22 août 2013

Le mauvais débat de la redevance

Face à la redevance, nombreux sont ceux qui tiennent un discours limpide: chacun devrait payer pour ce qu'il consomme. On regarde les chaînes publiques, on écoute la radio, on paye, on ne les regarde pas et on ne les écoute pas, on ne paye rien. C'est l'évidence même. Mais payer pour ce qu'on consomme - la vraie justice finalement - revient à payer pour soi! C'est l'horreur individualiste! La fin de la redistribution et de ceux qui l'organisent! La fin du clientélisme! La fin de la coercition fiscale! La fin du socialisme! La fin des haricots! La fin de tout!

L'enjeu dépasse la simple notionredevance,médias,eric felley de redevance. Face à un exemple qui pourrait faire tache, les politiciens débattent. Dans les travées du Parlement, la Commission des transports et des télécommunications (CTT) du Conseil national décide de ne pas suivre l'avis du Conseil Fédéral et de créer une exception à l’obligation générale. Question de principe. Les rares individus à ne posséder ni télévision, ni radio, ni connexion Internet ni smartphone (les personnes kidnappées?) auraient le droit de signer une déclaration de non-possession les libérant de l'obligation de payer.

C'est une étape comme une autre dans un débat qui ne fait que commencer, le nouveau projet de redevance devant voir le jour en 2015. Mais sur le sujet, le chroniqueur Eric Felley se fend d'un commentaire valant le détour dans un article du Matin. Il donne un bon aperçu de la soif d'étatisme qui imprègne le milieu de la presse. On y lit ainsi ce morceau de bravoure collectiviste:

En Suisse, indirectement, tout le monde paie pour les CFF, même ceux qui ne prennent pas le train. Tout le monde paie pour les routes, même ceux qui n’ont pas de voiture. Dans la même logique, tout le monde devrait payer pour le service public audiovisuel, mais plus sous la forme anachronique de la redevance, qui frappe le milliardaire comme l’employé.


Quelle logique? La logique de l'injustice? Invoquer l'automobile - le diable incarné - est une figure de style convenue pour attirer l'adhésion, mais notre journaliste fait erreur. Les automobilistes payent bien plus de taxes qu'ils ne coûtent à la collectivité. Ce n'est pas la même chose des transports publics, trains en tête (et recevant d'ailleurs une bonne partie de la manne soutirée aux automobilistes) pour lesquels les Suisses payent même sans acheter de billet.

Admirons la dernière phrase, l'anachronisme décerné par le visionnaire. Le milliardaire vs. l'employé! Le riche nabab contre l'humble travailleur, il faut sacrifier l'un d'eux, choisissez! Quelle vision moderne en effet! Mais quid de la durée passée par les uns ou les autres devant la télévision? Emporté dans la lutte des classes, Eric Felley - "le jazzman, le peintre, l'écrivain, le poète, accidentellement devenu journaliste mais sûr de ses talents, se sentant investi d'une mission: celle de vivre la grande aventure de l'intérieur, d'occuper l'écran pour laisser s'épanouir son génie naturel" disait de lui Le Temps - perd le sens de la réalité, et probablement tout contact avec le sol.

Et arrive au paragraphe sur les solutions:

Supprimer la redevance, soit. Mais par quoi la remplacer? La TVA est déjà tellement sollicitée qu’à Berne on préfère la garder pour autre chose. Le mieux, pour assurer l’avenir de la SSR, serait de lier le financement du service public à l’impôt fédéral direct. Cette solution serait non seulement plus populaire mais surtout nettement plus égalitaire.


Aïe. Quel manque d'imagination! Le commentaire s'intitulait pourtant "Il faut supprimer la redevance!", mais les meilleurs titres cachent parfois des navets... Car le problème est moins dans le financement des réseaux publics que dans leur légitimité.

Bien qu'il ait ses adeptes, l'impôt et ses variantes, comme la conscription ou les taxes, sont des mécanismes coercitifs profondément injustes. On répète régulièrement que ces maux sont un sacrifice nécessaire à la vie en société ; il n'en reste pas moins que pour rester vivables, les douleurs doivent être réduites au minimum. Quelle est exactement la mission de service public de la Société suisse de radiodiffusion et télévision? Diffuser les Experts en prime-time? Les matchs de foot internationaux déjà disponibles sur d'autres chaînes?

Au mois de mai, dans le cadre de sa politique des médias, l'UDC avait déjà interpellé le Conseil Fédéral sur ce point essentiel: encaisser 1,2 milliards de francs par an de redevances pour entretenir vingt chaînes de radio et de télévision diffusant du divertissement en permanence est-il vraiment indispensable? Si oui, fermez le ban et payez votre redevance avec le sourire, cet argent vient de vos poches.

En se concentrant sur les meilleurs moyens de faire payer les autres plutôt que sur la justification de la facture, Eric Felley se trompe de débat ; à sa décharge, il n'est pas le seul. Pour prendre le problème par le bon bout, il faut commencer par décider précisément de la mission de service public de la SSR. La redevance ne doit payer que cela. Le reste de la grille des programmes relève de l'argent que la régie parvient à collecter au travers de ses recettes publicitaires.

On devine que cette approche diminuera bien plus l'addition que le désir secret de faire payer les autres sur des prétextes hypocrites. Il n'y a pas assez de riches en Suisse pour s'acquitter d'une redevance annuelle de 1,2 milliards de francs. Mais les étatistes sont nombreux à Berne, tous partis confondus. On peut donc s'attendre à des discussions sur les moyens de faire payer la facture plutôt qu'une remise en question du montant de celle-ci. Hélas.

Personne n'aime payer la redevance mais elle a au moins un mérite: réveiller le libéral qui sommeille en chacun de nous!

25 juillet 2013

OPA socialiste sur la presse suisse

Ils ne veulent pas une nouvelle Pravda, assurent-ils, mais font tout pour l'obtenir... Revenons sur la politique des médias proposée par les socialistes cette semaine, qui a tout d'une tentative de prise de contrôle.

huma.jpgLe projet socialiste "pour un système médiatique compatible avec la démocratie" s'articule autour de plusieurs points:

  1. Subvention à la presse et au journalisme.
  2. Introduction d'une taxe publicitaire, une taxe sur le trafic des données pour les services Internet ainsi que les fonds provenant de la répartition du produit de la redevance.
  3. Aides réservées aux médias qui remplissent certaines exigences en termes de "conditions structurelles de la production journalistique".
  4. Renforcement de la SSR au travers d'une redevance indépendante.
  5. Dans la formation continue des journalistes, l'accent devrait être mis sur le renforcement de prestations publiques compatibles avec la démocratie.
  6. Développement ciblé de la compétence médiatique de la population.

Pour l'originalité, on repassera. La moitié du programme revient à présenter de nouvelles taxes et de nouveaux canaux de redistribution. Pour les socialistes il n'existe pas de problème dont on ne puisse venir à bout avec davantage d'argent, mais n'allez pas appeler cela du matérialisme!

L'approche avancée ne fait pas que des heureux y compris au sein des professions visées:

Dans le milieu des éditeurs, la réaction est vive. "Ces dix dernières années, les journaux ont déjà perdu le tiers de leurs recettes publicitaires", rappelle Daniel Hammer, secrétaire général de Médias suisses, l'association des médias privés romands. "Si on taxe la publicité, cela ne fera qu'accélérer cette érosion et ce seront d'autres médias, par exemple en ligne, qui en profiteront."

[Au sujet de la taxe sur le trafic des données de services internet] là aussi, Daniel Hammer est sceptique. "Le siège de facebook ou Google étant à l'étranger, cela pose un problème de territorialité du droit." Le représentant des médias privés y voit aussi une menace pour les éditeurs. "Environ 25% de l'audience d'un journal provient des moteurs de recherche sur internet. Il ne faudrait pas que les journaux suisses disparaissent de l'offre de Google, comme cela s'est produit en Belgique."


Les frontières, éternelles ennemies de l'Internationale.... Mais bon, on pardonnera volontiers ces approximations dans la planification, probablement dues à un excès d'enthousiasme. Les socialistes n'agissent-ils pas au nom du Bien Commun™?

Pour s'en convaincre, il suffit d'examiner les aspects réglementaires du programme. Le point 3 fait ainsi émerger un magnifique serpent de mer conceptuel, les "conditions structurelles de la production journalistique". Jouez avec vos amis: que chacun écrive le sens qu'il donne à ces termes sur un bout de papier et si deux d'entre eux parviennent à une définition concordante, tournée de champagne!

Le point 5 demande quant à lui au titre de la "formation continue" (garantissant un passage régulier devant le commissaire politique dûment appointé) un "renforcement de prestations publiques compatibles avec la démocratie." Là encore je vous laisse deviner le sens profond de ces mots, mais peu importe en fin de compte, car ces notions n'ont aucun rapport avec le pluralisme. Il y a douze ans, un sondage effectué à la veille des élections fédérales de 2001 annonçait déjà la couleur: 60% des journalistes interrogés se déclaraient à gauche et seulement 28 % au centre ou à droite. On imagine que les socialistes, très inquiets de ce manque de neutralité des médias, ont à cœur de combattre ce déséquilibre pour faire plus de place aux opinions journalistiques de droite... C'est l'évidence même...

Le dernier point visant au "développement ciblé de la compétence médiatique de la population" fleure bon l'endoctrinement dès l'école obligatoire.

Quelle mouche a donc piqué nos amis socialistes? Pas que le dirigisme ou le clientélisme soient des nouveautés pour eux - c'est un peu leur ADN - mais il est rare qu'ils s'y livrent d'une façon aussi limpide. La tentative est d'autant plus étonnante que la presse penche déjà largement à gauche, bien que la situation en Suisse alémanique ne soit pas aussi consternante qu'en Suisse romande.

Sans doute s'agit-il moins de prendre le contrôle d'une presse largement acquise à leur cause que de sauver ce qu'il en reste. La presse suisse ne va pas bien ; les publications ont tendance à se concentrer, réaction typique d'une industrie s'attelant à la forme plutôt qu'au fond. Mais pour résoudre la cause première - la désaffection des lecteurs pour le contenu sorti des rédactions - les socialistes n'apportent aucune réponse.

Les socialistes voient d'un mauvais oeil la présence de grands groupes de presse, craignant que ces conglomérats médiatiques manquent de discernement dans le traitement de certains sujets. Cette inquiétude n'a pas lieu d'être: les consommateurs se chargent eux-mêmes de faire émerger de nouveaux acteurs plus en accord avec leurs demandes. Une publication virant au publi-reportage perpétuel peut exister, elle ne pèsera pas lourd dans la formation des opinions. L'émergence de médias indépendants de qualité - Les Observateurs en Suisse, ou Contrepoints pour la sphère francophone - prouve que la relève est en marche sur des supports en constante évolution.

Mais qu'on soit d'accord ou pas avec l'analyse du PSS, un problème de fond subsiste. A les entendre, les socialistes n'ont que la démocratie et l'information "correcte" du public à la bouche. Selon eux les liens financiers détruiraient cette indépendance. Or, ils ne proposent rien de mieux que de mettre les médias sous perfusion financière étatique. Comment croire une seconde que sous un tel régime les journalistes garderaient la moindre indépendance sur des sujets traitant de l'Etat?

On connaît le culte que les socialistes vouent à l'Etat, mais force est de constater qu'il corrompt tout autant que n'importe quel autre acteur économique.

25 juin 2013

En mémoire de l'agresseur

La bagarre eut lieu pour des motifs politiques entre l'étudiant de Sciences Po engagé dans "l'antifascisme" et les skinheads en plein Paris vers 18h, dans le quartier de la gare Saint-Lazare. Clément Méric, un type bien, avait fortuitement croisé le chemin de nervis de l'extrême droite ; sauvagement attaqué, il chuta au sol où ses agresseurs finirent de le lyncher.

france,extrême-gauche,médias,mensongesMartyre et symbole, la victime fut instantanément instrumentalisée par ceux-là même qui s'indignent régulièrement des récupérations de faits divers.

Rien n'était trop hâtif dans le cas de Clément. La fable était belle. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls dénonça "une violence qui porte la marque de l'extrême droite". Le Parti de gauche, toujours subtil, affirma quant à lui que "l'horreur fasciste venait de tuer en plein Paris". La même semaine et les suivantes, des rassemblements eurent lieu sous la férule de Jean-Luc Mélenchon et de Harlem Désir, et d'autres encore, toujours totalement pacifiques.

La récupération n'avait rien de symbolique. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault promit devant les sénateurs que le gouvernement allait étudier les moyens de "tailler en pièces les mouvements d'inspiration fasciste et néo-nazie".

Les députés observèrent une minute de silence.

Malheureusement pour les adeptes des fables, nous ne sommes plus au temps des légendes, mais en 2013. Il y a des caméras partout. Les enquêteurs finirent par faire parler d'une d'elle et le déroulement est sensiblement différent:


C'est une vidéo qui va peser lourd dans l'enquête sur la mort du militant antifasciste Clément Méric. On y découvre un Clément Méric agressif, qui porte, par derrière, un coup à la tête d'un militant d'extrême droite, Esteban Morillo, aux prises avec deux assaillants. Morillo se retourne et renvoie une droite pour se défendre, faisant tomber à terre le jeune Méric qui ne se relèvera plus.

 

Nulle trace d'un poing américain. Nulle trace de lynchage. Nulle trace de lutte même. Clément Méric s'en est lâchement pris dans le dos à un individu déjà en prise avec deux agresseurs, a reçu un coup de poing improvisé en retour et s'est retrouvé étendu pour le compte.

Avec toutes ces hordes de skinheads fous furieux qui arpentent quotidiennement les rues de l'Hexagone, brutalisant tous ces étudiants d'extrême gauche, immigrés à peau sombre et homosexuels qui croisent leur chemin, ce n'est tout de même pas de chance. Les médias et le monde politique ne parvienne-t-ils à monter en épingle qu'une rixe où ils confondent agresseur et victime? C'est pour le moins singulier, à moins que les hypothèses de départ ne soient fausses. Mais dans le monde de la pensée unique, pareil point de vue est-il seulement concevable?

On peut se demander également pourquoi il a fallu autant de temps pour que cette vidéo émerge. "Sans doute fallait-il attendre que la pression retombe autour de cette affaire, avant de pouvoir dévoiler cet élément troublant", spécule pudiquement un fonctionnaire de police parisien de haut rang cité par le Figaro. Il leur aura fallu 3 semaines... Le minimum pour que la France se défoule dans sa minute de haine avant de regarder objectivement les faits?

Espérons au moins que la prochaine fois le monde politico-médiatique fera preuve d'un peu plus de prudence avant de s'indigner comme un seul homme. Mais, comme pour des excuses des principaux intéressés, on peut rêver.

Dans le monde du spectacle de l'indignation sélective, la vérité est la première victime à tomber à terre. Il est rare qu'elle se relève.

13 avril 2013

Rions un peu avec le réchauffement climatique

Il y a quelques jours je faisais état de quelques petits soucis dans la théorie controversée du Réchauffement Climatique d'Origine Humaine, notamment que ledit réchauffement était en panne depuis un moment. Crispation, toussotement, voyons-vous-n'y-pensez-pas-madame, la nouvelle était reçue avec un mélange d'incrédulité et d'indignation. Mais petit à petit, l'information fait son trou médiatique pendant que la "science" s'évertue à trouver de nouveaux moyens d'expliquer l'inexplicable.

Décortiquons donc ensemble une petite dépêche de l'AFP apparue sur le portail Romandie.com. Rien qu'avec le titre, le ton est donné:

La hausse du thermomètre fait une pause, pas le dérèglement climatique


Voilà, le thermomètre, tout essouflé de sa course vers l'ébullition, fait une petite halte. Personnellement, jamais vu un thermomètre faire une pause, mais admettons: pour quoi, vers quoi, combien de temps, la sieste? Aucune idée. Mais attention, le réchauffement changement dérèglement climatique continue, n'allez pas vous croire sorti d'affaire:

réchauffement climatique,mensonges,médiasLa dernière décennie a été la plus chaude jamais enregistrée mais la hausse du thermomètre semble marquer une pause (...) sans toutefois remettre en cause les projections de réchauffement à long terme.


Donc ça va mieux mais tant pis, on est fichus quand même! Vient ensuite l'inévitable "mise en contexte" de notre petite affaire, convenablement présentée comme il se doit avec d'effrayantes intonations de fin du monde:

La planète vient de vivre, en moyenne, sa décennie la plus chaude depuis le début des relevés de températures en 1880: la température moyenne mondiale, dopée aux émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine humaine, a grimpé de près d'un degré depuis la fin du XIXe siècle.


Bien entendu, 130 ans d'historique est un intervalle absolument risible pour déduire quoi que ce soit à l'échelle des températures terrestres, d'autant plus que si on connait très approximativement celles d'il y a un siècle, et encore, la population humaine de 1880 et son mode de vie n'ont absolument rien à voir avec celle d'aujourd'hui en termes d'émission de gaz. En fait, toute construction théorique impliquant l'homme sans faire exactement coïncider le réchauffement climatique avec le boom de l'activité industrielle mondiale (après la seconde guerre mondiale, en gros) est une escroquerie qui n'a même pas l'apparence de la vraisemblance. Mais peu importe: la théorie est en marche!

Les deux phrases suivantes valent à elles seule leur pesant de CO2 tant elle sont des bijoux "d'information". Commençons par la première:

Cette réalité du réchauffement global sera confirmée en septembre par le prochain état des lieux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).


Les experts du Giec ne se réunissent pas pour débattre, mais pour confirmer. On imagine la haute tenue des échanges entre des gens tous d'accord entre eux. Mais c'est aussi sans compter avec un détail, une broutille, un tout petit rien, un incident, une bêtise...

Mais elle s'accompagne aujourd'hui d'une petite anomalie: bien que la concentration en CO2 ne cesse de croître dans l'atmosphère, la température moyenne, elle, se stabilise à la surface du globe depuis une dizaine d'années.

 
Une petite anomalie, soit en gros juste l'exact contraire de la théorie! Pas de quoi s'énerver! Pendant la décennie écoulée, où notre civilisation a envoyé dans l'atmosphère environ un quart des émissions de CO2 jamais produites par l'humanité depuis 1750, la température est restée stable.

Le Réchauffement Climatique d'Origine Humaine est K.O. debout.

Bien entendu, les climatologues étant doté d'une incroyable propension à tout expliquer à postériori, le rétropédalage est en marche. On peut même dire que ça rétropédale dans toutes les directions:

Différentes hypothèses ont été suggérées pour expliquer un tel plateau, mis en avant par ceux qui contestent le réchauffement: éventuelle baisse d'activité solaire, ou encore quantité plus importante dans l'atmosphère d'aérosols d'origine volcanique ou fossile, qui réfléchissent les rayons du soleil. Deux publications récentes tendent elles à attribuer le premier rôle aux océans. (...)

 
Le soleil se refroidit, la composition atmosphérique et ses effets sont différents de ce qu'on pensait, les océans stockent de la chaleur... Voire, tout en même temps! Que de champs de recherche défrichés à point nommé pour venir au secours d'une théorie battant de l'aile!

D'ailleurs, le réchauffement est sauf, car même une petite pause de plus de dix ans - une paille - ne remet pas en cause l'édifice théorique. C'est un peu la version réchauffiste du "à long terme, nous sommes tous morts" de Keynes. Le réchauffement doit avoir lieu, il aura lieu:

Plus important, pour les climatologues, ce phénomène ne remet pas en cause les projections à long terme établies par la science: Cela n'a presque aucun sens de parler de pause alors que le concept de climat a toujours été défini sur une période de 30 ans, dit à l'AFP Jean-Pascal van Ypersele, professeur de climatologie à l'Université de Louvain (Belgique). (...)


Qui a décrété que la période de validité devait être de trente ans, et pas dix, ou au contraire cinquante? Est-ce le onzième commandement rapporté par Moïse du Mont Sinaï? Ou serait-ce que parce qu'un intervalle plus petit donne aujourd'hui une tendance peu favorable au dogme?

L'écran de fumée est d'autant plus amusant que, régulièrement, des articles sont publiés faisant état de catastrophes dues au réchauffement sur des intervalles bien plus courts, voire d'une année à l'autre. Mais peu importe, rappelons les tendances lourdes (et de moins en moins vérifiées):

Au rythme actuel des émission de GES, la planète pourrait se réchauffer de 3 à 5°C d'ici quelques décennies, rappellent les estimations les plus récentes. Et même si le climat s'avérait un peu moins sensible que prévu aux concentrations de CO2, il va rester très difficile de contenir la hausse à 2°C, soit le niveau maximum recommandé par la science pour éviter un emballement du climat, souligne aussi Jean Jouzel.


3 à 5°C, ce n'est jamais qu'une estimation quasiment du simple au double. Et selon un Jean Jouzel accroché à sa théorie comme une palourde à son rocher, il est "très difficile" de contenir la hausse à 2°C - ce, bien que la hausse fasse du sur-place depuis dix ans sans guère d'efforts de la part de l'humanité! Mais M. Jouzel est aussi vice-président du Giec. La définition du poste implique d'être imperméable aux vents contraires.

Allez, une dernière tranche d'apocalypse pour la route:

D'autant que d'autres indicateurs du dérèglement climatique sont bien loin de marquer une pause, comme la hausse du niveau de la mer, la fonte des glaces arctiques ou les événements météorologiques extrêmes comme les tempêtes ou les sécheresses.


La température n'étant plus un indicateur fiable du réchauffement climatique (!) il faut désormais en trouver d'autres, encore moins pertinents. Guettons encore une variation du niveau de la mer qui ne soit pas inférieure au degré d'incetitude de la mesure ; peut-être que d'ici 2100 quelques militants engagés scientifiques parviendront à cette prouesse.

Parée de tous les critères internes de la pseudo-science, la théorie du Réchauffement Climatique d'Origine Humaine continue son petit bonhomme de chemin. J'espère que dans vos chaumières, profitant enfin de ce printemps tardif, vous claquez encore des dents de peur face au Croquemitaine ; il tire son pouvoir de votre culpabilité. Reconnaissons-le, lui et ses alliés de la presse ne ménagent pas leurs efforts face à une réalité de moins en moins coopérative.

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09 avril 2013

Thatcher: Quand la mort déchaîne la haine

La disparition Margaret Thatcher hier, à l'âge de 87 ans, est propice au déferlement de haines refoulées.

margaret thatcher,médias

Si les internautes sont profondément divisés face au personnage historique, les médias devraient eux prendre le recul qu'il sied à des professionnels de l'information. Mais c'est mal les connaître! Ainsi, si Margaret Thatcher alimente toujours les divisions selon les termes pudiques de la revue de presse de 24 Heures, d'autres journalistes - dont on devine sans peine les opinions politiques - profitent du décès de la Dame de Fer pour se livrer sans décence ni retenue à une charge contre ce qu'elle a été, ce qu'elle a fait, et ce qu'elle a représenté.

Alors qu'elle a quitté le pouvoir depuis plus de vingt ans et que ses successeurs n'ont eu de cesse de saboter son héritage, le Matin ose par exemple affirmer que le libéralisme thatchérien est à l'origine de la crise actuelle (on s'en convaincra en comptant le nombre de têtes se réclamant de "l'ultralibéralisme" dans les hautes sphères...) Le quotidien orange ne s'arrête pas là; il livre également à ses lecteurs une célébration en musique de l'événement sous couvert d'une rétrospective culturelle, et rapporte également la fête populaire dans un quartier londonien suite à son décès.

Tout ceci relève de la pure information, bien entendu.

Et encore ne s'agit-il là que de quelques quotidiens suisses!

A-t-on entendu pareille cacophonie de critiques et de louanges (et surtout de critiques) lors de la disparition d'un homme politique au bilan nettement plus controversé, Hugo Chavez par exemple? Rien de tel. Et attendons que Fidel Castro y passe, juste pour voir le volume des hommages à une autre Figure du siècle passé, mains propres et tête haute.

Margaret Thatcher était honnie de tous les membres de la gauche, au point de devenir une sorte de Croquemitaine. Elle l'est encore une génération après son passage au pouvoir. Sa faute? Avoir commis deux crimes horribles. D'une part, elle a activement contribué à l'effondrement de l'URSS et donc de l'utopie communiste, acte impardonnable s'il en est ; ensuite, elle a pourfendu sans relâche les mensonges au coeur même du projet socialiste avec des termes simples et compréhensibles pour tous. En est témoin une belle citation parmi bien d'autres:

"N’oublions jamais cette vérité fondamentale: l’État n’a aucune autre source d’argent que l’argent que les gens gagnent eux-mêmes. Si l’État souhaite dépenser plus, il ne peut le faire qu’en empruntant votre épargne ou en vous taxant davantage. Il n’y a rien de bon à ce que quelqu’un d’autre paie; cette autre personne, ce sera vous. margaret thatcher,médiasL’argent public n’existe pas, il n’y a que l’argent des contribuables. La prospérité ne viendra pas de l’invention de programmes de dépenses publiques de plus en plus somptueux. Vous ne devenez pas riches en commandant un carnet de chèques à votre banque et aucune nation n’est jamais devenue plus prospère en taxant ses citoyens au-delà de leur capacité."


Pendant trois mandats, elle a été la femme à abattre et, loin des complots dont se disent régulièrement victimes les tyrans paranoïaques, on a effectivement cherché à l'abattre.

Dans les années 70, la Grande-Bretagne était en perdition, ruinée et soumise au FMI, sclérosée par un syndicalisme archaïque, engluée dans le pessimisme. Margaret Thatcher rendit espoir et fierté à sa nation. Elle remit le pays en marche. Elle le sauva, littéralement. Ne croyez même pas que j'exagère: il n'est pas donné à nombre d'anciens Premiers Ministres de voir érigée une statue à leur effigie au Parlement britannique.

Mais aujourd'hui, même si elle n'avait plus la moindre influence depuis longtemps, la Dame de Fer est morte et bien morte. C'est l'heure de la fête!

Hollywood avait évité de s'appesantir sur l'aspect politique de la vie de Margaret Thatcher, préférant prévenir tout risque de choquer un certain public plutôt que d'oser raconter l'histoire. Il faut dire que l'icône était toujours en vie ; il fallait pieusement s'en méfier.

C'est tout le contraire désormais. Les derniers tabous sont tombés.

Tous les féministes se réjouissent avec des ricanements de mépris d'enterrer la première femme de l'histoire à avoir démocratiquement dirigé le gouvernement anglais.

Tous les croyants et les serviteurs de l'Etat font étalage de leur dédain face à une politicienne élue trois fois au poste de Premier Ministre britannique par scrutin populaire.

Tous les apôtres de la compassion s'empressent de célébrer la triste disparition d'une vieille dame de 87 ans, veuve et ravagée par la maladie d'Alzheimer.

Oui, ces temps-ci la gauche européenne fait bien peine à voir.

margaret thatcher,médias

28 mars 2013

Le coup du drapeau

Un vieux drapeau du IIe Reich a été aperçu suspendu au plafond de la cave d'Oskar Freysinger et serait un symbole néo-nazi. Émoi légitime ou scandale monté de toute pièce?

freysinger_drapeau.jpg
L'objet du délit (image diffusée par la télévision suisse alémanique dans l'émission "Reporter")

Pour le nouveau Conseiller d'Etat valaisan, ce drapeau, acheté il y a 15 ans en Allemagne lors d'une exposition sur un sous-marin, ne serait qu'un souvenir. Mais la charge médiatique est féroce, avec force interview "d'experts". Sven Lüken, du Musée historique allemand de Berlin, explique sur Le Matin que le drapeau en question "est utilisé aujourd'hui par ceux qui veulent exprimer leur appartenance à l'extrême-droite". Douce musique aux oreilles des journalistes! Hans Stutz renchérit dans Le Nouvelliste: "On ne peut pas suspendre ce genre d'étendard sans savoir ce qu'il représente pour l'Allemagne nazie."

On ne peut pas? Non, on ne peut pas. Impossible. Jusqu'à Marie Parvex qui termine son commentaire dans Le Temps par une interrogation en forme de verdict: "Est-il suffisant de ne pas avoir su pour être dédouané, quand on est un personnage public?"

Nul n'était sensé ignorer la loi ; désormais nul n'est sensé ignorer les derniers codes en vigueur chez l'extrême-droite.

Apparemment, Oskar Freysinger devra passer le restant de ses jours à s'excuser, se justifier et surtout expier. C'est en tous cas ce que les médias attendent de lui. Je suis persuadé que l'histoire ressortira régulièrement, jusque dans la campagne pour sa réélection au Conseil d'Etat valaisan en 2017.

Personnellement, honte à moi, j'ignorais avant cette polémique l'utilisation symbolique de tel ou tel drapeau. A croire que je ne passe pas mes journées à surveiller les modes néonazies ; mais comme tous les autres membres du grand public, depuis quelques jours la presse s'emploie à combler mes lacunes. Tous doivent comprennent l'horreur décelée chez l'élu valaisan.

Pourtant, le drapeau en question n'est pas un symbole du IIIe Reich à proprement parler, mais du IIe (eh oui, il faut savoir compter!) de 1871 jusqu'à la fin de la première guerre mondiale. Il donna ensuite lieu à plusieurs variantes. La croix de fer est encore la cocarde de la luftwaffe actuelle ; quant à l'aigle impérial, il trône en bonne place au fond de la salle du Bundestag. Le drapeau n'est devenu un symbole néonazi que parce que les signes évidents des aficionados d'Hitler ont été interdits par la loi, telle la célèbre svastika introduite en 1935. La situation suscite donc malgré tout quelques remarques:

  • Les néonazis suisses ont une fâcheuse tendance à brandir des drapeaux suisses, pas allemands...
  • Si Oskar Freysinger, bravant tous les interdits, voue un culte secret au nazisme allemand depuis le fond de sa cave, pourquoi ne pas s'être donné la peine de la décorer avec un vrai drapeau à croix gammée, tant qu'à faire?

Tout le monde reconnaît les qualités intellectuelles d'Oskar Freysinger, même ses adversaires politiques les plus acharnés. Cela ne cadre pas avec la stupidité patente d'un individu qui inviterait carrément une équipe de journalistes dans son repaire intime, caméras au poing, pour révéler son terrible secret. Si Oskar Freysinger était le fourbe néonazi qu'ils imaginent, n'aurait-il pas pris la peine d'enlever le fameux drapeau avant de faire visiter sa maison? Espérait-il que personne ne lève les yeux?

Le fil est un peu gros, l'indignation largement artificielle. La presse nous avait habitué à mieux, mais bon, on fait les scandales que l'on peut avec ce qu'on a ; je suis sûr que dans les rédactions, certains se sont mordus les doigts de ne pas avoir pu monter cette affaire en sauce un peu plus tôt - disons, une semaine avant les élections au Conseil d'Etat.

Malgré tout, les médias sont dans leur rôle s'ils révèlent les déviances néonazies de tel ou tel politicien ; mais pour ce faire, on aimerait qu'ils se penchent sur les discours et les prises de position politiques plutôt que sur la décoration du plafond d'une cave. L'étude historique du nazisme pourrait éclairer quelques lanternes de façon salutaire, soit dit en passant.

On peut enfin cyniquement s'étonner de l'éternel deux-poids-deux-mesures entre socialisme rouge et socialisme brun. Un vieux drapeau vaguement apparenté suffit à clouer son propriétaire au pilori et à instruire un procès médiatique en bonne et due forme pour d'éventuelles sympathies nazies, alors que d'autres politiciens arborent fièrement des portraits de Che Guevara, de Lénine ou de Mao jusque dans leur bureau, sans laisser planer le moindre doute quant à leur adhésion à l'idéologie sous-jacente, et sans que le moindre éditorialiste ne s'en offusque.

Sic transit gloria mundi.