05 février 2019

Les sujets du 10 février

Le temps passe, et nous sommes déjà dans la dernière ligne droite d'une votation hivernale qui verra rejetée l'initiative des Jeunes Verts "Stopper le mitage".

"Stop-Mitage" un peu mité

C'est le seul objet au vote à l'échelle fédérale ; il attire donc à lui toute l'attention médiatique. Cela ne suffira pas à envoyer les citoyens en masse aux urnes. Les derniers sondages donnent l'initiative assez sèchement rejetée d'après la SSR, les citoyens de droite étant finalement "plutôt contre". La proposition des Jeunes Verts n'est soutenue franchement que par les mouvements les plus à gauche.

Il est intéressant de constater que les sympathisants de l'UDC sont les électeurs de droite les moins défavorables à l'initiative avec 30% de soutien (contre seulement 20% chez les Verts libéraux par exemple), contredisant l'étiquette tenace de Neinsager qu'on leur colle systématiquement. La préservation des espaces agricoles fait toujours mouche auprès d'une partie de cet électorat, même si l'initiative trouve son origine chez des bobos urbains qui dissertent sur la vie d'agriculteur bien plus qu'ils ne la pratiquent.

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Tout de suite les grands mots...

Mais ce n'est pas tout de rejeter un mauvais texte ; encore faut-il le refuser pour les bonnes raisons. C'est là que le bât blesse.

La campagne des adversaires repose sur une charge de mots-clés à connotation négative, allant qualifier l'initiative d'extrême jusque dans le nom de leur site web. On voit le métier des campagnes anti-UDC où l'important est plus de stigmatiser l'adversaire que d'apporter des arguments. Parce que niveau arguments c'est un peu le calme plat ; tout au plus reproche-t-on à l'initiative des Verts de ne pas respecter le fédéralisme (ok...) et surtout, d'être inutile parce que les effets de la dernière révision de la Loi sur l'Aménagement du Territoire (la "LAT 1") ne sont pas encore connus.

Si on suit le raisonnement, l'initiative est superflue parce qu'une loi fédérale a déjà les mêmes effets "extrêmes" et donc tout va bien?

Comme d'habitude, le débat politique en Suisse est un miroir aux alouettes, et l'opposition massive des partis du centre-gauche à l'initiative est liée à des raisons qui n'ont rien à voir avec les surfaces agricoles. Il s'agit de préserver la construction de logements et à travers elle l'accueil des populations étrangères introduites par la sacro-sainte libre-circulation - la croissance à tout prix par l'importation d'habitants allogènes.

Après, il ne s'agit pratiquement plus que d'un choix esthétique: choisirons-nous de nous entasser dans des alvéoles de béton avec vue sur des champs de patate, ou un étalement urbain laid et continu? Quelle stratégie pour le SimCity du zonage?

Les disputes sur la préservation des surfaces agricoles helvétiques n'auraient pas de sens si celles-ci n'étaient pas menacées. Elles le sont par la croissance démesurée du nombre d'habitants dans le pays, et sur cet aspect des choses, le peuple s'est déjà exprimé. En 2014, il a choisi de refuser l'immigration de masse. Mais cela dérangeait trop d'intérêts particuliers pour être fait ; alors, on laisse rugir l'incendie en discutant des différentes façons de se répartir la fumée: les clapiers vertigineux pour les Jeunes Verts et les Socialistes, les banlieues moches pour le trio PBD-PDC-PLR. Merveilleux choix.

Genève a mal aux dents

Un premier objet intéressant vient à Genève: une assurance dentaire obligatoire. Alors que les primes d'assurance-maladie sont la deuxième raison qui font basculer les Suisses dans la spirale de l'endettement - merci la gauche ! - les Genevois, toujours à la pointe, se proposent d'en rajouter une couche avec une assurance-dentaire obligatoire.

Mutualisation des soins, mieux-vaut-prévenir-que-guérir, quelques cafés par mois, ne vous inquiétez pas c'est les patrons et les méchantes caisses maladies qui payent, tout le baratin habituel nous est sorti par les protagonistes pour justifier que la population mette un nouveau doigt dans l'engrenage fatal. Les Vaudois ne seront pas surpris, eux qui ont eu droit aux mêmes salades avant de refuser la proposition à 57% il y a quelques années.

Mais voilà, Vaud n'est pas Genève, et le progressiste Canton du bout du Lac pourrait bien choisir une voie... intéressante, dirons-nous, le soir du 10 février. Le vote est d'autant plus ouvert que le capital-sympathie du PLR est en chute libre avec l'affaire Maudet, diminuant d'autant l'impact de son message. Je ne souhaite évidemment pas que les Genevois se retrouvent avec une nouvelle taxe dans les dents (pour reprendre un excellent slogan de campagne anti-assurance dentaire) mais si le Canton du bout du lac franchit le pas, il aura définitivement valeur d'exemple pour ce qui se passera ensuite.

Genève tente la laïcité

Ce dimanche, Genève va également tenter de se doter d'une loi sur la "laïcité", ce mot creux qu'on emploie désormais pour tenter de limiter la propension du prosélytisme musulman à envahir l'espace public. Le résultat est un compromis très genevois tentant de coucher sur le papier quelques règles élémentaires de vivre-ensemble, comme de proscrire les signes religieux pour les employés de l'Administration. Mais uniquement ceux qui sont en contact avec le public, attention. Le prosélytisme doit pouvoir se poursuivre à l'interne, pourvu qu'il soit à l'abri des regards.

Ce "compromis", porté à titre politiquement posthume par le très souple Pierre Maudet, est combattu par la gauche officielle, la perspective alléchante de s'attirer le vote musulman intégriste l'emportant sur le risque de victimes collatérales (homosexuels, juifs et autres minorités stratégiquement secondaires).

On contemplera par exemple une des affiches des opposants à cette loi:

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Où est Charlie (-Hebdo)? Cliquez pour agrandir et compter les voiles...

Comme d'habitude, les gauchistes tombent dans le piège habituel des islamistes pour lesquels seules les femmes portant le voile sauraient être de bonnes musulmanes. Pour les Camarades, il fait bon défendre le patriarcat de temps à autres. D'ailleurs, M. Ramadan est contre cette loi et s'en épanche... dans les colonnes du Temps, vous l'aviez deviné. Non, pas Tariq le violeur en série ; son doux frère (-musulman) Hani, celui qui aimait et aime toujours la lapidation des femmes adultères.

Avec des parrains comme ça, qui peut hésiter, je vous le demande?!

Ce dimanche, une fois acté le rejet de l'initiative stop-mitage, il sera temps de s'attarder sur les résultats des votations de Genève.

Mise à jour (10 février): les votations ont donc eu lieu. L'initiative stop-mitage a été rejetée comme prévu. On notera que les Cantons ruraux l'ont sèchement repoussée tandis que le Oui a été le plus fort dans les Cantons les plus urbains, comme Genève - témoignant que l'idée de la campagne a plus séduit que la connaissance de la campagne par ceux qui la vivent au quotidien.

Parlant de Genève, le Canton du bout du lac aura rejeté l'initiative dentaire et accepté la loi sur la laïcité. Ces mesdames voilée vont devoir ranger leur accessoire au placard lorsqu'elles travaillent dans l'administration ou siègent en tant qu'élues. On attend de voir si elles tenteront de braver l'interdit, et quelle sera alors la réaction des autorités.

21 janvier 2019

Défilé pour le conformisme

Depuis vendredi, les médias ne tarissent pas d'éloges sur la "Manifestation pour le climat", qui réunit des gymnasiens et des apprentis dans une quinzaine de villes du pays, dont Lausanne.

Des centaines de jeunes lobotomisés par la propagande climatique défilent dans les rues pour réclamer plus de taxes et d'interdictions, étant entendu que le porte-monnaie est le seul moyen pour "changer les choses". Ils brandissent des pancartes pour réclamer moins de liberté, pour obtenir plus de gouvernement mondial, pour affecter le mode de vie de ceux qui ne pensent pas comme eux.

En France, les gilets jaunes manifestent pour ne pas mourir ensevelis sous les taxes et les interdictions, victimes collatérales des gouvernements engagés dans la lutte contre les moulins à vent climatiques. En Suisse, la jeunesse manifeste pour recevoir plus de taxes et d'interdictions.

Les commissaires politiques peuvent avoir la larme à l’œil ; le succès est total.

Il est loin le temps où l'école enseignait la pensée critique, formait l'esprit à une réflexion indépendante, aménageait des débats sur des sujets de société sans porter de jugement. Aujourd'hui, on n'y confronte plus les opinions ; on assène. Les dissidents sont impitoyablement réduits au silence. Le film de propagande d'Al Gore "une vérité qui dérange" fait partie du cursus obligatoire. Peu importe que le politicien, avec l'hystérie qui le caractérise, se soit régulièrement couvert de ridicule avec ses prédictions alarmistes ; comme pour les cadeaux, c'est l'intention qui compte.

En sortant de l'école, en ouvrant les journaux (gratuits ou non), en allumant leurs écrans, les enfants verront renforcé le message entendu à l'école ; sur ce sujet comme sur d'autres, pour un Suisse francophone et peu curieux, la contradiction n'existe pas, et même cela n'éveillera plus aucun soupçon chez lui. Le mantra est répété chaque soir lors de la messe du 19:30. Les invités sont tous d'accord, les rapports perpétuellement effrayants, les prévisions toujours pires que prévu. Les signaux d'alarme se multiplient plus vite que les moustiques en été. On va tous dans le mur. On est fichus.

fin-du-monde.jpg

...Mais ensuite, on apprend (ouf!) que tout n'est pas complètement perdu, et qu'avec quelques taxes par-ci, quelques prélèvements par là, quelques menues interdictions, peu de choses en somme, on pourrait sauver la planète! Si les experts de l'ONU le disent, des gens dignes de confiance, c'est que ça doit être vrai, non?

Les gouvernements mondiaux ont réinventé le commerce des indulgences, mais qui étudie encore l'histoire?

Il reste néanmoins quelques lueurs d'espoir.

D'abord, nos élèves ont beau "faire grève" (quelque chose que j'avais toujours lié à une activité salariée, m'aurait-on menti?) pour le climat, ils ont la roublardise de la faire un vendredi ouvré. Courber les cours, ça n'a pas de prix. Nos manifestants seront un tout petit peu plus crédibles, et sans doute beaucoup moins nombreux, le jour où ils feront vraiment un effort personnel pour manifester - comme prendre sur leur temps libre.

Et puisque nous parlons de crédibilité, quelqu'un devrait dire à ces jeunes celle-ci commence en donnant l'exemple. Je ne parle pas de jeter leurs pancartes en carton dans des containers de recyclage prévus à cet effet à la fin de la manifestation, mais simplement d'adopter et d'assumer le mode de vie qu'ils préconisent. Fini les achats sur Internet et les vacances EasyJet! Qu'ils payent des billets de train avec la compensation CO2, qu'ils rechargent leurs smartphones à l'électricité verte! Je ne doute pas qu'ils trouveront toujours de nombreuses excuses pour ne pas le faire, mais enfin, demander à l'État de réglementer sa vie parce qu'on n'y arrive pas soi-même n'est guère une preuve de maturité.

Ensuite, il y aura peut-être quelqu'un d'un peu plus éveillé dans la foule pour comprendre que la Suisse est bonne élève en matière de protection de l'environnement par rapport à bien d'autres pays développés, et donc qu'en gros, si effort il y a il serait peut-être à faire ailleurs. Là où les gens ne manifestent rien d'autre que de l'apathie face à la préservation de l'environnement, par exemple. On pourrait mettre pratiquement tous les pays non-occidentaux dans cette catégorie, hélas.

Enfin, le principal problème de l'hystérie, c'est qu'elle est difficile à entretenir sur la durée. L'état de panique face à la fin du monde sera long d'ici que la planète prenne feu spontanément en 2100. Les élèves suisses ont bien raison de vouloir renoncer à voyager ; en sortant des frontières du pays, ils risquent de plus en plus de passer pour des imbéciles en confrontant leurs opinions avec celles des peuples alentours. En 2017, seulement 52% des Français et 50% des Allemands considéraient la prétendue "urgence climatique" comme la première priorité. Et en s'éloignant c'est encore pire: aux USA, ils n'étaient que 37% à s'inquiéter de ce thème - on parle du 2e pays le plus pollueur au monde - ou 18% en Chine - et là, on parle du premier. (Si vous vous posez la question, le sondage est présenté sur le site du WWF.)

Depuis que les Accords de Paris sont morts il y a un an et demi, le monde se désintéresse lentement de la théorie controversée du Réchauffement climatique. Sur le plan international, il n'y a plus d'argent à se faire. Mais comptons sur la Suisse, toujours en retard d'une guerre, pour rester le fer de lance d'un combat qui n'est plus une priorité que dans les discours des élites qui voyagent autour du monde en jet privé.

16 janvier 2019

Face à l'Affaire Maudet, le PLR genevois choisit le suicide

La grande explication a finalement eu lieu mardi soir. Au grand auditoire d'Uni Dufour, plus de 700 membres du PLR genevois se réunirent pour discuter de l'affaire Maudet. La couverture live de l'événement fut assurée par plusieurs médias, dont 20 Minutes.

Presse, radios, télévisions et sites web firent leurs choux gras de ce grand déballage quasi public, chacun choisissant ses répliques préférées et alimentant de nombreux articles ce mercredi.

Je me suis déjà exprimé sur l'affaire Maudet en septembre dernier. Depuis, celle-ci n'a cessé de prendre de l'ampleur, si bien que l'on pourrait parler de la tentaculaire affaire Maudet. Soupçons d'octroi d'avantage, de passe-droit, de fraude fiscale, mais le politicien n'a toujours pas été condamné. La justice est plus lente que les tempêtes médiatiques que ses enquêtes suscitent. Dans les arcanes du droit, il n'est même pas certain qu'il soit reconnu coupable de quoi que ce soit.

Pourtant, les appels à la présomption d'innocence sonnent creux. Le terme ne fut d'ailleurs rapporté qu'une seule fois pendant les plus de trois heures de débat d'hier soir, lors d'une présentation par Christian Lüscher du contexte de cette assemblée générale extraordinaire. C'est fort logique: la présomption d'innocence concerne avant tout la justice, pas la politique. L'opinion publique fait ses choix et rend des jugements différents. Le non-respect de la parole donnée, les manipulations et les mensonges ne sont peut-être pas pénalement répréhensibles, mais pour une population qui avait confiance dans ses élus c'est une sentence sans appel.

genève,pierre maudet,corruption,plrLes belles déclarations sur les principes de bénéfice du doute et de présomption d'innocence ne pèsent pas lourd dans le secret de l'isoloir.

Pierre Maudet est politiquement fichu, même s'il est blanchi par la justice. Qu'il soit coupable ou non importe moins qu'il a menti, effrontément et à d'innombrables reprises. Il a menti aux médias, à ses confrères de l'administration publique, à ses collègues de parti, au fisc, au peuple genevois. S'il a au moins la moitié de l'intelligence qu'on lui prête, il sait parfaitement quelle est sa situation. La stratégie du politicien semble plus n'être que de payer de belles paroles et, à la tête d'un dicastère fantôme, de tenir jusqu'à toucher une rente à vie. Je ne croirai le contraire que lorsqu'il se sera engagé par écrit à y renoncer.

Il poursuit cette stratégie coûte que coûte, dusse-t-elle détruire tout ce qui reste du PLR genevois.

La seule question qui restait pour le PLR aurait donc dû être le choix de la meilleure stratégie pour se débarrasser d'un Pierre Maudet devenu boulet, étant donné qu'il paraît impensable qu'il poursuive une carrière politique à l'issue de son mandat. Et poser une telle question, c'est y répondre.

À la place, le PLR choisit la voie d'un cafouillage monumental, qui confine au suicide politique.

Le pire est sorti de cette assemblée. Le pire.

Sur les 709 délégués votant, 341 ont soutenu le Conseiller d'Etat, 312 l'ont désavoué et 56 ont choisi de s'abstenir. Pierre Maudet a donc "sauvé sa peau" en emportant une majorité relative de 48%, même pas la majorité absolue. Les guillemets sont de rigueur parce que le politicien laissa comme d'habitude planer l'ambiguïté sur ce qu'il ferait si le PLR ne lui avait pas renouvelé sa confiance, déclarant qu'il "tiendrait compte" du vote, "prendrait la mesure du message" et "en tirerait les conclusions..." Des phrases qui ne veulent rien dire, toujours...

Ce soir-là, quelques Genevois firent preuve d'honneur, à commencer par Alexandre de Senarclens, président du PLR genevois, qui invitait à refuser la confiance à Maudet. Il avait annoncé en termes limpides qu'il quitterait son poste s'il était désavoué par les délégués - un joli contraste avec la langue de bois permanente de Pierre Maudet. La direction du parti vient donc de donner sa démission, et on peut être sûr que ceux qui les remplaceront seront des partisans de celui par qui le scandale arrive, ce qui contribuera certainement à rendre le PLR encore plus sympathique aux yeux de la population genevoise. Quasiment la moitié des délégués PLR ne veulent plus de Maudet, imagine-t-on ce que cela signifie au niveau des sympathisants, des électeurs?

Le PLR Genevois se retrouve en porte-à-faux vis-à-vis du PLR suisse, dont la Présidente Petra Gössi rappela peu après le vote plusieurs évidences, à savoir que Maudet "avait bafoué les valeurs du parti" et "nui au PLR genevois". Heureusement pour ce dernier, l'exclusion de la section cantonale du parti national ne semble pas à l'ordre du jour. Pourtant, le PLR suisse est immanquablement maculé par le dégât d'image. Pierre Maudet avait été le candidats-alibi romand lors de la succession de Didier Burkhalter ; à cette occasion, il se fit largement connaître en Suisse alémanique, une notoriété bien embarrassante aujourd'hui.

Ce mardi, le PLR genevois ne s'est pas simplement tiré une balle dans le pied, il vient de se jeter dans le lac avec une pierre au cou. D'une courte majorité, il choisit de rester solidaire d'un politicien que les Genevois méprisent désormais au plus haut point (il suffit de lire les commentaires des lecteurs lorsqu'ils ne sont pas désactivés) et subiront donc probablement une cuisante descente aux enfers politique. La droite genevoise peut dire adieu à sa majorité au Conseil d'État aux prochaines élections, et à un bon score lors des fédérales de la fin de l'année.

Je ne jette pas la pierre aux délégués PLR qui mirent le mauvais bulletin dans l'urne à l'Uni Dufour le 15 janvier, saisis par l'émotion du moment et la persistance irrationnelle d'une confiance dans un politicien félon dans lequel ils avaient tant crus. J'ai été dans de tels assemblées, l'ambiance s'échauffe, les répliques fusent, les sacs se vident et collectivement, la foule prend de mauvaises décisions. Ce ne sont que des êtres humains après tout.

Mais il est aussi important qu'ils apprennent de leurs erreurs, et comptons sur les Genevois pour le leur faire comprendre.

29 décembre 2018

Réflexions sur la double-nationalité

"La double-nationalité est devenue chose normale", claironne le site d'information étatique Swissinfo. L'article repose sur un dossier sur la double-nationalité établi par la Commission fédérale des migrations (CFM) et publié un peu plus tôt dans l'année.

Visages.jpgVisages de binationaux, en couverture du rapport de la CFM.

Le document, très synthétique, contient des de statistiques et des discussions politiques autour du thème de la double-nationalité, mais commence par un constat relativement indiscutable: une partie croissante de la population ne peut plus être désignée par les simples catégories "Suisse" ou "étranger" - tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Suisse.

Aujourd’hui, un Suisse sur quatre, que ce soit dans le pays ou à l’étranger, possède au moins une nationalité supplémentaire. Ce chiffre serait même plus important car les données disponibles se basent uniquement sur les personnes de plus de 15 ans. Chez les Suisses vivant à l’étranger, le pourcentage de binationaux est d’environ 75 pourcent.


Un quart des Suisses de passeport résident en Suisse sont donc double-nationaux, et trois quarts à l'étranger, ce qui éclaire d'un jour nouveau la composition de la fameuse "Cinquième Suisse" vis-à-vis des quatre autres.

La double-nationalité pose la question de la loyauté. Comment tranchera un binational sur un arbitrage entre ses deux pays d'appartenance? De quel pays se réclamera-t-il lors d'une compétition sportive où ils se font face? Et, sur un plan plus dramatique, si un conflit devait les opposer? "Double-nationalité, double-fidélité", résume Frank Leutenegger sur LesObservateurs.ch. À l'heure où les binationaux forment des contingents importants au sein de l'armée de milice helvétique et disposent comme les autres d'une arme militaire en dotation, la question a des implications nettement plus concrètes qu'une discussion sur le sexe des anges.

Un pied dans chaque pays, mais un seul cœur

Il n'existe pas de binational "50-50". Une des deux nationalités a toujours préséance dans l'esprit d'un binational, reste à savoir laquelle. Certains choisissent la nationalité helvétique pour les avantages qu'elle procure, l'impossibilité d'être expulsé du pays ou les facilités en cas de voyage. Ces Suisses de papier privilégient leur nationalité d'origine et n'ont que peu d'estime, ou pas d'estime du tout, pour le passeport rouge à croix blanche. Ils le voient d'un œil purement utilitaire. Au contraire, d'autres franchissent le pas en ressentant une communauté de destin avec les Suisses qui les ont accueillis. Ils regardent alors leur nationalité d'origine comme un reliquat de leur histoire personnelle. Ces Suisses vous diront qu'une nationalité acquise en toute conscience a plus de poids qu'une nationalité innée. Bien sûr, d'autres encore sont binationaux de naissance, et là, bien malin qui peut dire où ira leur allégeance.

On peut discuter à l'infini des Suisses binationaux, de leurs convictions intimes, de leurs priorités, de leur orientation politique. Il est facile pour des conservateurs d'y voir le visage de l'ennemi ; pourtant, en 2017 en Allemagne, les Allemands naturalisés (donc binationaux, l'acquisition de la nationalité allemande n'impliquant pas de perdre celle d'origine) furent plus nombreux à voter pour l'AfD (14%) que les Allemands de souche (13%). L'écart est faible mais permet de battre en brèche l'idée que les binationaux seraient systématiquement en faveur de plus d'immigration incontrôlée, de plus de redistribution aveugle, de plus de pillage de la société hôte. Certains individus voient tout simplement plus loin que le bout de leur nez et n'ont pas envie que leur pays et celui de leur descendance dégénère pour se retrouver au niveau de celui qu'ils ont choisi de quitter. On peut aussi penser, sur le cas allemand, qu'ils ne se sentent pas autant culpabilisés par la propagande anti-AfD des médias ressassant en permanence les "heures sombres de l'histoire", et gardent donc une plus grande liberté intellectuelle pour arrêter leur vote.

En tant que binational, inscrit à l'UDC avant même d'avoir reçu la nationalité suisse, je pourrais facilement me citer en exemple d'individu cherchant à défendre la démocratie directe, l'indépendance et la neutralité du pays malgré son origine étrangère. Il suffit pourtant de se remémorer l'existence d'autres binationaux dans l'arène politique - Ada Marra, Pierre Maudet, Olivier Français, Claude Béglé, Lisa Mazzone, Claude Janiak, Cédric Wermuth et bien d'autres - pour se rendre compte que les contre-exemples sont malheureusement légions.

La question de la loyauté d'un binational poussa le Conseiller fédéral PLR Ignacio Cassis à renoncer à son passeport italien avant d'accéder à son poste. "Nous avons des ambassadeurs suisses dans le monde, à qui on demande de n'avoir que la nationalité suisse. Je peux mal m'imaginer que leur chef puisse en avoir deux, ce ne serait pas cohérent", s'est-il justifié en invoquant une règle - périmée - du DFAE. Si rien ne l'y obligeait dans la loi, sa démarche montre que la question de la double-nationalité suscite un débat aux plus hauts niveaux.

Super-Citoyens

La double-nationalité a l'incomparable avantage de la simplicité administrative: chaque pays considère ses ressortissants comme des citoyens pleins et entiers et ne se soucie pas du reste. Vérifier qu'un citoyen dispose de sa nationalité et d'aucune autre serait une tâche potentiellement très complexe, et, compte tenu du nombre et du manque de coopération de nombreux États de la planète, probablement impossible à garantir.

Reste que dans la pratique, la double-nationalité offre d'immenses avantages et pratiquement aucun inconvénient. Un citoyen binational brise la règle démocratique de base "une personne égale une voix" en pouvant voter dans deux pays. Il peut voyager avec l'un ou l'autre passeport, à sa convenance. En voyage, il peut se réfugier ou faire appel aux missions diplomatiques de deux pays différents. En cas d'inculpation un État dont il est citoyen peut lui retirer son passeport pour l'empêcher de quitter le pays, mais il suffit que le binational ait gardé un second passeport pour se rendre où il veut comme bon lui semble - et échappe ainsi à la justice. Et si les choses tournent mal il pourra toujours faire appel à l'État de sa deuxième nationalité pour intercéder auprès du premier... Autant d'options hors d'atteinte des citoyens normaux, attachés à un seul pays.

L'acquisition de la nationalité helvétique est longue, mais sans risque: hormis l'effort investi dans la démarche, échouer n'entraîne aucune conséquence. Réussir ouvre en revanche de nombreuses options personnelles, y compris pour sa descendance. Autrement dit, l'approche rationnelle de la nationalité consiste à essayer de devenir binational, et plus encore si les circonstances le permettent. Bien entendu, on peut se demander quel sera le degré de solidarité avec les populations autochtones d'un individu collectionnant les passeports.

Avec la généralisation de la multi-nationalité, nous assistons peut-être à l'émergence d'une réelle caste transnationale (ou se percevant comme telle) au sein de laquelle les États-nations ne sont que des reliquats du passé, même s'il faut parfois faire preuve d'un peu d'hypocrisie pour décrocher un sésame supplémentaire. Ces gens, très nombreux en Suisse, sont-ils le futur ou une anomalie de l'histoire ?

Restreindre la double-nationalité?

Depuis 1992, la Suisse n'oblige plus les candidats à la naturalisation à renoncer à leur nationalité d'origine. La volonté de réformer cette approche revient régulièrement sur le devant de la scène, mais un quart de siècle de pratique rend quasiment impossible tout retour en arrière. Les juges de Mon-Repos - ou leurs supérieurs de la CEDH - s'empresseraient de retoquer une loi interdisant la double-nationalité au nom de l'inégalité entre les nouveaux naturalisés et les binationaux existants. Quant à forcer tous les binationaux à renoncer à l'une ou l'autre de leurs nationalités et à s'assurer que c'est chose faite, bonne chance.

Les autres options ne sont malheureusement pas meilleures. Certains brandissent comme la Panacée l'idée d'interdire l'accès à des mandats politiques à de tels individus. Outre l'éternel défi de la vérification, l'approche elle-même est une fausse bonne idée: l'interdiction faite à un individu de se présenter à une élection devant le peuple est une restriction des droits populaires. Cela revient à limiter le choix des citoyens, donc à diminuer leur responsabilité. Les promoteurs de telles initiatives aimeraient bien que les gens n'élisent pas par exemple des candidats faisant le jeu du communautarisme, et c'est compréhensible, mais s'y prendre de cette façon revient à reconnaître sa défaite. Si les électeurs eux-mêmes sont incapables de faire le tri et choisissent en masse des candidats en vertu de leurs nationalités étrangères, le mal est déjà fait - ces gens n'auraient jamais dû obtenir le droit de vote en premier lieu.

De plus, et on touche à nouveau au problème de la nationalité de cœur, un passeport n'est jamais qu'un simple document administratif. Il serait facile pour les politiciens concernés de renoncer à diverses nationalités supplétives pour respecter la lettre d'une telle loi sans que personne ne soit dupe. Un communautariste kurde convaincu pourrait sans hésiter renoncer à son passeport turc, par exemple, pour continuer à se présenter comme le héraut de sa communauté.

Non seulement il n'y a pas de solution simple, mais il est peut-être tout simplement trop tard. Avec 25% du corps électoral au bénéfice d'une double-nationalité sans compter la cinquième suisse, une minorité probablement très motivée pour préserver ses avantages, toute approche démocratique pour refermer la porte aux binationaux est probablement vouée à l'échec. De plus, le mouvement qui proposera un tel texte rassemblera l'unanimité contre lui et aura droit à tous les noms (nationalisme ranci, fermeture d'esprit et cætera) pendant le chemin de croix jusqu'à la défaite.

Je ne vois franchement pas quel sursaut pourrait retourner par miracle la majorité de l'opinion sur un tel sujet. La question aurait peut-être eu une autre issue si une initiative avait abordé de front la question assez tôt, mais après vingt-six ans de pratique de double-nationalité, l'urgence est difficile à plaider.

Serais-je devenu suisse si j'avais dû renoncer à ma nationalité française? Sans hésiter. D'autres auraient-il hésité ou renoncé? Certainement. Mais indépendamment du nombre et de la couleur des passeports, ce sont les convictions et l'engagement qui doivent prévaloir lorsque le temps est venu pour le peuple suisse d'élire ses représentants. Les partis patriotiques gardent toute leur pertinence lorsqu'ils attirent l'attention de l'électorat sur les loyautés transfrontalières de certains candidats, binationaux ou non.

Aux électeurs d'avoir assez de maturité pour voter ensuite en conséquence.

09 décembre 2018

Martine Brunschwig Graf, le mensonge dans la peau

Les innombrables ramifications de l'affaire Ramadan n'en finissent pas de faire des vagues. Certaines s'échouent jusque sur la grève de Genève, éclaboussant des notables qu'on aurait espéré au-dessus de tout soupçon.

Tariq Ramadan, coupable d'actes sexuels sur mineures

Comme d'habitude, il faut quérir ailleurs l'information qui concerne la Suisse romande. Ici, il faut la chercher dans le magazine français Le Point - qui cite lui-même un reportage de Radio Lac, peu repris par les médias locaux - pour savoir de quoi il retourne.

Tariq Ramadan est rattrapé par son passé d'enseignant en Suisse. L'enquête, commandée par le gouvernement du canton de Genève sur les abus à l'école, porte principalement sur le Cycle d'orientation des coudriers et sur le collège de Saussure, où Tariq Ramadan a enseigné le français entre 1984 et 2004. Ce rapport confidentiel, remis au Conseil d'État le 31 octobre dernier, vient d'être révélé par Radio Lac. Les enquêteurs, deux anciens juges, ont entendu une cinquantaine de personnes, dont quatre anciennes élèves du prédicateur.


On peut lire que Tariq Ramadan serait parvenu à entretenir des relations sexuelles avec trois élèves âgées de 15 à 18 ans. Une ancienne élève confiait avoir été "abusée et violentée". "J'ai eu des relations sexuelles avec lui. Il était marié et père de famille. Cela s'est passé trois fois, notamment dans sa voiture. C'était consenti mais très violent. J'ai eu des bleus sur tout le corps. Il m'a toujours fait croire que je l'avais cherché".

Ces actes sont punis par les articles 187 à 190 du Code Pénal.

Lors de l'ouverture de l'enquête, Tariq Ramadan avait aussitôt annoncé qu'il déposerait une plainte contre X pour diffamation, voire calomnie. Un an plus tard, il n'a toujours rien fait. Il est vrai que la posture de respectabilité du prédicateur des Frères Musulmans est devenue difficile à tenir.

Mais d'autres questions sont aussi importantes, notamment, comment un simple professeur a-t-il pu contraindre sexuellement voir violer ses propres élèves, au sein même de l'école publique, pendant des années, au nez et à la barbe de toute la hiérarchie de l'institution?

La réponse est évidente: il a été couvert.

Martine Brunschwig Graf, celle qui savait et choisit de mentir

Les explications sont données dans la suite de l'article, dont un passage hallucinant que je me permets de souligner.

Le rapport met également en cause le directeur du collège de Saussure. Alerté sur les agissements de Tariq Ramadan, il n'aurait pas cherché à « approfondir des faits rapportés par de tierces personnes, témoins directs de comportements inadéquats, au motif que de tels faits devaient être dénoncés par la victime elle-même ». Quant à Martine Brunschwig Graf, ministre de l'Instruction publique à l'époque, elle reconnaît avoir menti à la presse en évoquant de « simples rumeurs ». En fait, elle aurait bien été informée que Tariq Ramadan entretenait des relations intimes avec certaines de ses élèves. Notamment par une enseignante à la retraite « et féministe ».

Malgré cela, le rapport, très « suisse » (sic), se contente d'évoquer des « dysfonctionnements », mais pas de « manquements ». Une conclusion qui fait bondir Anne-Marie Von Arx Vernon, députée démocrate-chrétienne. Sur Radio Lac, elle dénonce un « rapport décevant et peu respectueux des victimes, qui n'ont pas été prises au sérieux ». C'est cette élue, à l'origine en novembre 2017 de la création d'un comité de soutien aux anciennes élèves abusées par Tariq Ramadan, qui a insisté pour que le ministère de l'Instruction publique mène cette enquête.


racismeMadame Brunschwig Graf a couvert un enseignant dans une affaire d'actes sexuels sur mineurs.

Madame Brunschwig Graf a sciemment menti à la presse et, à travers elle, au grand public et aux autorités du pays.

Ces actes sont d'une extrême gravité. Dans une époque où des élites tombent pour corruption, les errements de Mme Brunschwig Graf sont encore plus graves: elle foula au pied les devoirs mêmes qui étaient associés à son mandat de l'époque. Elle n'a tout simplement aucune excuse.

Combien de femmes auraient pu ne pas être violées les années suivantes si Mme Brunschwig Graf, il y a quinze ans, avait pris ses responsabilités à l'encontre de M. Ramadan?

Quant à comprendre pourquoi Mme Brunschwig Graf se trouva si compréhensive à l'égard d'un détraqué sexuel sévissant au sein des écoles genevoises, l'explication pourrait se trouver dans l'individu concerné. Le séducteur pathologique pourrait être parvenu à subjuguer jusqu'à la politicienne elle-même.

Cette théorie - qui ne dépassera sans doute jamais ce stade à moins d'un grand déballage - aurait aussi le mérite d'expliquer l'étrange mansuétude de Mme Brunschwig Graf vis-à-vis de l'islam à travers son mandat de Présidente de la Commission Fédérale contre le Racisme. Quelques exemples de sa partialité se trouvent ici, ici ou ici, relevés par la vigilance de citoyens concernés par la montée de l'islamisme en Suisse.

Nommée par le Conseil Fédéral, Mme Brunschwig Graf, 68 ans, en est à son deuxième mandat de quatre ans à la tête de la Commission. Il court jusqu'en 2020. Quelles que soient ses motivations pour couvrir Tariq Ramadan lorsqu'il sévissait à Genève, on se demande comment à Berne les autorités peuvent rester sourdes, muettes et aveugles face à une directrice de Commission fédérale qui avoue carrément à la presse qu'elle a menti dans l'exercice de ses fonctions alors qu'elle n'était "que" Conseillère d'État. Sa probité est irrémédiablement salie.

Un poste aussi important que le sien ne devrait-il pas impliquer une éthique irréprochable?

Mise à jour (10 décembre): il n'aura pas fallu longtemps, une pétition en ligne circule désormais pour demander la fin de l'impunité de Mme Brunschwig Graf. Comme quoi je ne suis pas la seule personne choquée ici-bas.

Mise à jour (14 décembre): encore de nouvelles victimes du prédicateur islamiste révélées dans la Tribune de Genève, six pour l'instant, toujours à la même époque où Mme Brunschwig Graf fermait plaisamment les yeux.

23:02 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : racisme |  Facebook

05 décembre 2018

Non-événement au Conseil Fédéral

Ça y est, la soporifique élection des nouveaux Conseillers fédéraux a eu lieu, avec sa tension artificielle, ses sourires étudiés, ses bouquets de fleurs et la pose devant les photographes de presse. Cette matinée fait indéniablement partie de l'information, mais je doute qu'elle ait passionné les foules.

Comme un peu d'autosatisfaction ne fait pas de mal, je rappelle que j'avais annoncé l'élection de Mme Keller-Sutter au Conseil Fédéral le 2 octobre déjà:

Quelle surprise! Certes, la Saint-galloise était donnée favorite, mais personne ne s'attendait à un tel plébiscite de l'Assemblée Fédérale dès le premier tour (...) Alors que la matinée électorale se poursuit, une seule question brûle toutes les lèvres: combien de femmes se retrouveront finalement au Conseil Fédéral?


conseil fédéral,électionsVoilà, nous le savons aujourd'hui, Mme Karin Keller-Sutter sera accompagnée de Mme Viola Amherd. Quant au positionnement politique de ces dames, je m'en remets à l'analyse de Me Nidegger:

[Le] remplacement d’un PLR bernois de 66 ans, diplômé de l’EPFZ et ancien chef d’entreprise par une PLR saint-galloise de 55 ans, traductrice de formation et ancienne conseillère d’État en charge de Justice et Police n’apparaît que comme un renouvellement générationnel. Tel ne serait pas le cas, en revanche, du remplacement d’une PDC argovienne de 55 ans, ancienne avocate et proche de l’économie par une PDC haut-valaisanne de 56 ans, notaire et notoirement positionnée à gauche. Car ce choix consacrerait une rupture de l’alchimie actuelle, un retour au regrettable déséquilibre qui prévalait avant le remplacement de Didier Burkhalter par Ignazio Cassis en septembre de l’année dernière.


En termes simples, le Conseil Fédéral est encore plus à gauche. Mme Doris Leuthard avait tendance à suivre les modes plutôt que la raison dès qu'il était sujet de questions environnementales, mais elle était capable de faire preuve d'un peu de bon sens de temps à autre sur le reste. Il y a fort à parier que cette maigre modération disparaisse avec Mme Amherd. Je pense que nous le verrons assez vite.

L'avantage de s'attendre au pire, c'est qu'on est rarement déçu!