06 novembre 2016

Sortir du nucléaire, n'importe comment

Le 27 novembre, les Suisses se prononceront sur l'initiative écologiste "Pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire (Initiative "Sortir du nucléaire")".

L'initiative demande l'interdiction de la construction de nouvelles centrales et de limiter à 45 ans la durée d'exploitation légale de celles déjà en service. Bien entendu, tout cela est enrobé d'un "souhait" exprimé à la Confédération - ça ne mange pas de pain - en matière de limitation de consommation d'énergie, d'efficacité énergétique, de promotion des énergies renouvelables et de chant des petits oiseaux.

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Centrale de Mühleberg

Le titre de l'initiative est malheureusement mensonger ; en cas d'approbation, il ne s'agirait pas d'une sortie programmée du nucléaire, mais d'une sortie décrétée du nucléaire, la plus grande part étant laissée à l'improvisation. Trois des cinq réacteurs nucléaires helvétiques devraient fermer avant l'hiver 2017 (Beznau 1 et 2 et Mühleberg). Ni l'efficacité énergétique, ni les énergies renouvelables ne seraient évidemment en mesure de compenser le trou dans la production à si brève échéance. En l'occurrence, et quitte à espérer que les écologistes n'ont pas la pénurie en tête, le choix serait donc entre dépendre du nucléaire français ou du charbon allemand - au prix qu'il plaira à nos nouveaux maîtres.

Les entreprises semi-publiques propriétaires de ces centrales, soudainement victimes d'un gigantesque manque à gagner, pourraient se retourner contre la Confédération pour combler cette perte et exiger des compensations en milliards, d'autant plus qu'elles devraient alors y ajouter des coûts de démantèlement. L'addition sera évidemment pour le contribuable, le consommateur, ou plus vraisemblablement les deux. Elle sera salée.

Les campagnes de votation sur l'énergie mettent toujours l'accent sur le citoyen, puisqu'il faut le convaincre, et en grand nombre. On voit donc surgir les simplifications les plus échevelées destinées à frapper les esprits. Par exemple, substituer une source d'énergie par une autre comme dans un jeu de bonneteau - hop le nucléaire, hop le solaire, hop les éoliennes! - comme si chacune était rigoureusement équivalente. Comme si les 36% de part de marché du nucléaire dans l'approvisionnement énergétique suisse pouvaient être remplacés du jour au lendemain par les 6% péniblement atteints par les énergies thermiques, éoliennes, solaires et de biomasse combinées. Comme si l'érection de la moindre éolienne sur le précieux sol du pays n'était pas un chemin de croix face à l'opposition résolue et compréhensible des défenseurs du paysage. Comme si la construction d'éoliennes ne devait pas s'accompagner de celle de coûteuses et polluantes centrales à gaz pour suppléer à leur rendement déficient lorsque le vent ne souffle pas, ou pas assez.

Le citoyen suisse moyen n'aime peut-être pas le nucléaire, mais il a tout de même une vague idée du prix exorbitant qu'il dépense déjà en énergie taxée et n'a certainement pas envie de doubler ou de tripler la mise pour faire plaisir à une coterie d'extrémistes très loin de vivre selon leurs préceptes.

Malgré tout, le débat centré sur la facture énergétique des foyers occulte l'essentiel - car l'énergie se consomme dans bien d'autres domaines que l'éclairage domestique et la télévision. Les CFF sont d'énormes consommateurs d'énergie. Les entreprises industrielles tout autant. Pour ces acteurs-là, l'initiative des écologistes bouleverserait leurs coûts. Les CFF n'auraient sans doute guère de scrupules à infliger une nouvelle hausse de tarif à leurs clients asservis, mais d'autres n'auraient le choix qu'entre délocaliser ou mettre la clef sous la porte, avec la casse sociale que l'on imagine.

Aussi, je n'ose même pas évoquer la suite de l'histoire jusqu'en 2050 tant cette fable n'a pas de sens - sauf à essayer de se figurer comment une Suisse ruinée et en crise pourrait essayer de s'infliger quelques impôts supplémentaires pour subventionner des entreprises d'isolation ou du courant "durable" hors de prix et intermittent.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, je ne suis pas un apôtre du nucléaire - mais j'abhorre l'irrationalité dans le discours énergétique (ainsi que dans la plupart des discours, je le concède). Une politique énergétique intelligente ouvre un espace où coexistent différentes sources d'approvisionnement, non parce qu'elles correspondent aux lubies changeantes des individus au pouvoir, mais parce qu'elles ont chacune leurs propres mérites. Elles s'imposent ou s'effacent non par décret mais selon les évolutions technologiques, les disponibilités et les coûts.

Il n'y a aucune justification à l'arrêt immédiat de centrales nucléaires après 45 ans, pas plus que pour n'importe quelle autre source d'énergie. Proposerait-on la même chose pour un barrage?

Les équipements vieillissent, mais peuvent être convenablement entretenus et remplacés ; les technologies de détection et de prévention évoluent sans cesse ; et si d'aventure le réacteur d'une centrale devait finalement être jugé trop cher à réparer, alors son emplacement constituerait certainement le lieu le plus approprié pour bâtir son successeur de la génération suivante.

Le nucléaire n'est pas une technologie dépassée, il évolue constamment - à l'inverse du discours ranci des écologistes à son encontre. Aujourd'hui, le nucléaire a le vent en poupe. Plus de 70 réacteurs sont en construction dans le monde. Les rares pays à suivre l'exemple de l'Allemagne s'en mordent les doigts. Le Japon a remis ses centrales en marche. Même "l'esprit Fukushima" constamment invoqué ici n'a pas réussi à persister là-bas. Les Japonais ont bien compris que leur prospérité venait aussi d'une énergie bon marché, fiable et abondante.

Je n'ai aucun doute que l'initiative arbitraire des écologistes sera rejetée. Toutefois, quelle que soit l'intensité de la gifle infligée par les urnes, la nouvelle débâcle sera présentée comme une victoire. Ainsi va la vie médiatico-politique en Helvétie.

01 novembre 2016

La campagne d'Hillary Clinton explose en plein vol

Je n'avais pas prévu de revenir sur l'actualité de la campagne présidentielle américaine mais compte tenu des revirement spectaculaires de ces derniers jours, est-il possible de faire autrement?

clinton_emails.jpg

Ceux qui ne seraient pas encore familiarisés avec quelques scandales collant aux basques d'Hillary Clinton peuvent se référer à un ancien billet sur le sujet. Depuis, l'eau aurait dû couler sous les ponts. Le scandale consécutif à l'enregistrement de propos salaces de Trump à son insu en 2005 aurait dû démolir ses dernières chances de succès pour les élections. Hillary aurait dû triompher sans coup férir... Mais il est des campagnes où rien ne se déroule comme prévu.

Il était une fois un serveur mail

En 2009, lorsque Hillary Clinton accéda au poste de Secrétaire d’État sous la présidence Obama, les Clinton mirent en place une messagerie parallèle, privée. Pendant des années, les affaires ayant trait à la diplomatie américaine circulèrent à travers l'adresse électronique HDR22@ClintonEmail.com. Ce serveur mail privé était en parfaite violation du Federal Records Act, qui impose une copie pour archivage des communications officielles des élus et hauts fonctionnaires pour des activités liées à leur mandat, et de la loi sur la liberté d’information (Freedom of Information Act) permettant à toute personne en faisant la demande de consulter ces échanges, sauf ceux classés confidentiels ou secret-défense.

Il faut noter que Mme Clinton savait parfaitement qu'elle violait la loi, sauf à faire preuve de troubles de la mémoire confinant à la démence. En 2007, alors dans l'opposition, elle reprocha à des élus républicains leur utilisation de mails privés dans le cadre de leurs fonctions. En 2011, alors même qu'elle utilisait son serveur privé, elle envoya un message enjoignant les ambassadeurs sous ses ordres à ne pas utiliser des adresses privées. En 2012, elle réprimanda sévèrement un ambassadeur et le licencia ensuite pour être passé outre.

La révélation de l'existence de ce serveur mail (par hasard, à travers le piratage du compte mail d'un proche des Clinton) entraîna une enquête. Sommée de s'expliquer, Hillary Clinton déclara que ces e-mails ne concernaient rien d'important, en imprima des milliers de pages et les fournit au FBI. Mais 33'000 messages manquaient à l'appel, couvrant par exemple la période critique de l'activité de Secrétaire d’État de Mme Clinton pendant l'attaque du Consulat américain de Benghazi, en Libye, où un diplomate américain de haut rang trouva la mort.

Mme Clinton prétendit que les e-mails manquants n'avaient aucune importance, comme les cours de yoga de sa fille, et relevaient de la sphère privée.

Sommée de livrer son serveur aux autorités, Hillary Clinton en fit effacer le contenu avec un logiciel professionnel, affirmant qu'il s'agissait d'une "simple erreur de manipulation" du technicien, sans préméditation. Les internautes purent démontrer qu'il s'agissait là d'un mensonge grossier, le technicien en question cherchant à savoir comment effacer des données sensibles plusieurs mois auparavant.

Sans avoir accès à l'entier de la correspondance d'Hillary Clinton, les enquêteurs du FBI parvinrent à trouver des données classifiées dans les mails "gracieusement fournis" par l'ancienne Secrétaire d'État. Mais tout ceci se termina abruptement en juillet par la décision de James Comey, directeur du FBI... De clore l'enquête, à la stupéfaction générale. Mme Clinton fut réprimandée pour sa "grave négligence" et ce fut tout.

Démocrates et journalistes chantèrent des louanges et tressèrent des lauriers à James Comey, incarnant le bon sens et la raison, alors que le grand public et les Républicains restaient pour le moins dubitatifs sur cette conclusion en queue de poisson.

Mais ça, c'était avant.

Réouverture de l'enquête

L'annonce par James Comey de la réouverture de l'enquête du FBI sur les e-mails de Clinton à moins de deux semaines de l'élection présidentielle fit l'effet d'une bombe.

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James Comey, héros le 6 juillet, traître à la nation le 29 octobre - toujours ce traitement
équilibré de l'information (exemple tiré du Washington Post ; cliquez pour agrandir)

À ce stade, nous ne savons pas encore quelles sont les nouvelles données sur lesquelles le FBI a pris sa décision, mais une chose paraît certaine: une annonce pareille si près d'un scrutin aussi important implique que le FBI soit tombé, au minimum, sur de la dynamite.

Nous savons en revanche d'où viennent ces nouvelles données: de l'ordinateur d'Anthony Weiner, politicien démocrate de New York et pédophile notoire. En fouillant dans les e-mails de ce sinistre personnage, les enquêteurs n'ont pas trouvé que des images pédophiles, mais aussi... des dizaines de milliers de courriers électroniques liés à Hillary Clinton et à son serveur mail.

Car il se trouve que M. Weiner est aussi le mari de Huma Abedin, principale aide de camp d'Hillary Clinton depuis vingt ans, une collaboratrice si proche d'elle que Clinton la qualifie parfois de "fille adoptive".

À ce stade, nous ne savons pas non plus comment ces courriers se sont retrouvés là - probablement des mécanismes de réplication entre comptes mails oubliés depuis longtemps, dont l'enquête éclairera peut-être la mise en place et la motivation.

Toujours est-il que la campagne présidentielle d'Hillary Clinton vient d'exploser en plein vol.

La machinerie Clinton se pulvérise

Selon toute vraisemblance, le FBI vient probablement de mettre la main sur les fameux 33'000 e-mails manquants dissimulés par Hillary, et sans doute de nombreux autres. La nouvelle est tellement importante qu'il n'est pas possible de la cacher, de la minimiser, de la détourner - même si tous les médias s'y emploient.

La fin de campagne présidentielle s'est transformée en cauchemar pour Hillary. Les accusations de Trump font mouche. Son serveur mail était au cœur de toute sa communication - non seulement ses entorses au protocole dans son rôle de Secrétaire d’État, mais aussi les affaires ayant trait à la Fondation Clinton et au trafic d'influence entretenu par le couple en préparation de son retour au pouvoir. Le FBI a désormais également placé la Fondation sous enquête.

Les informations filtrées peu à peu corroborent celles que diffuse depuis des jours Wikileaks à travers le piratage du compte Gmail de John Podesta, chef de cabinet de la Maison Blanche de Bill Clinton entre 1998 et 2001, puis conseiller spécial de l'administration Obama en 2013, puis directeur de campagne d'Hillary Clinton pour les présidentielles de cette année.

Les cartes sont retournées les uns après les autres, révélant leurs secrets. La mise aux enchères de postes d'ambassadeurs. Le chantage à l'extorsion exercé contre des Saoudiens. Les manipulations d'Hillary pour évincer Sanders des primaires démocrates. Les débats truqués. La collusion avec la Ministre de la Justice, qui a invoqué depuis le Cinquième Amendement pour ne pas témoigner contre elle-même. La complicité d'Obama dans cette histoire de serveur mail privé, ses efforts pour enterrer l'affaire, et même sa propre utilisation d'une messagerie parallèle. L'utilisation d'activistes payés pour provoquer la violence dans les réunions électorales de Donald Trump.

Les ondes de choc sont incalculables et promettent de résonner longtemps, longtemps après que les Clinton et leurs complices croupissent en prison - une issue qui paraît de plus en plus vraisemblable.

Reste une seule question - Que va-t-il se passer maintenant? Charles Gave tente de répondre:

Jamais les milliers d'e-mails ne pourront être traités dans les jours qui viennent et donc l'élection va avoir lieu dans la plus grande incertitude juridique. Si des preuves certaines sont trouvées, madame Clinton ira en prison, certainement.

Si les citoyens sont assez bêtes pour voter pour quelqu'un qui risque d’aller en prison à peine élu (...) alors nous aurons une crise de régime aux USA, de nature constitutionnelle.

Le Président nouvellement élu sera traduit devant un tribunal constitué par le Congrès et sera sans doute "impeached" par la Chambre des Représentants qui laissera au Sénat la responsabilité de destituer le Président. Voilà qui rendra les US quasiment ingouvernables pendant au moins deux ans, jusqu'à l'élection suivante.

Si monsieur Trump est élu, ce qui me paraît de plus en plus probable, madame Clinton et sans doute son Bill de mari iront en prison où ils risquent de retrouver une grosse partie de l'administration Obama, en commençant par la Ministre de la justice.

Et je ne pense pas que le Président Trump sera particulièrement généreux pour ceux qui l'insultent depuis plus d'un an.


Mais bien des incertitudes subsistent. Pour commencer, il n'est pas du tout certain que les États-Unis parviennent à déterminer qui sera leur Président au lendemain de l'élection présidentielle.

De nombreuses surprises nous attendent sans doute encore.

27 octobre 2016

Le chant du cygne de la classe moyenne

La dernière enquête du Matin Dimanche sur les difficultés de la classe moyenne en Suisse montre que la classe moyenne se sent "piégée" - un sentiment que beaucoup de compatriotes doivent éprouver ces temps en tentant de jongler avec leurs assurances-maladie dans l'espoir de diminuer la facture. Reposant sur des statistiques de l'OFS, le constat est implacable: "Impôts, assurances, loyers, difficultés d’accès à la propriété, de partout les coups pleuvent sur les ménages suisses."

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Ces coups sont d'autant plus douloureux qu'une proportion élevée des ménages n'a plus les moyens de résister au moindre imprévu. Un quart des familles de la classe moyenne inférieure serait incapable de faire face à une dépense de 2500 francs, comme des réparations sur un véhicule âgé. Car la classe moyenne est pressée comme un citron et sent sa prospérité lui échapper:

Au sentiment d’oppression que déclenche ce manque de réserves s’en ajoutent d’autres. La lourdeur des impôts, celles des assurances, notamment avec la hausse des primes d’assurance-maladie qui ont bondi de près de 160% depuis 1996. Sans compter les loyers, qui ont grimpé de 20% entre 2000 et 2010. Ou le marché immobilier, devenu inaccessible pour les jeunes familles.


Le collier est en place, et il serre.

On ne pourra pourtant guère crier au scoop. Les journalistes du Matin Dimanche n'ont découvert que l'eau chaude. Les statistiques de l'OFS sont publiées tous les ans et cette évolution n'a rien d'une nouveauté. Il est d'ailleurs intéressant de mettre ces soudaines révélations en perspective avec une étude d'Avenir Suisse remontant à 2012, où on évoquait alors une classe moyenne encore aux prises avec une simple "désillusion". Le Temps, à l'époque, résumait l'affaire en disant que "l'action de l’État contribue fortement au nivellement vers le bas dont souffre la classe moyenne suisse".

L’État? Ce géant bien intentionné redistribuant aux uns et aux autres? Parfaitement! Tout simplement parce que cette redistribution prend sa source dans les prélèvements de L’État sur les revenus de la classe moyenne, justement. On a déshabillé Pierre pour habiller Paul, comme d'habitude. Avenir Suisse concluait sur des enseignements politiques limpides:

Toute politique sur mesure pour la classe moyenne est vouée à l’échec, vu la grande hétérogénéité de celle-ci. Il n’est en tout cas pas utile d’augmenter les transferts, vu que les mesures en faveur de la classe moyenne sont largement payées par la classe moyenne elle-même. Une meilleure manière d'aider cette classe serait d’alléger ses charges fiscales et sociales. L’État est aussi invité à démêler et à simplifier le fouillis de subventions, allocations et autres rabais, qui résultent de bonnes intentions mais dont les effets peuvent être incohérents.


On voit avec quel enthousiasme la classe politique suisse s'est empressée d'ignorer ces conseils de bon sens depuis... Tout en persistant dans ce qui a amené la classe moyenne à s'étioler progressivement. Car rien n'est plus risible que la ronde des politiciens de la plupart des partis autour de ce constat, alors qu'ils en sont les principaux responsables. Le tour d'horizon est vite fait:

  • Impôts et taxes: la gauche et le centre-gauche voient dans la fiscalité une manne inépuisable et n'hésitent pas à hausser la TVA à la moindre occasion.
  • Assurances-maladie: Merci à la LAMal de Mme Dreifuss, qui n'en finit pas d'étrangler les familles! Et les socialistes responsables de ce désastre ne proposent rien de mieux que de plafonner les primes en fonction du revenu... Ce qui fera revenir la différence sous forme d'impôt.
  • Énergie: merci aux Verts et à leurs valets dans d'autres partis, toujours d'accord pour limiter les options des particuliers en matière de chauffage et hausser les taxes au point de faire payer l'énergie en Suisse au tarif le plus élevé d'Europe, alors que partout ailleurs son prix s'est effondré.
  • Loyer et marché immobilier: toujours cette différence entre offre et demande qu'aucune tentative d'encadrement des loyers ne parviendra jamais à juguler. La pression démographique est toujours aussi forte mais les partis politiques hors UDC ont rivalisé de félonie pour refuser d'appliquer l'initiative contre l'immigration de masse approuvée par le peuple.

Oubliez les discours des uns et des autres, la classe politique actuelle est le pire ennemi de la classe moyenne. Le résultat est là aujourd'hui: la Suisse est en panne et sa classe moyenne meurt peu à peu.

Rien ne changera tant que les électeurs continueront à voter pour leurs bourreaux.

22 octobre 2016

Dernière ligne droite pour les présidentielles américaines

Le dernier des trois débats entre Hillary Clinton et Donald Trump a eu lieu. Ils ne se confronteront plus l'un à l'autre en public, mais seulement par annonces interposées.

clinton_sprint.jpgL'élection présidentielle américaine aura lieu dans moins de trois semaines.

Alors que nous entamons la dernière ligne droite, les camps en présence font feu de tout bois pour essayer d'arracher la décision.

A notre gauche, nous avons Hillary Clinton. Hillary Clinton incarne la continuité. La continuité d'une carrière accomplie en intégralité à Washington, dans les plus étroits cercles du pouvoir, mais aussi la continuité d'une Amérique en crise et en panne. Une Amérique où la classe moyenne se fait laminer par l'Obamacare, où la reprise économique n'existe que dans des cours de bourse manipulés par la FED, où un nombre inégalé de familles survivent grâce à des bons alimentaires tout en payant jusqu'à 50% de leurs revenus pour simplement se loger.

Le sens d'une présidence Clinton

Pour Guy Millière, qui écrit depuis les Etats-Unis, les carottes sont cuites pour Trump et Hillary sera la prochaine présidente. Reste à comprendre de quelle présidence il s'agit:

Les Etats-Unis vont donc avoir une présidente corrompue, criminelle, achetée et encore à vendre.

Ils vont avoir une présidente qui va peupler la Cour Suprême de juges qui vont déchirer la Constitution, effacer peu à peu les principes fondamentaux énoncés dans le Bill of rights, laisser détruire la séparation des pouvoirs.

Ils vont avoir une présidente favorable à l’avortement jusqu’au neuvième mois de grossesse (elle l’a redit au cours du débat), donc à l’infanticide ; une présidente qui entend régulariser les immigrés clandestins et les faire accéder à la nationalité américaine aux fins qu’ils votent démocrate en échange de chèques à la fin du mois ; une présidente qui va favoriser l’immigration musulmane, changer la composition de la population américaine, accélérer les ravages du politiquement correct, augmenter considérablement les impôts, placer les entreprises en situation de dépendance accélérée par rapport au gouvernement.

Ils vont avoir une présidente qui va continuer la guerre contre la police, maintenir les noirs dans une situation de dépendance et dans une sous culture de violence et de drogue ; une présidente qui va mettre en place un système de santé de type socialiste ; une présidente qui va démultiplier les bureaucraties, accroître le nombre d’assistés et de pauvres dépendants du gouvernement, parachever la mise en place d’une nomenklatura composée des élites politiques, des grands financiers et dirigeants de multinationales finançant les démocrates et bénéficiant en retour de subventions et autres avantages ; une présidente qui pourra s’appuyer sur la quasi-totalité des médias, et qui cherchera à éliminer tous les journalistes et intellectuels qui pensent mal ; une présidente qui, en politique étrangère, continuera ce qui a été fait sous Obama, et qui, donc, va continuer à favoriser l’Iran des mollahs antisémites, pratiquer l’aveuglement volontaire face au péril islamique, tenir un discours anti-russe tout en laissant se mettre en place un ordre mondial tenu par la Russie, l’Iran et la Chine.


Quel beau programme, en effet, et pas une de ces phrases n'est excessive. Malheureusement, une présidence Clinton signifie exactement cela. Une chance que la politicienne démocrate soit qualifiée de "centriste", on se demande ce à quoi les Américains auraient eu droit sinon.

La Menace Trump

trump_sprint.jpgA droite, nous avons Trump. Trump incarne la rupture. La rupture d'un homme d'affaire revenu de tout et décidé à bousculer un système corrompu dont il a pourtant largement profité pendant ses plus jeunes années. Trump est la promesse fragile et incertaine d'un changement, porteur d'incertitude mais aussi d'espoir. Mais pour ses adversaires, le changement préconisé par Trump représente le danger absolu, et ils n'hésitent pas à fouler ouvertement toutes les valeurs qu'ils ont jamais prétendu avoir pour le combattre. Comme l'explique Charles Gave:

Je n’ai jamais vu dans une élection aux USA une telle partialité de la grande presse. Qu’elle aille fouiller dans le passé de monsieur Trump me paraît normal. Qu’elle ne parle pour ainsi dire jamais des casseroles que traînent les Clinton commence à attirer l’attention du vertueux Wall-Street journal qui a du mal à comprendre pourquoi cette même grande presse monte en épingle les peccadilles supposées de monsieur Trump et refuse de parler des crimes des Clinton.

Car il semble bien que les journalistes de cette même grande presse soient prêts à tout pour faire élire leur candidate, comme par exemple en transmettant les questions qui lui seront posées avant que l’interview n’ait eu lieu ou en refusant de filmer les foules qui viennent aux réunions de monsieur Trump.


"Que les journalistes soient à la fois de gauche et vendus au pouvoir en place, voilà qui n’étonnera que les naïfs", poursuit-il, avant de déceler dans cette affaire une deuxième bataille, occulte cette fois-ci, entre les anciens médias et les nouveaux autour de la recomposition du paysage médiatique.

Les anciens médias historiques, presse et télévision, s'arc-boutent en faveur de Clinton dans le but de préserver leur modèle économique, leur coût élevé et leur faible rentabilité. En face, la réinformation sur Internet qui s'est envolée ces dernières années repose sur un modèle plus léger, flexible et réactif, basé sur la concurrence et la diversité des opinions. Une victoire de Trump en ferait définitivement le nouveau média mainstream.

[La] grande presse américaine est constituée aujourd’hui de valets ayant peur pour leur job et donc suivant les ordres qu’on leur donne.

Les journalistes classiques en fait soutiennent Clinton parce qu’ils savent fort bien que si Trump était élu, alors ils se retrouveraient au chômage très rapidement, et que le chômage est acceptable pour le peuple mais pas pour eux.


Mais le duel entre Trump et Clinton ne concerne de loin pas que les journalistes. Il concerne les élites dans un sens beaucoup plus large - la grande masse des gens influents qui estiment avoir plus à perdre qu'à gagner dans un bouleversement. Trump cristallise donc l'entier de l'Amérique-d'en-haut contre lui, une coalition ahurissante et sans exemple dans l'histoire, atteignant jusqu'aux cadres du parti républicain.

Soupçons de fraude

Trump ne s'est pas mal sorti des trois débats télévisés, mais beaucoup pensent que ce n'est pas suffisant pour rattraper le retard qu'il affiche depuis des semaines dans les sondages, alors même que ces sondages sont constamment biaisés. Pourquoi truquer des sondages? Peut-être, de "façon traditionnelle", pour décourager les électeurs du camp d'en face à se rendre aux urnes. Personne n'a envie d'aller voter en se sachant perdant. Mais il est aussi possible qu'il s'agisse de quelque chose de plus sinistre.

Dans le dernier débat Trump "choqua l'assistance" (toujours selon les termes soigneusement choisis des journalistes) en laissant planer le suspense sur l'acceptation de son éventuelle défaite. Clinton s'engouffra évidemment dans la brèche en fustigeant son adversaire de menacer la démocratie américaine en laissant planer un doute sur la validité de l'élection à venir.

Les médias reprennent à l'unisson. Bien sûr, personne ne se demande si la fraude électorale massive sous-entendue par Donald Trump en faveur de son adversaire démocrate ne serait pas, elle, de nature à menacer la démocratie.

Même les gauchistes les plus anti-Trump devraient se rappeler de l'élection de George W. Bush face à Al Gore en 2000, de la confusion face au vote final de la Floride, des recomptages et de la bile déversée alors en apprenant que le Républicain restait en tête. Les accusations de fraude électorale persistèrent en 2008 cette fois-ci à l'avantage du Président Obama.

Le fait est que la fraude électorale existe aux États-Unis, depuis longtemps: vote multiple, inscription de personnes décédées sur les listes électorales, ou tout simplement la bonne vieille corruption. Le fait que ces exemples récents pointent exclusivement vers des fraudeurs démocrates n'est probablement que le fait du hasard. Mais lorsque tout le reste échoue, il suffit alors de tricher au niveau des machines elles-mêmes.

Aujourd'hui 70% des électeurs républicains pensent que les résultats électoraux seront manipulés en faveur d'Hillary Clinton. La tentation sera grande pour les élites menacées par Trump de mettre "toutes les chances de leur côté" ; pour sa part, Julian Assange de Wikileaks a suffisamment d'information en sa possession pour juger que c'est le cas:

"Il n'y a pas d'élection aux États-Unis. Il y a une consolidation de la puissance. Primaires truquées, médias truqués et une candidate 'joueuse de flûte' mènent cette consolidation."


Si le 8 novembre les résultats électoraux ne correspondent pas aux sondages sortie des urnes, les États-Unis se préparent à une crise gravissime.

17 octobre 2016

François Hollande, président perdu

La publication du dernier livre en date sur François Hollande - "Un président ne devrait pas dire ça..." - suscite la dernière tempête médiatique autour de la personnalité du Président, et peut-être la dernière de sa carrière tout court.

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Gérard Davet et Fabrice Lhomme, deux journalistes du Monde, ont rencontré François Hollande 61 fois ces dernières années. Ils en ont composé ce qu'ils considèrent comme un "audit" de son quinquennat - pas une défense de François Hollande, ni un réquisitoire. Le livre laisse d'ailleurs la parole à d'autres proches du pouvoir, comme Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Jean-Pierre Jouyet, Bernard Cazeneuve, et même l'ennemi de toujours Nicolas Sarkozy. Mais les journalistes ne sont pas tendres avec M. Hollande, avouant qu'il a "du mal à se remettre en cause".

"Il a le sentiment que ce qu'il fait est bien, mais qu'on ne le comprend pas. C'est à moitié vrai, car il communique de façon catastrophique. Et il a donné le fouet pour se faire battre à plusieurs reprises, notamment sur l'épisode Leonarda. Mais tout de suite il répond: 'oui, mais j'ai été obligé…' Gérard Davet confirme: "Il ne confesse jamais une erreur et rejette assez souvent la faute sur les autres".


Mais le style de communication n'est pas tout. François Hollande aime le pouvoir, ne le partage pas, et décoche ses flèches assassines. "François Hollande aura inauguré un genre particulier d'exercice du pouvoir : agir en se racontant agir", résume Le Point en listant quelques-uns des meilleurs traits, à moins que ce ne soient les pires...

  • Autosatisfaction: "Quand je regarde rétrospectivement, je me dis, finalement, c'était logique. Qui était le meilleur dans cette génération ? Qui avait anticipé ? Au-delà des aléas de la vie, il y avait sans doute une logique qui m'a conduit là. Il n'y a pas que du hasard."
  • Ségolène Royal: "Le politique du couple, c'était moi, les enfants l'avaient compris."
  • Jean-Marc Ayrault: "Il est tellement loyal qu'il est inaudible."
  • Nicolas Sarkozy: "C'est le petit de Gaulle. On a eu Napoléon le petit, eh bien, là, ce serait de Gaulle le petit." "Ce qu'on ne voit pas chez lui, c'est qu'il ne fait pas le partage entre ce qui est possible et ce qui n'est pas possible, le légal et le non-légal, le décent et le non-décent. Pourquoi cette espèce d'appât de l'argent ? [...] Il s'entoure de gens d'argent. Pourquoi ? [...] L'argent est toujours l'argent ! C'est ça qui est étonnant." "Moi, président de la République, je n'ai jamais été mis en examen. [...] Je n'ai jamais espionné un juge, je n'ai jamais rien demandé à un juge, je n'ai jamais été financé par la Libye."
  • Les Verts: "des cyniques et des emmerdeurs."
  • La justice: "Parce que c'est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux... On n'aime pas le politique. La justice n'aime pas le politique... "

Et au-delà de ces petites phrases fielleuses, d'autres plus problématique sur la Grèce - qui aurait "demandé" à la Russie d'imprimer des Drachmes parce qu'elle n'avait plus les moyens techniques de le faire, en pleine crise de l'euro. Vraies ou fausses, elles posent sérieusement la question de la capacité du Président à ne pas lâcher des informations qui devraient rester secrètes, quand les sujets relèvent plus de la diplomatie que de la bienséance.

Même en termes de communication, François Hollande ne contrôle plus rien. Il affirme dans le livre que Valérie Trierweiler, une "femme blessée", a inventé cette histoire de sans-dents ; s'ensuit une passe d'arme par médias interposés qui se termine par une défaite. Oui, il l'a bien dit, preuve à l'appui. Il s'aliène les magistrats, signe de sa prochaine promotion sur un futur "Mur des Cons" ; il essaye de placer maladroitement des remerciements à la justice dans son discours de cérémonie pour les victimes de l'attentat de Nice.

Mais pourquoi, pour commencer, s'être autant confié à des journalistes? La profession qui, entre toutes, est la moins bien placée pour garder des secrets? Les deux auteurs du livre ont leur idée sur la question:

Fabrice Lhomme ne parle pas de connivence mais confirme que le chef de l'État "ne cesse de rencontrer des journalistes". "Je pense qu'il en fait trop. Il voit trop de journalistes. Il est obsédé par la presse, parce que va écrire tel journal, ce que va révéler telle radio, ce qu'il va voir à la télé. Et ça l'empêche de prendre de la hauteur". Et Gérard Davet de nous apprendre que "quand François Hollande part en vacances, il emmène avec lui les archives du Monde. Il découpe des articles du monde, les emmène, et les lis au bord de la piscine pendant ses vacances".

"Il y a une forme d'insouciance revendiquée chez François Hollande. Il est très naïf."


François Hollande prend davantage de précautions désormais, bien qu'il soit trop tard, beaucoup trop tard. Reste une ultime question en suspens: pourquoi deux journalistes du Monde, si proches des confidences du Chef de l’État en exercice, choisissent-ils aujourd'hui d'étaler tous ces secrets en place publique, pulvérisant une relation de confiance longuement bâtie?

La réponse est malheureusement évidente - parce que c'était la seule chose à faire. Comme d'innombrables observateurs de la vie politique française, Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont compris que François Hollande n'a pas l'ombre d'une chance d'une réélection en 2017. Plus rien ne pourra sauver sa candidature. Personne ne le voit plus au second tour, à supposer qu'il se lance.

Bien que de gauche, nos deux journalistes ont donc adopté la seule attitude économiquement viable: tirer profit des secrets du Président socialiste pendant qu'ils valent encore quelque chose. Ils l'ont déçu, certes, mas craignent peu son courroux. François Hollande disparaîtra des écrans radars en 2017, vraisemblablement pour toujours.

14 octobre 2016

Menteurs à louer: un journaliste américain se livre

Existe-t-il encore des gens pour penser que le traitement de l'actualité par les médias mainstream soit motivé par le simple désir d'informer le grand public? Heureux les imbéciles! La plupart des gens comprennent qu'il y a anguille sous roche et supportent mal un traitement partisan de l'information - la récente campagne pour les présidentielles américaines étant un modèle du genre.

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Couverture médiatique comparée entre des propos sexistes de Trump enregistrés à son insu
il y a onze ans d'une part, et des milliers d'emails révélés par Wikileaks exposant la corruption
d'Hillary Clinton à travers sa fondation, ses relations avec le gouvernement,la justice et
les médias d'autre part.

Certains tolèrent mieux la propagande, simplement parce qu'elle va dans le sens de leurs convictions, mais le malaise subsiste. Quelle cause juste pourrait avoir besoin de mensonge pour se défendre? Et si cette cause n'en a nul besoin, comme le rétorqueront immanquablement ceux à qui on pose la question, alors, pourquoi mentir?

En réalité, l'information biaisée est la marque d'un mépris total pour le destinataire final - c'est-à-dire, vous. Mais "l'information" est-elle réellement produite pour lui? La réalité est bien plus crue que tout ce que vous pouvez imaginer, au moins aux Etats-Unis, comme le révèle un ex-journaliste dans un article sans détours, "Confessions d'un ex-journaliste sur le milieu corrompu des médias", dont voici une traduction.

Heureusement, rien de tout cela n'est à déplorer en Suisse.

 


 

Confessions d'un ex-journaliste sur le milieu corrompu des médias

Comment s'acheter des amis et plaider pour l'ennemi

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Tout est mensonge, chéri

Je doute que quiconque ait besoin qu'on lui rappelle que les médias sont pourris jusqu'à la moelle ; même les personnes les plus réticentes et à l'esprit le plus fermé tiennent désormais cela pour acquis. Mais bien que les médias soient largement condamnés de nos jours (mes remerciements aux Allemands pour avoir ramené le mot Lügenpresse dans le discours public), peu de gens savent ou comprennent ce qui se passe réellement dans la cuisine journalistique, où se concocte la potée de mensonges dont les gens sont quotidiennement nourris. Cependant, il y a toujours un moyen de le découvrir, par une infiltration délibérée du milieu ou, dans mon cas, par accident.

J'ai un vieil ami - appelons-le Sven - que j'ai toujours tenu pour être un homme bienveillant et sincère. Cependant, ces traits étaient également tempérés par une vision optimiste et quelque peu naïve des gens. Pour cette raison, il se retrouvait régulièrement embarqué dans des situations difficiles et parfois même dangereuses. L'une d'elle s'est révélée être un bref passage en tant que journaliste pour un journal en ligne à succès. Il maintint à peine contact au cours de son emploi et finit par décrocher complètement. Environ un mois plus tard, il refit surface - un homme changé, et pas en mieux. Comme il l'expliqua, il démissionna de son travail et se renferma sur lui-même un certain temps, sans autre arme que l'alcool, pour faire face à la dépression dans laquelle l'avait plongé ce travail de journaliste.

Cette réaction doit probablement paraître excessive à beaucoup d'entre vous, comme elle le parut à moi-même. Les hommes tombent rarement en dépression ainsi et ne se sortent pas de leurs problèmes en buvant. Si j'accordai à mon ami la clémence de lui expliquer ses manquements, je reconnus aussi l'utilité de son expérience et commençai à l'interroger sur ce qu'il avait vu et entendu durant son emploi. Je transmettrai ses conclusions ci-après ; cependant, je ne révélerai ni son vrai nom ni celui de son employeur, sachant que dans le pays "libre" où nous vivons, cela pourrait l'amener en eaux troubles.

Qui vous paie, vous possède

Sven rejoint les rangs des journalistes pour apporter la vérité aux gens. À son crédit, il croyait vraiment qu'il ferait exactement cela. Sa première mission semblait si simple, après tout: parler à une personne, enregistrer la conversation, écrire un article, le publier. La réalité se révéla diamétralement opposée. Une fois notre journaliste fraîchement émoulu revenu de sa première entrevue, on lui ordonna de retranscrire l'enregistrement immédiatement et de l'envoyer par courriel au gestionnaire de contenu. Une demi-heure plus tard, Sven reçut une version fortement modifiée de la transcription, avec les éléments qu'il jugeait les plus significatifs remplacés par des tournures dénuées de sens ou complètement supprimés. Quand il alla voir le directeur pour exprimer son indignation, celui-ci lui répondit simplement : "Cet homme ne nous a pas payé pour un article qui le dénigre. Retournez à votre bureau."

Ce fut loin d'être le seul cas où Sven fut témoin de sommes d'argent tirant le journalisme. Ses nombreux collègues ne produisaient presque jamais du contenu indépendant - ils étaient trop occupés à publier des articles payés les uns après les autres. Lorsque Sven demanda si ces articles devaient être indiqués comme du contenu sponsorisé, la seule réponse qu'il obtint fut un rire amer. Très souvent, le gestionnaire de contenu venait à son bureau et disait quelque chose comme "Savez-vous que le gars sur lequel vous écrivez est un ami proche du boss? Ne vous plantez pas sur cet article." Sven fut également surpris de voir que de nombreuses personnes interrogées (habituellement les politiciens) ne se donnaient même pas la peine de répondre à ses interviews, déléguant à la place leurs secrétaires ou assistantes. L'une d'elle alla même jusqu'à lui remettre un discours pré-écrit en main en lui disant de travailler à partir de cela avant de s'en aller.

Cependant, notre Sven possédait aussi un sens aigu de la justice, qui l'amena plusieurs fois à ignorer les "recommandations" données par son gestionnaire de contenu, à s'écarter de l'histoire officielle et à permettre à de petits extraits de vérité de faire leur chemin aux yeux du public. Pour chacune de ces transgressions, il fut convoqué au bureau du directeur, sévèrement admonesté, et se vit amputé d'une partie de son salaire mensuel. Tout fragment "non autorisé" qu'il avait écrit fut rapidement édité après coup - même si l'article avait déjà été lu par des milliers de personnes. Et ceci était censé être un média "neutre et objectif"!

La déontologie? Jamais entendu parler

Sven éprouva un grand choc quand il réalisa finalement que ses employeurs étaient des êtres dénués de conscience qui se prostituaient au plus offrant. Le choc fut encore plus grand quand il découvrit avec quelle nonchalance ses collègues prenaient leurs responsabilités. Les journalistes d'investigation se reposaient sur des informations obtenues à travers de simples recherches Google et des messages sur Twitter. Les éditorialistes et leurs subordonnés utilisaient des rumeurs et des ouï-dire pour rédiger des charges au vitriol. Les gestionnaires de sites Web postaient tout contenu qui leur plaise aussi longtemps qu'ils le présentent avec de gros titres assez flashy pour attirer le chaland. Le contrôle des faits était quasiment inconnu, à moins que quelqu'un n'ait spécifiquement payé pour cela.

Quand il était temps de choisir les sujets et de rédiger les articles, la ligne directrice de l'ensemble de l'entreprise était limpide: ne pas mettre les gens en colère. Pas les gens ordinaires, vous pensez bien - ceux-là n'étaient en interne même pas considérés comme des êtres humains, juste une masse sans visage à qui l'on jette des articles et qui sert à générer des clics et à produire de l'argent en retour. Non, le terme de "gens" se référait aux personnes qui comptaient réellement. Ce groupe comprenait des représentants des pouvoirs en place, des personnalités publiques bien connues, de riches individus avec les doigts bien trempés dans le gâteau politique et, bien sûr, les fréquentations personnelles du propriétaire de la publication.

Ceux-là devaient être protégés, dorlotés et flattés à tout prix, tous les autres n'étant que du gibier. Inutile de le dire, la politique avait au moins autant d'influence que l'argent dans la ligne éditoriale - à chaque fois que quelque chose de remarquable survenait, les "protecteurs de la vérité et de l'objectivité" s'attelaient immédiatement à travailler de façon à tourner les événements d'une manière favorable pour ceux qui tenaient leurs laisses. Des coups médiatiques étaient laborieusement élaborés contre les adversaires politiques et les indésirables, des écrans de fumée étaient érigés, les faits étaient omis, déniés et interprétés de façon biaisée. Sven m'avoua plus tard que le jour où sa publication couvrit les élections législatives fut le premier de sa vie où il passa toute la soirée à se saouler. L'éthique du journalisme, un terme que les médias aiment jeter à gauche et à droite, ne s'avérait rien d'autre que du vent.

Dans l'omelette médiatique, vous n'êtes qu'un œuf

Le titre dit tout. Pour les élites du secteur des médias, les pigistes ne sont pas juste des pions - ils sont des préservatifs. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, l'existence d'un journaliste typique est assez pathétique: sous-payée, sous-évaluée, ingrate et constamment scrutée par sa hiérarchie. Le turnover du personnel de la "cuisine" est très élevé, et pas à cause des promotions obtenues. Dans ce milieu, le terme de "journaliste senior" désigne souvent un pauvre bougre sans alternative qui ne peut pas raccrocher.

Selon Sven, nombre de ses collègues travaillaient dans le seul but de toucher leur salaire mensuel, ce qui expliquait leur négligence. Faces grises, bouches pincées, regards fuyants et aigreur dans l'attitude - tout ce qu'il fallait pour abattre une journée de plus. En outre, les plus expérimentés esquivaient toute responsabilité quant au contenu publié: chaque fois qu'un lecteur en colère contactait le journal pour se plaindre d'un article, le gars qui l'avait rédigé subissait l'entier du blâme, même si son travail avait été scruté et validé par la rédaction avant publication. Après tout, quel temps fallait-il avant de retrouver un autre drone de bureau avec des compétences de rédaction à peu près décentes?

Cependant, Sven expliqua également que certains de ses collègues appréciaient leur travail. Ils arrivaient au bureau d'un pas leste, un sourire sinueux sur leur visage et une lueur espiègle dans leurs yeux. Ils étaient les "talents" favoris du directeur de la publication - des ordures froides et vicieuses qui auraient vendu leur propre mère pour une bonne tranche de commérages à répandre un peu partout sur le site. À chaque fois qu'ils avaient l'occasion d'appeler au scandale, de répandre une vilaine rumeur ou de ruiner la vie de quelqu'un, on pouvait presque les voir s'illuminer de l'intérieur. (...)

Stigmatisation interdite

Comme vous l'avez probablement remarqué depuis longtemps, le secteur médiatique est une boîte de Pétri immense et accueillante pour de nombreuses variétés de Kulturbolschewismus, de bolcheviques culturels. Dans le cas de Sven, cela dépassait la simple politique interne de dénigrement de la peur et d'autocensure pour être un réel ordre du jour au travail. Il me dit qu'un organigramme accroché en salle de presse expliquait ce qu'il fallait faire en cas d'article rapportant des crimes et des incidents. Il comportait quelque chose comme ceci: "le protagoniste était-il de souche (blanc) ? Oui: rapporter en détail, amplifier ; Non: gommer les détails, minimiser."

Sven rédigea une fois un article sur une fête nationale, mais son gestionnaire de contenu refusa d'approuver la publication parce qu'elle était "trop patriotique", lui conseillant plutôt de "mettre l'accent sur la participation des minorités dans le festival." Tout ce qui pouvait louer le pays et ses habitants autochtones était indésirable et omis chaque fois que c'était possible, alors que toute nouvelle débordant de haine de soi ou faisant l'éloge d'allogènes au pays (lire: africains et musulmans) ou attaquant les indigènes et leur mode de vie était promis au succès et franchissait le processus d'approbation comme une lettre à la poste.

Inutile de dire que la rédaction était bourrée de femmes, de blaireaux émasculés faisant office d'animaux de compagnie et, bien sûr, de juifs. Les premières disposaient d'un pouvoir absolu quelle que soit leur position - une simple plainte aux ressources humaines était suffisante pour faire virer n'importe qui, pas besoin de preuves. Les blaireaux émasculés, incarnés par des créatures malingres en T-shirts Che Guevara arborant une barbe lépreuse sur leur visage chargé de piercings, vivaient de façon très satisfaisante la façon dont les choses se passaient, sirotant leurs cafés et dénonçant aux ressources humaines ceux qui exprimaient des idées incompatibles avec le récit. Les juifs étaient dans leur élément naturel en salle de presse, étalant leur arrogance intellectuelle et obtenant des promotions sorties de nulle part. La majorité des articles dénigrant les autochtones, leur culture et leurs valeurs venait d'eux, comme étude du site Web du journal me l'apprit plus tard.

Menteurs à louer

Donc, pour résumer tout cela: les médias ne se composent pas d'individus bienveillants mais malavisés, comme beaucoup le pensent encore. Au contraire, ils représentent une entité consciente d'elle-même qui se positionne quelque part entre l'opportunisme sans scrupules et le chien fidèle de l’État. Au mieux, ils se livrent à un faux patriotisme ("Nous avons un pays merveilleux, invitons davantage d'immigrants!"), au pire ils sont hostiles à l'égard de la population historique de leur pays de résidence.

De plus, les médias permettent la consolidation et l'affirmation des forces globalistes - des gouvernements perfides, des juifs, des multinationales, l'industrie du divertissement et d'autres - contre une population indigène désenchantée et déclinante. Et last but not least, les médias sont complices des crimes commis en Occident par des immigrants non-blancs à cause de leur obscurcissement délibéré des faits et, en cas d'échec, de la démagogie visant à faire pression sur les tribunaux pour laisser les criminels en ressortir libres. Pour moi, cette dernière raison devrait être à elle seule suffisante pour envoyer nombre de journalistes et leurs employeurs au gibet.

L'essentiel est de toujours se rappeler que les médias ne sont vos amis en aucune façon, ni sur la forme ni sur le fond, même si leurs employés les plus modestes ressemblent davantage à de malheureuses victimes qu'à des ennemis visant la destruction des nations. Il faut s'opposer aux médias, exposer leurs manœuvres et les boycotter à chaque occasion jusqu'à ce qu'ils commencent à saigner de l'argent et s'étouffent avec leur propre venin.