07 février 2017

Réchauffement Climatique: la tricherie de trop

Dire que la Théorie du Réchauffement Climatique d'Origine Humaine traîne des casseroles serait très en-dessous de la vérité.

213423P_hockey_stcik_illusion.pngDepuis sa conception et sa révélation au Monde à travers la fausse Courbe en crosse de Hockey, après l'inexplicable réchauffement climatique de Mars (aucun rapport avec cette grosse boule de feu souvent aperçue dans le ciel), après le scandale du Climategate révélant l'ampleur de la fraude scientifique autour de la publication d'articles pro-réchauffement et l'impitoyable chasse aux sorcières réservée aux dissidents, après l'utilisation par le GIEC de propagande de Greenpeace comme matériel scientifique, après avoir lancé des dizaines de prévisions absurdes, il n'existe aucun exemple de théorie aussi discréditée par la controverse, la malhonnêteté et les scandales que le Réchauffement Climatique, mais gardant intacte son pouvoir de séduction auprès des médias et des grands de ce monde.

Mais toute chose a une fin et la dernière casserole attachée à l'attelage pourrait enfin stopper sa course folle.

Au tour de la NOAA

Le dernier scandale en date nous vient donc de la NOAA. La NOAA, pour National Oceanic and Atmospheric Administration, est devenue depuis des années un bastion américain du réchauffisme. Pour tout dire, la NOAA est l'organisme qui a tordu le cou à la fameuse "pause du réchauffement climatique" - une interruption de 17 ans du réchauffement, admise publiquement par nul autre que Rajendra Kumar Pachauri, président du GIEC en exercice en 2013. Sans doute un de ces odieux climato-sceptiques...

Bien peu diffusée dans les médias, cette longue pause du réchauffement mettait à mal des modèles climatiques régulièrement ridiculisés mais risquait surtout d'éteindre l'hystérie collective autour du réchauffement, et à travers elle ses riches débouchés politiques. Heureusement, la NOAA vint à la rescousse: les données avaient été mal lues! Le réchauffement était toujours là!

Malgré le grotesque de la thèse, nos médias pétris d'intégrité scientifique la reprirent comme un seul homme. Ils purent donc révéler au grand public que la pause de 17 ans du réchauffement climatique qu'ils avaient cachée jusque-là avec la dernière énergie était finalement du flan. On pouvait enfin se remettre à paniquer, comme avant. Le Monde, fidèle à sa tradition "d'information", alla jusqu'à clamer que la pause du réchauffement n'était rien d'autre qu'une invention de ces affreux négationnistes du changement climatique!

Juste avant les accords de Paris, le timing tombait pile. Le réchauffement climatique avait eu chaud... À ceci près que la NOAA avait honteusement trafiqué ses résultats pour parvenir à ses conclusions.

réchauffement climatique,mensonges,manoeuvres politiquesNous le savons aujourd'hui grâce au témoignage d'un lanceur d'alerte interne à l'organisation, le Docteur John Bates, un scientifique de haut niveau de la NOAA à l'intégrité et à la réputation irréprochables. Celles-ci furent d'ailleurs récompensées en 2014 par l'obtention d'une médaille d'or, décernée par l'Administration Obama, pour son travail dans l'élaboration des procédures concernant la préservation des données liées au climat.

Le Dr Bates décida de briser le silence face à des manipulations inqualifiables, révélant le pot-aux-roses à des journalistes. En résumé:

  • Un article scientifique majeur [Karl et al 2015] exagéra le réchauffement climatique.
  • Cet article fut publié dans Science avec empressement dans le but d'influencer les Accords de Paris sur le changement climatique.
  • La NOAA enfreignit ses propres règles pour permettre son élaboration.
  • L'article, proclamant que la "pause du réchauffement" n'a jamais existé, repose sur des données trompeuses et non vérifiées.

Dans une interview sur un blog, le Dr Bates décrivit plus précisément le processus de perversion de la science:

Graduellement, dans les mois suivant la publication, les preuves s'accumulèrent montrant que Tom Karl avait constamment "un doigt sur le plateau de la balance" - dans la documentation, les choix scientifiques, la diffusion des jeux de données - dans le but de discréditer la notion de parenthèse dans le réchauffement climatique. Il força une diffusion publique à la hâte de l'article pour influencer les délibérations nationales et internationales sur la politique climatique.


Tom Karl obtint de fructueuses discussions avec John Holdren, le Conseiller pour la Science de Barack Obama. Mais il tricha à de nombreuses reprises lors de l'élaboration de son article. Il mélangea des données fiables de bouées marines avec des données de navires, non fiables et plus chaudes à cause de leur moteur, pour faire monter la température océanique ; il ignora des données satellites n'allant pas dans son sens ; il utilisa pour analyser ses données une version du logiciel GHCN connue pour être tellement boguée qu'elle ne donnait pas un résultat identique d'une fois à l'autre à partir des mêmes données initiales ; et finalement, il fit disparaître l'ordinateur sur lequel ses résultats furent établis, violant ainsi non seulement les directives de la NOAA mais également le protocole de la revue Science.

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La courbe des températures de l'article erroné (en rouge) contre la courbe des températures vérifiées (en bleu). Notez l'exagération de 0,2° C rien que pour l'année 2016.

Fouillant davantage dans le dossier, le Daily Mail découvrit que non seulement la NOAA publia un article profondément erroné, mais tenta de cacher la vérité pour empêcher la découverte de la supercherie:

Après la publication de l'article scientifique, le Comité des Sciences de la Chambre des Représentants des États-Unis lança une enquête sur ses allégations concernant l'absence de pause dans le réchauffement. La NOAA refusa de se soumettre aux injonctions de fournir les e-mails internes formulées par le président du comité, le républicain Lamar Smith du Texas, et mentit en proclamant que personne à l'interne n'avait levé le moindre soupçon concernant la publication.


M. Smith remercia le Dr Bates pour "s'être courageusement porté volontaire pour dire la vérité sur les dirigeants de la NOAA jouant de façon irresponsable avec les données afin d'appuyer des conclusions politiques prédéterminées."

La tricherie de trop

Ironiquement, le Docteur John Bates sortit de sa réserve lorsqu'il vit fleurir des articles s'inquiétant de la préservation des données scientifiques du réchauffement climatique sous l'administration Trump - alors même qu'il avait été témoin de leur compromission éhontée sous la surveillance de l'administration Obama.

Cela ne pourrait être qu'une banderille de plus plantée sur le taureau du réchauffement climatique, mais maintenant que Donald Trump est dans l'arène, le moment est particulièrement mal choisi. Comme l'explique James Delingpole, le nouveau Président des États-Unis dispose désormais d'une opportunité en or pour lancer le grand ménage.

Trump est maintenant dans la position parfaite pour demander à tous les corps scientifiques étudiant le climat et recevant des fonds du gouvernement (c'est-à-dire tous) de rendre leur code et leurs données accessibles au public. Cela signifiera que toutes les manipulations de données à la NASA et à la NOAA seront finalement exposées à la vue du monde - rendant impossible aux propagandistes du réchauffement l'utilisation du bon vieil appel à l'autorité "Mais les experts de la NASA et de la NOAA disent..." Et dans un futur maintenant proche, ces faux experts de la NASA et de la NOAA devront se chercher de nouveaux boulots, remplacés par des scientifiques intègres qui, eux, suivent scrupuleusement la méthode scientifique.

L'ironie sera particulièrement savoureuse pour tous ces climato-sceptiques honnêtes qui, au cours des dernières décennies, ont été qualifiés "d'anti-scientifiques" pour avoir remis en question le consensus du réchauffement climatique.


James Delingpole termine son analyse en citant Michael Crichton: "Un consensus scientifique n'existe pas. Soit c'est un consensus et ce n'est pas de la science, soit c'est de la science et ce n'est pas un consensus. Point."

On ne saurait mieux conclure.

30 janvier 2017

Dix jours de Donald Trump

Il n'aura fallu que dix petits jours au nouveau président républicain des États-Unis pour complètement changer l'orientation de l'administration américaine. Fidèles à leur ligne de conduite, les médias se concentrèrent sur des peccadilles comme la popularité de son inauguration ou le fait que Trump n'ait pas salué les journalistes en embarquant dans Air Marine One, alors que le vrai changement était ailleurs, dans les Executive Orders.

Les Executive Orders sont des décrets que le Président signe pour donner une orientation à son gouvernement, ou légiférer dans les domaines qui relèvent de sa responsabilité directe comme la politique migratoire. Barack Obama en usa et en abusa alors qu'il essayait de forcer sa politique malgré l'obstruction d'un Congrès tombé aux mains des Républicains, mais Donald Trump promit au cours de sa campagne d'y mettre bon ordre en les annulant lorsqu'il parviendrait au pouvoir.

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En réalité, il fit bien davantage. Joignant le geste à la parole, Donald Trump signa trois Executive Orders dès le jour de son inauguration. Ils furent suivis de nombreux autres - et auront bien plus de conséquences sur la marche des États-Unis que les sujets choisis par les médias pour critiquer la présidence Trump.

Parmi les nombreux Executive Orders de ces derniers jours, citons:

  • Un décret visant à "diminuer la charge économique" de l'Obamacare. Celui-ci fut le premier signé par Trump et une importante promesse de campagne. Ce décret ouvre la voie à une refonte de l'Obamacare, sur laquelle travaille désormais le Congrès à majorité républicaine.
  • Le gel de toute nouvelle réglementation.
  • Le retrait des États-Unis du TPP (le Partenariat Trans-Pacifique), un traité de libre-échange négocié par Obama avec 11 pays de la zone Asie-Pacifique mais pas encore ratifié par le Sénat. Donald Trump annonça que les accords de libre-échange avec les États-Unis se négocieraient désormais pays par pays.
  • La relance de la construction des pipelines terrestres Dakota Access et Keystone XL bloqués par Obama pour des raisons idéologiques.
  • Une demande pour un examen rapide des impacts environnementaux des projets d'infrastructure prioritaires. Donald Trump constate que des projets "ont été régulièrement et excessivement retardés par des processus et des procédures d'agences gouvernementales" et demande au responsable que ces examens soient désormais assortis d'un délai.
  • Une revue des régulations domestiques. Le Secrétaire du Commerce devra contacter des intervenants pour réviser l'impact des règlements fédéraux sur le secteur industriel, dans l'objectif avoué de les simplifier et de rendre leur application plus rapide.
  • Une remise en question de la politique migratoire et de la gestion des frontières, ceci couvrant la poursuite de la construction du Mur avec le Mexique (dont 1'050 kilomètres existent déjà, réalisés en partie sous Obama d'ailleurs, et sur lesquels les médias s'étendent fort peu) ainsi que la création de postes de gardes-frontières, de places de prison, et un examen des subventions et aides accordées au Mexique durant les cinq dernières années.
  • La reprise des mesures contre les immigrants illégaux, orientée en priorité contre les immigrants inculpés ou avec un casier judiciaire ; l'embauche de dix milles agents fédéraux pour l'immigration ; le retrait des financements fédéraux aux "villes sanctuaires" refusant d'appliquer la législation ; des sanctions pour les pays refusant de reprendre leurs ressortissants expulsés ; et une liste des crimes commis par les immigrés illégaux sur le territoire américain. Reprenant un de ses thèmes de campagne, le Président demande la création d'un "bureau des victimes de crimes d'immigrés illégaux" capable de livrer des statistiques détaillées de ces crimes et de fournir une aide adéquate et efficace aux victimes.
  • La réévaluation du programme de visa et d'accueil de réfugiés, avec la diminution du nombre de réfugiés accueillis sur le sol américain, l'interdiction d'entrée pour les ressortissants de sept pays jugés dangereux pour les États-Unis, et notamment l'interdiction d'accueil de tout nouveau réfugié syrien.

Le dernier décret est celui qui fait couler le plus d'encre en Europe, mais il n'est qu'une modeste décision parmi des dizaines d'autres. Comme d'habitude, nos médias mélangent tout, parlant d'acte "antimusulman" alors que seuls sept pays musulmans mineurs sont concernés (rien sur l'Indonésie, premier pays musulman du monde avec 200 millions d'habitants, le Maghreb, ou... l'Arabie Saoudite!)

La liste des sept pays désignés par Trump - Iran, Irak, Yémen, Somalie, Libye, Syrie, Soudan - ne sort pas de sa poche ; elle provient d'un rapport sur les menaces sur la sécurité des États-Unis livré au président Obama avant que son successeur ne soit élu. Mais même la façon de faire de Trump n'est pas une première: Barack Obama lui-même interdit la venue de tout réfugié irakien aux États-Unis pendant six mois en 2011, sans provoquer la moindre réaction médiatique. Deux poids deux mesures, comme d'habitude.

Bref, loin des "doctes analystes" qui voyaient en lui un cynique menteur incapable de mettre en place ce dont il parlait dans ses discours, Donald Trump applique son programme à la lettre, laissant une opposition sonnée face à une telle productivité, bien au-delà de celle de son prédécesseur. Donald Trump dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit - du jamais vu pour la classe politique américaine.

Donald Trump ne semble pas avoir oublié ses qualités d'homme d'affaire en rejoignant la Maison Blanche: simplicité, efficacité et respect de ses engagements. Rappelons-nous d'Obama, piteusement incapable de fermer Guantánamo en huit ans alors qu'il s'agissait d'une de ses principales promesses de campagne...

Pour tous ceux qui font profession de haïr Donald Trump, les prochaines années vont être très, très longues.

21 janvier 2017

Discours d'investiture de Donald Trump

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Chief Justice Roberts, Président Carter, Président Clinton, Président Bush, Président Obama, mes chers concitoyens américains, peuples du monde, je vous remercie. Nous, citoyens d'Amérique, sommes maintenant engagés dans un effort national de grande ampleur pour reconstruire notre pays et rétablir sa promesse pour tout notre peuple. Ensemble, nous déterminerons la trajectoire de l'Amérique, et du monde, pendant de très nombreuses années à venir. Nous serons confrontés à des défis. Nous allons affronter les difficultés, mais nous accomplirons notre tâche.

Tous les quatre ans, nous nous réunissons sur ces marches pour effectuer un transfert de pouvoir ordonné et pacifique, et nous sommes reconnaissants au Président Obama et à la Première Dame Michelle Obama pour leur aide gracieuse tout au long de cette transition. Ils ont été magnifiques. Je vous remercie.

Cependant, la cérémonie de ce jour revêt une signification toute particulière, car aujourd'hui, nous ne transférons pas seulement le pouvoir d'une administration à une autre ou d'un parti à un autre, mais nous prenons le pouvoir de Washington D. C. et nous vous le restituons, au peuple. Pendant trop longtemps, un petit groupe dans la capitale de notre pays a récolté les fruits du gouvernement pendant que les gens en supportaient le coût. Washington prospéra, mais le peuple ne partageait pas ses richesses. Les politiciens firent fortune, mais les emplois partirent et les usines fermèrent leurs portes. Les élites se protégèrent, mais pas les citoyens de notre pays. Leurs victoires n'ont pas été vos victoires. Leurs triomphes n'ont pas été vos triomphes, et pendant qu'ils festoyaient dans la capitale de notre nation, les familles qui luttent partout à travers le pays avaient peu de raisons de faire la fête.

Tout a changé en commençant ici et maintenant, parce que cet instant est votre moment. Il vous appartient. Il appartient à tous ceux qui sont réunis ici aujourd'hui, et tous ceux qui nous regardent, à travers l'Amérique. Ceci est votre jour. Ceci est votre célébration, et les États-Unis d'Amérique sont votre pays.

Ce qui importe vraiment n'est pas quel parti contrôle notre gouvernement, mais de savoir si notre gouvernement est contrôlé par le peuple. Ce 20 janvier 2017 sera évoqué comme le jour où les citoyens reprirent les rênes de cette nation. Les hommes et les femmes oubliés de notre pays ne le seront plus désormais. Tout le monde vous écoute maintenant. Vous êtes venus par dizaines de millions faire partie d'un mouvement historique, tel que le monde n'en a jamais vu auparavant.

Au centre de ce mouvement réside la conviction capitale qu'une nation existe pour servir ses citoyens. Les Américains veulent d'excellentes écoles pour leurs enfants, des quartiers sûrs pour leurs familles et des emplois de qualité pour eux-mêmes. Ce sont les exigences compréhensibles et légitimes de gens raisonnables et d'un public vertueux, mais pour un trop grand nombre de nos citoyens la réalité est différente. Dans nos centres urbains des mères et des enfants sont enfermés dans la pauvreté. Le paysage de notre nation est constellé d'usines désaffectées comme autant de pierres tombales. Le système éducatif est inondé d'argent mais laisse nos jeunes et beaux étudiants privés de toute connaissance. Et la criminalité, et les gangs et les drogues ont dérobé de trop de vies et ont volé notre pays de tant de potentiel non réalisé... Ce carnage américain s'arrête ici et maintenant.

Nous sommes une nation, et la douleur d'autrui est notre douleur. Les rêves d'autrui sont nos rêves, et leur succès sera notre succès. Nous partageons un cœur, une maison et un destin glorieux. Le serment d'investiture que je prends aujourd'hui est un serment envers tous les Américains. Pendant de nombreuses décennies, nous avons enrichi l'industrie étrangère aux dépens de l'industrie américaine, subventionné les forces militaires d'autres pays, tout en permettant la triste décrépitude de notre propre armée. Nous avons défendu les frontières d'autres nations tout en négligeant de défendre les nôtres. Et nous avons dépensé des milliards et des milliards de dollars à l'étranger tandis que l'infrastructure de l'Amérique disparaissait dans le délabrement. Nous avons enrichi d'autres contrées alors que la richesse, la force et la confiance de notre pays se sont dissipées à l'horizon. L'une après l'autre, les sociétés industrielles ont haussé les épaules et quitté nos rivages sans la moindre arrière-pensée pour les millions et les millions d'ouvriers américains qu'elles laissaient sur le carreau. La richesse de notre classe moyenne a été arrachée de son foyer puis redistribuée à travers le monde. Mais ceci appartient au passé et désormais nous ne regardons que vers l'avenir.

Nous sommes rassemblés ici aujourd'hui pour annoncer un nouveau décret qui sera entendu dans chaque ville, dans chaque capitale étrangère et dans chaque antichambre du pouvoir. Une nouvelle vision régit notre pays. À partir de ce jour, ce sera seulement l'Amérique d'abord.

L'Amérique d'abord.

Chaque décision concernant le commerce, la fiscalité, l'immigration, les affaires étrangères devra être prise pour bénéficier aux ouvriers américains et aux familles américaines. Nous devons protéger nos frontières contre les ravages des pays qui fabriquent nos produits, s'emparent de nos entreprises et détruisent nos emplois. Cette protection mènera à la force et à une grande prospérité. Je me battrai pour vous avec mon dernier souffle d'énergie. Je ne vous laisserai jamais, jamais tomber.

L'Amérique va recommencer à gagner, à gagner comme jamais auparavant. Nous récupèrerons nos emplois. Nous reprendrons nos frontières. Nous ramènerons nos richesses, et nous restaurerons nos rêves. Nous allons construire de nouvelles routes, et des ponts, des aéroports, des tunnels et des chemins de fer, partout dans notre merveilleuse nation. Nous allons libérer notre peuple de l'aide sociale et le remettre au travail, reconstruisant notre pays avec des mains américaines et du travail américain. Nous suivrons deux règles simples - acheter américain, et embaucher américain.

Nous chercherons l'amitié et la bonne volonté avec les nations du monde, mais nous le ferons en gardant à l'esprit qu'il est dans le droit de toute nation de mettre en avant son intérêt propre. Nous ne chercherons pas à imposer notre mode de vie à quiconque, mais plutôt à le laisser briller comme un exemple pour que le monde nous suive. Nous renforcerons les alliances anciennes et en forgerons de nouvelles, et unirons le monde civilisé contre le terrorisme islamique radical, que nous éradiquerons complètement de la face de la Terre. L'allégeance totale aux États-Unis d'Amérique sera le fondement de notre politique, et à travers notre loyauté envers notre pays, nous renverrons notre loyauté les uns aux autres. Quand vous ouvrez votre cœur au patriotisme, il n'y a pas de place pour les préjugés.

La bible nous dit combien il est bon et agréable que le peuple de Dieu vive dans l'unité. Nous devons pouvoir parler ouvertement de ce que nous avons à l'esprit, débattre honnêtement de nos désaccords, mais toujours chercher la solidarité. Quand l'Amérique est unie, l'Amérique est totalement invincible. Cela ne devrait pas faire peur. Nous sommes protégés et nous serons toujours protégés. Nous serons protégés par les hommes et femmes méritoires de nos forces armées et par l'application de la loi. Et surtout, nous serons protégés par Dieu.

Enfin, nous devons penser en grand et rêver encore plus grand. En Amérique, nous comprenons qu'une nation n'est vivante que tant qu'elle croît. Nous n'accepterons plus ces politiciens qui discutent sans arrêt sans rien accomplir, se plaignant constamment mais ne font jamais rien pour y changer quoi que ce soit. Le temps des paroles creuses est fini. Le temps de l'action arrive désormais. Ne laissez personne vous dire que quelque chose ne peut pas être accompli. Aucun défi ne peut dépasser le cœur, la combativité et l'esprit de l'Amérique.

Nous n'échouerons pas. Notre pays réussira et prospérera de nouveau. Nous sommes à la naissance d'un nouveau millénaire, prêts à découvrir les mystères de l'espace, à libérer la Terre des affres de la maladie, et à exploiter les industries et les technologies de demain. Une nouvelle fierté nationale fera vibrer nos âmes, gonflera notre vision et guérira nos divisions. Il est temps de se souvenir de cette vieille sagesse que nos soldats n'oublient jamais. Noirs, bruns ou blancs, nous saignons tous du même sang écarlate des patriotes. Nous jouissons tous des mêmes libertés glorieuses, et nous rendons tous hommage au même magnifique drapeau américain.

Et que des enfants soient nés dans l'agglomération urbaine de Detroit ou dans les plaines du Nebraska balayées par le vent, ils contemplent le même ciel nocturne, remplissent leur cœur des mêmes rêves et sont imprégnés du souffle de vie accordé par le même créateur tout-puissant. Que tous les Américains, dans chaque ville proche et lointaine, petite et grande, d'une montagne à l'autre, d'un océan à l'autre, entende ces mots: vous ne serez jamais plus ignorés. Votre voix, vos espoirs et vos rêves définiront notre destinée américaine, et votre courage, votre bonté et votre amour nous guideront à jamais sur le chemin.

Ensemble, nous rendrons à nouveau l'Amérique forte. Nous rendrons à nouveau l'Amérique prospère. Nous rendrons l'Amérique fière. Nous mettrons à nouveau l'Amérique en sécurité et oui, ensemble, nous rendrons encore sa grandeur à l'Amérique. Je vous remercie. Dieu vous bénisse. Et que Dieu bénisse l'Amérique. Merci.

-- Président Donald J. Trump, Washington, D.C., le 20 janvier 2017

11 janvier 2017

Les médias piégés par les "Fake News"

donald-trump-premiere-conference.jpgAprès que les médias américains soient tombés dans le panneau du "dossier russe", on aurait pu attendre un minimum de circonspection de la part des médias européens, dont romands. Mais non! Le Matin s'engouffra dans la brèche, dès l'aube il est vrai. Les journalistes d'investigation ont toujours un peu de mal à se réveiller. Mais il fut suivi, et c'est beaucoup plus grave, de la RTS dans son journal du soir traitant de la première conférence de presse du président élu Donald Trump, alors que les rédactions avaient pourtant toute la journée pour découvrir qu'elles étaient menées en bateau, ce que les Américains savaient déjà depuis longtemps.

Les coupables de fausses nouvelles se livreront-ils finalement à un démenti? Le grand public gobera-t-il sans broncher des allégations tellement grotesques que leur simple teneur devrait faire hausser le sourcil de tout observateur doté d'un esprit critique? Trop tôt pour le dire. Mais reprenons depuis le début. Le énième scandale autour du Président Trump promet d'être de gros calibre: les Russes (toujours les Russes...) disposeraient d'informations très compromettantes sur M. Trump. Format télévisé oblige, le 19h30 est contraint de donner un résumé succinct de l'affaire:

Le coup de tonnerre est parti des plateaux de CNN, une chaîne qui affirme que la Russie détient des dossiers plutôt compromettants sur le président élu, liens avec le Kremlin, informations financières sur le milliardaire, et même une vidéo montrant Donald Trump en plein ébat sexuel osé avec des prostituées dans un hôtel de Moscou.


"Des allégations qui provoquent la colère du principal intéressé", poursuit le journaliste. On le serait à moins: tout est faux.

Remonter la piste

Passons rapidement sur certains détails: le scoop n'est pas originaire de CNN mais de BuzzFeed, un site d'information basé à New York et se définissant comme un "laboratoire viral". L'épidémie a bien pris, pour le moins. Comme le rapporte Le Monde :

“BuzzFeed News” publie le document dans son intégralité pour que les Américains puissent se faire une idée par eux-mêmes sur les accusations concernant le président élu qui circulent depuis quelque temps au plus haut niveau du gouvernement américain.


De quel document s'agit-il? D'un dossier de 35 pages consacré aux prétendues relations entre Donald Trump et la Russie. Ce dossier émane des services secrets américains. Il est authentique. Il mentionne divers liens entre Trump et la Russie dont des façons dont les Russes pourraient faire chanter le président avec des informations compromettantes. Il "circule" depuis quelques temps entre les différents services de plusieurs agences de renseignement américaines, au point qu'un journaliste de BuzzFeed a pu mettre la main dessus.

Fidèle à la ligne de conduite du site, le document est mis en ligne. Mais comme le précise Le Monde, il s'agit d'informations "explosives mais non recoupées": le dossier n'est pas validé. C'est un document de travail qui n'a pas vocation à être public, et qui contient des informations dont la véracité n'a pas pu être vérifiée. Qu'importe! Les "Américains se feront une idée par eux-mêmes", lance le rédacteur en chef de BuzzFeed.

benSmith_tweet.jpg
Le tweet de Ben Smith de BuzzFeed, appelant les lecteurs à faire preuve de circonspection.
(cliquez pour agrandir)

Les informations sont reprises tantôt par tous les grands réseaux, CNN étant la première chaîne à ouvrir le bal. Les maigres garde-fous mentionnés par BuzzFeed sont jetés aux orties - une charge anti-Trump pareille ne peut pas attendre.

Et tous les médias, comme un seul homme, plongent dans le précipice...

Aux racines du canular

Comme souvent, Internet est bien plus rapide que les professionnels de l'information. Alors que les rédactions en sont encore à se demander comment elles pourront donner un maximum d'impact à ces révélations salaces, des internautes s'interrogent face à des détails croustillants et invraisemblables ("Au cours d'une orgie à Moscou Donald Trump aurait fait uriner des prostituées sur le lit où aurait dormi Barack Obama lorsqu'il était venu dans la capitale russe" - le tout filmé, bien évidemment) qui leur rappellent une histoire évoquée sur le forum 4chan quelques mois plus tôt.

Pour ceux qui l'ignorent, 4chan est selon Wikipedia un forum anonyme anglophone, constitué d'un réseau de diffusion d'images. Remontant aux débuts anarchiques d'Internet, il ne connaît quasiment pas de modération, ce qui en fait un joyeux bazar où "le pire côtoie le meilleur", d'autant plus que les utilisateurs ne sont absolument pas identifiés ni identifiables. Émanation de cette culture, le mouvement Anonymous serait d'ailleurs né sur le site.

Des conversations mentionnent même l'auteur (anonymisé) du délire de départ sur le canal /pol/acks:

4chan_sextape_orgy.jpg(cliquez pour agrandir)

- Alors ils ont pris ce que j'ai raconté à Rick Wilson et ils ont rajouté une sauce d'espionnage russe par-dessus. Ils y croient encore. Les gars, je crois qu'ils sont putain de désespérés - il n'y a plus le moindre scandale sur Trump qui soit encore crédible.
- C'est cette histoire de sextape d'une orgie? Comment qui que ce soit peut même croire un truc pareil?


Notez la date: le premier novembre 2016. Déjà à l'époque 4chan discutait d'une histoire rocambolesque inventée par un contributeur du site et s'étonnant qu'on le prenne au sérieux. Il n'imaginait pas l'ampleur que prendrait le fantasque récit issu de son imagination enfiévrée...

Autopsie d'une montée en puissance

La discussion du premier novembre évoque un homme, Rick Wilson. Rick Wilson est un consultant du Parti Républicain. Néo-conservateur, il affiche fièrement son hashtag #NeverTrump sur Twitter. Et surtout, il prend comme argent comptant la fable qu'un compère anonyme de 4chan, apparemment anti-Trump lui aussi, lui a inventé pour lui faire plaisir.

Mais l'affaire s'emballe lorsque Rick Wilson fait part de cette histoire à un proche, accessoirement ancien officier du renseignement, Evan McMullin. M. McMullin est lui aussi néo-conservateur et tout aussi opposé à Trump, utilisant lui aussi le hashtag #NeverTrump. Il est également anti-Russe, ça ne mange pas de pain dans ce milieu. Tous les ingrédients de l'histoire sont en place.

Le dossier passe ainsi de mains en mains, augmenté à chaque étape. Le gros du travail est écrit par un ex-agent du MI6 britannique, Christopher Steele, directeur of d'une société de "business intelligence" basée à Londres (attention aux recherches sur Internet, c'est aussi l'homonyme d'un acteur porno gay...)

Alors que son "dossier" se constitue peu à peu M. Steele décide d'en informer un responsable politique. Et qui de mieux que John McCain, un des républicains les plus opposés à Trump? Néo-conservateur, anti-Trump et anti-Russe, il semble l'interlocuteur parfait pour amener le dossier dans les sphères du gouvernement. Sitôt dit, sitôt fait.

Avec entre les mains une bombe qui concrétise ses fantasmes anti-Trump les plus fous, le sénateur John McCain hésite peu avant de transmettre le dossier aux agences de renseignement américaines avec lesquelles il partage des liens. L'information commence à circuler entre les différents groupes de travail officiels. Mais sans que le moindre recoupement ne soit effectué (qui montrerait entre autres choses que les dates et les lieux ne correspondent absolument pas à la présence des protagonistes sur sol russe, encore moins dans l'hôtel dont il est question) le dossier contamine d'autres documents secrets composés en urgence, comme l'implication des Russes dans l'élection américaine, puis "fuite" évidemment en intégralité vers des journalistes amis de BuzzFeed... Lesquels s'empressent de répandre l'information sur leur site.

Si ça vient des services de renseignement cela vaut la peine d'être publié, n'est-ce pas? Les Américains seront seuls juges...

Un aveuglement consternant

Depuis une journée, les médias du monde entier s'empêtrent dans leur propre désinformation en diffusant un scandale monté de toute pièce contre Donald Trump. Le soufflé promet de retomber assez vite (sauf chez les individus les plus lobotomisés) mais l'affaire est tout bonnement affligeante, considérant la récente campagne lancée comme un seul homme par tous les médias pour lutter contre les "fausses nouvelles". Et quid de tous les médias européens qui ont repris la nouvelle à l'unisson alors que le 10 janvier au soir - heure européenne - la baudruche avait déjà éclaté?

La recherche de l'audience mêlée à une inextinguible soif de scandale anti-Trump aura fini d'emporter le peu de crédibilité qu'il restait encore à nos médias. Comme le résume tristement un autre utilisateur de 4chan:

4chan_conclusion.jpgRécapitulons ce qui est arrivé:
- /pol/acks envoya par mail une fiction à l'éditorialiste anti-Trump Rick Wilson à propos de Trump faisant pisser des gens sur un lit dans lequel aurait dormi Obama
- Il a pensé que c'était vrai et l'a donné à la CIA
- La CIA, Agence Centrale de Renseignement des États-Unis d'Amérique, mit cela dans son rapport de renseignement classifié sur l'implication russe dans les élections
- Donald Trump et Barack Obama ont tous deux lu cette fiction de /pol/acks
- La CIA a conclu que les Russes envisageaient de faire chanter Trump avec cette histoire que nous avons inventé
Laissons tout cela couler
Que sommes-nous devenus


Donald Trump aura une tâche ardue: dans son combat pour remettre l'Amérique sur les rails, il devra aussi sérieusement nettoyer des services de renseignement visiblement en roue libre, sans parler de ses "amis" du Parti Républicain. Les médias, eux, semblent au-delà de tout espoir.

Mise à jour (12 janvier): petite clarification du chemin de l'histoire entre 4chan et la CIA alors que les informations remontent. Pour l'heure aucun démenti notable dans les médias. On admirera au contraire la posture goulue du journal de référence autoproclamé Le Temps face aux "révélations" du dossier faisandé...

10 janvier 2017

Le grand retour du protectionnisme

"Un vent glacial souffle sur le libre-échange", s'inquiète la RTS. Bigre! Le commerce mondial s'est-il effondré? Les marchandises pourrissent-elles au soleil face à des douaniers intraitables? Les commandes par Internet ne passent plus? Les gens sont-ils cloisonnés dans des frontières nationales devenues hermétiques à toute circulation de personnes?

Nous n'en sommes pas là. Un rapide souvenir de la douane de Bardonnex - guère plus qu'un dos d'âne à l'heure actuelle - permet de dissiper le cauchemar. Mais le libre-échange affronte bel et bien des vents contraires, comme s'en émeut ensuite Charles Wyplosz dans une longue interview consécutive au sujet.

L'accélération du monde

Mais le débat est piégé. Même le terme de libre-échange est galvaudé. Initialement, il représentait la libre circulation des marchandises, c'est-à-dire le commerce transfrontalier. Sur cette base historique légitime et paisible du commerce entre sociétés humaines, les apôtres de la disparition des états-nations l'ont étendu à celle des capitaux, des services, des personnes. À une échelle quasiment atomique, tout est devenu équivalent à tout et réciproquement. La rentabilité horaire de l'ouvrier qualifié, qu'il s'éreinte en Inde ou au Brésil. Le prix livré de la tonne d'acier, coulée en France ou en Chine. Le rendement d'un placement dans une compagnie américaine ou japonaise.

Certains se savent hors-course et en conçoivent de l'amertume. D'autres se réjouissent d'être les vainqueurs d'aujourd'hui tout en s'inquiétant de le rester demain. La migration des affaires est source d'incertitude. Entre deux crises financières la turbine économique tourne en surrégime, créant autant de vagues de protestation dans son sillage. Les médias s'attardent avec complaisance sur les groupuscules de casseurs communistes en maraude dans les centres-villes, mais les perdants de la mondialisation sont ailleurs, et bien réels. Les paysans au mode de vie ancestral, les salariés sans qualification, les entrepreneurs prisonniers de législations absurdes ou de la corruption des autorités, les working poors écrasés par l'effet des taxes sur le coût de la vie. Ils ne font pas la une des journaux. Les rares fois où ils sont évoqués, c'est pour donner la parole aux politiciens responsables de leur malheur.

Au capitalisme apatride et fier de l'être s'oppose un courant conservateur rejetant la réduction de l'homme à un agent économique. L'homme n'est pas aussi volage que le capital qui l'emploie ni les produits qu'il conçoit. Il s'inscrit dans une culture, une famille, un héritage, des valeurs. Il ne les sacrifie que rarement au nom de sa prospérité matérielle.

Les libéraux désarmés

Cet aspect du débat sème le trouble au sein des libéraux. Ils ratent le sujet en ne se concentrant trop souvent que sur sa seule dimension économique. Or, chacun n'a pas les ressources, la volonté ou même l'ouverture d'esprit pour se conformer à la nouvelle donne - et encore moins celles de changer son propre pays ou de le quitter. Comme le dit un sage, "Si vous vous affairez à calmer les plaintes d'un affamé en lui expliquant le recul de la faim dans le monde, vous réussirez juste à le rendre furieux."

Les théoriciens libéraux du passé ont apporté des solutions économiques à un monde dans lequel ces problèmes ne se posaient pas. Les délocalisations brutales, les revendications communautaristes, l'assaut migratoire sur les systèmes sociaux n'existaient pas à l'époque de Frédéric Bastiat. Ils sont absents de ses raisonnements élégants mais bien présents de nos jours.

Les libéraux se retrouvent privés d'arguments, ne sachant souvent articuler que des réponses économiques à des problèmes sociaux. Les postulats de base de l'humain libéral doué de raison sont battus en brèche par l'obscurantisme, le prosélytisme, le communautarisme. Face à ces comportements, les libéraux se contentent souvent de prôner la tolérance la plus absolue en fermant les yeux sur l'usage qui en est fait pour détruire la société hôte. Comment s'étonner que le libéralisme perde en influence?

Le protectionnisme, ce vieux compagnon de route

douane_bandeau.jpgL'inanité économique du protectionnisme a été maintes fois démontrée, il faut le répéter. L'explication est fort simple: les taxes ne sont jamais payées par les producteurs mais in fine par les consommateurs locaux. Les prix surfaits dont ils s'acquittent les prive d'argent pour d'autres activités, d'autres consommations. Les habitants "protégés" par le protectionnisme s'appauvrissent.

En revanche, et c'est aussi avéré, le protectionnisme permet la survie d'entreprises locales qui ne seraient pas économiquement rentables sinon, et avec elles les emplois et les impôts que payent leurs salariés au lieu de les faire pointer au chômage.

Le score entre libre-échange et protectionnisme n'est donc pas si net qu'il y paraît. De nombreux pays comme la Suisse ou le Japon ont d'ailleurs atteint de hauts niveaux de prospérité tout en étant très protectionnistes sur de nombreuses catégories de marchandises, comme les produits alimentaires.

Bien qu'on annonce aujourd'hui son retour, le protectionnisme n'est jamais vraiment parti de nos contrées ; sous les assauts de l'OMC, il s'est déguisé en "normes de qualité" et autres certifications nécessaires à l'importation, l'objectif étant toujours de barrer la route aux produits fabriqués à l'étranger. Dans les mœurs, il est resté fortement ancré sous le prétexte de "consommer local" et "de saison", peu importe la compétitivité des denrées étrangères sur les étals. Même des gouvernements modernes se sont lancés sans vergogne dans le "patriotisme économique".

Les autres aspects du libre-échange moderne ne sont pas en reste: les populations sont violemment hostiles à la concurrence transfrontalière des services. Diverses affaires d'imposition impliquant de grandes entreprises ont éclairé sous un jour négatif l'optimisation fiscale, pour légale soit-elle. Enfin, la crise migratoire européenne a détruit pour de bon toute illusion d'une prospérité basée sur une immigration incontrôlée, au point que plus personne de sérieux n'ose la plaider. Il y a effectivement un mouvement de balancier.

Retour sous les projecteurs

Aujourd'hui, l'élection d'un candidat ouvertement protectionniste comme Donald Trump à la tête d'un pays comme les États-Unis libère aussi la parole sur cet aspect: le bon vieux protectionnisme ressort du bois. Est-ce une mauvaise chose? "Oui", crieront en chœur tous les libéraux. Mais la réponse ne jaillit-elle pas un peu trop vite?

Posons le problème. On le sait, à niveau de prélèvement égal, certains impôts sont plus destructeurs que d'autres, plus nuisibles à l'activité économique en quelque sorte. Qu'en est-il du protectionnisme? Après tout, en quoi un milliard soutiré aux consommateurs à travers des taxes douanières serait pire, ou meilleur, qu'un milliard soutiré aux consommateurs à travers la TVA? L'impôt sur le revenu? Les droits de succession?

Si on élimine le sophisme de base qui a tant servi le protectionnisme en acceptant de l'appeler pour ce qu'il est - un impôt - en quoi ce prélèvement serait-il plus grave que n'importe laquelle des myriades de taxes directes et indirectes que les consommateurs sont appelés à payer dès qu'ils achètent quelque chose? Voilà un thème de recherche passionnant, et bien peu défriché.

Aux États-Unis, Donald Trump promet de baisser les impôts des personnes physiques et morales mais aussi sans doute d'instaurer des taxes d'importation. La combinaison de ces deux changements pourrait durablement changer la physionomie de l'économie américaine sans modifier fondamentalement le niveau des recettes de l'État. L'expérience revêt donc un intérêt colossal pour le monde entier. Son slogan de campagne Make America Great Again dépendra largement de la réussite ou de l'échec de cette réforme fiscale.

29 décembre 2016

Obama fait feu de tout bois

Les derniers jours de la présidence Obama correspondent aux manœuvres les plus effrénées du président sortant pour nuire à son successeur.

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Peu de temps après l'élection, chacun devinait que la période entre le 8 novembre et le 20 janvier serait celle de tous les dangers. Barack Obama utiliserait-il ses dernières semaines de pouvoir exécutif pour faire un maximum de dégâts avant d'abandonner son poste à un adversaire politique?

Certains purent souffler de soulagement en découvrant l'apparente bonne entente affichée par les deux présidents à l'issue de leur premier entretien, voire se rassurer avec la signature d'un "mémorandum de transition douce" entre l'administration Obama et l'administration Trump. Nous savons aujourd'hui que cela n'était qu'un écran de fumée. Barack Obama n'a jamais eu de cesse que de savonner la planche à son successeur.

Un héritage bâti sur du sable

Bien que regrettable, cette attitude n'a rien de surprenant. Commentant des affaires judiciaires pendant leur instruction, court-circuitant les Chambres législatives à la moindre contrariété, abandonnant jusqu'à la neutralité de sa fonction pour faire campagne auprès d'Hillary Clinton, Barack Obama démontra à de nombreuses reprises son esprit partisan, passant outre les institutions américaines dès qu'elles faisaient obstacle à sa volonté de remodeler l'Amérique.

Obama réussit à aller assez loin, signant quelques 260 décrets présidentiels (executive orders ou memorandums) pour imposer ses vues dans le domaine du travail, du climat ou des réformes de l'immigration. Mais il construisit sur du sable. Chaque décret est susceptible d'être annulé par un autre président et le sera sans doute par Donald Trump - ce qui fit dire à Newt Gingrich que l'essentiel de l'héritage Obama disparaîtrait en moins d'une année.

Rien de tout cela ne serait évidemment arrivé si le peuple américain avait suivi le script prévu en élisant Hillary Clinton. Sous sa férule, la modification progressive du corps électoral à travers la régularisation puis la naturalisation de millions d'immigrés clandestins ou la nomination de juges "progressistes" à la Cour Suprême auraient fini par accorder aux Démocrates un pouvoir impossible à remettre en question. Les réformes mises en place par Obama auraient été sanctuarisées simplement parce qu'aucun président républicain n'aurait plus accédé au pouvoir.

Obama et Clinton furent à deux doigts de réussir. Ils échouèrent contre toute attente face à un OVNI politique dont bien peu saisirent le potentiel lorsqu'il se lança dans la course.

Bétonnage d'urgence

Depuis le 8 novembre, Barack Obama travaille donc d'arrache-pied à fortifier son héritage avant de le léguer à Donald Trump. Mais sa marge de manœuvre est réduite à cause de son manque de préparation d'une part, et parce que les Républicains tiennent le Congrès d'autre part.

Il reste malgré tout des possibilités. Le cas du forage offshore est un exemple symptomatique. Barack Obama avait interdit tout nouveau forage en mer par simple décret présidentiel, mais annonça le 20 décembre la sanctuarisation de 50 millions d'hectares dans l'Arctique à l'aide d'une construction juridique s'appuyant à la fois sur une obscure loi "Outer Continental Shelf Lands Act" de 1953 et la décision conjointe du Canada - toujours en esquivant Sénat et Chambres des Représentants. Le démontage de cette construction légale impliquera sans doute les tribunaux et de nombreux mois de procédure.

Depuis, les décisions présidentielles se suivent et se ressemblent. Obama supprime un système de surveillance des musulmans avant l'arrivée de Trump - système instauré par l'administration Bush, traçant les entrées et sorties sur le territoire américain des ressortissants de 25 pays suspectés de terrorisme. Obama gracie un nombre record de condamnés: 1'176 criminels sont libérés ou voient leur peine commuée, soit plus que la somme des grâces accordées par les 11 précédents présidents.

Jusqu'à la dernière seconde, Barack Obama continue à pousser son agenda pour l'avortement, le contrôle des armes ou les quotas de minorités dans l'administration. Mais si ces manœuvres tardives seront contrecarrées avec plus ou moins de difficultés par l'administration Trump, Obama garde un réel pouvoir là où ses fonctions de Président sont les plus étendues, dans le domaine de la politique étrangère.

Coup de poignard contre Israël

Si Vladimir Poutine semble irrité par les diatribes anti-russes régulièrement lancées sans la moindre preuve par l'administration Obama, le président russe paraît aussi avoir assez de recul pour attendre, le 20 janvier, un président américain qui ne soit plus obnubilé par une nouvelle guerre froide.

Mais Obama travailla également avec les Palestiniens pour faire voter une résolution réclamant l’arrêt de la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens - à laquelle les États-Unis n'opposèrent pas leur veto.

Au sein de l'assemblée de l'ONU, en vertu de la règle selon laquelle un pays égale une voix, les nations arabes sont surreprésentées comparé à leur influence économique et démographique. Les résolutions anti-israéliennes sont monnaie courante ; rien que cette année, il y en eut 40, contre 4 pour le reste du monde (incluant la Syrie en désintégration et la crise en Ukraine). Pendant des décennies, les Américains étaient la seule voix du Conseil de Sécurité disposant du droit de veto et l'utilisant pour protéger la seule démocratie du Moyen-Orient contre ses ennemis. Cela changea il y a quelques jours alors que la diplomate américaine à l'ONU s'abstint de rejeter la résolution, entraînant la validation de celle-ci.

Ce simple texte a un impact énorme, comme le montre la vidéo d'une sérieuse dispute sur le plateau de CNN au sujet du vote de cette résolution:

Alan Dershowitz de la Faculté de droit de Harvard expliqua que le président Obama agissait de façon non démocratique, puis développa:

[Obama] peut changer de politique, il peut faire des discours. Mais il ne devrait pas changer 40 ans de politique américaine aux Nations Unies. Si la résolution du Conseil de sécurité est adoptée, elle lie complètement les mains d'un nouveau président. Vous ne pouvez pas annuler une résolution du Conseil de sécurité. Vous ne pouvez pas ramener le droit de veto. Cette résolution du Conseil de sécurité est une invitation donnée à la Cour Pénale Internationale de poursuivre Israël. C'est une invitation donnée au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions de commencer à sanctionner Israël. C'est une très, très mauvaise résolution. (...)

[Donald Trump] a dit au président, faites ce que vous voulez dans les derniers jours de votre administration, mais ne me liez pas les mains. En fait, j'ai même écrit un article à ce sujet avant les élections, exhortant le président à ne pas lier les mains de celle que nous pension alors voir comme nouvelle présidente, Hillary Clinton. Je suis persuadé, soit dit en passant, que si Hillary Clinton avait été élue, elle aurait elle aussi appelé le président pour lui demander de ne pas lui lier les mains. Ce président [Obama] agit de manière non démocratique. Quatre-vingt-huit sénateurs se sont opposés [à l'abstention américaine sur ce vote de l'ONU], la grande majorité du Congrès, la grande majorité du peuple américain. C'est le coup bas d'un président frustré... (...)"


Les effets sont malgré tout bien réels. Bien entendu, dans une Europe biberonnée à l'antisémitisme, on se réjouit de cette résolution. Les colonies israéliennes n'ont pourtant rien à voir avec la paix.

En abandonnant aux Palestiniens toutes leurs colonies de la Bande de Gaza en 2005, les Israéliens virent par eux-mêmes que leurs concessions ne leur apportèrent rien d'autre que des tirs de roquettes en retour. Lorsque le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu cédait à la pression américaine en déclarant un "gel des colonies", les Palestiniens ne revinrent même pas à la table des négociations. La résolution de l'ONU n'encouragera pas une solution à deux États ; elle ne fera que conforter les Palestiniens dans l'idée qu'ils peuvent vaincre Israël et jeter tous les juifs à la mer, ce qu'ils ont toujours voulu en refusant de reconnaître jusqu'au droit d'Israël à exister.

Une histoire d'argent

Le coup porté aux relations israélo-américaines par Obama ne restera pas sans conséquences. Même les juifs les plus bornés des États-Unis ne peuvent s'empêcher de constater aujourd'hui que le parti démocrate a fait son coming-out anti-Israélien, ce qui aura des conséquences sur les orientations électorales de cette population dans les scrutins futurs. Donald Trump aura lui aussi l'occasion de répliquer - il en a l'intention, et pourra influer dès le 20 janvier sur la contribution américaine à l'ONU, qui représente 22% du budget annuel de l'institution.

L'argent est le nerf de la guerre ; mais c'est aussi par cet aspect, peu présenté par les médias, que Barack Obama pèsera le plus sur la présidence Trump et toutes celles qui lui succéderont. Car pendant les huit ans de sa présence à la Maison-Blanche, Obama creusa la dette de l'État américain de 7'917 milliards de dollars - 2,7 milliards de dollars par jour, plus que tous les autres présidents américains réunis.

C'est donc avec un véritable boulet économique au pied que le prochain président entamera son mandat. La façon dont il évitera ou non cet écueil façonnera sa trajectoire à la Maison Blanche, et laissera dans l'histoire une trace bien plus profonde que la manière dont il détricotera les décrets abusifs semés par Obama.