15 juillet 2018

Trump fait le ménage à l'international

Donald Trump renverse l'échiquier politique traditionnel - et pas que dans les affaires intérieures de l'Amérique. Le Président républicain apporte aussi son franc-parler et son implacable logique dans le domaine de la diplomatie, bousculant de nombreux "consensus internationaux" où ceux-ci s'exprimaient avant tout au détriment des États-Unis.

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Prenons trois récents événements pour mieux comprendre.

G7

En juin, le G7 était pour Trump l'occasion de faire voler en éclat le protectionnisme dont se parent tous les partenaires commerciaux des États-Unis pour se protéger d'eux - ou à les prendre à leur propre piège. Car contrairement à ce que clament les journaux de façon particulièrement mensongère, Trump n'est pas un adepte du protectionnisme mais tout le contraire. En revanche, il est très à cheval sur un principe de base de toute relation saine, qu'elle soit commerciale ou autre: la réciprocité.

Ainsi, Trump proposa en ouverture du G7 la fin totale des tarifs douaniers. Stupeur chez ses partenaires! Tous taxent bien davantage les produits américains que les Américains ne taxent les produits européens - lorsqu'ils ne sont pas carrément interdits à l'aide de réglementations discriminatoires.

« Pas de tarifs douaniers, pas de barrières – c’est ainsi que cela devrait être. Et pas de subventions. C’est la solution ultime. Je ne sais pas si cela fonctionnerait ou pas, mais j’ai proposé [cette solution] », a déclaré le président Trump lors de sa conférence de presse à Québec samedi avant son départ pour Singapour.

« En d’autres termes, disons par exemple que le Canada à qui les États-Unis paient d’énormes droits de douane sur les produits laitiers par exemple – 270%, personne ne le sait -… nous ne voulons rien payer. Pourquoi devrions-nous payer ? »

« En fin de compte, a ajouté le président aux membres du G7, c’est ce que vous voulez – vous voulez une [zone] exempte de droits de douane, vous ne voulez pas de barrières et vous ne voulez pas de subventions, parce qu’il y a des cas où des pays subventionnent des industries et ce n’est pas équitable. »


Tous les médias ont menti de façon éhontée en présentant Trump comme le méchant "protectionniste" face aux gentils "libre-échangistes", alors que c'est exactement l'inverse. Les voitures américaines, par exemple, subissent une taxe à l'importation de 10% en arrivant en Europe, alors que celles importées aux USA ne souffrent que de 2,5%. Les médias sont prompts à parler d'une situation inverse pour les camions, par exemple, mais vous ne verrez jamais aucun truck américain sur les routes européennes simplement parce que des règlements sur la longueur maximale des cabines les empêchent de circuler dans nombre de pays du Vieux Continent! Les droits de douane ne sont pas tout...

Face à leur refus catégorie - "des produits américains chez nous, quelle horreur!" - Trump a pris les partenaires du G7 à leur propre jeu: introduire des taxes équivalentes à l'importation, jusqu'à ce qu'ils baissent les leurs. Les journalistes et les politiques furent nombreux à paniquer, mais ne croyez pas une minute que leur panique concerne la bonne santé de l'économie américaine ; ils s'effraient pour celle de l'Europe parce qu'ils savent bien qu'elle a beaucoup plus à perdre que les Américains dans un conflit commercial.

Nous verrons donc où conduit le jusqu'au-boutisme des leaders européens pour préserver leur protectionnisme face au libre-échange demandé par Trump, lequel refusa par ailleurs de s'avilir à la pantalonnade de lieux communs du "communiqué final" où on aurait ressorti de la naphtaline les Accords de Paris. Donald Trump ne voit aucun intérêt à préserver des apparences creuses!

Otan

La récente tournée de Donald Trump en Europe donna à nouveau l'occasion au Président américain de mettre ses hypocrites partenaires face à quelques vérités bien senties. Les chiffres sont implacables:

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Dépenses des pays membres de l'OTAN en valeur absolue et en pourcentage de leur PIB
(source Statista)

Hormis le Royaume-Uni et les États-Unis, aucun pays membre de l'alliance n'en respecte les termes, qui demandent de contribuer à sa défense nationale à hauteur de 2% du PIB. Tout d'un coup, monter artificiellement celui-ci à coup de de drogue et de prostituées ne paraît plus une très bonne idée...

Il ne fait absolument aucun doute que les pays membres profitent des dépenses militaires américaines pour "lever le pied" au profit d'autres priorités, dirons-nous, et n'avoir que des ersatz d'armée:

"Avec 32 milliards de budget, l’armée française ne peut plus faire face à sa mission de défense et de protection de la nation. A titre de comparaison, la France consacre 730 milliards à son budget social." -- Général de Villiers, Servir


Mais Trump va plus loin et met l'Allemagne face à ses contradictions: l'Allemagne rogne sur sa défense mais verse des milliards à la Russie au nom de sa dépendance énergétique au gaz naturel. Elle se place en situation de faiblesse stratégique face à un pays potentiellement hostile - et face à la dangerosité duquel l'OTAN fut créé!

Malgré les glapissements d'une presse servile hurlant au génie, Angela Merkel ne répondit rien, parce qu'il n'y avait rien à répondre. Trump avait parfaitement raison. Et il aurait encore pu étriller les fausses promesses d'énergie renouvelable et de transition énergétique chantées par les écologistes, mais eut la bonté d'âme de s'abstenir.

Au final, Trump mit en garde ses alliés de monter leurs dépenses militaires aux 2% requis pour être membres de l'Alliance, pas en 2024, maintenant. "L'Allemagne est un pays riche. Elle peut augmenter sa contribution dès demain sans problème", affirma-t-il. Il suggéra même plus tard de monter la contribution à 4% pour tout le monde.

À ce stade, nul ne sait de quels effets sera suivi ce recadrage, mais si les Européens font la sourde oreille, il serait intéressant de voir si Trump ira jusqu'à remettre en cause leur appartenance à l'OTAN. Cela les amènerait immanquablement à réviser leurs budgets militaires à la hausse, étant entendu qu'ils ne seront plus sous la protection des États-Unis. Un choix perdant-perdant donc pour ceux qui se contentaient de vivre sous la protection du "grand frère" américain sans bourse délier.

Brexit

La visite en Angleterre du Président Américain fut l'occasion d'autant de nouvelles controverses et d'autant de nouveaux mensonges. Les médias ne firent que s'étendre sur les protestations anti-Trump livrées par des gauchistes méprisant la démocratie. Le Sun se fit l'écho d'une interview dans laquelle Trump aurait démoli l'accord que préparait Theresa May avec l'Union Européenne:

Donald Trump a douché les espoirs de la Première ministre britannique Theresa May: il n’y aura pas d’accord de libre-échange avec Washington si elle maintient une relation économique étroite avec l’UE après le Brexit, un nouveau coup de canif à la «relation spéciale» avec Londres.

«S’ils font un tel accord, nous traiterions avec l’Union européenne au lieu de traiter avec le Royaume-Uni, cela tuera probablement l’accord» que Londres souhaite ardemment conclure avec Washington, a-t-il prévenu dans une interview accordée au tabloïd britannique à grand tirage The Sun.


La bonne entente entretenue entre les deux chefs de gouvernement n'en paraissait que plus hypocrite, mais malheureusement pour les médias, Trump dénonça l'interview comme des fake news, tout en rajoutant qu'il en détenait l'enregistrement. Mme May le savait et ne lui en tint pas rigueur - une attitude d'autant plus compréhensible qu'il aurait été étrange, à ce stade des négociations, d'intervenir sur le contenu d'un texte auquel l'UE n'a encore même pas répondu. Mais le Sun choisit de ne sortir que quelques fragments sélectionnés de l'interview pour faire endosser à Trump un discours qu'il n'a pas tenu, passant par exemple sous silence toutes les propos positifs qu'il put tenir sur May.

Le fait est que Trump respecte la démocratie - infiniment plus qu'un Barack Obama qui vint à Londres tancer les Anglais pour leur demander de rejeter le Brexit, s'immisçant directement dans une campagne référendaire en cours et prétendant que le Brexit mettrait le Royaume-Uni "en dernière position pour négocier des accords commerciaux."

Mais là, nul dirigeable en forme de Barack Obama pour flotter au-dessus de manifestations anglaises... Quoiqu'une manifestation pro-Trump eut aussi lieu à Londres, où le maire eut aussi droit à son ballon. Allons, il n'est pas possible que les médias n'en aient pas parlé?

Conclusion

Les contempteurs de Donald Trump auront pendant longtemps encore la dragée haute dans les médias et au sein des élites installées, intimant aux peuples de haïr le Président américain sur commande pour les aider à maintenir le statu-quo. Mais l'Amérique de Trump porte des coups de boutoir à celui-ci. Les murs de la forteresse se fissurent peu à peu, comme en témoigne l'émergence de nouveaux mouvements politiques, évidemment dénigrés comme "populistes" ou "d'extrême droite" par la presse aux ordres.

Qu'on ne s'y trompe pas: le changement de paradigme est antérieur à Trump, et le Président américain n'est qu'un nouvel avatar de ce phénomène. Mais c'est clairement aux États-Unis que la vague de cette nouvelle révolution conservatrice est la plus haute, permettant au trublion d'accéder à des sphères d'influence normalement interdites à ces gens-là.

La présence de Trump dans les plus hautes sphères du pouvoir est désastreuse pour l'oligarchie, puisqu'elle permet la confrontation des discours à un niveau jusqu'ici inégalé. Il n'est pas possible de défausser d'un revers de la main les paroles d'un Président américain en prétextant de son prétendu "extrémisme" ou de son "populisme" comme les dirigeants le feraient pour n'importe quel politicien ou même chef d'État de moindre envergure. Il faut y répondre. Mais face à Trump, que peut un ivrogne comme Jean-Claude Juncker? La langue de bois, érigée au rang d'art de l'enfumage par la classe politique, montre rapidement ses limites.

Trump sonne les cloches de la fin du diplomatiquement correct, contribuant à réveiller les peuples européens endormis.

26 juin 2018

L'Europe coule en un mois

La crise des migrants précipite l'effondrement de l'Union Européenne, et celui-ci va s'accélérant.

Las! Ceux qui pensaient que l'UE s'écroulerait sous le poids de la dette publique, du tiraillement économique autour de l'Euro entre les pays du Nord et du Sud, ou des suites du divorce mal fagoté du Brexit, se trompaient tous - et moi le premier. Le caillou qui aura fait trébucher l'éléphant est la crise des migrants.

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Rappelons-le, la "crise des migrants" est une pure invention des pouvoirs politiques de l'Union Européenne et de leurs mentors universalistes de l'ONU. La guerre en Syrie en 2015 est devenue le prétexte d'une invasion du continent à une échelle inégalée dans l'Histoire - des gens qui n'ont pour la plupart jamais vu la Syrie, jamais fui une guerre, et qui ne souffrent même pas de la pauvreté.

La "crise des migrants" est le nom donné à l'abandon de toute politique migratoire organisée. Tous les traités internationaux, toutes les directives, toutes les organisations, contrôles, droits et devoirs liés à la protection des frontières disparaissent, et ce, à l'échelle continentale. Suivant l'appel de la Chancelière allemande Angela Merkel, des hordes se sont mises en marche en direction de l'Allemagne - et parfois au-delà, envahissant l'Europe par le Sud. Elles furent bien aidées, et le sont encore, par des ONG dont personne ne questionne l'origine des fonds, et la bureaucratie mondiale qui associe l'idéologie universaliste la plus aveugle à la haine la plus crasse de l'Occident, de ses richesses et de sa paix.

La pièce est jouée désormais, et nombre de peuples européens - notamment les Allemands, les Suédois, les Italiens ou les Grecs - devront lutter pendant des décennies dans leur propre pays pour en reprendre le contrôle, et simplement survivre aux métastases migratoires qui transforment des enclaves entières de leur territoire en zones de non-droit qui ne dépareilleraient pas dans les banlieues de Mogadiscio. Les Allemands qui trouvaient leur vie monotone et ennuyeuse, les Suédoises qui discutaient du sens de la vie vont pouvoir vibrer de l'expérience vivifiante de la survie dans les zones du tiers-monde qui s'étalent désormais à quelques stations de métro de leur domicile - et entretenues avec leurs impôts par-dessus le marché.

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Les sujets d'inquiétude des populations d'Europe

S'il fallait donner un nom à cette folie, ce serait l'Aquarius - le bateau-passeur de Médecins sans frontières et de SOS Méditerranée. L'Aquarius quitta son port européen début juin pour faire un ramassage de migrants à la limite des eaux territoriales libyennes selon un schéma bien rôdé. Les passeurs remorquent à quelques distances des côtes des embarcations de fortune sans moteur et abandonnent leur cargaison flottante, quelques centaines d'immigrants qui ont payé leur ticket pour l'eldorado européen, puis préviennent les "secours" selon des codes convenus. Le ballet des navires de ramassage s'ensuit. On prend les photos de tous ces gens installés avec leurs gilets de sauvetage dans une embarcation visiblement en panne (s'il venait à quiconque l'idée saugrenue de contester le danger immédiat dans lequel se trouvent les "naufragés") et ramène tout le monde à bord. Puis, voyage de quelques jours vers le nord entre cafés, photo-souvenirs et sourires pris depuis les couvertures, débarquement, rechargement de vivres et nouveau départ.

Des dizaines de milliers de migrants sont venus en Europe par ce chemin. Les navires des ONG - Aquarius, Lifeline, Sea-Watch, Open Arms - se font concurrence entre eux pour ramasser tout le monde. Mais ce que nul n'avait prévu lors du dernier voyage, c'est que l'Italie aurait changé de gouvernement.

Une dépêche de l'AFP tente de donner une chronologie de "deux semaines de tension grandissante en Europe", mais il s'agit de bien davantage - le craquement sinistre et final de la coque.

Dans la nuit du 9 au 10 juin, l'ONG française "SOS Méditerranée" recueille 630 migrants sur son bateau l'Aquarius (...). Le navire, arrêté entre Malte et l'Italie, attend des instructions pour débarquer dans "un port sûr".

Le 10 juin, l'Italie annonce fermer ses ports, une décision sans précédent du nouveau ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, chef de la formation d'extrême droite La Ligue. Malte refuse également l'accès de ses côtes au bateau.

Le 11 juin, le nouveau président du gouvernement espagnol, le social-démocrate Pedro Sanchez, propose le port de Valence à l'Aquarius. Le bateau refuse d'abord d'entreprendre un voyage de quatre jours vers l'Espagne, à cause d'un manque d'essence, de vivres et de mauvaises conditions climatiques. Le lendemain, l'Italie décide de dépêcher deux navires pour transborder des rescapés et accompagner l'Aquarius vers Valence.

Critiqué pour son inaction, le président français Emmanuel Macron dénonce la "part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien". Rome refuse les "leçons hypocrites" de Paris. Une rencontre entre le président français et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte le 15 juin est toutefois maintenue.

Le 16 juin, l'Espagne accepte l'offre française d'accueillir une partie des migrants de l'Aquarius, qui arrive à Valence le lendemain.

Le 18 juin, l'aile la plus à droite de la coalition au pouvoir en Allemagne, lance à Angela Merkel un ultimatum de deux semaines pour une solution européenne au défi migratoire, cinq jours après la création d'un "axe" contre l'immigration clandestine par les ministres de l'Intérieur italien, autrichien et allemand.

C'est un coup dur pour la chancelière allemande Angela Merkel, chahutée dans son pays pour sa politique d'asile jugée trop généreuse et qui voit menacé le fragile équilibre de sa coalition.

La CSU du ministre de l'Intérieur Horst Seehofer veut, sauf accord européen au sommet des 28 et 29 juin, refouler aux frontières les demandeurs d'asile enregistrés dans un autre pays de l'UE, le plus souvent l'Italie ou la Grèce, soit la quasi-totalité d'entre eux.

Le 21 juin, l'Italie menace de mettre sous séquestre deux navires d'ONG allemandes pour vérifier la correspondance entre leur pavillon néerlandais et leur nationalité. Il s'agit notamment du navire Lifeline, qui a secouru plus de 230 migrants et qui reste depuis bloqué dans les eaux internationales en attente d'une solution.

Le 23 juin, la France et l'Espagne proposent, avec l'appui de Berlin, des "centres fermés" sur les côtes européennes pour gérer les migrants débarquant de Méditerranée. Matteo Salvini dénonce "l'arrogance" du président français.

Le 24 juin, les dirigeants de seize pays se réunissent à Bruxelles pour un mini-sommet sur les questions migratoires, sans aboutir à des mesures concrètes. La réunion est boycottée par le groupe de Visegrad (Hongrie, République tchèque, Slovaquie et Pologne), favorable à une ligne dure sur l'immigration.

Pour contourner l'absence de consensus à 28 qui paralyse l'UE, la France et l'Allemagne appellent à des accords à plusieurs pays.

Rome appelle elle à "dépasser" le principe du règlement de Dublin, qui confie aux pays de première entrée dans l'UE la responsabilité des demandes d'asile. L'Italie demande aussi des "sanctions financières" contre les pays n'accueillant pas de réfugiés, comme M. Macron la veille.

Le bras de fer se poursuit en Méditerranée. L'ONG espagnole Proactiva dénonce le refus de Rome de laisser son navire Open Arms porter secours à un millier de migrants. Matteo Salvini somme les ONG de rester à l'écart des opérations de secours pour laisser les gardes-côtes libyens s'en charger.

Un porte-conteneur de l'armateur danois Maersk Line est lui bloqué au large de la Sicile avec 108 migrants secourus, dans l'attente d'une réponse de l'Italie.

Le 25 juin, Matteo Salvini, en déplacement à Tripoli, indique que l'Italie soutiendra jeudi lors du sommet de l'UE "la mise en place de centres d'accueil et d'identification (de migrants) au sud de la Libye".


Voilà où nous en sommes.

Les brèches sont devenues des fissures qui sont elles-mêmes devenues des failles, puis des gouffres.

Depuis des mois, les pays de l'Est, du groupe de Višegrad rejoint par l'Autriche, ont fermé les chemins d'accès terrestre vers l'UE. Ils ne veulent pas de l'immigration illégale, ils n'en voulaient pas, ils n'en ont jamais voulu, et ils n'en auront pas - et aucune gesticulation d'aucun bureaucrate de Bruxelles ne pourra rien y changer. Toutes les stratégies parisiano-berlinoises à base de quota ou d'amendes pour désobéissance à des règles de répartition qui n'ont jamais été approuvées par personne sont vouées à l'échec.

Au sud, les cartes sont rebattues. L'Espagne est à gauche mais pas suffisamment pour devenir la terre promise de toute l'Afrique. L'Italie a compris que derrière les beaux discours elle doit assumer, seule, l'invasion migratoire - et elle n'en peut plus. Ses ports sont désormais fermés aux ferries des ONG-passeurs.

L'Europe telle que la rêve encore la gauche qui prétendait dominer le continent n'existe plus que dans deux pays - la France et l'Allemagne. Et encore. En Allemagne, Angela Merkel est en sursis - sa fragile coalition menace d'imploser dès la fin du mois, mettant un terme à sa carrière de politicienne. À supposer qu'elle réussisse à traverser l'épreuve, ce qui l'amènerait à trouver par on ne sait quel miracle un chemin médian entre son ministre bavarois qui ne veut plus d'immigrants illégaux et le gouvernement italien qui veut au contraire se décharger des siens en direction de l'Allemagne, elle finira son mandat dans la fragilité et l'immobilisme. Je pense qu'elle ne tiendra pas l'été.

À Paris, on se complaît comme depuis toujours dans la contradiction: Emmanuel Macron tance et sermonne, se réservant effrontément de suivre les obligations qu'il aimerait imposer aux autres. On gronde l'Italie parce qu'elle n'accepte pas les navires des ONG-passeurs, mais on bloque les hordes dépenaillées de clandestins à la frontière de Vintimille. On pérore sur la responsabilité de tout un chacun devant la crise mais on fait débarquer les nouveaux venus à Barcelone plutôt que Marseille. Comme Matteo Salvini le fait remarquer, "si Orban est méchant, Macron est 15 fois plus méchant" simplement parce que le premier a refusé de prendre 300 migrants alors que le second refuse d'en prendre 9'000 - et critique les autres par-dessus le marché. Les contradictions françaises sont béantes.

Non seulement l'Union Européenne s'est effondrée, mais elle le sait. Les pays ne daignent même plus se déplacer pour des "mini-sommets" ou des réunions de travail, lesquels ne débouchent plus sur le moindre "communiqué commun". Personne n'articule même plus de "consensus" parce qu'il n'y a plus de consensus sur rien.

La fin du mois verra la résurgence d'accords bilatéraux entre pays de l'UE pour régler des questions migratoires - l'approche la plus contradictoire à toute la construction européenne où l'uniformité était l'objectif. L'axe franco-allemand tourne à vide et n'a plus d'alliés. Seuls les journalistes parisiens continuent par habitude de transmettre religieusement les déclarations de Macron comme si elles avaient le moindre poids, alors qu'il n'a plus aucune influence sur la marche du continent.

L'Europe n'a pas disparu, bien sûr. Elle continuera à légiférer sur les sacs poubelles ou le commerce des pailles en plastique, ou à exercer son influence prédatrice sur les pays satellites comme la Suisse. Mais en tant qu'entité politique organisée, elle s'est évaporée comme la rosée du matin au lever du soleil.

Voilà pour une fois des nouvelles réjouissantes.

Mise à jour (29 juin): le sommet a donc eu lieu et a accouché d'un accord "au forceps" dixit les médias. Mais tout est vide. L'accord consiste à dire qu'il faut que les pays se montrent solidaire de la vague migratoire sur une base volontaire - je crois que personne ne peut décemment s'opposer à ça puisque ça n'engage à strictement rien. Mais la politique des quotas tentée en force depuis quatre ans n'est plus à l'ordre du jour, donc victoire des pays de l'Est et de l'Autriche.

Sinon, on propose aussi de créer des camps d'enregistrement, qui ne verront évidemment jamais le jour, ni en UE, ni ailleurs. Le Maroc, la Tunisie et la Libye ont dit non, la France, l'Espagne et l'Italie ont dit non aussi.

Il sera très intéressant de voir comment les donneurs de leçon style Macron continueront à l'ouvrir pour sermonner les autres, dans ces circonstances.

Prochain défi médiatique: les bateaux des ONG-passeurs qui errent, surchargés, en Méditerranée pendant que personne n'en veut.

Mise à jour (1er juillet) : le Ministre de l'intérieur Horst Seehofer, chef de la CSU bavaroise, démissionne du gouvernement Merkel suite à ses désaccords avec la Chancelière sur la gestion de la crise des migrants. Les jours d'Angela Merkel à la tête de l'Allemagne sont comptés.

09 mai 2018

Le traité iranien passe à la trappe

Trump rejette le pseudo traité de non-prolifération négocié avec l'Iran sous l'ère Obama, et l'Histoire s'écrit.

À quoi joue Trump ?, Le bulldozer Trump biffe l'accord iranien, Iran : une décision absurde aux effets déstabilisateurs, Donald Trump n'a pas de plan B, Et pourtant les généraux soutenaient l'accord sur le nucléaire iranien... Voilà quelques-uns des titres des articles de presse du lendemain du 8 mai, tous sortis du même tonneau. La même antienne servie par toutes les chancelleries, tous les ministres des affaires étrangères, tous les Premiers Ministres, tous les Présidents.

À les entendre, et il est difficile d'entendre autre chose tant leur voix écrase les autres, Trump est irrationnel, fou, imprévisible, et sa décision l'est tout autant. Mais il y a d'autres explications possibles, par exemple qu'ils mentent ou se trompent. Je penche pour cette approche, pour des raisons expliquées récemment.

Ils omettent par exemple de dire que le Traité de non-prolifération signé avec l'Iran en 2015 est tout sauf un traité de non-prolifération. En "échange" de la levée des sanctions internationales, l'Iran a obtenu:

  • Le droit de faire progresser la technologie de ses missiles balistiques, vecteurs indispensables pour projeter l'arme atomique à distance et menacer ainsi toutes les contrées à portée de tir, d'Israël aux États-Unis en passant par l'Arabie Saoudite et l'Europe ;
     
  • Le droit d'enrichir le minerai d'uranium sur son sol, ce qui est strictement interdit par le Traité international de Non-Prolifération nucléaire dont l'Iran était signataire avant que sa violation manifeste ne soit prouvée au grand jour ; [rappelons que les pays souhaitant disposer de nucléaire civil peuvent faire enrichir gratuitement du minerai d'uranium auprès des puissances nucléaires existantes]
     
  • Le droit de moderniser son parc de centrifugeuse, le traité limitant leur nombre mais pas leur puissance, permettant de décupler les capacités de production de matière fissile du pays tout en respectant le texte à la lettre ;
     
  • Le droit d'obtenir l'arme atomique officiellement en 2025, à l'épuisement du traité.

Difficile de parler de non-prolifération sans éclater de rire, si le sujet n'était si grave. Mais tous ces cadeaux obtenus sans contrepartie ne suffisaient pas encore aux mollahs. Il fallut l'intervention commando du Mossad en plein territoire iranien pour ramener les preuves que l'Iran continuait encore et malgré tout à enrichir de la matière fissile en vue d'un usage militaire, pendant les négociations et après la signature du traité. L'Iran n'a jamais, à aucun moment, considéré le texte diplomatique comme autre chose qu'une diversion.

L'Iran pourrait reprendre l'enrichissement, s'inquiètent aujourd'hui des éditorialistes. Leur inquiétude devrait plutôt venir de ce que l'Iran ne l'a jamais cessé.

Trump n'appartient pas à la sphère des politiciens professionnels de Washington. Il résista à l'incitation internationale lancée par les héritiers de Chamberlain, M. Macron et Mme Merkel. Il résista à la pression de ses rivaux politiques, des médias, des doctes analystes. Il resta sourd aux "bons conseils" de membres de sa propre équipe comme Rex Tillerson ou le général Flynn. Pourtant, les Républicains faisaient parfois preuve de plus de courage, en paroles en tout cas.

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Trump annonce qu'il sort les États-Unis du traité avec l'Iran (image: capture d'écran vidéo)

Armé de son bon sens et d'une transparence qui l'amena à aborder le sujet dès la campagne électorale, Trump annonça qu'il retirerait les États-Unis du traité signé avec l'Iran. Les seuls qui voient quelque chose d'imprévisible dans cette affaire sont nos médias, aveuglés par leur haine anti-Trump.

Les Européens gesticulent en affirmant qu'ils veulent "sauver" le traité. Ils n'ont rien compris. Les États-Unis ont tué le traité. Trump réinstalle unilatéralement les sanctions économiques américaines avec l'Iran. Trump ne peut pas empêcher quiconque de commercer avec l'Iran ; mais il peut empêcher ceux qui commercent avec l'Iran de commercer avec les États-Unis. Les vendeurs d'Airbus, de voitures, de téléphones portables et de matériel à usage potentiellement militaire vont devoir faire des choix. Commercer avec Téhéran, ou avec les États-Unis? Les deux seront exclusifs. Plus possible, comme aiment tant à le faire les Européens, de manger à tous les râteliers.

De la même façon, Trump n'est pas tombé dans le piège d'une "réforme" du traité. Celle-ci aurait volontairement traîné en longueur sur des années, largement plus qu'il n'en faut pour que l'Iran ne termine sa bombe. L'annonce surprise de sa décision le 8 mai - alors qu'il avait laissé entendre à plusieurs reprises qu'il se déciderai vraisemblablement le 12 - participe de cette stratégie de déstabilisation de l'adversaire. Selon certains analystes et les sous-entendus de responsables iraniens eux-mêmes, l'Iran pourrait n'être qu'à quelques semaines de l'assemblage d'une bombe nucléaire. À ce stade, chaque minute gagnée compte. Gageons que les satellites espion et les agents infiltrés sont sur la brèche, scrutant la réaction iranienne dans ses moindres détails.

L'avenir est toujours incertain face aux islamistes iraniens et à leurs rêves apocalyptiques. Une guerre reste possible. Mais en agissant comme il vient de le faire, Trump diminue le risque que cette guerre soit nucléaire.

03 mai 2018

Les mensonges de l'Iran dévoilés

Le régime iranien lança avant l'an 2000 un programme nucléaire militaire secret. C'est un fait avéré et documenté. En 2003, alors que les soldats de la coalition menée par les États-Unis envahissaient l'Irak pour mettre à bas le régime de Saddam Hussein, les mollahs iraniens prirent peur et gelèrent immédiatement le programme - l'Amérique était trop proche. C'est un fait avéré et documenté. En 2008, alors que le Messie Obama entra à la Maison Blanche, les mêmes mollahs purent soupirer de soulagement et relancer le programme: la menace que faisaient peser George W. Bush et les faucons républicains s'était éloignée. L'Amérique était désormais conduite par un ami des musulmans - un individu né d'un père musulman, qui effectua une partie de sa scolarité dans une classe coranique, et qui prit de nombreuses positions pro-musulmanes au cours de sa carrière. Ce sont des faits avérés, documentés.

Ils furent tant et plus avérés et documentés que, devant le vague danger de quelques millions de personnes directement consumées par le feu nucléaire lancé par le régime fou et millénariste comme celui des mollahs d'Iran, les puissances de ce monde lancèrent les "négociations" pour donner l'illusion de faire quelque chose. Comme le négociateur en chef du Monde Libre s'appelait alors Barack Obama, il y avait peu de chances que cela débouche sur quelque chose de concret. Et c'est ainsi qu'après d'interminables palabres et autant de dîner de galas et de petits fours, la montagne diplomatique accoucha du fameux traité en 2015 - un traité qui repoussait juste de... dix ans l'obtention légale de la bombe atomique par l'Iran.

En Occident, il faut être un grand naïf pour gober ne serait-ce qu'une minute la fable du nucléaire civil iranien, de l'efficacité des sanctions, de la solution que représente le fameux traité entre l'Iran et les 5+1 (USA, Chine, Royaume-Uni, France, Russie et Allemagne) pour empêcher l'Iran de construire la bombe. Au sein des sociétés occidentales biberonnées à la propagande officielle, mélange de minimisation et de mensonges apaisants pour éviter toute panique improductive, de tels individus existent. Toute population contient une proportion irréductible de crédules, en particulier si leur seule source d'information sont ces médias officiels qui leur veulent du bien. Ces zombies se retrouvent dans toutes les strates du pouvoir, mais plus on prend de la hauteur plus ils se font rares.

D'autres sont des adeptes de la realpolitik la plus extrême: qu'importe que l'Iran soit nucléaire si on peut lui vendre des Airbus, des téléphones portables ou des autoroutes. La France est à l'avant-garde de ce courant de pensée, l'Europe la suit, l'Asie trottine derrière. Dans cette catégorie on peut aussi placer la Suisse qui, se pensant abritée par sa neutralité, ne voit dans le dossier que l'occasion de se faire de la pub en faisant venir des gens importants à Genève. Variante russe: "ils sont totalement fous mais ils sont nos alliés, et c'est ce qui compte". Ces gens savent parfaitement que le chemin qu'ils prennent amènera à courte ou moyenne échéance l'arrivée d'un champignon atomique quelque part mais ils s'en lavent les mains - entre-temps, ils se seront fait un maximum d'argent. Les affaires sont les affaires, et lorsque ce qui doit arriver arrivera, eh bien, il sera temps de voir.

Une troisième catégorie, enfin, est la plus cynique de toutes: ce sont des gens qui imaginent avec un appétit non dissimulé quelle sera la cible - vraisemblablement Tel-Aviv. Bien fait pour la gueule de ces sales Israéliens, de ces sales juifs. Les Iraniens, pensent-ils, finiront le travail commencé par le petit moustachu au XXe siècle, et ce sera très bien pour tout le monde. Évidemment, ce n'est pas le genre de chose que l'on dit en bonne société - si on n'est pas complètement sûr de son auditoire - mais on n'en pense pas moins. En petit comité, on lâche parfois une allusion.

Je passe rapidement sur les nombreux éléments allogènes de nos sociétés qui attendent "l'incident nucléaire" avec impatience pour pouvoir faire la fête avec force klaxons et youyous dans les rues, façon but en finale de Coupe du Monde de football.

Au milieu de cet océan de mensonges, une démocratie, Israël, petit morceau d'Occident perdu au milieu d'une marée d'ennemis vivant dans l'obscurantisme, la violence et la haine, tente de survivre.

Netanyahou fait son spectacle...

Les politiciens sont attirés par les projecteurs et les caméras comme les papillons de nuit par la lumière, et Benyamin Netanyahou ne fait pas exception.

Israël doit sa survie à la qualité de ses services de renseignement - les mêmes qui accumulèrent suffisamment de preuves pour que plus personne, pas même Téhéran, ne puisse remettre en question la réalité du programme d'enrichissement militaire du régime. Le Mossad identifia en 2016 un entrepôt lié au programme nucléaire iranien et lança une opération commando en territoire ennemi, visant à rapatrier ce qui pouvait s'y trouver. Citant un quotidien israélien évoquant des informations publiées dans le New York Times:

Un haut responsable israélien, qui a parlé sous couvert de l’anonymat pour évoquer la mission secrète, a déclaré au Times que le Mossad avait découvert l’entrepôt en février 2016 et que le bâtiment était sous surveillance depuis lors.

Les agents sont entrés par effraction dans le bâtiment une nuit de janvier dernier, ont retiré les documents originaux et les ont ramenés clandestinement en Israël la même nuit, selon le journal.

Le président américain Donald Trump a été informé de l’opération par le chef du Mossad, Yossi Cohen, lors d’une visite à Washington en janvier dernier.

Le haut responsable a déclaré que le retard dans la publication des documents était dû au temps qu’il a fallu pour les analyser, la grande majorité d’entre eux étant en persan.


Que trouvèrent-ils? Juste un ensemble hallucinant d'archives sur le programme nucléaire militaire des mollahs, que le régime iranien avait placé là en pensant que la discrétion suffirait à les protéger, et que le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou présenta en début de semaine avec une mise en scène étudiée.

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Benyamin Netanyahou se donne en spectacle devant la capture de renseignements par le Mossad.
(Crédit : Bureau du Premier ministre)

Cherchant à maximiser l'impact médiatique de la découverte, le Premier Ministre présenta l'archive de documents iraniens révélant que Téhéran a œuvré à développer un arsenal d’armes nucléaires, menti à la communauté internationale à ce sujet, et pris les mesures nécessaires pour que le pays puisse travailler à l'élaboration de sa bombe dans le cadre du pacte de 2015.

Lors d’une présentation brève mais dévastatrice depuis le siège du ministère de la Défense de Tel-Aviv, Netanyahu a dévoilé ce qu’il a qualifié de l’une des plus grandes réussites des services du renseignement israéliens : mettre la main sur des documents rédigés par l’Iran et consacrés à son propre programme sur les armes nucléaires, à savoir 55'000 pages auxquelles sont venus s’ajouter encore 55'000 documents sur CD, a-t-il expliqué. Ces archives retracent fidèlement les progrès réalisés par le programme global de construction d’armes nucléaires de la république islamique, qui porte le nom de projet Amad, a-t-il noté – s’exprimant en anglais, pour un retentissement maximal à l’international. Et en obtenant ces fichiers, a-t-il déclaré, Israël est dorénavant en mesure de prouver de manière irréfutable que les leaders iraniens ont menti « éhontément » au monde et que l’accord de 2015 est fondé sur une « duperie ».

 
Les faits sont précis, documentés, disponibles, indiscutables. L'Iran n'a que sa mauvaise foi pour répliquer.

...Et personne n'applaudit.

Rien ne se passe, rien ne se passera, et rien ne pouvait se passer ; avant même la présentation de Netanyahou, chacun devait s'en douter, à commencer par le principal intéressé. Le grand public - divisé en naïfs, affairistes cyniques et antisémites, comme expliqué plus haut - est généralement insensible à de nouvelles informations ; l'indignation est réservée aux causes que les médias officiels ont décrétées importantes. La vie de quelques millions d'innocents menacés par le feu nucléaire n'en fait pas partie. Rien que de plus normal: ce ne sont que des juifs. Au pire se laisse-t-on surprendre par quelque sympathie pour les millions d'Iraniens qui seraient vitrifiés à leur tour lors d'une riposte.

D'autres tenteront faiblement de se faire l'écho de la propagande iranienne et de clamer que tout cela n'est qu'un tissu de mensonge, tentant éventuellement un parallèle hasardeux avec la déclaration de Colin Powell aux Nations-Unies avant la seconde guerre d'Irak en 2003. Nous appellerons cette sous-catégorie les "fidèles de Meyssan", selon un affairiste dont le nom se perd dans les brumes du temps. "Meyssianistes", peut-être?

Le manque de sincérité des dénégations face aux preuves apportées par les Israéliens n'a pas d'importance, parce que la vérité n'en a pas dans ce dossier. Il est probable, sinon certain, que les 5+1 négociant avec l'Iran pour soi-disant l'empêcher de construire la bombe savaient parfaitement qu'ils avaient en face d'eux un interlocuteur plein de duplicité et indigne de confiance. Mais ils étaient prêts à s'en accommoder. Alors, comme tout bon politicien, ils firent ce qu'ils font à chaque fois en pareil cas: ils baissèrent drastiquement leurs exigences jusqu'à ce qu'il n'en reste quasiment plus rien, mais encore assez pour proclamer un "succès" et le fêter, tout sourire, face aux objectifs des journalistes.

Aujourd'hui, les chancelleries s'agitent mais toutes les déclarations vont dans le même sens: "On ne va pas en faire un fromage". Même Netanyahou, relèvent les observateurs, s'est abstenu d'exiger quoi que ce soit. Des analystes estiment que c'est un aveu de la faiblesse de ses nouvelles preuves. D'autres, dont je fais partie, pensent que c'est pour s'éviter l'humiliation d'une fin de non-recevoir par ses "alliés" occidentaux, pour lesquels la perspective d'un Iran nucléaire a bien moins d'importance que la tranquillité de leurs prochaines excursions diplomatiques.

La seule inconnue - et le seul espoir pour Israël de ne pas avoir à agir seul - vient des États-Unis, où Trump occupe la Maison Blanche, et se montre depuis très longtemps le premier Président américain sincèrement intéressé par le destin d'Israël (autrement que lorsqu'il faut récupérer les voix des juifs américains). Trump met en doute la ratification du pseudo-traité de non-prolifération et entend y donner une réponse le 12 mai.

Malgré son nom, le traité actuel garantit à l'Iran l'accès légal à la production d'armes nucléaires à terme - une filière totale, allant du yellow cake à l'ogive nucléaire soigneusement placés sur un missile longue-portée. La non-ratification du traité ouvre une période d'incertitude qui pourrait elle aussi déboucher sur un Iran nucléaire, ou sur une guerre. Mais elle ouvre aussi la mince perspective d'un nouvel accord, réellement contraignant cette fois-ci, empêchant pour de bon les mollahs de concrétiser leurs délires de fin du monde.

Le chemin est étroit mais il existe.

24 juillet 2017

Divorce à l'anglaise

La semaine dernière a vu l'ouverture des feux pour les négociations officielles du Brexit entre le Royaume-Uni et les instances européennes de Bruxelles. Ces quatre jours de palabres, du 17 au 21 juillet, ont été suivis de si peu de résultats que les médias ne les évoquèrent que du bout des lèvres.

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Il faut dire que l'ouverture de ce premier round ne débutait pas sous les meilleurs auspices. Menés par Michel Barnier, les Européens faisaient des calculs pour estimer la somme que les Anglais devraient verser comme solde de tout compte pour leurs engagements pré-Brexit, articulant des montants de plusieurs dizaines de milliards d'euros. En face d'eux, le gouvernement anglais refusa tout net cette approche. Avec son franc-parler coutumier, Boris Johnson résuma pudiquement son point de vue:

Les sommes que [les responsables européens] proposent de réclamer à ce pays me semblent exorbitantes et je pense que "ils peuvent toujours courir" est une expression tout à fait appropriée.


Ambiance.

Avant même l'entrée dans la salle de négociation, l'échange ne pouvait tourner qu'au dialogue de sourds. Mais la pression monte gentiment des deux côtés. Les médias, les analystes et les politiciens européens ont beau expliquer doctement que la Grande-Bretagne a tout à perdre à mal négocier le Brexit, l'Union Européenne, bien qu'elle s'en défende, a elle aussi misé un sacré paquet de jetons sur le tapis.

Analysons les dossiers les plus chauds, qui sont autant de problèmes insolubles...

1. La nouvelle frontière extérieure de l'Union en Irlande

Comme petite mise en bouche, une question toute symbolique: le devenir de la frontière entre le Royaume-Uni et l'Irlande. Jusqu'ici, tout allait bien puisque les deux pays étaient membres de l'UE, bien qu'ils ne fassent ni l'un ni l'autre partie de l'Espace Schengen. Mais à terme cette limite entre les deux pays deviendra une "frontière extérieure de l'UE" - d'ailleurs, la seule frontière terrestre du Royaume-Uni avec le reste du continent.

471px-Ireland.svg.pngTout cela ne pourrait relever que de l'anecdote, mais les défis impliqués sont nombreux. Jusqu'ici la libre-circulation prévalait, mais ce régime devra cesser au départ du Royaume-Uni. Comment sera gérée la frontière de 360 km et de 200 points de passage entre l'Irlande et l'Irlande du Nord? Les Anglais auront probablement peu de raisons d'ériger des barrières vis-à-vis des 177'000 camions, 208'000 vans et 1'850'000 véhicules qui traversent mensuellement la frontière. 30'000 personnes la traversent quotidiennement, habitant d'un côté et travaillant de l'autre.

Mais l'UE acceptera-t-elle à son tour de fermer les yeux? Après tout, selon les règlements européens et le principe de non-discrimination, il n'y a à priori pas de raison de moins surveiller cette frontière que celle qui sépare la Pologne de la Russie ou la Grèce de la Turquie... Des divergences de traitement qui, si elles se concrétisent, provoqueront certainement les remous courroucés de pays frontaliers avec l'UE - on imagine mal la Turquie ne pas dénoncer une inadmissible discrimination.

Le bon sens voudrait que l'Irlande négocie un accord de libre-circulation spécifique avec le Royaume-Uni, mais pareil accord est spécifiquement interdit par les règlements européens. L'uniformité est la seule norme admise. Les seules perspectives sont donc:

  • le Royaume-Uni renonce finalement à remettre en cause la libre-circulation avec l'UE ;
  • l'Irlande érige au nom de l'UE des frontières gardées sur 360 km et pourrit la vie de ses habitants et de ceux de l'Irlande du Nord, sans que nul ne sache encore qui payera la facture de ces douaniers ;
  • l'Irlande établit des règles particulières de libre-circulation exclusives avec le Royaume-Uni, provoquant l'ire de Bruxelles et enfonçant un coin dans l'intégration européenne ;
  • l'Irlande quitte l'UE à son tour.

Bien malin qui peut dire quelle sera l'option choisie, mais n'oublions pas les attaques récentes de Bruxelles contre le modèle d'affaire irlandais et son faible taux d'imposition des entreprises, fort peu goûtées par Dublin. Quant à imaginer que le Royaume-Uni renonce à résilier la libre-circulation, cela semble infiniment peu probable vis-à-vis de la campagne référendaire du Brexit.

2. Le futur statut des expatriés européens

La question est double: que faire des ressortissants britanniques résidant sur le sol de l'UE, et des ressortissants européens sur le sol britannique? Là encore, le bon sens voudrait que chacun accepte les étrangers sur son sol jusqu'au Brexit, et que les règles établies ensuite ne s'appliquent qu'à ceux qui voudraient immigrer après cette date. Mais le bon sens n'a guère droit de cité dans ces négociations.

Theresa May eut beau rappeler à plusieurs reprises qu'elle était favorable au maintien des immigrés européens sur sol britannique, l'idée fut froidement accueillie à Bruxelles. Le chef des négociateurs européens, Michel Barnier, redouterait que les Britanniques n'en profitent pour jouer sur plusieurs tableaux, "prenant en otage" la question des 3,2 millions d’Européens installés au Royaume-Uni pour décrocher des concessions. Mais il oublie ce faisant plus d'un million de Britanniques résidant dans le reste de l'Union.

Si chacun reprenait ses ressortissants, le Royaume-Uni serait-il gagnant? Il récupérerait des milliers retraités à l'abri du besoin, qui coûtent la même chose au système de retraite britannique où qu'ils se trouvent, et auraient au moins l'avantage de consommer sur place - avec le bémol des coûts de la santé. Mais il renverrait de son côté des centaines de milliers de travailleurs étrangers installés en Angleterre, qui libèreraient en grande partie les emplois qu'ils occupent, et deviendraient probablement autant de chômeurs à la charge de leur pays d'origine une fois revenus là-bas. Des coûts de santé pour le Royaume-Uni contre des centaines de milliers de chômeurs en plus pour l'UE...

Il est peu probable que pareil scénario se concrétise mais il est assez symptomatique pour les médias de présenter seulement l'aspect anglais des choses, comme si l'UE n'avait elle-même jamais rien à perdre.

3. Les contributions budgétaires réclamées au Royaume-Uni par l'UE

Présentées par les médias européens comme "des sommes restant dues", notez la tournure de phrase, il s'agit de la continuité des milliards d'euros versé pendant des années par le Royaume-Uni au nom des différents programmes européens auxquels il participe. Deux visions radicalement opposées s'affrontent: l'UE estime que le Royaume-Uni doit verser sa contribution jusqu'au terme des politiques concernées, le Royaume-Uni estime pour sa part qu'il n'a plus à y contribuer quand il ne sera plus membre de l'Union.

Au cœur de ces discussions se trouve une enveloppe pour les fonctionnaires européens - autant dire que les négociateurs de Bruxelles refuseront de lâcher quoi que ce soit.

La Voix du Nord explique les montants en jeu, montrant au passage que les Anglais ont aussi des arguments à faire valoir:

L'addition est évaluée à entre 40 et 60 milliards d'euros côté européen et pourrait même atteindre les 100 milliards d'euros, selon les calculs du quotidien britannique Financial Times, après de nouvelles demandes de la France et de l'Allemagne concernant les subventions agricoles.

Le gouvernement britannique a immédiatement annoncé qu'il n'allait pas payer une telle somme. Dans son interview au Daily Telegraph samedi, Boris Johnson a même qualifié d'"absurdes" les montants évoqués.

"Ils vont saigner ce pays à blanc avec leur facture", a fustigé le ministre, menaçant de quitter la table de négociations "sans rien payer du tout".

M. Johnson, un des principaux artisans de la campagne du Brexit, a ajouté que c''était même l'UE qui risquait en fin de compte de devoir ouvrir son porte-monnaie. "Nous co-détenons certains biens pour lesquels nous avons payé pendant des années et dont il faudra évaluer la valeur avec soin", a-t-il expliqué.

Le Daily Telegraph, quotidien très critique de l'UE, a récemment relayé un rapport gouvernemental stipulant que le Royaume-Uni avait droit à 9 milliards de livres (10,6 milliards d'euros) détenus par la Banque européenne d'investissement (BEI) et 14 autres milliards de livres, notamment en liquide et biens immobiliers.


On ne sera donc pas surpris d'entendre des commentateurs faire état de tensions "quotidiennes" entre Londres et Bruxelles.

L'impasse

Les divorces ne sont jamais simples, et celui entre le Royaume-Uni et l'UE arrive à un niveau de complexité encore jamais vu. Mais pour les grands divorces comme les petits, les disputes portent souvent sur les mêmes choses: l'argent et les enfants.

Les enfants de l'UE sont ses innombrables agences, règlements et programmes. Sont-ils adultes et en mesure de vivre leur vie, ou faut-il continuer à payer pour leur adolescence? Les négociations devront être réglées au cas par cas. Tout ne peut pas continuer comme avant non plus ; pour prendre l'exemple de la politique agricole, Paris et Berlin aimeraient évidemment que les Anglais continuent à contribuer, mais comment espérer qu'ils le fassent alors que leurs propres agriculteurs ne toucheront plus rien en retour?

Partant d'un si mauvais pied, il semble probable que les deux ans réservés pour la négociation du Brexit n'aboutissent sur rien. En janvier 2017, alors que l'UE refusait obstinément d'ouvrir les négociations tant que le Royaume-Uni n'avait pas officiellement déclenché l'article 51, Theresa May annonçait déjà la dangereuse trajectoire que suivait Bruxelles et qui amènerait, à terme, à une absence d'accord. Mais elle n'est pas la seule à tabler sur cette hypothèse désormais.

Sans parvenir à se rejoindre sur quoi que ce soit, l'UE présentera une ardoise monstrueuse au Royaume-Uni, que celui-ci refusera de payer. Chaque protagoniste se rabattra sur les avoirs qu'il peut saisir et regardera l'autre en chien de faïence dans une impasse qui pourrait durer des années.

Bien que personne ne la souhaite, cette issue est aujourd'hui la plus probable. Mais bien que tous les regards soient tournés vers Londres c'est aussi, et de loin, la plus risquée pour l'Union Européenne elle-même. Sans parvenir à récupérer le moindre centime de la manne britannique, les décideurs européens feront face à des choix douloureux: augmenter les contributions des autres pays, ou réduire la voilure.

Aujourd'hui les membres de l'UE font bloc pour essayer d'obtenir le maximum du Royaume-Uni, mais s'ils échouent, il n'est pas sûr que l'Union Européenne survive aux arbitrages budgétaires qui s'ensuivront.

14 juin 2017

Sans regret, M. Burkhalter.

Aujourd'hui à 18h00 Didier Burkhalter a donc annoncé sa démission du Conseil Fédéral. Les rédactions travaillent d'arrache-pied à établir les dithyrambes du Grand Homme que la Suisse vient de perdre, et dont le portrait ornera la première page de toute la presse de demain. Pour d'autres dont je suis, ce départ est plutôt un soulagement.

Selon M. Burkhalter, "Ce n'est pas la question européenne ou la position du Conseil fédéral sur ce dossier qui m'a fait faire ce pas de côté" explique-t-il. Ce n'est évidemment pas vrai, mais en fin diplomate, M. Burkhalter a pris l'habitude de travestir la vérité au point de la rendre indiscernable du mensonge.

Burkhalter.jpgDidier Burkhalter commence sa carrière politique à Neuchâtel. Député au Grand Conseil neuchâtelois dès 1990, il réussit dans la foulée à se faire élire à l'exécutif de la ville du même nom. Il y restera quatorze ans. Mais l'homme a autant d'ambition que de patience. Élu Conseiller national en 2003, il parvient à passer au Conseil des États lors de la législature suivante. Il ne terminera pas son mandat, appelé à succéder à Pascal Couchepin en 2009.

Tirant depuis vingt-sept ans ses revenus de ses activités d'élu, M. Burkhalter est membre de plein droit de ce qui ressemble le plus à une classe politique professionnelle en Suisse. Pendant ses années de préparation à Neuchâtel, la gauche locale a le loisir d'examiner en détail le comportement politique de cet individu volontiers cassant et souvent irritable. Les camarades testent sa compatibilité avec les valeurs du progressisme qu'ils incarnent, vérifient ses orientations pro-européennes, valident son aspiration à dépasser les bornes de la petite Helvétie, concèdent son mépris souverain de l'UDC et de tout ce qu'elle représente.

M. Burkhalter est bon pour le service.

C'est donc après une longue sélection en coulisses que le natif d'Auvernier est préféré à Christian Lüscher, jugé moins malléable, dans un duel au sommet monté de toute pièce. Après avoir affiché des hésitations de bon aloi, Didier Burkhalter est intronisé héritier naturel du siège de M. Couchepin au Conseil Fédéral. Mais pour lui, ce n'est qu'un début. L'élection l'oblige à se contenter du Département fédéral de l'Intérieur ; ce n'est pas son premier choix. Son domaine de prédilection, c'est la diplomatie, les affaires étrangères, tout ce qui peut lui faire dépasser les frontières de ce pays trop modeste pour lui. Hormis sa décision (annulée depuis) de ne plus rembourser les lunettes pour enfants ou la réduction des forfaits pour chiens d'aveugle (de 190 à 110 francs par mois), son passage au DFI ne marque guère les esprits.

L'opportunité de reprendre enfin les rênes du Département fédéral des affaires étrangères arrive en 2011 avec le retrait de Micheline Calmy-Rey. Certains pensent peut-être que le passage du DFAE de la gauche à la droite changera quelque chose ; ils n'ont rien compris au film. Le radical succède à la socialiste mais aucun changement de cap n'est à attendre, bien au contraire. Avec Didier aux commandes, c'est double dose.

Épris d'une véritable boulimie de voyages, le Conseiller Fédéral se fait une joie de présenter sa femme à tous les grands de ce monde. On claque la bise à l'impératrice du Japon, on serre des mains, on est sur tous les dossiers -  Iran, Ukraine, Union Européenne. En coulisses, on murmure que Didier se verrait bien encore plus haut, à l'ONU peut-être. N'est-il pas un pro-immigrationniste convaincu?

Malheureusement, 2014 marque aussi le temps des désillusions. M. Burkhalter n'était pas encore en charge des explications de texte lors du vote du peuple suisse contre les minarets en 2009, pas plus qu'en 2010 au moment de l'approbation du Renvoi des Criminels étrangers, mais sa chance tourne. Il subit de plein fouet le vote de février 2014 contre l'immigration de masse. Pour le pro-européen enthousiaste, c'est la douche froide: aller ployer le genou à Bruxelles pour expliquer à ses amis de cœur que ces imbéciles de Suisses, à la maison, ont voté n'importe comment...

Tout n'est pas perdu cependant. Il reste l'accord institutionnel - un traité qui permettra une bonne fois pour toute de museler la démocratie directe sur tous les sujets concernant les relations entre la Suisse et l'Union Européenne. Mieux encore, la Suisse reprendra automatiquement le droit européen. Didier s'engage.

À Berne, les choses se présentent plus mal. L'UDC rugit contre un "accord colonial", contre le retour des "juges étrangers". Les explications du Conseiller fédéral tentant de présenter un traité équilibré n'abusent personne. Même les compères libéraux-radicaux tempèrent leur soutien: ils sentent bien que le temps n'est plus à une nouvelle poussée de la Suisse en direction de l'Union Européenne. Cet accord institutionnel n'aurait aucune chance en votation.

Isolé même de son parti, coupé du peuple, en délicatesse avec Bruxelles, le Neuchâtelois se retrouve bien seul. Élu Suisse de l'année en 2014, son étoile pâlit. Et les choses empirent.

L'accord-cadre avec l'UE ne parvient pas à se concrétiser et les délais échoient pour la traduction en loi de l'initiative contre l'immigration de masse. Le Conseil Fédéral a beau édulcorer l'article constitutionnel afin qu'il n'en reste rien, c'est encore trop pour Bruxelles, décidément très irritable depuis le Brexit. Aux Nations Unies, António Guterres est élu Secrétaire Général, repoussant une éventuelle candidature à 2022 voire 2027. Mais il n'y a plus guère d'espoir de ce côté-là non plus: les élections présidentielles américaines amènent Trump au pouvoir et balayent d'un coup la longue stratégie de rapprochement que M. Burkhalter avait personnellement mené avec la gauche démocrate américaine, notamment son "grand ami" John Kerry.

burkhalter_kerry.jpgLe moment le plus fort de la carrière de Didier Burkhalter: un massage impromptu
donné par John Kerry dans les couloirs du Forum économique mondial (WEF).

Didier Burkhalter n'a plus les moyens de ses rêves. La Suisse lui a coupé les ailes. Prisonnier de ce petit pays provincial, limité à quelques "bons offices" pour lesquels il n'obtiendra en guise de retour d'ascenseur que des remerciements polis, il comprend qu'il n'a plus rien à attendre de sa présence au Conseil Fédéral. Autant donc tirer sa révérence en appréciant une dernière fois les feux de la rampe.

À 57 ans et au bénéfice d'une confortable rente d'ancien Conseiller Fédéral, Didier Burkhalter a tout le temps et le carnet d'adresses pour s'essayer à de nouveaux défis.