29 juin 2011

Une chaude assermentation

La cérémonie d'assermentation du nouveau Conseil Communal de Renens eut lieu ce mardi 28 juin.

La cérémonie et la prestation de serment étaient des nouveautés pour nombre de conseillers communaux, dont votre serviteur, dans leur tout premier mandat. Des vétérans de la politique locale affichaient quant à eux un air blasé en espérant que les étapes du processus ne traîneraient pas trop en longueur. Mais si cette fin d'après-midi fut chaude, ce ne fut pas entièrement le fait de la canicule.

IMAG0169.jpgLes étapes de l'installation du nouveau Conseil sont nombreuses et formelles, même si quelques ajouts, comme des intermèdes musicaux par un duo de guitare et la fanfare de la clef d'argent, contribuèrent à rendre l'exercice moins pesant. Après les salutations du Préfet et la prestation de serment des membres du Conseil, un nouveau Bureau - organe faîtier du Conseil Communal - est élu à bulletin secret. Le Bureau nouvellement constitué prend ensuite en main le déroulement de la séance, choisissant les membres des commissions permanentes (finances, gestion, pétitions...) et les délégués du Conseil dans des organisations inter-communales (aide sociale, gestion de la police ou des taxis...) jusqu'à la clôture de l'ordre du jour.

La cérémonie ne laisse guère de place au hasard, et l'observateur de passage pourrait s'étonner de la fluidité avec laquelle les groupes viennent présenter leurs candidats pour des postes au Bureau du Conseil Communal ou la façon dont les partis en présence s'attribuent des places dans les différentes commissions. Tous arrivent à point nommé, juste le nombre qu'il faut. Il faut avouer que tout cela a été préparé longtemps à l'avance par le biais d'une convention de législature...

Je reviendrai dans un autre billet sur cet aspect essentiel de la vie politique communale. Disons sans trop déflorer le sujet que la convention de législature est une sorte de "traité de paix" entre les partis représentés au Conseil. Elle offre une répartition équitable du pouvoir, permettant à chaque groupe d'être représenté proportionnellement au sein de chaque commission et définit un tournus pour les rôles de présidence en commission ou au Conseil.

La convention de législature 2011-2016 fut approuvée et signée par les présidents des partis et les chefs des groupes politiques du Conseil Communal courant avril; pour l'année 2011, selon l'accord signé, elle attribuait les postes de président aux Verts, de vice-président aux Fourmis Rouges (nom de la branche locale du Parti Ouvrier et Populaire vaudois, extrême-gauche) et de 2e vice-président à l'UDC.

Les scrutins commencent avec l'élection du Président. Chacun sait qu'il doit jouer le jeu.

Suivant la convention, une seule candidate se déclare, Nathalie Kocher, au nom des Verts. Elle est élue comme dans un fauteuil.

Vient ensuite l'élection de la Secrétaire, élue très largement. Puis le Préfet passe la main au nouveau Bureau: après lecture du procès-verbal de cette première partie de la cérémonie d'installation et son approbation par le Conseil Communal, la nouvelle présidence et sa secrétaire organisent la poursuite de l'élection (si mes souvenirs sont exacts - c'est un peu lourd, mais c'est la procédure.)

Election de la Vice-Présidente Nicole Divorne, des Fourmis Rouges. Même réussite, sur du velours.

Vient l'élection du 2e Vice-Président, rôle normalement dévolu à l'UDC en 2011. Un seul candidat déclaré, le nôtre, Gérard Duperrex (au moins, il n'y a pas de candidature surprise, me dis-je en mon for intérieur.) Décompte des bulletins... 32 voix sur 73 présents, soit un zeste de plus que la somme du PLR et de l'UDC. Et surtout, M. Duperrex n'atteint même pas la majorité absolue!

Emoi dans la salle. "Les salauds!", entends-je depuis d'autres rangs.

Au mépris de la convention, pratiquement aucun écologiste, socialiste ni membre de l'extrême-gauche n'a soutenu notre candidat!

Entendons-nous bien: le scrutin est à bulletins secrets, si bien que personne en ce bas-monde ne saura jamais la vérité. La responsabilité est diluée dans l'anonymat. On peut tout imaginer dans la répartition de ces suffrages. On peut aussi objecter que quelques bulletins étaient nuls, certains ayant peut-être écorché l'orthographe du nom du candidat au point d'invalider leur vote.

Malgré tout, on a du mal à imaginer que ce résultat ne soit pas dû à un mot d'ordre. En tous cas, on ne peut guère dire que l'esprit de la convention de législature ait été suivi! J'espère au moins que ceux qui ont approuvée cette dernière (deux personnes par parti, soit 6 pour les partis de gauche) ont respecté leur propre signature...

Personne n'ayant obtenu la majorité absolue, l'assemblée procéda à un second tour, où notre malheureux candidat obtint encore moins de voix, 29 cette fois-ci, mais où il remporta le poste malgré tout, puisque le scrutin était désormais à la majorité relative. Sans la moindre amertume et sous les applaudissements nourris du public, le 2e vice-président UDC eut l'élégance de remercier l'assemblée pour son élection.

Ce fut la seule péripétie de cette journée, une espèce de coup de semonce destiné à faire comprendre à tous que l'UDC Renens n'est pas la bienvenue au Conseil Communal. C'est en tous cas en ces termes que plusieurs observateurs de la vie politique locale analysèrent l'évènement. D'autres tentèrent de lier cette étrange péripétie à quelques voix reçues en mon nom lors de l'élection de la Présidence, mais l'hypothèse ressemble plus à une tentative de justification à posteriori, d'autant plus que les voix manquantes lors de l'élection de M. Duperrex n'étaient pas si "éparses" que cela et plaident en faveur d'une action concertée.

Cette période de tension relativement gratuite - puisque le candidat fut élu quand même - contrasta avec le reste d'une journée toute en décontraction et en bonhomie, où les relations personnelles entre conseillers communaux furent cordiales, voire amicales, tous partis confondus. Tout ceci est décidément bien étrange. Hypocrisie? Incompréhension? Manifestation de mauvaise humeur? Bizutage? Difficile de faire la part des choses.

La syndique de Renens Marianne Huguenin termina la séance par un discours d'ouverture, dans lequel elle donna quelques statistiques sur le nouveau Conseil Communal; notamment la présence de 8 non-Suisses parmi les élus communaux. Je ne manque pas de relever que 3 de ces étrangers sont dans les rangs de l'UDC Renens, soit 30% de ses effectifs au Conseil - une proportion qui propulse ce groupe loin devant les autres formations politiques. Où est la fameuse xénophobie dont on accuse continuellement l'UDC? Et où est la fameuse intégration des étrangers à la vie politique prônée par les autres partis? Paroles, paroles!

Quoi qu'il en soit, cette installation des autorités communales fut une journée aussi chaude que chargée. La fraîcheur du soir retrouvée, elle s'acheva par un agréable repas où chacun put commencer à discuter sur les premières mesures à mettre en oeuvre pour les commissions permanentes où il prenait part. Car le travail nous attend...

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Comme au village d'Astérix, tout se termine par un banquet.