06 novembre 2019

Ne dites plus "salauds de pauvres", dites "circulation différenciée"

Genève étant à l'avant-garde de la vague saumâtre qui balaie la Suisse, son gouvernement a décidé d'interdire le centre-ville aux véhicules "très polluants".

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Embouteillage près de l'aéroport (image Wikipédia)

Comme l'explique La Julie, "le Conseil d’État genevois passe à l’action". Et quelle action! L'adoption, aujourd'hui, d'un "dispositif de restriction de la circulation à l’intérieur du périmètre de la moyenne ceinture en cas de pic de pollution atmosphérique." Poursuivons:

La mesure phare de ce dispositif se présente sous la forme d’une vignette qui devra être apposée sur le véhicule. Il y en aura six différentes, qui seront fonction de la «performance environnementale» dudit véhicule. Elles sont identiques aux vignettes, appelées CritAIR, que de nombreuses villes françaises ont adoptées, à l’exemple d’Annecy et, bientôt, d’Annemasse. Ce n’est pas anodin car les voitures immatriculées à l’étranger seront soumises aux mêmes mesures.

Ces macarons, valides durant toute la durée de vie du véhicule, donneront évidemment accès ou non à la zone urbaine selon le degré d’alerte pollution. Pour la catégorie des véhicules les plus polluants, ce sera simple: en cas d’alerte smog, quel que soit le niveau, ils ne pourront pas circuler à l’intérieur de la moyenne ceinture.


Bon prince, le Conseil d'État laissera aux automobilistes jusqu'au 31 mars 2020 avant de commencer à distribuer les amendes, on parle tout de même de 500 francs par infraction. Les professionnels, eux, auront même droit à deux ans pour changer leurs camions...

Alors, heureux?

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La petite zone soumise à réglementation... (cliquez pour agrandir)

La stupidité de la mesure laisse pantois, sans compter que Genève n'a même pas le privilège de faire dans la nouveauté.

Pour commencer, la mesure n'a aucun effet sur la pollution. Aucun. Parce que la pollution de l'air en hiver, liée aux conditions météorologiques (absence de vent et de pluie), vient essentiellement de l'industrie et du chauffage domestique, pour grosso-modo un tiers chacun. La part liée au transport tourne autour de 20% selon les études. De combien de pourcents descendra cette pollution lorsque la circulation au centre-ville sera frappée d'interdiction sélective? Le lien de cause à effet ne sera même pas mesurable - bien moins qu'une différence de température de 1° sur le chauffage domestique.

antonio_hodgers.jpgLa circulation différenciée risque même d'être négative pour la pollution, les automobilistes traversant habituellement le centre-ville décidant de faire des trajets plus longs pour contourner la zone interdite en provoquant au passage de nouveaux embouteillages... En revanche, pour les finances publiques, miam miam!

Mais surtout, la gestion de la circulation différenciée va rapidement virer au cauchemar pour tout un chacun.

Non seulement chaque automobiliste devra avoir son petit macaron officiel sur le pare-brise, mais il faudra en plus consulter chaque matin la météo pour se tenir au courant et savoir si le centre-ville est ouvert au trafic. Vous avez oublié d'allumer votre radio? Paf, 500 francs d'amende, ça vous apprendra à ne pas écouter les directives quotidiennes du Ministère de la Mobilité Heureuse.

Les touristes de passage seront-ils exemptés? L'aspect pratique devrait dire non, l'égalité devant la loi devrait dire oui (Juste pour rire, qu'en sera-t-il des voitures diplomatiques?) Dans les deux cas, d'innombrables problèmes pointent le bout de leur nez. L'exemption des touristes amènera immanquablement un tel lot de fausses déclarations que pratiquement tout le monde passera entre les mailles du filet, à moins d'un flicage encore plus poussé de l'utilisation de chaque véhicule.

L'égalité devant la loi obligera chaque véhicule à être soumis aux mêmes règles, mais ce n'est pas une mince affaire. Va-t-on réintroduire des douanes cantonales pour s'assurer que tout ce petit monde a bien sa vignette? Même ainsi, aucun maillage ne saurait être parfait. Les diverses déconvenues de pauvres hères venus de loin et matraqués d'amendes à leur grande surprise feront autant d'anecdotes dénonçant l'écofascisme et la bureaucratie genevoises - l'idéal pour finir de donner à cette ville la réputation qu'elle mérite.

Mais il y a plus ennuyeux que de savoir si une mauvaise loi s'applique à tous ou seulement à quelques-uns, c'est de savoir si on va y survivre.

Le calcul de la pollution des véhicules est très simple: les voitures plus récentes polluent moins que leurs homologues plus anciennes. N'oubliez pas: la couleur de la vignette évoluera avec les années... Autrement dit, les gens riches avec des voitures modernes auront les moyens d'éviter interdictions et amendes, qui frapperont de plein fouet les working poors avec leurs bagnoles d'occasion. C'est donc une mesure particulièrement anti-sociale. Elle l'est d'autant plus que les pauvres ont tendance à vivre en périphérie dans des zones où les logements sont moins chers, mais aussi plus mal desservies par les transports publics.

Pour ces gens, le message du Conseil d'État genevois est très clair: tant pis pour vous.

Sur le 20 minutes, dans un article encore ouvert aux commentaires, les réactions sont plutôt négatives, pour rester poli. Les gens semblent bien avoir compris à quelle sauce ils seront mangés. Florilège:

Greta mouvance
Bienvenue à l'écolodictature, Hodgers on votera certainement pas pour toi.

vivement la fin...
4 ans ce n'est pas long, mais avec la gauche verdoyante se sera pire que léternité... 10 centimes sur la carburant, 5 balles par ci, 40 balles par là et encore des taxes pour compléter les taxes on n'as pas fini de rire. Le plus comique dans ce foutage de gueule, c'est que pour couronner le tout, on nous servira de beaux discours sur la cherté et que l'on ne gagne pas assez pour vivre décemment dans ce pays.

Décompensation verte
La mise en œuvre sera plus polluante que la mesure elle même! Ils sont tombés sur la tête juste pour avoir bonne conscience !

immonde
C'est dégueulasse les jours de smog seuls les riches pourront rouler en faite.

Bien fait
Et voilà. Maintenant vous allez perdre lentement mais sûrement votre liberté. D'abord un macaron. Puis des normes qui vont devenir tellement sévère que seuls les véhicules électriques pourront rouler. La pollution baisse régulièrement depuis plus de cinquante ans mais ils changent les normes au fur et à mesure pour vous le cacher. Vous êtes pris. Maintenant ils sont au pouvoir et vous allez payer et régresser.


On se réjouit de voir l'application de cette nouvelle Genevoiserie... En attendant que le reste de la Suisse s'empresse de lui emboîter le pas, bien entendu. Le peuple suisse a voté pour "l'écologie", la voilà qui arrive.

11 mai 2019

Fraude électorale: le ver est dans le fruit

La Cité de Calvin fait à nouveau parler d'elle, et pas en bien. Cette fois-ci, l'actualité se concentre sur une affaire de fraude électorale, dévoilée jeudi sur le site web du quotidien 20 Minutes.

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Depuis l'enquête avance à grands pas. Une perquisition a été menée dans les locaux du Service des votations. La RTS dévoile pour une fois davantage d'information que la presse:

Le témoignage de ces employées, qui vivent dans la peur depuis plusieurs années, fait état d’un procédé élaboré qui aurait été utilisé par le suspect. Selon les informations de la RTS, il possédait les clés des locaux où se trouvaient les bulletins reçus et les enveloppes vierges.

L’homme aurait détruit certains bulletins pour les remplacer par d’autres, modifiés par ses soins. Il en aurait également ajouté aux urnes, aurait fait disparaître des cartes de vote, et aurait gardé pour lui certains bulletins vides et non conformes qui auraient dû être retournés à leur expéditeur.

Plusieurs centaines de voix au total auraient été concernées et des écarts auraient été régulièrement constatés entre le nombre de cartes de vote et les bulletins comptabilisés. Ne sachant plus quoi faire, les employées du service disent avoir alors détruit des bulletins au hasard, pour équilibrer le tout.

Une ancienne employée qui aurait participé à la fraude parle d'une rémunération de 50 francs par vote, et aurait même reçu une offre de 1000 francs pour 100 bulletins.


"Impossible de dire si cela est vrai et qui était le ou les commanditaire(s) éventuel(s)", poursuit le journaliste qui se veut rassurant. Le lecteur reste inquiet. Comme souvent, il faut recouper les informations parcellaires distillées dans différents médias pour se faire une idée. Si la RTS prétend que "les enquêteurs n'ont trouvé aucun élément accablant" au domicile du collaborateur de 33 ans soupçonné de fraude électorale, l'histoire ne s'arrête pas là. Les policiers ont bien déniché des enveloppes de vote concernant le scrutin du 19 mai dans un tiroir du collaborateur dans les locaux du Service des Votations.

Contrairement aux dénégations initiales, le scrutin du 19 mai est donc d'ores et déjà compromis à Genève. Précisons que si les objets fédéraux sont à ce stade relativement épargnés, Genève ne suffisant que rarement à faire pencher la balance à l'échelle suisse, le sujet reste d'importance à l'échelle locale. Les Genevois votent sur pas moins de 7 objets cantonaux dimanche prochain, plus deux questions subsidiaires destinée à départager des doubles approbations.

Il n'y a pas besoin de bourrer les urnes pour faire pencher la balance ; sous le régime démocratique, quelques dixièmes de pourcent suffisent parfois à changer le résultat d'un vote. En l'espèce, le suspect a bien un historique fourni de manipulations:

[Selon deux employées du Service des Votations] au moins quatre scrutins cantonaux et communaux auraient été manipulés: d’abord, l'élection de Pierre Maudet l'an dernier, lors de laquelle le conseiller d'Etat PLR avait été élu dès le premier tour. L'une des collaboratrices dit avoir vu une succession de 30 bulletins identiques avec le seul nom de l'édile dans un tas de 50.

Il y a ensuite la loi sur la police, acceptée à 50 voix près en 2015. Dans ce cas, des bulletins auraient été jetés par l'homme interpellé jeudi. L'une des auxiliaires assure que cela a changé le résultat du vote.

Les derniers exemples cités par les témoins sont l'initiative pour le remboursement des soins dentaires, refusée à 54% en février dernier, et des votes à Chêne-Bougeries, en mars 2018. Selon les deux employées, tout cela durerait depuis 2011 au moins.

Il semblerait que très peu de personnes en interne aient été au courant de ces agissements. Par ailleurs, le suspect n'hésitait pas à intimider ceux qui mettaient le nez dans ses affaires et il jouissait de protection en haut lieu, affirment les deux employées.


Des manipulations de vote affectant les résultats de scrutins disputés, une élection faussée, des témoignages de votes moyennant paiement, un manipulateur malhonnête au Service des Votations bénéficiant de protection en haut lieu… Les médias se veulent rassurants, mais peut-on se le permettre?

Un système vulnérable

Genève recule sur le vote électronique, qui inquiète le grand public à cause de son manque de sécurité et de l'absence de possibilités de recomptage ; mais ces inquiétudes ne sont rien face à celles qui se concrétisent depuis longtemps autour du vote par correspondance.

Il y a des années de cela, lorsque je découvrais "l'envers du décor" de la démocratie helvétique dans ma ville de Renens (où certaine affaires ont eu lieu), je me souviens avoir jeté un œil critique sur le dépouillement. Le processus allant de la collecte des enveloppes à la saisie des résultats globaux dans le système informatique cantonal me paraissait vulnérable en de nombreux points.

Les recomptages de bout en bout sont possibles, mais quand sont-ils effectués? Jamais, ou seulement en cas de soupçons de fraude. Il n'y a aucun échantillonnage aléatoire à l'échelle d'un bureau de vote. Cela signifie que si les manipulateurs restent suffisamment discrets - ce qui n'a pas été le cas à Genève - ils ne sont jamais inquiétés.

"Ce qui compte ce n'est pas le vote, c'est comment on compte les votes." -- Joseph Staline, Communiste, Criminel contre l'humanité, Homme d'état (1879 - 1953)


Interrogeant une employée du Greffe communal de Renens sur la possibilité de manipuler les enveloppes avant le jour du dépouillement, la brave femme fut interloquée par mon inquiétude. Elle me répondit que toute manipulation de ce genre était impensable puisque les personnes ayant accès aux urnes étaient assermentées. On voit désormais la naïveté d'une telle posture - une naïveté typiquement suisse, ajouterais-je. L'idée que les gens soient d'une honnêteté sans faille et résistent à toute volonté de manipulation des votes simplement parce qu'ils l'ont promis.

On roule des yeux devant une conception aussi candide de la nature humaine.

Un tel monde serait assurément agréable à vivre, je n'en doute pas, mais il n'existe pas. Les gens mentent, même quand ils ont prêté serment. Ceux qui acquièrent des positions de pouvoir en abusent. Les humains cèdent à la tentation. La respectabilité durement acquise sert ensuite, parfois, aux comportements les plus vils.

Triste tableau, je le concède, et heureusement atténué par quelques exceptions. Mais un homme averti en vaut deux: on peut se prémunir contre la plupart des manipulations. Mettre des mécanismes de pesée électronique dans les urnes pour déceler toute altération du contenu. Installer des caméras dans les locaux et vérifier les accès. Obliger les opérations à être effectuées sous surveillance, avec "quatre yeux".

L'enquête n'en est qu'à ses débuts et j'espère bien que des gens finiront par se mettre à table, car je doute que ce ne soit, comme on tente de nous le présenter, que le fait d'un "loup solitaire" aux motivations troubles. Plusieurs témoignages cités plus haut font mention de complicités dans une organisation pensée pour altérer les résultats des votes. Rappelons-nous le commerce des enveloppes, à Genève aussi.

La confiance dans la démocratie est quelque peu érodée au bout du lac. Mais croire qu'il n'y avait dans toute la Suisse qu'un seul et unique manipulateur au Service des Votations de tous les Cantons et Communes du pays et qu'il vient d'être mis hors d'état de nuire, n'est-ce pas aussi un peu naïf?

05 février 2019

Les sujets du 10 février

Le temps passe, et nous sommes déjà dans la dernière ligne droite d'une votation hivernale qui verra rejetée l'initiative des Jeunes Verts "Stopper le mitage".

"Stop-Mitage" un peu mité

C'est le seul objet au vote à l'échelle fédérale ; il attire donc à lui toute l'attention médiatique. Cela ne suffira pas à envoyer les citoyens en masse aux urnes. Les derniers sondages donnent l'initiative assez sèchement rejetée d'après la SSR, les citoyens de droite étant finalement "plutôt contre". La proposition des Jeunes Verts n'est soutenue franchement que par les mouvements les plus à gauche.

Il est intéressant de constater que les sympathisants de l'UDC sont les électeurs de droite les moins défavorables à l'initiative avec 30% de soutien (contre seulement 20% chez les Verts libéraux par exemple), contredisant l'étiquette tenace de Neinsager qu'on leur colle systématiquement. La préservation des espaces agricoles fait toujours mouche auprès d'une partie de cet électorat, même si l'initiative trouve son origine chez des bobos urbains qui dissertent sur la vie d'agriculteur bien plus qu'ils ne la pratiquent.

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Tout de suite les grands mots...

Mais ce n'est pas tout de rejeter un mauvais texte ; encore faut-il le refuser pour les bonnes raisons. C'est là que le bât blesse.

La campagne des adversaires repose sur une charge de mots-clés à connotation négative, allant qualifier l'initiative d'extrême jusque dans le nom de leur site web. On voit le métier des campagnes anti-UDC où l'important est plus de stigmatiser l'adversaire que d'apporter des arguments. Parce que niveau arguments c'est un peu le calme plat ; tout au plus reproche-t-on à l'initiative des Verts de ne pas respecter le fédéralisme (ok...) et surtout, d'être inutile parce que les effets de la dernière révision de la Loi sur l'Aménagement du Territoire (la "LAT 1") ne sont pas encore connus.

Si on suit le raisonnement, l'initiative est superflue parce qu'une loi fédérale a déjà les mêmes effets "extrêmes" et donc tout va bien?

Comme d'habitude, le débat politique en Suisse est un miroir aux alouettes, et l'opposition massive des partis du centre-gauche à l'initiative est liée à des raisons qui n'ont rien à voir avec les surfaces agricoles. Il s'agit de préserver la construction de logements et à travers elle l'accueil des populations étrangères introduites par la sacro-sainte libre-circulation - la croissance à tout prix par l'importation d'habitants allogènes.

Après, il ne s'agit pratiquement plus que d'un choix esthétique: choisirons-nous de nous entasser dans des alvéoles de béton avec vue sur des champs de patate, ou un étalement urbain laid et continu? Quelle stratégie pour le SimCity du zonage?

Les disputes sur la préservation des surfaces agricoles helvétiques n'auraient pas de sens si celles-ci n'étaient pas menacées. Elles le sont par la croissance démesurée du nombre d'habitants dans le pays, et sur cet aspect des choses, le peuple s'est déjà exprimé. En 2014, il a choisi de refuser l'immigration de masse. Mais cela dérangeait trop d'intérêts particuliers pour être fait ; alors, on laisse rugir l'incendie en discutant des différentes façons de se répartir la fumée: les clapiers vertigineux pour les Jeunes Verts et les Socialistes, les banlieues moches pour le trio PBD-PDC-PLR. Merveilleux choix.

Genève a mal aux dents

Un premier objet intéressant vient à Genève: une assurance dentaire obligatoire. Alors que les primes d'assurance-maladie sont la deuxième raison qui font basculer les Suisses dans la spirale de l'endettement - merci la gauche ! - les Genevois, toujours à la pointe, se proposent d'en rajouter une couche avec une assurance-dentaire obligatoire.

Mutualisation des soins, mieux-vaut-prévenir-que-guérir, quelques cafés par mois, ne vous inquiétez pas c'est les patrons et les méchantes caisses maladies qui payent, tout le baratin habituel nous est sorti par les protagonistes pour justifier que la population mette un nouveau doigt dans l'engrenage fatal. Les Vaudois ne seront pas surpris, eux qui ont eu droit aux mêmes salades avant de refuser la proposition à 57% il y a quelques années.

Mais voilà, Vaud n'est pas Genève, et le progressiste Canton du bout du Lac pourrait bien choisir une voie... intéressante, dirons-nous, le soir du 10 février. Le vote est d'autant plus ouvert que le capital-sympathie du PLR est en chute libre avec l'affaire Maudet, diminuant d'autant l'impact de son message. Je ne souhaite évidemment pas que les Genevois se retrouvent avec une nouvelle taxe dans les dents (pour reprendre un excellent slogan de campagne anti-assurance dentaire) mais si le Canton du bout du lac franchit le pas, il aura définitivement valeur d'exemple pour ce qui se passera ensuite.

Genève tente la laïcité

Ce dimanche, Genève va également tenter de se doter d'une loi sur la "laïcité", ce mot creux qu'on emploie désormais pour tenter de limiter la propension du prosélytisme musulman à envahir l'espace public. Le résultat est un compromis très genevois tentant de coucher sur le papier quelques règles élémentaires de vivre-ensemble, comme de proscrire les signes religieux pour les employés de l'Administration. Mais uniquement ceux qui sont en contact avec le public, attention. Le prosélytisme doit pouvoir se poursuivre à l'interne, pourvu qu'il soit à l'abri des regards.

Ce "compromis", porté à titre politiquement posthume par le très souple Pierre Maudet, est combattu par la gauche officielle, la perspective alléchante de s'attirer le vote musulman intégriste l'emportant sur le risque de victimes collatérales (homosexuels, juifs et autres minorités stratégiquement secondaires).

On contemplera par exemple une des affiches des opposants à cette loi:

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Où est Charlie (-Hebdo)? Cliquez pour agrandir et compter les voiles...

Comme d'habitude, les gauchistes tombent dans le piège habituel des islamistes pour lesquels seules les femmes portant le voile sauraient être de bonnes musulmanes. Pour les Camarades, il fait bon défendre le patriarcat de temps à autres. D'ailleurs, M. Ramadan est contre cette loi et s'en épanche... dans les colonnes du Temps, vous l'aviez deviné. Non, pas Tariq le violeur en série ; son doux frère (-musulman) Hani, celui qui aimait et aime toujours la lapidation des femmes adultères.

Avec des parrains comme ça, qui peut hésiter, je vous le demande?!

Ce dimanche, une fois acté le rejet de l'initiative stop-mitage, il sera temps de s'attarder sur les résultats des votations de Genève.

Mise à jour (10 février): les votations ont donc eu lieu. L'initiative stop-mitage a été rejetée comme prévu. On notera que les Cantons ruraux l'ont sèchement repoussée tandis que le Oui a été le plus fort dans les Cantons les plus urbains, comme Genève - témoignant que l'idée de la campagne a plus séduit que la connaissance de la campagne par ceux qui la vivent au quotidien.

Parlant de Genève, le Canton du bout du lac aura rejeté l'initiative dentaire et accepté la loi sur la laïcité. Ces mesdames voilée vont devoir ranger leur accessoire au placard lorsqu'elles travaillent dans l'administration ou siègent en tant qu'élues. On attend de voir si elles tenteront de braver l'interdit, et quelle sera alors la réaction des autorités.

16 janvier 2019

Face à l'Affaire Maudet, le PLR genevois choisit le suicide

La grande explication a finalement eu lieu mardi soir. Au grand auditoire d'Uni Dufour, plus de 700 membres du PLR genevois se réunirent pour discuter de l'affaire Maudet. La couverture live de l'événement fut assurée par plusieurs médias, dont 20 Minutes.

Presse, radios, télévisions et sites web firent leurs choux gras de ce grand déballage quasi public, chacun choisissant ses répliques préférées et alimentant de nombreux articles ce mercredi.

Je me suis déjà exprimé sur l'affaire Maudet en septembre dernier. Depuis, celle-ci n'a cessé de prendre de l'ampleur, si bien que l'on pourrait parler de la tentaculaire affaire Maudet. Soupçons d'octroi d'avantage, de passe-droit, de fraude fiscale, mais le politicien n'a toujours pas été condamné. La justice est plus lente que les tempêtes médiatiques que ses enquêtes suscitent. Dans les arcanes du droit, il n'est même pas certain qu'il soit reconnu coupable de quoi que ce soit.

Pourtant, les appels à la présomption d'innocence sonnent creux. Le terme ne fut d'ailleurs rapporté qu'une seule fois pendant les plus de trois heures de débat d'hier soir, lors d'une présentation par Christian Lüscher du contexte de cette assemblée générale extraordinaire. C'est fort logique: la présomption d'innocence concerne avant tout la justice, pas la politique. L'opinion publique fait ses choix et rend des jugements différents. Le non-respect de la parole donnée, les manipulations et les mensonges ne sont peut-être pas pénalement répréhensibles, mais pour une population qui avait confiance dans ses élus c'est une sentence sans appel.

genève,pierre maudet,corruption,plrLes belles déclarations sur les principes de bénéfice du doute et de présomption d'innocence ne pèsent pas lourd dans le secret de l'isoloir.

Pierre Maudet est politiquement fichu, même s'il est blanchi par la justice. Qu'il soit coupable ou non importe moins qu'il a menti, effrontément et à d'innombrables reprises. Il a menti aux médias, à ses confrères de l'administration publique, à ses collègues de parti, au fisc, au peuple genevois. S'il a au moins la moitié de l'intelligence qu'on lui prête, il sait parfaitement quelle est sa situation. La stratégie du politicien semble plus n'être que de payer de belles paroles et, à la tête d'un dicastère fantôme, de tenir jusqu'à toucher une rente à vie. Je ne croirai le contraire que lorsqu'il se sera engagé par écrit à y renoncer.

Il poursuit cette stratégie coûte que coûte, dusse-t-elle détruire tout ce qui reste du PLR genevois.

La seule question qui restait pour le PLR aurait donc dû être le choix de la meilleure stratégie pour se débarrasser d'un Pierre Maudet devenu boulet, étant donné qu'il paraît impensable qu'il poursuive une carrière politique à l'issue de son mandat. Et poser une telle question, c'est y répondre.

À la place, le PLR choisit la voie d'un cafouillage monumental, qui confine au suicide politique.

Le pire est sorti de cette assemblée. Le pire.

Sur les 709 délégués votant, 341 ont soutenu le Conseiller d'Etat, 312 l'ont désavoué et 56 ont choisi de s'abstenir. Pierre Maudet a donc "sauvé sa peau" en emportant une majorité relative de 48%, même pas la majorité absolue. Les guillemets sont de rigueur parce que le politicien laissa comme d'habitude planer l'ambiguïté sur ce qu'il ferait si le PLR ne lui avait pas renouvelé sa confiance, déclarant qu'il "tiendrait compte" du vote, "prendrait la mesure du message" et "en tirerait les conclusions..." Des phrases qui ne veulent rien dire, toujours...

Ce soir-là, quelques Genevois firent preuve d'honneur, à commencer par Alexandre de Senarclens, président du PLR genevois, qui invitait à refuser la confiance à Maudet. Il avait annoncé en termes limpides qu'il quitterait son poste s'il était désavoué par les délégués - un joli contraste avec la langue de bois permanente de Pierre Maudet. La direction du parti vient donc de donner sa démission, et on peut être sûr que ceux qui les remplaceront seront des partisans de celui par qui le scandale arrive, ce qui contribuera certainement à rendre le PLR encore plus sympathique aux yeux de la population genevoise. Quasiment la moitié des délégués PLR ne veulent plus de Maudet, imagine-t-on ce que cela signifie au niveau des sympathisants, des électeurs?

Le PLR Genevois se retrouve en porte-à-faux vis-à-vis du PLR suisse, dont la Présidente Petra Gössi rappela peu après le vote plusieurs évidences, à savoir que Maudet "avait bafoué les valeurs du parti" et "nui au PLR genevois". Heureusement pour ce dernier, l'exclusion de la section cantonale du parti national ne semble pas à l'ordre du jour. Pourtant, le PLR suisse est immanquablement maculé par le dégât d'image. Pierre Maudet avait été le candidats-alibi romand lors de la succession de Didier Burkhalter ; à cette occasion, il se fit largement connaître en Suisse alémanique, une notoriété bien embarrassante aujourd'hui.

Ce mardi, le PLR genevois ne s'est pas simplement tiré une balle dans le pied, il vient de se jeter dans le lac avec une pierre au cou. D'une courte majorité, il choisit de rester solidaire d'un politicien que les Genevois méprisent désormais au plus haut point (il suffit de lire les commentaires des lecteurs lorsqu'ils ne sont pas désactivés) et subiront donc probablement une cuisante descente aux enfers politique. La droite genevoise peut dire adieu à sa majorité au Conseil d'État aux prochaines élections, et à un bon score lors des fédérales de la fin de l'année.

Je ne jette pas la pierre aux délégués PLR qui mirent le mauvais bulletin dans l'urne à l'Uni Dufour le 15 janvier, saisis par l'émotion du moment et la persistance irrationnelle d'une confiance dans un politicien félon dans lequel ils avaient tant crus. J'ai été dans de tels assemblées, l'ambiance s'échauffe, les répliques fusent, les sacs se vident et collectivement, la foule prend de mauvaises décisions. Ce ne sont que des êtres humains après tout.

Mais il est aussi important qu'ils apprennent de leurs erreurs, et comptons sur les Genevois pour le leur faire comprendre.

27 novembre 2018

Rento du Conseil d'État: toujours gagnant!

Pour se remettre des émotions de ce weekend (je fais évidemment référence à l'échec de l'initiative sur les vaches à cornes) rien de tel qu'un petit tour par Genève où, grâce à l'affaire Maudet, on apprend chaque jour quelque chose.

Le scandale arrive cette fois-ci par un article sans prétention du 20 Minutes du 23 novembre, qui rappelle factuellement les opportunités d'indemnités - vous avez bien lu - dont dispose le futur-ex-Conseiller d'État genevois.

Alors que les appels à Pierre Maudet pour qu'il quitte ses fonctions se multiplient depuis sa mise en prévention pour acceptation d'un avantage, à la suite de son voyage controversé à Abu Dhabi, le timing d'une éventuelle démission ne serait pas sans conséquence financière pour le magistrat PLR. Si ce dernier quitte son poste avant le 29 juin prochain, il touchera une indemnité unique de 437'802 francs. S'il s'en allait après le 29 juin, il aurait alors droit à une retraite annuelle de 89'161 francs, soit 7430 francs par mois, a indiqué ce vendredi la RTS. Des chiffres confirmés par le Département genevois des finances.

Le fait que Pierre Maudet ait été conseiller administratif de la Ville de Genève entre 2007 et 2012 jouera également dans le décompte final. En effet, la loi concernant le traitement et la retraite des conseillers d’Etat et du chancelier d’Etat précise à l'article 6, alinéa 6, que «lorsque le bénéficiaire reçoit également une pension d’une corporation de droit public autre que l’Etat de Genève (ndlr: la Ville, donc) et que le montant cumulé des pensions dépasse 75% du traitement le plus élevé, la pension allouée en application du présent article est diminuée de l’excédent».


M. Maudet aura donc le difficile choix entre la rente à vie ou le pactole immédiat, comme au Rento de la Loterie Romande, pour peu qu'il tienne jusqu'au 29 juin 2019. Mais quoi qu'il advienne, l'élu PLR sait déjà qu'il dispose d'un ticket gagnant.

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Tenir jusqu'en juin 2019....

Grillé en politique, il pourra, après avoir écrit ses mémoires, passer quelques décennies aux frais des contribuables à voyager confortablement (jusqu'à Abu Dhabi si cela lui chante) et à se dorer la pilule à la plage.

L'acharnement de l'élu à rester à son poste se comprend mieux en regard de ces petits détails financiers.

"Je ne connaissais pas à Pierre Maudet un tel côté grippe-sou", tombe des nues un membre du PLR genevois dans la Julie. L'intéressé nie, évidemment. "Je n’ai jamais pensé à calculer le jour où j'aurai droit à une pension de retraite", clame-t-il. Le problème est que sa parole devient de plus en plus difficile à croire: au scandale de ses voyages, de possible trafic d'influence à l'aéroport, de son passe-droit dans l'attribution d'une licence pour un bar (lui-même lié au financement d'une campagne électorale), des liens à creuser avec des affaires immobilières, et récemment, d'une association fantoche qui réglait à la place de l'élu sa cotisation annuelle au PLR s'ajoute cette polémique autour d'un pactole de départ. Mais quand, là, il dit que l'argent ne l'intéresse pas, vous pouvez le croire sur parole, promis!

On se demande à quelles profondeur M. Maudet, dans sa chute vertigineuse, réussira à entraîner le PLR genevois.

Pour l’UDC locale, Pierre Maudet ne devrait pas avoir droit à cette pension puisqu’il partirait à cause d’une affaire judiciaire. Seulement voilà, la législation ne dit pas cela. Elle ne dit rien du tout. Témoignage désuet d'une époque où la politique attirait les individus les plus honorables, la loi ne prévoit aucun cas particulier dans le cas d'un élu débarqué suite à une condamnation.

Si le parti des Démocrates du Centre ou un autre cherche à se faire une santé pour une prochaine initiative, un boulevard s'ouvre devant lui: demander à ce que nul élu ne puisse disposer d'une rente à vie ou autre indemnité de départ à l'issue de son mandat. Il n'y a même pas besoin de condamnation pour le justifier! Ces primes sont choquantes pour tout individu normalement constitué, et inadmissibles depuis l'initiative Minder dans le privé. Même la gauche avait soutenu cette initiative! Pourquoi ne pas appliquer une version équivalente dans le public?

On verra les arguments que sortiront les adversaires d'un tel texte. Quant à détourner les gens de la carrière politique dans un exécutif, comme je dis toujours, il sera temps d'y penser lorsque l'on manquera de candidats.

Croyez-vous vraiment que des gens qui refuseraient de se lancer dans l'aventure parce qu'il n'y aurait pas de rente à vie à la clef sont les meilleurs que l'on puisse élire?

Mise à jour (1er décembre): La Tribune de Genève nous informe que M. Maudet aurait bien déduit de ses revenus les cotisations au PLR, payées à sa place par une association fantoche. Il serait donc potentiellement coupable (pour l'instant) de soustraction fiscale, et peut-être d'usage de faux. En attendant la prochaine révélation, l'administration va donc se pencher sur dix années de déclarations fiscales du magistrat genevois, qui a procédé ainsi depuis bien longtemps semble-t-il.

16 octobre 2018

Les maçons sur le pont

Une difficile épreuve attendait aujourd'hui les gens se déplaçant sur Genève: le pont du Mont-Blanc fut bloqué une bonne partie de la matinée par une manifestation des "ouvriers du gros-œuvre" - les maçons en langage commun - bloquant toute circulation motorisée sur cet axe essentiel.

Les voitures étaient canalisées bien avant leur entrée dans le centre-ville, provoquant d'énormes bouchons en périphérie, mais même les transports en commun furent bloqués par le cortège, délibérément. Il fallait être là pour assister aux cris victorieux des grévistes lorsqu'un malheureux bus, plein à craquer, dut faire marche arrière et renoncer, sous les vivats des manifestants.

Ceux-ci n'étaient d'ailleurs pas très nombreux et, loin d'occuper l'ensemble de la chaussée, s'étaient juste placés en un point pour faire blocage. Même les cyclistes ne passèrent qu'au compte-goutte. La police n'aurait eu aucun mal à les déloger du pont si la volonté politique avait existé.

20181016_081612.jpgPhoto prise à l'entrée du pont, rive droite, au "plus fort" de la manifestation...

Les médias reprirent des chiffres divers allant d'un peu plus de mille à trois mille selon l'enthousiasme militant du pigiste de service ; je serais pour ma part étonné qu'ils aient été plus de mille.

Le cortège s'était rassemblé à 6h30 à la place des 22-Cantons, vers la gare, et devait simplement se mettre en marche en direction du pont du Mont-Blanc avant de passer par Plainpalais, mais l'objectif réel et prémédité de la manifestation était de couper la ville en deux, comme en témoignent les t-shirts arborés par les grévistes.

20181016_081802.jpgLe cœur du cortège: quelques centaines de manifestants regroupés sur toutes les voies pour empêcher la circulation.

Les médias étaient nombreux à monter des caméras pour relater cette actualité ; leurs compte-rendus diffèrent sensiblement du mien, mais cette fois-ci, j'étais sur place. Mon récit est nécessaire pour contrer la propagande amie qui gonflera les effectifs, justifiera le blocage du pont par le "succès" de la manifestation, et enrobera le tout de quelques micro-trottoirs soigneusement sélectionnés pour soutenir les revendications syndicales.

On peut, et on doit, critiquer l'attitude irresponsable de manifestants qui bloquent une ville pour leurs objectifs corporatistes. Ce sont des méthodes de voyous. Que deviendraient les villes de n'importe quel pays si chaque corps de métier décidait de les paralyser à chaque fois qu'il souhaitait appuyer des revendications? Le droit de grève est celui de protester contre ses conditions de travail, pas celui d'empoisonner la vie des dizaines de milliers d'innocents qui ne souhaitent rien d'autre que d'aller paisiblement au leur ou d'emmener leurs enfants à la crèche.

Que veulent les maçons? Dans les discours, les intervenants insistent sur les "menaces, les pressions et les violentes attaques du patronat" contre les travailleurs du gros œuvre (retraites, travail temporaire ou encore précarisation rampante des employés du bâtiment), explique 20 Minutes.

Radiolac détaille:

La future convention collective de travail du secteur souhaite augmenter le temps de travail flexible : passer de 100 heures à 300 heures par an. Le but : pouvoir travailler davantage à la belle saison et rester chez soi l’hiver. Les travailleurs n’en veulent pas. (...)

Autre pierre d’achoppement, comme le dit ce chef de chantier, le refus d’indexer les salaires dans la construction, depuis quatre ans. Et un salaire maximal qui s’élève à 6’300 francs mais seulement pour un maçon qualifié et en fin de carrière. Genève compterait aussi davantage de travailleurs temporaires que dans les autres cantons, jusqu’à 50% des effectifs sur certains chantiers, d’après les syndicats.


Disons-le tout de suite, les maçons n'auront pas gain de cause. Leur salaire est déjà un des plus élevés de la branche à responsabilité égale (il faut être chef d'équipe ou contremaître pour espérer mieux). En outre, un salaire mensuel de près de 6'000 francs suisses est un pactole qui fera rêver la plupart des maçons du reste du continent européen - et même les cadres!

Résultat? Après avoir pris la place des maçons helvétiques, les maçons étrangers qui militent aujourd'hui s'apprêtent à se faire remplacer par de nouveaux étrangers moins regardants. Ceux-là n'hésiteront pas une seconde à faire dans la sous-enchère salariale simplement pour avoir du travail. Ils le feront d'autant plus facilement qu'aucune convention collective n'est signée ; en affichant des revendications irréalistes, les dirigeants syndicaux jouent donc à un jeu très dangereux. Elles ne correspondent tout simplement pas à la réalité du marché du travail dans un milieu de libre-circulation, qui est aussi celui de la libre concurrence et de la libre sous-enchère salariale.

Les maçons connaissent-ils Bossuet?

Les syndicats ont milité pour l'ouverture des frontières ; aujourd'hui, les branches professionnelles dont ils "s'occupent" en meurent, à petit feu. Les conventions peuvent même être signées, elles ne se traduiront en rien dans la réalité, les salariés étant licenciés ou précarisés bien avant d'atteindre l'âge de la retraite établi par celles-ci. Le processus ne s'arrêtera que lorsque les salaires réels seront retombés à la moyenne qui se pratique sur le reste du continent.

Nul journaliste n'aura relevé l'ironie d'une action syndicale visant comme "solution" d'empêcher la libre circulation des personnes - littéralement - sur le pont du Mont-Blanc.

La grève pourrait être reconduite.