03 septembre 2013

La pseudo-affaire Legrix, suite et fin

Il y a quelques jours j'avais fait part de mes doutes quant à l'éviction précipitée de Jean-Charles Legrix de ses fonctions à La Chaux-de-Fonds. La sentence était trop soudaine, les torts trop unilatéraux et le verdict trop définitif pour ne pas attirer de soupçons.

jean-charles legrix,manoeuvres politiques,la chaux-de-fonds,médias,mensongesHeureusement, grâce à la Weltwoche, nous en savons désormais davantage. L'article d'Axel Baur, Protocole d'un putsch, brosse un portrait saisissant de l'ambiance délétère régnant à La Chaux-de-Fonds entre Jean-Charles Legrix et l'administration communale. Il permet de mieux comprendre comment "le dossier" s'est monté jusqu'à sa spectaculaire conclusion.

Quiconque prétend exprimer un point de vue informé se doit d'avoir lu cet article.

L'affaire Legrix est avant tout le résultat d'une lutte entre deux individus, Jean-Charles Legrix, chef du dicastère des infrastructures et de l’énergie de La Chaux-de-Fonds, et Joseph Mucaria, 58 ans, ancien boxeur entré à la voirie grâce à des relations familiales et dirigeant le service depuis des décennies. L'un a pour lui la légitimité politique et le désir de réformer, l'autre de solides amitiés dans l'administration et un immobilisme inébranlable. N'ayant plus que quelques années à tirer, il ne tient pas à ce que les choses changent.

Il serait trop long de rapporter ici l'escalade du conflit entre les deux hommes. M. Legrix se casse régulièrement les dents sur la bureaucratie communale syndiquée ; M. Mucaria, lui, joue ses atouts d'une autre manière. Un exemple particulièrement saillant mérite d'être cité:

A l’approche des élections de 2012, la télévision suisse romande RTS insinue que Jean-Charles Legrix s’est rendu coupable d’«abus de privilèges», selon le titre du sujet. L’affaire porte sur des tablars pour une armoire ancienne, des travaux d’une valeur de 919 francs, que Legrix a confiés à la menuiserie communale. Les journalistes de la télévision oublient cependant d'évoquer un point essentiel, qui démonte ces accusations: la menuiserie communale précise à l’attention des citoyens que le président de la Ville a payé ces travaux, certes destiné à des fins privées, de sa poche. Il ne saurait donc être question «d’abus de privilèges».


Pour la petite histoire, le reportage à charge est l’œuvre d'Olivier Kurth, qui serait le frère de l'élu socialiste neuchâtelois Laurent Kurth... Mais, outre le traitement partial du sujet, une interrogation subsiste: comment la RTS a-t-elle eu vent de tout cela?

Par mesure de précaution face à un sujet sensible, le menuisier interrogé par le journaliste de la RTS un peu plus tôt a pris soin d'enregistrer discrètement la conversation. Au cours de celle-ci, ignorant qu'il est sur écoute, Olivier Kurth dévoile sa source: Joseph Mucaria.

L'enregistrement ayant été fait en secret, il n'est pas recevable comme preuve - pour licencier un collaborateur déloyal montant une cabale, par exemple. Malgré tout, cette histoire d'enregistrement trouvera son chemin jusque dans le rapport d'audit ayant servi à destituer Legrix. On reprochera ainsi à l'élu d'avoir "réuni des preuves par des moyens douteux comme la délation ou en espionnant", en lui attribuant la paternité de cette conversation enregistrée! Même les aléas des manigances de Joseph Mucaria seront portés à la charge du conseiller communal de La Chaux-de-Fonds.

Legrix n'est pas le manager du siècle, mais les accusations contre lui oscillent entre le grotesque et le douteux et sont largement sujettes à interprétation. Bien que les faits reprochés soient régulièrement qualifiés de "très graves", aucun n'a été suivi d'une quelconque action judiciaire. Les accusateurs ont beaucoup souffert mais sans jamais oser porter leurs griefs devant les tribunaux... En fin de compte, il ne reste qu'une diffamation sans substance, si bien que, comme le résume Axel Baur dans une formule limpide,

On se pince en se demandant comment il est possible qu’un représentant élu par le peuple puisse être démis de ses fonctions sur la base de rumeurs anonymes.


Cerise sur le gâteau, le rapport accablant est le résultat d'une demande de Jean-Charles Legrix lui-même. Pour trouver une solution aux blocages exaspérants de son dicastère, début 2013, il suggère à l'exécutif un audit externe. Entre tous, Jean-Pierre Veya du Parti Ouvrier Populaire prendra les choses en main, pour rendre service. Un tel dévouement force le respect. Il sera épaulé par la cheffe des ressources humaines Ioana Niklaus, une vieille ennemie de Legrix. Ils choisiront comme mandataire "l'experte en harcèlement" lausannoise Cécile Pache, très au fait pour monter des dossiers de ce type. Toutes les pièces sont en place. Rapport sera rendu le 10 juillet ; Jean-Charles Legrix n'en aura connaissance que le 6 août, la veille de la séance du Conseil communal décidant de sa destitution - un ultime coup de Jarnac pour l'empêcher de se défendre.

L'article de la Weltwoche répond à de nombreuses interrogations que se posent les habitants de La Chaux-de-Fonds, mais ce faisant, en soulève une autre. Comment se fait-il qu'un journaliste alémanique parvienne à démêler l'écheveau bien mieux que toute la presse locale? Apparemment, les écoles de journalisme ne sont pas les mêmes des deux côtés de la Sarine.

Il est infiniment commode - et rares sont ceux qui s'en privent - de défausser les révélations de la Weltwoche au prétexte que ce serait un journal "proche de l'UDC". Une ligne éditoriale n'implique pourtant pas des liens avec un parti ; la Weltwoche l'a elle-même brillamment prouvé, si j'ose dire, en descendant en flammes par ses révélations la candidature au Conseil Fédéral de l'UDC Bruno Zuppiger. Mais ici, l'accusation est particulièrement malvenue. Sur le dossier Legrix, l'intérêt de l'UDC n'est certainement pas de défendre l'élu. Il a déjà été sacrifié en coulisses.

Ni la section communale UDC de La Chaux-de-Fonds, ni celle du canton de Neuchâtel n'ont intérêt à faire des remous. Par le biais de la proportionnelle dans le système communal du canton, l'UDC est assurée de retrouver un siège à l'exécutif. Pour beaucoup de responsables locaux que cela ne grandit guère, l'affaire est entendue: raison ou tort, il faut sacrifier le soldat Legrix.

Oui, il est bien plus facile de fermer les yeux, de se boucher les oreilles et de crier "Non à l'UDC! Weltwoche vendus!" que de comprendre que la Weltwoche vient en réalité de donner à la presse romande une cinglante leçon de journalisme. Mais qui s'intéresse encore à la recherche de la vérité? Même depuis la parution de cet article les lignes restent figées: à la condamnation succède le travail de sape. Les médias ont rendu leur sentence, il leur est impensable de se désavouer. Ils n'essaieront même pas.

Pauvre Jean-Charles Legrix! Le brillant professionnel avec des décennies de responsabilités couronnées de succès auprès de grands groupes est réduit à l'image d'un simplet grossier, tyrannique et porté sur la cuisse. Sa sincérité et son esprit constructif ont été retournés contre lui ; il doit expier pour l'exemple. Rien ne sera épargné à l'homme-qui-a-tenté-de-réformer dans une commune de gauche. Sa seule véritable erreur aura sans doute été de s'attacher les services d'un avocat six mois trop tard.

Peut-être Jean-Charles Legrix recouvrira-t-il une partie de sa respectabilité lorsque les tribunaux constateront l'abus de pouvoir manifeste de l'exécutif communal ; mais l'honneur des médias romands, lui, semble compromis au-delà de toute rédemption.

Et c'est autrement plus grave.

25 juin 2013

En mémoire de l'agresseur

La bagarre eut lieu pour des motifs politiques entre l'étudiant de Sciences Po engagé dans "l'antifascisme" et les skinheads en plein Paris vers 18h, dans le quartier de la gare Saint-Lazare. Clément Méric, un type bien, avait fortuitement croisé le chemin de nervis de l'extrême droite ; sauvagement attaqué, il chuta au sol où ses agresseurs finirent de le lyncher.

france,extrême-gauche,médias,mensongesMartyre et symbole, la victime fut instantanément instrumentalisée par ceux-là même qui s'indignent régulièrement des récupérations de faits divers.

Rien n'était trop hâtif dans le cas de Clément. La fable était belle. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls dénonça "une violence qui porte la marque de l'extrême droite". Le Parti de gauche, toujours subtil, affirma quant à lui que "l'horreur fasciste venait de tuer en plein Paris". La même semaine et les suivantes, des rassemblements eurent lieu sous la férule de Jean-Luc Mélenchon et de Harlem Désir, et d'autres encore, toujours totalement pacifiques.

La récupération n'avait rien de symbolique. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault promit devant les sénateurs que le gouvernement allait étudier les moyens de "tailler en pièces les mouvements d'inspiration fasciste et néo-nazie".

Les députés observèrent une minute de silence.

Malheureusement pour les adeptes des fables, nous ne sommes plus au temps des légendes, mais en 2013. Il y a des caméras partout. Les enquêteurs finirent par faire parler d'une d'elle et le déroulement est sensiblement différent:


C'est une vidéo qui va peser lourd dans l'enquête sur la mort du militant antifasciste Clément Méric. On y découvre un Clément Méric agressif, qui porte, par derrière, un coup à la tête d'un militant d'extrême droite, Esteban Morillo, aux prises avec deux assaillants. Morillo se retourne et renvoie une droite pour se défendre, faisant tomber à terre le jeune Méric qui ne se relèvera plus.

 

Nulle trace d'un poing américain. Nulle trace de lynchage. Nulle trace de lutte même. Clément Méric s'en est lâchement pris dans le dos à un individu déjà en prise avec deux agresseurs, a reçu un coup de poing improvisé en retour et s'est retrouvé étendu pour le compte.

Avec toutes ces hordes de skinheads fous furieux qui arpentent quotidiennement les rues de l'Hexagone, brutalisant tous ces étudiants d'extrême gauche, immigrés à peau sombre et homosexuels qui croisent leur chemin, ce n'est tout de même pas de chance. Les médias et le monde politique ne parvienne-t-ils à monter en épingle qu'une rixe où ils confondent agresseur et victime? C'est pour le moins singulier, à moins que les hypothèses de départ ne soient fausses. Mais dans le monde de la pensée unique, pareil point de vue est-il seulement concevable?

On peut se demander également pourquoi il a fallu autant de temps pour que cette vidéo émerge. "Sans doute fallait-il attendre que la pression retombe autour de cette affaire, avant de pouvoir dévoiler cet élément troublant", spécule pudiquement un fonctionnaire de police parisien de haut rang cité par le Figaro. Il leur aura fallu 3 semaines... Le minimum pour que la France se défoule dans sa minute de haine avant de regarder objectivement les faits?

Espérons au moins que la prochaine fois le monde politico-médiatique fera preuve d'un peu plus de prudence avant de s'indigner comme un seul homme. Mais, comme pour des excuses des principaux intéressés, on peut rêver.

Dans le monde du spectacle de l'indignation sélective, la vérité est la première victime à tomber à terre. Il est rare qu'elle se relève.

13 avril 2013

Rions un peu avec le réchauffement climatique

Il y a quelques jours je faisais état de quelques petits soucis dans la théorie controversée du Réchauffement Climatique d'Origine Humaine, notamment que ledit réchauffement était en panne depuis un moment. Crispation, toussotement, voyons-vous-n'y-pensez-pas-madame, la nouvelle était reçue avec un mélange d'incrédulité et d'indignation. Mais petit à petit, l'information fait son trou médiatique pendant que la "science" s'évertue à trouver de nouveaux moyens d'expliquer l'inexplicable.

Décortiquons donc ensemble une petite dépêche de l'AFP apparue sur le portail Romandie.com. Rien qu'avec le titre, le ton est donné:

La hausse du thermomètre fait une pause, pas le dérèglement climatique


Voilà, le thermomètre, tout essouflé de sa course vers l'ébullition, fait une petite halte. Personnellement, jamais vu un thermomètre faire une pause, mais admettons: pour quoi, vers quoi, combien de temps, la sieste? Aucune idée. Mais attention, le réchauffement changement dérèglement climatique continue, n'allez pas vous croire sorti d'affaire:

réchauffement climatique,mensonges,médiasLa dernière décennie a été la plus chaude jamais enregistrée mais la hausse du thermomètre semble marquer une pause (...) sans toutefois remettre en cause les projections de réchauffement à long terme.


Donc ça va mieux mais tant pis, on est fichus quand même! Vient ensuite l'inévitable "mise en contexte" de notre petite affaire, convenablement présentée comme il se doit avec d'effrayantes intonations de fin du monde:

La planète vient de vivre, en moyenne, sa décennie la plus chaude depuis le début des relevés de températures en 1880: la température moyenne mondiale, dopée aux émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine humaine, a grimpé de près d'un degré depuis la fin du XIXe siècle.


Bien entendu, 130 ans d'historique est un intervalle absolument risible pour déduire quoi que ce soit à l'échelle des températures terrestres, d'autant plus que si on connait très approximativement celles d'il y a un siècle, et encore, la population humaine de 1880 et son mode de vie n'ont absolument rien à voir avec celle d'aujourd'hui en termes d'émission de gaz. En fait, toute construction théorique impliquant l'homme sans faire exactement coïncider le réchauffement climatique avec le boom de l'activité industrielle mondiale (après la seconde guerre mondiale, en gros) est une escroquerie qui n'a même pas l'apparence de la vraisemblance. Mais peu importe: la théorie est en marche!

Les deux phrases suivantes valent à elles seule leur pesant de CO2 tant elle sont des bijoux "d'information". Commençons par la première:

Cette réalité du réchauffement global sera confirmée en septembre par le prochain état des lieux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).


Les experts du Giec ne se réunissent pas pour débattre, mais pour confirmer. On imagine la haute tenue des échanges entre des gens tous d'accord entre eux. Mais c'est aussi sans compter avec un détail, une broutille, un tout petit rien, un incident, une bêtise...

Mais elle s'accompagne aujourd'hui d'une petite anomalie: bien que la concentration en CO2 ne cesse de croître dans l'atmosphère, la température moyenne, elle, se stabilise à la surface du globe depuis une dizaine d'années.

 
Une petite anomalie, soit en gros juste l'exact contraire de la théorie! Pas de quoi s'énerver! Pendant la décennie écoulée, où notre civilisation a envoyé dans l'atmosphère environ un quart des émissions de CO2 jamais produites par l'humanité depuis 1750, la température est restée stable.

Le Réchauffement Climatique d'Origine Humaine est K.O. debout.

Bien entendu, les climatologues étant doté d'une incroyable propension à tout expliquer à postériori, le rétropédalage est en marche. On peut même dire que ça rétropédale dans toutes les directions:

Différentes hypothèses ont été suggérées pour expliquer un tel plateau, mis en avant par ceux qui contestent le réchauffement: éventuelle baisse d'activité solaire, ou encore quantité plus importante dans l'atmosphère d'aérosols d'origine volcanique ou fossile, qui réfléchissent les rayons du soleil. Deux publications récentes tendent elles à attribuer le premier rôle aux océans. (...)

 
Le soleil se refroidit, la composition atmosphérique et ses effets sont différents de ce qu'on pensait, les océans stockent de la chaleur... Voire, tout en même temps! Que de champs de recherche défrichés à point nommé pour venir au secours d'une théorie battant de l'aile!

D'ailleurs, le réchauffement est sauf, car même une petite pause de plus de dix ans - une paille - ne remet pas en cause l'édifice théorique. C'est un peu la version réchauffiste du "à long terme, nous sommes tous morts" de Keynes. Le réchauffement doit avoir lieu, il aura lieu:

Plus important, pour les climatologues, ce phénomène ne remet pas en cause les projections à long terme établies par la science: Cela n'a presque aucun sens de parler de pause alors que le concept de climat a toujours été défini sur une période de 30 ans, dit à l'AFP Jean-Pascal van Ypersele, professeur de climatologie à l'Université de Louvain (Belgique). (...)


Qui a décrété que la période de validité devait être de trente ans, et pas dix, ou au contraire cinquante? Est-ce le onzième commandement rapporté par Moïse du Mont Sinaï? Ou serait-ce que parce qu'un intervalle plus petit donne aujourd'hui une tendance peu favorable au dogme?

L'écran de fumée est d'autant plus amusant que, régulièrement, des articles sont publiés faisant état de catastrophes dues au réchauffement sur des intervalles bien plus courts, voire d'une année à l'autre. Mais peu importe, rappelons les tendances lourdes (et de moins en moins vérifiées):

Au rythme actuel des émission de GES, la planète pourrait se réchauffer de 3 à 5°C d'ici quelques décennies, rappellent les estimations les plus récentes. Et même si le climat s'avérait un peu moins sensible que prévu aux concentrations de CO2, il va rester très difficile de contenir la hausse à 2°C, soit le niveau maximum recommandé par la science pour éviter un emballement du climat, souligne aussi Jean Jouzel.


3 à 5°C, ce n'est jamais qu'une estimation quasiment du simple au double. Et selon un Jean Jouzel accroché à sa théorie comme une palourde à son rocher, il est "très difficile" de contenir la hausse à 2°C - ce, bien que la hausse fasse du sur-place depuis dix ans sans guère d'efforts de la part de l'humanité! Mais M. Jouzel est aussi vice-président du Giec. La définition du poste implique d'être imperméable aux vents contraires.

Allez, une dernière tranche d'apocalypse pour la route:

D'autant que d'autres indicateurs du dérèglement climatique sont bien loin de marquer une pause, comme la hausse du niveau de la mer, la fonte des glaces arctiques ou les événements météorologiques extrêmes comme les tempêtes ou les sécheresses.


La température n'étant plus un indicateur fiable du réchauffement climatique (!) il faut désormais en trouver d'autres, encore moins pertinents. Guettons encore une variation du niveau de la mer qui ne soit pas inférieure au degré d'incetitude de la mesure ; peut-être que d'ici 2100 quelques militants engagés scientifiques parviendront à cette prouesse.

Parée de tous les critères internes de la pseudo-science, la théorie du Réchauffement Climatique d'Origine Humaine continue son petit bonhomme de chemin. J'espère que dans vos chaumières, profitant enfin de ce printemps tardif, vous claquez encore des dents de peur face au Croquemitaine ; il tire son pouvoir de votre culpabilité. Reconnaissons-le, lui et ses alliés de la presse ne ménagent pas leurs efforts face à une réalité de moins en moins coopérative.

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03 avril 2013

La chute de la maison Cahuzac

L'effondrement de la carrière politique de Jérôme Cahuzac est aussi bref que spectaculaire. Ministre du Budget, maillon fort du gouvernement, il apportait une touche de sérieux et de crédibilité à l'équipe de Jean-Marc Ayrault, qui en avait bien besoin. Il était même pressenti comme successeur possible au Premier Ministre en cas de remaniement ministériel.

L’ascension météorique du politicien sera brisée en quelques mois par les révélations du magazine en ligne Mediapart sur la base d'une conversation téléphonique enregistrée il y a plus de dix ans... C'est rocambolesque, il faut bien l'admettre, mais la vérité suit parfois des sentiers caillouteux avant de se révéler à tous, dans la grande tradition romanesque.

france,jérôme cahuzac,mensonges,socialismeÉtrange façon dont résonnent aujourd'hui le déni indigné - et dûment archivé - du Ministre le 5 décembre 2012 face à l'Assemblée Nationale française, à ses collègues du gouvernement, à la presse, aux caméras et au monde:

"Je déments catégoriquement les allégations contenues sur le site Mediapart... Je n'ai pas, Monsieur le député, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant."

 
C'est par ces termes que vient de se terminer l'illusion de la République exemplaire prônée par François Hollande, lequel évoque avec raison une "faute morale impardonnable".

Le schéma de l'affaire Cahuzac est finalement assez classique: déni devant une accusation prétendûment ridicule, indignation et menaces de plainte pour diffamation, ouverture d'une enquête officielle, démission de l'intéressé "afin de mieux préparer sa défense", diffusion de preuves accablantes, explosion de carrière en plein vol.

Le politicien avait fait de la lutte contre l'évasion fiscale son cheval de bataille: il connaissait pourtant son affaire. Pensait-il vraiment que le secret bancaire suisse - celui-là même contre lequel son gouvernement est parti en guerre, ce qui n'est pas la moindre ironie de cette histoire - suffirait éternellement à protéger son pesant secret?

Il n'y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne. Jérôme Cahuzac sera devenu en quelques jours un homme politique fini, un paria infréquentable plus encore que s'il avait eu une liaison secrète avec Marine Le Pen - et finalement, peut-être, un futur condamné. On ne lui fera pas de cadeaux. On aura beau jeu de rappeler que la constitution du compte frauduleux de Jérôme Cahuzac remonte à une époque antérieure à sa carrière politique ; celui-ci l'a accompagné tout au long de celle-là. Il l'a soigneusement caché, entretenu, déplacé et nié, sans jamais chercher à régulariser quoi que ce soit.

Évidemment, François Hollande et Jean-Marc Ayrault sont des victimes collatérales. Sans être eux-mêmes des parangons de vertu, ils n'auraient jamais sélectionné l'ambitieux député dans l'équipe ministérielle s'ils avaient eu vent de ces montants cachés et de leur origine trouble.

Reste un autre malaise, plus sournois. Quel homme politique français d'envergure peut sincèrement se vanter aujourd'hui d'avoir eu une attitude parfaitement honnête, morale et intègre sur les vingt dernières années?

Tous, sans doute.

Beaucoup moins, si leur déclaration était passée au détecteur de mensonge.

Tous les politiciens français sont-ils pourris? Le dire fait de vous un populiste, peut-être parce que les mouvements les moins fréquentables (à gauche comme à droite) sont moins sujets à l'accession au pouvoir et plus à même d'abriter des individus mus par idéalisme. La corruption est fille du cynisme et de l'opportunisme, des valeurs que l'on retrouve bien davantage au centre de l'échiquier. Mais tous les mouvements politiques ne sont pas logés à la même enseigne pour autant. L'accusation de corruption et de mensonge fait beaucoup plus mal lorsqu'elle touche sur la gauche. Celle-ci se voudrait l'incarnation de la vertu face à des adversaires politiques régulièrement dénoncés comme corrompus et malhonnêtes - une posture morale discutable, peu vérifiée dans les faits.

Les socialistes et autres écologistes sont prisonniers de leurs discours. Guides autoproclamés du progrès social et des lendemains qui chantent, ils ne peuvent s'astreindre à la modestie, encore moins admettre l'échec. Attachés à un idéal de perfection et de sacrifice, ils sont bien peu nombreux à l'incarner en pratique. Leur rappeler leur humanité imparfaite sonne comme un reproche.

Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument, disait Emerich Acton il y a un siècle et demi. L'adage reste particulièrement vrai en France. L'implication de l’État dans tous les rouages de l'activité économique rend la classe politique particulièrement sujette au trafic d'influence.

D'où l'inévitable conclusion que la classe politique n'est pas prête à entendre: si on veut moins de corruption, il faut moins d’État.

28 mars 2013

Le coup du drapeau

Un vieux drapeau du IIe Reich a été aperçu suspendu au plafond de la cave d'Oskar Freysinger et serait un symbole néo-nazi. Émoi légitime ou scandale monté de toute pièce?

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L'objet du délit (image diffusée par la télévision suisse alémanique dans l'émission "Reporter")

Pour le nouveau Conseiller d'Etat valaisan, ce drapeau, acheté il y a 15 ans en Allemagne lors d'une exposition sur un sous-marin, ne serait qu'un souvenir. Mais la charge médiatique est féroce, avec force interview "d'experts". Sven Lüken, du Musée historique allemand de Berlin, explique sur Le Matin que le drapeau en question "est utilisé aujourd'hui par ceux qui veulent exprimer leur appartenance à l'extrême-droite". Douce musique aux oreilles des journalistes! Hans Stutz renchérit dans Le Nouvelliste: "On ne peut pas suspendre ce genre d'étendard sans savoir ce qu'il représente pour l'Allemagne nazie."

On ne peut pas? Non, on ne peut pas. Impossible. Jusqu'à Marie Parvex qui termine son commentaire dans Le Temps par une interrogation en forme de verdict: "Est-il suffisant de ne pas avoir su pour être dédouané, quand on est un personnage public?"

Nul n'était sensé ignorer la loi ; désormais nul n'est sensé ignorer les derniers codes en vigueur chez l'extrême-droite.

Apparemment, Oskar Freysinger devra passer le restant de ses jours à s'excuser, se justifier et surtout expier. C'est en tous cas ce que les médias attendent de lui. Je suis persuadé que l'histoire ressortira régulièrement, jusque dans la campagne pour sa réélection au Conseil d'Etat valaisan en 2017.

Personnellement, honte à moi, j'ignorais avant cette polémique l'utilisation symbolique de tel ou tel drapeau. A croire que je ne passe pas mes journées à surveiller les modes néonazies ; mais comme tous les autres membres du grand public, depuis quelques jours la presse s'emploie à combler mes lacunes. Tous doivent comprennent l'horreur décelée chez l'élu valaisan.

Pourtant, le drapeau en question n'est pas un symbole du IIIe Reich à proprement parler, mais du IIe (eh oui, il faut savoir compter!) de 1871 jusqu'à la fin de la première guerre mondiale. Il donna ensuite lieu à plusieurs variantes. La croix de fer est encore la cocarde de la luftwaffe actuelle ; quant à l'aigle impérial, il trône en bonne place au fond de la salle du Bundestag. Le drapeau n'est devenu un symbole néonazi que parce que les signes évidents des aficionados d'Hitler ont été interdits par la loi, telle la célèbre svastika introduite en 1935. La situation suscite donc malgré tout quelques remarques:

  • Les néonazis suisses ont une fâcheuse tendance à brandir des drapeaux suisses, pas allemands...
  • Si Oskar Freysinger, bravant tous les interdits, voue un culte secret au nazisme allemand depuis le fond de sa cave, pourquoi ne pas s'être donné la peine de la décorer avec un vrai drapeau à croix gammée, tant qu'à faire?

Tout le monde reconnaît les qualités intellectuelles d'Oskar Freysinger, même ses adversaires politiques les plus acharnés. Cela ne cadre pas avec la stupidité patente d'un individu qui inviterait carrément une équipe de journalistes dans son repaire intime, caméras au poing, pour révéler son terrible secret. Si Oskar Freysinger était le fourbe néonazi qu'ils imaginent, n'aurait-il pas pris la peine d'enlever le fameux drapeau avant de faire visiter sa maison? Espérait-il que personne ne lève les yeux?

Le fil est un peu gros, l'indignation largement artificielle. La presse nous avait habitué à mieux, mais bon, on fait les scandales que l'on peut avec ce qu'on a ; je suis sûr que dans les rédactions, certains se sont mordus les doigts de ne pas avoir pu monter cette affaire en sauce un peu plus tôt - disons, une semaine avant les élections au Conseil d'Etat.

Malgré tout, les médias sont dans leur rôle s'ils révèlent les déviances néonazies de tel ou tel politicien ; mais pour ce faire, on aimerait qu'ils se penchent sur les discours et les prises de position politiques plutôt que sur la décoration du plafond d'une cave. L'étude historique du nazisme pourrait éclairer quelques lanternes de façon salutaire, soit dit en passant.

On peut enfin cyniquement s'étonner de l'éternel deux-poids-deux-mesures entre socialisme rouge et socialisme brun. Un vieux drapeau vaguement apparenté suffit à clouer son propriétaire au pilori et à instruire un procès médiatique en bonne et due forme pour d'éventuelles sympathies nazies, alors que d'autres politiciens arborent fièrement des portraits de Che Guevara, de Lénine ou de Mao jusque dans leur bureau, sans laisser planer le moindre doute quant à leur adhésion à l'idéologie sous-jacente, et sans que le moindre éditorialiste ne s'en offusque.

Sic transit gloria mundi.

09 mars 2013

Les bouffées de chaleur du Réchauffement Climatique

réchauffement climatique,mensonges"La Terre est en passe de devenir plus chaude que lors des 11300 dernières années", clame une étude soigneusement relayée sur le site d'information Romandie.com.

Bien entendu, sitôt la manchette passée (mais combien de gens lisent-ils encore les articles?) le soufflé se dégonfle assez vite:

Se fondant sur des analyses effectuées sur 73 sites autour du globe, des scientifiques ont pu reconstituer l'histoire des températures terrestres depuis la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 11.000 ans.

Ils ont constaté que ces dix dernières années ont été les plus chaudes, comparé à 80% des 11.300 années passées.

Virtuellement, tous les modèles climatiques évalués par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) montrent que la Terre sera plus chaude d'ici la fin du siècle qu'à n'importe quel moment durant les 11.300 dernières années et ce, selon tous les scénarios plausibles d'émissions de gaz à effet de serre.


Après l'affirmation d'une caution scientifique à toute épreuve, on apprend donc incidemment que les dix dernières années auraient été les plus chaudes que quatre-vingt pour-cents des 11'300 dernières années, ce qui laisse tout de même plus de 2'000 années plus chaudes qu'aujourd'hui. Expliqué de cette façon, c'est un peu moins effrayant et beaucoup moins spectaculaire.

Oubliant que toutes les températures du passées sont basées sur des estimations hasardeuses et imprécises voire manipulées (sans parler d'une notion de "température moyenne mondiale" extrêmement douteuse), l'article reprend vite le laïus habituel sur la Terre-condamnée-à-se-réchauffer sur la base des modèles climatiques évalués par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le fameux GIEC.

Vu de Suisse, ce genre de dépêche sensationnaliste ne provoque même plus de réaction. Le public est blasé, mais aussi, hélas, convaincu. A en croire les reportages de la télévision publique helvétique impeccablement alignés sur les thèses réchauffistes, le climat ne se réchauffe nulle part plus vite qu'en Suisse.

Les médias prennent un soin particulier à occulter tout débat. Science is settled, comme disent les inquisiteurs en dressant le bûcher. Il y aurait pourtant un intérêt public prépondérant à relayer les nombreuses polémiques faisant rage sur ce dossier, certaines impliquant des factions à l'intérieur même du camp des partisans du réchauffement climatique.

L'une d'elle a a trait à l'utilisation de modèles par le GIEC. Les températures étant très complexes à extrapoler, il faut "simplifier" les mécanismes climatiques selon divers axes, étudier quelques phénomènes aux dépens du reste et ajouter un zeste de poudre de perlimpinpin.

Déjà, le GIEC emploie plusieurs modèles - FAR, SAR ou AR4 pour citer quelques acronymes aussi engageant qu'une marque de chewing-gum d'Allemagne de l'Est - et ces modèles livrent des résultats incompatibles entre eux. Comment proclamer que la Terre se réchauffe de façon "rapide" voire "catastrophique" lorsque cinq thermomètres statistiques n'arrivent pas à faire mieux que livrer cinq températures différentes?

Certes, on répondra que si les tous indiquent de la fièvre, il y a peut-être des raisons de s'inquiéter. L'argument semble tenir la route, à ceci près que le monde politique (et en son sein les écologistes les plus extrémistes) fait preuve de bien peu de modération dans ses analyses en prenant systématiquement pour argent comptant les chiffres les plus dramatiques. Le bon sens ne réclamerait-il pas plutôt de choisir enfin un seul thermomètre - le meilleur, le plus juste - et de s'y tenir? Mais aborder le problème sous cet angle soulève encore plus de questions sur la pertinence de ces fameux modèles...

En effet, le monde s'inflige la théorie du réchauffement climatique depuis maintenant suffisamment longtemps pour que les mesures actuelles examinant la Terre sous toutes les coutures, même depuis l'espace, soient confrontées aux prédictions des modèles.

Et le moins que l'on puisse dire est que ça ne colle pas:

réchauffement climatique,mensonges
Graphique extrait du rapport préliminaire AR5 du GIEC, décembre 2012

Il suffit d'avoir des yeux ouverts et un peu de matière grise entre les oreilles pour constater que les températures réelles mesurées (en noir) sont, qu'on le veuille ou non, bien en-deçà de l'apocalypse réchauffiste (surfaces d'incertitudes de chaque modèle colorées de diverses teintes) que nous servent en choeur avocats de la cause et journalistes. Et encore, par pudeur, le graphique ne montre pas les tendances de ces modèles jusqu'en 2100.

Ne comptez pas trop sur les médias helvétiques pour vous rapporter ce genre d'information.

Ne croyez pas non plus que ce modeste graphique soit un instant d'égarement ou une erreur de publication ; les choses deviennent vraiment intéressantes quand M. Pachauri, le président du GIEC en personne, admet publiquement le mois dernier qu'il n'y a pas eu de réchauffement climatique mondial au cours des dix-sept dernières années.

Pas de réchauffement climatique.

Dans les dix-sept dernières années.

Relisez, encore et encore.

Combien de reportages et de documentaires sur la réalité-du-réchauffement-climatique-ici-et-maintenant avez-vous vu sur la même période?

réchauffement climatique,mensongesVenant de n'importe quel climato-sceptique forcément aux ordres des multinationales pétrolières, l'affirmation ferait sourire et serait immédiatement défausée. Mais de la part du directeur du GIEC lui-même, il y a de quoi douter. C'est un peu comme si le Pape affirmait à un journaliste que cette histoire de Jésus et de résurrection n'est finalement qu'un gros malentendu.

Science is settled, vous disait-on?

Mais au fait, quelle mouche a piqué M. Pachauri? Tout simplement l'écart de plus en plus net entre le réchauffement hystérique proclamé par les modèles du GIEC et la réalité, rendant intenable les cris de panique habituels. Certains avancent l'hypothèse que M. Pachauri se lance dans un modeste mea culpa pour restaurer une crédibilité en miettes et pouvoir proclamer quelque chose comme "le temps nous aura donné raison" des fois que les températures augmentent réellement d'ici quelques années ; le pari est audacieux, mais le GIEC est si mal en point qu'il n'a plus guère le choix.

Le plus terrible est que tout cela aurait pu être évité simplement en abordant dès le départ une attitude précisément scientifique. Comme l'explique le professeur Robert Carter:

Compte tenu de la grande variabilité naturelle manifestée par les données climatiques, et l'incapacité à ce jour d'y sélectionner ou d'y identifier un signal anthropique [c'est-à-dire provoqué par l'Homme], la bonne hypothèse de départ est l'hypothèse nulle, parce qu'elle est la plus simple qui soit compatible avec les faits connus, et qui peut  être formulée ainsi : les changements climatiques globaux sont présumés être d'origine naturelle, au moins jusqu'à ce que des preuves spécifiques parviennent à démontrer la causalité anthropique.

C'est une des caractéristiques les plus extraordinaires du GIEC que les études qui y sont menées procèdent d'une inversion (injustifiée) de l'hypothèse nulle, à savoir: les changements climatiques globaux sont présumés résulter des émissions anthropiques de dioxyde de carbone, au moins jusqu'à ce qu'une preuve spécifique n'indique le contraire.


Evidemment, une posture aussi biaisée scientifiquement ne pouvait que faillir sur le long terme:

La réalité scientifique actuelle est que l'hypothèse du GIEC sur le réchauffement climatique dangereux a été testée à plusieurs reprises, et que ces tests ont échoué. Malgré l'investissement d'importantes sommes d'argent au cours des 25 dernières années (plus de 100 milliards de dollars), et l'immense effort de recherche effectué par les scientifiques liés au GIEC et par des scientifiques indépendants, à ce jour, aucune étude scientifique n'a établi un lien avéré entre les changements d'un quelconque paramètre environnemental significatif et l'origine humaine des émissions de dioxyde de carbone.


Sans parler du fait que la planète ne se réchauffe même pas...

Mais peu importe! Dans la sphère médiatique européenne le combat continue, même contre des moulins à vent. On joue sur les mots ; on ne parle plus de réchauffement climatique, mais dérèglement climatique, ce qui induit l'idée que le climat a été réglé un jour, une parfaite hérésie ; ou encore de changement climatique, ce qui induit que précédemment le climat ne changeait pas, une autre excellente plaisanterie!

Le débat autour du réchauffement climatique d'origine humaine "indiscutable" a dépassé les frontières de l'absurde au point d'en devenir comique. Il sera intéressant d'examiner pendant combien d'années les médias, et en particulier les médias suisses, continueront sur leur lancée avec le même cap idéologique, éloignés d'une réalité qui a réussi à s'imposer même au directeur du GIEC.