28 mars 2014

Une bien belle trajectoire

"J'ai fait une bonne action en tuant ce soldat de la gendarmerie turque", explique Çendrim R. face au juge. L'individu a été arrêté suite à une attaque terroriste le 20 mars en Turquie qui laissa trois morts et cinq blessés sur le carreau. Les assaillants, rapidement arrêtés, sont suspectés d'appartenir à l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), une branche d'Al-Qaeda.

"J'ai fait une bonne action en les tuant. Je n'ai de compte à rendre à personne d'autre qu'à Allah. Je ne dirai rien. Vous êtes tous des païens" a-t-il également ajouté, sans doute pour susciter la clémence de la cour...

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Çendrim R., pétri de remords

La Suisse n'exporte pas que des montres.

Pour l'heure un certain flou règne quant à la nationalité administrative du prévenu, originaire du Kosovo et qui a passé de longues années dans la Confédération. Le "Suisse" s'est retrouvé à combattre pour les islamistes syriens (ces parangons des droits de l'homme, de la démocratie et de la liberté qu'on nous invitait à soutenir il y a peu face à l'infâme Bachar el-Assad). Il n'agissait de toute évidence pas seul et sa présence en Turquie porte à croire qu'il était plutôt sur le chemin du retour.

Un retour pour quoi, au fait? De bonnes vacances, peut-être. Le repos mérité du guerrier, en assassinant peut-être quelques familles de mécréant au passage. Il est vrai que la vie en jihad est assez stressante, surtout quand on a la mauvaise place dans le véhicule:

Attention, vidéo choquante.

Cette hypothèse cadrerait bien avec la découverte de près d'un kilo d'explosif à Mandelieu-La-Napoule près de Cannes en France. L'explosif était réparti dans trois canettes, dont l'une était entourée de vis et de clous fixés avec du scotch - pour ne pas boire trop gras, trop sucré ou trop salé? Le responsable serait cette fois-ci originaire des Alpes-Maritimes. Encore un miracle de l'intégration!

Les affaires de terrorisme se suivent et se ressemblent. Sensibilisation à la cause, endoctrinement, voyage dans un Disneyland islamiste pour parfaire la formation de combattant du Jihad, et après s'ouvre un véritable feu d'artifice de possibilités, si j'ose dire.

Les frères Tsarnaev s'étaient formés au Daguestan et en Tchétchénie avant de poser une bombe artisanale à l'arrivée du marathon de Boston. Aujourd'hui la Syrie a le vent en poupe: plus proche, plus simple d'accès, plus violente. Une foire d'empoigne où tous les coups sont permis, jusqu'aux armes chimiques.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le mécanisme de radicalisation est connu:

Qu'ils soient musulman d'origine, sans conviction religieuse, catholique ou athée, élève brillant ou en difficulté, issu de milieu favorisé ou de foyer modeste, ils sont d'abord «orientés» par un copain ou une copine de leur âge vers une pseudo-cause humanitaire, afin de venir en aide au peuple syrien, victime des atrocités du régime de Bachar el-Assad. (...)

Une fois la trame posée, reste à attirer ces jeunes sur internet. Un outil de propagande d'une redoutable efficacité, capable de métamorphoser des gamins boutonneux en kamikazes.

C'est dans l'espace virtuel que les jeunes se font réellement harponner. Tapie derrière des vidéos d'une violence insoutenable, derrière des comptes Facebook glorifiant les moudjahidins, de photos de combattants satisfaits posant en treillis et armes lourdes, la propagande promet l'islam radical comme seul rempart à l'ordre mondial. (...)

Vient le jour du départ, où tout apparaît organisé. Jusqu'à l'approvisionnement en nourriture. (...) Les apprentis djihadistes sont visiblement briefés sur les raisons de leur voyage à donner aux familles: vacances à Dubaï ou missions humanitaires au Proche et Moyen-Orient. Quand ils ne partent pas à l'école, comme tous les matins, sac au dos, sans un mot.


On doute un peu à imaginer qu'un catholique brillant issu d'un milieu favorisé tombe dans la toile islamiste aussi facilement qu'un immigré musulman de deuxième génération, en échec scolaire et à la dérive dans sa banlieue - on dirait presque un sketche de Coluche - mais on mettra tous les individus au même rang. Le politiquement correct s'infiltre jusque dans les analyses du phénomène islamiste, ce qui en diminue la pertinence. Il est apparemment plus important de ne pas "stigmatiser" que d'empêcher un flot d'adolescents se former au Jihad.

Songeons au devenir de ces milliers de combattants "européens", vétérans de la boucherie islamique, lorsque finira la guerre en Syrie. Où iront-ils? Que feront-ils?

En attendant, 34% des musulmans de Suisse ont la nationalité du pays, sans qu'on sache quelle proportion vient de naturalisations ou de conversions. Certains réclament désormais bruyamment que l'islam soit reconnu comme religion officielle. La reconnaissance est en marche: l'islam fait son entrée à l'Université de Fribourg à travers un projet flambant neuf de Centre Suisse pour l'islam et la Société. Selon le recteur, la formation "s’adresse naturellement aux étudiants musulmans de deuxième ou troisième génération qui souhaitent approfondir leur foi". Tout un programme!

L'histoire ne dit pas si la partie pratique de la formation implique un stage humanitaire en Syrie... Il faudra peut-être le suggérer à l'Alma mater fribourgeoise, à moins qu'un pétillant étudiant n'en fasse la demande lui-même.

Comme on le voit, les populations occidentales n'ont aucun souci à se faire: leurs élites compétentes ont parfaitement compris la situation et prennent les mesures adéquates pour y mettre bon ordre.

29 octobre 2013

Mauro Poggia est-il un bon musulman?

Le deuxième tour de l'élection au Conseil d'Etat genevois nous donne l'occasion d'une jolie danse médiatique autour du candidat du Mouvement Citoyen Genevois, Mauro Poggia. Les responsabilités individuelles sont délicates à établir ; quitte à commencer avec un calendrier, prenons celui proposé par Pascal Décaillet lorsqu'il dénonce la cabale:

A l’émission Mise au Point de la TSR, dimanche 6 octobre. Dans un titre du Matin dimanche, le 13 octobre. Dans un blog de Jacques-Simon Eggly, posté dimanche 13 octobre. Trois indices, très clairs, de l’opération « Flinguer Poggia » lancée par l’Entente, et quelques affidés.


Et par les trois canaux, la même révélation insidieuse: Mauro Poggia est converti à l'islam. Comme personne ne pourra m'accuser de rouler pour l'Entente, essayons d'analyser la situation.

Il va de soi que tant la télévision que la presse romande s'opposent au MCG, parfois officieusement par le biais de reportages orientés, parfois ouvertement comme lorsque la rédactrice en chef du Matin Dimanche appelle carrément à ne pas voter pour le mouvement. Dans ce contexte, on imagine sans peine que la "révélation" a pour but de couler sa candidature. La tactique cousue de gros fil part du principe que l'électeur moyen ne saurait donner sa voix à un musulman, quelle que soit la tolérance de façade affichée par chacun.

Qui aurait cru que nos journalistes si empressés de combattre l'islamophobie auraient si peu de réticence à l'employer dès lors qu'elle sert leurs objectifs politiques? Il y a l'élévation des masses et les priorités du moment...

Le blog de Jacques-Simon Eggly, lui, argumente sur un angle plus subtil: il reproche surtout au candidat MCG d'avoir abandonné sa religion d'origine. Pascal Décaillet rétorque à l'artillerie lourde, accuse M. Eggly de chercher à faire un procès d'apostasie, ce à quoi M. Eggly recule, courbe l'échine, s'excuse piteusement de sa propre audace et capitule en rase campagne sur le thème du caractère velléitaire supposé de Mauro Poggia sur les questions de religion et peut-être d'autres. Et de conclure qu'en fin de compte chacun est libre de croire ce qu'il lui plaît dans la sphère privée et, voyons, ne nous fâchons pas pour si peu.

Islam et droite, ce débat qui n'aura pas lieu, commentent ironiquement Les Observateurs. Mais pourquoi n'aurait-il pas lieu? Car enfin la question de fond demeure: être converti à l'islam et candidat au Conseil d'Etat à Genève en 2013, est-ce anodin? La religion est-elle un élément du décor au même niveau que des goûts culinaires ou les préférences en ameublement intérieur?

genève,mcg,mauro poggia,islam,électionsMauro Poggia donna lui-même il y a quelques années une explication tout en nuance quant à sa conversion: en 1996, à cause de la religion de sa compagne. Mais il n'implique pas qu'il s'agisse d'une conversion de convenance, bien au contraire. Même si cela avait été le cas le choix aurait été porteur de sens, puisqu'il était visiblement impensable que la compagne du politicien abandonne la sienne... Il est vrai que l'apostasie est punie de mort selon le dogme de la religion désormais embrassée par le couple, ce qui réduit les risques de changements futurs.

Il importe peu aux électeurs genevois que Mauro Poggia consomme ou non de l'alcool ou du porc, et l'idée qu'il prie cinq fois par jour tourné vers la Mecque prête plutôt à sourire. Mais il semble qu'il ait longuement plaidé devant son parti son rejet de l'initiative contre les minarets, par exemple. Se peut-il que ses convictions religieuses n'aient joué aucun rôle dans la formation de son opinion? Et quels sont ses points de vue sur les repas halal à la cantine, la ségrégation des horaires de piscines publiques selon les sexes, les prières dans la rue, le port du voile en public, la charia comme source du droit? Quelles sont les différences entre ses opinions sur l'islam et celles d'un Tariq Ramadan ou d'un Hafid Ouardiri?

Ce sont là des question légitimes qu'il convient de poser à un candidat de confession musulmane, converti ou non, MCG ou non. La religion fait partie de la sphère privée, mais les convictions, elles, font partie de la sphère publique, spécialement pour un politicien candidat à l'exécutif. Rien n'empêche que ces questions soient posées à tous les candidats - et croyez bien que j'aimerais qu'elles le soient - mais elles prennent un sens particulier pour un musulman.

Pascal Décaillet manie sa plume avec talent et soutient objectivement le MCG, ce qui est son droit le plus strict. Il a raison quand il dénonce d'odieuses manœuvres visant à descendre une candidature. Mais il se trompe en affirmant dans une posture contradictoire que les opinions religieuses des uns et des autres n'auraient finalement aucune importance ou qu'elles relèveraient de la sphère privée. Malgré leurs motivations plus que douteuses, les médias sont dans leur rôle en soulevant cette question. Et foin de faux semblants, le premier responsable de la tonitruante révélation est M. Mauro Poggia lui-même en embrassant la religion de Mahomet il y a dix-sept ans.

Même les horloges arrêtées donnent l'heure juste deux fois par jour, comme on dit.

23 septembre 2013

Pas de surprise, plus de Burqa

Les votations du début d'automne ont donc eu lieu, mais vous ne verrez pas ici de carte montrant comment les citoyens suisses se sont étripés. Ce n'est pas nécessaire: il n'y a guère eu de bataille ce week-end.

Trois objets fédéraux étaient soumis à votation.

Abrogation de l'obligation de servir: la dernière offensive du GSsA contre l'armée suisse, discutée ici,  fit chou blanc. Non seulement l'initiative fut balayée par 73,2% des voix, mais aucun canton, pas même romand, ne parvint à soutenir le texte. L'échec était prévisible depuis plusieurs semaines déjà mais l'ampleur de la déroute des antimilitaristes étonne. Le GSsA a fait un plus mauvais score historique, alors même qu'il prétendait seulement discuter de la façon dont l'armée s'organise. Malheureusement, la défaite sera vite oubliée alors que se profile en 2014 une nouvelle votation concernant les crédits pour l'acquisition du chasseur Gripen.

Révision de la loi sur le travail: évoquée ici, la modification mettait un terme à un ramassis d'absurdités règlementaires, comme l'interdiction dans des commerces ouverts toute la nuit de vendre tous leurs produits entre une heure et cinq heures du matin. La possibilité de vendre des légume frais au milieu de la nuit était suffisamment grave pour lancer un référendum!

La gauche se lança de toutes ses forces dans ce combat ridicule, hurlant et vociférant comme si la lutte finale était déclarée. Mais le peuple suisse ne versa pas dans l'hystérie et accepta à 56% de valider la loi. Rappelons une fois encore que la révision ne concerne absolument pas les horaires d'ouverture des magasins même si la presse, au lendemain de la votation, continue sa campagne de désinformation en évoquant les "horaires des stations-service". Eh non, il ne s'agit que des restrictions sur l'assortiment proposé à la vente.

Loi sur les épidémies, enfin, fut facilement acceptée avec 60% de oui. Ce projet de loi visait à combattre les épidémies et renforçait les prérogatives de l'Etat dans la lutte contre la maladie, avec notamment la possibilité d'instaurer des campagnes de vaccination obligatoire. Il est désormais adopté. Je ne me suis pas exprimé sur le sujet faute d'une opinion arrêtée ; les opposants regroupaient un amas hétéroclite de libéraux opposés à l’immixtion de l'Etat dans les veines de tout un chacun (littéralement), des gogos new-age opposés au principe du médicament et enfin des gauchistes horrifiés à l'idée d'être obligés d'acheter des vaccins à des multinationales.

Le dimanche de votation donna également lieu à des scrutins locaux plus intéressants. Les citoyens de la ville de Zurich refusèrent ainsi un crédit de 216 millions de francs pour la construction d'un "temple du football" de 19'000 places sur le site de l'ancien stade du Hardturm. Les grands travaux publics ne sont plus en odeur de sainteté! A Zurich encore, mais dans le canton cette fois-ci, les étrangers se virent refusé le droit de vote et d'éligibilité à l'échelon communal, refus signifié par trois électeurs sur quatre. Qu'aurait donné un scrutin de ce genre dans le canton de Vaud si le droit de vote communal des étrangers n'avait été accordé par la bande à la faveur d'un "toilettage" de la constitution?

votation du 22 septembre 2013,initiative,islam,tessinLe point d'orgue de cette journée de votation vint évidemment du Tessin, où 66% des citoyens adoptèrent l'interdiction de la burqa et du niqab. Aujourd'hui les journaux laissent la part belle aux adversaires du texte qui épanchent leur bile sans aucune retenue: "un signe inquiétant d'intolérance", explique par exemple 20 minutes ; Le Matin quant à lui joue les naïfs en précisant que "La burqa et le niqab ne sont désignés que de manière implicite" dans l'initiative populaire - sous-entendant que l'initiative visait plus l'identification des gens que leur façon de s'habiller, alors que c'est tout le contraire. Les Tessinois ne s'y trompèrent pas d'ailleurs en préférant l'initiative à un contre-projet limité à ce seul aspect.

Le Tessin n'ayant rien fait de plus que de suivre l'exemple de la France et de la Belgique, il est difficile de le critiquer... Et bien entendu, l'exemple tessinois va se répandre dans le pays.

28 août 2013

La bataille du voile

La lutte contre le foulard islamique et ses variantes sera, à n'en pas douter, la prochaine étape de la résistance contre l'islamisation.

Le canton du Tessin fera parler de lui le 22 septembre. Ce jour-là, en votation, les Tessinois seront amenés à se prononcer sur l'interdiction de la la burqa et du niqab au travers d'une initiative populaire:

"Personne ne peut voiler ou dissimuler son visage dans les rues et les parcs publics."

"Personne ne peut forcer un tiers à se voiler en raison de son sexe."


Le résultat du scrutin sera un véritable test de l'engouement populaire pour ce genre de mesure, loin des assertions lancées par de prétendus experts au nom de la société entière.

Je parie sur un plébiscite.

islam,votation du 22 septembre 2013,tessin,initiativeComme souvent sur les questions ayant trait à l'islam, les Tessinois auront dû affronter non seulement des opposants mais également leurs propres élites. Le Conseil d’État n'a pas hésité à s'emparer du débat à bras-le-corps pour livrer sa propre solution: une simple modification à la loi sur l'ordre public interdisant de se cacher le visage, sauf exceptions comme le port de vêtements de protection et de costumes... Une formulation générale afin que personne ne fasse le lien avec une quelconque religion de paix et d'amour! Non seulement personne n'est dupe, mais la manœuvre trahit la lâcheté des élus. Double échec.

D'après certains commentateurs éclairés, la loi devrait être rejetée parce que personne ne porterait de voile islamique au Tessin. Bizarrement, les mêmes dénoncent peu l'énergie dépensée par les autorités pour proposer un contre-projet à un non-problème.

Ces âmes bienheureuses capables d'embrasser d'un seul regard d'Airolo à Chiasso pour décréter que le port du voile intégral n'existe pas devraient aller au fond de leur raisonnement. Si personne ne le porte, qui l'interdiction gênera-t-elle? Faut-il à ce point être accueillant par avance envers les éventuels islamistes du futur? Au contraire, c'est précisément dans une optique de long terme que les membres du comité d'initiative situent leur texte. Ils ont parfaitement saisi les enjeux et ce que le contre-projet passe sous silence:

"Nous voulons que l’interdiction soit inscrite dans la Constitution afin que personne ne puisse plus changer ça, sauf le peuple. En outre, nous pensons que la dissimulation du visage en public  n’est pas seulement un problème de sécurité, comme le disent le Conseil d’Etat et la majorité de la commission, mais aussi et surtout une question de défense de valeurs qui méritent d’être inscrites dans la Constitution."

 
On ne peut pas avoir une discussion saine sur le voile en faisant abstraction de ce qu'il représente, ni du cadre dans lequel cette interdiction s'inscrit. Relevons donc quelques ornières intellectuelles dans lesquelles de nombreux intervenants ne manqueront pas de s'enfoncer.

Tout d'abord, le voile islamique n'est pas un "simple morceau de tissu". C'est un symbole destiné à marquer l'appartenance à la religion, la soumission de la femme et son infériorité générale vis-à-vis de l'homme, et un moyen d'exclusion faisant le lit du communautarisme. Le voile permet aux islamistes de se compter. Il est une étape sur le chemin de revendications plus poussées. Une femme intégralement voilée n'a aucune chance de décrocher un emploi ou d'avoir une vie sociale normale avec le reste de la société. Le voile rend l'intégration impossible et représente à ce titre un atout auprès de ceux qui rejettent toute forme d'intégration pour les musulmans et leurs familles. Sont donc partisans du voile tant les islamistes que, paradoxalement, certains xénophobes - au nom de la ségrégation des communautés.

Les femmes les plus manipulées clameront bien entendu que le choix de porter le voile est le leur et uniquement le leur, qu'elles n'ont jamais reçu ni coups ni menaces de leur entourage. Grand bien leur fasse, mais la question n'est pas là: le voile islamique est un puissant outil de prosélytisme. Ceux qui luttent contre le voile sur des raisons utilitaristes ("nous devrions tous être identifiables à n'importe quel moment") font fausse route. Se masquer le visage n'est pas qu'une affaire de police. Ce n'est pas la musulmane voilée qu'il faut défendre d'elle-même ou de son mari, mais les autres, celles qui ne sont pas voilées et qui sont poussées à l'être par la pression sociale communautaire et ce qu'il faut bien appeler un symbole marketing. Le prosélytisme sur la voie publique est interdit en Suisse, sauf autorisation officielle ; la force des islamistes est d'avoir inventé un code vestimentaire créant le prosélytisme par sa seule vision. Les femmes voilées sont les hommes-sandwich de l'islam!

Encore ne s'agit-il que d'un islam très éloigné de celui que pratiquent la plupart des musulmans intégrés depuis longtemps sous nos latitudes, car la pratique de l'islam ne requiert pas le port du voile. Comme le précise pudiquement wikipedia:

Si le "voile islamique" existe bien en tant que coutume, et s'il joue un rôle indiscutable de symbole identitaire pour certaines communautés musulmanes, son fondement théologique n'est pas établi de façon certaine.


En associant le port du voile à la pratique "normale" de l'islam, les défenseurs de la liberté de religion impliquent que la pratique "normale" de l'islam réclame le port du voile. C'est un autogoal infligé à toute la communauté modérée. Mais le voile n'est pas un pilier de l'islam, quelle que soit la doctrine musulmane considérée. On peut être une bonne famille musulmane sans que Madame ne porte le voile, n'en déplaise aux onctueux docteurs de la foi régulièrement invités sur les plateaux de télévision pour plaider la "liberté" d'enfermer les femmes sous des rouleaux de tissu.

islam,votation du 22 septembre 2013,tessin,initiative
Jeune femme au miroir, Iran, fin XVIIIe-déb. XIXe siècle

Abordons pour finir un point mineur mais faisant rage dans certains cercles: l'interdiction du voile ne serait pas "libérale". L'interdiction du voile toujours et partout ne serait évidemment pas libérale ; heureusement, il n'en est pas question. Les musulmanes les plus acharnées peuvent porter une combinaison intégrale en mailles doublée de plomb chez elles ou chez leurs voisins si ça leur chante, aussi longtemps qu'il leur plaira, avec ma bénédiction. Le débat ne porte pas sur "l'interdiction du voile" mais sur "l'interdiction du voile dans l'espace public". Ce n'est pas la même chose.

Tous les libéraux vous le diront, l'espace public est une aberration juridique - ce qui ne l'empêche pas d'exister. Dès lors, il faut faire avec. Il n'y a rien d'absurde à laisser à l'approbation de la majorité les lois qui le régissent. Dans l'espace public, bien des comportements sont déjà interdits - faire trop de bruit, se promener nu, traverser en dehors des clous. Autant de restrictions progressivement érigées par des règlements ou par jurisprudence... Pourquoi l'interdiction du voile serait-elle taboue? Pourquoi serait-il "interdit d'interdire" dès que le sujet touche vaguement à l'islam?

Il est des gens qui se refusent à voir au-delà de la pièce de tissu. Certains ne connaissent rien à l'islam et ne veulent rien en connaître, d'autres sont des dhimmis hypocrites travaillant à se faire bien voir. Le voile comme le minaret ont leur place dans l'arsenal de conquête islamiste. Pour le comprendre, il faut abandonner ses repères et entrer un instant dans le schéma mental de l'autre - ce qui donne un nouveau sens à de nombreux aspects anodins de notre quotidien, même une simple demande de cigarette. Comme l'écrit un connaisseur du mode de pensée magrébin:

En interdisant la burqa, le législateur français a fait un pas dans le bon sens. Il a compris qu’en important des populations aux problèmes spécifiques, il faut des lois spécifiques. Maintenant, cet élan s’est arrêté là. Pourquoi à Trappes ou ailleurs on réagit si brutalement a cette loi ? Ce n’est pas tant pour défendre la burqa que pour terroriser le législateur et éviter qu’il n’aille plus loin avec des lois encore plus précises visant les problèmes de la communauté magrébine en France.



Trappes... L'exemple même de situation montrant qu'en France, le débat sur le voile n'est plus possible. L’État français a certes interdit le port du voile intégral, mais il ne contrôle plus de larges pans de son territoire - si bien que la moindre verbalisation d'une contrevenante mène à une nuit d'émeutes et au siège en règle d'un commissariat. Il en est réduit, piteusement, à essayer de limiter les dégâts à l'université...

En Suisse, il est encore possible d'agir, soutenu par une légitimité populaire inégalée, avant que le problème ne devienne insoluble. C'est vrai, le problème du voile intégral ne se pose pas de façon critique dans les rues helvétiques ; faudrait-il attendre que ce soit le cas? Je soutiens pleinement l'initiative tessinoise visant à interdire le port du voile islamique dans l'espace public. Si le succès est au rendez-vous, nous verrons certainement une suite de cette initiative à l'échelle fédérale.

28 mai 2013

Jihad 2.0

Le 22 mai, après avoir été percuté par un véhicule au sud-est de Londres, Lee Rigby, 25 ans, père d'un garçon de deux ans, se fit sauvagement assassiner par les occupants de celui-ci à coup de couteau et de hachoir.

La victime avait servi en Afghanistan en 2009. Elle pensait peut-être avoir traversé indemne la période la plus dangereuse de son existence ; c'était sans compter sur les sympathiques individus retrouvés au bercail. Si Lee Rigby en avait eu le temps, il se serait peut-être fait la réflexion: pour aller affronter des terroristes islamistes décérébrés, pas besoin d'un avion pour Kandahar. Le train de banlieue aurait suffit.

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Londres, 2013

Jamais avare de marketing, les médias vendirent un nouveau terme forgé pour l'occasion, les artisans terroristes, fleurant bon l'engrais naturel et la consommation locale. Bien entendu, on annonça comme d'habitude que l'agression était le fait de "loups solitaires" (notez le pluriel) contre lesquels les services de renseignements ne pouvaient rien, par définition. Et comme d'habitude encore, quelques jours plus tard, des complices furent découverts et arrêtés et les fameux services de renseignements avouèrent qu'en fait ils connaissaient déjà tout ce petit monde. Cela n'a rien d'étonnant, au vu du peu de discrétion dont firent preuvent les agresseurs dans leurs parcours:

[Michael Adebolajo, l'un des deux assassins,] aurait fréquenté [après sa conversion] l'organisation islamiste extrémiste al-Muhajiroun, interdite après les attentats de 2005 à Londres. En être membre devient passible de dix ans de prison. «Il était sur notre longueur d'ondes idéologique», raconte l'ancien leader de l'organisation, Anjem Choudary, qui fréquentait la même mosquée que lui. Selon ce dernier, Adebolajo aurait arrêté de participer aux réunions depuis deux ans. Il aurait été interpellé en route pour la Somalie où il voulait rejoindre les militants Shabaab. Il diffusait des prospectus de propagande islamiste dans les rues de Woolwich.


Mais pourquoi distribuer des tracts appelant à la guerre sainte lorsqu'on peut tuer soi-même? Les islamistes auraient tort de se priver, vu à quel point le milieu est favorable. Agresser n'importe qui à Kaboul implique une riposte immédiate à l'arme automatique ; agresser un non-musulman dans la banlieue de Londres n'amènera que des policiers cherchant à tout prix à préserver la vie de l'assassin, une ribambelle d'analystes, de journalistes, d'avocats, de sympathisants, et peut-être même la célébrité.

Sur le sol européen, un islamiste aux mains littéralement tachées de sang n'a vraiment rien à craindre des mesures de rétorsion contre lui ou sa famille, comme elles se pratiquent dans d'autres parties du monde. Au pire, il subira quelques années dans prison confortable où il pourra pratiquer sa religion dans le plus grand respect, les défenseurs des droits de l'homme y veilleront, et confier son mal-être à l'oreille bienveillante d'un psychiatre payé par les mécréants qu'il est venu combattre. Win-win, comme on dit.

Il faut le reconnaître, entre la douceur de ses peines et les aides sociales permettant de financer la lutte, le théâtre d'opération européen est un champ de bataille des plus accueillants.

Pendant qu'ils commettaient leur forfait, Michael Adebolajo et son complice Michael Adebowale exhortaient les passants à filmer leur boucherie. Mais l'épisode sanglant ne suscita aucun sentiment de terreur, seulement une navrante consternation. Une mère de famille passée par là, Ingrid Loyau-Kennett, parvint même a "dialoguer" avec les assassins en attendant la police:

«Je lui ai demandé pourquoi il a fait ça. Il a dit qu'il avait tué cet homme parce qu'il était un soldat britannique qui tuait des femmes musulmanes et des enfants en Irak et en Afghanistan», explique-t-elle. «Je lui ai demandé ce qu'il comptait faire ensuite car la police n'allait pas tarder. Il a répondu que c'était une guerre, qu'il allait les tuer. Je lui ai demandé si c'était une chose raisonnable à faire mais c'était clairement ce qu'il envisageait.»

 

Les deux Michael s'en sont probablement pris à la première cible venue, quasiment au hasard. Mais, quitte à "venger" la mort de musulmans innocents, ils auraient dû pousser leur réflexion plus loin. Ils se seraient alors peut-être demandés: la vie d'un musulman irakien ou afghan serait-elle plus précieuse que celle d'un musulman syrien, par exemple?

La question mérite de se poser. Si on savait depuis des années que les civils musulmans sont bien plus victimes de terroristes musulmans que d'un quelconque gouvernement occidental, les compteurs prennent une tournure effrayante dès lors qu'on ajoute la guerre civile syrienne dans l'équation.

Certes, dans le cas d'une guerre civile la frontière est floue entre opération militaire et terrorisme pur. Mais ce n'est pas la seule limite mal définie. On aurait tort d'opposer un Bachar el-Assad occidentalisé à des hordes dépenaillées. On aurait tort d'opposer un méchant dictateur à de gentils démocrates. On aurait tort d'accuser le régime d'employer des armes chimiques lorsque les rebelles font peut-être de même - et emploient en tous cas des kamikazes. On aurait tort, même, d'y voir un conflit limité à la seule Syrie.

Voilà une révélation pour ceux qui suivent l'affaire de loin: le Hezbollah libanais - et iranien - prête main-forte au régime de Bachar el-Assad depuis des mois. Le Hezbollah a tout du mouvement islamiste jusqu'à la caricature, saluts nazis compris. Autrement dit, dans le conflit syrien chaque camp a son stock d'islamistes revendicatifs à l'humeur explosive.

S'il faut tracer un front, il est bien plus entre Alaouites, Druzes, Kurdes et au-delà, entre les deux figures dominantes de l'islam régional, les Chiites et les Sunnites, qu'entre un quelconque régime et l'opposition. L'Iran est le bastion des premiers, l'Arabie Saoudite celui des seconds, mais ces pôles ne doivent pas masquer une mosaïque d'ethnies et de croyances traversant toutes les frontières régionales (un portrait de la population syrienne en 2012 donne un aperçu du côté inextricable de l'affaire.)

Pourquoi seuls les Américains et les Israéliens seraient l'ennemi? Pourquoi poser des bombes chez ces chiens d'infidèles occidentaux et s'abstenir d'en poser chez ces chiens de chiites ou sunnites du voisinage, qu'on exècre depuis des siècles? Si ça marche là-bas, cela devrait marcher ici, et réciproquement. Tout ceci est finalement de la plus grande cohérence.

De la Turquie au Yémen, du Sahelistan aux montagnes afghanes, le monde islamique bascule  progressivement - mais de plus en plus vite - dans le chaos généralisé. La Syrie n'en est que l'éruption la plus visible. Le concept de guerre contre l'Occident lancé par les théoricien du jihad a échappé à tout contrôle. Il devient peu à peu une guerre ouverte, totale, contre tous les ennemis que chacun se désigne en terre d'islam, et Dieu sait s'ils sont nombreux.

Et pour la plupart, musulmans.

En France, les guerres de religion s'étalèrent sur quelques dizaines d'années au XVIe siècle, entre protagonistes ne disposant pas de l'armement actuel et qui s'affrontaient au nom d'un dogme prônant malgré tout un message de paix et de tolérance. Peut-on penser qu'une guerre entre factions dissidentes de "vrais croyants de l'islam" trouve une issue paisible aussi vite et avec aussi peu de morts? Compte tenu de l'agressivité viscérale, de l'absence de compromis et de la propension à encourager la violence contenues dans cette religion, nous sommes plutôt partis pour une lutte fratricide de quelques siècles, qui pourrait provoquer quelques génocides à l'occasion.

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Bagdad, 2009

L'Occident n'est évidemment pas sorti d'affaire avec les islamistes qui pullulent dans ses banlieues. Mais c'est sans rapport avec l'énergie déployée par diverses factions pour faire exploser des voitures piégées dans les marchés de telle ou telle ville en terre d'islam. Aussi, au Moyen-Orient tout au moins, l'indignation de musulmans pour des motifs aussi triviaux que des caricatures de Mahomet dans un obscur journal danois à des milliers de kilomètre de chez eux semble appartenir au passé.

Oscillant entre misère et attentats aveugles, l'indignation envers un Occident amorphe sera bientôt le cadet des soucis des islamistes locaux - et les renverra aussi, paradoxalement, au souvenir d'une époque plus heureuse.

Les haines les plus tenaces se trouvent souvent entre membres d'une même famille.

09 février 2013

Safari-Jihad au Kenya

Il fallait l'histoire ubuesque d'un ressortissant jordanien arrêté au Kenya pour que le voile se lève sur les étranges pratiques de certains réfugiés en Suisse, et du choix de leurs vacances.

A mi-chemin entre les pages people et la rubrique insolite, la nouvelle fait son chemin jusque sur le Matin: un gymnasien, un adolescent, presque un enfant, serait en danger de mort dans les geôles kenyanes! La famille appelle solennellement la Suisse à l'aide: que les services diplomatiques s'activent, il faut le reprendre, tout tenter pour qu'il rentre au pays! Ne pas le faire serait une "condamnation à mort" selon les termes de l'avocat de la famille, Me Jacques Emery.

Et le juriste de lâcher de façon péremptoire: "La Suisse est moralement et juridiquement responsable de cette situation". Rien que ça.

Si on peut comprendre le désespoir sincère d'une famille et la mise en oeuvre de tous les moyens possibles pour sauver un proche en danger, la stratégie de l'appel à l'aide public n'est pas sans risque si le dossier souffre quelques faiblesses...

En l'occurrence, le jeune homme de 19 ans, donc majeur, est bien connu de l'administration helvétique: celle-ci l'a déjà déclaré persona non grata sur le territoire helvétique l'an dernier, juste après son arrestation:

Le jeune Jordanien résidant à Bienne (BE) inculpé au Kenya pour ses liens présumés avec les insurgés islamistes somaliens ne peut plus entrer en Suisse jusqu'à nouvel ordre. Parallèlement, l'Office fédéral des migrations (ODM) a engagé une procédure de révocation de l'asile.

Des indices clairs montrent que cette personne a séjourné dans des régions de la Somalie dans lesquelles se trouvent des groupes djihadistes impliqués dans un conflit, écrit samedi le Département fédéral de justice et police (DFJP) dans un communiqué. Il semble aussi qu'elle ait entretenu des contacts avec des éléments islamistes en Suisse.

 

Des éléments islamistes en Suisse? Voyons! Ca n'existe pas.

Le Biennois d'origine jordanienne, au bénéfice de l'asile, se rendit au Kenya en février 2012 en passant vraisemblablement par la Somalie. Soupçonné d'être lié à d'autres européens recherchés et d'avoir été formé dans un camp de la milice islamiste des al-Shabaab, il fut arrêté en avril, prétendit être "suisse" (les autorités locales confondirent avec la Suède, comme de bien entendu) et formellement inculpé le 6 juin pour implication dans des activités criminelles organisées.

magd.jpgIl croupit dans une cellule kenyane depuis octobre, et son état de santé n'est plus au beau fixe.

Il est encore un peu tôt pour savoir comment se démêlera cette situation. L'individu n'est plus admis à entrer en Suisse (l'appel de cette décision donnant lieu à ce récent battage médiatique) et la révocation de son statut de de réfugié est encore pendante. Mais qu'on se rassure, le jeune homme est encore sous la protection du Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU. Les instances supra-nationales veillent sur le bien-être des meilleurs d'entre nous...

Si le Kenya le libère, il devrait probablement être expulsé, mais ni en direction de la Jordanie (dont il est originaire) ni en direction de la Suisse (qui ne veut plus de lui). Nul doute que la Terre est assez vaste pour que ce turbulent jeune homme trouve un nouveau point de chute, même si chacun semble s'efforcer d'ignorer cette possibilité.

Outre la dangerosité de l'individu, le choix de destination du "réfugié" fait réfléchir. La frontière Kenyo-Somalienne, quel bel endroit pour passer des vacances!

En réalité, les réfugiés politiques et autres demandeur d'asile abrités par la généreuse Helvétie ont eu, jusqu'à ce que l'UDC réduise cette possibilité, de généreux droit au voyage depuis la Suisse, même vers le pays dont ils s'étaient enfui. Et ce, même si leur demande d'asile avait été rejetée!

Si les abus les plus criants ont été calmés (du moins l'espère-t-on) l'interrogation de fond reste posée. Selon la LAsi, la qualité de réfugié est reconnue "aux personnes qui, dans leur État d’origine ou de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de leurs opinions politiques."

Lorsque des commissions politiques à Berne discutèrent de resserrer la vis, on entendit que les gens au bénéfice de l'asile pouvaient l'être en Suisse simplement "pour y recevoir des soins médicaux indisponibles dans leur pays", comme l'expliqua le secrétaire général de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés, ou encore qu'ils souhaitaient "garder des liens avec le pays dont ils sont issus."

A lire les propos de connaisseurs du milieu, la menace grave et immédiate pesant sur les demandeurs d'asile semblait finalement assez lointaine.

Posons simplement la question: une personne suffisamment peu en danger dans son pays d'origine pour y passer régulièrement des vacances mérite-t-elle vraiment la "protection" offerte par l'asile?

Et pour en revenir au cas particulier du jeune biennois si bien intégré, l'Office fédéral des migrations distribuant les permis F assure-t-il suffisamment le suivi des dossiers? L'asile peut être révoqué si le bénéficiaire se livre à des actes criminels ou compromet la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse.

Fallait-il attendre que le jeune biennois passe dans le centre d'entraînement d'un mouvement terroriste affilié à al-Qaeda au Kenya pour réaliser qu'il y avait un problème?