27 juillet 2014

La France calcifiée

Pendant que François Hollande "sent" la reprise, les rapports se suivent et se ressemblent - avec parfois des fuites dans la presse, dont on se demande s'il s'agit bien de fuites ou plus de ballons d'essai pour mesurer la réaction de l'opinion. Dernier sujet en date, les professions libérales réglementées, un oxymore sorti tout droit du légalisme français.

Une profession libérale désigne selon Wikipedia "toute profession exercée sur la base de qualifications appropriées, à titre personnel, sous sa propre responsabilité et de façon professionnellement indépendante". Mais dans le cas qui nous concerne l'Etat contrôle la plupart du temps autant l'octroi de ces qualifications que le reste - du tarif des prestations au nombre d'individu en droit d'exercer. L'encadrement de l'Etat a donc tôt fait de transformer des métiers entiers en rentes de situation: Huissiers, avocats, notaires ou pharmaciens, offrant autant de chasse gardée à leurs membres aux dépens des consommateurs.

Cette analyse n'est pas la mienne mais celle d'un rapport reçu en mars, commandé par le très socialiste Pierre Moscovici alors qu'il occupait Bercy. Ébruité dans la presse en juillet dans les Echos, le Figaro livre à son tour ses analyses, puis dernièrement Le Monde, qui affirme avoir épluché les 700 pages du document.

Les avantages financiers liés à la profession protégée sont bien réels ; "leur bénéfice net avant impôt représente en moyenne 19 % de leur chiffre d'affaires, soit 2,4 fois la rentabilité constatée dans le reste de l'économie", explique le Figaro, et de conclure:

Le rapport estime que des réformes ciblées sur certaines professions (fin de certains monopoles, modification de la fixation des tarifs réglementés…) pourraient générer une baisse des prix de 10 à 20 % dans les secteurs concernés. Le surcroît d'activité attendu pourrait aller jusqu'à 0,3 point de PIB, selon certaines estimations.


On peut discuter longtemps de ce chiffre - un peu moins de 8 milliards d'euros - mais une chose est claire: cet argent est drainé du pouvoir d'achat des Français à travers l'obligation légale de recourir à des professions protégées par un monopole. A une époque où le moindre dixième de croissance se fait furieusement désirer, la lutte pour le magot s'annonce âpre.

Une infographie donne un aperçu très visuel non seulement du salaire moyen que peut espérer le membre d'une de ces professions, mais aussi de leur nombre:

professions_liberales_reglementees.png(cliquez pour agrandir)

Comme on le voit, si les 224 greffiers de tribunaux du commerce ont tout pour attirer sur eux l'ire populaire, leur petit nombre rend quasiment anecdotique l'élimination de leurs avantages. Il n'en est pas de même pour les avocats, les notaires ou les "professionnels du conseil" - un fourre-tout où comme pour l'ensemble des professions techniques l'intervention de l'Etat n'a rien d'indispensable. Et à propos, faut-il vraiment un blanc-seing de l'administration française pour enseigner le ski?

Les professions protégées peuvent naturellement compter sur leurs relais médiatiques comme les "décodeurs" du Monde. La rubrique bien mal nommée ne décode rien du tout, mais tente simplement de tirer des larmes au lecteur en brodant sur la misère forcément terrible, d'un notaire de l'Ariège ou d'un pharmacien ardéchois. N'y cherchez ni statistiques de l'INSEE ni comparaison internationale, par exemple. Les commentaires sont peu amènes: "l'immobilier a plus que doublé en 15 ans. On se demande comment ces malheureux vivaient avant", lance un internaute.

Pourtant, il y a effectivement des pans entiers du territoire français où l'immobilier est sinistré, le petit nombre de transactions ne permettant pas aux professionnels de joindre les deux bouts. Les déserts médicaux existent tout autant. Les exemples soulevés sont bien réels ; ils sont juste cachés par la moyenne de la branche. Et ils ne justifient certainement pas un maintien du statu-quo.

Tirons de tout ceci un certain nombre de conclusions.

Au pied du mur, même des socialistes cherchent des réformes libérales. A cette heure, impossible de savoir quelle stratégie adoptera le gouvernement français, ni même s'il fera quelque chose. Mais l'existence de ce rapport montre que les pistes sont à l'étude. Qui aurait pensé qu'un gouvernement socialiste soit prêt à s'en prendre à des monopoles légaux pour libérer le pouvoir d'achat des Français? Peut-être poussé par l'Europe, le pragmatisme semble enfin être en mesure de l'emporter sur l'idéologie et le clientélisme.

Le foisonnement des professions réglementées dresse un triste portrait de la calcification française. Certaines professions sont protégées par une réglementation depuis... 1945! Et aujourd'hui, quasiment soixante-dix ans plus tard, on réaliserait d'un coup que le carcan qui établit leur monopole nuit à la collectivité? Après des décennies d'alternance aux affaires où chaque gouvernement s'est évertué non seulement à ne rien libéraliser mais carrément à en rajouter? Soit le mode de calcul a changé, soit tous les gouvernements successifs ont fait preuve d'une rare incompétence - à chacun de tirer ses propres analyses.

La société française est bloquée et si l'Etat n'a plus la force d'abolir ses réglementations absurdes, Internet le fera. La bataille de l'immobilisme est perdue.

Des gens sont d'ores et déjà ruinés. La plupart des professionnels actuels dont les bénéfices sont liés à une charge ont payé, souvent très cher, leur accès au cénacle, rachetant qui une étude, qui une pharmacie, qui une plaque de taxi parisien. Le prix de ces "pas-de-porte" particuliers est directement lié au monopole dont ils bénéficient ; qu'il se brise et leur valeur s'effondre. Or, il est sans doute déjà trop tard: après avoir eu connaissance de l'existence ce rapport, quel jeune clerc de notaire risquera, en 2014, de s'endetter sur trente ou quarante ans pour reprendre l'étude où il travaille? L'incertitude à long terme est bien trop grande.

Les premiers vrais profiteurs de ces rentes de situations sont à la retraite ou morts de vieillesse depuis longtemps. Restent leurs successeurs, tentant à crédit de répéter leur succès. Mais ils ont échoué - ceux qui s'apprêtaient à prendre la relève réorienteront leur carrière en urgence. Personne ne sera plus là pour racheter leur affaire à prix d'or à l'heure du départ à la retraite. Nous en aurons un aperçu les prochains mois alors que les signes de panique se répandent dans les professions concernées.

Réformer ou faire croire que l'on va réformer revient au même. La crédibilité financière des officines des professions protégées est en miettes. Ce n'est pas le karma mais ça y ressemble: tout individu qui s'apprête à embrasser une profession confortablement protégée par l'Etat devrait se rappeler que celui-ci peut retirer son agrément sans préavis ni compensation. En guise de "sécurité" il est difficile de s'exposer davantage...

Fallait-il être naïf pour croire l'Etat capable d'assurer une protection perpétuelle! Bâtir sa carrière sur une chimère expose inévitablement à de graves désillusions.

17 juillet 2014

La prison dérange peu les socialistes

...En France, dès lors qu'elle vise des adversaires politiques.

france,justice,liberté d'expression,prisonLa sanction appliquée à l'encontre d'Anne-Sophie Leclere, ex-tête de liste FN aux municipales à Rethel (Ardennes) suite à une image comparant Christiane Taubira à un singe relayée sur Facebook n'en n'en finit pas de provoquer le buzz ; à ceux qui saluent la fermeté de la justice, visiblement minoritaires sur Internet, s'opposent les voix de ceux qui sont abasourdis par l'incroyable sévérité de la peine.

Le Tribunal de Grande Instance de Cayenne est allé au-delà des réquisitions, déjà lourdes, du parquet. Neuf mois de prison ferme, 5 ans d'inéligibilité, 50'000 euros d'amende, de quoi ruiner une vie. Le Front National, qui avait immédiatement coupé les ponts avec la jeune femme dès connaissance de l'affaire, se retrouve lui aussi condamné à 30'000 euros depuis une base légale qu'on aimerait bien connaître. Les peines fiduciaires sont au bénéfice du mouvement Walwari...

Laurent Obertone, le journaliste de talent auteur de France Orange Mécanique donne un aperçu de ce qu'il faut faire dans des circonstances normales pour atteindre une peine de 9 mois de prison ferme - des circonstances normales se définissant ici comme des crimes de droit commun sans implication politique. La liste est tirée d'articles de presse et fait froid dans le dos.

Pour prendre neuf mois ferme en France, il faut:

  • forcer un barrage et blesser sept policiers (Ouest-France, 1er juillet 2014)
  • tabasser sa femme jusqu'à lui briser les côtes et agresser un unijambiste à l'aide d'une massue à pics (L'Observateur du Valenciennois, 9 mai 2011)
  • donner un coup de tête à un cheminot (Le Parisien, 21 janvier 2014)
  • agresser un chauffeur de bus et un passant (Le Phare dunkerquois, 28 décembre 2012)
  • attaquer une famille et menacer de mort des policiers sous l'emprise d'alcool et de cannabis, en état de récidive (Ouest-France, 14 février 2013)
  • tirer des coups de feu sur quelqu'un (L'Observateur du Douaisis, le 29 octobre 2011)
  • être président local de SOS racisme, militant anti-violence, et défigurer sa compagne à coups de pied au visage, "avec acharnement", jusqu'à lui déchausser quatre dents, lui fracturer le nez, la couvrir de sang des pieds à la tête (la Voix du Nord, le 9 août 2012)
  • se livrer à une séance de torture raciste sur un étudiant blanc - agression, séquestration, vol - (Metro, 20 juin 2013).

 
Et de nombreux crimes abominables sont punis de peines de prison moins longues... Autrement dit, pour subir neuf mois d'incarcération en France, il ne faut pas y aller avec le dos de la cuiller.

Dans l'affaire qui nous concerne tous les voyants étaient au rouge: l'accusation portait sur le racisme, l'accusée était candidate du FN, la victime Garde des Sceaux et socialiste, l'affaire jugée dans un tribunal guyanais (alors même que le procès aurait dû avoir lieu dans la région de la défense, soit l'Est de la France), aucun avocat ne daigna prendre la défense de l'accusée, et pour couronner le tout le président du tribunal appartenait au tristement célèbre Syndicat de la Magistrature, profondément ancré à gauche et proche de Christiane Taubira. Carton plein!

La procédure d'appel se déroulant elle aussi en Guyane française, bien malin qui peut dire ce qui en sortira. Il est néanmoins assez symptomatique de constater, à gauche, le contraste entre la satisfaction de voir une commerçante de 33 ans clouée au pilori, et le mépris habituellement affiché pour les prisons et les peines privatives de liberté en général. Comme le dit Laurent Obertone, "la répression est donc une solution ? La prison n'est plus l'école du crime ?"

Il faut croire que oui. Tout dépend du criminel, du crime et de la victime, dira-t-on pudiquement.

"Je pense que si je n'avais pas porté l'étiquette Front National à cette époque-là, je n'aurais pas été condamné aussi lourdement", estime l'ex-candidate. Raciste ou pas, elle n'est pas idiote.

En attendant, la justice française n'a plus de bandeau sur les yeux. Les Français non plus.

11 juillet 2014

Quand les communistes aimaient les nazis

"Polémique: Un élu compare le PS aux nazis" titra Le Matin dans son édition de lundi. Un élu de la commune de Vernier se serait ainsi livré sur son blog à une odieuse comparaison apparentant le parti-national socialiste d'Adolf à un mouvement socialiste parmi tant d'autres, dont celui des socialistes suisses...

Effacée depuis, la phrase incriminée ne put échapper à la vigilance du journaliste de garde. Il y avait péril en la demeure puisque l'individu serait un "récidiviste", ayant osé une autre comparaison du même acabit il y a trois ans à peine! Les rôles étaient distribués et le bûcher dressé. Tout était en place pour un procès médiatique retentissant... Mais le contraire se produisit. Au lieu du tollé attendu, un flot de commentaires allant en faveur de l'élu ou rappelant les accointances entre la gauche et le nazisme força Le Matin à supprimer promptement toute contribution des lecteurs sur le sujet. Caramba, encore raté!

Il faut croire que certains membres du grand public connaissent mieux l'histoire que nos journalistes au point de les troubler, car la proximité intellectuelle entre les mouvements totalitaires - nazisme, communisme, fascisme - est aussi ancienne que documentée.

Une si belle amitié

Dans le flot de l'histoire, attardons-nous sur un point particulier, la résistance française contre l'occupant nazi lors de la Seconde Guerre Mondiale où comme le mentionne l'historien François Furet "le PCF estime avoir été résistant avant même que le France ne soit occupée, avant même que la guerre ne commence". L'historiographie en marche...

L'épisode de la Seconde Guerre Mondiale est important parce que la thèse de la résistance au nazisme est centrale dans l'argumentation des communistes (et par extension de toute la gauche) pour démontrer, par sa haine du nazisme, le fossé sensé séparer les deux idéologies.

nazisme,communisme,histoireEn réalité, il n'en fut rien. Des documents d'époque établissent clairement que le Parti Communiste français ne rentra en résistance qu’en 1941, lors de la rupture du pacte germano-soviétique et l'ouverture du Front de l'Est. Si les communistes français prirent officiellement les armes contre les nazis, ce fut sur ordre de Moscou.

Mais avant? Les communistes étaient-ils prêts à en découdre en attendant juste une occasion? Pas vraiment. Comme le rappellent les professeurs Jean Marie Goulemot et Paul Lidsky dans un ouvrage au titre iconoclaste, l'ambiance fut excellente entre les communistes et les nazis aux premières heures de l'occupation, le tout au nom de la lutte contre la bourgeoisie:

Il est particulièrement réconfortant en ces temps de malheur de voir de nombreux travailleurs parisiens s’entretenir avec les soldats allemands, soit dans la rue, soit au bistro du coin. Bravo camarades, continuez même si cela ne plaît pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants ! La fraternité des peuples ne sera pas toujours une espérance, elle deviendra une réalité vivante.  (L’Humanité, 4 juillet 1940)


L'Humanité ne dut sa réimpression qu'à la bonne volonté de l'occupant face aux demandes réitérées du PC français. Les communistes, bon princes, invitaient les Français à collaborer avec leurs nouveaux maîtres. Le national-socialisme cohabitait en bonne entente avec la branche locale de l'internationale socialiste. Comme le dit la déclaration d'intention du 20 juin du PCF aux nazis, "notre lutte contre Bonnet, Dal, Ray, Man cela a facilité votre victoire", "pour l'URSS nous avons bien travaillé par conséquent par ricochet pour vous".

Enfin, si les communistes finirent par prendre les armes contre les nazis, c'était non à cause d'une opposition idéologique mais seulement à cause de circonstances propres à la guerre - les mêmes qui eurent aussi pour effet d'allier l'URSS de Staline aux États-Unis de Roosevelt sans que personne n'ose prétendre qu'une vision du monde rassemblât les deux pays.

La Seconde Guerre Mondiale jeta des peuples les uns contre les autres sans la moindre unité de doctrine. Autrement dit, la lutte armée entre l'Allemagne nazie et l'URSS n'est pas constitutive d'une incompatibilité idéologique.

Le socialisme comme valeur commune

La bonne entente temporaire entre les deux courants du socialisme donna lieu à un film documentaire récent, fort peu diffusé dans la sphère francophone (tout comme le film polonais sur le massacre de Katyn) mais éclairant bien des passerelles entre les deux idéologies. Rien n'est plus faux que le premier mythe du communisme, à savoir qu'il partirait de "bonnes intentions":

Le communisme c’est la guerre des classes, et la guerre des classes implique de liquider une partie de la population. Pour restructurer la société, il faut d’abord tuer non seulement les opposants, mais aussi les intellectuels, les meilleurs travailleurs, les ingénieurs, etc. Des groupes entiers de la société. C’est le genre d’ingénierie sociale qu’ont mis en œuvre Lénine et Staline, Mao et Pol Pot, pour ne citer que les plus sanguinaires. Cette ingénierie sociale forcée répond aussi à des critères ethniques lorsque des peuples sont considérés comme trop réactionnaires. Karl Marx et Friedrich Engels prônaient eux-mêmes « l’extermination des Serbes et autres peuplades slaves, ainsi que des Basques, des Bretons et des Highlanders d’Écosse », tous des peuples trop peu évolués pour la révolution communiste et faisant ainsi obstacle à l’inéluctable « progrès » de l’humanité.


Les communistes furent donc non seulement aussi racistes que les nazis mais ajoutèrent l'épuration de classe à l'inventaire de leurs massacres. Marx écrivit dans son journal que "les classes et les races trop faibles pour maîtriser les nouvelles conditions de vie..." devaient "périr dans l’holocauste révolutionnaire".

nazisme,communisme,histoireL'idéal socialiste ne s'embarrasse pas de sentiments. Si nazis et communistes divergeaient sur la méthode (nationalisme par la conquête ou internationalisme par la révolution) l'objectif du socialisme était partagé, d'où une collaboration de bon aloi entre les deux groupes:

De septembre 1939 à juin 1941, les Soviétiques [livrèrent] aux Allemands des groupes entiers de Juifs qui avaient fui l’occupant allemand. Le NKVD communiste [aida] à former la Gestapo nazie. Soviétiques et Allemands [discutèrent] ensemble de la manière dont il fallait résoudre la « question juive » en Pologne occupée. Les images d’archive de ces officiers soviétiques et allemands qui trinquent ensemble ou de cet officier communiste qui fait le salut nazi aux officiers SS devant un groupe de prisonniers juifs apeurés « rendus » aux Allemands sont sans équivoque. (...) La coopération entre le régime nazi et le régime bolchevique était un fait bien avant le Pacte Molotov-Ribbentrop et elle ne [s'arrêta pas] au simple partage des territoires d’Europe centrale entre les deux puissances.


Si le socialisme n'est pas une forme de nazisme, le nazisme est définitivement une forme de socialisme. Cet aspect était revendiqué par Adolf Hitler lui-même:

"Nous sommes socialistes, nous sommes les ennemis du système capitaliste tel qu'il existe c'est-à-dire basé sur l'exploitation de ceux qui sont économiquement faibles avec ses salaires injustes et l'estimation de la valeur de l'être humain qu'il établit à partir des seuls critères de richesse et de patrimoine plutôt que celles de responsabilité et de performance, nous sommes déterminés à détruire ce système par tous les moyens." (Adolf Hitler, discours du 1er mai 1927)


La Seconde Guerre Mondiale mit fin au nazisme mais tous ne furent pas tués. On connaît l'histoire de scientifiques recrutés par les Américains ou récupérés par les Soviétiques pour leurs programmes spatiaux respectifs ; ceux-ci firent carrière en dépit de leurs liens avec le régime nazi. Il n'en est pas de même avec les anciens SS recrutés par Fidel Castro pour former ses troupes cubaines ; ceux-là furent recruté explicitement à cause de leur passé.

Aujourd'hui encore, le néonazisme survit en Allemagne avant tout sur les territoires de l'ancienne RDA. Ce n'est pas un hasard.

Connaître l'histoire

Les socialo-communistes de notre époque ne sont pas des adeptes du nazisme, bien au contraire. Ils ont reçu comme tout le monde l'enseignement de la vérité officielle selon laquelle nazisme et communisme se sont combattus historiquement parce qu'ils étaient l'opposé l'un de l'autre. Il n'empêche que cette thèse est fausse. Le passé brosse un portrait nettement plus nuancé des relations entre deux idéologies apparentées.

Aussi, lorsqu'un individu mentionne que les nazis formaient un mouvement socialiste parmi tant d'autres, il n'exprime rien d'autre que les faits historiques, fussent-ils dérangeants. On peut comprendre que la gauche contemporaine se sente offusquée par une telle comparaison, mais au lieu d'intenter une action en justice pour faire taire le fauteur de trouble, elle devrait plutôt faire preuve d'humilité face à son passé... Et se livrer à davantage d'introspection.

Peut-on espérer que la haine légitime de la gauche envers le nazisme l'amène un jour à remettre en question les objectifs politiques qu'elle a en commun avec lui?

04 juillet 2014

Nicolas Sarkozy, problème français

Quand Nicolas Sarkozy est apparu aux Français mercredi soir il avait tout de l'animal blessé - animal politique, blessure de fierté.

sarkozy_garde_a_vue.jpgAussi discret que pouvait être le personnage depuis sa défaite à la présidentielle contre François Hollande, il est revenu sous le feu des projecteurs au cours d'une opération médiatique parfaitement orchestrée, preuve d'une maîtrise étendue de sa communication et de son image, mais aussi de ses relais. Quel justiciable "comme les autres" a jamais eu accès à un tel accès en prime-time pour un plaidoyer sans contradicteur?

M. Sarkozy ne pouvait bien sûr se contenter de jouer sa partition sans se livrer à sa tactique favorite, la contre-attaque. La justice française - muette dans le spectacle - est ainsi devenue une marionnette inféodée au pouvoir socialiste, pourchassant un innocent avec la dernière mauvaise foi. Les gentils, les méchants, TF1 ne diffuse pas du prêt-à-penser que pendant les pauses publicitaires.

La réalité n'est évidemment pas aussi simple. Comme le relevèrent de nombreux Français, il faut un certain culot pour prétendre être innocent et pur lorsqu'on est poursuivi par une demi-douzaine de chefs d'accusation portant sur autant d'affaires différentes.

Pourtant, il faut aussi le reconnaître, l'acharnement judiciaire existe lui aussi. On sait depuis plus d'un an que l'Elysée a mis en place un cabinet noir pour empêcher le retour politique de M. Sarkozy. Une des deux juges d'instruction en charge de l'affaire est membre d'un syndicat fortement engagé à gauche. La Garde des Sceaux Mme Taubira a montré par une incroyable gaffe que non seulement elle ment effrontément (ce dont chacun se doutait depuis longtemps) mais aussi que le gouvernement suit de près les soucis judiciaires de l'ancien président.

Que lui est-il reproché? Sur le dernier dossier en date, un mélange de soupçons fort peu étayés:

Les policiers cherchent à prouver que Nicolas Sarkozy aurait tenté d'obtenir des informations sur la décision que s'apprêtait à prendre la Cour de cassation sur le sort de ses agendas saisis dans le cadre de l'affaire Bettencourt.


Pour y parvenir, il aurait proposé un poste à Monaco à Gilbert Azibert, avocat général à la Cour de cassation, affirme-t-on. Problème, aucune parole ne le prouve de façon claire ; le poste en question n'a de loin rien de prestigieux ; l'homme ne l'a de toute façon pas obtenu ; enfin, ces conversations compromettantes n'ont été arrachées qu'après de longs mois d'écoute "à filet dérivant" entre un avocat et son client, au mépris du secret professionnel et des besoins de l'enquête pour laquelle elles avaient été réclamées en premier lieu...

On ne peut s'empêcher de penser que Nicolas Sarkozy a été mis sur écoute sur un prétexte, et gardé sous ce régime jusqu'à ce que l'on trouve quelque chose à se mettre sous la dent.

L'ancien président de la République n'est pas blanc comme neige pour autant. Slate fait l'inventaire des "dossiers" de Sarkozy et celui pour lequel il a été placé en garde-à-vue n'est ni le plus grave, ni le plus solide. De nouvelles pourraient encore s'ajouter à la longue liste, notamment sa responsabilité dans l'affaire des fausses factures entre l'UMP et Bygmalion pour le financement de sa campagne de 2012, où il paraît impensable qu'il n'ait été au courant de rien. Et pourquoi quelqu'un qui se prétend innocent de tout a-t-il besoin d'acquérir un second téléphone sous une fausse identité?

Si Nicolas Sarkozy a des raisons personnelles d'être furieux, c'est avant tout pour des questions de calendrier. Envisageant vraisemblablement son retour officiel à la rentrée, il aurait eu alors beau jeu de dénoncer les accusations le visant comme autant de tentatives d'obstruction lancées par François Hollande pour se prémunir contre lui en 2017. Mais en imposant leur agenda à Nicolas Sarkozy, les juges d'instruction l'ont pris de vitesse. L'actualité judiciaire l'a rattrapé dans sa retraite. Cela colorera d'une toute autre manière son avenir politique, où son retour est désormais perçu comme une fuite en avant à la Berlusconi pour espérer échapper à ses déboires judiciaires.

Entre des enquêtes trop liées au pouvoir socialiste et un politicien surjouant l'indignation, la confusion règne. Les socialistes sont empêtrés dans le discours sur l'indépendance de la magistrature alors que tout prouve le contraire. L'UMP hésite à soutenir un candidat gênant alors que tant d'ambitions se dévoilent pour 2017. En dépit de tout, les Français sont invités à renouveler leur confiance en leur classe politique puisque la thèse du "tous pourris" fait le jeu du Front National...

Des sondages au lendemain de sa prestation montrent que les Français sont très partagés. 47% se disent convaincus de son innocence, 49% de sa culpabilité: l'objectif de semer la confusion est donc atteint. Et si 69% des Français estiment qu'il n'y a pas eu d'acharnement judiciaire, 33% ne le jugent pas honnête.

Mais quelle importance devrait avoir l'opinion des Français dans une instruction judiciaire? La culpabilité ne doit pas dépendre de la popularité. En prenant les Français à témoin sur ses déboires personnels, Nicolas Sarkozy a détruit les derniers restes d'honorabilité dont pouvait encore disposer les magistrats. C'est la tactique de la terre brûlée. Qu'il finisse condamné ou non, la crédibilité des juges est en miette: le grand public ne verra plus que des desseins politiques à la moindre occasion. La Justice a été traînée dans l'arène médiatico-politique et n'en sortira pas indemne.

En France la politique semble phagocyter petit à petit tous les rouages de la société. Désormais même les notions d'innocence et de culpabilité s'effacent devant les considérations partisanes et les sondages d'opinion.

01 juillet 2014

Interdire le voile islamique, oui mais...

La décision de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) était attendue aujourd'hui et les juges de Strasbourg se sont prononcés: oui, il est encore possible, en Europe en 2014, d'interdire la burqa et le niqab.

voile.jpeg

La CEDH était saisie par une musulmane française refusant de payer l'amende de 150 € infligée au nom de la loi de 2010 sur le port du voile intégral, loi qui avait en son temps défrayé jusqu'au Conseil Constitutionnel.

La CEDH avait précédemment autorisé la France à interdire le foulard dans les établissements scolaires ; mais ce qui semble un renforcement de la jurisprudence n'en est pas un, car si l'interdiction précédente avait effectivement été acceptée au nom de la laïcité, il en est tout autrement du jugement de ce jour où l'aspect utilitariste de la mesure est le seul argument retenu. L'explication des juges est limpide à ce sujet:

"Consciente que l'interdiction contestée pèse essentiellement sur une partie des femmes musulmanes, elle relève qu'elle n'affecte pas la liberté de porter dans l'espace public des habits ou éléments vestimentaires qui n'ont pas pour effet de dissimuler le visage et qu'elle n'est pas explicitement fondée sur la connotation religieuse des vêtements mais sur le seul fait qu'ils dissimulent le visage."


En résumé, la Cour admet l'idée d'une interdiction de dissimuler le visage tant que cette interdiction ne cible pas "une religion en particulier". Cette ligne bizarrement tracée est le fait du gouvernement français lui-même, qui plaida que l'interdiction s'appliquait tout autant aux gens masquant leur visage à l'aide d'une cagoule ou d'un casque de moto. Les réunions d'indépendantistes corses et les attroupements sur le circuit moto du Bol d'Or sont astucieusement couverts par la loi française...

Il est donc possible d'interdire le port de la burqa et du niqab au nom d'une interdiction générale de se masquer le visage en public - clin d’œil, clin d’œil.

S'il s'agit indéniablement d'une bataille perdue par les prosélytes islamistes, elle est loin d'augurer d'une défaite finale, pour deux raisons.

La première tient à la faiblesse de l'Etat français sur son propre sol. Les banlieues françaises à la dérive sont tout sauf des zones de "non-droit", mais au contraire très organisées avec un droit local parfaitement respecté - malheureusement sans grand rapport avec celui de la République... Loin de disparaître, la présence de femmes intégralement voilées dans tel ou tel quartier sera donc un excellent indicateur de la déliquescence de l'autorité en titre. Quant aux policiers de passage, on verra avec quel empressement ils verbaliseront ces contrevenantes très visibles ou se contenteront de fermer les yeux, admettant leur renoncement à la vue de tous.

La seconde tient à l'aspect juridique lui-même. La loi contre la dissimulation du visage dans l'espace public, selon sa dénomination officielle, a été conçue expressément à l'encontre des femmes voilées, qu'elles y soient forcées par leurs maris extrémistes ou qu'elles le soient elles-mêmes, mais tourne autour du pot en évitant toute mention de femme, de voile, ou d'islam. Il est clair que l'emploi de termes pareils aurait rendu le dossier beaucoup moins recevable au yeux des juges de la CEDH, et ceci devrait tous nous inquiéter.

Il n'est jamais bon d'introduire l'hypocrisie dans les textes de loi. Non seulement elle rend encore plus complexe les nuances entre sa lettre et son esprit, mais elle traduit aussi une impuissance contradictoire à la notion même de loi. Imagine-t-on un code pénal où on s'interdit le féminin pluriel ou les verbes du deuxième groupe? Absurde, assurément. Mais que penser d'une loi anti-islamiste dont le texte se refuse à nommer le sujet réel? Et surtout, pourquoi s'imposer cette censure?

On peut penser que le législateur français, pas né de la dernière pluie, envisageait déjà les probables frictions que la loi entraînerait lors d'éventuels recours à la CEDH, ce qui dédouane celui-ci mais pas celle-là. On peut aussi penser qu'il avait en tête les troubles consécutifs à une loi trop explicite dans certaines enclaves incontrôlables de son territoire. Ce n'est pas plus rassurant.

La CEDH donne raison à la France mais seulement du bout des lèvres. L'institution n'aurait peut-être pas pris autant de gants face à un gouvernement moins influent comme la Grèce ou le Danemark. La brèche ouverte en direction d'une interdiction du voile islamique est très étroite ; elle ne tient qu'à des tournures de phrase et à la volonté de ne pas infliger un revers à un pays majeur de l'Union Européenne.

Si les prochains pays à tenter d'interdire le port du voile islamique ne peuvent même pas l'écrire en toutes lettres dans leurs propres lois, qu'il s'agisse d'auto-censure où de la posture pro-islam de l'autorité suprême que représente la CEDH, les islamistes auront démontré qu'ils influent directement sur l'esprit du législateur. Ils n'auront même plus besoin du prétexte du voile - ils auront remporté la partie.

02 juin 2014

En attendant les autres

Mehdi Nemmouche est le dernier avatar de la longue liste des terroristes islamistes soit-disant surgis de nulle part, bien que connus des services de police. Français de naissance en vertu du droit du sol, il eut droit à un parcours de petite frappe en règle avec plusieurs passages en prison dont il ressortira totalement endoctriné. S'ensuit un voyage en Syrie via le Liban et la Turquie ; il y passera un an à commettre des atrocités au nom du mouvement pompeusement autoproclamé État islamique d'Irak et du Levant (EIIL) mais en accord avec nos valeurs puisque selon Bernard-Henri Lévy, à l'aune duquel se mesure la conscience occidentale, Bachar el-Assad est le seul vrai barbare du coin.

Mehdi Nemmouche a été arrêté par hasard à la faveur d'un contrôle de police inopiné d'un bus assurant la liaison entre Amsterdam et Marseille:

Le suspect a été arrêté à la gare routière Saint-Charles à Marseille par les douaniers, alors qu'il se trouvait dans un autocar en provenance d'Amsterdam via Bruxelles.

Selon des sources proches de l'enquête, il était en possession dans ses bagages d'un fusil d'assaut Kalachnikov et d'un revolver avec des munitions. "Des armes du type de celles utilisées le 24 mai à Bruxelles", a expliqué une de ces sources.

Il avait aussi une caméra portative de type GoPro. Parmi ses vêtements, il y avait une casquette semblable à celle que portait le tireur du Musée juif d'après les images de vidéosurveillance diffusées par la police belge.


Arrêté par des douaniers en quête d'herbe! Et François Hollande de claironner dimanche que le suspect de la fusillade au Musée juif de Bruxelles avait été arrêté grâce à la vigilance des forces de l'ordre "dès qu'il a mis le premier pied en France"... Toutes les victoires sont bonnes à prendre!

Comme son nom fleure bon l'immigration, les médias suisses s'évertuent à ne pas mentionner le nom de Mehdi Nemmouche et sa consonance trop "stigmatisante". Apparemment il vaux mieux taire certaines vérités, de peur de susciter des sentiments négatifs... Cette inadéquation face aux enjeux est symptomatique de l'incapacité de l'Occident à faire face à ce qui l'attend. Prenons pour exemple un échange surréaliste entre la présentatrice du journal de la RTS et Christian Chesnot, journaliste à Paris, au sujet de cette affaire:

Voilà la transcription du dialogue, les points saillants sont en gras:

Agnès Wuthrich: Il y avait eu Mohammed Merah, il y a maintenant cette deuxième affaire, les similitudes entre les deux cas sont frappantes.

Christian Chesnot: La grande différence c'est que Mohammed Merah a été faire le jihad en Afghanistan où il a été attrapé à Kandahar par les Américains, les Français n'ont pas pu le récupérer à la sortie ; cette fois-ci le suspect a passé un an en Syrie et le problème c'est que des gens comme celui-ci il y en a beaucoup, on parle de 600, 700, 800 Français sur place... Peut-être de dix mille étrangers qui combattent en Syrie, et le problème c'est que si ces gens reviennent en France ou en Europe évidemment ils peuvent être dangereux, ils peuvent commettre des actes comme on a vu à Bruxelles.

AW: Vous dites, la Syrie c'est un peu l'autoroute du jihad?

CC: Eh bien oui, c'est même le low cost du jihad parce que vous prenez un billet à Paris pour aller à Istanbul ça va vous coûter 200 euros, vous prenez un bus d'Istanbul à la frontière c'est 50 euros et donc en moins de 300 euros vous êtes à la frontière, donc c'est vraiment très facile, en plus pour aller en Turquie il n'y a pas besoin de visa pour les Européens, un simple tampon sur le passeport suffit, et donc vous avez plein de jeunes qui partent...

Si on compare avec l'Afghanistan ou le Mali ou le Sahel c'est un jihad très facile à faire, à la portée de tout le monde malheureusement, et donc même un jeune qui est tout seul peut aller jusqu'à la frontière turco-syrienne et puis là-bas, il est pris en charge par des groupes, des passeurs, qui vont l'amener sur les zones de guerre à Alep ou dans le nord, il y a même des femmes qui passent, on a même vu un Américain qui a fait une opération kamikaze... Donc vraiment c'est un vrai problème et tous les services de renseignement en Europe sont maintenant sur les dents parce qu'on assiste au retour de ces djihadistes en Europe.

AW: Ca veut dire que la guerre est perdue d'avance pour ces services de renseignement? Personne n'a les moyens de surveiller autant de gens...

CC: Ça va être très compliqué... C'est-à-dire que évidemment il faut les suivre au départ, il est vrai que la destination Istanbul-Ankara, la Turquie, il va vraiment falloir regarder de très près... Mais c'est vrai qu'au retour le problème c'est comment localiser ces gens, comment les surveiller, encore une fois Mohammed Merah était sous surveillance, il a échappé à la surveillance, il a commis son attaque à Toulouse... Donc pour les services de sécurité c'est un vrai défi, pas simplement pour les Français, pour les Belges, les Anglais, les Allemands, pour tous les Européens, parce que là c'est une masse de personnes, c'est pas une ou deux personnes comme l'Afghanistan ou comme le Mali. Là on a des centaines de personnes, donc forcément ça pose des problèmes de coordination entre les Européens, et trouver une parade pour les arrêter au retour.


Dix mille étrangers fanatiques s’aguerrissant au combat urbain et aux techniques terroristes les plus extrêmes sur le champ de bataille syrien, et ils ne visent pas à passer toute leur existence là-bas. Comme Mehdi Nemmouche, ils disposent du passeport européen et peuvent franchir toutes les frontières de Schengen. En vertu de leur nombre, ils sont incontrôlables - même M. Chesnot ne semble pas croire sérieusement que les services de renseignement européens soient en mesure de surveiller simultanément un si grand nombre de terroristes potentiels. Pour revenir de Syrie, Mehdi Nemmouche est passé par Singapour et Bangkok avant d'atterrir à Francfort en Allemagne, puis s'est déplacé par voie terrestre sans laisser de trace, allant en Belgique, aux Pays-Bas, en France. Comment surveiller tous les mouvements de milliers de personnes?

Et que dire de ceux qui apparaissent pendant ce temps dans les banlieues, les prisons?

On peut croire en notre bonne étoile permanente et se réjouir comme François Hollande que l'ennemi public numéro 1 ait été si promptement arrêté, fut-ce par le plus grand des hasards. On peut penser, la foi républicaine chevillée au corps, que nos Etats occidentaux, bien qu'en faillite, arriveront à mettre en place les institutions, les procédés de désendoctrinement nécessaires à la lutte contre le terrorisme islamiste. On peut espérer que les vaillantes forces de l'ordre suffiront à prévenir la plupart des massacres à venir.

Soyons réalistes. Les élites occidentales n'ont ni la compréhension, ni la compétence, ni la force de caractère de s'opposer à ce qui va déferler sur l'Europe dans peu de temps.

Des milliers de djihadistes reviendront de Syrie dans quelques années si ce n'est moins. Soit ils auront vaincu, soit ils estimeront que l'Europe est un champ de bataille plus profitable. Dans les deux cas ils auraient tort de se priver. En Europe, la peine de mort est interdite. On se contorsionne pour respecter la foi des islamistes emprisonnés. Les allocations familiales payent le voyage en Syrie pour faire le jihad.

Osons l'écrire: nous vivons peut-être nos dernières années de paix.

Hier, aller en Afghanistan était long et compliqué. Aujourd'hui, 300 euros suffisent pour devenir candidat au jihad en Syrie. Demain, le prix sera-t-il celui d'un billet de bus pour la banlieue voisine?