23 août 2016

Réflexions sur le Burkini

Période estivale oblige, le burkini est devenu le sujet de l'été. Ce vêtement, inventé il y a dix ans par une Australienne d'origine libanaise, a été prévu dès le départ "avec pour objectif de permettre aux musulmanes de profiter de la plage tout en respectant les préceptes de leur religion."

On notera comme d'habitude le joli double-discours qui, sous couvert de liberté, culpabilise des musulmanes en simple maillot de bain comme de mauvaises musulmanes. Nous sommes régulièrement spectateurs des mêmes manœuvres quant au port du voile.

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Mais dans la France meurtrie par les attentats de cette année et de ceux de l'an dernier (sans parler des prochains) cette ostensible démonstration religieuse sur le sable des plages ne passe plus. Loin d'abriter le corps des femmes du "regard concupiscent des hommes", le burkini attise les passions, parfois violemment.

Il faut dire que la démarche est aux antipodes de toute discrétion. Elle s'apparente au contraire à une énième revendication imposant l'islam dans de nouveaux espaces. Les familles dont les femmes portent le burkini ne font pas profil bas, mais revendiquent, marquent leur différence, s'approprient le domaine public.

Le burkini indique la couleur du drapeau.

Sisco-Story

C'est bien par cette appropriation, et non par un burkini, que démarra la rixe de Sisco en Corse. Comme l'expliqua ultérieurement le procureur de Bastia, Nicolas Bessone, l'affrontement procédait plus d'une "logique de caïdat" où des musulmans tentèrent carrément de s'emparer d'une plage pour leur usage propre:

"Il est établi comme évidence qu'à l'origine des incidents se trouvent les membres de la famille maghrébine qui ont manifesté une volonté de privatiser la plage et ont provoqué des incidents avec des personnes présentes, sous la forme d'insultes, de menaces et de jets de pierres."

 
Les journalistes s'engouffrèrent aussitôt dans la brèche: le burkini n'était pas directement responsable! Tout allait bien! Corse-Matin tenta de faire retomber le soufflé, mais rien n'y fit. Le malaise subsiste. Les gens saisissent très bien que la situation leur échappe. Le burkini n'est que le dernier symptôme en date d'un phénomène plus vaste.

france,islam,prosélytisme,guerre civileA Sisco, les Corses ne se firent pas prier - les familles musulmanes tentant une OPA hostile sur les plages de l'Île de Beauté trouvèrent sur leur chemin de nombreux jeunes du village et leurs familles, impliquant plusieurs dizaines de personnes dans une bagarre généralisée qui conduisit plusieurs blessés à l'hôpital et trois voitures à finir incendiées.

Aujourd'hui encore les détails de l'affaire restent flous, les témoignages contradictoires. Mais le déroulement exact des faits à Sisco n'a plus guère d'importance. L'onde de choc s'est propagée. Diverses communes ont lancé des arrêtés municipaux visant à bannir le burkini, avant peut-être une loi qui l'interdirait sur tout le territoire français.

Le burkini, l'islamisme en vacances

Le sujet ayant dépassé le fait divers pour devenir un thème politique, le débat s'engage. Faut-il interdire le burkini? Des esprits à la naïveté calculée proclament que non, invoquant un simple vêtement inoffensif. D'autres rappellent que les femmes portaient il y a un siècle des tenues de bain bien proches du fameux burkini - mais se défendent par ailleurs de prôner un retour à la condition féminine de l'époque.

La myopie volontaire a ses limites. Le burkini n'est pas un équipement sportif comme une tenue de plongée, ni une mode. C'est un vêtement religieux, adopté par une frange revendicative de la population musulmane. Le besoin de légiférer sur le burkini existe parce que le burkini apparaît. La marque du communautarisme est d'obliger à légiférer sur des comportements qui relevaient auparavant de l'évidence. La judiciarisation des rapports sociaux jusque sur une plage traduit la désintégration de la société en communautés antagonistes. Elles ne peuvent plus coexister pacifiquement que sous la férule d'un État régissant par voie légale leurs interactions.

En amenant le débat dans le domaine législatif, le risque est le même que pour le voile intégral: que l'interdiction ne se répercute pas sur le terrain. Que les baigneuses en burkini ne se fassent pas amender, et si elles le sont, qu'elles puissent rester en burkini sur la plage après coup. Comme pour toutes ces musulmanes en burqa sur le territoire de la République Française où pareille tenue est théoriquement interdite, ces lois ne servent plus que comme indicateur du recul de l'autorité de l'État sur son propre territoire.

Des juges livrent (enfin) une analyse correcte

Amenés à se prononcer sur la validité d'un arrêté municipal contesté par les protestataires habituels - "Ligue des droits de l'homme" et "Collectif contre l'islamophobie en France" - les juges du tribunal administratif de Nice validèrent ce lundi l'interdiction des burkinis, déboutant les plaignants.

Cette première victoire est assortie d'une seconde, car non seulement le burkini est interdit, mais son sens a été correctement interprété par les hommes de loi. Foin de prétendue sécurité ou du besoin d'identifier les gens pour lutter contre le terrorisme (cagoules, cache-nez, burqa, même combat!) les juges appellent un chat un chat:

Le tribunal administratif a estimé lundi que ce vêtement de bain féminin couvrant le corps et la tête était « de nature à porter à atteinte aux convictions ou l'absence de convictions religieuses des autres usagers de la plage » et pourrait « être ressenti comme une défiance ou une provocation exacerbant les tensions ressenties par la population (...)».

 
La conclusion est toute aussi directe:

« Quelle que soit la religion ou la croyance concernée les plages ne constituent pas un lieu adéquat pour exprimer de façon ostentatoire ses convictions religieuses. »


Rares sont les décisions de justice aussi limpides, en particulier lorsque l'islam est concerné. L'introduction du qualificatif d'ostentatoire est évidemment clé, et pourrait ouvrir tout un pan de jurisprudence permettant - avec la force adéquate - de mettre un terme à de nombreuses dérives ailleurs qu'à la plage, comme les prières de rue.

La laïcité française sera-t-elle un jour employée autrement que contre les catholiques?

Trop peu, trop tard?

La législation éventuelle sur le burkini sera peut-être un caillou symbolique sur le chemin de la radicalisation islamique en France, mais ne suffira évidemment pas à l'arrêter. En Corse, les esprits ne cessent de s'échauffer, comme en témoigne une vidéo qui fait le buzz sur Facebook:

Si ce ne sont là que des paroles - vindicatives certes - elles se rajoutent à de nombreux épisodes parfaitement concrets qui témoignent de la tension là-bas entre les autochtones et les musulmans qui auraient la mauvaise idée de la ramener un peu trop.

Frédéric Saint Clair livre dans les colonnes du Figaro une analyse virant au lyrique lorsqu'il parle de la Corse:

[La] Corse est l'âme de la France. En quel sens? Elle est le lieu où son esprit nationaliste et conservateur est demeuré intact. Elle est, en actes, ce que le reste du pays n'est qu'en pensée et en parole. Elle est la jeunesse de la France, sa fougue, sa folie, cette partie de soi-même que l'on sait devoir dompter, c'est à dire soumettre à la raison, sans pourtant se décider à le faire, peut-être à cause du bon sens qui émane bien souvent de cette folie, et dont notre raison moderne semble cruellement dépourvue.


Admiratif de la Corse "image exaltée d'une France fatiguée", il oublie que l'île endure une proportion de population musulmane trois fois plus élevée que sur le continent. L'irritation semble donc suivre le pourcentage, et plutôt qu'un témoignage de la vigueur de la Corse, nous pourrions simplement être en train de contempler notre propre avenir.

Entre une minorité musulmane revendicative, des habitants échaudés et un État encore plus faible que sur le reste du territoire français, la Corse semble une poudrière quasiment hors de contrôle. Si une guerre civile éclate un jour entre musulmans et infidèles en Europe occidentale, il se pourrait bien que l'Île de Beauté soit le théâtre des premières batailles.

01 août 2016

Premier août: célébrons le réveil des peuples

Ce jour de fête nationale helvétique est un jour d'espoir. Pour la première fois depuis des années, les peuples d'Europe peuvent regarder vers l'avenir avec un peu de baume au cœur. Bien entendu, la partie est loin d'être jouée ; les difficultés sont innombrables et les forces destructrices toujours à l’œuvre. Le destin réservera aux plus fervents défenseurs de l'Occident de nombreux motifs de découragement.

Mais le vent tourne.

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Ce qui importe vraiment

Dans la Grèce antique, lorsque des envahisseurs menaçaient une Cité, les citoyens organisaient la défense, mais invitaient en même temps les non-combattants, femmes, enfants et vieillards, à se mettre à l'abri dans les montagnes. Ils avaient à cœur de protéger ceux qui constituait leur véritable richesse - leurs familles, leurs amis et leurs voisins. Les citoyens éprouvaient peut-être un peu d'amertume en abandonnant temporairement aux barbares leurs demeures, leurs temples et les tombeaux de leurs ancêtres, mais comprenaient l'importance primordiale de sauver les vivants. Quelle valeur auraient pu garder ces lieux sans un peuple pour les comprendre, les honorer et les préserver? Abandonnés aux pillards, ils auraient perdu toute signification bien avant de finir en poussière.

Certains pensent que les peuples n'existent pas, que nous ne sommes que des amalgames aléatoires d'individus, de corps humains rassemblés par les hasards de l'existence ; ou, pire encore, que nous devrions être réduits à cela. Qu'il s'agisse de prétendus libéraux réduisant l'humain à un agent économique ou de communistes au simple membre d'une classe sociale, nous sommes pourtant à l'évidence davantage que des pions - les héritiers de notre culture, de notre langue, de nos coutumes, de nos croyances et de nos modes de vie. Des caractéristiques non quantifiables et pourtant porteuses d'infiniment plus de sens que notre niveau de formation, nos habitudes économiques ou notre niveau de richesse dans la société.

Tout cela est menacé aujourd'hui, par la guerre. Le mot est sale, choquant, mais bien réel. Le souvenir des vieilles guerres du passé ne nous est d'aucun secours, la guerre actuelle ayant pris une forme nouvelle ; mais il s'agit, indiscutablement, d'une guerre. Même nos dirigeants l'admettent et emploient le terme - bien que leurs paroles soient comme d'habitude vides de sens, ne servant pour l'essentiel qu'à cacher leur terrible responsabilité dans le déclenchement du conflit.

Le danger est grand. Un alignement inédit de mauvaise gestion politique, de crise économique, d'invasion migratoire, de terrorisme et de propagande étatique a porté de sérieux coups à de nombreux peuples d'Europe. Tous ne s'en relèveront pas. Une grande partie de la population occidentale a perdu toute capacité de raison, tout libre-arbitre, tout réflexe de survie. Une autre est maintenue inconsciente par des mensonges soporifiques, un rêve virant peu à peu au cauchemar, son sommeil perturbé par des explosions toujours plus proches. Mais une troisième prend conscience du danger et refuse de disparaître sans réagir. Peut-être détient-elle les clef de notre salut collectif.

Un réveil pan-européen

Comme je l'avais annoncé en analysant le résultat des élections présidentielles autrichiennes, les forces politiques européennes se recomposent progressivement autour d'une question essentielle, les frontières et la politique migratoire. De subtiles nuances persistent peut-être entre une gauche "réaliste" et une droite "progressiste", mais sur ce point-là les deux courants historiques se rejoignent et l'opinion publique les renvoie dos à dos. Elle est davantage obnubilée par l'immigration, les migrants, le danger islamique, le terrorisme - autant de sujets qui définissent désormais les nouvelles lignes de force de l'échiquier politique.

L'Allemagne, particulièrement frappée par le terrorisme, en est un parfait exemple. Quatre attentats ont eu lieu en juillet. Les modes opératoires diffèrent, de l'arme blanche - hache ou machette - à l'arme à feu en passant par le typique sac-à-dos bourré de clous et d'explosifs, mais ont de nombreux points en commun: tous ont été perpétrés par des gens d'origine étrangère (Afghanistan, Syrie et Iran) contre de parfaits inconnus, aux cris de "Allah akbar" et en tentant de faire un maximum de victimes. Deux attentats furent revendiqués par l'État Islamique, deux commis par des requérants d'asile.

Les médias déploient toute la panoplie des fausses pistes habituelles, allant de la fascination pour Breivik à une tentative de suicide particulièrement spectaculaire. Un article du Matin consécutif à un de ces attentats résume tout: "Un homme a attaqué des passants à la machette à Reutlingen. La police écarte la piste de l'attentat terroriste." Mais qui est dupe? Samedi, la Chancelière Angela Merkel clame encore "qu'on va y arriver" - on se demande à quoi - mais dimanche, une manifestation appelle à sa démission. Deux tiers des Allemands s'opposent à un nouveau mandat de Merkel. Elle ne convainc même plus ses alliés politiques de Bavière. Horst Seehofer de la CSU annonce qu'il ne la suit plus sur ce terrain.

Dans les hautes sphères, l'heure est comme toujours au déni. "Notre pays est fort, et le restera", prétend, bravache, le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière au lendemain d'un n-ième attentat, avant de lancer un cinglant "le Risque Zéro n'existe pas". Les Allemands apeurés confirment: le Risque Zéro est un lointain souvenir. Sous la direction résolue de ses élites pro-immigration, l'Allemagne se dirige résolument vers le Risque Un.

Des élections tests auront lieu à l'automne, et des élections générales en 2017. Les Allemands se réveillent, notamment à travers l'AfD (l'Alternative pour l'Allemagne) de Frauke Petry. Or, le vice-président du parti, Alexander Gauland, exige le 27 juillet 2016 à la suite des attentats récents d'interdire l’entrée du territoire allemand par le droit d'asile à tous les musulmans. Voilà qui risque de plaire aux électeurs.

L'Autriche revotera le 2 octobre pour élire son président, suite aux magouilles électorales autour des "votes par correspondance" propulsant en tête du scrutin au dernier moment le candidat pro-immigration. Si l'incertitude régnait en avril, le nouveau vote entre Norbert Hofer, candidat du FPÖ (Parti de la liberté d'Autriche) et l'ancien écologiste Alexander van der Bellen ne semble plus faire le moindre doute.

Le jour du vote autrichien, la Hongrie s'exprimera elle aussi pour répondre à un référendum portant sur une question simple: "Voulez-vous que l'Union Européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l'approbation du Parlement hongrois?" Viktor Orbán s'attend à un rejet massif de la politique bruxelloises inspirée par l'Allemagne - une crise de plus sur les bras des institutions européennes.

En France, les choses sont plus lisibles. François Hollande est en quête d'une réélection en 2017 depuis le premier jour de son mandat. Il ne cherche pas à résoudre quoi que ce soit, mais à se couvrir. Il n'est pas le seul. Au lendemain des 84 morts de Nice, les Français purent entendre, écœurés, M. Cazeneuve leur expliquer qu'il avait tout fait bien, suite à un attentat qui aurait provoqué sa démission et probablement celle de l'ensemble du gouvernement dans n'importe quel pays civilisé. Les magouilles se téléscopent: aux pressions contre une policière municipale niçoise pour faire un faux rapport sur l'attentat de Nice et d'effacer les images de vidéosurveillance de la Promenade des Anglais s'ajoutent des manœuvres de M. Estrosi, le président LR de la région.

Droite et gauche se renvoient la balle en rivalisant d'inaction, mais les Français ne sont plus dupes. Le sauvage assassinat en pleine messe du Père Jacques Hamel, 86 ans, à Saint-Etienne-du-Rouvray, choqua la France entière - mais les médias ne trouvèrent rien de mieux à faire dans les premières heures que de passer sous silence qu'il avait été forcé à s'agenouiller et à se soumettre avant d'être égorgé, le tout filmé par ses agresseurs. A Nice, 30'000 personnes assistèrent aux feux d'artifice du 14 juillet avant que la soirée ne vire au carnage. De proche en proche, cela représente des centaines de milliers de Français rendus définitivement hermétiques à la propagande officielle, pour avoir côtoyé de près la réalité d'un attentat islamique.

Il ne fait aucun doute que si les élections régionales de 2015 en France devaient se rejouer maintenant, aucune "alliance républicaine" ne permettrait plus d'endiguer la vague du Front National. Or, en 2017 le pays vote à la fois pour les législatives et les présidentielles. Tout le monde s'accordait à dire que Marine Le Pen serait au second tour en 2017, mais les éditorialistes se rassuraient en affirmant qu'elle serait forcément éliminée dans la phase finale de l'élection - une perspective qui semble nettement moins certaine aujourd'hui.

Un tour d'horizon effectué le premier août se devait évidemment de parler de la Suisse. Nulle élection d'ampleur nationale en vue l'année prochaine, si bien que les partis continuent leur petit bonhomme de chemin comme si de rien n'était. Les socialistes, fidèles à leur volonté de remplacement des autochtones, poussent les étrangers à acquérir la nationalité avant un durcissement de la loi en 2017. Mais là aussi la population se réveille. Il ne s'agit pas d'un sondage ou d'un référendum mais simplement d'une augmentation drastique du nombre de demandes de permis d'acquisition d'arme, +17% sur l'année 2016. Comme le dit simplement un armurier, "les gens veulent être maîtres de leur destin".

Avec 46 armes pour 100 habitants - et sans doute un peu plus à la fin de l'année - une grande proportion de la population suisse semble hors de portée des paroles apaisantes sans cesse servies par les médias.

D'ici un an, de nombreuses batailles attendent

Ce tour d'horizon est porteur d'espoir, mais toutes les batailles ne seront pas gagnées. Le chemin pour remplacer l'indéboulonnable Angela Merkel semble par exemple d'une lenteur infinie comparé au mal qu'elle a infligé à un continent entier. Mais l'important n'est pas de viser le Grand Chelem. Il suffit de remporter quelques victoires pour que le rapport de force change, que la parole se libère, que les gens comprennent que des sentences comme "c'est impossible" ou "c'est trop tard" ne visent qu'à maintenir le statu-quo en leur défaveur.

Toutes les batailles ne seront pas gagnées mais certaines le sont déjà - pensons au Brexit par exemple - et contribuent à évacuer des élites européennes devenues folles dans les poubelles de l'Histoire. Le réveil des peuples sera, hélas, également hâté par l'actualité. De nouveaux "déséquilibrés" commettront des crimes et des femmes se feront violer, sans-aucun-rapport-avec-l'islam. De nombreux méfaits ne franchiront pas l'épaisse ouate médiatique, mais les réseaux sociaux la contourneront comme ils le font aujourd'hui.

L’État Islamique recule. Les présidentielles américaines semblent bien engagées pour Donald Trump, au grand dam des élites corrompues de Washington. En Turquie, le masque de démocrate d'Erdogan est tombé, laissant chacun voir l'immonde visage du despote et la compromission de l'Union Européenne. En Amérique du Sud, Vénézuéliens et Brésiliens ne veulent plus du socialisme et de sa corruption. Partout dans le monde de nombreux changement sont à l’œuvre et vont dans la bonne direction.

La lutte principale aura malgré tout lieu en Europe, parce que le Vieux Continent se retrouve sur la ligne de front entre les Lumières et la Charia, entre l'Occident et la barbarie, entre l'assimilation et la guerre civile. Et nos élites jouent dans le camp d'en face. 2017 sera une année charnière, parce que si les choses n'évoluent pas rapidement dans le bon sens (le renvoi systématique et immédiat de tous les musulmans indésirables serait par exemple un bon début) c'est un scénario encore bien pire qui nous attend à court terme, celui de la guerre civile.

Alors, gardons espoir et rappelons-nous, le pire n'est pas toujours certain.

24 juillet 2016

Petits Mensonges Munichois

Le Vivrensemble est un objectif si noble qu'il exige parfois des sacrifices, comme celui de la vérité, par exemple. Au terme d'une période difficile, la tuerie de Munich oblige en effet les médias et les politiques à un effort particulier d'habillage des faits pour rendre l'horreur de la situation, sinon convenable, au moins conforme à la vision dominante.

Les neuf morts et les seize blessés seront donc victimes de l'extrême-droite. Dans ce contexte particulier, naturellement, l'amalgame est vivement conseillé. Ainsi, la RTS n'hésite pas à intituler un de ses reportages "l'Ombre de Breivik" ; mais elle n'est de loin pas le seul média à verser dans cette présentation du récit.

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Le Matin choisit soigneusement ses illustrations d'article.

Pourquoi cette piste? Les autorités sont sauvées par le calendrier. La tuerie de Munich correspond au triste anniversaire des cinq ans du massacre sur l'île d'Utøya par Anders Behring Breivik. Et... C'est à peu près tout. Pour l'heure, pas de trace du manifeste du nazi chez l'adolescent et sur son ordinateur, pas de consultation avérée de sites en rapport. Il y aurait bien l'arme employée, un Glock de 9 mm, qui aurait été une des armes de l'arsenal de Breivik, mais c'est un pistolet répandu.

Le tueur de 18 ans aurait créé une fausse page Facebook pour inciter des jeunes à venir profiter de bons de réduction à un restaurant McDonald's tout proche pour avoir davantage de cibles. La plupart des victimes sont des jeunes. On est là encore très loin du mode opératoire de Breivik et de sa tuerie soigneusement orchestrée visant des cibles politiques, la jeunesse travailliste du pays.

La "piste Breivik" semble bien légère, et il n'est pas sûr que le grand public morde à l'hameçon. Le seul point commun avec le Norvégien est dans l'exécution d'une attaque indiscriminée: l'adolescent, souffrant apparemment de troubles psychiatriques, aurait peut-être éprouvé une fascination morbide pour les tueries collectives. Outre les inévitables "jeux vidéo violents" stigmatisés par la presse, il possédait des livres et des articles de journaux en rapport avec ces dernières, qui incluaient évidemment l'épisode des 77 victimes de Breivik. Mais à notre époque les tueries de masse ne sont pas le seul apanage de néo-nazis, loin de là.

Pour forcer le lien de la fusillade de Munich avec la tuerie d'Utøya, il fallait non seulement préparer l'opinion pour cette thèse, mais aussi couper les liens de l'agresseur avec la principale source d'attentats de notre époque, l'islam. Les premiers pas furent faciles: apparemment, le tueur n'avait pas de lien avec l’État Islamique, pas de drapeau noir chez lui, ne laissa pas de revendications. Il n'était donc ni un agent dormant, ni un "loup solitaire", ouf. Mais il restait quelques soucis.

Pour commencer, son nom un peu trop connoté, Ali Sonboly. Au fil des articles Ali Sonboly devint donc Ali "David" Sonboly, puis "David Ali" Sonboly, puis enfin, parfois, "David" Sonboly tout court. Pourtant Ali est bien son prénom d'usage, puisque c'est celui qu'il affichait sur sa page Facebook avant qu'elle ne soit désactivée:

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Un germano-iranien parfaitement intégré.

Ensuite, deuxième souci, les témoins. Malgré les cris, la fuite éperdue, le bruit des tirs, plusieurs témoins entendirent distinctement que notre jeune homme criait en donnant la mort: "Allah akbar", bien sûr. Mais pour en avoir la confirmation, il faut aller chercher dans la presse britannique:

Dans une vidéo il fut filmé en train de sortir des toilettes d'un restaurant McDonald's avant d'ouvrir le feu sur des enfants. On rapporte qu'il cria "Allah akbar" avant de leur tirer dessus à courte portée.


Les journalistes d'outre-Manche disposent des mêmes informations de base que leurs collègues du continent, mais ces derniers se bornèrent à dire que le tireur avait dit "quelque chose". Il en va du vivre-ensemble, comprenez-vous?

Un échange entre un Bavarois sur un balcon et le tueur peu avant qu'il ne se donne la mort donne une idée de la confusion mentale du jeune homme. Il en avait apparemment contre les Turcs car il aurait été victime de harcèlement de leur part à l'école. Parmi les morts figurent trois Kosovars, trois Turcs et un Grec, mais il est difficile d'en tirer des conclusions au vu de la population du quartier et du facteur aléatoire d'un tir dans la foule.

Héritier du communautarisme germanique, Ali Sonboly est né en Allemagne mais ne se sentait visiblement pas réellement Allemand. Son statut de germano-iranien était source de frictions avec d'autres communautés de son quartier. Il souffrait d'une grave dépression pour laquelle il était en traitement, mais échafauda un plan inspiré d'autres tueries de masse où il donnerait libre court à ses pulsions vengeresses dans un final spectaculaire.

Il attira ses victimes, se procura une arme au numéro de série effacé et des centaines de munitions - comment un adolescent asocial peut-il avoir si facilement accès à ce genre de matériel? - puis se lança dans la tuerie. Il n'était pas en lien avec l’État islamique, n'était pas revendicatif comme les islamistes, ni un réfugié syrien traumatisé par la guerre ; il choisit néanmoins d'évacuer son mal-être avec un maximum de violence.

Plutôt que d'essayer à tout prix d'en faire un néo-nazi au même titre que Breivik, les autorités allemandes seraient plus inspirées de se livrer à davantage d'introspection sur le racisme intra-communautaire et les tensions qu'il provoque au sein des banlieues pauvres allemandes. Elles poussèrent à bout un jeune homme en l'amenant à choisir d'évacuer son mal-être selon la violente tradition musulmane de résolution des conflits, en vidant des chargeurs sur des innocents au cri de "Allah akbar". Car si Anders Behring Breivik était heureusement un cas isolé, ce n'est certainement pas le cas d'adolescents comme Ali Sonboly.

Mise à jour (24 juillet): l'enquête avance à grands pas et on en sait davantage sur le tueur. Le lien avec Breivik est finalement avéré, Ali Sonboly utilisait son portrait pour son profil Whatsapp et se serait procuré son manifeste sur son compte Twitter (?). Mais la fascination semblait moins politique que technique, car liée aux tueries de masse en général - l'adolescent avait même fait un voyage pour se rendre sur les lieux d'un tel acte en Allemagne.

On sait qu'il aurait planifié son attaque un an à l'avance, ce qui contredit toute hypothèse d'une soudaine crise de folie. On s'en doutait déjà largement au vu de la planification nécessaire à son geste (armes et munitions, appels sur Facebook à se rendre au fast-food où il avait prévu de frapper).

Or, Ali Sonboly, scolarisé dans l'école mal famée d'un quartier pauvre, était maltraité par les autres élèves immigrés, à cause de sa voix haut perchée et d'une légère claudication. Il aurait été passé à tabac sous les yeux de sa propre classe par deux "camarades". On comprend un peu mieux le verdict de "dépression" des autorités médicales, plus promptes à rendre un avis médical que de désamorcer les causes du mal-être...

L'hypothèse d'une vengeance nihiliste - le fameux "Amok" sur lequel l'adolescent possédait de la littérature - semble de plus en plus vraisemblable. Ali Sonboly aurait voulu se venger de la société, et y serait parvenu dans la mesure de ses moyens. Mais gageons que les médias continueront de se délecter de ses liens avec Breivik plutôt que de poser des questions plus gênantes sur les laissés pour compte du multiculturalisme.

Mise à jour (25 juillet): la "piste Breivik" se dégonfle progressivement. Le tueur a lui-même rédigé un texte avant son passage à l'acte mais la police refuse d'en dévoiler le contenu. Il ne semble finalement pas y avoir de trace du manifeste de Breivik chez Ali Sonboly. Les autorités semblent elles-mêmes faire machine arrière. Citant une dépêche:

"De son côté, le ministère de l'Intérieur allemand, cité par l'agence Reuters, s'est montré beaucoup plus réservé quant à cette piste ["d'adulation" de Breivik], estimant qu'il était trop pour faire le lien entre les deux tueries. Des documents et l'historique de navigation du tueur de Munich montrent toutefois qu'il avait un intérêt tout particulier pour les fusillades, y compris celle d'Anders Behring Breivik."


Il faut dire que malheureusement, l'actualité en Allemagne a donné d'autres motifs d'urgence à la population, toujours en rapport avec l'islam.

20 juillet 2016

Padamalgam: risques de rupture de stock

Difficile semaine depuis l'attentat de Nice.

Vendredi, la Turquie affronte un coup d’État ; il échoue, et désormais le monde est témoin de la réaction saine et mesurée de son grand leader local Recep Tayyip Erdogan. Le ténor de l'AKP, "parti islamiste modéré" (un peu comme la neige chaude) livre le pays à des purges sans précédent. Soldats, enseignants, journalistes, juges, 50'000 personnes sont désormais dans le collimateur du pouvoir, et ce n'est pas fini. En attendant, entre deux lynchages publics, il est question que la Turquie remette la peine de mort à l'ordre du jour. L'Union Européenne glapit dans le vide, comme d'habitude.

Pendant que la France panse ses plaies et que le gouvernement tente d'éteindre la polémique sous la chape de béton du vivre-ensemble, on apprend que le père de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel affirme que son fils "n'avait pas de liens avec la religion". Seulement voilà, le père en question, "aussi choqué" par ce qui est arrivé, est un islamiste radical, ce qui relativise quelque peu son témoignage:

[La mère du tueur de Nice] s’appelle Cherifa et son père est membre du parti islamiste Ennahda et il est connu à Mseken comme étant un extrémiste violent que la police de Ben Ali surveillait de près et qui est devenu après janvier 2011 l’un des leaders locaux d’Ennahda à Mseken.


Comment? Les médias vous auraient caché ça?

En Allemagne, un aimable demandeur d'asile "afghan" mineur de 17 ans prend un poignard et une hache et se lâche dans un train régional et aux alentours - cinq blessés, quatre touristes chinois de Hong Kong et une passante qui promenait son chien - avant qu'il ne soit abattu par la police. L'individu "très bien intégré" selon son entourage (on n'ose imaginer ce qu'il aurait fait sinon) n'a même pas été capable de fournir son vrai nom aux autorités, Muhammad Riyad, différent de Riaz Khan Ahmadzai sous lequel il était enregistré en Allemagne. Il serait en fait Pakistanais, ce qui en dit long sur la qualité des contrôles administratifs préalables à l'acceptation des demandes d'asile en Allemagne.

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"Merci, peuple allemand, de m'avoir offert un avenir meilleur."

En France, dans un centre de vacances de Garde-Colombe, dans les Hautes-Alpes, un certain Mohamed Boufarkouch, marocain de 37 ans, aurait reproché à une mère et ses trois filles leurs tenues "trop légères". Joignant le geste à la parole, il les poignarde toutes les quatre avant de prendre la fuite. La victime la plus gravement atteinte, une fillette de huit ans au poumon perforé, devrait survivre. Les autorités font de gros efforts pour expliquer que tout cela n'a évidemment rien à voir avec l'islam, puisque comme on sait cette religion ne fait aucune fixation sur le style vestimentaire d'autrui.

padama10.jpgEn France, cette nuit, des émeutes éclatent dans le Val-d'Oise après la mort d'un certain Adama suite à une interpellation musclée. Les forces de l'ordre française ont essuyé des tirs et la banlieue immigrée est comme d'habitude la proie des flammes, probablement sous l'effet de gangs de bouddhistes. Quelques jours après un attentat majeur, dans une France sous plan Vigipirate et état d'urgence, on est satisfait de voir que l’État contrôle toujours aussi bien son propre territoire.

Dure semaine pour les marchands de Padamalgam, les voyageurs de commerce du Vivrensemble et les prêcheurs du Multiculturalisme. Alors que les Européens comptent leurs morts et leurs blessés, il faut travailler d'arrache-pied pour les rendormir et les apaiser. La tâche est difficile, les "déséquilibrés" à l'origine de chaque agression ne pouvant s'empêcher de beugler "Allah akbar" en commettant leur forfait, pirouette d'autant plus pénible que leurs actes n'ont comme on sait aucun rapport avec l'islam.

Mais nul doute que les peuples se rendormiront, ils ont été longuement habitués à avoir le sommeil lourd, c'est dans leur nature désormais. Entre l'Euro de football, le Tour de France et les Jeux Olympiques, comment garder les yeux ouverts sur l'actualité des faits divers? On abreuvera donc le grand public d'images dilatoires en répétant inlassablement les vers suivants:

La Diversité nous enrichit
Les frontières, voilà l'ennemi
Nous sommes tous des immigrés
Les migrants pourvoiront aux retraités
L'islam est une religion de paix
Nul n'est moins pédophile que Mahomet
Rassurez-vous, l’État veille a notre sécurité
Avec clairvoyance, compétence et fermeté

La route tue plus que le terrorisme
Et les fous ne relèvent pas de l'islamisme
Évitons les interprétations étroites
Qui font le jeu de l'extrême-droite
Ou nos péchés dans l'intégration
Nous reviendront comme une punition...

C'est une berceuse.

15 juillet 2016

Carnage à Nice

Ils s'étaient massés au bord de mer sur la célèbre Promenade des Anglais pour conclure la fête nationale française dans son traditionnel feu d'artifice ; ils ne se doutaient pas que la soirée s'achèverait dans les cris, les larmes et le sang.

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Le camion fou, criblé de balles (crédit photo: Luca Bruno/AP)

Dans une France libérée de l'organisation de l'Euro, sous plan Vigipirate renforcé et sous état d'urgence, un poids lourd blanc put librement foncer dans la foule dans une rue théoriquement fermée à la circulation, fauchant touristes et familles de Niçois qui rentraient chez eux, avant que le conducteur ne soit finalement abattu. 2 kilomètres de carnage, plus de 80 morts dont des enfants, des blessés par dizaines, des milliers de personnes que les événements de la nuit auront durablement traumatisés. Et dans toute la France, des gens qui se disent que ça aurait tout aussi bien pu leur arriver aussi ce soir-là.

Depuis des années ce mode opératoire est employé par les terroristes palestiniens contre les juifs en Israël, mais qui s'en soucie? En attendant, Israël a appris à se défendre. Même en France, un événement similaire avait eu lieu au marché de Noël de Strasbourg en 2014. On avait commodément conclu à l'acte d'un "déséquilibré".

nice_logo.jpgDes papiers d'identité au nom d'un Niçois franco-tunisien de 31 ans auraient été retrouvés dans le camion de location, mais nul ne sait encore s'il s'agit du conducteur. Si c'est lui, cela jette encore une fois le trouble sur les réservoirs de haine anti-française d'une partie des résidents du pays. Les Tunisiens de France, si bien intégrés et si distants avec les islamistes, n'avaient-ils pas voté à 40% en faveur du parti intégriste Ennahdha lors des premières élections libres du printemps arabe?

L'attentat porte la signature de l'État Islamique ; en attendant cette confirmation, on peut gager que l'affaire suivra son cours avec l'emploi des mots-clef habituels - "pas d'amalgame", "loup solitaire", "impossible à prévoir", "radicalisé sur Internet", "stigmatisation" et "l'islam ce n'est pas ça", ainsi que les passages obligés allant du logo au hashtag obligatoire et  aux appels à l'unité, peut-être une Marche blanche... Ensuite, on découvrira les nombreuses traces et indices laissés par l'assassin et ses relations préalables avec la justice.

Au lendemain des attentats de Paris en 2015, un membre du gouvernement socialiste affirma avec un cynisme achevé - mais en off naturellement - que François Hollande "était vraiment verni, avait une bonne étoile". Il signifiait par là que suite à ces massacres, le réflexe de rassemblement et de solidarité entre Français choqués profiterait électoralement au chef de l'État. Aujourd'hui, la lumière de l'étoile a pâli. Aucune pirouette ne sauvera plus son quinquennat.

Les Français n'en peuvent plus des gesticulations du maître de l'Élysée. Non seulement il ne contrôle plus rien, mais il ne donne même plus l'illusion de contrôler quoi que ce soit. Sa trace dans l'Histoire semble se résumer à ses problèmes de coiffure, ses manœuvres contre les trublions ambitieux de son camp, ses promesses creuses et mensongères, ses maîtresses, ses paris sans cesse perdus, son mépris pour les sans-dents. "Quitte ou double!", lancerait-il dans un sourire comme un ultime défi à une population française écœurée. Mais l'humeur n'est plus aux joutes de langage.

Au lendemain du 14 juillet, les Français comprennent que les attentats ne cesseront jamais vraiment sur le sol du pays tant qu'un changement de paradigme, une véritable révolution conservatrice, n'aura pas lieu au sommet de l'État. Il faudrait pour cela un retour résolu du gouvernement français sur ses fonctions régaliennes - la police, la justice, la défense, la sécurité - qu'il a tant négligé depuis des années. Une politique de droite libérale classique, en somme. Et si, selon toute probabilité, M. Hollande s'avère incapable d'apporter ce changement, la perspective d'une option plus radicale est de plus en plus probable pour les élections de 2017.

Les citoyens français seront peut-être désormais plus pressés de trouver des alternatives que de se serrer les coudes autour de dirigeants incompétents.

01 juillet 2016

Après le Brexit, les masques tombent

Il n'aura fallu qu'une semaine après un scrutin fatidique pour que la donne change au sein de la construction européenne. De nombreuses illusions sont tombées - sur la démocratie, le sens du projet européen, et les valeurs dont se réclament les élites.

Voici un petit tour d'horizon de l'hypocrisie ambiante et de ce qui attend l'Union Européenne.

Démocratie à géométrie variable

Le Brexit a sans aucun doute libéré la parole, mais pas dans le sens où on aurait pu l'entendre. Le grand public du continent eut donc la joie de découvrir des facettes inédites des médias et d'élites mécontentes du résultat, s'adonnant ouvertement aux manœuvres les plus cyniques sans la moindre retenue.

keep-calm-and-vote-for-brexit.pngOubliés la majorité de citoyens ayant voté pour le Brexit! La parole ne fut jamais donnée qu'aux vaincus du jour, et si par malheur un micro s'égarait devant un partisan du Brexit, ce serait pour lui faire dire qu'il avait peur, regrettait son vote, et finalement n'avait pas vraiment souhaité tout cela. Sur Sott.net, un article hilarant intitulé Brexitinérance nous dévoile preuves à l'appui les quatre étapes suivies par l'ensemble des rédactions francophones du continent: "Tout le monde a perdu" ; "Ils ne savent pas ce qu'ils font" ; "Les pro-Brexit regrettent déjà" ; et enfin, "Et si on revotait?"

Évidemment, en cas de victoire du Remain, on ne serait pas plus allé chercher des indépendantistes du Pays de Galles que des pro-européens soudainement pris d'un doute. Tout est dans le résultat.

Derrière ce traitement médiatique hallucinant pour contourner le résultat des urnes, la perspective d'un deuxième vote n'est qu'une hypothèse de travail parmi d'autres. Le Parlement écossais cherche à opposer un veto. On conseille au gouvernement britannique de se retrancher derrière le caractère "purement consultatif" du référendum. De repousser sine die le déclenchement du fameux article 50 entérinant le départ du Royaume-Uni de l'UE.

Bien entendu, ce déni de démocratie est assorti de toutes les excuses possibles ; le camp du Brexit aurait menti, dépassé ses prérogatives, n'était pas prêt à assumer la victoire. Un jour, Boris Johnson n'est qu'un "ambitieux" faisant campagne pour avancer sa carrière ; le lendemain, il devient un "lâche" en renonçant à postuler comme futur Premier Ministre. Toutes les décisions et toutes les circonstances sont portées au passif du Brexit.

Jean-David Sichel, juriste, s'émeut de ces manœuvres dans Le Figaro en pointant les contradictions du camp Remain. Qui n'a jamais employé de slogan simplificateur dans une campagne politique? Libération rêve d'une oligarchie éclairée au lieu du vote démocratique, mais monte sur les barricades lorsqu'il s'agit de lutter contre l'adoption via le 49.3 d'un projet de loi en France. David Cameron est pointé du doigt comme l'artisan de l'échec alors que l'Europe a boudé ses propositions de réforme. On reproche aux "xénophobes" le résultat mais en refusant de tirer le moindre lien avec la politique d'accueil lancée par Mme Merkel...

Dernière approche, et non la moindre, il faudrait changer les règles de la démocratie elle-même. L'abolir pour donner le pouvoir à une caste éclairée, par exemple. Les moins extrêmes suggèrent tout de même plus de poids pour les "jeunes", qui ont voté dans le bon sens sur ce scrutin, une majorité qualifiée à 60%, une participation de trois quarts des électeurs pour valider le résultat... D'autres enfin, sans doute nostalgiques des guerres de sécession, visent la piste institutionnelle: supprimons tout simplement l'article 50 permettant de quitter l'Union Européenne et les problèmes seront réglés!

Tous ces gens se comportent en parfaits fascistes mais ils n'ont même plus assez de recul pour s'en rendre compte.

Le véritable projet européen se dévoile

L'Europe doit-elle redevenir l'espace de libre-échange qu'elle était au début des années 80, ou pousser plus avant le long du chemin de l'intégration jusqu'à devenir le fameux super-État dont rêvent les étatistes de tout poil?

Le départ du Royaume-Uni, fervent adepte de la première solution, est effectivement une mauvaise nouvelle pour le camp libre-échangiste. Les étatistes se sentent pousser des ailes, incapables de comprendre que leur vision a précisément contribué à faire fuir les Anglais et en fera fuir d'autres. Des documents de travail commencent à filtrer dans la presse - mais sont rapportés uniquement dans les journaux anglais comme l'Express ou le Daily Mail. Ne comptez pas sur les médias du continent pour faire le moindre travail d'information.

Comme le rapporte l'Express, la solution préconisée pour sortir de la crise existentielle de l'Europe post-Brexit consiste à concrétiser un plan prévu de longue date pour fusionner tous les pays du continent en un seul super-Etat. La proposition, radicale, demandera aux pays de l'Union de renoncer au droit de posséder leur propre armée, à leur code pénal, à leur système de taxation et à leur banque centrale, toutes ces prérogatives étant désormais transférées à Bruxelles.

Selon le Daily Express, ce rapport de neuf pages aurait "suscité un outrage" auprès de certains leaders de l'UE en prenant connaissance. Le Ministre tchèque Lubomír Zaorálek aurait exprimé des réserves contre la politique de sécurité commune ; Lorenzo Condign, l'ex-ministre du trésor italien, aurait quant à lui affirmé que ce plan était trop ambitieux pour une Europe en proie à la crise interne actuelle (notez bien qu'il ne dit pas qu'il était contre).

Les prochains mois seront critiques alors que l'agitation politique est à son comble. L'époque est propice à des ajustements de grande ampleur qui définiront le futur des institutions européennes. La volonté de centralisation est d'autant plus forte que les autorités de Bruxelles entendent aller vite, prenant de vitesse les mouvements eurosceptiques de plusieurs pays de l'Union avant leur accès au pouvoir.

Prochaine étape, la crise

Le Royaume-Uni est perdu pour l'Europe. Reste à le lui faire payer.

Nous en avons un aperçu grâce à la vidéo de la première intervention post-référendum de Nigel Farage, le bouillant leader du UKIP, devant le Parlement européen (les sous-titres en anglais sont disponibles dans les paramètres).

Cette séquence a valeur de témoignage non à cause des propos tenus par le leader du UKIP mais bien par la réaction de l'assemblée. Malgré son style corrosif, M. Farage ne demande rien d'autre qu'un comportement constructif de la part des autorités de l'UE face au futur départ du Royaume-Uni. Le Parlement Européen n'est certes qu'un théâtre de marionnettes au sein des institutions européennes, mais reste emblématique de l'humeur qui règne à Bruxelles.

L'hostilité est palpable. La bronca des parlementaires survient à chaque fois que M. Farage évoque la possibilité d'une future entente cordiale profitable entre l'UE et le Royaume-Uni. Il a beau rappeler qu'un conflit commercial endommagerait autant, voire davantage, l'industrie européenne que son pays, l'assemblée n'en a cure. Elle réclame vengeance.

Les parlementaires européens n'ont que faire de l'économie privée. Pour la plupart, ils n'y ont jamais mis les pieds. Le sort des ouvriers automobiles d'Allemagne leur importe donc peu, et moins que l'idée de pénaliser l'économie anglaise à titre de rétorsion. Nous avons finalement un aperçu de la trajectoire du prochain divorce entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne: côté européen, on œuvrera à provoquer une crise économique pour punir le Royaume-Uni en faisant porter le blâme au Brexit, peu importe ce que cela coûte au reste de l'Union Européenne.

Le Brexit et la crise économique qui lui succèdera seront érigés en exemple de ce qui attend les populations qui votent mal - un avertissement adressé tant aux citoyens mécontents qu'à des dirigeants qui oseraient leur poser la question de leur avenir au sein d'une Union Européenne toujours plus centralisée.