12 août 2016

La fin sans gloire de l'Obamacare

Que de chemin parcouru depuis la laborieuse introduction de l'assurance santé "universelle" signée par Obama en 2010!

Il n'est pas question ici de revenir sur les innombrables péripéties qui émaillèrent sa mise en place: la question de sa conformité avec la Constitution américaine, son incroyable complexité, les pannes informatiques liées à son lancement, son peu de succès auprès des catégories qu'elle était censée aider, et ainsi de suite - il y aurait de quoi écrire plusieurs ouvrages. Il s'agit simplement de témoigner de la trajectoire du programme, présageant de son effondrement prochain sous sa forme actuelle.

Et n'allez pas croire qu'il s'agisse d'une n-ième promesse de campagne d'un candidat à l'élection présidentielle. Sur ce sujet précis il importe peu que le prochain président soit Hillary Clinton ou Donald Trump ; Obamacare semble surtout condamnée à s'effondrer sous son propre poids.

Comment en est-on arrivé là? Pour simplifier, Obamacare est un mécanisme de redistribution étatique permettant à des gens d'accéder à une assurance maladie alors qu'ils n'en auraient, théoriquement, pas les moyens. Pour parvenir à cet objectif, Obamacare prévoit d'équilibrer les "bons risques" avec les "mauvais risques", arrosant le tout d'une bonne louche d'argent des contribuables pour inciter davantage de gens à participer à cette redistribution.

Sur le papier on aurait pu croire que le système puisse au moins faire illusion quelques temps, mais ce n'est pas le cas. Seulement 11 millions de personnes achetèrent une assurance au travers de ce mécanisme en 2016, alors que les projections officielles tablaient sur 21 millions - simplement parce que les jeunes, les "bons risques" censés équilibrer le système, ne furent pas au rendez-vous. Comment les impliquer alors qu'ils choisissent simplement de ne payer aucune assurance, s'estimant en bonne santé et capable de couvrir leurs frais? Pour eux, difficile de trouver un système plus avantageux que l'absence de primes!

Résultat? Les primes prennent l'ascenseur, comme le montre ce tableau des hausses de l'année 2016:

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Des hausses annuelles moyennes allant jusqu'à 40%...

Les entreprises sont elles aussi impliquées, puisqu'à partir d'une certaine taille elles doivent souscrire à un programme Obamacare pour leurs employés ou faire face à des pénalités. Face à l'augmentation des coûts de la "santé abordable", nombre d'entre elles préfèrent payer les amendes. L'Obamacare se transforme peu à peu en une simple taxe sans plus de rapport avec la santé.

Selon The Hill, le prochain Président américain pourrait avoir à faire face à un effondrement de l'Obamacare dès sa prise de fonction en janvier:

[Larry Lewitt, de la Kaiser Family Foundation] et d'autres experts avertissent que si les chiffres d'adhésion ne s'améliorent pas cette année, d'autres assureurs pourraient jeter l'éponge. Cela provoquerait un impact majeur sur le marché, menant à une augmentation des primes et à encore plus de gens incapables de participer.

Cette année déjà, de nombreux assureurs annoncent des hausses substantielles des primes dans l'espoir de s'y retrouver face à la récente augmentation des coûts de la santé. La hausse de prime moyenne pour l'an prochain est d'environ 9%, selon une analyse de 17 grandes villes effectuées par la Kaiser Family Foundation. Mais certaines hausses sont bien plus élevées: Blue Cross Blue Shield a annoncé des augmentations de respectivement 40% en Alabama et 60% au Texas.


On pourrait naturellement en vouloir aux méchants assureurs qui ne cherchent bien sûr qu'à gagner de l'argent, mais ce serait bien mal comprendre le problème. Légalement obligées d'accepter toutes les demandes en participant au programme, plusieurs sociétés perdirent des centaines de millions de dollars avec Obamacare. Pour de simples raisons de survie économique, elles choisissent désormais de renoncer à couvrir certains États, voire de se retirer de ce marché. L'offre se réduit donc comme peau de chagrin, ainsi que l'espoir d'une concurrence amenant "plus de choix, plus de compétition et, dans de nombreux cas, de meilleurs prix" comme l'annonçait le Président Obama.

Obamacare sera définitivement enterrée lorsque plus aucune société d'assurance ne voudra y prendre part, ou lorsque les primes seront si élevées qu'elles dépasseront le tarif d'une assurance-santé habituelle. On se dirige rapidement vers les deux.

On ne sera pas surpris d'apprendre qu'Hillary Clinton prévoit de "renforcer" le système en le modifiant en profondeur avec encore plus de subventions pour les gens pour qui il devient progressivement inabordable, et un système de remboursement direct pour les premiers milliers de dollars de santé dépensés par les familles sous Obamacare, conséquence des carences des plans premier prix auxquelles elles souscrivent. Donald Trump, de son côté, prévoit simplement de mettre un terme à un système fondamentalement intenable.

La surprise n'est pas de voir Obamacare échouer, mais de le voir échouer si vite.

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06 août 2016

Donald Trump, éternelle cible

Quiconque lisant les médias au sujet Donald Trump finira immanquablement par arriver à l'une de ces deux conclusions:

  • Donald Trump est, au minimum, l'antéchrist. L'individu est cinglé, idiot, malhonnête et il s'agit là des qualificatifs les plus présentables. Son élection comme représentant du Parti Républicain est invraisemblable, inexplicable, et n'illustre rien d'autre que la stupidité intrinsèque des électeurs américains de droite, et par extension de tous ces fous d'Américains.
  • Donald Trump est la cible d'une campagne de calomnie absolument sans précédent. Dans un mélange de haine et de terreur, les médias travaillent d'arrache-pied à le démolir, fouillant dans ses poubelles et montant en épingle la moindre anecdote pour nuire au personnage ou à sa famille. Dans l'affrontement entre Clinton et Trump, toute déontologie a été jetée par-dessus bord et les rédactions travaillent ouvertement au succès de la candidate démocrate.

Le biais anti-Trump recopié par nos médias locaux avec un empressement servile trouve sa source outre-Atlantique. Le phénomène est si marqué qu'un éditorialiste poussa le bouchon jusqu'à la caricature, évoquant le candidat aux présidentielles comme "La Créature Démoniaque Surgie des Profondeurs de l'Enfer". Tout le monde comprit l'allusion.

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Plutôt que de s'acharner sur Donald Trump, les médias auraient pourtant de nombreux dossiers à traiter en examinant plus sérieusement les agissements récents de l'administration démocrate au pouvoir. Sous la férule de Barack Obama, l'homme qui décrète qui est qualifié pour être président, les États-Unis viennent de verser 400 millions de dollars en argent liquide étranger (Euro et Francs suisses, excusez du peu) à l'Iran pour la libération de quatre otages américains retenus là-bas.

Sur la fin de son mandat, le président américain ment désormais sans retenue, expliquant avec condescendance que les USA ne versent "jamais" de rançon. Mais le porte-parole de la Maison Blanche refusa de répondre à une simple question, à savoir, l'avion rapatriant les otages décolla-t-il de Téhéran avant l'atterrissage de celui transportant les millions? S'il eut été souhaitable d'obtenir ce détail de la bouche d'un officiel, la vérité est connue. Avant de pouvoir décoller, les otages attendirent sur le tarmac des heures durant que l'argent arrive. Rien à voir avec une rançon, n'est-ce pas!

Toujours sur l'Iran, nous apprenons via l'agence de presse AP que l'accord visant à limiter les capacités d'enrichissement nucléaire n'empêche en réalité rien du tout. Le deal largement négocié par la précédente Secrétaire d’État aux affaires étrangères, Mme Clinton, permettra au pays de disposer dans moins de dix ans, en toute légalité, de centrifugeuses tellement puissantes que l'intervalle entre une décision d'enrichissement militaire et l'obtention d'une bombe nucléaire se réduira à quelques mois.

Hillary Clinton est aussi impliquée dans la direction de Lafarge, une société industrielle française qui versa de l'argent à l’État Islamique et acheta vraisemblablement de son pétrole. La relation entre Mme Clinton et Lafarge, régulière donatrice à la Fondation Clinton, est une vieille histoire ; dans les années 80 déjà, la firme offrait un emploi à la politicienne au moment même où la CIA s'en servait comme couverture pour exporter des armes à un certain Saddam Hussein, nous apprend Wikileaks.

usa,médias,donald trump,hillary clinton,obama,manoeuvres politiques,iranLa bonne vieille guerre d'Irak fait d'ailleurs un retour sur le devant de la scène avec une des dernières anecdotes montées en épingle par les médias sur Donald Trump, la fameuse affaire de la famille du vétéran. Pendant la Convention Démocrate noyautée par Hillary, la parole fut donnée à un certain Khizr Khan, père d'un soldat mort en Irak.

Appuyé en silence par son épouse voilée ("celle-ci doit selon l'islam obtenir l'autorisation de son mari pour s'exprimer", rappela Trump), Khan brandit un exemplaire de la Constitution et attaqua violemment M. Trump en affirmant qu'il ne l'avait jamais lue ni "consenti de sacrifice", et invita finalement tous les américains d'origine immigrée à voter en faveur d'Hillary Clinton.

Les médias s'empressèrent d'appuyer les propos de M. Khan et de l'inviter sur les plateaux de télévision. Eussent-ils fait preuve d'un zeste d'esprit critique, ils auraient pu relativiser son intervention:

  • Le fils de M. Khan, Humayun, était majeur en s'engageant dans l'armée. Le choix d'aller en Irak était sa décision propre, non celle de sa famille. Khizr Khan le soutenait-il? Rien n'est moins sûr, et Humayun n'est évidemment plus là pour en témoigner. Le terme de "sacrifice" implique que les parents auraient appuyé le choix de leur fils de s'engager, mais ne correspond guère aux propos tenus.
  • L'intervention américaine en Irak en 2003 a été formellement approuvée par un vote de Mme Clinton. A l'inverse, M. Trump s'est plusieurs fois distancié de cette décision. Il est d'ailleurs proprement hallucinant de voir tous les médias hurlant continuellement contre la guerre en Irak devenir si subitement silencieux maintenant que cet aspect est devenu gênant pour la candidate démocrate.

"À chaque fois que le président juge que l’entrée de n’importe quel étranger ou de n’importe quelle classe d’étranger aux États-Unis serait au détriment des intérêts des États-Unis, il peut par proclamation, et pour la période qu’il jugera nécessaire, suspendre l’entrée de tout étranger ou de toute classe d’étranger comme immigrants ou non-immigrants, ou imposer sur l’entrée des étrangers toute restriction qu’il pourra juger appropriée."


Depuis, un portrait un peu plus complexe émerge: des gens ont naturellement commencé à s'intéresser à Khizr Khan, et découvert que celui-ci avait un cabinet de conseil juridique tirant directement profit de l'immigration musulmane à destination des États-Unis. Mieux encore, cette immigration se faisait au travers du programme EB-5, lourdement critiqué par des membres du Congrès et des services de renseignement comme une faille permettant l'exportation de technologie sensible, d'espionnage économique, et son détournement par des agents de gouvernements étrangers et des terroristes... Lorsque ces premiers éléments commencèrent à émerger, M. Khan mit rapidement son site hors-ligne.

Il y aurait donc beaucoup à dire et à creuser sur ce qui se passe dans le camp démocrate, du côté d'Hillary Clinton et de la Maison-Blanche, avec de vrais scandales à la clef. Mais les journalistes d'investigation travaillent exclusivement à charge contre Donald Trump. Les médias ne mettent donc en première page que les piètres morceaux qu'ils parviennent à dénicher: quelques phrases du discours de la Première Dame inspirées d'un autre écrit huit ans auparavant, ou un éventuel permis de travail dont elle se serait passée il y a 21 ans, en attendant un prochain "article de fond" sur des amendes de stationnement...

Évidemment, les Américains ne sont pas dupes. La popularité continue de Donald Trump est aussi la marque de la perte d'influence des médias traditionnels en faveur d'Internet où toutes ces informations se diffusent bien plus librement, et c'est le principal enseignement à tirer de cette campagne.

Les journalistes de presse et de télévision ont beau crier leur haine du candidat républicain, qui les écoute encore? En Amérique, plus grand-monde.

16 juillet 2016

La Turquie dans la main de fer d'Erdogan

Le grand public allumant sa télévision pour apprendre les derniers développements de l'enquête sur les attentats de Nice eut sans doute une surprise samedi matin en découvrant que l'actualité se concentrait désormais sur une tentative de putsch avorté en Turquie.

Les rebelles communiquèrent dès vendredi soir, sur le site de l’état-major de l'armée pour affirmer que l'armée disposait désormais du pouvoir politique. Les habitants d'Istanbul virent en effet des tanks et des militaires prendre place dans les rues de la ville, notamment près du Parlement, et bloquer plusieurs ponts, alors que des hélicoptères et des avions volaient à basse altitude au-dessus de leurs têtes. Des coups de feu furent échangés alors que les militaires (de quel camp?) intimèrent aux habitants de rentrer chez eux.

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Dès que la nouvelle fut retransmise à l'extérieur de la Turquie - les réseaux sociaux et Twitter se montrèrent bien plus réactifs que les médias traditionnels - le trafic aérien fut interrompu vers 22h15. L'ensemble de la population turque fut quant à lui averti des opérations en cours par la télévision, un présentateur de la chaîne publique TRT lisant, sous la menace d'une escouade de militaires ayant fait irruption dans les locaux, un communiqué annonçant couvre-feu et loi martiale et accusant le gouvernement de "porter atteinte à la démocratie et à la laïcité". Plus tard toute diffusion de la chaîne sera interrompue.

Mais le pouvoir légitime n'hésita pas à répliquer, sévèrement. Le Premier ministre turc Binalo Yildirim prévint sans se démonter qu'un groupe au sein de l'armée effectuait une tentative de coup d'État et qu'il le paierait très cher. Les combats ne tardèrent pas à éclater, auprès du palais présidentiel et d'autres bâtiments publics, impliquant parfois des hélicoptères.

A l'écart de la capitale, Recep Tayyip Erdogan échappa aux rebelles. Dans une interview improvisée à travers l'écran d'un iPhone et l'application de vidéoconférence FaceTime, il se retrouve à l'antenne de la chaîne CNN Türk, pour annoncer à son tour que les sanctions seraient terribles à l'égard des putschistes et pour appeler le peuple turc à se manifester.

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La réussite ou l'échec d'un coup d'état tient à peu de choses...

Ces quelques petites touches suffirent à renverser la situation. Dans une opération de ce genre, il est primordial pour les putschistes de contrôler l'information pour réduire au silence le régime précédent. Cela place la population et les structures de l’État dans une situation de fait accompli, leur intimant que la transition est achevée. Le résultat revient à saper la volonté de combattre d'éventuels loyalistes, un acte de résistance donnant l'impression d'arriver désormais trop tard.

Mais le message du Président Erdogan fut entendu. Les unités rebelles se retrouvèrent engluées dans des manifestations et les réactions d'unités militaires fidèles et de la police. Certains soldats perdirent leur sang-froid et ouvrirent le feu sur la foule, provoquant des dizaines de victimes. La dynamique du putsch fut malgré tout brisée, au prix de 260 morts dont 100 putschistes.

Aujourd'hui, le régime de Recep Tayyip Erdogan est solidement en place et sort renforcé de l'épreuve. Les militaires motivaient leur coup d'État en le présentant comme une réponse à la concentration des pouvoirs d'Erdogan ; Erdogan rétorque aujourd'hui que la tentative de coup d'État justifie la concentration de ses pouvoirs. Le président aux dérives autoritaires et islamistes se retrouve aujourd'hui félicité par les autorités occidentales au nom de la démocratie, la même que les putschistes annonçaient vouloir défendre avec les droits de l'homme et la laïcité...

La victoire du régime ouvre grand les possibilités de purge au sein de l'appareil d'État et Erdogan est bien décidé à s'en servir. Les exactions contre les journalistes et les minorités politiques n'étaient que jeux d'enfants. Moins d'une journée après les faits, le gouvernement turc a arrêté 2'839 soldats et militaires de hauts rangs, mais aussi limogé 2'700 juges et mis 140 membres de la Cour suprême sous mandat d'arrêt. Et l'enquête n'a même pas commencé!

Plus que jamais, la Turquie est dans la main de fer de Recep Tayyip Erdogan. L'armée turque était peut-être le dernier obstacle à ses visions millénaristes ; il a les coudées franches pour la briser, et ensuite, continuer à écraser l'opposition démocratique et laisser libre court à ses pulsions autoritaires. Nul doute qu'entre l’État Islamique, les Kurdes et la situation économique désastreuse du pays, cela ne peut que très mal se terminer.

06 juillet 2016

Le FBI pardonne à Hillary

comey_0.jpgDans une présentation attendue, le directeur du FBI James Comey a enfin donné le point de vue des autorités sur l'affaire des emails qui empoisonne la campagne présidentielle d'Hillary Clinton. Le FBI recommande au ministère de la Justice de n'entreprendre "aucune poursuite judiciaire" à l'encontre de l'ancienne secrétaire d'État.

Le texte intégral de l'intervention de James Comey se trouve en ligne sur le site du FBI.

La déclaration de M. Comey clôt des mois d'enquête et d'examens. André Archimbaud donne un résumé du contexte et des enjeux sur Boulevard Voltaire. Tout démarre avec l'attaque de Benghazi, où un ambassadeur américain réclamant en vain des renforts se fait assassiner par des commandos islamistes bien préparés. Après ce fiasco, l'opinion publique est abreuvée d'une fable rocambolesque où l'attentat n'aurait été qu'une "simple manifestation dégénérant en émeute", elle-même consécutive à la présence sur YouTube de la bande-annonce d'un film américain islamophobe. La mort du fonctionnaire entraîne la création de deux commissions d'enquête qui vont révéler bien des choses:

Le 11 août 2014, la seconde commission d'enquête découvre, après injonction, que seuls dix courriels sur Benghazi sont produits par le ministère... parce que l'ancienne secrétaire d'État utilisait un serveur privé pour les affaires d'État. Suspicion supplémentaire : au lieu de remettre le serveur aux enquêteurs, Hillary les inonde de dizaines de milliers de pages de photocopies... en spécifiant royalement que 30'000 courriels ont été détruits du fait de leur nature "privée". Intervention du FBI, qui exige poliment la remise du serveur... déjà effacé. On saisit alors le serveur de sauvegarde installé dans la salle de bains d'une micro-société de consultants, avant de passer à l'archéologie numérique : 100 employés du FBI sont sur le pont... sachant que le respect d'une multitude de lois et règlements fédéraux est en jeu, en particulier sur les secrets d'État.


L'affaire se termine donc, apparemment, en queue de poisson:

Le FBI a tranché: Hillary Clinton a fait preuve d'une "négligence extrême" en utilisant inconsidérément sa messagerie personnelle, via un serveur privé, lors de son passage à la tête du Département d'État, de 2009 à 2013, mais elle n'avait "pas l'intention de violer la loi".


Les partisans pro-Clinton seront aux anges, mais ils seront bien vulnérables face à des accusations de partialité de la justice. Rappelons juste quelques éléments contextuels:

  • La loi américaine exige l'utilisation d'une infrastructure spécifique pour les communications électroniques conduites dans le cadre d'un mandat officiel, pour des raisons de transparence, d'archivage, et de contrôle, et punit la destruction de preuves.
  • Par une heureuse coïncidence, le nom de domaine clintonmail.com utilisé pour les échanges de mail "privés" des Clinton fut enregistré le 13 janvier 2009, soit exactement huit jours avant que Mme Clinton ne soit officiellement nommée secrétaire d'État de l'administration Obama.
  • Mme Clinton a utilisé de grands moyens pour effacer ses archives, et a en partie réussi: de nombreux trous de plusieurs mois subsistent dans sa correspondance, notamment autour d'un voyage de Mme Clinton en Libye en 2011. Nous savons que ces lacunes existent parce que des traces d'e-mails envoyés durant ces périodes se retrouvent dans des conversations avec des tiers.
  • Malgré le nettoyage opéré par Mme Clinton, certains de ses mails montrent encore des échanges d'informations top-secrètes, et qui l'étaient déjà au moment de la conversation électronique. Les traces de 110 e-mails "classifiés" ont ainsi été retrouvées alors qu'elle avait affirmé la main sur le cœur qu'il n'y en avait aucun. La transmission d'informations classifiées est un crime fédéral.
  • La semaine dernière, Bill Clinton rencontra "par hasard" la ministre de la Justice Loretta Lynch (en charge du FBI) sur l'aéroport de Phoenix. Pendant les trente minutes d'un entretien informel, ils ne discutèrent que "de golf et de leurs enfants et petits-enfants", affirment-ils.
  • Le Président Obama est tout autant impliqué comme témoin ou complice, ayant entretenu des conversations électroniques avec Mme Clinton sur cet e-mail privé et étant donc parfaitement au courant de son existence.
  • En 2012 un ambassadeur fut sévèrement réprimandé par Mme Clinton, et ensuite licencié, pour avoir utilisé une adresse e-mail privée dans le cadre d'affaires professionnelles. Hillary Clinton signa elle-même, en 2011, un message enjoignant tous les ambassadeurs à ne pas utiliser des adresses privées dans le cadre de leurs activités professionnelles. Peut-on parler d'hypocrisie?

En résumé, Mme Clinton mit en place un serveur mail privé pour déroger délibérément aux obligations de transparence liées à son rôle officiel, s'en servit avec abandon et, une fois découverte, chercha à effacer toute trace compromettante.

usa,hillary clinton,james comey,justiceOn peut s'interroger sur ce qu'Hillary Clinton avait à cacher. Sa responsabilité dans le fiasco de Benghazi et le scénario échafaudé ensuite pour l'excuser, certainement. Mais aussi, sans doute, un mélange des genres assumé entre son rôle de secrétaire d'État, la fondation Clinton - qui n’a distribué "humanitairement" que 10% des fonds levés depuis sa fondation en 2001 - et la caisse politique des Clinton en vue, notamment, de la campagne d'Hillary pour l'élection présidentielle. Autrement dit, les e-mails manquants portent certainement la marque des innombrables trafics d'influence auxquels s'adonne le couple présidentiel le plus célèbre du monde.

Jamais la législation américaine n'a prévu que quelqu'un ne devrait pas être inculpé pour avoir violé la loi sans le savoir, sans même considérer la légèreté de l'excuse dans ce cas précis. Compte tenu d'autres affaires où les accusés n'ont pas bénéficié de la même mansuétude, il est évident que Mme Clinton a bénéficié d'un traitement de faveur.

La non-entrée en matière du FBI n'est donc pas surprenante. Malgré les dénégations de son directeur, c'est évidemment un verdict politique, le seul qui puisse épargner la candidate démocrate dans sa campagne électorale. Mais Hillary Clinton n'en sort pas indemne. Le grand public américain est bien plus au courant des tentants et aboutissants de cette affaire, et la décision du FBI suscite une indignation légitime.

Beaucoup de gens ont le sentiment qu'il y a une justice pour le bas peuple et une autre justice, infiniment bienveillante, pour les puissants ; difficile de les contredire. Lorsque Donald Trump qualifie continuellement Clinton de "crooked Hillary" (crooked pour malhonnête, véreuse, tordue...) sur Twitter, il n'est que l'écho du sentiment de nombreux Américains. Mme Clinton s'en sort peut-être indemne légalement, mais elle aura fort à faire jusqu'aux élections pour changer son image de politicienne corrompue, hypocrite et au-dessus des lois.

21 juin 2016

Des Conséquences Inattendues

Le talent d'un bon économiste, ou - et c'est plus rare - d'un bon politicien, consiste à percevoir correctement tous les effets d'un changement. Les conséquences espérées qui motivent ce fameux changement, bien entendu, mais aussi ses conséquences inattendues, effets pervers et autres nouveaux paradigmes dévoilés ainsi que, assez souvent, le risque d'aggravation de la situation que le changement devait pourtant améliorer.

sacs taxe 35 litres.jpgPrenons la modeste Suisse et son obsession écologique, incarnée dans la Taxe au Sac. Dans de nombreux Cantons les déchets domestiques doivent désormais être stockés dans un "sac taxé", vendu fort cher, pour être ramassés par la voirie ; l'idée était tant de donner corps au principe du pollueur-payeur que d'inciter à trier davantage ses déchets.

Les autorités s'imaginaient bien quelques accrocs comme un éventuel "tourisme des déchets" des communes taxées au sac vers celles qui ne l'étaient pas encore ; l'effet fut, au mieux, marginal.

Les autorités n'avaient pas prévu, en revanche, la dégradation catastrophique de la qualité du tri sélectif. Dans les containers de tri se retrouve désormais tout et n'importe quoi, en vertu du principe selon lequel les gens obligés de faire quelque chose le font souvent de mauvaise grâce, quand ils ne gâchent pas délibérément le processus comme une petite vengeance sournoise. Les autorités n'avaient pas prévu non plus l'explosion du littering, de nombreux individus préférant disperser leurs ordures dans le premier buisson venu ou surcharger jusqu'à l’écœurement les poubelles publiques plutôt que de payer les sacs taxés. Les autorités, enfin, n'avaient pas prévu l'utilisation intensive des toilettes pour évacuer des déchets de table, ce qui encombre les égouts au point de provoquer une prolifération des rats. Comme tout cela est charmant!

Admettre l'échec étant impensable, les autorités persistent et signent. A Fribourg, des containers de tri sont parfois surveillés par des agents de sécurité privés, les ordures se retrouvant finalement mieux protégées que les bijouteries. Les sanctions sont relevées contre le littering, bien que les amendes soient rarissimes et les plus grands pollueurs des gens qui ne s'en acquittent jamais. Et le contribuable se retrouve à financer d'énormes investissements pour mettre à niveau les centres de traitement des eaux usées face aux déchets qu'elles charrient désormais.

Les péripéties de la Taxe au Sac helvétique peuvent faire sourire, essentiellement parce que les nuisances se limitent au champ d'action relativement restreint de la classe politique locale. On notera tout de même les fourvoiements dans lesquels peut s'égarer une population qui se flatte par ailleurs de garder les pieds sur terre.

Dans des pays où les politiciens ont plus de marge de manœuvre, les dégâts sont en conséquences. La population aime croire à un avenir meilleur sans effort ; certaines populations en Amérique du Sud, confiantes envers la classe politique et raisonnant peu par elles-mêmes, versent dans ce qu'Alan Greenspan appelle "le populisme d'Amérique du Sud", selon ces pays où les dirigeants privilégient une approche simpliste et directe de la résolution des problèmes.

Hugo Chávez était passé maître dans cette discipline, sous les applaudissements du plus grand nombre.

hugo_chavez.jpgLe chef du parti, qui devient ensuite chef du gouvernement, incarne la Solution ultime aux problèmes du monde ; appartenant à une sorte d'espèce supérieure, d'inspiration quasi-divine, il voit plus loin que le commun des mortels et a toujours réponse à tout. Omniprésent (dans les médias) et omnipotent (dans l'appareil de l’État) il ne prend que les bonnes décisions. L’État manque d'argent? Qu'on en imprime! Les pauvres ont faim? Qu'on leur donne de quoi manger! Les prix montent à cause de l'inflation? Bloquons le prix du pain! Les boulangeries font faillite en vendant le pain à perte? Fixons tous les prix et interdisons les faillites!

Après quelques années de ce régime (parce qu'il faut tout de même un certain temps pour ruiner un pays) nous avons le Venezuela d'aujourd'hui. Des émeutes de la faim, une économie limitée au marché noir, une police que rien ne distingue d'une mafia, une criminalité en roue libre et un président qui emploie l'intégralité de son énergie à se maintenir au pouvoir et attribuer ses échecs à des complots imaginaires. Dans tout ce chaos, la population civile, ruinée et affamée, n'a plus guère le loisir de se poser des questions sur la crédulité qui l'a menée dans cette situation.

Peut-être Chávez, Maduro et toute leur clique étaient-ils bien intentionnés au départ ; mais qu'ils aient été naïfs bienveillants ou manipulateurs et cyniques, ces débats n'intéressent plus guère que les historiens. Le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions et le Venezuela l'a parcouru de bout en bout.

L'effet désastreux de conséquences mal estimées ne se limite pas au populisme socialiste sud-américain. De 1979 à 1992, les Américains soutinrent un programme secret d'aide aux moudjahidines d'Afghanistan contre les troupes soviétiques, visant à équiper les rebelles en armes et en munitions. L'artisan clé de ce programme fut Charlie Wilson, un Démocrate texan de la Commission du budget de la Défense.

Dépassant les clivages partisans, le basculement du vote de M. Wilson en faveur de "l'ennemi" républicain dans cette obscure commission où siégeaient cinq Démocrates contre quatre Républicains permit aux États-Unis de financer la rébellion afghane et d'infliger au camp soviétique une défaite catastrophique sur le terrain, au point d'avoir peut-être changé le cours de la Guerre Froide. L'histoire ne se rappelle même plus des quatre élus de droite qui soutenaient l'idée dès le départ mais en tant que transfuge éclairé de son camp, M. Wilson eut droit à la gloire dans un livre et un film.

Fournir des armes et des munitions modernes à des Talibans, fut-ce pour lutter contre un ennemi commun, n'allait toutefois pas sans poser quelques questions éthiques. Les personnages de l'époque en avaient déjà conscience, comme l'illustre un dialogue rapporté entre Gus Avrakotos, chef de division de la CIA revenu de tout, et le fameux démocrate Charlie Wilson:

- Il y a un garçon et à son 14e anniversaire il reçoit un cheval... Et tout le monde dans le village dit "c'est merveilleux, le gosse a un cheval" et le Maître zen dit, "nous verrons". Deux ans plus tard le garçon tombe de cheval, se brise la jambe et tout le monde dans le village dit "C'est terrible" et le Maître zen dit, "nous verrons". Alors, une guerre éclate et partout les jeunes doivent s'enrôler et se battre... Sauf le garçon dont les jambes sont abîmées. Et tout le monde dans le village dit "c'est merveilleux".

- Et maintenant le Maître zen dit, "nous verrons".


Utiliser des rebelles proto-islamistes pour infliger une défaite à l'ennemi soviétique semblait une bonne idée. Rétrospectivement, les rebelles firent preuve de bien peu de gratitude envers leurs alliés anti-soviétiques ; les Américains n'avaient pas deviné qu'ils venaient d'armer une faction en guerre contre l'Occident entier et que la lutte ne s'arrêterait pas avec le retrait de l'Armée rouge.

Le Programme Afghan permit à toute une génération de moudjahidines de faire ses premières armes contre les Russes, assimilés à des Chrétiens par leurs adversaires. Parmi ces combattants se trouvaient de jeunes héritiers saoudiens surnuméraires et désœuvrés, dont un certain Oussama ben Laden.

11-septembre-2001.jpgC'est sans doute à travers cette histoire que de nombreux sites complotistes en sont arrivés, documents à l'appui, à affirmer que la CIA aurait "fabriqué" Al-Qaïda. L'affirmation n'est pas entièrement fausse, mais incomplète. Il aurait fallu préciser que cette fabrication était inconsciente, de la même façon que dans l'univers des comics le Joker donna sa vocation à Batman sans même s'en rendre compte.

Charlie Wilson, décédé en 2010, eut tout le loisir de méditer sur les paroles du Maître zen alors que son opération en Afghanistan revenait aux États-Unis dix ans après le Programme Afghan en emportant les tours du World Trade Center dans deux énormes boules de feu.

Comme les conducteurs de voiture qui s'estiment presque tous meilleurs que les autres, les politiciens orgueilleux - c'est un pléonasme - souffrent d'un biais cognitif qui leur fait croire qu'ils sont, eux, capables de tout prévoir. De cette présomption fatale découlent les vastes manœuvres politiques qui ont lieu aujourd'hui encore un peu partout dans le monde, de la Syrie à l'Ukraine en passant par la Mer de Chine, et qui pourraient bien, à force, provoquer des conséquences aussi inattendues qu'une nouvelle guerre mondiale.

13 juin 2016

Le bar gay le plus triste d'Orlando

Le Pulse se définissait comme "le bar gay le plus chaud d'Orlando". C'est sans doute à cause de cette sulfureuse réputation qu'il fut pris pour cible ce douze juin par un fou d'Allah. L'homme ouvrit le feu sur la foule à l'arme automatique, tuant une cinquantaine de personnes et en blessant tout autant.

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Le bar du Pulse, avant.

Dans son allocution post-attaque, Barack Obama, versé dans le déni au point d'en faire une sorte de discipline olympique, trébucha sur l'obstacle ; ne réussissant pas à éviter d'employer le terme de terrorisme, il sauva son honneur de champion en titre en tentant dans les derniers mètres d'employer le terme "d'acte de terreur" à la place. Faisant jouer son expérience sur le reste du parcours, il esquiva habilement les mots "islam", "musulman", ou "État Islamique" pour réorienter le débat vers le droit de posséder une arme. La technique, bien exécutée, fut malheureusement trop dénuée d'originalité pour impressionner le jury ; le peloton de la presse mainstream, connu pour son suivisme, s'empressa néanmoins de recopier la stratégie dès le lendemain.

Quel dommage pour le Président américain! Il s'imaginait terminer son mandat dans le calme, travaillant à caresser dans le sens du poil les partisans de Bernie Sanders pour les réconcilier avec Hillary Clinton, candidate de la continuité par excellence, contre les méchants Républicains. Le script était écrit ; il n'y avait plus qu'à rabaisser Donald Trump et dénoncer son "simplisme", comme il s'évertuait à le faire depuis plusieurs mois. Certes, il sortait encore et toujours de son rôle institutionnel, mais de l'offensive fiscale contre les groupes du Tea Party à la mansuétude judiciaire dans les affaires concernant Mme Clinton, quel écart ne pardonne-t-on pas à l'administration Obama?

Mais voilà, les Etats-Unis viennent de subir la pire attaque terroriste sur leur territoire depuis les attentats du 11 septembre 2001. Toutes les attaques terroristes islamistes sur le territoire américain depuis cette date eurent lieu pendant un mandat du président Obama. Les LGBT, traditionnellement démocrates, sont mi-figue mi-raisin: ils font aujourd'hui l'expérience de la différence entre une posture de victime et une place, bien réelle, de victime. Les familles comptent leurs morts. Pas possible non plus pour eux de dénoncer les Républicains, les affreux chrétiens radicaux ou les armes automatiques, même s'ils essayent sans grande conviction. La tuerie du Pulse d'Orlando est bel et bien un acte homophobe commis par un extrémiste musulman, Omar Seddique Mateen - un de ces éléments de richesse dont l'Amérique, disaient-ils samedi encore, a tant besoin.

usa,donald trump,barack obama,terrorisme,islam,homosexualitéEn mode damage control, l'objectif est désormais de montrer que le tueur surgissait de nulle part. Manque de chance, M. Seddique Mateen, né à New York d'origine afghane, n'avait rien d'un inconnu pour les services américains:

Selon plusieurs médias américains, Omar Seddique Mateen, né à New York, vivait à environ 200 kilomètres au sud-est d'Orlando, dans la ville de Port Saint Lucie. Le sénateur de Floride Marco Rubio a indiqué sur CNN que l'auteur de la tuerie avait travaillé pour une compagnie de gardiennage. Omar Seddique Mateen, qui n'avait apparemment pas de casier judiciaire, avait attiré l'attention de la police à deux reprises, en 2013 puis en 2014, selon le Daily Beast.

Le FBI a confirmé avoir interrogé le jeune homme ces dernières années pour ses présumées «sympathies» islamistes mais que l'enquête n'avait jamais donné suite. Son chef à Orlando, Ronald Hopper, a révélé qu'Omar Mateen avait été interrogé à deux reprises: «Le FBI a eu connaissance de son existence quand il a fait des remarques à ses collègues laissant penser à d'éventuels liens avec des terroristes», a-t-il expliqué. Il avait une nouvelle fois attiré l'attention du FBI pour des liens avec un djihadiste kamikaze américain à l'étranger. «Au final, nous n'avons pas été en mesure de vérifier la substance de ses commentaires et l'enquête a été close», a poursuivi Ronald Hopper.


Mais des détails émergent sans cesse et brossent une fois de plus un portrait peu flatteur des agences de renseignement américain. Bien qu'interrogé trois fois (et non deux) par le FBI et inscrit sur un fichier de terroristes potentiels, Omar Mateen, qui battait sa femme, avait accès à une licence de port d'armes - et s'en servit encore la semaine précédant la tuerie. Employé depuis 2007 comme agent de sécurité dans la filiale américaine de G4S en Floride, une des plus grosses sociétés de sécurité de la planète, il avait accès à du matériel et de l'armement de pointe. Et son travail consistait incidemment à faire transporter des immigrés illégaux sur le territoire des Etats-Unis... Mais pas des Mexicains.

Omar Mateen appela les urgences juste avant de tirer, annonçant son allégeance au chef de l’État Islamique Abu Bakr al-Baghdadi. Il mentionna également les frères Tsarnaev, qui menèrent l'attaque terroriste du marathon de Boston. Son geste fut revendiqué par l'Etat Islamique lui-même un peu plus tard.

Abondamment cité par les médias, le père du tueur nia "tout lien" entre le crime de son fils et la religion ; mais ce père, Seddique Mateen, impliqué dans la politique afghane, critiqua le gouvernement pakistanais et soutint les Talibans. "Nos frères au Waziristan, nos frères guerriers du mouvement taliban et les Talibans afghans se soulèvent", affirmait-il dans une vidéo... Quel crédit apporter à pareil témoin de moralité?

Sur CNN, Christopher Hanson fit le récit d'une soirée virant à l'horreur: "Je n'ai vu aucun des tireurs. J'ai juste vu des corps tomber. J'étais au bar pour commander un verre, je suis tombé, j'ai rampé pour sortir. Les gens essayaient de sortir par derrière. Quand je suis arrivé dans la rue, il y avait du monde, du sang partout."

L'homosexualité est un péché mortel dans l'islam. Les LGBT de tous horizons devraient repenser quelque peu leurs accointances politiques.