04 février 2020

Les votes liberticides du 9 février

Le 9 février arrive à grands pas - nous sommes déjà dans la dernière ligne droite de la votation qui présente deux objets au peuple: l'initiative "Davantage de logements abordables", et le référendum contre l'Interdiction de la discrimination en raison de l'orientation sexuelle. (Les Vaudois auront aussi la chance de voter pour Juliette.)

prise de position,votation du 9 février 2020Le premier de ces deux textes, "Davantage de logements abordables", semble promis à l'échec selon les sondages. Il n'y a donc pas de raisons de s'y attarder outre mesure. L'initiative issue de la gauche demande grosso modo que 10% des nouveaux logements construits soient à "loyer modéré". Comme d'habitude, mais c'est inévitable lorsqu'on dépose une initiative fédérale, le règlement devra avoir un effet sur toute la Suisse ; les Cantons et Communes qui n'ont pas encore le merveilleux droit de spoliation préemption devront s'en doter afin de mener à bien leur nouvelle mission.

Pour utiliser correctement une formule souvent creuse, l'initiative pointe du doigt les bons problèmes mais y apporte de mauvaises solutions. Ici, le problème est la cherté des loyers. Le logement est cher en Suisse, en particulier dans certains centres urbains. Mais, on le sait parce que l'évolution des prix le montre clairement, cette pression est due à l'immigration de masse depuis 2002 et la libre-circulation (exemple dans le Canton de Vaud). Les gens le savent très bien. Essayer de construire des logements à bas coût (et de qualité inférieure, on ne va pas se mentir) sans s'attaquer au problème de base de l'afflux d'immigrés en Suisse ne résoudra évidemment rien. De plus, et j'en ai des exemples jusque dans ma ville de Renens, l'attribution de ces logements préférentiels ne sera certainement pas à l'avantage des Suisses, mais plutôt à celui des immigrés, forcément plus mal lotis.

Bref, poubelle.

Le second objet porté au vote est nettement plus intéressant, le référendum contre l'Interdiction de la discrimination en raison de l'orientation sexuelle. La loi combattue fait de toute "incitation à la haine ou à la discrimination" [C'est moi qui souligne] une personne en fonction de son appartenance sexuelle un crime puni jusqu'à trois ans de prison. Les "LGBTQI+" (selon le dernier acronyme connu) rejoindront donc ainsi le club des populations protégées, comme le sont déjà les étrangers, les personnes de couleur et les musulmans.

(C'est vrai, le texte de loi mentionne de façon large "l'appartenance raciale, ethnique ou religieuse" ou "l'orientation sexuelle", mais j'attends encore la moindre condamnation contre quiconque insulte un Suisse, un blanc, un chrétien, et, à partir du 9 février, un hétérosexuel.)

Le texte est détaillé mais vise très, très large. Un "geste" est ainsi un motif suffisant pour enfreindre la loi...

Je pourrais rappeler que les lois de censure provoquent l'abêtissement du discours et renforcent précisément les préjugés contre les gens qu'elles sont censées défendre, mais ce serait prêcher dans le désert. Ces propos ne toucheront déjà plus grand-monde en Suisse - ce qui reste de son peuple a déjà capitulé.

Le problème n'est pas dans la diffamation ou l'insulte mais dans la pénalisation de la simple critique. Sera-t-elle encore permise? Selon la brochure, l'appréciation en sera laissée au tribunaux - une étape certainement agréable à vivre, même en ressortant acquitté. Les associations en chasse contre les pensées déviantes le savent fort bien. La suite est assez facile à deviner, puisqu'elle a déjà cours dans d'autres pays. La criminalisation de la pensée anti-LGBTQI+ donnera le champ libre à tous les promoteurs de toutes les sexualités les plus invraisemblables (je n'ose parler de perversion) pour en faire la publicité, et surtout, l'imposer aux enfants.

Le 10 février, si je publie ce genre d'image...

prise de position,votation du 9 février 2020
Gay Pride à Dublin, 2019 (source)

...Et que j'estime que ce n'est pas un très bon spectacle à offrir aux mineurs au second plan, serai-je coupable d'une odieuse Crimepensée?

Pourra-t-on encore dire qu'une image de ce genre est malsaine?

Pourra-t-on critiquer la promotion de dessins animés LGBT auprès des plus jeunes?

Pourra-t-on critiquer une école pro-trans où des enfants de 4 ans sont punis pour avoir "attribué un genre" à leurs camarades?

Pourra-t-on critiquer l'enseignement forcé des thèses LGBT jusque dans les écoles catholiques, comme en Irlande?

Comme la plupart des gens, je n'ai que faire des comportements que des adultes consentants adoptent dans leur intimité. Mais ce que nous votons le 9 février va beaucoup plus loin que cela. Il sera intéressant d'ailleurs de voir ce qui se passera lorsque surviendra une confrontation entre deux groupes protégés par la même loi contre la discrimination et l'incitation à la haine - on devine ici la collision inévitable entre les exubérants LGBT et certains musulmans à l'esprit un tout petit peu plus borné sur le sujet. Comme le résume une image:

prise de position,votation du 9 février 2020

Les deux populations étant courtisées à l'identique par les mouvements de gauche, certaines assemblées de parti promettent d'être animées lorsqu'il faudra donner priorité aux uns ou aux autres.

Grâce au vote de la majorité des Suisses, les conséquences à moyen terme du vote de ce dimanche seront très instructives.

23 janvier 2020

Une attaque vicieuse contre la Démocratie directe

Quel point commun entre l'interdiction de la discrimination en raison de l'orientation sexuelle, en vote le 9 février, et l'introduction du congé paternité?

Les deux objets ont fait l'objet d'un référendum. Et pour les deux objets, la récolte de signature paraît parfois... Discutable.

Dans les deux cas, des témoignages font état de discours "mensongers" ou "induisant en erreur" le citoyen pour qu'il appose son paraphe à un référendum dont il ne comprend pas vraiment le sens, ou pire encore, qu'il croie signer en faveur du texte que le référendum appelle à combattre.

Voilà qui interpelle. Alors, après une mise en garde d'usage, creusons le sujet.

Mise en garde d'usage à l'intention des abrutis

Quelque Internaute un peu benêt, ou un troll de passage pensant semer le trouble à bon compte, pourrait m'accuser de vouloir défendre ce genre de pratique. Après tout, je soutiens ces référendums, et donc, toute signature serait bonne à prendre, n'est-ce-pas?
C'est bien mal me connaître. C'est à peu près aussi vraisemblable que de demander à Superman de savourer une bonne soupe à la Kryptonite. C'est bien simple, je déteste le mensonge. Je n'ai pas la prétention d'être infaillible, mais sincère, oui. Le mensonge est un poison dans la formation de l'opinion. Il souille une prise de décision essentielle avec des informations faussées. Je n'ai pas de mots assez durs envers ceux qui manipulent sciemment l'opinion publique.
Ce n'est pas le cas de tout le monde dans la classe politique helvétique, loin s'en faut. Suivant une trajectoire allant Trotski à Junker, de nombreux politiciens proclament avec cynisme que "la fin justifie les moyens" et mentent ou adaptent leurs positions selon l'auditoire.
Moi, non. Je pense que l'intégrité est plus importante. Avec plus de 120 articles portant sur le mot-clé "mensonges" sur ce blog, on peut sans aucun doute dire que le sujet m'interpelle. Je dénonce les mensonges à chaque fois que c'est possible.
Évidemment, je ne me suis jamais abaissé à pareilles pratiques lors de mes propres séances de récolte de signature. Je me suis toujours efforcé de présenter correctement et complètement les enjeux, partant du principe qu'un citoyen convenablement informé sera toujours un meilleur ambassadeur de votre cause qu'un autre que vous prenez pour un abruti en lui racontant des salades.

Je pense également que tous les élus qui ne sont pas de cet avis devraient être débarqués de leur poste par les citoyens dès que leur mandat est remis en jeu. Je regrette que ce ne soit pas le cas, mais si cela arrivait un jour, la politique - en Suisse et ailleurs - s'en trouverait grandement assainie.
Mais c'est une autre histoire.

Pour le texte sur la pénalisation de l'homophobie, les faits sont relatés dans 24 Heures et sur 20 Minutes. Un témoignage est rapporté le 30 mars, vidéo à l'appui, par le biais de Mathias Reynard, l'auteur du texte de loi combattu:

Le socialiste (...) est tombé par hasard sur des militants qui récoltaient des signatures contre son texte. Jusque-là, rien d'anormal. Sauf que ces militants avaient des méthodes carrément malhonnêtes, révélait vendredi «Rhône FM». D'une part, la description du texte présenté était volontairement masquée. Et d'autre part, ces militants prétendaient eux-aussi combattre les discriminations.

Manque de bol, ils ont croisé le chemin de Mathias Reynard en personne, qui a capté la scène en vidéo et l'a dénoncée publiquement. «Quand on n’a pas d’arguments, on utilise le mensonge pour duper les citoyens. Faire signer un texte homophobe en prétendant lutter contre l’homophobie. Quelle honte et quel tort pour la démocratie directe!»


Le lendemain, le quotidien vaudois reprend le sujet et se fait écho de nombreux autres cas:

L’histoire se répète dans de nombreuses villes romandes, de Bienne à Genève, en passant par Lausanne, Morges ou encore Fribourg. (...) «La technique est la même pour chacun», souligne Mathias Reynard. «Il ne s’agit pas d’un démarcheur isolé, mais bien d’une opération pilotée et répandue dans toute la Suisse», renchérit Fanny Noghero.


S'agit-il de manipulation politique ou de manipulation commerciale? Pour les dénonciateurs cités par les journalistes, unanimement à gauche évidemment, la situation ne fait aucun doute: de sournoises forces antidémocratiques, et surtout réactionnaires, sont à l’œuvre pour forcer le référendum. Le contexte relaté dans 24 Heures fait pourtant état d'une autre piste possible, que le journaliste ne prend évidemment pas la peine de suivre: la récolte de signature est le fait d'une association, Incop, travaillant (probablement contre des "dons") pour l'UDF. Le scandale révélé dans la presse mettra d'ailleurs un terme à leur partenariat.

Il est donc tout à fait possible que l'association, qui emploie une cinquantaine d'employés et sans doute des extras pas forcément bien payés, se montre bien peu regardante sur la façon dont tout ce petit monde obtient des signatures. Si des étudiants pratiquant un job alimentaire ramassent quelques francs par paraphe, auront-il tous assez de valeur morale pour ne pas tenter d'arracher une signature de plus avec quelques mensonges?

Incop n'ayant pas eu droit à la parole et aucun employé à l'origine du litige n'ayant été interrogé par les journalistes, nous en sommes à émettre des conjectures.

Deuxième acte et passage à la vitesse supérieure: le Congé Paternité.

Notre affaire rebondit plus tard, en décembre 2019, pour le Congé Paternité. Les faits sont relatés dans le 20 Minutes du 3 décembre et dans 24 Heures trois jours plus tard.

Les rédactions des deux journaux rappellent évidemment l'épisode survenu au printemps mais n'hésitent pas à faire dans la surenchère: "Congé paternité combattu par des signatures volées", titre ainsi le quotidien gratuit. Aucune exagération n'est de trop si elle peut servir à salir l'UDC par ricochet:

A l’origine du référendum, un comité composé notamment de l’UDC Suisse indique ne pas avoir mandaté d’entreprise, même si aucune section romande ne s’est publiquement engagée dans la campagne. «En démocratie directe, il est probablement juste que nous puissions voter sur toutes les questions importantes. C'est aux associations, partis et militants de choisir leurs arguments», répond Susanne Brunner, co-présidente du comité, qui reste sceptique face à ces accusations.


On admire la tournure: les faits sont rapportés à Lausanne et Vevey, où non seulement l'UDC suisse n'a pas mandaté d'entreprise pour collecter des signatures mais où les sections locales ne s'en sont pas données la peine non plus. Le journaliste se permet tout de même de lancer une pique contre "l’association Incop, habituée des récoltes contre rémunération" et "déjà été épinglée pour des faits similaires." Reste qu'Incop ne confirme pas, et le mystère d'un éventuel commanditaire...

À se demander si ces abus existent bien, parce qu'il faut tout de même être un peu endormi pour parapher un texte sans savoir de quoi il s'agit. Je rappelle le format officiel, qui laisse peu de place à la fantaisie:

referendum_modele.png

(Cliquez pour agrandir)

Finalement peu importe - l'important n'est pas dans un compte-rendu objectif des faits, mais ailleurs. Le puzzle se met en place lorsque 24 Heures précise la finalité de tout ce scandale: "une plainte pénale vise les signatures volées".

Le piège se referme

Lisons les perles de sagesse de Lucie Monnat dans son éditorial consacré à ce sujet:

Scandaleux. C’est l’unique mot qui vient à la bouche lorsque l’on évoque la manière dont certaines entreprises gèrent la récolte de signatures pour des objets politiques. (...) Deux hypothèses: soit ces racoleurs rémunérés à la signature sont malhonnêtes, soit ils n’ont aucune idée ce dont ils parlent. On soupçonne les deux. Dans tous les cas, il s’agit d’une grave atteinte à notre démocratie directe.(...)

Pauvre démocratie que le monde nous jalouse, où les idées politiques semblent avoir été taillées pour ne pas dépasser la longueur d’un tweet.

Même s’ils ne sont pas les commanditaires de la tromperie, les mandataires de ces entreprises, partis ou comités politiques, sont tout aussi responsables. Après tout, bien qu’il ne s’agisse pas de militants, ces récolteurs sont leurs ambassadeurs.

«Faites attention avant de signer!» clament certains. Non, on ne mettra pas la faute sur le citoyen. Des personnes bien informées se sont-elles aussi fait avoir. À présent, la réaction du politique à ces pratiques doit être immédiate et sans appel.

Hasard de calendrier, le «baromètre des préoccupations» de Crédit Suisse publié jeudi révèle une véritable «crise de confiance» dans les institutions du pays. Un signal alarmant. Si la confiance est rompue, c’est tout l’exercice de la démocratie directe qui est mis en question.


Parmi les figures de style obligatoire, une attaque en biais contre Trump (que vient-il faire dans cette galère?), et le ton péremptoire ("Scandaleux. C’est l’unique mot qui vient à la bouche..." ou "Non, on ne mettra pas la faute sur le citoyen.") destiné à canaliser le lecteur dans le sens voulu.

La cerise sur le gâteau est de relier cet épiphénomène à un sondage parlant d'une crise de confiance dans les institutions du pays. Parce que les politiciens qui trahissent la volonté populaire en refusant d'appliquer correctement les lois sur l'immigration, le renvoi des criminels étrangers, ou la fin de l'immigration de masse, tout cela ne compte pour rien! Pas plus que les mensonges du Conseil Fédéral jusque dans les brochures de votation. La seule crise de confiance dans les institutions du pays, ce sont les étudiants qui racontent des salades pour une signature!

Combien de signatures sont concernées, d'ailleurs? Dix? Cent? Mille? La presse détourne le regard de ce petit détail. Il faut plus de 50'000 signatures pour valider un référendum. Même si mille signatures avaient été obtenues par des moyens détournés, ce qui paraît énorme, cela représenterait encore 2% du total seulement, une paille. Et la plupart du temps, les référendums ont des milliers de signatures en trop.

Invalider les référendums

Normalement, un individu avec une centaine de points de QI devrait lire le texte d'initiative ou de référendum qu'il signe, mais admettons. Le droit fédéral actuel ne permet pas de retirer une signature une fois que celle-ci a été apposée au bas d'une demande de référendum ou d'une initiative. C'est une carence dans la loi. Il ne devrait y avoir aucun problème à ce qu'un citoyen dupé demande à retirer sa signature. La charge administrative résultante devrait d'ailleurs faire réfléchir à deux fois quiconque dupe autrui lors de la récolte.

Mais ce n'est pas ce que cherchent la gauche et les journalistes.

Le véritable objectif de toute cette agitation consiste à obtenir l'invalidation complète des référendums.

[Le] Parti socialiste neuchâtelois étudie d’autres pistes pour empoigner le problème des signatures «volées». Si la Chancellerie fédérale établit que le référendum a abouti, il contestera la décision devant le Tribunal fédéral.


Peu importe qu'une, dix, cent ou mille signatures soient concernées. Le PS souhaiterait pouvoir invalider l'entier d'un référendum à partir du moment où quelqu'un estime que son consentement a été obtenu de façon frauduleuse. Tant pis pour les milliers de citoyens qui ont apposé leur paraphe en toute connaissance de cause.

Si les juges y donnent suite, cette interprétation sonnera le glas de tout référendum. Il suffira qu'un collectif de citoyens prétende qu'on a abusé de leur crédulité pour couler le droit de recours que représente le référendum. Quelque chose me dit que cela se produira systématiquement pour les textes déposés par la droite...

Stand_récolte_signatures.jpg

Le danger est bien réel. Le peuple n'aura pas son mot à dire, à aucun moment: le dossier sera entre les mains de la justice (la justice neuchâteloise, pour l'instant, et ce n'est sans doute pas par hasard).

Sans débat, sans vote, sans consultation populaire, les conclusions des juges feront jurisprudence.

La Constitution était la plus haute norme juridique de la Suisse, soutenue dans sa légitimité par les initiatives et les référendums. Elle fut vidée de sa substance lorsque le peuple accepta de la subordonner au nébuleux "droit international". Elle fut trahie par la classe politique lorsque celle-ci vida de son sens les rares initiatives acceptées. La disparition du référendum, qui permettait de s'opposer à une décision de la classe politique, est la suite logique du processus de démolition de la Démocratie directe - le dernier clou dans le cercueil.

Les suites de la manœuvre

Aujourd'hui, nous apprenons par divers titres de presse, dont Le Matin, que les signatures du référendum contre le Congé Paternité aurait été finalement récoltées. Le quotidien donne aussi des nouvelles des procédures en cours:

Les référendaires ont été accusés d'avoir utilisé des méthodes trompeuses et des arguments mensongers pour obtenir les signatures nécessaires. Les récolteurs annonçaient faire signer «pour» le congé paternité ou «à propos» de celui-ci.

Pour Susanne Brunner, le formulaire indiquait clairement «Non au coûteux congé paternité». Les personnes qui le signent sont majeures et elles savent ce qu'elles soutiennent, estime-t-elle. (...)

Le parti socialiste neuchâtelois a réagi et déposé une dénonciation au parquet général de Neuchâtel. Le procureur général a rejeté la plainte jugeant que les tromperies ne sont pas constitutives d'une infraction. La section cantonale pourrait aller plus loin si le référendum était validé par la Chancellerie.


L'affaire est donc toujours pendante, puisque les socialistes neuchâtelois attendent de faire recours.

21 janvier 2020

Trump à Davos, sans filtre

L'événement du jour était évidemment la venue de Donald Trump au forum de Davos.

Qu'en dit la presse romande?

  • "Trump et Greta étaient à Davos ce 21 janvier", explique 24 Heures.
  • "Trump qualifie son procès en destitution de farce", précise 20 Minutes. Le chapeau de l'article rappelle que "le Forum de Davos s'ouvre mardi avec le président américain et la militante écologiste Greta Thunberg, aux visions diamétralement opposées sur les défis environnementaux." L'éventuelle rencontre entre Trump et Greta préoccupait le quotidien au plus haut point il y a une dizaine de jours encore.
  • "Greta Thunberg-Donald Trump: une non-rencontre au sommet", annonce Le Temps.
  • "Trump et Thunberg vedettes du 50e WEF" se réjouit Le Matin.

Trump et Thunberg, Thunberg et Trump, sans cesse, comme si les deux avaient la moindre équivalence. Dans tous ces articles, les journalistes mettent sur le même plan le président élu du plus puissant pays du monde, et une adolescente mineure, pur produit de marketing médiatique, dont le père écrit ses messages sur Facebook et qui n'a strictement rien à proposer.

Et donc, face au gratin le plus prestigieux de la planète (le terme n'est plus galvaudé aujourd'hui puisque la porteuse de couettes suédoise faisait partie des invités) Donald Trump a prononcé un discours.

Le discours n'était pas très bon, forcément. Les commentateurs sont unanimes sur ce point. Pour la RTS, par exemple, il était "clairement destiné à son électorat". Alors que les électeurs américains n'ont que faire du forum de Davos? Et qu'il y avait tant d'entrepreneurs et de politiciens non-américains parmi le public?

Et comme ce discours n'était pas très bon, "bourré d'auto-promotion", "un véritable discours de campagne", on évitera évidemment d'en donner la teneur.

donald trump,médias,mensonges
Copie d'écran YouTube

Hors des selected few de Davos, le grand public sera donc préservé des mots prononcés par le Président américain. Grand bien lui fasse, car il risquerait alors d'entendre quelques détails dérangeants. Mais des vidéos existent, en attendant une transcription officielle. On peut par exemple découvrir ce passage:

L'avenir de l'Amérique... Je savais que nous étions à la veille d'une profonde renaissance économique si nous faisions bien les choses, qui génèrerait une vague d'investissement historique, la croissance des salaires et la création d'emplois. Je savais que si nous libérions le potentiel de notre peuple, si nous réduisions les impôts et la règlementation, et nous l'avons fait à un niveau jamais atteint auparavant dans l'histoire de notre pays dans un laps de temps aussi court, à corriger les accords commerciaux déséquilibrés et à exploiter pleinement l'énergie américaine, que la prospérité reviendrait à un rythme record.

Et c'est exactement ce que nous avons fait.

Et c'est exactement ce qui s'est passé depuis mon élection.

L'Amérique a gagné plus de sept millions d'emplois, un nombre impensable. Plus de trois fois les prévisions du gouvernement. Le taux de chômage est désormais inférieur à 3,5%, c'est le chiffre le plus bas depuis plus de 50 ans. La moyenne du taux de chômage de mon administration est la plus basse jamais enregistrée par un président américain.


Ah, l'économie américaine qui se porte si bien, la bourse au beau fixe (et finance ainsi les retraites des travailleurs américains, les Suisses ne peuvent pas en dire autant avec leur minable BNS et ses taux négatifs!) mais les journalistes diront toujours que c'est grâce à Obama...

Mais entrons dans le vif du sujet - les minorités, par exemple, que ce raciste de Trump piétine de son talon, n'est-ce pas? Ou les riches, pour qui il travaille exclusivement? Poursuivons donc avec cet extrait:

Pour la première fois depuis des décennies, nous ne concentrons plus simplement la richesse entre les mains de quelques-uns, nous concentrons et bâtissons l'économie la plus inclusive jamais créée. Nous élevons des Américains de toutes les religions, de toute couleur de peau. Les taux de chômage chez les Afro-américains, les Américains hispaniques et les Américains d'origine asiatique ont tous atteint des niveaux records. Le chômage des jeunes Afro-américains a atteint le plus bas niveau dans l'histoire de notre pays. La pauvreté afro-américaine a chuté au plus bas taux jamais enregistré.

Le taux de chômage des femmes a atteint son plus bas niveau depuis 1953, et les femmes représentent désormais une majorité de la main-d'œuvre américaine. Pour la première fois, le taux de chômage des anciens combattants a chuté à un niveau record. Le taux de chômage pour les Américains handicapés a atteint le meilleur chiffre de tous les temps. Les travailleurs les plus faibles, sans diplôme d'études secondaires, ont atteint le taux de chômage le plus bas enregistré dans l'histoire des États-Unis. Les salaires augmentent de manière générale et ceux au bas de l'échelle des revenus bénéficient de la plus grosse augmentation de pourcentage de leurs gains, et de loin.

Les salaires de ces travailleurs augmentent plus rapidement que la croissance des salaires des gestionnaires. Les 10% des salaires les moins élevés croissent plus que les 10% des salaires les plus élevés, quelque chose qui ne s'est jamais produit. Les chèques de paie des diplômés du secondaire augmentent plus rapidement que pour les diplômés des universités.

Le simple fait d'entrer sur le marché du travail participe également à l'extraordinaire prospérité de l'Amérique. Depuis que j'ai pris mes fonctions, plus de 2 millions de Millenials ont trouvé un emploi et leurs salaires ont augmenté de près de 5% par an, un chiffre qui était impensable, que personne n'aurait jamais osé articuler il y a trois ans. Un nombre record d'Américains âgés de 25 à 34 ans travaille maintenant. Au cours des huit années qui ont précédé ma prise de fonction, plus de 300'000 personnes en âge de travailler ont quitté le marché du travail. En seulement trois ans de mon administration, 3,5 millions de personnes ont rejoint la population active.

10 millions de personnes ont vu leur bien-être social s'élever en moins de trois ans en célébrant la dignité du travail, un pilier fondamental de notre société. (...) Le Rêve Américain est de retour, plus grand et plus fort que jamais auparavant. Nul n'en profite plus que la classe moyenne américaine. (...) L'Amérique a maintenant gagné en très peu de temps 12'000 nouvelles usines sous mon administration et ce nombre qui augmente rapidement battra le chiffre des 60'000 que nous avons perdues [sous l'administration Obama...]


Voilà ce que dit ce président raciste/fasciste/extrémiste/suprémaciste de son propre peuple et des catégories les moins favorisées.

Voilà ce que les médias européens ne veulent pas que les gens entendent. Que l'Amérique fonctionne, remporte des victoires économiques, se relève, et que le peuple américain en profite. Que les nominations de juges par Trump garantissent que son héritage perdure bien après qu'il a quitté la Maison Blanche. Imaginez! Ils pourraient se mettre à penser que les recettes de Trump fonctionnent! Qu'il est compétent! Qu'il mène son pays vers le succès!

On aimerait un dirigeant européen avec la moitié du bilan de Trump...

Les journalistes ont beau être aux premières loges, ils ne comprennent rien à Trump. Contrairement à ce qu'ils écrivent, Trump n'a pas fait un discours de campagne à destination des citoyens américains, les yeux rivés sur le Cirque de la Destitution. Trump n'est pas venu à Davos pour discutailler des défunts Accords de Paris ni des autres chamailleries climatiques, pas plus que de leurs courtisans affamés de subventions.

Trump est un homme d'affaire et il est venu à Davos pour parler affaires, battant Klaus Schwab à son propre jeu. Ce faisant, il s'est adressé à un parterre d'hommes d'affaire de premier ordre. Il les a avertis de ce qui était en train de se passer aux États-Unis. Et ceux-ci l'ont entendu, soyez-en sûrs. S'il s'est jamais éloigné de son approche analytique, c'est pour livrer un message d'espoir et d'optimisme au lieu des sermons des "prophètes de l'Apocalypse" érigés en messie par des médias complices.

Les moins idiots des invités de Davos - et ne prenez pas pour des idiots les gens qui ont mérité leur place dans ce forum - auront compris au cours de cette demi-heure de Trump sans filtre que celui-ci sera réélu à la fin de l'année. S'ils en doutaient, ils savent désormais pourquoi. Et ils devinent désormais que pour rester dans le coup, il faut investir aux États-Unis, et vite.

"La peur et le doute ne sont pas de bons modes de pensée", rappela Trump, louant "l'innovation technologique plutôt que la régulation." Qui oserait lui donner tort? En attendant, ici, dans un Vieux Continent qui n'a jamais aussi bien porté son nom, on manie la peur et le doute matin et soir, et on régule à tour de bras.

14 janvier 2020

Vaud se lance dans la justice climatique

Surprise et consternation (du grand public), explosion de joie et embrassades (des accusés), les "militants climatiques" ont été acquittés des chefs retenus contre eux, hier au Tribunal de Police au terme d'un jugement hallucinant.

Le procès en première instance faisait suite à leur action du 22 novembre 2018: dans une action coordonnée à Genève, Lausanne et Bâle, des activistes avaient simulé des matches de tennis dans les locaux du Crédit Suisse pour se moquer du sponsoring de Roger Federer et dénoncer l'implication de la banque dans, selon eux, le "financement d'actions nuisibles pour le climat."

Menée par de Lausanne Action Climat (LAC), la situation à Saint-François à Lausanne avait été la plus tendue avec une heure et demie de face à face avec la police, puis une évacuation des locaux par celle-ci. Une douzaine de jeunes refusant d'obtempérer et luttant contre leur déplacement furent identifiés.

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Les banques suisses sont régulièrement victimes de cet activisme, mais cette fois-ci le Crédit Suisse décida de porter plainte. Mal lui en a pris - il avait oublié ce qu'était devenue la justice dans le Canton de Vaud.

Procès-spectacle pour verdict de carnaval

Déterminés à refuser de payer l'amende de 600 francs reçue par chacun, les 200 francs de frais de justice afférents, et de recevoir les 30 jours-amende à 30 francs avec sursis, les accusés préférèrent porter l'affaire devant un tribunal. On comprend désormais pourquoi.

L'ouverture du procès quelques jours plus tôt avait donné le ton. Défendus gracieusement par un collectif d'avocats plus nombreux que les accusés, face à une banque avant tout soucieuse de préserver un tant soit peu son image de marque, les militants n'avaient rien à craindre. Une militante clama crânement "qu'ils avaient tous mieux à faire qu'à être face à la justice" - parce qu'il va de soi qu'on fait face à la justice parce qu'on en a envie, n'est-ce pas! - et comme on pouvait s'y attendre, le procès tourna à la farce, jusqu'à son hilarante conclusion: acquittement pour tout le monde, distribution de câlins, et pause-photo pour la victoire.

Il ne manquait plus que la distribution de pop-corn éco-conscient.

Sale temps pour la justice

Incapables de voir plus loin que le bout de leur nez, les éditorialistes exultent: "le climat a gagné", clament-ils la bouche en cœur. Hélas! Ce n'est pas le "climat" qui a gagné, mais bien l'activisme politique. Les manifestants ont beau s'en réclamer, la justice climatique est à la justice ce que la musique militaire est à la musique...

En dénonçant ce verdict, les nombreux commentateurs consternés des articles de presse d'aujourd'hui voient plus loin que ces militants écofascistes - un comble pour ces illuminés qui prétendent dicter la marche du monde jusqu'au siècle prochain. Les gens normaux (c'est-à-dire, ni les journalistes, ni les magistrats du Canton de Vaud, et ni ces activistes extrémistes) relèvent que le droit de propriété s'efface devant le galimatias intellectuel des serviteurs de la "cause". L'application des lois devient optionnelle. Les sanctions n'existent plus.

On voudrait ouvrir la porte à plus de comportements dommageables pour l'ensemble de la société qu'on ne s'y prendrait pas autrement. En fait, le lendemain même, d'autres activistes en profitèrent pour investir les locaux de l'UBS, encore à Saint-François...

Une application des lois à bien plaire

La Suisse est un pays où on peut se faire condamner pour un like sur Facebook, où un excès de vitesse - sans le moindre accident - est puni plus sévèrement qu'un homicide par négligence, où déposer ses déchets devant un container plein est passible de prison ferme.

À côté de cela on peut agir comme on veut et en toute impunité contre une banque, ou une autre, ou n'importe quelle entité en fait, et même résister à la police, pour peu que cela soit justifié par "l'urgence climatique". On peut ignorer les lois sur l'immigration et la protection du territoire au nom d'une vague "crise migratoire". Celles sur les coups et blessures si elles sont destinées à des politiciens qui ne pensent pas comme il faut. Même les gouvernements cantonaux décident de ne pas appliquer des lois fédérales.

En Suisse, l'application des lois est devenue discrétionnaire. Elles s'appliquent, ou pas, selon l'orientation politique des parties en présence, la mode, l'opinion des journalistes...

Les militants écofascistes l'ont bien compris: une fois qu'on dispose de l'excuse du moment, c'est open bar.

Pour un Canton qui s'enorgueillissait jusque dans son hymne de "l'amour des lois", la chute est rude.

Malheureusement, les limites existent toujours quelque part. La justice vaudoise d'aujourd'hui a beau fermer complaisamment les yeux, elle ne fait que reculer pour mieux sauter. Une violation de propriété "au nom du climat?" Pas grave! Mais ensuite? Un petit caillassage? Une petite destruction de biens? Un léger incendie de véhicule? Une "échauffourée" avec un peu de sang qui coule? Que faudra-t-il atteindre pour qu'un bon juge oublie un instant les modes du moment et se rappelle un peu la loi qu'il a la charge de faire respecter?

On peut espérer que le pourvoi en appel du Ministère public soit géré de façon plus professionnelle, mais il y a fort à craindre que dans le Canton de Vaud la dérive idéologique du pouvoir judiciaire soit plus profonde qu'il n'y paraît.

20 décembre 2019

Les jouets des militaires

Une petite touche de désinformation nous vient du 20 Minutes, comme ça, en passant:

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Photo d'écran 20 Minutes

Notez bien la photo d'illustration de l'article: une maquette en plastique entre les mains d'un personnage vêtu de ce qui semble être une tenue militaire.

L'article remonte au jeudi 19 décembre. Il contient sa propre galerie d'images, où cette photo ne figure évidemment pas. Cela signifie que si la rédaction de 20 Minutes avait souhaité une photo d'illustration, elle n'avait qu'à se servir, sans fournir le moindre effort.

La photo d'illustration présentée sur les pages qui renvoient à l'article est donc le résultat d'une volonté de présenter le sujet sous un certain jour.

Pour ceux qui se demanderaient pourquoi on choisit de représenter des avions de combat sous la forme de maquette en plastique entre les mains d'un militaire, je les renvoie à la campagne qui eut lieu en 2014 pour l'achat d'avions Gripen. La campagne des socialistes, dont on connaît l'aversion pour toute armée qui n'est pas rouge, avait constamment dénoncé des "jouets de luxe pour les pilotes militaires".

L'argument des jouets avait été mentionné à d'innombrables reprises au cours de la campagne. Il est encore ressorti aujourd'hui alors que le besoin de remplacement de la maigre flotte aérienne vieillissante helvétique se fait de plus en plus ressentir.

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Une affiche de la campagne de 2014 où là encore l'avion de combat était présenté comme un jouet - un simple pliage de billet de banque.

Il ne s'agit donc absolument pas d'une "image d'illustration". Elle n'a rien d'anodin. Elle vise à imprégner l'esprit du lecteur à un niveau quasiment subconscient en lui faisant associer le jouet et l'appareil militaire, de façon à mieux orienter son choix lorsqu'il lui faudra prendre parti lors du prochain débat public sur le sujet.

La propagande, ça se travaille, et comptons sur les médias suisses pour la travailler quotidiennement.

05 décembre 2019

Manipulation idéologique, un cas d'école

Dans le Canton de Vaud, un professeur d'école "dérape": il invite ses élèves à encourager leurs parents à voter pour son candidat favori à l'élection complémentaire pour la Municipalité de Rolle, explique 24Heures.

"Difficile de s’imaginer la scène tellement elle paraît surréaliste", prétend le journaliste de service. Au contraire, bien au contraire.

L'affaire remonte à 2016.

[Un enseignant de français] a fait la promotion de son candidat favori à des élèves du secondaire pendant un cours de français. Comme ceux-ci n’ont pas le droit de vote, le prof les a invités à encourager leurs parents à glisser dans l'urne la liste du socialiste Philippe Blaser. Il aurait même promis des carambars en guise de récompense.


Que tous ceux qui s'étonnent que le candidat favori du professeur soit socialiste lèvent la main... L'histoire se finit "bien" puisque le candidat PLR l'a quand même emporté avec 160 voix d'avance. Et puis le professeur s'est excusé dans une lettre envoyée aux parents. L'antenne locale du parti en profite pour étaler sa magnanimité - ou sa pusillanimité, on ne sait pas:

"Nous ne voulions pas faire toute une histoire pour des carambars", assure Christian Hay, [président] de la section locale. (...) Nous nous étions mis d’accord de la laisser couler. Nous ne voulions pas attaquer l’enseignant mis en cause car il est excellent, d’une qualité supérieure à la moyenne."


...Et honoris causa en sciences politiques, sans doute.

Aujourd'hui, on "s'étonne" du bruit autour de cette affaire lorsqu'une élue PLR, Josephine Byrne Garelli, se permet de relater les faits devant l’Exécutif communal. M'est avis que cette histoire n'a rien d'une anecdote si elle termine entre les pages d'un quotidien.

On eut aimé découvrir la réaction généreuse du PLR si son candidat avait été battu d'une dizaine de voix.

On eut aimé découvrir la réaction généreuse des autorités, des médias et de l'administration scolaire si le professeur avait fait ainsi campagne pour un candidat de l'UDC.

Rien de bien grave, apparemment, à ce qu'un individu politiquement engagé profite de la relation de pouvoir dont il dispose de par son poste de professeur pour imposer son idéologie à ses élèves. Rien de grave à ce qu'il essaye d'acheter des votes, fut-ce avec des bonbons. Rien de grave à ce qu'il encourage des enfants à influer sur les choix politiques de leurs parents.

Le professeur n'a pas été autrement inquiété. Il a juste compris qu'il devrait désormais se montrer un peu plus subtil dans sa démarche. Mais ce n'est qu'un excès de plus entre un autre prof de français à Genève ou la manifestation obligatoire pour le climat... Sans que les responsables n'aient à souffrir de la moindre conséquence.

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Rares sont les affaires qui parviennent à franchir le brouillard médiatique ; mais intéressez-vous aux livres scolaires et aux cours de vos enfants, c'est édifiant.