06 octobre 2018

La Cour Suprême américaine à nouveau au complet

Après les mois d'un processus de confirmation dérapant de la plus odieuse manière dans sa dernière ligne droite, aujourd'hui le Sénat américain vient finalement de nommer Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, en remplacement du juge Anthony Kennedy qui a pris sa retraite au 31 juillet.

"Comme si des millions de voix [de gauchistes] avaient soudainement hurlé de terreur et puis s'étaient éteintes aussitôt...comme si un drame terrible s'était produit." ― citation apocryphe d'Obi-Wan Kenobi, Star Wars, "Un Nouvel Espoir"


L'opposition au candidat choisi par Donald Trump alla jusqu'à perturber la tenue du vote en protestant depuis les gradins du Sénat, avant d'être évacuée par la police. La confirmation eut lieu avec un vote de 50 contre 48, soit la plus petite marge d'élection pour un magistrat à la Cour Suprême depuis le XIXe siècle.

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Brett Kavanaugh et sa famille, lors de la nomination du candidat par le Président Trump

Sur le papier les Républicains disposaient d'une majorité de 51 sièges contre 49, mais trois Sénateurs républicains hésitèrent à faire défection jusqu'au dernier moment. La Sénatrice de l'Alaska Lisa Murkowski fut finalement la seule élue républicaine à s'opposer à la nomination du juge, mais choisit de s'abstenir pour compenser l'absence du Sénateur du Montana Steve Daines qui soutenait Kavanaugh et ne put prendre part au vote, ayant quitté la capitale de Washington le vendredi pour retourner dans son État et assister au mariage de sa fille.

Brett Kavanaugh obtint même une voix démocrate, celle du Sénateur Joe Manchin de Virginie Occidentale.

Les médias se lamentent bien entendu sur l'élection du juge, mais il s'agit d'une victoire majeure pour Donald Trump et surtout pour le Constitutionnalisme aux États-Unis. La majorité à la Cour Suprême est désormais portée par cinq juges qui souhaitent appliquer la Constitution des États-Unis, contre quatre juges "progressistes", dont deux nommés par Obama, pour lesquels la Constitution américaine n'est qu'un vieux texte de loi qui ne doit surtout pas entraver l'action du gouvernement, spécialement s'il est de gauche.

Depuis des années, la Cour Suprême oscillait entre l'application et la non-application de la Constitution, en particulier à cause du juge Kennedy (que Kavanaugh remplace) et dont l'opinion variait selon les sujets. Selon de nombreux observateurs médiatiques, la plupart consternés évidemment, l'élection de Kavanaugh ancre l'institution dans son rôle traditionnel pour au moins dix ans.

L'élection du juge a bien sûr d'autres conséquences. Elle montre que les Républicains ont osé résister au terrorisme idéologique lancé par la gauche américaine pour détruire la réputation et la vie d'un homme qui a juste eu le malheur d'accepter de vouloir servir son pays.

Dans les dernières heures avant le scrutin, un avocat de gauche américain, Michael Avenatti, alla jusqu'à accuser Kavanaugh d'avoir organisé un réseau de viols collectifs alors qu'il était au lycée. Alors que les accusations proférées par Christine Blasey Ford - toujours pas corroborées à ce jour - pouvaient sembler crédibles et susciter un certain doute au sein de l'opinion publique, le camp démocrate martela de nouvelles accusations de plus en plus hystériques dans l'espoir que le cumul de diffamation permettrait de faire échouer sa nomination.

Rappelons une fois encore que Brett Kavanaugh fut mis sous enquête six fois lorsqu'il accéda à ses différents postes de juge, et encore une septième fois cette semaine lorsque les Démocrates réussirent à arracher cette demande à la Commission du Sénat charger d'examiner sa candidature. Trump ironisa en disant que toutes les enquêtes du monde ne pourront suffire aux Démocrates tant qu'aucune ne prouvera ce qu'ils veulent, et il est difficile de lui donner tort.

Aujourd'hui, la défaite des Démocrates est totale et face à leur échec ils commencent à s'accuser entre eux. Si la justice américaine fait son travail, il se pourrait que certaines personnes soient poursuivies pour parjure et fausses déclarations. Si la parole des femmes agressées sexuellement s'est libérée depuis la vague #MeToo, et c'est fort heureux, il faudrait être de la dernière naïveté pour croire qu'aucune d'elle n'oserait jamais mentir à ce sujet - "la fin justifie les moyens" étant inscrit dans l'ADN de la gauche.

Loin des sentencieuses analyses des présentateurs télévisés, le grand public américain est très fâché de ce qui vient de se passer. Les accusations continuelles des Démocrates américains tombent à plat, étant donné qu'il est difficile de prétendre qu'un vote démocratique du Sénat est "fasciste" lorsque donner crédit à des accusations sans preuve et sans procès ne le serait pas.

La présomption d'innocence est importante aux États-Unis et le respect de la Constitution encore vivace. L'échec des Démocrates à un mois des élections de mi-mandat présage le pire pour leur camp lors du vote qui se profile en novembre. Mais le plus amusant sera de lire ces prochains jours nos journalistes et éditorialistes s'étrangler pour admettre que Trump vient de gagner une bataille de plus.

30 septembre 2018

Brett Kavanaugh en route pour la confirmation à la Cour Suprême

Vendredi la candidature de Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, présentée par le Président Trump, a été validée par la Commission du Sénat chargée de l'examiner, à onze voix contre dix - les Républicains contre les Démocrates.

Cette journée succédait à celle qui vit Christine Blasey Ford présenter ses accusations d'attouchements sexuels prétendument commises en 1982 par Brett Kavanaugh, et celui-ci de se défendre contre ce qu'il considérait comme d'ignobles attaques calomnieuses.

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Le contexte de ces manœuvres est détaillé dans d'autres billets (voir ici pour les relations troubles de la gauche avec la Constitution et ici pour sa stratégie contre M. Kavanaugh). Comme le résuma un Internaute, "lorsque des Républicains ne souhaitent pas que soit élu un candidat démocrate à la Cour Suprême, ils votent contre lui ; lorsque des Démocrates ne souhaitent pas que soit élu un candidat républicain à la Cour Suprême, ils le détruisent en le faisant passer pour un violeur en série."

Pendant six heures, Christine Blasey Ford présenta des accusations remontant à trente ans avec force incohérences. Elle fut incapable d'amener le moindre élément de preuve matériel, pas même un témoignage attestant qu'elle aurait abordé le sujet de cette agression sexuelle avec quiconque avant la nomination de Kavanaugh. Elle avait certes évoqué une "thérapie de couple" à ce sujet en 2012, mais refusa d'amener les notes de son thérapeute devant la Commission pour le prouver (l'absence du nom de Kavanaugh dans ces documents l'auraient rendu coupable de parjure).

À l'inverse de Stéphane Bussard mentant à ce sujet dans les colonnes du Temps, elle fut incapable d'expliquer qui avait payé pour une séance de détecteur de mensonge pour appuyer sa sincérité - et ce n'est pas le FBI. On sait depuis longtemps que la fiabilité du détecteur de mensonge est bien trop faible pour qu'il soit admis comme preuve dans un procès. Elle affirma que le traumatisme l'avait rendue claustrophobe au point d'être incapable de prendre l'avion, tout en admettant qu'elle avait voyagé en avion à plusieurs reprises - y compris jusqu'à Washington pour témoigner devant la Commission du Sénat.

Sur ce qui eut lieu ou non en 1982, elle fut toujours incapable de dire quand se déroula cette fête, quels étaient les autres invités, comment elle s'y rendit, comment elle en repartit, où elle eut lieu. L'alcool qu'elle dit avoir consommé ce jour-là explique sans doute ces errements, mais pas que comme par hasard la seule chose dont elle soit sûre "à 100%" soit l'identité de celui qui la pelota.

Elle ne donna tout simplement aucun élément nouveau.

Certains observateurs louèrent sa tenue lors de l'audition, d'autres lui reprochèrent des passages visiblement appris par cœur et un langage corporel trahissant sa sincérité. Pour éviter l'effet désastreux d'une foule d'hommes s'en prenant avec agressivité à une femme se présentant comme victime - la redite des auditions de l'accusatrice Anita Hill cherchant à couler la nomination du juge Clarence Thomas en 1991 - les Républicains déléguèrent leur interrogatoire à Rachel Mitchell, une juriste spécialiste dans les questions d'agressions sexuelles.

Le déploiement d'empathie et la douceur des questions de Mme Mitchell troublèrent nombre de Républicains et contribuèrent sans doute à renforcer l'image de victime recherchée par Christine Blasey Ford. Il n'empêche qu'à l'issue du long interrogatoire, Mme Mitchell conclut en disant que face à des propos aussi fragmentaires il n'y aurait pas de quoi ouvrir une enquête dans la vie courante - même pas assez pour obtenir un mandat de perquisition.

Après toute l'attention concentrée sur Christine Blasey Ford, ce fut au tour de Brett Kavanaugh de présenter sa défense. Il commença par une présentation marquante de 45 minutes oscillant entre la colère et les larmes, et se retrouva ensuite sur le grill dans une séance questions-réponses avec les 21 membres de la Commission du Sénat.

"Le passé de ce type a été mis sous enquête six fois par le FBI et aujourd'hui on découvrirait qu'il était carrément un violeur en série lorsqu'il était au lycée? Ce n'est pas sérieux." -- un sénateur républicain


Mais le point d'orgue de ce "contre-interrogatoire" fut la saillie de Lindsay Graham, le sénateur de Caroline du Sud. Longtemps considéré comme modéré, l'élu se lança dans une diatribe pulvérisant les Démocrates en dénonçant la bassesse de leurs manœuvres. Ces quatre minutes furent sans doute les plus marquantes de l'interrogatoire.

Voici une transcription de ce dialogue:

LINDSAY GRAHAM - À 9h23 la nuit du 9 juillet, le jour où vous avez été désigné pour la Cour Suprême par le Président Trump, 23 minutes après l'annonce de votre nomination, le Sénateur Schumer affirma:
"Je vais m'opposer à la nomination du Juge Kavanaugh avec tout ce que j'ai. J'espère qu'une majorité bipartisane fera de même. Les enjeux sont tout simplement trop élevés pour moins que ça."
Eh bien, si vous n'étiez pas au courant de ça vous l'êtes maintenant. Avez-vous rencontré le Sénateur Diane Feinstein le 20 août?

BRETT KAVANAUGH - J'ai rencontré le Sénateur Diane Feinstein...

LINDSAY GRAHAM - (le coupant) Saviez-vous que son équipe avait déjà recommandé un juriste au Dr. Ford?

BRETT KAVANAUGH - Je ne le savais pas.

LINDSAY GRAHAM - Saviez-vous qu'elle et son équipe disposaient de ces allégations depuis plus de 20 jours?

BRETT KAVANAUGH - Je ne le savais pas à l'époque.

LINDSAY GRAHAM - (Se tournant vers les Démocrates) Si vous vouliez une enquête du FBI, vous auriez pu venir nous voir. Ce que vous voulez c'est détruire la vie de cet homme, garder le siège vide, et espérer gagner en 2020. Vous l'avez dit! Pas moi!
(Au Juge Kavanaugh) Vous n'avez à vous excuser de rien. Quand vous verrez Sotomayor et Kagan [Deux juges de la Cour Suprême nommés par Obama, NdT] dites-leur que Lindsay leur passe le bonjour. Parce que j'ai voté pour eux.
(Pointant les Démocrates) Je ne leur aurai jamais fait ce que vous êtes en train de faire à cet homme. Voilà la mascarade la plus dénuée d'éthique que je vois depuis que je suis en politique. Et si vous aviez vraiment voulu savoir la vérité, vous n'auriez jamais fait ce que vous avez fait à cet homme.
(Au Juge Kavanaugh, formellement.) Êtes-vous un violeur en réunion?

BRETT KAVANAUGH - Non.

LINDSAY GRAHAM - (Après un silence, écœuré). Je ne peux pas imaginer à travers quoi vous êtes passés, votre famille et vous.
(Aux Démocrates) Vous voulez tous le pouvoir, j'espère devant Dieu que vous ne l'aurez jamais. J'espère que le Peuple Américain pourra voir à travers cette mascarade que vous saviez [au sujet des allégations du Dr. Ford] et que vous les avez mises de côté. Vous n'avez jamais eu la moindre intention de "protéger le Dr. Ford". Aucune.
(Au Juge Kavanaugh) Elle est autant une victime que vous. Dieu qu'il m'est pénible de dire cela, parce que ces gens ont été mes amis. Mais laissez-moi vous dire que quand on en vient à ceci... Vous étiez en quête d'une investiture honnête... Vous êtes venu dans la mauvaise ville, à la mauvaise époque, mon ami. Considérez-vous ceci comme un entretien d'embauche?

BRETT KAVANAUGH - Le rôle de consentement et d'avis de...

LINDSAY GRAHAM - Considérez-vous ceci comme un entretien d'embauche?

BRETT KAVANAUGH - J'ai été à travers un processus d'avis et de consentement selon la Constitution...

LINDSAY GRAHAM - Diriez-vous que vous avez traversé l'enfer?

BRETT KAVANAUGH - J'ai été à travers l'enfer et au-delà.

LINDSAY GRAHAM - Ce n'est pas un entretien d'embauche.

BRETT KAVANAUGH - Correct.

LINDSAY GRAHAM - C'est l'enfer.

BRETT KAVANAUGH - Oui...

LINDSAY GRAHAM - Cela va détruire toute envie auprès des honnêtes gens de se porter volontaires, à cause de cette merde. Votre livre de fin d'année de lycée! Vous avez interagi avec des femmes sur le plan professionnel tout au long de votre vie, pas une seule accusation. Vous êtes sensé être "Bill Cosby" quand vous êtes étudiant et lycéen et soudainement tout cela cesse. Selon ma compréhension, si quelqu'un drogue des femmes et les viole pendant deux années au lycée, il ne s'arrête probablement pas. Selon ma compréhension, si vous avez mené une vie saine les gens vous en sont reconnaissants, comme l'Association Américaine du Barreau, l'étalon-or:
"Son intégrité est absolument incontestable, il est très attentif quant à sa conduite personnelle, ne prête le flanc à aucun biais ni préjugé, il est entièrement fidèle à l'éthique, il est une personne vraiment respectable, il est accueillant, amical, modeste, il est la personne la plus aimable."
Si je peux vous dire une chose, c'est que vous devriez être fier d'Ashley. Vous devriez être fier d'elle, de ce que vous avez éduqué une fille qui a le bon caractère de prier pour le Dr. Ford.
À mes collègues républicains: si vous votez Non, vous donnez légitimité à la plus détestable chose que j'aie vue pendant mon temps passé en politique.
(Aux Démocrates) Vous voulez ce siège? J'espère que vous ne l'aurez jamais.
(Au Juge Kavanaugh) J'espère que vous serez à la Cour Suprême. C'est exactement là où vous devriez être. Et j'espère que le Peuple Américain verra à travers cette mascarade. Et je vous souhaite tout de bon, et j'ai l'intention de voter pour vous, et j'espère que tous ceux avec un esprit juste feront de même.

27 septembre 2018

Brett Kavanaugh, prédateur sexuel: plus c'est gros plus ça passe

Pour écarter un candidat gênant, les accusations d'agression sexuelles sont terriblement efficaces - parce qu'il n'y a même pas besoin de prouver quoi que ce soit.

Roy Moore

Fin 2017, le candidat républicain Roy Moore put s'en rendre compte lors de sa campagne en Alabama: dans la dernière ligne droite, un mois avant l'élection, jusqu'à neuf femmes lancèrent des accusations sur sa conduite supposée des décennies plus tôt - de 1970 à 1991. Lisons ce qu'en dit la RTS:

La femme, alors âgée de 28 ans, était venue le voir pour une affaire de garde d'enfant. En la raccompagnant à la porte, il lui a mis une main aux fesses. "Il ne les a pas pincées. Il les a attrapées", a-t-elle raconté.

Son témoignage s'ajoute à ceux de plusieurs femmes ayant côtoyé Roy Moore à partir de la fin des années 1970 dans l'Alabama, et qui ont rapporté des faits allant de baisers à des agressions sexuelles et attouchements, pour deux d'entre elles, la plus jeune étant alors âgée de 14 ans.


Roy Moore, s'estimant victime d'une cabale, refusa de se retirer de l'élection. Mais le doute s'empara d'une partie des électeurs, un nombre suffisant pour faire pencher la balance. Le candidat fut battu, sur le fil, par son adversaire démocrate. Après cet épisode, ces affaires disparurent de la vie publique, mais ne donnèrent lieu à aucune condamnation.

Roy Moore pourrait avoir été trente ans plus tôt un prédateur sexuel. Il pourrait aussi avoir été injustement traîné dans la boue à travers une machination montée par des adversaires politiques ne reculant devant aucune ignominie. Et dans ce dernier cas, le modus operandi serait tout trouvé: des "révélations spontanées" lâchées avec un timing impeccable, un mois avant l'échéance.

Christine Blasey Ford

Que Roy Moore soit républicain, que les faits qui lui soient reprochés remontent au minimum à plusieurs décennies, que les accusatrices aient des liens avec les Démocrates et n'aient amené avec elles aucune preuve n'est certainement qu'une coïncidence avec le cas qui nous préoccupe.

Toujours est-il qu'en septembre 2018, un mois avant l'élection pour sa nomination à la Cour Suprême, Brett Kavanaugh fut lui aussi la cible de "révélations" quant à son passé. Le calendrier étant serré, la dénonciation anonyme fut rapidement dévoilée comme celle de Christine Blasey Ford, accusant le juriste de 53 ans de l'avoir pelotée lorsque les deux étaient encore lycéens et mineurs.

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Christine Blasey Ford et Brett Kavanaugh, image illustrant les articles de nombreux médias francophones. La juxtaposition du portrait posé d'une jeune femme souriante d'une vingtaine d'années et de la photo peu flatteuse d'un homme dans la cinquantaine et les yeux dans le vague est délibérée. Elle renforce l'identification du public avec la supposée victime et sous-entend une perversion liée à l'âge - alors que les protagonistes étaient tous deux mineurs au moment des faits allégués.

Les médias se jetèrent avec appétit sur l'affaire, susceptible de faire dérailler la nomination du juge juste avant les élections de mi-mandat prévues pour début octobre. Sans doute trop empressé d'informer le grand public, ils omirent ou passèrent comme chat sur braise sur un certain nombre de faits:

  • Trente-cinq ans plus tard, Christine Blasey Ford ne se rappelle pas le lieu de la "fête" où les attouchements eurent lieu. Elle ne se rappelle pas la date des événements. L'individu qu'elle cita comme témoin de la scène démentit catégoriquement ses propos, ainsi que la présence de M. Kavanaugh. Elle affirma qu'elle était alcoolisée au moment des faits. La seule chose dont elle semble se rappeler absolument est l'identité de son agresseur.
  • Christine Blasey Ford est une donatrice du Parti Démocrate et engagée à gauche.
  • Christine Blasey Ford enseigne la psychologie des Affaires sociales à l'université de Palo Alto. Mal notée par ses élèves, elle dispose néanmoins de toutes les compétences professionnelles pour s'adonner à une stratégie de manipulation.
  • Et elle s’est entourée de trois avocats travaillant depuis des mois à empêcher la nomination de Kavanaugh par tous les moyens, et selon toute apparence payés par George Soros.
  • Christine Blasey Ford prétend avoir entamé une "thérapie de couple" en 2012 pour se remettre de cette agression. Malheureusement, aucune preuve remontant à cette période ne permet d'étayer cette affirmation.
  • Christine Blasey Ford écrivit une lettre en juillet parlant d'une agression subie par elle trente-six ans plus tôt. Cette lettre fut envoyée à deux élues démocrates, dont la sénatrice de Californie Dianne Feinstein. Pendant un mois, Dianne Feinstein ne dit rien de cette accusation pendant l'examen de la candidature de Brett Kavanaugh. Elle n'en dit pas davantage lors d'un entretien d'une heure seule à seul avec Brett Kavanaugh. L'idée qu'elle ait gardé cette accusation dans la manche pour des questions de calendrier est évidemment pure spéculation.
  • Christine Blasey Ford prétend que depuis que son nom a été révélé elle "vit un enfer" et que des menaces de mort ont été proférées contre elles. Cependant, il n'existe aucune trace de ces menaces, et personne ne semble avoir été inquiété pour les avoir proférées.
  • Christine Blasey Ford ne porta pas plainte, ne se fit pas examiner par un médecin, ne relata pas cet événement dans un journal intime, ne le raconta ni à ses parents ni à aucun proche ou ami capable de corroborer cet épisode aujourd'hui.

On pourrait encore continuer longtemps sur l'histoire de Mme Blasey Ford et son exploitation par les Démocrates dans la nomination de M. Kavanaugh. Pour "témoigner" devant une commission du Sénat, la femme fit état d'une liste de demandes relatées par Guy Millière:

Christine Blasey Ford a demandé à ne pas aller à Washington : les gens du Sénat ont proposé de venir chez elle en Californie, ou dans un bâtiment officiel californien proche. Elle a dit ensuite que, finalement, elle viendrait à Washington. Mais trois fois de suite, la date ne lui a pas convenu. Puis après avoir accepté une date, elle a dit qu’elle ne pouvait venir en avion ou en train car elle ne supportait plus les espaces fermés depuis “l’agression” il y a trente-six ans. Elle s’est rendue à Hawaii récemment, et ne semble s’y être rendue ni en bateau ni en planche à voile. Elle a décidé de venir en voiture, mais a demandé à disposer d’une voiture plus confortable que la sienne, et a dû prendre le temps de la choisir. Elle a dû ensuite choisir la robe adéquate pour aller à Washington, et cela a pris du temps supplémentaire.


Elle formula également l'exigence de ne jamais se retrouver dans la même pièce que son prétendu agresseur, de parler en dernier, de connaître à l'avance les questions qui lui seraient posées, de ne témoigner qu'à l'issue d'une "enquête approfondie du FBI" - requête qui lui fut refusée...

Depuis, les "révélations" se succèdent - avec notamment deux nouvelles accusatrices et même une troisième pour l'instant, chacune venant avec des descriptions plus glauques les unes que les autres, laissant planer le doute sur l'absence de témoins, de plaintes, de preuves matérielles, évoquant à chaque fois des fêtes très alcoolisées mais pointant le candidat avec une certitude absolue. Les dénégations de M. Kavanaugh affirmant qu'il ne perdit sa virginité que vers vingt-cinq ans ne semblent guère entrer en ligne de compte, pas plus que le témoignage de 35 femmes avec qui il avait travaillé ou eu une relation, qui affirmèrent qu'il s'était toujours comporté en parfait gentleman.

Brett Kavanaugh, 53 ans, a été au service d'une carrière impeccable dans la magistrature. Il a été conseiller juridique de l'ancien président républicain George W. Bush. À chacune de ses six promotions, sa carrière d'adulte a été passée au peigne fin par le FBI, sans que rien ne soit découvert. Quant à Roy Moore, il avait lui aussi gravi les échelons jusqu'à être juge constitutionnel dans la Cour Suprême de l'Alabama, et soumis à pareilles vérifications.

L'avocat du diable?

Ne soyons pas aveuglés par les manœuvres dilatoires des Démocrates américains pour retarder l'élection d'un juge à la Cour Suprême. Il existe une possibilité non nulle que M. Kavanaugh soit effectivement un prédateur sexuel, ou l'ait été à la fin de son adolescence trente-cinq ans plus tôt, déclenchant une vague de dénonciations tardives.

Nous savons que cette possibilité existe parce que de nombreux exemples montrent les liens entre les positions d'influence et la perversité sexuelle - de Yannick Buttet à Harvey Weinstein ou Tariq Ramadan en passant par le plus ambitieux d'entre tous, Dominique Strauss-Kahn. Le destin tient à peu de choses: il s'en fallut de quelques minutes pour que l'avion de ce dernier ne décolle de New-York et le préserve du scandale de sa relation sexuelle imposée à une femme de chambre d'un hôtel de la Grande Pomme. Selon toute vraisemblance, il serait devenu Président de la République Française à la place de M. Hollande.

Dans ces conditions, pourquoi ne pas prendre pour argent comptant les femmes accusant Roy Moore ou Brett Kavanaugh? Il n'y a pas de fumée sans feu, n'est-ce pas? Mais le feu de qui, en l'occurrence?

Il y a des différences fondamentales entre les uns et les autres. Dans un cas, les accusatrices ont systématiquement des liens avec les adversaires politiques, dans l'autre elles viennent de tous horizons - y compris du propre camp idéologique du suspect. Mais la différence la plus nette vient de la chronologie des faits reprochés. Tant Roy Moore que Brett Kavanaugh furent mis sur la sellette pour des histoires remontant à trente ans ou plus. C'est comme si les deux pervers sexuels en puissance s'étaient soudainement calmés et assagis dans leur prime jeunesse, avant même que leurs carrières respectives ne décollent.

Il n'est pas invraisemblable que de jeunes hommes trop entreprenants se "rangent" et adoptent après des années d'excès étudiants une vie plus tranquille, mais ce schéma diverge fortement de celui du pervers sexuel qui associe le pouvoir à l'érotisme et profite de sa position pour exercer une pression de plus en plus forte sur ses collègues féminins. Dans ce cas de figure, les excès avancent avec le narcissisme et le degré atteint dans la pyramide sociale. Les exemples cités plus haut - Yannick Buttet, Harvey Weinstein, Tariq Ramadan ou Dominique Strauss-Kahn - continuèrent à imposer leurs pratiques sexuelles à des femmes non consentantes parfois quelques heures avant que le scandale n'éclate.

Corollaire de cette différence, lorsque l'affaire perce enfin les "langues se délient" et les témoignages se multiplient - de toutes époques et de tous horizons idéologiques, comme nous l'avons souligné. Aucun pervers sexuel ne se rajoute des difficultés en choisissant de ne s'en prendre qu'à des adversaires politiques. Et c'est à ce moment-là que le grand public découvre alors qu'en réalité "tout le monde savait". La perversité de certains était un secret de Polichinelle dans les milieux concernés, en particulier celui des journalistes. Rien de tel ici.

Un inquiétant virage

Nommé en 1991, le juge Clarence Thomas fut le premier à être accusé d'agression sexuelle juste au moment de sa nomination. Encore un Républicain, encore une accusatrice démocrate, encore un timing parfait. Sa réponse reste dans les mémoires. Les Démocrates comprirent alors l'intérêt d'amener plusieurs accusatrices.

Nous ne savons pas encore si Brett Kavanaugh sera élu juge de la Cour Suprême ou non, mais cette affaire laissera des traces. Dans la famille du candidat à la Cour Suprême, pour commencer. Dire que Brett Kavanaugh a été traîné dans la boue serait bien en-deçà de la réalité. L'affaire remet aussi en question la présomption d'innocence et l'exercice du droit: il n'y a plus de procès, plus de confrontation contradictoire, plus d'éléments à charge ou à décharge. Il suffit d'une volée d'accusations portant sur des faits invérifiables remontant à plus de trente ans et un individu parfaitement qualifié peut être jeté au rebut sans autre forme de procès.

Les Démocrates se sont lancés dans un pari extrêmement risqué. Quoi qu'affirment les sondages, il n'est pas certain que le citoyen américain se reconnaisse beaucoup dans les élucubrations de Mme Blasey Ford. La manœuvre pourrait ne pas réussir non plus: le vote se déroule au Congrès, entre des politiciens expérimentés, qui ne sont normalement pas aussi influençables que le quidam moyen. La volonté des Démocrates de jouer la montre est par trop évidente.

Que les Démocrates réussissent ou non, la carrière de Brett Kavanaugh sera définitivement entachée, et à travers lui la réputation de la Cour Suprême et la confiance du peuple américain dans ses institutions. Gageons que toutes les prochaines nominations républicaines verront surgir leur lot de "scandales de la onzième heure".

Et si Brett Kavanaugh l'emporte et rejoint finalement la Cour Suprême, espérons pour les Démocrates qu'il soit aussi bon juge qu'il doive l'être, parce qu'il est peu probable qu'il oublie la façon dont il aura été traité lors de sa nomination.

16 septembre 2018

Bonne santé de l'économie américaine: merci Obama?

Le dernier débat économico-politique du moment: la bonne santé de l'économie américaine serait à mettre au crédit du Président sortant, Barack Obama, et non à celle de son Président actuel, Donald Trump. La polémique surgit avec un timing tout à fait judicieux alors que se profilent les élections de mi-mandat.

barack-obama-11530968525cgpqnawypv.pngPour découvrir ce dernier narrative venu d'outre-atlantique, il suffit de lire la presse francophone, laquelle reprend sans retenue les médias américains pourvu qu'ils fussent marqués à gauche. Ainsi, dans Le Devoir, on lit en toute objectivité que Barack Obama, "relativement discret depuis son départ de la Maison-Blanche", est "sorti de sa réserve (...) pour mettre les points sur les i."

Il faut avoir le cœur bien accroché pour lire pareil panégyrique sans s'étrangler. Notez comme le journaliste présente Barack Obama, quelqu'un qui se sent "obligé de réagir" face aux mensonges de Trump. Au nom de la Vérité, le vieux guerrier pétri de sagesse sort bien malgré lui de sa paisible retraite... Retraite dans laquelle, il faut bien le dire, l'ex-président n'est jamais rentré. Et qu'annonce le 44e président des États-Unis depuis l'Illinois?

Barack Obama a d’abord rappelé le contexte : lorsqu’il avait pris ses fonctions en 2009, l’économie américaine perdait 800 000 emplois chaque mois. C’était la crise mondiale, avec des effets inédits depuis la Seconde Guerre mondiale. Donald Trump est, lui, arrivé dans une économie assainie. « Quand j’ai quitté mes fonctions, le revenu des ménages était proche d’un record […] et les salaires augmentaient », a fait valoir Obama. « Quand j’entends combien l’économie se porte bien, je dis : rappelons-nous quand la reprise a commencé. Je suis heureux que cela se poursuive, mais quand on entend parler de miracle économique […], je dois leur rappeler que les chiffres relatifs à l’emploi sont assez proches de ce qu’ils étaient en 2015 et 2016. »


On enchaîne avec les prétendus "experts" qui tentent de donner vie à cette version des faits:

« Il n’y a aucun doute que le crédit est à mettre au compte d’un mélange » des deux présidences, estime Douglas Holtz-Eakin, ancien directeur du Bureau du budget du Congrès. (...)

« Les chiffres montrent clairement que l’expansion a démarré sous le président Obama […] et Trump surfe sur les tendances dont il a hérité », a, de son côté, avancé Jared Bernstein, l’ancien conseiller économique du vice-président d’Obama, Joseph Biden.


Je suis le premier à admettre que Barack Obama accéda à la présidence dans une économie en crise, et dont il ne portait personnellement aucune responsabilité. Son idéologie, en revanche, était largement partie prenante dans le désastre, notamment à cause de l'octroi forcé de crédits immobiliers, pour des raisons raciales ou politiques, à des personnes manifestement insolvables. Et tout cela remonte à dix ans aujourd'hui.

Comme d'habitude, le New York Times est le fer de lance de la réécriture historique du moment, écrivant que "la reprise économique commencée sous Obama est maintenant présentée comme celle de Trump". L'article commence par admettre que sur pratiquement chaque critère mesurable l'économie américaine se porte bien, et passe les 1'400 mots suivants à expliquer que cette embellie n'a rien à voir avec l'agenda économique de Trump.

Que le New York Times présente une opinion politiquement marquée comme une vérité est son droit le plus strict, mais cela n'a rien à voir avec de l'information. Les propres archives du journal sont disponibles et abondantes pour se rappeler, il n'y a pas si longtemps, quelles étaient les perspectives économiques alors que Barack Obama s'apprêtait à transmettre le flambeau de la présidence à son successeur démocrate Hillary Clinton - un travail de vérification dont l'Investor's Business Daily se donne la peine.

La crise des subprimes survint au début du premier des deux mandats de Barack Obama. Il disposa de huit ans pour essayer de redresser la barre. Or en 2016 l'économie était encore en stagnation. La reprise après la crise était la plus faible depuis la Grande Dépression de 1929.

En fait, le New York Times lui-même décrivit l'économie sous Obama de cette façon en 2016:

"Pendant trois trimestres de suite, le taux de croissance de l'économie a oscillé autour d'un maigre 1%. Lors du dernier trimestre 2015 et du premier trimestre 2016, l'économie a cru à un faible taux de 0,9% et 0,8% respectivement, en rythme annuel. Les premières estimations pour le deuxième trimestre de cette année, annoncées vendredi, présagent d'un décevant 1,2%."


Le taux de croissance ne fit guère mieux pendant les trois derniers trimestres de 2016. Et le 27 janvier 2017, après que le gouvernement annonce que la croissance pour l'ensemble de 2016 atteignait un piètre 1,6% - le taux le plus faible depuis 5 ans - le New York Times rendit compte que "le Président Trump visait un taux de croissance juste un peu plus élevé." Le bureau bipartisan du Congrès sur le budget prévoyait une croissance de 1,9%.

La croissance fut d'une faiblesse si persistante pendant les deux mandats d'Obama que les journalistes commencèrent à préparer le grand public en évoquant une "stagnation permanente". Ils disaient que l'Amérique entrait dans une longue période de croissance faible et stable, résultante d'une lente hausse de la population et de la productivité. En août 2016, le New York Times déclara que "la réalité sous-jacente de la croissance faible hantera quiconque remporte la Maison Blanche."

Le mois suivant, CBS News annonça "qu'avec la croissance américaine en berne pendant plusieurs années, de nombreux économistes en viennent à penser que le pays est entré dans une période prolongée où toute croissance sera plus faible qu'elle ne fut par le passé."

En d'autres termes, il n'y avait aucune prédiction d'envolée de l'économie sur le radar de quiconque lorsque Trump prit place dans le Bureau Ovale. Maintenant que l'économie dépasse les attentes de tout le monde, les critiques de Trump prétendent que les ingrédients étaient déjà dans le gâteau, et le gâteau déjà dans le four.

donald_trump_PNG29.pngC'est vrai, l'activité économique dépend de paramètres mondiaux sur lesquels même le Président des États-Unis n'a pas prise. Mais l'Amérique va plutôt mieux que le reste du monde aujourd'hui.

Un mauvais Président peut ralentir, voire définitivement oblitérer l'activité économique de son pays en empilant des lois destructrices les unes après les autres - voyez le Venezuela pour la feuille de route. Un bon Président ne peut pas créer la croissance par sa seule volonté, mais peut faire en sorte que le cadre légal, fiscal et juridique devienne favorable à la création d'entreprises et aux profits. L'activité économique croît alors, et avec elle l'emploi et les salaires ; et à terme, même les rentrées fiscales augmentent.

C'est l'éternelle division entre les socialistes qui veulent changer la façon dont on distribue les parts de gâteau, et les libéraux qui font augmenter la taille du gâteau - pour tout le monde.

Quoi qu'en disent les acrimonieux médias occidentaux, les Américains se reconnaissent bien davantage dans la seconde catégorie que la première. Ainsi, l'optimisme grandit à travers la société américaine lorsque Trump remporta l'élection face à son adversaire Hillary Clinton et ses "enthousiasmantes" perspectives de stagnation. Maintenant que Trump a mis en place de nombreuses dérégulations et que la baisse de la fiscalité est sous toit, nous devrions continuer à voir une croissance américaine solide.

Les médias travaillent sans cesse à faire rentrer leur narrative dans les esprits, mais pour l'instant ils échouent. Les sondages montrent clairement que le grand public donne crédit à Trump pour l'embellie économique que traversent les États-Unis. Ils ont raison, et les médias ont tort.

12 août 2018

Internet: la bataille de l'information fait rage

Quel point commun entre Twitter, Facebook, Reddit ou encore Google? Ces acteurs majeurs de la communication d'aujourd'hui se présentent comme des parangons de vertu et d'équilibre, mais ce n'est qu'une façade. Profondément engagés à gauche, ils pèsent de tout leur poids contre ceux qu'ils considèrent comme le camp adverse.

Google, YouTube et al.

L'implication partisane de Google dans la bataille entre les camps républicains et démocrates en faveur des seconds a fait l'objet de nombreuses études, dont celle-ci, particulièrement détaillée. Que ce soit en termes de dons des employés pour les partis politiques, de parcours de carrière allant d'une position de dirigeant dans l'entreprise à celle d'un partenaire de campagne pour un candidat ou simplement de lobbyisme auprès des élus, l'entreprise entretient un engagement idéologique profond.

En termes pratiques, Google oriente les résultats de ses recherches. Par exemple, lorsque Hillary eut un malaise lors de la matinée des cérémonies du 11 septembre 2016, amenant ses gorilles à la balancer évanouie dans son van blindé avec autant d'élégance que si elle avait été un quartier de bœuf, la nouvelle défraya la chronique puis devint virale, malgré les tentatives de YouTube de censurer toutes les vidéos en rapport. Mais Google mit en place un filtre pour "protéger" le grand public de ces interrogations. Il suffit aujourd'hui encore de taper "Hillary Clinton Health" dans la barre de recherche de votre navigateur pour voir des suggestions sur Mme Clinton - mais aucune sur sa santé, jamais. Le terme "Health" est tabou dans Google Suggest lorsqu'il est associé à Hillary Clinton. On peut se poser la question de la pertinence de ce filtre maintenant encore alors que cette histoire est derrière nous ; il est probable que personne chez Google n'ait simplement pensé à l'enlever.

Avoir une opinion politique n'est pas un problème en soi. Elle le devient si celle-ci interfère avec la neutralité prétendument assurée par la plateforme, et quand celle-ci a un quasi-monopole dans l'accès à l'information du public. Comme on s'en doute, Google a sa propre police du discours. Pour éviter d'être directement mise en cause, l'entreprise de Mountain View décharge habilement sa politique de censure à plus de 100 ONG et agences gouvernementales pour aider YouTube à déterminer les contenus "extrémistes", allant des "discours de haine" à des vidéos de recrutement terroriste. Mais qu'est-ce qu'un "discours de haine", pour commencer? Il n'en existe pas la moindre définition légale, ce qui permet de cibler n'importe qui.

médias,mensonges,internet,censureGoogle et YouTube s'engagent à ne pas communiquer le nom de leurs partenaires dans ce programme, mais cette discrétion laisse présager le pire. Nous en avons la preuve à travers certaines ONG qui choisissent tout de même de révéler leur participation, comme l'Anti-Defamation League ou No Hate Speech, des organisations très politisées qui sont bien plus concernées par l'élimination de toute expression conservatrice sur Internet que par celle des vidéos de décapitation de l'État islamique, comme de nombreux contributeurs libéraux, conservateurs ou journalistes indépendants purent en faire l'amère expérience.

L'hypocrisie de YouTube et Google va plus loin ; lorsqu'ils ne peuvent directement interdire certaines vidéos - une hésitation qu'ils éprouvent de moins en moins souvent - ils peuvent encore les cacher, en exigeant un accès restreint à YouTube en présentant leur contenu comme "pour public averti" ou en choisissant de les démonétiser, privant effectivement les producteurs de la vidéo des revenus reliés à son visionnement. À défaut d'interdire d'antenne, ils étranglent financièrement les canaux qui les dérangent.

Le but de la manœuvre est clairement de promouvoir certains contenus au détriment d'autres.

Facebook et Reddit

Facebook est un acteur majeur de la distribution d'information aujourd'hui, et la posture pro-démocrate de Facebook n'est plus à démontrer. Elle fut révélée il y a plus de deux ans dans les colonnes de The Guardian, un journal dont les vues ne sont pas vraiment de droite.

D'anciens employés de Facebook décrivirent le processus en détail:

[Des employés] de Facebook ont ​​régulièrement supprimé les articles d’intérêt intéressant les lecteurs conservateurs de la section d’information "tendances" du réseau social. (...) Ils avaient aussi pour instruction d’injecter artificiellement des articles sélectionnés dans le module de nouvelles, même s’ils n’étaient pas assez populaires pour justifier leur inclusion, ou dans certains cas, ne buzzaient pas du tout. Les anciens employés, qui travaillaient tous en tant que sous-traitants, ont également indiqué qu’ils avaient reçu l’ordre de ne pas inclure de nouvelles concernant Facebook dans le module des tendances. (...)

Les histoires couvertes par les publications conservatrices (comme Breitbart, Washington Examiner et Newsmax) qui étaient assez nombreuses pour être prises en compte par l’algorithme de Facebook étaient exclues à moins que les sites classiques comme le New York Times, la BBC ou CNN ne couvrent le même sujet. (...)

Dans d'autres cas, les employés injectaient une histoire, même si elle n'était pas largement discutée sur Facebook, car elle était jugée importante pour que le réseau ressemble à un endroit où les gens parlaient de nouvelles difficiles. "Les gens ont cessé de se soucier de la Syrie", déclara un ancien employé. "[Et] si cette tendance se traduisait sur Facebook, Facebook aurait mauvaise allure." Ce même opérateur déclara que le mouvement Black Lives Matter avait également été injecté dans le module d'actualités de Facebook. "Facebook a subi beaucoup de pression à cause d'une absence de sujet tendance sur Black Lives Matter", déclara l'individu. "Ils ont réalisé que c’était un problème, et ils l’ont renforcé dans l'algorithme. Ils lui ont donné la priorité sur d'autres sujets. Lorsque nous l’avons injecté, tout le monde a commencé à dire: «Maintenant, je le vois comme numéro un»". Cet exemple d'injection est particulièrement remarquable parce que le mouvement #BlackLivesMatter est né sur Facebook, présence puissante des médias sociaux.


Cette manipulation des tendances n'est pas propre à Facebook. Reddit (phonétiquement "Read it", "je l'ai lu") est un site web communautaire de partage de liens permettant aux utilisateurs de soumettre leurs contributions et de voter pour celles proposées par autrui. Ainsi, les liens les plus populaires se retrouvent propulsés en page d’accueil. Le site se situe en quatrième position des sites américains les plus fréquentés, car on peut parler de tout sur Reddit. Quel que soit le sujet, il y a forcément d'autres passionnés avec le même centre d'intérêt. Ceux-ci se regroupent sur des "canaux" dévolus à un thème précis - comme la politique.

reddit_censor.jpgCertaines des manipulations de Reddit sont le fait de ses utilisateurs. Par exemple, le fameux canal /r/politics, prétendument non-partisan, a été de longue date colonisé par la gauche américaine qui y détient désormais les influentes positions de modération. Rien de plus facile donc que de filtrer tout contenu gênant (une nouvelle favorable à l'Administration Trump, par exemple.) Pour éviter de donner l'apparence d'une modération partisane, la manœuvre est en deux temps. D'abord, un complice se contente de poster un lien vers un article positif pour Trump ("Sprint va rapatrier 5'000 emplois aux États-Unis, annonce Trump") en lui associant volontairement un commentaire violemment hostile et contraire à la charte du canal ("Prenez ça sales crétins gauchistes!"), ce qui permet à la modération d'effacer le tout. Ainsi, l'article disparaît instantanément. Et si un utilisateur bien intentionné tente plus tard de soumettre la même nouvelle, il recevra un message d'erreur lui disant que ce lien a déjà été proposé à la communauté.

Mais les manœuvres partisanes s'étendent jusque dans l'administration du site, comme les utilisateurs de Reddit purent s'en rendre compte lors de la campagne présidentielle américaine de 2016 opposant Hillary Clinton à Donald Trump. Chacun avait son propre canal - r/HillaryClinton pour la première et r/The_Donald pour le second. Il devint vite assez évident au vu des chiffres de fréquentation que le candidat républicain était bien plus populaire que celui de son adversaire démocrate.

Reddit modifia alors le canal standard /r/popular , une sorte de méta-catégorie listant les contenus les plus populaires, pour filtrer les contenus "présents un peu trop souvent" selon les administrateurs du site. Après quelques temps il fut possible d'établir des statistiques sur l'origine des contenus les plus souvent écartés:

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(cliquez pour agrandir)

On notera qu'il ne s'agit pas simplement de filtrer tout contenu politique de cette rubrique: ni r/HillaryClinton ni r/politics n'apparaissent dans ce top 25. Écrivons-le clairement: Reddit installa un filtre pour écarter toute information venue de r/The_Donald, qu'il s'agisse de nouvelles positives pour Trump ou de révélation de scandales concernant l'opposition à sa présidence. Reddit modifia également son algorithme d'affichage afin de "pondérer" les votes - autrement dit, diminuer arbitrairement l'influence du canal pro-Trump.

Bien entendu, les responsables du site s'abritèrent derrière la ritournelle habituelle de la "préservation de la diversité". Cependant, toute tentative de présenter les choses sous l'angle de la neutralité vola en éclat lorsqu'en 2016 le PDG de Reddit Steve Huffman admit publiquement avoir effacé, voire modifié lui-même des contributions d'utilisateurs pro-Trump qui s'en prenaient à lui dans une discussion sur le site parce que ceux-ci "l'énervaient".

Dans un monde où les lois criminalisent de plus en plus le discours, qui réalise les conséquences provoquées par un individu capable de modifier sournoisement vos propres textes publiés en ligne, sans laisser la moindre trace?

Twitter et le Shadow banning

La neutralité apparente de Twitter est d'autant plus facile à défendre que Donald Trump est un des plus populaires utilisateurs de la plateforme ; mais comme le proverbial arbre qui cache la forêt, la frénésie de micro-messages du Président cache une campagne d'épuration idéologique de grande ampleur. Même le compte de Donald Trump n'est pas à l'abri de la censure de Twitter. Avant qu'il ne devienne président, de nombreuses discussions eurent lieu à l'interne pour déterminer s'il avait "franchi les limites" (une expression de novlangue destinée à exprimer la patience des censeurs vis-à-vis les cibles dont ils tolèrent péniblement l'existence). Ces débats continuèrent même une fois qu'il emménagea dans la Maison Blanche, et chacun se souvient avec quelle facilité Bahtiyar Duysak, un ex-employé de l'entreprise, ferma le compte du président le 2 novembre 2017 pendant une dizaine de minutes. Twitter annonça qu'il s'agissait d'une bévue, mais le public put tout de même découvrir la vulnérabilité des comptes. De nombreux employés de l'entreprise pouvaient fermer d'un simple clic le compte de n'importe quel utilisateur. Et ils ne s'en privent pas.

médias,mensonges,internet,censureSi la vitrine Trump peut continuer à sévir sur Twitter, celle-ci est soigneusement encadrée. On peut ainsi noter que l'algorithme de Twitter "pousse" systématiquement les réactions anti-Trump au sommet des réponses lors de chacun de ses tweets. Le nombre de "likes" et de "reposts" de ces questions, comparés aux statistiques similaires des rares réactions pro-Trump qu'on peut trouver dans le fil de réponse montre clairement qu'une "pondération" est à l’œuvre, pour rester poli.

D'autres contributeurs de Twitter ont moins de chance que le Président américain. C'est le cas de Scott Adams. Le créateur de Dilbert, devenu supporter de Trump à la suite d'une longue analyse de l'échiquier politique, découvrit comment Twitter archivait artificiellement ses messages afin de les rendre plus difficiles à lire, avant de subir un "shadow ban" en 2016 également. Son crime? Avoir demandé à son public de lui envoyer des vidéos d'agression de partisans de Donald Trump perpétrées par des partisans d'Hillary Clinton... Alors qu'il ne fait nul doute que si des supporters de Trump avaient été filmés en train de s'en prendre à des Démocrates, l'information aurait fait la Une de tous les médias.

Le Shadow Banning est une technique de modération plutôt ignoble mais très utilisée par Twitter, Reddit, et d'autres. L'utilisateur qui en est victime utilise toujours la plateforme comme si de rien n'était - il peut poster des contributions, commenter celles d'autrui, et voit ce qu'il publie - mais en fait il est le seul à les voir. Elles sont cachées aux autres utilisateurs, qui ne peuvent ni les lire ni les commenter. Pour des profils comme celui de Scott Adams, la mise à zéro de popularité du jour au lendemain est suffisamment notable pour que l'auteur se doute de quelque chose, mais des dizaines de milliers d'anonymes n'ont pas cette chance. Ils postent sur des réseaux sociaux qui sont pour eux aussi fermés et déserts que des chambres fortes, simplement parce qu'ils n'ont pas les "opinions convenables". Ils se retrouvent à parler dans le vide sans même le savoir - une sentence encore plus vile que de leur notifier officiellement une fermeture de leur compte.

Souriez, vous êtes censurés

"J'ai remarqué un phénomène général sur Internet. Tout forum où règne la liberté d'expression et pas ou peu de modération devient de droite. Les idées de gauche ne peuvent subsister sans censure ni modération." -- anonyme


Le Shadow Banning, le filtrage des opinions et la pondération des nouvelles suffisent un moment, mais un moment seulement. Devant la résistance de l'opinion publique face à ceux qui ont pour mission de la modeler, les majors d'Internet sont récemment passés à la vitesse supérieure. On assiste depuis quelques jours à une vague sans précédent de fermeture de comptes, de suppression de pages et de groupes Facebook, d'élimination de canaux YouTube et ainsi de suite - et la nouveauté est que la chasse aux sorcières semble désormais coordonnée, comme Alex Jones d'Infowars.com peut en témoigner. Alors qu'il maintient son site en ligne depuis près de vingt ans, vit en quelques jours ses comptes YouTube, Apple, Facebook et Twitter disparaître, une information qui fut relayée même sur des médias francophones.

Les imbéciles justifieront la mise au pilori en disant qu'Infowars.com est un site "controversé". Il est incontestable que l'approche de l'information du site fait la part belle au sensationnalisme, mais cela ne justifie en rien une censure - censure qu'aucun major ne songerait à appliquer à un site de propagande d'extrême-gauche comme Mother Jones, coutumier des mêmes dérives. Et au vu de leur track record depuis deux ans, Infowars.com est un site bien plus fiable que peuvent l'être CNN ou le New Work Times...

La vague est tellement vaste qu'elle cible tout azimut - même des individus parfaitement respectables, même des candidats républicains officiels dans le cadre de leur campagne électorale, ce qui pose de sérieuses questions sur l'information démocratique du public.

En Suisse et en Europe de l'Ouest, où les citoyens dorment paisiblement, la bataille pour la réinformation n'a même pas commencé - et au vu du degré d'apathie entretenu au sein de la population, elle ne commencera peut-être jamais. Mais aux États-Unis, elle fait rage. Il n'est d'ailleurs pas sûr que les majors la remportent ; depuis sa mise au ban, Infowars.com est en train de susciter un intérêt démesuré de la part du grand public, selon le bien connu Effet Streisand. Bien malin qui peut dire comment tout cela se terminera. Nous en aurons sans doute un aperçu lors des élections de mi-mandat aux USA, où les Démocrates font feu de tout bois pour reprendre une majorité parlementaire.

Tant que les GAFA resteront massivement engagés à gauche, la bataille restera inégale. En attendant, en matière de pluralisme des médias et de liberté d'expression, l'Occident ne se comporte pas mieux que les régimes totalitaires dont il se permet régulièrement la critique.

28 avril 2018

James Comey se met à table

Le journalisme n'est pas mort, mais il faut aller le chercher sur Fox News.

usa,donald trump,médias,espionnageJeudi soir, le présentateur de la chaîne Bret Baier interviewait un invité de marque - James Comey, ancien directeur du FBI débarqué par Trump, actuellement en tournée de promotion pour son livre A Higher Loyalty - Truth, lies and leadership. Dans cet ouvrage, Comey étrille Trump en mêlant opinions personnelles et anecdotes de rencontres avec le Président des États-Unis. Sachant depuis combien de temps le torchon brûle entre les deux hommes, on n'attendait évidemment pas que Comey dise du bien de son ex-patron.

C'est sans doute la possibilité de doper encore davantage les ventes de son livre qui amena James Comey à accepter de se rendre sur le plateau de la chaîne, une des seules sinon la seule du panel à oser défendre Donald Trump. Il s'imaginait sans peine passer un mauvais quart d'heure, mais que ce passage en vaudrait malgré tout la peine face à un public de lecteurs potentiels.

Mal lui en prit.

Bret Baier est un journaliste de la vieille école, qui mouille sa chemise sur ses dossiers (pendant ses cinq ans comme correspondant de la chaîne au Pentagone pour la chaîne, il se rendit onze fois en Afghanistan et treize fois en Irak). Il n'allait pas laisser son temps d'antenne avec Comey devenir une séquence d'autopromotion sans intérêt. Ayant l'occasion rare d'avoir l'ex-directeur du FBI en face de lui et en direct, il lui posa lors d'un face-à-face mémorable les questions que le grand public américain se pose depuis si longtemps sur sa gestion des affaires alors qu'il était aux commandes. Et ses réponses stupéfièrent les observateurs.

La relation entre Peter Strzok, l'agent de contre-espionnage anti-Trump profondément impliqué dans les enquêtes Clinton et Trump avec l'avocate du FBI, Lisa Page, les deux tourtereaux discutant sans vergogne de la façon dont il faudrait "se débarrasser" de Trump et le plan en cours au sein du FBI pour y parvenir?

Je peux vous dire ceci: quand j'ai vu les textes, j'ai été profondément déçu par eux. Mais je n'ai jamais vu de partialité, ni de reflet d'animosité d'aucune sorte envers qui que ce soit, y compris moi. Je suis sûr qu'on me casse du sucre sur le dos dans ces textes. Je ne vais pas tous les lire.


Comey explique ensuite que s'il avait été conscient du niveau de haine éprouvé par Strzok et Page pour Trump, il les aurait tous deux "retiré comme contact de toute enquête significative en cours". Donc l'ex-directeur du FBI affirme que les deux agents faisaient bien preuve de partialité, mais que le produit de leur travail d'enquête reste valide... Magnifique.

Quand on aborde la question des "mémos fuités" aux médias - ceux-là même qui ont servi à justifier le lancement de l'enquête par le procureur spécial Mueller - Comey admet qu'il est à l'origine de la fuite. Il transmit ces sept mémos à Dan Richman, professeur de droit à l'Université de Columbia, avec instruction de les envoyer aux médias ; et en outre d'autres personnes de son "équipe légale", David Kelly et le précédent Procureur des États-Unis Patrick Fitzgerald.

"Je ne considère pas [ces mémos] comme des fichiers du FBI... C'était plus des aide-mémoires personnels", explique-t-il. À ceci près que deux d'entre eux étaient de niveau "confidentiel" et deux de niveau "secret". L'ex-directeur Comey avoua donc encore une fois un crime fédéral, à l'antenne et en direct. Il estima aussi qu'il était en droit de garder sous silence le nom de Dan Richman et le fait qu'il ait été un ancien agent du FBI lors de son témoignage devant le Congrès, parce que selon lui ces détails n'étaient pas "pertinents". Les parlementaires apprécieront.

Vint enfin le sujet du dossier Steele, selon le nom de la barbouze qui en est à l'origine, le faux dossier monté de toute pièce et fourni au FBI comme "preuve" des moyens de pression que la Russie aurait possédé sur Trump. Le document servit de prétexte à de nombreuses manœuvres judiciaires comme la mise sur écoute d'une bonne partie de l'équipe de campagne du candidat républicain. On sait depuis un certain temps déjà, preuves à l'appui, que ce faux dossier a été payé par l'équipe de campagne d'Hillary Clinton et par les instances dirigeantes du Parti démocrate ; mais Comey s'accroche à un mensonge périmé en prétendant qu'il n'en est rien, qu'il ne sait pas voire qu'il vient des Républicains, quitte à se faire reprendre par le présentateur:

- Quand avez-vous appris que la campagne Clinton et le Comité National Démocrate ont payé pour le travail de Christopher Steele? demande Baier.
- Je ne considère pas ça comme un fait, répond Comey.
- Que voulez-vous dire?
- Je ne l'ai vu que dans les médias [NdA: notoirement pro-Trump comme chacun sait...], je n'ai jamais su exactement ce que les Démocrates ont financé. J'ai su qu'il a d'abord été payé par les Républicains.


Baier corrige rapidement Comey, notant que si des sites web conservateurs avaient effectivement fini par disposer du dossier, ils ne payèrent pas pour le dossier Steele, ajoutant que "celui-ci fut lancé par les Démocrates."

Le Directeur du FBI en exercice au moment des faits, donc un des hommes les mieux informés des États-Unis, prétend qu'il ne connaissait pas le nom de Steele, qu'il ne savait pas que Steele avait menti au FBI et en avait été écarté pour cela, qu'il ne savait pas qui avait payé pour élaborer ce faux dossier, qu'il ne savait pas qui l'avait fait fuiter auprès des médias. Cela commence à faire beaucoup pour un seul homme. Peut-être qu'il ne tenait pas vraiment à connaître tous ces détails?

Vendredi matin, outré parce ce qu'il avait vu, Trump explosa Comey dans un nouveau tweet:

Est-ce que quelqu'un arrive à croire ce qui arrive. James Comey ne peut pas définir ce qu'est une fuite. Il a illégalement laissé fuiter de l'INFORMATION CLASSIFIÉE mais ne comprend pas ce qu'il a fait ni la gravité de son acte. Il a menti de tous les côtés pour se couvrir. Il est soit très malade soit très stupide.


En regard à ce que les États-Unis sont devenus aujourd'hui, il n'est même pas impensable que Comey se tire de tous ces crimes sans la moindre conséquence judiciaire. La rupture n'en est que plus forte avec la population américaine, qui rumine furieusement en constatant à quel point les élites de Washington se soustraient ouvertement aux lois qui s'imposent à eux.