16 septembre 2018

Bonne santé de l'économie américaine: merci Obama?

Le dernier débat économico-politique du moment: la bonne santé de l'économie américaine serait à mettre au crédit du Président sortant, Barack Obama, et non à celle de son Président actuel, Donald Trump. La polémique surgit avec un timing tout à fait judicieux alors que se profilent les élections de mi-mandat.

barack-obama-11530968525cgpqnawypv.pngPour découvrir ce dernier narrative venu d'outre-atlantique, il suffit de lire la presse francophone, laquelle reprend sans retenue les médias américains pourvu qu'ils fussent marqués à gauche. Ainsi, dans Le Devoir, on lit en toute objectivité que Barack Obama, "relativement discret depuis son départ de la Maison-Blanche", est "sorti de sa réserve (...) pour mettre les points sur les i."

Il faut avoir le cœur bien accroché pour lire pareil panégyrique sans s'étrangler. Notez comme le journaliste présente Barack Obama, quelqu'un qui se sent "obligé de réagir" face aux mensonges de Trump. Au nom de la Vérité, le vieux guerrier pétri de sagesse sort bien malgré lui de sa paisible retraite... Retraite dans laquelle, il faut bien le dire, l'ex-président n'est jamais rentré. Et qu'annonce le 44e président des États-Unis depuis l'Illinois?

Barack Obama a d’abord rappelé le contexte : lorsqu’il avait pris ses fonctions en 2009, l’économie américaine perdait 800 000 emplois chaque mois. C’était la crise mondiale, avec des effets inédits depuis la Seconde Guerre mondiale. Donald Trump est, lui, arrivé dans une économie assainie. « Quand j’ai quitté mes fonctions, le revenu des ménages était proche d’un record […] et les salaires augmentaient », a fait valoir Obama. « Quand j’entends combien l’économie se porte bien, je dis : rappelons-nous quand la reprise a commencé. Je suis heureux que cela se poursuive, mais quand on entend parler de miracle économique […], je dois leur rappeler que les chiffres relatifs à l’emploi sont assez proches de ce qu’ils étaient en 2015 et 2016. »


On enchaîne avec les prétendus "experts" qui tentent de donner vie à cette version des faits:

« Il n’y a aucun doute que le crédit est à mettre au compte d’un mélange » des deux présidences, estime Douglas Holtz-Eakin, ancien directeur du Bureau du budget du Congrès. (...)

« Les chiffres montrent clairement que l’expansion a démarré sous le président Obama […] et Trump surfe sur les tendances dont il a hérité », a, de son côté, avancé Jared Bernstein, l’ancien conseiller économique du vice-président d’Obama, Joseph Biden.


Je suis le premier à admettre que Barack Obama accéda à la présidence dans une économie en crise, et dont il ne portait personnellement aucune responsabilité. Son idéologie, en revanche, était largement partie prenante dans le désastre, notamment à cause de l'octroi forcé de crédits immobiliers, pour des raisons raciales ou politiques, à des personnes manifestement insolvables. Et tout cela remonte à dix ans aujourd'hui.

Comme d'habitude, le New York Times est le fer de lance de la réécriture historique du moment, écrivant que "la reprise économique commencée sous Obama est maintenant présentée comme celle de Trump". L'article commence par admettre que sur pratiquement chaque critère mesurable l'économie américaine se porte bien, et passe les 1'400 mots suivants à expliquer que cette embellie n'a rien à voir avec l'agenda économique de Trump.

Que le New York Times présente une opinion politiquement marquée comme une vérité est son droit le plus strict, mais cela n'a rien à voir avec de l'information. Les propres archives du journal sont disponibles et abondantes pour se rappeler, il n'y a pas si longtemps, quelles étaient les perspectives économiques alors que Barack Obama s'apprêtait à transmettre le flambeau de la présidence à son successeur démocrate Hillary Clinton - un travail de vérification dont l'Investor's Business Daily se donne la peine.

La crise des subprimes survint au début du premier des deux mandats de Barack Obama. Il disposa de huit ans pour essayer de redresser la barre. Or en 2016 l'économie était encore en stagnation. La reprise après la crise était la plus faible depuis la Grande Dépression de 1929.

En fait, le New York Times lui-même décrivit l'économie sous Obama de cette façon en 2016:

"Pendant trois trimestres de suite, le taux de croissance de l'économie a oscillé autour d'un maigre 1%. Lors du dernier trimestre 2015 et du premier trimestre 2016, l'économie a cru à un faible taux de 0,9% et 0,8% respectivement, en rythme annuel. Les premières estimations pour le deuxième trimestre de cette année, annoncées vendredi, présagent d'un décevant 1,2%."


Le taux de croissance ne fit guère mieux pendant les trois derniers trimestres de 2016. Et le 27 janvier 2017, après que le gouvernement annonce que la croissance pour l'ensemble de 2016 atteignait un piètre 1,6% - le taux le plus faible depuis 5 ans - le New York Times rendit compte que "le Président Trump visait un taux de croissance juste un peu plus élevé." Le bureau bipartisan du Congrès sur le budget prévoyait une croissance de 1,9%.

La croissance fut d'une faiblesse si persistante pendant les deux mandats d'Obama que les journalistes commencèrent à préparer le grand public en évoquant une "stagnation permanente". Ils disaient que l'Amérique entrait dans une longue période de croissance faible et stable, résultante d'une lente hausse de la population et de la productivité. En août 2016, le New York Times déclara que "la réalité sous-jacente de la croissance faible hantera quiconque remporte la Maison Blanche."

Le mois suivant, CBS News annonça "qu'avec la croissance américaine en berne pendant plusieurs années, de nombreux économistes en viennent à penser que le pays est entré dans une période prolongée où toute croissance sera plus faible qu'elle ne fut par le passé."

En d'autres termes, il n'y avait aucune prédiction d'envolée de l'économie sur le radar de quiconque lorsque Trump prit place dans le Bureau Ovale. Maintenant que l'économie dépasse les attentes de tout le monde, les critiques de Trump prétendent que les ingrédients étaient déjà dans le gâteau, et le gâteau déjà dans le four.

donald_trump_PNG29.pngC'est vrai, l'activité économique dépend de paramètres mondiaux sur lesquels même le Président des États-Unis n'a pas prise. Mais l'Amérique va plutôt mieux que le reste du monde aujourd'hui.

Un mauvais Président peut ralentir, voire définitivement oblitérer l'activité économique de son pays en empilant des lois destructrices les unes après les autres - voyez le Venezuela pour la feuille de route. Un bon Président ne peut pas créer la croissance par sa seule volonté, mais peut faire en sorte que le cadre légal, fiscal et juridique devienne favorable à la création d'entreprises et aux profits. L'activité économique croît alors, et avec elle l'emploi et les salaires ; et à terme, même les rentrées fiscales augmentent.

C'est l'éternelle division entre les socialistes qui veulent changer la façon dont on distribue les parts de gâteau, et les libéraux qui font augmenter la taille du gâteau - pour tout le monde.

Quoi qu'en disent les acrimonieux médias occidentaux, les Américains se reconnaissent bien davantage dans la seconde catégorie que la première. Ainsi, l'optimisme grandit à travers la société américaine lorsque Trump remporta l'élection face à son adversaire Hillary Clinton et ses "enthousiasmantes" perspectives de stagnation. Maintenant que Trump a mis en place de nombreuses dérégulations et que la baisse de la fiscalité est sous toit, nous devrions continuer à voir une croissance américaine solide.

Les médias travaillent sans cesse à faire rentrer leur narrative dans les esprits, mais pour l'instant ils échouent. Les sondages montrent clairement que le grand public donne crédit à Trump pour l'embellie économique que traversent les États-Unis. Ils ont raison, et les médias ont tort.

12 août 2018

Internet: la bataille de l'information fait rage

Quel point commun entre Twitter, Facebook, Reddit ou encore Google? Ces acteurs majeurs de la communication d'aujourd'hui se présentent comme des parangons de vertu et d'équilibre, mais ce n'est qu'une façade. Profondément engagés à gauche, ils pèsent de tout leur poids contre ceux qu'ils considèrent comme le camp adverse.

Google, YouTube et al.

L'implication partisane de Google dans la bataille entre les camps républicains et démocrates en faveur des seconds a fait l'objet de nombreuses études, dont celle-ci, particulièrement détaillée. Que ce soit en termes de dons des employés pour les partis politiques, de parcours de carrière allant d'une position de dirigeant dans l'entreprise à celle d'un partenaire de campagne pour un candidat ou simplement de lobbyisme auprès des élus, l'entreprise entretient un engagement idéologique profond.

En termes pratiques, Google oriente les résultats de ses recherches. Par exemple, lorsque Hillary eut un malaise lors de la matinée des cérémonies du 11 septembre 2016, amenant ses gorilles à la balancer évanouie dans son van blindé avec autant d'élégance que si elle avait été un quartier de bœuf, la nouvelle défraya la chronique puis devint virale, malgré les tentatives de YouTube de censurer toutes les vidéos en rapport. Mais Google mit en place un filtre pour "protéger" le grand public de ces interrogations. Il suffit aujourd'hui encore de taper "Hillary Clinton Health" dans la barre de recherche de votre navigateur pour voir des suggestions sur Mme Clinton - mais aucune sur sa santé, jamais. Le terme "Health" est tabou dans Google Suggest lorsqu'il est associé à Hillary Clinton. On peut se poser la question de la pertinence de ce filtre maintenant encore alors que cette histoire est derrière nous ; il est probable que personne chez Google n'ait simplement pensé à l'enlever.

Avoir une opinion politique n'est pas un problème en soi. Elle le devient si celle-ci interfère avec la neutralité prétendument assurée par la plateforme, et quand celle-ci a un quasi-monopole dans l'accès à l'information du public. Comme on s'en doute, Google a sa propre police du discours. Pour éviter d'être directement mise en cause, l'entreprise de Mountain View décharge habilement sa politique de censure à plus de 100 ONG et agences gouvernementales pour aider YouTube à déterminer les contenus "extrémistes", allant des "discours de haine" à des vidéos de recrutement terroriste. Mais qu'est-ce qu'un "discours de haine", pour commencer? Il n'en existe pas la moindre définition légale, ce qui permet de cibler n'importe qui.

médias,mensonges,internet,censureGoogle et YouTube s'engagent à ne pas communiquer le nom de leurs partenaires dans ce programme, mais cette discrétion laisse présager le pire. Nous en avons la preuve à travers certaines ONG qui choisissent tout de même de révéler leur participation, comme l'Anti-Defamation League ou No Hate Speech, des organisations très politisées qui sont bien plus concernées par l'élimination de toute expression conservatrice sur Internet que par celle des vidéos de décapitation de l'État islamique, comme de nombreux contributeurs libéraux, conservateurs ou journalistes indépendants purent en faire l'amère expérience.

L'hypocrisie de YouTube et Google va plus loin ; lorsqu'ils ne peuvent directement interdire certaines vidéos - une hésitation qu'ils éprouvent de moins en moins souvent - ils peuvent encore les cacher, en exigeant un accès restreint à YouTube en présentant leur contenu comme "pour public averti" ou en choisissant de les démonétiser, privant effectivement les producteurs de la vidéo des revenus reliés à son visionnement. À défaut d'interdire d'antenne, ils étranglent financièrement les canaux qui les dérangent.

Le but de la manœuvre est clairement de promouvoir certains contenus au détriment d'autres.

Facebook et Reddit

Facebook est un acteur majeur de la distribution d'information aujourd'hui, et la posture pro-démocrate de Facebook n'est plus à démontrer. Elle fut révélée il y a plus de deux ans dans les colonnes de The Guardian, un journal dont les vues ne sont pas vraiment de droite.

D'anciens employés de Facebook décrivirent le processus en détail:

[Des employés] de Facebook ont ​​régulièrement supprimé les articles d’intérêt intéressant les lecteurs conservateurs de la section d’information "tendances" du réseau social. (...) Ils avaient aussi pour instruction d’injecter artificiellement des articles sélectionnés dans le module de nouvelles, même s’ils n’étaient pas assez populaires pour justifier leur inclusion, ou dans certains cas, ne buzzaient pas du tout. Les anciens employés, qui travaillaient tous en tant que sous-traitants, ont également indiqué qu’ils avaient reçu l’ordre de ne pas inclure de nouvelles concernant Facebook dans le module des tendances. (...)

Les histoires couvertes par les publications conservatrices (comme Breitbart, Washington Examiner et Newsmax) qui étaient assez nombreuses pour être prises en compte par l’algorithme de Facebook étaient exclues à moins que les sites classiques comme le New York Times, la BBC ou CNN ne couvrent le même sujet. (...)

Dans d'autres cas, les employés injectaient une histoire, même si elle n'était pas largement discutée sur Facebook, car elle était jugée importante pour que le réseau ressemble à un endroit où les gens parlaient de nouvelles difficiles. "Les gens ont cessé de se soucier de la Syrie", déclara un ancien employé. "[Et] si cette tendance se traduisait sur Facebook, Facebook aurait mauvaise allure." Ce même opérateur déclara que le mouvement Black Lives Matter avait également été injecté dans le module d'actualités de Facebook. "Facebook a subi beaucoup de pression à cause d'une absence de sujet tendance sur Black Lives Matter", déclara l'individu. "Ils ont réalisé que c’était un problème, et ils l’ont renforcé dans l'algorithme. Ils lui ont donné la priorité sur d'autres sujets. Lorsque nous l’avons injecté, tout le monde a commencé à dire: «Maintenant, je le vois comme numéro un»". Cet exemple d'injection est particulièrement remarquable parce que le mouvement #BlackLivesMatter est né sur Facebook, présence puissante des médias sociaux.


Cette manipulation des tendances n'est pas propre à Facebook. Reddit (phonétiquement "Read it", "je l'ai lu") est un site web communautaire de partage de liens permettant aux utilisateurs de soumettre leurs contributions et de voter pour celles proposées par autrui. Ainsi, les liens les plus populaires se retrouvent propulsés en page d’accueil. Le site se situe en quatrième position des sites américains les plus fréquentés, car on peut parler de tout sur Reddit. Quel que soit le sujet, il y a forcément d'autres passionnés avec le même centre d'intérêt. Ceux-ci se regroupent sur des "canaux" dévolus à un thème précis - comme la politique.

reddit_censor.jpgCertaines des manipulations de Reddit sont le fait de ses utilisateurs. Par exemple, le fameux canal /r/politics, prétendument non-partisan, a été de longue date colonisé par la gauche américaine qui y détient désormais les influentes positions de modération. Rien de plus facile donc que de filtrer tout contenu gênant (une nouvelle favorable à l'Administration Trump, par exemple.) Pour éviter de donner l'apparence d'une modération partisane, la manœuvre est en deux temps. D'abord, un complice se contente de poster un lien vers un article positif pour Trump ("Sprint va rapatrier 5'000 emplois aux États-Unis, annonce Trump") en lui associant volontairement un commentaire violemment hostile et contraire à la charte du canal ("Prenez ça sales crétins gauchistes!"), ce qui permet à la modération d'effacer le tout. Ainsi, l'article disparaît instantanément. Et si un utilisateur bien intentionné tente plus tard de soumettre la même nouvelle, il recevra un message d'erreur lui disant que ce lien a déjà été proposé à la communauté.

Mais les manœuvres partisanes s'étendent jusque dans l'administration du site, comme les utilisateurs de Reddit purent s'en rendre compte lors de la campagne présidentielle américaine de 2016 opposant Hillary Clinton à Donald Trump. Chacun avait son propre canal - r/HillaryClinton pour la première et r/The_Donald pour le second. Il devint vite assez évident au vu des chiffres de fréquentation que le candidat républicain était bien plus populaire que celui de son adversaire démocrate.

Reddit modifia alors le canal standard /r/popular , une sorte de méta-catégorie listant les contenus les plus populaires, pour filtrer les contenus "présents un peu trop souvent" selon les administrateurs du site. Après quelques temps il fut possible d'établir des statistiques sur l'origine des contenus les plus souvent écartés:

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(cliquez pour agrandir)

On notera qu'il ne s'agit pas simplement de filtrer tout contenu politique de cette rubrique: ni r/HillaryClinton ni r/politics n'apparaissent dans ce top 25. Écrivons-le clairement: Reddit installa un filtre pour écarter toute information venue de r/The_Donald, qu'il s'agisse de nouvelles positives pour Trump ou de révélation de scandales concernant l'opposition à sa présidence. Reddit modifia également son algorithme d'affichage afin de "pondérer" les votes - autrement dit, diminuer arbitrairement l'influence du canal pro-Trump.

Bien entendu, les responsables du site s'abritèrent derrière la ritournelle habituelle de la "préservation de la diversité". Cependant, toute tentative de présenter les choses sous l'angle de la neutralité vola en éclat lorsqu'en 2016 le PDG de Reddit Steve Huffman admit publiquement avoir effacé, voire modifié lui-même des contributions d'utilisateurs pro-Trump qui s'en prenaient à lui dans une discussion sur le site parce que ceux-ci "l'énervaient".

Dans un monde où les lois criminalisent de plus en plus le discours, qui réalise les conséquences provoquées par un individu capable de modifier sournoisement vos propres textes publiés en ligne, sans laisser la moindre trace?

Twitter et le Shadow banning

La neutralité apparente de Twitter est d'autant plus facile à défendre que Donald Trump est un des plus populaires utilisateurs de la plateforme ; mais comme le proverbial arbre qui cache la forêt, la frénésie de micro-messages du Président cache une campagne d'épuration idéologique de grande ampleur. Même le compte de Donald Trump n'est pas à l'abri de la censure de Twitter. Avant qu'il ne devienne président, de nombreuses discussions eurent lieu à l'interne pour déterminer s'il avait "franchi les limites" (une expression de novlangue destinée à exprimer la patience des censeurs vis-à-vis les cibles dont ils tolèrent péniblement l'existence). Ces débats continuèrent même une fois qu'il emménagea dans la Maison Blanche, et chacun se souvient avec quelle facilité Bahtiyar Duysak, un ex-employé de l'entreprise, ferma le compte du président le 2 novembre 2017 pendant une dizaine de minutes. Twitter annonça qu'il s'agissait d'une bévue, mais le public put tout de même découvrir la vulnérabilité des comptes. De nombreux employés de l'entreprise pouvaient fermer d'un simple clic le compte de n'importe quel utilisateur. Et ils ne s'en privent pas.

médias,mensonges,internet,censureSi la vitrine Trump peut continuer à sévir sur Twitter, celle-ci est soigneusement encadrée. On peut ainsi noter que l'algorithme de Twitter "pousse" systématiquement les réactions anti-Trump au sommet des réponses lors de chacun de ses tweets. Le nombre de "likes" et de "reposts" de ces questions, comparés aux statistiques similaires des rares réactions pro-Trump qu'on peut trouver dans le fil de réponse montre clairement qu'une "pondération" est à l’œuvre, pour rester poli.

D'autres contributeurs de Twitter ont moins de chance que le Président américain. C'est le cas de Scott Adams. Le créateur de Dilbert, devenu supporter de Trump à la suite d'une longue analyse de l'échiquier politique, découvrit comment Twitter archivait artificiellement ses messages afin de les rendre plus difficiles à lire, avant de subir un "shadow ban" en 2016 également. Son crime? Avoir demandé à son public de lui envoyer des vidéos d'agression de partisans de Donald Trump perpétrées par des partisans d'Hillary Clinton... Alors qu'il ne fait nul doute que si des supporters de Trump avaient été filmés en train de s'en prendre à des Démocrates, l'information aurait fait la Une de tous les médias.

Le Shadow Banning est une technique de modération plutôt ignoble mais très utilisée par Twitter, Reddit, et d'autres. L'utilisateur qui en est victime utilise toujours la plateforme comme si de rien n'était - il peut poster des contributions, commenter celles d'autrui, et voit ce qu'il publie - mais en fait il est le seul à les voir. Elles sont cachées aux autres utilisateurs, qui ne peuvent ni les lire ni les commenter. Pour des profils comme celui de Scott Adams, la mise à zéro de popularité du jour au lendemain est suffisamment notable pour que l'auteur se doute de quelque chose, mais des dizaines de milliers d'anonymes n'ont pas cette chance. Ils postent sur des réseaux sociaux qui sont pour eux aussi fermés et déserts que des chambres fortes, simplement parce qu'ils n'ont pas les "opinions convenables". Ils se retrouvent à parler dans le vide sans même le savoir - une sentence encore plus vile que de leur notifier officiellement une fermeture de leur compte.

Souriez, vous êtes censurés

"J'ai remarqué un phénomène général sur Internet. Tout forum où règne la liberté d'expression et pas ou peu de modération devient de droite. Les idées de gauche ne peuvent subsister sans censure ni modération." -- anonyme


Le Shadow Banning, le filtrage des opinions et la pondération des nouvelles suffisent un moment, mais un moment seulement. Devant la résistance de l'opinion publique face à ceux qui ont pour mission de la modeler, les majors d'Internet sont récemment passés à la vitesse supérieure. On assiste depuis quelques jours à une vague sans précédent de fermeture de comptes, de suppression de pages et de groupes Facebook, d'élimination de canaux YouTube et ainsi de suite - et la nouveauté est que la chasse aux sorcières semble désormais coordonnée, comme Alex Jones d'Infowars.com peut en témoigner. Alors qu'il maintient son site en ligne depuis près de vingt ans, vit en quelques jours ses comptes YouTube, Apple, Facebook et Twitter disparaître, une information qui fut relayée même sur des médias francophones.

Les imbéciles justifieront la mise au pilori en disant qu'Infowars.com est un site "controversé". Il est incontestable que l'approche de l'information du site fait la part belle au sensationnalisme, mais cela ne justifie en rien une censure - censure qu'aucun major ne songerait à appliquer à un site de propagande d'extrême-gauche comme Mother Jones, coutumier des mêmes dérives. Et au vu de leur track record depuis deux ans, Infowars.com est un site bien plus fiable que peuvent l'être CNN ou le New Work Times...

La vague est tellement vaste qu'elle cible tout azimut - même des individus parfaitement respectables, même des candidats républicains officiels dans le cadre de leur campagne électorale, ce qui pose de sérieuses questions sur l'information démocratique du public.

En Suisse et en Europe de l'Ouest, où les citoyens dorment paisiblement, la bataille pour la réinformation n'a même pas commencé - et au vu du degré d'apathie entretenu au sein de la population, elle ne commencera peut-être jamais. Mais aux États-Unis, elle fait rage. Il n'est d'ailleurs pas sûr que les majors la remportent ; depuis sa mise au ban, Infowars.com est en train de susciter un intérêt démesuré de la part du grand public, selon le bien connu Effet Streisand. Bien malin qui peut dire comment tout cela se terminera. Nous en aurons sans doute un aperçu lors des élections de mi-mandat aux USA, où les Démocrates font feu de tout bois pour reprendre une majorité parlementaire.

Tant que les GAFA resteront massivement engagés à gauche, la bataille restera inégale. En attendant, en matière de pluralisme des médias et de liberté d'expression, l'Occident ne se comporte pas mieux que les régimes totalitaires dont il se permet régulièrement la critique.

19 juillet 2018

Football et politique

La Coupe du Monde s'est achevée avec la victoire de la France contre la Croatie, mais dans deux pays impliqués dans la compétition, la France et la Suisse, plusieurs polémiques subsistent.

La France, deuxième étoile et gueule de bois

La victoire de 2018 n'a clairement pas le même goût que celle de 1998. Pour tous ceux qui ont pu vivre les deux événements, le constat apparaît comme une évidence. Il y a de nombreuses raisons à cela. La France partait largement favorite dans la finale, et n'en faisait même pas mystère. Le jeu mis en place par l'entraîneur Didier Deschamps sacrifiait le jeu spectaculaire sur l'autel de l'efficacité. De très nombreuses équipes favorites - Brésil, Portugal, Espagne, Allemagne - furent éliminées bien plus tôt que ce que leur réputation présageait, diminuant l'attrait des "affiches" à défaut de celui des enjeux. Mais surtout, la France ne fit que répéter un exploit déjà accompli. C'est une triste loi de l'existence, mais aucune répétition ne peut avoir la même force que l'original.

emeutes_france.pngLa communion avec le public sur les Champs-Élysées, de 4 heures en 1998, n'aura cette fois-ci duré que 12 minutes, laissant des milliers de supporters frustrés.

Le soir même de la victoire, des émeutes, des saccages et des incendies de véhicules gâchèrent la fête dans plusieurs villes de France - Paris, Lyon, Marseille - laissant près de 300 personnes en garde à vue, 45 policiers blessés, et d'innombrables déprédations. De nombreuses femmes avouèrent avoir subi des agressions sexuelles dans la rue.

Le Président Macron tenta bien une récupération politique de la bonne humeur générale, mais jusqu'ici sa tentative semble échouer:

L’épopée victorieuse de l’équipe de France de football n’a (...) pas produit d’effet sur la popularité d’Emmanuel Macron, jugé « bon président » par seulement 39 % des personnes interrogées, en baisse de deux points depuis fin juin. « La victoire de 2018 n’aura donc pas du tout eu le même effet pour la popularité d’Emmanuel Macron que la victoire de 1998 pour celle de Jacques Chirac (+7 points à BVA et à l’Ifop en un mois) », note [l’institut de sondage Odoxa].


En bien entendu, l'euphorie va aller s'amenuisant alors que la rentrée se profile. Nombre de Français réalisent que la victoire ne leur a apporté qu'une voiture réduite à l'état de carcasse et des commerces pillés. Loin de la célébration unanime attendue et espérée, la Coupe du Monde aura démontré les failles profondes entre les factions antagonistes de la société française et l'impuissance des pouvoirs publics à maintenir l'illusion du contrôle.

Le footballeur, sa technique, sa couleur de peau, son ethnie

Une autre polémique eut trait à la composition de l'Équipe de France. Beaucoup craignaient un retour de la fameuse France "black-blanc-beur" de 1998, une propagande en faveur du multiculturalisme aussi subtile qu'un rouleau-compresseur ; mais l'équipe de France de 2018 est bien plus "black-blanc", la composante "beur" étant réduite à sa plus simple expression.

Afrique-foot.png

La sélection tricolore n'a pas grand-chose à voir avec la composition ethnique du pays dont elle est théoriquement issue: "sur les 23 joueurs retenus par le sélectionneur Didier Deschamps, pas moins de 16 joueurs sont originaires d’Afrique, dont 2 du Maghreb", rappelle un quotidien... du Burkina Faso.

"Si vous [doutez de la force de la diversité], demandez à l’équipe de France de football qui vient de gagner la Coupe du monde. Tous n’ont pas l’air Gaulois à mes yeux… mais ils sont Français. Ils sont Français!" -- Barack Obama, depuis Johannesburg


La singularité que représente l'Équipe de France est donc repérée au-delà des frontières de l'Hexagone, en bien ou en mal. Les journaux africains - mais pas seulement - sont ainsi nombreux à s'en émouvoir, considérant celle-ci comme "la sixième équipe africaine" dans la compétition. Un média du Mali relève diverses réactions sur le sujet partout dans le monde:

L'ancien joueur et sélectionneur de la Croatie Igor Stimac [s’est] faussement interrogé sur Facebook : « Quelqu’un sait contre qui exactement on joue la finale ? »

« Nous affrontons la République Française et le continent africain », a-t-il renchéri dans une interview à l’agence de presse turque Anadolu. « Donc d'un côté ce sont les 11 meilleurs, les plus talentueux, parmi un milliard de personnes, et de l’autre, nous sommes quatre millions [de Croates]. »

Au lendemain de la finale, le quotidien italien Corriere della Sera a évoqué « la France pleine de champions africains mêlés à de très bons joueurs blancs, et une équipe de blancs seulement au carrefour de trois grandes écoles de football, l’allemande, la slave et l’italienne ». (...)

De son côté, le président vénézuélien Nicolas Maduro a salué une « victoire de l’Afrique ». L’héritier d’Hugo Chavez s’en est servi pour appeler à « en finir avec le racisme contre les peuples africains en Europe ».


Ces polémiques raciales sont absurdes. Il serait évidemment vain de démontrer une quelconque supériorité de l'Équipe de France à travers sa composition ethnique - non seulement parce que des pays avec des équipes nettement plus homogènes s'en sont très bien sortis, à commencer par la Croatie parvenue jusqu'en finale, mais aussi parce que tous les pays africains se sont fait très vite éliminer de la compétition. Cependant, le débat montre l'importance des questions de couleur de peau dans le monde entier.

La Suisse et son équipe de papier

Les questions de passeport font toujours des vagues de ce côté de la frontière, la sincérité du sentiment patriotique étant un sujet supplémentaire. Les Suisses eurent longtemps l'occasion de ressasser leur courte participation à la Coupe du Monde 2018. Le scandale arriva lors d'un match contre la Serbie à Kaliningrad, où des joueurs suisses originaires du Kosovo célébrèrent le but en faisant le signe de l'aigle albanais.

aigle_albanie.jpg

Disons-le tout net, dans un match avec de tels enjeux, pareil comportement de la part de joueurs professionnels expérimentés est totalement consternant.

Les médias helvétiques firent immédiatement profil bas, à l'inverse de quelques rares politiciens qui osèrent protester publiquement comme Nathalie Rickli. La Conseillère nationale UDC tweeta en toute sincérité "Je ne peux pas vraiment me réjouir. Les deux buts n'ont pas été marqués pour la Suisse, mais pour le Kosovo", déclenchant une avalanche de réactions dans les deux sens.

Cette victoire de la Suisse ne fut pas du goût de tout le monde: à Zurich, des fans serbes attaquèrent un homme de 32 ans et brulèrent un drapeau du... Kosovo. Message reçu.

Malheureusement pour des médias suisses faisant de leur mieux pour minimiser l'affaire, celle-ci remonta de façon automatique à la FIFA, toute manifestation politique à l'issue d'une célébration de but étant interdite. Granit Xhaka, Xherdan Shaqiri et le capitaine (!) Stephan Lichtsteiner risquaient jusqu'à deux matches de suspension. Ils écopèrent finalement d'une amende, payée par une communauté albanaise reconnaissante.

La polémique trouva un rebond inattendu lorsque le secrétaire de l'ASF, l'Association Suisse de Football, souhaita ouvrir le débat sur la question de la double-nationalité de beaucoup de joueurs helvétiques:

Les gestes jubilatoires de joueurs portant le maillot suisse mais exprimant leur solidarité à l'Albanie et les discussions qui ont suivi, montrent qu'il y a un problème, affirme Alex Mischer lors d'un entretien avec le Tages-Anzeiger. Doit-on demander aux joueurs binationaux de renoncer à leur autre passeport?

C'est ce que propose en tout cas l'ASF vendredi. Et si elle lance cette idée, explique son secrétaire général, c'est qu'elle veut en examiner l'écho auprès de la population. Si tout le monde juge qu'il s'agit d'une idée fumeuse, alors la question sera réglée, explique Alex Miescher. Mais afin d'apaiser les esprits, le sujet doit être abordé.


Las! Le sujet ne fut pas "abordé", même pas pour être qualifié d'idée fumeuse. À la place, le secrétaire eut droit à un lynchage médiatique en règle. Il avait enfreint un tabou.

Et peu importe qu'au milieu de sa crucifixion en place publique, l'ASF demande tout de même "comment gérer le fait que les footballeurs juniors binationaux, après avoir été financés par l'ASF, quittent l'équipe nationale suisse." Le débat sera abordé plus tard... Jamais, par exemple.

En attendant, tout le monde profite des vacances, dont Granit Xhaka, un des footballeurs responsable de la polémique, qui envoya une petite photo sur son compte Instagram:

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"Je perçois [l'idée] que les binationaux ne seraient pas prêts à aller au bout d'eux-mêmes pour la Suisse. Ça me touche directement moi et un certain nombre d'autres joueurs avec deux nationalités", avait-il expliqué, légèrement agacé, dans une interview à l'ATS. Paroles contredites par la publication de ce genre de photo, revenant à en jeter un jerrican d'essence sur le feu en espérant que la polémique s'éteigne...

Que devrait représenter une équipe nationale? Le reflet d'un peuple? Des types sans racines mais au bénéfice d'un passeport, bien qu'incapables de chanter l'hymne de leur pays? Des mercenaires capables d'arracher des victoires et peu importe le reste? Des patriotes sincères, et tant pis s'ils perdent leur match? Chacun aura son idée sur la question, mais il serait trop facile de défausser les opinions d'autrui d'un revers de la main.

Malgré le mépris affiché par les médias et les autorités, le débat est bel et bien ouvert.

15 juillet 2018

Trump fait le ménage à l'international

Donald Trump renverse l'échiquier politique traditionnel - et pas que dans les affaires intérieures de l'Amérique. Le Président républicain apporte aussi son franc-parler et son implacable logique dans le domaine de la diplomatie, bousculant de nombreux "consensus internationaux" où ceux-ci s'exprimaient avant tout au détriment des États-Unis.

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Prenons trois récents événements pour mieux comprendre.

G7

En juin, le G7 était pour Trump l'occasion de faire voler en éclat le protectionnisme dont se parent tous les partenaires commerciaux des États-Unis pour se protéger d'eux - ou à les prendre à leur propre piège. Car contrairement à ce que clament les journaux de façon particulièrement mensongère, Trump n'est pas un adepte du protectionnisme mais tout le contraire. En revanche, il est très à cheval sur un principe de base de toute relation saine, qu'elle soit commerciale ou autre: la réciprocité.

Ainsi, Trump proposa en ouverture du G7 la fin totale des tarifs douaniers. Stupeur chez ses partenaires! Tous taxent bien davantage les produits américains que les Américains ne taxent les produits européens - lorsqu'ils ne sont pas carrément interdits à l'aide de réglementations discriminatoires.

« Pas de tarifs douaniers, pas de barrières – c’est ainsi que cela devrait être. Et pas de subventions. C’est la solution ultime. Je ne sais pas si cela fonctionnerait ou pas, mais j’ai proposé [cette solution] », a déclaré le président Trump lors de sa conférence de presse à Québec samedi avant son départ pour Singapour.

« En d’autres termes, disons par exemple que le Canada à qui les États-Unis paient d’énormes droits de douane sur les produits laitiers par exemple – 270%, personne ne le sait -… nous ne voulons rien payer. Pourquoi devrions-nous payer ? »

« En fin de compte, a ajouté le président aux membres du G7, c’est ce que vous voulez – vous voulez une [zone] exempte de droits de douane, vous ne voulez pas de barrières et vous ne voulez pas de subventions, parce qu’il y a des cas où des pays subventionnent des industries et ce n’est pas équitable. »


Tous les médias ont menti de façon éhontée en présentant Trump comme le méchant "protectionniste" face aux gentils "libre-échangistes", alors que c'est exactement l'inverse. Les voitures américaines, par exemple, subissent une taxe à l'importation de 10% en arrivant en Europe, alors que celles importées aux USA ne souffrent que de 2,5%. Les médias sont prompts à parler d'une situation inverse pour les camions, par exemple, mais vous ne verrez jamais aucun truck américain sur les routes européennes simplement parce que des règlements sur la longueur maximale des cabines les empêchent de circuler dans nombre de pays du Vieux Continent! Les droits de douane ne sont pas tout...

Face à leur refus catégorie - "des produits américains chez nous, quelle horreur!" - Trump a pris les partenaires du G7 à leur propre jeu: introduire des taxes équivalentes à l'importation, jusqu'à ce qu'ils baissent les leurs. Les journalistes et les politiques furent nombreux à paniquer, mais ne croyez pas une minute que leur panique concerne la bonne santé de l'économie américaine ; ils s'effraient pour celle de l'Europe parce qu'ils savent bien qu'elle a beaucoup plus à perdre que les Américains dans un conflit commercial.

Nous verrons donc où conduit le jusqu'au-boutisme des leaders européens pour préserver leur protectionnisme face au libre-échange demandé par Trump, lequel refusa par ailleurs de s'avilir à la pantalonnade de lieux communs du "communiqué final" où on aurait ressorti de la naphtaline les Accords de Paris. Donald Trump ne voit aucun intérêt à préserver des apparences creuses!

Otan

La récente tournée de Donald Trump en Europe donna à nouveau l'occasion au Président américain de mettre ses hypocrites partenaires face à quelques vérités bien senties. Les chiffres sont implacables:

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Dépenses des pays membres de l'OTAN en valeur absolue et en pourcentage de leur PIB
(source Statista)

Hormis le Royaume-Uni et les États-Unis, aucun pays membre de l'alliance n'en respecte les termes, qui demandent de contribuer à sa défense nationale à hauteur de 2% du PIB. Tout d'un coup, monter artificiellement celui-ci à coup de de drogue et de prostituées ne paraît plus une très bonne idée...

Il ne fait absolument aucun doute que les pays membres profitent des dépenses militaires américaines pour "lever le pied" au profit d'autres priorités, dirons-nous, et n'avoir que des ersatz d'armée:

"Avec 32 milliards de budget, l’armée française ne peut plus faire face à sa mission de défense et de protection de la nation. A titre de comparaison, la France consacre 730 milliards à son budget social." -- Général de Villiers, Servir


Mais Trump va plus loin et met l'Allemagne face à ses contradictions: l'Allemagne rogne sur sa défense mais verse des milliards à la Russie au nom de sa dépendance énergétique au gaz naturel. Elle se place en situation de faiblesse stratégique face à un pays potentiellement hostile - et face à la dangerosité duquel l'OTAN fut créé!

Malgré les glapissements d'une presse servile hurlant au génie, Angela Merkel ne répondit rien, parce qu'il n'y avait rien à répondre. Trump avait parfaitement raison. Et il aurait encore pu étriller les fausses promesses d'énergie renouvelable et de transition énergétique chantées par les écologistes, mais eut la bonté d'âme de s'abstenir.

Au final, Trump mit en garde ses alliés de monter leurs dépenses militaires aux 2% requis pour être membres de l'Alliance, pas en 2024, maintenant. "L'Allemagne est un pays riche. Elle peut augmenter sa contribution dès demain sans problème", affirma-t-il. Il suggéra même plus tard de monter la contribution à 4% pour tout le monde.

À ce stade, nul ne sait de quels effets sera suivi ce recadrage, mais si les Européens font la sourde oreille, il serait intéressant de voir si Trump ira jusqu'à remettre en cause leur appartenance à l'OTAN. Cela les amènerait immanquablement à réviser leurs budgets militaires à la hausse, étant entendu qu'ils ne seront plus sous la protection des États-Unis. Un choix perdant-perdant donc pour ceux qui se contentaient de vivre sous la protection du "grand frère" américain sans bourse délier.

Brexit

La visite en Angleterre du Président Américain fut l'occasion d'autant de nouvelles controverses et d'autant de nouveaux mensonges. Les médias ne firent que s'étendre sur les protestations anti-Trump livrées par des gauchistes méprisant la démocratie. Le Sun se fit l'écho d'une interview dans laquelle Trump aurait démoli l'accord que préparait Theresa May avec l'Union Européenne:

Donald Trump a douché les espoirs de la Première ministre britannique Theresa May: il n’y aura pas d’accord de libre-échange avec Washington si elle maintient une relation économique étroite avec l’UE après le Brexit, un nouveau coup de canif à la «relation spéciale» avec Londres.

«S’ils font un tel accord, nous traiterions avec l’Union européenne au lieu de traiter avec le Royaume-Uni, cela tuera probablement l’accord» que Londres souhaite ardemment conclure avec Washington, a-t-il prévenu dans une interview accordée au tabloïd britannique à grand tirage The Sun.


La bonne entente entretenue entre les deux chefs de gouvernement n'en paraissait que plus hypocrite, mais malheureusement pour les médias, Trump dénonça l'interview comme des fake news, tout en rajoutant qu'il en détenait l'enregistrement. Mme May le savait et ne lui en tint pas rigueur - une attitude d'autant plus compréhensible qu'il aurait été étrange, à ce stade des négociations, d'intervenir sur le contenu d'un texte auquel l'UE n'a encore même pas répondu. Mais le Sun choisit de ne sortir que quelques fragments sélectionnés de l'interview pour faire endosser à Trump un discours qu'il n'a pas tenu, passant par exemple sous silence toutes les propos positifs qu'il put tenir sur May.

Le fait est que Trump respecte la démocratie - infiniment plus qu'un Barack Obama qui vint à Londres tancer les Anglais pour leur demander de rejeter le Brexit, s'immisçant directement dans une campagne référendaire en cours et prétendant que le Brexit mettrait le Royaume-Uni "en dernière position pour négocier des accords commerciaux."

Mais là, nul dirigeable en forme de Barack Obama pour flotter au-dessus de manifestations anglaises... Quoiqu'une manifestation pro-Trump eut aussi lieu à Londres, où le maire eut aussi droit à son ballon. Allons, il n'est pas possible que les médias n'en aient pas parlé?

Conclusion

Les contempteurs de Donald Trump auront pendant longtemps encore la dragée haute dans les médias et au sein des élites installées, intimant aux peuples de haïr le Président américain sur commande pour les aider à maintenir le statu-quo. Mais l'Amérique de Trump porte des coups de boutoir à celui-ci. Les murs de la forteresse se fissurent peu à peu, comme en témoigne l'émergence de nouveaux mouvements politiques, évidemment dénigrés comme "populistes" ou "d'extrême droite" par la presse aux ordres.

Qu'on ne s'y trompe pas: le changement de paradigme est antérieur à Trump, et le Président américain n'est qu'un nouvel avatar de ce phénomène. Mais c'est clairement aux États-Unis que la vague de cette nouvelle révolution conservatrice est la plus haute, permettant au trublion d'accéder à des sphères d'influence normalement interdites à ces gens-là.

La présence de Trump dans les plus hautes sphères du pouvoir est désastreuse pour l'oligarchie, puisqu'elle permet la confrontation des discours à un niveau jusqu'ici inégalé. Il n'est pas possible de défausser d'un revers de la main les paroles d'un Président américain en prétextant de son prétendu "extrémisme" ou de son "populisme" comme les dirigeants le feraient pour n'importe quel politicien ou même chef d'État de moindre envergure. Il faut y répondre. Mais face à Trump, que peut un ivrogne comme Jean-Claude Juncker? La langue de bois, érigée au rang d'art de l'enfumage par la classe politique, montre rapidement ses limites.

Trump sonne les cloches de la fin du diplomatiquement correct, contribuant à réveiller les peuples européens endormis.

16 mai 2018

Iran: la phrase qui change tout

Depuis le retrait américain de "l'accord nucléaire", les Européens se battent comme des lions aux côtés des Iraniens pour tenter de sauver le traité. Aucun voyage diplomatique n'est de trop, aucune promesse n'est excessive si elle peut permettre de faire perdurer le texte.

Une diplomatie qui tourne dans le vide, mais à plein régime

Quel sens le JCPOA (selon l'acronyme du traité qui prétend mollement empêcher l'Iran de fabriquer sa bombe) garde-t-il sans les États-Unis? Ce n'est pas une question rhétorique, mais la simple constatation d'un problème pratique, politique et surtout, économique.

Derrière un titre fort et volontariste en forme de plaidoyer ("Les Européens et l'Iran s'engagent à sauver l'accord nucléaire") un journaliste du Temps fait de son mieux pour faire vivre l'espoir.

«Nous cherchons des solutions pratiques pour permettre à l’Iran de continuer ses ventes de pétrole et de gaz, poursuivre ses transactions bancaires, maintenir les liaisons aériennes et maritimes, lui assurer des crédits à l’exportation et faciliter les investissements», a détaillé la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.


Ensuite, figure de style obligatoire, on donne corps à des fantasmes en s'en prenant aux méchants, méchants États-Unis de Donald Trump. Ils essaieraient, en bons impérialistes yankees, d'imposer leur loi au monde. Le nouveau mot-clef introduit pour l'occasion est l'extraterritorialité, 76 points au Scrabble, placé par Boris Johnson, soutenu par le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian et leur homologue allemand Heiko Maas.

L'idée derrière "l'extraterritorialité" est que les États-Unis imposeraient des sanctions au-delà de leur territoire, donc de leur juridiction. Une accusation aussi gratuite que pétrie de mauvaise foi (aucun représentant américain ne sera interviewé pour apporter le moindre contrepoint) et qui vient à point nommé pour préparer l'inévitable échec de toutes ces démarches.

Il s'agit moins d'un problème juridique d'extraterritorialité inventé de toute pièce que de la simple interdépendance des économies occidentales, ce que les politiciens admettent eux-mêmes à demi-mot:

Le cas Airbus est emblématique de la complexité du dossier iranien. L’avionneur est en effet pris en otage (sic) à double titre par la décision de Donald Trump, prise le 12 mai, de se retirer de l’accord conclu avec Téhéran. Premier problème: ses financements, qui impliquent des banques américaines. Deuxième problème: la vulnérabilité technique de ses appareils. Des milliers de composants fabriqués aux Etats-Unis sont utilisés sur chaque Airbus commercialisé. Impossible, dès lors, de poursuivre la production d’avions à destination de l’Iran.


Les Américains n'imposent rien à personne, ils sont seulement cohérents. Si l'Iran fabrique sa bombe, c'est un ennemi, et on ne commerce pas avec l'ennemi, ni avec ceux qui le font. Les Européens (et les Suisses d'ailleurs) sont parfaitement libres de commercer avec l'Iran, autant qu'ils veulent. Mais alors ils devront renoncer à faire commerce avec les États-Unis. Si tout le monde se plaint ces derniers jours, c'est qu'ils veulent le beurre et l'argent du beurre: l'accès au marché iranien (si possible débarrassé de leurs concurrents américains, ne boudons pas notre plaisir) et l'accès au marché américain.

Du nucléaire, nulle question. Des mensonges iraniens dévoilés par Israël, aucune mention. La bombe atomique n'existe plus. Et on s'interroge: pourquoi les Européens se démènent tant pour préserver l'accord? L'amour de la paix, on repassera. Les raisons économiques valent un moment, mais deviennent absurdes dès lors que la poursuite du traité risquerait de faire perdre aux entreprises, aux États-Unis, plus que ce qu'elles ont à gagner en Iran.

Il y a anguille sous roche.

Une phrase sibylline qui remet les choses en perspective

Le dossier iranien est rempli de mystères, dont la récente agitation des Chancelleries européennes n'est que le dernier avatar. Il y a des histoires d'espionnage et des révélations, comme celles faites par Israël récemment. Il y la démission surprise du Chef des inspections nucléaires de l'ONU sans explication, quelques heures après l'annonce de Trump de retirer les États-Unis du traité. Il y a John Kerry, négociateur en chef pour l'Administration Obama, qui multiplie les voyages en Iran et monte une véritable diplomatie parallèle pour expliquer qu'il faut courber l'échine pendant l'orage Trump et que les affaires reprendront bientôt. Il y a Obama qui fit livrer 400 millions de dollars par avion militaire - en cash s'il vous plaît, chargés sur des palettes! - en août 2016, simultanément à la libération de quatre otages américains.

"Rançon!" avaient alors hurlés les adversaires du Président démocrate. Mais si la libération des otages elle-même avait été une couverture pour quelque chose d'autre? Alors qu'ils détestent les États-Unis et ne font quasiment pas d'affaires en dollars, pourquoi le régime iranien aurait-il eu besoin de centaines de millions en coupures livrées par avion?

Et si cet argent n'avait pas été envoyé en Iran pour y rester, mais se retrouver dans les poches de quelqu'un d'autre?

Une phrase vient donner poids à cette hypothèse - une simple phrase prononcée par Hossein Jaberi Ansari et rapportée par plusieurs sites (mais aucun média mainstream en Occident, pour d'évidentes raisons). Hossein Jaberi Ansari est le porte-parole du Ministère des affaires étrangères iranienne. Il avertit simplement ses homologues européens:

"Si les Européens cessent le commerce avec l'Iran et ne mettent pas la pression sur les États-Unis, alors nous révélerons quels politiciens occidentaux ont reçu de l'argent, et combien, durant les négociations visant à établir l'Accord Iranien sur le nucléaire."

[“If Europeans stop trading with Iran and don’t put pressure on US then we will reveal which western politicians and how much money they had received during nuclear negotiations to make Iran Deal happen.”]


Voilà une petite phrase très intéressante, ne trouvez-vous pas?

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Hossein Jaberi Ansari, porte-parole du Ministère des Affaires Étrangères iranien, à la télévision

On comprend l'amertume des Iraniens si l'accord finit par capoter: tout l'argent versé l'aurait été en vain. Jusqu'ici, on peut dire que la phrase a été suivie d'effets. Les Européens font de leur mieux, de façon démonstrative même, pour montrer qu'ils ont à cœur de sauver les Accords de Vienne - et ce, même s'ils n'ont aucune chance. "Essayé, pas pu", voilà la stratégie qu'il leur reste.

Il serait amusant de voir les Iraniens mettre leur menace à exécution, permettant de révéler le degré de corruption de nos élites dirigeantes. Un bénéfice supplémentaire de l'intransigeance de M. Trump...

Finalement, il se pourrait bien que ce dessinateur de presse ait vu tout juste depuis le début:

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09 mai 2018

Le traité iranien passe à la trappe

Trump rejette le pseudo traité de non-prolifération négocié avec l'Iran sous l'ère Obama, et l'Histoire s'écrit.

À quoi joue Trump ?, Le bulldozer Trump biffe l'accord iranien, Iran : une décision absurde aux effets déstabilisateurs, Donald Trump n'a pas de plan B, Et pourtant les généraux soutenaient l'accord sur le nucléaire iranien... Voilà quelques-uns des titres des articles de presse du lendemain du 8 mai, tous sortis du même tonneau. La même antienne servie par toutes les chancelleries, tous les ministres des affaires étrangères, tous les Premiers Ministres, tous les Présidents.

À les entendre, et il est difficile d'entendre autre chose tant leur voix écrase les autres, Trump est irrationnel, fou, imprévisible, et sa décision l'est tout autant. Mais il y a d'autres explications possibles, par exemple qu'ils mentent ou se trompent. Je penche pour cette approche, pour des raisons expliquées récemment.

Ils omettent par exemple de dire que le Traité de non-prolifération signé avec l'Iran en 2015 est tout sauf un traité de non-prolifération. En "échange" de la levée des sanctions internationales, l'Iran a obtenu:

  • Le droit de faire progresser la technologie de ses missiles balistiques, vecteurs indispensables pour projeter l'arme atomique à distance et menacer ainsi toutes les contrées à portée de tir, d'Israël aux États-Unis en passant par l'Arabie Saoudite et l'Europe ;
     
  • Le droit d'enrichir le minerai d'uranium sur son sol, ce qui est strictement interdit par le Traité international de Non-Prolifération nucléaire dont l'Iran était signataire avant que sa violation manifeste ne soit prouvée au grand jour ; [rappelons que les pays souhaitant disposer de nucléaire civil peuvent faire enrichir gratuitement du minerai d'uranium auprès des puissances nucléaires existantes]
     
  • Le droit de moderniser son parc de centrifugeuse, le traité limitant leur nombre mais pas leur puissance, permettant de décupler les capacités de production de matière fissile du pays tout en respectant le texte à la lettre ;
     
  • Le droit d'obtenir l'arme atomique officiellement en 2025, à l'épuisement du traité.

Difficile de parler de non-prolifération sans éclater de rire, si le sujet n'était si grave. Mais tous ces cadeaux obtenus sans contrepartie ne suffisaient pas encore aux mollahs. Il fallut l'intervention commando du Mossad en plein territoire iranien pour ramener les preuves que l'Iran continuait encore et malgré tout à enrichir de la matière fissile en vue d'un usage militaire, pendant les négociations et après la signature du traité. L'Iran n'a jamais, à aucun moment, considéré le texte diplomatique comme autre chose qu'une diversion.

L'Iran pourrait reprendre l'enrichissement, s'inquiètent aujourd'hui des éditorialistes. Leur inquiétude devrait plutôt venir de ce que l'Iran ne l'a jamais cessé.

Trump n'appartient pas à la sphère des politiciens professionnels de Washington. Il résista à l'incitation internationale lancée par les héritiers de Chamberlain, M. Macron et Mme Merkel. Il résista à la pression de ses rivaux politiques, des médias, des doctes analystes. Il resta sourd aux "bons conseils" de membres de sa propre équipe comme Rex Tillerson ou le général Flynn. Pourtant, les Républicains faisaient parfois preuve de plus de courage, en paroles en tout cas.

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Trump annonce qu'il sort les États-Unis du traité avec l'Iran (image: capture d'écran vidéo)

Armé de son bon sens et d'une transparence qui l'amena à aborder le sujet dès la campagne électorale, Trump annonça qu'il retirerait les États-Unis du traité signé avec l'Iran. Les seuls qui voient quelque chose d'imprévisible dans cette affaire sont nos médias, aveuglés par leur haine anti-Trump.

Les Européens gesticulent en affirmant qu'ils veulent "sauver" le traité. Ils n'ont rien compris. Les États-Unis ont tué le traité. Trump réinstalle unilatéralement les sanctions économiques américaines avec l'Iran. Trump ne peut pas empêcher quiconque de commercer avec l'Iran ; mais il peut empêcher ceux qui commercent avec l'Iran de commercer avec les États-Unis. Les vendeurs d'Airbus, de voitures, de téléphones portables et de matériel à usage potentiellement militaire vont devoir faire des choix. Commercer avec Téhéran, ou avec les États-Unis? Les deux seront exclusifs. Plus possible, comme aiment tant à le faire les Européens, de manger à tous les râteliers.

De la même façon, Trump n'est pas tombé dans le piège d'une "réforme" du traité. Celle-ci aurait volontairement traîné en longueur sur des années, largement plus qu'il n'en faut pour que l'Iran ne termine sa bombe. L'annonce surprise de sa décision le 8 mai - alors qu'il avait laissé entendre à plusieurs reprises qu'il se déciderai vraisemblablement le 12 - participe de cette stratégie de déstabilisation de l'adversaire. Selon certains analystes et les sous-entendus de responsables iraniens eux-mêmes, l'Iran pourrait n'être qu'à quelques semaines de l'assemblage d'une bombe nucléaire. À ce stade, chaque minute gagnée compte. Gageons que les satellites espion et les agents infiltrés sont sur la brèche, scrutant la réaction iranienne dans ses moindres détails.

L'avenir est toujours incertain face aux islamistes iraniens et à leurs rêves apocalyptiques. Une guerre reste possible. Mais en agissant comme il vient de le faire, Trump diminue le risque que cette guerre soit nucléaire.