30 janvier 2016

Temps Présent, chronique d'un dénigrement ordinaire

Sous le titre "Y a-t-il un Suisse pour lancer sa boîte?" le magazine télévisé Temps Présent lança jeudi 28 janvier un sujet bien polémique sur la relation entre les Suisses et les étrangers établis en Suisse, attaquant selon l'angle de la création d'entreprises:

Les immigrés en Suisse sont deux fois plus entreprenants que les Suisses de souche. C’est le constat surprenant fait par une étude de référence. On sait que la Suisse est l’un des pays d’Europe où le taux de chômage est le plus bas. On sait aussi que les créations d’entreprises, et le tissu de PME qui en résulte, explique en bonne partie cette belle santé du marché de l’emploi.


On sait ceci. On sait cela. De ces affirmations sur lesquelles j'aurai l'occasion de revenir, la présentation se permet ensuite de livrer son verdict avec la subtilité du rouleau-compresseur:


C’est un fait : les immigrés sont plus audacieux, plus créatifs, et plus prompts à passer à l’acte que les Suisses.


Dont acte. La supériorité est gravée dans le marbre. Les Suisses, tellement inférieurs aux immigrés! Le tout étant présenté comme un fait absolument indiscutable. Voudrait-on encore nous faire avaler les innombrables avantages de l'arrivée d'étrangers de toute sorte, des faux requérants d'asile aux criminels? À quelques semaines des votations du 28 février, difficile de penser autrement. Mais l'entame du reportage donne l'explication: il s'agit seulement d'une campagne de propagande à posteriori visant à culpabiliser le bon peuple contre l'Initiative contre l'Immigration de Masse qu'il a eu le malheur d'approuver.

"Il y a près de deux ans, le 9 février 2014, le peuple suisse votait contre l'immigration de masse, avec l'espoir notamment de protéger ses emplois contre la concurrence étrangère. Il ne devait pas avoir toute l'histoire en tête."


Qu'il est benêt ce peuple! Mais réjouissez-vous, la leçon de morale est payée avec votre redevance...

Le prochain Steve Jobs sera migrant syrien ou ne sera pas

Le reportage entier fait reposer son postulat sur une étude du Global Entrepreneurship Monitor de 2012, partiellement réalisée par sondage et présentée comme une étude de référence, pour lui faire résumer la chose ainsi:

Sur cent Suisses, il y a exactement cinq créateurs d’entreprise. Alors que sur cent immigrés de première génération, il y en a 9,1 : presque le double. Pour cent immigrés de deuxième génération, il y en a huit. Autrement dit, plus on est Suisse, moins on est entreprenant.


Même en cherchant dans la base de statistiques du site, impossible de trouver des données pour des immigrés de première ou deuxième génération. Mais acceptons l'idée: les immigrés créent plus d'entreprises en Suisse que les Suisses eux-mêmes. Est-ce vraiment parce que, comme l'affirment les journalistes de Temps Présent dans un raccourci volontairement insultant, "plus on est Suisse, moins on est entreprenant"?

L'étude comparative de la population suisse avec celle des pays voisins ne montre pas vraiment cela. En prenant une statistique vraiment significative comme le pourcentage de personnes de 18-64 ans vivant de leurs entreprises depuis 3 mois mais moins de 3 ans et demi (indicateur "KN.A7"), soit les gérants de jeunes pousses, on voit que la Suisse s'en sort plutôt bien:

jeunes_entreprises_KN.A7.png

Taux de propriétaires de jeunes entreprises en % de la population

Mais en y réfléchissant, le graphique introduit un problème curieux: les pays frontaliers de la Suisse, fournisseurs des plus gros contingents d'immigrés présents dans le pays, montrent moins de jeunes entrepreneurs qu'en Suisse. Non seulement c'est contraire à l'affirmation réductrice de Temps Présent, mais cela nous amène à un paradoxe apparent: comment des gens issus de populations plutôt moins tournées vers la création d'entreprise deviendraient subitement des entrepreneurs féconds une fois arrivés ici?

Se pourrait-il que la Suisse suscite la vocation des nouveaux venus? Ou que les immigrés aient une nature différente de leur population d'origine? Et si la vérité tenait un peu des deux?

La Suisse, favorable aux entrepreneurs de toutes origines...

La Suisse constitue depuis des siècles un terreau favorable aux entrepreneurs. La tradition helvétique du droit de propriété et sa démocratie directe contrecarrent les volontés de spoliation les plus excessives de la frange jalouse de sa classe politique. Malgré des dérives récentes, elle se situe encore dans les premières places des classements internationaux de liberté économique. Elle reste l'un des pays les plus industrialisés du monde.

Ce terreau favorable suscite depuis longtemps les vocations. Sachant qu'ils pourront compter sur une main-d’œuvre de qualité et un cadre législatif raisonnable, de nombreux immigrés fondent leur entreprise dans le pays, générant dans leur sillage la prospérité pour tous. De Nicolas Hayek, fondateur de Swatch Group, à Stefan Kudelski, fondateur de Nagra Kudelski Group, bien des grands noms d'origine étrangère méritent tous les lauriers. Le reportage de Temps Présent fait d'ailleurs la part belle à ces entrepreneurs étrangers en donnant la parole à quelques-uns de ces précieux individus.

Reste que le cadre suisse n'explique pas la différence de comportement entre les autochtones et les immigrés. Selon moi, la raison se trouve ailleurs: de part leur nature, les immigrés sont des individus un peu plus entreprenants que la moyenne et transmettent dans une certaine mesure ce trait de caractère à leurs enfants. Pas dans des proportions incroyables, mais suffisantes pour être statistiquement significatives. Un individu capable de prendre la décision de quitter son pays aura probablement une attitude plus volontariste envers la vie en général, ce qui peut l'amener plus souvent qu'un individu lambda à tenter sa chance en fondant sa société.

Là encore l'affirmation doit être tempérée par un sérieux bémol, car mettre tous les étrangers dans le même panier est une grossière simplification. Les explications précédentes ne valent sans doute que pour des individus déjà capables de travailler dans un pays donné, par exemple. Si vous êtes illettré, débutant dans la langue locale, ou d'une culture radicalement différente du cru, vous aurez peu de chances d'être couronné de succès dans votre entreprise - à supposer que vous parveniez à engager les démarches administratives pour la fonder. Les statistiques de création d'entreprise par la "manne" des migrants de Syrie ou d'Irak ces prochaines années seront certainement instructives.

Les étrangers en Suisse ne sont pas des individus supérieurs ; à la marge, face à la création d'entreprise, une petite partie d'entre eux est plus susceptible de passer à l'acte. Ce trait de caractère n'est pas lié à leur statut légal mais à leur état d'esprit, et cela affecte aussi... Les Suisses! Nous avons de sérieux indices de cette différence en contemplant, tout simplement, les expatriés helvétiques eux-mêmes.

...Et les Suisses, des entrepreneurs!

Si les individus qui changent de pays sont plus susceptibles de devenir des entrepreneurs, cela doit aussi être vrai des Suisses qui choisissent l'émigration. Y a-t-il des individus de la trempe d'un Louis Chevrolet de nos jours?

Il n'existe malheureusement pas de statistiques sur les entrepreneurs suisses de l'étranger. Ni le site des Suisses de l'étranger, ni le média public SwissInfo, ni l'Office Fédéral de la Statistique ne maintiennent ce genre d'information. Tout au plus l'OFS se contente-t-il d'agréger péniblement les chiffres de présence de ressortissants helvétiques dans chaque pays, mais même là, identifier correctement les émigrants s'avère une tâche difficile puisqu'on peut compter de nombreux cas de double-nationalité retournant dans leur pays d'origine.

immigration,mensonges,médias,temps présentEntre un Suisso-péruvien revenant dans son Pérou natal pour y couler une douce retraite ou une famille genevoise s'offrant une maisonnette en France voisine, il est difficile de tracer le véritable contour d'une émigration volontaire, miroir de l'immigration reçue par la Suisse ces dernières décennies.

Nous avons malgré tout de petits indices du comportement des Suisses à l'étranger, par exemple à travers la série documentaire "Bye-bye la Suisse" de la RTS. La série relate les péripéties de familles suisses quittant le pays pour une vie plus exotique. L'émission en est à sa cinquième saison et montre avant tout des entrepreneurs. D'un magasin de surf à l'hôtellerie en passant par la construction de bungalows, personne ne cherche un emploi salarié traditionnel.

Ailleurs, des paysans suisses lancent de vastes exploitations agricoles en profitant de terrains moins chers. Là encore, des entrepreneurs.

Quitter la Suisse implique de laisser derrière soi un pays à haut niveau de vie. Il y a énormément de raisons personnelles de le faire (l'appel de l'océan par exemple) mais pour la recherche d'un poste de salarié bien payé, cela n'a pas grand-sens. Si un jour des statistiques détaillées sont disponibles pour des Suisses émigrés et sans double nationalité au moment de leur départ, je mets ma main au feu que la proportion de créateurs d'entreprises parmi eux sera bien plus élevée que celle des immigrés arrivant en Suisse. Elle pourrait même être écrasante.

Faux procès en culpabilité

Temps Présent se garde bien d'évoquer les créations d'entreprise par des expatriés suisses ; cela contreviendrait au message si lourdement martelé. Mais l'émission s'éloigne encore d'un compte-rendu correct de la situation en évoquant les chiffres de l'École polytechnique de Lausanne sur la distribution de bourses Innogrant. Dévoilons le paragraphe en rapport:

[L'EPFL] essaye de favoriser le lancement de sociétés exploitant des découvertes issues de ses laboratoires. Un système de bourses, Innogrant, a été mis sur pied. Le système fonctionne, mais il n’est pas pris d’assaut, et, de manière plus nette encore, les Suisses se font tirer l’oreille. Sur 82 bourses accordées depuis 2005, seules 23% ont été attribuées à des autochtones. Les autres viennent du reste de l’Europe, pour 58% d’entre eux et de pays extra-européens pour 19%.


etudiants_EPFL_schema.pngLes proportions annoncées sont rigoureusement exactes, on les retrouve page 24 de la présentation du programme. Mais elles ne dévoilent pas toute la réalité. Pour la comprendre, il faut creuser dans les statistiques de l'EPFL elle-même. Prenant par exemple les chiffres 2015, ces derniers montrent que 42% des étudiants en Bachelor ou en Master sont étrangers. Mais pour les étudiants en fin d'études, les doctorants, la proportion d'étrangers monte à 80%. Cette proportion est stable.

Or, la création de start-up basée sur des résultats de recherche est typique de cette catégorie de personnes. Un ingénieur fraîchement diplômé se mettra probablement en quête d'un emploi. Un étudiant-chercheur, lui, effectuera des travaux en laboratoire jusqu'à trouver quelque chose d'exploitable, et se lancera peut-être ensuite dans la création d'une micro-entreprise pour faire fructifier ses découvertes. Ce genre de parcours est répandu et encouragé au sein de l'EPFL.

Il n'y a rien de honteux à voir les Helvètes ramasser 23% des bourses d'un programme d'aide lorsqu'ils constituent seulement 20% de la population susceptible de les recevoir.

Peut-être Temps Présent n'a-t-il pas cherché à creuser plus avant, l'analyse superficielle du programme Innogrant correspondant trop bien au message à faire passer. Mais la réalité est nettement plus nuancée que le portrait de Helvètes qui auraient "indubitablement plus de peine à se lancer que les immigrés," comme l'affirment les journalistes...

Les immigrés entreprenants, et les autres

Le postulat du documentaire de Temps Présent est que les Suisses ont eu tort d'approuver l'initiative UDC du 9 février 2014 contre l'Immigration de Masse sur le plan de l'emploi. Les immigrés qui ne viendront pas ne fonderont pas d'entreprises, forcément.

Reste à savoir de quelles entreprises l'on parle. L'imagination joue des tours. Selon les statistiques sur les entreprises, 92,3% des sociétés suisses sont des micro-entreprises avec moins de 10 employés. Ne serait-ce qu'à cause de leur jeunesse, la plupart des entités créées par les immigrés appartiennent à cette catégorie. Les exemples choisis par Temps Présent sont des exceptions, choisis à dessein pour renforcer le message.

Le procès du 9 février est particulièrement mauvais parce que l'intérêt économique de la Suisse était la seule notion préservée dans le cadre du contrôle migratoire. Par ailleurs, l'Initiative contre l'Immigration de Masse s'inscrivait dans un cadre beaucoup plus vaste. Elle concernait certes l'installation professionnelle, mais aussi les travailleurs frontaliers, les requérants d'asile, les immigrés venus en Suisse au nom du regroupement familial (dont beaucoup ne travailleront jamais), et enfin la volonté de reprendre une politique migratoire autonome face à l'Union Européenne - autant d'aspects évidemment éludés dans le documentaire.

La classe médiatique continuera encore longtemps à clamer que la Suisse a jeté le bébé avec l'eau du bain le 9 février ; mais sachant que la population étrangère souffre d'un taux de chômage double des autochtones, même le volet économique ne peut pas se réduire aux simples créations d'entreprise. Les entrepreneurs étrangers, toujours bienvenus, ne peuvent pas faire complètement oublier les autres aspects d'une immigration incontrôlée, qu'il s'agisse des criminels, de la charge sur les mécanismes sociaux ou de la qualité de vie.

Reconnaissons à Temps Présent le mérite d'avoir fourni sur ce thème un angle d'attaque original. Sur le fond, en revanche, rien de nouveau.

21 janvier 2016

Le Plan de Retraite Mohammed

Alors que la crise migratoire continue de faire sombrer l'Europe, l'UBS affirme qu'il faut doubler le nombre de migrants sur l'ensemble du continent. Le décalage entre théorie et réalité semble effarant - on regrette encore la disparition d'Andreas Höfert - mais la grande banque suisse tient exactement le même discours que d'autres entités politico-économiques, à savoir, l'idée que les migrants colonisant actuellement l'Europe permettront de résoudre les problèmes des retraites par répartition et autres mécanismes sociaux de redistribution. Finalement, oubliant l'héritage culturel propre à chaque famille, ils compenseront la natalité défaillante des Européens étouffés par la social-démocratie.

Le rapport de la banque a été composé avant la vague d'agressions sexuelles de Cologne mais dès 2015 n'importe qui de sensé pouvait comprendre que ce plan ne promettait rien d'autre qu'un désastre à l'échelle continentale. La perception des migrants par les élites est en décalage total avec la façon dont ils apparaissent de plus en plus visiblement à ceux qui les côtoient. Loin des discours où chaque "Syrien" serait une riche ressource universitaire ou un expert en informatique, l'Europe voit défiler des hordes d'individus revendicatifs, illettrés et pour la plus grande part totalement inemployables dans des économies occidentales déjà en prise avec le chômage de masse. Et la facture de leur entretien ne cesse de s'alourdir.

Au-delà d'une situation de départ fort peu idéale, le problème pourrait être plus profond encore. Sont-ils seulement venu ici pour travailler? Contribueront-ils à nos retraites? Pour éclairer ces points, Daniel Greenfield, un journaliste du Freedom Center et spécialiste de l'islam radical, composa un article corrosif dont voici une traduction.

 


 

La Mort de l'Europe

Comment le plan de retraite Mohammed tuera l'Europe.

plan_de_retraite_mohammed.jpg

Les dirigeants européens parlent de deux choses ces jours-ci; la préservation des valeurs européennes en accueillant des migrants musulmans et l'intégration des immigrés musulmans en Europe en les amenant à adopter les valeurs européennes.

Il ne leur vient pas à l'idée que leur plan visant à sauver les valeurs européennes revient à détruire ces valeurs européennes.

Les mêmes valeurs européennes, qui obligent la Suède, un pays de moins de 10 millions d'habitants, à accueillir 180'000 migrants musulmans en un an, demandent également à ces nouveaux "suédois" de célébrer la tolérance, le féminisme et le mariage homosexuel. Au lieu de cela les valeurs européennes ont rempli les villes d'Europe de patrouilles de la charia, de chômeurs en colère agitant des drapeaux de l'État Islamique et d'actes de terrorisme occasionnels en public.

Les pays européens qui refusent d'investir dans la sécurité de leurs frontières se voient à la place contraints de dépenser de l'argent dans des services de lutte contre le terrorisme. Et ceux-là sont tout aussi mauvais pour les valeurs européennes.

Mais, comme les pays d'Europe centrale le découvrent, les valeurs européennes n'ont pas grand-chose à voir avec la préservation d’États européens en mesure de fonctionner. Au contraire, elles sont basées sur une sorte de socialisme statique que Bernie Sanders [candidat démocrate opposé à Mme Clinton, NdT] admire depuis l'étranger. Mais même un État-providence socialiste force les gens à travailler pour vivre. Les politiques sociales généreuses de l'Etat du Maine ont commencé à s'écrouler lorsque les musulmans somaliens ont pullulé pour en profiter. Les voix du Danemark et des Pays-Bas, entre autres modèles pour Bernie Sanders, ont désormais davantage des accents de Reagan que de Bernie Sanders ou d'Elizabeth Warren.

En 2013, le roi néerlandais déclara que "l'État providence classique de la deuxième moitié du vingtième siècle est parvenu à des règlementations sur ces terrains qui sont devenues intenables dans leurs formes actuelles." Cette même année, le ministre danois des Finances appela à la "modernisation de l'État-providence."

Le problème est pourtant moins celui de la modernisation que d'une médiévalisation.

27% des Marocains et 21% des Turcs aux Pays-Bas sont au chômage. Le taux est de 27% au Danemark pour les Irakiens. Et même lorsqu'ils sont employés, leur revenu moyen est bien inférieur à la moyenne européenne.

De par le passé, les critiques soulignaient que l'Amérique multiculturelle ne pouvait se permettre l’État-providence dont disposent les pays européens. Maintenant que ces mêmes pays deviennent multiculturels, ils ne peuvent plus se le permettre non plus.

L'Europe a investi dans les valeurs de son État-providence. Le monde musulman a investi dans les familles nombreuses. L'Europe espère du monde musulman qu'il renfloue un taux de natalité qui s'étiole en travaillant et en contribuant au système, de sorte que sa population vieillissante puisse prendre sa retraite. Les migrants musulmans s'attendent cependant à ce que l'Europe subventionne leurs vastes familles avec son État-providence alors que comme à-coté certains vendent de la drogue et coupent quelques têtes.

Une fois de plus, les valeurs européennes entrent en conflit avec la survie européenne.

Les valeurs européennes qui impliquent le suicide de l'Europe portent sur l'idéologie, pas la langue, la culture ni la nation. Mais les migrants qui arrivent ne partagent pas cette idéologie. Ils ont leurs propres valeurs islamiques.

Pourquoi Mohammed, 23 ans, devrait-il s'échiner à travailler pendant quatre décennies pour que de l'autre côté Hans ou Fritz puissent prendre leur retraite à 61 ans et s'allonger sur une plage de Majorque? L'idée que Mohammed veuille jamais faire une telle chose par amour pour l'Europe est un fantasme idiot dont les gouvernements européens gavent leurs citoyens inquiets.

Mohammed ne partage pas les valeurs européennes. Elles ne sont pas davantage susceptibles de prendre racine en lui, peu importe combien de fois essayent de les lui implanter des enseignants vieillissants qui espèrent qu'il obtienne un emploi et subventionne leur retraite. Les Européens s'imaginent que Mohammed devienne un Suédois ou un Allemand, comme s'il avait été un enfant adopté dans un pays exotique et élevé comme le leur, et qu'il travaille à subventionner leurs valeurs européennes.

Les migrants musulmans sont censés être le plan de retraite d'une Europe vieillissante. Ils sont censés garder sa collection délabrée de politiques économiques, d'État-providence et de programmes sociaux liés les uns aux autres.

Mais ils représentent davantage une sorte de dénouement définitif.

Mohammed est le régime de retraite de Fritz. Mais Mohammed a un type de plan très différent. Fritz compte sur le travail de Mohammed alors qu'il se laisse vivre. Mohammed se laisse vivre et s'attend à ce que Fritz travaille. Fritz n'étant pas lié à lui, Mohammed ne voit pas pourquoi il devrait travailler pour l'entretenir.

La social-démocratie européenne réduit la société à une sorte de régime d'assurance géant dans lequel l'argent est mis dans un pot commun. Mais l'assurance est interdite dans l'islam, qui la considère comme un jeu de hasard. La social-démocratie européenne attend de lui qu'il la renfloue, mais pour Mohammed, les valeurs européennes sont un crime contre l'islam.

L'imam de Mohammed lui dira plutôt de travailler au noir parce que verser son écot au système revient à contribuer au jeu. Toutefois, extorquer de l'argent au système est conforme à la jizya, la taxe que les non-musulmans sont obligés de verser aux musulmans. Selon la loi islamique, mieux vaut que Mohammed deale de la drogue plutôt qu'il paye des impôts.

Voilà pourquoi le trafic de drogue et la délinquance sont des professions si populaires auprès des salafistes en Europe. Il est préférable de voler des infidèles que de participer au grand jeu d'argent de l'État-providence européen.

Mohammed n'inscrit pas son futur dans les retraites fragiles du socialisme européen. Il investit dans ce que les sociologues appellent le capital social. Il envisage sa retraite en ayant une douzaine d'enfants. Si ce mode de vie est subventionné par les services sociaux des infidèles, c'est encore mieux. Et quand les services sociaux fermeront boutique, ceux de ses enfants qui ne seront pas en prison ou dans les rangs de l’État Islamique seront là pour s'occuper de lui à l'âge d'or.

En termes de régimes de retraite, cette méthode est plus ancienne et plus robuste que le modèle européen.

Mohammed ne s'inquiète pas beaucoup pour son avenir. Même s'il ne parvient pas à faire plus de six enfants, à l'âge de la retraite du pays européen dans lequel il réside, il vivra probablement dans un État islamique. Et il est confiant dans le fait que quelles que soient les dispositions qui auront cours alors, elles seront préférables et plus justes que le système conçu par les infidèles.

La Suède reçut 180'000 migrants en 2015. L'Allemagne pourrait en avoir reçu dans les 1,5 millions. La plupart d'entre eux sont de jeunes hommes qui suivent le plan de retraite Mohammed.

Les Européens s'entendent dire que les Mohammed vont équilibrer la disparité démographique d'une population vieillissante avec trop de retraités et trop peu de jeunes travailleurs. Mais au lieu de cela les Mohammed mettront encore plus de pression sur les jeunes travailleurs autochtones qui devront non seulement subventionner leurs propres aînés, mais aussi les millions de Mohammed, leurs multiples épouses et les quatorze enfants de leur régime de retraite islamique.

L'âge de la retraite sera sans cesse reculé et les services sociaux pour personnes âgées seront sabrés. L'État-providence va s'effondrer, mais il devra être maintenu coûte que coûte parce que l'alternative suscitera des troubles sociaux majeurs.

La hausse des prix du blé et des réductions des subventions alimentaires sont parmi les causes premières à la base du Printemps arabe. Les prix ont augmenté et les gouvernements sont tombés alors que les émeutes de rue se transformaient en guerres civiles. Imaginez une Suède, où 50% de la population de jeunes hommes est musulmane, la plupart au chômage, se transformant en Syrie lorsque l'économie s'effondre et que la facture arrive. Imaginez les émeutes européennes de la rue musulmane où les gangs disposent d'artillerie lourde et où chaque calife de ghetto a ses propres imams et des fatwas pour appuyer ses revendications.

L'Europe se tue lentement au nom de valeurs européennes. Elle essaie de protéger sa configuration économique en choisissant la banqueroute. Les valeurs européennes sont devenues un pacte mortifère. Les discours de ses politiciens expliquant que les valeurs européennes nécessitent une immigration musulmane de masse ont aussi peu de sens que la note laissée par un fou suicidaire.

Les valeurs islamiques ne sont pas compatibles avec les valeurs occidentales. Non seulement la liberté d'expression et la liberté religieuse, mais l'État-providence européen même sont anti-islamiques. Les musulmans ont un taux de natalité élevé parce que leur approche de l'avenir est fondamentalement différente de celle de l'Europe. Les Européens choisissent d'avoir peu d'enfants et de nombreux organismes sociaux pour prendre soin d'eux. Les Musulmans choisissent d'avoir beaucoup d'enfants et peu d'organismes sociaux. Les valeurs européennes tant admirées par les gauchistes américains n'ont aucun avenir.

L'Europe prend de la mort-aux-rats pour soigner un rhume. Au lieu de réformer ses valeurs, elle essaie de les maintenir au prix de sa propre existence. Le régime de retraite Mohammed ne sauvera pas le socialisme européen. Il l'enterrera.

-- Daniel Greenfield, Octobre 2015

11 janvier 2016

Cologne ou le point de bascule

Le nouvel an a été difficile pour l'Europe. Des femmes ont été agressées par centaines sur tout le continent européen, nouvel eldorado de prédateurs sexuels importés.

Après une Omerta de quelques jours les faits ont fini par filtrer, petit à petit, sur les réseaux sociaux. Les médias traditionnels furent plus lents, car réticents à admettre l'effondrement de la fable d'une immigration de masse aussi paisible que positive. Mais contrairement aux premières nouvelles délivrées, les violences infligées aux femmes (et parfois aux hommes qui les accompagnaient et tentaient de les protéger) ne furent en rien limitées à Cologne. Les informations sont toujours fragmentaires et ont énormément de mal à passer la censure de la bien-pensance, mais on peut compter pour l'instant pour la soirée de la Saint-Sylvestre:

  • Des agressions sexuelles en Autriche, que la police est accusée d'avoir dissimulées ;
  • Six femmes sexuellement agressées en Suisse à Zurich ;
  • A Kalmar en Suède, des femmes volées et sexuellement agressées par des gangs de migrants ;
  • En Finlande, à Helsinki, des agressions sexuelles coordonnées par des migrants selon la police ;
  • Des violences sexuelles et des agressions dans au moins cinq villes allemandes, Hambourg, Bielefeld, Cologne, Francfort et Stuttgart, perpétrées par des requérants d'asile et des immigrés en situation irrégulière.

allemagne,criminalité,immigrationBien que les victimes hésitent à contacter les autorités, les langues se délient peu à peu, balayant toutes les tentatives de minimisation. Samedi soir, juste pour le nouvel an à Cologne, on rapportait 379 plaintes et des suspects "principalement demandeurs d'asile ou immigrés en situation illégale" selon la police ; dimanche soir, les plaintes se montaient à 500, lundi à 517.

Certains journalistes perdent leurs nerfs devant la diffusion de l'information sur des canaux de "réinformation" sur Internet, les accusant sans vergogne de récupération politique. Bien que l'accusation de soit particulièrement piquante au vu de la stratégie de l'enfant mort prévalant à l'époque où les médias s'étaient engagés, à n'importe quel prix, à faire pleurer sur les migrants, les agressions sexuelles de ce début d'année montrent un phénomène qui n'a malheureusement rien de l'événement isolé.

Le Padamalgam™ est distribué par cartons entiers mais le patient ne réagit plus, la surdose provoque des symptômes de rejet. Fait marquant, le grand public semble avoir perdu le sens de l'humour. Les victimes sont trop nombreuses, les méfaits trop systématiques, les autorités trop apathiques. "J'ai senti un doigt dans chaque orifice de mon corps", raconte une femme horrifiée. Des centaines de victimes dont les témoignages font parfois froid dans le dos ainsi que toutes celles qui n'auront pas eu le courage de porter plainte resteront traumatisées pour des années, de même que les témoins, leurs familles...

Le jour de l'an, la police de Cologne communiquait pourtant:

POL-K: 160101-1-K/LEV Ausgelassene Stimmung - Feiern weitgehend friedlich

 
"Une ambiance exubérante - des célébrations dans l'ensemble paisibles" - voilà le mensonge officiel à destination des citoyens. Il fut précédé et suivi de beaucoup d'autres. Les langues se délient un peu partout. On apprend ainsi que, depuis longtemps, le quotidien suédois Dagens Nyheter passe sous silence les crimes sexuels infligés par les migrants à la population de Stockholm. Jamais syndrome n'a si bien porté son nom...

Pour les médias, seule compte la pression sur Angela Merkel et la façon dont elle va trouver une belle tournure de phrase pour s'en sortir. Les victimes? Aucune importance! Sauf, comme d'habitude, s'il peut s'agir de migrants maltraités par quelques excités. Là, l'indignation est à son comble. Face à la réaction chaotique d'une frange de la société, les autorités sortent les gros calibres: arsenal anti-émeutes, canons à eau et gaz lacrymogène. Mais des agressions sexuelles sauvages perpétrées par une véritable meute contre des femmes occidentales simultanément dans une demi-douzaine de villes, franchement, pas de quoi en faire un drame.

Malheureusement pour les Chevaliers de la Bien-Pensance, les faits sont têtus - et la réalité assez conforme à ce que les citoyens sont de plus en plus nombreux à comprendre. Presque tous les suspects sont étrangers, par exemple. Et ce n'est pas tout. Parmi eux, on trouve nombre de migrants reçus de fraîche date.

"Tant les déclarations des témoins que les rapports de la police (locale), et que les descriptions de la police fédérale indiquent que les personnes qui ont commis ces crimes étaient presque exclusivement d'origine immigrée", a déclaré Ralf Jäger, ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. (...) "Par ailleurs, il ressort de beaucoup d'éléments qu'il s'agissait de personnes originaires d'Afrique du Nord et du monde arabe (...) En l'état actuel des investigations, il y a aussi parmi les suspects des réfugiés venus chez nous l'année dernière."

 
Le ministre reconnaît également que l'action de la police avait été "inacceptable" et que, en conséquence, le chef de la police de Cologne avait été suspendu. Mais bien entendu, l'homme politique réserve ses mots les plus durs non pour ses services incompétents, non pour les mensonges des médias, non pour les actes criminels de ceux de sa caste, mais contre... Ses adversaires politiques, accusés finalement d'avoir eu raison:

"Stigmatiser un groupe comme des agresseurs sexuels est non seulement une erreur mais aussi dangereux. C'est ce que font les charognards de l'extrême droite, c'est leur seul argument."


Un seul argument suffit pourtant, s'il est correct - hors de 1984, la logique n'a pas de couleur politique et, heureusement, n'est certainement pas réservée à "l'extrême droite". Mais le ministre ne précise pas sur qui pèse ce fameux danger. La population allemande? Certainement, sachant le prix qu'elle paye et s'apprête à payer encore longtemps à cause de l'incurie de ses dirigeants.

Mais en réalité, si Cologne doit jamais avoir un effet sur la population allemande, ce devrait être au tour des politiciens de s'inquiéter, Mme Merkel en tête ; et ce ne serait que justice.

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14 décembre 2015

L'ignoble chemise edelweiss

L'information a fait le tour du web helvétique: en fin de semaine dernière, dix élèves d'une école secondaire de Gossau, dans le canton de Saint-Gall, se sont fait réprimander pour s'être pointé en classe dans la traditionnelle chemise paysanne brodée.

Citant 20 Minutes:

La vue de cet habit typiquement suisse a fortement déplu à un enseignant, qui les a priés d’aller se rhabiller. (...) le professeur a en effet estimé que cette tenue véhiculait des idées «racistes et xénophobes». Les dix élèves avaient décidé de se pointer à l’école avec des chemises de paysan et d’entonner des chants patriotiques pour afficher leur «fierté d'être Suisses».


Plusieurs médias rapportent que cette initiative serait venue des élèves suite à "des tensions avec des camarades originaires des Balkans." Doux vocabulaire de journaliste pour évoquer un certain nombre d'autres élèves arborant régulièrement (et sans la moindre réaction du corps enseignant) l'aigle bicéphale albanais, avec insultes et postures de domination de circonstances.

edelweiss_hunziker.jpgLa plupart des articles de presse minimisent ensuite l'affaire en expliquant par exemple que l'enseignante avait "surréagi", selon le directeur de l'école, et que non, la chemise à edelweiss ne violait pas le code vestimentaire de l’établissement... Paroles de modération elles-mêmes modérées par une interview plus longue où l'individu explique qu'il n'avait pas lui-même de sympathie pour cette opération vestimentaire, qu'il aurait "rendu les élèves attentifs au message qu’envoient dix personnes vêtues de la sorte" tout en les "mettant en garde contre toute forme d’extrémisme". On a déjà vu mieux comme soutien.

Et quoi qu'on en dise, les élèves ont bel et bien été renvoyés chez eux pour changer leur tenue.

Les jeunes en question se "sentent incompris", explique le journaliste. Ah, toujours les sentiments de la jeunesse! Les trublions ont en plus le mauvais goût de résumer la flagrante injustice dont ils sont victimes en trois phrases:

"On peut porter un foulard sur la tête à l’école. Mais avec une chemise à edelweiss, on se fait passer un savon. Nous ne le comprenons pas."


Je crois au contraire qu'ils comprennent très bien, comme tout le monde d'ailleurs. Porter un vêtement aussi banal qu'une chemise paysanne à edelweiss, un vêtement de travail traditionnel, devient dans l'esprit fièrement anti-suisse du corps enseignant une inadmissible marque de patriotisme, à bannir de toute urgence. Et c'est bien le patriotisme - suisse - qui est à bannir. Le directeur de l'école l'exprime d'ailleurs on ne peut plus clairement:

Lorsqu’elle est arborée par un seul écolier, cette tenue patriotique n’a rien d’insultant. Mais quand dix élèves décident de la porter en même temps, c’est qu’ils essaient en effet de «faire passer un message», estime le directeur.


Et le "message" est bien entendu intolérable, même si on aurait aimé que le directeur l'évoque plus explicitement. Quel mal y a-t-il à porter un vêtement traditionnel local? A chanter des chansons du pays? Dans cette posture anti-suisse typique, les traditions, les cultures, les modes vestimentaires sont toutes admises et respectées - sauf celles de Suisse. Celles de Suisse représentent l'agression, la honte, la xénophobie, le racisme, le repli identitaire et à peu près tous les sentiments négatifs imaginables.

Et ça, c'est pour les disputes de cour d'école. On se demande quel genre d'enseignement est dispensé aux enfants en classe sur l'ensemble des "sciences humaines".

Visiblement et quoi qu'en dise la presse, les positions du directeur ne sont guère éloignées de celles de l'enseignante extrémiste. Abritant au moins deux sujets en proie au délire anti-suisse, l'école secondaire de Gossau serait-elle un nid de gauchistes antipatriotiques? Que nenni! L'affaire n'a rien d'un cas isolé. Une polémique identique avait éclaté en mars dernier à Willisau (LU). L'établissement scolaire local avait décidé d’interdire le port de la chemise edelweiss à la suite d’une altercation entre Albanais et Suisses. Sous la pression populaire, l'école avait fini par faire machine arrière. On trouve la trace du même problème il y a deux ans dans une question remontée jusqu'au parlement fribourgeois. Réponse du Conseil d’État, excusez du peu: "Porter une chemise edelweiss est autorisé si les responsables d'un établissement scolaire estiment qu'il n'y a pas lieu de craindre des débordements".

Là encore, la formulation de la phrase fait clairement porter la responsabilité des "débordements" sur le compte des porteurs de chemises, jamais sur ceux qui les agressent. Dans le même ordre d'idée, on devrait interdire aux vieilles dames de se promener dans la rue avec leur sac à main, afin d'éviter tout "débordement" de la part d'un jeune voyou qui passerait par là.

Un affrontement de basse intensité a déjà commencé dans les salles de classe et les cours de récréation des écoles helvétiques. Elle oppose des enfants suisses à des enfants revendicatifs d'autres origines, en particulier albanaise. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les Suisses sont loin d'être en position de force, les fonctionnaires du corps enseignant jouant contre leur patrie. Dans ce monde aux valeurs inversées, porter un vêtement traditionnel helvétique autrement que par habitude devient un acte hautement subversif.

C'est assez formateur, finalement, de ce qui attend ces enfants à l'âge adulte, lorsqu'ils seront confrontés aux mêmes problèmes à taille réelle avec une administration et des médias prenant fait et cause contre les autochtones.

Il n'aura fallu que quelques chemises pour que les élèves de l'école secondaire de Gossau comprennent dans quelle Suisse ils devront vivre demain.

14 octobre 2015

La gauche renanaise aime les réfugiés, mais pas chez elle

immigration,hypocrisieNotre commune de Renens a tenu jeudi dernier la session d'octobre de son Conseil Communal. Ce fut donc l'occasion de revenir sur un point chaud du moment: l'accueil par la commune de Renens de cinquante "réfugiés" logés dans l'abri PC du site scolaire du Léman. Une actualité qui ramena à mon projet présenté en septembre de faire loger des migrants par la majorité de gauche si prompte à vouloir les faire venir...

Entre deux célébrations (!) de l'arrivée des migrants, je pus donc placer le texte suivant devant mes collègues du Conseil (avec le rajout de liens adéquats).

 


 

Le mois dernier j'ai tenté de déposer un projet de résolution qui n'a pu être pris en compte pour des raisons de procédures. Depuis, la Municipalité a formellement répondu à mon interpellation, ce dont je la remercie. A l'époque, je ne me doutais pas que la Municipalité négociait en coulisse avec l'EVAM sur l'arrivée de réfugiés dans notre commune. Ils seront déjà installés lors de notre prochaine séance de Conseil.

Voilà une nouvelle qui ne manquera pas de convaincre les derniers incrédules que la question des migrants est très concrète et tout à fait locale. Je suis sûr que la majorité de ce Conseil se réjouit de l'arrivée des premiers 50 réfugiés musulmans célibataires mâles dans un l'abri PC d'un site scolaire. Cela alimentera certainement les conversations des élèves comme de leurs parents et des riverains. J'ai moi-même suggéré une grande fête pour les accueillir. Renens a fait une fête rien que pour inaugurer des zones 30, donc ne soyons pas chiches.

La Municipalité a précisé que l'EVAM avait l'obligation de loger aussi bien les immigrés légaux que les illégaux. Les abris PC et autres hébergements d'urgence n'étant pas toujours suffisants, ils les logent désormais dans les hôtels, par exemple à l'auberge du Châlet à Gobet - le tout payé par les contribuables. Mais ce n'est pas assez. Pendant le mois de septembre, le Parlement helvétique a statué sur une révision de la loi sur l'asile. On a beaucoup parlé dans les médias des avocats gratuits dont ils bénéficieront désormais automatiquement, mais ce n'est pas le seul "progrès" amené par la révision. A présent, la loi offre également la possibilité d'exproprier des particuliers pour ouvrir de nouveaux centres d'asile.

Tout ceci ramène à mon projet de résolution de septembre qui a été, je dois bien le dire, rattrapé puis dépassé par l'actualité. Pourtant, ses fondements restent valables: j'invite la majorité de gauche de ce Conseil à agir concrètement, en accord avec les programmes de ses partis respectifs. Le PS suisse, par exemple, dispose en ce moment d'un programme concret "Solidarité avec les réfugiés". Christian Levrat, le président de ce parti, a affirmé que nous devrions accueillir "dix fois plus de réfugiés".

Comment les loger? De toute évidence, les abris PC ne suffiront pas et l'hôtellerie non plus. Mais pourquoi attendre que des particuliers se fassent exproprier pour les loger lorsqu'il suffit de s'investir sur une base volontaire? Nous avons dans ce conseil tout ce qu'il faut pour donner l'exemple.

Je (re)propose donc à cette assemblée ce projet de Résolution à peine remanié:

Le Conseil Communal déclare à la Municipalité qu'il souhaite apporter une aide immédiate à l'hébergement des migrants dans le besoin situés sur la commune et alentours. Les conseillers communaux soutenant cette résolution réaffirment ainsi leurs convictions politiques. Ils souhaitent héberger des migrants chez eux jusqu'à ce qu'une solution pérenne soit trouvée. Compte tenu de l'urgence, ils prient les autorités de contacter l'Etablissement Vaudois d'Accueil des Migrants ou toute autre structure adéquate pour que cet accueil puisse se concrétiser dans les plus brefs délais.


Certains ne comprennent pas le sens de mon action. Il est pourtant simple: je pense qu'il faut mener par l'exemple, en cohérence avec les opinions de chacun. D'ailleurs, à ce propos, je voudrais terminer mon intervention en rendant hommage à une personnalité de ce conseil, Mme Nathalie Kocher-Jaccard des Verts, qui vit selon ces principes d'implication et de sincérité. Lors de notre séance précédente, Mme Jaccard faisait étalage de sa vaste supériorité morale en affirmant, je cite:

"je parle personnellement, pour moi, accueillir quelqu'un en difficulté dans ma maison, cela ne me pose aucun problème."


Je m'incline respectueusement, Mme Jaccard. Je vous invite donc à venir à la tribune nous décrire les différentes démarches que vous avez entreprises depuis un mois pour accueillir quelqu'un en difficulté dans votre maison, sachant que cela ne vous posait "aucun problème". Après tout, nul n'est sensé attendre un vote pour agir à titre personnel.

L'urgence est toujours là et les nuits rafraîchissent, mesdames et messieurs.

 


 

La vidéo de cette séquence est disponible au point 4 "communications de la présidence".

Même si personne ne savait exactement ce que je viendrais dire à la tribune, l'effet de surprise était éventé depuis un mois. D'autres orateurs continuèrent comme si de rien n'était leur magnifique plaidoyer pour l'accueil des migrants et Mme Kocher-Jaccard vint naturellement répondre que ses démarches étaient une affaire privée. Pareille discrétion dans la bonté force le respect!

Mais il fallut tout de même passer au vote - à ma demande un vote nominal qui plus est, c'est-à-dire que chaque conseiller communal devait annoncer à l'appel de son nom s'il était pour ou contre la Résolution, ou s'il s'abstenait. Pas possible de se cacher derrière une forêt anonyme de bras levés! La gauche ne pouvait pas non plus quitter la salle pétrie d'indignation, puisque l'affaire était traitée parmi les premiers points de l'ordre du jour.

On demanda une suspension de séance. Les partis de la majorité n'eurent aucun mal à se mettre d'accord: à l'exception d'une poignée d'abstentionnistes, ils choisirent tous de rejeter le texte.

La gauche aime les réfugiés, mais pas chez elle.

Rappelons-nous de ce vote lorsque les autorités réclameront des efforts supplémentaires de la part de la population renanaise, car il est clair que les 50 "réfugiés" qui arriveront début novembre ne seront de loin pas les derniers.

29 septembre 2015

Les libéraux face à l'immigration

Le libéralisme n'est pas une doctrine ; les libéraux sont divisés sur un certain nombre de sujets, comme la peine de mort ou de droit à l'avortement.

La crise des migrants vient d'ajouter l'immigration à cette liste. Il suffit de voir l'orage que traverse le site Contrepoints face à sa propre communauté ; suivant la ligne éditoriale choisie par les propriétaires du site, les articles pro-migrants s'enchaînent et se ressemblent, mais donnent lieu à de vastes empoignades dans les commentaires jusqu'à ce que ceux-ci soient modérés et fermés. Les avertissements pleuvent.
 
Il est triste de voir une publication "nivelant par le haut" tomber dans les travers habituellement reprochés à la presse mainstream - une prise de position venue d'en haut, ne tolérant les avis dissonants qu'au compte-goutte dans les commentaires. Sans compter que la partition jouée ressemble furieusement à celle des médias officiels pour lesquels l'immigration de masse est une "chance"...

Frontiere_hongroise.png
Frontière hongroise - un Syrien exprime son respectueux rejet des lois sur
l'immigration en lapidant copieusement des tiers
.

La crise des migrants n'en est évidemment qu'à ses débuts et plus le temps passe, plus le grand public a du mal à croire en la fable de migrants désespérés, en danger de mort et venus en Europe pour travailler. Ce n'est pas faute de matraquage.

Oublions un instant le pieux mensonge vendu au grand public depuis des mois pour nous attarder sur cette opinion fermement enracinée dans l'esprit de certains libéraux: pourquoi faudrait-il coûte que coûte accueillir en Europe tous les immigrants qui le souhaitent?

Analyse théorique

Au détour d'innombrables productions libérales sur ce thème, un article sort du lot: L'immigration dans une société libre, par Pascal Salin, sur le site de l'Institut Coppet. Ce texte volumineux n'est rien d'autre qu'un chapitre entier de son livre Libéralisme publié en 2000 aux éditions Odile Jacob, ressorti pour l'occasion. Quinze ans plus tard, le décalage avec la réalité n'en est que plus affligeant. Le livre n'a pas aussi bien vieilli que Le Camp des Saints de Jean Raspail. Face à une déferlante migratoire largement hors de contrôle, devant laquelle les pitoyables frontières extérieures de l'Espace Schengen ressemblent davantage à une passoire qu'aux murailles d'une forteresse, plaider pour l'immigration-richesse, pour encore moins de frontières et de contrôle de l'immigration, est une manœuvre pour le moins osée, dirons-nous pudiquement.

Reste que ce texte est une des rares tentatives de théorisation de l'immigration libre à laquelle se raccrochent bien des libéraux, dont la rédaction de Contrepoints. Pourtant, dès ma première lecture de l'ouvrage ce chapitre me semblait un des plus faibles du livre avec des failles déjà évidentes: M. Salin construit son raisonnement sur des bases erronées. Faisons un rapide inventaire à travers quelques extraits.

Comment pourrait-on défendre le libre-échange, c’est-à-dire la libre circulation des marchandises et s’opposer par la force au libre mouvement des hommes?


La première erreur est de considérer l'être humain comme une marchandise. Une marchandise n'est pas dotée d'un libre-arbitre, ne se reproduit pas, n'a pas de revendications ni de droits. Le comportement d'une marchandise inerte est prévisible dans une mesure incomparable avec celui d'un être humain vivant et doué de conscience.

Une marchandise est donc aux antipodes (et c'est heureux) d'un humain agissant de sa propre volonté pour se rendre où il le souhaite pour accomplir quelque dessein qu'il est le seul à connaître. Il ne s'agit pas de reprendre à son compte le vieux slogan gauchiste bien connu, mais de pointer du doigt l'erreur ontologique à la base du raisonnement. En présentant la libre-circulation des personnes comme une extension de celle des marchandises, tout le raisonnement part sur des bases fausses.

Alors qu'une marchandise ne peut franchir une frontière qu'à la faveur d'une transaction dans laquelle un acheteur et un vendeur trouvent leur compte, un migrant comme ceux que rencontre l'Europe aujourd'hui agit de son propre chef, sans correspondre à une transaction (hormis auprès des mafias de passeurs) ni à un besoin (hormis le sien). Or, il n'existe pas de liberté fondamentale de se déplacer ; ce droit serait d'ailleurs en opposition frontale avec le droit de propriété, qui est dans ses fondements même un droit d'exclure. Le seul domaine où pareille liberté puisse exister est paradoxalement dans un domaine public dont nombre de libéraux réfutent la validité.

Passons à l'erreur suivante, l'utilisation de l'utopie dans une démonstration:

Dans un système de propriété privée, les droits de chacun sont conditionnels: on entre dans la propriété d’autrui à condition d’en respecter les règles et de payer le prix éventuellement demandé. (...) L’utopie libertarienne constitue à cet égard un modèle de référence indispensable.

 
M. Salin, pas tombé de la dernière pluie, écrit noir sur blanc que l'utopie libertarienne n'est pas vraiment réalisable. Il y fait malgré tout appel pour "apporter à la réflexion les bornes utiles dont elle a besoin". Malheureusement, il emploie cette image bien au-delà d'une asymptote théorique, faisant de longues descriptions de la vie et de l'immigration comme il les imagine dans un régime d'utopie libertarienne.

Si l'utopie est un argument recevable dans une démonstration, alors on peut décréter avec la même validité que le communisme fonctionne pour peu que toute la population y "adhère vraiment". Beaucoup de communistes le plaident encore. Il existe suffisamment d'exemples (et de charniers...) dans le monde réel pour comprendre que cette façon de raisonner pose problème.

Quant à l'utopie libertarienne, il y a tant de façon de démontrer son absurdité que c'en est presque trop facile. Histoire de varier les plaisirs, voilà une réfutation élégante: elle est impossible parce que le libéralisme a une infinité de variations. Il n'y a pas de libéralisme unique dans lequel chaque libéral pourrait se reconnaître. Chacun d'entre eux aura donc sa vision toute personnelle de ce que pourrait être une utopie libertarienne, naturellement incompatible avec celle de son voisin persuadé d'être tout aussi libéral que lui. Laissez-en deux aborder le sujet ensemble et vous obtiendrez assez vite des gens fâchés - le cas s'est présenté plusieurs fois dans l'histoire.

La dernière erreur de M. Salin est de renoncer à définir les concepts de nation et d’État pour ensuite dénoncer leur amalgame:

[L'usage indistinct du terme État-nation] a un rôle bien précis. Il finit par induire l’idée non seulement qu’il y a assimilation entre l’État et la nation, mais même que la nation « appartient » à l’État, qui possède donc tout naturellement le droit de gérer le territoire national. À partir de là naît alors le mythe des biens publics, que nous dénonçons par ailleurs.


Si Pascal Salin s'essaye à définir la Nation il esquive celle de l'État ce qui lui donne une certaine latitude pour mieux la démolir ensuite. Eut-il décidé de se reposer sur une définition de ce dernier couramment admise même au sein des libéraux - le monopole de la violence légitime - et toutes ces confusions disparaîtraient d'elles-mêmes. Ne resterait plus qu'à dénoncer l'instrumentalisation de l'État au-delà de son rôle de base par les étatistes, au lieu de s'attaquer (vainement) à un concept inhérent à toute société humaine...

Non, la nation n'appartient pas à l’État, mais l’État y exerce sa loi, nuance. Une nuance fondamentale.

L’État, cet inconnu

La définition formelle de l’État est si importante que nous devons nous y attarder. Le "monopole de la violence légitime" est une expression puissante mais tellement synthétique qu'elle en est souvent mal comprise.

L'État est un concept, une facette de la vie sociale humaine, celle qui a trait aux règles encadrant l'usage de la violence - la "ritualisant", si on devait reprendre les termes propres aux sociétés primitives. Qu'il s'agisse d'une superpuissance, d'un chef de tribu esclavagiste, ou même des règles de vie que s'imposent Robinson Crusoé et Vendredi sur leur île, l’État est inhérent à tout groupe humain se pliant à un comportement social.

Un degré supérieur de sophistication de l'État fait apparaître des règles qui permettent de comprendre et de prévoir son action - la Loi.

L’État en tant que phénomène propre aux sociétés humaines n'est pas intrinsèquement bon ou mauvais ; en tous lieux et toutes époques, il l'est autant que le sont les règles qui le régissent et les hommes qui le dirigent.

De même, il existe une incompréhension répandue autour de la notion de "monopole de la violence", beaucoup imaginant alors une espèce de caste de surhommes légaux - des fonctionnaires de police par exemple - se livrant en toute impunité à diverses exactions contre une population réduite à l'impuissance. Ce cauchemar est une méprise. L’État peut parfaitement déléguer l'usage de la violence légitime à n'importe qui sur son territoire, comme il le fait d'ailleurs au travers des lois sur la légitime défense, ou sur l'armée de milice.

En réalité, le terme de "monopole de la violence" renvoie simplement à l'impossibilité pour deux systèmes légaux différents de coexister sur un même territoire. Si pareille situation survient, alors il arrivera forcément un moment où un acte sera jugé comme illégal par l'un mais pas par l'autre - l'usage en réponse de la "violence légitime" du premier sera alors perçue comme une agression par le second. D'où un inévitable conflit.

Pour résoudre ce problème trivial, les humains ont trouvé la solution depuis des temps immémoriaux: des frontières. Un pays représente donc davantage que la somme des propriétés privées qui le composent ; il les réunit toutes dans un système légal commun. Les frontières ne divisent pas le monde entre propriétés mais entre systèmes légaux. A l'intérieur de ses frontières, un État exerce le monopole de sa loi.

Répétons-le, il n'est pas question de porter un jugement de valeur sur un État en particulier ; il existe des régimes terribles et meurtriers, et d'autres passablement incompétents, endettés ou boursouflés bien au-delà de leurs fonctions premières pour se mêler de tout. Mais tous obéissent à la même définition: le monopole de la violence légitime sur le territoire qu'ils contrôlent.

L'immigration dans le monde réel

Les libéraux se distinguent par leur attitude non doctrinale et l'observation de la réalité pour élaborer leurs preuves, et leur capacité à élaborer des systèmes respectueux de la nature humaine. En théorie, tout au moins.

Une approche libérale de l'immigration devrait donc obéir à minima à un ensemble de critères de plausibilité: le pays qui l'adopte a des frontières avec d'autres pays, comprend sur son sol une population diversement éveillée à la cause de la liberté, et se voit confronté à une immigration toute aussi variée que le sont les immigrés eux-mêmes. Si un libéral n'admet même pas ces axiomes, passez votre chemin, sauf si vous vous sentez d'humeur à débattre dans les sphères éthérées de l'utopie.

L'existence d’États voisins implique une défense extérieure pour maintenir l'intégrité territoriale du "monopole de la violence légitime". L'existence d'une population disparate implique des moyens intérieurs de faire respecter l'ordre et d'empêcher l'émergence d'enclaves rebelles. Le plus souvent, on appelle ces deux systèmes armée et police respectivement, ce qui est un abus de langage car il enferme le raisonnement dans leurs incarnations actuelles alors que d'autres mécanismes sont possibles ; mais pour les besoins de cet article nous nous contenterons de cette simplification.

L'existence d'une population autochtone disparate implique que toute politique soit le résultat d'un compromis - par exemple les lois autorisant le passage de la frontière pour ajouter de nouveaux individus à ceux qui vivent déjà sur le territoire local. De même, l'existence d'une population allochtone disparate implique que tout candidat à l'immigration ne suscite pas un intérêt identique de la part du pays d'accueil. Il existera donc de nombreux individus tout à fait indésirables dont l'accès devrait être refusé.

Vous l'aurez compris, la seule politique à la fois réaliste et libérale de l'immigration se ramène donc à l'immigration choisie, assortie d'un vigilant contrôle des frontières. Ce n'est pas un hasard si certains pays parfois présentés comme des exemples par les libéraux, comme le Canada ou la Nouvelle-Zélande, pratiquent ce type d'immigration.

On peut discuter à l'infini de la validité des critères. C'est de bonne guerre et ceux-ci n'ont d'ailleurs pas vocation à être gravés dans le marbre. La population d'un pays ne saurait être unanime et comme je l'ai écrit plus haut, toute loi sur l'accès à un territoire ne peut être que le résultat d'un compromis. Mais pour qu'une politique migratoire ait le moindre sens, la seule immigration possible doit être l'immigration choisie, l'immigration illégale devant quant à elle être réduite à zéro. Cela s'inscrit parfaitement dans les fonctions régaliennes de l’État.

Le devoir d'urgence et autres faux-semblants

Il existe de nombreuses façons de mettre en place une immigration choisie - les critères administratifs n'étant que l'une d'entre elles. Parmi d'autres pistes, citons rapidement l'exclusion de tout programme social pendant x mois, obligeant le nouveau venu à ne compter que sur ses économies et son travail pour s'intégrer ou se voir renvoyé en cas d'échec ; ou des mécanismes de parrainage où un citoyen local se porterait caution sur ses propres biens du comportement et des frais engendrés par un nouvel arrivant.

Mais quels que soient les critères, ils n'ont de sens qu'assortis à une surveillance vigilante des frontières pour empêcher de force l'entrée de quiconque refuse de se plier aux règles locales sur l'immigration. Il ne sert à rien de bâtir des systèmes astucieux s'ils peuvent être contournés simplement en s'introduisant en douce.

L'idée que les frontières servent à quelque chose irrite parfois des libéraux, lesquels ignorent les aspects juridiques pour raisonner encore selon les réfutations des bons vieux mécanismes protectionnistes liés au transport de marchandises. Ils ont du mal à se mettre dans la tête que les hommes sont d'une variété différente et d'une diversité infinie, et peuvent donc représenter tout autant un atout incroyable qu'un danger mortel pour les sociétés qui les accueillent.

Refusant d'avoir le courage de trier, ils essayent alors de jeter le bébé avec l'eau du bain. Ils réfutent une politique migratoire "trop restrictive" (on aimerait savoir quel pays occidental la pratique !) et plaident pour une immigration la plus vaste possible, à l'aide de deux sophismes:

  • l'argument de "l'urgence vitale" ;
  • l'argument des "lois iniques".

Le premier de ces arguments, l'urgence vitale, largement employé dans la presse mainstream, justifie l'immigration illégale et massive en expliquant que les migrants sont face à une situation de vie ou de mort. Cette description ne correspond évidemment pas à la réalité, puisque des Syriens en fuite, pour prendre cet exemple, ne sont plus en danger de mort dès lors qu'ils ont quitté la Syrie. La démonstration a été présentée ici même. Lorsqu'il quittent la Turquie pour aller en Grèce, puis en Serbie, puis en Croatie, etc., à chaque fois ils franchissent des frontières sans être menacés de mort dans le pays qu'ils viennent de quitter.

On peut comprendre leur désir humain d'une vie plus agréable dans un pays de leur choix, et en discuter, mais on ne peut pas se présenter comme quelqu'un d'honnête en prétendant qu'à chaque étape de leur voyage ils sont toujours face à une situation de vie ou de mort. L'argument de l'urgence vitale, fallacieux, est utilisé comme prétexte pour contourner les lois sur l'immigration.

Le second argument, encore plus brutal, excuse les flux migratoires en décrétant que les lois sur l'immigration sont "iniques" et qu'à ce titre elles n'ont pas à être respectées. On s'étonne de trouver des libéraux prêts à défendre un sophisme digne du premier saccageur d'OGM venu. Suivant le même raisonnement, un cambrioleur pourrait s'introduire chez vous pour vous dérober vos biens en décrétant qu'il estime que les lois sur la propriété sont iniques et repartir avec l'argenterie en vous lançant "la propriété c'est le vol" de Proudhon. Pratique!

Évidemment, un libéral expliquera que les lois sur l'immigration sont vraiment iniques selon lui, à l'inverse des lois sur la propriété privée ou sur la liberté d'expression, et il sera peut-être plus convaincant que le faucheur d'OGM ou le cambrioleur usant de la même technique à leur profit. Mais si discuter d'une loi et du besoin de la réformer est tout à fait honorable, appeler à la violer ne l'est pas. Il est plus commode de plaider pour la désobéissance civile que de s'atteler à convaincre une majorité. En attendant une hypothétique réforme, la loi - imparfaite - s'applique toujours.

Peut-on choisir de n'appliquer que certaines lois? Bien entendu! Il y a même un nom pour cela - l'arbitraire. Il amène en général des sociétés beaucoup moins enviables que celles où règne un semblant d'égalité dans l'exercice de la loi ; des sociétés rongées par la corruption où la position sociale et la proximité avec le pouvoir valent mieux que toute l'innocence du monde.

Un libéral n'admettra probablement jamais qu'il plaide en faveur d'un monde corrompu et injuste, celui-ci étant aux antipodes du libéralisme où la responsabilité, la justice et l'équité sont des valeurs cardinales. Pourtant, en plaidant pour une application discrétionnaire des lois existantes, il pousse précisément la société dans cette direction.

L’État n'est pas (ou en tout cas ne devrait pas) être un menu dans lequel chacun pioche les lois qui lui plaisent en décrétant que les autres sont bonnes pour la poubelle. L'anarchie est au bout de ce chemin.

Conclusion

La vision de l'humanité est au cœur du débat. Pour les uns, elle n'est qu'enchantement et enrichissement, génie créatif, générosité et volonté de créer. Beaucoup de libéraux ont en eux cette vision positive et un brin naïve, apparentée à Rousseau et son mythe du Bon Sauvage. Pour d'autres, l'humain est avant tout un animal social facilement égoïste, hypocrite et dangereux, dont le comportement se recouvre d'un vernis de civilisation ; il suffit de peu pour que la nature profonde et malsaine ne s'éveille à nouveau. Face à ce danger la vigilance doit rester permanente et l'attitude, résolue.

L'immigration choisie selon des critères démocratiques et assortie d'un sévère contrôle des frontières n'est peut-être pas aussi enthousiasmante qu'un Imagine All the People de John Lennon, mais c'est la seule qui soit à la fois réaliste, praticable, et compatible avec une humanité où le respect de la vie et de la propriété d'autrui est loin d'être la norme. Il faudra beaucoup de temps pour que ce message de raison, de modération et de réalisme parvienne à faire son chemin dans l'esprit de nombre de libéraux.

Selon moi, tout pays qui considère l'immigration du seul point de vue de l'immigré, sans prendre en compte les désirs et les réserves de la population autochtone, se condamne. La crise migratoire qui se déroule sous nos yeux en Europe est un véritable laboratoire. Nous aurons à brève échéance l'occasion de découvrir quelles politiques permettent la survie d'un pays, et quelles sont celles qui mènent à l'effondrement, à la misère et à la guerre civile.