29 janvier 2019

"Salafistes", la vérité qui dérange

Salafistes, un film documentaire de François Margolin et Lemin Ould Salem sur les milieux du même nom, est une œuvre qui sort de l'ordinaire. Vous pourrez la voir à New York, mais pas à Paris: le gouvernement a décidé de la censurer. Le film-documentaire tourné il y a deux ans et demi en Mauritanie, au Mali et en Tunisie est en revanche sur les écrans américains cette semaine, depuis le 25 janvier à New York, la semaine suivante à Los Angeles, puis dans une trentaine de villes américaines. Le film a aussi été diffusé en Irak et en Tunisie, en prime-time, à la télévision.

Mais en France vous ne le verrez pas, ni au cinéma, ni ailleurs. Vous n'en entendrez sans doute quasiment pas parler. Dans le Pays des Lumières, le gouvernement interdit de diffuser des films qui dérangent... Fussent-ils coproduits par France 3 et Canal+, deux chaînes de télévision françaises.

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La raison est évidente: le contenu pose problème. François Margolin n'a pourtant pas fait de son documentaire une apologie des salafistes, pas plus qu'un procès à charge que les journalistes auraient descendu en flammes avec tant de plaisir en narrant ses "relents d'extrême-droite". Non, le cinéaste est simplement allé à la rencontre des salafistes. Il les a interrogés. Il les a laissé parler.

Pourquoi laisser simplement s'exprimer des salafistes devient si terrifiant que les pouvoirs publics français frappent le résultat d'anathème?

Pour le comprendre, il faut lire une longue interview du réalisateur parue sur le site du Figaro, dont voici de larges extraits. Sur le documentaire lui-même, pour commencer, François Margolin explique sa technique à un journaliste qui reprend le reproche de "faire l'apologie du terrorisme":

[Mon choix en tant que réalisateur] était d'écouter leurs propos. C'est ma façon de faire des films depuis toujours, tout comme c'est celle d'un Raymond Depardon ou d'un Claude Lanzmann. On est plus impressionné par les propos quand on les entend directement, sans avoir un professeur de sciences politiques qui vous dit quoi penser, en vous répétant que «ce n'est pas ça l'Islam» ou que «si le terroriste a agi comme cela, c'est parce qu'il ne cherche qu'à se révolter contre l'oppression sociale qu'il subit, ou contre le colonialisme qu'ont enduré ses parents»…

Il faut entendre les propos de ces dignitaires religieux, même s'ils sont désagréables et, souvent, condamnables. Ce ne sont pas des propos bruts, comme on l'a dit ici ou là ; nous avons passé des mois sur le montage pour qu'on comprenne ce qu'il y a dans la tête de ces gens, qui disent eux-mêmes qu'ils ont déclaré la guerre à l'Occident. On nous a reproché d'avoir voulu donner une image calme et posée de ces gens que nous avions filmés, mais ils sont comme cela. Ils sont sûrs d'eux et de la justesse de leur propos. Ils ne croient d'ailleurs pas tellement au monde ici-bas mais plutôt au paradis! Nous voulions dépasser les idées reçues, en finir avec la culture de l'excuse. Et, contrairement à ce que disait un Premier ministre à l'époque, comprendre ce n'est pas justifier.


François Margolin ne fait pas dans l'angélisme et ne se place certainement pas dans la neutralité.

Je pense depuis toujours qu'il faut écouter nos ennemis, surtout si on veut les combattre. Et surtout, en finir avec les œillères, voir que la guerre a commencé, au moins depuis le 11 septembre 2001. Je pense que si on avait écouté ce que disent les gens dans le film, on n'aurait pas pu empêcher les attentats, bien sûr, mais on aurait pu mieux comprendre le pourquoi des cibles des attentats.

Les chefs djihadistes y affirment qu'ils activeront leurs réseaux dans le monde dès que cela sera possible, en particulier si l'État islamique est attaqué. Ce qu'il s'est effectivement passé. Et qu'ils auront pour cibles les lieux où l'on boit de l'alcool, ceux où l'on écoute de la musique, ceux où les filles sont court vêtues etc. Ils assument pleinement leur idéologie.


La censure du film est en fin de compte le symptôme d'un déni bien français, et le réalisateur s'offre même le luxe d'en faire l'inventaire.

On nie totalement ce qu'il se passe en banlieue, on nie que certaines cités sont interdites aux policiers, on nie que les jeunes filles musulmanes, qui travaillent à Paris ou vont y faire du shopping, sont obligées d'avoir d'autres vêtements quand elles rentrent le soir en banlieue à cause des «grands frères», on nie que les enfants juifs du 9-3 doivent aller à l'école tous les matins dans d'autres départements, on nie que la défense du frère de Mohamed Merah a été payée par des gens qui se sont cotisés dans les cités de la banlieue toulousaine… Tout cela concourt à une forme d'acceptation globale de l'islamisme en général par les autorités. On accepte des choses inacceptables. C'est une honte par rapport à ce que sont les valeurs de la France. (...)

J'ai été très surpris de l'accueil du film par la presse. Au départ, nous avons été reçus partout, dans les médias télés ou radio, et, à partir du jour où il y a eu cette prise de position de la ministre de la Culture [Fleur Pellerin, à l'époque], la plupart des médias ont suivi la «ligne officielle du parti», certains en retournant leur veste, beaucoup d'autres, en ne défendant même plus la liberté d'expression.

Cela a été la même chose pour beaucoup de sociétés d'auteurs, pour la plupart des associations de producteurs ou de réalisateurs. Des organismes toujours très prompts à réagir quand un réalisateur russe se fait emprisonner ou quand un réalisateur iranien est empêché de tourner… Cela dérange visiblement moins quand c'est en France, étrangement… J'ai en revanche été très fier de la défense de personnalités importantes comme Claude Lanzmann ou les frères Dardenne.


Notez que la première interdiction du film a été prononcée par le Ministre de la Culture (!) sous la Présidence Hollande et qu'elle a été reconduite par son successeur de la Présidence Macron. La volonté de balayer les problèmes sous le tapis transcende la couleur politique affichée... Mais le réalisateur n'est pas dupe de la manœuvre. Il ne s'agit pas d'une méprise mais d'un calcul politique parfaitement assumé dans les hautes sphères. Les élites veillent à endormir la population sous des doses toujours plus massives de Padamalgam, tandis que les politiciens sont simplement dans des calculs électoralistes, car en France, le poids démographique des musulmans pèse déjà. Et il est important de maintenir tout ce petit monde sous contrôle.

[En] y réfléchissant, je trouve qu'il se passe avec les Gilets jaunes quelque chose du même ordre [que le traitement du terrorisme islamiste] sur la question de ce qu'on appelle les fake news. On accuse beaucoup les Gilets jaunes de diffuser des fausses informations mais on ne dit rien quand des ministres -de l'Intérieur, en général- disent en permanence quand il y a un attentat, que le «cas est plus complexe qu'on ne le croit», qu'il «ne faut pas parler trop vite de terroriste» -même si l'attentat est revendiqué par l'État Islamique - ou qu'il s'agit d'un «déséquilibré», ou d'un «type qui a des problèmes sexuels», comme à Nice, ou encore «d'un repris de justice», comme récemment à Strasbourg.

Or, on se rend compte en général, par la suite, que c'était le fait d'une personne bien entraînée, qui avait préparé son action depuis des mois, et avait fait allégeance à l'État islamique. Mais, cela est dit quelques semaines plus tard et cela fait un entrefilet en bas de page dans les quotidiens. Les fake news sont souvent utilisées par ceux qui prétendent les combattre.


Mais au-delà de toutes ces polémiques, il reste le propos du film, les entretiens avec les salafistes, leur relation avec l'Occident, le traitement de la lutte contre le terrorisme par les gouvernements occidentaux. Et faute d'accepter d'identifier correctement l'ennemi, de le nommer, de le désigner, il n'y a aucun progrès.

Mon propos n'est évidemment pas de dire que tous les Musulmans sont des terroristes, mais il va à l'encontre de la doxa qui voudrait qu'il ne s'agisse que de fous, qu'on pourrait guérir avec des pilules rouges ou bleues, ou par des électrochocs, comme on faisait dans le temps, avec les dissidents, en Union Soviétique. En France nous sommes en plein déni. On est dans la psychiatrisation du terrorisme. Et c'est [la démolition de cette approche] qu'a voulu interdire le gouvernement. Or, comme on le voit dans «Salafistes», très clairement, on a affaire à des gens dotés de raisonnements, qui obéissent à une logique. C'est un terrible désaveu que de constater que tout est beaucoup plus compliqué que de simples problèmes psychiatriques. (...)

[Il] y a une vraie volonté [politique en France] de vouloir nier que le salafisme est une tendance profonde et ancienne, très répandue dans l'histoire de l'Islam, de manière récurrente à travers les siècles, et qui perdure dans certains États, que certains adorent au plus haut niveau de L’État, comme l'Arabie Saoudite de Mohammed Ben Salman.


Dont acte. Et face à tous ceux, musulmans ou non, qui clament que l'islam-ce-n'est-pas-ça ou qui expliquent que les terroristes ne sont pas de véritables musulmans, le réalisateur répond par une simple question:

"Au nom de quoi a-t-on le droit de dire à des djihadistes: Vous n'avez aucun rapport avec les textes dont vous vous réclamez, avec la foi que vous proclamez?" -- François Margolin


On attendra, longtemps hélas, la réponse des "musulmans modérés".

Salafistes, 2016, 1h 15 minutes, à voir dans tous les bons cinémas les pays qui ne pratiquent pas la censure politique. En attendant qu'il finisse par fuiter sur Internet, vous pouvez vous contenter de la bande-annonce.

21 décembre 2018

Trekking mortel au Maroc

Ce sont les plus récentes victimes notables du moment, et gageons que ce ne seront pas les dernières: deux touristes scandinaves, une Danoise et une Norvégienne, ont été agressées et tuées par des islamistes au Maroc. Leurs corps ont été découverts lundi sur un site isolé dans le Haut-Atlas. L'une d'elles a été décapitée, l'autre égorgée.

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Les deux victimes sont Louisa Vesterager Jespersen, 24 ans, du Danemark, et Maren Ueland, 28 ans, de Norvège.

"Le DFAE modifie ses recommandations aux voyageurs", rappelle, pince-sans-rire, l'encadré en fin d'un article sur l'enquête sur le site de la RTS. Le DFAE, très suisse, est toujours à l'heure lorsqu'il s'agit d'annoncer les dangers une fois qu'il est trop tard.

Deux vidéos circulent sur Internet ; l'une d'elle montre le meurtre d'une des deux touristes en direct, vraisemblablement filmée par un des agresseurs, l'autre montre les quatre suspects arrêtés depuis faisant allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l'État islamique. Un détail qui vient aussi rappeler que l'État islamique a cessé depuis longtemps d'être un ennemi qu'on combat avec des tanks en Syrie, à plus de 4'000 km de là.

Le Maroc est un paradis, selon le dogme même de l'islam: sa population est musulmane à 99%. Il est donc normal que des touristes viennent visiter le paradis, et parfois, qu'ils terminent leur séjour au paradis. Leurs agresseurs s'étant comportés en bons islamistes se voient quant à eux promettre le paradis. C'est paradis pour tout le monde.

On peut naturellement se demander ce qui a pu pousser les deux victimes à se promener dans un endroit aussi dangereux que l'arrière-pays marocain - et pas à cause des éboulements.

Il y a des gens qui ne se doutent de rien. En 2018, avec ce que nous voyons tous les jours sur la planète. Ne riez pas, ce genre d'individu existe, et dans des proportions remarquables. Leur niveau de conscience est maintenu en-dessous du seuil de réveil par des médias compétents et une dose quotidienne de padamalgam. Au vu du niveau d'endoctrinement qui a court dans les pays du nord de l'Europe, il n'est pas impossible que les victimes aient appartenu à cette catégorie. Les gens qui ne se doutent de rien apprennent vite, lorsqu'ils survivent.

Il y a des gens qui veulent faire un exemple. Oui, c'est vrai, vu de loin, deux jeunes femmes blondes de type nordique faisant du trekking dans une région sauvage d'un pays profondément musulman s'apparente à une forme de suicide... Ou pas. Après tout, y aller soi-même, quel meilleur moyen de démontrer que tous ces médisants se trompent? Prouver que la réalité n'est pas l'image déformée que renvoient ces sales sites d'extrême-droite (et la rubrique faits-divers de beaucoup de médias) et donner une belle leçon de vie à tous ces gens peureux, racistes, à la prudence malsaine!

Rappelons-nous de Pippa Bacca en 2008:

islam,terrorisme,marocElle avait 33 ans. Artiste conceptuelle milanaise, elle s’était embarquée dans un projet insensé [sic!] qui a tourné au drame : Giuseppina Pasqualino di Marineo a été retrouvée morte en Turquie, violée et assassinée. La police a arrêté celui qu’elle soupçonne d’être son meurtrier, un Turc qui l’avait prise en autostop dans la ville industrielle de Gebze, à une heure de route d’Istanbul.

La jeune femme, plus connue sous le nom de Pippa Bacca, était partie avec une amie, toutes deux vêtues d’une robe de mariée, pour traverser les zones de conflit des Balkans et du Proche-Orient, afin de démontrer les valeurs communes de la Méditerranée, et de donner un signe de « confiance entre êtres humains ». Elles devaient se rendre en autostop de Milan à Jérusalem, en passant par les pays de l’ex-Yougoslavie, la Turquie, le Liban, la Syrie, la Palestine et Israël.

Pour ce projet intitulé « Brides on Tour », elles devaient porter la même robe blanche du début à la fin, et celle-ci, avec toutes les tâches de ce long périple, devait figurer au cœur d’une exposition à leur retour en Italie, avec toute la documentation filmée et écrite de ce voyage symbolique. Pippa Bacca portait effectivement cette robe lorsque son corps a été retrouvé vendredi près de Gebze, étranglée.


Pippa Bacca était bien une artiste d'avant-garde, mais pas forcément de ce qu'elle aurait voulu.

Il y a des gens qui chantent des louanges de l'islam-religion-de-paix, et qui se garderaient bien de faire un tour dans un pays comme le Maroc. Une longue phrase pour illustrer le sens du mot "hypocrite".

Il y a des gens, enfin, qui ont un vague sens des réalités et qui choisissent mieux leurs destinations. Ce n'est peut-être pas très glorieux (ceux qui portent ce genre de jugement sont de type Pippa Bacca ou des hypocrites) mais ces gens finissent souvent vivants leurs vacances, ce qui est un gros plus.

Je ne dis pas que chaque touriste visant à passer une semaine au Maroc ou en Turquie doive réactualiser son testament. Mais il faut avoir voyagé, un peu, ou avoir au moins fait preuve de curiosité sur Internet pour comprendre que le monde est un endroit dangereux. Les populations locales sont souvent arriérées, parfois hostiles. Les raisons sont multiples, que ce soit par jalousie, idéologie, ou simplement ne pas avoir grand-chose à craindre en s'en prenant à des étrangers de passage.

Le monde est sillonné de chemins déserts où croiser un type à pied revient à se demander s'il a un couteau et s'il va s'en servir, et à espérer que non. Dans de nombreux pays, les touristes sont assimilés à du gibier - soit à plumer, soit à tuer, selon la culture des autochtones et le niveau de police local. Même dans les pays "touristiques", les touristes sont souvent parqués pour leur propre bien dans des zones précises. Ils ne se mêlent à la population locale qu'en groupe, avec des guides et une bonne escorte.

Les pays occidentaux sont des oasis de sécurité, de paix et de politesse. Ils le sont eux-mêmes de moins en moins, grâce à la convergence que permet l'immigration de masse en provenance du tiers-monde. La grande faiblesse de la population occidentale en général et des Suisses en particulier est de croire que parce qu'on est gentil et honnête, les autres le sont aussi. Les naïfs le sont toujours moins, mais restent très nombreux.

En vacances dans leur cursus universitaire d'éco-philosophie, Louisa Vesterager Jespersen et Maren Ueland ont sans doute été surprises de se faire attaquer. Avant d'être submergées par la peur, avant de réaliser que leur destin était scellé, avant d'être égorgées, au tout début de l'agression, pendant une seconde, elles ont peut-être froncé les sourcils en se disant que tout cela ne collait pas. C'était cliché. Elles assistaient de l'intérieur à une scène correspondant aux pires stéréotypes qu'elles avaient choisi de ne pas croire.

Cela ne les a pas sauvées.

"Être de gauche ne protège pas des islamistes", avais-je écrit à l'époque du massacre de Charlie Hebdo, avant de poursuivre: "Vous êtes encarté chez les socialistes ou les communistes? Vous êtes ami du "peuple palestinien"? Vous exécrez les juifs et souhaitez tout le mal du monde à un type comme Zemmour? Pas de problème. Vous aurez droit à la mort à votre tour, comme tous les autres chiens d'infidèles." On peut rajouter à la liste les randonneuses écervelées décidées à faire vivre le tourisme local.

Dans son article, se faisant l'écho des médias marocains, la RTS s'inquiète "des possibles répercussions du meurtre sur le tourisme, secteur clé de l'économie puisqu'il représente 10% de la richesse du pays et constitue le deuxième employeur après l'agriculture." On a évidemment bien de la sympathie pour les nombreux Marocains qui tentent de vivre honnêtement du tourisme. Dans cette perspective, l'islamisme est évidemment un problème. Mais c'est un problème marocain. C'est aux autorités politiques, religieuses et économiques du Maroc de trouver une réponse.

Les touristes n'ont pas vocation à risquer leur vie pour maintenir le PIB touristique d'un pays ou un autre - s'ils font face à un risque significatif de se faire décapiter en vacances, les moins lobotomisés d'entre eux iront simplement faire du trekking ailleurs. Les autres auront leur quart d'heure de gloire posthume dans les journaux, dans des articles dont les commentaires ont été étrangement désactivés.

16 décembre 2018

Comment lutter (réellement) contre le terrorisme islamiste

La France est encore frappée par le terrorisme. Cette fois-ci, c'est au tour de Strasbourg. Il suffit de lire la liste de 2017 ou celle qui sera faite en 2018 - l'année n'est pas terminée - pour avoir une idée de ce qui attend l'Hexagone les décennies à venir.

Mais est-ce une fatalité?

Naturellement, les gens s'interrogent. Comme le fait remarquer un Internaute taquin:

"Tous ces attentats, ces attaques au couteau, à l'arme à feu, ces camions qui foncent dans la foule, ces gens qui crient en commettant leurs méfaits... Si au moins on était capable de trouver un point commun, quelque chose qui permette de les relier... Mais non, rien de rien. Quel dommage!"


Face à l'incompétence des autorités et la veulerie des politiciens, l'ironie est une arme efficace. Ces messieurs ne sont bien entendu jamais à court d'excuses: il ne faut pas "stigmatiser", il faut "respecter les droits de l'homme", la "présomption d'innocence", "renoncer à l'amalgame", et tutti quanti... Et pendant ce temps, de l'autre côté du mur du politiquement correct, les victimes s'empilent. Les pays européens subissent des dizaines d'attaques que les médias s'évertuent de plus en plus à maquiller comme les actes de déséquilibrés, voire de simples accidents de la route.

strasbourg_attentat_2018.jpgMais pour répondre à la question un peu plus haut, non, le terrorisme islamiste n'est pas une fatalité. Nous en avons l'exemple avec l'Italie - un pays européen, en première ligne de la crise migratoire, et qui n'a pour l'instant pas eu à souffrir du moindre attentat terroriste perpétré par des fous d'Allah.

Que font différemment les Italiens? La recette n'a rien d'un mystère. Elle est livrée dans une passionnante interview donnée par Lorenzo Vidino, expert du djihadisme à l'Université George-Washington et ancien coordinateur de la Commission italienne d'étude sur la radicalisation, dans les colonnes du Temps.

Plus intéressant que l'absence d'attentat sur sol italien, Lorenzo Vidino tire de précieux enseignements du nombre de départ de combattants sur les différents fronts du djihad - des données empiriques, scientifiques. Ainsi, on compte, par ordre décroissant:

  • 350 départs de combattants d'Autriche, soit un peu moins de 40 par million d'habitant ;
  • 300 pour la Suède, soit environ 30 par million d'habitant ;
  • 190 pour la Suisse, soit 22,5 par million d'habitant ;
  • plus de 1500 pour la France, soit 22,3 par million d'habitant ;
  • 1000 pour l’Allemagne, soit 12 par million d'habitant ;
  • et seulement... 129 pour l'Italie, soit à peine plus de 2 par million d'habitant.

Certes, ces chiffres peuvent être discutés - tous les candidats au djihad en Irak ou en Syrie ne déclarent pas ouvertement leurs intentions - mais il n'y a pas de raison que ces comportements diffèrent sensiblement d'un pays à l'autre. L'écart entre l'Italie et les autres saute aux yeux: ils sont tous entre six et vingt fois plus radicalisés que la première.

Lorenzo Vidino précise encore les chiffres italiens:

C’est un chiffre incroyablement bas pour un pays de 60 millions d’habitants qui compte au moins 2 millions de musulmans. Et sur ces 129, il y a des Marocains qui ont passé des années en France avant de partir en Syrie, ou encore deux Italiens nés en Suisse – à Saint-Gall et à Zurich – et partis pour la Syrie en 2014 et 2015. On a seulement 18 citoyens italiens sur l’ensemble des départs.


Pour l'expert du djihadisme, ces chiffres sont un meilleur indicateur de l'exception italienne que l'absence d’attentats. Après tout, un individu assez motivé pour aller faire le djihad à l'étranger est probablement prêt à se livrer à des attentats sur place.

L'Italie n'a pas toujours été aussi bonne élève. Le pays abritait des mosquées professant le djihadisme, notamment à destination de la Bosnie, dans les années 1990. Mais les autorités surent réagir.

[La méthode italienne de lutte contre le terrorisme islamiste] cible avant tout ceux qu’on appelle les «mauvais maîtres», les cattivi maestri, ces mentors qui attirent les jeunes sur la voie de la radicalisation. S’ils ne sont pas Italiens, et la grande majorité ne le sont pas, ils sont expulsés systématiquement. C’est la tolérance zéro: si vous êtes radicalisé ou si vous radicalisez d’autres gens, et que vous n’êtes pas Italien, vous êtes expulsé, c’est aussi simple que cela.

Depuis le 1er janvier 2018, 109 personnes ont été expulsées d’Italie pour menace à la sécurité nationale. Depuis 2015, cela fait plus de 350 personnes expulsées, soit environ deux par semaine. C’est un outil majeur à disposition du gouvernement italien, issu d’une loi passée après les attentats de Londres en 2005. La déportation est décidée par décret ministériel, sans recours suspensif possible. Elle ne s’applique qu'aux étrangers, mais comme il est très difficile de devenir italien si vos parents ne le sont pas, cet outil s’applique bien à la majorité des cattivi maestri.

En général, le décret est signé par le ministre l’après-midi, la personne est arrêtée vers 1 ou 2h du matin et expulsée vers 5h ou 6h du matin. Parfois à la sortie de la prison où elle séjournait. La plupart des gens sont renvoyés vers le Maroc, la Tunisie, la Bosnie, le Kosovo, l’Albanie ou la Macédoine. Des pays avec lesquels l’Italie a de très bonnes relations et des accords d’expulsion qui marchent bien.


vidino.jpgLoin de l'angélisme prévalant dans d'autres pays occidentaux, la police italienne sait aussi faire preuve de curiosité - un héritage de la lutte antimafia et du terrorisme des années de plomb. "On sait que si on arrête quelqu’un, le lendemain il faut ouvrir une enquête sur son cercle d’amis ou sa famille", explique Lorenzo Vidino. Les malfrats, qu'ils soient mafieux ou islamistes, agissent en réseau.

Les Italiens auraient-ils découvert la Panacée? Oui et non. Oui, parce que les résultats sont là, indubitablement. La réussite italienne force le respect. Non, parce que la méthode perdra de son efficacité dans le temps, à cause d'une évolution démographique plus profonde qui a déjà court ailleurs sur le continent.

La démographie de l’Italie est différente de celle du nord de l’Europe. La plupart des jeunes qui sont partis pour le djihad depuis la Belgique, la France, la Suisse, etc., sont issus de la deuxième génération d’immigrants. Or cette deuxième génération n’existait pas en Italie jusqu’à très récemment. Les premiers immigrants musulmans sont arrivés en Italie comme célibataires dans les années 1990, et c’est seulement aujourd’hui qu’on voit apparaître une seconde génération née ici. L’Italie ressemble de ce point de vue à la Grèce, au Portugal ou à l’Espagne. On n’a pas eu les mêmes facteurs de radicalisation qu’ailleurs en Europe.


La distribution de passeports sans grand discernement joue aussi son rôle:

Le système des expulsions ne fonctionne pas pour les citoyens italiens, ni pour les mineurs. Un des attaquants tués lors de l’attentat du pont de Londres en 2017 était le fils d’une convertie italienne qui a voulu partir vers la Syrie et qu’on ne pouvait pas expulser. Il y a aussi eu le cas de Tommaso Hosni, qui a poignardé un policier et un militaire à la gare de Milan. Il est Italien. Un adolescent d’Udine qui tenait une chaîne sur Telegram pour l’Etat islamique n’a pas pu être expulsé non plus puisqu’il est mineur.

Il y a davantage de cas de ce genre, car de plus en plus de gens reçoivent la nationalité italienne. Donc l’arme des expulsions a tendance à s’émousser avec le temps.


Sans complaisance ni langue de bois, Lorenzo Vidino donne donc les recettes efficaces pour lutter contre le terrorisme islamiste dans un pays occidental développé et sujet à l'État de Droit:

  • refuser de laisser venir s'installer et expulser tous les individus radicalisés qui peuvent l'être ;
  • étendre les enquêtes pour démanteler les réseaux dans leur intégralité ;
  • établir des accords de réadmission avec les pays tiers ;
  • redoubler de vigilance avant d'accorder la nationalité à des gens qui deviennent de fait inexpulsables, notamment leur descendance.

C'est une vraie feuille de route. La Suisse dispose déjà de plusieurs armes législatives pour l'appliquer - comme le Renvoi des Criminels étrangers par exemple - mais la volonté politique manque. M. Vidino s'en rend parfaitement compte et livre sans concession l'image que la Suisse donne d'elle à l'étranger: "les Italiens ont tendance à penser que la Suisse est un peu molle dans le traitement de ce problème. La perception des Italiens est que les Suisses autorisent des gens problématiques à s’installer à leur frontière. Il y a eu des cas de gens expulsés d’Italie qui sont revenus s’établir en Suisse."

Faudra-t-il que le sang coule ici aussi pour les politiques se réveillent enfin?

14 octobre 2018

Devine qui vient rapper ce soir

Répondant au doux nom de Médine, ce rappeur haineux, comme le décrit AgoraVox, "étalant sans vergogne sa haine de la France et de ses valeurs, évoquant le Jihad violent mais attention c'est du second degré", devrait se produire aux Docks de Lausanne le 27 octobre.

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Complètement second degré. Ça se voit tout de suite.

Médine?

On le constate sur l'illustration de cet article, c'est une figure joviale et avenante Médine. Il nous fait le coup de la barbe bien taillée et des petites lunettes d'intellectuel comme Benallah pour nous montrer combien il serait inoffensif, un agneau se désaltérant dans le courant d'une onde pure, un gosse des rues voulant se tirer d'affaire, un autre genre de Gavroche...


D'ailleurs, chacun peut le juger à l'aune des paroles de ses chansons, depuis le titre sobrement intitulé Bataclan où il explique "Tout ce que je voulais faire c'était le Bataclan" (aucun rapport avec les attentats du 13 novembre 2015 qui firent 90 morts dans cette seule salle bien entendu) ou son "chef-d’œuvre" Angle d'Attaque où, se plaçant dans le rôle d'un jeune homme noir indigné par l'assassinat d'un frère de race, il lui fait dire:

Les Blancs sont des démons, des cochons d’aucune moralité
Lui était suffisamment black pour être décapité
Ces incestueux nous ont barricadé
Puis ils nous crèvent dans un tieks qu’ils ont fabriqué
C’était un bon c’cousin, un fan de Black Panther
Les Blancs des consanguins, lui lutte pour ses frères
(Yeah) Ces porcs blancs vont loin
Passe moi une arme de poing
J'vais faire un pédophile de moins (...)

Je hais les blancs depuis Rodney King
J'ai besoin d’une carabine car ils assassinent
Molo bolo
Les blancs sont des démons, tuent des Afros
Molo bolo
On n'a pas la même peau chacun pour sa peau
Molo bolo


Attention! Angle d'attaque est une trilogie! L'acte 1 parle du racisme anti-blancs, l'acte 2 parle du racisme anti-noirs et l'acte 3 de la bêtise des deux! Dont acte: jetons un œil aux paroles de l'acte 2 qui "donne la parole aux blancs":

Les bwana banania n’sont bons qu’à faire des portées
Simple agent de sécu’, pourtant sans histoires
Qui grattait dur pas comme ces bons à rien de Noirs
Qui collectionnait embrouilles et garbars


Et l'acte 3 qui "réalise une synthèse":

Simple agent de sécu'
Un fan de Black Panters
Qui grattait dur
Lui lutte pour ses frères
Qui collectionnait embrouilles et garbars
La rumeur dit qu’il s’était pris la tête avec de gros boucaques
Impossible c’était un bon, un militant
Quelques blancs préméditèrent comme le Kux Klux Klan


Notez comme l'acte 1 insulte les blancs par la voix d'un noir, l'acte 2 insulte encore les blancs par la voir d'un blanc en leur faisant affubler les noirs de surnoms dégradants (ce que le noir de l'acte 1 ne fait pas), et l'acte 3 les associe au Kux Klux Klan (le "récit" se passe en France). La trilogie entière est donc tournée vers la haine du blanc, mais ce n'est pas grave, Médine est un poète... On pourrait aussi parler de sa chanson Don't Laïk:

Je porte la barbe j'suis de mauvais poil
Porte le voile t'es dans de beaux draps
Crucifions les laïcards comme à Golgotha
Le polygame vaut bien mieux que l'ami Strauss-Kahn
Cherche pas de viande Halal dans les lasagnes c'est que du cheval
Au croisement entre le voyou et le révérend
Si j'te flingue dans mes rêves j'te demande pardon en me réveillant
En me référant toujours dans le Saint-Coran
Si j'applique la Charia les voleurs pourront plus faire de main courante
Ils connaissent la loi, on connait la juge
Pas de signes ostentatoires, pas même la croix de Jésus
J'suis une Djellaba à la journée de la jupe
Islamo-caillera, c'est ma prière de rue


L'ASVI, l'Association Suisse Vigilance Islam, remplit sa mission en alertant les autorités locales sur la venue de l'énergumène désireux de cracher sa haine. La liberté d'expression est une chose, mais elle doit s'inscrire dans le respect de la loi ; or l'article 261 bis du Code pénal stipule que "celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale (…)" enfreint la norme antiraciste, encourant une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire.

Je n'ose imaginer ce qui se passerait si un individu moins recommandable, comme un UDC par exemple, osait qualifier des noirs de "bwana banania" en face d'une assemblée de quelques milliers de personne? Qui osera plaider que la débauche d'hostilité et d'insultes vomie dans les textes de Médine n'enfreint pas la norme antiraciste?

Mais peut-être nos autorités attendent-elles que le crime soit commis pour envoyer Médine en détention préventive à l'issue de son concert, la France n'extradant pas ses ressortissants? Une stratégie intéressante pour le moins...

Dans notre époque trouble où les défenseurs de la loi en Suisse sont fréquemment accusés de faire du deux-poids-deux-mesures selon les opinions défendues par chacun (rappelons que les autorités avaient été assez peu gênées en 2010 pour interdire la tenue d'un congrès de l'UDC sur le territoire vaudois, qu'il s'agisse de l'UNIL ou de Beaulieu...) ils sont désormais au pied du mur pour prouver leur indépendance d'esprit.

Les Romands inquiets de la venue de ce rappeur controversé à Lausanne guettent donc avec impatience la réaction de la Municipalité de Lausanne, du Canton, et bien sûr de Mme Martine Brunchwig Graf de la Commission fédérale contre le racisme.

Mise à jour (15 octobre): toujours pas de réaction des autorités, mais deux pétitions ont été mises en ligne par l'Alternative Populaire Suisse (APS) contre la venue de Médine à Lausanne et contre... Son passage à Neuchâtel, que j'ignorais encore lors de la rédaction de ce billet. Apparemment, Médine espère un large succès ici.

Mise à jour (27 octobre): Médine sera bel et bien accueilli à Lausanne - au nom de la "liberté artistique" bien entendu. Il faudra un jour faire l'inventaire de toutes les lois que cette licence permet de contourner. Le concert sera "surveillé" par les autorités ; une vaste blague, puisqu'on sait que ce n'est qu'un gage sans effet à destination de l'opinion publique et que les autorités ne feront rien.

18 août 2018

L'inexplicable suicide européen

Il suffit de quelques jours de vacances en Europe de l'Est pour prendre la mesure de ce que beaucoup de peuples du Vieux Continent ont perdu.

La Hongrie et la Croatie ne sont pas des sociétés "multiculturelles" dans le sens que ce mot recouvre désormais dans une bonne partie de l'Europe. Il n'y a pas de militaires armés patrouillant dans les rues, parce qu'il n'y en a pas besoin. Il n'y a pas pléthore de miséreux dans les centres-villes, ni de bandes de racailles en maraude, ni de silhouettes noires voilées de pied en cap. Il n'y a pas de sentiment d'insécurité minimisé par des médias partisans, pas d'attentats terroristes réalisés ni déjoués, pas de plots de béton à chaque rue piétonne au cas où, pas de revendications islamistes absurdes à chaque opportunité, accordées avec empressement par une classe politique rivalisant de veulerie. Il n'y a pas de hordes d'envahisseurs venus détruire la société locale en se faisant passer pour des "réfugiés" dans l'hypocrisie générale.

Dans ces contrées, tout n'est pas parfait évidemment, mais la dynamique est positive, l'ambiance est bonne et l'humeur est à l'espoir - une différence notable d'avec l'Europe de l'Ouest où les gens s'enferment à moudre du noir en redoutant, avec raison, que le lendemain soit pire que la veille.

Que ce soit dans la vieille Hongrie ou la jeune Croatie, les habitants sont aussi fiers de leur pays. Au sud-ouest de Budapest se trouve le Lac Balaton, le plus grand lac d'Europe centrale. L'Abbaye bénédictine de Tihany le surplombe. Fondée par le roi András I en 1055, le roi y est enseveli dans une crypte depuis sa mort, en 1060 après Jésus-Christ - plus de deux siècles avant le pacte fondateur de la Suisse primitive. Contempler une sépulture de près de mille ans dans un lieu toujours conforme à l'esprit de son fondateur force le respect. On aimerait pouvoir en dire autant d'autres pays, d'autres pactes. On ne le peut.

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Il suffit de reprendre contact avec l'actualité pour que celle-ci vous gifle, immédiatement. Pas la presse mainstream bien sûr - celle-ci esquive les véritables sujets pour ne laisser, en guise d'information, qu'une coquille vide - mais des vrais sites d'information, de réinformation comme on les présente parfois, comme LesObservateurs.ch. Entre une profession de foi et un billet d'humeur, on y voit surtout des faits divers, innombrables, fragmentaires, les pièces d'un puzzle terrible que seuls les aveugles volontaires les plus acharnés refusent de voir.

Pour ces derniers jours, nous avons la propagande des chemins de fer autrichiens, un "demandeur d'asile" en Allemagne furieux qu'on ne lui accorde pas une BMW à 50'000 euros, un professeur des Pays-Bas qui explique doctement que "les Hollandais doivent s'habituer à devenir une minorité" dans leur propre pays, une musulmane demandeuse d'emploi refusant de serrer la main à un recruteur en Suède (le recruteur sera puni d'une amende), des émeutes raciales coordonnées dans le même pays qui s'est "ouvert à l'autre",  une ex-esclave yézidie qui fuit l'Allemagne après y avoir retrouvé son bourreau de l'État islamique, lui-même réfugié, une famille syrienne qui reçoit gracieusement plus de 5'000 euros mensuels et un appartement de 220 mètres carrés en Allemagne encore, la naturalisation du terroriste islamiste de Westminster au Royaume-Uni, le FMI qui "préconise" 5,5 millions de migrants pour l'Espagne d'ici 2050...

Ces liens, convenablement sourcés et authentifiés, n'ont pas plus d'une semaine. Ils ne couvrent de loin pas l'entier de cette actualité. Il y a des centaines de nouvelles du même acabit, chaque semaine.

Il n'en a pas toujours été ainsi. Il y a quelques années, la différence entre LesObservateurs.ch et 24Heures (les deux plateformes que je consulte d'un peu plus près que les autres puisque mes billets s'y retrouvent) tenait avant tout à l'interprétation de l'actualité ; en d'autres termes, la teneur de l'information partisane qui pouvait, par exemple, émailler une campagne électorale avant une votation. La publication de Tamedia reflétait fidèlement le point de vue officiel, avec ses invités sempiternellement de gauche, ses débats déséquilibrés, ses éditorialistes sentencieux et sa fidélité acquise à l'Union Européenne. Pour compléter son point de vue il fallait alors aller chercher "aux franges de l'empire" les informations politiquement incorrectes, les arguments contradictoires, les réflexions iconoclastes qui n'avaient pas droit de cité ailleurs.

Cette pluralité d'opinion, indispensable à une compréhension adéquate des enjeux, fut peu à peu phagocytée par le traitement de l'invasion migratoire du continent européen. Lancinante depuis des années, elle entra dans sa phase aiguë vers 2015 sous les encouragements d'Angela "Wir schaffen das!" Merkel. Les médias officiels traitèrent l'information aussi servilement que d'habitude, débordant d'enthousiasme et forçant les populations envahies à la compassion avec des ficelles aussi grosses que nécessaire. Pourtant, ils échouèrent à modeler l'opinion publique selon leurs désirs. Aussi cessèrent-ils purement et simplement de traiter le sujet.

Les seules mentions sur l'immigration qu'on verra dans les médias officiels helvétiques sera par exemple pour dire qu'elle est en baisse, mélangeant allègrement le flux (le nombre de nouveaux entrants) et le stock (les populations installées) pour confondre le grand public. Si seulement quelques centaines de milliers d'immigrés clandestins envahissent le continent, au lieu de quelques millions, on annoncera toute honte bue que "l'immigration diminue" en Europe, et pas un mot sur les dizaines de millions qui s'y prélassent déjà en préparant la future guerre civile. Et pour le reste, silence radio. La divergence de vue entre LesObservateurs.ch et 24Heures ne porta plus sur l'analyse de l'information, mais sur son accès tout court. Évidemment, les gens devinaient qu'on leur cachait certaines réalités et n'aimèrent pas cela. Les courbes d'audience s'en ressentirent.

Froidement analysé, le refus d'un média de traiter une actualité idéologiquement déplaisante, fut-ce au prix de son lectorat, s'apparente à un suicide. Un suicide est un geste totalement irrationnel. Le Matin s'en est rendu coupable il y a quelques mois, d'autres publications s'apprêtent à subir le même sort, mais l'irrationalité des médias n'est qu'une goutte d'eau dans la mer. Des suicides du même genre ont lieu partout dans nos sociétés, à tous les niveaux.

Angela Merkel choisit délibérément de ne pas faire respecter la loi et de laisser des millions de personnes envahir l'Europe en direction de l'Allemagne. Moralité, elle se débat depuis dans les conséquences de sa politique pendant que l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) taille des croupières à son parti. Rien ne l'obligeait à cela. Politiquement, c'est un suicide. D'autres formations politiques font de même ailleurs. Elles lancent leur pays dans une folle trajectoire et se plaignent ensuite d'être chassées du pouvoir par les partis qu'elles haïssent le plus. N'est-ce pas absurde?

Les bien-pensants, les fonctionnaires et les agents des ONG, partout en Europe, souhaitent la bienvenue à des populations musulmanes pour l'essentiel ingérables, inadéquates, revendicatives et agressives. Ils mettent en jeu l'avenir de leurs propres enfants dans des pays dont ils précipitent l'effondrement. Qu'il s'agisse des finances publiques, des politiques de redistribution, des retraites, des assurances sociales, tout part à vau-l'eau, et de plus en plus vite. Et bien entendu les Occidentaux ne font même plus d'enfants, hâtant leur génocide.

Les raisons du suicide européen sont difficiles à cerner, mais le suicide lui-même ne fait aucun doute. C'est comme si toutes les décisions politiques, toutes les alliances, tous les alignements visaient à en finir le plus vite possible.

Lorsque les historiens du futur se pencheront sur les ruines de notre civilisation, ils se poseront certainement des questions quant aux raisons de ce qui est, de toute évidence, un mouvement collectif à l'échelle de l'Europe - un suicide à la fois politique, médiatique, idéologique, économique et culturel. Est-ce un cynique calcul de pouvoir de la part des élites installées? Est-ce la consécration d'un racisme anti-blanc masochiste visant à éliminer la plus grande partie de la civilisation occidentale? Est-ce la dernière pulsion nihiliste de la génération soixante-huitarde avant qu'elle ne s'enfonce dans les limbes? Est-ce la doctrine keynésienne du "à long terme nous sommes tous morts" poussée à son paroxysme? Il y a davantage que l'opportunisme de tous les peuples conquérants entourant l'Europe pour piller le cadavre pendant qu'il est encore chaud. Des forces internes sont à l’œuvre.

Une chose est certaine pourtant, toute l'Europe n'a pas choisi comme un seul homme l'impasse de l'autodestruction. Le futur sera sans pitié pour les peuples de France, de Suède, d'Allemagne, du Royaume-Uni, de Belgique et d'autres pays encore. Demandez ce qui les attend aux Chrétiens du Liban, aux fermiers blancs d'Afrique du Sud ou du Zimbabwe, aux Arméniens de Turquie. Il ne sera pas tendre non plus pour ces peuples faisant dans la mièvrerie et la demi-mesure alors que leur survie est en question. Mais d'autres nations d'Europe ont saisi la nature des enjeux, et se préparent avec habileté et détermination à y faire face. Je n'ai aucun doute dans les capacités de survie de la Hongrie, de la Pologne, et d'autres pays d'Europe de l'Est, quelles que soient les anathèmes lancés par l'ONU ou les manigances de Bruxelles.

Peut-être assistons-nous, à une vitesse accélérée, à la même vague d'effondrement qui emporta l'Empire Romain ; mais si Rome tomba, Constantinople résista pendant encore plusieurs siècles à travers l'Empire Byzantin.

La survie de la civilisation européenne passera forcément par les pays d'Europe de l'Est, ceux de l'Ouest étant sans doute déjà condamnés.

25 juillet 2018

Affaire Benalla: la République dans de sales draps

Depuis le 18 juillet, pas un jour ne passe sans que les médias français ne révèlent de nouveaux éléments sur l'affaire Benalla.

L'affaire Benalla est révélée aux Français par le quotidien Le Monde dans un article qui identifie Alexandre Benalla comme le responsable d'une agression qui a été filmée le premier mai de cette année. En marge d'une manifestation dans le Ve arrondissement de Paris, un homme casqué est filmé en train de molester deux manifestants. La vidéo est rendue publique, mais l'identité de l'auteur des violences est inconnue. Elle ne sera révélée que deux mois et demi plus tard.

Depuis, les révélations s'enchaînent, quotidiennement, au point qu'il est difficile de suivre toutes les ramifications de l'affaire, et de débusquer toutes les folles rumeurs qui s'y greffent. Mais même sans verser dans des polémiques incertaines, les faits exposés au travers de cette affaire sont extrêmement graves.

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Beaucoup contestent cette gravité, M. Benalla le premier, ramenant l'affaire au simple "pétage de plombs" d'un individu lors d'une manifestation face à des communistes toujours très paisibles comme chacun sait. Mais les écarts d'Alexandre Benalla vont beaucoup plus loin. Si on parvient à dépasser le simple fait-divers de la manifestation du premier mai, le scandale révèle la contamination d'un système entier par la pourriture du népotisme, des passe-droits, des privilèges, et, bien entendu, l'Omerta.

Ce sont les membres de la majorité qui en parlent le mieux

Emmanuel Macron était porteur d'un authentique espoir en remportant l'élection présidentielle de 2017, l'espoir d'une politique nouvelle dépassant le cadre du bipartisme. Espoir naïf, diront ses détracteurs, mais espoir tout de même. Entre autres choses, Emmanuel Macron promettait bien entendu d'être irréprochable ; l'affaire Benalla - et son traitement par l'Élysée - montre qu'il s'agissait surtout de communication.

Le scandale Benalla touche jusque dans les rangs de la majorité présidentielle, par exemple par la voix de Paul Molac, député LaREM du Morbihan:

[L'élu s'agace] des réponses du ministre de l'Intérieur qui a principalement renvoyé la faute sur le cabinet d'Emmanuel Macron et sur le Préfet de police de Paris. «Je ne crois pas qu'il puisse ne pas être au courant. Il aurait dû être au courant. Soit il l'a été et ne veut pas le dire, soit il ne l'a pas été et c'est tout à fait anormal», a-t-il cinglé.

Au vu des éléments de l'affaire, Paul Molac estime que «les choses se sont décidées à l'Élysée». «Le Président n'a pas à avoir sa propre organisation, en dehors de la loi, en dehors de tout. Nous sommes dans un état de droit, ce n'est pas comme ça que cela doit marcher», a déploré le député du Morbihan, expliquant que cette affaire lui «rappelle des heures un peu sombres», en citant notamment le SAC, le service d'action civique, sorte de «police parallèle» sous De Gaulle. «Comment peut-on se permettre ce genre de chose? Avoir une sorte de milice parallèle, ce n'est pas du tout l'idée que je me fais de la République», a-t-il souligné.

Le député LaREM en viendrait presque à regretter son engagement auprès d'Emmanuel Macron. «Nous avons fait campagne sur le fait que la politique devait être plus propre, et je m'aperçois que c'est le pire du monde d'avant, donc forcément c'est un peu déstabilisant», a-t-il éludé.(...)


De son côté, la députée LaREM de la Manche, Sonia Krimi dénonce sur RTL une "affaire grave":

«On a été élus pour une exemplarité, une probité, une transparence. Il faut être franc: on a balayé tous ces anciens députés, toutes ces personnes qui faisaient des affaires, des micmacs. On les a balayés parce qu'on [avait] promis cette probité, cette transparence et cette exemplarité, en disant “il n'y aura plus d'affaires”. Là on est un peu loin, oui.»


Quand même des élus LaREM sont capables de dépasser la mauvaise foi partisane pour admettre qu'il y a un problème, c'est qu'il y a vraiment un problème. En fait, il y en a deux: les exceptions de la République, sur lesquelles se concentrent l'essentiel des médias, et l'infiltration de celle-ci par des racailles proches des milieux islamistes.

Les exceptions de la République

Reconnaissons-le, la Ve République Française a été fondée par un militaire qui était le premier à ne pas souhaiter se plier aux règles qu'il imposait aux autres. Il y avait clairement le vulgum pecus d'un côté et la glorieuse Administration Publique de l'autre, une galaxie d'agents et de fonctionnaires tous prétendument au service du public, mais surtout hors de sa juridiction. La France inventa même le Droit administratif, c'est-à-dire une longue liste des privilèges que s'octroie l'Administration, pour ancrer cette réalité dans le système juridique.

Cet état d'esprit infusa évidemment à l'intérieur de l'Administration elle-même, où selon leur rang et leurs amitiés, des hauts fonctionnaires s'affranchirent progressivement même de ses règles internes. Il était entendu d'une part que la seule véritable loi était la proximité avec le pouvoir politique suprême - une façon de faire lancée avec succès par Mitterrand - et d'autre part qu'il était hors de propos, dans quelques circonstances que ce soit, de laver du linge sale en public. Le trafic de privilèges et le respect de la loi du silence devinrent les deux règles d'une carrière réussie au sein de l'État français.

La longue liste d'avantages dont bénéficiait Alexandre Benalla est presque un inventaire de tout ce qu'un ambitieux sans scrupule ni honnêteté peut retirer du système. Un homme au faux CV et aux accointances troubles promu lieutenant-colonel de réserve, grand ordonnateur de la garde rapprochée du président de la République, nommé spécialiste expert sur la fonction protection. À 27 ans et au seul bénéfice de sa proximité avec le Président Macron, il reçoit un appartement de fonction au palais de l'Alma, un immeuble classé sur les bords de Seine. Il a une voiture de fonction avec chauffeur et un salaire mensuel de plus de 7'000 euros. Il reçoit un badge d'accès de haut niveau à l'Assemblée nationale, une accréditation secret défense, un permis de port d'armes qui lui a toujours été refusé avant qu'il ne côtoie l'Élysée. Avec les bons contacts, tout devient possible...

Le jour funeste où un militant de La France insoumise, Taha Bouhafs, ruine sa carrière en filmant ses exactions, Alexandre Benalla disposait d'un casque de police, d'un brassard, et d'une foule d'autres avantages. Que répond M. Benalla? Se reposant sur ses études (avortées) en Droit, qu'il n'a fait qu'appliquer l'article 73 du Code Pénal. Une interprétation audacieuse, dirons-nous poliment, qui ne tiendrait pas debout cinq minutes au vu des faits reprochés face à des juges impartiaux ; mais Benalla n'en a cure. Les collaborateurs d'Emmanuel Macron osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît.

Bien entendu, ne sachant gérer correctement une crise politique d'une telle ampleur et ne souhaitant en aucun cas réformer le système, l'Élysée s'embourbe. Les responsables du gouvernement et le Président tentent de rattraper ce qu'ils peuvent, essayent d'appliquer les vieilles méthodes d'écran de fumée et de langue de bois à l'intention de journalistes complices ; mais les gens ne sont plus dupes.

L'affaire Benalla a déversé un tombereau de magouilles, d'impunité et d'abus de pouvoir aux plus hauts niveaux de l'État dans l'actualité, et le flot de révélations n'est probablement pas terminé.

L'infiltration de la République par des racailles proches des milieux islamistes

"Incontrôlables, violents, intouchables : les 7 racailles de l’Elysée" - voilà le titre d'un article de Valeurs Actuelles du 20 juillet de cette année, dont la lecture fait froid dans le dos. Le travail fouillé des journalistes n'a pas pu commencer avec les révélations du Monde deux jours plus tôt, il ne s'agit donc pas de l'exploitation d'un filon qui vient juste de se révéler.

Au moment du passage à tabac, le voyou présidentiel était accompagné d’un autre homme, Vincent Crase, employé de La République en marche et parfois mobilisé par l’Elysée, qui lui a infligé la même sanction dérisoire avant de mettre fin à leur collaboration. Son acolyte est toujours aujourd’hui salarié du parti de la majorité. Encore présent dans le bus des Bleus, lors de la parade sur les Champs-Élysées, Alexandre Benalla « n’a tapé personne », a ironisé le président de la Fédération française de football Noël Le Graët. (...)

Dans le gang des gros bras, Emmanuel Macron a aussi compté dans son entourage un certain Makao, passé des ors de la République au canapé de… Jawad Bendaoud, hébergeur des terroristes du 13 Novembre. Dans une vidéo, diffusée sur Snapchat, en juin, le colosse de 2,13 mètres joue au jeu vidéo FIFA avec « le logeur de Daech ». Ce garde du corps, qui escortait l’impétrant d’En Marche, était même invité à l’Elysée et posait tout sourire avec son « chef », deux jours... avant la soirée pyjama. Une proximité inquiétante que la présidence a toujours refusé de commenter.

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Au cours de la campagne, le candidat Macron n’avait pas en revanche hésité à défendre (en off tout de même) une autre racaille, le sulfureux référent En Marche du Val-d’Oise Mohamed Saou (« Je n’ai jamais été et je ne serai jamais Charlie »), soutien du régime d’Erdogan, versé dans le complotisme et fan de l’islamiste [Collectif contre l'islamophobie en France, CCIF]. « Il a fait quelques trucs radicaux, c’est ça qui est compliqué, mais c’est un type bien Mohamed. Et c’est pour ça que je ne l’ai pas viré ! », l’avait ainsi excusé Emmanuel Macron, saluant même son « travail remarquable ». Lui aussi, suspendu, avait été discrètement réintégré. « Où est le problème ? Il a le droit de ne pas être Charlie », avait justifié à l'époque un conseiller de l’Élysée auprès de Valeurs actuelles.

Dans un autre genre, le président du nouveau monde s’est aussi rapproché de l'humoriste controversé Yassine Belattar. Accusé en décembre par Marianne d'entretenir « le déni de l'islamisme comme le discours sur “les Blancs” et les autres », ce dernier était allé chercher du réconfort auprès du chef de l’État et avait envoyé le SMS suivant à son « frère » Macron : « Visiblement, c’est une nouvelle guerre que lance ce journal, je suis au fond du trou. » Réponse du locataire de l’Elysée : « T’obsède pas. Continue. Les critiques suivent le talent. »

Jugez plutôt : le comique a comparé Thierry Ardisson à un nazi, menacé le père d’un soldat tué par Mohamed Merah, affirmé que « ces hommes blancs de plus de 60 ans sont peut-être la clé du problème » et animé un gala de soutien au CCIF. Interpellé et placé en garde à vue, en février dernier, après avoir insulté un policier, en marge d’un déplacement d’Emmanuel Macron, il sera pourtant récompensé pour l’ensemble de son œuvre en intégrant quelques semaines plus tard le conseil présidentiel des villes, lancé en faveur des « quartiers populaires » par le chef de l’Etat, avant d’être reçu, lui aussi, en réunion à l’Elysée...


L'Entrisme est pratiqué depuis longtemps par bien d'autres que les Trotskystes originels, et la victoire surprise de Macron a donné un beau cheval gagnant à toute une galaxie d'opportunistes, certains proches des milieux radicaux islamistes. Ils sont bien récompensés en retour. La fidélité au clan, la naïveté et l'aveuglement du Président Macron auront permis à ces gens d'accéder comme jamais aux plus hauts sommets de l'État. Associé aux passe-droits dont ce monde est coutumier, le mélange est explosif.