26 février 2016

Vote, mensonges et vidéos

Alors que nous entrons dans la dernière ligne droite du vote du 28 février les forces en présence jettent leur ultime énergie dans la bataille. Chacun tente de mobiliser les partisans de son camp et les réseaux sociaux sont un moyen privilégié pour y parvenir.

Les buzz anti-UDC du moment, évidemment relayés avec empressement par les médias, concernent par exemple la vidéo "anti-macho" de Camille Carron. La jeune femme s'insurge contre un tout-ménage de l'UDC invitant les gens à voter pour le renvoi des étrangers criminels pour protéger "leurs femmes et leurs filles". Coup de gueule improvisé de l'adolescente de 19 ans qui la jeta sur le devant de la scène peut-être plus qu'elle ne l'aurait voulu elle-même. Une interview montre que les limites de sa réflexion politique sont assez vite atteintes :

Camille Carron: (...) À la base, c’était juste un peu d'humour pour montrer tout de même mon indignation devant le slogan de l'UDC. Beaucoup de gens m’ont alors parlé des agressions à Cologne. Cependant, ce n'était pas le thème de ma vidéo. Je voulais parler du statut et de l’image de la femme au sein de l'UDC et non pas de la votation elle-même. Je tiens aussi à dire que je ne suis pas anti-UDC, je pense qu’il y a du bon partout. Je vote les idées pas les partis.

Alimuddin Usmani : Les gens vous parlent des agressions sexuelles de Cologne car il est évident que l’UDC, dans l’affiche que vous brandissez au début de la vidéo, fait une allusion à l'actualité qui s’invite dans cette votation qui vise à expulser les criminels étrangers. Que pensez-vous de ce qui s'est passé à Cologne?

Camille Carron : Voilà, écoutez, je vous ai dit ce que j’avais à dire. Je ne m'attendais pas à ça. J'assume tout à fait mais j'ai une vie d'étudiante à côté et je ne voudrais pas que tout ça perturbe trop mes études. Mais merci de votre intérêt.


La forme plutôt que le fond... Il vaut mieux, en effet. Face à un scrutin crucial qui pourrait décider de la continuité de notre mode de vie, on est quelque peu atterré par la superficialité des arguments employés par les adversaires de l'initiative. On jette aux orties un texte constitutionnel parce qu'on n'aime pas un slogan? Un visuel de campagne? Une phrase? Et on nous parle ensuite de "superficialité"?! Cela prêterait à rire si le sujet n'était pas si grave.

Mais, parlant de fond, un nouveau pallier fut atteint quelques jours plus tard avec une autre vidéo évidemment relayée dans Le Matin: le complot des moutons. Dans ce clip joyeusement monté, quatre moutons blancs, interprétés par trois femmes blanches et un homme blanc, courent à Lausanne autour de la place de la Palud pour attraper un pauvre mouton noir inquiet - interprété par une femme noire. Mais tout est bien qui finit bien: les moutons blancs ne cherchaient le mouton noir que pour lui faire de gros câlins. Et le clip politique de s'achever sur les slogans "Ne sois pas un mouton. Tu n'es pas raciste!" et, bien sûr, "Non à l'initiative de mise en œuvre".

La vidéo est visible ici:

On se demande ce qui est le plus consternant: l'utilisation d'une personne noire pour évoquer un mouton noir? Le raisonnement gauchiste qui apparente tous les étrangers à des criminels? L'amalgame entre le renvoi des criminels, gage de paix et de sécurité, et le racisme? La bêtise générale de la campagne qui, loin d'amener l'électeur à la réflexion, l'invite à se comporter comme un mouton de Panurge?

Il est assez triste de voir ce genre d'expédient employé dans une campagne politique aussi importante, parce que son existence même implique qu'un certain public y soit sensible.

Mais quitte à parler des enjeux en vidéo, voyons donc un autre message, celui d'une jeune Allemande de seize ans qui n'en revient pas d'assister en direct à la destruction de son pays à travers l'immigration totalement incontrôlée de centaines de milliers d'individus allogènes au comportement souvent criminel. Un véritable cri du cœur que tout le monde devrait voir, en particulier les plus jeunes, car c'est bien leur avenir dont il est question ici...

Cette vidéo-là fit elle aussi le buzz - avant que facebook ne décide unilatéralement de la supprimer. N'en subsiste que la version anglaise sous-titrée, qui attira tout de même plus de 400'000 vues en un mois.

Bizarrement, aucun média romand n'en parle. J'aurais bien aimé une petite discussion entre Camille Caron et cette jeune fille de trois ans sa cadette.

Alors que l'Europe se déchire sur les hordes de faux requérants d'asile, que les agressions sont toujours plus nombreuses et que Mme Sommaruga se bat à Bruxelles pour que la Suisse reçoive plus de ces migrants, la votation sur les criminels étrangers du 28 février est probablement la dernière chance d'éviter l'écueil avant qu'il ne soit trop tard.

Votez.