01 mars 2017

La justice fait trébucher François Fillon

"Je ne me retirerai pas." C'est par ces mots que François Fillon vient apporter son démenti tardif à une folle matinée de rumeurs et de franche panique dans les rangs des Républicains.

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Tout commence ce matin au Salon de l'Agriculture. Il est 8h15. Des journalistes font le pied de grue aux portes de la manifestation agricole. Ils reçoivent alors par e-mail un communiqué lapidaire de l'équipe de campagne du candidat à la présidentielle: "La visite de François Fillon ce matin au Salon de l'Agriculture est reportée. Le nouveau rendez-vous vous sera communiqué ultérieurement." Aucune explication.

De par sa notoriété et sa place dans le calendrier, le Salon de l'Agriculture est un passage obligé dans toute campagne présidentielle française. François Fillon doit s'y rendre à son tour, après Marine Le Pen la veille. Les journalistes devinent bien que cette annulation le jour même n'est pas due à un rhume. Il doit se passer quelque chose de grave.

L'ancien ministre de l'agriculture Dominique Bussereau, chargé de l'accueillir, n'en sait pas davantage. Les membres de l'équipe Fillon présents sur place non plus. Le malaise est palpable. Tout est en place pour que les rumeurs alarmistes se répandent. Elles prendront d'autant plus vite qu'au milieu de la matinée, des sources affirment que François et Penelope Fillon auraient tous deux reçu des convocations préalables à leur mise en examen, respectivement pour les 15 et 18 mars. C'est un coup de tonnerre.

Les réunions de la matinée sont annulées au QG de campagne du candidat, tandis que les ténors de la droite affluent. Viennent-ils au chevet du candidat adoubé par les primaires? La perspective d'une renonciation se répand jusque dans les rangs des Républicains. Certains soutiens de Fillon comme Gérard Longuet réagissent alors en l'invitant "à tenir". "Si François Fillon arrête, ce sera l'apocalypse" prévient Laurent Wauquiez, vice-président des Républicains.

Les chaines d'information sont sur les dents. Elles ont interrompu leurs programmes pour couvrir la crise. François Fillon se serait entretenu avec Alain Juppé et Nicolas Sarkozy au téléphone. Il doit s'exprimer à midi. Jugulant la crise jusque dans les dernières minutes, il arrive avec une demi-heure de retard. Il annonce qu'il a effectivement reçu une convocation de la justice pour le 15 mars. Mais choisit de se battre.

"Nombre de mes soutiens parlent d'un assassinat politique. C'est un assassinat. Ce n'est pas moi seulement qu'on assassine, c'est l'élection présidentielle, c'est le vote des électeurs de la droite et du centre qui est fauché. (...) C'est au peuple français et à lui seul que j'en appelle désormais, à ceux qui me suivent et à ceux qui me combattent. Seul le suffrage universel et non pas une procédure à charge peut décider de qui sera le prochain Président de la République. Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas. Je vous demande de me suivre."


François Fillon annonce la couleur: il tiendra bon. Mais les dégâts internes sont graves. Selon Le Figaro citant un participant à une réunion du matin, Bruno Le Maire a "dit en face à Fillon qu'il ferait mieux de passer le relais à Juppé". Occupant le poste de "représentant pour les affaires européennes et internationales" au sein de l'organigramme de campagne, Le Maire renonce à son poste en invoquant le respect de la parole donnée, François Fillon ayant déclaré le 26 janvier qu'il retirerait sa candidature en cas de mise en examen. Le doute s'est instillé haut dans l'état-major des Républicains.

Depuis des semaines, François Fillon se débat dans ses affaires d'emploi fictif et de salaires de complaisance. Accordons-nous sur un point, il ne fait aucun doute que le minutage de ces révélations a été soigneusement orchestré en coulisse pour démolir sa candidature. Aujourd'hui encore, l'instrumentalisation de la justice est patente: on n'a jamais vu une telle rapidité dans le traitement d'une affaire sommes toutes dérisoire (105 parlementaires français ayant "embauché des proches" sont dans le même cas que François Fillon) avec des convocations si judicieusement concomitantes avec l'agenda électoral.

Qui est derrière tout cela? Nul ne le sait, mais il est difficile de ne pas soupçonner François Hollande.

Tous les lieutenants, tous les soutiens de Fillon ont raison: François Fillon est le meilleur candidat des Républicains, il est de toute façon trop tard pour en changer, les Français seront seuls juges de toutes ces manœuvres... En attendant, la campagne de François Fillon piétine. Il y a moins d'une semaine, un sondage exhaustif montrait que Fillon accumulait un retard conséquent de cinq points sur Emmanuel Macron. Les sondages ne sont pas une science exacte, mais même un idiot de village peut comprendre qu'avec l'annonce de sa mise en examen aujourd'hui, François Fillon ne va pas gagner beaucoup de sympathie hors de son cercle électoral traditionnel.

Le premier tour de l'élection a lieu dans 53 jours. Au rythme où vont les choses il n'est pas exclu d'assister à de nouveaux rebondissements. Mais s'ils n'ont pas lieu, il se pourrait bien que la campagne présidentielle française vienne de se jouer ce matin.

27 février 2017

La post-vérité suédoise fragilisée

Oubliez les tensions entre le Mexique et les États-Unis en matière d'immigration ; la véritable épreuve a lieu en Suède.

Les échanges virils entre les politiciens mexicains et Donald Trump font les choux gras de la presse, mais les relations entre les gouvernements de Stockholm et de Washington ne sont pas au beau fixe - et cela commence à se voir. Fiscalité, libre-échange, défense des frontières, réchauffement climatique, dans pratiquement chaque domaine les positions des deux pays sont diamétralement opposées. Le fait que Donald Trump pointe récemment les projecteurs sur la Suède en la désignant comme l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire en matière d'immigration n'arrange évidemment pas les choses.

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Au matin après une énième nuit d'émeutes en Suède
(cliquez pour agrandir)

L'existence même de Donald Trump est une menace pour le modèle de société prôné par le gouvernement suédois. Elle montre qu'un peuple, le peuple américain en l'occurrence, peut sortir des bornes du politiquement correct pour se choisir un autre avenir que celui concocté par ses élites. En Suède, pareille perspective terrifie les autorités. Elles travaillent depuis plus de trente ans à supprimer l'idée même de cette possibilité au sein de leur population.

Des peccadilles à l'énervement

Ressentant vivement le danger de l'élection de Donald Trump pour ses propres projets, et bien qu'un océan les sépare, le gouvernement suédois se posa naturellement en fer de lance des protestations internationales contre son Administration.

Le 23 janvier, Trump signa comme ses prédécesseurs républicains l'interdiction pour l'État fédéral de financer le remboursement des avortements pratiqués à l’étranger - une politique connue sous le nom des "accords de Mexico City." Les contempteurs de Trump se jetèrent sur la photo officielle de l'évènement, qui ne montrait que des hommes dans le bureau ovale.

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Là où des individus avec un minimum de recul auraient haussé les épaules, les politiciennes suédoises se sentirent obligées de faire leurs commentaires sur la politique intérieure américaine. Le 3 février, soit deux semaines plus tard, signant pour l'occasion une nouvelle législation contre le réchauffement climatique (aucun rapport donc) ces dames prirent la pose.

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On se demande bien quel était l'objectif politique recherché par cette action de communication guère amusante, d'autant plus que quelques jours plus tard, le 11 février, le même gouvernement suédois "féministe" se ridiculisa à Téhéran en défilant voilé pour plaire aux Mollahs. Même la très conformiste et anti-Trump RTS ne put s'empêcher de relayer l'information.

L'épisode suivant de la guérilla américano-suédoise vint d'une apparition publique de Donald Trump en Floride, où il lança:

"Regardez ce qui se passe en Allemagne, regardez ce qui s'est passé hier soir en Suède. La Suède, qui l'aurait cru? La Suède. Ils ont accueilli beaucoup de réfugiés, et maintenant ils ont des problèmes comme ils ne l'auraient jamais pensé."


Naturellement, les cohortes anti-Trump se jetèrent immédiatement sur les deux mots "hier soir" en prenant soin d'ignorer le reste. On vit donc fleurir le hashtag #lastnightinSweden essayant de tourner en dérision les paroles du président. Internautes et journalistes engagés purent ainsi s'en donner à cœur-joie pendant quelques heures, se couvrant de ridicule avant qu'un autre tweet de Donald Trump ne vienne mettre un terme à la tempête dans un verre d'eau: il parlait simplement d'un reportage diffusé sur Fox News la veille, évoquant les problèmes liés à l'immigration en Suède...

Caramba, encore raté!

Le Village Potemkine de l'immigration

Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'un gouvernement tente de donner une bonne image de son pays, quitte à embellir un peu la réalité pour y parvenir. La Suède va beaucoup plus loin, s'engouffrant résolument dans la post-vérité si chère à nos élites, au point de dresser un portrait du pays digne d'un Village Potemkine:

Mis en cause pour sa politique généreuse d'accueil des migrants (244.000 entre 2014 et 2015), le gouvernement suédois de gauche (sociaux-démocrates et écologistes) a finalement décidé de livrer sa vérité (sic).

"De façon générale, la violence a diminué en Suède ces 20 dernières années" même si la perception de la violence dans la population a, elle, augmenté, au gré de l'immigration, admet-on. (...) Quant aux viols, "leur nombre déclaré a augmenté mais la définition du viol s'est élargie, ce qui complique la comparaison statistique". Par exemple, note le texte, "si une femme affirme avoir été violée par son mari chaque nuit pendant une année, 365 faits criminels seront enregistrés, alors que dans la plupart des pays, ils n'en constitueraient qu'un seul".


Air connu: la violence n'augmente pas, juste sa perception par les gens. Et on reste bouche bée devant un gouvernement féministe se retranchant derrière une définition "assouplie" du viol pour expliquer que, grosso-modo, ce qui compte comme viol en Suède n'en est finalement pas vraiment un.

Malheureusement, la réalité de l'immigration en Suède n'est pourtant pas rose. Des reporters de la très anti-Trump CBS ont pu en faire l'expérience par eux-mêmes, en direct. (On notera le courage des journalistes qui laissent un handicapé venu à leur secours "se débrouiller".)

La triste réalité suédoise

Guidée par la même classe politique qui règne désormais sur toute l'Europe, la Suède décida durant les années 70 de se tourner résolument vers le multiculturalisme et l'immigration. Ouvrant grand les frontières à l'immigration la plus exotique possible, la population suédoise changea progressivement, une transformation de fond que la récente crise des migrants n'a fait qu'accélérer. L'islamisation de la Suède a déjà été abordée dans ces pages.

C'est vrai, la Suède n'a pas connu d'attentat islamique de masse - du moins, pas encore. Mais elle n'en a même pas besoin pour se retrouver en crise. Aujourd'hui, il existe en Suède 55 zones de non-droit où même les services de secours comme les pompiers et les ambulances ne peuvent plus se rendre sans escorte policière. Les émeutes sont régulières, dégénérant en incendies volontaires et en dévastation urbaine.

Les statistiques de la criminalité ont explosé. Partant de 1975 et l'illumination du multiculturalisme en Suède, en quarante ans, le nombre de crimes violents augmenta de 300%. Le nombre de viols s'accrut quant à lui de 1'472%, faisant de la Suède le pire pays du monde en la matière après le Lesotho - une réputation qui traverse les frontières.

Sur le point précis du viol, un article de fond du Gatestone Institute démolit, preuve à l'appui, la version gouvernementale.

Plutôt que d'agir contre le problème de la violence et des viols, les politiciens suédois, les autorités publiques et les médias font de leur mieux pour justifier les faits. Voici quelques-unes de leurs explications :

  • Les Suédois signalent plus volontiers les crimes.
  • La loi a été modifiée de telle sorte qu'un plus grand nombre d'agressions sexuelles sont désormais considérées comme des viols.
  • Les Suédois ne peuvent pas gérer une plus grande égalité entre les sexes et réagissent violemment contre les femmes (peut-être l'excuse la plus fantaisiste).

Un mythe féministe qui existe de longue date est que l'endroit le plus dangereux pour une femme est sa propre maison, que la plupart des viols sont commis par quelqu'un qu'elle connaît. Cette affirmation a été démentie par le rapport [du Conseil National Suédois pour la Prévention du Crime]:

« Dans 58% des cas, l'agresseur était tout à fait inconnu de la victime. Dans 29% des cas, l'agresseur était une connaissance, et dans 13% des cas, l'agresseur était une personne proche de la victime. »

Selon les rapports [du Conseil National Suédois pour la Prévention du Crime] il n'y a pas de grandes différences entre les femmes d'origine suédoise et d'origine étrangère en ce qui concerne le risque d'être violées. Fait significatif, le rapport n'aborde pas la question de l'origine des violeurs.


Et pour cause: en Suède, toutes les statistiques ethniques ont été progressivement interdites. Le contrôle de la liberté d'expression est le dernier refuge de l'incompétence de politiciens cherchant à cacher la réalité à leur population. Mais il reste un historique de ces études sur la criminalité avant qu'elles ne soient bannies du débat public.

Vingt et un rapports de recherche depuis les années 1960 jusqu'à aujourd'hui sont unanimes dans leurs conclusions: qu'ils aient ou non mesuré le nombre de violeurs reconnus coupables ou d'hommes présumés coupables de viol, les hommes d'origine étrangère étaient représentés beaucoup plus que les Suédois. Et cette représentation plus importante de personnes d'origine étrangère ne cesse d'augmenter:

  • 1960-1970 - 1,2 à 2,6 fois plus que les Suédois
  • 1980 - 2,1 à 4,7 fois plus que les Suédois
  • 1990 - 2,1 à 8,1 fois plus que les Suédois
  • 2000 - 2,1 à 19,5 fois plus que les Suédois


En 2008, le Danemark, pays voisin de la Suède et culturellement proche, avait seulement 7,3 viols pour cent mille habitants, contre 53,2 en Suède. Rien n'explique cette différence hormis la proportion et la provenance de la population étrangère entre les deux pays. On retrouve cette différence dans la quantité de viols collectifs en Suède - des crimes sexuels extrêmement rares au sein des populations européennes.

A des affaires criminelles symboliques et abjectes comme le viol et le meurtre d'Elin Krantz s'ajoutent la loi du silence et des milliers d'affaires sordides brisant la vie d'autant de victimes. Et les crimes ont empiré depuis que des dizaines de milliers de nouveaux immigrés - mâles, jeunes et musulmans dans leur écrasante majorité - ont rejoint la Suède à la faveur de la crise migratoire. Aujourd'hui ils vivent d'assistance dans des logements financés par les contribuables, sans parler suédois, sans qualification et sans la moindre incitation à travailler. Et ils commencent à s'ennuyer.

Comme toujours et partout, les politiciens tentent de cacher la vérité au grand public plutôt que de remettre en question leur ligne politique. La surveillance d'Internet est très forte en Suède et les déviants sont impitoyablement traqués et leur carrière professionnelle menacée. Mais les journalistes vont plus loin, mentant carrément en présentant comme des "Suédois" des auteurs de crimes requérants d'asile sans la nationalité. Pris la main dans le sac, ils affirment que c'est pour ne pas stigmatiser les groupes en question.

Pourquoi la Suède, un petit pays sans ressources particulières et aux conditions de vie difficiles s'est-il lancé dans une trajectoire aussi suicidaire que le métissage multiculturel? Il faudrait poser la question à la classe politique qui a décidé de rayer de la carte l'ancienne Suède où il faisait bon vivre. Mais ils n'ont nullement l'intention de renoncer. Comme le déclara avec une naïveté confondante Jens Orback, Ministre de la Démocratie, des Affaires Intérieures, de l'Intégration et de l'Égalité entre les sexes, issu du Parti Social-Démocrate, lors d'un débat à la radio Suédoise en 2004:

"Nous devons être ouverts et tolérants envers l'Islam et les musulmans, parce que lorsque nous deviendrons une minorité, ils le seront envers nous."


La trajectoire de la Suède est donc toute tracée.

07 février 2017

Réchauffement Climatique: la tricherie de trop

Dire que la Théorie du Réchauffement Climatique d'Origine Humaine traîne des casseroles serait très en-dessous de la vérité.

213423P_hockey_stcik_illusion.pngDepuis sa conception et sa révélation au Monde à travers la fausse Courbe en crosse de Hockey, après l'inexplicable réchauffement climatique de Mars (aucun rapport avec cette grosse boule de feu souvent aperçue dans le ciel), après le scandale du Climategate révélant l'ampleur de la fraude scientifique autour de la publication d'articles pro-réchauffement et l'impitoyable chasse aux sorcières réservée aux dissidents, après l'utilisation par le GIEC de propagande de Greenpeace comme matériel scientifique, après avoir lancé des dizaines de prévisions absurdes, il n'existe aucun exemple de théorie aussi discréditée par la controverse, la malhonnêteté et les scandales que le Réchauffement Climatique, mais gardant intacte son pouvoir de séduction auprès des médias et des grands de ce monde.

Mais toute chose a une fin et la dernière casserole attachée à l'attelage pourrait enfin stopper sa course folle.

Au tour de la NOAA

Le dernier scandale en date nous vient donc de la NOAA. La NOAA, pour National Oceanic and Atmospheric Administration, est devenue depuis des années un bastion américain du réchauffisme. Pour tout dire, la NOAA est l'organisme qui a tordu le cou à la fameuse "pause du réchauffement climatique" - une interruption de 17 ans du réchauffement, admise publiquement par nul autre que Rajendra Kumar Pachauri, président du GIEC en exercice en 2013. Sans doute un de ces odieux climato-sceptiques...

Bien peu diffusée dans les médias, cette longue pause du réchauffement mettait à mal des modèles climatiques régulièrement ridiculisés mais risquait surtout d'éteindre l'hystérie collective autour du réchauffement, et à travers elle ses riches débouchés politiques. Heureusement, la NOAA vint à la rescousse: les données avaient été mal lues! Le réchauffement était toujours là!

Malgré le grotesque de la thèse, nos médias pétris d'intégrité scientifique la reprirent comme un seul homme. Ils purent donc révéler au grand public que la pause de 17 ans du réchauffement climatique qu'ils avaient cachée jusque-là avec la dernière énergie était finalement du flan. On pouvait enfin se remettre à paniquer, comme avant. Le Monde, fidèle à sa tradition "d'information", alla jusqu'à clamer que la pause du réchauffement n'était rien d'autre qu'une invention de ces affreux négationnistes du changement climatique!

Juste avant les accords de Paris, le timing tombait pile. Le réchauffement climatique avait eu chaud... À ceci près que la NOAA avait honteusement trafiqué ses résultats pour parvenir à ses conclusions.

réchauffement climatique,mensonges,manoeuvres politiquesNous le savons aujourd'hui grâce au témoignage d'un lanceur d'alerte interne à l'organisation, le Docteur John Bates, un scientifique de haut niveau de la NOAA à l'intégrité et à la réputation irréprochables. Celles-ci furent d'ailleurs récompensées en 2014 par l'obtention d'une médaille d'or, décernée par l'Administration Obama, pour son travail dans l'élaboration des procédures concernant la préservation des données liées au climat.

Le Dr Bates décida de briser le silence face à des manipulations inqualifiables, révélant le pot-aux-roses à des journalistes. En résumé:

  • Un article scientifique majeur [Karl et al 2015] exagéra le réchauffement climatique.
  • Cet article fut publié dans Science avec empressement dans le but d'influencer les Accords de Paris sur le changement climatique.
  • La NOAA enfreignit ses propres règles pour permettre son élaboration.
  • L'article, proclamant que la "pause du réchauffement" n'a jamais existé, repose sur des données trompeuses et non vérifiées.

Dans une interview sur un blog, le Dr Bates décrivit plus précisément le processus de perversion de la science:

Graduellement, dans les mois suivant la publication, les preuves s'accumulèrent montrant que Tom Karl avait constamment "un doigt sur le plateau de la balance" - dans la documentation, les choix scientifiques, la diffusion des jeux de données - dans le but de discréditer la notion de parenthèse dans le réchauffement climatique. Il força une diffusion publique à la hâte de l'article pour influencer les délibérations nationales et internationales sur la politique climatique.


Tom Karl obtint de fructueuses discussions avec John Holdren, le Conseiller pour la Science de Barack Obama. Mais il tricha à de nombreuses reprises lors de l'élaboration de son article. Il mélangea des données fiables de bouées marines avec des données de navires, non fiables et plus chaudes à cause de leur moteur, pour faire monter la température océanique ; il ignora des données satellites n'allant pas dans son sens ; il utilisa pour analyser ses données une version du logiciel GHCN connue pour être tellement boguée qu'elle ne donnait pas un résultat identique d'une fois à l'autre à partir des mêmes données initiales ; et finalement, il fit disparaître l'ordinateur sur lequel ses résultats furent établis, violant ainsi non seulement les directives de la NOAA mais également le protocole de la revue Science.

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La courbe des températures de l'article erroné (en rouge) contre la courbe des températures vérifiées (en bleu). Notez l'exagération de 0,2° C rien que pour l'année 2016.

Fouillant davantage dans le dossier, le Daily Mail découvrit que non seulement la NOAA publia un article profondément erroné, mais tenta de cacher la vérité pour empêcher la découverte de la supercherie:

Après la publication de l'article scientifique, le Comité des Sciences de la Chambre des Représentants des États-Unis lança une enquête sur ses allégations concernant l'absence de pause dans le réchauffement. La NOAA refusa de se soumettre aux injonctions de fournir les e-mails internes formulées par le président du comité, le républicain Lamar Smith du Texas, et mentit en proclamant que personne à l'interne n'avait levé le moindre soupçon concernant la publication.


M. Smith remercia le Dr Bates pour "s'être courageusement porté volontaire pour dire la vérité sur les dirigeants de la NOAA jouant de façon irresponsable avec les données afin d'appuyer des conclusions politiques prédéterminées."

La tricherie de trop

Ironiquement, le Docteur John Bates sortit de sa réserve lorsqu'il vit fleurir des articles s'inquiétant de la préservation des données scientifiques du réchauffement climatique sous l'administration Trump - alors même qu'il avait été témoin de leur compromission éhontée sous la surveillance de l'administration Obama.

Cela ne pourrait être qu'une banderille de plus plantée sur le taureau du réchauffement climatique, mais maintenant que Donald Trump est dans l'arène, le moment est particulièrement mal choisi. Comme l'explique James Delingpole, le nouveau Président des États-Unis dispose désormais d'une opportunité en or pour lancer le grand ménage.

Trump est maintenant dans la position parfaite pour demander à tous les corps scientifiques étudiant le climat et recevant des fonds du gouvernement (c'est-à-dire tous) de rendre leur code et leurs données accessibles au public. Cela signifiera que toutes les manipulations de données à la NASA et à la NOAA seront finalement exposées à la vue du monde - rendant impossible aux propagandistes du réchauffement l'utilisation du bon vieil appel à l'autorité "Mais les experts de la NASA et de la NOAA disent..." Et dans un futur maintenant proche, ces faux experts de la NASA et de la NOAA devront se chercher de nouveaux boulots, remplacés par des scientifiques intègres qui, eux, suivent scrupuleusement la méthode scientifique.

L'ironie sera particulièrement savoureuse pour tous ces climato-sceptiques honnêtes qui, au cours des dernières décennies, ont été qualifiés "d'anti-scientifiques" pour avoir remis en question le consensus du réchauffement climatique.


James Delingpole termine son analyse en citant Michael Crichton: "Un consensus scientifique n'existe pas. Soit c'est un consensus et ce n'est pas de la science, soit c'est de la science et ce n'est pas un consensus. Point."

On ne saurait mieux conclure.

18 janvier 2017

Face au Brexit, l'UE choisit la crise

Ce mardi Theresa May, Première Ministre du Royaume-Uni, livra un discours très attendu sur les objectifs de son pays dans sa future relation avec l'Union Européenne une fois qu'il n'en ferait plus partie. Les réactions européennes oscillèrent entre le ridicule et le consternant.

Dans un communiqué, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier résuma la position des autorités européennes:

"Les négociations ne commenceront que lorsque la Grande-Bretagne aura officiellement fait part de son souhait de sortir" de l'UE. Celle-ci a en outre exclu de donner au Royaume-Uni un accès "à la carte" au marché commun, c'est-à-dire de permettre d'avoir en même temps la liberté de circulation des citoyens et un contrôle de l'immigration comme le souhaitent les partisans du Brexit.


Que de temps perdu! Six mois déjà depuis le vote britannique, sans que rien ne bouge. On imagine difficilement l'énergie qu'il faut déployer pour arracher un accord avec un ensemble aussi inaudible que l'UE, mais la perspective d'une sortie "élégante" de l'Union, où le Royaume-Uni et l'UE seraient partis sur de bonnes bases pré-négociées avant le déclenchement officiel du Brexit, semble complètement tombée à l'eau.

royaume-uni,europe,manoeuvres politiques,crise,diplomatie,theresa may,brexitLe discours de Mme May est donc un constat d'échec. Le Royaume-Uni ne parviendra pas à organiser une sortie ordonnée de l'Union Européenne. Mais Mme May n'est pas de l'espèce continentale: elle respecte la démocratie. Forte de son mandat populaire, elle déclenchera le Brexit coûte que coûte, contre les manœuvres de la magistrature anglaise et contre les euro-turbos du Parlement britannique. La sortie du pays de l'UE sera donc, selon le sabir journalistique du moment, un hard Brexit, un Brexit "dur" où Anglais et membres de l'UE se regarderont en chien de faïence, les sourcils froncés. Ils ne recommenceront à discuter qu'une fois le principe du divorce signé, flanqués de leurs avocats.

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que cette situation est entièrement le résultat de la posture de l'Union Européenne. Celle-ci fait depuis le mois de juin preuve d'une intransigeance extrême envers le Royaume-Uni. Exemple significatif, les représentants britanniques ne sont plus conviés aux réunions de l'UE, alors même que celui-ci fait toujours partie des institutions européennes. L'accès au Marché Unique est la pierre d'achoppement de ces négociations en forme de dialogue de sourds. Bruxelles exclut de l'accorder sans l'associer à la participation au budget européen et sans la libre-circulation des personnes telle qu'elle se pratique actuellement en Europe, c'est-à-dire une absence quasi totale de contrôle de l'immigration.

De toute évidence, les hordes dépenaillées des Anglais et des Gallois ne s'apprêtent pas à déferler sur l'Europe. L'inverse n'est malheureusement pas aussi vrai, et la question migratoire a apparemment joué un rôle de premier plan dans le vote du Brexit, bien avant les questions financières. Les sujets de Sa Majesté veulent contrôler qui rentre dans leur pays. Ils sont prêts à quitter l'UE pour y parvenir. Leur cohérence devrait faire réfléchir en Suisse.

royaume-uni,europe,manoeuvres politiques,crise,diplomatie,theresa may,brexitDepuis six mois donc on se tourne autour, on s'invective de plus en plus fort et on n'avance pas d'un millimètre. Les Européens affichent leur mépris face à ces Anglais qui ne veulent plus être membres du club, les Anglais se plongent la tête entre les mains de ces Européens qui sont prêts à dévaster leurs propres économies nationales dans une tactique de la terre brûlée pour punir autant qu'ils le peuvent ce peuple anglais qui vote mal.

Et c'est très exactement ce futur que décrit Theresa May dans son discours de cette semaine, mais ne comptez pas trop sur les médias du continent pour le relater de cette façon. Le Temps déclare que "Theresa May choisit une rupture complète avec l'Union Européenne", le Huffington Post parle de ses "menaces voilées"... Mais quelle meilleure façon de révéler la vérité que d'aller à la source? Citons donc quelques extraits de la transcription de son discours, que je vous invite à lire en entier:

[Je] suis convaincue que les objectifs que je vous expose aujourd'hui correspondent aux besoins de l'UE et de ses États membres. C'est pourquoi nos objectifs comprennent un projet d'accord de libre-échange entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne et excluent explicitement l'adhésion au Marché Unique de l'UE. Parce que lorsque les dirigeants de l'UE affirment estimer que les quatre libertés du Marché Unique sont indivisibles, nous respectons leur position. (...)

Mais je dois être claire. La Grande-Bretagne veut rester une bonne amie et une bonne voisine de l'Europe. Je sais pourtant que des voix réclament un accord punitif qui pénaliserait la Grande-Bretagne et découragerait d'autres pays de prendre le même chemin.

Ce serait un acte d'aliénation calamiteuse pour les pays d'Europe. Et ce ne serait pas la démarche d'un ami.

La Grande-Bretagne ne voudrait pas - et nous ne pourrions pas - accepter une telle approche. Et même si je suis convaincue que ce scénario ne se concrétisera pas, alors que je suis sûre qu'un accord positif peut être atteint, je suis tout aussi déterminée à dire qu'une absence d'accord avec la Grande-Bretagne est préférable à un mauvais accord pour la Grande-Bretagne.

Parce que [dans le cadre d'une absence d'accord avec l'UE] nous serions toujours en mesure de commercer avec l'Europe. Nous serions libres de conclure des accords commerciaux à travers le monde. Et nous aurions la liberté de fixer des taux d'imposition concurrentiels et d'adopter des politiques qui attireraient les meilleures entreprises du monde et les plus gros investisseurs vers la Grande-Bretagne. Et, si nous étions exclus de l'accès au Marché Unique, nous serions libres de changer la base du modèle économique britannique.

Mais pour l'UE, cela signifierait de nouveaux obstacles au commerce avec l'une des plus grandes économies du monde. Cela mettrait en péril les investissements d'une valeur de plus de [600 milliards d'euros] des entreprises de l'UE en Grande-Bretagne. Cela signifierait pour les entreprises européennes la perte de l'accès aux services financiers de la City de Londres. Cela mettrait en danger environ [330 milliards d'euros] d'exportations annuelles de l'UE vers la Grande-Bretagne. Et cela perturberait les chaînes d'approvisionnement sophistiquées et intégrées sur lesquelles se reposent de nombreuses entreprises européennes.

Des secteurs importants de l'économie de l'UE en souffriraient également. Nous sommes un marché d'exportation crucial, rentable, pour l'industrie automobile européenne, ainsi que des secteurs tels que l'énergie, l'alimentation et les boissons, les produits chimiques, les produits pharmaceutiques et l'agriculture. Ces secteurs emploient des millions de personnes dans toute l'Europe. Et je ne crois pas que les dirigeants de l'UE oseront dire aux exportateurs allemands, aux agriculteurs français, aux pêcheurs espagnols, aux jeunes chômeurs de la zone euro et à des millions d'autres qu'ils veulent les rendre plus pauvres juste pour punir la Grande-Bretagne et afficher une posture politique.


Ces extraits de son discours interviennent en dernier, juste avant sa conclusion. Il s'agit donc des points les plus importants. Face à l'intransigeance de l'UE, le Royaume-Uni se prépare tout simplement à une absence d'accord au terme des deux ans de négociations du Brexit. Elle avertit d'ores et déjà des conséquences.

L'histoire est-elle écrite? Les autorités de Bruxelles choisiront-elles de poignarder les économies de l'UE dans l'espoir d'emporter celle de la Grande-Bretagne avec elles? Malgré l'absurdité de la démarche, et dans une semaine où face au méchant Donald Trump toutes les élites de l'UE rappellent ironiquement leur attachement au libre-échange, pareil scénario n'a rien d'impossible. A l'inverse de Mme May, je le crois même extrêmement probable.

Si le marché commun était un objectif économique, l'Union Européenne bâtie par-dessus est un projet totalement politique. De nombreux exemples issus de la bureaucratie de Bruxelles montrent clairement que la prospérité économique est très secondaire face aux objectifs politiques des élites de l'Union. Pour ces raisons, je crois expressément que s'ils contreviennent à ses plans, l'UE n'a que faire des exportateurs allemands, des agriculteurs français, des pêcheurs espagnols, des jeunes chômeurs de la zone euro et de millions d'autres. Quels que soient leurs malheurs, aucun d'eux ne coupera l'appétit d'un bureaucrate à l'heure du déjeuner. Qu'ils soient ruinés, tous, s'ils font obstacle à la création du Super-État européen! La marche forcée vers l'Utopie n'a que faire des incroyants!

Selon moi, Theresa May, dans un éclair de lucidité prémonitoire, vient donc juste d'esquisser le paysage économique de l'UE dès 2019, lorsque le Brexit aura officiellement débouché sur une absence totale d'accord entre le Royaume-Uni et les pays de l'UE d'alors. Il n'est d'ailleurs pas exclu que les autorités de Bruxelles rajoutent par-dessus une louche de mesures vexatoires anti-britanniques, fussent-elles économiquement désastreuses pour le continent.

Les Anglais ont choisi de partir, ils doivent souffrir. Peu importe que l'UE en souffre aussi.

29 décembre 2016

Obama fait feu de tout bois

Les derniers jours de la présidence Obama correspondent aux manœuvres les plus effrénées du président sortant pour nuire à son successeur.

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Peu de temps après l'élection, chacun devinait que la période entre le 8 novembre et le 20 janvier serait celle de tous les dangers. Barack Obama utiliserait-il ses dernières semaines de pouvoir exécutif pour faire un maximum de dégâts avant d'abandonner son poste à un adversaire politique?

Certains purent souffler de soulagement en découvrant l'apparente bonne entente affichée par les deux présidents à l'issue de leur premier entretien, voire se rassurer avec la signature d'un "mémorandum de transition douce" entre l'administration Obama et l'administration Trump. Nous savons aujourd'hui que cela n'était qu'un écran de fumée. Barack Obama n'a jamais eu de cesse que de savonner la planche à son successeur.

Un héritage bâti sur du sable

Bien que regrettable, cette attitude n'a rien de surprenant. Commentant des affaires judiciaires pendant leur instruction, court-circuitant les Chambres législatives à la moindre contrariété, abandonnant jusqu'à la neutralité de sa fonction pour faire campagne auprès d'Hillary Clinton, Barack Obama démontra à de nombreuses reprises son esprit partisan, passant outre les institutions américaines dès qu'elles faisaient obstacle à sa volonté de remodeler l'Amérique.

Obama réussit à aller assez loin, signant quelques 260 décrets présidentiels (executive orders ou memorandums) pour imposer ses vues dans le domaine du travail, du climat ou des réformes de l'immigration. Mais il construisit sur du sable. Chaque décret est susceptible d'être annulé par un autre président et le sera sans doute par Donald Trump - ce qui fit dire à Newt Gingrich que l'essentiel de l'héritage Obama disparaîtrait en moins d'une année.

Rien de tout cela ne serait évidemment arrivé si le peuple américain avait suivi le script prévu en élisant Hillary Clinton. Sous sa férule, la modification progressive du corps électoral à travers la régularisation puis la naturalisation de millions d'immigrés clandestins ou la nomination de juges "progressistes" à la Cour Suprême auraient fini par accorder aux Démocrates un pouvoir impossible à remettre en question. Les réformes mises en place par Obama auraient été sanctuarisées simplement parce qu'aucun président républicain n'aurait plus accédé au pouvoir.

Obama et Clinton furent à deux doigts de réussir. Ils échouèrent contre toute attente face à un OVNI politique dont bien peu saisirent le potentiel lorsqu'il se lança dans la course.

Bétonnage d'urgence

Depuis le 8 novembre, Barack Obama travaille donc d'arrache-pied à fortifier son héritage avant de le léguer à Donald Trump. Mais sa marge de manœuvre est réduite à cause de son manque de préparation d'une part, et parce que les Républicains tiennent le Congrès d'autre part.

Il reste malgré tout des possibilités. Le cas du forage offshore est un exemple symptomatique. Barack Obama avait interdit tout nouveau forage en mer par simple décret présidentiel, mais annonça le 20 décembre la sanctuarisation de 50 millions d'hectares dans l'Arctique à l'aide d'une construction juridique s'appuyant à la fois sur une obscure loi "Outer Continental Shelf Lands Act" de 1953 et la décision conjointe du Canada - toujours en esquivant Sénat et Chambres des Représentants. Le démontage de cette construction légale impliquera sans doute les tribunaux et de nombreux mois de procédure.

Depuis, les décisions présidentielles se suivent et se ressemblent. Obama supprime un système de surveillance des musulmans avant l'arrivée de Trump - système instauré par l'administration Bush, traçant les entrées et sorties sur le territoire américain des ressortissants de 25 pays suspectés de terrorisme. Obama gracie un nombre record de condamnés: 1'176 criminels sont libérés ou voient leur peine commuée, soit plus que la somme des grâces accordées par les 11 précédents présidents.

Jusqu'à la dernière seconde, Barack Obama continue à pousser son agenda pour l'avortement, le contrôle des armes ou les quotas de minorités dans l'administration. Mais si ces manœuvres tardives seront contrecarrées avec plus ou moins de difficultés par l'administration Trump, Obama garde un réel pouvoir là où ses fonctions de Président sont les plus étendues, dans le domaine de la politique étrangère.

Coup de poignard contre Israël

Si Vladimir Poutine semble irrité par les diatribes anti-russes régulièrement lancées sans la moindre preuve par l'administration Obama, le président russe paraît aussi avoir assez de recul pour attendre, le 20 janvier, un président américain qui ne soit plus obnubilé par une nouvelle guerre froide.

Mais Obama travailla également avec les Palestiniens pour faire voter une résolution réclamant l’arrêt de la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens - à laquelle les États-Unis n'opposèrent pas leur veto.

Au sein de l'assemblée de l'ONU, en vertu de la règle selon laquelle un pays égale une voix, les nations arabes sont surreprésentées comparé à leur influence économique et démographique. Les résolutions anti-israéliennes sont monnaie courante ; rien que cette année, il y en eut 40, contre 4 pour le reste du monde (incluant la Syrie en désintégration et la crise en Ukraine). Pendant des décennies, les Américains étaient la seule voix du Conseil de Sécurité disposant du droit de veto et l'utilisant pour protéger la seule démocratie du Moyen-Orient contre ses ennemis. Cela changea il y a quelques jours alors que la diplomate américaine à l'ONU s'abstint de rejeter la résolution, entraînant la validation de celle-ci.

Ce simple texte a un impact énorme, comme le montre la vidéo d'une sérieuse dispute sur le plateau de CNN au sujet du vote de cette résolution:

Alan Dershowitz de la Faculté de droit de Harvard expliqua que le président Obama agissait de façon non démocratique, puis développa:

[Obama] peut changer de politique, il peut faire des discours. Mais il ne devrait pas changer 40 ans de politique américaine aux Nations Unies. Si la résolution du Conseil de sécurité est adoptée, elle lie complètement les mains d'un nouveau président. Vous ne pouvez pas annuler une résolution du Conseil de sécurité. Vous ne pouvez pas ramener le droit de veto. Cette résolution du Conseil de sécurité est une invitation donnée à la Cour Pénale Internationale de poursuivre Israël. C'est une invitation donnée au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions de commencer à sanctionner Israël. C'est une très, très mauvaise résolution. (...)

[Donald Trump] a dit au président, faites ce que vous voulez dans les derniers jours de votre administration, mais ne me liez pas les mains. En fait, j'ai même écrit un article à ce sujet avant les élections, exhortant le président à ne pas lier les mains de celle que nous pension alors voir comme nouvelle présidente, Hillary Clinton. Je suis persuadé, soit dit en passant, que si Hillary Clinton avait été élue, elle aurait elle aussi appelé le président pour lui demander de ne pas lui lier les mains. Ce président [Obama] agit de manière non démocratique. Quatre-vingt-huit sénateurs se sont opposés [à l'abstention américaine sur ce vote de l'ONU], la grande majorité du Congrès, la grande majorité du peuple américain. C'est le coup bas d'un président frustré... (...)"


Les effets sont malgré tout bien réels. Bien entendu, dans une Europe biberonnée à l'antisémitisme, on se réjouit de cette résolution. Les colonies israéliennes n'ont pourtant rien à voir avec la paix.

En abandonnant aux Palestiniens toutes leurs colonies de la Bande de Gaza en 2005, les Israéliens virent par eux-mêmes que leurs concessions ne leur apportèrent rien d'autre que des tirs de roquettes en retour. Lorsque le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu cédait à la pression américaine en déclarant un "gel des colonies", les Palestiniens ne revinrent même pas à la table des négociations. La résolution de l'ONU n'encouragera pas une solution à deux États ; elle ne fera que conforter les Palestiniens dans l'idée qu'ils peuvent vaincre Israël et jeter tous les juifs à la mer, ce qu'ils ont toujours voulu en refusant de reconnaître jusqu'au droit d'Israël à exister.

Une histoire d'argent

Le coup porté aux relations israélo-américaines par Obama ne restera pas sans conséquences. Même les juifs les plus bornés des États-Unis ne peuvent s'empêcher de constater aujourd'hui que le parti démocrate a fait son coming-out anti-Israélien, ce qui aura des conséquences sur les orientations électorales de cette population dans les scrutins futurs. Donald Trump aura lui aussi l'occasion de répliquer - il en a l'intention, et pourra influer dès le 20 janvier sur la contribution américaine à l'ONU, qui représente 22% du budget annuel de l'institution.

L'argent est le nerf de la guerre ; mais c'est aussi par cet aspect, peu présenté par les médias, que Barack Obama pèsera le plus sur la présidence Trump et toutes celles qui lui succéderont. Car pendant les huit ans de sa présence à la Maison-Blanche, Obama creusa la dette de l'État américain de 7'917 milliards de dollars - 2,7 milliards de dollars par jour, plus que tous les autres présidents américains réunis.

C'est donc avec un véritable boulet économique au pied que le prochain président entamera son mandat. La façon dont il évitera ou non cet écueil façonnera sa trajectoire à la Maison Blanche, et laissera dans l'histoire une trace bien plus profonde que la manière dont il détricotera les décrets abusifs semés par Obama.

12 décembre 2016

L'Empire médiatique contre-attaque

L'élection de Donald Trump fut sans doute l'événement le moins conforme aux prévisions des médias depuis plusieurs décennies. Emportant leur crédibilité, elle fut aussi le signe d'un changement de paradigme avec la percée de nouveaux sites d'information sur Internet. Mais la guerre entre l'ancien monde médiatique et le nouveau n'est pas terminée.

Riposte coordonnée

"Nous assistons à une véritable guerre à mort entre les deux systèmes, qui continuera bien après que l'élection présidentielle ait eu lieu," prévenait Charles Gave. Groggy, les médias traditionnels se sont repris depuis leur sombre 8 novembre. Ils travaillent main dans la main avec leurs alliés pour mettre en place une riposte. Le récent retour de Mme Clinton hors de sa retraite pour fustiger les "fausses nouvelles" relève de cette nouvelle stratégie: décrédibiliser les sources d'information alternatives.

"L'épidémie de faux sites d'information mal intentionnés et de fausse propagande (sic) qui a inondé les médias sociaux pendant l'année écoulée - il est clair désormais que ces faux médias ont de vraies conséquences dans le monde réel", affirma Clinton. "Ce n'est pas un sujet de politique ou de bipartisme. Des vies sont en jeu."


Des vies, ou des carrières... Reste à savoir comment discerner la propagande de la vérité, ou, pour reprendre les termes étranges de la politicienne démocrate, distinguer la fausse propagande de la vraie. Hillary Clinton aura probablement une perception très différente d'un Donald Trump sur ce point essentiel.

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Chacun aura sa propre opinion sur ce qui constitue de "fausses nouvelles".

La défaite d'Hillary Clinton a clairement déclenché l'offensive des deux côtés de l'Atlantique - coordonnée avec une opiniâtreté qui force le respect. Jugez plutôt:

  • Le 17 novembre, Angela Merkel et Barack Obama déclarent conjointement qu'Internet est une force "perturbatrice" qui doit être "contenue, gérée et pilotée par le gouvernement".
  • Le 19 novembre, Mark Zuckerberg annonce que Facebook (lourdement engagé du côté démocrate dans la campagne présidentielle) mettra en œuvre un plan en 7 points visant à "éradiquer la désinformation" du réseau social.
  • Durant la même période on voit apparaître des listes de médias à éviter, qui comportent comme par hasard la plupart des sites de droite, et sans qu'aucun procès en désinformation ne soit formulé contre le moindre d'entre eux.
  • En Suisse des individus se réjouissent de nouveaux algorithmes qui permettront, espèrent-ils, de "filtrer l'extrémisme de droite" - la définition de ce dernier étant laissé à leur entière et satisfaisante appréciation.
  • Le 23 novembre, Angela Merkel déclare devant le Bundestag que le temps est venu de lutter contre les sites de fausses nouvelles - citant nommément RT et Sputnik pour leurs liens avec la Russie. Le challenge pour les démocraties est selon elle "d'atteindre et d'inspirer les gens" mais si cela échoue le temps de la censure est là: "nous devons nous confronter au phénomène et si nécessaire, le réguler".
  • Le 2 décembre, un média révèle que Facebook élaborera désormais son fil d'information à partir d'une liste de "partenaires médiatiques favorisés". On imagine qu'un site comme Breitbart n'en fera pas partie...

La distinction est ténue entre la volonté d'écarter de "fausses informations" d'une part, et l'élimination pure et simple d'informations divergentes par rapport à une ligne idéologique d'autre part. Le précédent de Google refusant de suggérer dans ses recherches les requêtes quant à la santé d'Hillary Clinton n'incite guère à l'optimisme.

Les vilains Russes

La dernière accusation en date désigne comme d'habitude la Russie: elle aurait interféré pour aider Trump. La conclusion du Washington Post, qui cite une "évaluation secrète de la CIA", permet les manchettes les plus accrocheuses. Malheureusement, les révélations se révèlent bien maigres:

À en croire le Washington Post, des personnes liées à Moscou ont fourni au site Wikileaks des e-mails piratés sur les comptes de l'ancien directeur de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, John Podesta, et du parti démocrate, entre autres.


Pour l'heure, aucune preuve de ce prétendu lien avec Moscou. Les connaisseurs du dossier ne seront pas surpris. C'est vrai, le compte mail de John Podesta a bien été piraté - le directeur de campagne d'Hillary Clinton utilisait un piètre mot de passe, "p@ssw0rd" - et une volumineuse correspondance finit donc entre les mains de Wikileaks. Mais le dirigeant de l'organisation elle-même, Julian Assange, défaussa l'accusation de "hackers russes" ; il affirma que sa source était interne au Parti Démocrate.

On l'oublie vite, mais avec son vaste historique de coups tordus, Hillary Clinton n'avait guère besoin d'aller jusqu'à Moscou pour se trouver des ennemis. Elle pouvait par exemple rencontrer sur son chemin des partisans de Bernie Sanders, écarté par des magouilles dont la révélation poussa la présidente du Parti Démocrate Debbie Wasserman Schultz à la démission.

Depuis, une vérité plus complexe émerge. L'accusation selon laquelle les e-mails de Podesta auraient été des faux conçus par les Russes était un mensonge délibéré inventé par un fan de Clinton et abondamment repris par les médias mainstream afin de diminuer l'impact des révélations qu'ils contenaient.

En octobre, lorsque Wikileaks publiait des courriels des archives de John Podesta, les officiels de la campagne de Clinton et leurs porte-parole dans les médias adoptèrent une stratégie de mensonge délibéré auprès du grand public, prétendant - sans aucune justification - que les courriels étaient falsifiés ou fabriqués et devraient donc être ignorés. Ce mensonge - et le terme est approprié: une affirmation erronée donnée en connaissance de cause ou un mépris souverain de la vérité - fut amplifié de façon agressive par des personnalités de MSNBC comme Joy Ann Reid et Malcolm Nance, David Frum de The Atlantic, et Kurt Eichenwald de Newsweek.

Que les courriels de l'archive de Wikileaks aient été altérés ou falsifiés - et ne doivent donc pas être pris en compte - était une "fausse nouvelle" caractéristique, diffusée non pas par des adolescents macédoniens ou des agents du Kremlin, mais par des acteurs établis comme MSNBC, The Atlantic et Newsweek. Et de par sa conception même, cette fausse nouvelle se répandit comme une traînée de poudre partout sur Internet, avidement découverte et partagée par des dizaines de milliers de personnes désireuses de croire que c'était vrai. À la suite de cette campagne délibérée de désinformation, quiconque faisant un rapport sur le contenu des courriels se voyait instantanément rétorquer des allégations selon lesquelles on avait prouvé que les documents dans l'archive étaient des faux.


Les e-mails de Podesta ont toujours été authentiques. Les grands médias ont juste choisi de couvrir Clinton. Pas facile décidément de distinguer la fausse propagande de la vraie...

Éliminer les fausses nouvelles, ou la concurrence?

Soyons clair: la désinformation existe. Mais elle n'est en rien limitée à un seul camp comme on souhaiterait aujourd'hui nous le faire croire. En fait, la découverte soudaine et cruciale de ces "fausses nouvelles" juste après la défaite de Clinton fait elle-même largement penser à une fausse nouvelle - jusqu'à France-Info qui parvint même à dénicher un repenti dans la pure tradition des procès de Moscou, à mi-chemin entre le regret et la vantardise.

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En fin de compte, prétendre que la désinformation est responsable de la victoire de Donald Trump contre Hillary Clinton ne traduit rien d'autre qu'une attitude puérile devant une situation désagréable. La thèse ne paraît guère vraisemblable, en particulier face au volume de propagande pro-Clinton déversé sur l'opinion publique durant la même période.

La volonté de se préserver des "fausses nouvelles" ressemble surtout un prétexte cousu de fil blanc pour reprendre le contrôle du secteur, tant aux États-Unis qu'en Europe. Les politiciens travaillent depuis des années à contrôler le débat public faute de parvenir à en gérer les causes ; on casse les thermomètres plutôt que de lutter contre la fièvre. De là les lois qui interdisent, en France, de tenir des statistiques ethniques ou religieuses ; en Suisse, la pression que s'infligent diverses rédactions pour ne pas mentionner le statut de résidence ou la nationalité d'agresseurs dans un fait-divers ; aux Pays-Bas, la justice déboussolée qui condamne Geert Wilders à la "discrimination raciale" pour avoir évoqué la quantité de ressortissants marocains vivant dans le pays.

Le débat sur les "fausses nouvelles" est un faux débat. Il traduit simplement un nouvel angle d'attaque pour préserver la vérité officielle. On ne discute plus des faits mais de leur source. Tout ce qui ne vient pas du bon canal est suspect d'office et doit affronter un procès en justification. Les termes connotés comme "normal/anormal", "vérifié/non vérifié", etc. permettent d'aiguiller et de canaliser la méfiance du public. La censure, trop brutale et trop voyante, est passée de mode ; on lui préfère aujourd'hui la mise en avant d'une information de "qualité", que le traitement de l'actualité par ceux qui s'en réclament met pourtant largement en doute.

Il n'est pas sûr que la manœuvre fonctionne. L'élection de Donald Trump contre vents et marées médiatiques a montré que les citoyens américains étaient désormais prêts à se forger leur propre opinion. En Europe, en revanche, l'issue de la bataille est encore incertaine.