20 octobre 2015

L'UDC vaudoise renonce à soutenir Olivier Français

Le congrès de l'UDC Vaud eut donc lieu lundi soir à Chavornay.

Pour un compte-rendu à peu près factuel de la soirée, on se tournera vers l'article en rapport dans le quotidien 24Heures. Malgré tout, celui-ci n'est pas exempt de quelques erreurs. Par exemple, le journaliste évoque le conflit larvé entre "UDC des villes et UDC des champs" ; si cette tension est bien réelle au niveau de l'électorat (les bons scores de Jacques Nicolet et d'Alice Glauser au sein de la liste UDC s'expliquent amplement par des consignes de vote très suivies dans les campagnes) elle n'est absolument pas la source de la division du parti au moment de choisir de soutenir Olivier Français.

Si l'alliance avec le PLR au second tour du Conseil des Etats a été rejetée par 67 voix contre 57 et une abstention, c'est pour de toutes autres raisons. Revenons sur cette soirée.

Après une présentation mi-amère des résultats vaudois, décevants comparés à la progression de l'UDC suisse mais explicables par la polémique de l'été, après l'annonce de la présidente de sa démission attendue en janvier 2016, après une analyse fine des résultats vaudois de l'élection par Kevin Grangier, arriva enfin le point d'orgue de ce congrès: le choix de soutenir ou non la candidature de M. Olivier Français au second tour de l'élection au Conseil des États.

Tout juste ressorti de sa propre séance du PLR à Bussigny, M. Français vint en tant qu'invité sous un tonnerre d'applaudissements pour plaider sa cause avant se soumettre à un feu roulant de questions de la part des délégués. La presse ne perdit pas une miette de l'exercice.

Même pas de vagues promesses

olivier français,udc,plr,élections du 18 octobre 2015Si Olivier Français était venu avec une proposition du congrès PLR de faire un apparentement avec l'UDC pour les élections communales de 2016 ou les cantonales de 2017, l'adhésion de l'assemblée lui aurait été acquise. Au lieu de cela, il ne put faire mieux que de soutenir cette position à titre personnel, et de promettre de défendre l'idée de l'élection d'un second membre de l'UDC au Conseil Fédéral au sein de son groupe à Berne. Interrogé sur ce qui le séparait des candidats de gauche sur les sujets brûlants, application de l'initiative du 9 février ou du renvoi des criminels étrangers, il resta évasif.

Bref, bien que sympathique, Olivier Français vint les mains vides. L'idée de soutenir un candidat de centre-droit était évidemment séduisante pour une assemblée UDC, mais la pilule était difficile à avaler face à un candidat proche du centre, charriant un certain historique d'animosité envers l'UDC et ses électeurs (bien qu'élu par ces derniers lorsqu'il fut porté par une coalition pour accéder à la Municipalité de Lausanne), et dont l'élection au Conseil des Etats aurait ressuscité la carrière politique d'un certain Fathi Derder sur les bancs du National par le truchement des viennent-ensuite.

Le soutien de l'UDC envers Olivier Français était donc plombé au départ, mais pas de façon irrémédiable. Il aurait fallu que le PLR vaudois fasse un effort concret pour faire pencher la balance. Mais c'était sans doute un acte d'humilité et d'ouverture trop difficile à accomplir pour un parti encore tout émoustillé par sa victoire de la veille.

Penser comme un délégué

M. Français travailla de façon méritoire pour donner l'impression d'y croire, mais l'écart avec la gauche est très grand. Il aurait été moindre si le PLR avait joué la carte de l'apparentement dès le premier tour, et alors les chances de la droite dans un ticket PLR + UDC auraient été réelles. Hélas, on ne refait pas l'histoire.

L'assemblée UDC réunie à Chavornay s'inscrivait dans une optique plus vaste que celle du second tour au Conseil des Etats, les relations futures avec le PLR vaudois.

Je pense que 80% au moins des délégués de l'UDC sont pour un rapprochement avec le PLR au nom de la droite bourgeoise, même si nos partis divergent sur des points importants. Mais cette relation doit se construire étape par étape, des fondations au sommet: d'abord à l'échelle communale, puis cantonale, puis au National, et enfin au Conseil des Etats, premier et second tour.

Dans ce contexte, une alliance avec le PLR au deuxième tour de l'élection au Conseil des Etats revenait à commencer un livre par le dernier chapitre.

Nous aurons l'occasion de rebâtir ces fondations prochainement, puisque le cycle électoral s'achève. Il reprendra dès 2016 avec les élections communales, puis les cantonales en 2017 et se concluera à nouveau avec les élections fédérales de 2019. A chaque étape l'UDC tendra la main au PLR ; à lui d'avoir l'intelligence de la saisir.

L'élection appartient aux électeurs

Les délégués ne sont pas les citoyens. Les mots d'ordre formulés par les partis sont suivis ou non de la population.

L'UDC vaudoise n'avait pas l'intention de torpiller la candidature d'Olivier Français en maintenant un de ses candidats au second tour, mais elle avait le choix entre appeler à voter pour lui ou s'en abstenir. Elle choisit cette dernière option.

S'en remettre aux électeurs est une attitude tout à fait dans la ligne de l'UDC. Les citoyens ne sont pas stupides. Ils ont, comme tout le monde, assisté aux violentes diatribes anti-UDC d'une Isabelle Moret, ou se rappellent les déclarations hostiles de M. Français lui-même. Ils ont vu le dédain affiché par le PLR vaudois en déclinant les invitations d'apparentement venues de l'UDC. Si le PLR ne séduit pas l'électorat UDC y compris lorsque l'équilibre gauche-droite est en jeu, il ne peut guère s'en prendre qu'à lui-même.

De l'autre côté, ils savent que renoncer à soutenir M. Français revient à laisser élire M. Recordon, celui qui dansait dans les couloirs du Conseil National en 2007 après avoir réussi à évincer M. Blocher du Conseil Fédéral. Des images inoubliables!

Le choix est difficile, et même si la mobilisation est au rendez-vous la victoire du candidat PLR au Conseil des États paraît très incertaine. Heureusement, la politique vaudoise porte plus loin. Comme le fit remarquer un délégué, même si les écologistes vaudois réussissent à sauver leur candidat au Conseil des Etats, cela ne changera pas grand-chose à leur défaite nationale. Ils ont perdu et ils le savent.

Le congrès UDC du 19 octobre ne visait pas qu'à décider du second tour d'une élection, mais à mettre à plat ses relations futures avec le PLR au sein de la droite. Et bien que les majorités soient amoindries par l'enjeu le sentiment de l'assemblée fut clair: il n'y aura plus d'alliance avec le PLR si celui-ci continue à traiter l'UDC par le mépris. Les délégués UDC ne supporteront plus que le PLR ne s'adresse au parti que les quelques soirs où il aura besoin de ses voix au gré des circonstances.

Il est dommage que cette leçon coûte probablement sa candidature à M. Français, mais entre deux formations politiques et leurs électeurs le respect se doit d'être réciproque. L'exemple du Valais nous montre d'ailleurs que l'UDC peut fort bien progresser dans un canton sans avoir d'apparentement avec qui que ce soit.

Espérons que le PLR vaudois comprenne le message. Nous verrons ce qu'il en est dès 2016, lors des élections communales.

19 octobre 2015

Une victoire électorale pas encore décisive

Les résultats électoraux sont donc sous toit: le parlement de 2015 enregistre une progression de la droite PLR et UDC, principalement au détriment du centre-gauche (PDC, PBD, Verts Libéraux). Les Verts reculent mais le PS reste stable.

élections du 18 octobre 2015,udc,médias
Résultats nationaux provisoires, dimanche à 23h

Sur le plan national, l'UDC obtiendrait 11 sièges supplémentaires et le PLR 3. Les Verts Libéraux reculeraient de 5 sièges et les Verts de 4. Le PS perdrait quant à lui trois sièges.

Vent contraire

Face au barrage continu d'articles négatifs auquel l'UDC a dû faire faire face dans les médias tout au long de la campagne, la progression n'en est que plus méritoire. Pour ne reprendre que les exemples donnés par Le Matin, en fer de lance de cette stratégie, au cours des quatre dernières semaines seulement, nous avons eu:

  • Le voyage à 200'000 francs d'Ueli Maurer au Brésil - "En 2014, le ministre des Sports a assisté à un match de la Nati lors de la Coupe du Monde. Mais il s'est rendu au Brésil en jet privé au lieu de prendre un avion de ligne."
    (Oubliant que M. Maurer remplaçait M. Burkhalter au pied levé - affaire évoquée ici)
  • Une guerre intestine déchire l'UDC aux Grisons - "Un encart paru dans la presse grisonne a mis le feu aux poudres. Il accuse le candidat Heinz Brand d'être un profiteur et appelle à voter pour Magdalena Martullo-Blocher."
    (Une bisbille entre deux candidats UDC ne saurait être moins qu'une "guerre intestine")
  • La chemise Edelweiss, icône de l'UDC urbaine - "Symbole de la paysannerie, l’habit a la cote chez les ténors genevois du parti. Moins chez les candidats réellement paysans…"
    (Critique bas de gamme des visuels de l'UDC genevoise. Au fait, combien de paysans votent écolo?)
  • Une affiche de campagne bien mal placée - "Cette affiche des candidats de l'UDC neuchâteloise pour le Conseil national a été placardée sous un panneau «Sortie de carrière»."
    (Faible tentative d'humour)
  • Un élu UDC ferait vivre l'enfer aux animaux - "Déjà condamné en 2013, Roger Schuwey est encore épinglé pour supplice sur animaux."
    (Mise au pilori médiatique sur la base d'une affaire privée et non jugée, sans aucun rapport avec le mandat de l'élu)
  • Un candidat UDC est aussi un rocker déluré - "Le Schwytzois Roland Lutz brigue un siège au National sous les couleurs UDC. Hic: l'homme fait partie d'un groupe de rock provocateur qui joue nu sur scène."
    (Et tous nos journalistes pro-gay-pride de s'inquiéter de la réputation de l'UDC schwytzoise...)
  • L'UDC ne sait plus sur quel pied danser - "L'UDC déboussole ses membres avec ses déclarations contradictoires sur sa volonté de quitter le Conseil fédéral s'il n'y obtient pas un second siège."
    (Il suffit qu'un élu fasse une déclaration contradictoire pour que le journaliste proclame que les membres de l'UDC soient "déboussolés"...)
  • Christoph Blocher détient-il un Hodler spolié? - "Une œuvre de Ferdinand Hodler dans la collection de Christoph Blocher pourrait relever de l'art spolié par les Nazis. Le vice-président de l'UDC est au courant des soupçons."
    (Un carton plein de mots-clés connotés, sur la base d'une rumeur, à dix jours des élections)

Si Le Matin est emblématique de ce matraquage il n'est en rien unique ; pensons au 20 Minutes et son "enquête" martelant comme d'habitude que l'électorat UDC est pauvre et sans instruction, ou 24Heures proclamant carrément un auto-piratage des affiches du parti... Et il faudrait répéter l'opération pour d'autres journaux encore, les chaînes de radio, les émissions de la RTS. Un travail à plein temps!

A titre de comparaison, voici le seul article négatif à l'encontre du PS que Le Matin est parvenu à publier sur la même période:

Il remonte au 23 septembre. Son titre est en outre trompeur, car il est moins question de tutoiement que de l'utilisation de données privées dans une missive (le candidat socialiste valaisan mentionne l'âge de ses destinataires) ce qui a entraîné près d’une dizaine de plaintes auprès du préposé à la protection des données du canton. On a donc, comme d'habitude, un traitement pour le moins bienveillant de l'information lorsqu'elle ne concerne pas l'UDC.

Si les médias se sont plaints d'une campagne fade et ennuyeuse ils en sont les premiers responsables. Pas un mot sur l'alignement pro-européen des partis politiques, leur attrait pour l'importation de réfugiés, leur absence de respect pour la démocratie directe... Aucune mise en perspective des enjeux, aucune vision d'ensemble des conséquences des élections fédérales 2015: la fouille des poubelles anti-UDC a tenu lieu d'information. Mais le public, de plus en plus conscient de ces manipulations cousues de fil blanc, n'a pas mordu à l'hameçon.

Résultats vaudois

Selon les résultats officiels, la distribution des 18 sièges au Conseil National dans le canton évolue comme suit, avec un PLR soufflant un siège aux socialistes:

  • PLR, 5 sièges (+1)
  • PS, 5 sièges (-1)
  • UDC, 4 sièges (-)
  • Verts, 2 sièges (-)
  • Verts Libéraux, 1 siège (-)
  • PDC, 1 siège (-)

L'UDC n'a que quatre sièges, mais fait venir du sang neuf à Berne par le biais de deux nouveaux élus - Jacques Nicolet et Michaël Buffat. Fabienne Despot, traînant les conséquences du scandale de cet été, est massivement biffée par les électeurs et finit à la 11e place de la liste, tout en refusant de comprendre le message. Les citoyens se sont chargés de prendre les décisions que le congrès vaudois du mois d'août n'a pas eu le courage d'assumer.

Sous de meilleurs auspices, l'UDC vaudoise aurait peut-être pu espérer un cinquième siège. Ce n'est que partie remise. Compte tenu des contrariétés traversées par la formation politique cet été, le score obtenu n'est pas mauvais. La représentation fédérale vaudoise gagne en qualité ce qu'elle échoue à remporter en quantité. Je me réjouis pour ma part d'avoir placé un de mes quatre favoris au Conseil National.

Saluons enfin l'éjection du dogmatique Christian van Singer des Verts et de l'anti-UDC Fathi Derder du PLR, leurs remplaçants ne pouvant certainement pas être pires.

Les prochaines batailles de la fin de l'année

Même si les tendances sont claires, le second tour de l'élection au Conseil des États reste ouvert. Il n'est pas certain du tout que recul du centre-gauche auquel les citoyens ont assisté aujourd'hui ne se confirme lors du second tour de l'élection à la Chambre Haute.

Les alliances, les retraits et les maintiens calculés contribueront probablement davantage à emporter les décisions que la volonté électorale des citoyens helvétiques qui ont clairement poussé à droite ce dimanche. Attendons-nous à un gros effort de mobilisation de la gauche, avec force éditoriaux invitant à sauvegarder l'influence du centre-gauche au Conseil des Etats.

D'une certaine manière, ce second tour sera une très bonne répétition de ce qui attend le peuple suisse lors des élections du Conseil Fédéral en décembre, avec son lot d'alliances et de connivences. L'UDC a clairement droit à un second siège au gouvernement mais Christian Levrat du PS a immédiatement temporisé en décrétant que la situation était "grosso-modo stable", un appel du pied à une reconduction du déséquilibre démocratique actuel - et peu importe que le PBD, qui ne compte plus que 4,1% des suffrages à l'échelle nationale, soit la cheville ouvrière de cette mascarade. Qu'importe le manque de représentativité s'il peut servir à barrer la route à l'UDC!

Plus que jamais, l'élection au CF est elle-même suspendue à la volonté d'Evelyne Widmer-Schlumpf de reconduire ou non sa candidature pour un nouveau mandat de quatre ans. La Grisonne n'a pas encore fait connaître ses intentions.

Les nombreux citoyens suisses qui ont soutenu l'UDC doivent se rappeler que la classe politique ne leur fera pas plus de cadeaux que ne lui en font les médias. Toute progression ne pourra être arrachée que de haute lutte. Aujourd'hui, l'UDC atteint avec 29,5% un plus haut historique. Le record précédent remontait à 2007 avec 28,9% des suffrages... Un score tout aussi historique qui n'empêcha pas la nouvelle Assemblée Fédérale d'évincer du gouvernement un certain Christoph Blocher deux mois plus tard.

S'il y a bien une chose qui distingue les élus fédéraux des gens normaux, c'est leur absence de scrupules. L'UDC a gagné les élections mais rien n'oblige le nouveau Parlement à en tenir compte. Enfin, la progression de la droite est aussi celle du PLR - un parti qui démontre régulièrement sa soumission à l'Union Européenne et refuse de mettre en œuvre l'initiative du 9 février.

Le chemin est donc encore long, et le triomphalisme n'est pas de mise.

09 octobre 2015

Voter UDC, mais pas n'importe comment!

Voilà un billet qui concerne, pour une fois, presque exclusivement mes compatriotes vaudois.

Comme la plupart d'entre vous j'ai reçu mon matériel électoral pour les élections au Conseil National et le premier tour du Conseil des Etats. Et je ne vous cache pas que l'UDC me semble le seul parti à même de prévenir la déliquescence de plus en plus brutale de notre démocratie directe pendant les quatre ans à venir.

Ce qui ne m'empêchera pas de faire preuve de discernement lors du scrutin.

Les rouages d'une élection

Lorsque l'heure de l'élection arrive, la plupart des citoyens se contentent de découper les feuillets correspondant à leur humeur politique, les mettent dans l'enveloppe de vote, et l'affaire est réglée. Cette façon de faire est tout à fait honorable - surtout face à la proportion hallucinante de Suisses qui ne se donnent même pas la peine de voter.

Cependant, il existe un moyen beaucoup plus puissant d'influer sur le résultat d'une élection comme celle du 18 octobre: jouer sur les possibilités offertes au citoyen de doubler, panacher, biffer les candidats sur les listes.

Pourquoi?

Une élection à la proportionnelle se joue en deux temps. D'abord, on détermine le nombre de sièges auxquels la liste peut prétendre. Ainsi, à moins que les Vaudois ne se réveillent sérieusement - ne pêchons pas par excès d'optimisme! - l'UDC vaudoise récoltera quatre sièges.

Ensuite, on détermine qui dans la liste en question a droit à ces sièges: tout simplement les quatre candidats de la liste qui auront réuni le plus de suffrages sur leur nom propre.

Toutes choses étant égales, le résultat de la liste est simplement l'ordre dans lequel les noms apparaissent. Pour l'UDC vaudoise, ce sont d'abord les élus sortants, puis les candidats au Conseil des Etats qui sont aussi sur la liste pour le Conseil National, et enfin les autres candidats, selon le plébiscite obtenu lors du congrès où ils ont été choisis par les délégués.

La plupart des électeurs, on l'a dit, ne s'embarrassent pas de manières et mettront la liste imprimée dans leur enveloppe. On dit qu'ils votent "bloc" ou "compact". Et c'est pour cela que la liste modifiée est un outil si puissant pour influer sur la sélection des élus: il suffit parfois d'une poignée de voix pour faire la différence au sein d'une liste entre celui qui sera envoyé à Berne et celui qui restera sur le quai!

Comment je voterai au Conseil National

Je suis membre de l'UDC vaudoise depuis 2007. J'ai donc eu l'occasion de côtoyer la plupart des ténors du parti lors d'innombrables congrès, élections de présidence, lancements de campagnes, et ainsi de suite, et de me faire une idée. L'UDC étant un parti vaste et ouvert, de nombreux courants s'y retrouvent ; des libéraux, des gens plus conservateurs, voire carrément quelques bons gros collectivistes qui ne dépareilleraient pas s'ils s'étaient plutôt inscrits chez les socialistes!

Il faut donc faire preuve de discernement. Nous ne voudrions pas qu'une nouvelle Evelyne Widmer-Schlumpf émerge cette fois-ci des rangs de l'UDC vaudoise, n'est-ce pas?

Selon moi, quatre personnalités sortent du lot sur la liste n°14 - UDC Vaud:

  • Michaël Buffat. En plus d'être dans la ligne de l'UDC fédérale, M. Buffat est un élu expérimenté qui a siégé pendant plusieurs législatures au Grand Conseil vaudois dont il préside actuellement la Commission des Finances. Il assume également le rôle de chef de groupe de la députation UDC. A l'aise dans un parlement, il dispose de l'entregent nécessaire pour arracher des majorités sur les sujets sensibles sans avoir à transiger sur ses valeurs. Sa réputation au sein de l'UDC vaudoise l'a amené à être également choisi comme candidat pour le Conseil des Etats.
  • Claude-Alain Voiblet, qu'on ne présente plus, est sans doute le candidat qui mérite plus que tout autre d'aller à Berne. Ancien secrétaire général et président du parti, candidat de la droite au Conseil d'Etat vaudois, le dynamique leader de la section lausannoise de l'UDC est directement responsable de la croissance incroyable du parti en milieu urbain ces dernières années. Bourreau de travail, Claude-Alain est à l'aise dans les débats et dispose d'appuis solides dans les instances de l'UDC suisse.
  • Catherine Buchet Bulliard est une élue communale expérimentée qui œuvre aujourd'hui à Montreux après avoir siégé à Genève à une époque plus ancienne. Dotée d'un solide bon sens et d'une position en phase avec les miennes, elle garde d'excellents contacts avec le PLR. J'ai eu l'honneur de beaucoup apprendre des rouages de la politique communale grâce à elle.
  • Fabien Deillon, enfin, est le président de la section communale de Prilly et un analyste d'une grande finesse de la situation politique à tous les niveaux. Ancien président du Conseil Communal de Prilly, membre du Comité Central de l'UDC Vaud, il préside la section UDC du district de l'Ouest Lausannois qu'il a contribué à fonder, tout comme sa section communale d'ailleurs.

Je ne me fais pas trop d'inquiétude pour la reconduction de nos deux Conseillers nationaux sortants, mais le choix est plus ouvert sur les places qui restent à prendre ensuite. Selon moi, ces quatre personnalités sont celles qui réunissent les meilleures chances d'aller à Berne tout en défendant des valeurs proches des miennes, régulièrement présentées sur ce blog.

Mon bulletin de vote devrait donc ressembler à cela (il faut l'écrire à la main!):

élections du 18 octobre 2015,udc
(cliquez pour agrandir)

Utiliser la liste vierge en dernière page du livret est sans doute plus commode que de massacrer la liste 14 avec ratures et retouches. En inscrivant "14 - UDC Vaud" en tête de bulletin, vous vous assurez de donner votre voix à la liste UDC du canton. Elle aura donc autant de sièges ainsi qu'avec le bulletin imprimé. Ensuite, les noms inscrits permettent de donner deux voix à chaque candidat - le maximum - pour le faire remonter dans le classement de la liste.

Bien entendu, vous êtes libre de faire comme vous voulez. J'aurais bien volontiers rajouté quelques noms à cette liste, comme Dylan Karlen, Arthur Petit ou Yohan Ziehli des Jeunes UDC Vaud, au risque de rendre l'exercice indigeste ; et j'avoue humblement ne pas connaître tous les joyaux cachés au sein des quatorze autres candidats de l'UDC cantonale. L'un dans l'autre, je préfère me limiter aux candidats dont je suis vraiment sûrs.

Et pour le Conseil des États?

L'élection pour le Conseil des Etats est à la fois beaucoup plus simple et beaucoup moins favorable à l'UDC, quoi qu'on ne puisse jamais exclure un accident heureux.

Là où l'élection au Conseil National est un scrutin de listes, l'élection aux États est un scrutin nominal à deux tours - on vote pour des personnes, peu importe l'étiquette sous laquelle elles apparaissent dans le livret électoral. Et on ne peut pas cumuler!

Je ne saurais établir de stratégie pour cette élection. Je voterai donc selon mes sentiments, à savoir:

  • Michaël Buffat.

Et personne d'autre!

Je ne soutiendrai pas Mme Fabienne Despot pour des raisons expliquées ici (et je la bifferais volontiers de la liste UDC au Conseil National si j'utilisais la liste imprimée!) simplement parce que non seulement j'estime son comportement indigne d'une candidate UDC mais également parce que je ne me reconnais pas davantage dans certaines de ses convictions politiques, ce qui est tout aussi grave.

On objectera que Mme Despot a été reconduite en tant que candidate par le Congrès du parti - manquant de courage, certes - et je le concède volontiers. Il n'en reste pas moins que le vote est une affaire personnelle entre le citoyen et les élus qui le représenteront. Donc, désolé de causer du chagrin aux plus hautes autorités cantonales de ma famille politique, on ne trouvera nulle trace de Fabienne Despot dans mon enveloppe de vote.

Vous ne me verrez pas davantage soutenir M. Olivier Français du PLR au nom de la Droite ou, tout au moins, du Centre-Droit. Il a peut-être ses chances, mais j'ai assez de mémoire pour me souvenir que M. Français a été amené à la Municipalité de Lausanne grâce à une alliance électorale de droite (dont l'UDC) et qu'une fois élu il n'a eu de cesse de cracher sur ce parti et ses électeurs, une attitude méprisable que je ne peux décemment cautionner. Lorsqu'on accepte d'être soutenu par une coalition, il faut assumer un minimum de respect vis-à-vis de la pluralité de la base électorale à laquelle on doit son poste.

M. Français se passera donc de mon suffrage.

Le soir du 18 octobre, il sera trop tard pour se plaindre

Je ne suis pas candidat. Je n'ai aucun autre intérêt dans ces élections que de voir avancer - fort modestement - les valeurs qui me sont chères, à travers des gens que je crois capables de les défendre.

Tout ceci a l'air d'une sorte de jeu et il y a sans doute matière à me critiquer, en me voyant ainsi vous "conseiller" de voter ceci ou cela. Ne vous privez pas de vous moquer! Rappelez-vous juste que derrière, les enjeux sont terriblement importants.

Voilà pourquoi, cher lecteur, il est temps de prendre l'enveloppe de vote qui traîne quelque part sur votre commode et de vous atteler sérieusement à votre responsabilité de citoyen.

05 octobre 2015

La dernière élection

Discutant avec un candidat UDC au Conseil National, je lui fit part d'une évaluation du contexte de ces élections qui le laissa quelque peu interdit. Voilà une version remaniée de cette conversation:

- Je suis un peu lassé de ces campagnes... Pour le pire ou le meilleur, les élections d'octobre 2015 seront les dernières.

- Ah bon? On change de régime? Personne ne m'a mis au courant!

- Oui, tu peux rigoler. Disons, il y aura encore bien d'autres votes, mais ils ne compteront plus. Ne nous voilons pas la face, c'est maintenant, cet octobre, que l'avenir du pays se joue.

- Pourquoi?

- L'UE dérive dans l'autoritarisme, la crise financière s'étend, les monnaies-papier s'affrontent, les droits du peuple suisse sont niés, les hordes de migrants envahissent l'Europe... Tu vois le tableau?

- On a connu mieux, je te l'accorde. Mais je ne vois toujours pas pourquoi l'horloge s'arrêterait le 18 octobre.

- Aiguillage plutôt qu'horloge. Au train où vont les choses, je pense que c'est notre dernière chance d'échapper à la catastrophe. Et c'est loin d'être gagné. Les gens qu'on va envoyer à Berne vont gouverner la Suisse pendant quatre ans. A la vitesse où tout se désagrège, c'est absolument colossal. Regarde ce qui s'est passé rien que depuis le début de l'année, entre la faillite grecque et la crise des migrants! Alors ensuite, essaye d'imaginer ce que sera le monde en 2019!

- Difficile de ne pas être pessimiste...

- Comme tu dis. Et donc à moins que les gens ne se réveillent très vite, on va continuer sur la lancée du Parlement actuel. Un petit pourcent en plus par ici, deux petits pourcents en moins par là, c'est grotesque. Rien ne va changer. La bande d'idéologues gauchistes, de comploteurs de couloir, de petits roquets ambitieux et autres professionnels du serrage de mains qu'on enverra à la capitale seront les gens sur lesquels il faudra compter pour éviter le chaos.

- C'est pas gagné en effet.

- Pour le moins. Les sondages sont affligeants d'immobilisme. En reconduisant peu ou prou le même parlement aux affaires, on ne va rien éviter du tout. Tu vois un Christophe Darbellay faire preuve de courage politique? Une Isabelle Moret oser tenir tête à l'UE? Une Ada Marra défendre les intérêts du peuple suisse? On plongera dans les ennuis la tête la première.

Coup d’œil dans le rétroviseur

élections du 18 octobre 2015,udcCela fait une quinzaine d'années que je m'intéresse à la politique helvétique. Après l'enthousiasme de la découverte vint le temps des désillusions. J'ai assisté à la dérive soigneusement orchestrée de la Suisse vers l'Union Européenne, sa soumission légale à des juges étrangers amenée par les directives de l'ONU ou les verdicts de la CEDH, des tribunaux hors-sol cassant par leurs verdicts les décisions du Tribunal Fédéral et jusqu'à des dispositions constitutionnelles sans que personne ne bronche.

J'ai vu les frontières disparaître et la criminalité exploser avant que les gens ne se claquemurent et que les politiciens ne commencent, comme partout ailleurs, à manipuler les statistiques et transmettre leurs directives pour répandre le message que tout allait bien.

J'ai vu disparaître le secret bancaire et son corollaire, la relation de courtoisie qui existait entre l'administration fiscale et le citoyen-contribuable. J'ai vu la démocratie directe foulée au pied par des politiciens élus par ce même peuple. J'ai vu les centres-villes transformés en zones du Tiers-monde, l'aide sociale érigée en mode de vie sans honte ni limite, la justice vidée de toute notion de punition et bien d'autres choses encore.

Et surtout j'ai vu, effaré, la plupart des Suisses se moquer complètement de la façon dont la classe politique gérait le pays et ce bien que leur situation personnelle empire régulièrement.

Oh, il y a bien quelques petites irritations de temps à autres, comme lors de l'annonce rituelle de la hausse des primes d'assurance-maladie liées à la LAMal socialiste, ou lors d'un scrutin emporté de justesse à l'occasion de quelque votation. Mais ces échauffements sont de courte durée. Rapidement circonscrits par des médias compétents dans l'abrutissement de l'opinion, les discussions s'enlisent assez vite dans un débat stérile le temps que le flot de l'actualité n'amène un nouveau sujet sur la table.

La dernière piqûre de rappel, la crise des migrants

Toujours grand visionnaire, le PS pensait que la campagne des fédérales 2015 porterait sur le système des retraites. Nous aurons bien d'autres chats à fouetter avant - le thème de l'immigration s'impose, de toute évidence. Mais pas pour les élus sortants à Berne.

élections du 18 octobre 2015,udcLes Suisses au fait de l'actualité ne peuvent être qu'effarés par les gages de soumission que le gouvernement donne quotidiennement à l'Union Européenne, dont sa volonté d'imposer des quotas d'immigrés illégaux même à la Suisse. Le vote du 9 février est ouvertement évacué dans les poubelles de l'histoire.

Il serait réducteur de cristalliser cette trahison sur les seules épaules de la présidente de la Confédération, Mme Sommaruga. Hormis l'UDC toute la classe politique est complice, et cela n'a rien d'une exagération. Histoire de dissiper toute illusion à ce sujet, reprenons un commentaire des Observateurs portant sur la session parlementaire extraordinaire convoquée par l'UDC sur l'asile. L’UDC voulait durcir la loi sur l’asile et concrètement, le PLR et le PDC ont voté comme suit main dans la main avec la gauche (ci-dessous un copié-collé des propositions de l’UDC rejetées):

– Non à la proposition d’obliger les requérants d’asile de déposer leurs documents de voyage, leurs papiers d’identité et leurs empreintes digitales.

– Non au droit de participation des communes et des cantons à la planification et à l’autorisation de nouveaux centres d’accueil pour requérants.

– Non à la proposition de gérer les centres d’accueil comme des installations fermées avec un contrôle des sorties.

– Non à la proposition d’installer les requérants d’asile récalcitrants dans des centres fermés.

– Non à la proposition de mettre fin au droit d’asile lorsque la personne concernée n’a plus besoin de protection.

– Non à la proposition d’enlever le statut de réfugié à une personne qui fait des vacances dans son pays d’origine (alors que le PDC l’avait explicitement demandé cet été).

– Non à la proposition de limiter dans le temps l’aide d’urgence aux personnes en séjour illégal pour les pousser à quitter le pays.

– Non à la proposition de couper l’aide d’urgence aux personnes qui ne répondent pas à leurs obligations de participer à la procédure.

– Non à la proposition de décharger plus longuement les cantons et les communes de l’aide sociale accordée aux personnes de l’asile.

– Oui à des avocats gratuits sans condition pour tous les requérants d’asile aux frais des contribuables (alors que le PLR avait refusé cela lors de la procédure de consultation).

– Oui à l’expropriation de particuliers pour permettre l’exploitation de nouveaux centres d’asile, ce qui équivaut à une atteinte massive aux droits fondamentaux.

 
Ceux qui pensent qu'il suffirait de voter "à droite" pour endiguer la vague de l'asile se bercent d'illusions. La gauche plurielle travaille ouvertement au remplacement du peuple suisse. Le PDC a une attitude totalement hypocrite sur le sujet, plaidant le vrai mais votant le faux ; quant au PLR, sa soumission atavique à l'Union Européenne imprègne l'entier de son positionnement politique.

Ma démocratie est plus directe que la tienne

L'UDC est le seul parti à défendre une position claire, ferme et cohérente vis-à-vis des abus dans l'asile et des relations avec l'Union Européenne. Mais ce n'est pas qu'une question de positionnement politique. A l'heure actuelle, l'UDC est tout simplement le seul parti qui permette la survie du système helvétique de démocratie directe.

Les compromissions des autres partis contre les décisions populaires sont si grandes que pas un, je crois, n'osera se poser en défenseur de la démocratie directe. Mais l'UDC n'est pas faite de ce bois-là et nous en avons une preuve récente à travers la loi d'application de l'initiative Weber contre les résidences secondaires. Il aurait été commode pour le Conseil Fédéral et les chambres du Parlement d'enterrer l'initiative en la transposant dans une loi réduite à l'état de coquille vide - les manœuvres avaient d'ailleurs commencé en ce sens. Mais, bien qu'ayant lutté contre le texte, l'UDC et le PLR décidèrent finalement de respecter la volonté populaire. Adrian Amstutz le rappela clairement:

"Le peuple s’est exprimé et notre parti est celui qui le prend le plus au sérieux. C’est lui notre patron et pas le Conseil fédéral!"


Le joli fait d'armes du PLR resta malheureusement orphelin ; le parti a depuis changé son fusil d'épaule sur les décisions populaires gênantes en demandant par exemple un nouveau vote sur l'initiative du 9 février. La démocratie directe oui, mais pas quand elle dérange...

A quoi sert le droit d'initiative s'il n'est suivi d'aucune décision dans les faits? Cette question en soulève une seconde, encore plus cruciale, car mettant le citoyen face à ses responsabilités: quel sens y a-t-il à approuver des initiatives puis à élire des représentants qui refusent de les appliquer?

L'électorat UDC a pour lui le mérite de la cohérence. Mais je ne parviens pas à comprendre les citoyens qui votent pour l'initiative contre l'immigration de masse ou le renvoi des criminels étrangers et soutiennent par ailleurs des formations politiques qui nient la mise en application de ces décisions. Autant presser sur l'accélérateur et débrayer en même temps.

Bien des citoyens helvétiques devraient se poser des questions sur le sens de leur action politique. Ils avaient certes l'excuse de soumettre des initiatives à un Parlement élu en 2011 et dont nous n'avions alors pas mesuré la teneur profondément anti-démocratique. Mais cet octobre, comment justifier la reconduction au pouvoir de tels politiciens ?

Le problème présente une symétrie au niveau de la classe politique elle-même. Les élus fédéraux font, on l'a vu, bien peu de cas des décisions du souverain. Et si la plupart d'entre eux sont remis en selle à Berne malgré leur mépris affiché de la démocratie directe, comment espérer qu'ils prennent jamais en compte les résultats des initiatives?

Le respect des décisions du peuple souverain doit être la vertu cardinale à l'aune de laquelle se mesurent les candidats, avant toute autre considération. Tant que ce ne sera pas le cas, les initiatives approuvées resteront lettre morte et les politiciens continueront de ne pas prendre le peuple au sérieux.

Les gens votent selon d'autres critères, ou par habitude. Voilà comment la démocratie directe agonise sous nos yeux: l'immobilisme électoral l'étrangle petit à petit.

Le 18 octobre en point de mire

Le peuple suisse n'a l'occasion de faire le ménage qu'une fois tous les quatre ans. Mais la plupart du temps, les gens ne s'intéressent pas à la politique. Pas même lors des votations. Le taux de participation est régulièrement catastrophique.

Lorsqu'ils ne se retranchent pas derrière l'excuse risible du manque de temps, les abstentionnistes se contentent habituellement de deux prétextes: "aucun candidat ne me plaît" et "voter ne sert à rien".

S'il pourrait être vrai dans d'autres pays, le premier argument "aucun candidat ne me plaît" est totalement erroné en Suisse. L'offre est pléthorique. De nombreux partis d'extraction récente - PBD, Verts Libéraux, Parti Pirate, MCG - prouvent que le système des partis est vivant, en particulier lorsque les élections se déroulent selon le système proportionnel. N'importe quel citoyen peut fonder sa propre formation politique ou intégrer un parti existant, et à chaque élection les jeux sont particulièrement ouverts avec de nombreux nouveaux candidats issus de la société civile. Encore faut-il prendre le temps de les découvrir.

Le second, "voter ne sert à rien", est non seulement faux mais encore plus grave: il correspond à l'abdication du citoyen alors même qu'il est au centre du système politique helvétique. Cet abandon est une erreur consternante. Nous sommes tous dans le même bateau. Même les plus désabusés et cyniques des Suisses se prendront de plein fouet, ou leurs familles, ou leurs descendants, les conséquences des choix qu'ils laissent d'autres prendre à leur place.

Si l'argument était déjà fallacieux lors des législatures précédentes, il n'est plus du tout défendable en 2015. Les défis que la Suisse devra relever dans les quatre ans qui viennent sont absolument colossaux et façonneront le destin du pays pour bien davantage que la durée d'une législature. Le futur des relations entre la Suisse et l'UE, la politique migratoire, l'indépendance politique et juridique du pays ne sont que quelques-uns des thèmes qui seront tranchés par le prochain Parlement - chacun d'eux susceptible de mettre un terme au système politique que connaît le pays depuis 1848.

Plus que jamais, le slogan de l'UDC, Rester Libre!, prend tout son sens.

Et peut-être pour la dernière fois.

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27 juillet 2015

Fabienne Despot dans la tourmente

Si quelqu'un avait espéré que le scandale pourrait s'étouffer discrètement, il doit s'en mordre les doigts: depuis la semaine dernière, tous les médias romands ne parlent que de "l'affaire" - le chantage dont l'UDC Vaud est victime à travers un enregistrement pirate d'une réunion privée, enregistrement effectué par nulle autre que... La présidente du parti, Fabienne Despot!

Pas de quiétude estivale pour l'UDC vaudoise. Dans les colonnes de La Liberté, Fabienne Despot avoue "une faute" ; l'affaire est ensuite reprise par La Télé, la RTS, le Matin et le Matin Dimanche - visiblement bien informé au point de citer des extraits de l'enregistrement... Jusqu'à une conférence de presse aujourd'hui à Lausanne.

Mais revenons sur le déroulement de l'affaire.

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Le contexte

En 2014, l'UDC Lausanne est sujette à des dissensions internes, la faute à une coterie de membres en butte contre les décisions de la présidence locale. Parmi les rebelles, un certain Jean-Luc Laurent. L'ambitieuse nouvelle présidente de l'UDC Vaud, Fabienne Despot, tient absolument à impliquer la section cantonale, officiellement à des fins d'arbitrage... Ou comme une excellente occasion d'éliminer d'éventuels rivaux dans l'organigramme du parti.

Or, loin de dévoiler un quelconque scandale, l'enquête effectuée par des conseillers nationaux Pierre-François Veillon et Raymond Clottu donne entièrement raison à la direction de la section lausannoise. Elle a agi dans les règles de l'art. Le document, à usage interne, conclut que face à des positions irréconciliables il serait préférable que les membres contestataires démissionnent d'eux-mêmes plutôt que de faire face à une procédure d'exclusion.

Jean-Luc Laurent claque la porte de l'UDC.

L'immixtion de la section cantonale dans des affaires communales est mal vécue. Elle apparaît aux yeux de beaucoup comme une ingérence. Philipp Stauber, chef du groupe UDC au conseil communal de Lausanne et membre du comité central de l'UDC suisse, publie une lettre ouverte incendiaire dans laquelle il accuse la présidente de se conduire comme le personnage de bande dessinée Iznogoud et de mener le parti dans le mur. En conclusion, il l'invite à cesser ses manipulations.

Piquée au vif, la présidente refuse de laisser passer l'affront. En avril 2014, elle convoque M. Stauber dans une "réunion de conciliation" de la Direction exécutive de l'UDC vaudoise, soit MM. Michaël Buffat, Jean-François Thuillard, Kevin Grangier, et Mmes Fabienne Despot et Monika Commissione. En attendant M. Stauber les discussions s'enchaînent entre les cinq personnes assises autour de la table, évoquant les potins du parti et l'actualité. Pas un ne se doute qu'il est enregistré à son insu, sauf, bien sûr, l'instigatrice de la manœuvre.

La présidente a apporté du matériel professionnel prêté par son compagnon de l'époque, Fred Reichenbach, détective de son état, pour enregistrer la séance. D'après les dires de Mme Despot aujourd'hui, il s'agissait avant tout de "se défendre" pour éviter que ses propos ne soient "mal interprétés", sans qu'on sache très bien par qui et comment. Difficile d'écarter l'impression persistante que l'objectif était bel et bien de piéger M. Stauber... Et lorsque Mme Despot explique qu'elle ignorait qu'enregistrer des tiers sans leur consentement était illégal, on reste pantois!

Toujours est-il que l'opération fait chou blanc. M. Stauber ne se rendra pas au rendez-vous piégé. La réunion est ajournée. L'enregistrement est stoppé après 32 minutes de prise de son. N'ayant pas pu enregistrer les déclarations compromettantes qu'elle espérait, Fabienne Despot rend le matériel à son compagnon "avec instruction d'effacer le contenu", affirme-t-elle. Fin de l'histoire, en apparence...

Un enregistrement clandestin dans la nature

Mme Despot et son compagnon se séparent en mai 2014. L'enregistrement ne sera pas perdu pour tout le monde. On ne connaît pas le cheminement du fichier - l'enquête l'expliquera peut-être - mais il refait surface entre les mains de Jean-Luc Laurent, devenu dans l'intervalle candidat PBD au Conseil National. Et il a bien l'intention de s'en servir.

M. Laurent n'est pas resté en bons termes avec l'UDC. Un point en particulier lui reste en travers de la gorge: le rapport des conseillers nationaux sur les divergences au sein de l'UDC lausannoise, qui le mentionne mais qu'il ne peut consulter. Il estime qu'il y a là une profonde injustice.

Alors qu'il aurait peut-être été plus simple de tenter de prendre connaissance du document au travers de la Loi sur la Protection des Données, il tente une autre approche - le chantage.

Envoyant un email à Mme Despot le 22 juin, puis, faute de réponse de l'intéressée, à d'autres membres de la Direction exécutive trois jours plus tard, il annonce être en possession de "documents compromettants" sur certains candidats du parti au Conseil National, dont l'enregistrement d'une séance privée. Il exige en échange de son silence de consulter le fameux rapport.

Kevin Grangier, secrétaire général, est invité à juger du sérieux de la menace. Il se rend chez M. Laurent le 9 juillet pour découvrir les fameuses pièces compromettantes que prétend détenir le maître-chanteur, pour reprendre les mots de Mme Despot. Il découvre deux clef USB et trois classeurs - mais ne peut en inspecter le contenu - et le fameux enregistrement.

Ayant obtenu de son hôte le droit de l'enregistrer à son tour sur son propre téléphone portable, M. Grangier écoute le fichier audio en intégralité. Les propos tenus n'ont rien de compromettant, ce sont des discussions d'ordre privé entre des gens qui se connaissent. Mais l'authenticité de l'enregistrement ne fait aucun doute et la présidente admet en être à l'origine.

Gestion de crise

Une réunion ordinaire du comité central a lieu le soir même. La réaction est immédiate: il n'est pas question de céder au chantage, quelles que soient les informations prétendument détenues par M. Laurent. Mais la présidente Fabienne Despot est elle-même gravement mise en cause. Les membres du comité central décident de ne rien faire sans l'avoir entendue s'expliquer en personne, mais elle est en vacances... Un nouveau rendez-vous est agendé au 23 juillet.

Lors de cette nouvelle séance, Fabienne Despot s'explique, avoue sa faute, exprime ses regrets. Elle porte plainte contre son ex-compagnon et contre Jean-Luc Laurent. Michaël Buffat porte également plainte contre ce dernier pour utilisation d’un enregistrement à but de contrainte. Une perquisition a lieu: les dossiers sont creux, les clef USB sont vides. Le chantage n'était qu'un bluff maladroit, le seul document authentique en possession de l'individu étant l'enregistrement effectué par la présidente.

Si l'affaire du chantage se dégonfle, celle de la crise de confiance avec la présidente de l'UDC Vaud reste bien vivace. Les membres du comité central sont face à un dilemme dont ils se passeraient bien. Toutes les alternatives sont mauvaises - en termes d'image, d'organisation, de délais légaux vis-à-vis des élections nationales du 18 octobre. Le dépôt des listes à la chancellerie fédérale est clôt dès la mi-août. Comment tout remettre en question si tard?

Faute de mieux, les membres du comité central, associés aux responsables de la campagne fédérale, décident de renouveler leur confiance à Fabienne Despot. Peut-être espèrent-ils que la pseudo-affaire s'éteigne discrètement... Espoirs naïfs et rapidement contrariés. Quelques jours plus tard, les articles commencent à fleurir dans la presse. Le feu, loin de s'étouffer, reprend de plus belle.

Pour tenter de reprendre le contrôle de la communication dans cette crise, l'UDC Vaud se fend d'une conférence de presse officielle lundi à 10h à l'Hôtel Continental, en face de la gare de Lausanne. L'exercice - difficile - est mené par Fabienne Despot, Jean-François Thuillard au nom du comité central du parti, et Kevin Grangier, secrétaire général et membre du comité de campagne pour les élections fédérales d'octobre.

Pourtant, si la conférence de presse livre des précisions, il n'y a pas vraiment de remise en question des éléments livrés jusqu'ici par les médias.

Comment se sortir du pétrin?

Beaucoup au sein du parti ont dû se poser la question. Il n'y a malheureusement pas de réponse simple, et aucune qui ne laisse l'UDC vaudoise indemne.

Kevin Grangier a eu beau jeu de rappeler que l'UDC suisse avait raison sur toute la ligne - de l'Union Européenne à la sécurité en passant par la politique de l'asile - l'UDC vaudoise s'est bien mise en difficulté toute seule, par les atermoiements de sa présidente et la faiblesse de son comité central.

La campagne pour les élections fédérales d'octobre est compromise. Comment les candidats au Conseil National ou au Conseil des Etats peuvent-ils accepter d'être associés à une colistière qui a enfreint l'article 179 du Code Pénal et serait susceptible d'encourir un an de prison? Personne n'a porté plainte directement contre elle, certes, mais Fabienne Despot pourrait être indirectement mise en cause par les plaintes qui visent Jean-Luc Laurent. On voit mal comment ce dernier pourrait être coupable d'avoir exploité des enregistrements illicites sans que rien ne vienne inquiéter celle qui en est à l'origine. Le volet judiciaire est loin d'être fermé et il nous garantira des rebondissements réguliers, autant de piqûres de rappel désastreuses jusqu'aux élections d'octobre et sans doute au-delà. Mais il n'y a pas que cela.

Comment faire cadrer la faute de Mme Despot avec l'exigence du parti d'aligner uniquement des candidats irréprochables? Comment peut-on d'un côté demander des extraits de casier judiciaire et soumettre les candidatures à l'enquête lorsque de l'autre les mêmes censeurs passent comme chat sur braise sur des violations flagrantes de toute déontologie, de toute confiance entre collègues?

Comment même élire Mme Despot et l'envoyer à Berne? Comment espérer de sa part un comportement sans faille lorsqu'elle prétend encore aujourd'hui que l'enregistrement n'était que pour sa défense et ose affirmer, toute honte bue, qu'elle ignorait agir dans l'illégalité?

Il aurait fallu avoir du courage - le courage de convoquer un congrès extraordinaire, de soumettre la situation au vote de tous les délégués, de laisser la base du parti trancher démocratiquement. A la place, les instances dirigeantes de l'UDC vaudoise ont préféré l'atermoiement optimiste. Et la situation échappe à tout contrôle.

Je suis triste de voir Mme Despot aveuglée par l'ambition au point de ne pas voir que sa carrière politique vient d'exploser en plein vol, manquant d'assez de force de caractère pour prendre la seule décision qui s'impose.

Je suis triste pour les instances dirigeantes de l'UDC vaudoise de ne pas avoir été à la hauteur de l'enjeu face à la crise, d'avoir mal conseillé leur présidente et préféré fermer les yeux sur leur propre règlement électoral de peur d'affronter un conflit.

Je suis triste pour les autres candidats talentueux de l'UDC au Conseil National et au Conseil des États, innocents dans toute cette affaire et quand même salis.

Mais avant tout, je suis triste pour les électeurs vaudois recevant ce pitoyable feuilleton estival en guise de campagne, alors que la Suisse aura bientôt à affronter des enjeux vitaux pour sa survie. Ils méritaient mieux.

Mise à jour (29 juillet): suite à l'ampleur que prend cette affaire l'UDC a - enfin! - décidé de convoquer un congrès extraordinaire, le 13 août, pour décider des suites à donner à la candidature de Mme Despot.

Mise à jour (14 août): le congrès extraordinaire a eu lieu. Contre toute attente, Mme Despot a été confirmée (avec de courtes majorités) dans toutes ses positions: candidate au Conseil National (85 voix contre 57 et 3 blancs), au Conseil des Etats (81 voix contre 60 et 3 abstentions), et présidente du parti (72 voix contre 66, 3 nuls et 2 blancs). Les délégués ont donc décidé d'ignorer leurs propres critères de sélection et de maintenir sur les listes une candidate polémique. Nous verrons donc si les électeurs de feront le tri ou pas, mais au vu des tensions au sein de l'UDC (y compris entre les candidats) l'option choisie par le congrès n'est certainement pas celle qui restaure la sérénité dans la campagne.

18 mars 2015

La dernière initiative

C'est avec une immense tristesse que j'ai découvert dans les médias le lancement de la dernière initiative de l'UDC "pour la primauté du droit suisse" - la dernière du premier parti de Suisse, et peut-être la dernière tout court.

On le savait, le projet couvait depuis quelques temps déjà, alors que Christoph Blocher avait annoncé son retrait du Parlement pour s'adresser directement au peuple souverain, l'organe suprême de la démocratie helvétique. Mais tout semble s'accélérer, en particulier les circonstances qui rendent soudainement ce texte terriblement nécessaire.

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Beaucoup, à commencer par moi, auraient aimé que ce texte ne voie pas le jour, non pas à cause d'un désaccord avec son contenu mais au contraire parce qu'il égrène des évidences. Dans une situation normale, il est difficile de démontrer des évidences. Allez non pas expliquer mais démontrer au sens mathématique la commutativité de l'addition à un jeune enfant! Pas simple.

La Constitution helvétique est issue du peuple suisse. La chose est acquise dès son préambule. Tous les autres organes de l'Etat émanent de cette Constitution et sont donc subordonnés à la collectivité des citoyens qui lui a donné naissance. Viennent donc dans l'ordre de priorité des institutions fédérales le Peuple Suisse, puis le Parlement, puis le Conseil Fédéral - chacun étant aux ordres du précédent.

À Berne, la chose a été oubliée depuis longtemps. Le divorce entre le peuple et les partis politiques remonte sans doute à ce "jour noir" de 1992 où la Suisse refusa les fiançailles avec l'Union Européenne, infligeant un affront cinglant à ses élites. Convaincue de dominer un troupeau d'ânes incapables de comprendre le grand ordre des choses, la classe politique œuvre depuis à contourner, museler et finalement se passer de ces citoyens revêches.

Pendant très longtemps la transformation du régime se fit par petites touches, en toute discrétion: une adhésion par la bande à une organisation supranationale présentée comme de peu de conséquences ; la ratification d'un traité tellement flou qu'on le dote d'une cour de "justice" chargée de définir son contenu, lui garantissant une extension à peu près infinie, peu importe l'éloignement du texte initial ; l'abandon de la convertibilité-or du Franc Suisse, préalable à l'adhésion à l'euro ; des jugements de la Cour Européenne des Droits de l'Homme niant sans contestation les dispositions constitutionnelles fédérales ; la disparition des frontières pour que le territoire suisse ne fasse enfin plus qu'un avec celui de ses nouveaux maîtres.

Longtemps le peuple helvétique fit preuve d'une bienveillance coupable, berné et bercé dans l'idée que ses représentants - jamais mot ne fut plus mal choisi - œuvraient dans le sens de l'intérêt commun. Il y avait bien quelques cahots mineurs lors d'un référendum, mais dans l'ensemble rien de bien grave.

Les choses s'accélérèrent de façon notable au tournant des années 2000 puis ensuite lors de la crise de la dette publique de 2008. Désormais, les avancées se font carrément au grand jour, qu'il s'agisse de l'adhésion de la Suisse à la zone euro à travers les manipulations de la BNS ou de la soumission voulue et assumée de la législation du pays à Bruxelles à travers "l'accord institutionnel" concocté par M. Burkhalter, totalement incompatible avec la démocratie directe - et il le sait très bien!

Par ailleurs et en parallèle le gouvernement n'a jamais été aussi sourd aux cris du peuple qui s'incarnent dans un nombre inégalé d'initiatives acceptées: contre les pédophiles, pour le renvoi des criminels étrangers, contre l'immigration de masse... Mais ces initiatives sont ignorées, perverties, détournées autant que le permet la loi et même au-delà. Il ne s'agit pas d'une évolution progressive face à des opinions qui auraient pu changer depuis le précédent scrutin sur le sujet il y a quinze ou vingt ans. L'objectif avoué est d'ignorer les décisions populaires lorsqu'elles contreviennent à la doxa collectiviste et internationaliste des élites.

Parmi tous les pays du monde, il n'y a probablement qu'en Suisse où le respect du moindre traité international suscite une piété quasiment religieuse. Les autres n'hésitent pas à les dénoncer, à les renégocier, ou à rejeter leur ratification. Même dans les rares cas où l'adhésion à un traité supérieur est établie et attestée, comme dans le cas des États-Membres de l'Union Européenne, cette situation est source d'innombrables débats sur les manœuvres possibles au sein du collège. Chaque pays de l'UE n'hésitera pas et n'hésite d'ailleurs pas à tirer la couverture à lui autant que le permettent les textes ; les autres discutent carrément de leur retrait éventuel de l'Union... C'est, tout simplement, le monde réel.

Rien de tel en Suisse où un respect aveugle, soumis et unilatéral aux traités internationaux semble l'incarnation d'une curieuse naïveté alliée à une bêtise stupéfiante. En fait l'attitude obéit à un objectif intérieur assumé: la soumission à l'international est aussi le meilleur moyen de museler la démocratie directe en réduisant progressivement son champ d'application jusqu'à ce qu'il n'en reste rien.

Minée sans relâche depuis vingt ans, la démocratie directe est si vermoulue qu'elle est à deux doigts de l'effondrement. L'initiative pour la primauté du droit suisse vise à restaurer la charpente. La démarche est louable mais s'apparente aussi à un quitte ou double.

Si le texte est rejeté, alors, il en sera officiellement fini de la démocratie directe. C'est une possibilité bien triste mais tout à fait légale ; la démocratie est ainsi faite qu'elle a le droit de voter son suicide. On continuera à voter certes mais sur des choses triviales, la couleur des volets, les dates des vacances scolaires ; le reste sera décidé à Berne (et Bruxelles, et Strasbourg) sans que personne ne puisse y redire quoi que ce soit. La "démocratie directe" sera réduite à un simulacre plus ou moins folklorique.

Mais si le texte est accepté? Les élites, les médias, le Parlement et le Gouvernement accepteront-ils alors de résilier les traités en conflit avec la Constitution suite à diverses votations passées et futures? Vous avez le droit de le penser ; pour ma part je n'y crois pas une seconde. On expliquera que cela nous mettrait en porte-à-faux avec nos partenaires internationaux et puis que tout cela est bien compliqué, et ensuite on ne fera rien.

L'initiative de l'UDC "pour la primauté du droit suisse" est la dernière initiative pour laquelle voter ait encore un sens - à condition que son adoption soit suivie d'effets. Malheureusement, il est sans doute déjà trop tard. Son refus enterrera pour de bon la démocratie directe, mais son acceptation ne fera probablement rien d'autre que révéler à tous que le coup d’état institutionnel a déjà eu lieu.

Le combat pour la restauration de la démocratie directe ne fait que commencer. Il sera long, incertain et difficile, et demandera bien plus qu'une initiative.