24 juin 2016

23 juin, jour de libération du Royaume-Uni

Le Brexit n'est plus une vue de l'esprit. Les sujets de Sa Majesté viennent de lui donner corps à 51,9%, selon les derniers dépouillements.

brexit,david cameron,démocratie,ue

Le succès du référendum pour sortir de l'Union Européenne jette rétrospectivement le trouble les sondages qui émaillèrent la campagne. Depuis des mois le camp du Remain était censé être en tête et ce n'était que récemment que le Brexit avait refait son retard jusqu'à passer devant de très peu. Assistions-nous a un réel renversement de tendance, ou les instituts de sondages n'avaient-ils finalement pas d'autre choix que de coller progressivement à la réalité alors que la date fatidique approchait?

La mort brutale de la députée Jo Cox fut l'occasion de nouvelles manipulations, redonnant là encore un prétendu "coup de fouet" au camp Remain. La mauvaise foi fut maintenue jusque dans les tous derniers instants, avec deux camps prétendument au coude-à-coude, et des instituts refusant de se livrer au classique "sondage sorti des urnes".

D'autres manipulations eurent lieu au niveau des bookmakers, considérés jusqu'à présent comme des outils de prédiction plus fiables que les sondages lorsque l'issue est disputée. Des agents du camp Remain engagèrent tout simplement de grosses sommes pour faire changer les cotes en faveur du résultat espéré. La distorsion amena le pari Remain moyen à atteindre 450 £, contre 75 £ pour un pari Brexit. Les Remain gageaient que la perspective d'un échec démobiliserait les partisans du camp donné perdant.

Mais de toute évidence, et malgré les moyens employés, les Anglais avaient compris que les enjeux dépassaient un simple calcul d'intérêt. Il y avait des principes à la clef, et je pense que bien peu des citoyens britanniques changèrent d'avis comme des girouettes, à l'inverse de ce que toutes ces variations au fil du temps laissent imaginer.

Le Royaume-Uni demande donc le divorce d'avec l'Union Européenne. David Cameron, le Premier Ministre hypocrite qui demanda un référendum à reculons, n'a plus d'autre choix que d'annoncer sa démission. L'histoire gardera de lui un portrait peu reluisant. Ses compromissions pour garder - du bout des lèvres - l’Écosse europhile dans le Royaume-Uni risquent de provoquer l'éclatement de celui-ci à relativement court terme. La gestion catastrophique du royaume par M. Cameron laissera de profondes cicatrices.

Le projet de construction d'un Super-État européen sur le socle du Marché Unique ne vient pas de ralentir, mais bien de dérailler complètement. La renégociation de centaines de traités croisés entre les membres restants de l'UE et le Royaume-Uni occupera les bureaucrates bruxellois pendant des mois. Le prochain Premier Ministre anglais, qu'on imagine réellement eurosceptique, défendra pour une fois sincèrement les intérêts de son pays. Ne subsisteront donc que les accords diplomatiques avantageux pour le Royaume-Uni.

Ce "détricotage sélectif" annonce évidemment un effondrement encore plus rapide de l'UE. Les peuples restants comprennent bien désormais qu'un pays qui divorce peut garder les meilleurs morceaux alors qu'eux-mêmes doivent subir l'entier du joug de Bruxelles. Ils demanderont des aménagements ou probablement un référendum de sortie à leur tour - comme Geert Wilders vient d'en faire la requête au nom des Pays-Bas. Et qui pourrait refuser pareil référendum et prétendre ensuite que l'UE est encore un ensemble démocratique?

Le fameux traité de Lisbonne, la Constitution de l'UE, admettait qu'un pays sorte de l'Union - bien que sur un plan strictement théorique. Aujourd'hui il est nécessaire de mettre ces textes à l'épreuve de la pratique, mais ce n'était de toute façon qu'une question de temps. Par deux fois les Eurocrates sentirent le vent du boulet: lorsque les Grecs votèrent contre l'austérité mais furent finalement trahis par leur gouvernement, permettant à la Grèce de rester dans l'UE ; et lorsque les Autrichiens faillirent élire le mauvais président mais furent sauvés in extremis par les fameux votes par correspondance. On pourrait aussi citer l'impasse helvétique et la sortie de crise choisie par la classe politique en violant la Constitution. Devant les coups de boutoirs financiers, institutionnels ou démocratiques, l'utopie européenne devait un jour ou l'autre finir par se fracasser sur la réalité.

C'est désormais chose faite et le message vient d'un pays respectable, respecté, membre ancien de l'Union Européenne, riche et doté d'une longue tradition démocratique. Impossible de l'ignorer.

Les peuples osent encore, parfois, faire preuve de courage. Saluons les Anglais d'avoir osé ce dont rêvent tant de populations soumises, ailleurs sur le continent, et parions que grâce à cela ils s'en porteront bien mieux. A l'Union Européenne, la cinquième puissance économique préfère le Monde.

17 juin 2016

Dernière ligne droite pour le Brexit

A moins d'une semaine du vote crucial pour le maintien ou la sortie de la Grande-Bretagne, le vent semble tourner. La mort de Jo Cox, députée travailliste pro-UE, tuée par un déséquilibré, influera-t-elle sur le résultat du scrutin? La campagne sera-t-elle encore émaillée d'incidents aussi dramatiques?

Mesurés avant l'agression de la politicienne, cinq derniers sondages majeurs donnaient désormais le camp du Brexit gagnant, à 53% pour l'institut Ipsos MORI par exemple. Bien qu'un revirement soit possible, l'UE semble résignée, affirmant désormais qu'elle "survivra" au départ du Royaume-Uni.

L'argument économique a été central dans la campagne, mais il pourrait se concrétiser bien différemment de ce que craignent les partisans du maintien. Qui s'en sortira le moins bien? En per­dant le Royaume-Uni, l'Union eu­ro­péenne de­vra se pri­ver de la cin­quième éco­no­mie mon­diale et de 10% de ses res­sources - son bud­get se­ra am­puté d’une contri­bu­tion nette de plus de 11 mil­liards d'eu­ros par an. Sur le plan diplomatique, l'UE perdra un des cinq membres du Conseil per­ma­nent de sé­cu­rité de l’ONU, un réseau diplomatique incroyablement étendu et une des rares armées encore capable de monter des interventions sur des théâtres d'opération extérieurs.

Mais pour parler du statut actuel de la campagne et de l'état d'esprit des sujets de Sa Majesté, rien de mieux que de laisser la parole à un ténor du camp du Brexit, Boris Johnson, qui se livre sur Facebook.

brexit,royaume-uni,boris johnson

 


 

Vous sentez quand des gens sont en train de perdre une discussion. Ils deviennent répétitifs, se livrent à des attaques personnelles et se montrent même parfois un peu menaçants. D'après son style d'argumentation de ces dernières semaines, il est clair que la camp du Remain a conscience de perdre le débat, et de le perdre complètement. Pour beaucoup de gens épris de justice - y compris ceux qui n'avaient guère accordé de réflexion à la question auparavant - il semble désormais évident que le Royaume-Uni devrait quitter l'Union Européenne.

Quelles que soient les nobles ambitions sur lesquelles elle a été fondée, l'UE est un anachronisme. Elle est de plus en plus anti-démocratique ; son système supranational n'est imité nulle part ailleurs sur la planète ; et ses politiques économiques provoquent la misère dans de nombreuses régions de l'UE. Elle est sclérosée, opaque, élitiste. Différentes nations se retrouvent liées par une bureaucratie centralisée que les gens ordinaires ne peuvent ni comprendre, ni contrôler par leur vote. Elle représente une tentative de construire les États-Unis d'Europe, de créer une structure politique unifiée. Et pourtant, pas un seul ténor du camp Remain n'a eu jusqu'ici l'honnêteté de défendre le projet pour ce qu'il est. Personne n'a montré la moindre trace explicite de cet idéal fédéraliste ; personne n'a appelé la Grande-Bretagne à rejoindre "la construction européenne" ou la création d'une "identité européenne". Et cela parce qu'ils savent que cette idéologie - dominante à Bruxelles - serait perçue de façon alarmante par le public britannique.

Alors, qu'avons-nous, en lieu et place d'idéalisme? Nous obtenons un régime à base de peur, servi à tous les repas et en portions croissantes. Nous sommes victimes de regards menaçants et d'intimidations afin de rester dans ce système perverti, et je pense que le public peut s'en rendre compte. Alors que le temps passe, je trouve que de plus en plus de gens s'aperçoivent que la Grande-Bretagne aurait un grand avenir en dehors de l'UE - commerçant librement avec l'UE et le reste du monde, tout en s'engageant pleinement au niveau intergouvernemental sur toutes les questions politiques et diplomatiques en Europe. Sur chaque point important il est possible de reprendre le contrôle, et de prospérer.

Que vous exprimiez le chiffre de 350 millions de livres brutes par semaine ou de 10,6 milliards de livres nettes à l'année, la plupart des gens sont stupéfaits de découvrir combien nous payons rien que pour être dans l'UE. Le retour de cet argent permettrait de faire bien des choses. Les gens peuvent se rendre compte que notre politique d'immigration actuelle est injuste, déséquilibrée et hors de contrôle - et ils peuvent également voir que la campagne Remain a échoué des mois durant à répondre à cette question fondamentale. Comment pouvons-nous contrôler le taux d'immigration - 333'000 arrivées nettes l'année dernière, une ville de la taille de Newcastle - tant que nous restons dans l'UE?

Les Remain n'ont rien à répondre. Leurs bouches s'ouvrent et se ferment sans que rien d'intelligible n'en sorte. Et par-dessus tout, les gens s'indignent devant l'énorme mensonge au cœur de toute ce bazar: que le sacrifice de la démocratie - les 2'500 nouvelles lois européennes qui nous sont imposées chaque année, ce qui coûte 600 millions de livres par semaine aux milieux d'affaires - est en quelque sorte justifié pour les avantages économiques retirés du soi-disant Marché Unique.

La semaine dernière, nous avons reçu l'étonnant témoignage de deux des plus grands héros de la production manufacturière britannique moderne. J'ai été ravi de les entendre, parce que je connais le genre de pressions auxquelles tous les chefs d'entreprise du Royaume-Uni sont confrontés de la part de "l'Opération Flanquons la Trouille". Par leur optimisme, leur vigueur et leur foi en ce pays, ils résument tout ce qui constitue la campagne pour le Brexit. Il s'agit de (Lord) Anthony Bamford, de la puissante firme de machines de chantier JCB, et James Dyson, l'entrepreneur inventeur et milliardaire.

Ces gens fabriquent des machines: des assemblages magnifiques, complexes et à la pointe de la technologie. On aurait pu penser que ce fut précisément pour eux - et les gens de leur espèce - que le "Marché Unique" fut inventé, de sorte que leurs aspirateurs et leurs pelleteuses puissent se diffuser librement au sein d'un territoire fort de 510 millions d'habitants. Vous auriez pu imaginer qu'ils seraient d'ardents défenseurs du système.

Au contraire - ils exportent tous deux des quantités colossales en direction des marchés de l'UE, et continueront de le faire ; mais ils pensent également que nous devrions sortir de l'UE, et que tout cela va dans la mauvaise direction. Dyson est la marque leader sur le marché allemand des aspirateurs. Se soucie-t-il des droits de douanes, si nous quittions l'UE? Bien sûr que non. Les Allemands n'oseraient pas en rêver: nous autres Britanniques achetons 820'000 voitures allemandes chaque année, pour une valeur totale d'environ 20 milliards d'euros. En fait, nous achetons un cinquième de la production de voitures de toute l'Allemagne. Comme Dyson le souligne, réinstaurer des droits de douane reviendrait pour les Allemands à se pendre eux-mêmes. Cela n'arrivera pas.

James Dyson veut reprendre le contrôle de notre système législatif parce qu'il est lassé des pinaillages de Bruxelles, à travers lesquels les ministres britanniques peuvent être mis en minorité au détriment de son entreprise. Et il veut reprendre le contrôle de l'immigration - pas parce qu'il serait hostile aux immigrants. Il est tout simplement exaspéré par le déséquilibre du système. Il n'y a aucune limite sur les migrants en provenance de l'UE, mais aucun moyen d'embaucher suffisamment d'ingénieurs de troisième cycle, parce que la plupart des gens qui font des recherches en sciences et en ingénierie dans des universités britanniques viennent de l'extérieur de l'UE.

Comme pour Lord Bamford, il a vu que le "Marché Unique" est en réalité un projet politique et se transforme inexorablement en un gouvernement unique pan-européen. Il n'y a pas besoin de faire partie de cette coûteuse machine législative pour exporter des biens et des services dans l'UE. Les derniers chiffres montrent qu'entre 1993 (à l'aube du Marché Unique) et 2015, 36 ​​pays - dont l'Inde, la Russie, la Chine, l'Amérique, la Nouvelle-Zélande, le Canada ou le Brésil - firent mieux que le Royaume-Uni dans leurs exportations à destination du Marché Unique. Ils n'étaient pas "membres du club". Ils n'avaient pas Bruxelles pour leur dicter 60% de leurs lois. Et pourtant, ils ont fait mieux que nous.

Il est temps que ce pays montre un peu de la même confiance en soi que ces deux grandes entreprises. Il y a seulement quelques mois le Premier Ministre affirmait avec force que nous prospérerions une fois à l'extérieur. Il avait raison en ce temps-là. Comme le dit James Dyson: "Nous allons créer plus de richesse et plus d'emplois en étant à l'extérieur de l'UE. Nous contrôlerons notre destin. Et le contrôle, je pense, est la chose la plus importante dans la vie et les affaires".

 -- Boris Johnson

 


 

Selon Do­nald Tusk, la pé­riode de sor­tie du Royaume-Uni de l'Eu­rope pour­rait durer sept ans - sept années d'enfer, avec un Premier Ministre anglais vraisemblablement remplacé par un eurosceptique et une parole désormais libérée. D'au­tant plus que la Grande-Bre­tagne devra pré­si­der l'UE début 2017!

Les négo­cia­tions de sor­tie s’ou­vri­ront pour une durée de deux ans, pendant lesquels chaque pierre sera retournée. Les diplomates européens s'inquiètent avant tout des budgets et du sort des fonctionnaires ; mais il faudra surtout renégocier les accords internationaux, trier ceux qui subsistent de ceux qui seront résiliés ou amendés. Les autres pays eurosceptiques membres de l'Union - Pays-Bas, Pologne, Hongrie et bien d'autres - regarderont ces négociations d'un œil sévère. Comment détricoter l'UE d'un de ses membres en essayant de faire au mieux, sans donner l'impression aux membres officiels du club que le pays qui s'en va se retrouve finalement avantagé?

C'est à ce difficile exercice de diplomatie que les dirigeants de l'UE seront confrontés au lendemain du vote anglais. Sans compter ses possibles effets sur les bourses et les monnaies.

08 juin 2016

Brexit: piètre débat du siècle...

A deux semaines du vote crucial de la Grande-Bretagne pour le maintien ou la sortie du pays de l'Union Européenne, la chaîne ITV organisa mardi soir un débat entre les champions des deux camps - James Cameron, Premier Ministre en exercice, contre Nigel Farage, leader du UKIP (Parti pour l'Indépendance du Royaume-Uni).

L'émission, bien que courte d'une petite heure, promettait de beaux échanges entre deux orateurs habiles, et peut-être de quoi convaincre les 15% d'indécis, selon les derniers sondages, qui feront pencher la balance alors que les intentions de vote sont au coude-à-coude.

Hélas, le débat ne tint pas ses promesses, puisqu'il fut totalement inexistant. Le format de l'émission fut finalement modifié, apparemment sous les demandes du camp Cameron, pour devenir deux séquences d'une demi-heure où chaque invité devait répondre aux questions des spectateurs, 200 personnes visiblement pas sélectionnées au hasard. La formule finalement choisie avantagea outrageusement le Premier Ministre qui put reprendre et démolir les arguments de son prédécesseur sans risquer la moindre réplique.

david cameron,royaume-uni,brexit,nigel farage
Photomontage de deux invités qui ne se croisèrent jamais, pas même au maquillage.

M. Farage tint une prestation honnête face à des intervenants franchement vindicatifs et l'attaquant personnellement (avec d'inévitables accusations de "racisme", puisque vouloir contrôler l'immigration est forcément raciste...) plutôt que de débattre du fond, l'indépendance du pays face à une hégémonie européenne anti-démocratique, bureaucratique, dirigiste et, disons-le franchement, mourante. L'activisme de ses interlocuteurs - qui parlèrent souvent plus que lui! - ne lui permit guère de développer ses arguments, et je ne crois pas une seconde que ces individus aient été de simples "citoyens lambda" seulement à la recherche de réponses.

Le contraste n'en fut que plus fort avec la prestation de M. Cameron, qui non seulement revint confortablement et à plusieurs reprises sur les propos tenus par M. Farage pour mieux les démolir, comme prévu, mais sembla vraiment faire face à des gens normaux, lui demandant poliment des précisions sur ses nombreuses contradictions dans sa propre attitude de Premier Ministre vis-à-vis de l'UE, ou exprimant leurs inquiétudes et le laissant discourir.

Un résumé du "débat" est présent sur plusieurs sites, dont celui de l'International Business Times. Nigel Farage fut malmené et gêné, Cameron confortable mais peu convaincant. Cette émission influera-t-elle sur le résultat du scrutin? Les instituts de sondages se chargeront de vérifier son impact les prochains jours.

Au bout du compte, le Brexit se ramène à un seul argument: la peur. D'un côté, la certitude rassurante du misérabilisme et d'une irritante insatisfaction en restant dans l'UE de M. Junker, de l'autre la voie de l'indépendance, exposée aux menaces et aux chantages, mais garante d'un retour de la démocratie dans une Grande-Bretagne tournée vers le monde.

Mais la peur n'est pas qu'une menace brandie en direction des partisans du divorce. Elle imprègne aussi très concrètement le camp pro-UE, au point qu'une campagne à la régulière le terrifie. Indépendamment des propos tenus par les deux invités sur ITV, les gens normaux ne pourront qu'être interpellés par le manque de fair-play dans cette campagne - une campagne où le Premier Ministre impose le silence aux membres pro-Brexit de son gouvernement, ou des consignes accompagnant le matériel de vote indiquant clairement de cocher la case "Rester dans l'UE"...

david cameron,royaume-uni,brexit,nigel farage
La démocratie sauce UE n'a rien de très compliqué.

Je ne fais pas mystère de mes préférences: une relation qui ne tient plus que sur la peur de l'inconnu n'est plus une relation saine. Comme le dit un interlocuteur de M. Cameron en déclenchant une salve d'applaudissements:

Je suis désolé de le dire mais votre phrase de conclusion la semaine dernière était que "si nous quittons l'UE, nous jouons l'avenir de nos enfants aux dés". Je pense tout à fait le contraire, et qu'en nous disant de rester, vous avez déjà lancé ces dés.


Nigel Farage le rappela, "s'il y a jamais eu dans votre vie un vote qui puisse faire la différence, c'est celui-ci" - et David Cameron aurait sans doute acquiescé. Le vote sur le Brexit est probablement le scrutin le plus important depuis des décennies, non pour la Grande-Bretagne, mais pour l'Union Européenne toute entière, et la direction qu'elle prit depuis le milieu des années 80 où les socialo-communistes d'Europe décidèrent de transformer une zone économique de libre-échange en super-État bureaucratique pour lui donner, selon les termes de M. Mitterrand, "une âme".

Le scrutin du 23 juin sera forcément historique. Mais quel que soit le résultat, on peut surtout s'inquiéter des velléités changeantes d'une opinion publique divisée comme jamais, chaque sondage donnant l'avantage à l'un ou l'autre camp.

L'avenir de l'Union Européenne se jouera vraisemblablement sur une poignée de voix. Les fameux dés sont déjà en train de rouler.

03 juin 2016

De l'islamisation de la Suède

La Suède et la Suisse sont deux pays différents mais guère éloignés. Qu'il s'agisse de la taille de leur population ou de l'attitude de leurs autorités envers les migrants, les parallèles sont nombreux. Les Suédois ont l'avantage discutable d'avoir poussé plus avant la générosité social-démocrate et le concept d'un pays sans frontière, ce qui, associée à une naïveté soigneusement entretenue par le gouvernement et les médias, les a entraîné à accueillir beaucoup de migrants. Bien plus de migrants que la Suisse n'en accueille de son côté - pour l'instant.

L'expérience suédoise se poursuit donc, désormais animée d'une vie propre. Elle donne un bel aperçu de ce que devient une population exposée à un phénomène migratoire qui la dépasse. Pour en parler, je vous livre donc une traduction d'un article d'Ingrid Carlqvist, journaliste indépendante suédoise du Gatestone Institute.

 


 

  • Ce n'est pas un secret que la démocratie puisse être utilisée pour abolir la démocratie.
  • Les gens semblent enfin comprendre peu à peu que la Suède suédoise sera bientôt perdue pour toujours, remplacée dans de nombreux domaines par une situation plus proche de celle qui a court au Moyen-Orient où différents groupes d'immigrants (principalement musulmans) se font la guerre les uns aux autres, ainsi qu'aux Suédois.
  • Il n'y a pas de pays où l'islam soit dominant qui puisse être considéré comme une démocratie avec liberté d'expression et égalité devant la loi.

Lors du dernier recensement de Suède où les citoyens furent invités à évoquer leurs croyances religieuses, en 1930, quinze personnes répondirent qu'elles étaient musulmanes. Depuis 1975, lorsque la Suède a commencé sa mutation de pays homogène suédois vers un pays multiculturel et multi-religieux, le nombre de musulmans a explosé. Maintenant, environ un million de musulmans vivent ici - sunnites, chiites et ahmadis de tous les coins du monde - et des mosquées sont planifiées et construites dans tout le pays.

Personne, cependant, ne semble poser la question cruciale dont dépend le futur de la Suède: l'islam est-il compatible avec la démocratie?

Les élites suédoise n'ont pas compris que l'islam est plus qu'une foi privée, et défaussent donc toutes les interrogations sur l'islam en répondant que la Suède dispose de la liberté de religion.

Deux faits démontrent que l'islam n'est pas compatible avec la démocratie. Tout d'abord, il n'existe nul pays où l'islam est dominant et qui puisse être considéré comme une démocratie avec liberté d'expression et égalité devant la loi. Certains évoquent la Malaisie et l'Indonésie - deux pays où flagellation et autres châtiments corporels sont infligés, par exemple, à des femmes exposant trop de cheveux ou de peau, ainsi qu'à toute personne qui critiquerait ou se moquerait de l'islam. D'autres désignent la Turquie comme un exemple de "démocratie islamique" - un pays qui emprisonne régulièrement des journalistes, des dissidents politiques et des gens au hasard pour avoir prétendument "offensé" le président Erdogan, "l'islam" ou "la nation".

Deuxièmement, les musulmans en Europe votent à l'unisson. En France, 93% des musulmans votèrent pour l'actuel président, François Hollande, en 2012. En Suède, les sociaux-démocrates rapportent que 75% des musulmans suédois ont voté pour eux lors de l'élection générale de 2006; des études montrent que le bloc "rouge-vert" de l'échiquier politique obtient 80-90% du vote musulman.

Ce n'est pas un secret que la démocratie puisse être utilisée pour abolir la démocratie - pourtant, cette question cruciale est complètement taboue en Suède. Les politiciens, les autorités et les journalistes voient tous en l'islam une religion comme une autre. Ils ne semblent avoir aucune idée des autres aspects de l'islam - son idéologie politique, son système de justice (la charia) et une culture spécifique qui a des règles pour pratiquement chaque détail de l'existence de la vie d'une personne: comment s'habiller; qui vos amis devraient être; quel pied doit aller en premier quand vous entrez dans les toilettes. Certes, tous les musulmans ne suivent pas toutes ces règles, mais cela ne change pas le fait que l'islam aspire à contrôler tous les aspects de la vie humaine - la définition même d'une idéologie totalitaire.

Alors que les élites ferment leurs yeux sur les problèmes qui viennent avec une population musulmane en croissance rapide en Suède, les Suédois ordinaires semblent être de plus en plus bouleversés. Le Premier ministre Stefan Löfven, cependant, semble complètement perdu quant aux raisons qui suscitent ce sentiment. Il déclara récemment au journal britannique Financial Times:

"Mais le plus surréaliste est que si tous les chiffres vont dans la bonne direction, l'image du public est que le pays va maintenant dans la mauvaise direction. Il n'est pas seulement question de peur et de la crise des réfugiés; c'est comme si tout allait dans la mauvaise direction."


Ce commentaire en dit long sur la façon dont le Premier Ministre Löfven est déconnecté de la réalité à laquelle les Suédois ordinaires sont confrontés. Les grands médias passent sous silence les informations sur la plupart des violences qui ont lieu dans et autour des centres d'asile dans le pays, et il est peu probable que Stefan Löfven lise les sites des médias alternatifs; lui et les autres au pouvoir les surnomment, à l'unisson, les "sites haineux". Il n'a évidemment aucune idée de la colère et du désespoir que de nombreux Suédois ressentent désormais. Les gens semblent enfin comprendre peu à peu que la Suède suédoise sera bientôt perdue pour toujours, remplacée dans de nombreux domaines par une situation plus proche de celle qui a court au Moyen-Orient où différents groupes d'immigrants (principalement musulmans) se font la guerre les uns aux autres, ainsi qu'aux Suédois.

suède,islam,immigration,ingrid carlqvist

Les personnes qui souffrent le plus cruellement de cette "Nouvelle Suède" sont les personnes âgées. Les coûts de l'immigration supportés par l'État-providence ont conduit un quart de million de retraités à vivre en-dessous du seuil de pauvreté défini par l'Union Européenne. Pendant ce temps, le gouvernement a récemment ajouté 30 milliards de couronnes (environ 3,5 milliards de francs suisses) au budget de la migration. Les 70 milliards de couronnes (8,2 milliards de francs suisses) suédoises dépensées pour les demandeurs d'asile en 2016 dépassent le coût total des forces de police et du système judiciaire, celui de la défense nationale, et le double du montant des prestations familiales.

Les 9,5 millions d'habitants de la Suède sont donc obligés de dépenser 70 milliards de couronnes pour laisser entrer des citoyens d'autres pays. En comparaison, les États-Unis, avec leurs 320 millions d'habitants, ont dépensé en tout et pour tout 1,56 milliard de dollars pour les réfugiés en 2015. Le chroniqueur éditorial Peter Magnus Nilsson commenta dans le journal économique Dagens Industri:

"Pour comprendre la portée de l'augmentation des dépenses, une rétrospective historique peut être utile. Lorsque le bloc de droite arriva au pouvoir en 2006, le coût était de 8 milliards [de couronnes] par an. En 2014, il monta à 24 milliards. Cet été-là, le ministre des Finances d'alors Anders Borg parla de cette augmentation comme du changement le plus spectaculaire du budget de l’État qu'il avait jamais vu. L'année suivante, 2015, le coût passa à 35 milliards, et en 2016, il devrait augmenter à 70 milliards."


Pendant de nombreuses années, les politiciens ont réussi à berner le peuple suédois en lui faisant miroiter que même si l'immigration représente un coût initial élevé, les immigrés permettraient bientôt au pays de rentrer dans ses frais et de faire des profits. Maintenant, de plus en plus de travaux de chercheurs indiquent que les immigrés demandeurs d'asile trouvent rarement du travail, voire jamais. Le quotidien Sydsvenskan rapporta en février, par exemple, que 64% des immigrants de Malmö sont toujours au chômage après avoir vécu en Suède pendant dix ans. Le gouvernement calcule ouvertement dans son budget que dans les quatre ans qui viennent, 980'000 personnes vivront en tout ou en partie de prestations d'assurance maladie, de pensions d'invalidité, d'allocations-chômage, de "prestations d'intégration" ou d'assistance sociale.

Les Suédois, qui ont payé sans pleurnicher de nombreuses années durant les impôts les plus élevés du monde, expriment désormais au travers des réseaux sociaux leur colère de voir leur argent bénéficier aux citoyens d'autres pays. De plus en plus de Suédois choisissent d'émigrer de Suède, principalement pour d'autres pays nordiques, mais aussi vers l'Espagne, le Portugal et la Grande-Bretagne, où les taxes sur les pensions de retraite sont beaucoup moins élevées.

Mais il y a des problèmes plus graves que le seul aspect économique. Un sentiment d'insécurité et de peur a saisi les nombreux Suédois qui vivent près des centres d'asile. À un certain niveau, le gouvernement semble avoir compris le danger: dans une récente décision de continuer à maintenir les contrôles aux frontières, le Ministre de l'Intérieur Anders Ygeman écrit:

"L'Agence Suédoise pour les Urgences Civiles, le MSB (Myndigheten för samhällsskydd och Beredskab), relève que le flux des migrants représente encore des défis pour faire respecter la sécurité dans la société, pour maintenir certaines fonctions publiques importantes, entre autres choses. Plusieurs de ces défis devraient persister dans le temps. L'Autorité de police évalue toujours qu'il existe une menace grave pour l'ordre public et la sécurité intérieure. Le service de l'immigration préconise toujours des contrôles aux frontières."


En dépit de ces mots inquiétants, les politiciens ne semblent toujours pas comprendre que beaucoup de Suédois expérimentent déjà "une menace grave pour l'ordre public et la sécurité intérieure" au quotidien. Les nouveaux centres d'asile ouvrent à un rythme alarmant, contre la volonté des personnes qui vivent à proximité. Dans la banlieue de Stockholm de Spånga-Tensta, le 15 avril, les autorités locales tinrent une réunion publique dont le but était de permettre aux résidents locaux de poser des questions aux politiciens et aux fonctionnaires sur un projet de nouveau logement prévu pour 600 migrants - à côté d'une école. La réunion, qui a été filmée, montra un vent de rage dans l'assemblée, beaucoup criant qu'ils allaient se battre "jusqu'à leur dernier souffle" pour empêcher ces plans de se matérialiser.

Certains des commentaires et des questions étaient:

"Nous avons vu combien de problèmes il y a eu avec d'autres centres d'asile - des coups de couteau, des viols et du harcèlement. Comment pouvez-vous garantir la sécurité pour nous autres citoyens? Cela va créer un sentiment de division, qui va créer la haine! Pourquoi ces grandes maisons, pourquoi pas de plus petites avec dix personnes dans chaque? Pourquoi ne demandez-vous pas, à nous qui vivons ici, si nous voulons cela? Comment vivrons-nous en sécurité?"

"Nous avons déjà des problèmes au niveau des centres d'asile existants. Il est irresponsable de créer une situation mettant en péril la santé de nos propres enfants, avec des gens qui ne se sentent pas bien et sont dans le mauvais environnement. Pourquoi cette maison juste à côté d'une école? Quelle est votre analyse?"

"Est-ce que les Suédois sont autorisés à vivre dans ces centres? Nos jeunes n'ont nulle part où aller. Vous autres politiciens, vous devriez résoudre le problème du logement pour les gens qui vivent déjà ici, pas pour toutes les personnes dans le monde."


Lorsque le président de la réunion, le représentant du Parti écologiste Awad Hersi, d'origine somalienne, remercia le public pour ses questions sans donner la moindre réponse, l'ambiance vira quasiment à l'émeute. Les gens criaient: "Répondez! Répondez à nos questions! Nous exigeons des réponses!!"

Tout indique que les Suédois, dociles jusqu'à présent, semblent en avoir assez de la politique d'immigration irresponsable qui a été menée depuis de nombreuses années tant par des gouvernements socialistes que conservateurs.

Les gens sont furieux de la vague de viols qui a donné à la Suède le deuxième taux le plus élevé de viol au monde, seul le Lesotho faisant pire, et qui a récemment forcé la police d'Östersund à émettre un avertissement aux femmes et aux jeunes filles pour leur dire de ne pas aller à l'extérieur seules après la nuit tombée. Les gens ont peur: le nombre de meurtres et d'homicides a grimpé en flèche. Au cours des trois premiers mois de cette année, il y a eu 40 meurtres et 57 tentatives de meurtre, selon les statistiques compilées par la journaliste Elisabeth Höglund.

Les autorités ont longtemps affirmé que la violence létale en Suède est sur le déclin, mais en la comparant avec une année record, 1989, où l'immigration de masse vers la Suède était déjà en plein essor. Si quelqu'un essayait plutôt de comparer le présent aux années 1950 et 1960, alors que la Suède était encore un pays homogène, le taux de meurtres et homicides aurait doublé. Récemment, le Conseil national suédois pour la prévention du crime, le BRÅ (Brottsförebyggande de rådet), dut admettre que la violence meurtrière ne faisait en fait qu'augmenter en 2015, lorsque 112 personnes furent tuées - 25 de plus que l'année précédente. Il a également révélé que la seule catégorie de violence meurtrière à avoir baissé était celle des homicides commis par des Suédois ivres, tandis que le nombre d'assauts façon gangster effectués par des immigrants augmentait de façon spectaculaire. L'amélioration des soins de traumatologie aux blessés aide aussi à tirer vers le bas le décompte des meurtres et des homicides.

Un récent sondage montre que 53% des Suédois pensent que l'immigration est désormais le sujet le plus important pour le pays. L'évolution depuis 2015 est dramatique - l'année dernière, seulement 27% affirmaient que l'immigration était le point le plus important. Un autre sondage montre que 70% des Suédois estiment que le montant de l'immigration en Suède est trop élevé. C'est la quatrième année consécutive de hausse de ce scepticisme quant à l'ampleur de l'immigration.

De plus en plus de gens semblent aussi se soucier de l'avenir de la Suède en tant que démocratie avec le nombre croissant de musulmans - non seulement à cause de l'immigration continuelle, mais aussi à cause de la fécondité supérieure des femmes musulmanes comparée à celle des Suédoises.

Comme les statistiques sur les croyances religieuses ne sont plus maintenues, nul ne sait exactement combien de musulmans résident en Suède. L'année dernière, un sondage montra que les Suédois pensent que 17% de la population est musulmane, tandis que le nombre réel, selon l'institut de sondage Ipsos Mori, serait plus proche des 5%. La société n'explique pas la façon dont elle parvient à ce chiffre, et il est selon toute vraisemblance beaucoup trop faible. Ipsos Mori a probablement compté de combien de membres disposent les congrégations et organisations musulmanes, mais l'islam est aussi une culture, et le pays est également touché par des musulmans qui vivent selon la tradition islamique sans pratiquer leur foi au sein d'une organisation répertoriée.

En 2012, le journal alternatif suédois Dispatch International calcula combien de musulmans furent enregistrés comme résidents de la Suède sur la base du registre des noms suédois. Le nombre était d'environ 574'000, plus ou moins 20'000. Pour des raisons évidentes, les clandestins et les demandeurs d'asile n'étaient pas inclus. Le nombre réel pourrait donc avoir été beaucoup plus élevé.

Depuis lors, près de 300'000 personnes ont demandé l'asile en Suède. Tous n'ont pas vu leur demande approuvée, mais malgré cela, très peu quittent la Suède. Le Service de l'immigration a expliqué au Gatestone Institute que seules 9'700 personnes ont été expulsées l'année dernière. La plupart des demandeurs d'asile étant musulmans, cela signifie que le nombre de musulmans en Suède se rapproche rapidement d'un million, soit 10% de la population.

Selon le Dr Peter Hammond dans son livre Slavery, Terrorism and Islam: The Historical Roots and Contemporary Threat explique ce qui est toujours survenu à travers l'histoire lorsque le nombre de musulmans augmente dans un pays. Ce sont certes des généralités, mais Hammond décrit les paliers suivants:

  •  Tant que les musulmans ne représentent qu'environ 1% de la population, ils sont généralement considérés comme une minorité pacifique qui ne dérange personne.
  • A 2-3%, certains commencent à se livrer au prosélytisme auprès d'autres minorités et de groupes de mécontents, surtout en prison et parmi les gangs des rues.
  • A 5%, les musulmans acquièrent une influence déraisonnable par rapport à leur poids dans la population. Beaucoup demandent que la viande soit abattue selon le rite halal et font pression sur l'industrie alimentaire pour qu'elle la produise et la vende. Ils commencent également à travailler auprès du gouvernement pour qu'il leur accorde l'autonomie en vertu du droit de la charia. Hammond écrit que le but de l'islam n'est pas de convertir le monde entier, mais plutôt d'établir la charia partout dans le monde.
  • Quand les musulmans atteignent 10%, historiquement, le niveau d'anarchie augmente. Certains commencent à se plaindre de leur situation, déclenchent des émeutes et des incendies de voitures, et menacent les gens qu'ils estiment insulter l'islam.
  • A 20%, de violentes émeutes éclatent, des milices djihadistes sont formées, des gens sont assassinés, et des églises et des synagogues sont incendiées.
  • Quand les musulmans atteignent 40% de la population, les massacres sont généralisés, les attaques terroristes constantes et une guerre de milice s'installe.
  • A 60%, la persécution des non-musulmans est désinhibée, le nettoyage ethnique sporadique amène à de possibles génocides, la charia et la jizya (la taxe pour la "protection" que les incroyants doivent payer) sont mises en œuvre.
  • Quand il y a 80% de musulmans dans le pays, ils prennent le contrôle de l'appareil gouvernemental et engagent alors la violence au nom de l'islam ou du pouvoir politique, comme par exemple en Syrie, en Afghanistan, au Pakistan et en Irak.
  • Lorsque 100% des habitants sont musulmans, la paix est censée venir dans la maison de l'islam - d'où l'affirmation que l'islam est "religion de paix". [NdT: mais en fait les massacres continuent entre branches concurrentes de l'islam ou contre les musulmans trop "modérés"...]

Hammond écrit aussi que dans de nombreux pays, comme en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Suède, la plupart de la population musulmane vit dans des enclaves islamiques - et préfère apparemment ne pas être assimilée dans une société occidentale. Ce détachement renforce le groupe en interne, ce qui permet aux musulmans d'exercer une puissance plus grande que leur proportion au sein de la population pourrait laisser croire.

La description de Hammond de la limite de 10% décrit la Suède avec pertinence. Dans les zones dites d'exclusion, les incendies de véhicules sont quotidiens et des émeutes se produisent dans les villes. (Pour ne citer que quelques exemples, il y eut de graves émeutes à Malmö en 2008, à Göteborg en 2009, à Stockholm en 2013 et à Norrköping et Växjö en 2015.) Parfois, les troubles commencent après qu'un musulman local a été arrêté ou abattu par la police. Les dirigeants musulmans acquiescent alors immédiatement aux réactions de colère de leur peuple. Pendant les émeutes de Husby en 2013, Rami Al-Khamisi de l'organisation de la jeunesse Megafonen, écrivit: "Nous pouvons comprendre pourquoi les gens réagissent de cette façon."

L'artiste Lars Vilks, qui dessina le prophète Mahomet comme une statue de chien bricolée, a été la cible de plusieurs tentatives d'assassinat et vit désormais sous protection policière permanente.

Pourtant, quasiment personne en Suède ne semble prêt à évoquer ces problèmes et de la façon dont ils s'articulent. Pendant des mois, le Gatestone Institute appela des politiciens, des fonctionnaires, des organisations et divers groupes minoritaires, pour leur demander ce qu'ils pensaient de l'islam en Suède. Estimaient-ils que l'islam était compatible avec la démocratie, la liberté d'expression et l'égalité devant la loi - et que leur réponse soit oui ou non, de quelle manière?

Les questions semblèrent susciter colère et peur. Certaines des personnes que nous avons appelé répliquèrent que ces simples questions les offensaient, tout en assurant leurs interlocuteurs que l'islam ne posait aucun problème pour la Suède. D'autres semblèrent effrayés et refusèrent de parler. Dans l'espoir d'obtenir au moins quelques réponses honnêtes, nous nous présentâmes alors comme de simples citoyens suédois ordinaires et préoccupés. D'innombrables personnes raccrochèrent alors le téléphone, et en général, de nombreuses réponses illustrèrent une ignorance abyssale de l'islam, des conséquences de l'islamisation d'un pays, ou des difficultés auxquelles la Suède est confrontée.

Le pays ne semble absolument pas préparé à ce qui l'attend.

-- Ingrid Carlqvist

 


 

Et si vous voulez entendre Ingrid Carlqvist, rien de mieux qu'une vidéo qui explique également comment un pays calme et paisible a vu une augmentation annuelle de 1'472% des viols, devenant le deuxième pays du monde à en souffrir, juste derrière le Lesotho, donc.

 

28 mai 2016

France: le bras de fer fatal

Difficile semaine pour nos voisins français. Aux jours de manifestations et d'émeutes saccageant les centres-villes succédèrent les blocages stratégiques de l'approvisionnement et les queues à la pompe. Tout cela parce qu'il ne serait pas assez "républicain", n'est-ce-pas, de simplement demander un référendum au bas peuple...

france,syndicats,françois hollande,droit du travail,réforme

Au cœur du débat, la Loi El Khomri, une tentative tardive, maladroite et rapidement dévoyée de réformer le droit du travail français et sa complexité kafkaïenne. L'épopée de ce texte de loi aura eu le mérite de briser les dernières illusions quant à la viabilité du socialisme de gouvernement.

François Hollande décida de mener une ultime réforme pour finir son quinquennat raté sur une note positive. Il souhaitait passer pour un réformateur responsable non seulement auprès de ses supérieurs de l'Union Européenne, mais aussi aux yeux des électeurs centristes, gages de son accession au second tour des présidentielles de 2017. Dans son style inimitable, il se prit magistralement les pieds dans le tapis, réussissant le tour de force de force de se mettre un pays entier à dos à un an du vote pour sa réélection.

Les Français purent à l'occasion découvrir le dirigisme éhonté de leur exécutif: droit dans ses bottes de la Ve République, il lança un projet de loi que l'Assemblée nationale n'avait plus qu'à valider, musela sa propre majorité avec le fameux article 49-3 de la Constitution et tenta d'interdire les manifestations. Les frondeurs socialistes firent autant de bruit que possible mais, pas fous, échouèrent comme par hasard à deux voix près à lancer une motion de censure pour renverser le gouvernement.

Le texte poursuit donc son petit bonhomme de chemin. Les règles sont parfaitement respectées dans la forme, mais sur le fond, on est aussi éloigné que possible d'un processus démocratique sain: absence de concertation préalable des acteurs dans l'avant-projet, court-circuit des instances législatives établies, coups de menton et menaces alors que le pays vire à l'émeute puis au blocage complet - le tout alors que la France est sous état d'urgence depuis les attentats terroristes de fin 2015, ce qui en dit long sur l'état de délitement de l'autorité.

L'opposition syndicale s'arc-boute ; elle estime qu'il en va de son avenir. Malgré les divers affaiblissements du texte, l'article 2 subsiste, ouvrant le champ à des accords d'entreprise prioritaires vis-à-vis des accords de branche âprement négociés par les centrales. Même si la CFDT, FO et la CGT divergent sur la portée de cet article, il reste largement dans la gorge des organisations syndicales. La CGT est d'autant plus en fer de lance sur la Loi El Khomri qu'elle joue gros, craignant de perdre sa place de premier syndicat français lors des élections syndicales de 2017.

france,syndicats,françois hollande,droit du travail,réformeLes deux camps rivalisent de jusqu'au-boutisme. François Hollande et Manuel Valls, emportés par le Verbe, annoncent désormais que "tout retour en arrière est impossible". Ils ont pour eux la gendarmerie, les CRS, les médias, ce qu'il reste des leviers du pouvoir... Mais aussi des couacs en interne et la peur de la rue. L'union sacrée se lézarde. En face, la CGT, entraînée depuis ses origines communistes à saboter le pays pour le faire tomber comme un fruit mûr entre les mains de l'Armée Rouge, paralyse les centres névralgiques de la France comme elle sait si bien le faire: dépôts pétroliers, énergie, transports, tout y passe, au risque de perdre le soutien des Français opposés à la Loi travail. Quelle ironie de voir la CGT réduite à agiter le spectre du Grand Soir contre une réforme portée par un gouvernement socialiste!

En temps normal, le gouvernement aurait parié sur un vote rapide du texte et un pourrissement des mouvements d'opposition avec le retour des beaux jours et les vacances d'été - le seul calendrier permettant à François Hollande de se ménager un bref répit avant son unique objectif, la campagne des présidentielles de 2017. Malheureusement, le timing s'avère désastreux. Non seulement l'opposition est plus déterminée que prévu, mais l'Euro 2016 débute en juin et mettra encore davantage la France sous le feu des projecteurs internationaux. De quoi marquer durablement l'image du pays à l'étranger.

Le cauchemar risque d'être total: un Euro 2016 gâché par des grèves et des manifestations, des actions de guérilla de la CGT pour paralyser les transports en commun, les retransmissions ou l'approvisionnement en électricité des rencontres sportives... Le tout dans une France en plein état d'urgence et sous plan Vigipirate alors que la menace terroriste plane.

L'image de la France souffre et promet de souffrir encore. La gauche n'a pas l'habitude de négocier ; elle préfère manier l'anathème et la violence. Les approches binaires du ça passe ou ça casse ont malheureusement leurs limites. Lorsque le dialogue laisse sa place à la confrontation, lorsque chaque camp passe en revue ses troupes plutôt que ses arguments, lorsque tout se ramène à un simple bras de fer, à la fin de la journée, il reste un perdant sur le carreau.

François Hollande et Manuel Valls jouent leur destin politique ; la CGT joue sa survie. Avec ces enchères stratosphériques, la sanction devient insurmontable. Il n'est plus possible de reculer. On peut donc s'attendre à ce que les troubles débordent sur l'Euro, et à ce que l'arrivée des mois d'été ne suffise pas à éteindre l'incendie.

La lutte contre la Loi El Khomri sera un combat de longue haleine qui pourrait perdurer, comme une douleur lancinante qu'aucun remède ne parvient à calmer, jusqu'aux élections présidentielles de 2017, emportant pour de bon les dernières chances de M. Hollande d'accéder au second tour.

24 mai 2016

La politique de l'Autriche

Le soulagement était palpable au sein des médias, hier en fin d'après-midi, lors de l'annonce des résultats officiels définitifs: Alexander Van der Bellen a finalement été élu Président de la République d'Autriche devant Norbert Hofer du Parti de la Liberté (FPÖ).

A l'issue du dépouillement de 100% des bulletins comptabilités dans les urnes, le candidat du FPÖ était en tête avec 51,9% des voix contre 48,1% pour Alexander Van der Bellen, officiellement soutenu par les écologistes. Le dépouillement des votes par correspondance concernant 14% des suffrages aura fait la différence. Au final, M. Van der Bellen l'emporte avec 50,2% et une avance de 31'026 voix.

autriche,fpö,norbert hofer,alexander van der bellen,électionsAu lieu du putatif extrémiste du FPÖ, l'Autriche se retrouve avec pour président un si grand démocrate qu'il déclara que jamais il ne nommerait un Chancelier fédéral du FPÖ "même si ce parti devait gagner les élections".

La résistance du système est étonnante. Tout était en place pour une nouvelle alternance. L'avance du candidat vainqueur du premier tour semblait difficile à rattraper, même si, on s'en doute, l'establishment prit immédiatement des mesures pour se maintenir. Exit l'impopulaire chancelier SPÖ Werner Faymann, qui abandonna son poste une semaine avant le scrutin. Restriction immédiate du droit d'asile (sur le papier en tout cas), là aussi entre les deux tours de l'élection présidentielle. Les deux grands partis au pouvoir poussèrent le vice jusqu'à soutenir Alexander Van der Bellen en transmettant les consignes de vote en toute discrétion, afin que leur impopularité ne nuise pas au dernier poulain en lice.

Les médias furent prompts à pointer du doigt une Autriche coupée en deux: d'un côté les riches, éduqués, urbains, votant en faveur d'un candidat pro-européen dans la continuité ; de l'autre, les pauvres, les ignorants, les ouvriers, les campagnards, en faveur de la rupture. Le trait est grossier. On voudrait faire passer les partisans du Parti de la Liberté pour une sorte de lumpenprolétariat qu'on ne s'y prendrait pas autrement - et ce, de la part même de ces élites soi-disant pétries d'humanisme à l'égard des plus pauvres.

La rupture perçue était-elle vraiment du côté de Norbert Hofer et du Parti de la Liberté? Ne se trouverait-elle pas plutôt dans la politique actuelle d'accueil de hordes de réfugiés qui changent rapidement la structure démographique et culturelle de l'Autriche? Derrière les étiquettes, des explications apparaissent et sont conformes avec cette analyse:

L'Autriche perd de la compétitivité sur ses produits industriels, le chômage progresse, il est à un niveau record dans son calcul national.

Chauffés à blanc par le discours de la FPÖ, les ouvriers autrichiens s'inquiètent de la concurrence à bas coûts des migrants, ils ne voient plus de moyen d'amélioration de leur situation. Ils craignent une déchéance et voient dans l'option nationaliste le seul moyen d'éviter cette déchéance.


D'autres populations en Europe fourbissent le même raisonnement. Les couches les plus vulnérables sont les premières victimes de la situation européenne actuelle. Working poors déjà assommés par les taxes et le coût de la vie, ils se retrouvent en concurrence avec des migrants que le patronat veut "intégrer" au marché du travail (à travers de coûteuses formations payées par eux et auxquelles ils n'ont pas accès) et doivent subventionner le reste, une grande masse d'immigrés économiques illégaux impossibles à employer à quoi que ce soit de productif et qui vivront aux crochets de la social-démocratie autrichienne, probablement jusqu'à ce qu'elle s'effondre.

En ville et en particulier à Vienne, ancienne capitale de l'empire, fonctionnaires, coupés du réel ou profitant carrément de la crise, recevant des salaires suffisamment élevés pour voir venir pendant encore quelques temps, épargnés par les centres d'accueil de migrants qu'on installe loin de leurs quartiers, les électeurs d'Alexander Van der Bellen ne font certainement pas preuve d'optimisme mais souhaitent avant tout la continuité. Le changement les effraie parce qu'ils auraient, pensent-ils, trop à perdre.

Alexander Van der Bellen l'a emporté... Sur le papier. La carte du scrutin montre réellement ce qu'il en est:

austria_final_breakdown.jpg

Les zones en bleu sont celles du perdant. Celles où le FPÖ finit en tête, malgré la pression internationale, médiatique, politique, enjoignant à ne pas élire M. Hofer. La participation était en hausse au second tour: le score du candidat de la droite conservatrice montre qu'il a recruté bien au-delà de son camp. Rarement défaite aura eu pareil goût de victoire.

Le candidat de la gauche a également élargi sa base électorale - mais dans une toute autre direction. Un flyer de campagne fait le buzz sur internet et montre jusqu'où les partisans du statu-quo sont prêts à aller pour conserver le pouvoir:

van_der_bellen_turc.jpg
Imprimé électoral rédigé en turc enjoignant à voter pour M. Van der Bellen

La libanisation de l'Europe s'accélère et les électeurs seraient bien inspirés de se demander pour quel peuple travaille leurs candidats.