11 juin 2015

Grèce: le blocage idéologique

"Grèce vs FMI: le choc des idéologies", titre Jean Quatremer sur son blog du quotidien Libération... Mais ce faisant, l'auteur, habitué des coulisses de Bruxelles, fait une belle démonstration de la sienne - et devient ainsi, probablement, le porte-parole de nombre de bureaucrates locaux.

Apocalypse contre ultra-libéralisme

L'analyse partait pourtant sous les meilleurs auspices avec un portrait assez juste des positions tenues par les deux camps en présence:

C’est la stratégie du faible au fort : la Grèce est persuadée que ses créanciers sont terrorisés par la perspective d’un « Grexit » qui ne pourrait qu’aboutir à l’explosion de l’euro et entraîner le monde dans un nouvel hiver économique. Ils n’ont donc d’autres choix que de lui faire des concessions, sauf à couler avec elle. En face, la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) sont tout aussi persuadés que le gouvernement d’Alexis Tsipras ne tentera jamais un défaut de paiement - suivi d’un retour à la drachme-, car cela se traduirait par un cataclysme pour l’économie locale et une colère de son peuple qui ne l’a pas élu pour cela.

 
Mais à en croire M. Quatremer, pour qui toute position de gauche critique de l’Europe est une sorte de péché impardonnable, le parti Syriza au pouvoir en Grèce n'agirait comme il le fait que sous l'influence de malheureuses œillères idéologiques:

Que Syriza ait adopté dans les négociations avec ses créanciers une position très idéologique, marquée par une méconnaissance des contraintes diplomatiques et financières européennes et mondiales, n’est pas une surprise. Composée d’environ 45 % d’antieuropéens, cette confédération de plusieurs partis de gauche radicale voit dans le FMI et l’Europe une force d’occupation étrangère qu’il convient de défaire...


Et à l'aveuglement idéologique de la gauche radicale grecque s'opposerait naturellement une autre idéologie tout aussi bornée, celle de l'ultralibéralisme triomphant™ du FMI et de Bruxelles:

[Le FMI] est tout aussi caricatural que Syriza, même s'il a su le dissimuler en militant pour la restructuration de la dette grecque (mais, bien sûr, uniquement pour la partie détenue par les Européens…). De fait, c'est lui, et non la zone euro, qui exige la réforme immédiate de l'intenable système de retraites, l'assouplissement du marché du travail ou le passage de 11 % à 23 % de la TVA sur l'électricité, déjà l'une des plus chères d'Europe. On voit qu'on est là dans la théologie ultralibérale la plus pure (...)


Tellement facile de renvoyer dos-à-dos deux camps, présentés comme les champions de deux idéologies nécessairement vaines et inadaptées! Ensuite, il suffit de se poser en grand seigneur voyant plus haut et plus loin que tout ce petit monde, concluant la discussion avec une suggestion toute innocente: "pourquoi ne pas laisser la Grèce choisir ses priorités à condition qu'elle parvienne à équilibrer son budget?"

Pourquoi pas en effet? Ah, comme tout est simple dans le monde du verbe!

Le douloureux monde réel

Il faut être coupé des réalités comme un journaliste enkysté dans les officines bruxelloises pour croire que l'affaire peut se dénouer avec de courtoises discussions de salon. Pourquoi ne pas laisser la Grèce choisir ses priorités à condition qu'elle parvienne à équilibrer son budget? Parce que dans la phrase précédente l'hypothèse évoquée n'a plus le moindre sens. La Grèce a autant de chance de "parvenir à équilibrer son budget" que les cochons de voler en escadrille. La faute à des décennies de gabegie, amenant la méfiance des citoyens envers l’État, la panique bancaire, et finalement la déroute de l'économie privée.

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Si la Grèce trouve une force de négociation insoupçonnée, c'est qu'elle n'a plus le choix. En plus de la crise dans laquelle le pays se débat depuis des années, en plus de comptes courants dans le rouge début 2015 - hors dette et avant que Syriza n'obtienne le pouvoir - la situation économique grecque s'est nettement détériorée depuis début mai, augmentant encore la vitesse de la chute au fond du précipice.

La "manœuvre zambienne" consistant à regrouper en fin de mois les paiements dus au FMI n'aura guère amélioré l'image du pays auprès des investisseurs, pas plus que la dernière dégradation de sa dette par les agences de notation. Mais s'il y a bien une nouveauté, c'est que les médias ne parviennent plus à cacher les effets de la crise sur le secteur privé.

Les conséquences de la faillite grecque sur les entreprises privées se devinent à travers le poids économique de l’État. Mais il n'y a pas que cela et la déroute d'Athènes affecte même des sociétés sans aucun lien avec le pouvoir, voire sans lien avec le marché intérieur grec.

Ce n'est pas compliqué à comprendre. Les milieux d'affaire détestent l'incertitude et il n'y a pas plus incertain que l'avenir économique de la Grèce en ce moment. Comment signer aujourd'hui une simple transaction commerciale avec une entreprise grecque contre un paiement à 30 ou 60 jours lorsque le pays pourrait faire faillite dans quelques semaines, avec des effets imprévisibles sur les comptes bancaires, les douanes, les infrastructures? Y aura-t-il des coupures de courant? Des manifestations de dockers? De nouvelles taxes extraordinaires à des taux improbables? Des blocages des transactions financières?

Que valent encore les promesses de livraison en pareilles circonstances?

Face à un tel gouffre d'incertitude, l'attitude logique consiste à s'abstenir ou à se prémunir - dans ce dernier cas, en réclamant par exemple des paiements en avance, lesquels ne manquent pas de précipiter encore plus de PME grecques à la faillite faute de trésorerie. Car bien entendu, les banques ne prêtent plus à personne...

Selon l'association grecque du commerce de détail mentionnée par Zerohedge, chaque jour voit disparaître en moyenne 59 entreprises et 613 emplois - lesquels viennent grossir les rangs de chômeurs dont les trois-quarts subissent leur triste situation depuis plus d'un an.

Hors d'un haircut, point de salut

Comment planifier les rentrées de l'État grec sur les prochaines années alors même que l'activité économique s'étiole comme peau de chagrin? Quelles entreprises seront encore là pour collecter la TVA, quel que soit son taux, au bénéfice de l’État? Avec une population de fonctionnaires et de chômeurs tentant de travailler au noir pour survivre, qui va payer les monstrueux impôts indispensables pour verser les salaires de la fonction publique, les prestations sociales des ayant-droits et indemnités de tout ce petit monde, qu'elles soient rabotées ou non? Et ne parlons pas de rembourser le capital des milliards d'euros de dette publique...

Une fois cela compris, la réduction de la dette grecque n'a plus rien d'une hypothèse de travail ; c'est un passage obligé qui s'imposera soit à travers un abandon ("haircut") de l'essentiel des créances, soit à travers une faillite en bonne et due forme qui laissera les créanciers sans rien. Ceux qui imaginent d'autres possibilités se bercent d'illusions ou mentent carrément. La population locale, elle, boira le calice jusqu'à la lie.

Il y a pire: toutes les gesticulations actuelles autour des négociations-de-la-dernière-chance ne servent quasiment à rien. Elles ont pour but de parvenir à décrocher un accord pour "débloquer" les 7,2 milliards d'euros de la dernière tranche du deuxième plan d'aide européen, gelés depuis l'automne dernier. Mais quel journaliste économique osera rappeler que cette manne sera à peine suffisante pour que la Grèce passe l'été? Dès le mois de septembre, il faudra encore un nouveau plan d'aide!

En coulisses, on a déjà commencé à en discuter, à condition bien sûr que l’État grec ne fasse pas défaut avant faute d'accord. Mais la Grèce réelle pourrait prendre tout le monde de vitesse simplement à la faveur d'un effondrement économique total - surprenant tant le gouvernement d'Alexis Tsipras que les créanciers de l’État.

Si le dossier grec est le champ de bataille où s'affrontent les idéologies, ce n'est pas la lutte entre un marxisme mythique contre un ultra-libéralisme fantasmé, mais bien celle de l'utopie politique face à la réalité.

09 juin 2015

L'arnaque écologique de Solar Impulse

Par accident ou peut-être le besoin de montrer un regain de pluralisme à l'approche du vote du 14 juin sur la redevance, la RTS se fendit samedi dernier d'un reportage tout à fait étonnant sur le bilan écologique réel de Solar Impulse, l'avion "solaire" de Bertrand Piccard.

Il pollue plus que tout ce que vous pouvez imaginer.

Alors que les écologistes nous rabâchent à tour de bras qu'il faut traquer les "coûts cachés" de la moindre capsule de café, les journalistes se sont contentés d'en faire autant avec Solar Impulse, additionnant ainsi:

  • L'énergie grise, soit le coût énergétique de la construction de l'appareil, y compris batteries, panneaux solaires, etc. - un coût particulièrement lourd dans le cas de Solar Impulse sachant que l'avion-prototype n'est évidemment pas le prélude à une production de masse ;
  • La pollution indirecte, à savoir toute l'énergie requise pour la conception et la récolte de fonds, les dizaines de dîners de gala et de conférences requises pour réunir les 150 millions de francs du projet ;
  • La pollution de réalisation, c'est-à-dire le coût d'accompagnement de Solar Impulse par une équipe au sol d'une soixantaine de personnes à chaque vol de l'avion solaire, avec les ordinateurs, les accès réseau, etc.

La conclusion est cinglante:

L'aventure Solar Impulse consomme autant que si 200 personnes faisaient le tour du globe en avion de ligne.


Si le reportage est assez complet, il n'évoque pourtant pas un point central à la base même du projet, l'idée que Solar Impulse vole "à l'énergie solaire". C'est un grossier raccourci. Solar Impulse dispose effectivement de panneaux solaires et de batteries rechargeables pour rester en vol pendant les heures nocturnes, mais les batteries de l'avion sont chargées à bloc avant chaque décollage, à l'aide de courant électrique tout ce qu'il y a de plus banal !

Pour être un tant soit peu conforme à son esprit, Solar Impulse devrait recharger ses batteries sur le tarmac à l'aide des panneaux solaires disposés sur la surface de l'appareil ; ce n'est évidemment pas praticable, à cause des poussières et du temps que réclamerait la manœuvre. En fin de compte, au moins au décollage, il doit son envol à une bonne dose d'énergie nucléaire ou thermique selon le pays d'où il part...

Interrogé dans le reportage, Suren Erkman, professeur d'écologie industrielle à l'UNIL, explique avec raison que la comparaison entre Solar Impulse et un avion de ligne commercial n'est probablement pas appropriée ; il serait sans doute plus judicieux d'établir un parallèle avec la tournée mondiale d'un groupe musical de premier plan, avec son staff technique, son matériel, sa régie, etc.

Solar Impulse ne serait donc qu'un prétexte pour un peu d'écologie-spectacle à destination des masses? Pour ceux qui suivent le dossier depuis assez longtemps, cela ne fait guère de doute. Au tour du monde en ballon succède l'avion solaire ; le modèle d'affaire reste le même, au confluent du marketing, du sponsoring et des causes à la mode. Et puisque le grand public pourrait finir par se lasser d'un n-ième "exploit" de son auteur, la sauce est diluée avec sagacité pour faire durer l'aventure (et les rentrées d'argent) le plus longtemps possible.

Solar Impulse est moins un défi technique ou une aventure écologique qu'une tournée événementielle orchestrée comme du papier à musique, jusque dans la façon dont les logos des sponsors sont subtilement mis en avant dans chaque plan-séquence. Inébranlable et volontairement hermétique à toute polémique, le chef de projet Bertrand Piccard botte en touche en invoquant commodément le symbole:

[Le but de Solar Impulse] est de montrer que toutes nos technologies, qui nous permettent de voler jour et nuit avec un avion solaire sans carburant, doivent être utilisées au sol pour avoir une société plus propre, et un monde plus propre. C'est ça qui est important, et finalement c'est ça qui fait qu'il y a des millions de gens qui aiment ce projet et qui nous suivent.


Bien sûr les panneaux solaires ont un bilan énergétique discutable, les batteries sont lourdes et polluantes, et il faut toute une équipe au sol pour parvenir péniblement à déplacer un unique être humain à bord à la vitesse moyenne de 80 km/h - tout ceci n'étant possible que lorsque toutes les conditions météorologiques sont réunies...

Ce n'est pas la force du symbole qui, une fois invoqué, permet de justifier à peu près n'importe quoi, mais bien celle d'une puissante magie - le show-business.

 


 

Rectificatif (12 juin): l'équipe de Solar Impulse me fait savoir qu'un point de l'article ci-dessus, mentionnant le chargement des batteries de Solar Impulse avec du courant électrique issu du réseau électrique local, est erroné:

Cette affirmation est fausse, pendant tout le tour du monde nous ne chargeons jamais les batteries avec autre chose que de l'énergie solaire provenant de nos cellules. Jamais nous ne branchons les batteries sur le réseau et ceci est même contrôlé par la FAI dans le cadre des dépôt de records que Solar Impulse fait dans la catégorie avion solaire. Pour votre information, l’avion est fait pour être chargé en extérieur ou simplement à l’intérieur de son hangar gonflable, le tissus ayant été choisis pour laisser passer les rayons du soleil afin de charger les batteries.


Ce rectificatif (mentionnant l'article à la base de cette erreur) est également disponible sur le site de Contrepoints.

L'énergie propulsant l'avion solaire Solar Impulse est donc bien d'origine 100% solaire, le rechargement s'effectuant au besoin à l'aide d'un hangar gonflable spécial transporté par avion cargo et protégeant l'avion au sol.

03 juin 2015

Duel à Renens

Le 14 juin ne sera pas uniquement l'occasion de s'exprimer sur des enjeux fédéraux mais aussi sur des décisions plus locales, comme une élection complémentaire à la Municipalité de Renens suite à la démission de M. Jean-Pierre Rouyet pour cause de maladie.

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A un an des élections communales dans le canton de Vaud, ce scrutin a valeur de test. Dans la commune la plus à gauche du canton voire peut-être de Suisse, verrons-nous souffler le vent du changement ou, au contraire, assisterons-nous à une confirmation de la puissance locale de l'extrême-gauche?

Par le hasard des circonstances, cette modeste élection complémentaire revêt une importance symbolique sur plusieurs aspects. La gauche étant unie dans le statu-quo derrière le candidat des "Foumis Rouges", l'UDC Renens se lança seule dans la course ; on assiste donc à un duel des plus limpides entre la gauche communiste et la droite conservatrice. Un siège, deux candidats, il n'y aura pas de second tour, aucun calcul, aucune négociation de couloir.

A gauche, Didier Divorne, pur produit de l'establishment politique local: conseiller communal, député au Grand Conseil vaudois, syndicaliste aux CFF. Son élection à la municipalité s'inscrit presque comme un passage obligé d'une carrière politique professionnelle qui l'amènera sans doute bien plus loin que Renens, s'il franchit l'obstacle.

A droite, Gérard Duperrex, pilier de l'UDC et de la vie associative locale, président du conseil communal l'an dernier, dont l'expérience politique dans le canton de Vaud et le cheminement tout autour du globe mériteraient un livre... Et pour Renens, le candidat d'une rupture avec le modèle d'affaire choisi par la gauche pour la ville depuis plus d'une décennie.

Bétonnage ou respect du cadre de vie? Subventions ou équilibre financier? Animation de rues ou sécurité? On pourrait discuter longtemps des positions des uns et des autres mais une image valant mieux qu'un long discours, voilà le dos du flyer de campagne de M. Divorne, selon lequel "chaque voix compte"...

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Y a-t-il le romanche?

Qu'on se rassure, Renens restera à gauche de toute façon. Si M. Duperrex l'emporte, la composition de l'équipe municipale sera de 1 Fourmi Rouge, 2 PS, 1 Vert, 2 PLR et 1 UDC, soit encore une majorité de gauche.

Non, l'intérêt du flyer est en bas de page: un appel à voter pour M. Divorne en 23 langues différentes, et je doute que M. Divorne soit lui-même en mesure de les identifier toutes. Je crois qu'il n'y a pas de meilleure illustration de ce pourquoi chacun se bat et de l'électorat qu'il courtise ; en la matière, la gauche de Renens poursuit ses objectifs immigrationnistes et multiculturalistes. A l'occasion de cette élection complémentaire, elle espère bien un retour d'ascenseur.

A Renens où on collectionne les nationalités comme d'autres les Pokémons, pareille attitude fait partie du paysage ; les intérêts étrangers s'invitent régulièrement en politique et donnent un assez bon aperçu des manœuvres qui auront lieu lors des élections dans la Suisse de demain - dans pas très longtemps au rythme actuel.

Avant qu'on ne me fasse un mauvais procès, je rappelle que l'UDC Renens comportait 30% d'élus non-suisses au conseil communal en début de législature, de très loin le groupe politique le plus ouvert sur l'étranger de toutes les formations représentées au conseil - et ce sans compter les Suisses naturalisés comme votre serviteur. Mais voilà, il y a deux façons d'aborder les étrangers: comme un réservoir de voix disponibles qu'on achète à coup de cadeaux, ou comme un préalable à l'acquisition de la nationalité au terme d'une intégration réussie (les éléments criminogènes devant eux être impitoyablement renvoyés).

Renens doit-elle rester pour l'éternité un zoo paléo-communiste? Nous verrons le 14 juin la position des Renanais en la matière.

29 mai 2015

Un mois de juin difficile pour la Grèce

La Grèce fera officiellement défaut au mois de juin. L'information a été très publiquement révélée il y a quelques jours par le ministre de l'intérieur Nikos Voutsis sur la chaîne privée Mega, interrogé à propos des échéances dues au FMI dès le 5 du mois jusqu'au 19 et totalisant 1,6 milliards d'euros:

"L'argent ne sera pas versé. Il n'existe pas."


Les coffres de la Grèce sont à sec. En réalité, la Grèce aurait dû échouer à rembourser le FMI dès le mois de mai. On raconte qu'il serait resté moins de 30 millions dans les caisses. M. Tsipras avait même rédigé une lettre en ce sens au FMI de Mme Lagarde, faute d'argent. L'échéance fut remplie au dernier moment par l'utilisation inopinée d'un fonds d'urgence du FMI de 650 million d'euros théoriquement réservés aux circonstances exceptionnelles (catastrophe naturelle par exemple) et remboursable sous un mois, dont le gouvernement grec n'avait pas connaissance!

On croit rêver mais c'est la stricte vérité: la Grèce paya les traites du mois de mai au FMI avec de l'argent soutiré au FMI. Bel exemple de circularité.

grèce,faillite,euroMême si la Grèce pratique la cavalerie aux yeux de tous depuis des années (comme toutes les social-démocraties occidentales d'ailleurs) la ficelle fut cette fois-ci suffisamment grosse pour que le FMI jette l'éponge. Il demanda à être relevé des négociations sur un prochain plan d'aide européen pour la Grèce.

Depuis et indépendamment de cette anectdote, la Grèce se démène pour tenter d'arracher un allègement de la dette du pays - ce qui implique évidemment que les prêteurs assument des pertes sur leurs créances, articulées entre 60 et 85%. Inacceptable pour les pays européens qui sont devenus les principaux bailleurs depuis la dernière restructuration de la dette consécutive à la faillite de 2012. Ce n'était jamais que la sixième du genre...

Pour ne pas provoquer une panique bancaire (qui arrivera quoi qu'il arrive dans les prochains jours) le gouvernement grec passe son temps à souffler le chaud, selon lequel un accord va bientôt être trouvé, alors que l'Europe souffle le froid à l'aide de démentis cinglants.

Les positions sont tout simplement irréconciliables.

Côté grec, on estime avoir fait tous les efforts possibles. Le gouvernement accepte l'idée des réformes mais a posé certaines "lignes rouges" sur ce qu'il est prêt à accepter de la part de la Troïka ; malheureusement, ces  lignes rouges concernent la privatisation de services publics, la diminution du nombre de fonctionnaires et d'autres mesures qui vont totalement à l'encontre de la base idéologique de Syriza, le parti au pouvoir (sans compter qu'elles ne ramèneraient jamais assez d'argent.)

Côté européen, la position grecque exaspère. Le gouvernement Tsipras a perdu l'essentiel de sa crédibilité. Sachant que la Grèce est sur une trajectoire impossible à stopper, l'Europe n'a guère d'envie de lui accorder les milliards d'euros de la dernière tranche du "plan d'aide" bloqué depuis l'automne dernier.

Après des années de lutte, de tergiversations et de faux-semblants, la situation est arrivée à son dénouement. La Grèce n'a plus aucun expédient pour payer les échéances de ses dettes, et probablement plus assez pour payer les traites des fonctionnaires, les retraites ou simplement les fournitures de base de ses hôpitaux.

Incapable d'honorer les remboursements de ses ses créanciers, incapable de faire face à ses engagements intérieurs, le gouvernement d'Alexis Tsipras est promis à l'effondrement. Le gouvernement grec est loin de reposer sur une base solide. Le parti Syriza, peu accoutumé aux compromis qu'implique l'exercice du pouvoir, se partage entre les "pragmatiques" et les "idéalistes". Une motion de la "plateforme de gauche" (un courant dans le parti) demandant une cessation de paiement explicite fut rejetée de justesse dimanche dernier avec une avance de seulement 20 voix. Dans le contexte actuel ce vote n'a plus aucune importance, mais il révèle les fractures au sein du parti d'extrême-gauche.

Le 5 juin, la Grèce sera en cessation de paiement. Elle ne pourra pas allouer d'argent à son créancier le plus prioritaire. Il faudrait trouver pour cela 2,2 milliards d'euros d'ici au 16 juin! Et ce n'est que le remboursement pour le FMI ; la Grèce doit encore rembourser un total de 7,8 milliards d'euros d'ici au 25 juillet. L’Europe peut faire une croix sur ses versements, tout comme la BCE d'ailleurs, qui n'avait même pas le droit de donner de l'argent au pays mais qui s'est permise de le faire tout de même...

Lorsque M. Tsipras enverra pour de bon la lettre avouant au FMI que son pays est incapable d'honorer ses engagements, il ouvrira une période de négociation d'un mois pendant laquelle il faudra que quelqu'un cède - mais quoi qu'il advienne, l'addition sera forcément pour l'Europe. Ce sera un saut dans l'inconnu.

Décidément, le mois de juin sera bien difficile pour la Grèce.

26 mai 2015

L'ignoble impôt sur la mort

Le 14 juin le peuple suisse devra se prononcer sur une initiative "soulager les revenus - renforcer l'AVS" destinée à instaurer un impôt fédéral sur les successions.

On peut dire en la matière que la gauche derrière ce texte fait montre de persévérance - à défaut de suite dans les idées - en tentant pour la quatrième fois d'imposer ce thème aux citoyens, après des échecs en 1919, 1946 et 2003. La droite et les PME à travers l'Union Suisse des Arts et Métiers (USAM) sont vent debout contre la proposition.

Les changements demandés par le texte sont assez clairs:

  • Introduction d'un nouvel impôt fédéral sur les successions dont les revenus profiteront pour deux tiers à l'AVS et un tiers aux cantons ;
  • Le taux est à 20%, moyennant une franchise de deux millions ;
  • Des mécanismes annexes visent à fiscaliser les donations ou a contrario à permettre des facilités de paiement pour les petites entreprises ou les exploitations agricoles.

Panique chez les petits patrons

L'initiative pour un impôt fédéral sur les successions mélange tant les genres que l'USAM tenta une requête en nullité sur la base de son caractère anticonstitutionnel pour cause de défaut d'unité de matière - l'initiative mêlant sans vergogne un nouvel impôt et le financement de l'AVS tout en empiétant sur les prérogatives constitutionnelle des cantons en matière de fiscalité. Naturellement la manœuvre ne fut pas suivie et c'est désormais au peuple de s'exprimer.

Si les dirigeants de PME paniquent, c'est parce que l'impôt vient grever les fruits du travail de leur vie. Il suffit que le patron soit simplement propriétaire de son logement pour que l'essentiel de la franchise de 2 millions soit déjà atteint, laissant ses héritiers en face d'une ardoise liée à la valeur de l'entreprise estimée par le fisc.

Comment s'y préparer? Le volet de la donation est lui-même soumis à l'impôt au-delà de la somme (dérisoire) de 20'000 francs par héritier et par an. L'alternative serait de constituer des réserves financières pour faire face au paiement, mais cette possibilité est très impraticable: on ne sait pas quand on meurt, et il faudrait réactualiser les réserves d'année en année avec de l'argent qui manquerait de toute façon au développement de la société. Rassembler un trésor de guerre de 20% de la valeur estimée d'une entreprise est une gageure dont peu de PME seraient capables.

Pour les entreprises dont les dirigeants décéderaient peu de temps après l'adoption de l'initiative, l'effet serait proprement dévastateur: leurs héritiers se retrouveraient frappés de plein fouet par un impôt dont ils ne pourraient s'acquitter qu'en cédant l'affaire familiale à vil prix ou en s'endettant lourdement.

L'hypothèse n'est pas anodine. 80% des entreprises suisses sont familiales et leurs dirigeants vont vieillissant, si bien que 20% d'entre elles devraient être transmises à la génération suivante dans les cinq ans à venir. Cela donne une idée du massacre du tissu socio-économique suisse qui résulterait de cet impôt sur la succession. Il ne fait aucun doute que si l'initiative passe, la délocalisation sera une solution adoptée par nombre d'entrepreneurs pour sauver leur patrimoine. D'autres entreprises disparaîtront purement et simplement, soit avec la mort de leur propriétaire, soit parce que les provisions pour les céder auront détruit leur rentabilité.

L'égalité à coup de bottes

Si l'emploi et la compétitivité helvétiques sont sur la sellette, ils ne sont pas les seuls concernés. L'impôt sur les successions affectera largement le simple quidam. Les maisons ou les entreprises transmises seront ainsi évaluées à leur "prix du marché" et non à leur estimation fiscale, ce qui poussera la masse successorale au-delà des 2 millions de franchise bien plus souvent que ce que prétendent les initiants.

fiscalité,votation du 14 juin 2015,socialisme,initiativeSur le plan strictement financier, les grandes fortunes officiellement visées par le texte auront beau jeu de mettre les voiles plutôt que de passer leurs derniers jours en Suisse ; l'impôt tue l'impôt et la gauche nous rejoue la partition pas très futée de la votation contre les forfaits fiscaux.

Derrière les appels peu sincères à contribuer à l'AVS ou à participer à "l'effort commun" (que les socialistes de gauche comme de droite rendent plus difficile chaque jour en augmentant sans cesse le périmètre de l'Etat) les partisans du texte ne font guère mystère de leurs intention: l'introduction d'un impôt massif de 20% sur les successions vise à corriger une "injustice", à savoir la notion même d'héritage.

L'initiative permettra de taxer trois fois le même franc, d'abord au nom de l'impôt sur le revenu, puis au nom de celui sur la fortune, et enfin celui sur la succession. Cette injustice-là ne semble guère émouvoir la gauche.

L'argument de la justice sociale fait de même hausser le sourcil quand on sait que les institutions d’utilité publique sont au bénéfice d'une exemption totale de cette taxe sur les successions. Vos propres enfants seront taxés à 20% mais si vous choisissez de léguer votre héritage à une association pas du tout politique comme le WWF, alors là pas de problème! Les socialistes ont toujours l'égalité à la bouche, mais pas au point d'oublier les copains!

On aimerait enfin un grand débat sur le sens de la justice sociale prôné par la gauche, car enfin, la contradiction est stupéfiante: il serait inacceptable de gagner de l'argent "sans rien faire" au travers d'un héritage parce que ce serait une injustice... Alors que les politiques de redistribution prônées par la gauche à longueur de journée reviennent exactement à cela.

La mort n'arrête pas le fisc

Nous pourrions discuter longtemps d'un taux approprié de TVA ou de la progression de l'impôt sur le revenu mais ces prélèvement ont une nature fondamentalement différente: ils correspondent à l'exercice d'une volonté humaine, qu'il s'agisse de consommer ou de travailler.

L'impôt sur les successions est différent - il frappe dans la mort, et des tiers innocents puisqu'ils ne sont pas à l'origine de la masse successorale.

Le plus abject dans cet impôt est sans doute la façon dont il touche ses victimes. Il atteint les familles au moment où elles sont malheureuses et vulnérables suite au décès d'un proche. Non seulement il faut pleurer la perte et organiser des obsèques mais encore trouver le temps de répondre à la rapacité d'un État incapable de se satisfaire de ce que le défunt aura déboursé sa vie durant pour sa fiscalité.

Disons-le et répétons-le, la masse successorale promise à la taxation est déjà passée par l'impôt sur la fortune, l'impôt sur le revenu, la TVA et toutes les taxes redistributives tant vantées par les collectivistes. L’État s'est déjà servi, et il se sert encore!

L'impôt sur les successions est là pour nous rappeler - à coup de masse avec un taux de 20%!- que l'impôt est une punition perpétuelle. Rien ne nous appartient vraiment, ni à nous, ni à nos proches, ascendants et descendants. Le détenteur ultime est toujours in fine l'État, gourmand et insatiable. Le deuxième carcan, la taxation sur les donations, est aussi là pour nous rappeler non moins lourdement qu'il n'est pas question d'échapper à son destin, en tentant par exemple de prendre ses dispositions avant son décès. Même le temps n'est pas un obstacle puisque la gauche se permet carrément de remonter dans le temps avec un effet fiscal rétroactif jusqu'en 2012. La prison fiscale est en place.

On a coutume de dire qu'il n'y a que deux certitudes dans l'existence: la mort et les impôts. En Suisse, le peuple aura l'occasion de dire ce qu'il pense de la seconde le 14 juin. Si j'ai peu de doute que le peuple renverra les vautours socialistes à leurs branches mortes, il faut encore que le rejet viscéral de cet impôt anachronique et infect fasse son chemin et disparaisse pour de bon même des fiscalités cantonales, car si la plupart y ont renoncé ce n'est pas le cas de tous, dont le canton de Vaud.

Que l’État ait besoin d'argent on peut l'admettre, mais le fisc ne fait pas partie de la famille. Pas question qu'il s'invite aux obsèques!

20 mai 2015

Les Suisses, bons à décapiter?

"Les Suisses ne sont bons qu'à être décapités", proclame un certain Oussama M., Irakien incarcéré en Suisse. Les autorités fédérales, décidément très remontées, ont décidé de "prolonger une nouvelle fois sa détention", explique le Matin. Pas de jours-amende avec sursis ni de réhabilitation aux petits oignons pour le vilain petit canard du vivre-ensemble métissé et festif - en tout cas, pas pour l'instant.

daesh.jpgPadamalgam™, double dose

Sans doute pas au courant que l'islam-ce-n'est-pas-ça (on attend avec impatience le débat télévisé entre un frère Ramadan et ce genre d'olibrius) l'individu explique au Tages Anzeiger qu'il n'y a pas lieu de perdre du temps à essayer de convertir les infidèles: "Les chrétiens suisses ne sont bons que pour la décapitation, pas pour le prosélytisme". On a beau être promis au paradis, il faut utiliser son temps efficacement. D'ailleurs Oussama se préparait à joindre le geste à la parole:

Pour les autorités suisses, Oussama M. était clairement en train de préparer une action en Suisse pour le compte de l'organisation terroriste avec l'aide de deux complices. L'Irakien «est totalement en phase avec les activités de l’État islamique et se considère comme un de ses membres», écrit le Tribunal pénal fédéral. Il se décrit comme un combattant respecté qui a participé à des batailles.


Heureusement, c'est probablement un loup solitaire, le genre de type qui devient méchant à coup de vidéos sur Youtube alors qu'avant il était gentil comme tout et disait bonjours à ses voisins lorsqu'il les croisait dans l'escalier... Rien qui justifierait, par exemple, une remise en question de la politique d'asile habilement conduite par notre conseillère fédérale socialiste Mme Sommaruga... Oups!

Oussama M. a été accueilli en Suisse après une grave blessure en Irak. Il souhaite retourner dans son pays une fois sur pied. Actuellement, il se déplace en chaise roulante. Et même s'il a été soigné et qu'il touche l'aide sociale, il est virulent (sic) avec la Suisse. Selon les autorités fédérales, l'accusé a apporté son soutien à l’État islamique, notamment pour des transferts de fonds. Il aurait aussi eu des contacts avec un membre influent Abu al-Muhajir Akkab, recherché par Interpol. Oussama M. était aussi chargé de mettre en place une cellule terroriste en Suisse chargée de préparer des attentat ici ou en Allemagne.


padama10.jpgLa Suisse est tellement accueillante qu'elle soigne et entretient des gens qui avouent ouvertement leur souhait de décapiter ses habitants! A-t-on jamais vu plus merveilleuse démonstration d'hospitalité? Mais ne vous inquiétez pas outre mesure des propos tenus! Force restera à la loi:

L'Irakien, comme ses deux complices, clame leur innocence depuis des mois. Aucune de ses demandes de libération ne lui a été accordée. En fait, sa détention préventive vient même d'être prolongée jusqu'au 20 septembre au moins.


Prend ça, vil islamiste! Ça calme, hein? Face à un type qui a probablement vu (et commis) des atrocités sans nom en Syrie et en Irak, la perspective d'être incarcéré "jusqu'au 20 septembre au moins" dans une confortable cellule helvétique - à la superficie scrupuleusement conforme aux Droits de l'Homme - doit probablement être terrifiante, faisant vaciller toutes ses convictions.

Ce triste entrefilet de la presse locale n'est qu'un exemple parmi tant d'autres d'une guerre qui gagne en intensité non seulement en Suisse mais dans l'ensemble du monde occidental, et ce d'autant plus que le flot de réfugiés "syriens" que Mme Sommaruga accueille à bras ouverts avec l'argent des contribuables comporte son lot de combattants de l’État Islamique.

La myopie ordinaire

Sans transition, prenons l'exemple imaginaire, mais inspiré de la réalité, de Martine. Martine se définit elle-même comme une amoureuse de la nature ; Martine concrétise cet amour dans un respect scrupuleux des directives officielles édictées par les écologistes et religieusement retransmises par les médias de masse. Martine mange Bio autant qu'elle peut, consomme local, recycle, ne laisse pas ses appareils en veille quand elle y pense, et se maudit intérieurement plusieurs fois par semaine lorsqu'elle est contrainte d'utiliser sa voiture.

Naturellement, Martine vote écolo - les mêmes qui réclament l'accueil de 100'000 réfugiés syriens dans le pays.

Bernard, lui, est fonctionnaire. Employé dans la prestigieuse administration cantonale de Fribourg, son travail est routinier mais finalement confortable. L'argent rentre, il a droit à ses vacances, ses chèques Reka, l'accès à la cantine du personnel. Il ne se foule pas trop mais s'entend bien avec son supérieur, ça compense. Sa progression salariale est garantie et chaque année ses copains syndicalistes réussissent à grappiller un petit plus par-ci ou par-là.

Depuis quelques temps, Bernard dort mal. Sa petite commune de Chevrilles a été sélectionnée par Mme Sommaruga pour implanter un nouveau (et énorme) centre d'accueil pour requérants. Il se demande quel effet cela aura sur la valeur de sa maison et les trajets qu'effectuent quotidiennement ses deux filles. Naturellement, cela ne l'empêchera pas de continuer à voter socialiste.

Thomas, enfin, est un rebelle. Il ne supporte pas les normes sociales rigides. Il se plaint sans arrêt que la Suisse "ne bouge pas assez", qu'elle est trop "réactionnaire" et que sa vie est un carcan. Il rêve d'un revenu universel qui lui permette une vie tranquille avec son copain, bière à volonté et un peu de deal d'herbe au noir comme complément. Il en fume aussi, tant pour oublier ses études qui ne décollent pas que pour mieux planer avec sa musique où on rêve d'un monde ouvert, beau et généreux où tous les humains se tendent la main.

Si Thomas est homosexuel, il ne s'en vante pas - et encore moins depuis vendredi dernier, où il s'est laissé submerger par l'émotion en embrassant son ami devant la gare de Zurich. Il était tard, ils devaient se quitter, mal leur en a pris. Une douzaine d'individus désœuvrés et visiblement étrangers les a vigoureusement houspillés. Les baffes ont commencé à pleuvoir et la situation manquait de dégénérer jusqu'à l'arrivée providentielle d'une patrouille de police qui dispersa l'attroupement. Depuis, Thomas s'efforce de ne plus penser à cet incident troublant, de peur de remettre en question sa vision du monde où l'UDC est le principal obstacle sur le chemin du bonheur.

Responsabilité électorale et priorités

La vie est faite de choix. Nous nous faisons une fierté de proclamer que ces choix sont l'écho de nos valeurs, de notre époque et de notre histoire personnelle ; ce n'est pas toujours vrai. Souvent, ces choix sont aussi les conséquences de notre conformisme, de nos habitudes ou de notre refus d'admettre un problème.

Les exemples de Martine, Bernard ou Thomas n'ont rien de particulier - on pourrait les décliner à l'infini. Mais chacun d'eux aura un petit souci: définir l'ordre de ses priorités face à la menace islamique incarnée par exemple par Oussama. Il y a les choix qu'on fait, mais aussi ceux qu'on refuse de faire.

  • La Suisse est-elle menacée davantage par l'islamisme ou par le réchauffement climatique?
  • La Suisse doit-elle privilégier l'accueil de faux réfugiés ou le respect de son cadre de vie?
  • Comment la Suisse peut-elle promouvoir le respect des homosexuels ou l'égalité homme-femme face à des populations allogènes totalement hostiles à ces concepts?
  • Que vaut la loi des hommes, la démocratie, la liberté d'expression, face à ceux pour qui la seule loi qui vaille est la loi d'Allah? Quel sens y a-t-il à les laisser s'installer sur notre territoire?
  • Quel sens y a-t-il à vouloir renvoyer les criminels étrangers dans leur pays, refuser l'accès à un flot de faux réfugiés, instaurer des quotas pour l'immigration lorsque les autorités élues par ces mêmes citoyens refusent par principe tout contrôle des frontières?

Ces interrogations dérangent - tant et plus que trois-quart des électeurs, et je suis généreux, s'efforcent surtout de ne pas se tourmenter avec des questions de ce genre.

La politique de l'autruche est aussi décriée qu'elle est pratiquée. Si nombre d'élus suisses ont clairement choisi leur camp, la responsabilité finale de leur accès au pouvoir incombe à l'électeur et à nul autre.

« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime, il est complice. »

George Orwell


Pas besoin d'être devin pour comprendre qu'en Europe la situation va aller en s'aggravant: hordes de requérants d'asile, crise économique, islamisation, guérillas urbaines. L'ère de l'insouciance heureuse est terminée et chaque jour il devient plus dangereux de continuer à faire comme si.

L’État Islamique n'a pas encore un an

Voyant l'évolution des crises dans la période 2010-2015 et leur accélération stupéfiante rien que depuis le début de l'année, on s'effraie à penser à ce que sera devenu le monde en 2020 à ce rythme. Bien avant, nous aurons sans doute d'autres chats à fouetter que l'organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse.

La Suisse n'a plus guère les moyens de continuer à ignorer les problèmes, ou ceux-ci finiront par l'emporter. Mais la prise de conscience requiert le réveil des citoyens, une vision claire des enjeux, et un engagement fort pour appliquer des solutions concrètes. Nous reste-t-il, en tant que peuple, assez d'énergie et de volonté pour organiser notre propre survie? Ou les réglementations sur le ramassage des déchets sont-elles l'aboutissement de notre projet de civilisation?

Nous aurons les réponses à ces questions lors des élections fédérales de cet automne. Je ne vais pas vous mentir, les perspectives ne sont pas bonnes. Si au bout du compte nous nous destinons à n'être que du bétail pour islamistes, c'est aussi parce que nous en aurons décidé ainsi.