13 décembre 2019

La victoire de Boris Johnson

La presse avait belle mine ce matin. Après des semaines de Fake News, les résultats des élections anglaises ont fini par tomber: les Conservateurs remportent une victoire historique.

Pour nous en rendre compte, citons Le Figaro:

Boris Johnson a réussi son pari. Les conservateurs se sont dotés hier d’une écrasante majorité, sans précédent depuis l’ère Thatcher. Ils remportent une majorité absolue de 365 sièges sur les 650 de la chambre basse du Parlement, soit 48 sièges de plus, une victoire historique, à l'issue des législatives anticipées de jeudi. Selon les résultats définitifs rendus publics ce vendredi, l'opposition travailliste a perdu 59 sièges, avec 203 députés, lors de ce scrutin centré sur la mise en œuvre du Brexit. Les nationalistes écossais du SNP remportent 48 sièges, les Libéraux-démocrates 11, les unionistes nord-irlandais du DUP, 8. Le taux de participation a été de 67,3%.


Il s'agit d'un premier article, neutre et factuel, rendant compte des scores et de leur comparaison. Les Travaillistes enregistrent leur plus mauvais score depuis... 1935. Le marxiste Jeremy Corbin a été mis en déroute, sa carrière politique est terminée. À la victoire des Conservateurs pro-Brexit s'ajoutent les défaites particulières de nombre de ténors de l'opposition:

Des têtes importantes sont tombées. La patronne des Libéraux-démocrates, Jo Swinson, a été battue dans sa circonscription d'East Dunbartonshire, dans l'ouest de l'Ecosse (...). Leur promesse d'annuler le divorce sans nouveau référendum a été jugée antidémocratique, même parmi les europhiles. Les Lib-Dems étaient pourtant arrivés à la deuxième place aux élections européennes de mai dernier, obtenant 20,3% des voix.

La nuit a été rude aussi pour les députés conservateurs frondeurs, qui s’étaient levés contre Boris Johnson en septembre. L’ancien ministre de la Justice David Gauke ou l’ex-attorney general Dominic Grieve, qui se présentaient comme candidats indépendants, ont ainsi été battus. Tout comme Sam Gyimah et Antoinette Sandbach, qui avaient fait défection chez les Lib-Dems. Seuls les frondeurs qui avaient retrouvé l’investiture, comme Greg Clark et Stephen Hammond, ont été réélus.


Et même si, plus tard dans la journée, les rédactions reprendront du poil de la bête pour recommencer leur ronde de piaillements de mauvaise augure, cet épisode de clarté aura été salutaire au milieu d'un océan de désinformation inondant pratiquement tous les médias depuis des semaines.

Rappelons-nous! Boris allait échouer, c'était probable. Il n'aurait pas sa majorité, ou l'aurait à peine. L'écart avec les Travaillistes se réduisait. L'avance des Conservateurs fondait. Boris était nerveux et menait une campagne loufoque. L'ombre planait sur les élections. On pourrait trouver des milliers d'articles chargés de faire vivre la flamme d'espoir du camp anti-Brexit...

Las! depuis trois ans et demi et le vote du Brexit, les Anglais ont toujours persisté. À l'inverse de leur classe politique. Choix de l'establishment, Theresa May ne fut rien d'autre que l'agent de Bruxelles, chargée de faire digérer un traité colonial à ses propres troupes, lesquelles se rebellèrent. A-t-on déjà oublié pendant combien de mois les médias ont vendu aux Anglais et aux Européens que l'accord qu'elle avait ramené de Bruxelles était à la fois "le meilleur possible" et "impossible à renégocier"?

En provoquant des élections anticipées à partir d'une position vaseuse, Mme May réussit une des plus calamiteuses dissolutions du Parlement. Elle laissa le Royaume-Uni à peu près ingouvernable - entre des Remainers divisés et des Brexiters qui l'étaient tout autant.

Le plus grand mérite de Boris Johnson n'est pas d'avoir repris le rôle de Premier Ministre mais d'avoir assaini la vie politique britannique. Il eut à affronter des factieux dans son propre parti, des élus qui firent défection en changeant d'étiquette. Il affronta la traîtrise de caciques qui communiquèrent ses plans aux médias et à ses adversaires politiques. Il affronta des juges partisans. Il affronta sa propre famille.

Et il affronta les médias.

Tant "d'experts" qui nous ont expliquaient que M. Johnson était un pitre, qu'il allait prendre une raclée, que le référendum était une erreur et qu'il fallait en organiser un deuxième... Tant d'articles de médias bien-pensants voulant nous faire croire depuis longtemps que les Anglais ne voulaient plus de ce Brexit...

On ne peut que constater que les "analyses", tribunes et autres prédictions des chroniqueurs, experts, éditorialistes, observateurs, directeurs de "think tanks" et autres spécialistes sur ce sujet, comme sur bien d’autres, sont totalement démenties.

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On peut le dire, la victoire électorale des Conservateurs jeudi 12 décembre est avant tout celle d'un homme. un homme imparfait mais sincère, qui s'est battu contre vents et marée depuis des années au nom d'une démocratie que tous ses adversaires n'avaient en permanence à la bouche que pour mieux la trahir par leurs actes.

Boris Johnson montre que la volonté et l'intégrité permettent de soulever des montagnes.

Même si l'Europe "se félicite" des résultats d'aujourd'hui, les rires sont jaunes dans les couloirs du Parlement européen. Désormais la sortie anglaise de l'UE ne semble plus faire de doute. Il restera des points à régler, à commencer par la "relation future" des Européens avec un Royaume-Uni redevenu souverain, mais gageons pour Boris Johnson que le plus dur est derrière lui.

Ceux qui pensent que l'Union Européenne a encore des moyens de pression sur le Royaume-Uni se trompent, comme ils se trompent toujours. L'UE ne fait plus rêver personne depuis longtemps. Boris Johnson va négocier un accord très avantageux avec une UE qui ne peut se passer ni du marché britannique ni de son armée. Il va économiser sa contribution à l'UE. Il concluera un accord commercial préférentiel avec les USA.

le "sens de l'Histoire" a singulièrement évolué. Encore un populiste est porté au pouvoir, après Trump, Orban, Salvini (bientôt de retour au pouvoir), Bolsonaro et bien d'autres.

10 décembre 2019

Une histoire de banane...

La Banane collée au mur d'Art Basel à Miami Beach est devenue un phénomène mondial. Mais cette histoire recèle encore bien des surprises.

Marché de l'art devenu fou, gaspillage de nouveau riche, blanchiment d'argent devant tout le monde, les commentaires ont fusé lorsque la nouvelle "œuvre" de Maurizio Cattelan - une banane scotchée à un mur, intitulée "Comedian" - a trouvé preneur pour 120'000 dollars.

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Le buzz s'accentua encore dimanche lorsque la banane fut mangée. Comme le relate 20 Minutes:

[David Datuna], qui se décrit comme un artiste américain d'origine géorgienne installé à New York, décolle la banane du mur blanc, la pèle et la mange devant une foule de curieux. Il y voit une «performance artistique» qu'il intitule «Hungry Artist» («Artiste ayant faim»), avant de se faire escorter à l'abri des regards par la sécurité.

Le préjudice n'est que très relatif, selon la galerie Emmanuel Perrotin, qui a vendu "Comedian». «Il n'a pas détruit l’œuvre. La banane, c'est l'idée», a expliqué son directeur des relations avec les musées Lucien Terras, au quotidien «Miami Herald». (...) Toute la valeur réside en effet dans le certificat d'authenticité, le fruit étant censé se faire remplacer régulièrement plutôt que de pourrir. D'ailleurs, au bout d'un quart d'heure une nouvelle banane était scotchée au mur.


Tout est bien qui finit bien, on rigole (et on se demande pourquoi Maurizio Cattelan n'a pas directement vendu un certificat d'authenticité pour un mètre-cube d'air en suspension, s'épargnant ainsi la recherche d'un fruit et d'une section de ruban adhésif).

Quelle audace! Quelle folie! Quel homme!

Mais il y a davantage en termes de prise de risques.

Alors que la banane scotchée fut remplacée plusieurs fois et finit par quitter son emplacement, plus tard, un autre artiste, Rod Webber, vit une opportunité. Il traversa la foule jusqu'au mur blanc le plus célèbre de l'exposition, et commença à griffonner un message avec un doigt enduit de rouge à lèvres: "Epstien (sic) didn't kill himself" (Epstein ne s'est pas suicidé).

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Photo via Twitter/@GiancarloSopo | Capture d'écran via Facebook/Rod Webber

La réaction de la galerie fut immédiate: la sécurité s'empressa de couvrir le graffiti pour en cacher la vue au public, alors que Rod Webber fut arrêté. Voilà pour la liberté artistique! Voilà pour la liberté d'expression!

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Une réaction sur Twitter

La sécurité lui avait intimé d'arrêter mais il refusa de s'exécuter, arguant que David Datuna, le mangeur de banane, n'avait pas été puni pour son acte (Art Basel exprima dans un communiqué qu'il avait "violé le règlement du festival et fut escorté à l'extérieur" mais il ne fut pas autrement inquiété.)

Rod Webber fut accusé de vandalisme mineur mais passa tout de même la nuit de dimanche à lundi en prison. Il en fut libéré à cinq heures du matin. Il témoigna dans un des rares journaux à évoquer l'histoire qu'il avait été à son avis injustement traité, alors qu'il tentait seulement de "perpétuer l'esprit du week-end."

Pourquoi a-t-il été traité différemment? Selon lui, "c'est parce que je ne suis pas assez célèbre", explique-t-il, "ou je ne fais pas partie d'une opération de comm' planifiée d'avance, ce qui était probablement le cas, et je les ai mis en face de leurs foutaises."

Ironiquement, Webber n'a pas d'avis particulier sur la mort d'Epstein. Mais il défend une approche culturelle du pouvoir des mèmes, et reconnaît que celui d'Epstein est particulièrement saisissant. Il essaya même de se présenter comme candidat à une élection locale sous le nom de Rod "EspteinDidntKillHimself" Webber sur les bulletins de vote, mais sans succès.

Cette histoire de banane est finalement très instructive, puisqu'elle permet de situer le curseur sur ce qui constitue aujourd'hui une "transgression".

La transgression n'est pas dans la vente hors de prix d'une banane scotchée à un(e) parvenu(e) avec plus d'argent que de bon sens. Elle n'est pas dans la pseudo-destruction de cette œuvre par un autre "artiste". Elle l'est dans un message polémique griffonné sur un mur.

On peut mesurer la transgression au silence soudain des médias principaux sur ce qui s'est passé à Art Basel. Les reportages s'enchaînaient avec force envoyés spéciaux et sondages, et puis soudain, rideau. Notez par exemple que 20 Minutes accordait encore un article lundi - donc après cet épisode - au mangeur de banane, mais sans piper mot du slogan sur Epstein. Même Fox News botta en touche en évoquant une "foule incontrôlable" autour de la banane scotchée, et rien de plus.

Epstein s'est-il réellement suicidé? De nombreux indices tendent à faire penser que non (oh, j'oubliais, son banquier s'est aussi suicidé). En fait, il n'y a guère de faits prouvant la version officielle du suicide - seulement les conclusions contestées du médecin légiste qui examina le corps.

La mort d'Epstein est donc l'inverse d'une théorie du complot. Dans une théorie du complot, l'illuminé parvient à "croire" malgré tous les indices contraires ; mais dans le cas d'Epstein, c'est le grand public qui est invité à "croire" malgré tous les indices contraires. La version officielle est donc particulièrement fragile, et les médias deux fois plus vigilants - quelqu'un a-t-il dit irritables? - sur le sujet. Il est instructif de constater à quel point les autorités artistico-politico-médiatiques agissent de concert, sur un sujet aussi banal qu'un graffiti sur un mur dans une exposition d'art moderne, afin d'empêcher le grand public de voir un message discordant.

À la force de frappe des médias de masse s'oppose la guérilla des mèmes ; "Epstein ne s'est pas suicidé" se retrouve à la télévision, dans des arrangements de chaussettes, dans des panneaux de commerce ou sur des canettes de bière.

Epstein a beau s'être "suicidé", on ne parvient pas à le faire disparaître.

05 décembre 2019

Manipulation idéologique, un cas d'école

Dans le Canton de Vaud, un professeur d'école "dérape": il invite ses élèves à encourager leurs parents à voter pour son candidat favori à l'élection complémentaire pour la Municipalité de Rolle, explique 24Heures.

"Difficile de s’imaginer la scène tellement elle paraît surréaliste", prétend le journaliste de service. Au contraire, bien au contraire.

L'affaire remonte à 2016.

[Un enseignant de français] a fait la promotion de son candidat favori à des élèves du secondaire pendant un cours de français. Comme ceux-ci n’ont pas le droit de vote, le prof les a invités à encourager leurs parents à glisser dans l'urne la liste du socialiste Philippe Blaser. Il aurait même promis des carambars en guise de récompense.


Que tous ceux qui s'étonnent que le candidat favori du professeur soit socialiste lèvent la main... L'histoire se finit "bien" puisque le candidat PLR l'a quand même emporté avec 160 voix d'avance. Et puis le professeur s'est excusé dans une lettre envoyée aux parents. L'antenne locale du parti en profite pour étaler sa magnanimité - ou sa pusillanimité, on ne sait pas:

"Nous ne voulions pas faire toute une histoire pour des carambars", assure Christian Hay, [président] de la section locale. (...) Nous nous étions mis d’accord de la laisser couler. Nous ne voulions pas attaquer l’enseignant mis en cause car il est excellent, d’une qualité supérieure à la moyenne."


...Et honoris causa en sciences politiques, sans doute.

Aujourd'hui, on "s'étonne" du bruit autour de cette affaire lorsqu'une élue PLR, Josephine Byrne Garelli, se permet de relater les faits devant l’Exécutif communal. M'est avis que cette histoire n'a rien d'une anecdote si elle termine entre les pages d'un quotidien.

On eut aimé découvrir la réaction généreuse du PLR si son candidat avait été battu d'une dizaine de voix.

On eut aimé découvrir la réaction généreuse des autorités, des médias et de l'administration scolaire si le professeur avait fait ainsi campagne pour un candidat de l'UDC.

Rien de bien grave, apparemment, à ce qu'un individu politiquement engagé profite de la relation de pouvoir dont il dispose de par son poste de professeur pour imposer son idéologie à ses élèves. Rien de grave à ce qu'il essaye d'acheter des votes, fut-ce avec des bonbons. Rien de grave à ce qu'il encourage des enfants à influer sur les choix politiques de leurs parents.

Le professeur n'a pas été autrement inquiété. Il a juste compris qu'il devrait désormais se montrer un peu plus subtil dans sa démarche. Mais ce n'est qu'un excès de plus entre un autre prof de français à Genève ou la manifestation obligatoire pour le climat... Sans que les responsables n'aient à souffrir de la moindre conséquence.

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Rares sont les affaires qui parviennent à franchir le brouillard médiatique ; mais intéressez-vous aux livres scolaires et aux cours de vos enfants, c'est édifiant.

03 décembre 2019

Urgences: Les Suisses Après Les Autres

L'UDC Vaud navigue en pleine science-fiction avec sa dernière déclaration d'intention "Les Suisses d'Abord". Non, l'air du temps est Aux Suisses Après.

Exagération? C'est oublier un peu vite le projet d'initiative parlementaire d'aujourd'hui, qui vise à instaurer une taxe de 50 francs pour quiconque se rend aux urgences à l'hôpital:

La proposition entend imposer une taxe de 50 francs pour toute admission aux urgences hospitalières. Celle-ci ne serait pas imputée sur la franchise ou la participation aux coûts. Les enfants et les adolescents, de même que les patients envoyés par un médecin et les malades dont le traitement nécessite par la suite une hospitalisation, pourraient en être exemptés.


Comprenez bien: ces 50 francs seront payés en plus de votre franchise. Les exemptions sont discutées - comprendre: limitées à un tout petit nombre d'exceptions dont le patient devra péniblement prouver qu'elles s'appliquent. N'oubliez pas vos deux dernières fiches de paye la prochaine fois que vous allez aux urgences.

Si tout le monde à Berne s'accorde à dire que les "cas importants" ne devraient pas être concernés, qui sera capable de déterminer que l'on a affaire à un cas important ou non? À partir de quel moment le quidam sans formation médicale et souffrant d'une douleur à la poitrine est-il censé savoir s'il fait un infarctus ou s'il a une simple côte démise? Faire la différence entre un mal de tête bizarre et un AVC? Estimer la gravité d'une crise d'asthme ou d'un choc anaphylactique?

Les gens qui subissent une "simple fracture" le vendredi devront-ils rentrer chez eux avec le bras cassé pour attendre la semaine suivante et espérer voir, peut-être, leur médecin de famille? Et si la fracture n'est qu'une foulure? Et comment le savoir?

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Bien sûr, beaucoup de gens paieront leur Djizîa de 50 francs au Système de Santé en serrant le poing dans la poche - les Suisses sont champions du monde de serrage de poing dans la poche - et auront ensuite le plaisir de se faire insulter pour être venu aux urgences dans un cas "bagatelle".

Et puis il y a aussi ceux pour qui 50.- font une vraie différence à la fin du mois, tout le monde n'est pas Conseiller national n'est-ce pas, et parmi ceux-là certains renonceront à venir aux urgences alors qu'ils auraient dû. Et ils en mourront. D'autres ne mourront pas, mais devront faute de soins adéquats délivrés à temps subir des traitements bien plus onéreux et complexes qui infligeront des frais autrement plus conséquents sur le système de santé collectif.

Dans une époque où chacun n'a que le mot "prévention" aux lèvres, instaurer une taxe d'office sur les services hospitaliers d'urgence est un recul de plusieurs décennies. À quand un numéro surtaxé pour les ambulances?

Alors, et je peux en témoigner, les urgences sont constamment engorgées de patients qui pourraient peut-être aller ailleurs, ou attendre le prochain jour ouvrable. Lorsque vous allez aux urgences, vous regardez peut-être sévèrement les autres patients qui patientent (comme leur nom l'indique...) Mais que pense-t-ils de vous? Mais voilà, il y a des jeunes parents paniqués, et plein d'autres gens qui n'ont même pas de médecin de famille, et une infinité de bonnes excuses.

Les services d'urgence, mis en place pour traiter des cas de vie ou de mort, sont devenus depuis longtemps de la simple médecine sans rendez-vous.

Et alors? Si telle est la direction souhaitée par le grand public, la bonne réponse est de s'adapter. Les Suisses l'ont très bien fait en commençant par "juger de la priorité des cas" dès l'entrée au service, souvent par une simple infirmière. De nombreuses autres pistes d'optimisation sont encore en friches. La gestion des dossiers gagnerait à être bien plus intelligemment informatisée pour éviter que chaque médecin ne doive passer plus de temps à saisir de la paperasse qu'à ausculter son patient. Si 80% des cas relèvent de la "bobologie", alors leur gestion administrative devrait être réglée en vingt secondes. En attendant, les cas réellement graves continuent d'être prioritaires.

Mais non, tout cela trop simple. Réfléchir, s'adapter, changer des procédures... Il est tellement plus facile de punir le malade!

On m'accusera d'aller trop vite. Il est vrai que le dossier n'a été que "discuté" aujourd'hui par le nouveau Conseil National dans sa première session de la législature. Mais la majorité a bien été acquise pour cette initiative d'un Vert Libéral, et le Conseil des État semble tout aussi bien orienté à son endroit. Cela nous promet du beau pour les quatre ans qui viennent.

Mais ce n'est pas encore le pire, nous y venons. Juste une question pour la route: pensez-vous que les pseudo-réfugiés et autre NEM paieront les 50.- lorsqu'ils viennent aux urgences? Et si par miracle ils devaient s'en acquitter, in fine, qui pensez-vous qui les paiera vraiment? Les réponses sont évidentes... Les Suisses (et les étrangers qui ont l'audace de vivre en situation régulière sur le sol helvétique) deviennent des patients de deuxième catégorie dans leur propre système de santé. Et voilà pourquoi après cette loi vexatoire les urgences seront encore encombrées. On prend les paris?

En attendant, préparez vos liasses de billets de cinquante.

29 novembre 2019

La bataille du Black Friday

Le Black Friday s'achève et les camps comptent leurs divisions.

"Est-il tolérable de tant dépenser alors que la planète souffre de la sur-consommation?"

"Venez faire de bonnes affaires!"

"Le consumérisme-roi me dégoûte!"

Les opinions sont aussi variées que tranchées.

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La contre-offensive des Sensibilisés

Sur le plan médiatique, les adversaires du Black Friday tiennent clairement le haut du pavé cette année. L'idéologie écolo-marxiste des militants dans les rues se marie fort bien avec la haine de soi entretenue dans les rédactions de presse. Le mode de vie occidental est la source de tous les maux de l'humanité (on cherchera en vain un rebelle "d'extinction rébellion" décidé à s'en prendre à la Chine) et le Black Friday en est le symbole, deux fois honni parce qu'il nous vient des États-Unis. Et puis on le sait bien, les commerçants sont des voleurs, nous rappellent aimablement les journalistes. C'est évident, puisque le profit est immoral. Le seul bon commerçant est celui qui vend sans se plaindre et à prix coûtant la production du kolkhoze.

Suivant cet air du temps si subtilement distillé, les commerçants rivalisent de veulerie pour s'atténuer les foudres des élites anticapitalistes officielles. En phase avec l'électorat local, la Migros lausannoise ouvre ses portes à des militants qui offrent plaisamment des sacs en papier roses à ceux qui le souhaitent. Le concept? Vous prenez le sac rose, vous le remplissez comme vous voulez, vous le payez, et ensuite, en ressortant... Vous le donnez, avec son contenu. Vous choisissez ce dont vous êtes délesté, et la Migros se fait sa marge commerciale en passant! Une vraie solidarité gagnant-gagnant!

Mais, objectera l'esprit chagrin, pourquoi ne pas donner directement l'argent des commissions récoltées dans le fameux sac rose? Ceux-qui-sont-dans-le-besoin seraient-ils donc incapables de faire les courses eux-mêmes? Quel est l'intérêt à décider à leur place? Demandent-ils donc à être inondés de courge de saison, de savon hydratant et de beurre demi-sel par de parfaits inconnus?

Essayons avec des bibles, pour voir!

Ailleurs, comme dans la librairie Payot, on s'aligne sur les directives officielles: par opposition au Black Friday, on défend le Fair Friday - la lutte sur le plan sémantique étant le prolongement de la lutte politique, camarade! Le concept, cette fois-ci? La facture du client est arrondie vers le haut (le client choisit à quel point il veut se faire délester) d'une somme qui sera offerte à Caritas, l'association... engagée, dira-t-on pudiquement.

Mais, objectera encore l'esprit décidément chagrin, si c'est pour donner à Caritas, pourquoi s'embêter à acheter un livre en même temps? Et pourquoi forcément à Caritas? D'autres associations, comme l'Aide Suisse aux Montagnards, auraient bien besoin d'un coup de pouce (en plus, agir local, ça fait moins de CO2, n'est-ce pas!)

Ces initiatives récoltent-elles un franc succès? Si on s'en tient aux analyses des médias, c'est évident ; mais chacun sait à quel point ils sont objectifs et de bonne foi... Et bien peu de commerçants avoueront leurs chiffres, à commencer par ceux qui se livrent au Black Friday "traditionnel".

L'abjecte réalité du consumérisme

C'est tout le paradoxe du Black Friday dans les médias. Ils lancent reportage sur reportage sur les alternatives et les initiatives personnelles face à cette célébration de la bonne affaire, pendant que tout l'espace publicitaire disponible dégouline de publicité pour des offres spéciales valables uniquement lors du Black Friday.

Les journalistes s'enorgueillissent de mépriser le capitalisme, mais lui prostituent volontiers tout l'espace publicitaire dont ils disposent.

Le commun des mortels - le vrai, pas les olibrius auxquels les reporters tendent sans arrêt le micro - ne se pose pas toutes ces questions. Le Black Friday est l'occasion de respirer un peu dans l'îlot de cherté helvétique et il récolte un franc succès, même atténué par rapport à sa version d'outre-Atlantique.

Bien sûr, il y a des aigrefins, de faux soldes, et tout ce que les pratiques commerciales habituelles permettent aux franges de la loi. Et il y a en face des pigeons avec plus d'argent que de jugeote, qui ne gardent pas leurs économies bien longtemps. Et alors? Ces groupes existeront toujours. Mais à côté, il y a de véritables bonnes affaires, un mois avant Noël. L'occasion de s'offrir enfin cet écran ou cet ordinateur qu'on attend de remplacer depuis des années. L'occasion de renégocier tous ces abonnements téléphoniques à la limite de l'extorsion en faisant, enfin, jouer la concurrence.

L'occasion de profiter un peu de ce fameux pouvoir d'achat dont on finissait par douter qu'il existe encore!

Les discours sont très bien, mais la réalité, c'est mieux. La grande majorité des consommateurs n'a rien à faire des jeunes embrigadés qui paradent dans le vide avec leurs pancartes de travaux pratiques d'arts plastiques. Vous détestez le Black Friday? Mais tant mieux! Tant mieux! Fuyez-le! Rentrez chez vous, faites-vous une tisane, et macérez votre haine en vous masturbant sombrement!

C'est là que réside toute la magie du Black Friday, et à vrai dire toute la magie du capitalisme en général: personne n'est obligé d'acheter. C'est un libre choix, individuel, personnel.

Les commerçants ont le choix de se lancer dans une opération "Black Friday". Les consommateurs ont le choix d'y répondre comme ils le souhaitent. Si les commerçants perdaient de l'argent - la publicité n'est pas donnée ce jour-là et les marges sont rognées - ils y renonceraient. Peut-être le Black Friday passera-t-il de mode.

Mais les adversaires du Black Friday ne l'entendent pas de cette oreille. Ils haïssent la liberté individuelle. Peu leur importe de ne pas consommer ce jour-là - il faut en priver tout le monde. Alors, ils veulent l'interdire, comme en France par exemple. Nul doute que le (mauvais) exemple français fera des émules, comme à chaque fois.

Voilà le danger de ces petits fascistes en herbe. La logique à l’œuvre pour barrer la route au Black Friday aura tôt fait de déborder sur bien d'autres aspects de votre existence. Voilà pourquoi le Black Friday doit être défendu, même si vous n'achetez rien.

28 novembre 2019

Le Cirque de la Destitution

Suivant les recommandations de la frange la plus extrémiste de leur parti, les Démocrates ont finalement lancé une procédure de destitution - Impeachment en VO - de Donald Trump. Mal leur en a pris, semble-t-il. L'opération vire au désastre.

Pour en parler, rien de mieux que de citer un spécialiste ; voici donc un éditorial de Greg Jarrett sur ce cirque de la destitution, publié la semaine dernière sur FoxNews.

 


 

Trump devrait espérer que le Carnaval de Destitution d'Adam Schiff ne se termine jamais

Le Carnaval de Destitution du Représentant Adam Schiff, Démocrate de Californie, entre dans une nouvelle semaine avec une parade de témoins qui n'ont à offrir que leurs opinions sans fin et des ouï-dire sur un cas de corruption "donnant-donnant" [Quid Pro Quo] d'où la corruption est absente.

Tout comme le titre de la farce comique d'Herman Wouk en 1965, La Fête Continue, le Président Trump peut espérer que cette idiotie de destitution se poursuive éternellement. Ou du moins jusqu'à ce que la saison des élections présidentielles soit bien avancée l'an prochain. Le maintien de sa résidence au 1600 Pennsylvania Avenue lui sera assuré.

Schiff, qui préside le comité du renseignement de la Chambre, représente le Grand Manitou du cirque de destitution, rappelant de manière frappante Norman Paperman, le personnage principal de Wouk. Ses singeries malheureuses sont le matériau du burlesque et de la bouffonnerie. Si quelque chose peut aller mal, ça ira mal. Personne ne semble prendre le pauvre Norman au sérieux. Sauf Norman.

Ainsi en est-il avec Schiff. Il est obsédé, sévère, égocentrique et si puissamment aveuglé qu'il ne semble pas pouvoir reconnaître le lent effondrement de son rêve de destituer Trump de ses fonctions. Les Américains prêtent attention à ses audiences pour la même raison que nous avons tendance à être captivés par des vidéos montrant des bâtiments en train d'imploser. Ou des accidents ferroviaires. Il y a quelque chose d'irrésistiblement attrayant à contempler des catastrophes en gestation.

Il n'y a aucune chance que le Président soit expulsé du bureau ovale par le Sénat. Pourtant, il est presque certain que la Présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et son bedeau de carnaval, Schiff, rassemblent leurs forces partisanes pour destituer Trump. Après tout, cette destitution fut préconçue et préprogrammée au moment même de l'élection de Trump. Il ne fallait plus qu'un prétexte. Toute excuse, même fausse, ferait l'affaire.

Pendant très longtemps, les Démocrates et les médias complices dans leur haine de Trump étaient convaincus que le Procureur spécial Robert Mueller les délivrerait de leur mal fantasmé. Ils ont attendu avec impatience pendant 22 mois, tout en condamnant presque quotidiennement le Président dans le tribunal de l'opinion publique, portant contre lui des accusations fabriquées de toute pièce et des récits non vérifiés.

Qu'importe qu'il n'y ait jamais eu aucune preuve crédible d'un complot criminel de "collusion" échafaudé par Trump et le Président russe Vladimir Poutine dans les entrailles du Kremlin. La piste russe de la "chasse aux sorcières" perdura jusqu'au jour où le rapport Mueller confirma qu'il s'agissait d'un canular. Les Démocrates et les médias eurent une crise d'apoplexie, terrassés par le chagrin et l'incrédulité. Ils le sont toujours.

Depuis lors, la cabale de recherche et de destruction de Trump s'est efforcée d'inventer une autre ruse ou un artifice pour se débarrasser de son ennemi politique. La "chasse aux sorcières" de l'Ukraine en est la suite inévitable, bien qu'elle soit deux fois plus ridicule. Les preuves prétendument incriminantes ne sont aucunement des preuves.

Café à thème

La semaine dernière, la caste bavarde des diplomates a pris une place centrale dans le Carnaval. Comme un «klatch» [une réunion à thème] chez Starbuck, ils ont diffusé toutes sortes de rumeurs et d'indices basés sur des ragots de troisième et quatrième main - un type a raconté à un gars, qui me l'a confié ensuite, que le type d'origine "présumait" qu'il y avait un "donnant-donnant". C'était mercredi.

Vendredi, l'abrutissante absurdité évolua en spéculation de degré encore supérieur alors qu'une nouvelle diplomate, qui avoua ne pas avoir de connaissance directe sur la question centrale, raconta en pleurnichant son histoire selon laquelle elle aurait été limogée en tant qu'ambassadrice en Ukraine. Si elle avait un motif sérieux de plainte, elle aurait dû se tourner vers les ressources humaines, non pas s'épancher devant une procédure d'enquête en destitution menée par le Congrès. Elle avoua finalement qu'elle ne savait rien de la corruption ni d'une "quelconque activité criminelle".

Le républicain Devin Nunes, de Californie, se contenta de formuler l'évidence en déclarant: "Je ne suis pas tout à fait sûr de ce que l'ambassadrice fait ici aujourd'hui." C'est un bon résumé.

Il s'avère que Marie Yovanovitch fut renvoyée à Washington deux mois entiers avant la conversation téléphonique de Trump avec le Président ukrainien Volodymyr Zelensky au centre du prétendu "donnant-donnant". Cela n'a pas empêché le conseil juridique des Démocrates de superposer sur écran vidéo géant la transcription de l'appel et de demander à Yovanovitch son interprétation du contenu et des intentions du Président.

Yovanovitch est typique des personnes imbues d'elles-mêmes qui garnissent le service des Affaires Étrangères de notre pays. Par exemple, elle déclara: "La relation étrangère des États-Unis avec l'Ukraine est la plus importante de toutes".

Sérieusement? Ces diplomates sont convaincus que l'univers tourne autour d'eux. Ils se trompent en croyant que ce sont eux qui dictent la politique étrangère, et non pas le Président.

Si Trump ose faire quelque chose qui ne leur plaît pas, ils cherchent à le saper. Ils sont la force maligne qui hante notre gouvernement.

Cette semaine, huit autres "témoins" présumés monteront au manège du Carnaval Schiff. Eux aussi vont faire tourner des conjectures et des opinions fondées sur du ouï-dire. En tant que témoins, ils sont en grande partie superflus.

La conversation Trump-Zelensky n'a pas besoin d'interprétation. Avec une transcription accessible à tous, elle parle d'elle-même. Nulle part il n'y fait mention d'exigence, de menace, de condition ou de pression sur des "contreparties" liant l'aide militaire américaine à une enquête sur Joe Biden et son fils. Cela a été corroboré par des déclarations de Zelensky.

Un diplomate, Bill Taylor, réussit à offrir quelque chose de pertinent et de concret lorsqu'il déclara au comité qu'il avait eu trois réunions avec le Président ukrainien à la suite de l'appel téléphonique et que le sujet du "donnant-donnant" n'avait jamais été abordé. Cela constitue la preuve la plus solide qu'il n'y ait jamais eu jusqu'ici.

Trump taquine

La semaine dernière, Pelosi demanda à Trump de témoigner dans ce carnaval. Peut-être pensait-elle que cela faisait une bonne phrase toute faite.

Lundi, Trump tweeta une réponse à "Nancy la nerveuse" qu'il pourrait accepter son offre de témoigner "à propos de cette chasse aux sorcières de Destitution".

Les médias partirent instantanément en vrille et commencèrent à saliver de cette perspective. Ils tombèrent dans le piège. Ou dans le panneau.

Trump n'a aucune intention d'accorder ainsi de la dignité à un processus indigne. Il ne faisait que taquiner ou piéger Pelosi, comme il a l'habitude de le faire.

Mais vous pouvez probablement vous attendre à un autre tweet dans lequel le Président proposera de témoigner si Schiff transforme son enquête en débat contradictoire respectant à la fois l'équité fondamentale entre l'accusation et la défense et le respect de la légalité en permettant aux Républicans d'appeler leurs propres témoins et de permettre un contre-interrogatoire des témoins démocrates, sans les coups de marteau [de Schiff].

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"COUPABLE! Et Maintenant le Procès..."
La couverture du New York Post du 13 novembre illustre sans doute le sentiment général.
(Cliquez pour agrandir)

Trump sait qu'une telle offre sera rapidement rejetée par Schiff. Cela démolirait le Carnaval. Les Républicans appellent le faux "lanceur d'alerte" à témoigner, ainsi que Schiff lui-même. Leur "complicité" présumée dans la composition de la plainte de dénonciateur (qui ne représente pas une plainte légitime au regard de la loi) pourrait bien impliquer Schiff en tant que force motrice qui conçut le canular de l'Ukraine comme prétexte pour attaquer Trump. Le président des débats ne prendrait jamais le risque d'être exposé ainsi à la vérité.

Voyez-vous, Schiff est un homme désespéré. C'est à la mesure de son désespoir qu'il a lu à Yovanovitch un tweet de Trump la critiquant publiquement, puis lui a presque demandé si elle se sentait intimidée. La réponse était prévisible.

Schiff a alors laissé entendre que le tweet pourrait constituer un motif d'inculpation pour "intimidation de témoin". Oubliez le fait que Schiff a lui-même créé l'incident en informant le témoin du tweet, qui ne répond toujours pas aux critères légaux "d'intimidation de témoin", lesquels impliquent des menaces physiques, de la corruption ou l'emploi d'une contrainte pour le forcer à mentir. Mais ni les faits ni la loi n'ont jamais empêché Schiff d'inventer une bonne histoire.

Comme Brad Blakeman l'a noté dans un récent éditorial de Fox News Opinion, "Les Démocrates cherchent déjà un moyen de sortir de la procédure de destitution". Le représentant Jeff Van Drew, DN.Y., l'un des deux Démocrates à avoir voté contre l'enquête en cours, a déploré que "c'est censé être bipartisan… c'est censé être juste". Lui et d'autres membres de son parti savent que les manigances de Schiff ont démoli le processus.

Cependant, il est peut-être trop tard pour inverser le cap et aménager l'arrêt du Manège de la Destitution. Le chef de la majorité [au Sénat] Mitch McConnell, Républicain du Kentucky, a déclaré à la presse que le Sénat ne condamnerait jamais Trump pour sur des pseudo-preuves aussi fragiles, mais qu'un procès complet semblait inexorable si la Chambre des Représentants votait en faveur de la destitution.

Les Américains ont un sens aigu de l'équité. Ils commencent de plus en plus à se rendre compte que le spectacle de clown de Schiff est l'antithèse d'une procédure juste, équitable et impartiale. Plus il durera longtemps, plus les Démocrates seront susceptibles de subir de graves réactions politiques qui profiteront finalement au Président en exercice.

Pour cette raison, Trump peut espérer que le carnaval ne s'arrête jamais.

 


 

Cet éditorial est intéressant parce qu'il tombe juste, et se retrouve corroboré par les sondages. Les Américains trouvent terriblement ennuyeuses les auditions publiques menées par la Chambre des Représentants.

En Suisse, les médias rapportent fidèlement le point de vue exclusif de la gauche, comme la groupie Valérie de Graffenried pour Le Temps qui évoque des "auditions publiques dévorantes" et ose même prétendre que les  auditions publiques sont "passionnantes" alors que les chiffres d'audience montrent clairement le contraire. Alors que l'enjeu est bien plus important, elles sont encore moins suivies que le processus de nomination du juge Kavanaugh. La journaliste désinforme effrontément en affirmant de l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union Européenne Gordon Sondland qu'il "accuse" Trump, omettant par exemple ce petit échange:

Turner - C'est selon votre témoignage ici aujourd'hui, Ambassadeur Sondland, que vous avez des preuves que Donald Trump a lié la demande d'enquête [contre Burisma] à l'aide [militaire américaine]? Parce que je ne pense pas que vous disiez cela.

Sondland - Je l'ai répété à plusieurs reprises, Monsieur le membre du Congrès, je le présumais.

Turner - Donc personne ne vous l'a dit. Giuliani ne vous l'a pas dit. Mulvaney ne vous l'a pas dit. Personne. Pompeo. Personne d'autre sur cette planète ne vous a dit que Donald Trump liait l'aide à cette enquête?

Sondland - Je pense que j'ai déjà témoigné.

Turner - Répondez à la question. Est-ce correct? Personne sur cette planète ne vous a dit que Donald Trump liait l'aide à cette enquête - parce que si la réponse est oui, alors le président de la commission a tort et les gros titres de CNN sont faux. Personne sur cette planète ne vous a dit que Donald Trump liait l'aide à cette enquête. Oui ou non?

Sondland - Oui.


Il ne fait aucun doute que les témoins - uniquement à charge puisque imposés exclusivement par les Démocrates - ont tous en commun de détester Trump. Ils pensent qu'il a organisé un marchandage donnant-donnant avec l'Ukraine, mais, à moins de renverser quelques siècles de tradition juridique, une opinion n'est pas une preuve. Un témoin se doit de rapporter des faits observés. Ses sentiments, pour sincères qu'ils soient, n'ont pas de valeur dans un procès.

Alors que les Démocrates ne font défiler que des témoins acquis à leur cause, mènent les débats, contrôlent les questions que la minorité républicaine a le droit de poser et disposent d'une confortable majorité dans les votes, ils n'arrivent même pas à convaincre le grand public de la culpabilité de Trump. Non seulement l'opinion publique est de plus en plus convaincue de l'innocence du Président, mais ce changement de cap de l'opinion affecte principalement les "indépendants", la grande masse des citoyens qui ne sont affiliés ni aux Démocrates ni aux Républicans.

(Pour ceux qui se demandent comment les médias peuvent affirmer continuellement le contraire, voilà comment: les instituts de sondage "engagés" ont l'habitude de manipuler leurs résultats en y incluant une proportion exagérée de sondés d'obédience démocrate, ce qui permet d'affecter "favorablement" le résultat final.)

Pire, l'ampleur de ce changement pourrait précipiter le basculement de swing states en 2020, ces fameux états fédéraux où ni les Démocrates ni les Républicans ne disposent d'une majorité solide. Et cette perspective inquiète de plus en plus les politiciens démocrates. Brenda Lawrence du Michigan est ainsi la première Démocrate de la Chambre des Représentants à annoncer publiquement le retrait de son soutien à la procédure de destitution, et tout indique qu'elle ne sera pas la dernière.

Les Démocrates sont coincés. Engagés à ce point dans l'hyperbole, renoncer à prononcer la destitution serait une explosion en plein vol du narrative dont ils gavent l'opinion publique depuis des mois. Jouer la montre lasserait encore plus le public qu'il ne l'est déjà aujourd'hui. Mais poursuivre pourrait être encore pire. L'inculpation de Trump par Adam Schiff dans la Chambre des Représentants amènerait le dossier à se poursuivre au Sénat.

Là-bas, les Républicans pourraient se livrer à un procès contradictoire en bonne et due forme - en convoquant des témoins impliqués comme Joe et Hunter Biden, Eric Ciaramella, le pseudo-lanceur d'alerte originel, Devon Archer, le beau-fils de John Kerry et des officiels ukrainiens à des heures de grande écoute. Ils pourraient les amener à discuter du donnant-donnant qui eut lieu sous Obama lorsque Joe Biden fit lui-même un chantage pour faire virer le procureur ukrainien inquiétant son fiston. Tout ça sous l’œil des caméras pendant une année d'élection présidentielle.

Le Cirque de la Destitution est en train de virer au cauchemar pour la gauche américaine, et nous n'en sommes qu'au début.