14 janvier 2020

Vaud se lance dans la justice climatique

Surprise et consternation (du grand public), explosion de joie et embrassades (des accusés), les "militants climatiques" ont été acquittés des chefs retenus contre eux, hier au Tribunal de Police au terme d'un jugement hallucinant.

Le procès en première instance faisait suite à leur action du 22 novembre 2018: dans une action coordonnée à Genève, Lausanne et Bâle, des activistes avaient simulé des matches de tennis dans les locaux du Crédit Suisse pour se moquer du sponsoring de Roger Federer et dénoncer l'implication de la banque dans, selon eux, le "financement d'actions nuisibles pour le climat."

Menée par de Lausanne Action Climat (LAC), la situation à Saint-François à Lausanne avait été la plus tendue avec une heure et demie de face à face avec la police, puis une évacuation des locaux par celle-ci. Une douzaine de jeunes refusant d'obtempérer et luttant contre leur déplacement furent identifiés.

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Les banques suisses sont régulièrement victimes de cet activisme, mais cette fois-ci le Crédit Suisse décida de porter plainte. Mal lui en a pris - il avait oublié ce qu'était devenue la justice dans le Canton de Vaud.

Procès-spectacle pour verdict de carnaval

Déterminés à refuser de payer l'amende de 600 francs reçue par chacun, les 200 francs de frais de justice afférents, et de recevoir les 30 jours-amende à 30 francs avec sursis, les accusés préférèrent porter l'affaire devant un tribunal. On comprend désormais pourquoi.

L'ouverture du procès quelques jours plus tôt avait donné le ton. Défendus gracieusement par un collectif d'avocats plus nombreux que les accusés, face à une banque avant tout soucieuse de préserver un tant soit peu son image de marque, les militants n'avaient rien à craindre. Une militante clama crânement "qu'ils avaient tous mieux à faire qu'à être face à la justice" - parce qu'il va de soi qu'on fait face à la justice parce qu'on en a envie, n'est-ce pas! - et comme on pouvait s'y attendre, le procès tourna à la farce, jusqu'à son hilarante conclusion: acquittement pour tout le monde, distribution de câlins, et pause-photo pour la victoire.

Il ne manquait plus que la distribution de pop-corn éco-conscient.

Sale temps pour la justice

Incapables de voir plus loin que le bout de leur nez, les éditorialistes exultent: "le climat a gagné", clament-ils la bouche en cœur. Hélas! Ce n'est pas le "climat" qui a gagné, mais bien l'activisme politique. Les manifestants ont beau s'en réclamer, la justice climatique est à la justice ce que la musique militaire est à la musique...

En dénonçant ce verdict, les nombreux commentateurs consternés des articles de presse d'aujourd'hui voient plus loin que ces militants écofascistes - un comble pour ces illuminés qui prétendent dicter la marche du monde jusqu'au siècle prochain. Les gens normaux (c'est-à-dire, ni les journalistes, ni les magistrats du Canton de Vaud, et ni ces activistes extrémistes) relèvent que le droit de propriété s'efface devant le galimatias intellectuel des serviteurs de la "cause". L'application des lois devient optionnelle. Les sanctions n'existent plus.

On voudrait ouvrir la porte à plus de comportements dommageables pour l'ensemble de la société qu'on ne s'y prendrait pas autrement. En fait, le lendemain même, d'autres activistes en profitèrent pour investir les locaux de l'UBS, encore à Saint-François...

Une application des lois à bien plaire

La Suisse est un pays où on peut se faire condamner pour un like sur Facebook, où un excès de vitesse - sans le moindre accident - est puni plus sévèrement qu'un homicide par négligence, où déposer ses déchets devant un container plein est passible de prison ferme.

À côté de cela on peut agir comme on veut et en toute impunité contre une banque, ou une autre, ou n'importe quelle entité en fait, et même résister à la police, pour peu que cela soit justifié par "l'urgence climatique". On peut ignorer les lois sur l'immigration et la protection du territoire au nom d'une vague "crise migratoire". Celles sur les coups et blessures si elles sont destinées à des politiciens qui ne pensent pas comme il faut. Même les gouvernements cantonaux décident de ne pas appliquer des lois fédérales.

En Suisse, l'application des lois est devenue discrétionnaire. Elles s'appliquent, ou pas, selon l'orientation politique des parties en présence, la mode, l'opinion des journalistes...

Les militants écofascistes l'ont bien compris: une fois qu'on dispose de l'excuse du moment, c'est open bar.

Pour un Canton qui s'enorgueillissait jusque dans son hymne de "l'amour des lois", la chute est rude.

Malheureusement, les limites existent toujours quelque part. La justice vaudoise d'aujourd'hui a beau fermer complaisamment les yeux, elle ne fait que reculer pour mieux sauter. Une violation de propriété "au nom du climat?" Pas grave! Mais ensuite? Un petit caillassage? Une petite destruction de biens? Un léger incendie de véhicule? Une "échauffourée" avec un peu de sang qui coule? Que faudra-t-il atteindre pour qu'un bon juge oublie un instant les modes du moment et se rappelle un peu la loi qu'il a la charge de faire respecter?

On peut espérer que le pourvoi en appel du Ministère public soit géré de façon plus professionnelle, mais il y a fort à craindre que dans le Canton de Vaud la dérive idéologique du pouvoir judiciaire soit plus profonde qu'il n'y paraît.

09 janvier 2020

Pour 2020, la fin du monde!

Bonne année - ce sera la dernière.

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2020, bien mieux que 2012 et les imbécilités du Calendrier Maya, sera la marque de grandes catastrophes dont certains esprits supérieurs ont déjà devinés l'imminence. Elles pourraient marquer la fin de la civilisation telle que nous la connaissions. Voilà donc une petite partie de ce qui nous attend cette année:

[Les] grandes villes européennes sont englouties sous la mer montante, alors que la Grande-Bretagne est plongée dans un climat «sibérien». Conflit nucléaire, méga-sécheresses, famine et émeutes généralisées éclatent à travers le monde.

Un changement climatique brutal peut amener la planète au bord de l'anarchie alors que les pays développent un arsenal nucléaire pour défendre et sécuriser un approvisionnement en déclin en nourriture, en eau et en énergie. La menace contre la stabilité mondiale éclipse largement celle du terrorisme, affirment les experts.

Les perturbations et les conflits seront des caractéristiques endémiques de la vie sur terre. [En 2020], Encore une fois, la guerre définit la vie humaine.


Vous n'avez pas les pieds mouillés? Vérifiez donc à deux fois.

Évidemment, vous pourriez croire, en regardant au dehors, où tout est calme, que le texte ci-dessus n'est qu'un ramassis d'âneries écrites par de mauvais auteurs de science-fiction.

Vous auriez tort.

Il s'agit d'un petit extrait d'un rapport "scientifique" (les guillemets sont de rigueur) émis par les plus brillants esprits de notre temps, des experts travaillant ou consultés par le Pentagone sur le sujet du réchauffement climatique. D'ailleurs, les rédacteurs finaux du rapport proprement dit, Peter Schwartz, consultant de la CIA et ancien chef de la planification au Royal Dutch / Shell Group, et Doug Randall du Global Business Network en Californie, déclarent que le changement climatique "devrait être élevé au-delà d'un débat scientifique pour devenir un problème de sécurité nationale américain".

Bon, allez, je vous donne la clef de l'énigme. Tout ceci est authentique, le document entier est disponible ici (en anglais), mais le rapport date de 2004.

Voilà tout simplement comment les auteurs et les experts consultés imaginaient de façon plausible l'évolution du monde pour les seize ans plus tard. Greta Thunberg venait à peine de souffler sa première bougie, mais le Monde était déjà promis à sa fin.

En 2004, 2020 semblait loin. Le rapport fut présenté à la Maison Blanche, occupée par un certain George W. Bush à l'époque, et eut même droit à son attention dans les médias. En février 2004, le quotidien anglais de gauche The Guardian et bien d'autres se firent l'écho de ce rapport secret du DoD (Department of Defense) prévoyant une catastrophe climatique seize ans plus tard.

Nous y sommes, et bien entendu la catastrophe n'est pas là. Le catastrophisme, lui, ne s'est jamais aussi bien porté.

C'est ainsi que fonctionne la magie du réchauffement climatique. La planète et l'humanité sont vouées à l'apocalypse "si on n'agit pas tout de suite", "si on ne fait pas plus" on se plaint sans cesse que "les mesures  prises sont clairement insuffisantes" ; et d'ailleurs "c'est maintenant le dernier moment pour agir"... Air connu, pour ceux qui connaissent la chanson.

Année après année, décennie après décennie, les mêmes phrases se répètent. Il n'y a que ceux qui les entendent pour la première fois pour ne pas comprendre qu'elles sont creuses.

N'excusons pas ce rapport comme un texte lancé à la va-vite promettant des catastrophes surgies de nulle part à dans un horizon perçu comme lointain. La catastrophe annoncée arrive année après année à un rythme soutenu:

La sécheresse persiste pendant toute la décennie dans les régions agricoles essentielles et dans les zones autour des principaux centres de population en Europe et dans l'est de l'Amérique du Nord. Les températures annuelles moyennes chutent jusqu'à 5° Fahrenheit en Asie et en Amérique du Nord et jusqu'à 6° Fahrenheit en Europe. Les températures augmentent jusqu'à 4° Fahrenheit dans des zones-clés de l'Australie, de l'Amérique du Sud et de l'Afrique australe. Les tempêtes et les vents d'hiver s'intensifient, amplifiant l'impact des changements. L'Europe de l'Ouest et le Pacifique Nord sont confrontés à des vents d'ouest renforcés (...)

2012: une sécheresse sévère et le froid poussent les populations scandinaves vers le sud, et sont repoussées par l'UE. Le sud-est des États-Unis et le Mexique sont envahis par un flot de réfugiés venus des Îles Caraïbes.

2015: Le conflit au sein de l'UE concernant l'approvisionnement en eau et en nourriture entraîne des escarmouches et des relations diplomatiques tendues.

2018: la Russie rejoint l'UE, fournissant des ressources énergétiques.

2020: Migration des pays du nord comme la Hollande et l'Allemagne vers l'Espagne et l'Italie. [Ne me demandez pas pourquoi...]


En fait, dans la droite ligne du film-catastrophe de propagande Le Jour d'Après de Roland Emmerich, le rapport prévoit dès 2004-2005 "des inondations généralisées dues à une élévation du niveau de la mer" qui "vont provoquer des bouleversements majeurs pour des millions de personnes"...

Le tout alors que le monde réel avait déjà commencé sa pause de 17 ans sans réchauffement, ce qui n'a jamais empêché les croyants (et les scientifiques malhonnêtes) d'en voir partout la marque.

Mais Internet n'oublie pas. L'eau a coulé sous les ponts depuis le Protocole de Kyoto en 1995. Le flot de prévisions alarmistes ne s'est jamais interrompu depuis vingt-cinq ans ; les spectateurs de la RTS ont droit à leur petit reportage de propagande quasiment tous les soirs. Il n'empêche: par la seule force du temps qui passe, les échéances des catastrophes prévues n'en finissent pas d'arriver et de montrer le ridicule de leurs auteurs et de tous ceux qui les ont suivis sans le moindre esprit critique.

La leçon a tout de même été apprise ; désormais, les "scientifiques" évoquent plus souvent des échéances plus lointaines encore pour leurs prédictions catastrophistes, jusqu'à 2100. Quitte à se couvrir de ridicule et devenir la risée de tous, autant que ce soit à titre posthume.

21 décembre 2019

Juliette. La nouvelle vedette.

La voilà! La nouvelle star de la Grève du Climat, la façade politiquement correcte d'Extinction Rébellion, le mouvement écofasciste qui se fait connaître de la population lausannoise en l'empêchant régulièrement de vivre normalement et qui lance de part et d'autres des actions violentes.

Juliette? La gagnante du tirage au sort organisé par la Grève du Climat, on dira donc, pour se lancer à l'assaut du siège vacant au Conseil d'État vaudois, suite à la démission de la PLR Jacqueline de Quattro. Piochée par un enfant de neuf ans dans un pot en verre contenant sept noms (probablement ceux qui posent avec elle sur cette photo).

Juliette? La nouvelle égérie de l'extrême-gauche, appuyée par les Jeunes Verts, Solidarités et le POP. Parce qu'en matière de politique, les écologistes ne sont pas alignés du tout avec la gauche, n'est-ce-pas. D'ailleurs en son temps l'URSS était un modèle d'écologie et de respect de l'environnement.

Juliette est une manœuvre politique. Adeptes d'une communication de guérilla, les cadres d'Extinction Rébellion de la Grève du Climat ont choisi l'opportunité d'une élection complémentaire au Conseil d'État vaudois pour tenter de se faire connaître. Alors que la syndique de Payerne PLR Christelle Luisier était pressentie pour lui succéder et qu'aucun parti d'importance ne lui contestait son siège, le mouvement profita de la flexibilité offerte par la loi pour poser une candidature "sauvage".

Ce choix déclenche une élection là où la succession de Mme de Quattro aurait pu se faire de façon tacite. On parle donc de l'impression des bulletins, l'envoi des enveloppes par la Poste et le travail de dépouillement supplémentaire ce dimanche-là, ça fait pas mal de CO2 j'imagine. Mais bon, on ne sauve pas la planète sans écorner quelques principes, n'est-ce pas. Financièrement, la facture reviendrait à 500'000 francs au Canton. De l'argent bien dépensé par les contribuables.

Personnellement, je ne jette pas la pierre aux écofascistes pour s'être lancés dans la course - je relève seulement la cinglante contradiction entre les valeurs prônées et leurs méthodes. Tout ça pour un bon coup de pub digne des pires marques du capitalisme destructeur... Mais si la loi le permet, ils sont dans leur droit. Du reste, depuis, Guillaume Morand, dit "Toto", le chausseur du Flon, s'y est mis aussi comme à son habitude. Et il y a également une candidature du Parti Pirate, Jean-Marc Vandel, qui mise "sur la protection des données et des mesures écologiques contraignantes", nous explique Le Temps. Comme une enchère qui soudain s'embrase, pas mal de monde se retrouve finalement intéressé par un siège au Conseil d'État.

Notons qu'entre l'écologie du PLR, l'écologie de la Grève du Climat, l'écologie de Toto Morand et l'écologie des Pirates, l'écologie sortira forcément gagnante cette élection. 100% des candidats défendent l'écologie! Les politiciens suisses apprennent vite.

Revenons-en à Juliette.

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Juliette passe à la télé! (image RTS)

D'emblée, Juliette plaît. D'abord, elle est jeune, donc c'est forcément un plus. En plus, elle est écologiste, et c'est dans l'air du temps. Et puis, loi électorale oblige, on sait désormais qu'elle a même un nom de famille, Juliette Vernier. Franchement, que vous faut-il de plus?

Mais on le sait, les Suisses sont parfois difficiles sur un produit, même d'une telle qualité. Ils se montrent méfiants, tatillons. Alors, les médias, totalement neutres, se pâment d'amour pour elle. Des articles dans 20 minutes, dans 24 Heures, dans Le Courrier, à la RTS. Je me demande si MM. Morand et Vandel, ou même Mme Luisier, auront droit à de semblables égards.

Qu'apprend-t-on sur elle?

Juliette Vernier a commencé son militantisme en 2017, en adhérant à Greenpeace. «La politique ne me parlait pas, ma famille n’en causait pas, mais maintenant je suis en plein dedans», explique-t-elle. La rencontre avec le collectif de la Grève du climat s'est faite en début d’année, via WhatsApp. Elle a arrêté ses études à l'ECAL pour se consacrer à la lutte contre les problèmes climatiques et sociaux. Depuis, elle travaille dans un cinéma et vit avec les siens dans un chalet à Essertes, dans le district de Lavaux-Oron. Aînée de trois sœurs, elle a grandi dans une famille low tech, sans télé ni console.


Toutefois, son père serait archéologue et voyagerait régulièrement dans des pays lointains comme le Tibet ou Zanskar. On espère vivement qu'il s'y rende à vélo, faute de quoi l'empreinte carbone de la famille "low tech" explose certainement celle du Vaudois moyen. Espérons qu'entre deux actions militantes elle prend le temps d'en discuter avec lui. Ce doit être possible, puisqu'elle habite encore chez ses parents.

Ne tirons pas davantage sur l'ambulance. Juliette Vernier est l'incarnation parfaite de l'écologie politique telle qu'elle se pratique aujourd'hui sous nos latitudes: des adolescents bohèmes, incapables de subvenir eux-mêmes à leurs besoins, qui ne connaissent rien d'autre de l'écologie que ce qu'ils en apprennent par des médias sensationnalistes, et prétendent dicter sa conduite à l'Humanité toute entière. En toute modestie.

Évidemment, chez des gens avec un peu plus de... Vécu, dirons-nous, ce déploiement d'orgueil stratosphérique passe assez mal.

Sur 20 Minutes les Internautes se déchaînent:

A arrêté les études, gagne quelques ronds en travaillant dans un cinéma et dépend de papa maman pour manger... C'est un excellent programme qu'on a là !

lu deux fois: ancienne étudiante, 19 ans. ben, ce fut bref.

Juliette elle fait vraiment fort, laissons lui une chose, c' est qu'elle n' a pas peur de se couvrir de ridicule en voulant prendre en charge la reconstruction de la planète selon un modèle qui reste franchement à définir, faire boucler toutes les usines au profit d'une économie inexistante et en même temps régler les problèmes sociaux des gens qui seront au chômage grâce à une politique à 4 sous... Le tout en vivant au crochet et accroché aux basques de papa et maman.


Il s'agit-il là des commentaires parmi les plus populaires... Bref, pour beaucoup, un peu d'humilité ne ferait pas de mal. Mais l'humilité est-elle compatible avec l'urgence climatique? Les militants pensent que non. Mais qu'en pensent les citoyens?

Un dernier Internaute cruel commente avec amertume l'élection complémentaire du 9 février: "Bravo! Un marchand de chaussures en mal de pub, un pirate et une ratée: tout le portrait du canton de Vaud ces trois candidats au conseil d'état."

Mais c'est cela, la démocratie! Et je donne rendez-vous le 9 février à tous ces gens pour mesurer ce qu'ils représentent réellement. La vérité est au fond des urnes.

20 décembre 2019

Les jouets des militaires

Une petite touche de désinformation nous vient du 20 Minutes, comme ça, en passant:

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Photo d'écran 20 Minutes

Notez bien la photo d'illustration de l'article: une maquette en plastique entre les mains d'un personnage vêtu de ce qui semble être une tenue militaire.

L'article remonte au jeudi 19 décembre. Il contient sa propre galerie d'images, où cette photo ne figure évidemment pas. Cela signifie que si la rédaction de 20 Minutes avait souhaité une photo d'illustration, elle n'avait qu'à se servir, sans fournir le moindre effort.

La photo d'illustration présentée sur les pages qui renvoient à l'article est donc le résultat d'une volonté de présenter le sujet sous un certain jour.

Pour ceux qui se demanderaient pourquoi on choisit de représenter des avions de combat sous la forme de maquette en plastique entre les mains d'un militaire, je les renvoie à la campagne qui eut lieu en 2014 pour l'achat d'avions Gripen. La campagne des socialistes, dont on connaît l'aversion pour toute armée qui n'est pas rouge, avait constamment dénoncé des "jouets de luxe pour les pilotes militaires".

L'argument des jouets avait été mentionné à d'innombrables reprises au cours de la campagne. Il est encore ressorti aujourd'hui alors que le besoin de remplacement de la maigre flotte aérienne vieillissante helvétique se fait de plus en plus ressentir.

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Une affiche de la campagne de 2014 où là encore l'avion de combat était présenté comme un jouet - un simple pliage de billet de banque.

Il ne s'agit donc absolument pas d'une "image d'illustration". Elle n'a rien d'anodin. Elle vise à imprégner l'esprit du lecteur à un niveau quasiment subconscient en lui faisant associer le jouet et l'appareil militaire, de façon à mieux orienter son choix lorsqu'il lui faudra prendre parti lors du prochain débat public sur le sujet.

La propagande, ça se travaille, et comptons sur les médias suisses pour la travailler quotidiennement.

13 décembre 2019

La victoire de Boris Johnson

La presse avait belle mine ce matin. Après des semaines de Fake News, les résultats des élections anglaises ont fini par tomber: les Conservateurs remportent une victoire historique.

Pour nous en rendre compte, citons Le Figaro:

Boris Johnson a réussi son pari. Les conservateurs se sont dotés hier d’une écrasante majorité, sans précédent depuis l’ère Thatcher. Ils remportent une majorité absolue de 365 sièges sur les 650 de la chambre basse du Parlement, soit 48 sièges de plus, une victoire historique, à l'issue des législatives anticipées de jeudi. Selon les résultats définitifs rendus publics ce vendredi, l'opposition travailliste a perdu 59 sièges, avec 203 députés, lors de ce scrutin centré sur la mise en œuvre du Brexit. Les nationalistes écossais du SNP remportent 48 sièges, les Libéraux-démocrates 11, les unionistes nord-irlandais du DUP, 8. Le taux de participation a été de 67,3%.


Il s'agit d'un premier article, neutre et factuel, rendant compte des scores et de leur comparaison. Les Travaillistes enregistrent leur plus mauvais score depuis... 1935. Le marxiste Jeremy Corbin a été mis en déroute, sa carrière politique est terminée. À la victoire des Conservateurs pro-Brexit s'ajoutent les défaites particulières de nombre de ténors de l'opposition:

Des têtes importantes sont tombées. La patronne des Libéraux-démocrates, Jo Swinson, a été battue dans sa circonscription d'East Dunbartonshire, dans l'ouest de l'Ecosse (...). Leur promesse d'annuler le divorce sans nouveau référendum a été jugée antidémocratique, même parmi les europhiles. Les Lib-Dems étaient pourtant arrivés à la deuxième place aux élections européennes de mai dernier, obtenant 20,3% des voix.

La nuit a été rude aussi pour les députés conservateurs frondeurs, qui s’étaient levés contre Boris Johnson en septembre. L’ancien ministre de la Justice David Gauke ou l’ex-attorney general Dominic Grieve, qui se présentaient comme candidats indépendants, ont ainsi été battus. Tout comme Sam Gyimah et Antoinette Sandbach, qui avaient fait défection chez les Lib-Dems. Seuls les frondeurs qui avaient retrouvé l’investiture, comme Greg Clark et Stephen Hammond, ont été réélus.


Et même si, plus tard dans la journée, les rédactions reprendront du poil de la bête pour recommencer leur ronde de piaillements de mauvaise augure, cet épisode de clarté aura été salutaire au milieu d'un océan de désinformation inondant pratiquement tous les médias depuis des semaines.

Rappelons-nous! Boris allait échouer, c'était probable. Il n'aurait pas sa majorité, ou l'aurait à peine. L'écart avec les Travaillistes se réduisait. L'avance des Conservateurs fondait. Boris était nerveux et menait une campagne loufoque. L'ombre planait sur les élections. On pourrait trouver des milliers d'articles chargés de faire vivre la flamme d'espoir du camp anti-Brexit...

Las! depuis trois ans et demi et le vote du Brexit, les Anglais ont toujours persisté. À l'inverse de leur classe politique. Choix de l'establishment, Theresa May ne fut rien d'autre que l'agent de Bruxelles, chargée de faire digérer un traité colonial à ses propres troupes, lesquelles se rebellèrent. A-t-on déjà oublié pendant combien de mois les médias ont vendu aux Anglais et aux Européens que l'accord qu'elle avait ramené de Bruxelles était à la fois "le meilleur possible" et "impossible à renégocier"?

En provoquant des élections anticipées à partir d'une position vaseuse, Mme May réussit une des plus calamiteuses dissolutions du Parlement. Elle laissa le Royaume-Uni à peu près ingouvernable - entre des Remainers divisés et des Brexiters qui l'étaient tout autant.

Le plus grand mérite de Boris Johnson n'est pas d'avoir repris le rôle de Premier Ministre mais d'avoir assaini la vie politique britannique. Il eut à affronter des factieux dans son propre parti, des élus qui firent défection en changeant d'étiquette. Il affronta la traîtrise de caciques qui communiquèrent ses plans aux médias et à ses adversaires politiques. Il affronta des juges partisans. Il affronta sa propre famille.

Et il affronta les médias.

Tant "d'experts" qui nous ont expliquaient que M. Johnson était un pitre, qu'il allait prendre une raclée, que le référendum était une erreur et qu'il fallait en organiser un deuxième... Tant d'articles de médias bien-pensants voulant nous faire croire depuis longtemps que les Anglais ne voulaient plus de ce Brexit...

On ne peut que constater que les "analyses", tribunes et autres prédictions des chroniqueurs, experts, éditorialistes, observateurs, directeurs de "think tanks" et autres spécialistes sur ce sujet, comme sur bien d’autres, sont totalement démenties.

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On peut le dire, la victoire électorale des Conservateurs jeudi 12 décembre est avant tout celle d'un homme. un homme imparfait mais sincère, qui s'est battu contre vents et marée depuis des années au nom d'une démocratie que tous ses adversaires n'avaient en permanence à la bouche que pour mieux la trahir par leurs actes.

Boris Johnson montre que la volonté et l'intégrité permettent de soulever des montagnes.

Même si l'Europe "se félicite" des résultats d'aujourd'hui, les rires sont jaunes dans les couloirs du Parlement européen. Désormais la sortie anglaise de l'UE ne semble plus faire de doute. Il restera des points à régler, à commencer par la "relation future" des Européens avec un Royaume-Uni redevenu souverain, mais gageons pour Boris Johnson que le plus dur est derrière lui.

Ceux qui pensent que l'Union Européenne a encore des moyens de pression sur le Royaume-Uni se trompent, comme ils se trompent toujours. L'UE ne fait plus rêver personne depuis longtemps. Boris Johnson va négocier un accord très avantageux avec une UE qui ne peut se passer ni du marché britannique ni de son armée. Il va économiser sa contribution à l'UE. Il concluera un accord commercial préférentiel avec les USA.

le "sens de l'Histoire" a singulièrement évolué. Encore un populiste est porté au pouvoir, après Trump, Orban, Salvini (bientôt de retour au pouvoir), Bolsonaro et bien d'autres.

10 décembre 2019

Une histoire de banane...

La Banane collée au mur d'Art Basel à Miami Beach est devenue un phénomène mondial. Mais cette histoire recèle encore bien des surprises.

Marché de l'art devenu fou, gaspillage de nouveau riche, blanchiment d'argent devant tout le monde, les commentaires ont fusé lorsque la nouvelle "œuvre" de Maurizio Cattelan - une banane scotchée à un mur, intitulée "Comedian" - a trouvé preneur pour 120'000 dollars.

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Le buzz s'accentua encore dimanche lorsque la banane fut mangée. Comme le relate 20 Minutes:

[David Datuna], qui se décrit comme un artiste américain d'origine géorgienne installé à New York, décolle la banane du mur blanc, la pèle et la mange devant une foule de curieux. Il y voit une «performance artistique» qu'il intitule «Hungry Artist» («Artiste ayant faim»), avant de se faire escorter à l'abri des regards par la sécurité.

Le préjudice n'est que très relatif, selon la galerie Emmanuel Perrotin, qui a vendu "Comedian». «Il n'a pas détruit l’œuvre. La banane, c'est l'idée», a expliqué son directeur des relations avec les musées Lucien Terras, au quotidien «Miami Herald». (...) Toute la valeur réside en effet dans le certificat d'authenticité, le fruit étant censé se faire remplacer régulièrement plutôt que de pourrir. D'ailleurs, au bout d'un quart d'heure une nouvelle banane était scotchée au mur.


Tout est bien qui finit bien, on rigole (et on se demande pourquoi Maurizio Cattelan n'a pas directement vendu un certificat d'authenticité pour un mètre-cube d'air en suspension, s'épargnant ainsi la recherche d'un fruit et d'une section de ruban adhésif).

Quelle audace! Quelle folie! Quel homme!

Mais il y a davantage en termes de prise de risques.

Alors que la banane scotchée fut remplacée plusieurs fois et finit par quitter son emplacement, plus tard, un autre artiste, Rod Webber, vit une opportunité. Il traversa la foule jusqu'au mur blanc le plus célèbre de l'exposition, et commença à griffonner un message avec un doigt enduit de rouge à lèvres: "Epstien (sic) didn't kill himself" (Epstein ne s'est pas suicidé).

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Photo via Twitter/@GiancarloSopo | Capture d'écran via Facebook/Rod Webber

La réaction de la galerie fut immédiate: la sécurité s'empressa de couvrir le graffiti pour en cacher la vue au public, alors que Rod Webber fut arrêté. Voilà pour la liberté artistique! Voilà pour la liberté d'expression!

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Une réaction sur Twitter

La sécurité lui avait intimé d'arrêter mais il refusa de s'exécuter, arguant que David Datuna, le mangeur de banane, n'avait pas été puni pour son acte (Art Basel exprima dans un communiqué qu'il avait "violé le règlement du festival et fut escorté à l'extérieur" mais il ne fut pas autrement inquiété.)

Rod Webber fut accusé de vandalisme mineur mais passa tout de même la nuit de dimanche à lundi en prison. Il en fut libéré à cinq heures du matin. Il témoigna dans un des rares journaux à évoquer l'histoire qu'il avait été à son avis injustement traité, alors qu'il tentait seulement de "perpétuer l'esprit du week-end."

Pourquoi a-t-il été traité différemment? Selon lui, "c'est parce que je ne suis pas assez célèbre", explique-t-il, "ou je ne fais pas partie d'une opération de comm' planifiée d'avance, ce qui était probablement le cas, et je les ai mis en face de leurs foutaises."

Ironiquement, Webber n'a pas d'avis particulier sur la mort d'Epstein. Mais il défend une approche culturelle du pouvoir des mèmes, et reconnaît que celui d'Epstein est particulièrement saisissant. Il essaya même de se présenter comme candidat à une élection locale sous le nom de Rod "EspteinDidntKillHimself" Webber sur les bulletins de vote, mais sans succès.

Cette histoire de banane est finalement très instructive, puisqu'elle permet de situer le curseur sur ce qui constitue aujourd'hui une "transgression".

La transgression n'est pas dans la vente hors de prix d'une banane scotchée à un(e) parvenu(e) avec plus d'argent que de bon sens. Elle n'est pas dans la pseudo-destruction de cette œuvre par un autre "artiste". Elle l'est dans un message polémique griffonné sur un mur.

On peut mesurer la transgression au silence soudain des médias principaux sur ce qui s'est passé à Art Basel. Les reportages s'enchaînaient avec force envoyés spéciaux et sondages, et puis soudain, rideau. Notez par exemple que 20 Minutes accordait encore un article lundi - donc après cet épisode - au mangeur de banane, mais sans piper mot du slogan sur Epstein. Même Fox News botta en touche en évoquant une "foule incontrôlable" autour de la banane scotchée, et rien de plus.

Epstein s'est-il réellement suicidé? De nombreux indices tendent à faire penser que non (oh, j'oubliais, son banquier s'est aussi suicidé). En fait, il n'y a guère de faits prouvant la version officielle du suicide - seulement les conclusions contestées du médecin légiste qui examina le corps.

La mort d'Epstein est donc l'inverse d'une théorie du complot. Dans une théorie du complot, l'illuminé parvient à "croire" malgré tous les indices contraires ; mais dans le cas d'Epstein, c'est le grand public qui est invité à "croire" malgré tous les indices contraires. La version officielle est donc particulièrement fragile, et les médias deux fois plus vigilants - quelqu'un a-t-il dit irritables? - sur le sujet. Il est instructif de constater à quel point les autorités artistico-politico-médiatiques agissent de concert, sur un sujet aussi banal qu'un graffiti sur un mur dans une exposition d'art moderne, afin d'empêcher le grand public de voir un message discordant.

À la force de frappe des médias de masse s'oppose la guérilla des mèmes ; "Epstein ne s'est pas suicidé" se retrouve à la télévision, dans des arrangements de chaussettes, dans des panneaux de commerce ou sur des canettes de bière.

Epstein a beau s'être "suicidé", on ne parvient pas à le faire disparaître.