirer de la législation française dans ce qu'elle a de pire et introduire toute une gamme de mesures aussi démagogiques qu'inefficaces, s'attaquant aux effets et non aux causes.

On verrait - et on verra donc probablement - fleurir des lois pour le contrôle des loyers, la création de nouveaux appartements subventionnés, l'interdiction des expulsions, la gestion de diverses "priorités" au logement, et toute une ribambelle de régimes de faveur donnant autant de prétexte à une nouvelle corruption et de nouveaux passe-droits.

Le futur des prix immobiliers

Selon Claudio Saputelli, expert immobilier chez UBS, on relève des "essoufflements" et des régions comme Zurich ou Genève pourraient bien accuser des corrections allant jusqu'à 20%. Il faut espérer qu'il se trompe: l'effet serait catastrophique.

Les nombreuses personnes à la recherche d'un logement abordable aimeraient sans doute une baisse, c'est bien compréhensible. Mais une diminution franche des prix immobiliers ferait perdre leurs fonds propres à des milliers de familles. Elles y perdraient leurs avoirs de retraite. D'autres s'exposeraient à une vente forcée. Les banques seraient obligées de déprécier leur bilan en recalculant la valeur réelle de leurs prêts immobiliers. Tout un pan de l'économie menacerait de s'effondrer, dont les fonds de pension gérant les retraites par capitalisation des salariés.

De proche en proche, la crise immobilière toucherait toute l'économie, y compris ceux qui pensent qu'une baisse des prix ferait leurs affaires. Une baisse réelle des prix de l'immobilier en Suisse aurait des conséquences que ceux qui ont connu la décennie post-bulle des années 90 ne sont pas pressés de revoir.

A moins d'une hausse des taux, on peut plutôt tabler sur une stabilisation des prix, puisque le grand public voit ses limites financières désormais atteintes. Genève et Zurich donnent un aperçu du maximum tolérable des prix immobiliers. Les zones où ces tarifs se pratiquent vont peu à peu s'étendre - comme elles le font déjà à Nyon et d'autres villes de Suisse bien connectées à ces centres urbains.

Pour les nombreuses personnes qui n'arrivent pas à se loger, ce n'est évidemment pas une bonne nouvelle. A l'instar d'autres pays d'Europe, la Suisse voit donc fleurir toute une ribambelle de logements alternatifs: micro-maisons, camping, colocation, retour chez les parents, squats.

Sur ce dossier comme bien d'autres, l'idéologie de gauche domine au sein des élites jusque dans ses incohérences. La construction est mal vue, les promoteurs immobiliers méprisés, les Suisses attachés à leurs campagnes ; et dans le même temps, les vannes de l'immigration restent grandes ouvertes et la population du pays s'accroît de plus de 70'000 habitants par an.

Répétons-le, une baisse franche de l'immobilier jetterait le pays dans une crise financière ; la fuite en avant dans la hausse n'est pas plus tenable. Le seul salut est dans la stabilisation des prix à long terme, qui permettrait aux habitants du pays de revenir lentement dans la partie avec la hausse progressive des salaires. Mais tant que le solde migratoire dépasse le rythme des nouvelles constructions, il ne faut pas y compter.

Entre de jolis paysages, une Suisse sans frontières et des logements abordables, les citoyens doivent décider: deux de ces choix excluent le troisième.

15 mars 2016

Allemagne, un parfum de changement

L'étrange explosion d'un véhicule à Berlin ce mardi aura eu lieu trop tard pour justifier un changement soudain de l'opinion publique. Les citoyens allemands ont voté ce dimanche dans trois régions et pour Angela Merkel - "Mutti" comme la surnommaient les Allemands à une époque insouciante - le temps du retour à la réalité est venu.

Le  week-end aurait dû être l'occasion d'échéances électorales tout à fait habituelles, trois Länder allemands renouvelant leurs autorités. Mais après une campagne fut dominée par les inquiétudes des Allemands autour de l'afflux de réfugiés, les choses ne se passèrent pas exactement comme prévu.

angela merkel,immigration,allemagne,élections,alternative pour l'allemagne,frauke petryEn Bade-Wurtemberg (ouest), un fief historique de la CDU de Mme Merkel, les conservateurs furent devancés par les Verts. Comme ces derniers sont encore plus pro-immigration que la Chancelière, il est évident que ce score s'explique avant tout parce que les électeurs traditionnels de la CDU ont choisi de rester chez eux. Il s'agit donc plus d'une démobilisation que d'un réel changement d'opinion.

En Rhénanie-Palatinat (ouest), Land de l'ex-chancelier Helmut Kohl, le scénario fut pratiquement identique: la CDU se vit battre par les sociaux-démocrates selon la même logique.

Pour voir du nouveau, il faut s'attarder sur le Saxe-Anhalt (est) où le jeune parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) se plaça deuxième (24%) en talonnant la CDU (29%) - permettant bien commodément aux médias d'annoncer une "victoire" de la CDU dans la région, histoire de ménager la casse auprès de l'opinion publique.

L'Alternative pour l'Allemagne a donc créé la surprise, et a d'ailleurs réussi à rentrer au Parlement dans chacun des trois Länder concernés par le scrutin de dimanche. L'AfD est désormais présent dans la moitié d'entre eux.

Les médias et les élites allemandes sont quelque peu déconcertées par la percée de ce parti vieux d'à peine trois ans. Ils n'ont rien su faire d'autre que de déballer les mots-clef habituels de leur boîte à outils - "populisme", "racisme", "droite dure", "extrémisme" - et dénigrent bien entendu l'ampleur du changement à l'œuvre. Il est pourtant bien là: autour de 40 % de personnes qui ne s’intéressent habituellement pas à la politique sont allées voter pour l’AfD. Alors qu'il paraît de plus en plus évident que l'insouciance politique ne mène qu'à la catastrophe, l'attrait renouvelé des Allemands pour leur système démocratique profitera certainement aux tenants d'une ligne politique différente.

angela merkel,immigration,allemagne,élections,alternative pour l'allemagne,frauke petryFrauke Petry, dirigeante du parti, a beau être une femme (zut, il faudra remettre le sexisme sur son étagère...) mère de quatre enfants et clamer que "l'AfD n'est pas un parti raciste et ne le sera jamais", il n'y a personne pour en rendre compte. La politicienne a décliné poliment mais fermement une alliance avec le mouvement Pegida: peu importe, pour nos journalistes de garde, ce n'est qu'une façon d'abuser le chaland. Dans un procès de l'inquisition médiatique, tout comportement contraire à l'acte d'accusation ne montre rien d'autre qu'un esprit retors prêt à toutes les manipulations pour échapper à sa juste condamnation.

L'explication du nouveau succès de l'AfD s'explique pourtant fort simplement, par la bouche même de sa présidente:

"Nous aimons notre pays, nous voulons que notre culture soit protégée. On respecte les autres cultures mais nous ne voulons pas qu'elles nous dominent."


Et c'est en français qu'elle répond aux journalistes de France2:

"Je ne crois pas que l'islam [soit] compatible avec la culture allemande. L'islam traditionnel est très différent de la culture européenne."


Vraiment un retour aux heures des plus sombres de notre Histoire. En guise d'appel à la violence Mme Petry lance ce furieux assaut sur les faux réfugiés qui affluent en Allemagne:

"Si la frontière est franchie illégalement, si celui qui commet cette infraction ne se soumet pas aux sommations, on peut, selon la loi et en dernier recours, faire usage d'armes à feu."


Évoquer la loi, des sommations, un geste de dernier recours! On est glacé par cette démonstration d'extrémisme.

Conçu à la base comme un mouvement politique opposé à la monnaie unique et à l'uniformisation européenne voulues par Bruxelles et Berlin, l'AfD s'est désormais emparé du dossier de la crise des migrants, menace plus pressante révélée depuis. Les cyniques taxeront pareille attitude d'opportunisme, mais il s'agit avant tout d'offre politique. Quel sens y a-t-il à voter si tous les partis, tous les candidats proposent peu ou prou la même chose?

Sur cet aspect comme bien d'autres, l'Alternative pour l'Allemagne porte bien son nom et montre que la contestation s'empare même de bastion pro-européens et pro-migrants théoriquement imprenables. Il y a d'autres chemins que ceux de l'invasion applaudie et célébrée par les élites, et qui vire peu à peu au désastre.

Et pendant que la Chancelière Angela Merkel, affirmant à qui veut l'entendre qu'il n'y a pas de plan B, marchande avec la Turquie un impossible accord de réadmission avec les milliards des contribuables, les rues allemandes s'emplissent de manifestants appelant à sa démission.

Le plan B pourrait bien être un changement de Chancelière.

30 janvier 2016

Temps Présent, chronique d'un dénigrement ordinaire

Sous le titre "Y a-t-il un Suisse pour lancer sa boîte?" le magazine télévisé Temps Présent lança jeudi 28 janvier un sujet bien polémique sur la relation entre les Suisses et les étrangers établis en Suisse, attaquant selon l'angle de la création d'entreprises:

Les immigrés en Suisse sont deux fois plus entreprenants que les Suisses de souche. C’est le constat surprenant fait par une étude de référence. On sait que la Suisse est l’un des pays d’Europe où le taux de chômage est le plus bas. On sait aussi que les créations d’entreprises, et le tissu de PME qui en résulte, explique en bonne partie cette belle santé du marché de l’emploi.


On sait ceci. On sait cela. De ces affirmations sur lesquelles j'aurai l'occasion de revenir, la présentation se permet ensuite de livrer son verdict avec la subtilité du rouleau-compresseur:


C’est un fait : les immigrés sont plus audacieux, plus créatifs, et plus prompts à passer à l’acte que les Suisses.


Dont acte. La supériorité est gravée dans le marbre. Les Suisses, tellement inférieurs aux immigrés! Le tout étant présenté comme un fait absolument indiscutable. Voudrait-on encore nous faire avaler les innombrables avantages de l'arrivée d'étrangers de toute sorte, des faux requérants d'asile aux criminels? À quelques semaines des votations du 28 février, difficile de penser autrement. Mais l'entame du reportage donne l'explication: il s'agit seulement d'une campagne de propagande à posteriori visant à culpabiliser le bon peuple contre l'Initiative contre l'Immigration de Masse qu'il a eu le malheur d'approuver.

"Il y a près de deux ans, le 9 février 2014, le peuple suisse votait contre l'immigration de masse, avec l'espoir notamment de protéger ses emplois contre la concurrence étrangère. Il ne devait pas avoir toute l'histoire en tête."


Qu'il est benêt ce peuple! Mais réjouissez-vous, la leçon de morale est payée avec votre redevance...

Le prochain Steve Jobs sera migrant syrien ou ne sera pas

Le reportage entier fait reposer son postulat sur une étude du Global Entrepreneurship Monitor de 2012, partiellement réalisée par sondage et présentée comme une étude de référence, pour lui faire résumer la chose ainsi:

Sur cent Suisses, il y a exactement cinq créateurs d’entreprise. Alors que sur cent immigrés de première génération, il y en a 9,1 : presque le double. Pour cent immigrés de deuxième génération, il y en a huit. Autrement dit, plus on est Suisse, moins on est entreprenant.


Même en cherchant dans la base de statistiques du site, impossible de trouver des données pour des immigrés de première ou deuxième génération. Mais acceptons l'idée: les immigrés créent plus d'entreprises en Suisse que les Suisses eux-mêmes. Est-ce vraiment parce que, comme l'affirment les journalistes de Temps Présent dans un raccourci volontairement insultant, "plus on est Suisse, moins on est entreprenant"?

L'étude comparative de la population suisse avec celle des pays voisins ne montre pas vraiment cela. En prenant une statistique vraiment significative comme le pourcentage de personnes de 18-64 ans vivant de leurs entreprises depuis 3 mois mais moins de 3 ans et demi (indicateur "KN.A7"), soit les gérants de jeunes pousses, on voit que la Suisse s'en sort plutôt bien:

jeunes_entreprises_KN.A7.png

Taux de propriétaires de jeunes entreprises en % de la population

Mais en y réfléchissant, le graphique introduit un problème curieux: les pays frontaliers de la Suisse, fournisseurs des plus gros contingents d'immigrés présents dans le pays, montrent moins de jeunes entrepreneurs qu'en Suisse. Non seulement c'est contraire à l'affirmation réductrice de Temps Présent, mais cela nous amène à un paradoxe apparent: comment des gens issus de populations plutôt moins tournées vers la création d'entreprise deviendraient subitement des entrepreneurs féconds une fois arrivés ici?

Se pourrait-il que la Suisse suscite la vocation des nouveaux venus? Ou que les immigrés aient une nature différente de leur population d'origine? Et si la vérité tenait un peu des deux?

La Suisse, favorable aux entrepreneurs de toutes origines...

La Suisse constitue depuis des siècles un terreau favorable aux entrepreneurs. La tradition helvétique du droit de propriété et sa démocratie directe contrecarrent les volontés de spoliation les plus excessives de la frange jalouse de sa classe politique. Malgré des dérives récentes, elle se situe encore dans les premières places des classements internationaux de liberté économique. Elle reste l'un des pays les plus industrialisés du monde.

Ce terreau favorable suscite depuis longtemps les vocations. Sachant qu'ils pourront compter sur une main-d’œuvre de qualité et un cadre législatif raisonnable, de nombreux immigrés fondent leur entreprise dans le pays, générant dans leur sillage la prospérité pour tous. De Nicolas Hayek, fondateur de Swatch Group, à Stefan Kudelski, fondateur de Nagra Kudelski Group, bien des grands noms d'origine étrangère méritent tous les lauriers. Le reportage de Temps Présent fait d'ailleurs la part belle à ces entrepreneurs étrangers en donnant la parole à quelques-uns de ces précieux individus.

Reste que le cadre suisse n'explique pas la différence de comportement entre les autochtones et les immigrés. Selon moi, la raison se trouve ailleurs: de part leur nature, les immigrés sont des individus un peu plus entreprenants que la moyenne et transmettent dans une certaine mesure ce trait de caractère à leurs enfants. Pas dans des proportions incroyables, mais suffisantes pour être statistiquement significatives. Un individu capable de prendre la décision de quitter son pays aura probablement une attitude plus volontariste envers la vie en général, ce qui peut l'amener plus souvent qu'un individu lambda à tenter sa chance en fondant sa société.

Là encore l'affirmation doit être tempérée par un sérieux bémol, car mettre tous les étrangers dans le même panier est une grossière simplification. Les explications précédentes ne valent sans doute que pour des individus déjà capables de travailler dans un pays donné, par exemple. Si vous êtes illettré, débutant dans la langue locale, ou d'une culture radicalement différente du cru, vous aurez peu de chances d'être couronné de succès dans votre entreprise - à supposer que vous parveniez à engager les démarches administratives pour la fonder. Les statistiques de création d'entreprise par la "manne" des migrants de Syrie ou d'Irak ces prochaines années seront certainement instructives.

Les étrangers en Suisse ne sont pas des individus supérieurs ; à la marge, face à la création d'entreprise, une petite partie d'entre eux est plus susceptible de passer à l'acte. Ce trait de caractère n'est pas lié à leur statut légal mais à leur état d'esprit, et cela affecte aussi... Les Suisses! Nous avons de sérieux indices de cette différence en contemplant, tout simplement, les expatriés helvétiques eux-mêmes.

...Et les Suisses, des entrepreneurs!

Si les individus qui changent de pays sont plus susceptibles de devenir des entrepreneurs, cela doit aussi être vrai des Suisses qui choisissent l'émigration. Y a-t-il des individus de la trempe d'un Louis Chevrolet de nos jours?

Il n'existe malheureusement pas de statistiques sur les entrepreneurs suisses de l'étranger. Ni le site des Suisses de l'étranger, ni le média public SwissInfo, ni l'Office Fédéral de la Statistique ne maintiennent ce genre d'information. Tout au plus l'OFS se contente-t-il d'agréger péniblement les chiffres de présence de ressortissants helvétiques dans chaque pays, mais même là, identifier correctement les émigrants s'avère une tâche difficile puisqu'on peut compter de nombreux cas de double-nationalité retournant dans leur pays d'origine.

immigration,mensonges,médias,temps présentEntre un Suisso-péruvien revenant dans son Pérou natal pour y couler une douce retraite ou une famille genevoise s'offrant une maisonnette en France voisine, il est difficile de tracer le véritable contour d'une émigration volontaire, miroir de l'immigration reçue par la Suisse ces dernières décennies.

Nous avons malgré tout de petits indices du comportement des Suisses à l'étranger, par exemple à travers la série documentaire "Bye-bye la Suisse" de la RTS. La série relate les péripéties de familles suisses quittant le pays pour une vie plus exotique. L'émission en est à sa cinquième saison et montre avant tout des entrepreneurs. D'un magasin de surf à l'hôtellerie en passant par la construction de bungalows, personne ne cherche un emploi salarié traditionnel.

Ailleurs, des paysans suisses lancent de vastes exploitations agricoles en profitant de terrains moins chers. Là encore, des entrepreneurs.

Quitter la Suisse implique de laisser derrière soi un pays à haut niveau de vie. Il y a énormément de raisons personnelles de le faire (l'appel de l'océan par exemple) mais pour la recherche d'un poste de salarié bien payé, cela n'a pas grand-sens. Si un jour des statistiques détaillées sont disponibles pour des Suisses émigrés et sans double nationalité au moment de leur départ, je mets ma main au feu que la proportion de créateurs d'entreprises parmi eux sera bien plus élevée que celle des immigrés arrivant en Suisse. Elle pourrait même être écrasante.

Faux procès en culpabilité

Temps Présent se garde bien d'évoquer les créations d'entreprise par des expatriés suisses ; cela contreviendrait au message si lourdement martelé. Mais l'émission s'éloigne encore d'un compte-rendu correct de la situation en évoquant les chiffres de l'École polytechnique de Lausanne sur la distribution de bourses Innogrant. Dévoilons le paragraphe en rapport:

[L'EPFL] essaye de favoriser le lancement de sociétés exploitant des découvertes issues de ses laboratoires. Un système de bourses, Innogrant, a été mis sur pied. Le système fonctionne, mais il n’est pas pris d’assaut, et, de manière plus nette encore, les Suisses se font tirer l’oreille. Sur 82 bourses accordées depuis 2005, seules 23% ont été attribuées à des autochtones. Les autres viennent du reste de l’Europe, pour 58% d’entre eux et de pays extra-européens pour 19%.


etudiants_EPFL_schema.pngLes proportions annoncées sont rigoureusement exactes, on les retrouve page 24 de la présentation du programme. Mais elles ne dévoilent pas toute la réalité. Pour la comprendre, il faut creuser dans les statistiques de l'EPFL elle-même. Prenant par exemple les chiffres 2015, ces derniers montrent que 42% des étudiants en Bachelor ou en Master sont étrangers. Mais pour les étudiants en fin d'études, les doctorants, la proportion d'étrangers monte à 80%. Cette proportion est stable.

Or, la création de start-up basée sur des résultats de recherche est typique de cette catégorie de personnes. Un ingénieur fraîchement diplômé se mettra probablement en quête d'un emploi. Un étudiant-chercheur, lui, effectuera des travaux en laboratoire jusqu'à trouver quelque chose d'exploitable, et se lancera peut-être ensuite dans la création d'une micro-entreprise pour faire fructifier ses découvertes. Ce genre de parcours est répandu et encouragé au sein de l'EPFL.

Il n'y a rien de honteux à voir les Helvètes ramasser 23% des bourses d'un programme d'aide lorsqu'ils constituent seulement 20% de la population susceptible de les recevoir.

Peut-être Temps Présent n'a-t-il pas cherché à creuser plus avant, l'analyse superficielle du programme Innogrant correspondant trop bien au message à faire passer. Mais la réalité est nettement plus nuancée que le portrait de Helvètes qui auraient "indubitablement plus de peine à se lancer que les immigrés," comme l'affirment les journalistes...

Les immigrés entreprenants, et les autres

Le postulat du documentaire de Temps Présent est que les Suisses ont eu tort d'approuver l'initiative UDC du 9 février 2014 contre l'Immigration de Masse sur le plan de l'emploi. Les immigrés qui ne viendront pas ne fonderont pas d'entreprises, forcément.

Reste à savoir de quelles entreprises l'on parle. L'imagination joue des tours. Selon les statistiques sur les entreprises, 92,3% des sociétés suisses sont des micro-entreprises avec moins de 10 employés. Ne serait-ce qu'à cause de leur jeunesse, la plupart des entités créées par les immigrés appartiennent à cette catégorie. Les exemples choisis par Temps Présent sont des exceptions, choisis à dessein pour renforcer le message.

Le procès du 9 février est particulièrement mauvais parce que l'intérêt économique de la Suisse était la seule notion préservée dans le cadre du contrôle migratoire. Par ailleurs, l'Initiative contre l'Immigration de Masse s'inscrivait dans un cadre beaucoup plus vaste. Elle concernait certes l'installation professionnelle, mais aussi les travailleurs frontaliers, les requérants d'asile, les immigrés venus en Suisse au nom du regroupement familial (dont beaucoup ne travailleront jamais), et enfin la volonté de reprendre une politique migratoire autonome face à l'Union Européenne - autant d'aspects évidemment éludés dans le documentaire.

La classe médiatique continuera encore longtemps à clamer que la Suisse a jeté le bébé avec l'eau du bain le 9 février ; mais sachant que la population étrangère souffre d'un taux de chômage double des autochtones, même le volet économique ne peut pas se réduire aux simples créations d'entreprise. Les entrepreneurs étrangers, toujours bienvenus, ne peuvent pas faire complètement oublier les autres aspects d'une immigration incontrôlée, qu'il s'agisse des criminels, de la charge sur les mécanismes sociaux ou de la qualité de vie.

Reconnaissons à Temps Présent le mérite d'avoir fourni sur ce thème un angle d'attaque original. Sur le fond, en revanche, rien de nouveau.

21 janvier 2016

Le Plan de Retraite Mohammed

Alors que la crise migratoire continue de faire sombrer l'Europe, l'UBS affirme qu'il faut doubler le nombre de migrants sur l'ensemble du continent. Le décalage entre théorie et réalité semble effarant - on regrette encore la disparition d'Andreas Höfert - mais la grande banque suisse tient exactement le même discours que d'autres entités politico-économiques, à savoir, l'idée que les migrants colonisant actuellement l'Europe permettront de résoudre les problèmes des retraites par répartition et autres mécanismes sociaux de redistribution. Finalement, oubliant l'héritage culturel propre à chaque famille, ils compenseront la natalité défaillante des Européens étouffés par la social-démocratie.

Le rapport de la banque a été composé avant la vague d'agressions sexuelles de Cologne mais dès 2015 n'importe qui de sensé pouvait comprendre que ce plan ne promettait rien d'autre qu'un désastre à l'échelle continentale. La perception des migrants par les élites est en décalage total avec la façon dont ils apparaissent de plus en plus visiblement à ceux qui les côtoient. Loin des discours où chaque "Syrien" serait une riche ressource universitaire ou un expert en informatique, l'Europe voit défiler des hordes d'individus revendicatifs, illettrés et pour la plus grande part totalement inemployables dans des économies occidentales déjà en prise avec le chômage de masse. Et la facture de leur entretien ne cesse de s'alourdir.

Au-delà d'une situation de départ fort peu idéale, le problème pourrait être plus profond encore. Sont-ils seulement venu ici pour travailler? Contribueront-ils à nos retraites? Pour éclairer ces points, Daniel Greenfield, un journaliste du Freedom Center et spécialiste de l'islam radical, composa un article corrosif dont voici une traduction.

 


 

La Mort de l'Europe

Comment le plan de retraite Mohammed tuera l'Europe.

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Les dirigeants européens parlent de deux choses ces jours-ci; la préservation des valeurs européennes en accueillant des migrants musulmans et l'intégration des immigrés musulmans en Europe en les amenant à adopter les valeurs européennes.

Il ne leur vient pas à l'idée que leur plan visant à sauver les valeurs européennes revient à détruire ces valeurs européennes.

Les mêmes valeurs européennes, qui obligent la Suède, un pays de moins de 10 millions d'habitants, à accueillir 180'000 migrants musulmans en un an, demandent également à ces nouveaux "suédois" de célébrer la tolérance, le féminisme et le mariage homosexuel. Au lieu de cela les valeurs européennes ont rempli les villes d'Europe de patrouilles de la charia, de chômeurs en colère agitant des drapeaux de l'État Islamique et d'actes de terrorisme occasionnels en public.

Les pays européens qui refusent d'investir dans la sécurité de leurs frontières se voient à la place contraints de dépenser de l'argent dans des services de lutte contre le terrorisme. Et ceux-là sont tout aussi mauvais pour les valeurs européennes.

Mais, comme les pays d'Europe centrale le découvrent, les valeurs européennes n'ont pas grand-chose à voir avec la préservation d’États européens en mesure de fonctionner. Au contraire, elles sont basées sur une sorte de socialisme statique que Bernie Sanders [candidat démocrate opposé à Mme Clinton, NdT] admire depuis l'étranger. Mais même un État-providence socialiste force les gens à travailler pour vivre. Les politiques sociales généreuses de l'Etat du Maine ont commencé à s'écrouler lorsque les musulmans somaliens ont pullulé pour en profiter. Les voix du Danemark et des Pays-Bas, entre autres modèles pour Bernie Sanders, ont désormais davantage des accents de Reagan que de Bernie Sanders ou d'Elizabeth Warren.

En 2013, le roi néerlandais déclara que "l'État providence classique de la deuxième moitié du vingtième siècle est parvenu à des règlementations sur ces terrains qui sont devenues intenables dans leurs formes actuelles." Cette même année, le ministre danois des Finances appela à la "modernisation de l'État-providence."

Le problème est pourtant moins celui de la modernisation que d'une médiévalisation.

27% des Marocains et 21% des Turcs aux Pays-Bas sont au chômage. Le taux est de 27% au Danemark pour les Irakiens. Et même lorsqu'ils sont employés, leur revenu moyen est bien inférieur à la moyenne européenne.

De par le passé, les critiques soulignaient que l'Amérique multiculturelle ne pouvait se permettre l’État-providence dont disposent les pays européens. Maintenant que ces mêmes pays deviennent multiculturels, ils ne peuvent plus se le permettre non plus.

L'Europe a investi dans les valeurs de son État-providence. Le monde musulman a investi dans les familles nombreuses. L'Europe espère du monde musulman qu'il renfloue un taux de natalité qui s'étiole en travaillant et en contribuant au système, de sorte que sa population vieillissante puisse prendre sa retraite. Les migrants musulmans s'attendent cependant à ce que l'Europe subventionne leurs vastes familles avec son État-providence alors que comme à-coté certains vendent de la drogue et coupent quelques têtes.

Une fois de plus, les valeurs européennes entrent en conflit avec la survie européenne.

Les valeurs européennes qui impliquent le suicide de l'Europe portent sur l'idéologie, pas la langue, la culture ni la nation. Mais les migrants qui arrivent ne partagent pas cette idéologie. Ils ont leurs propres valeurs islamiques.

Pourquoi Mohammed, 23 ans, devrait-il s'échiner à travailler pendant quatre décennies pour que de l'autre côté Hans ou Fritz puissent prendre leur retraite à 61 ans et s'allonger sur une plage de Majorque? L'idée que Mohammed veuille jamais faire une telle chose par amour pour l'Europe est un fantasme idiot dont les gouvernements européens gavent leurs citoyens inquiets.

Mohammed ne partage pas les valeurs européennes. Elles ne sont pas davantage susceptibles de prendre racine en lui, peu importe combien de fois essayent de les lui implanter des enseignants vieillissants qui espèrent qu'il obtienne un emploi et subventionne leur retraite. Les Européens s'imaginent que Mohammed devienne un Suédois ou un Allemand, comme s'il avait été un enfant adopté dans un pays exotique et élevé comme le leur, et qu'il travaille à subventionner leurs valeurs européennes.

Les migrants musulmans sont censés être le plan de retraite d'une Europe vieillissante. Ils sont censés garder sa collection délabrée de politiques économiques, d'État-providence et de programmes sociaux liés les uns aux autres.

Mais ils représentent davantage une sorte de dénouement définitif.

Mohammed est le régime de retraite de Fritz. Mais Mohammed a un type de plan très différent. Fritz compte sur le travail de Mohammed alors qu'il se laisse vivre. Mohammed se laisse vivre et s'attend à ce que Fritz travaille. Fritz n'étant pas lié à lui, Mohammed ne voit pas pourquoi il devrait travailler pour l'entretenir.

La social-démocratie européenne réduit la société à une sorte de régime d'assurance géant dans lequel l'argent est mis dans un pot commun. Mais l'assurance est interdite dans l'islam, qui la considère comme un jeu de hasard. La social-démocratie européenne attend de lui qu'il la renfloue, mais pour Mohammed, les valeurs européennes sont un crime contre l'islam.

L'imam de Mohammed lui dira plutôt de travailler au noir parce que verser son écot au système revient à contribuer au jeu. Toutefois, extorquer de l'argent au système est conforme à la jizya, la taxe que les non-musulmans sont obligés de verser aux musulmans. Selon la loi islamique, mieux vaut que Mohammed deale de la drogue plutôt qu'il paye des impôts.

Voilà pourquoi le trafic de drogue et la délinquance sont des professions si populaires auprès des salafistes en Europe. Il est préférable de voler des infidèles que de participer au grand jeu d'argent de l'État-providence européen.

Mohammed n'inscrit pas son futur dans les retraites fragiles du socialisme européen. Il investit dans ce que les sociologues appellent le capital social. Il envisage sa retraite en ayant une douzaine d'enfants. Si ce mode de vie est subventionné par les services sociaux des infidèles, c'est encore mieux. Et quand les services sociaux fermeront boutique, ceux de ses enfants qui ne seront pas en prison ou dans les rangs de l’État Islamique seront là pour s'occuper de lui à l'âge d'or.

En termes de régimes de retraite, cette méthode est plus ancienne et plus robuste que le modèle européen.

Mohammed ne s'inquiète pas beaucoup pour son avenir. Même s'il ne parvient pas à faire plus de six enfants, à l'âge de la retraite du pays européen dans lequel il réside, il vivra probablement dans un État islamique. Et il est confiant dans le fait que quelles que soient les dispositions qui auront cours alors, elles seront préférables et plus justes que le système conçu par les infidèles.

La Suède reçut 180'000 migrants en 2015. L'Allemagne pourrait en avoir reçu dans les 1,5 millions. La plupart d'entre eux sont de jeunes hommes qui suivent le plan de retraite Mohammed.

Les Européens s'entendent dire que les Mohammed vont équilibrer la disparité démographique d'une population vieillissante avec trop de retraités et trop peu de jeunes travailleurs. Mais au lieu de cela les Mohammed mettront encore plus de pression sur les jeunes travailleurs autochtones qui devront non seulement subventionner leurs propres aînés, mais aussi les millions de Mohammed, leurs multiples épouses et les quatorze enfants de leur régime de retraite islamique.

L'âge de la retraite sera sans cesse reculé et les services sociaux pour personnes âgées seront sabrés. L'État-providence va s'effondrer, mais il devra être maintenu coûte que coûte parce que l'alternative suscitera des troubles sociaux majeurs.

La hausse des prix du blé et des réductions des subventions alimentaires sont parmi les causes premières à la base du Printemps arabe. Les prix ont augmenté et les gouvernements sont tombés alors que les émeutes de rue se transformaient en guerres civiles. Imaginez une Suède, où 50% de la population de jeunes hommes est musulmane, la plupart au chômage, se transformant en Syrie lorsque l'économie s'effondre et que la facture arrive. Imaginez les émeutes européennes de la rue musulmane où les gangs disposent d'artillerie lourde et où chaque calife de ghetto a ses propres imams et des fatwas pour appuyer ses revendications.

L'Europe se tue lentement au nom de valeurs européennes. Elle essaie de protéger sa configuration économique en choisissant la banqueroute. Les valeurs européennes sont devenues un pacte mortifère. Les discours de ses politiciens expliquant que les valeurs européennes nécessitent une immigration musulmane de masse ont aussi peu de sens que la note laissée par un fou suicidaire.

Les valeurs islamiques ne sont pas compatibles avec les valeurs occidentales. Non seulement la liberté d'expression et la liberté religieuse, mais l'État-providence européen même sont anti-islamiques. Les musulmans ont un taux de natalité élevé parce que leur approche de l'avenir est fondamentalement différente de celle de l'Europe. Les Européens choisissent d'avoir peu d'enfants et de nombreux organismes sociaux pour prendre soin d'eux. Les Musulmans choisissent d'avoir beaucoup d'enfants et peu d'organismes sociaux. Les valeurs européennes tant admirées par les gauchistes américains n'ont aucun avenir.

L'Europe prend de la mort-aux-rats pour soigner un rhume. Au lieu de réformer ses valeurs, elle essaie de les maintenir au prix de sa propre existence. Le régime de retraite Mohammed ne sauvera pas le socialisme européen. Il l'enterrera.

-- Daniel Greenfield, Octobre 2015

11 janvier 2016

Cologne ou le point de bascule

Le nouvel an a été difficile pour l'Europe. Des femmes ont été agressées par centaines sur tout le continent européen, nouvel eldorado de prédateurs sexuels importés.

Après une Omerta de quelques jours les faits ont fini par filtrer, petit à petit, sur les réseaux sociaux. Les médias traditionnels furent plus lents, car réticents à admettre l'effondrement de la fable d'une immigration de masse aussi paisible que positive. Mais contrairement aux premières nouvelles délivrées, les violences infligées aux femmes (et parfois aux hommes qui les accompagnaient et tentaient de les protéger) ne furent en rien limitées à Cologne. Les informations sont toujours fragmentaires et ont énormément de mal à passer la censure de la bien-pensance, mais on peut compter pour l'instant pour la soirée de la Saint-Sylvestre:

  • Des agressions sexuelles en Autriche, que la police est accusée d'avoir dissimulées ;
  • Six femmes sexuellement agressées en Suisse à Zurich ;
  • A Kalmar en Suède, des femmes volées et sexuellement agressées par des gangs de migrants ;
  • En Finlande, à Helsinki, des agressions sexuelles coordonnées par des migrants selon la police ;
  • Des violences sexuelles et des agressions dans au moins cinq villes allemandes, Hambourg, Bielefeld, Cologne, Francfort et Stuttgart, perpétrées par des requérants d'asile et des immigrés en situation irrégulière.

allemagne,criminalité,immigrationBien que les victimes hésitent à contacter les autorités, les langues se délient peu à peu, balayant toutes les tentatives de minimisation. Samedi soir, juste pour le nouvel an à Cologne, on rapportait 379 plaintes et des suspects "principalement demandeurs d'asile ou immigrés en situation illégale" selon la police ; dimanche soir, les plaintes se montaient à 500, lundi à 517.

Certains journalistes perdent leurs nerfs devant la diffusion de l'information sur des canaux de "réinformation" sur Internet, les accusant sans vergogne de récupération politique. Bien que l'accusation de soit particulièrement piquante au vu de la stratégie de l'enfant mort prévalant à l'époque où les médias s'étaient engagés, à n'importe quel prix, à faire pleurer sur les migrants, les agressions sexuelles de ce début d'année montrent un phénomène qui n'a malheureusement rien de l'événement isolé.

Le Padamalgam™ est distribué par cartons entiers mais le patient ne réagit plus, la surdose provoque des symptômes de rejet. Fait marquant, le grand public semble avoir perdu le sens de l'humour. Les victimes sont trop nombreuses, les méfaits trop systématiques, les autorités trop apathiques. "J'ai senti un doigt dans chaque orifice de mon corps", raconte une femme horrifiée. Des centaines de victimes dont les témoignages font parfois froid dans le dos ainsi que toutes celles qui n'auront pas eu le courage de porter plainte resteront traumatisées pour des années, de même que les témoins, leurs familles...

Le jour de l'an, la police de Cologne communiquait pourtant:

POL-K: 160101-1-K/LEV Ausgelassene Stimmung - Feiern weitgehend friedlich

 
"Une ambiance exubérante - des célébrations dans l'ensemble paisibles" - voilà le mensonge officiel à destination des citoyens. Il fut précédé et suivi de beaucoup d'autres. Les langues se délient un peu partout. On apprend ainsi que, depuis longtemps, le quotidien suédois Dagens Nyheter passe sous silence les crimes sexuels infligés par les migrants à la population de Stockholm. Jamais syndrome n'a si bien porté son nom...

Pour les médias, seule compte la pression sur Angela Merkel et la façon dont elle va trouver une belle tournure de phrase pour s'en sortir. Les victimes? Aucune importance! Sauf, comme d'habitude, s'il peut s'agir de migrants maltraités par quelques excités. Là, l'indignation est à son comble. Face à la réaction chaotique d'une frange de la société, les autorités sortent les gros calibres: arsenal anti-émeutes, canons à eau et gaz lacrymogène. Mais des agressions sexuelles sauvages perpétrées par une véritable meute contre des femmes occidentales simultanément dans une demi-douzaine de villes, franchement, pas de quoi en faire un drame.

Malheureusement pour les Chevaliers de la Bien-Pensance, les faits sont têtus - et la réalité assez conforme à ce que les citoyens sont de plus en plus nombreux à comprendre. Presque tous les suspects sont étrangers, par exemple. Et ce n'est pas tout. Parmi eux, on trouve nombre de migrants reçus de fraîche date.

"Tant les déclarations des témoins que les rapports de la police (locale), et que les descriptions de la police fédérale indiquent que les personnes qui ont commis ces crimes étaient presque exclusivement d'origine immigrée", a déclaré Ralf Jäger, ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. (...) "Par ailleurs, il ressort de beaucoup d'éléments qu'il s'agissait de personnes originaires d'Afrique du Nord et du monde arabe (...) En l'état actuel des investigations, il y a aussi parmi les suspects des réfugiés venus chez nous l'année dernière."

 
Le ministre reconnaît également que l'action de la police avait été "inacceptable" et que, en conséquence, le chef de la police de Cologne avait été suspendu. Mais bien entendu, l'homme politique réserve ses mots les plus durs non pour ses services incompétents, non pour les mensonges des médias, non pour les actes criminels de ceux de sa caste, mais contre... Ses adversaires politiques, accusés finalement d'avoir eu raison:

"Stigmatiser un groupe comme des agresseurs sexuels est non seulement une erreur mais aussi dangereux. C'est ce que font les charognards de l'extrême droite, c'est leur seul argument."


Un seul argument suffit pourtant, s'il est correct - hors de 1984, la logique n'a pas de couleur politique et, heureusement, n'est certainement pas réservée à "l'extrême droite". Mais le ministre ne précise pas sur qui pèse ce fameux danger. La population allemande? Certainement, sachant le prix qu'elle paye et s'apprête à payer encore longtemps à cause de l'incurie de ses dirigeants.

Mais en réalité, si Cologne doit jamais avoir un effet sur la population allemande, ce devrait être au tour des politiciens de s'inquiéter, Mme Merkel en tête ; et ce ne serait que justice.

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