02 juillet 2017

De l'avortement

Le récent décès de Simone Veil à 89 ans permet à tous les médias et à la classe politique française de revenir sur la "superbe avancée sociale" que représente l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Mais on peut en douter.

Simone Veil

Le destin de Simone Veil se manifeste le 30 mars 1944 à Nice. Âgée de seize ans, issue d'une famille juive non pratiquante et se faisant appeler Simone Jacquier, elle se fait arrêter par les Allemands. Jouant de malchance alors que la Seconde Guerre mondiale s'achève, elle est d'abord déportée à Drancy, puis au camp d'Auschwitz avec sa mère et l'une de ses sœurs. Elle est ensuite transférée à Bobrek, à cinq kilomètres de Birkenau. Elle sera ensuite transférée au camp de Bergen-Belsen où elle travaille en cuisine. Sa mère meurt du typhus, elle ne verra jamais non plus son frère ni son père déportés, eux, en Lituanie.

Simone_Veil_(1984).jpgSimone Veil n'hésitera pas à mettre au service de sa carrière politique la respectabilité morale héritée de son statut de survivante de la Shoah. Elle ira jusqu'à faire graver son numéro de matricule des camps de la mort sur la lame de son épée une fois admise à l'Académie Française, en 2008. Mais revenons trente ans plus tôt.

En 1975, les Français ne connaissent pas Simone Veil. C'est véritablement la loi sur l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) qui la fera passer à la postérité.

L'épopée de la Loi Veil

Jusque-là, l'avortement est un acte réprimé par l'article 317 du Code Pénal. Celui-ci punit de prison et d'amende le fait de subir, de pratiquer mais aussi d'aider un avortement. Les membres du corps médical coupables d'un tel crime peuvent être condamnés à une interdiction d'exercer. Dans cette situation, nombre de femmes souhaitant interrompre une grossesse vont à l'étranger - l'Angleterre est plus souple - ou se confient à des faiseuses d'anges, parfois dans des conditions d'hygiène douteuses.

Les chiffres les plus fantaisistes circulent quant au nombre d'avortements clandestins. L'opinion publique est divisée. Les milieux catholiques et conservateurs s'opposent à la désacralisation de la vie, les féministes et les gauchistes réclament la totale maîtrise du corps de la femme dans la lignée de la révolution sexuelle. Après mai 68, la question est devenue un enjeu de société. Des activistes tentent de faire ployer la classe politique. Le 5 avril 1971, 343 femmes dont de nombreuses personnalités lancent dans le Nouvel Observateur l'appel dit "des 343" et clament: "un million de femmes se font avorter chaque année en France, je déclare que je suis l'une d'elles." Évidemment, aucune des signataires ne sera poursuivie. Deux ans plus tard, les 331 médecins reconnaissant avoir pratiqué des avortements ne le seront pas davantage.

En 1972 a lieu le procès de Bobigny. Marie-Claire, jeune fille de 17 ans, est jugée pour avoir avorté à la suite d'un viol. Le procès donne lieu à de nombreux débats. Défendue par Gisèle Halimi, amie de Simone Veil, l'accusée est finalement acquittée.

En 1974, Jacques Chirac, alors Premier Ministre, pense sentir le vent. Il nomme Mme Veil ministre de la santé avec pour mission de préparer un nouveau projet de loi sur l'avortement. Elle fait l'objet de nombreuses pressions de son propre camp, mais tient résolument le cap. Le 26 novembre 1974, elle monte à la tribune de l'Assemblée et prononce ces mots:

"Je voudrais vous faire partager une conviction de femme et je m'excuse de le faire devant une assemblée presque composée exclusivement d'hommes, aucune femme ne recourt de gaité de cœur à l'avortement, je le dis avec toute ma conviction l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue."


Jouant habilement à la fois du féminisme et de l'angle sanitaire, elle est à la manœuvre. L'opposition de gauche l'aidera à surmonter les divisions de son camp. La Loi Veil est promulguée le 17 janvier 1975, mais elle n'est que temporaire. L'avortement sera légalisé définitivement en 1979. Ce "progrès social" sera suivi de nombreux autres.

En 1983, la Sécurité Sociale rembourse l'IVG - les prélèvements obligatoires des assurés sociaux français contribuent désormais à supprimer les enfants à naître. En 1983, un délit spécifique d'entrave à l'IVG est instauré, puni de deux ans de prison. En juillet 2001, le délai permettant l'IVG est allongé de deux semaines, et l'autorisation parentale pour les mineurs est supprimée. En 2014, le délit d'entrave à l'IVG est étendu aux sites Internet anti-IVG et la peine de prison est assortie de 30'000 € d'amende.

IVG et morale

L'avortement est un des sujets de discorde entre libéraux. Certains évoquent un droit absolu des femmes à disposer de leur corps, s'évertuant à faire passer le bébé comme une sorte de passager clandestin lorsqu'il n'est pas - ou plus - désiré. D'autres, dont je fais partie, pensent que la loi se doit de faire respecter les droits des plus faibles et qu'il est difficile d'imaginer un être plus faible, et plus innocent, qu'un enfant encore dans le ventre de sa mère.

votation du 9 février 2013,avortementLa thèse du "droit absolu du corps" ne pose par définition aucune limite. L'IVG dans sa forme actuelle est encore trop douce: selon le principe du droit absolu de son corps, une femme pourrait avorter la veille de l'accouchement prévu - alors qu'un autre bébé conçu au même moment, mais né prématuré de quelques jours, aurait été protégé d'un tel destin grâce à l'accouchement. L'attribution d'une personnalité juridique complète à l'instant de la naissance mène à ce genre d'absurdités.

Pour éviter ces aberrations on limite l'IVG aux premières semaines de l'existence. Les partisans de l'avortement essayent de ramener l'embryon à un objet, le présentant comme un simple ensemble de tissus, mais ils ne sont pas aidés par la science. Si dans les premiers jours de la conception l'embryon n'est effectivement qu'un amas de cellules, la différentiation intervient très vite. La formation du tube neural et les premiers battements du cœur surviennent dès la sixième semaine. Malgré tout cet aspect du débat reste secondaire car dans de nombreux pays d'Europe - y compris en Suisse - des aménagements légaux permettent d'avorter jusqu'au terme.

La grossesse n'est pas une maladie. Un fœtus n'a rien d'une tumeur. Il vit au sein sa mère mais n'a rien à voir avec le moindre de ses organes. Il a un ADN différent, voire un sexe différent.

Nous vivons dans des sociétés où beaucoup de femmes trouvent plus convenable de tuer leur propre bébé plutôt que de le confier aux bons soins d'un des innombrables couples en quête d'adoption. Les droits du père sont inexistants. Les droits du bébé à naître sont réduits à rien.

Démographie de l'avortement

Ne sommes-nous pas tous, quelque part, que de simples ensembles de tissus? Ce n'est jamais aussi vrai que depuis la Loi Veil et ses nombreuses variantes dans d'autres pays d'Europe. La réduction de l'être humain à une masse de chair a réussi au-delà de toute espérance.

Simone Veil luttait contre "l'insalubrité" de l'avortement, estimant que les conditions d'hygiène n'étaient pas réunies dans la clandestinité. Dans son discours de 1974, elle évoquait les femmes recourant à l'avortement et rejetées "non seulement dans l'opprobre, la honte et la solitude, mais aussi dans l’anonymat et l’angoisse des poursuites." Mais ces sentiments empêchaient également nombre de passages à l'acte, et permettaient l'existence d'autant de nouveau-nés sains.

En rendant l'avortement légal sous condition, Mme Veil permit de faire sauter une barrière morale, amenant à la banalisation de l'acte. Les partisans de l'avortement légal évoquent volontiers les "milliers" d'avortements illégaux pré-1975 mais si cela était vrai, on retrouverait constamment des charniers de fœtus. Aucune donnée réaliste n'existe, et le nombre de condamnations pour la pratique de l'avortement avant la Loi Veil ne plaide certainement pas en faveur de cette hypothèse.

Les défenseurs de l'avortement sont prompts à amener dans la discussion de nombreux cas particuliers: l'enfant à naître lourdement handicapé, la victime d'un viol, la grossesse à problème menaçant la survie de la mère. Ces exemples ont toujours existé, mais ce sont justement des cas particuliers. La plupart des IVG ne rentrent dans aucune de ces catégories. Il faut les appeler par leur nom. Ce sont des avortements de confort.

En France, selon des statistiques officielles, l'avortement concerne environ 220'000 bébés à naître chaque année. Après une dizaine d'années de hausse entre 1995 et 2006, le chiffre est stable, mais il n'évoque pas grand-chose. Présentons ces données de façon plus parlante: en France 20% des bébés, un sur cinq, sont avortés chaque année. Une femme sur trois avorte au moins une fois dans sa vie. 9,5% des femmes ont recours deux fois à l'IVG et 4% trois fois ou plus au cours de leur vie. "Aucune femme ne recourt de gaité de cœur à l'avortement" affirmait Mme Veil. Qui peut encore croire à pareil mensonge? L'avortement n'est plus qu'un geste de pure commodité.

Tous les Français nés après 1975 sont les survivants d'un massacre qui a fauché 20% de leur classe d'âge. Pas la peine de chercher plus loin le déficit des naissances et le non-renouvellement des générations. L'Occident n'a pas perdu son âme avec les camps de concentration: les nazis ont été combattus et vaincus pour le mal qu'ils représentaient. L'Occident a perdu son âme avec l'avortement. La destruction légale de la vie à naître, acceptée et banalisée, brise un tabou aussi vieux que les racines grecques de notre civilisation. Le Serment d'Hippocrate a été réécrit pour le permettre. L'Interruption Volontaire de Grossesse, remboursée par la Sécurité Sociale, est acceptée et renforcée constamment alors qu'elle tue plus que n'importe quel fléau historique.

Il y a une ironie amère à ce qu'un tel génocide ait été mis en place par une survivante de la Shoah, dont tant de politiciens célèbrent aujourd'hui la mémoire.

20 juin 2017

Sapiens - Une brève histoire de l'humanité

Avec Sapiens - Une brève histoire de l'humanité, Yuval Noah Harari signe un ouvrage passionnant et émouvant sur notre espèce. Évoquant le destin de l'humanité depuis son émergence en tant qu'espèce dominante, il brosse le trait de son évolution jusqu'à notre époque et les futurs possibles de celle-ci. Les premières parties du livre reposent sur l'état de l'art des recherches anthropologiques (déjà dépassées) et la façon dont disparurent progressivement les nombreux frères et cousins de l'Homo sapiens d'aujourd'hui ; on passe ensuite aux balbutiements de l'histoire et l'émergence des civilisations, des conquêtes et des empires, puis l'avènement de l'âge de la science et de la connaissance, et tous les bouleversements qui attendent une espèce qui n'aura dans peu de temps vraisemblablement plus grand-chose à voir avec ceux qui peignirent les parois de la Grotte de Lascaux.

livres,histoireL'ouvrage, agréable à lire, permet de prendre du recul sur notre époque et les défis de l'humanité, malgré une plume laissant souvent transparaître les engagements politiques de gauche, les préoccupations spécistes et le point de vue israélien de l'auteur. Le livre affiche aussi quelques énormités, comme de prétendre que la recherche militaire est un phénomène récent alors que c'est une constante au moins aussi vieille que la guerre des Macédoniens d'Alexandre contre les Grecs. M. Harari n'est visiblement pas féru d'histoire militaire. Le parti-pris de l'auteur tentant de mettre tous les empires sur le même plan d'équivalence (des Romains aux Nazis en passant par les Aztèques et l'Empire Ottoman) ne paraît guère convaincant non plus, même si la marche du monde tend effectivement vers l'uniformité.

Visiblement, l'auteur est plus à l'aise dans les récits préhistoriques que dans la sociologie historique, mais ouvre tout de même des pistes de réflexion stimulantes.

Le Temps Très Long

Ne cherchez pas dans le livre les dates de naissance et de mort de quelque grand roi ; elles s'effacent devant le flot de l'histoire. Une de mes arrière-grand-mères, que j'ai connu étant enfant, naquit en 1891. Elle vécut presque un siècle et garda toute sa tête jusque dans ses dernières années. Elle passa son enfance dans un monde où il n'y avait ni électricité, ni automobile, ni aviation. Les quelques machines d'alors fonctionnaient seulement à la vapeur. Née dans le siècle des conquêtes de Napoléon, elle connut peut-être des grand-parents qui vécurent la Restauration. Elle était déjà jeune fille lorsque la Première Guerre mondiale éclata. Il est difficile d'imaginer les évolutions culturelles, géopolitiques et technologiques vertigineuses qu'elle traversa au cours de sa longue existence.

Pourtant, celle-ci n'est qu'une goutte d'eau dans l'évolution de l'humanité. Les parents étendent leur futur à l'avenir de leurs enfants. Lorsque des scientifiques évoquent le "long terme" il s'agit souvent d'un demi-siècle, rarement plus. Les médias font des rodomontades en évoquant 2050 ou 2100 sur des questions énergétiques ou de futurs conflits, mais la réalité est qu'à l'échelle des espèces ces échéances ne comptent pour rien.

L'humanité elle-même est vieille de centaines de milliers d'années.

Péripéties inutiles

Prendre pleinement conscience du Temps Très Long est probablement hors de portée de la plupart d'entre nous. La faiblesse est d'autant plus regrettable que cette échelle permet de relativiser nombre de nos efforts actuels et, en réalité, de comprendre leur totale vacuité. Yuval Noah Harari n'en parle pas directement, mais sa réflexion couchée sur le papier suffit au lecteur pour rebondir.

Prenons par exemple la préservation des espèces. On présente sempiternellement des régions sauvages d'Australie, de Madagascar ou du bassin de l'Amazone comme des lieux à préserver, et ils abritent effectivement une biosphère unique. Mais combien de temps peut-on espérer les perpétuer simplement en empêchant des humains d'y entrer? Sans même faire preuve de cynisme, il ne fait aucun doute que la forêt amazonienne ne survivra pas encore mille ans dans sa forme actuelle. Encore moins les millions d'années nécessaires à l'émergence de nouvelles espèces.

Il fallut d'autres millions d'années pour que les mammifères retournant à l'océan en devenant les dauphins d'aujourd'hui voient leurs membres inférieurs fusionner progressivement en une nageoire caudale. En vacances, les nageurs se contentent d'enfiler une paire de palmes. Les ours polaires résistent au froid ; les humains s'habillent de simples vêtements de fourrure. Aucune créature terrestre ne parvient à se déplacer avec un rendement énergétique supérieur à celui d'un cycliste. L'humanité bat la Nature à plate couture. Il n'y a même pas de match.

En Europe, les espèces menacées ou en voie de disparition sont comparativement bien moins nombreuses que sur les autres continents. On pourrait commettre l'erreur de croire que les Européens ont été plus préoccupés de la préservation de la biodiversité ou l'ont été plus tôt, mais la réalité est toute autre. Le continent européen a été colonisé par l'Homme bien avant que le concept même de biodiversité soit inventé. Toutes les espèces qui ne pouvaient pas coexister avec l'Homo sapiens ont disparu depuis longtemps.

Bien entendu, cela ne veut pas dire qu'il faille renoncer à préserver les espèces - simplement qu'il est vain de croire que cela suffira pour n'importe quelle période de temps vaguement utile à l'échelle de l'évolution. La croissance de l'humanité, sa diffusion dans le monde, sa capacité d'adaptation font qu'il vaut mieux chercher à stocker l'ADN de différentes créatures dans un ordinateur que de penser préserver leur habitat naturel pour les siècles des siècles. Sur le long terme, aucun "sanctuaire" ne saurait jamais perdurer.

Le futur de l'humanité

Les ruptures technologiques et l'incertitude liée aux événements mondiaux (guerres, crises économiques ou épidémie) rendent très incertaines les prévisions sur le futur de notre espèce, de notre civilisation. Même les auteurs de science-fiction ne s'y prêtent guère. Ils évoquent parfois des empires galactiques ou esquissent quelques merveilles dont pourrait disposer l'humanité de demain, mais se contentent de transposer des situations quotidiennes dans un univers merveilleux. Pour rester accessible au lecteur, leurs héros du futur ont des motivations très humaines.

Rien n'indique que ce sera le cas. Certaines caractéristiques de l'humanité traversent les époques, mais l'humanité elle-même semble peu à peu laisser la place à autre chose. Plusieurs pistes sont possibles - l'émergence d'une intelligence artificielle purement informatique, l'évolution maîtrisée de l'humain à travers l'ingénierie génétique, la correction de l'ADN et la cybernétique, et enfin la création d'une nouvelle espèce ex-nihilo une fois que tous les secrets du génome auront été dévoilés.

Bien sûr, nous n'en sommes qu'aux balbutiements. Les résistances éthiques sont grandes aujourd'hui et défendues de façon respectables, mais elles ne sauraient tenir pour les siècles des siècles, selon la formule consacrée.

A quoi ressemblera le post-Humain? Aujourd'hui, personne ne peut le dire, mais chacun sent pourtant que ce moment finira bien par arriver. Avec ses capacités de raisonnement et ce qui lui tiendra lieu de morale, il aura peut-être des sentiments navrés pour les êtres imparfaits qui lui donnèrent naissance. Mais même cela est une transposition de nos états cognitifs actuels. Nous n'avons pas la moindre idée de ce que seront les sentiments éprouvés par les créatures du futur comparés aux nôtres. Nos querelles actuelles sur la religion monothéiste du moment, les droits des uns et des autres et le meilleur modèle économique leur paraîtront des trivialités.

La Voie lactée sera peut-être colonisée par des androïdes pensants pendant que les derniers humains s'abandonneront volontairement dans la Matrice en fermant la porte derrière eux, ou deviendront immortels. Comme le résume l'auteur, "l'histoire a commencé quand les hommes ont inventé les dieux. Elle s'achèvera quand ils deviendront des dieux."

Un livre pour ceux qui aiment le vertige.

23 mai 2017

Mourir dans son sommeil

L'attentat de Manchester atteint un nouveau degré dans l'horreur de la barbarie islamiste.

isis_we_killed.jpg
"We killed your children": la froide revendication de l'État Islamique,
reprise telle quelle en première page de plusieurs journaux anglais.

Pour citer les faits connus à ce jour:

A 22h35 lundi soir, un homme a fait exploser sa ceinture explosive devant la plus grande salle de concert de Manchester, en Angleterre. La chanteuse américaine Ariana Grande terminait son show. Le bilan de l'attentat terroriste est pour l'heure de 22 morts et de 59 blessés, dont une enfant de 8 ans. L'attaque a été revendiquée par Daesh mardi après-midi. Les renseignements britanniques pensent avoir identifié l'auteur de l'attentat. Le nom du terroriste serait Salman Abedi, un homme de 23 ans d'origine libyenne dont les parents avaient fui le régime de Mouammar Kadhafi.

Salman Abedi serait mort sur place. Selon NBC News, il portait la bombe dans un sac à dos, aurait pris le métro à Victoria Station, est arrivé dans la zone d'achat des billets de l'Arena et a attendu que les gens quittent le concert et sortent de la salle pour faire exploser l'engin artisanal. L'étude des images de vidéo-surveillance est en cours.


La bombe artisanale que transportait Abedi était remplie de boulons et de clous pour faire un maximum de victimes parmi les adolescents britanniques présents. Le bilan pourrait s'alourdir ; certains des 59 blessés sont encore entre la vie et la mort. De nombreuses victimes ont été mutilées et porteront toute leur vie des séquelles liées à l'attentat.

Selon le Premier Ministre britannique Theresa May, le terroriste a bien pensé "l'endroit et le moment afin de faire un maximum de dégâts". Pourtant, dans les premières heures du massacre, Mme May minimisa en parlant d'un "incident" terroriste. Depuis, le script post-attentat, bien rodé, est rejoué jusqu'à la nausée. Les séquences de fleurs, de bougies et de messages d'espoir postés près du lieu de la tuerie tournent en boucle sur les chaînes "d'information" ; les chefs d'État se succèdent pour exprimer chacun leur tour leur profonde compassion pour la souffrance des victimes et leur solidarité avec le peuple aujourd'hui frappé ; divers monuments sont brièvement éteints ; et après quelques jours, l'actualité fournit de nouveaux sujets.

Salman Abedi était connu des autorités britanniques, mais elles refusent de dévoiler plus de détails pour l'instant.

Une seconde bombe, qui n'a pas explosé, a été découverte sur place.

À moins d'avoir un cœur de pierre, impossible de ne pas être touché par une pareille actualité. La haine contre l'Occident de l'État Islamique et de ses sbires est sans limite. Des parents doivent aujourd'hui reconnaître la dépouille déchiquetée de leur enfant dans une morgue ou veiller son corps brisé au son lancinant des machines dans une chambre d'hôpital.

Tous les parents du monde auront forcément une pensée pour les familles touchées. Chacun peut se reconnaître dans cette tragédie. Ce qui aurait dû être un concert joyeux s'est terminé en boucherie aveugle. Cela aurait pu survenir n'importe où - comme c'est déjà survenu n'importe où - et cela surviendra encore. Et encore.

Et encore.

Alors même qu'elles vouent un véritable culte à l'État, les autorités annoncent leur impuissance: il faut apprendre à vivre avec le terrorisme (c'est-à-dire, à en mourir). L'islamisme est érigé au rang de fatalité de l'existence, comme l'accident de voiture ou la peste des temps anciens. C'est malheureux, l'islamisme. Il provoque des ravages. Vers Manchester, il touche surtout les jeunes. Une maladie infantile foudroyante.

D'un autre côté, les élites n'ont pas complètement perdu le sens du danger. Elles veillent à ce que rien ne perturbe leur sécurité ni celles de leurs proches. La plupart des politiciens qui plaident pour l'interdiction des armes pour la plèbe vivent sous la surveillance vigilante d'une garde armée.

Peut-être aura-t-on droit à un nouveau "Vous n'aurez pas ma haine" érigé en exemple de prêt-à-penser par les médias, sans le moindre recul ni esprit critique. La naïveté de l'agneau de lait érigée en vertu. Vous n'aurez pas ma haine, mais vous avez eu ma femme. Et à Manchester, vous avez eu ma fille. En voulez-vous encore? Servez-vous. Vous n'avez pas ma haine, mais en fait, je suis trop bête pour comprendre que vous n'en avez nul besoin. Vous avez la vôtre. Elle vous suffit amplement.

Peu de gens comprennent le terrorisme islamique. Prisonniers d'un schéma mental remontant aux mouvements extrémistes gauchistes de la seconde moitié du XXe siècle, ils s'évertuent à déceler des motivations politiques chez les islamistes, à déchiffrer d'éventuelles revendications. N'en trouvant aucune, ils les inventent, plaquant leur grille de lecture sur un abysse.

Les islamistes veulent tuer. Nous tuer, et tous ceux qu'ils considèrent comme leurs adversaires, c'est-à-dire à peu près tout le monde. Du premier au dernier. Femmes et enfants. Collaborateurs ou résistants. Chrétiens, athées ou musulmans. Allah reconnaîtra les siens.

L'attentat n'est pas un moyen pour atteindre un but. L'attentat est le but. Comprendre cette simple notion est aujourd'hui hors de portée de la plupart des Européens. Ils se voient peut-être comme des cyniques à qui on ne la fait pas, mais leur niveau de nihilisme est dérisoire face aux zombies décérébrés de l'État Islamique.

Le plus abominable de l'attentat de Manchester n'est pas dans le mode opératoire d'un kamikaze. Il n'est pas dans le choix des victimes - les enfants, membres les plus innocents et les plus faibles de la société et incarnation de son avenir. Il n'est pas dans l'analyse choquante qu'un terroriste islamiste soit issu d'une famille de réfugiés, les mêmes qui rentrent chaque jour par milliers sur le continent, importés par une coterie de politiciens sacrifiant des pays entiers sur l'autel de leurs délires idéologiques.

Le plus abominable de l'attentat de Manchester est de comprendre qu'il sera suivi de nombreux autres. Ce n'est qu'un avant-goût de ce qui nous attend, et de ce qui attend nos descendants.

Quelle dose de violence la "majorité silencieuse" doit-elle endurer pour sortir de son silence? Les terroristes islamistes sont en train de se livrer à une expérience sociologique grandeur nature à l'échelle d'un continent. Ils doivent sans doute se délecter du résultat autant que d'autres s'en consternent. Les chiffres - électoraux notamment - le prouvent: l'apathie atteint des sommets insoupçonnables. Au point qu'on peut se demander si la majorité silencieuse sortira jamais de son silence.

L'hypothèse est hardie mais de moins en moins invraisemblable. On aurait naturellement tendance à penser que face à un stimuli désagréable un organisme dans son sens le plus large - individu, corps social, nation - finirait par réagir lorsque la douleur devient par trop intolérable. Mais ce n'est pas obligatoire. L'organisme menacé pourrait tout aussi bien choisir l'anesthésie locale pour supprimer les symptômes, le suicide pour hâter une issue perçue comme inéluctable, ou l'abus de tranquillisants pour sombrer dans une bienheureuse inconscience.

On peut mourir dans son sommeil.

10 janvier 2017

Le grand retour du protectionnisme

"Un vent glacial souffle sur le libre-échange", s'inquiète la RTS. Bigre! Le commerce mondial s'est-il effondré? Les marchandises pourrissent-elles au soleil face à des douaniers intraitables? Les commandes par Internet ne passent plus? Les gens sont-ils cloisonnés dans des frontières nationales devenues hermétiques à toute circulation de personnes?

Nous n'en sommes pas là. Un rapide souvenir de la douane de Bardonnex - guère plus qu'un dos d'âne à l'heure actuelle - permet de dissiper le cauchemar. Mais le libre-échange affronte bel et bien des vents contraires, comme s'en émeut ensuite Charles Wyplosz dans une longue interview consécutive au sujet.

L'accélération du monde

Mais le débat est piégé. Même le terme de libre-échange est galvaudé. Initialement, il représentait la libre circulation des marchandises, c'est-à-dire le commerce transfrontalier. Sur cette base historique légitime et paisible du commerce entre sociétés humaines, les apôtres de la disparition des états-nations l'ont étendu à celle des capitaux, des services, des personnes. À une échelle quasiment atomique, tout est devenu équivalent à tout et réciproquement. La rentabilité horaire de l'ouvrier qualifié, qu'il s'éreinte en Inde ou au Brésil. Le prix livré de la tonne d'acier, coulée en France ou en Chine. Le rendement d'un placement dans une compagnie américaine ou japonaise.

Certains se savent hors-course et en conçoivent de l'amertume. D'autres se réjouissent d'être les vainqueurs d'aujourd'hui tout en s'inquiétant de le rester demain. La migration des affaires est source d'incertitude. Entre deux crises financières la turbine économique tourne en surrégime, créant autant de vagues de protestation dans son sillage. Les médias s'attardent avec complaisance sur les groupuscules de casseurs communistes en maraude dans les centres-villes, mais les perdants de la mondialisation sont ailleurs, et bien réels. Les paysans au mode de vie ancestral, les salariés sans qualification, les entrepreneurs prisonniers de législations absurdes ou de la corruption des autorités, les working poors écrasés par l'effet des taxes sur le coût de la vie. Ils ne font pas la une des journaux. Les rares fois où ils sont évoqués, c'est pour donner la parole aux politiciens responsables de leur malheur.

Au capitalisme apatride et fier de l'être s'oppose un courant conservateur rejetant la réduction de l'homme à un agent économique. L'homme n'est pas aussi volage que le capital qui l'emploie ni les produits qu'il conçoit. Il s'inscrit dans une culture, une famille, un héritage, des valeurs. Il ne les sacrifie que rarement au nom de sa prospérité matérielle.

Les libéraux désarmés

Cet aspect du débat sème le trouble au sein des libéraux. Ils ratent le sujet en ne se concentrant trop souvent que sur sa seule dimension économique. Or, chacun n'a pas les ressources, la volonté ou même l'ouverture d'esprit pour se conformer à la nouvelle donne - et encore moins celles de changer son propre pays ou de le quitter. Comme le dit un sage, "Si vous vous affairez à calmer les plaintes d'un affamé en lui expliquant le recul de la faim dans le monde, vous réussirez juste à le rendre furieux."

Les théoriciens libéraux du passé ont apporté des solutions économiques à un monde dans lequel ces problèmes ne se posaient pas. Les délocalisations brutales, les revendications communautaristes, l'assaut migratoire sur les systèmes sociaux n'existaient pas à l'époque de Frédéric Bastiat. Ils sont absents de ses raisonnements élégants mais bien présents de nos jours.

Les libéraux se retrouvent privés d'arguments, ne sachant souvent articuler que des réponses économiques à des problèmes sociaux. Les postulats de base de l'humain libéral doué de raison sont battus en brèche par l'obscurantisme, le prosélytisme, le communautarisme. Face à ces comportements, les libéraux se contentent souvent de prôner la tolérance la plus absolue en fermant les yeux sur l'usage qui en est fait pour détruire la société hôte. Comment s'étonner que le libéralisme perde en influence?

Le protectionnisme, ce vieux compagnon de route

douane_bandeau.jpgL'inanité économique du protectionnisme a été maintes fois démontrée, il faut le répéter. L'explication est fort simple: les taxes ne sont jamais payées par les producteurs mais in fine par les consommateurs locaux. Les prix surfaits dont ils s'acquittent les prive d'argent pour d'autres activités, d'autres consommations. Les habitants "protégés" par le protectionnisme s'appauvrissent.

En revanche, et c'est aussi avéré, le protectionnisme permet la survie d'entreprises locales qui ne seraient pas économiquement rentables sinon, et avec elles les emplois et les impôts que payent leurs salariés au lieu de les faire pointer au chômage.

Le score entre libre-échange et protectionnisme n'est donc pas si net qu'il y paraît. De nombreux pays comme la Suisse ou le Japon ont d'ailleurs atteint de hauts niveaux de prospérité tout en étant très protectionnistes sur de nombreuses catégories de marchandises, comme les produits alimentaires.

Bien qu'on annonce aujourd'hui son retour, le protectionnisme n'est jamais vraiment parti de nos contrées ; sous les assauts de l'OMC, il s'est déguisé en "normes de qualité" et autres certifications nécessaires à l'importation, l'objectif étant toujours de barrer la route aux produits fabriqués à l'étranger. Dans les mœurs, il est resté fortement ancré sous le prétexte de "consommer local" et "de saison", peu importe la compétitivité des denrées étrangères sur les étals. Même des gouvernements modernes se sont lancés sans vergogne dans le "patriotisme économique".

Les autres aspects du libre-échange moderne ne sont pas en reste: les populations sont violemment hostiles à la concurrence transfrontalière des services. Diverses affaires d'imposition impliquant de grandes entreprises ont éclairé sous un jour négatif l'optimisation fiscale, pour légale soit-elle. Enfin, la crise migratoire européenne a détruit pour de bon toute illusion d'une prospérité basée sur une immigration incontrôlée, au point que plus personne de sérieux n'ose la plaider. Il y a effectivement un mouvement de balancier.

Retour sous les projecteurs

Aujourd'hui, l'élection d'un candidat ouvertement protectionniste comme Donald Trump à la tête d'un pays comme les États-Unis libère aussi la parole sur cet aspect: le bon vieux protectionnisme ressort du bois. Est-ce une mauvaise chose? "Oui", crieront en chœur tous les libéraux. Mais la réponse ne jaillit-elle pas un peu trop vite?

Posons le problème. On le sait, à niveau de prélèvement égal, certains impôts sont plus destructeurs que d'autres, plus nuisibles à l'activité économique en quelque sorte. Qu'en est-il du protectionnisme? Après tout, en quoi un milliard soutiré aux consommateurs à travers des taxes douanières serait pire, ou meilleur, qu'un milliard soutiré aux consommateurs à travers la TVA? L'impôt sur le revenu? Les droits de succession?

Si on élimine le sophisme de base qui a tant servi le protectionnisme en acceptant de l'appeler pour ce qu'il est - un impôt - en quoi ce prélèvement serait-il plus grave que n'importe laquelle des myriades de taxes directes et indirectes que les consommateurs sont appelés à payer dès qu'ils achètent quelque chose? Voilà un thème de recherche passionnant, et bien peu défriché.

Aux États-Unis, Donald Trump promet de baisser les impôts des personnes physiques et morales mais aussi sans doute d'instaurer des taxes d'importation. La combinaison de ces deux changements pourrait durablement changer la physionomie de l'économie américaine sans modifier fondamentalement le niveau des recettes de l'État. L'expérience revêt donc un intérêt colossal pour le monde entier. Son slogan de campagne Make America Great Again dépendra largement de la réussite ou de l'échec de cette réforme fiscale.

12 décembre 2016

L'Empire médiatique contre-attaque

L'élection de Donald Trump fut sans doute l'événement le moins conforme aux prévisions des médias depuis plusieurs décennies. Emportant leur crédibilité, elle fut aussi le signe d'un changement de paradigme avec la percée de nouveaux sites d'information sur Internet. Mais la guerre entre l'ancien monde médiatique et le nouveau n'est pas terminée.

Riposte coordonnée

"Nous assistons à une véritable guerre à mort entre les deux systèmes, qui continuera bien après que l'élection présidentielle ait eu lieu," prévenait Charles Gave. Groggy, les médias traditionnels se sont repris depuis leur sombre 8 novembre. Ils travaillent main dans la main avec leurs alliés pour mettre en place une riposte. Le récent retour de Mme Clinton hors de sa retraite pour fustiger les "fausses nouvelles" relève de cette nouvelle stratégie: décrédibiliser les sources d'information alternatives.

"L'épidémie de faux sites d'information mal intentionnés et de fausse propagande (sic) qui a inondé les médias sociaux pendant l'année écoulée - il est clair désormais que ces faux médias ont de vraies conséquences dans le monde réel", affirma Clinton. "Ce n'est pas un sujet de politique ou de bipartisme. Des vies sont en jeu."


Des vies, ou des carrières... Reste à savoir comment discerner la propagande de la vérité, ou, pour reprendre les termes étranges de la politicienne démocrate, distinguer la fausse propagande de la vraie. Hillary Clinton aura probablement une perception très différente d'un Donald Trump sur ce point essentiel.

médias,mensonges
Chacun aura sa propre opinion sur ce qui constitue de "fausses nouvelles".

La défaite d'Hillary Clinton a clairement déclenché l'offensive des deux côtés de l'Atlantique - coordonnée avec une opiniâtreté qui force le respect. Jugez plutôt:

  • Le 17 novembre, Angela Merkel et Barack Obama déclarent conjointement qu'Internet est une force "perturbatrice" qui doit être "contenue, gérée et pilotée par le gouvernement".
  • Le 19 novembre, Mark Zuckerberg annonce que Facebook (lourdement engagé du côté démocrate dans la campagne présidentielle) mettra en œuvre un plan en 7 points visant à "éradiquer la désinformation" du réseau social.
  • Durant la même période on voit apparaître des listes de médias à éviter, qui comportent comme par hasard la plupart des sites de droite, et sans qu'aucun procès en désinformation ne soit formulé contre le moindre d'entre eux.
  • En Suisse des individus se réjouissent de nouveaux algorithmes qui permettront, espèrent-ils, de "filtrer l'extrémisme de droite" - la définition de ce dernier étant laissé à leur entière et satisfaisante appréciation.
  • Le 23 novembre, Angela Merkel déclare devant le Bundestag que le temps est venu de lutter contre les sites de fausses nouvelles - citant nommément RT et Sputnik pour leurs liens avec la Russie. Le challenge pour les démocraties est selon elle "d'atteindre et d'inspirer les gens" mais si cela échoue le temps de la censure est là: "nous devons nous confronter au phénomène et si nécessaire, le réguler".
  • Le 2 décembre, un média révèle que Facebook élaborera désormais son fil d'information à partir d'une liste de "partenaires médiatiques favorisés". On imagine qu'un site comme Breitbart n'en fera pas partie...

La distinction est ténue entre la volonté d'écarter de "fausses informations" d'une part, et l'élimination pure et simple d'informations divergentes par rapport à une ligne idéologique d'autre part. Le précédent de Google refusant de suggérer dans ses recherches les requêtes quant à la santé d'Hillary Clinton n'incite guère à l'optimisme.

Les vilains Russes

La dernière accusation en date désigne comme d'habitude la Russie: elle aurait interféré pour aider Trump. La conclusion du Washington Post, qui cite une "évaluation secrète de la CIA", permet les manchettes les plus accrocheuses. Malheureusement, les révélations se révèlent bien maigres:

À en croire le Washington Post, des personnes liées à Moscou ont fourni au site Wikileaks des e-mails piratés sur les comptes de l'ancien directeur de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, John Podesta, et du parti démocrate, entre autres.


Pour l'heure, aucune preuve de ce prétendu lien avec Moscou. Les connaisseurs du dossier ne seront pas surpris. C'est vrai, le compte mail de John Podesta a bien été piraté - le directeur de campagne d'Hillary Clinton utilisait un piètre mot de passe, "p@ssw0rd" - et une volumineuse correspondance finit donc entre les mains de Wikileaks. Mais le dirigeant de l'organisation elle-même, Julian Assange, défaussa l'accusation de "hackers russes" ; il affirma que sa source était interne au Parti Démocrate.

On l'oublie vite, mais avec son vaste historique de coups tordus, Hillary Clinton n'avait guère besoin d'aller jusqu'à Moscou pour se trouver des ennemis. Elle pouvait par exemple rencontrer sur son chemin des partisans de Bernie Sanders, écarté par des magouilles dont la révélation poussa la présidente du Parti Démocrate Debbie Wasserman Schultz à la démission.

Depuis, une vérité plus complexe émerge. L'accusation selon laquelle les e-mails de Podesta auraient été des faux conçus par les Russes était un mensonge délibéré inventé par un fan de Clinton et abondamment repris par les médias mainstream afin de diminuer l'impact des révélations qu'ils contenaient.

En octobre, lorsque Wikileaks publiait des courriels des archives de John Podesta, les officiels de la campagne de Clinton et leurs porte-parole dans les médias adoptèrent une stratégie de mensonge délibéré auprès du grand public, prétendant - sans aucune justification - que les courriels étaient falsifiés ou fabriqués et devraient donc être ignorés. Ce mensonge - et le terme est approprié: une affirmation erronée donnée en connaissance de cause ou un mépris souverain de la vérité - fut amplifié de façon agressive par des personnalités de MSNBC comme Joy Ann Reid et Malcolm Nance, David Frum de The Atlantic, et Kurt Eichenwald de Newsweek.

Que les courriels de l'archive de Wikileaks aient été altérés ou falsifiés - et ne doivent donc pas être pris en compte - était une "fausse nouvelle" caractéristique, diffusée non pas par des adolescents macédoniens ou des agents du Kremlin, mais par des acteurs établis comme MSNBC, The Atlantic et Newsweek. Et de par sa conception même, cette fausse nouvelle se répandit comme une traînée de poudre partout sur Internet, avidement découverte et partagée par des dizaines de milliers de personnes désireuses de croire que c'était vrai. À la suite de cette campagne délibérée de désinformation, quiconque faisant un rapport sur le contenu des courriels se voyait instantanément rétorquer des allégations selon lesquelles on avait prouvé que les documents dans l'archive étaient des faux.


Les e-mails de Podesta ont toujours été authentiques. Les grands médias ont juste choisi de couvrir Clinton. Pas facile décidément de distinguer la fausse propagande de la vraie...

Éliminer les fausses nouvelles, ou la concurrence?

Soyons clair: la désinformation existe. Mais elle n'est en rien limitée à un seul camp comme on souhaiterait aujourd'hui nous le faire croire. En fait, la découverte soudaine et cruciale de ces "fausses nouvelles" juste après la défaite de Clinton fait elle-même largement penser à une fausse nouvelle - jusqu'à France-Info qui parvint même à dénicher un repenti dans la pure tradition des procès de Moscou, à mi-chemin entre le regret et la vantardise.

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En fin de compte, prétendre que la désinformation est responsable de la victoire de Donald Trump contre Hillary Clinton ne traduit rien d'autre qu'une attitude puérile devant une situation désagréable. La thèse ne paraît guère vraisemblable, en particulier face au volume de propagande pro-Clinton déversé sur l'opinion publique durant la même période.

La volonté de se préserver des "fausses nouvelles" ressemble surtout un prétexte cousu de fil blanc pour reprendre le contrôle du secteur, tant aux États-Unis qu'en Europe. Les politiciens travaillent depuis des années à contrôler le débat public faute de parvenir à en gérer les causes ; on casse les thermomètres plutôt que de lutter contre la fièvre. De là les lois qui interdisent, en France, de tenir des statistiques ethniques ou religieuses ; en Suisse, la pression que s'infligent diverses rédactions pour ne pas mentionner le statut de résidence ou la nationalité d'agresseurs dans un fait-divers ; aux Pays-Bas, la justice déboussolée qui condamne Geert Wilders à la "discrimination raciale" pour avoir évoqué la quantité de ressortissants marocains vivant dans le pays.

Le débat sur les "fausses nouvelles" est un faux débat. Il traduit simplement un nouvel angle d'attaque pour préserver la vérité officielle. On ne discute plus des faits mais de leur source. Tout ce qui ne vient pas du bon canal est suspect d'office et doit affronter un procès en justification. Les termes connotés comme "normal/anormal", "vérifié/non vérifié", etc. permettent d'aiguiller et de canaliser la méfiance du public. La censure, trop brutale et trop voyante, est passée de mode ; on lui préfère aujourd'hui la mise en avant d'une information de "qualité", que le traitement de l'actualité par ceux qui s'en réclament met pourtant largement en doute.

Il n'est pas sûr que la manœuvre fonctionne. L'élection de Donald Trump contre vents et marées médiatiques a montré que les citoyens américains étaient désormais prêts à se forger leur propre opinion. En Europe, en revanche, l'issue de la bataille est encore incertaine.

09 novembre 2016

Make America Great Again - Trump est élu

Les résultats des élections américaines sont sous toit. Trump est élu - avec une marge confortable.

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Les électeurs ont parlé.

La légendaire campagne d'Hillary Clinton

Dire que l'élite de l'Amérique roulait pour Hillary Clinton serait en-deçà de la vérité, et ceux qui ont suivi cette campagne de près s'en souviendront toute leur vie. La mémoire d'Internet sera là pour rappeler éternellement aux donneurs de leçons leur manque de crédibilité. S'il y a bien une chose à laquelle que je n'imaginais pas assister de mon vivant, c'était à une unanimité et un manque d'esprit critique plus grands encore que lors des deux élections de Barack Obama. Les records sont faits pour être battus...

Démocrates, médias américains et étrangers, Silicon Valley, vedettes de la musique ou du sport, Wall Street, Hollywood, Google, Facebook, tous soutenaient à bout de bras une présidence Clinton. Même des Républicains de haut rang!

Remportant ses débats aux dires des journalistes, volant de victoire en victoire en engrangeant les soutiens selon les journaux télévisés, rien ne semblait plus en mesure d'arrêter Hillary Clinton jusqu'à son plébiscite le 8 novembre. En termes médiatiques américains, on appelle cela un "narrative", une façon de raconter l'information. Les faits sont continuellement filtrés, mis en valeur ou passés sous silence selon la façon dont ils s'intègrent dans la légende en cours d'écriture. Le flot de l'actualité est tellement canalisé que sa force entière ne sert plus qu'à mouvoir le moulin de la propagande.

La révélation de "propos de vestiaire" sexistes de Trump, enregistrés à son insu onze ans plus tôt, devaient être le dernier clou du cercueil de sa candidature. Il est de coutume de livrer des informations salaces sur un candidat au beau milieu de la campagne présidentielle ; là encore, les journalistes amis (c'est un pléonasme) jouèrent leur partition à fond. Le grand public fut abreuvé jusqu'à la nausée de propos indignés tournant en boucle, de protestations, de femmes exprimant leur dégoût, avant que ne sorte du bois de nouvelles victimes affirmant de façon très artificielle la façon dont Trump les avait pelotées ou draguées jusqu'à trente ans plus tôt.

Certains sondages donnèrent jusqu'à douze points d'avance à Hillary Clinton. On en aurait presque oublié qu'ils étaient tous plus faisandés les uns que les autres!

L'ascension de Trump

En face du camp démocrate, Donald J. Trump, n'était pourtant pas exactement le genre d'individu à prendre à la légère.

Les commentateurs abasourdis sont bien forcés de le constater aujourd'hui, M. Trump avait quelques qualités. Au départ, il n'avait pour lui que sa répartie d'ancienne vedette de télé-réalité et un portefeuille garni, qui lui évitait cette course aux levées de fonds, flirtant avec la corruption, à laquelle se soumettent habituellement les candidats.

Il triompha d'innombrables obstacles méthodiquement, les uns après les autres. Le premier d'entre eux fut d'attirer sur lui l'électorat républicain. Celui-ci avait le choix - il y avait seize autres candidats aux primaires républicaines. Cette époque correspond aussi à la courte lune de miel entre Trump et les médias. Trump générait de l'audience, choquait par son franc-parler, ses répliques assassines, ses tweets. À cette époque la presse l'adorait, mais - car il faut le souligner - seulement pour mieux se moquer de lui. Il fut qualifié tour-à-tour de clown, de bouffon et d'autres termes plus méprisants encore. Les Démocrates ne furent pas plus perspicaces ; pendant longtemps l'état-major du Parti de l'Âne regarda avec bienveillance l'ascension de Trump car il était jugé plus facile à battre par Hillary!

La popularité de Trump fut pourtant assez vite démontrée, résistant au dénigrement continuel dont il faisait l'objet. N'étant pas politicien de carrière, il partait en campagne sans le moindre réseau politique. La faiblesse du lien entre Trump et la classe politique se révélait finalement une force, car il cristallisait sur sa candidature les innombrables déçus des années Obama et d'une Amérique en panne, convaincue de la corruption galopante de Washington - de nombreux Américains qui n'étaient ni Républicains, ni Démocrates. Le camp démocrate subit le même vent de protestation à travers la candidature de Bernie Sanders, mais Hillary, incarnant le statu-quo et la continuité, remporta l'investiture. Les "rebelles" (dont des supporters de M. Sanders!) n'eurent donc plus que Trump vers qui se tourner.

Bizarrement, l'analyse la plus juste du tremblement de terre en préparation vint selon moi de Michael Moore. Le réalisateur de faux documentaires engagés, hypocrite au possible quant à ses valeurs, se démarqua de l'enthousiasme artificiel du camp démocrate en livrant deux semaines avant les élections une confession dangereusement proche d'un retournement de veste. Dans une vidéo, il exprima ce qui constituait selon lui la quintessence du vote Trump, la protestation.

[Que Trump pense ce qu'il dise ou non] est une question non pertinente parce qu'il parle à ceux qui souffrent, et c'est pourquoi tous ces sans-nom, cette masse laborieuse oubliée qui faisait partie de ce qu'on appelait la classe moyenne, ces gens démolis, aiment Trump. Il incarne le cocktail Molotov qu'ils ont tant attendu, la grenade humaine qu'ils peuvent légalement balancer dans ce système qui a volé leur vie. Et le 8 Novembre, bien qu'ils aient perdu leur emploi, qu'ils aient été évincés par la banque, qu'à côté survienne ensuite le divorce et le départ de la femme et des enfants, que leur voiture ait été saisie, qu'ils n'ont pas eu de vraies vacances depuis des années, qu'ils soient coincés dans le plan "bronze" de cet Obamacare de merde où vous ne pouvez même pas obtenir un putain d'analgésique, ils ont essentiellement perdu tout ce qu'ils avaient, sauf une chose - la seule chose qui ne leur coûte pas un centime et qui leur soit garantie par la Constitution américaine: le droit de vote. (...)

Ils voient que l'élite qui a ruiné leur vie exècre Trump. L'Amérique corporatiste a Trump en horreur. Wall Street abhorre Trump. Les politiciens de carrière haïssent Trump. Les médias méprisent Trump, après l'avoir aimé et propulsé, et ensuite détesté. Merci les médias: l'ennemi de mon ennemi est celui pour qui je voterai le 8 novembre.


Le support permanent et inconditionnel de l'establishment en faveur de Clinton finissait par être une arme à double tranchant.

Quand le narrative déraille

Longtemps avant le scrutin, Donald Trump avait assimilé son accession au pouvoir au Brexit, la victoire surprise sur toutes les prédictions. Sur les îles britanniques, le Brexit fut rendu possible par une masse inégalée d'électeurs se rendant aux urnes pour faire entendre leur voix - des gens qui n'avaient jamais voté de leur vie auparavant. Les analyses de ce scrutin montreront sans doute que c'est aussi le cas ici.

Il y eut pourtant de nombreux signes avant-coureur d'un problème dans le camp démocrate. Les manipulations pour écarter l'unique challenger Bernie Sanders. L'affaire des e-mails puis son classement par le FBI, perçus par le grand public comme un abominable traitement de faveur vis-à-vis des lois. Près de 70% des Américains considéraient qu'Hillary Clinton était une menteuse indigne de confiance.

Le malaise de Clinton lors des cérémonies du 11 septembre renforça l'impression d'une femme affaiblie et fatiguée, tout en donnant lieu à une nouvelle salve de demi-vérités.

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Le coup de grâce vint de nombreuses fuites révélées par Wikileaks (bien que passées sous silence par les médias) ainsi que de la découverte de milliers d'e-mails cachés sur les portables d'aides de longue date d'Hillary Clinton, forçant James Comey, directeur du FBI, à rouvrir une enquête sur la candidate à quelques jours du scrutin. La presse ne pouvait pas ignorer pareils développements. Des membres haut placés de la Clinton Foundation se mirent à table. Le FBI trouva la preuve que les dizaines de milliers d'e-mails détruits par Hillary n'étaient de loin pas des messages anodins concertant "les cours de yoga de sa fille". Barack Obama était lui aussi impliqué en ayant une parfaite connaissance du serveur mail privé de sa Secrétaire d’État, et en utilisait un lui-même.

Le directeur du FBI James Comey (dont on attend la démission désormais) eut beau céder une nouvelle fois aux exigences de la Ministre de la Justice Loretta Lynch, le grand public ne fut pas dupe de ces manœuvres. L'administration Obama avait abandonné depuis longtemps toute forme d'équité pour se tourner entièrement au service de la candidate démocrate.

Aujourd'hui, plusieurs enquêtes subsistent contre Hillary Clinton, à commencer par la fondation du même nom. Avec cet échec électoral la Maison Clinton est enfin tombée, emportant dans sa chute d'innombrables complices dont nous apprendrons beaucoup ces prochains mois. De nombreux politiciens corrompus finiront sans doute en prison, ce qui s'avère une perspective réjouissante. Le dernier slogan de campagne de Trump était Drain the swamp, "assécher le marais", évoquant la puanteur et la pourriture imprégnant les élites de Washington, mais aussi l'ampleur de la tâche à accomplir.

Sondage Contre Vote

Comme pour le Brexit, les mensonges répétés dans les sondages jour après jour, heure après heure, n'ont pas suffi. Les citoyens américains se sont mobilisés en masse pour soutenir Donald Trump, et la vérité ne se trouve qu'au fond des urnes.

Il est possible qu'une partie de la propagande pro-Clinton ait découragé certains de ses partisans de se déplacer ; mais en réalité, la victoire vient bien davantage de la mobilisation des pro-Trump. Pour le comprendre, un autre témoignage nous vient de Scott Adams, le créateur du célèbre Dilbert. Commentant et analysant avec beaucoup de recul les "performances" des deux candidats à la présidence, il en vint à se rapprocher de Trump en toute rationalité. Jusqu'à en être menacé à titre personnel. Mais cela ne l'amena pas à fuir, bien au contraire, et comprendre sa démarche revient à comprendre la mentalité de nombreux électeurs républicains lors de cette élection.

J'ai essayé de comprendre le trait d'union qui relie ensemble les supporters de Clinton. Autant que je puisse en juger, la volonté d'intimider autrui sous toutes ses formes en est la caractéristique dominante.

  • Si vous avez une pancarte Trump sur votre pelouse, ils vous la voleront.
  • Si vous avez un autocollant Trump sur votre voiture, ils vous la rayeront.
  • Si vous évoquez Trump au boulot, vous risquez de vous faire virer.
  • Sur les réseaux sociaux, presque chaque message que je reçois d'un défenseur de Clinton est une intimidation sous une forme ou une autre. Ils vous insultent. Ils essaient de vous faire honte. Ils vous étiquettent. (...)

L'équipe d'Hillary Clinton a réussi à perpétrer une des pires vilenies auxquelles j'ai pu assister dans ma vie. Sa campagne a présenté les partisans de Trump - une bonne moitié de l'électorat - comme des nazis, des gens sexistes, homophobes, racistes, et autres termes dégradants (...) [Le] portrait de Trump par Clinton offre une parfaite justification morale pour tout acte d'intimidation en ligne ou en personne. Nul ne peut être méchant en s'opposant à Hitler, pas vrai?


Résultat, la campagne de Clinton a divisé l'Amérique comme jamais auparavant. Clinton, et seulement Clinton.

Oui, oui, je me rends compte que des partisans de Trump ont eux aussi eu des mots très durs pour les supporters de Clinton. Je ne prends pas la défense des pommes pourries de chaque panier ; je signale simplement que Trump avait pour message d'unir tous les Américains sous une seule bannière. Le message de Clinton était, lui, que certains Américains étaient de "bonnes personnes" et que les autres, 40% à l'époque, étaient des gens "déplorables", digne d'être pointés du doigt, vandalisés, punis par la fiscalité et la violence. Elle a littéralement tourné les Américains les uns contre les autres. Il est difficile pour moi d'imaginer un candidat à l'élection présidentielle faire quelque chose de pire.

Je vais le répéter.

Autant que je puisse en juger, la pire chose qu'un candidat à l'élection présidentielle puisse faire est de jeter les Américains les uns contre les autres. Hillary Clinton a fait exactement cela.

Intentionnellement.


Les Américains se sont rebellés - lassés des insultes, des intimidations, d'être tancés par des gens prétendant parler en leur nom, lassés d'être accusés de tous les maux de l'Amérique alors que les responsabilités en étaient dans le camp d'en face. Les Américains n'aiment pas les bullies, les brutes qui cherchent à dominer par l'intimidation.

Aujourd'hui, comme Trump l'annonça dans son discours d'investiture, l'heure est à la réconciliation. Et pour de nombreux Américains, à un authentique espoir.

Donald J. Trump, 45e président des États-Unis

L'élection du 8 novembre ne concernait pas seulement le Président des Etats-Unis, mais aussi la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Comme on pouvait s'en douter, les électeurs qui ont fait l'effort de voter pour Trump n'avaient pas spécialement envie de lui lier les mains et choisirent donc de mettre au pouvoir de nombreux élus républicains.

Loin des sondages, une fois de plus, les résultats sont là: les deux chambres sont désormais sous le contrôle des Républicains. Les Démocrates étaient coutumiers du fait, notamment en 2008 avec Obama, mais pour les Républicains il faut remonter à 1924 pour retrouver pareille configuration.

usa,donald trump,hillary clinton,électionsDans les faits, cela signifie que le Président Trump dispose des majorités nécessaires pour instaurer son programme de campagne. De nombreuses réformes désastreuses et socialisantes instaurées par Obama, comme l'Obamacare, seront probablement annulées.

En outre, le Président Trump sera en mesure de nommer les prochains juges de la Cour Suprême - un des neuf sièges est à pourvoir immédiatement, et jusqu'à quatre d'entre eux devraient être nommés ces prochaines années.

Enfin, on peut s'attendre à ce que l'horizon se dégage sur nombre de dossiers internationaux, notamment la guerre en Syrie, le nucléaire iranien et les relations avec la Russie.

Donald Trump n'a jamais caché son scepticisme quant au controversé Réchauffement Climatique d'Origine Humaine, et pourra mettre en œuvre sa vision de l'immigration - et démontrer aux autres nations ce qu'il est possible de faire en la matière.

Nos gauchistes de service ne devraient pas trop désespérer: il est probable que le fameux TIPP dont ils se méfient tant vienne de dérailler sous leurs yeux. Wall Street et tout le big money soutenant Clinton-la-corrompue viennent de se prendre une veste. Les temps sont mûrs pour reconstruire un parti démocrate sur des bases plus saines.

Après le Brexit libérant le Royaume-Uni, les Américains viennent aussi de se libérer du joug de leurs élites. L'avenir se montre à nouveau riche de promesses.