20 mai 2015

Les Suisses, bons à décapiter?

"Les Suisses ne sont bons qu'à être décapités", proclame un certain Oussama M., Irakien incarcéré en Suisse. Les autorités fédérales, décidément très remontées, ont décidé de "prolonger une nouvelle fois sa détention", explique le Matin. Pas de jours-amende avec sursis ni de réhabilitation aux petits oignons pour le vilain petit canard du vivre-ensemble métissé et festif - en tout cas, pas pour l'instant.

daesh.jpgPadamalgam™, double dose

Sans doute pas au courant que l'islam-ce-n'est-pas-ça (on attend avec impatience le débat télévisé entre un frère Ramadan et ce genre d'olibrius) l'individu explique au Tages Anzeiger qu'il n'y a pas lieu de perdre du temps à essayer de convertir les infidèles: "Les chrétiens suisses ne sont bons que pour la décapitation, pas pour le prosélytisme". On a beau être promis au paradis, il faut utiliser son temps efficacement. D'ailleurs Oussama se préparait à joindre le geste à la parole:

Pour les autorités suisses, Oussama M. était clairement en train de préparer une action en Suisse pour le compte de l'organisation terroriste avec l'aide de deux complices. L'Irakien «est totalement en phase avec les activités de l’État islamique et se considère comme un de ses membres», écrit le Tribunal pénal fédéral. Il se décrit comme un combattant respecté qui a participé à des batailles.


Heureusement, c'est probablement un loup solitaire, le genre de type qui devient méchant à coup de vidéos sur Youtube alors qu'avant il était gentil comme tout et disait bonjours à ses voisins lorsqu'il les croisait dans l'escalier... Rien qui justifierait, par exemple, une remise en question de la politique d'asile habilement conduite par notre conseillère fédérale socialiste Mme Sommaruga... Oups!

Oussama M. a été accueilli en Suisse après une grave blessure en Irak. Il souhaite retourner dans son pays une fois sur pied. Actuellement, il se déplace en chaise roulante. Et même s'il a été soigné et qu'il touche l'aide sociale, il est virulent (sic) avec la Suisse. Selon les autorités fédérales, l'accusé a apporté son soutien à l’État islamique, notamment pour des transferts de fonds. Il aurait aussi eu des contacts avec un membre influent Abu al-Muhajir Akkab, recherché par Interpol. Oussama M. était aussi chargé de mettre en place une cellule terroriste en Suisse chargée de préparer des attentat ici ou en Allemagne.


padama10.jpgLa Suisse est tellement accueillante qu'elle soigne et entretient des gens qui avouent ouvertement leur souhait de décapiter ses habitants! A-t-on jamais vu plus merveilleuse démonstration d'hospitalité? Mais ne vous inquiétez pas outre mesure des propos tenus! Force restera à la loi:

L'Irakien, comme ses deux complices, clame leur innocence depuis des mois. Aucune de ses demandes de libération ne lui a été accordée. En fait, sa détention préventive vient même d'être prolongée jusqu'au 20 septembre au moins.


Prend ça, vil islamiste! Ça calme, hein? Face à un type qui a probablement vu (et commis) des atrocités sans nom en Syrie et en Irak, la perspective d'être incarcéré "jusqu'au 20 septembre au moins" dans une confortable cellule helvétique - à la superficie scrupuleusement conforme aux Droits de l'Homme - doit probablement être terrifiante, faisant vaciller toutes ses convictions.

Ce triste entrefilet de la presse locale n'est qu'un exemple parmi tant d'autres d'une guerre qui gagne en intensité non seulement en Suisse mais dans l'ensemble du monde occidental, et ce d'autant plus que le flot de réfugiés "syriens" que Mme Sommaruga accueille à bras ouverts avec l'argent des contribuables comporte son lot de combattants de l’État Islamique.

La myopie ordinaire

Sans transition, prenons l'exemple imaginaire, mais inspiré de la réalité, de Martine. Martine se définit elle-même comme une amoureuse de la nature ; Martine concrétise cet amour dans un respect scrupuleux des directives officielles édictées par les écologistes et religieusement retransmises par les médias de masse. Martine mange Bio autant qu'elle peut, consomme local, recycle, ne laisse pas ses appareils en veille quand elle y pense, et se maudit intérieurement plusieurs fois par semaine lorsqu'elle est contrainte d'utiliser sa voiture.

Naturellement, Martine vote écolo - les mêmes qui réclament l'accueil de 100'000 réfugiés syriens dans le pays.

Bernard, lui, est fonctionnaire. Employé dans la prestigieuse administration cantonale de Fribourg, son travail est routinier mais finalement confortable. L'argent rentre, il a droit à ses vacances, ses chèques Reka, l'accès à la cantine du personnel. Il ne se foule pas trop mais s'entend bien avec son supérieur, ça compense. Sa progression salariale est garantie et chaque année ses copains syndicalistes réussissent à grappiller un petit plus par-ci ou par-là.

Depuis quelques temps, Bernard dort mal. Sa petite commune de Chevrilles a été sélectionnée par Mme Sommaruga pour implanter un nouveau (et énorme) centre d'accueil pour requérants. Il se demande quel effet cela aura sur la valeur de sa maison et les trajets qu'effectuent quotidiennement ses deux filles. Naturellement, cela ne l'empêchera pas de continuer à voter socialiste.

Thomas, enfin, est un rebelle. Il ne supporte pas les normes sociales rigides. Il se plaint sans arrêt que la Suisse "ne bouge pas assez", qu'elle est trop "réactionnaire" et que sa vie est un carcan. Il rêve d'un revenu universel qui lui permette une vie tranquille avec son copain, bière à volonté et un peu de deal d'herbe au noir comme complément. Il en fume aussi, tant pour oublier ses études qui ne décollent pas que pour mieux planer avec sa musique où on rêve d'un monde ouvert, beau et généreux où tous les humains se tendent la main.

Si Thomas est homosexuel, il ne s'en vante pas - et encore moins depuis vendredi dernier, où il s'est laissé submerger par l'émotion en embrassant son ami devant la gare de Zurich. Il était tard, ils devaient se quitter, mal leur en a pris. Une douzaine d'individus désœuvrés et visiblement étrangers les a vigoureusement houspillés. Les baffes ont commencé à pleuvoir et la situation manquait de dégénérer jusqu'à l'arrivée providentielle d'une patrouille de police qui dispersa l'attroupement. Depuis, Thomas s'efforce de ne plus penser à cet incident troublant, de peur de remettre en question sa vision du monde où l'UDC est le principal obstacle sur le chemin du bonheur.

Responsabilité électorale et priorités

La vie est faite de choix. Nous nous faisons une fierté de proclamer que ces choix sont l'écho de nos valeurs, de notre époque et de notre histoire personnelle ; ce n'est pas toujours vrai. Souvent, ces choix sont aussi les conséquences de notre conformisme, de nos habitudes ou de notre refus d'admettre un problème.

Les exemples de Martine, Bernard ou Thomas n'ont rien de particulier - on pourrait les décliner à l'infini. Mais chacun d'eux aura un petit souci: définir l'ordre de ses priorités face à la menace islamique incarnée par exemple par Oussama. Il y a les choix qu'on fait, mais aussi ceux qu'on refuse de faire.

  • La Suisse est-elle menacée davantage par l'islamisme ou par le réchauffement climatique?
  • La Suisse doit-elle privilégier l'accueil de faux réfugiés ou le respect de son cadre de vie?
  • Comment la Suisse peut-elle promouvoir le respect des homosexuels ou l'égalité homme-femme face à des populations allogènes totalement hostiles à ces concepts?
  • Que vaut la loi des hommes, la démocratie, la liberté d'expression, face à ceux pour qui la seule loi qui vaille est la loi d'Allah? Quel sens y a-t-il à les laisser s'installer sur notre territoire?
  • Quel sens y a-t-il à vouloir renvoyer les criminels étrangers dans leur pays, refuser l'accès à un flot de faux réfugiés, instaurer des quotas pour l'immigration lorsque les autorités élues par ces mêmes citoyens refusent par principe tout contrôle des frontières?

Ces interrogations dérangent - tant et plus que trois-quart des électeurs, et je suis généreux, s'efforcent surtout de ne pas se tourmenter avec des questions de ce genre.

La politique de l'autruche est aussi décriée qu'elle est pratiquée. Si nombre d'élus suisses ont clairement choisi leur camp, la responsabilité finale de leur accès au pouvoir incombe à l'électeur et à nul autre.

« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime, il est complice. »

George Orwell


Pas besoin d'être devin pour comprendre qu'en Europe la situation va aller en s'aggravant: hordes de requérants d'asile, crise économique, islamisation, guérillas urbaines. L'ère de l'insouciance heureuse est terminée et chaque jour il devient plus dangereux de continuer à faire comme si.

L’État Islamique n'a pas encore un an

Voyant l'évolution des crises dans la période 2010-2015 et leur accélération stupéfiante rien que depuis le début de l'année, on s'effraie à penser à ce que sera devenu le monde en 2020 à ce rythme. Bien avant, nous aurons sans doute d'autres chats à fouetter que l'organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse.

La Suisse n'a plus guère les moyens de continuer à ignorer les problèmes, ou ceux-ci finiront par l'emporter. Mais la prise de conscience requiert le réveil des citoyens, une vision claire des enjeux, et un engagement fort pour appliquer des solutions concrètes. Nous reste-t-il, en tant que peuple, assez d'énergie et de volonté pour organiser notre propre survie? Ou les réglementations sur le ramassage des déchets sont-elles l'aboutissement de notre projet de civilisation?

Nous aurons les réponses à ces questions lors des élections fédérales de cet automne. Je ne vais pas vous mentir, les perspectives ne sont pas bonnes. Si au bout du compte nous nous destinons à n'être que du bétail pour islamistes, c'est aussi parce que nous en aurons décidé ainsi.

07 janvier 2015

Massacre à Charlie Hebdo

Si vous aviez suggéré à Cabu, un dessinateur plus ancien que le Club Dorothée, qu'il mourrait début 2015 sous les balles d'une bande d'islamistes en maraude, il aurait sans doute éclaté de rire.

france,terrorisme,islam,médias,liberté d'expressionC'est pourtant ce qu'il vient d'advenir aujourd'hui à Paris dans les locaux de Charlie Hebdo. Les dessinateurs Charb, Wolinski, Cabu et Tignous sont morts. Parmi les autres victimes, deux policiers dont un chargé de la sécurité de la place. L'attaque fut planifiée le mercredi en fin de matinée lors d'une réunion de rédaction, s'assurant de la présence de toutes les cibles. Les assaillants déjouèrent les codes de sécurité, purent tirer sur leurs victimes pendant plusieurs minutes et parvinrent même à s'enfuir. A l'heure où ces lignes sont écrites, ils courent toujours, insulte finale aux forces de police.

Mené à Paris en plein jour et contre la caste ô combien soudée des journalistes, l'attentat a reçu une résonance médiatique maximale à l'échelle mondiale.

La France avait pu se croire à l'abri mais cette sécurité était illusoire. Trop longtemps le danger terroriste islamique était nié ou minimisé. Les jeunes fous partaient en Syrie et n'en reviendraient pas ou seraient arrêtés à leur retour, pensait-on. On n'aurait à craindre que de rares attaques de "loups solitaires" impossibles à profiler. La réputation des services de renseignement était sans tache, Vigipirate - instauré en 1995 - ferait le reste. Dans l'esprit des gens, les attentats envisagés sur sol français auraient porté avant tout contre des intérêts étrangers installés sur le sol hexagonal - des ambassades étrangères, des synagogues, des juifs et leurs écoles. Pas vraiment des français "normaux", encore moins des journalistes, et surtout pas des gauchistes. Ces perspectives étaient tout simplement inenvisageables.

La France se réveille d'une somnolence coupable. Le réveil est rude.

De nombreuses personnalités musulmanes se sont immédiatement mises en mode damage control pour limiter la casse médiatique, chantant sur tous les tons que ces terroristes se réclamant de l'islam portent tort à l'image de la communauté musulmane. C'est évidemment vrai. En revanche, aucun n'expliquera jamais en quoi ces islamistes auraient eu tort selon leur religion d'agir ainsi, et pour cause: violence et agression sont des valeurs fondamentales de l'islam.

Rien ne dit que les islamistes seront rapidement retrouvés. Ils peuvent compter sur d'innombrables sympathisants. Il suffit de voir comment certains ont réagi sur Twitter:

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Certains s'indignent moyennement, dira-t-on

Tout le monde n'aimait pas Charlie Hebdo, et parmi ces gens certains n'aimaient pas Charlie Hebdo à cause des caricatures anti-islamique qu'il publiait souvent. Il existe dans notre société actuelle des règles non-écrites en matière d'humour: il est autorisé de se moquer des catholiques, des politiciens de droite, des politiciens de gauche (avec tendresse ou seulement s'ils sont vraiment détestés), des hétérosexuels, des Américains et des riches. Il est nettement plus malaisé de se moquer des homosexuels, des immigrés, des arabes, des noirs, des juifs, des journalistes ou, enfin, des musulmans.

terrorisme,liberté d'expression,islamSi Charlie Hebdo tenait un peu la ligne ci-dessus, il empiéta fortement hors de la zone de confort humoristique en abordant le sujet des caricatures de Mahomet, puis en osant régulièrement en remettre une couche. Le rappel au règlement vient de tomber. Quelqu'un osera-t-il encore se moquer de l'islam demain? Des caricaturistes prendront-ils toujours leur plume pour faire une satire de Mahomet ou de toutes les absurdités contenues dans le coran? Voilà la question que tous les journalistes avides d'introspection devraient poser à leurs confrères sur les plateaux de télévision, voilà la question que Darius Rochebin ne posera pas au dessinateur Barrigue dans son interview au journal ce soir.

Les caricaturistes et autres dessinateurs de presse se définissent volontiers comme des rebelles courageux ; nous verrons, demain et les autres jours, ce qu'il en est. En France et dans les autres pays européens, se moquer de l'islam ne comporte pas exactement les mêmes risques que tourner en ridicule le Pape François. Remerciez des décennies de politique migratoire. Quant à la liberté d'expression érigée aujourd'hui en principe fondamental, il est on ne peut plus savoureux d'en entendre tant de bien en France ou en Suisse de la part de gens qui en sont les fossoyeurs.

Lorsque François Hollande s'est rendu sur les lieux, il n'était pas accompagné d'un officier du renseignement, d'un général de l'armée ou même d'un préfet de police ; il était avec de son conseiller personnel en communication. Voilà le genre de réponse immédiate que nos autorités sont capables de délivrer. Comme d'autres lieux jugés sensibles, les locaux de Charlie Hebdo étaient sous la protection d'une surveillance policière discrète ; pas de quoi stopper l'assaut surprise d'une équipe d'islamistes soigneusement préparée, cependant. Cela relativise quelque peu le sentiment de sécurité que les autorités tentent d'instiller en plaçant le plan Vigipirate au niveau "alerte attentat" - à moins que ce ne soit "rouge clignotant", "feu divin" ou n'importe quelle autre dénomination que le service marketing du gouvernement aura jugé appropriée.

Charlie Hebdo était un journal satirique aussi irrévérencieux que provocant. Je pensais un moment à un titre digne de lui et de son prédécesseur Hara-Kiri, comme "Gags en rafale à Charlie Hebdo: Douze morts" mais combien de gens se seraient offusqué avec raison de cet hommage douteux? L'humour n'est pas drôle lorsque l'on parle de la mort des siens et que les corps sont encore chauds. Mais si les cadavres du jour s'étaient compté dans une église ou dans les locaux de Minute, le journal d'extrême-droite honni, Charlie Hebdo n'aurait guère hésité à faire dans la faute de goût.

C'est là sans doute que se révèle la véritable leçon du jour: être de gauche ne protège pas des islamistes. Vous êtes encarté chez les socialistes ou les communistes? Vous êtes ami du "peuple palestinien"? Vous exécrez les juifs et souhaitez tout le mal du monde à un type comme Zemmour? Pas de problème. Vous aurez droit à la mort à votre tour, comme tous les autres chiens d'infidèles.

La leçon est certainement choquante pour beaucoup de belles âmes à Paris et ailleurs, qui pensaient peut-être qu'arborer un keffieh, cuisiner "exotique" et célébrer la diversité les sauveraient de la folie meurtrière des islamistes. Il n'en est rien. Projetant trop loin son goût partagé pour la destruction de la civilisation occidentale, le gauchiste de base peu regardant sur ses amitiés pourvu que l'autre haïsse l'Occident autant que lui oublie que les musulmans (et les islamistes en particulier) n'ont rien de cool. Ils sont croyants, et n'allez pas brandir votre athéisme sous le nez. Ils ne tolèrent pas le mariage gay. Ils ne veulent rien entendre de l'égalité homme-femme. Ils ne pardonnent pas - et pratiquent volontiers la mutilation, la décapitation, la lapidation et d'autres peines lourdes et sans rémission, assez loin des jours-amende-avec-sursis dont nos progressistes post-modernes sont si friands.

Le massacre de l'équipe éditoriale de Charlie Hebdo est là pour le rappeler. La gauche se berce d'illusions en croyant partager des valeurs avec ces gens-là, c'est ce que crient des gens comme Riposte Laïque depuis des années à la gauche officielle - celle-là même dont les spins doctors et autres spécialistes en communication travaillent d'arrache-pied pour remodeler la réalité. Dès demain, ils nous expliqueront que le massacre qui vient d'avoir lieu dans les locaux de Charlie Hebdo par des islamistes aux cris de Allah Akbar n'a rien à voir avec l'islam.

Ils endormiront le peuple, ils savent le faire - jusqu'à la prochaine attaque.

27 décembre 2014

Islamofolie

France, gendarmerie du Roussillon, dans l’Isère, à la limite de l’Ardèche: Trois blessés dans une gendarmerie "par un déséquilibré armé d’un couteau criant Allah Akbar". L'homme, trentenaire employé dans une société de chimie, se livra à cette attaque trois jours après être rentré d'un pelérinage à la Mecque, voyage au cours duquel "il avait considérablement changé de comportement de l’avis même de ses proches", comme le rapportent les journalistes d'un quotidien régional. Mais c'était en mai 2013 - médiatiquement, autant dire le siècle passé.

france,islam,terrorisme,folieFrance, Joué-lès-Tour, attaque d'un commissariat cette fois-ci, encore aux cris de Allah Akbar. Le 20 décembre, il y a quelques jours à peine. Le forcené blesse trois policiers avant d'être abattu. Les premiers éléments de l'enquête privilégient la piste de l'islamisme radical pour expliquer les motivations de Bertrand Nzohabonayo, l'agresseur, converti à l'islam trois ans plus tôt. Il avait publié une photo du drapeau de l'organisation Etat islamique sur son profil Facebook deux jours avant de passer à l'acte.

France, Dijon, le lendemain. Un "déséquilibré" fonce dans la foule avec sa Clio, fauchant onze passants, encore une fois aux cris de Allah Akbar. Mais tout va bien: c'est un simple déséquilibré, suivi en hôpital psychiatrique, explique une source policière.

France, Nantes, le 22 décembre. Une voiture folle fonce sur le marché de Noël en faisant plusieurs blessés. A noter que le marché, situé en zone piétonne, n'est accessible aux véhicules qu'avec un badge permettant d'abaisser des bornes. Mais le lendemain, tout va bien: c'était un simple conducteur ivre - 1,80g d'alcool par litre de sang - et les cris de Allah Akbar n'étaient que le fait de Mohammed qui passait par là et avait laissé s'échapper, un peu fort, une exclamation de circonstance alors qu'il tentait de venir en aide... Au conducteur.

Le point commun entre tous ces événements? Ils n'ont aucun rapport avec l'islam.

Croire autrement serait faire preuve de simplisme, voyez-vous. Les journalistes de garde ont immédiatement entamé un ingrat travail de mise en contexte pour expliquer par exemple dans le cas de l'attaque du commissariat de Joué-lès-Tours que les motivations de l'individu n'ont rien à voir avec le terrorisme islamique. Depuis, ils vont plus loin, allant jusqu'à proclamer qu'aucune de ces attaques n'a le moindre rapport ni avec des actes de mimétisme, ni avec une quelconque loi des séries, ni avec le terrorisme islamique bien évidemment.

La faute à pas de chance, en somme. Ne riez pas, avec quelques semaines de ce matraquage (si l'actualité n'offre pas de piqûre de rappel) le message passera comme une lettre à la poste. L'homme qui s'avisera d'aborder en société le sujet des islamistes européens se verra immédiatement rabroué par force haussements de sourcils et les commentaires assassins qui vont de pair: "ce sont des malheureux qui ont besoin de notre aide, voyons."

Mais quelque part, et malgré tous les efforts visant à la faire paraître autrement, la réalité existe. Comme l'explique dans les colonnes du Figaro Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et directeur général du CAT (Centre d'analyse du terrorisme), les attaques subies par la France sont indiscutablement des actes de terrorisme: 

On a affaire à une attaque criminelle sur des civils ou des symboles de l'Etat, au nom d'une cause symbolisée par le cri «Allah Akbar». Le mode opératoire, de plus, correspond exactement au message diffusé depuis septembre par l'Etat islamique, qui demande à tous ceux qui ne peuvent le rejoindre de frapper les pays de la coalition, dont la France, sur leur propre territoire.


La France n'est pas le seul pays frappé. Rappelons les attentats subis par le Canada en 2014 (deux soldats tués par une voiture, et un tireur fou au Parlement d'Ottawa) qui ont marqué la population locale au point de définir ces deux événements comme les nouvelles les plus importantes de l'année. D'autres pays du monde, jusqu'en Australie, ont subi des attaques selon des procédés remarquablement similaires: prises d'otage, tireur fou, assaut avec une voiture... Et toujours des revendications islamistes. A chaque fois on nous parle de loup solitaire. Une meute de loups solitaires!

Le terrorisme frappe les esprits. Il plonge les victimes dans la prostration et diffuse un sentiment de panique à travers toute une population. Ces conséquences psychologiques constituent son principal objectif. Le terrorisme - islamique ou autre - ne vise pas à détruire une population entière, il en serait bien incapable, mais à susciter stupeur et passivité auprès de tout le monde, étouffant peu à peu toute velléité de résistance individuelle. Chacun n'ambitionne plus rien d'autre que de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment.

Qu'il soit accompli par des faibles d'esprit n'a guère d'importance ; la question n'a d'intérêt que pour les tribunaux et les juges d'application des peines. Là encore, les islamistes ont une longueur d'avance puisque tous les kamikazes sont par définition suicidaires... Un exemple parmi tant d'autres de l'inadéquation entre la justice occidentale et l'état d'esprit médiéval de fanatiques légèrement débiles cherchant le salut dans le sacrifice. Si d'aventure un authentique malade est partant, il n'aura quant à lui qu'à crier la formule magique au sommet de son délire pour donner une dimension politique à son acte pathologique.

Suivant une longue dérive hygiéniste de la justice occidentale où les formes les plus extrêmes du mal ne sauraient être que les conséquences d'une forme d'affection de l'esprit, l'avis d'un psychiatre pèse bien plus sur l'issue d'un procès que les plaidoiries du procureur. Le résultat? Si vous êtes fou, vous pouvez tout vous permettre.

La synergie entre islamisme et maladie mentale est promise à un bel avenir. Elle garantit aux terroristes - s'ils survivent à l'excitation du moment - d'avoir une porte de sortie des plus agréable avec aménagements de peine, soins particuliers et d'immenses efforts de réintégration, le tout payé par l'argent de ceux qu'ils combattent. Difficile de faire mieux.

Que nous réserve l'avenir? Là encore le docte M. de Montbrial nous donne un plaisant aperçu de la vie qui nous attend dans nos sociétés vaincues, tant que nous refuserons de réaliser que nous sommes en guerre:

Chacun doit continuer à vivre normalement, en s'habituant toutefois à être particulièrement vigilant dans les lieux publics.


La prochaine fois que vous entendrez des coups de feu et des détonation aux cris de Allah Akbar, n'appelez pas la police mais juste une ambulance: un pauvre hère dans les alentours a visiblement besoin de soins.

Si les islamistes sont aisément défaussés comme fous, nos gouvernements souffrent, eux, de déni. Le mal n'est pas moins grave.

18 septembre 2014

A nos musulmans de Suisse

"Respect à nos musulmans de Suisse", lance Pascal Décaillet sur son blog.

mosquee_petit_saconnex.jpgEst-ce son appui immodéré pour Mauro Poggia qui le fait s'exprimer ainsi? Sur ce sujet sur lequel il rumine depuis des mois, "des années même" , il s'inquiète du "niveau d'inculture" de ceux qui débattent de l'islam dans l'espace public, rappelle la proximité entre les religions du Livre, et fait en fin de compte tristement étalage de sa méconnaissance (si ce n'est touristique, peut-être) de l'islam, à commencer par croire qu'il ne s'agit que d'une religion.

Il est vrai que M. Décaillet a été à bonne école, soumis pendant quelques années à un prêtre catholique infiniment respectueux de l'islam, dans cette attitude post-Vatican II si typique d'une église qui cessa de croire en elle-même et dans la vérité de son message.

Maintenant, j’ai aussi moi-même un respect infini pour les musulmans:

  • qui concèdent que le droit civil l’emporte sur la charia et le droit divin, estiment que la pratique de la religion est une affaire aussi privée que personnelle et que l'islam n'a pas a régir le fonctionnement de la société civile ;
  • qui aiment leurs filles et respectent leurs choix de sortir avec des non-musulmans et éventuellement de les épouser sans qu'ils n'aient à se convertir ;
  • qui voient la sunna comme un carcan de superstitions d’un autre âge ; qui concèdent que le jeûne du ramadan est plus une tradition qu’une obligation, et qui ne feraient jamais une remarque à un coreligionaire décidant de ne pas le suivre ;
  • qui respectent les femmes, refusent de voir filles et épouses comme du bétail à voiler pour les préserver de la prétendue convoitise des hommes ;
  • qui ne voudraient pas d'un minaret à leur mosquée, comme d'ailleurs des milliers de mosquées dans les pays musulmans eux-mêmes ;
  • qui admettent que le retard de développement du monde musulman est largement lié à la pratique de cette religion, et qu'être musulman n'est gage d'aucune forme de supériorité ;
  • qui célèbrent et acceptent l’égalité homme-femme et la monogamie telles que les conçoivent la civilisation occidentale ;
  • qui ne voteraient jamais pour des musulmans sur la base de cette seule qualité ;
  • qui reconnaissent le droit d'Israël à exister, et ont eux-mêmes des amis juifs ;
  • qui s'indignent des exactions commises par des islamistes et manifestent publiquement pour les dénoncer ;
  • qui respectent la conversion d'un musulman à une autre religion avec autant de fatalisme qu'ils éprouvent de joie à convertir un nouveau fidèle à l'islam ;
  • qui se font la voix de la modération dans leur communauté et n'hésiteraient pas à coopérer avec la police s'ils entendaient dans leur mosquée le moindre prêche incitant à la haine ;
  • qui seraient capable de m'expliquer pourquoi tant de bouchers massacrant dans différentes guerres civiles partout autour du globe insistent tant pour se réclamer de l'islam alors que leur pratique de cette prétendue "religion de paix" est si diamétralement opposée à la leur ;
  • qui rient des caricatures de Mahomet, parce qu’elles sont drôles.


Et ce, qu'ils viennent de Suisse ou d'ailleurs.

J'ai la chance de connaître une poignée de musulmans helvétiques qui se rapprochent de cette liste sur certains aspects, mais pas tous. Bizarrement, ils sont très humbles quant à leur approche modérée de leur religion et s'efforcent de rester discrets. Pour leur défense, il faut bien reconnaître que les quelques croyants correspondant à tous ces critères dont j'ai pu entendu parler ailleurs en Europe vivent généralement sous protection policière, s'étant fait remarquer par des coreligionnaires moins ouverts d'esprit. Tout cela est très curieux.

Mais comme annuellement des centaines de milliers de nouveaux immigrés musulmans s'ajoutent en Europe à ceux qui y sont déjà installés, les perles rares ne tarderont pas à se révéler. Plus il y a de musulmans, plus ils glissent vers la modération. C'est la logique même, n'est-ce pas?

En attendant, je me réjouis de pouvoir un jour rencontrer quelques-uns de ces musulmans genevois si dignes de respect évoqués par M. Décaillet.

J'ose juste espérer qu'il ne faisait pas référence aux frères Ramadan.

01 juillet 2014

Interdire le voile islamique, oui mais...

La décision de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) était attendue aujourd'hui et les juges de Strasbourg se sont prononcés: oui, il est encore possible, en Europe en 2014, d'interdire la burqa et le niqab.

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La CEDH était saisie par une musulmane française refusant de payer l'amende de 150 € infligée au nom de la loi de 2010 sur le port du voile intégral, loi qui avait en son temps défrayé jusqu'au Conseil Constitutionnel.

La CEDH avait précédemment autorisé la France à interdire le foulard dans les établissements scolaires ; mais ce qui semble un renforcement de la jurisprudence n'en est pas un, car si l'interdiction précédente avait effectivement été acceptée au nom de la laïcité, il en est tout autrement du jugement de ce jour où l'aspect utilitariste de la mesure est le seul argument retenu. L'explication des juges est limpide à ce sujet:

"Consciente que l'interdiction contestée pèse essentiellement sur une partie des femmes musulmanes, elle relève qu'elle n'affecte pas la liberté de porter dans l'espace public des habits ou éléments vestimentaires qui n'ont pas pour effet de dissimuler le visage et qu'elle n'est pas explicitement fondée sur la connotation religieuse des vêtements mais sur le seul fait qu'ils dissimulent le visage."


En résumé, la Cour admet l'idée d'une interdiction de dissimuler le visage tant que cette interdiction ne cible pas "une religion en particulier". Cette ligne bizarrement tracée est le fait du gouvernement français lui-même, qui plaida que l'interdiction s'appliquait tout autant aux gens masquant leur visage à l'aide d'une cagoule ou d'un casque de moto. Les réunions d'indépendantistes corses et les attroupements sur le circuit moto du Bol d'Or sont astucieusement couverts par la loi française...

Il est donc possible d'interdire le port de la burqa et du niqab au nom d'une interdiction générale de se masquer le visage en public - clin d’œil, clin d’œil.

S'il s'agit indéniablement d'une bataille perdue par les prosélytes islamistes, elle est loin d'augurer d'une défaite finale, pour deux raisons.

La première tient à la faiblesse de l'Etat français sur son propre sol. Les banlieues françaises à la dérive sont tout sauf des zones de "non-droit", mais au contraire très organisées avec un droit local parfaitement respecté - malheureusement sans grand rapport avec celui de la République... Loin de disparaître, la présence de femmes intégralement voilées dans tel ou tel quartier sera donc un excellent indicateur de la déliquescence de l'autorité en titre. Quant aux policiers de passage, on verra avec quel empressement ils verbaliseront ces contrevenantes très visibles ou se contenteront de fermer les yeux, admettant leur renoncement à la vue de tous.

La seconde tient à l'aspect juridique lui-même. La loi contre la dissimulation du visage dans l'espace public, selon sa dénomination officielle, a été conçue expressément à l'encontre des femmes voilées, qu'elles y soient forcées par leurs maris extrémistes ou qu'elles le soient elles-mêmes, mais tourne autour du pot en évitant toute mention de femme, de voile, ou d'islam. Il est clair que l'emploi de termes pareils aurait rendu le dossier beaucoup moins recevable au yeux des juges de la CEDH, et ceci devrait tous nous inquiéter.

Il n'est jamais bon d'introduire l'hypocrisie dans les textes de loi. Non seulement elle rend encore plus complexe les nuances entre sa lettre et son esprit, mais elle traduit aussi une impuissance contradictoire à la notion même de loi. Imagine-t-on un code pénal où on s'interdit le féminin pluriel ou les verbes du deuxième groupe? Absurde, assurément. Mais que penser d'une loi anti-islamiste dont le texte se refuse à nommer le sujet réel? Et surtout, pourquoi s'imposer cette censure?

On peut penser que le législateur français, pas né de la dernière pluie, envisageait déjà les probables frictions que la loi entraînerait lors d'éventuels recours à la CEDH, ce qui dédouane celui-ci mais pas celle-là. On peut aussi penser qu'il avait en tête les troubles consécutifs à une loi trop explicite dans certaines enclaves incontrôlables de son territoire. Ce n'est pas plus rassurant.

La CEDH donne raison à la France mais seulement du bout des lèvres. L'institution n'aurait peut-être pas pris autant de gants face à un gouvernement moins influent comme la Grèce ou le Danemark. La brèche ouverte en direction d'une interdiction du voile islamique est très étroite ; elle ne tient qu'à des tournures de phrase et à la volonté de ne pas infliger un revers à un pays majeur de l'Union Européenne.

Si les prochains pays à tenter d'interdire le port du voile islamique ne peuvent même pas l'écrire en toutes lettres dans leurs propres lois, qu'il s'agisse d'auto-censure où de la posture pro-islam de l'autorité suprême que représente la CEDH, les islamistes auront démontré qu'ils influent directement sur l'esprit du législateur. Ils n'auront même plus besoin du prétexte du voile - ils auront remporté la partie.

12 juin 2014

Longue vie au Djihadistan

En Irak, après des années de lutte "traditionnelle" (dans le sens islamiste du terme, c'est-à-dire bombes humaines et explosions aveugles sur les marchés aux légumes) les éléments d'al-Quaeda sur place ont fait jonction avec leurs collègues combattants du mouvement de l'État islamique d'Irak et du Levant (EIIL) venus de Syrie. Ils sont passés à la vitesse supérieure, s'emparant de Mossoul mardi puis de Tikrit, à 160 km de Bagdad, en un rien de temps. La capitale semble en ligne de mire.

Lorsque les islamistes attaquèrent, les courageux défenseurs de l'Etat irakien, après avoir abandonné armes, munitions et casernes dans le plus grand désordre, s'empressèrent de frapper à toutes les portes. Ils réclamaient aux civils des vêtements de rechange pour pouvoir s'éclipser discrètement.

Avec des gens aussi motivés pour défendre l'Irak, on comprend que les jours du pays soient comptés.

humvees.jpgLa prise de Mossoul fut financièrement intéressante, puisque les islamistes y récoltèrent 429 millions de dollars - dont une partie en or, excusez du peu - auprès de la banque centrale malheureusement située en ville.

Voyons le bon côté des choses: pendant les quelques prochains mois, plus besoin de s'embêter à capturer des journalistes et plus besoin, pour les Occidentaux, de se tortiller à expliquer que "bien sûr" personne ne paie jamais de rançon pour récupérer des otages. Enfin, une fois que le sort des 49 otages turcs détenus par EIIL, dont trois enfants, aura été décidé.

Les islamistes d'EIIL sont nombreux et bien équipés. Depuis peu, ils pourraient disposer de plusieurs hélicoptères Black Hawk américains capturés en même temps que l'aéroport de Mossoul, qui s'ajouteront avec bonheur aux Humwees blindés dont ils disposaient déjà. Mais ces ajouts certes prestigieux ne sont que la cerise sur le gâteau d'un armement emporté en Irak au nom de la rébellion en Syrie.

Le célébrissime sketch des Inconnus garde toujours sa pertinence. Transposé à l'actualité, nous avons d'un côté le bon islamiste, celui qui lutte pour établir la domination globale de l'islam, et le mauvais islamiste, qui lutte aussi pour la domination globale de l'islam, mais mal... Voyons un résumé de la vision française en la matière, qu'on peut aisément répliquer pour de nombreux pays:

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C'est clair, non?

Comment en sommes-nous arrivés là? Simplement parce que nos leaders se sentent obligés de décider que dans chaque conflit il y a des "gentils" et des "méchants" et bien entendu, parce qu'ils ont l'interventionnisme dans le sang, d'y mêler leur gouvernement. Ainsi, en Syrie, de gentils-islamistes s'opposent au méchant Bachar el-Assad. Ils sont gentils parce qu'ils sont soutenus par Bernard-Henry Lévy pour la France et Barack Obama pour les Etats-Unis. Et encore, M. Obama est un tiède, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton pressentie pour lui succéder au nom du camp démocrate regrette qu'on ne les ait pas soutenu davantage:

Dès les débuts du conflit syrien, qui, en un peu plus de trois ans, a fait plus de 162 000 morts, elle assure avoir été convaincue qu'armer et former les rebelles était la meilleure des solutions pour contrer les forces de Bachar Al-Assad. « L'action et l'inaction comportaient toutes deux des risques élevés, [mais] le président [Obama] était enclin à maintenir les choses en l'état et non à aller plus loin en armant les rebelles », continue l'ancienne chef de la diplomatie américaine.


Si elle emporte les prochaines élections présidentielles, gageons que les islamistes d'EIIL pourront directement demander les pièces de rechange pour leurs véhicules blindés et leurs hélicoptères de combat capturés auprès de la Maison Blanche, qui transmettra.

Il faut être un bureaucrate de Washington de premier ordre, avec une carrière passée à lisser soigneusement de son arrière-train le cuir de son siège, pour ne pas comprendre que les islamistes franchissent les frontières et exportent avec eux leur guerre délirante, peu importe les qualités dont on veut les parer. En allant de la Syrie vers l'Irak, ils se frottent avec bonheur à un pays à peu près en paix, ce qui doit leur faire de sacrées vacances comparé au creuset syrien.

C'est un peu comme les Français qui envoient des armes aux islamistes libyens et s'étonnent ensuite de devoir monter une action militaire au nord du Mali contre des "groupes armés" apparus subitement, aussi vindicatifs que bien équipés.

Nouri al-Maliki, président putatif du pays qu'on appelait l'Irak, implore l'assistance de toutes les bonnes volontés pour reprendre le contrôle - jusqu'à ces Américains dont il était tellement urgent, jusqu'à une époque récente, de réclamer le départ. Les éditorialistes occidentaux se réjouissent: l'effondrement de l'Irak-démocratique est d'une certaine façon aussi celui de son créateur, l'abominable néo-colonialiste George W. Bush. Quelle effronterie d'avoir voulu espérer instaurer une démocratie moderne au Moyen-Orient! Alors, peu importe que les Irakiens y passent jusqu'au dernier si cela permet quelques beaux éditoriaux au vitriol.

Soucieuse de ne jamais comprendre de ses erreurs, l'administration Obama envisage l'envoi d'armes pour défendre le régime irakien, sans trop chercher à deviner dans quelles mains elles finiront. Clamer que ces gens-là n'apprennent rien est très en-dessous de la vérité.

Le Djihadistan prend forme peu à peu ; il s'étend sur des milliers de kilomètres en Syrie et en Irak et semble promis à un bel avenir. Sa croissance provoquera toujours davantage de troubles régionaux avec le Kurdistan irakien, le Liban, la Turquie, l'Iran, et ce qui reste de l'Irak et de la Syrie. Bien entendu, il ne sera fait que de guerre même dans les régions où il domine sans partage, la faute à une lutte permanente contre les tièdes, les civils et tous ceux qui n'appliquent pas la charia avec assez de ferveur. Ces zones de paix relative resteront par ailleurs modestes dans une région déchirée dans la guerre éternelle entre Sunnites et Chiites, l'EIIL étant essentiellement sunnite et donc en lutte à mort contre les "dissidents" que sont les Chiites iraniens et irakiens, Bachar el-Assad ou le Hezbollah libanais. La région entre l'Arabie Saoudite et l'Iran n'en finit pas de sombrer dans le chaos.

Entre les subventions aux "bons" rebelles, le commerce des otages, l'envoi d'armes, l'aide humanitaire, l'implication de drones et d'observateurs ou les filières de combattants issus de ses propres banlieues, l'Occident est penché comme une mauvaise fée sur le berceau du Djihadistan et le couvre de ses redoutables attentions.

Il faudra encore longtemps avant que nos politiciens ne comprennent que dans une guerre il n'y a pas forcément des gentils et des méchants mais parfois seulement des méchants entre eux et qu'il est folie de vouloir s'en mêler.