01 août 2016

Premier août: célébrons le réveil des peuples

Ce jour de fête nationale helvétique est un jour d'espoir. Pour la première fois depuis des années, les peuples d'Europe peuvent regarder vers l'avenir avec un peu de baume au cœur. Bien entendu, la partie est loin d'être jouée ; les difficultés sont innombrables et les forces destructrices toujours à l’œuvre. Le destin réservera aux plus fervents défenseurs de l'Occident de nombreux motifs de découragement.

Mais le vent tourne.

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Ce qui importe vraiment

Dans la Grèce antique, lorsque des envahisseurs menaçaient une Cité, les citoyens organisaient la défense, mais invitaient en même temps les non-combattants, femmes, enfants et vieillards, à se mettre à l'abri dans les montagnes. Ils avaient à cœur de protéger ceux qui constituait leur véritable richesse - leurs familles, leurs amis et leurs voisins. Les citoyens éprouvaient peut-être un peu d'amertume en abandonnant temporairement aux barbares leurs demeures, leurs temples et les tombeaux de leurs ancêtres, mais comprenaient l'importance primordiale de sauver les vivants. Quelle valeur auraient pu garder ces lieux sans un peuple pour les comprendre, les honorer et les préserver? Abandonnés aux pillards, ils auraient perdu toute signification bien avant de finir en poussière.

Certains pensent que les peuples n'existent pas, que nous ne sommes que des amalgames aléatoires d'individus, de corps humains rassemblés par les hasards de l'existence ; ou, pire encore, que nous devrions être réduits à cela. Qu'il s'agisse de prétendus libéraux réduisant l'humain à un agent économique ou de communistes au simple membre d'une classe sociale, nous sommes pourtant à l'évidence davantage que des pions - les héritiers de notre culture, de notre langue, de nos coutumes, de nos croyances et de nos modes de vie. Des caractéristiques non quantifiables et pourtant porteuses d'infiniment plus de sens que notre niveau de formation, nos habitudes économiques ou notre niveau de richesse dans la société.

Tout cela est menacé aujourd'hui, par la guerre. Le mot est sale, choquant, mais bien réel. Le souvenir des vieilles guerres du passé ne nous est d'aucun secours, la guerre actuelle ayant pris une forme nouvelle ; mais il s'agit, indiscutablement, d'une guerre. Même nos dirigeants l'admettent et emploient le terme - bien que leurs paroles soient comme d'habitude vides de sens, ne servant pour l'essentiel qu'à cacher leur terrible responsabilité dans le déclenchement du conflit.

Le danger est grand. Un alignement inédit de mauvaise gestion politique, de crise économique, d'invasion migratoire, de terrorisme et de propagande étatique a porté de sérieux coups à de nombreux peuples d'Europe. Tous ne s'en relèveront pas. Une grande partie de la population occidentale a perdu toute capacité de raison, tout libre-arbitre, tout réflexe de survie. Une autre est maintenue inconsciente par des mensonges soporifiques, un rêve virant peu à peu au cauchemar, son sommeil perturbé par des explosions toujours plus proches. Mais une troisième prend conscience du danger et refuse de disparaître sans réagir. Peut-être détient-elle les clef de notre salut collectif.

Un réveil pan-européen

Comme je l'avais annoncé en analysant le résultat des élections présidentielles autrichiennes, les forces politiques européennes se recomposent progressivement autour d'une question essentielle, les frontières et la politique migratoire. De subtiles nuances persistent peut-être entre une gauche "réaliste" et une droite "progressiste", mais sur ce point-là les deux courants historiques se rejoignent et l'opinion publique les renvoie dos à dos. Elle est davantage obnubilée par l'immigration, les migrants, le danger islamique, le terrorisme - autant de sujets qui définissent désormais les nouvelles lignes de force de l'échiquier politique.

L'Allemagne, particulièrement frappée par le terrorisme, en est un parfait exemple. Quatre attentats ont eu lieu en juillet. Les modes opératoires diffèrent, de l'arme blanche - hache ou machette - à l'arme à feu en passant par le typique sac-à-dos bourré de clous et d'explosifs, mais ont de nombreux points en commun: tous ont été perpétrés par des gens d'origine étrangère (Afghanistan, Syrie et Iran) contre de parfaits inconnus, aux cris de "Allah akbar" et en tentant de faire un maximum de victimes. Deux attentats furent revendiqués par l'État Islamique, deux commis par des requérants d'asile.

Les médias déploient toute la panoplie des fausses pistes habituelles, allant de la fascination pour Breivik à une tentative de suicide particulièrement spectaculaire. Un article du Matin consécutif à un de ces attentats résume tout: "Un homme a attaqué des passants à la machette à Reutlingen. La police écarte la piste de l'attentat terroriste." Mais qui est dupe? Samedi, la Chancelière Angela Merkel clame encore "qu'on va y arriver" - on se demande à quoi - mais dimanche, une manifestation appelle à sa démission. Deux tiers des Allemands s'opposent à un nouveau mandat de Merkel. Elle ne convainc même plus ses alliés politiques de Bavière. Horst Seehofer de la CSU annonce qu'il ne la suit plus sur ce terrain.

Dans les hautes sphères, l'heure est comme toujours au déni. "Notre pays est fort, et le restera", prétend, bravache, le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière au lendemain d'un n-ième attentat, avant de lancer un cinglant "le Risque Zéro n'existe pas". Les Allemands apeurés confirment: le Risque Zéro est un lointain souvenir. Sous la direction résolue de ses élites pro-immigration, l'Allemagne se dirige résolument vers le Risque Un.

Des élections tests auront lieu à l'automne, et des élections générales en 2017. Les Allemands se réveillent, notamment à travers l'AfD (l'Alternative pour l'Allemagne) de Frauke Petry. Or, le vice-président du parti, Alexander Gauland, exige le 27 juillet 2016 à la suite des attentats récents d'interdire l’entrée du territoire allemand par le droit d'asile à tous les musulmans. Voilà qui risque de plaire aux électeurs.

L'Autriche revotera le 2 octobre pour élire son président, suite aux magouilles électorales autour des "votes par correspondance" propulsant en tête du scrutin au dernier moment le candidat pro-immigration. Si l'incertitude régnait en avril, le nouveau vote entre Norbert Hofer, candidat du FPÖ (Parti de la liberté d'Autriche) et l'ancien écologiste Alexander van der Bellen ne semble plus faire le moindre doute.

Le jour du vote autrichien, la Hongrie s'exprimera elle aussi pour répondre à un référendum portant sur une question simple: "Voulez-vous que l'Union Européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l'approbation du Parlement hongrois?" Viktor Orbán s'attend à un rejet massif de la politique bruxelloises inspirée par l'Allemagne - une crise de plus sur les bras des institutions européennes.

En France, les choses sont plus lisibles. François Hollande est en quête d'une réélection en 2017 depuis le premier jour de son mandat. Il ne cherche pas à résoudre quoi que ce soit, mais à se couvrir. Il n'est pas le seul. Au lendemain des 84 morts de Nice, les Français purent entendre, écœurés, M. Cazeneuve leur expliquer qu'il avait tout fait bien, suite à un attentat qui aurait provoqué sa démission et probablement celle de l'ensemble du gouvernement dans n'importe quel pays civilisé. Les magouilles se téléscopent: aux pressions contre une policière municipale niçoise pour faire un faux rapport sur l'attentat de Nice et d'effacer les images de vidéosurveillance de la Promenade des Anglais s'ajoutent des manœuvres de M. Estrosi, le président LR de la région.

Droite et gauche se renvoient la balle en rivalisant d'inaction, mais les Français ne sont plus dupes. Le sauvage assassinat en pleine messe du Père Jacques Hamel, 86 ans, à Saint-Etienne-du-Rouvray, choqua la France entière - mais les médias ne trouvèrent rien de mieux à faire dans les premières heures que de passer sous silence qu'il avait été forcé à s'agenouiller et à se soumettre avant d'être égorgé, le tout filmé par ses agresseurs. A Nice, 30'000 personnes assistèrent aux feux d'artifice du 14 juillet avant que la soirée ne vire au carnage. De proche en proche, cela représente des centaines de milliers de Français rendus définitivement hermétiques à la propagande officielle, pour avoir côtoyé de près la réalité d'un attentat islamique.

Il ne fait aucun doute que si les élections régionales de 2015 en France devaient se rejouer maintenant, aucune "alliance républicaine" ne permettrait plus d'endiguer la vague du Front National. Or, en 2017 le pays vote à la fois pour les législatives et les présidentielles. Tout le monde s'accordait à dire que Marine Le Pen serait au second tour en 2017, mais les éditorialistes se rassuraient en affirmant qu'elle serait forcément éliminée dans la phase finale de l'élection - une perspective qui semble nettement moins certaine aujourd'hui.

Un tour d'horizon effectué le premier août se devait évidemment de parler de la Suisse. Nulle élection d'ampleur nationale en vue l'année prochaine, si bien que les partis continuent leur petit bonhomme de chemin comme si de rien n'était. Les socialistes, fidèles à leur volonté de remplacement des autochtones, poussent les étrangers à acquérir la nationalité avant un durcissement de la loi en 2017. Mais là aussi la population se réveille. Il ne s'agit pas d'un sondage ou d'un référendum mais simplement d'une augmentation drastique du nombre de demandes de permis d'acquisition d'arme, +17% sur l'année 2016. Comme le dit simplement un armurier, "les gens veulent être maîtres de leur destin".

Avec 46 armes pour 100 habitants - et sans doute un peu plus à la fin de l'année - une grande proportion de la population suisse semble hors de portée des paroles apaisantes sans cesse servies par les médias.

D'ici un an, de nombreuses batailles attendent

Ce tour d'horizon est porteur d'espoir, mais toutes les batailles ne seront pas gagnées. Le chemin pour remplacer l'indéboulonnable Angela Merkel semble par exemple d'une lenteur infinie comparé au mal qu'elle a infligé à un continent entier. Mais l'important n'est pas de viser le Grand Chelem. Il suffit de remporter quelques victoires pour que le rapport de force change, que la parole se libère, que les gens comprennent que des sentences comme "c'est impossible" ou "c'est trop tard" ne visent qu'à maintenir le statu-quo en leur défaveur.

Toutes les batailles ne seront pas gagnées mais certaines le sont déjà - pensons au Brexit par exemple - et contribuent à évacuer des élites européennes devenues folles dans les poubelles de l'Histoire. Le réveil des peuples sera, hélas, également hâté par l'actualité. De nouveaux "déséquilibrés" commettront des crimes et des femmes se feront violer, sans-aucun-rapport-avec-l'islam. De nombreux méfaits ne franchiront pas l'épaisse ouate médiatique, mais les réseaux sociaux la contourneront comme ils le font aujourd'hui.

L’État Islamique recule. Les présidentielles américaines semblent bien engagées pour Donald Trump, au grand dam des élites corrompues de Washington. En Turquie, le masque de démocrate d'Erdogan est tombé, laissant chacun voir l'immonde visage du despote et la compromission de l'Union Européenne. En Amérique du Sud, Vénézuéliens et Brésiliens ne veulent plus du socialisme et de sa corruption. Partout dans le monde de nombreux changement sont à l’œuvre et vont dans la bonne direction.

La lutte principale aura malgré tout lieu en Europe, parce que le Vieux Continent se retrouve sur la ligne de front entre les Lumières et la Charia, entre l'Occident et la barbarie, entre l'assimilation et la guerre civile. Et nos élites jouent dans le camp d'en face. 2017 sera une année charnière, parce que si les choses n'évoluent pas rapidement dans le bon sens (le renvoi systématique et immédiat de tous les musulmans indésirables serait par exemple un bon début) c'est un scénario encore bien pire qui nous attend à court terme, celui de la guerre civile.

Alors, gardons espoir et rappelons-nous, le pire n'est pas toujours certain.

27 juillet 2016

L'Inutile Odyssée de Solar Impulse

Après un premier décollage en mars 2015, l'avion solaire Solar Impulse de Bertrand Piccard vient de boucler son tour du monde.

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Les médias s'extasient comme de bien entendu, mais pas les Suisses. Le trait est forcé. Est-ce l'adage voulant que nul ne soit prophète en son pays? Ou est-ce parce que les Helvètes, à l'inverse des contrées ponctuellement visités par Solar Impulse 2, ont eu droit de bout en bout à la couverture médiatique de l'interminable épopée?

Bertrand Piccard fascine autant qu'il repousse. La mise en avant imprègne son être, ses envolées lyriques sonnent faux, son enthousiasme semble aussi inébranlable qu'artificiel mais suscite le rêve chez ses sponsors. Comme le dit un humoriste, Solar Impulse était un gros porteur: il fallait bien l'envergure d'un 747 pour transporter autour du globe à la fois le pilote et son ego. La dernière étape fut retardée d'une semaine pour cause de maux d'estomac de Bertrand Piccard ; pas question de laisser son siège à André Borschberg pour le dernier vol symbolique. Il faut bien l'admettre, Solar Impulse n'était plus à une semaine près.

La caravane Solar Impulse demanda un budget de 170 millions de francs pour transporter péniblement un pilote à une vitesse moyenne de 50 km/h, trimballant autour du monde - dans des avions au kérosène - la plus grande partie d'une équipe de 150 personnes... Solar Impulse a incontestablement réussi un tour de force, faire croire qu'il s'agissait d'écologie.

La plus grande partie du défi de pilotage consistant à rester éveillé, ne restait que l'aspect énergétique ; mais là encore, Solar Impulse démontra surtout les limites de son modèle. Comme le releva un authentique scientifique, un physicien, par ailleurs entrepreneur et pilote lui-même:

[Ce] projet ne représente pas la voie du futur, ni en matière de vol ni en matière d'approvisionnement en énergie. Il démontre au contraire les limites du photovoltaïque. (...) Solar Impulse 2 est la preuve que le photovoltaïque ne permet pas de fournir suffisamment d'énergie, ni pour l'aviation ni pour la technologie de pointe. Pour cela, il faut des sources d'énergie disponibles en grande quantité, à la fois fiables et peu coûteuses. L'énergie solaire dépend de l'heure de la journée, de la saison et de la météo.

Je suis pour les technologies propres et observe tout d'un œil critique. (...) Bertrand Piccard n'a pas pu apporter la preuve à son message "Le futur est propre". Il a surtout réussi à faire sa propre publicité.


Le verdict est sévère, mais pertinent. Bertrand Piccard a beau s'extasier à l'antenne de futurs projets de drones solaires lancés par l'industrie, s'en attribuant quasiment la paternité, ils n'ont aucun rapport avec sa tournée mondiale. On sait depuis longtemps que l'humain est le point faible d'un vol longue durée. L'existence de futurs drones solaires automatisés doit bien plus aux progrès technologiques des drones qu'à Solar Impulse.

Tous les records n'ont pas vocation à servir à quelque chose, mais tous n'ont pas non plus cette prétention. Faire péniblement le tour du monde en cent fois plus de temps que ce que propose déjà l'aviation commerciale au grand public pour un prix bien moindre, sans parler du confort et de la fiabilité? En l'occurrence, et malgré l'insistance du messager, le message véhiculé par Solar Impulse est parfaitement déprimant. Comme le résume un internaute:

Les pionniers utilisent les meilleures technologies disponibles pour faire mieux que ce qui existe: plus haut, plus vite, plus fort, plus commode, plus satisfaisant, moins cher, etc. Ceux qui veulent montrer qu’on peut faire presque aussi bien que ce qui existe, bien que moins haut, moins vite, moins fort, moins commode, moins satisfaisant et plus cher, mais en respectant des préceptes idéologiques, ne sont pas des pionniers, mais des saltimbanques prosélytes.


Il y a indéniablement du prêcheur chez Bertrand Piccard. Il met l'écologie au service du spectacle, lève des fonds comme un candidat aux primaires, étale un enthousiasme en téflon. Mais il est en décalage croissant avec le réel.

Le vrai problème de Solar Impulse est d'être resté en vol bien trop longtemps. Le monde a eu le temps de tourner. Comme dans ces histoires de science-fiction où la capsule d'un héros se dégèle dans une autre époque, Solar Impulse a décollé dans l'insouciance et atterri dans la crise. L'année 2003 des débuts du projet paraît si loin! La population européenne s'est bien malgré elle réveillée des chimères du réchauffement climatique pour se retrouver confrontée à des problèmes autrement plus concrets, dangereux et urgents - crise économique, crise de la dette publique, crise des migrants, État islamique, terrorisme. Foin de toutes les prévisions millénaristes sur le peak oil, le pétrole n'a jamais été aussi abondant.

Bertrand Piccard et André Borschberg pouvaient bien essayer de prévoir la météo sur plusieurs jours, ils n'avaient aucune chance d'intégrer ces paramètres dans leurs équations. Reste à Solar Impulse la satisfaction d'avoir établi une performance d'un nouveau genre, que nul ne disputera de sitôt. En bouclant un tour du monde en moins de deux ans, ils améliorent de plus d'un an le précédent record établi par Magellan il y a quatre siècles - lui qui, déjà à son époque, fit le tour du monde grâce à une autre énergie renouvelable, le vent.

24 juillet 2016

Petits Mensonges Munichois

Le Vivrensemble est un objectif si noble qu'il exige parfois des sacrifices, comme celui de la vérité, par exemple. Au terme d'une période difficile, la tuerie de Munich oblige en effet les médias et les politiques à un effort particulier d'habillage des faits pour rendre l'horreur de la situation, sinon convenable, au moins conforme à la vision dominante.

Les neuf morts et les seize blessés seront donc victimes de l'extrême-droite. Dans ce contexte particulier, naturellement, l'amalgame est vivement conseillé. Ainsi, la RTS n'hésite pas à intituler un de ses reportages "l'Ombre de Breivik" ; mais elle n'est de loin pas le seul média à verser dans cette présentation du récit.

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Le Matin choisit soigneusement ses illustrations d'article.

Pourquoi cette piste? Les autorités sont sauvées par le calendrier. La tuerie de Munich correspond au triste anniversaire des cinq ans du massacre sur l'île d'Utøya par Anders Behring Breivik. Et... C'est à peu près tout. Pour l'heure, pas de trace du manifeste du nazi chez l'adolescent et sur son ordinateur, pas de consultation avérée de sites en rapport. Il y aurait bien l'arme employée, un Glock de 9 mm, qui aurait été une des armes de l'arsenal de Breivik, mais c'est un pistolet répandu.

Le tueur de 18 ans aurait créé une fausse page Facebook pour inciter des jeunes à venir profiter de bons de réduction à un restaurant McDonald's tout proche pour avoir davantage de cibles. La plupart des victimes sont des jeunes. On est là encore très loin du mode opératoire de Breivik et de sa tuerie soigneusement orchestrée visant des cibles politiques, la jeunesse travailliste du pays.

La "piste Breivik" semble bien légère, et il n'est pas sûr que le grand public morde à l'hameçon. Le seul point commun avec le Norvégien est dans l'exécution d'une attaque indiscriminée: l'adolescent, souffrant apparemment de troubles psychiatriques, aurait peut-être éprouvé une fascination morbide pour les tueries collectives. Outre les inévitables "jeux vidéo violents" stigmatisés par la presse, il possédait des livres et des articles de journaux en rapport avec ces dernières, qui incluaient évidemment l'épisode des 77 victimes de Breivik. Mais à notre époque les tueries de masse ne sont pas le seul apanage de néo-nazis, loin de là.

Pour forcer le lien de la fusillade de Munich avec la tuerie d'Utøya, il fallait non seulement préparer l'opinion pour cette thèse, mais aussi couper les liens de l'agresseur avec la principale source d'attentats de notre époque, l'islam. Les premiers pas furent faciles: apparemment, le tueur n'avait pas de lien avec l’État Islamique, pas de drapeau noir chez lui, ne laissa pas de revendications. Il n'était donc ni un agent dormant, ni un "loup solitaire", ouf. Mais il restait quelques soucis.

Pour commencer, son nom un peu trop connoté, Ali Sonboly. Au fil des articles Ali Sonboly devint donc Ali "David" Sonboly, puis "David Ali" Sonboly, puis enfin, parfois, "David" Sonboly tout court. Pourtant Ali est bien son prénom d'usage, puisque c'est celui qu'il affichait sur sa page Facebook avant qu'elle ne soit désactivée:

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Un germano-iranien parfaitement intégré.

Ensuite, deuxième souci, les témoins. Malgré les cris, la fuite éperdue, le bruit des tirs, plusieurs témoins entendirent distinctement que notre jeune homme criait en donnant la mort: "Allah akbar", bien sûr. Mais pour en avoir la confirmation, il faut aller chercher dans la presse britannique:

Dans une vidéo il fut filmé en train de sortir des toilettes d'un restaurant McDonald's avant d'ouvrir le feu sur des enfants. On rapporte qu'il cria "Allah akbar" avant de leur tirer dessus à courte portée.


Les journalistes d'outre-Manche disposent des mêmes informations de base que leurs collègues du continent, mais ces derniers se bornèrent à dire que le tireur avait dit "quelque chose". Il en va du vivre-ensemble, comprenez-vous?

Un échange entre un Bavarois sur un balcon et le tueur peu avant qu'il ne se donne la mort donne une idée de la confusion mentale du jeune homme. Il en avait apparemment contre les Turcs car il aurait été victime de harcèlement de leur part à l'école. Parmi les morts figurent trois Kosovars, trois Turcs et un Grec, mais il est difficile d'en tirer des conclusions au vu de la population du quartier et du facteur aléatoire d'un tir dans la foule.

Héritier du communautarisme germanique, Ali Sonboly est né en Allemagne mais ne se sentait visiblement pas réellement Allemand. Son statut de germano-iranien était source de frictions avec d'autres communautés de son quartier. Il souffrait d'une grave dépression pour laquelle il était en traitement, mais échafauda un plan inspiré d'autres tueries de masse où il donnerait libre court à ses pulsions vengeresses dans un final spectaculaire.

Il attira ses victimes, se procura une arme au numéro de série effacé et des centaines de munitions - comment un adolescent asocial peut-il avoir si facilement accès à ce genre de matériel? - puis se lança dans la tuerie. Il n'était pas en lien avec l’État islamique, n'était pas revendicatif comme les islamistes, ni un réfugié syrien traumatisé par la guerre ; il choisit néanmoins d'évacuer son mal-être avec un maximum de violence.

Plutôt que d'essayer à tout prix d'en faire un néo-nazi au même titre que Breivik, les autorités allemandes seraient plus inspirées de se livrer à davantage d'introspection sur le racisme intra-communautaire et les tensions qu'il provoque au sein des banlieues pauvres allemandes. Elles poussèrent à bout un jeune homme en l'amenant à choisir d'évacuer son mal-être selon la violente tradition musulmane de résolution des conflits, en vidant des chargeurs sur des innocents au cri de "Allah akbar". Car si Anders Behring Breivik était heureusement un cas isolé, ce n'est certainement pas le cas d'adolescents comme Ali Sonboly.

Mise à jour (24 juillet): l'enquête avance à grands pas et on en sait davantage sur le tueur. Le lien avec Breivik est finalement avéré, Ali Sonboly utilisait son portrait pour son profil Whatsapp et se serait procuré son manifeste sur son compte Twitter (?). Mais la fascination semblait moins politique que technique, car liée aux tueries de masse en général - l'adolescent avait même fait un voyage pour se rendre sur les lieux d'un tel acte en Allemagne.

On sait qu'il aurait planifié son attaque un an à l'avance, ce qui contredit toute hypothèse d'une soudaine crise de folie. On s'en doutait déjà largement au vu de la planification nécessaire à son geste (armes et munitions, appels sur Facebook à se rendre au fast-food où il avait prévu de frapper).

Or, Ali Sonboly, scolarisé dans l'école mal famée d'un quartier pauvre, était maltraité par les autres élèves immigrés, à cause de sa voix haut perchée et d'une légère claudication. Il aurait été passé à tabac sous les yeux de sa propre classe par deux "camarades". On comprend un peu mieux le verdict de "dépression" des autorités médicales, plus promptes à rendre un avis médical que de désamorcer les causes du mal-être...

L'hypothèse d'une vengeance nihiliste - le fameux "Amok" sur lequel l'adolescent possédait de la littérature - semble de plus en plus vraisemblable. Ali Sonboly aurait voulu se venger de la société, et y serait parvenu dans la mesure de ses moyens. Mais gageons que les médias continueront de se délecter de ses liens avec Breivik plutôt que de poser des questions plus gênantes sur les laissés pour compte du multiculturalisme.

Mise à jour (25 juillet): la "piste Breivik" se dégonfle progressivement. Le tueur a lui-même rédigé un texte avant son passage à l'acte mais la police refuse d'en dévoiler le contenu. Il ne semble finalement pas y avoir de trace du manifeste de Breivik chez Ali Sonboly. Les autorités semblent elles-mêmes faire machine arrière. Citant une dépêche:

"De son côté, le ministère de l'Intérieur allemand, cité par l'agence Reuters, s'est montré beaucoup plus réservé quant à cette piste ["d'adulation" de Breivik], estimant qu'il était trop pour faire le lien entre les deux tueries. Des documents et l'historique de navigation du tueur de Munich montrent toutefois qu'il avait un intérêt tout particulier pour les fusillades, y compris celle d'Anders Behring Breivik."


Il faut dire que malheureusement, l'actualité en Allemagne a donné d'autres motifs d'urgence à la population, toujours en rapport avec l'islam.

20 juillet 2016

Padamalgam: risques de rupture de stock

Difficile semaine depuis l'attentat de Nice.

Vendredi, la Turquie affronte un coup d’État ; il échoue, et désormais le monde est témoin de la réaction saine et mesurée de son grand leader local Recep Tayyip Erdogan. Le ténor de l'AKP, "parti islamiste modéré" (un peu comme la neige chaude) livre le pays à des purges sans précédent. Soldats, enseignants, journalistes, juges, 50'000 personnes sont désormais dans le collimateur du pouvoir, et ce n'est pas fini. En attendant, entre deux lynchages publics, il est question que la Turquie remette la peine de mort à l'ordre du jour. L'Union Européenne glapit dans le vide, comme d'habitude.

Pendant que la France panse ses plaies et que le gouvernement tente d'éteindre la polémique sous la chape de béton du vivre-ensemble, on apprend que le père de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel affirme que son fils "n'avait pas de liens avec la religion". Seulement voilà, le père en question, "aussi choqué" par ce qui est arrivé, est un islamiste radical, ce qui relativise quelque peu son témoignage:

[La mère du tueur de Nice] s’appelle Cherifa et son père est membre du parti islamiste Ennahda et il est connu à Mseken comme étant un extrémiste violent que la police de Ben Ali surveillait de près et qui est devenu après janvier 2011 l’un des leaders locaux d’Ennahda à Mseken.


Comment? Les médias vous auraient caché ça?

En Allemagne, un aimable demandeur d'asile "afghan" mineur de 17 ans prend un poignard et une hache et se lâche dans un train régional et aux alentours - cinq blessés, quatre touristes chinois de Hong Kong et une passante qui promenait son chien - avant qu'il ne soit abattu par la police. L'individu "très bien intégré" selon son entourage (on n'ose imaginer ce qu'il aurait fait sinon) n'a même pas été capable de fournir son vrai nom aux autorités, Muhammad Riyad, différent de Riaz Khan Ahmadzai sous lequel il était enregistré en Allemagne. Il serait en fait Pakistanais, ce qui en dit long sur la qualité des contrôles administratifs préalables à l'acceptation des demandes d'asile en Allemagne.

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"Merci, peuple allemand, de m'avoir offert un avenir meilleur."

En France, dans un centre de vacances de Garde-Colombe, dans les Hautes-Alpes, un certain Mohamed Boufarkouch, marocain de 37 ans, aurait reproché à une mère et ses trois filles leurs tenues "trop légères". Joignant le geste à la parole, il les poignarde toutes les quatre avant de prendre la fuite. La victime la plus gravement atteinte, une fillette de huit ans au poumon perforé, devrait survivre. Les autorités font de gros efforts pour expliquer que tout cela n'a évidemment rien à voir avec l'islam, puisque comme on sait cette religion ne fait aucune fixation sur le style vestimentaire d'autrui.

padama10.jpgEn France, cette nuit, des émeutes éclatent dans le Val-d'Oise après la mort d'un certain Adama suite à une interpellation musclée. Les forces de l'ordre française ont essuyé des tirs et la banlieue immigrée est comme d'habitude la proie des flammes, probablement sous l'effet de gangs de bouddhistes. Quelques jours après un attentat majeur, dans une France sous plan Vigipirate et état d'urgence, on est satisfait de voir que l’État contrôle toujours aussi bien son propre territoire.

Dure semaine pour les marchands de Padamalgam, les voyageurs de commerce du Vivrensemble et les prêcheurs du Multiculturalisme. Alors que les Européens comptent leurs morts et leurs blessés, il faut travailler d'arrache-pied pour les rendormir et les apaiser. La tâche est difficile, les "déséquilibrés" à l'origine de chaque agression ne pouvant s'empêcher de beugler "Allah akbar" en commettant leur forfait, pirouette d'autant plus pénible que leurs actes n'ont comme on sait aucun rapport avec l'islam.

Mais nul doute que les peuples se rendormiront, ils ont été longuement habitués à avoir le sommeil lourd, c'est dans leur nature désormais. Entre l'Euro de football, le Tour de France et les Jeux Olympiques, comment garder les yeux ouverts sur l'actualité des faits divers? On abreuvera donc le grand public d'images dilatoires en répétant inlassablement les vers suivants:

La Diversité nous enrichit
Les frontières, voilà l'ennemi
Nous sommes tous des immigrés
Les migrants pourvoiront aux retraités
L'islam est une religion de paix
Nul n'est moins pédophile que Mahomet
Rassurez-vous, l’État veille a notre sécurité
Avec clairvoyance, compétence et fermeté

La route tue plus que le terrorisme
Et les fous ne relèvent pas de l'islamisme
Évitons les interprétations étroites
Qui font le jeu de l'extrême-droite
Ou nos péchés dans l'intégration
Nous reviendront comme une punition...

C'est une berceuse.

16 juillet 2016

La Turquie dans la main de fer d'Erdogan

Le grand public allumant sa télévision pour apprendre les derniers développements de l'enquête sur les attentats de Nice eut sans doute une surprise samedi matin en découvrant que l'actualité se concentrait désormais sur une tentative de putsch avorté en Turquie.

Les rebelles communiquèrent dès vendredi soir, sur le site de l’état-major de l'armée pour affirmer que l'armée disposait désormais du pouvoir politique. Les habitants d'Istanbul virent en effet des tanks et des militaires prendre place dans les rues de la ville, notamment près du Parlement, et bloquer plusieurs ponts, alors que des hélicoptères et des avions volaient à basse altitude au-dessus de leurs têtes. Des coups de feu furent échangés alors que les militaires (de quel camp?) intimèrent aux habitants de rentrer chez eux.

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Dès que la nouvelle fut retransmise à l'extérieur de la Turquie - les réseaux sociaux et Twitter se montrèrent bien plus réactifs que les médias traditionnels - le trafic aérien fut interrompu vers 22h15. L'ensemble de la population turque fut quant à lui averti des opérations en cours par la télévision, un présentateur de la chaîne publique TRT lisant, sous la menace d'une escouade de militaires ayant fait irruption dans les locaux, un communiqué annonçant couvre-feu et loi martiale et accusant le gouvernement de "porter atteinte à la démocratie et à la laïcité". Plus tard toute diffusion de la chaîne sera interrompue.

Mais le pouvoir légitime n'hésita pas à répliquer, sévèrement. Le Premier ministre turc Binalo Yildirim prévint sans se démonter qu'un groupe au sein de l'armée effectuait une tentative de coup d'État et qu'il le paierait très cher. Les combats ne tardèrent pas à éclater, auprès du palais présidentiel et d'autres bâtiments publics, impliquant parfois des hélicoptères.

A l'écart de la capitale, Recep Tayyip Erdogan échappa aux rebelles. Dans une interview improvisée à travers l'écran d'un iPhone et l'application de vidéoconférence FaceTime, il se retrouve à l'antenne de la chaîne CNN Türk, pour annoncer à son tour que les sanctions seraient terribles à l'égard des putschistes et pour appeler le peuple turc à se manifester.

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La réussite ou l'échec d'un coup d'état tient à peu de choses...

Ces quelques petites touches suffirent à renverser la situation. Dans une opération de ce genre, il est primordial pour les putschistes de contrôler l'information pour réduire au silence le régime précédent. Cela place la population et les structures de l’État dans une situation de fait accompli, leur intimant que la transition est achevée. Le résultat revient à saper la volonté de combattre d'éventuels loyalistes, un acte de résistance donnant l'impression d'arriver désormais trop tard.

Mais le message du Président Erdogan fut entendu. Les unités rebelles se retrouvèrent engluées dans des manifestations et les réactions d'unités militaires fidèles et de la police. Certains soldats perdirent leur sang-froid et ouvrirent le feu sur la foule, provoquant des dizaines de victimes. La dynamique du putsch fut malgré tout brisée, au prix de 260 morts dont 100 putschistes.

Aujourd'hui, le régime de Recep Tayyip Erdogan est solidement en place et sort renforcé de l'épreuve. Les militaires motivaient leur coup d'État en le présentant comme une réponse à la concentration des pouvoirs d'Erdogan ; Erdogan rétorque aujourd'hui que la tentative de coup d'État justifie la concentration de ses pouvoirs. Le président aux dérives autoritaires et islamistes se retrouve aujourd'hui félicité par les autorités occidentales au nom de la démocratie, la même que les putschistes annonçaient vouloir défendre avec les droits de l'homme et la laïcité...

La victoire du régime ouvre grand les possibilités de purge au sein de l'appareil d'État et Erdogan est bien décidé à s'en servir. Les exactions contre les journalistes et les minorités politiques n'étaient que jeux d'enfants. Moins d'une journée après les faits, le gouvernement turc a arrêté 2'839 soldats et militaires de hauts rangs, mais aussi limogé 2'700 juges et mis 140 membres de la Cour suprême sous mandat d'arrêt. Et l'enquête n'a même pas commencé!

Plus que jamais, la Turquie est dans la main de fer de Recep Tayyip Erdogan. L'armée turque était peut-être le dernier obstacle à ses visions millénaristes ; il a les coudées franches pour la briser, et ensuite, continuer à écraser l'opposition démocratique et laisser libre court à ses pulsions autoritaires. Nul doute qu'entre l’État Islamique, les Kurdes et la situation économique désastreuse du pays, cela ne peut que très mal se terminer.

15 juillet 2016

Carnage à Nice

Ils s'étaient massés au bord de mer sur la célèbre Promenade des Anglais pour conclure la fête nationale française dans son traditionnel feu d'artifice ; ils ne se doutaient pas que la soirée s'achèverait dans les cris, les larmes et le sang.

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Le camion fou, criblé de balles (crédit photo: Luca Bruno/AP)

Dans une France libérée de l'organisation de l'Euro, sous plan Vigipirate renforcé et sous état d'urgence, un poids lourd blanc put librement foncer dans la foule dans une rue théoriquement fermée à la circulation, fauchant touristes et familles de Niçois qui rentraient chez eux, avant que le conducteur ne soit finalement abattu. 2 kilomètres de carnage, plus de 80 morts dont des enfants, des blessés par dizaines, des milliers de personnes que les événements de la nuit auront durablement traumatisés. Et dans toute la France, des gens qui se disent que ça aurait tout aussi bien pu leur arriver aussi ce soir-là.

Depuis des années ce mode opératoire est employé par les terroristes palestiniens contre les juifs en Israël, mais qui s'en soucie? En attendant, Israël a appris à se défendre. Même en France, un événement similaire avait eu lieu au marché de Noël de Strasbourg en 2014. On avait commodément conclu à l'acte d'un "déséquilibré".

nice_logo.jpgDes papiers d'identité au nom d'un Niçois franco-tunisien de 31 ans auraient été retrouvés dans le camion de location, mais nul ne sait encore s'il s'agit du conducteur. Si c'est lui, cela jette encore une fois le trouble sur les réservoirs de haine anti-française d'une partie des résidents du pays. Les Tunisiens de France, si bien intégrés et si distants avec les islamistes, n'avaient-ils pas voté à 40% en faveur du parti intégriste Ennahdha lors des premières élections libres du printemps arabe?

L'attentat porte la signature de l'État Islamique ; en attendant cette confirmation, on peut gager que l'affaire suivra son cours avec l'emploi des mots-clef habituels - "pas d'amalgame", "loup solitaire", "impossible à prévoir", "radicalisé sur Internet", "stigmatisation" et "l'islam ce n'est pas ça", ainsi que les passages obligés allant du logo au hashtag obligatoire et  aux appels à l'unité, peut-être une Marche blanche... Ensuite, on découvrira les nombreuses traces et indices laissés par l'assassin et ses relations préalables avec la justice.

Au lendemain des attentats de Paris en 2015, un membre du gouvernement socialiste affirma avec un cynisme achevé - mais en off naturellement - que François Hollande "était vraiment verni, avait une bonne étoile". Il signifiait par là que suite à ces massacres, le réflexe de rassemblement et de solidarité entre Français choqués profiterait électoralement au chef de l'État. Aujourd'hui, la lumière de l'étoile a pâli. Aucune pirouette ne sauvera plus son quinquennat.

Les Français n'en peuvent plus des gesticulations du maître de l'Élysée. Non seulement il ne contrôle plus rien, mais il ne donne même plus l'illusion de contrôler quoi que ce soit. Sa trace dans l'Histoire semble se résumer à ses problèmes de coiffure, ses manœuvres contre les trublions ambitieux de son camp, ses promesses creuses et mensongères, ses maîtresses, ses paris sans cesse perdus, son mépris pour les sans-dents. "Quitte ou double!", lancerait-il dans un sourire comme un ultime défi à une population française écœurée. Mais l'humeur n'est plus aux joutes de langage.

Au lendemain du 14 juillet, les Français comprennent que les attentats ne cesseront jamais vraiment sur le sol du pays tant qu'un changement de paradigme, une véritable révolution conservatrice, n'aura pas lieu au sommet de l'État. Il faudrait pour cela un retour résolu du gouvernement français sur ses fonctions régaliennes - la police, la justice, la défense, la sécurité - qu'il a tant négligé depuis des années. Une politique de droite libérale classique, en somme. Et si, selon toute probabilité, M. Hollande s'avère incapable d'apporter ce changement, la perspective d'une option plus radicale est de plus en plus probable pour les élections de 2017.

Les citoyens français seront peut-être désormais plus pressés de trouver des alternatives que de se serrer les coudes autour de dirigeants incompétents.