26 mars 2017

Candidat au Grand Conseil !

Le marché de Renens hier matin a été l'occasion pour les différentes sections UDC de l'Ouest Lausannois de lancer formellement la campagne électorale pour les Élections Cantonales 2017, qui verront le renouvellement du Grand Conseil vaudois et du Conseil d'État.

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Fabien Deillon et votre humble serviteur (cliquez pour agrandir)

Les enjeux de cette législature sont importants, avec une fragile majorité de droite au Grand Conseil face à un Conseil d'État à majorité de gauche. Chacun sent bien que cette étrange situation vaudoise a quelque chose de transitoire. Quelques voix pourraient suffire à renverser le rapport de force - soit en donnant à la gauche une majorité au Grand Conseil cohérente avec sa force au Conseil d'État, soit en ramenant enfin celui-ci dans le giron de la droite.

L'élection de Jacques Nicolet aux côtés des trois Conseillers d'État sortants Pascal Broulis, Jacqueline de Quattro et Philippe Leuba revêt donc un caractère essentiel. Quelles que soient les réserves de certains électeurs de centre-droit à l'encontre de l'agriculteur de Lignerolle, il faut bien comprendre que le siège qu'il vise échoira à Cesla Amarelle ou Béatrice Métraux en cas d'échec - tout en offrant à la gauche une majorité renouvelée. L'issue du scrutin dépend largement de la capacité des électeurs du PLR à saisir ces enjeux.

Au Grand Conseil, les choses sont plus simples: l'élection se joue à la proportionnelle dans chaque district. Sur les quatorze sièges dévolus à l'Ouest Lausannois, l'UDC n'en a que deux ; la marge de progression est donc importante. La liste, tirée par les sortants Michel Miéville d'Écublens et Fabien Deillon de Prilly, un de mes mentors, pourrait arracher un troisième siège en vertu de la progression des idées de notre parti dans la population et de notre alliance avec le PLR.

C'est donc une période haletante de campagne qui s'ouvre jusqu'au 30 avril, les partis allant à la rencontre des citoyens. Sur les marchés, les stands rivalisent d'inventivité - barbecue, fleurs, bonbons et autres verres de vin blanc se distribuent dans la bonne humeur au milieu d'un foisonnement d'affiches et de slogans. Mais derrière l'apparente superficialité de ces contacts les enjeux cantonaux sont importants: reconnaissance de l'islam comme religion officielle, éducation, exécution des renvois des requérants d'asile déboutés, charge fiscale et politique d'aménagement du territoire, pour n'en citer que quelques-uns.

Je me retrouve donc parmi nos quatorze valeureux candidats, et j'espère que ce modeste blog vous aura permis au cours de ces dernières années de vous faire une idée de mes opinions politique et de mon engagement sur divers sujets. Si vous pensez que certains candidats le méritent, n'hésitez pas à doubler leur nom sur les bulletins de vote! Nous verrons bientôt si mon horizon politique est destiné à dépasser Renens, chef-lieu de notre district.

Au cours de ces prochaines semaines vous pourrez me retrouver sur les divers marchés de l'Ouest Lausannois: Bussigny le 1er avril, Renens les 8 et 15, Écublens le 22. Souhaitez-moi bonne chance!

27 septembre 2016

L'hospitalité, sans limite

L'histoire du Sleep-In de Renens est celle d'une Suisse naïve qui découvre les premières vagues de la déferlante migratoire et des autorités qui gèrent le dossier de l'immigration illégale avec faiblesse et naïveté. Elle mérite d'autant plus d'être contée qu'elle n'est pas terminée.

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Le bâtiment du Sleep-in est désormais ceinturé de grillages, au grand dam des travailleurs sociaux qui y travaillent encore. (cliquez pour agrandir)

Installé dans une bâtisse historique, le Sleep-In de Renens est une structure d'accueil pour sans-abris, cogéré par les communes de Lausanne et Renens. Si ces lieux sont régulièrement surchargés l'hiver, c'est bien au cœur de l'été 2015 que le grand public apprit son existence. Son jardin fut envahi par des dizaines de migrants africains dans des conditions de salubrité déplorable ; le fait fut rapporté dans les médias.

Un budget de logement illimité

Le sujet préoccupa le Conseil Communal de Renens. Lors d'un rappel de la loi sur l'accueil des migrants donné par l'exécutif de la Ville, l'assemblée découvrit que la loi vaudoise oblige les autorités à trouver immédiatement un logement pour tout demandeur d'asile, le soir même et à l'hôtel au besoin - sans limite de budget.

Malgré tout, la généreuse loi vaudoise ne pouvait même pas être invoquée dans ce cas, les migrants principalement nigérians du Sleep-in refusant de décliner leur identité. Outre des demandes d'asile déjà rejetées, un bon nombre de ces messieurs était en effet en délicatesse avec la justice pour de menues histoires de trafic de drogue et soumis à des arrêtés d'expulsion.

Un gouvernement de gauche totalement inactif

Les occupants avertis qu'ils "s'exposaient désormais aux rigueurs de la loi" n'eurent pas trop à en souffrir. Il revient au Canton de renvoyer des requérants déboutés, mais Vaud et son gouvernement à majorité de gauche se démarquent depuis longtemps par le plus haut taux de renvois non exécutés de Suisse - au point que Mme Sommaruga elle-même exprima un rappel à l'ordre. Imagine-t-on les limites à franchir pour en arriver là?

Finalement chassés du Sleep-In, les immigrés illégaux investirent plusieurs squats successifs à Renens et Lausanne, ajoutant la violation de propriété à leurs méfaits. Le groupe initial s'éparpilla progressivement mais semble continue à graviter dans l'Ouest Lausannois.

On imagine mal que tous ces gens soient repartis en Afrique, et ce ne sont pas les autorités locales qui les mettront dans l'avion.

Première publication dans le numéro de septembre 2016 de Franc-Parler, le journal de l'UDC suisse.

20 mars 2016

La Municipalité de Renens est sous toit

Ce dimanche vit le second tour des élections à la Municipalité dans diverses communes du canton de Vaud, dont celle de Renens, où votre serviteur était candidat!

La participation était de 25,34%, un score minable et encore en baisse par rapport au premier tour. Là où le scrutin du 28 février proposait en plus des élections des objets susceptibles de mobiliser l'électorat, l'affiche de ce 20 mars ne concernait rien d'autre qu'un référendum de l'extrême-gauche contre la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III) dont le résultat était couru d'avance à partir du moment où même les socialistes choisirent de la soutenir.

Le dépouillement occupa les vaillants sélectionnés une partie de la journée avant que les résultats officiels ne soient publiés au cours de l'après-midi. Si vous vous posez la question, RIE III fut acceptée à 87,12% au niveau cantonal...

Voici donc sous forme de tableau les résultats du 2e tour par ordre de popularité des Municipaux, étant entendu que les sept premiers décrochent une place à la Municipalité:

Municipalité (7 sièges)
  2e tour
1er tour
Jean-François Clément (PS) - Réélu 1'967 1'634
Tinetta Maystre (Les Verts) - Réélue 1'914 1'073
Didier Divorne (POP) - Réélu 1'871 1'281
Myriam Romano-Malagrifa (PS) - Réélue 1'786 1'587
Patricia Zurcher Maquignaz (PS) - Nouvelle élue
1'754 1'344
Karine Clerc (POP) - Nouvelle élue 1'663 1'071
Olivier Golaz (PLR) - Réélu 1'300 1'279
Jean-Marc Dupuis (PLR) - Non réélu 1'236 1'188
Stéphane Montabert (UDC) - Non élu 526 678

Nous verrons donc une Municipalité fortement ancrée à gauche avec 3 socialistes, 2 communistes et 1 verte, et un rescapé PLR perdu au milieu.

L'étonnante progression de la gauche s'explique aisément. Au premier tour, chaque parti présentait ses candidats sur une liste propre ; au second, les partis de gauche s'affichèrent sur un ticket commun. Les six mêmes noms se retrouvèrent ainsi sur un bulletin de vote unique réunissant les voix de tous ceux qui avaient soutenu les socialistes ou les communistes ou les verts au premier tour. Le cumul des voix garantit un score retentissant! On notera notamment la remontée spectaculaire de Mme Maystre, propulsée de la septième à la deuxième place entre les deux scrutins. Les électeurs de gauche ont joué à plein le jeu de l'unité.

Bien sûr, la droite aurait dû avoir l'intelligence de faire de même mais s'en abstint à cause d'un refus du PLR ; les raisons de ce désastre prévisible sont expliquées ici. Le résultat ne se fit pas attendre: le PLR perd un siège, alors qu'une alliance avec l'UDC aurait visiblement permis à M. Dupuis de passer devant Mme Clerc et donc de sauver son siège.

Une droite à reconstruire

Berné par les promesses de la gauche, le PLR renanais partait perdant en déclinant une alliance avec l'UDC. Il lutta comme un beau diable durant la campagne l'espoir de combler son retard et n'y parvint pas. Le résultat des urnes montre qu'il était assez loin du compte.

élections,municipalité,plr,udc

L'affiche de campagne du PLR pour le second tour, aussi confuse que les positions du parti.

Cette combativité tardive était plutôt une bonne surprise mais ne pouvait plus rien sauver à partir du moment où la droite partait divisée. La droite unie correspond évidemment au souhait des électeurs ; sur de nombreux bulletins les Renanais choisirent d'associer PLR et UDC.

De mon côté, je ferme la marche, ce qui est conforme au rôle d'outsider que j'ai tenu durant toute la campagne. Nous nous sommes bien battus et je n'ai pas à rougir de mon score ; sa relative diminution s'explique par des Renanais qui prêtèrent foi au discours PLR appelant à "sauver la droite".

élections,municipalité,plr,udcJe salue et j'exprime mon plus profond respect à l'équipe UDC de Renens qui m'aida par son implication et son énergie à mener une très belle campagne. Une alliance avec le PLR aurait été nécessaire pour un meilleur résultat mais celle-ci était de toute façon délicate avec un parti qui passa son temps à voter avec la gauche durant la législature écoulée.

C'est d'ailleurs pour cette raison que je me lançai au second tour avec le slogan "Pour une vraie droite à Renens", étant entendu qu'aujourd'hui seule l'UDC représente une réelle opposition. Après tout, avec six sièges pour la gauche, autant accorder le septième à un véritable opposant plutôt qu'à un béni-oui-oui!

Ce soir le PLR renanais est face à de profondes interrogations. S'il se contente d'être le strapontin de la majorité de gauche, alors toute alliance entre nos formations restera difficile. Le PLR restera vissé sur son dernier siège jusqu'à ce que les électeurs de droite se lassent d'une opposition de pacotille. Si au contraire il assume enfin son rôle à droite - posture à laquelle il n'est guère habitué - alors nous pourrons travailler main dans la main et proposer à Renens un autre futur que la trajectoire actuelle de chômage, d'assistanat social et de chantiers publics financés par la dette.

Le PLR a donc son destin entre ses mains. Nous verrons dans les cinq ans à venir le chemin qu'il s'est choisi.

En attendant, que tous les Renanais qui ont eu la flemme de s'impliquer dans les élections communales ne viennent pas se plaindre de ce qui les attend!

10 mars 2016

Le PLR renanais s'encouble

Empêtré dans les conséquences de ses propres intrigues, le PLR de Renens se prépare à une grosse crise interne au soir du 20 mars à l'issue du second tour des élections municipales.

Plongeons-nous dans les profondeurs troubles de la politique locale...

Le contexte du Premier Tour

Tous les partis de Renens (POP, PS, Verts, PLR, UDC) partirent en ordre dispersé, donnant lieu à un ballottage général. Il était donc prévu que les forces se rassemblent à gauche comme à droite. Quelle allait être la nouvelle répartition des forces politiques face à la composition sortante, 2 POP, 2 PS, 1 Vert et 2 PLR, soit 5+2, cinq de gauche et deux de centre-droit?

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Dramatis personae (montage 24Heures - cliquez pour agrandir)

Chaque camp devait faire face à ses propres défis. La gauche devait composer avec une coalition disparate mêlant ambition socialiste, volonté de maintien du POP et sauvetage du siège écologiste. Les composantes de la gauche plurielle devraient trouver la quadrature du cercle pour composer leur ticket à cinq sièges.

La droite devait s'unir de son côté, le PLR ayant finalement accepté une alliance pour le second tour pour enfin tenter de prendre un siège à la gauche - probablement le siège vert ou le second siège du POP. M. Gruber n'ambitionnant de toute façon pas d'être Municipal, il était prévu qu'il se retire pour nous laisser sur un ticket à trois.

Évidemment, rien ne se passa comme prévu.

Le PS, faiseur de rois contrarié

Les résultats du premier tour furent conforme aux attentes jusque dans le mauvais score de l'écologiste sortante, Mme Maystre. Elle arriva en septième position, derrière le PLR, avec seulement deux voix d'avance sur la huitième, la candidate du POP choisie pour remplacer Marianne Huguenin. Le décor d'une lutte fratricide POP-Vert pour l'obtention de ce siège était donc planté.

La droite unie avait une chance réelle de s'en emparer.

Prenant finement conscience du danger, le PS proposa un deal au PLR. Qu'il accepte de renoncer à l'affrontement et la gauche reconduirait la formule 5+2 ; qu'il s'allie dans une coalition de droite pour tenter un troisième siège et la gauche riposterait en s'attaquant à son tour à un des siens. La mêlée générale pourrait donc tout aussi bien déboucher sur une formule 5+2 que 4+3 ou 6+1.

Pesant gains et pertes potentiels, le comité du PLR accepta (dans le plus grand secret) la proposition socialiste. Il refusa dès lors toute alliance avec l'UDC. Il nous conseilla même de renoncer à nous lancer au second tour pour obtenir une élection tacite! Ce manque de combativité pour des raisons que nous ne soupçonnions pas entraîna une profonde déception dans nos rangs. Partant divisée, la droite n'avait aucune chance de conquérir un nouveau siège.

Malheureusement pour les comploteurs, même à gauche les choses ne se passèrent pas comme prévu. Le POP refusa d'abandonner un siège aux socialistes, déclenchant une crise interne. Les palabres entre partis de gauche s'étalèrent de six heures à minuit le lundi soir. Sous la pression d'un POP intransigeant, la seule solution trouvée fut de passer à un ticket à 6. Au nom de l'apaisement, l'équilibre de la Municipalité passerait à 6+1. Le siège capturé au PLR reviendrait à une candidate d'extrême-gauche, Karine Clerc, probablement bien moins conciliante avec les socialistes que l'élu sortant qu'elle remplacerait...

Contre toute attente, le PS se retrouva à renier les promesses tenues au PLR alors que celui-ci avait tenu sa part du marché. Ambiance!

Le PLR empêtré dans ses compromissions

Le dépôt des candidatures pour le second tour fut plutôt houleux, le PLR découvrant qu'il avait été perdant sur tous les fronts. Non seulement il n'attaquerait pas la gauche (ce à quoi il s'était engagé) mais en plus il perdrait un siège là où seule une alliance avec l'UDC aurait pu lui donner une chance de se maintenir. Perdant-perdant.

Différents protagonistes passèrent donc leurs nerfs sur Facebook, révélant au passage le pot-aux-roses:

PLR_renens_compromis.png

Les "5 promis face aux 2 PLR" ? Que de beaux engagements entre prétendus adversaires! S'il était besoin, le PS confirma par la plume de Mme Romano-Malagrifa:

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Chacun certifie la main sur le cœur qu'il était pour garder la formule 5+2, morte dès le dépôt des listes...

Outre la belle entente entre adversaires politiques, les pièces du puzzle tombent en place sur la législature écoulée.

Nous nous étions demandé cinq ans durant pourquoi le PLR était une si piètre force d'opposition. Nous avons désormais la réponse. Depuis cinq ans, le PLR se donne le rôle de membre de la majorité. Les Municipaux du PLR avaient une si haute vision de cette "belle équipe unie" qu'ils finirent par se bercer de leur propre discours. Tombant des nues en découvrant que leur partenaire PS leur préfère la gauche plurielle, ils subissent un douloureux retour à la réalité.

L'entente PLR-PS explique bien des aberrations dont nous avons été témoins. Le manque de combativité des Municipaux PLR. La complaisance du groupe PLR votant main dans la main avec la gauche au Conseil Communal pour approuver budgets, dépenses et même l'augmentation de salaire des Municipaux. Pendant toute une législature, le PLR renanais s'est bel et bien comporté comme le partenaire de coalition des socialistes!

L'opposition, la vraie

Placés dans ce contexte, entendre les mêmes clamer aujourd'hui qu'il faudrait voter PLR au nom de la "santé financière de la ville" ou de la "sécurité" relève d'une hypocrisie que seuls ceux qui suivent les votes au Conseil communal peuvent apprécier pleinement.

Tout le PLR n'est pas à jeter, évidemment ; certains voyaient d'un bon œil la création d'une section UDC en ville et m'encouragèrent même à me lancer en politique pour dynamiser la droite locale. Ils n'auraient jamais imaginé le niveau de compromission atteint par les édiles de leur propre parti avec leurs prétendus adversaires de gauche.

Que les choses soient claires: le 20 mars la droite de Renens n'aura plus qu'un siège. Dans cette ville la gauche est encore plus forte qu'à Lausanne, c'est tout dire! Le seul enjeu de cette élection, le seul suspense en quelque sorte, consiste à savoir qui occupera ce septième siège. Il n'y a que trois candidats en lice, deux PLR et un UDC. L'incertitude électorale se produira donc uniquement à l'intérieur de la droite.

Bien entendu, une campagne digne de ce nom amène son lot de coup pourris jusqu'à la dernière seconde. Les deux sortants du PLR savent compter ; n'ayant absolument aucune chance de sauver leurs deux sièges, leurs appels "solennels" sonnent bien creux. Ils ne visent qu'à siphonner les voix de la droite pour couper l'herbe à l'UDC, car là se situe pour eux la menace. Les électeurs déçus par leur pseudo-opposition pourraient se tourner vers l'UDC.

De par leurs compromissions avec la gauche, j'estime que MM. Dupuis et Golaz sont discrédités. Quoi qu'il advienne, leurs carrières politiques respectives s'achèvent le 20 mars. L'un sera éjecté, l'autre réduit dans ce qui sera probablement son dernier mandat au rôle de croupion d'une Municipalité massivement à gauche. Il est évidemment possible qu'ils soient évincés tous les deux.

Le choix en revient aux électeurs de droite de Renens. Souhaitent-ils perpétuer ce système de fausse opposition en soutenant le PLR, ou créer une réelle alternative avec l'UDC? Contraindre le PLR à un passage dans l'opposition le forcerait à se régénérer et enfin adopter une politique de droite. Il serait temps!

Il faudra probablement attendre 2021 pour voir émerger au niveau municipal une véritable opposition à Renens, entre une UDC expérimentée et un PLR enfin débarrassé de ses manigances politiques. Cela fait bien loin.

Mise à jour (11 mars): un débat sur le second tour a eu lieu jeudi soir sur La Télé, dans lequel j'ai pu lâcher quelques vérités bien senties.

Pour ceux qui n'ont pas une heure à perdre à regarder cette émission, voici le timing de mes interventions:

08:51 Analyse du premier tour
12:33 Les propos de Jean-Marc Dupuis et une petite riposte...
26:52 Développement urbain et fiscalité
39:32 RIE III
46:40 Des impôts élevés qui rapportent peu, un dilemme renanais

01 mars 2016

Renens, la Nuit des Couteaux à Beurre

Sur l'échelle strictement locale, le 28 février fut également l'occasion du premier tour des élections communales vaudoises. Le scrutin eut une saveur particulière à Renens, quatrième ville du canton, puisqu'à l'inverse de Lausanne les jeux était ouverts, chaque parti se lançant séparément à la Municipalité.

Il s'agit donc d'une analyse un peu plus exhaustive que celle, sommaire, que j'ai pu livrer sur le plateau de La Télé dimanche soir.

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A l'aube du dépouillement.

Commençons par les résultats du Conseil Communal.

Conseil Communal (80 sièges)
  2016 2011
Parti Socialiste 24 (+6) 18 (-3)
PLR 20 (+1) 19 (-4)
POP - Fourmis Rouges 17 (-6) 23 (+3)
UDC 10 (-) 10 (+10)
Les Verts 9 (-1) 10 (-1)

Les chiffres entre parenthèses renvoient à l'évolution vis-à-vis du scrutin précédent. La variation indiquée entre parenthèse pour 2011 (montrant l'écart avec 2006) doit être relativisée, une liste de cinq sièges disparaissant lors de cette élection.

L'extrême-gauche POP / Fourmis Rouges subit la loi d'un Parti Socialiste hégémonique au sein de la gauche plurielle. Le PLR grignote un siège aux Verts. Au coude-à-coude avec eux en 2011, l'UDC prend la tête. La stabilité du parti est plutôt une bonne surprise pour ces élections qui ont vu l'UDC affronter un vent contraire avec le mauvais score vaudois de l'Initiative de Mise en Œuvre. Merci aux électeurs qui nous ont fait confiance!

Il n'y a guère de glissement gauche-droite au Conseil Communal de Renens, mais le premier tour de l'élection à la Municipalité s'avère plus instructif.

Municipalité (7 sièges)
  2016 2011
Jean-François Clément (PS) 1'634 2'163
Myriam Romano-Malagrifa (PS) 1'587 2'113
Patricia Zurcher Maquignaz (PS) 1'344 -
Didier Divorne (POP) 1'281 -
Olivier Golaz (PLR) 1'279 911
Jean-Marc Dupuis (PLR) 1'188 777
Tinetta Maystre (Les Verts) 1'073 2'040
Karine Clerc (POP) 1'071 -
Florian Gruber (PLR) 1'036 -
Johnson Bastidas (POP) 952 -
Nathalie Jaccard (Les Verts) 761 -
Stéphane Montabert (UDC) 678 504
Gérard Duperrex (UDC) 606 -
Roland Delapierre (PEV) 144 -

Les résultats sont donnés par ordre décroissant. La comparaison avec les scores de 2011 est purement indicative: à l'époque, la gauche partait unie avec un ticket de cinq candidats (2 POP, 2 PS et 1 Vert) qui furent tous élus dès le premier tour. Il n'y eut pas de second tour à Renens, les deux candidats du PLR Olivier Golaz et Jean-Marc Dupuis obtenant leurs sièges tacitement.

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Dans le premier tour ci-dessus, chacun des six sortants emmena avec lui un ou plusieurs colistiers qui purent profiter de sa notoriété - la fameuse "prime au sortant". Les partis représentés à la Municipalité n'eurent donc aucun mal à occuper le haut du classement. Les six sortants et leurs cinq colistiers occupent fort logiquement les onze premières places. L'UDC vient ensuite, selon un résultat somme toute assez logique. J'obtiens un score personnel d'un peu moins de 16%, à comparer aux 38,5% engrangés par Jean-François Clément.

L'intérêt de cette élection à Renens portait surtout sur la recomposition de la gauche. En avançant trois candidats tout en annonçant briguer le poste de Syndic, les socialistes affichèrent leurs ambitions - et leur appétit. Ce premier tour ouvert permit de mesurer la force réelle de chaque parti. La figure historique du POP Marianne Huguenin s'étant retirée du jeu, les candidats socialistes dominèrent largement. Le "tout-juste-sortant" Didier Divorne, en poste depuis moins d'un an, se fit distancer alors qu'il est encore le mieux placé de son groupe. Vinrent ensuite les candidats du PLR. La Municipale verte se vit sévèrement sanctionnée, obtenant le plus petit score parmi les sortants, derrière la droite.

Renens, à la lausannoise

Lundi soir, les groupes politiques définirent donc leur stratégie pour la conquête des sept sièges de la Municipalité. Le terme de Nuit des Longs couteaux est sans doute trop ambitieux pour les petites cuisines de la politique renanaise!

Approché dès le dimanche par l'UDC pour une alliance électorale formelle au second tour, le PLR refusa sèchement. Contrairement aux discussions qui avaient pu avoir lieu en amont, ses responsables expliquèrent alors que leur objectif était de conserver leurs deux sièges et qu'ils n'auraient "rien à gagner" à déterrer la hache de guerre avec la majorité de gauche. Les électeurs de droite apprécieront. Bien entendu, cette fin de non recevoir douchait tout espoir d'un troisième siège de droite à la Municipalité, marque d'un rééquilibrage nécessaire. Écœuré par cette passivité, c'est avec un certain dégoût que je ressortis de cette entrevue déconcertante.

De leur côté, lundi soir, dans une ambiance de veillée d'armes, les trois partis de gauche installés dans trois salles différentes de la Salle de Spectacle de Renens tinrent conseil jusque tard dans la nuit. Le résultat du premier tour les avait en effet placés devant une situation apparemment inextricable. Compte tenu de ses cinq sièges sortants, comment respecter les vœux de toute la gauche plurielle? Le souhait du POP de garder la tête haute, le PS d'obtenir les trois sièges auxquels il prétendait et les Verts de préserver leur unique Municipale, gage de leur participation dans une alliance de gauche?

La continuité aurait voulu que le POP concède le transfert d'un siège municipal au PS, mais ajouté à la perte de la syndicature, cela commençait à faire beaucoup. J'imagine qu'à un moment quelqu'un s'interrogea naïvement à haute voix: "Au nom de quoi infliger ce sacrifice à la gauche? Pour que le PLR continue d'occuper joyeusement les deux derniers sièges de la Municipalité?"

Pas besoin d'être devin pour comprendre que la réponse était dans la question. L'équilibre d'une gauche renanaise "apaisée" passerait par la prise d'un siège de la minorité de droite. Toute la gauche serait satisfaite: le POP trouverait la continuité, les Verts le salut et le PS la victoire. Cette idée fut confortée par l'exemple de Lausanne où, la veille, un ticket de la gauche unie rafla 6 sièges municipaux dès le premier tour.

Il faut préciser que ce scénario avait été envisagé et expliqué au PLR par votre serviteur, mais le comité de ce parti refusa d'en tenir compte. Des rumeurs vraisemblables laissent entendre que des responsables de gauche auraient "promis" au PLR qu'il garderait ses deux sièges minoritaires s'il ne s'alliait pas avec l'UDC. Mais, en revanche, qu'il fasse mine d'attaquer un siège de la gauche dans une alliance PLR-UDC et la gauche le "punirait" en lui prenant un de ses deux sièges. Et le PLR aurait servilement acquiescé à ces conditions!

Mal lui en prit.

Le coup de Jarnac de la gauche s'explique facilement: quitte à trahir quelqu'un, les gauchistes préféreront toujours prendre pour cible la droite plutôt qu'un des leurs. Douloureuse leçon que le PLR de Renens vient, un peu tard, de comprendre!

En route pour le second tour!

L'assemblée de l'UDC se passa sereinement: comme le PLR nous avait fermé la porte, nous n'avions plus d'autre choix que de partir seuls. Même sans savoir ce qui se tramait, eu égard à nos électeurs, il eut été impensable de priver la population renanaise d'un second tour.

Mon co-listier Gérard Duperrex, arrivé deuxième, se retira avec élégance. Je fus fort logiquement acclamé pour me lancer.

Le second tour pour la Municipalité de Renens verra donc s'affronter:

  • Une liste "Renens, rose rouge vert" avec:
    • Jean-François Clément (PS)
    • Myriam Romano-Malagrifa (PS)
    • Patricia Zurcher Maquignaz (PS)
    • Didier Divorne (POP)
    • Karine Clerc (POP)
    • Tinetta Maystre (Les Verts)
  •  Une liste PLR avec:
    • Olivier Golaz (PLR)
    • Jean-Marc Dupuis (PLR)
  •  Une liste UDC avec:
    • Stéphane Montabert (UDC)

Neuf noms pour sept sièges. Il y aura des perdants. Autant dire qu'avec une droite désunie, nous ouvrons un boulevard pour que la gauche s'empare de six sièges à la Municipalité, laissant un strapontin à la droite.

Les électeurs de droite de Renens seront sans doute déçus, mais ils doivent savoir que le refus de l'alliance est le fait du PLR. Nous sommes les premiers à le regretter. Nous avons tendu la main au PLR et nous souhaitions faire un ticket commun au second tour, mais notre offre fut déclinée. Mis devant le fait accompli du coup de force de la gauche, ces messieurs du PLR ne pensèrent même pas à nous contacter ce matin, car pour qu'un désastre soit complet, il fallait également renoncer à tout plan de rechange...

Calculer ce qu'on a à perdre et se compromettre ne mène à rien. La leçon est rude mais nécessaire. Tout au plus peut-on espérer que le PLR sorte assagi de cette cure d'amaigrissement à l'exécutif. Je me réjouis de pouvoir en discuter avec MM. Golaz ou Dupuis sur les bancs du Conseil Communal, selon lequel y siégera à nouveau au soir du 20 mars.

12 février 2016

La Municipalité de Renens s'offre une belle augmentation

Le futur syndic de Renens touchera 170'000 francs annuels, ses collègues municipaux 101'000 francs. Il fait bon diriger une commune de gauche.

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L'équipe sortante.

Hier soir au Conseil Communal les élus eurent à traiter le préavis "90-2015 - Fixation des indemnités du/de la Syndic/que et des membres de la Municipalité pour la législature 2016-2021", autrement dit, un préavis visant à changer le salaire et le taux d'activité des membres de l'exécutif de Renens.

Le projet, issu des rangs de la Municipalité, vise à passer le taux d'activité des municipaux de 50% à 60% et celui de Syndic de 80% à 100%. Mais ces taux sont purement techniques et ne sont utilisés que pour le calcul de diverses cotisations. La véritable information est liée au salaire. Le futur syndic de Renens touchera donc 170'000 francs annuels et ses collègues 101'000 francs. Malaise...

Pour une commune dont la plus grande partie de la population est issue des couches populaires, pareil niveau de rémunération représente un horizon inatteignable. Les indemnités de la future Municipalité atteindront l'équivalent d'un peu moins de deux points d'impôt! Alors que les temps sont difficiles, le futur promettant de l'être encore davantage, que le chômage à Renens atteint 7,5% et que la situation financière de la commune est inquiétante au plus haut point, était-ce bien le moment de s'attribuer cette augmentation rondelette?

Indigné comme tout un chacun, je me fendis donc de l'intervention suivante devant le Conseil Communal.

 


 

Qui dans cette salle peut s’octroyer une augmentation ses revenus par simple préavis ?

La Municipalité.

Certains en commission, encore plus gourmands que la Municipalité, citent Lausanne. Lausanne, Lausanne ! Lausanne, 7 municipaux à plein temps gagnant chacun entre 220 et 240'000 francs annuels ! Le Syndic le plus cher de Suisse ! Mais Lausanne, capitale cantonale, cité olympique, a 130'000 habitants, 6 six fois Renens, un budget de 2 milliards, vingt fois celui de Renens, et une dette supérieure à celle du canton… On peut se comparer à Lausanne, oui - et comprendre qu’aucun ratio issu de cette comparaison ne permet de justifier l’augmentation.

On s’éblouit d’ailleurs d’autant plus volontiers de Lausanne que cela permet de moins regarder les communes voisines. Bussigny, 4 municipaux à 50% et une syndique à 60%. Prilly, 4 municipaux à 50% et un syndic à 60%. Et leur salaire est à des années-lumière. Pensez-vous vraiment que les autres communes soient sous-administrées ?

Alors on nous dit que la fonction n’intéresse pas assez, ce qui est peut-être vrai pour les petits villages, mais certainement pas pour Renens. Voyons-voir, les élections ont lieu à la fin du mois, manquons-nous de candidats ?

Alors, toujours pour justifier cette hausse de salaire, on nous parle de tout ce travail abattu, l’Ouest Lausannois, le PALM… Mais, outre que ces projets sont aussi supportés par les autres communes de l'Ouest Lausannois, ils viennent avec leur propre budget, et leur propre personnel.

Je conçois fort bien que nos Municipaux travaillent avec acharnement. Mais cette activité n’est rien d’autre que les conséquences de leur propre volonté de transformer la ville de fonds en combles. Ils se sont bâti leur petit enfer personnel.

Le portrait reste malgré tout très relatif. Tout le monde a-t-il déjà oublié que cette Municipalité a travaillé en sous-effectif – pendant un an et demi – suite à la maladie de M. Jean-Pierre Rouyet ? Même si cela n'a pas été facile, je n'ai vu nulle trace de burn-out à l’horizon.

Pour les Renanais qui se lèvent le matin, payent de lourds impôts et ne peuvent compter sur aucune clémence dans le secteur privé, ce préavis sonne comme une insulte. 170'000 francs annuels pour le poste de Syndic ! Et on nous parle de "ressources rares" ? Pas pour tout le monde, visiblement !

Les Municipaux doivent servir, et non se servir.

Pour toutes ces raisons, j’amène tous les membres de cette assemblée dotés d’un minimum d’éthique et de respect envers les contribuables à rejeter ce préavis.

 


 

Après cette diatribe Mme Huguenin vint plaider pour sa cause, expliquant toute la douleur des autorités pour lesquelles les salaires sont exposés en place publique. M'est avis que c'est bien la moindre des choses! "Un moment de honte est vite passé" comme on dit, et à ce tarif annuel les Municipaux renanais accepteront volontiers une petite polémique si au bout du compte l'argent est au rendez-vous! Il était d'ailleurs cocasse de lire dans le texte la Municipalité plaider pour "garder un pied dans le monde du travail" alors que sous son influence la fonction se professionnalise à grands pas...

La vidéo est disponible ici (chapitre 13).

Seule l'UDC s'opposa à ce préavis au moment du vote. Il passa donc la rampe sans coup férir.

Après la séance du Conseil, j'eus une conversation intéressante avec la Syndique Mme Huguenin ; si je lui faisais remarquer que je n'avais jamais affirmé que les Municipaux renanais ne faisaient rien, elle me répondit que cette façon d'attaquer les autorités en place "lui rappelaient le fascisme", ce à quoi je rétorquai qu'en tant que communiste elle devait s'y connaître en révolutions. La conversation fut par ailleurs plus aimable, mais cet échange me fit réfléchir sur le sens de mon action.

Sans surprise, je me distancie des propos de la politicienne d'extrême-gauche. L'UDC ne vise pas à "renverser la table" et à mettre à bas la "société bourgeoise" comme ces mouvements révolutionnaires dans l'attente du Grand Soir. Au contraire, nous respectons les institutions et visons à les préserver de ceux qui en abusent. Comme je le rappelai moi-même à la Syndique, c'est la Municipalité qui ouvrit le feu en premier en décidant de s'octroyer cette augmentation.

Le respect de la démocratie, le contrôle des institutions par la base, voilà le credo de l'UDC. Et si les élus oublient leur rôle de serviteurs de la population, font preuve d'orgueil et commencent à utiliser leur position pour leur profit personnel, c'est notre devoir de nous y opposer et de les ramener à la réalité.

Et cela devrait être celui de tout citoyen.