17 juin 2014

Du malheur de la langue française

Le français décline dans le monde, c'est une certitude. Mais pourquoi? Inspiré par un long article d'Uli Windisch sur Les Observateurs, voici mes réflexions sur les racines de ce déclin, remontant aux raisons qui ont amené le français à être promu comme langue étrangère.

Le français est une langue politique, parce que la France en a fait un outil politique depuis au moins la révolution française. Combien de langues sont touchées par la grâce d'un organisme comme l'Académie Française, organe étatique suprême et autoproclamé prétendant imposer par sa seule existence son autorité à tous les pratiquants de la langue? Loin d'être honorifique, la prétention de cette institution est infinie. L'orgueil suffit à remplir ses rangs.

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"La France éclairant le Monde", Janet-Lange, 1848

A l'Académie Française s'ajoute la Francophonie, une "ONU des pays francophones" montée par le Général de Gaulle précisément pour que la France puisse avoir la première place dans une organisation internationale, de façon indiscutable et définitive. A cette organisation appartiennent nombre d'anciennes colonies françaises mais aussi d'autres pays où le français est peu fréquemment utilisé ou non reconnu officiellement, simplement alléchés par la perspective d'une bonne tranche du gâteau payé par la métropole. Le prestige a un coût.

Citons Wikipedia sur le sujet:

"Le terme a été particulièrement popularisé par Léopold Sédar Senghor. C'est dès lors dans ce sens qu'il convient de comprendre la francophonie : il s'agit plus de la conscience d'avoir en commun une langue et une culture francophones que de décisions officielles ou de données objectives. C'est une communauté d'intérêt. On y retrouve l’idée que le français serait le point commun d’une multitude de peuples différents, les fédérant dans un idéal culturel et linguistique."


Autrement dit, la francophonie est une organisation politique, le français son prétexte et sa langue officielle. Cette situation est compréhensible: il n'y a aucune "communauté d'intérêt" aisément décelable entre un Français, un Béninois et un Vietnamien et encore moins "d'idéal culturel et linguistique" partagé. Si par miracle on leur trouvait un dénominateur commun, serait-il supérieur aux racines culturelles et historiques qui unissent par exemple un Français à un Italien, pratiquent-ils des langues différentes?

La même chose vaut pour le Québec et sa mentalité délirante de "français assiégé", où les Québecois francophones utilisent leur langue comme une arme pour infliger de multiples barrières professionnelles parfaitement artificielles à leurs concitoyens canadiens et étrangers. La francophilie forcenée de certaines élites québecoise n'est d'ailleurs pas partagée par la population. Les jeunes francophones sont défavorisés parce qu'ils ne peuvent apprendre l'anglais correctement à un jeune âge, alors que les enfants anglophones peuvent aller à l'école française et devenir parfaitement bilingues. Un sondage de 2010 illustrait que 61% des Québécois francophones souhaitaient la liberté de la langue d'enseignement pour leurs enfants!

En choisissant délibérément de faire de leur langue une composante politique de son prestige, les élites françaises l'ont condamné à suivre le destin de la France ; aujourd'hui l'heure est au déclin. Toutes proportions gardées, le parallèle est frappant avec la promotion du russe par les soviétiques. Imposé à tous les pays satellite de l'Union Soviétique, le russe a été définitivement associé au communisme. Résultat: la détestation du communisme a déteint sur le russe, qui ne se pratique plus guère aujourd'hui qu'au sein des minorités d'ascendance russe implantées dans les pays de l'ancien empire soviétique.

L'anglais quant à lui s'est aussi étendu en même temps que l'empire colonial britannique, mais a moins été une langue de conquête et de domination que simplement de commerce. Il doit d'ailleurs son succès actuel non au Royaume-Uni mais à la force politique, économique et culturelle que représentent les Etats-Unis, une ancienne colonie anglaise rebelle sans volonté impérialiste (n'en déplaise à ses détracteurs).

L'anglais est devenu aujourd'hui la lingua franca - quelle ironie! - justement parce que les connotations politiques et culturelles qui y sont attachées sont extrêmement réduites, lui donnant une force utilitaire inégalée. Le communiste chinois parle anglais, l'Indien parle anglais, le Russe parle anglais, sans pour autant adhérer aveuglément à toutes les valeurs qui fondent l'Amérique, voire sans même s'y intéresser. Un Japonais n'apprend pas l'anglais pour épouser la cause des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale, mais simplement pour communiquer, souvent avec d'autres nationalités qui s'expriment chacune dans cette langue étrangère - un rôle utilitaire et malgré tout primordial que les "défenseurs du français" semblent souvent faire passer au second plan.

La langue française, ni aucune langue, n'appartient à la moindre autorité politique ; pourtant nombre de Français, la classe politique française et beaucoup de francophones sont malheureusement persuadés du contraire. Investis d'une mission, ils cherchent à "défendre" ou à "promouvoir" la langue à travers des actions politiques sans comprendre que c'est ce qui ruine la langue française depuis des décennies. Pratiquer le français n'est pas et n'a pas à être un geste politique.

On peut d'ailleurs s'étonner du bien-fondé de cette mission. Entend-on des gens se plaindre, des mouvements politiques émerger pour défendre le tchèque, le norvégien, le swahili? Soit ces groupes sont discrets, soit les locuteurs de ces langues ne semblent pas particulièrement préoccupés par la place de leur idiome au sein de l'humanité. Les langues sont des outils, elles fluent et refluent, et on voit mal pourquoi le français devrait faire exception. Il y a bien sûr un chagrin sincère à voir reculer la langue que l'on aime et que l'on pratique, mais quitte à la préserver, encore faut-il poser un diagnostic correct, de peur que les "remèdes" n'aggravent la désaffection à son égard.

Le meilleur service que l'on puisse rendre à la langue française selon moi est de la tenir éloignée du pouvoir et de mettre un terme à cette abominable entité qu'on nomme la "francophonie". Que les amoureux du français pratiquent leur langue, lisent et écrivent, en fassent la promotion en la laissant en-dehors de l'arène politique, des règlements, des subventions, tant de choses qui l'ont si souvent souillée et la font encore haïr.

Cela ne suffira pas ; par une cruelle logique, le français suit le destin de la France. Il est illusoire de vouloir préserver l'un sans l'autre. Mais loin de simples opérations cosmétiques, la préservation de celui-ci implique le renouveau économique et culturel de celle-là, ce qui donne une idée de la tâche à accomplir.

12 juin 2014

Longue vie au Djihadistan

En Irak, après des années de lutte "traditionnelle" (dans le sens islamiste du terme, c'est-à-dire bombes humaines et explosions aveugles sur les marchés aux légumes) les éléments d'al-Quaeda sur place ont fait jonction avec leurs collègues combattants du mouvement de l'État islamique d'Irak et du Levant (EIIL) venus de Syrie. Ils sont passés à la vitesse supérieure, s'emparant de Mossoul mardi puis de Tikrit, à 160 km de Bagdad, en un rien de temps. La capitale semble en ligne de mire.

Lorsque les islamistes attaquèrent, les courageux défenseurs de l'Etat irakien, après avoir abandonné armes, munitions et casernes dans le plus grand désordre, s'empressèrent de frapper à toutes les portes. Ils réclamaient aux civils des vêtements de rechange pour pouvoir s'éclipser discrètement.

Avec des gens aussi motivés pour défendre l'Irak, on comprend que les jours du pays soient comptés.

humvees.jpgLa prise de Mossoul fut financièrement intéressante, puisque les islamistes y récoltèrent 429 millions de dollars - dont une partie en or, excusez du peu - auprès de la banque centrale malheureusement située en ville.

Voyons le bon côté des choses: pendant les quelques prochains mois, plus besoin de s'embêter à capturer des journalistes et plus besoin, pour les Occidentaux, de se tortiller à expliquer que "bien sûr" personne ne paie jamais de rançon pour récupérer des otages. Enfin, une fois que le sort des 49 otages turcs détenus par EIIL, dont trois enfants, aura été décidé.

Les islamistes d'EIIL sont nombreux et bien équipés. Depuis peu, ils pourraient disposer de plusieurs hélicoptères Black Hawk américains capturés en même temps que l'aéroport de Mossoul, qui s'ajouteront avec bonheur aux Humwees blindés dont ils disposaient déjà. Mais ces ajouts certes prestigieux ne sont que la cerise sur le gâteau d'un armement emporté en Irak au nom de la rébellion en Syrie.

Le célébrissime sketch des Inconnus garde toujours sa pertinence. Transposé à l'actualité, nous avons d'un côté le bon islamiste, celui qui lutte pour établir la domination globale de l'islam, et le mauvais islamiste, qui lutte aussi pour la domination globale de l'islam, mais mal... Voyons un résumé de la vision française en la matière, qu'on peut aisément répliquer pour de nombreux pays:

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C'est clair, non?

Comment en sommes-nous arrivés là? Simplement parce que nos leaders se sentent obligés de décider que dans chaque conflit il y a des "gentils" et des "méchants" et bien entendu, parce qu'ils ont l'interventionnisme dans le sang, d'y mêler leur gouvernement. Ainsi, en Syrie, de gentils-islamistes s'opposent au méchant Bachar el-Assad. Ils sont gentils parce qu'ils sont soutenus par Bernard-Henry Lévy pour la France et Barack Obama pour les Etats-Unis. Et encore, M. Obama est un tiède, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton pressentie pour lui succéder au nom du camp démocrate regrette qu'on ne les ait pas soutenu davantage:

Dès les débuts du conflit syrien, qui, en un peu plus de trois ans, a fait plus de 162 000 morts, elle assure avoir été convaincue qu'armer et former les rebelles était la meilleure des solutions pour contrer les forces de Bachar Al-Assad. « L'action et l'inaction comportaient toutes deux des risques élevés, [mais] le président [Obama] était enclin à maintenir les choses en l'état et non à aller plus loin en armant les rebelles », continue l'ancienne chef de la diplomatie américaine.


Si elle emporte les prochaines élections présidentielles, gageons que les islamistes d'EIIL pourront directement demander les pièces de rechange pour leurs véhicules blindés et leurs hélicoptères de combat capturés auprès de la Maison Blanche, qui transmettra.

Il faut être un bureaucrate de Washington de premier ordre, avec une carrière passée à lisser soigneusement de son arrière-train le cuir de son siège, pour ne pas comprendre que les islamistes franchissent les frontières et exportent avec eux leur guerre délirante, peu importe les qualités dont on veut les parer. En allant de la Syrie vers l'Irak, ils se frottent avec bonheur à un pays à peu près en paix, ce qui doit leur faire de sacrées vacances comparé au creuset syrien.

C'est un peu comme les Français qui envoient des armes aux islamistes libyens et s'étonnent ensuite de devoir monter une action militaire au nord du Mali contre des "groupes armés" apparus subitement, aussi vindicatifs que bien équipés.

Nouri al-Maliki, président putatif du pays qu'on appelait l'Irak, implore l'assistance de toutes les bonnes volontés pour reprendre le contrôle - jusqu'à ces Américains dont il était tellement urgent, jusqu'à une époque récente, de réclamer le départ. Les éditorialistes occidentaux se réjouissent: l'effondrement de l'Irak-démocratique est d'une certaine façon aussi celui de son créateur, l'abominable néo-colonialiste George W. Bush. Quelle effronterie d'avoir voulu espérer instaurer une démocratie moderne au Moyen-Orient! Alors, peu importe que les Irakiens y passent jusqu'au dernier si cela permet quelques beaux éditoriaux au vitriol.

Soucieuse de ne jamais comprendre de ses erreurs, l'administration Obama envisage l'envoi d'armes pour défendre le régime irakien, sans trop chercher à deviner dans quelles mains elles finiront. Clamer que ces gens-là n'apprennent rien est très en-dessous de la vérité.

Le Djihadistan prend forme peu à peu ; il s'étend sur des milliers de kilomètres en Syrie et en Irak et semble promis à un bel avenir. Sa croissance provoquera toujours davantage de troubles régionaux avec le Kurdistan irakien, le Liban, la Turquie, l'Iran, et ce qui reste de l'Irak et de la Syrie. Bien entendu, il ne sera fait que de guerre même dans les régions où il domine sans partage, la faute à une lutte permanente contre les tièdes, les civils et tous ceux qui n'appliquent pas la charia avec assez de ferveur. Ces zones de paix relative resteront par ailleurs modestes dans une région déchirée dans la guerre éternelle entre Sunnites et Chiites, l'EIIL étant essentiellement sunnite et donc en lutte à mort contre les "dissidents" que sont les Chiites iraniens et irakiens, Bachar el-Assad ou le Hezbollah libanais. La région entre l'Arabie Saoudite et l'Iran n'en finit pas de sombrer dans le chaos.

Entre les subventions aux "bons" rebelles, le commerce des otages, l'envoi d'armes, l'aide humanitaire, l'implication de drones et d'observateurs ou les filières de combattants issus de ses propres banlieues, l'Occident est penché comme une mauvaise fée sur le berceau du Djihadistan et le couvre de ses redoutables attentions.

Il faudra encore longtemps avant que nos politiciens ne comprennent que dans une guerre il n'y a pas forcément des gentils et des méchants mais parfois seulement des méchants entre eux et qu'il est folie de vouloir s'en mêler.

06 juin 2014

Quand l'application des peines fait peine

"L'assassin a trahi notre confiance." C'est par ces mots hallucinants de naïveté que Pierre Maudet a commenté l'évasion d'un détenu à l'issue de deux jours de permission sans surveillance accordés par l'administration pénitentiaire...

Dans le monde très particulier de l'application des peines en Suisse, la confiance s'accorde assez aisément. C., de nationalité française, avait tué de 110 coups de couteau une transsexuelle de 49 ans à son domicile de la rue de Berne, aux Pâquis, en janvier 2004, clamant avoir agi sous l'influence de stupéfiants. Il fut condamné à 15 ans de réclusion la même année.

Ne tombez pas dans le panneau d'une simple addition pour en déduire que le coupable devrait sortir en 2019 ; le temps carcéral s'écoule d'une façon toute particulière:

En Suisse, la majorité des personnes détenues sont libérées après avoir exécuté au minimum deux tiers de leur peine ou, dans le cadre de l’exécution des mesures, quand les interventions thérapeutiques ont permis des progrès permettant de considérer qu’elles sont en mesure de réussir la mise à l’épreuve.


Donc 33% de remise de peine pour tout le monde, sauf exception. Les quinze ans en deviennent dix. Mais un condamné se retrouvera au contact du public bien avant:

Souvent, la sortie des personnes détenues ayant exécuté de longues peines se fait progressivement. La personne passe d’une exécution en milieu fermé à une exécution en milieu ouvert, ouvrant la possibilité d’une réinsertion par étapes successives. Avant la libération conditionnelle, il est également possible de passer par une période de travail externe, éventuellement suivie d’une période de logement externe (...)


prison,justice,pierre maudet,genèveLe terme "milieu ouvert" renvoie au contact entre l'individu et la société. Dès la moitié de la peine effectuée, il peut effectuer un travail externe - si le risque d'évasion est nul et le risque de récidive faible, précise-t-on avec un cynisme calculé. Il est aussi possible d'accéder à un logement à l'extérieur. On parle alors de travail et logement externes (TLEX), un statut qui n'a plus guère de rapport avec l'image traditionnelle de la prison. Les détenus doivent simplement dormir dans la structure les soirs de semaine. C. était ainsi logé à Plainpalais, en plein centre de Genève, dans l'institution "la Pâquerette des Champs".

Résumons: l'assassin aux 110 coups de lames condamné à quinze ans de prison en 2004 goûtait à la liberté probablement depuis 2011-2012 et serait sorti de prison cette année. C'est d'ailleurs le refus de sa liberté conditionnelle suite au tour de vis général consécutif à l'assassinat d'Adeline qui l'amena à "péter les plombs" et se rendre chez sa mère en France, d'où il n'était pas possible de l'extrader... Un pétage de plomb qui n'a rien de surprenant sachant qu'il était déjà hébergé dans une structure destinée à des personnes souffrant de troubles de la personnalité, comme en témoigne cette définition de poste pour un nouveau directeur.

Savez-vous pourquoi vous n'avez vu aucun portrait-robot de C. dans la presse ni à la télévision? Parce qu'il était en régime de semi-liberté depuis si longtemps que la police ne voulait pas avoir à traiter les centaines de témoignages de gens l'ayant croisé avant sa cavale!

Un système carcéral reposant sur le bon vouloir de meurtriers et d'assassins peut-il fonctionner? Oui, s'il est très confortable, que les prisonniers sont aux petits soins, les professionnels chargés de l'évaluation compétents, le suivi impeccable, et les détenus pas trop vicieux. Qu'un seul de ces critères tombe et toute la construction s'écroule.

En Suisse il est effondré depuis longtemps, mais le grand public ne réalise l'ampleur de la situation que depuis peu. Suivi lacunaire par des administration qui se renvoient la balle, irresponsabilité généralisée, évaluations angéliques... Les gabegies se succèdent, en particulier pour les peines les plus longues. On finit avec des remises de peine tellement banalisées qu'elles déclenchent l'ire des détenus lorsqu'elles ne sont pas accordées de suite, et bien sûr une dangereuse exposition de la société civile aux éléments dont la prison est sensée la protéger.

La personne qui prend un café en terrasse en face de vous est peut-être un condamné avec encore de longues années théoriques de peine devant elle. Vous n'avez aucun moyen de le savoir. Ne vous fiez pas à l'absence de surveillant aux alentours pour conclure quoi que ce soit... Il faudra sans doute encore bien des scandales pour que les sorties soient correctement surveillées ; quant à des détenus purgeant enfin leur peine telle que définie dans le code pénal, n'en rêvons même pas.

M. Maudet, chef du Département de la Sécurité et de l'Economie dans le gouvernement genevois, le jeune loup PLR si triste que la confiance de l'administration pénitentiaire ait été flouée, fait paraît-il partie des "durs" de sa formation politique. Cela donne une petite idée de l'état d'esprit qui règne en haut lieu. Et puis bon, après quelques jours le condamné est retourné au bercail, donc tout va bien, non?

L'enquête administrative n'a pas encore démarré mais gageons que cette fois encore ce ne sera la faute de personne.

02 juin 2014

En attendant les autres

Mehdi Nemmouche est le dernier avatar de la longue liste des terroristes islamistes soit-disant surgis de nulle part, bien que connus des services de police. Français de naissance en vertu du droit du sol, il eut droit à un parcours de petite frappe en règle avec plusieurs passages en prison dont il ressortira totalement endoctriné. S'ensuit un voyage en Syrie via le Liban et la Turquie ; il y passera un an à commettre des atrocités au nom du mouvement pompeusement autoproclamé État islamique d'Irak et du Levant (EIIL) mais en accord avec nos valeurs puisque selon Bernard-Henri Lévy, à l'aune duquel se mesure la conscience occidentale, Bachar el-Assad est le seul vrai barbare du coin.

Mehdi Nemmouche a été arrêté par hasard à la faveur d'un contrôle de police inopiné d'un bus assurant la liaison entre Amsterdam et Marseille:

Le suspect a été arrêté à la gare routière Saint-Charles à Marseille par les douaniers, alors qu'il se trouvait dans un autocar en provenance d'Amsterdam via Bruxelles.

Selon des sources proches de l'enquête, il était en possession dans ses bagages d'un fusil d'assaut Kalachnikov et d'un revolver avec des munitions. "Des armes du type de celles utilisées le 24 mai à Bruxelles", a expliqué une de ces sources.

Il avait aussi une caméra portative de type GoPro. Parmi ses vêtements, il y avait une casquette semblable à celle que portait le tireur du Musée juif d'après les images de vidéosurveillance diffusées par la police belge.


Arrêté par des douaniers en quête d'herbe! Et François Hollande de claironner dimanche que le suspect de la fusillade au Musée juif de Bruxelles avait été arrêté grâce à la vigilance des forces de l'ordre "dès qu'il a mis le premier pied en France"... Toutes les victoires sont bonnes à prendre!

Comme son nom fleure bon l'immigration, les médias suisses s'évertuent à ne pas mentionner le nom de Mehdi Nemmouche et sa consonance trop "stigmatisante". Apparemment il vaux mieux taire certaines vérités, de peur de susciter des sentiments négatifs... Cette inadéquation face aux enjeux est symptomatique de l'incapacité de l'Occident à faire face à ce qui l'attend. Prenons pour exemple un échange surréaliste entre la présentatrice du journal de la RTS et Christian Chesnot, journaliste à Paris, au sujet de cette affaire:

Voilà la transcription du dialogue, les points saillants sont en gras:

Agnès Wuthrich: Il y avait eu Mohammed Merah, il y a maintenant cette deuxième affaire, les similitudes entre les deux cas sont frappantes.

Christian Chesnot: La grande différence c'est que Mohammed Merah a été faire le jihad en Afghanistan où il a été attrapé à Kandahar par les Américains, les Français n'ont pas pu le récupérer à la sortie ; cette fois-ci le suspect a passé un an en Syrie et le problème c'est que des gens comme celui-ci il y en a beaucoup, on parle de 600, 700, 800 Français sur place... Peut-être de dix mille étrangers qui combattent en Syrie, et le problème c'est que si ces gens reviennent en France ou en Europe évidemment ils peuvent être dangereux, ils peuvent commettre des actes comme on a vu à Bruxelles.

AW: Vous dites, la Syrie c'est un peu l'autoroute du jihad?

CC: Eh bien oui, c'est même le low cost du jihad parce que vous prenez un billet à Paris pour aller à Istanbul ça va vous coûter 200 euros, vous prenez un bus d'Istanbul à la frontière c'est 50 euros et donc en moins de 300 euros vous êtes à la frontière, donc c'est vraiment très facile, en plus pour aller en Turquie il n'y a pas besoin de visa pour les Européens, un simple tampon sur le passeport suffit, et donc vous avez plein de jeunes qui partent...

Si on compare avec l'Afghanistan ou le Mali ou le Sahel c'est un jihad très facile à faire, à la portée de tout le monde malheureusement, et donc même un jeune qui est tout seul peut aller jusqu'à la frontière turco-syrienne et puis là-bas, il est pris en charge par des groupes, des passeurs, qui vont l'amener sur les zones de guerre à Alep ou dans le nord, il y a même des femmes qui passent, on a même vu un Américain qui a fait une opération kamikaze... Donc vraiment c'est un vrai problème et tous les services de renseignement en Europe sont maintenant sur les dents parce qu'on assiste au retour de ces djihadistes en Europe.

AW: Ca veut dire que la guerre est perdue d'avance pour ces services de renseignement? Personne n'a les moyens de surveiller autant de gens...

CC: Ça va être très compliqué... C'est-à-dire que évidemment il faut les suivre au départ, il est vrai que la destination Istanbul-Ankara, la Turquie, il va vraiment falloir regarder de très près... Mais c'est vrai qu'au retour le problème c'est comment localiser ces gens, comment les surveiller, encore une fois Mohammed Merah était sous surveillance, il a échappé à la surveillance, il a commis son attaque à Toulouse... Donc pour les services de sécurité c'est un vrai défi, pas simplement pour les Français, pour les Belges, les Anglais, les Allemands, pour tous les Européens, parce que là c'est une masse de personnes, c'est pas une ou deux personnes comme l'Afghanistan ou comme le Mali. Là on a des centaines de personnes, donc forcément ça pose des problèmes de coordination entre les Européens, et trouver une parade pour les arrêter au retour.


Dix mille étrangers fanatiques s’aguerrissant au combat urbain et aux techniques terroristes les plus extrêmes sur le champ de bataille syrien, et ils ne visent pas à passer toute leur existence là-bas. Comme Mehdi Nemmouche, ils disposent du passeport européen et peuvent franchir toutes les frontières de Schengen. En vertu de leur nombre, ils sont incontrôlables - même M. Chesnot ne semble pas croire sérieusement que les services de renseignement européens soient en mesure de surveiller simultanément un si grand nombre de terroristes potentiels. Pour revenir de Syrie, Mehdi Nemmouche est passé par Singapour et Bangkok avant d'atterrir à Francfort en Allemagne, puis s'est déplacé par voie terrestre sans laisser de trace, allant en Belgique, aux Pays-Bas, en France. Comment surveiller tous les mouvements de milliers de personnes?

Et que dire de ceux qui apparaissent pendant ce temps dans les banlieues, les prisons?

On peut croire en notre bonne étoile permanente et se réjouir comme François Hollande que l'ennemi public numéro 1 ait été si promptement arrêté, fut-ce par le plus grand des hasards. On peut penser, la foi républicaine chevillée au corps, que nos Etats occidentaux, bien qu'en faillite, arriveront à mettre en place les institutions, les procédés de désendoctrinement nécessaires à la lutte contre le terrorisme islamiste. On peut espérer que les vaillantes forces de l'ordre suffiront à prévenir la plupart des massacres à venir.

Soyons réalistes. Les élites occidentales n'ont ni la compréhension, ni la compétence, ni la force de caractère de s'opposer à ce qui va déferler sur l'Europe dans peu de temps.

Des milliers de djihadistes reviendront de Syrie dans quelques années si ce n'est moins. Soit ils auront vaincu, soit ils estimeront que l'Europe est un champ de bataille plus profitable. Dans les deux cas ils auraient tort de se priver. En Europe, la peine de mort est interdite. On se contorsionne pour respecter la foi des islamistes emprisonnés. Les allocations familiales payent le voyage en Syrie pour faire le jihad.

Osons l'écrire: nous vivons peut-être nos dernières années de paix.

Hier, aller en Afghanistan était long et compliqué. Aujourd'hui, 300 euros suffisent pour devenir candidat au jihad en Syrie. Demain, le prix sera-t-il celui d'un billet de bus pour la banlieue voisine?

31 mai 2014

Les policiers, surhommes légaux?

Les policiers suisses sont assurément des professionnels effectuant un travail difficile. Sont-ils des Übermensch pour autant? Des créatures semi-divines dominant le reste des mortels, leurs pitoyables existences et leurs lois?

Pareille déclaration fait quelque peu tiquer, forcément. Un policier ne porte pas son uniforme en permanence et celui-ci n'est pas non plus un costume de superhéros.

police__mal_garee.jpgNous avons de nombreuses raisons de penser que les policiers sont loin d'être infaillibles. A dire vrai, les exemples abondent de situations où ils ne respectent pas la loi, comme se garer sur une zone pour handicapés (photo ci-contre prise à Sion).

L'exemple n'est pas anodin. La question du respect des lois et de l'impunité des policiers se pose de façon criante dans le domaine des règles de circulation, un cadre particulièrement propice aux restrictions arbitraires et aux punitions exemplaires, notamment avec l'introduction de Via Sicura.

24Heures nous en rapporte un exemple au 13 janvier dernier:

[Des] policiers genevois en voiture banalisée, sans avertisseur, ont été flashés à 102 km/h le 14 août 2013 à la rue Gambetta à Clarens limitée à 50 km/h. Marge d’erreur déduite, le dépassement se monte à 46 km/h. Ils suivaient des arnaqueurs qui se faisaient passer pour de faux policiers, à Genève, mais aussi au château de Chillon.


Le dossier fut promptement enterré par le chef de Police-Riviera au lieu d'être transmis au procureur général comme l'aurait requis la procédure. Des élus se sont heureusement indignés.

Depuis que Via Sicura est en place, les forces de l'ordre s'inquiètent:

«Aujourd’hui, nous sommes vite considérés comme des chauffards. Il faut donc s’adapter et peut-être lever le pied.» Christian Antonietti, président du syndicat de la gendarmerie genevoise UPCP, est inquiet. Depuis l’entrée en vigueur le 1er janvier de la loi sur la circulation routière, appelée Via Sicura, les policiers risquent d’être inquiétés plus facilement par la justice et de se retrouver derrière les barreaux en cas de courses d’urgence.


Sauf si l'infraction est repérée par un collègue complaisant, bien entendu. Mais sur le plan strictement légal, Via Sicura prévoit des peines allant de 1 à 4 ans de prison pour les chauffards. Entre dans cette catégorie un individu roulant à 100 km/h sur un tronçon limité à 50, par exemple. La sanction qui les attend est lourde: ils sont punis plus sévèrement que pour un homicide par négligence!

Certains élus se demandent si des policiers peuvent effectivement se faire pincer pour excès de vitesse. Une réponse détaillée de la Municipalité de Lausanne cite le texte de loi (article 100 alinéa 4 LCR) et montre que la situation est un peu plus compliquée:

Lors de courses officielles urgentes, le conducteur d'un véhicule du service du feu, du service de la santé, de la police ou de la douane qui aura donné les signaux d'avertissement nécessaires et observé la prudence que lui imposaient les circonstances ne sera pas puni pour avoir enfreint les règles de la circulation ou des mesures spéciales relatives à la circulation.


Une course officielle urgente - chaque mot compte. "Officielle" implique que le véhicule policier se fait clairement identifier par les autres usagers de la route par sirènes et gyrophare et que le déplacement est connu de sa hiérarchie. "Urgente" signifie que la course doit être justifiée par des circonstances particulières comme une demande d'intervention pour une situation grave, pesée face au danger. Autrement dit, le bon sens même. Malgré les inquiétudes des uns et des autres, les partisans de Via Sicura ont raison lorsqu'ils disent que la loi est compatible avec le travail des policiers.

Évidemment, chacun ne l'entendra pas forcément de cette oreille. Tout dépend bien sûr du niveau de circonstances requis pour violer le code de la route: une course officielle urgente, une course urgente, voire une course toute simple... Les policiers seraient-ils en train de réclamer des passe-droits? Peut-être que le terme est exagéré, mais on ne peut s'empêcher de songer à un militantisme visant à réinstaurer d'anciens privilèges.

Les mauvaises habitudes sont tenaces. Un exemple nous est fourni par le Matin pas plus tard qu'aujourd'hui, où un internaute genevois filme une voiture de police tranquillement garée sur un passage piéton pendant que son chauffeur va chercher des hamburgers...

Peut-être que cette voiture abritait des superflics d'élite traquant un gros bonnet de la drogue depuis 72h, avec un terrible besoin d'un apport protéiné pour tenir le coup? Peut-être. A moins que nous n'assistions juste à l'abus de pouvoir banal d'une caste de fonctionnaires habituée à des entorses à la loi. Entorses d'autant plus faciles que le contrôle est assuré par des collègues...

Hélas pour ces gens, la démocratisation des téléphones portables avec caméra permet un contrôle citoyen plus strict que n'importe quelle directive administrative. Et si des policiers affamés doivent à l'avenir faire le tour du quartier pour se garer et aller ensuite au restaurant à pied comme n'importe quel quidam, en quoi est-ce un problème? A y réfléchir, c'est une forme de patrouille comme une autre.

Contrairement à d'autres élus jusque dans mon parti, je ne peux que saluer l'alignement relatif des forces de l'ordre avec le commun des mortels. Via Sicura est une monstruosité pénale mais ses effets s'appliquent sans distinction d'uniforme. D'ailleurs, le problème que la réglementation pose aux agents est probablement l'argument le moins défendable. Personne n'accepterait de perdre un proche dans un accident avec un véhicule de police ne respectant pas le code de la route, roulant sirènes éteintes alors que son conducteur n'est engagé dans aucune mission particulièrement urgente. Ces cas sont moins rares qu'on ne pourrait le croire. Une voiture de police genevoise a récemment fait une embardée à 160 km/h sur un axe à limité à 60, sans qu'on sache vraiment si l'urgence justifiait cette allure.

Les policiers doivent non seulement respecter la loi mais donner l'exemple. Il y aura probablement des esprits chagrins pour se plaindre que pareilles obligations seraient de nature à rendre moins attirante la carrière de policier, sans réaliser l'absurdité de cette remarque. Qui voudrait d'un policier dont la motivation vient des passe-droits que permet le poste?

26 mai 2014

Le séisme européen annonce un tsunami

Dès dimanche soir le choc était perceptible dans les états-majors des partis et sur les plateaux de télévision: les affreux eurosceptiques avaient fait une poussée terrible à travers le continent. On aurait tort, pourtant, d'y voir la moindre remise en question de la politique européenne.

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La carte des résultats provisoires

Personne ne nie le changement dans nombre de pays d'Europe. Au Danemark, en France, en Grande-Bretagne, en Irlande, en Belgique, les adversaires de l'Union Européenne sont en tête ; en Pologne, Lettonie, Finlande, Hongrie ou en Italie, ils arrivent en deuxième position, et dans d'autres pays encore ils sont bien placés. Malgré quelques contre-performances relatives (comme Geert Wilders au Pays-Bas) les mouvements "eurosceptiques" font désormais partie du paysage.

Cela ne suffira bien sûr pas à changer quoi que ce soit à Bruxelles. Malgré leur victoire parfois éclatante, les partis eurosceptiques restent très minoritaires au sein du Parlement Européen. Il n'est d'ailleurs pas certain qu'ils réussissent à s'entendre ; un groupe parlementaire européen doit représenter 7 nationalités différentes. Les différences entre le UKIP anglais, le Front National français ou le N-VA belge n'ont rien de cosmétique.

Ces explications de circonstances ne doivent pas cacher l'axiome fondamental de la construction européenne qui explique à lui seul pourquoi rien ne changera de ce côté-là: l'Union Européenne se bâtit sans les peuples.

Le Parlement Européen n'a pratiquement aucun pouvoir. Outre son organisation incroyablement inefficace - qu'on imagine la qualité des débats entre 751 députés européens dans plus d'une dizaine de langues! - ses capacités législatives sont extrêmement limitées. Il ne peut pas proposer de loi et doit composer à égalité avec un Conseil de l'Europe non-élu. Le pouvoir de ces deux institutions s'efface lui-même devant les prérogatives de la Commission Européenne.

La situation institutionnelle de l'UE ne doit rien au hasard. L'UE s'est construite sur l'idée que les peuples étaient intimement liés aux notions de patriotisme et de nation, deux concepts combattus avec énergie par les élites aux sources de l'institution. Impossible pourtant de nier les dernières apparences de la démocratie; la solution vint sous la forme d'un simulacre de pouvoir législatif, un parlement inutile où des politiciens sur le retour - mais élus par les citoyens de toute l'Union - pourraient éventuellement couler une retraite paisible. Le Parlement Européen était né.

L'élection d'un Parlement Européen est donc un exercice amusant, mais sans conséquence. La construction européenne se poursuivra quelle que soit la composition sortie des urnes, comme nous le verrons assez vite.

La poussée des euro-sceptiques a tout de même eu quelques effets, mais il s'agit surtout de conséquences nationales.

Passons rapidement sur la Belgique, encore une fois en quête d'un gouvernement, pour nous attarder sur les deux pays où quelque chose s'est réellement passé ce week-end: la France et le Royaume-Uni.

élections,parlement européen,marine le pen,nigel farrageSi l'UE a été secouée par un séisme, la France en a clairement été l'épicentre. Les sondages montraient une poussée du Front National de Marine Le Pen, mais le scrutin lui a offert une première place avec les honneurs.

En vieux renards de la politique, divers porte-paroles et analystes ont tenté de nier l'évidence, citant par exemple le faible taux de participation. Outre une approche inquiétante pour leurs propres formations politiques - si 56% des Français sont restés chez eux et que le FN n'a eu "que" 24,5% des voix de ceux qui se sont déplacés, que penser alors des 14,5% du PS ? - cela supposerait que les abstentionnistes appartiennent aux autres partis ; les sondages montrent qu'il n'en est rien. L'abstentionnisme a touché toutes les formations politiques sans en épargner aucune.

Le Front National est désormais le premier parti de France. C'est un fait indiscutable. L'UMP est au second plan et le PS loin derrière. Voilà qui doit semer le trouble à l'Elysée: la perspective d'un second tour entre François Hollande et Marine Le Pen en 2017 s'éloigne. Cette configuration, la seule à donner une chance de réélection à un président conspué de toute part, impliquait que le PS parvienne au second tour; le maigre espoir semble très compromis. Incapable une fois parvenue au pouvoir, la gauche française aura été laminée en un temps record.

élections,parlement européen,marine le pen,nigel farrageLe bipartisme n'a pas éclaté qu'en France. Au Royaume-Uni, le UKIP ("You Keep"), le parti pour l'indépendance, est arrivé en tête du scrutin, battant à la fois travaillistes et conservateurs - un résultat inédit depuis 1906, ce qui donne une idée de l'exploit. Nigel Farage est réputé pour ses interventions au Parlement Européen, où il ne cesse de dénoncer l'incurie de l'assemblée et l'absurdité constructiviste du projet européen ; parfaitement respectable, M. Farage ne saurait être le sujet d'une tentative de diabolisation en règle. Les Anglais ne seront pas dupes et pareille manœuvre arrive trop tard. Il y a donc fort à croire qu'un boulevard politique s'ouvre devant lui, même s'il aura peut-être plus de mal à faire un score aussi important aux élections générales de 2015.

Le véritable danger pour l'Union Européenne vient de là. Les conservateurs de M. Cameron pensaient avoir fait l'essentiel en promettant vaguement un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE en 2017 ; le UKIP vient de leur couper l'herbe sous le pied. Non seulement ce référendum aura bien lieu, mais il surviendra peut-être même plus tôt et la décision de quitter l'UE pourrait l'emporter. Le départ des Britanniques fera s'effondrer l'Union Européenne comme un château de cartes. Comme le dit M. Farage:

"Je ne veux pas seulement que la Grande-Bretagne quitte l'Union européenne, je veux que l'Europe abandonne l'Union européenne (...) Je ne crois pas que ce drapeau, cet hymne, et ce président dont personne ne connaît vraiment le nom représentent ce que l'Europe devrait être".

"Je pense que jusqu'à maintenant l'intégration européenne, que vous le vouliez ou non, semblait inévitable et je pense que ce sentiment va disparaître avec les résultats de ce soir."


Ceux qui espèrent quoi que ce soit d'un Parlement Européen en seront pour leurs frais. Heureusement, ce n'est pas la seule façon d'en finir avec cette bureaucratie absurde.