21 décembre 2015

Genève: casseurs partout, police nulle part

Les Genevois ont eu une bonne gueule de bois ce dimanche: ils ont découvert l'état de leur ville après une manifestation interdite de l'extrême-gauche locale. Extrême-gauche? Pardon, ultra-gauche selon la novlangue en vigueur, histoire d'épargner l'extrême-gauche institutionnelle... Certains élus de gauche soutenant d'ailleurs le mouvement.

genève,extrême-gaucheLa manifestation, sobrement intitulée "sauvage" (tout un programme!) sur le site "information et luttes" de Suisse romande renverse.ch, a dévasté la ville depuis les Cropettes dans le quartier de la gare jusqu'au boulevard Carl-Vogt à la Jonction. De nombreuses vitrines ont souffert ainsi que des banques et des bâtiments publics, au premier rang desquels le Grand Théâtre, lourdement maculé de peinture et de slogans.

Le quotidien 20 minutes se fait l'écho de la profession de foi des nihilistes:

"Nous prenons la rue pour qu'elle soit autre chose qu'un espace de circulation automobile et de vitrines de luxe; nous prenons la rue car l'avenir de nos lieux de fête et de culture est menacé par la volonté inflexible de Pierre Maudet d'imposer sa loi; nous prenons la rue parce que l'état de Genève subventionne en grande majorité le Grand Théâtre, un lieu de culture bourgeoise pratiquant des tarifs inaccessibles aux plus nombreux."


Pierre Maudet, l'ennemi à abattre. Ainsi que toutes les banques et les commerces rencontrés sur le chemin, nos révolutionnaires n'hésitant pas à s'offrir un petit extra en se servant sur la bête. De nombreuses vidéos de Genevois atterrés montrent les émeutiers attaquer les vitrines à coup de marteau, voire tenter d'y bouter le feu avec des bombes incendiaires improvisées, en toute décontraction. Mais de police, point.

La police était là, nous dit-on à la radio par le biais de sa cheffe Monica Bonfanti, mais elle a choisi... De ne pas agir. Alors que la manifestation ne comportant en tout et pour tout que quelques centaines de personnes (on parle de 500 individus, casseurs compris), les forces de l'ordre on décidé "d'être souple" et donc de livrer le centre-ville à des hordes de barbares pendant une heure et demie, les laissant infliger des dégâts se chiffrant en dizaines de milliers de francs avant de se lancer et de disperser la manifestation non autorisée. Mais qu'on se rassure, personne n'a été arrêté!

Dans une Genève prétendument en état d'alerte maximum à cause du danger terroriste, pareille démonstration d'impuissance représente un échec crucial. La soirée de samedi soir ne contribue pas à renforcer la crédibilité de la police - ni pour les citoyens du bout du lac et leur sempiternel "sentiment d'insécurité", ni face à d'éventuels islamistes en quête d'une cible facile.

En période de crise, mieux vaut éviter de crier que le roi est nu ; Genève vient de faire exactement le contraire, étalant au grand jour son impuissance derrière des excuse de stratégie de contention de la foule qui n'abusent personne.

Aurait-il été possible d'agir? De toute évidence, oui, ne serait-ce que lorsque le cortège non autorisé était le plus vulnérable, lors du passage du pont du Mont-Blanc. C'est d'ailleurs ainsi qu'une manifestation altermondialiste fut neutralisée lors du sommet du G8 à Évian en 2003. Bien que le sommet se déroule à une cinquantaine de kilomètres, les black blocks avaient investi la Cité de Calvin, surprenant tout le monde. Mais, il y a douze ans déjà, la police n'avait pu arrêter les meneurs: un Conseiller d’État de gauche avait pris fait et cause pour les manifestants, allant jusqu'à rejoindre le cortège sur le pont pour empêcher la police de les arrêter...

A l'époque déjà le problème était moins légal que politique. Que peut faire la police si on lui a donné l'ordre de ne pas intervenir?

De même que les émeutes de 2003 avaient brisé la carrière de la conseillère d'Etat Micheline Spoerri, responsable de la police à l'époque, celles de 2015 pourraient menacer Pierre Maudet. Nul doute que celui-ci ne laissera pas l'épisode de ce week-end ternir son image sans réagir. Alors que l'enquête patauge déjà et qu'on se demande si le moindre casseur verra jamais une cellule, la pression est donc maximale sur les épaules de Monica Bonfanti, dont la gestion de crise laisse pour le moins à désirer.

Entre malveillance ou incompétence il est difficile de trancher; mais du point de vue des citoyens, les deux maux sont tout aussi rédhibitoires. Si les responsables sont incapables, il faut en changer, point.

03 juin 2015

Duel à Renens

Le 14 juin ne sera pas uniquement l'occasion de s'exprimer sur des enjeux fédéraux mais aussi sur des décisions plus locales, comme une élection complémentaire à la Municipalité de Renens suite à la démission de M. Jean-Pierre Rouyet pour cause de maladie.

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A un an des élections communales dans le canton de Vaud, ce scrutin a valeur de test. Dans la commune la plus à gauche du canton voire peut-être de Suisse, verrons-nous souffler le vent du changement ou, au contraire, assisterons-nous à une confirmation de la puissance locale de l'extrême-gauche?

Par le hasard des circonstances, cette modeste élection complémentaire revêt une importance symbolique sur plusieurs aspects. La gauche étant unie dans le statu-quo derrière le candidat des "Foumis Rouges", l'UDC Renens se lança seule dans la course ; on assiste donc à un duel des plus limpides entre la gauche communiste et la droite conservatrice. Un siège, deux candidats, il n'y aura pas de second tour, aucun calcul, aucune négociation de couloir.

A gauche, Didier Divorne, pur produit de l'establishment politique local: conseiller communal, député au Grand Conseil vaudois, syndicaliste aux CFF. Son élection à la municipalité s'inscrit presque comme un passage obligé d'une carrière politique professionnelle qui l'amènera sans doute bien plus loin que Renens, s'il franchit l'obstacle.

A droite, Gérard Duperrex, pilier de l'UDC et de la vie associative locale, président du conseil communal l'an dernier, dont l'expérience politique dans le canton de Vaud et le cheminement tout autour du globe mériteraient un livre... Et pour Renens, le candidat d'une rupture avec le modèle d'affaire choisi par la gauche pour la ville depuis plus d'une décennie.

Bétonnage ou respect du cadre de vie? Subventions ou équilibre financier? Animation de rues ou sécurité? On pourrait discuter longtemps des positions des uns et des autres mais une image valant mieux qu'un long discours, voilà le dos du flyer de campagne de M. Divorne, selon lequel "chaque voix compte"...

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Y a-t-il le romanche?

Qu'on se rassure, Renens restera à gauche de toute façon. Si M. Duperrex l'emporte, la composition de l'équipe municipale sera de 1 Fourmi Rouge, 2 PS, 1 Vert, 2 PLR et 1 UDC, soit encore une majorité de gauche.

Non, l'intérêt du flyer est en bas de page: un appel à voter pour M. Divorne en 23 langues différentes, et je doute que M. Divorne soit lui-même en mesure de les identifier toutes. Je crois qu'il n'y a pas de meilleure illustration de ce pourquoi chacun se bat et de l'électorat qu'il courtise ; en la matière, la gauche de Renens poursuit ses objectifs immigrationnistes et multiculturalistes. A l'occasion de cette élection complémentaire, elle espère bien un retour d'ascenseur.

A Renens où on collectionne les nationalités comme d'autres les Pokémons, pareille attitude fait partie du paysage ; les intérêts étrangers s'invitent régulièrement en politique et donnent un assez bon aperçu des manœuvres qui auront lieu lors des élections dans la Suisse de demain - dans pas très longtemps au rythme actuel.

Avant qu'on ne me fasse un mauvais procès, je rappelle que l'UDC Renens comportait 30% d'élus non-suisses au conseil communal en début de législature, de très loin le groupe politique le plus ouvert sur l'étranger de toutes les formations représentées au conseil - et ce sans compter les Suisses naturalisés comme votre serviteur. Mais voilà, il y a deux façons d'aborder les étrangers: comme un réservoir de voix disponibles qu'on achète à coup de cadeaux, ou comme un préalable à l'acquisition de la nationalité au terme d'une intégration réussie (les éléments criminogènes devant eux être impitoyablement renvoyés).

Renens doit-elle rester pour l'éternité un zoo paléo-communiste? Nous verrons le 14 juin la position des Renanais en la matière.

15 décembre 2014

Zurich: les casseurs sont de sortie

"Comment cela est-il possible dans un pays parfait?" demande un internaute face à la déferlante de violence qui a eu lieu à Zurich dans la nuit de vendredi à samedi. Que lui répondre? Que ses prémisses sont peut-être fausses?

zurich_emeutes.jpgLa Suisse n'a rien de parfaite, ni même de calme. La violence la plus bestiale menace sous une surface en apparence apaisée. Malgré la rigueur des nuits de décembre, des centaines de casseurs d'extrême-gauche en ont fait la démonstration au centre de Zurich en dévastant tout sur leur passage:


[La manifestation non-autorisée, comportant quelque 200 manifestants, masqués et armés de barres de fer, de bâtons et de pointeurs laser et pour la plupart issus de la gauche autonome,] a fait non seulement plusieurs centaines de milliers de francs de dégâts matériels, mais des personnes ont aussi été blessées. Selon la police municipale, sept agents ont dû être hospitalisés pour des lésions aux yeux et à l'ouïe. Les émeutiers ont agi dans les 3e et 4e arrondissements de la ville et ont "délibérément attaqué" les forces de l'ordre, écrit samedi 13 décembre la police. (...)

Les manifestants ont également détruit de nombreuses vitrines, pillé des magasins, mis le feu à des voitures et à des conteneurs.(...) Plusieurs véhicules d'intervention ainsi que des locaux de la police ont été sérieusement endommagés. Les manifestants ont également brisé toutes les vitres d'un restaurant bondé, dont les clients apeurés ont dû se réfugier au sous-sol et dans une arrière-salle.


Le Matin semble prendre beaucoup de recul par rapport à la nouvelle: il ne s'en fait l'écho que le lundi suivant, y compris dans sa version électronique, qui n'est pas soumise aux impératifs de délai de la version papier. Il est difficile de ne pas y voir une certaine volonté d'apaisement face aux événements, hypothèse confortée par l'absence de tout éditorial indigné face à la brutalité des casseurs. Imagine-t-on la réaction médiatique si ces brutes avaient arborés une signalétique d'extrême-droite? Seulement, pour trouver trois cent sympathisants d'extrême-droite se livrant à une guérilla urbaine il faut se lever tôt... On a pourtant un aperçu du déferlement de violence exercé par les émeutiers:

Les policiers ont été visés par des jets de pierres et d'engins pyrotechniques. Une torche a été lancée dans une voiture de patrouille et l'équipement d'une policière a pris feu. Elle est heureusement indemne, écrit la police.


La Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP) a exprimé sa consternation face à cette "haine aveugle et destructrice" et réclamé qu'une telle agression soit qualifiée de tentative de meurtre. Pour que Mario Cortesi, porte-parole de la police municipale, en vienne à concéder qu'il n'a "jamais vu cela depuis dix ans" on devine que certains paliers ont été franchis.

Que réclamaient les "manifestants"? De "reprendre le contrôle de la rue", selon un communiqué délivré sur Indymedia. "Nous reprenons possession de la rue pour protester contre l’embourgeoisement progressif de la ville et la destruction des projets alternatifs", indiquaient les activistes. En tête du "cortège" des manifestants arboraient ainsi une banderole massive ornée de l'inscription en anglais Reclaim the Streets (reprenons possession des rues).

Difficile de croire à un message destiné au public alors que la manifestation était dès le départ prévue de nuit. Tout dépend de ce que l'on entend par "possession", je suppose. Il faut reconnaître que dans les faits, nos activistes anticapitalistes n'ont pour le moins pas perdu le sens de l'intérêt matériel, comme en témoignent les annonces de dégâts enregistrées à la suite de leurs exactions. Au milieu des vitrines brisées et des voitures incendiées, un bijoutier a ainsi signalé s'être fait voler "pour 100'000 francs de bijoux", sans doute des altermondialistes coquets, et aussi que "neuf automates à billets des transports publics ont été endommagés" - sans doute une odieuse méprise face au vivrensemble communautaire et festif que nous garantissent les transports publics...

Qu'a fait la police? A part prendre des coups et éteindre les vêtements en feu de ses membres, rien. Ou si peu. Les policiers ont dû utiliser des canons à eau. On attend les plaintes des personnes mouillées par grand froid.

Malgré des heures d'affrontement on compte seulement quatre arrestations de suspects âgés de 20 à 36 ans. Deux sont "de Suisse" (sic), un de la Principauté du Liechtenstein et le quatrième du Royaume-Uni, nous expliquent les médias fiers de pouvoir brandir pour l'occasion un échantillon représentatif d'une criminalité de terroir.

Les Zurichois traumatisés par cette nuit de barbarie peuvent dormir tranquille ; plus que 196 émeutiers en liberté dans les rues! La justice prévaudra!

Ne tirons pas à boulets rouges sur la police zurichoise ; elle a certainement ramassé plus que sa part de projectiles lors des dernières nuits. La faiblesse du nombre d'arrestations s'explique peut-être par des ordres venus d'en haut. Zurich est en effet une ville fièrement à gauche, et les édiles de gauche ont souvent beaucoup de compréhension pour l'enthousiasme de leurs petits camarades rebelles, une jeunesse à laquelle ils ont souvent appartenu. Pensons à la façon dont les élus de gauche - dont Mme Savary - s'apposèrent à Berne à la motion de M. Fehr de l'UDC pour interdire les cagoules lors des manifestations!

Comme le fait remarquer un internaute avec ironie, "les Zurichois ont les autorités laxistes qu'ils méritent". Il est vrai que l'embourgeoisement continu de la ville avec des quartiers écolo-compatibles et friches industrielles réaménagées repoussent peu à peu les limites d'une zone de non-droit où s'ébattaient encore joyeusement squats altermondialistes et autres salles de concert citoyennes improvisées. Les habitants de ces secteurs n'entendent pas laisser leur place aux bobos.

Nous assistons donc à une opposition entre deux courants de gauche. Quand la croissance bourgeoise-bohème empiète sur les plates-bandes de la gauche radicale, il y a forcément des frictions - frictions qui engendrent de la chaleur qui entraîne à son tour des incendies. Quoi de plus normal au bout du compte! Mais rassurons-nous, à la fin tout cela sera certainement payé par le contribuable.

17 mars 2014

Tempête dans un verre d'eau à Renens

Lors de la séance du Conseil communal de Renens du jeudi 13 mars, l'extrême-gauche quitta la salle sur un mouvement d'humeur lors de la prise de parole par un membre de l'UDC. L'épisode eut lieu à la toute fin de la séance, lors du dernier point de l'ordre du jour (questions, propositions individuelles et divers).

Le "clash" est perceptible sur la retranscription vidéo de la séance  (point 17, vers 2:28:30) et donna lieu à une mention dans l'édition de 24 Heures du lendemain:

Fin de séance houleuse, hier soir, au Conseil communal de Renens. Après plus de deux heures de débats est arrivé le point dédié aux questions.

Un élu UDC s'est alors lancé dans une série d'interrogations destinées à la Municipalité. Mais, alors qu'il avait encore la parole, le groupe POP (majoritaire à Renens) dans sa très grande majorité, a décidé de quitter la salle.


Ce résumé factuel aura été suivi d'un second article dans l'édition papier de samedi dans laquelle la transcription malheureusement partielle de mes propos m'amène à écrire ce billet.

Ce soir-là, notre conseiller communal Joâo-Batista Domingos fut donc la cible d'un certain nombre d'attaques gratuites, une première salve ayant trait à son rapport de commission sur lequel, pourtant, aucun conseiller ne trouva à redire pendant le délai imparti à la relecture. Saluons l'honnêteté de M. Alberto Mocchi, des Verts, qui releva ce point à la tribune.

depart_cc_renens.pngPlus tard, M. Domingos intervint au sujet du traitement de son préavis et à l'incendie d'un abri accordé par la municipalité à un sans-abri, entraînant la mort de ce dernier.

La gauche de la gauche n'entendit pas les propos de M. Domingos. Elle quitta bruyamment la salle dès le début de son intervention, laquelle ne fut ni longue, ni hors-sujet.

La séance du conseil communal ayant été rapide, il n'était pas spécialement tard non plus (malgré la regrettable erreur d'interprétation de l'incident en ce sens par le Président du Conseil).

Comment expliquer ce geste?

M. Domingos suscite une irritation particulière au sein de l'extrême-gauche de Renens. Il ne cadre pas avec ses idées préconçues sur les membres de l'UDC. Est-ce dû à sa couleur de peau? La sympathie naturelle qu'il inspire? Sa nationalité angolaise? Ses études de philosophie qui lui permettent aisément de rétorquer quelques vérités à de nombreux apprentis-théoriciens du marxisme? Seule une introspection approfondie des "Fourmis rouges" permettrait de le savoir!

Pour ma part, je salue son amour de notre pays et de son système démocratique et je suis fier de le compter parmi nos membres, peu importe l'opinion que le Parti Ouvrier Populaire vaudois peut avoir de lui.

Il est rare de voir un parti politique quitter une séance. Exprimé à l'encontre d'une minorité, le geste se transforme en insulte. J'eus l'occasion d'en être témoin le soir même alors que plusieurs conseillers communaux d'extrême gauche me lancèrent leurs invectives en quittant la salle.

Rien n'empêchait un élu de prendre la parole après M. Domingos pour réagir à ses propos, dire tout le bien ou tout le mal qu'il en pensait, les commenter, répondre, susciter la discussion - ce à quoi sert une assemblée en fin de compte! Mais ces gens ne voulaient pas d'un débat. Ils souhaitaient quitter la séance en faisant un éclat, mêlant la démonstration de force à l'expression de leur mépris.

Je ne suis pas sûr que le message soit bien passé d'ailleurs, car la réaction évoque plus l'irritabilité et le caprice que quoi que ce soit d'autre. Se retirer d'une assemblée démocratique est un acte politique fort qui ne peut se justifier que lorsque les bornes de l'inacceptable ont été franchies, une situation aux antipodes de cette séance du Conseil Communal.

Aussi, je crois aussi volontiers à une autre hypothèse: que cette sortie pleine de mauvaise foi ait été moins liée à des motifs politiques qu'à la volonté de se trouver une excuse pour voir la fin du match de playoff entre Berne et Lausanne qui se jouait au même moment!

Mais ça, aucun protestataire n'osera jamais l'admettre...

25 juin 2013

En mémoire de l'agresseur

La bagarre eut lieu pour des motifs politiques entre l'étudiant de Sciences Po engagé dans "l'antifascisme" et les skinheads en plein Paris vers 18h, dans le quartier de la gare Saint-Lazare. Clément Méric, un type bien, avait fortuitement croisé le chemin de nervis de l'extrême droite ; sauvagement attaqué, il chuta au sol où ses agresseurs finirent de le lyncher.

france,extrême-gauche,médias,mensongesMartyre et symbole, la victime fut instantanément instrumentalisée par ceux-là même qui s'indignent régulièrement des récupérations de faits divers.

Rien n'était trop hâtif dans le cas de Clément. La fable était belle. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls dénonça "une violence qui porte la marque de l'extrême droite". Le Parti de gauche, toujours subtil, affirma quant à lui que "l'horreur fasciste venait de tuer en plein Paris". La même semaine et les suivantes, des rassemblements eurent lieu sous la férule de Jean-Luc Mélenchon et de Harlem Désir, et d'autres encore, toujours totalement pacifiques.

La récupération n'avait rien de symbolique. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault promit devant les sénateurs que le gouvernement allait étudier les moyens de "tailler en pièces les mouvements d'inspiration fasciste et néo-nazie".

Les députés observèrent une minute de silence.

Malheureusement pour les adeptes des fables, nous ne sommes plus au temps des légendes, mais en 2013. Il y a des caméras partout. Les enquêteurs finirent par faire parler d'une d'elle et le déroulement est sensiblement différent:


C'est une vidéo qui va peser lourd dans l'enquête sur la mort du militant antifasciste Clément Méric. On y découvre un Clément Méric agressif, qui porte, par derrière, un coup à la tête d'un militant d'extrême droite, Esteban Morillo, aux prises avec deux assaillants. Morillo se retourne et renvoie une droite pour se défendre, faisant tomber à terre le jeune Méric qui ne se relèvera plus.

 

Nulle trace d'un poing américain. Nulle trace de lynchage. Nulle trace de lutte même. Clément Méric s'en est lâchement pris dans le dos à un individu déjà en prise avec deux agresseurs, a reçu un coup de poing improvisé en retour et s'est retrouvé étendu pour le compte.

Avec toutes ces hordes de skinheads fous furieux qui arpentent quotidiennement les rues de l'Hexagone, brutalisant tous ces étudiants d'extrême gauche, immigrés à peau sombre et homosexuels qui croisent leur chemin, ce n'est tout de même pas de chance. Les médias et le monde politique ne parvienne-t-ils à monter en épingle qu'une rixe où ils confondent agresseur et victime? C'est pour le moins singulier, à moins que les hypothèses de départ ne soient fausses. Mais dans le monde de la pensée unique, pareil point de vue est-il seulement concevable?

On peut se demander également pourquoi il a fallu autant de temps pour que cette vidéo émerge. "Sans doute fallait-il attendre que la pression retombe autour de cette affaire, avant de pouvoir dévoiler cet élément troublant", spécule pudiquement un fonctionnaire de police parisien de haut rang cité par le Figaro. Il leur aura fallu 3 semaines... Le minimum pour que la France se défoule dans sa minute de haine avant de regarder objectivement les faits?

Espérons au moins que la prochaine fois le monde politico-médiatique fera preuve d'un peu plus de prudence avant de s'indigner comme un seul homme. Mais, comme pour des excuses des principaux intéressés, on peut rêver.

Dans le monde du spectacle de l'indignation sélective, la vérité est la première victime à tomber à terre. Il est rare qu'elle se relève.

24 janvier 2011

De l'engagement

Ca y est, c'est fait - l'UDC Renens se lance à la conquête du Conseil Communal. Votez pour la liste n°4!

Ces derniers mois ont été difficiles, et ces dernières semaines encore davantage. La recherche de candidats à mettre sur notre liste a réclamé énormément de temps. C'était un fil rouge que nous tenions à chaque réunion, à chaque discussion sur le marché de Renens, à chaque appel téléphonique à un de nos membres... Une préoccupation constante que d'autres jeunes sections communales de l'UDC partagent sans doute!

Malgré toute cette attention, le résultat est maigre. Au bout du compte, nous ne sommes qu'une poignée de candidats au Conseil Communal de notre ville. C'est bien étrange.

Loin d'inviter à la moquerie, la modestie de notre liste m'a amené à une réflexion sur la difficulté d'être candidat. L'idée de coucher quelques pensées sur l'engagement politique me trottait dans la tête depuis un moment, mais l'agression de Hans Fehr par des extrémistes gauchistes vendredi dernier lui donne un ton particulier.

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Hans Fehr, interviewé par la télévision suisse alémanique
peu de temps après son agression.

L'agression de M. Fehr n'est malheureusement pas un acte isolé. Ainsi, Toni Brunner, président de l'UDC Suisse, mentionne que "notre secrétaire général Martin Baltisser travaille depuis plus d’un mois dans un bureau sans lumière du jour parce que la fenêtre est toujours barricadée avec des planches."

Le 22 janvier, on apprend que Céline Amaudruz, présidente fraîchement promue à la présidence de l'UDC Genève, est victime de menaces anonymes depuis son élection. Et ces menaces n'ont rien de théorique:

Vendredi soir, alors qu'elle siégeait en commission, sa voiture a été vandalisée pour la troisième fois. (...) «Ce n'est pas un hasard car il s'agit de trois véhicules différents. Quelqu'un me suit», a-t-elle déclaré samedi à l'ATS. Le scénario est toujours le même: vitres brisées, mise à sac de la voiture, puis lettres de menaces expédiées au travail, à la maison, au Grand Conseil ainsi qu'au manège où elle monte à cheval. Vendredi soir, les voitures stationnées à côté de la sienne et appartenant aussi à des députés n'ont pas été touchées, selon elle (sic).

 

Ce ne sont que quelques exemples saillants de la violente pression qui s'exerce chaque jour un peu plus - et un peu plus ouvertement - pour tenter de museler l'UDC. Pensons aussi à la façon dont des militants gauchistes ont profité d'une manifestation pour envahir et saccager les locaux de l'UDC vaudoise à Lausanne, le tout accompagnés par des journalistes! Pensons à la façon dont les autorités de l'Université de Lausanne ont refusé d'accueillir un congrès de l'UDC face à la "pression" de tracts anonymes laissés dans des toilettes! Quelle bonne excuse!

L'agression de M. Fehr représente une nouvelle étape. On a dépassé l'intimidation pour l'agression physique, agression ayant pour but la suppression pure et simple de l'opinion dérangeante. Comme le raconte le conseiller national: "Quelqu'un s'est écrié: «C'est Fehr de l'UDC!» J'ai changé de trottoir et ils m'ont immédiatement attrapé pour me frapper, poursuit-il. J'ai essayé de me protéger avec les bras, puis je suis tombé à terre. Là, ils ont commencé à me donner des coups de pied et j'ai ressenti des douleurs à la poitrine. Je leur ai crié: Vous êtes fous!"

Les agresseurs de M. Fehr avaient parfaitement identifié leur cible et savaient ce qu'ils faisaient. S'ils n'avaient été dérangés, il ne serait peut-être plus de ce monde.

Pascal Décaillet livre sur cette affaire une analyse très pertinente:

Je connais bien Hans Fehr. C’est un homme d’une parfaite courtoisie. Ses combats, il les mène avec des mots, jamais avec les poings. Ce qui lui est arrivé est parfaitement dégueulasse. Inadmissible dans une démocratie. Mais il y a plus nauséabond encore. Ceux qui, tout en condamnant hypocritement l’agression, laissent entendre que l’UDC paierait là le tribut de son style politique, et qu’au fond Hans Fehr ne l’aurait pas volé. Au fond d’eux-mêmes, sans doute se réjouissent-ils de la correction subie par l’un des ténors du premier parti de Suisse.

 

Au fond d'eux-mêmes? Si seulement! Les commentaires du blog de M. Décaillet suffisent à démontrer qu'ils sont rares à avoir cette retenue. Ils se réjouissent ouvertement de l'agression du conseiller national UDC! L'agression serait de sa faute, bien entendu. Toujours cette inversion commode entre l'agresseur et sa victime...

Pour chaque épisode de ce genre, combien de citoyens renoncent finalement à s'engager en politique?

C'est malheureusement dans cette optique que je constate la faible proportion de candidats sur la liste communale de l'UDC Renens ou d'autres communes similaires. Notre section communale est jeune, certes. Elle n'a pas de sortants à représenter, certes. Nous avons certainement commis quelques erreurs, nous avons probablement laissé passer des occasions. Mais Renens est une ville de vingt mille habitants. L'interdiction des minarets - objet soutenu uniquement par l'UDC entre tous - a obtenu 49.5% des suffrages. Dire que l'UDC a un potentiel à Renens relève de l'euphémisme. Nous avons été en contact avec bien des sympathisants, dont la plupart on choisi de refuser de s'engager. Est-ce vraiment parce que chacun était tellement occupé à autre chose? Quelle a été la part de la peur dans leur refus?

Se présenter, c'est s'exposer, prendre un risque. Un risque minime - tout le monde n'est pas Hans Fehr - mais pas dérisoire. Un risque auquel il est si facile de renoncer, en se cachant, en se retirant parmi les ombres... En espérant que d'autres lutteront à notre place.

La popularité d'un parti politique ne suffit pas au succès de ses idées. Il lui faut aussi des candidats pour les défendre. Les agresseurs de M. Fehr, et tout ceux qui dénoncent mollement l'attaque dont il a été victime, l'ont bien compris. Et tant pis, pensent-ils dans leur for intérieur, si la démocratie doit y passer.