24 avril 2013

Washington, entre erreur et déni

Dans sa première allocution immédiatement après l'attentat de Boston, le président Barack Obama réussit à commenter la situation sans employer une seule fois le mot "terrorisme". Pour le chef d'Etat américain, la déflagration simultanée de deux engins explosifs au milieu de la foule à l'arrivée d'un marathon n'était sans doute pas suffisante pour mériter un tel qualificatif. A moins qu'il n'ait cherché à ne stigmatiser personne. D'authentiques terroristes auraient pu s'indigner.

A l'époque, on ne savait pas encore que les explosions s'étaient déclenchées à partir de cocottes-minute piégées ; la méconnaissance de ce détail nous épargna peut-être l'évocation d'un "dramatique accident de cuisine" par le responsable de la Maison Blanche.

Aussi ridicule soit-il, le déni est une réaction humaine. Admettre que l'attentat de Boston soit la première offensive terroriste exécutée sur le sol américain depuis les attentats du 11 septembre n'a rien de facile. C'est pourtant la stricte et douloureuse vérité. En voilà une autre: dans sa tâche de protéger le peuple américain, Barack Obama a fait moins bien que son prédécesseur George W. Bush. Et il ne peut même pas se retrancher derrière l'excuse de l'effet de surprise.

Si le déni est problématique pour un individu, il devient dangereux lorsqu'il affecte des pans entiers de la société, que ce soit les médias ou les services gouvernementaux chargés de la défendre.

Pendant l'étrange phase "Où est Charlie" où des milliers de fonctionnaires et d'internautes épluchaient les images des caméras et les prises de téléphone portable au moment des faits pour tenter de trouver des suspects (sans qu'aucun militant ne manifeste plus contre l'ignoble empiètement de la vidéosurveillance sur la vie privée) les éditorialistes se faisaient un devoir d'examiner les pistes. Au menu figuraient à peu près tous leurs fantasmes, livrés en vrac: nationalistes anti-gouvernement, miliciens pro-NRAA en rogne contre Obama, extrémistes chrétiens, agents secrets de Corée du Nord... Ou l'inévitable Mossad, comme d'habitude.

En même temps, comme si un petit sentiment taraudait la conscience en sourdine, il fallait se couvrir: le petit peuple évoquant bruyamment la piste islamiste sur Twitter, on expliqua alors que, dans l'hypothèse proprement invraisemblable d'un terroriste musulman, cela ne pourrait être que le fait d'un "loup solitaire", un illuminé, un Homegrown Terrorist agissant de son propre chef à base de vidéos de propagande et de construction de bombes vues sur Youtube.

Bref, un individu non fiché, surgi de nulle part, et contre lequel il est impossible de se prémunir.

Toutes ces idées fausses volèrent en éclat (métaphoriquement, pour une fois) avec la découverte des frères Tsarnaev. Deux musulmans d'origine Tchétchène, accueillis comme réfugiés politiques par les Etats-Unis, fichés depuis longtemps, travaillant de concert pour massacrer un maximum de civils du pays qui avait eu l'audace de leur offrir la nationalité et un avenir.

usa,barack obama,terrorismeDepuis, les révélations se suivent et se ressemblent: faisceaux d'indices guère suivis, manque de coordination avec des services étrangers (notamment russes), bureaucratie incapable de maintenir ses fichiers à jour, perte de leur trace à cause de fautes d'orthographe, toute la ribambelle consternante des fautes de services gouvernementaux en charge de la sécurité...

Les deux frères quant à eux, loin de se contenter de vidéos islamistes, accomplirent une carrière terroriste tout à fait classique: sensibilité à la cause, endoctrinement - vraisemblablement à l'étranger, les mosquées américaines étant trop molles - puis voyage de l'aîné dans un Disneyland islamiste pour parfaire la formation de poseur de bombe, ici le Daguestan et la Tchétchénie, en janvier 2012.

Autant pour le Homegrown Terrorism.

Il est de bon ton de pointer du doigt les erreurs de Washington, mais la capitale américaine n'est pas la seule à refuser d'aborder le problème. L'histoire des frères Tsarnaev résonne dans bien des pays occidentaux - que ce soit Mohammed Merah en France, Magd Najjar en Suisse ou Taimour Abdulwahab en Suède. Combien de paumés se laissent progressivement endoctriner par des prêches extrémistes? Combien d'apprentis-terroristes viennent quérir une formation au cours d'un voyage "touristique" dans une zone tribale? Combien d'étrangers sans aucun attrait pour leur pays d'accueil ou ses habitants se retrouvent gratifiés de sa nationalité? Combien crachent leur haine pour l'Occident dans l'indifférence générale?

L'idée d'islamistes mûs par la pauvreté et les inégalités n'a jamais été que l'expression des fantasmes de la gauche, sans le moindre lien avec la réalité. Ceux qui s'accrochent désespérément à la vision de terroristes forcément étrangers et aisément identifiables sont aussi en retard d'un attentat ; les frères Tsarnaev ne portaient même pas de barbe.

Aiguillonnés par la tuerie de Boston, les services de sécurité occidentaux se réveillent. On arrête des membres d'al-Qaeda en Espagne. Le Canada se découvre une filière de talents islamistes, avec projets d'attentat clef en main. Quant à la France, elle ne sait trop de quelle façon elle récoltera les fruits du printemps arabe. Sans remise en question des politiques d'accueil et d'intégration, comment croire que ces opérations récentes suffiront à juguler la menace?

Certains élus, dont l'inénarrable John McCain, proposèrent de qualifier les terroristes de "combattants étrangers", pour mieux les dissocier du peuple américain. Sachant que Dzhokhar et Tamerlan Tsarnaev vécurent plus de dix ans sur le territoire des Etats-Unis et que le plus jeune reçut même la nationalité américaine, la proposition est pour le moins osée.

Mais acceptons la suggestion pour ce qu'elle vaut et suivons l'hypothèse jusqu'au bout: si Dzhokhar et Tamerlan Tsarnaev sont effectivement des combattants étrangers, la ligne de front est à revoir.

09 février 2013

Safari-Jihad au Kenya

Il fallait l'histoire ubuesque d'un ressortissant jordanien arrêté au Kenya pour que le voile se lève sur les étranges pratiques de certains réfugiés en Suisse, et du choix de leurs vacances.

A mi-chemin entre les pages people et la rubrique insolite, la nouvelle fait son chemin jusque sur le Matin: un gymnasien, un adolescent, presque un enfant, serait en danger de mort dans les geôles kenyanes! La famille appelle solennellement la Suisse à l'aide: que les services diplomatiques s'activent, il faut le reprendre, tout tenter pour qu'il rentre au pays! Ne pas le faire serait une "condamnation à mort" selon les termes de l'avocat de la famille, Me Jacques Emery.

Et le juriste de lâcher de façon péremptoire: "La Suisse est moralement et juridiquement responsable de cette situation". Rien que ça.

Si on peut comprendre le désespoir sincère d'une famille et la mise en oeuvre de tous les moyens possibles pour sauver un proche en danger, la stratégie de l'appel à l'aide public n'est pas sans risque si le dossier souffre quelques faiblesses...

En l'occurrence, le jeune homme de 19 ans, donc majeur, est bien connu de l'administration helvétique: celle-ci l'a déjà déclaré persona non grata sur le territoire helvétique l'an dernier, juste après son arrestation:

Le jeune Jordanien résidant à Bienne (BE) inculpé au Kenya pour ses liens présumés avec les insurgés islamistes somaliens ne peut plus entrer en Suisse jusqu'à nouvel ordre. Parallèlement, l'Office fédéral des migrations (ODM) a engagé une procédure de révocation de l'asile.

Des indices clairs montrent que cette personne a séjourné dans des régions de la Somalie dans lesquelles se trouvent des groupes djihadistes impliqués dans un conflit, écrit samedi le Département fédéral de justice et police (DFJP) dans un communiqué. Il semble aussi qu'elle ait entretenu des contacts avec des éléments islamistes en Suisse.

 

Des éléments islamistes en Suisse? Voyons! Ca n'existe pas.

Le Biennois d'origine jordanienne, au bénéfice de l'asile, se rendit au Kenya en février 2012 en passant vraisemblablement par la Somalie. Soupçonné d'être lié à d'autres européens recherchés et d'avoir été formé dans un camp de la milice islamiste des al-Shabaab, il fut arrêté en avril, prétendit être "suisse" (les autorités locales confondirent avec la Suède, comme de bien entendu) et formellement inculpé le 6 juin pour implication dans des activités criminelles organisées.

magd.jpgIl croupit dans une cellule kenyane depuis octobre, et son état de santé n'est plus au beau fixe.

Il est encore un peu tôt pour savoir comment se démêlera cette situation. L'individu n'est plus admis à entrer en Suisse (l'appel de cette décision donnant lieu à ce récent battage médiatique) et la révocation de son statut de de réfugié est encore pendante. Mais qu'on se rassure, le jeune homme est encore sous la protection du Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU. Les instances supra-nationales veillent sur le bien-être des meilleurs d'entre nous...

Si le Kenya le libère, il devrait probablement être expulsé, mais ni en direction de la Jordanie (dont il est originaire) ni en direction de la Suisse (qui ne veut plus de lui). Nul doute que la Terre est assez vaste pour que ce turbulent jeune homme trouve un nouveau point de chute, même si chacun semble s'efforcer d'ignorer cette possibilité.

Outre la dangerosité de l'individu, le choix de destination du "réfugié" fait réfléchir. La frontière Kenyo-Somalienne, quel bel endroit pour passer des vacances!

En réalité, les réfugiés politiques et autres demandeur d'asile abrités par la généreuse Helvétie ont eu, jusqu'à ce que l'UDC réduise cette possibilité, de généreux droit au voyage depuis la Suisse, même vers le pays dont ils s'étaient enfui. Et ce, même si leur demande d'asile avait été rejetée!

Si les abus les plus criants ont été calmés (du moins l'espère-t-on) l'interrogation de fond reste posée. Selon la LAsi, la qualité de réfugié est reconnue "aux personnes qui, dans leur État d’origine ou de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de leurs opinions politiques."

Lorsque des commissions politiques à Berne discutèrent de resserrer la vis, on entendit que les gens au bénéfice de l'asile pouvaient l'être en Suisse simplement "pour y recevoir des soins médicaux indisponibles dans leur pays", comme l'expliqua le secrétaire général de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés, ou encore qu'ils souhaitaient "garder des liens avec le pays dont ils sont issus."

A lire les propos de connaisseurs du milieu, la menace grave et immédiate pesant sur les demandeurs d'asile semblait finalement assez lointaine.

Posons simplement la question: une personne suffisamment peu en danger dans son pays d'origine pour y passer régulièrement des vacances mérite-t-elle vraiment la "protection" offerte par l'asile?

Et pour en revenir au cas particulier du jeune biennois si bien intégré, l'Office fédéral des migrations distribuant les permis F assure-t-il suffisamment le suivi des dossiers? L'asile peut être révoqué si le bénéficiaire se livre à des actes criminels ou compromet la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse.

Fallait-il attendre que le jeune biennois passe dans le centre d'entraînement d'un mouvement terroriste affilié à al-Qaeda au Kenya pour réaliser qu'il y avait un problème?

18 octobre 2012

Feuille de route vers un désastre

Au hasard de leur pérégrinations, certains d'entre vous sont peut-être déjà tombés dans un recoin d'Internet sur la célèbre "carte de la domination islamique", une espèce de plan plus ou moins délirant de conquête du monde...

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17 septembre 2012

Les limites de la rage islamique

Depuis quelques jours, des dizaines de milliers de musulmans manifestent dans le monde - souvent violemment - pour dénoncer Innocence of Muslims (l'Innocence des musulmans), nanar de série Z réalisé aux Etats-Unis.

terrorisme,liberté d'expression,islamLes émeutes ont provoqué des morts en Tunisie, au Soudan, au Liban et en Egypte. L'attaque de l'ambassade américaine à Tunis a fait quatre morts. En Libye, l'attaque du consulat américain de Benghazi a fait plusieurs victimes, dont l'ambassadeur - violé, sodomisé, et promené dans la ville comme trophée.

Les autorités américaines voient dans ces manoeuvres la signature d'al-Quaeda, arguant qu'il n'est pas très crédible que des manifestations "spontanées" abritent des individus armés de lance-roquettes. Ce n'est pas faux, mais d'un autre côté, dans un pays comme la Libye en proie aux pillards et aux bandes de miliciens mal dégrossis, comment en être sûr? Peut-être que le lance-roquettes est le dernier accessoire à la mode pour ne pas avoir d'ennuis en aller chercher le pain...

Plus sérieusement, les lance-roquette de Benghazi sont regrettables, mais tiennent malheureusement du détail. Il est toujours dommage que des éléments violents viennent s'abriter dans une manifestation comme à Khartoum, mais ce n'est qu'un aspect secondaire. Si 10'000 personnes viennent hurler leur haine de votre pays et de ses valeurs au pied de votre ambassade avant de la mettre à sac, vous avez un problème, même si la foule vindicative n'abrite aucun terroriste.

A Khartoum, les manifestants n'étaient pas en reste. Échouant à vandaliser l'ambassade américaine, ils se sont contentés de prendre d'assaut l'ambassade allemande, arrachant son drapeau pour le remplacer par un étendard islamiste avant d'incendier le tout pour faire bonne mesure. Toujours au nom de la protestation contre un film hébergé sur Youtube, les partisans les plus engagés de la "religion de paix" ont saccagé et brûlé une église au Niger.

Ces agissements éclairent d'une façon très parlante les prétendues nuances dont les régimes occidentaux tentent de se parer dès lors qu'on aborde la question littéralement explosive de l'islam. Pour le manifestant libyo-égypto-soudano-afghano-tunisien typique, le monde n'est pas vraiment nuancé: il y a les terres sous domination islamique et il y a les autres, à soumettre - et peu importe la façon dont les dirigeants de ces régimes se tortillent pour espérer apaiser son courroux.

Ce qui pourrait passer pour une espèce de folkore tribal navrant est plus problématique lorsque les salafistes viennent manifester jusque dans Paris. N'allez pas croire qu'ils ont fait le trajet exprès depuis le Soudan. Ils n'ont eu qu'à prendre le bus de banlieue.

Nous jetons des milliards de dollars et d'euros pour essayer de nous faire aimer de ceux qui nous haïssent et veulent nous convertir ou nous décapiter, mais nous les laissons venir s'installer jusque dans nos villes, profiter de nos systèmes sociaux généreux, de notre liberté de parole, de notre prospérité. Le résultat est souvent maigre: les voir rejeter entièrement leur cadre de vie et prêcher leur haine dans des mosquées radicalisées, dans le but semi-avoué de ramener leur environnement au cloaque sous-développé qu'ils ont quitté.

terrorisme,liberté d'expression,islamQue valent toutes les politiques d'apaisement face à un adversaire dénué de tout sentiment, qu'un navet sur Youtube suffit à embraser d'une rage inextinguible?

Les politiciens - dont l'hypocrisie n'est plus à démontrer - ne sont que trop au courant de la situation. Résultat? Ils s'empressent de se tromper de cible: en Allemagne, le pasteur Terry Jones est persona non grata. Aux USA, Barack Obama demande à Google de retirer la vidéo incriminée - sans succès, heureusement.

Les élites occidentales cherchent à éviter toute confrontation. Face à un adversaire aussi irrationnel que l'islamiste moyen, cela implique de se plier à sa vision névrosée du monde. Bien entendu, la seule conséquence revient à susciter encore plus de haine: les islamistes dénonçant l'hypocrisie et la veulerie de l'Occident n'ont pas à chercher longtemps des exemples pour étayer leurs harangues.

En Europe et aux Etats-Unis, la liberté d'expression et le droit de critiquer une religion - comprendre: la religion musulmane - sont en sursis. Un projet de loi pour introduire le blasphème dans le code pénal n'est pas à l'ordre du jour, mais la question se posera certainement.

On pourrait se demander, au vu des réactions de la "rue arabe", quelle proportion de musulmans est accro à Youtube. Moins d'un protestataire sur mille a probablement vu la bande-annonce de ce film, et la proportion réelle est sans doute encore moindre.

C'est exactement comme la fameuse affaire des caricatures de Mahomet où les journalistes envoyés sur place (une fois le calme revenu) avaient bien du mal à dénicher le moindre manifestant ayant effectivement aperçu les dessins incriminés.

Mais comment faire face à l'irrationel? Dans ses conditions d'utilisation,Youtube explique:

"Certains contenus sont susceptibles de vous choquer. [...] Si la vidéo n'est pas contraire à notre règlement, cliquez simplement sur une autre vidéo. Pourquoi perdre votre temps à regarder des vidéos que vous n'aimez pas ?"

 

Cette évidence est incompatible avec le mode de pensée islamique. Il ne s'agit pas de voir ou de ne pas voir une vidéo offensante, des caricatures du prophète ou un exemplaire du coran maltraité: ces choses-là ne doivent pas exister. Peu importe ce qu'il faudra brûler, mutiler, tuer, démolir ou décapiter pour y parvenir.

Une telle attitude porte les germes de sa propre destruction. Comme l'écrit Waleed Aly au sujet de protestations contre le film organisées à Sidney (!):

En réalité, ils ont besoin de cette offense. Elle leur donne la chance de s'imposer de sorte qu'ils puissent se sentir unis, vertueux mêmes. C'est un raccourci vers l'estime de soi.

Le problème est qu'à notre époque numérique, il y a toujours moyen de susciter de nouveaux griefs. N'importe qui peut faire une recherche sous Google pour trouver des préjudices inédits, et il y a sans cesse des nouvelles rageantes à partager avec d'autres. Des communautés virtuelles se rassemblent autour de la mise en ligne de matériel offensant et de déchargement de bile communautaire. Bien vite vous avez un phénomène culturel, une sous-communauté dont la cohésion repose presque exclusivement sur une indignation partagée. Vous finissez avec une identité qui n'a rien à dire sur elle-même; une identité reposant sur une position d'une pauvreté absolue, n'existant qu'à travers sa colère de défi.

 

Et d'annoncer le verdict: le concept "d'identité islamique" devient totalement creux. La fierté et l'opposition résolue n'abritent aucune substance. Pour Waleed Aly, la colère musulmane est semblable à celle d'un ivrogne dans un bar, blessé dans sa fierté et qui chercherait à frapper n'importe qui en décochant des coups de poing au hasard - absolument n'importe qui, juste pour se donner contenance.

terrorisme,liberté d'expression,islamMalheureusement pour les musulmans, l'Occident est une source de vexation absolument sans limite. Bien que ses dirigeants soient lâches, la multitude des comportements individuels, la liberté d'expression et l'existence d'Internet garantissent au monde islamique l'émergence continuelle de nouveaux motifs d'indignation, et ce, de plus en plus souvent. Nous ne sommes qu'aux balbutiements en termes d'irritation. Qu'on imagine ce qui se passera le jour où un artiste réellement provocateur décidera de mettre non une croix chrétienne, mais un coran dans de l'urine!

Les émeutes en Libye ou au Soudan font passer les manifestants pour des enragés certes dangereux, mais également de plus en plus ridicules. Comment peuvent-ils espérer inculquer un quelconque respect à une population incroyante de plusieurs milliards d'habitants? Quand on y pense, L'Innocence des Musulmans, obscure création de troisième catégorie, est devenue un méga-hit planétaire visionné par des millions d'internautes précisément à cause des manifestations de gens pensant que personne ne devrait voir un tel film. Quel bel auto-goal!

Dans la lutte entre provocation et indignation, les islamistes ne peuvent tout simplement pas l'emporter.

10 septembre 2011

11 septembre 2011

Dix ans que les tours jumelles du World Trade Center de New York se sont effondrées. Tout le monde le sait. Les célébrations battent leur plein depuis deux semaines.

manhattan.jpg

Il y a une première raison, purement médiatique, à ce déferlement. Le 11 septembre a été l'essence même de l'information brute livrée à une échelle inégalée. Les images tournaient en boucle sur les télévisions du monde entier pendant que les commentateurs, aussi sonnés que leur public, se trouvaient incapables de faire autre chose que de contempler, lâchant parfois des jurons d'effroi en prime-time. L'anniversaire représente une forme de revanche, une reprise en main des professionnels de l'information. Le public est inondé à jet continu d'analyses, de mises en perspective et autres rétrospectives - le meilleur moyen de le remettre à sa place.

L'autre trait saillant de cette débauche de commémorations tient sans doute à la volonté de marquer la fin d'une la période. Tant l'intervalle symbolique de dix ans que la mort de Ben Laden des mains des commandos américains au mois de mai représentent des éléments marquants dans la longue guerre contre le terrorisme islamique - guerre précédée de nombreux signes annonciateurs dont personne n'avait pris la réelle mesure.

Que de chemin parcouru, pourtant, depuis la situation en 2001 - un parcours à porter pour l'essentiel au crédit du président américain George W. Bush.

Elu sur un programme isolationniste, le président américain fut le premier à comprendre la nouvelle donne consécutive aux attentats du 11 septembre. La menace était globale (comme les Européens le découvrirent eux-mêmes bien assez tôt), et la réponse se devrait elle aussi d'être globale: Les régimes abritant des réseaux terroristes en toute complicité devraient désormais faire face à leurs responsabilités. Il n'était également plus possible de fermer les yeux plus longtemps sur les dictatures massacrant leur propre peuple, une compromission inacceptable dont le ressentiment résultant lança plus d'une vocation terroriste.

Bush.jpgGeorge W. Bush annonça rarement la couleur aussi clairement que dans un discours prononcé le 7 novembre 2003:

Le fait que, soixante ans durant, les nations occidentales ont excusé et se sont accommodées du manque de liberté au Moyen-Orient n'aide en rien notre sécurité, parce qu'à long terme la stabilité ne peut être achetée au prix de la liberté.

 

Pour ceux que la version longue intéresse, il est toujours possible de se plonger dans l'ouvrage de Guy Millère Ce Que Veut Bush et d'y lire comment, huit ans plus tard, le cheminement de la démocratie au Moyen-Orient s'est impeccablement déroulé.

Cette analyse de l'histoire de ce début de siècle est partagée par Nicolas Sarkozy lui-même dans un discours prononcé récemment:

[Le président français] a affirmé que le printemps de la démocratie arabe constituait «la plus belle réponse» aux auteurs des attentats meurtriers qui avaient ébranlé les États-Unis ce jour-là. Au-delà du souvenir des victimes, le président français a estimé que les dix années écoulées donnaient des raisons d'espérer, les instigateurs des attentats ayant échoué dans leurs objectifs de «porter un coup fatal» aux valeurs des démocraties et de «jeter irrémédiablement l'un contre l'autre» les mondes occidental et musulman. À l'inverse, «chaque jour depuis ce 11 Septembre, davantage de peuples partout dans le monde se réclament de nos valeurs, en Tunisie, en Égypte, en Libye, en Syrie, au Yémen, dans tout le monde arabe et musulman que les terroristes prétendaient incarner, des millions de gens se sont levés pour les valeurs de la démocratie et de la liberté», a-t-il souligné.

 

Le 11 septembre était le pari fou d'une poignée d'islamistes embrassant le jihad - l'idée que le symbolisme d'une attaque meurtrière au coeur du pays le plus puissant du monde amènerait les musulmans du monde entier à se soulever contre l'Occident, et provoquerait une guerre de religion à l'échelle planétaire.

L'échec est patent. Partout depuis l'aspiration des peuples du monde semble être à davantage de justice, de démocratie et de liberté plutôt qu'au rejet de ces valeurs occidentales. De nombreux régimes despotiques sont tombés les uns après les autres - Afghanistan, Irak, Tunisie, Egypte, Libye. Demain peut-être la Syrie, après-demain, qui sait, l'Iran... La présence de l'Occident n'a pas toujours été officielle ni militaire, mais elle a toujours été là - même si elle ne devait ne s'incarner que dans d'humbles vidéos de manifestation postées sur Internet par des rebelles courageux filmant avec leurs smartphones.

L'attentat du World Trade Center a été le Pearl Harbor du XXIe siècle. Depuis le déclenchement de cette nouvelle guerre mondiale, plusieurs batailles ont été remportées mais le combat contre le totalitarisme islamique n'est de loin pas gagné. La guerre est sale. La moralité est mise à l'épreuve. La liberté civile a reculé dans les démocraties. Il y a des victimes innocentes. Les victoires sont incertaines. Personne ne sait quel genre de régime va émerger des pays qui ont été libérés par le printemps arabe. Les Talibans se terrent toujours dans les montagnes afghanes. La jeune démocratie irakienne reste fragile.

Personne ne contestera pourtant que le "camp occidental" progresse sur le terrain. Malheureusement, ces victoires parfois remarquables n'ont pas été suivies sur le plan des idées. L'idéologie ennemie n'est pas vaincue.

Sur ce plan-là, notre retard est inquiétant. L'Occident est loin de contrecarrer le mode de pensée qui sous-tend l'action terroriste islamique. Nous n'osons pas réfuter leurs croyances, les confronter ni les tourner en ridicule, pas plus que nous n'osons démanteler les filières prêchant la haine jusque dans les mosquées de nos villes. Nous fermons même les yeux sur les ennemis infiltrés dans notre camp.

Nos faiblesses expliquent largement ces carences stratégiques:

  1. La social-démocratie a miné les notions de liberté et de responsabilité individuelle, c'est-à-dire les fondements sur lesquels repose une démocratie saine.
  2. Le politiquement correct étouffe la sphère médiatique officielle, interdisant une vraie liberté de débat.
  3. Le multiculturalisme permet aux immigrés de s'épargner la moindre forme d'intégration ou de respect envers leur pays d'accueil, valeurs auxquelles se substituent communautarisme et mépris.
  4. Les valeurs occidentales de démocratie, de liberté de religion, d'universalité de la justice ont elles-mêmes été remplacées par un culte de la culpabilité mâtiné de tiers-mondisme, dépeignant la société existante comme corrompue, épuisée et coupable.

Nous avons peur de manquer de respect à ceux qui veulent nous égorger.

Le danger est grand. A ignorer l'aspect idéologique de la lutte contre le terrorisme et sa base religieuse, on prend le risque de ne jamais l'éradiquer entièrement. Démanteler les cellules terroristes sans s'attaquer leur dogme revient à rentrer au vestiaire avant la fin du match. Les conséquences, le grand public les connaît: la survie d'un terreau fertile d'où émergera immanquablement la prochaine génération de poseurs de bombes.

islam_will_dominate_world1.jpgLes banlieues européennes offrent un cocktail de plus en plus inflammable d'islam, de criminalité et de nihilisme. La propagande anti-occidentale s'y déverse librement. Des populations entière vivent de subventions en méprisant la main qui les nourrit. Les rares esprits libres à dénoncer cet état de fait sont ridiculisés, ostracisés et réduits au silence, à moins qu'ils ne soient carrément poursuivis en justice pour des motifs qui auraient fait pâlir d'envie Torquemada. Les chefs de file de la cinquième colonne islamiste et les mouvements politiques de gauche se manipulent l'un l'autre dans une valse inquiétante où nul ne sait plus qui mène le bal.

A quoi sert de chercher des camp d'entraînement au jihad au Waziristan? Leur utilisation est révolue. L'entier de la filière islamique se déploie désormais dans les banlieues occidentales ; les attentats sont de plus en plus le fait d'individus dont les origines sociales et ethniques ne se démarquent en rien de celles de leurs victimes. La ligne de front a bougé. En conséquences, la destruction d'une franchise locale d'al-Qaeda dans tel ou tel pays d'Afrique ou du Moyen-Orient a bien moins d'importance pour la sécurité européenne que de part le passé - même si les effets positifs sur la sécurité des populations locales sont toujours bons à prendre.

A Ground Zero, les tours jumelles du World Trade Center ne sont plus que des empreintes dans le sol. Le sud de Manhattan a été débarrassé de ses déblais et reconstruit. Les attentats du 11 septembre glissent lentement dans le passé pour s'inscrire dans l'histoire, et ne gardent guère qu'une utilité pratique, comme révélateurs d'esprits malades.

Si les lieux gardent une charge symbolique extrême, aujourd'hui, le combat est ailleurs. Et il n'est, de loin, pas terminé.

02 mai 2011

Tchao Ben Laden!

Voilà, c'est chose faite: après quelques dix ans de traque, Ben Laden a finalement été abattu ce week-end, au terme d'une opération qualifiée de "sensible" sur le territoire Pakistanais. Les Américains seraient également en possession du cadavre du chef d'al-Quaeda, ce qui tuera dans l'oeuf toute possibilité de contestation de la part du mouvement terroriste ou de ses franchises.

La recherche a été longue mais elle a fini par payer. Bravo aux Américains, à la CIA et au président Obama, qui a conclu la traque lancée par son prédécesseur George W. Bush après les attaques terroristes du 11 septembre 2001.

Autant pour tous ceux qui voyaient Ben Laden comme insaisissable ou déjà mort...

En attendant les détails de l'opération, qui ne manqueront pas d'être instructifs, fêtons un beau début de semaine et un poids ôté à toutes les familles des victimes de la destruction du World Trade Center.

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On va enfin pouvoir changer de papier toilette...