08 décembre 2016

Aylan et Maria

Il s'appelait Aylan Kurdi. En septembre 2015, son corps fut retrouvé noyé sur une plage de Turquie après le chavirage de l'embarcation qui devait le mener, lui et sa famille, jusqu'en Grèce. Les images du petit enfant noyé, le visage sans vie léché par les vagues, firent le tour du monde et la couverture de tous les journaux. Au 19h30 de la RTS, on relaya la séquence vidéo sans retenue, se délectant d'infliger tant de mauvaise conscience à tous ces Suisses mal-pensants.

Car voyez-vous, les gens qui s'opposaient aux migrants, faux réfugiés et passeurs, étaient complices de la mort du petit Aylan. On le leur fit bien comprendre. C'était eux qui devaient se livrer aux reproches et à l'introspection, et non son père au rôle trouble, envoyant sa famille en pleine tempête en rognant sur les gilets de sauvetage alors que pas un ne savait nager.

allemagne,médias,mensonge,criminalité,immigrationUn an plus tard, nous avons Maria.

Elle s'appelait Maria Ladenburger. En octobre 2016, son corps fut retrouvé noyé sur la berge du Dreisam à Fribourg-en-Brisgau (Baden-Württemberg) en Allemagne. Violée avant d'être noyée, Maria, dix-neuf ans, était étudiante en médecine et travaillait comme volontaire pour le centre des réfugiés locaux. Fille d'un haut-fonctionnaire de l'Union Européenne, Clemens Ladenburger, conseiller juridique de la Commission Européenne, elle militait comme son père pour un accueil plus grand encore des hordes d'immigrés clandestins qui prennent d'assaut le continent européen depuis un an et demi.

Son agresseur fut arrêté début décembre - Hussein Khavari, un demandeur d'asile théoriquement âgé de 17 ans, arrivé en provenance d'Afghanistan comme "mineur non accompagné" en 2015 et vivant depuis en famille d'accueil. Son ADN fut formellement identifié comme celui du violeur. Son vélo fut retrouvé à 500m du lieu de l'assassinat et des images de vidéosurveillance montrent qu'il tenta de changer son apparence après le meurtre.

La police soupçonne également Hussein Khavari du viol et du meurtre de Carolin G., assassinée près d'Endingen, à 30 kilomètres de Fribourg, trois semaines après la mort de Maria Ladenburger. Cependant, aucune trace d'ADN n'a été retrouvée sur cette scène de crime. Mais quels que soient les actes dont il est accusé, M. Khavari ne pourra subir de peine d'emprisonnement supérieure à dix ans, en vertu du droit pénal allemand envers les mineurs. Il faut préserver ses chances de réinsertion, voyez-vous.

Les médias allemands choisirent de ne pas parler du meurtre de Maria. Certains avancèrent qu'il s'agissait avant tout d'un fait-divers régional. D'autres, moins hypocrites quant à leurs motifs, expliquèrent qu'ils craignaient de donner des munitions aux adversaires de la politique d'accueil fermement tenue par la Chancelière allemande Angela Merkel. C'est une attitude tout à fait responsable: rien de plus odieux que d'exploiter la mort d'un(e) innocent(e) à des fins politiques. Aucun média digne de ce nom ne s'abaisserait à une telle félonie ; tous se contentent de seulement rapporter les faits lorsqu'ils le méritent, avec pudeur et sobriété, comme dans l'affaire Aylan Kurdi.

S'exprimant donc sur un simple fait-divers régional qui ne demandait aucune attention particulière, plusieurs responsables politiques allemands comme Sigmar Gabriel, ministre de l'économie, se sentirent malgré tout obligés de venir plaider que "de tels meurtres odieux existaient bien avant que le premier réfugié venu d'Afghanistan ou de Syrie n'arrive". Dont acte, même si des événements comme les attaques de Cologne de ce début d'année bousculent un peu les statistiques.

Au final, il est regrettable que les médias ne se soient pas étendus davantage sur l'assassinat de Maria car c'est une belle histoire de persévérance et de pardon. Pendant la messe d'enterrement de sa fille, M. Ladenburger organisa une petite quête pour aider à financer des associations d'accueil de migrants. Nul doute qu'un peu avant de se faire violer et noyer par un réfugié afghan, c'est sans doute ce qu'elle aurait voulu.

16 novembre 2016

Recomposition médiatique en vue

L'élection de Donald Trump pourrait bien avoir un effet inattendu sur la composition du paysage médiatique, de ce côté de l'Atlantique.

Aux États-Unis, les médias mainstream n'en finissent pas de s'excuser de ne pas avoir vu venir la victoire du milliardaire républicain. Si une image vaut mille mots, une petite vidéo vaut un album photo entier.

Malgré tout, leurs excuses sonnent faux: aucun journaliste n'a démissionné ou été licencié suite aux résultats électoraux. Les éditorialistes en place continuent de vomir sur le Président Trump alors qu'il n'est même pas encore entré en fonction. Nous assistons à la même dérive sur le Vieux Continent, qui, à sa décharge, se contente souvent de reprendre les reportages tournés par les collègues. Le suivisme est tel que c'en est à se demander à quoi servent tous ces "envoyés spéciaux" sillonnant le pays à grands frais.

Les reportages mettent donc l'accent sur la déception des Démocrates, les émeutes - largement artificielles - de ceux qui rejettent les résultats de l'élection, les dangers du programme de Trump pour la survie de l'humanité, et allouent le reste de leur temps d'antenne à la tournée d'adieu que s'offre le Président Obama avec l'argent du contribuable. On a déjà vu remise en cause plus sincère.

BB-logo-highres.jpgIl n'y a donc pas vraiment de changement de cap à attendre de la part de ces médias, ce qui ne surprendra personne. Mais le paysage médiatique lui-même change. Comme l'avait décelé Charles Gave, "le système de l’information aux USA, le fameux quatrième pouvoir est en train de se scinder en deux groupes violemment hostiles." Côté Clinton, la presse officielle ; côté Trump, les nouveaux acteurs comme Zero Hedge, Breitbart ou des réseaux comme Reddit. "Et nous assistons à une véritable guerre à mort entre les deux systèmes, qui continuera bien après que l’élection présidentielle ait eu lieu."

La guerre continue mais pourrait bien s'achever tantôt avec la victoire de Trump, infligeant une grave blessure de crédibilité aux médias périmés. Leur incapacité à se remettre en question ne fera que hâter leur disparition. Aux États-Unis, c'est un fait. Mais désormais, les nouveaux médias se tournent vers l'Europe, et les vieux médias du Vieux Continent glapissent de terreur.

Que peuvent faire les médias habituels, sachant que toute remise en cause est exclue? La même tactique que d'habitude, essayer de salir les nouveaux venus de façon préventive. L'idée est que le grand public soit préparé à les haïr dès leur arrivée, afin qu'ils soient plus méprisés que regardés.

Reconnaissons que la tactique avait bien fonctionné depuis une dizaine d'années avec Fox News. La première chaîne d'information américaine de Rupert Murdoch avait gagné des parts de marché en proposant des nouvelles "équilibrées" au grand public, en demandant par exemple leurs commentaires tant à des invités démocrates que républicains sur un point de l'actualité. Le slogan de la chaîne - fair and balanced - impliquait un équilibre loin du parti-pris ouvertement démocrate adopté par ses concurrentes. Quelle nouveauté dans le paysage télévisuel! Cela n'empêcha pas Fox News d'être anti-Trump dans sa couverture des élections présidentielles 2016, notamment par le biais de sa présentatrice vedette Megyn Kelly. Et cela n'empêcha pas les journalistes européens de continuer à la présenter comme "conservatrice", voire "ultra-conservatrice"...

Aujourd'hui encore, l'opinion d'un individu sur la chaîne est un puissant marqueur de connaissance sur les médias américains. L'épithète "conservateur" accolé à Fox News est révélateur de quelqu'un qui ne fait que répéter ce qu'on lui a mis dans la tête.

Mais ces péripéties dans la désinformation amènent les journalistes à un autre problème, la surenchère. Si une chaîne neutre voire consensuelle comme Fox News leur paraît déjà "ultra-conservatrice", comment qualifier un site corrosif comme Breitbart News? Méga-conservateur? Ultra-ultra-conservateur? Les rédactions travaillent d'arrache-pied sur cette épineuse question de vocabulaire. En attendant qu'un nouvel adjectif émerge, on présente Breitbart comme "le bras médiatique de Trump", "un site réac et raciste", "la machine de propagande de Trump"...

Certes Breitbart News a un style tabloïd et l'assume complètement, mais c'est aussi un site extrêmement populaire. L'Express est bien obligé de l'admettre:

Depuis son lancement, Breitbart News réussit à plusieurs reprises à embarrasser les démocrates: lorsque le site dévoile, en 2009, la vidéo d'une fonctionnaire noire, Shirley Sherrod, dans laquelle elle tient des propos anti-blanc. Quand, en 2011, Andrew Breitbart, un an avant sa mort, joue un rôle majeur dans la publication des sextos d'Anthony Weiner, démocrate élu à la chambre des représentants et pressenti pour devenir maire de New York.  

Des coups d'éclat qui lui ont permis d'acquérir un véritable succès d'audience: avec ses 37 millions de visiteurs uniques par mois, Breitbart News a aujourd'hui les moyens de ses ambitions. Bannon se vante, lors d'une interview donnée à Bloomberg, de pouvoir laisser ses journalistes enquêter durant plusieurs mois, tandis que les autres rédactions traditionnelles ne le peuvent plus. 

 
Steve Bannon, le directeur exécutif de Breitbart News, a été récemment nommé directeur de la stratégie et conseiller du Président Trump par ce dernier. Pas possible donc de défausser le site comme le travail de ploucs illuminés sortis de nulle part.

Breitbart News a bien l'intention de partir à la conquête de l'Europe. Une version anglaise a servi à plaider pour le Brexit, et une version française est à l'étude, présageant notamment d'une collaboration avec Marion Maréchal-Le Pen.

Ce n'est pas la première fois que des médias venus d'outre-Atlantique s'implantent en Europe ; pensons au Huffington Post ou au très gauchiste Slate. Les sites de Réinformation ont aussi le vent en poupe, qu'ils soient qualifiés de "droite pamphlétaire", de "réacosphère" voire de "fachosphère". Mais c'est la première fois que des acteurs majeurs à la fois politiquement incorrects et dotés d'une réelle force de frappe financière s'apprêtent à entrer sur le marché médiatique européen.

Le succès sera-t-il au rendez-vous? On peut imaginer que oui. Ces gens n'ont rien de philanthropes. S'ils veulent désormais tant s'implanter en Europe, c'est parce qu'il y a une demande. Environ la moitié de l'électorat est méprisée, dénigrée et tancée par les médias traditionnels à force de ne pas comprendre comme il faut, de ne pas voter comme il faut.

C'est un énorme marché.

Sur ce dossier, la Suisse est à la croisée des chemins ; tant que dure la redevance obligatoire, la RTS et ses affidés sont à l'abri de toute remise en question. Mais il n'en sera pas de même de la presse régionale et, naturellement, des médias en ligne. On peut donc s'attendre à de gros changements de ton dans les publications qui veulent survivre ; à défaut, les Suisses continueront à se tourner, toujours plus nombreux, vers les sites de Réinformation.

22 octobre 2016

Dernière ligne droite pour les présidentielles américaines

Le dernier des trois débats entre Hillary Clinton et Donald Trump a eu lieu. Ils ne se confronteront plus l'un à l'autre en public, mais seulement par annonces interposées.

clinton_sprint.jpgL'élection présidentielle américaine aura lieu dans moins de trois semaines.

Alors que nous entamons la dernière ligne droite, les camps en présence font feu de tout bois pour essayer d'arracher la décision.

A notre gauche, nous avons Hillary Clinton. Hillary Clinton incarne la continuité. La continuité d'une carrière accomplie en intégralité à Washington, dans les plus étroits cercles du pouvoir, mais aussi la continuité d'une Amérique en crise et en panne. Une Amérique où la classe moyenne se fait laminer par l'Obamacare, où la reprise économique n'existe que dans des cours de bourse manipulés par la FED, où un nombre inégalé de familles survivent grâce à des bons alimentaires tout en payant jusqu'à 50% de leurs revenus pour simplement se loger.

Le sens d'une présidence Clinton

Pour Guy Millière, qui écrit depuis les Etats-Unis, les carottes sont cuites pour Trump et Hillary sera la prochaine présidente. Reste à comprendre de quelle présidence il s'agit:

Les Etats-Unis vont donc avoir une présidente corrompue, criminelle, achetée et encore à vendre.

Ils vont avoir une présidente qui va peupler la Cour Suprême de juges qui vont déchirer la Constitution, effacer peu à peu les principes fondamentaux énoncés dans le Bill of rights, laisser détruire la séparation des pouvoirs.

Ils vont avoir une présidente favorable à l’avortement jusqu’au neuvième mois de grossesse (elle l’a redit au cours du débat), donc à l’infanticide ; une présidente qui entend régulariser les immigrés clandestins et les faire accéder à la nationalité américaine aux fins qu’ils votent démocrate en échange de chèques à la fin du mois ; une présidente qui va favoriser l’immigration musulmane, changer la composition de la population américaine, accélérer les ravages du politiquement correct, augmenter considérablement les impôts, placer les entreprises en situation de dépendance accélérée par rapport au gouvernement.

Ils vont avoir une présidente qui va continuer la guerre contre la police, maintenir les noirs dans une situation de dépendance et dans une sous culture de violence et de drogue ; une présidente qui va mettre en place un système de santé de type socialiste ; une présidente qui va démultiplier les bureaucraties, accroître le nombre d’assistés et de pauvres dépendants du gouvernement, parachever la mise en place d’une nomenklatura composée des élites politiques, des grands financiers et dirigeants de multinationales finançant les démocrates et bénéficiant en retour de subventions et autres avantages ; une présidente qui pourra s’appuyer sur la quasi-totalité des médias, et qui cherchera à éliminer tous les journalistes et intellectuels qui pensent mal ; une présidente qui, en politique étrangère, continuera ce qui a été fait sous Obama, et qui, donc, va continuer à favoriser l’Iran des mollahs antisémites, pratiquer l’aveuglement volontaire face au péril islamique, tenir un discours anti-russe tout en laissant se mettre en place un ordre mondial tenu par la Russie, l’Iran et la Chine.


Quel beau programme, en effet, et pas une de ces phrases n'est excessive. Malheureusement, une présidence Clinton signifie exactement cela. Une chance que la politicienne démocrate soit qualifiée de "centriste", on se demande ce à quoi les Américains auraient eu droit sinon.

La Menace Trump

trump_sprint.jpgA droite, nous avons Trump. Trump incarne la rupture. La rupture d'un homme d'affaire revenu de tout et décidé à bousculer un système corrompu dont il a pourtant largement profité pendant ses plus jeunes années. Trump est la promesse fragile et incertaine d'un changement, porteur d'incertitude mais aussi d'espoir. Mais pour ses adversaires, le changement préconisé par Trump représente le danger absolu, et ils n'hésitent pas à fouler ouvertement toutes les valeurs qu'ils ont jamais prétendu avoir pour le combattre. Comme l'explique Charles Gave:

Je n’ai jamais vu dans une élection aux USA une telle partialité de la grande presse. Qu’elle aille fouiller dans le passé de monsieur Trump me paraît normal. Qu’elle ne parle pour ainsi dire jamais des casseroles que traînent les Clinton commence à attirer l’attention du vertueux Wall-Street journal qui a du mal à comprendre pourquoi cette même grande presse monte en épingle les peccadilles supposées de monsieur Trump et refuse de parler des crimes des Clinton.

Car il semble bien que les journalistes de cette même grande presse soient prêts à tout pour faire élire leur candidate, comme par exemple en transmettant les questions qui lui seront posées avant que l’interview n’ait eu lieu ou en refusant de filmer les foules qui viennent aux réunions de monsieur Trump.


"Que les journalistes soient à la fois de gauche et vendus au pouvoir en place, voilà qui n’étonnera que les naïfs", poursuit-il, avant de déceler dans cette affaire une deuxième bataille, occulte cette fois-ci, entre les anciens médias et les nouveaux autour de la recomposition du paysage médiatique.

Les anciens médias historiques, presse et télévision, s'arc-boutent en faveur de Clinton dans le but de préserver leur modèle économique, leur coût élevé et leur faible rentabilité. En face, la réinformation sur Internet qui s'est envolée ces dernières années repose sur un modèle plus léger, flexible et réactif, basé sur la concurrence et la diversité des opinions. Une victoire de Trump en ferait définitivement le nouveau média mainstream.

[La] grande presse américaine est constituée aujourd’hui de valets ayant peur pour leur job et donc suivant les ordres qu’on leur donne.

Les journalistes classiques en fait soutiennent Clinton parce qu’ils savent fort bien que si Trump était élu, alors ils se retrouveraient au chômage très rapidement, et que le chômage est acceptable pour le peuple mais pas pour eux.


Mais le duel entre Trump et Clinton ne concerne de loin pas que les journalistes. Il concerne les élites dans un sens beaucoup plus large - la grande masse des gens influents qui estiment avoir plus à perdre qu'à gagner dans un bouleversement. Trump cristallise donc l'entier de l'Amérique-d'en-haut contre lui, une coalition ahurissante et sans exemple dans l'histoire, atteignant jusqu'aux cadres du parti républicain.

Soupçons de fraude

Trump ne s'est pas mal sorti des trois débats télévisés, mais beaucoup pensent que ce n'est pas suffisant pour rattraper le retard qu'il affiche depuis des semaines dans les sondages, alors même que ces sondages sont constamment biaisés. Pourquoi truquer des sondages? Peut-être, de "façon traditionnelle", pour décourager les électeurs du camp d'en face à se rendre aux urnes. Personne n'a envie d'aller voter en se sachant perdant. Mais il est aussi possible qu'il s'agisse de quelque chose de plus sinistre.

Dans le dernier débat Trump "choqua l'assistance" (toujours selon les termes soigneusement choisis des journalistes) en laissant planer le suspense sur l'acceptation de son éventuelle défaite. Clinton s'engouffra évidemment dans la brèche en fustigeant son adversaire de menacer la démocratie américaine en laissant planer un doute sur la validité de l'élection à venir.

Les médias reprennent à l'unisson. Bien sûr, personne ne se demande si la fraude électorale massive sous-entendue par Donald Trump en faveur de son adversaire démocrate ne serait pas, elle, de nature à menacer la démocratie.

Même les gauchistes les plus anti-Trump devraient se rappeler de l'élection de George W. Bush face à Al Gore en 2000, de la confusion face au vote final de la Floride, des recomptages et de la bile déversée alors en apprenant que le Républicain restait en tête. Les accusations de fraude électorale persistèrent en 2008 cette fois-ci à l'avantage du Président Obama.

Le fait est que la fraude électorale existe aux États-Unis, depuis longtemps: vote multiple, inscription de personnes décédées sur les listes électorales, ou tout simplement la bonne vieille corruption. Le fait que ces exemples récents pointent exclusivement vers des fraudeurs démocrates n'est probablement que le fait du hasard. Mais lorsque tout le reste échoue, il suffit alors de tricher au niveau des machines elles-mêmes.

Aujourd'hui 70% des électeurs républicains pensent que les résultats électoraux seront manipulés en faveur d'Hillary Clinton. La tentation sera grande pour les élites menacées par Trump de mettre "toutes les chances de leur côté" ; pour sa part, Julian Assange de Wikileaks a suffisamment d'information en sa possession pour juger que c'est le cas:

"Il n'y a pas d'élection aux États-Unis. Il y a une consolidation de la puissance. Primaires truquées, médias truqués et une candidate 'joueuse de flûte' mènent cette consolidation."


Si le 8 novembre les résultats électoraux ne correspondent pas aux sondages sortie des urnes, les États-Unis se préparent à une crise gravissime.

14 octobre 2016

Menteurs à louer: un journaliste américain se livre

Existe-t-il encore des gens pour penser que le traitement de l'actualité par les médias mainstream soit motivé par le simple désir d'informer le grand public? Heureux les imbéciles! La plupart des gens comprennent qu'il y a anguille sous roche et supportent mal un traitement partisan de l'information - la récente campagne pour les présidentielles américaines étant un modèle du genre.

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Couverture médiatique comparée entre des propos sexistes de Trump enregistrés à son insu
il y a onze ans d'une part, et des milliers d'emails révélés par Wikileaks exposant la corruption
d'Hillary Clinton à travers sa fondation, ses relations avec le gouvernement,la justice et
les médias d'autre part.

Certains tolèrent mieux la propagande, simplement parce qu'elle va dans le sens de leurs convictions, mais le malaise subsiste. Quelle cause juste pourrait avoir besoin de mensonge pour se défendre? Et si cette cause n'en a nul besoin, comme le rétorqueront immanquablement ceux à qui on pose la question, alors, pourquoi mentir?

En réalité, l'information biaisée est la marque d'un mépris total pour le destinataire final - c'est-à-dire, vous. Mais "l'information" est-elle réellement produite pour lui? La réalité est bien plus crue que tout ce que vous pouvez imaginer, au moins aux Etats-Unis, comme le révèle un ex-journaliste dans un article sans détours, "Confessions d'un ex-journaliste sur le milieu corrompu des médias", dont voici une traduction.

Heureusement, rien de tout cela n'est à déplorer en Suisse.

 


 

Confessions d'un ex-journaliste sur le milieu corrompu des médias

Comment s'acheter des amis et plaider pour l'ennemi

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Tout est mensonge, chéri

Je doute que quiconque ait besoin qu'on lui rappelle que les médias sont pourris jusqu'à la moelle ; même les personnes les plus réticentes et à l'esprit le plus fermé tiennent désormais cela pour acquis. Mais bien que les médias soient largement condamnés de nos jours (mes remerciements aux Allemands pour avoir ramené le mot Lügenpresse dans le discours public), peu de gens savent ou comprennent ce qui se passe réellement dans la cuisine journalistique, où se concocte la potée de mensonges dont les gens sont quotidiennement nourris. Cependant, il y a toujours un moyen de le découvrir, par une infiltration délibérée du milieu ou, dans mon cas, par accident.

J'ai un vieil ami - appelons-le Sven - que j'ai toujours tenu pour être un homme bienveillant et sincère. Cependant, ces traits étaient également tempérés par une vision optimiste et quelque peu naïve des gens. Pour cette raison, il se retrouvait régulièrement embarqué dans des situations difficiles et parfois même dangereuses. L'une d'elle s'est révélée être un bref passage en tant que journaliste pour un journal en ligne à succès. Il maintint à peine contact au cours de son emploi et finit par décrocher complètement. Environ un mois plus tard, il refit surface - un homme changé, et pas en mieux. Comme il l'expliqua, il démissionna de son travail et se renferma sur lui-même un certain temps, sans autre arme que l'alcool, pour faire face à la dépression dans laquelle l'avait plongé ce travail de journaliste.

Cette réaction doit probablement paraître excessive à beaucoup d'entre vous, comme elle le parut à moi-même. Les hommes tombent rarement en dépression ainsi et ne se sortent pas de leurs problèmes en buvant. Si j'accordai à mon ami la clémence de lui expliquer ses manquements, je reconnus aussi l'utilité de son expérience et commençai à l'interroger sur ce qu'il avait vu et entendu durant son emploi. Je transmettrai ses conclusions ci-après ; cependant, je ne révélerai ni son vrai nom ni celui de son employeur, sachant que dans le pays "libre" où nous vivons, cela pourrait l'amener en eaux troubles.

Qui vous paie, vous possède

Sven rejoint les rangs des journalistes pour apporter la vérité aux gens. À son crédit, il croyait vraiment qu'il ferait exactement cela. Sa première mission semblait si simple, après tout: parler à une personne, enregistrer la conversation, écrire un article, le publier. La réalité se révéla diamétralement opposée. Une fois notre journaliste fraîchement émoulu revenu de sa première entrevue, on lui ordonna de retranscrire l'enregistrement immédiatement et de l'envoyer par courriel au gestionnaire de contenu. Une demi-heure plus tard, Sven reçut une version fortement modifiée de la transcription, avec les éléments qu'il jugeait les plus significatifs remplacés par des tournures dénuées de sens ou complètement supprimés. Quand il alla voir le directeur pour exprimer son indignation, celui-ci lui répondit simplement : "Cet homme ne nous a pas payé pour un article qui le dénigre. Retournez à votre bureau."

Ce fut loin d'être le seul cas où Sven fut témoin de sommes d'argent tirant le journalisme. Ses nombreux collègues ne produisaient presque jamais du contenu indépendant - ils étaient trop occupés à publier des articles payés les uns après les autres. Lorsque Sven demanda si ces articles devaient être indiqués comme du contenu sponsorisé, la seule réponse qu'il obtint fut un rire amer. Très souvent, le gestionnaire de contenu venait à son bureau et disait quelque chose comme "Savez-vous que le gars sur lequel vous écrivez est un ami proche du boss? Ne vous plantez pas sur cet article." Sven fut également surpris de voir que de nombreuses personnes interrogées (habituellement les politiciens) ne se donnaient même pas la peine de répondre à ses interviews, déléguant à la place leurs secrétaires ou assistantes. L'une d'elle alla même jusqu'à lui remettre un discours pré-écrit en main en lui disant de travailler à partir de cela avant de s'en aller.

Cependant, notre Sven possédait aussi un sens aigu de la justice, qui l'amena plusieurs fois à ignorer les "recommandations" données par son gestionnaire de contenu, à s'écarter de l'histoire officielle et à permettre à de petits extraits de vérité de faire leur chemin aux yeux du public. Pour chacune de ces transgressions, il fut convoqué au bureau du directeur, sévèrement admonesté, et se vit amputé d'une partie de son salaire mensuel. Tout fragment "non autorisé" qu'il avait écrit fut rapidement édité après coup - même si l'article avait déjà été lu par des milliers de personnes. Et ceci était censé être un média "neutre et objectif"!

La déontologie? Jamais entendu parler

Sven éprouva un grand choc quand il réalisa finalement que ses employeurs étaient des êtres dénués de conscience qui se prostituaient au plus offrant. Le choc fut encore plus grand quand il découvrit avec quelle nonchalance ses collègues prenaient leurs responsabilités. Les journalistes d'investigation se reposaient sur des informations obtenues à travers de simples recherches Google et des messages sur Twitter. Les éditorialistes et leurs subordonnés utilisaient des rumeurs et des ouï-dire pour rédiger des charges au vitriol. Les gestionnaires de sites Web postaient tout contenu qui leur plaise aussi longtemps qu'ils le présentent avec de gros titres assez flashy pour attirer le chaland. Le contrôle des faits était quasiment inconnu, à moins que quelqu'un n'ait spécifiquement payé pour cela.

Quand il était temps de choisir les sujets et de rédiger les articles, la ligne directrice de l'ensemble de l'entreprise était limpide: ne pas mettre les gens en colère. Pas les gens ordinaires, vous pensez bien - ceux-là n'étaient en interne même pas considérés comme des êtres humains, juste une masse sans visage à qui l'on jette des articles et qui sert à générer des clics et à produire de l'argent en retour. Non, le terme de "gens" se référait aux personnes qui comptaient réellement. Ce groupe comprenait des représentants des pouvoirs en place, des personnalités publiques bien connues, de riches individus avec les doigts bien trempés dans le gâteau politique et, bien sûr, les fréquentations personnelles du propriétaire de la publication.

Ceux-là devaient être protégés, dorlotés et flattés à tout prix, tous les autres n'étant que du gibier. Inutile de le dire, la politique avait au moins autant d'influence que l'argent dans la ligne éditoriale - à chaque fois que quelque chose de remarquable survenait, les "protecteurs de la vérité et de l'objectivité" s'attelaient immédiatement à travailler de façon à tourner les événements d'une manière favorable pour ceux qui tenaient leurs laisses. Des coups médiatiques étaient laborieusement élaborés contre les adversaires politiques et les indésirables, des écrans de fumée étaient érigés, les faits étaient omis, déniés et interprétés de façon biaisée. Sven m'avoua plus tard que le jour où sa publication couvrit les élections législatives fut le premier de sa vie où il passa toute la soirée à se saouler. L'éthique du journalisme, un terme que les médias aiment jeter à gauche et à droite, ne s'avérait rien d'autre que du vent.

Dans l'omelette médiatique, vous n'êtes qu'un œuf

Le titre dit tout. Pour les élites du secteur des médias, les pigistes ne sont pas juste des pions - ils sont des préservatifs. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, l'existence d'un journaliste typique est assez pathétique: sous-payée, sous-évaluée, ingrate et constamment scrutée par sa hiérarchie. Le turnover du personnel de la "cuisine" est très élevé, et pas à cause des promotions obtenues. Dans ce milieu, le terme de "journaliste senior" désigne souvent un pauvre bougre sans alternative qui ne peut pas raccrocher.

Selon Sven, nombre de ses collègues travaillaient dans le seul but de toucher leur salaire mensuel, ce qui expliquait leur négligence. Faces grises, bouches pincées, regards fuyants et aigreur dans l'attitude - tout ce qu'il fallait pour abattre une journée de plus. En outre, les plus expérimentés esquivaient toute responsabilité quant au contenu publié: chaque fois qu'un lecteur en colère contactait le journal pour se plaindre d'un article, le gars qui l'avait rédigé subissait l'entier du blâme, même si son travail avait été scruté et validé par la rédaction avant publication. Après tout, quel temps fallait-il avant de retrouver un autre drone de bureau avec des compétences de rédaction à peu près décentes?

Cependant, Sven expliqua également que certains de ses collègues appréciaient leur travail. Ils arrivaient au bureau d'un pas leste, un sourire sinueux sur leur visage et une lueur espiègle dans leurs yeux. Ils étaient les "talents" favoris du directeur de la publication - des ordures froides et vicieuses qui auraient vendu leur propre mère pour une bonne tranche de commérages à répandre un peu partout sur le site. À chaque fois qu'ils avaient l'occasion d'appeler au scandale, de répandre une vilaine rumeur ou de ruiner la vie de quelqu'un, on pouvait presque les voir s'illuminer de l'intérieur. (...)

Stigmatisation interdite

Comme vous l'avez probablement remarqué depuis longtemps, le secteur médiatique est une boîte de Pétri immense et accueillante pour de nombreuses variétés de Kulturbolschewismus, de bolcheviques culturels. Dans le cas de Sven, cela dépassait la simple politique interne de dénigrement de la peur et d'autocensure pour être un réel ordre du jour au travail. Il me dit qu'un organigramme accroché en salle de presse expliquait ce qu'il fallait faire en cas d'article rapportant des crimes et des incidents. Il comportait quelque chose comme ceci: "le protagoniste était-il de souche (blanc) ? Oui: rapporter en détail, amplifier ; Non: gommer les détails, minimiser."

Sven rédigea une fois un article sur une fête nationale, mais son gestionnaire de contenu refusa d'approuver la publication parce qu'elle était "trop patriotique", lui conseillant plutôt de "mettre l'accent sur la participation des minorités dans le festival." Tout ce qui pouvait louer le pays et ses habitants autochtones était indésirable et omis chaque fois que c'était possible, alors que toute nouvelle débordant de haine de soi ou faisant l'éloge d'allogènes au pays (lire: africains et musulmans) ou attaquant les indigènes et leur mode de vie était promis au succès et franchissait le processus d'approbation comme une lettre à la poste.

Inutile de dire que la rédaction était bourrée de femmes, de blaireaux émasculés faisant office d'animaux de compagnie et, bien sûr, de juifs. Les premières disposaient d'un pouvoir absolu quelle que soit leur position - une simple plainte aux ressources humaines était suffisante pour faire virer n'importe qui, pas besoin de preuves. Les blaireaux émasculés, incarnés par des créatures malingres en T-shirts Che Guevara arborant une barbe lépreuse sur leur visage chargé de piercings, vivaient de façon très satisfaisante la façon dont les choses se passaient, sirotant leurs cafés et dénonçant aux ressources humaines ceux qui exprimaient des idées incompatibles avec le récit. Les juifs étaient dans leur élément naturel en salle de presse, étalant leur arrogance intellectuelle et obtenant des promotions sorties de nulle part. La majorité des articles dénigrant les autochtones, leur culture et leurs valeurs venait d'eux, comme étude du site Web du journal me l'apprit plus tard.

Menteurs à louer

Donc, pour résumer tout cela: les médias ne se composent pas d'individus bienveillants mais malavisés, comme beaucoup le pensent encore. Au contraire, ils représentent une entité consciente d'elle-même qui se positionne quelque part entre l'opportunisme sans scrupules et le chien fidèle de l’État. Au mieux, ils se livrent à un faux patriotisme ("Nous avons un pays merveilleux, invitons davantage d'immigrants!"), au pire ils sont hostiles à l'égard de la population historique de leur pays de résidence.

De plus, les médias permettent la consolidation et l'affirmation des forces globalistes - des gouvernements perfides, des juifs, des multinationales, l'industrie du divertissement et d'autres - contre une population indigène désenchantée et déclinante. Et last but not least, les médias sont complices des crimes commis en Occident par des immigrants non-blancs à cause de leur obscurcissement délibéré des faits et, en cas d'échec, de la démagogie visant à faire pression sur les tribunaux pour laisser les criminels en ressortir libres. Pour moi, cette dernière raison devrait être à elle seule suffisante pour envoyer nombre de journalistes et leurs employeurs au gibet.

L'essentiel est de toujours se rappeler que les médias ne sont vos amis en aucune façon, ni sur la forme ni sur le fond, même si leurs employés les plus modestes ressemblent davantage à de malheureuses victimes qu'à des ennemis visant la destruction des nations. Il faut s'opposer aux médias, exposer leurs manœuvres et les boycotter à chaque occasion jusqu'à ce qu'ils commencent à saigner de l'argent et s'étouffent avec leur propre venin.

28 septembre 2016

La presse romande découvre la causalité

Panique dans les rédactions: 24Heures et la Tribune de Genève (qui partagent des "synergies" depuis plusieurs années déjà) devraient avoir à se séparer de 24 collaborateurs dans un avenir proche.

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Le logo de l'entreprise Tamedia barré d'une bande noire, action des manifestants

Le sujet, qui ne susciterait qu'un entrefilet dans la rubrique économique s'il concernait n'importe quel autre secteur d'activité, est traité comme le point essentiel de l'actualité. Biais corporatiste, pourrait-on dire. Les médias s'inquiètent du destin de leurs confrères. Alors tout le monde s'étend sur l'horrible nouvelle, que ce soit dans les colonnes de 24Heures et de la Tribune évidemment, mais aussi dans celles de 20 minutes, de La Liberté ou du Temps, et j'en oublie, souvent à travers plusieurs articles.

Même la RTS évoque le sujet, quoi qu’avec la distance propre à un organisme protégé de pareilles déconvenues par la sanctuarisation de la redevance, car, en filigrane, c'est bien de cela dont il s'agit. Stéphane Montangero, président du PS vaudois, fait dans la paraphrase de Voltaire mais avec un sens tout différent:

C'est une question de qualité de l'information. Je ne suis pas toujours d'accord avec tout ce qui s'écrit mais je me battrai pour que les journalistes puissent continuer à l'écrire.


Comment comprendre cette déclaration dans un monde où l'information, comme n'importe quelle activité économique, est soumise à concurrence? Contre quoi faudrait-il se battre exactement, si ce n'est la désaffection pour la prétendue "qualité de l'information" délivrée au grand public par ces titres? Envisage-t-on de forcer les gens à lire? De subventionner les journalistes afin qu'ils reçoivent de l'argent sans que personne ne se donne même plus la peine d'acheter leurs journaux?

Presse en crise cherche maquereau

La presse écrite cherche des sous, résume avec une clarté rare le médiateur de Tamedia. Il commence lui aussi par un état des lieux sur une presse qui serait, à son plus grand regret, un secteur économique comme les autres:

[La presse écrite quotidienne] ne reçoit certes pas de fonds publics, bien que l’information semble être considérée encore comme un bien commun en démocratie (sic). Depuis bientôt deux siècles, elle tire ses ressources de ses ventes et de ses recettes publicitaires. Mais son modèle économique est atteint d’anémie. (...) La presse écrite quotidienne subit deux migrations massives: celle des lecteurs, et d’abord des plus jeunes, celle d’annonceurs autrefois très présents sur le marché de l’automobile, de l’emploi, de l’immobilier, des petites annonces.


Et de conclure: "Tout le monde se retrouve désormais sur le Net." Le vilain Internet, voilà l'ennemi. Mais il est invincible, alors que faire? De son point de vue, trouver de "nouveaux sponsors" - des organismes privés qui paieraient directement tout ou partie des reportages publiés, au lieu de simplement faire de la publicité comme au siècle dernier. Mais même ce passage généralisé au publi-reportage ne va pas sans poser des questions éthiques:

Sans ouvrir de procès d’intention ni agiter des théories du complot, à quoi sont aussitôt portés certains esprits, des questions se posent. Quel sera le traitement réservé par une rédaction à tel ou tel parrain prodigue qui rencontrerait des difficultés d’ordre économique, voire judiciaire, qui s’exposerait à une controverse publique?


On se demande, en effet. Et si les apports de fonds requièrent l’application de règles, que penser de l'indépendance relative des médias face à des groupes politiques avec lesquels ils entretiennent tant de rapports de sympathie?

Les lecteurs seront nombreux à se détourner d'un article trop dithyrambique pour être sincère sur tel ou tel dernier modèle de smartphone, mais combien seront tout aussi révulsés par une de ces interviews complaisantes où un politicien se fait aimablement servir la soupe par un journaliste en totale connivence idéologique?

Le publi-reportage économique repousse le lecteur, mais son pendant politique provoque la même réaction - et il est bien plus fréquent. Ce débat déontologique-là est soigneusement évité.

En quête de valeur ajoutée

"Partout dans le monde, les tirages des journaux s’érodent, même parmi les plus grands. Partout, les volumes publicitaires se ratatinent" se lamente le médiateur de Tamedia.

Mais ce n'est pas vrai. Outre-Sarine, la Weltwoche se porte comme un charme. Le quotidien gratuit 20 minutes triomphe avec son modèle économique basé sur la gratuité. Un site de réinformation comme Lesobservateurs.ch parvient à devenir un des sites web francophones les plus populaires malgré un budget dérisoire.

Le journalisme n'est pas mort. Mieux que cela, il ne s'est jamais aussi bien porté. Mais en achetant un quotidien les gens sont à la recherche de valeur ajoutée, de vérité, de synthèses, d'esprit critique. Ils ne sont pas demandeurs d'une presse obséquieuse avec les puissants, superficielle, moralisatrice et insultante, et qui en voudrait d'ailleurs? Les lecteurs veulent de l'information pertinente - pas des prêches, ni des copiés-collés de dépêches de la veille.

La presse romande est en crise. Il n'appartient qu'à elle de changer de ton, de ligne éditoriale, de retrouver son esprit critique et, peut-être, son public. Au moins peut-on espérer que les rédactions concernées comprennent qu'il en va désormais de leur survie.

12 septembre 2016

La santé d'Hillary en question

Il a suffi d'un "léger malaise" de la candidate démocrate lors des cérémonies de commémoration du 11 septembre pour que la santé d'Hillary Clinton revienne sur le devant de la scène. L'épisode, filmé par plusieurs journalistes [correction: de simples spectateurs] selon des angles différents, fut diffusé sur la toile suffisamment vite pour qu'il ne soit plus possible de nier.

Quant à la légèreté du malaise, jugez-en par vous-même:

Clinton_Shoe.jpgAttendant la voiture en tenant à peine debout, la candidate, promptement soutenue par ses gardes du corps, rentre dans son véhicule blindé en abandonnant une chaussure dans le caniveau. Une photo qui aurait fait la une des journaux si elle avait pu concerner Trump.

On notera l'extrême détachement du personnel de sécurité pendant l'entier de cette scène: les agents observent les alentours et ne jettent pas un regard à Mme Clinton, alors que d'autres la soulèvent et l'embarquent dans le plus grand calme, comme si tout cela était une danse parfaitement chorégraphiée.

Est-ce le professionnalisme d'agents rompus à toutes les situations, ou l'expérience d'un personnel pour qui ce genre de passage à vide n'est pas une première?

Quelques jours plus tôt, Mme Clinton donnait une conférence publique très importante à Cleveland, pendant laquelle elle fut prise de quintes de toux incontrôlables pendant plusieurs minutes, provoquant un certain malaise dans le public. Elle réussit à glisser entre deux toux que son comportement était dû à "une allergie à M. Trump". La scène est moins embarrassante que la précédente mais reste tout de même singulière:

Les interrogations sont récurrentes quant à l'état de santé de Mme Clinton - mais il a suffi d'une vidéo accablante pour que ce qui n'était jusque-là que des "spéculations houleuses lancées par des adeptes de la théorie du complot", voire des rumeurs lancées à dessein par son adversaire, ne devienne en moins de 24 heures une vérité établie.

Un retournement de veste assumé avec tant de souplesse force le respect. Deux tweets d'un journaliste à quelques années d'intervalle permettent de se faire une idée de l'hypocrisie de la presse...

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2008: La santé de McCain: Ce Que Cela Signifie
2016: Ne peut-on pas arrêter de parler de la santé d'Hillary maintenant?

Dès 2012 Hillary Clinton ne donnait plus vraiment l'image d'une santé éclatante. Elle souffrit d'un virus gastrique et d'une déshydratation, puis d'une commotion cérébrale après s'être évanouie. Un caillot de sang fut ensuite découvert entre le cerveau et le crâne. A cette occasion elle vit double pendant quelques semaines. Même alors des soupçons planaient sur sa condition réelle, notamment parce qu'elle reçut des anticoagulants qui, de l'avis de médecins consultés par plusieurs médias, n'étaient d'aucune utilité pour des caillots dus à un traumatisme.

Aujourd'hui, l'entourage médical de la candidate démocrate affirme qu'elle a été victime d'une pneumonie détectée vendredi et qu'elle annulait tous ses rendez-vous pour les prochaines 48 heures. Ce diagnostic soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses.

  • Si Mme Clinton est diagnostiquée avec une pneumonie depuis le 9 septembre, comment se fait-il qu'elle ait participé à de multiples apparitions publiques impliquant de nombreux contacts avec la foule entre cette date et aujourd'hui? La pneumonie est une maladie grave, et contagieuse.
  • Mme Clinton serait traitée par des antibiotiques. Normalement l'amélioration du patient est rapide et notable avec ces médicaments. Or, son malaise du 11 septembre intervient après plusieurs jours de médication et semble donc d'autant plus étonnant à ce stade.
  • De nombreux épisodes de quinte de toux et de comportements étranges de Mme Clinton ont été rapportés (et filmés) depuis longtemps auparavant, et ne cadrent pas avec une simple pneumonie diagnostiquée il y a trois jours.
  • L'apparition forcée d'Hillary Clinton en bas de son immeuble peu de temps après son malaise, et l'affirmation livrée alors qu'elle aurait été victime d'une simple "insolation" (malgré une modeste température de 26° à New York) est un mensonge de plus, entachant encore la réputation d'une politicienne jugée peu sincère par la majorité des Américains.

Hillary Clinton vient de perdre gros aujourd'hui ; même ses partisans les plus déterminés auront des doutes quant à sa capacité à assumer la charge de Président. En termes d'image, une apparence de faiblesse et de maladie n'est guère motivante. Ces ennuis de santé s'ajoutent à la dernière polémique à peine retombée où elle clame que "la moitié" des électeurs de Trump sont des racistes, des xénophobes et des bigots, entre autres termes élégants!

L'élection présidentielle américaine a lieu dans moins de 60 jours. Pendant cet intervalle, l'état de santé de Mme Clinton sera épié, scruté, déchiffré en permanence - et probablement pas à son avantage. Si elle n'est effectivement atteinte que d'une pneumonie et qu'elle en guérit rapidement et complètement, elle garde quelques chances. Autrement, la maigre avance dont elle dispose dans les sondages promet de ne pas durer, d'autant plus que le plus dur arrive avec les trois débats prévus contre Donald Trump, qui ne lui fera pas de cadeaux.

Hillary Clinton sera-t-elle prête et en grande forme à temps? Imagine-t-on l'effet d'un de ces malaises ou d'une quinte de toux en direct sur un plateau de télévision?

Les médias et les démocrates américains réalisent soudainement que la candidature à la présidence d'Hillary Clinton n'a plus rien d'une marche triomphante vers la victoire.