26 février 2019

États-Unis: le marécage exposé

Face à l'opiniâtreté de nombreux enquêteurs privés (grâces en soit rendue à Tom Fitton et son équipe de Judicial Watch et leur utilisation résolue du Freedom of Information Act) des pans entiers des manipulations et des magouilles orchestrées ces dernières années par des politiciens de premier plan remontent peu à peu à la surface.

Les créatures de vase qui s'épanouissent arrosées par l'argent public ruisselant dans Washington D.C. ne sont pas des plantes comme les autres: elles ne supportent pas la lumière. Et lorsque celle-ci survient dans les profondeurs les plus troubles des marais, c'est la panique générale, la lutte pour la survie, le règne du chacun pour soi.

Nous devinons que les choses deviennent intéressantes quand les individus concernés s'accusent les uns les autres d'être des menteurs et que même le Président Trump commence à parler de trahison.

Mais commençons par le commencement.

Dramatis Personae

Il serait trop long de dévoiler l'entier du CV de toutes les personnes concernées, mais voici la liste de quelques-uns des acteurs principaux du drame et la façon dont leur nom ont été portés à la connaissance du grand public.

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De gauche à droite et de haut en bas: Rod Rosenstein, Robert Mueller, Hillary Clinton, James Comey et Lois Lerner.

Rod Rosenstein. Procureur Général Adjoint et numéro 2 du Ministère de la Justice derrière le Procureur Général Jeff Sessions, il était notoirement en tension avec Donald Trump au sujet du limogeage du Directeur du FBI James Comey. Il fut l'homme qui proposa Robert Mueller comme procureur spécial sur "l'enquête russe" avant d'être débarqué de la gestion de celle-ci après le remplacement du Procureur Général.

Robert Mueller. Nommé par Rod Rosenstein, le procureur spécial est chargé de superviser l’enquête sur les possibles liens entre le gouvernement de la Russie et des individus liés à la campagne présidentielle de Donald Trump ("l'enquête russe"). Il fut Directeur du FBI pendant douze ans, jusqu'en 2013.

Hillary Clinton. Politicienne qu'on ne présente plus, Hillary Clinton, outre sa candidature malheureuse à la présidentielle américaine de 2016, a été Secrétaire d'État (Ministre des affaires étrangères) pendant quatre ans sous Barack Obama et bien sûr femme du Président Bill Clinton. Elle a été entachée par différents scandales comme l'affaire Benghazi ou l'affaire des emails qui ont terni sa réputation publique mais sans jamais mener à une condamnation, ni même à un procès. Les Clinton tirent une gigantesque fortune de l'organisation "caritative" Clinton Foundation.

James Comey. Directeur du FBI après Robert Mueller (qu'il connait personnellement et apprécie), James Comey se fait remarquer par une valse-hésitation étonnante quelques semaines avant l'élection présidentielle de 2016. Il annonce que l'enquête sur le serveur d'email privé d'Hillary Clinton doit être rouverte, puis quelques jours plus tard que celle-ci est terminée sans conséquence, faute d'éléments suffisamment graves pour étendre les poursuites. James Comey sera limogé en mai 2017 à la suite de nombreux démêlés avec Donald Trump.

Lois Lerner. Peu connue du grand public, elle se fit remarquer lors de son passage à l'Internal Revenue Service (IRS) en 2005 par sa propension à lancer une vague de contrôles fiscaux discrétionnaires contre les organisations conservatrices. Elle rejeta ces allégations de partialité et fut pardonnée de tout agissement non conforme par l'Administration Obama en 2015... Suivant une enquête validée par un certain James Comey.

Comme dans les bonnes séries américaines, un dévoilement de l'intrigue implique de faire quelques retours sélectifs dans le passé, des flashbacks comme on dit dans le jargon. Quelques Internautes chevronnés se chargèrent de cette reconstruction, reposant sur d'innombrables documents officiels.

Voici donc comment les pièces du puzzle pourraient bien s'assembler.

Flashback: 2001.

Nous sommes en 2001. Une enquête est en cours sur la Clinton Foundation. Les choses se présentent mal: les gouvernements du monde entier ont fait des dons "de charité" à la Fondation mais pourtant, entre 2001 et 2003, aucun de ces dons n'a été déclaré. Un Grand Jury a été convoqué.

Mais quelqu'un reprend l'enquête en 2005 - un certain James Comey. Et au même moment une certaine Lois Lerner rejoint l'IRS, spécifiquement dans la branche traitant de l'exonération fiscale des dons. Coïncidence, certainement. Tout comme le fait que la division des impôts, au sein du Département de la Justice, soit dirigée de 2001 à 2005 par un certain Rod Rosenstein.

Au même moment, Robert Mueller est Directeur du FBI.

Ces personnes avaient toutes en commun d'être enquêteurs de premier plan ou informés des moindres détails de l'enquête sur la Fondation Clinton. L'enquête ne débouche sur rien.

Flashback: 2009.

Nouveau Flashback. Nous sommes en 2009.

James Comey quitte le Ministère de la Justice pour aller toucher des chèques chez Lockheed Martin. À la tête du Département d'État, Hillary Clinton dirige les affaires étrangères du gouvernement, sur son propre serveur de messagerie électronique.

Le "problème" d'Uranium One est porté à l'attention de la Secrétaire d'État Hillary. Pense-t-elle que la vente de 20% des réserves d'uranium américain à des Russes correspond aux meilleurs intérêts des États-Unis? Comme tout bon fonctionnaire censé défendre les intérêts des États-Unis, elle réfléchit un moment... puis décide de soutenir la décision.

L'Amérique ne retire aucun avantage particulier de ce deal. En revanche, peu de temps avant son approbation officielle, Bill Clinton se rend à Moscou où il reçoit un demi-million de dollars pour un discours d'une heure. Il y rencontre ensuite Vladimir Poutine, à son domicile, pendant quelques heures.

Le FBI avait une taupe dans toute cette opération. Mais le Ministère de la Justice lui intime le silence via une ordonnance assortie de menaces de prison en cas de fuite. L'affaire était traitée en délégation par le Bureau du Procureur américain dans le Maryland, par un certain... Rod Rosenstein.

Robert Mueller était encore le directeur du FBI pendant cette période. Il a même livré en personne un échantillon d'uranium à Moscou en 2009!

Peu après la vente, des entités directement liées à l'accord Uranium One versent pour 145 millions de dollars de dons à la Clinton Foundation.

Rappelons qu'à cette époque encore Lois Lerner travaille encore à l'Internal Revenue Service, Division des œuvres de bienfaisance, pour vérifier la conformité des dons avec la loi. Tout va bien, circulez.

Flashback: 2015.

En raison d’une série d’événements tragiques à Benghazi en 2012 et après les 9 enquêtes menées par la Chambre, le Sénat et le Département d’État, Trey Gowdy, qui dirige une dixième enquête en tant que Président du comité restreint sur Benghazi, découvre que Hillary dirigeait les affaires du Département d'État à travers un serveur de messagerie personnel non déclaré, non autorisé et hors la loi. Il découvre également qu'aucun de ces courriels n'a été remis au Gouvernement lors de son départ de sa fonction de Secrétaire d'État, ce qui était pourtant une obligation légale. Il découvre également que son courrier électronique personnellement archivé contenait des informations classifiées Top Secret.

Épargnons-nous tous les scandales qui entourent ce dossier et la façon dont "l'enquête" le concernant a été menée. Résumons en disant que tout ce qu'il était humainement possible d'entreprendre pour sauver Hillary a été entrepris.

Devinez qui est devenu Directeur du FBI en 2013? Nul autre que James Comey - à l'issue d'un passage fructueux chez Lockheed Martin. Jugez plutôt: pendant qu'il travaillait là-bas, le constructeur obtint 17 contrats avec le Département d'État (dirigé par Hillary) sans passer par une procédure d'appel d'offres. À titre de remerciement pour la qualité de son travail, M. Comey fut récompensé par une jolie prime de départ de six millions de dollars.

Maintenant Directeur du FBI, il est naturellement en charge de l'enquête sur le serveur mail de Clinton. De la même façon qu'il ne trouva rien à redire aux agissements de Lois Lerner à l'IRS, il ne trouve rien à redire à la gestion du serveur mail de Clinton. En avril 2016, il rédige une lettre d’exonération d’Hillary Rodham Clinton tandis que le Ministère de la Justice distribue les deals d'immunité comme des bonbons. Personne ne prend même la peine de convoquer un Grand Jury.

Le 8 juillet 2016, James Comey passe devant les caméras lors d'une conférence de presse où il exonère publiquement Hillary de tout acte répréhensible. On se demande pourquoi.

Retour au présent.

Mais les choses ne s'arrêtent pas là. Rod Rosenstein est promu Procureur Général Adjoint, et James Comey est renvoyé sur la base d'une lettre défavorable rédigée par ce dernier. James Comey divulgue des informations confidentielles à la presse. Robert Mueller est affecté à la traque de prétendue "ingérence russe" dans l'élection présidentielle de 2016 dans le but de faire tomber Trump. La campagne du candidat Trump a été infiltrée par des agents et espionnée par le FBI sur la base de documents contrefaits dont l'origine a été cachée au juge chargé d'approuver l'espionnage. L'histoire se poursuit.

Détournement des procédures, instrumentalisation des services secrets dans un but politique, trafic d'influence, corruption, quel que soit le crime il y a de fortes chances qu'il ait été commis par un membre de ce petit groupe et de quelques autres.

Toujours les mêmes. Tous compromis et, désormais, en conflit. Tous œuvrent aujourd'hui à ne pas aller en prison eux-mêmes. Tous sont reliés d'une façon ou d'une autre aux Clinton.

Au moment où ces lignes sont rédigées, la Clinton Foundation, qui a brassé plus d'argent douteux que n'importe quelle autre ONG américaine dans l'histoire, n'a jamais été auditée par l'Internal Revenue Service. Les Clinton et leur fondation ont toujours échappé à toute inculpation de la part d'une agence fédérale américaine.

Le frère de James Comey travaille pour DLA Piper, le cabinet d'avocats chargé des impôts de la Clinton Foundation. Coïncidence encore...

La pièce manquante?

Il manque un individu dans le tableau. Une certaine Lisa Barsoomian. Examinons un peu ses antécédents. Lisa H. Barsoomian, avocate diplômée de l'université de Droit de Georgetown, est une protégée de James Comey et de Robert Mueller. Mme Barsoomian et son patron R. Craig Lawrence représentaient Bill Clinton en 1998.

Maître Lawrence a également représenté:

  • Robert Mueller trois fois ;
  • James Comey cinq fois ;
  • Kathleen Sebelius 56 fois ;
  • Bill Clinton 40 fois ;
  • Hillary Clinton 17 fois.

Entre 1998 et 2017, Mme Barsoomian elle-même a représenté le FBI au moins cinq fois.

Vous vous demandez peut-être si le travail accompli par cette femme a une quelconque importance là-dedans? C'est bien normal, et d'autres se la posent aussi. Ils s'en inquiètent même tellement que tous les documents liés à la représentation de Bill Clinton face à la Cour dans le cas Clinton contre Hamburg en 1998 et son appel en 1999 ont été purgés. Même Internet a été nettoyé de tout document lié à Mme Barsoomian.

Historiquement, cela pourrait indiquer que Mme Barsoomian travaille comme agent protégé de la CIA. En outre, Mme Barsoomian s'est spécialisée dans les rejets de requêtes du Freedom of Information Act au nom de la Communauté du Renseignement. Alors que la juriste a été impliquée dans des centaines de dossiers liés au Bureau du Procureur Général des États-Unis, l'adresse email de Mme Barsoomian est en @nih.gov - nih pour National Institute of Health. Ce genre de pratique est un autre classique de la CIA pour protéger la confidentialité de ses employés en les présentant sous l'étiquette d'une autre agence gouvernementale.

Quelle importance peut avoir tout ceci dans le grand ordre des choses, demanderez-vous? Eh bien, en tant que juriste de la Communauté du Renseignement, Mme Lisa Barsoomian a eu et a toujours un accès privilégié à d'innombrables documents sur tout ce qui a trait aux affaires en cours - des droits de douane contre la Chine en passant par les enquêtes sur les fuites de James Clapper, les fuites de James Comey, tous les détails de l'enquête liée au complot de la Maison Blanche d'Obama, du FBI et de la CIA visant à destituer Donald Trump sous couvert du 25e Amendement, et ainsi de suite.

Détail sans importance, Lisa Barsoomian est l'épouse de Rod Rosenstein.

En guise de conclusion

Il est facile de s'exonérer de tout lorsque les personnes chargées d'enquêter les unes sur les autres ont des liens croisés d'intérêt, allant jusqu'à contribuer à leurs promotions réciproques. Ainsi les journalistes mainstream peuvent répéter à l'envi que toutes les enquêtes nécessaires ont été menées et conclure que les accusés sont blancs comme neige. Ils défaussent tout avis contraire comme la marque évidente d'une corruption idéologique d'extrême-droite.

Bien sûr, tous les liens exposés plus haut seront immédiatement écartés en tant que "théorie du complot", bien qu'il s'agisse de faits établis et documentés à travers le Freedom of Information Act.

Tout est tellement plus simple ainsi.

02 novembre 2017

Trump: "complot russe" et coup d'épée dans l'eau

En début de semaine, l'Enquêteur Spécial Mueller livra ses premières inculpations suite à ses investigations autour du fameux "complot russe" - ciblant, comme le répétèrent à l'envi tous les journalistes du monde, "des membres de l'entourage de Donald Trump". Les médias anti-Trump (pardon pour le pléonasme), les mouvements de gauche et les élites bien-pensantes du monde purent sabler le champagne, la Bête allait tomber à son tour, tout n'était plus qu'une question d'heures.

En Europe, les quotidiens rivalisèrent d'inventivité pour trouver des titres matérialisant leurs fantasmes. Sur Dreuz, Jean-Patrick Grumberg réussit à surmonter sa nausée et en énuméra quelques-uns:

Pour Ladepeche.fr, «L’ex-directeur de campagne de Trump [est] inculpé de complot contre les Etats-Unis». La Tribune de Genève, prenant ses désirs pour des réalités, écrit que «L’étau russe se resserre autour de Trump», et Le Monde, jamais le dernier dans la course à la désinformation, affirme que «Trois conseillers de Donald Trump [sont] visés par l’enquête “ russe ”»

RTL va encore plus loin dans le mensonge en affirmant que «plusieurs proches de Donald Trump [sont] poursuivis [dans le dossier] d’ingérences russes».


Mensonge, car les inculpations en question n'ont rien à voir avec une quelconque collusion entre le Président des États-Unis et une puissance étrangère. Une réalité que le principal intéressé rappela avec un tweet tout en subtilité:

usa,donald trump,mensonges

Donald Trump, pas content.

Comment peut-on en être arrivé à deux représentations aussi diamétralement opposées de la réalité? Tout dépend si vous considérez les faits comme à charge et à décharge, ce qui permet de se faire une idée, ou simplement à charge, à l'instar des chasseurs de sorcières des temps anciens.

Robert Mueller, enquêteur partial

usa,donald trump,mensongesPour donner une idée de la qualité de l'enquête se déroulant outre-Atlantique, il faut se rappeler que celle-ci est menée par l'Enquêteur Spécial Robert Mueller, un personnage particulier nommé en mai par le Département de la Justice. Il dispose de pouvoirs étendus pour enquêter sur "tout lien et/ou coordination entre le gouvernement russe et des individus associés à la campagne du Président Donald Trump, et tout élément qui émerge ou puisse émerger de cette enquête" - un ordre de mission aussi vaste que flexible.

Robert Mueller fut choisi parmi plusieurs personnalités parce que son profil semblait le mettre au-dessus de la mêlée, ce qui donnait aux Républicains l'espoir d'éviter les accusations de partialité et aux Démocrates celui de trouver la vérité. Ce n'est malheureusement qu'un mois plus tard que certains médias remontèrent des liens étroits entre M. Mueller et James Comey, le directeur du FBI limogé par Trump pour avoir tant accordé de crédit au faux dossier russe et s'être par ailleurs montré si complaisant avec l'enquête sur le serveur mail d'Hillary Clinton.

Comme le résuma l'animateur radio Mark Levin:

(...) John Legato est un ancien agent infiltré pour le compte du FBI, et il écrit de [James] Comey et [Robert] Mueller que leurs familles ont passé des vacances ensemble, ont eu des pique-niques ensemble, ils ont passé des heures au bureau ensemble, et pris ensemble des cocktails après le boulot. Donc Mueller ne peut pas être impartial ici. Pas lorsqu'il est si proche d'un témoin clé.

En résumé de tout ceci: il n'est pas indépendant.


Des élus protestèrent rapidement que la nomination de Mueller biaisait de fait tout espoir d'impartialité dans son enquête, qu'il était honteux qu'il ait accepté le poste au vu de ses liens personnels, et que l'intégrité réclame qu'il démissionne pour un autre enquêteur réellement neutre. Mais comme ces protestations ne venaient que des rangs républicains, elles n'eurent aucun écho dans les principaux médias.

Manœuvres juridico-politiques

Pour voir sur quoi repose le complot russe à ce stade, il suffit de reprendre l'infographie d'un journaliste de l'AFP reprenant les faits les plus terribles de cette enquête:

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(cliquez pour agrandir)

L'infographie est correctement intitulée - rencontres embarrassantes et justifications tardives. Un peu léger pour faire tomber un président au nom d'un "complot avec l'étranger". À noter également que, comme d'habitude, les faits présentés par le journaliste sont volontairement déformés pour leur donner une ampleur qu'ils n'ont pas. Jeff Sessions, par exemple, ne se cacha guère de ses deux rencontres avec Sergueï Kislyak - et les quelques 25 autres ambassadeurs qu'il rencontrait à travers son poste au Comité des Forces armées. Dans un premier temps, il avait simplement répondu par la négative lorsqu'on lui demanda s'il avait "conspiré avec les Russes".

Pour les autres accusés, Jean-Patrick Grumberg prit là encore la peine de lire les actes d'accusation délivrés par Robert Mueller:

Paul Manafort est inculpé, mais pour des faits qui remontent à 2012, soit 4 ans avant l’élection, et essentiellement pour évasion fiscale.

Rick Gates, un des associés de Paul Manafort, a également été inculpé par Mueller. Le New-York Times, pourtant archi-politisé et archi anti-Trump, indique que l’inculpation concerne le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et du lobbying pour les Russes entre 2006 et 2015 - 10 ans avant l’élection.


Reste George Papadopoulos, totalement inconnu jusqu’à lundi. L'homme a travaillé comme obscur conseiller aux Affaires étrangères – bénévole – pour la campagne Trump. Il semble qu'il ait gonflé son importance, prétendant connaître Vladimir Poutine lui-même, vraisemblablement pour alimenter son arrivisme. S'il est possible qu'il ait tenté de conspirer avec la Russie, il n'a même pas été inculpé pour cela. Parce que l'équipe Trump n'a pas mordu à l'hameçon!

George Papadopoulos plaidera pourtant coupable d'avoir menti au FBI... Pour s'être trompé sur la date où il a rencontré un professeur russe à Londres. "Grosse affaire!" commente Jean-Patrick Grumberg...

Paul Manafort est sans doute le plus gros poisson dans les filets, mais la pêche est maigre. Aucun individu n'a été arrêté pour des faits liés à la campagne présidentielle de Trump. Plus étonnant encore, Paul Manafort faisait l'objet d'une enquête du FBI depuis 2009 et, alors qu'il était sur écoute, l'Administration Obama le laissa sans autre rejoindre l'équipe de Donald Trump pour mener sa campagne électorale - une démarche qui soulève de graves interrogations sur qui était réellement espionné au bout du compte.

Paul Manafort a donc été inculpé et pas moins de douze chefs d'accusation ont été retenus contre lui - dont ceux de complot contre les États-Unis, blanchiment, fausses déclarations et non déclarations de comptes détenus à l'étranger. À l'aide de fuites soigneusement organisées dans la presse, M. Manafort a donc eu le privilège d'être arrêté chez lui, sous l’œil avide des caméras. Mais tant Paul Manafort que Rick Gates ont plaidé non coupable.

Après avoir épluché quasiment sans limite le passé et le contexte des centaines de personnes impliquées dans une des plus folles campagnes électorales de l'histoire, les prises sont dérisoires. Mais elles existent. On peut s'attendre à ce que Robert Mueller exerce une pression maximale sur les prisonniers, avant de faire miroiter la possibilité d'un pardon en échange de secrets croustillants contre Donald Trump. Nous verrons dans quelques temps la qualité des aveux extorqués de cette façon.

Pendant ce temps-là, du côté d'Hillary...

Un tour d'horizon des démêlés politico-judiciaires visant le Président Trump ne saurait être complet sans évoquer, en parallèle, les affaires qui remontent jour après jour sur sa concurrente malheureuse Hillary Clinton. Des affaires dont on attend en vain qu'elles soient décemment couvertes par les principaux médias, en particulier de ce côté de l'Atlantique.

  • Le Washington Post révéla récemment que Hillary Clinton, par le biais de la Fondation Clinton, et le Comité du parti démocrate avaient conjointement payé pour les recherches menant à la fabrication du dossier russe.

  • Un an après avoir invité Vladimir Poutine à un événement organisé par la Fondation Clinton, elle approuva la vente de 20% de la capacité de production américaine d'uranium à la Russie", note le Conservative Review.

  • "Peu après cela, des donneurs liés à la compagnie vendue aux Russes contribua à hauteur de 145 millions de dollars en donation à la Fondation Clinton."

  • Par ailleurs, on apprend que M. Comey, ex-directeur du FBI précédemment évoqué, rédigea la lettre exonérant Mme Clinton de toute poursuite dans l'affaire de son serveur mail privé, plusieurs mois avant l'interrogation de pas moins de 17 témoins-clé, et avant même que certains ne se voient offrir une immunité en échange de leur témoignage. À noter que cette nouvelle contredit des déclarations sous serment de M. Comey lui-même quant à la date de la décision de ne pas poursuivre Mme Clinton.

Mais bon, pas de quoi justifier un Enquêteur Spécial, ni même une simple enquête normale, apparemment. Ni quelques articles dans vos quotidiens préférés.

13 novembre 2016

La Suisse complice dans la corruption d'Hillary?

"La Direction du développement et de la coopération (DDC), soit l’organe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) en charge de la coopération internationale, a versé en 2011 près de 500'000 francs à la Fondation Clinton, l'organisation caritative de Hillary Clinton, du temps où elle était alors secrétaire d'Etat", rapporte la Tribune de Genève en relayant des informations du journal Schweiz am Sonntag paru ce dimanche.

Influence à louer

En qualifiant "d'organisation caritative" la fondation de la politicienne démocrate, la Tribune de Genève aligne quelques mots-clés pour préserver de la tempête qui se prépare l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, responsable dans ce dossier. Mais la Fondation Clinton n'a rien d'une organisation caritative. Et c'est parce qu'elle l'est si peu tout en prétendant l'être qu'elle est aujourd'hui sous enquête du FBI. Différents scandales touchent la fondation, liés essentiellement à des versements pour des postes et des interventions politiques, à des détournements de fonds au profit des époux Clinton, et, dans le cas qui nous intéresse, à des donations reçues de pays étrangers.

hillary clinton,corruption,usaPendant des années la Fondation Clinton bénéficia de la très favorable législation américaine sur les organisations caritatives en matière de transparence et de fiscalité, mais resta bien plus réservée sur l'aspect "caritatif" de sa mission. En 2013 par exemple, elle reçut 140 millions de dollars en dons et en promesses de don mais ne dépensa que 9 millions de dollars sur le terrain. D'autres années révèlent un ratio d'environ 10% de caritatif réel.

En fait, il semble relativement clair aujourd'hui que Hillary Clinton a utilisé une fondation pour collecter et blanchir plus facilement les innombrables pots-de-vin versés par les différents lobbys et pays étrangers avec lesquels elle était en contact en tant que Secrétaire d'État, puis plus tard comme candidate à l'élection présidentielle américaine - sous le regard bienveillant de la justice de part sa proximité avec l'Administration Obama.

Le versement de la DDC à la Fondation Clinton s'inscrit directement dans cette stratégie d'une "offrande pour apaiser les puissants" - à l'instar d'autres pays.

Quand la RTS fait (un peu) de journalisme

L'affaire donna lieu à un rare moment de journalisme sur les ondes de la RTS dimanche (au journal de 12h45, n'exagérons rien) lorsque Pierre Nebel - oui, Pierre Nebel! - finit par admettre qu'il y avait effectivement anguille sous roche. Voilà la transcription de cet échange:

Pierre-Olivier Volet - [...Et cette enquête de la Schweitz Am Sonntag] qui nous apprend que la Suisse a versé un demi-million de francs à la Fondation Clinton, et cela, Pierre Nebel, dans un contexte très particulier, où on était à l'époque en pleine crise du secret bancaire.

Pierre Nebel - Oui, souvenez-vous à l'époque, le Crédit Suisse est en pleine tourmente, il a aidé des clients américains à frauder le fisc et il est sous pression maximum de la justice américaine qui commence à sortir ses instruments de torture. Quatre banquiers ont été inculpés, on craint une procédure pénale contre la banque elle-même, ce qui aurait des conséquences cataclysmiques sur le système financier suisse, et mondial... C'est dans ce contexte que les autorités suisses cherchent désespérément le contact avec les plus hautes sphères de l'administration Obama pour essayer de trouver une solution politique. Mais ce n'est pas facile et c'est là qu'intervient ce paiement (sic) de la DDC à la Fondation Clinton à partir de septembre 2011. Bien sûr il n'y a aucune preuve qu'il y a un lien formel avec l'affaire Crédit Suisse, mais il y a des coïncidences. En septembre 2011 Micheline Calmy-Rey rencontre la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton à New York, et un mois plus tard, le 26 octobre, le Conseil Fédéral ouvre des négociations pour régler la crise fiscale avec les États-Unis.

Pierre-Olivier Volet - Alors, Pierre, cette révélation intervient à un moment aussi assez important puisque c'est le moment où les Démocrates sont chassés de la Maison Blanche... Est-ce que cette affaire pourrait rattraper la Suisse aujourd'hui?

Pierre Nebel - Je pense que cette affaire pourrait surtout rattraper Hillary Clinton. Sa fondation familiale est toujours sous enquête du FBI, il est clair que ce versement pourrait entretenir le soupçon que les donateurs de la fondation, sous couvert d'œuvres caritatives, ont en réalité cherché à s'acheter de l'influence au sommet de l'État américain. Alors est-ce que cela pourrait avoir des conséquences pour les relations de la Suisse avec un futur président Trump, honnêtement, aujourd'hui, c'est très, très difficile à dire.


A en croire le journaliste, Mme Calmy-Rey aurait courageusement décidé de sauver la place financière helvétique, et le monde par la même occasion. Un si noble objectif vaut bien de piétiner quelques principes, n'est-ce pas?

Micheline Calmy-Rey dans les coulisses des puissants

Une porte-parole de la DDC démentit rapidement - trop, peut-être - toute implication discutable. "La Suisse n'a pas d'agenda caché et n'instrumentalise pas la coopération au développement à des fins politiques", précisa-t-elle dans les colonnes de la Schweiz am Sonntag. Le don de 484'000 francs suisses soutenait officiellement un programme humanitaire au Liberia entre 2011 et 2013, visant à réduire la mortalité des mères et des enfants.

hillary clinton,corruption,usa

Malheureusement, l'explication de la DDC ne tient pas cinq minutes. Même la RTS n'y croit pas, c'est dire. Pourquoi passer par la Fondation Clinton pour soutenir des engagements en Afrique? Et il sera facile, le cas échéant, de vérifier combien de cet argent a atteint le Liberia. Gageons que les parlementaires suisses vont s'emparer de l'affaire et qu'il sera de plus en plus difficile d'en cacher les détails.

En réalité, chacun tente de maintenir les apparences mais personne ne semble y croire vraiment. Le scénario qui se dessine est des plus simples: Micheline Calmy-Rey à la tête du DDC, a graissé la patte de Hillary Clinton, Secrétaire d’État en exercice, par le biais de sa Fondation, pour essayer d'obtenir une issue plus "bienveillante" aux différends qui opposaient alors les États-Unis et la Suisse sur les comportements de certaines banques.

"Croyez-moi, [un lien direct avec Hillary Clinton] aide quand par exemple, les banques suisses aux USA sont sous pression." - Micheline Calmy-Rey, lors d'un spectacle à Soleure à l'été 2011


On comprend un peu mieux le soutien sans réserve de la socialiste genevoise à la démocrate américaine: au-delà de la simple idéologie, une complicité unit les deux femmes dans tous les sens du terme...

L'intégrité, cette inconnue

Selon les commentaires des articles de presse, les Suisses découvrant cette affaire semblent assez vindicatifs envers l'ancienne Conseillère Fédérale. Il s'agit, après tout, d'argent des contribuables finissant dans les poches d'une politicienne parmi les plus corrompues de son époque. D'autres critiques se font entendre du milieu diplomatique, engageant cette fois-ci la neutralité du pays. Paul Widmer, diplomate helvétique, trace un parallèle:

"Imaginez que la DDC ait fait un don à une Fondation de la famille Bush... ça aurait fait un énorme tollé."


Tollé purement hypothétique. Micheline Calmy-Rey aurait-elle pris la décision de verser de l'argent à un Secrétaire d'État corrompu s'il avait été républicain? Chacun aura sa propre opinion.

À ce stade, de nombreuses questions restent à éclaircir. Micheline Calmy-Rey a-t-elle agi de sa propre initiative ou disposait-elle de l'aval du Conseil Fédéral de l'époque? Ce versement est-il seul dans son genre? Quel était exactement le deal avec Hillary? Comment Hillary pensait-elle agir sur le fonctionnement du Département de la Justice américain?

Certains cyniques souriront peut-être face à une approche non-conventionnelle de résolution des problèmes, ou défausseront l'affaire d'un haussement d'épaule en expliquant que pareilles pratiques relèvent de la plus grande banalité dans les hautes sphères. Aucune de ces excuses n'est satisfaisante.

Ce n'est pas un hasard si les pays les plus pauvres du monde sont aussi les plus corrompus. La corruption détruit la justice, les mécanismes de décision, et en fin de compte la démocratie elle-même. Le pouvoir ne s'exerce plus que depuis les coulisses, contre de l'argent.

Dans leurs discours, les socialistes prétendent haïr la corruption, le lobbyisme économique, les remises en cause de l'indépendance de la justice et en général toutes les tractations occultes. Il y a quelque chose de profondément troublant à constater qu'une Conseillère Fédérale socialiste a si facilement choisi la trajectoire diamétralement opposée simplement parce qu'elle se croyait à l'abri des regards.

Contrairement à ce que pense Pierre Nebel, je crois que nous n'en sommes qu'au début de cette affaire. Elle pourrait s'avérer très lourde de conséquences pour la Suisse. S'il s'avère que Hillary Clinton a effectivement eu une influence sur le fonctionnement de la justice américaine dans le traitement des dossiers UBS et Crédit Suisse suite au versement de la DDC à la Fondation Clinton, les conséquences pourraient aller jusqu'à une remise en cause intégrale des affaires en question, montant des amendes infligées y compris. Il faudra bien sûr établir l'ensemble des complicités, ce qui risque de prendre un certain temps.

Si la pauvreté est la fille de la corruption, l'incertitude l'accompagne.

09 novembre 2016

Make America Great Again - Trump est élu

Les résultats des élections américaines sont sous toit. Trump est élu - avec une marge confortable.

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Les électeurs ont parlé.

La légendaire campagne d'Hillary Clinton

Dire que l'élite de l'Amérique roulait pour Hillary Clinton serait en-deçà de la vérité, et ceux qui ont suivi cette campagne de près s'en souviendront toute leur vie. La mémoire d'Internet sera là pour rappeler éternellement aux donneurs de leçons leur manque de crédibilité. S'il y a bien une chose à laquelle que je n'imaginais pas assister de mon vivant, c'était à une unanimité et un manque d'esprit critique plus grands encore que lors des deux élections de Barack Obama. Les records sont faits pour être battus...

Démocrates, médias américains et étrangers, Silicon Valley, vedettes de la musique ou du sport, Wall Street, Hollywood, Google, Facebook, tous soutenaient à bout de bras une présidence Clinton. Même des Républicains de haut rang!

Remportant ses débats aux dires des journalistes, volant de victoire en victoire en engrangeant les soutiens selon les journaux télévisés, rien ne semblait plus en mesure d'arrêter Hillary Clinton jusqu'à son plébiscite le 8 novembre. En termes médiatiques américains, on appelle cela un "narrative", une façon de raconter l'information. Les faits sont continuellement filtrés, mis en valeur ou passés sous silence selon la façon dont ils s'intègrent dans la légende en cours d'écriture. Le flot de l'actualité est tellement canalisé que sa force entière ne sert plus qu'à mouvoir le moulin de la propagande.

La révélation de "propos de vestiaire" sexistes de Trump, enregistrés à son insu onze ans plus tôt, devaient être le dernier clou du cercueil de sa candidature. Il est de coutume de livrer des informations salaces sur un candidat au beau milieu de la campagne présidentielle ; là encore, les journalistes amis (c'est un pléonasme) jouèrent leur partition à fond. Le grand public fut abreuvé jusqu'à la nausée de propos indignés tournant en boucle, de protestations, de femmes exprimant leur dégoût, avant que ne sorte du bois de nouvelles victimes affirmant de façon très artificielle la façon dont Trump les avait pelotées ou draguées jusqu'à trente ans plus tôt.

Certains sondages donnèrent jusqu'à douze points d'avance à Hillary Clinton. On en aurait presque oublié qu'ils étaient tous plus faisandés les uns que les autres!

L'ascension de Trump

En face du camp démocrate, Donald J. Trump, n'était pourtant pas exactement le genre d'individu à prendre à la légère.

Les commentateurs abasourdis sont bien forcés de le constater aujourd'hui, M. Trump avait quelques qualités. Au départ, il n'avait pour lui que sa répartie d'ancienne vedette de télé-réalité et un portefeuille garni, qui lui évitait cette course aux levées de fonds, flirtant avec la corruption, à laquelle se soumettent habituellement les candidats.

Il triompha d'innombrables obstacles méthodiquement, les uns après les autres. Le premier d'entre eux fut d'attirer sur lui l'électorat républicain. Celui-ci avait le choix - il y avait seize autres candidats aux primaires républicaines. Cette époque correspond aussi à la courte lune de miel entre Trump et les médias. Trump générait de l'audience, choquait par son franc-parler, ses répliques assassines, ses tweets. À cette époque la presse l'adorait, mais - car il faut le souligner - seulement pour mieux se moquer de lui. Il fut qualifié tour-à-tour de clown, de bouffon et d'autres termes plus méprisants encore. Les Démocrates ne furent pas plus perspicaces ; pendant longtemps l'état-major du Parti de l'Âne regarda avec bienveillance l'ascension de Trump car il était jugé plus facile à battre par Hillary!

La popularité de Trump fut pourtant assez vite démontrée, résistant au dénigrement continuel dont il faisait l'objet. N'étant pas politicien de carrière, il partait en campagne sans le moindre réseau politique. La faiblesse du lien entre Trump et la classe politique se révélait finalement une force, car il cristallisait sur sa candidature les innombrables déçus des années Obama et d'une Amérique en panne, convaincue de la corruption galopante de Washington - de nombreux Américains qui n'étaient ni Républicains, ni Démocrates. Le camp démocrate subit le même vent de protestation à travers la candidature de Bernie Sanders, mais Hillary, incarnant le statu-quo et la continuité, remporta l'investiture. Les "rebelles" (dont des supporters de M. Sanders!) n'eurent donc plus que Trump vers qui se tourner.

Bizarrement, l'analyse la plus juste du tremblement de terre en préparation vint selon moi de Michael Moore. Le réalisateur de faux documentaires engagés, hypocrite au possible quant à ses valeurs, se démarqua de l'enthousiasme artificiel du camp démocrate en livrant deux semaines avant les élections une confession dangereusement proche d'un retournement de veste. Dans une vidéo, il exprima ce qui constituait selon lui la quintessence du vote Trump, la protestation.

[Que Trump pense ce qu'il dise ou non] est une question non pertinente parce qu'il parle à ceux qui souffrent, et c'est pourquoi tous ces sans-nom, cette masse laborieuse oubliée qui faisait partie de ce qu'on appelait la classe moyenne, ces gens démolis, aiment Trump. Il incarne le cocktail Molotov qu'ils ont tant attendu, la grenade humaine qu'ils peuvent légalement balancer dans ce système qui a volé leur vie. Et le 8 Novembre, bien qu'ils aient perdu leur emploi, qu'ils aient été évincés par la banque, qu'à côté survienne ensuite le divorce et le départ de la femme et des enfants, que leur voiture ait été saisie, qu'ils n'ont pas eu de vraies vacances depuis des années, qu'ils soient coincés dans le plan "bronze" de cet Obamacare de merde où vous ne pouvez même pas obtenir un putain d'analgésique, ils ont essentiellement perdu tout ce qu'ils avaient, sauf une chose - la seule chose qui ne leur coûte pas un centime et qui leur soit garantie par la Constitution américaine: le droit de vote. (...)

Ils voient que l'élite qui a ruiné leur vie exècre Trump. L'Amérique corporatiste a Trump en horreur. Wall Street abhorre Trump. Les politiciens de carrière haïssent Trump. Les médias méprisent Trump, après l'avoir aimé et propulsé, et ensuite détesté. Merci les médias: l'ennemi de mon ennemi est celui pour qui je voterai le 8 novembre.


Le support permanent et inconditionnel de l'establishment en faveur de Clinton finissait par être une arme à double tranchant.

Quand le narrative déraille

Longtemps avant le scrutin, Donald Trump avait assimilé son accession au pouvoir au Brexit, la victoire surprise sur toutes les prédictions. Sur les îles britanniques, le Brexit fut rendu possible par une masse inégalée d'électeurs se rendant aux urnes pour faire entendre leur voix - des gens qui n'avaient jamais voté de leur vie auparavant. Les analyses de ce scrutin montreront sans doute que c'est aussi le cas ici.

Il y eut pourtant de nombreux signes avant-coureur d'un problème dans le camp démocrate. Les manipulations pour écarter l'unique challenger Bernie Sanders. L'affaire des e-mails puis son classement par le FBI, perçus par le grand public comme un abominable traitement de faveur vis-à-vis des lois. Près de 70% des Américains considéraient qu'Hillary Clinton était une menteuse indigne de confiance.

Le malaise de Clinton lors des cérémonies du 11 septembre renforça l'impression d'une femme affaiblie et fatiguée, tout en donnant lieu à une nouvelle salve de demi-vérités.

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Le coup de grâce vint de nombreuses fuites révélées par Wikileaks (bien que passées sous silence par les médias) ainsi que de la découverte de milliers d'e-mails cachés sur les portables d'aides de longue date d'Hillary Clinton, forçant James Comey, directeur du FBI, à rouvrir une enquête sur la candidate à quelques jours du scrutin. La presse ne pouvait pas ignorer pareils développements. Des membres haut placés de la Clinton Foundation se mirent à table. Le FBI trouva la preuve que les dizaines de milliers d'e-mails détruits par Hillary n'étaient de loin pas des messages anodins concertant "les cours de yoga de sa fille". Barack Obama était lui aussi impliqué en ayant une parfaite connaissance du serveur mail privé de sa Secrétaire d’État, et en utilisait un lui-même.

Le directeur du FBI James Comey (dont on attend la démission désormais) eut beau céder une nouvelle fois aux exigences de la Ministre de la Justice Loretta Lynch, le grand public ne fut pas dupe de ces manœuvres. L'administration Obama avait abandonné depuis longtemps toute forme d'équité pour se tourner entièrement au service de la candidate démocrate.

Aujourd'hui, plusieurs enquêtes subsistent contre Hillary Clinton, à commencer par la fondation du même nom. Avec cet échec électoral la Maison Clinton est enfin tombée, emportant dans sa chute d'innombrables complices dont nous apprendrons beaucoup ces prochains mois. De nombreux politiciens corrompus finiront sans doute en prison, ce qui s'avère une perspective réjouissante. Le dernier slogan de campagne de Trump était Drain the swamp, "assécher le marais", évoquant la puanteur et la pourriture imprégnant les élites de Washington, mais aussi l'ampleur de la tâche à accomplir.

Sondage Contre Vote

Comme pour le Brexit, les mensonges répétés dans les sondages jour après jour, heure après heure, n'ont pas suffi. Les citoyens américains se sont mobilisés en masse pour soutenir Donald Trump, et la vérité ne se trouve qu'au fond des urnes.

Il est possible qu'une partie de la propagande pro-Clinton ait découragé certains de ses partisans de se déplacer ; mais en réalité, la victoire vient bien davantage de la mobilisation des pro-Trump. Pour le comprendre, un autre témoignage nous vient de Scott Adams, le créateur du célèbre Dilbert. Commentant et analysant avec beaucoup de recul les "performances" des deux candidats à la présidence, il en vint à se rapprocher de Trump en toute rationalité. Jusqu'à en être menacé à titre personnel. Mais cela ne l'amena pas à fuir, bien au contraire, et comprendre sa démarche revient à comprendre la mentalité de nombreux électeurs républicains lors de cette élection.

J'ai essayé de comprendre le trait d'union qui relie ensemble les supporters de Clinton. Autant que je puisse en juger, la volonté d'intimider autrui sous toutes ses formes en est la caractéristique dominante.

  • Si vous avez une pancarte Trump sur votre pelouse, ils vous la voleront.
  • Si vous avez un autocollant Trump sur votre voiture, ils vous la rayeront.
  • Si vous évoquez Trump au boulot, vous risquez de vous faire virer.
  • Sur les réseaux sociaux, presque chaque message que je reçois d'un défenseur de Clinton est une intimidation sous une forme ou une autre. Ils vous insultent. Ils essaient de vous faire honte. Ils vous étiquettent. (...)

L'équipe d'Hillary Clinton a réussi à perpétrer une des pires vilenies auxquelles j'ai pu assister dans ma vie. Sa campagne a présenté les partisans de Trump - une bonne moitié de l'électorat - comme des nazis, des gens sexistes, homophobes, racistes, et autres termes dégradants (...) [Le] portrait de Trump par Clinton offre une parfaite justification morale pour tout acte d'intimidation en ligne ou en personne. Nul ne peut être méchant en s'opposant à Hitler, pas vrai?


Résultat, la campagne de Clinton a divisé l'Amérique comme jamais auparavant. Clinton, et seulement Clinton.

Oui, oui, je me rends compte que des partisans de Trump ont eux aussi eu des mots très durs pour les supporters de Clinton. Je ne prends pas la défense des pommes pourries de chaque panier ; je signale simplement que Trump avait pour message d'unir tous les Américains sous une seule bannière. Le message de Clinton était, lui, que certains Américains étaient de "bonnes personnes" et que les autres, 40% à l'époque, étaient des gens "déplorables", digne d'être pointés du doigt, vandalisés, punis par la fiscalité et la violence. Elle a littéralement tourné les Américains les uns contre les autres. Il est difficile pour moi d'imaginer un candidat à l'élection présidentielle faire quelque chose de pire.

Je vais le répéter.

Autant que je puisse en juger, la pire chose qu'un candidat à l'élection présidentielle puisse faire est de jeter les Américains les uns contre les autres. Hillary Clinton a fait exactement cela.

Intentionnellement.


Les Américains se sont rebellés - lassés des insultes, des intimidations, d'être tancés par des gens prétendant parler en leur nom, lassés d'être accusés de tous les maux de l'Amérique alors que les responsabilités en étaient dans le camp d'en face. Les Américains n'aiment pas les bullies, les brutes qui cherchent à dominer par l'intimidation.

Aujourd'hui, comme Trump l'annonça dans son discours d'investiture, l'heure est à la réconciliation. Et pour de nombreux Américains, à un authentique espoir.

Donald J. Trump, 45e président des États-Unis

L'élection du 8 novembre ne concernait pas seulement le Président des Etats-Unis, mais aussi la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Comme on pouvait s'en douter, les électeurs qui ont fait l'effort de voter pour Trump n'avaient pas spécialement envie de lui lier les mains et choisirent donc de mettre au pouvoir de nombreux élus républicains.

Loin des sondages, une fois de plus, les résultats sont là: les deux chambres sont désormais sous le contrôle des Républicains. Les Démocrates étaient coutumiers du fait, notamment en 2008 avec Obama, mais pour les Républicains il faut remonter à 1924 pour retrouver pareille configuration.

usa,donald trump,hillary clinton,électionsDans les faits, cela signifie que le Président Trump dispose des majorités nécessaires pour instaurer son programme de campagne. De nombreuses réformes désastreuses et socialisantes instaurées par Obama, comme l'Obamacare, seront probablement annulées.

En outre, le Président Trump sera en mesure de nommer les prochains juges de la Cour Suprême - un des neuf sièges est à pourvoir immédiatement, et jusqu'à quatre d'entre eux devraient être nommés ces prochaines années.

Enfin, on peut s'attendre à ce que l'horizon se dégage sur nombre de dossiers internationaux, notamment la guerre en Syrie, le nucléaire iranien et les relations avec la Russie.

Donald Trump n'a jamais caché son scepticisme quant au controversé Réchauffement Climatique d'Origine Humaine, et pourra mettre en œuvre sa vision de l'immigration - et démontrer aux autres nations ce qu'il est possible de faire en la matière.

Nos gauchistes de service ne devraient pas trop désespérer: il est probable que le fameux TIPP dont ils se méfient tant vienne de dérailler sous leurs yeux. Wall Street et tout le big money soutenant Clinton-la-corrompue viennent de se prendre une veste. Les temps sont mûrs pour reconstruire un parti démocrate sur des bases plus saines.

Après le Brexit libérant le Royaume-Uni, les Américains viennent aussi de se libérer du joug de leurs élites. L'avenir se montre à nouveau riche de promesses.

01 novembre 2016

La campagne d'Hillary Clinton explose en plein vol

Je n'avais pas prévu de revenir sur l'actualité de la campagne présidentielle américaine mais compte tenu des revirement spectaculaires de ces derniers jours, est-il possible de faire autrement?

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Ceux qui ne seraient pas encore familiarisés avec quelques scandales collant aux basques d'Hillary Clinton peuvent se référer à un ancien billet sur le sujet. Depuis, l'eau aurait dû couler sous les ponts. Le scandale consécutif à l'enregistrement de propos salaces de Trump à son insu en 2005 aurait dû démolir ses dernières chances de succès pour les élections. Hillary aurait dû triompher sans coup férir... Mais il est des campagnes où rien ne se déroule comme prévu.

Il était une fois un serveur mail

En 2009, lorsque Hillary Clinton accéda au poste de Secrétaire d’État sous la présidence Obama, les Clinton mirent en place une messagerie parallèle, privée. Pendant des années, les affaires ayant trait à la diplomatie américaine circulèrent à travers l'adresse électronique HDR22@ClintonEmail.com. Ce serveur mail privé était en parfaite violation du Federal Records Act, qui impose une copie pour archivage des communications officielles des élus et hauts fonctionnaires pour des activités liées à leur mandat, et de la loi sur la liberté d’information (Freedom of Information Act) permettant à toute personne en faisant la demande de consulter ces échanges, sauf ceux classés confidentiels ou secret-défense.

Il faut noter que Mme Clinton savait parfaitement qu'elle violait la loi, sauf à faire preuve de troubles de la mémoire confinant à la démence. En 2007, alors dans l'opposition, elle reprocha à des élus républicains leur utilisation de mails privés dans le cadre de leurs fonctions. En 2011, alors même qu'elle utilisait son serveur privé, elle envoya un message enjoignant les ambassadeurs sous ses ordres à ne pas utiliser des adresses privées. En 2012, elle réprimanda sévèrement un ambassadeur et le licencia ensuite pour être passé outre.

La révélation de l'existence de ce serveur mail (par hasard, à travers le piratage du compte mail d'un proche des Clinton) entraîna une enquête. Sommée de s'expliquer, Hillary Clinton déclara que ces e-mails ne concernaient rien d'important, en imprima des milliers de pages et les fournit au FBI. Mais 33'000 messages manquaient à l'appel, couvrant par exemple la période critique de l'activité de Secrétaire d’État de Mme Clinton pendant l'attaque du Consulat américain de Benghazi, en Libye, où un diplomate américain de haut rang trouva la mort.

Mme Clinton prétendit que les e-mails manquants n'avaient aucune importance, comme les cours de yoga de sa fille, et relevaient de la sphère privée.

Sommée de livrer son serveur aux autorités, Hillary Clinton en fit effacer le contenu avec un logiciel professionnel, affirmant qu'il s'agissait d'une "simple erreur de manipulation" du technicien, sans préméditation. Les internautes purent démontrer qu'il s'agissait là d'un mensonge grossier, le technicien en question cherchant à savoir comment effacer des données sensibles plusieurs mois auparavant.

Sans avoir accès à l'entier de la correspondance d'Hillary Clinton, les enquêteurs du FBI parvinrent à trouver des données classifiées dans les mails "gracieusement fournis" par l'ancienne Secrétaire d'État. Mais tout ceci se termina abruptement en juillet par la décision de James Comey, directeur du FBI... De clore l'enquête, à la stupéfaction générale. Mme Clinton fut réprimandée pour sa "grave négligence" et ce fut tout.

Démocrates et journalistes chantèrent des louanges et tressèrent des lauriers à James Comey, incarnant le bon sens et la raison, alors que le grand public et les Républicains restaient pour le moins dubitatifs sur cette conclusion en queue de poisson.

Mais ça, c'était avant.

Réouverture de l'enquête

L'annonce par James Comey de la réouverture de l'enquête du FBI sur les e-mails de Clinton à moins de deux semaines de l'élection présidentielle fit l'effet d'une bombe.

hillary clinton,usa,élections
James Comey, héros le 6 juillet, traître à la nation le 29 octobre - toujours ce traitement
équilibré de l'information (exemple tiré du Washington Post ; cliquez pour agrandir)

À ce stade, nous ne savons pas encore quelles sont les nouvelles données sur lesquelles le FBI a pris sa décision, mais une chose paraît certaine: une annonce pareille si près d'un scrutin aussi important implique que le FBI soit tombé, au minimum, sur de la dynamite.

Nous savons en revanche d'où viennent ces nouvelles données: de l'ordinateur d'Anthony Weiner, politicien démocrate de New York et pédophile notoire. En fouillant dans les e-mails de ce sinistre personnage, les enquêteurs n'ont pas trouvé que des images pédophiles, mais aussi... des dizaines de milliers de courriers électroniques liés à Hillary Clinton et à son serveur mail.

Car il se trouve que M. Weiner est aussi le mari de Huma Abedin, principale aide de camp d'Hillary Clinton depuis vingt ans, une collaboratrice si proche d'elle que Clinton la qualifie parfois de "fille adoptive".

À ce stade, nous ne savons pas non plus comment ces courriers se sont retrouvés là - probablement des mécanismes de réplication entre comptes mails oubliés depuis longtemps, dont l'enquête éclairera peut-être la mise en place et la motivation.

Toujours est-il que la campagne présidentielle d'Hillary Clinton vient d'exploser en plein vol.

La machinerie Clinton se pulvérise

Selon toute vraisemblance, le FBI vient probablement de mettre la main sur les fameux 33'000 e-mails manquants dissimulés par Hillary, et sans doute de nombreux autres. La nouvelle est tellement importante qu'il n'est pas possible de la cacher, de la minimiser, de la détourner - même si tous les médias s'y emploient.

La fin de campagne présidentielle s'est transformée en cauchemar pour Hillary. Les accusations de Trump font mouche. Son serveur mail était au cœur de toute sa communication - non seulement ses entorses au protocole dans son rôle de Secrétaire d’État, mais aussi les affaires ayant trait à la Fondation Clinton et au trafic d'influence entretenu par le couple en préparation de son retour au pouvoir. Le FBI a désormais également placé la Fondation sous enquête.

Les informations filtrées peu à peu corroborent celles que diffuse depuis des jours Wikileaks à travers le piratage du compte Gmail de John Podesta, chef de cabinet de la Maison Blanche de Bill Clinton entre 1998 et 2001, puis conseiller spécial de l'administration Obama en 2013, puis directeur de campagne d'Hillary Clinton pour les présidentielles de cette année.

Les cartes sont retournées les uns après les autres, révélant leurs secrets. La mise aux enchères de postes d'ambassadeurs. Le chantage à l'extorsion exercé contre des Saoudiens. Les manipulations d'Hillary pour évincer Sanders des primaires démocrates. Les débats truqués. La collusion avec la Ministre de la Justice, qui a invoqué depuis le Cinquième Amendement pour ne pas témoigner contre elle-même. La complicité d'Obama dans cette histoire de serveur mail privé, ses efforts pour enterrer l'affaire, et même sa propre utilisation d'une messagerie parallèle. L'utilisation d'activistes payés pour provoquer la violence dans les réunions électorales de Donald Trump.

Les ondes de choc sont incalculables et promettent de résonner longtemps, longtemps après que les Clinton et leurs complices croupissent en prison - une issue qui paraît de plus en plus vraisemblable.

Reste une seule question - Que va-t-il se passer maintenant? Charles Gave tente de répondre:

Jamais les milliers d'e-mails ne pourront être traités dans les jours qui viennent et donc l'élection va avoir lieu dans la plus grande incertitude juridique. Si des preuves certaines sont trouvées, madame Clinton ira en prison, certainement.

Si les citoyens sont assez bêtes pour voter pour quelqu'un qui risque d’aller en prison à peine élu (...) alors nous aurons une crise de régime aux USA, de nature constitutionnelle.

Le Président nouvellement élu sera traduit devant un tribunal constitué par le Congrès et sera sans doute "impeached" par la Chambre des Représentants qui laissera au Sénat la responsabilité de destituer le Président. Voilà qui rendra les US quasiment ingouvernables pendant au moins deux ans, jusqu'à l'élection suivante.

Si monsieur Trump est élu, ce qui me paraît de plus en plus probable, madame Clinton et sans doute son Bill de mari iront en prison où ils risquent de retrouver une grosse partie de l'administration Obama, en commençant par la Ministre de la justice.

Et je ne pense pas que le Président Trump sera particulièrement généreux pour ceux qui l'insultent depuis plus d'un an.


Mais bien des incertitudes subsistent. Pour commencer, il n'est pas du tout certain que les États-Unis parviennent à déterminer qui sera leur Président au lendemain de l'élection présidentielle.

De nombreuses surprises nous attendent sans doute encore.

22 octobre 2016

Dernière ligne droite pour les présidentielles américaines

Le dernier des trois débats entre Hillary Clinton et Donald Trump a eu lieu. Ils ne se confronteront plus l'un à l'autre en public, mais seulement par annonces interposées.

clinton_sprint.jpgL'élection présidentielle américaine aura lieu dans moins de trois semaines.

Alors que nous entamons la dernière ligne droite, les camps en présence font feu de tout bois pour essayer d'arracher la décision.

A notre gauche, nous avons Hillary Clinton. Hillary Clinton incarne la continuité. La continuité d'une carrière accomplie en intégralité à Washington, dans les plus étroits cercles du pouvoir, mais aussi la continuité d'une Amérique en crise et en panne. Une Amérique où la classe moyenne se fait laminer par l'Obamacare, où la reprise économique n'existe que dans des cours de bourse manipulés par la FED, où un nombre inégalé de familles survivent grâce à des bons alimentaires tout en payant jusqu'à 50% de leurs revenus pour simplement se loger.

Le sens d'une présidence Clinton

Pour Guy Millière, qui écrit depuis les Etats-Unis, les carottes sont cuites pour Trump et Hillary sera la prochaine présidente. Reste à comprendre de quelle présidence il s'agit:

Les Etats-Unis vont donc avoir une présidente corrompue, criminelle, achetée et encore à vendre.

Ils vont avoir une présidente qui va peupler la Cour Suprême de juges qui vont déchirer la Constitution, effacer peu à peu les principes fondamentaux énoncés dans le Bill of rights, laisser détruire la séparation des pouvoirs.

Ils vont avoir une présidente favorable à l’avortement jusqu’au neuvième mois de grossesse (elle l’a redit au cours du débat), donc à l’infanticide ; une présidente qui entend régulariser les immigrés clandestins et les faire accéder à la nationalité américaine aux fins qu’ils votent démocrate en échange de chèques à la fin du mois ; une présidente qui va favoriser l’immigration musulmane, changer la composition de la population américaine, accélérer les ravages du politiquement correct, augmenter considérablement les impôts, placer les entreprises en situation de dépendance accélérée par rapport au gouvernement.

Ils vont avoir une présidente qui va continuer la guerre contre la police, maintenir les noirs dans une situation de dépendance et dans une sous culture de violence et de drogue ; une présidente qui va mettre en place un système de santé de type socialiste ; une présidente qui va démultiplier les bureaucraties, accroître le nombre d’assistés et de pauvres dépendants du gouvernement, parachever la mise en place d’une nomenklatura composée des élites politiques, des grands financiers et dirigeants de multinationales finançant les démocrates et bénéficiant en retour de subventions et autres avantages ; une présidente qui pourra s’appuyer sur la quasi-totalité des médias, et qui cherchera à éliminer tous les journalistes et intellectuels qui pensent mal ; une présidente qui, en politique étrangère, continuera ce qui a été fait sous Obama, et qui, donc, va continuer à favoriser l’Iran des mollahs antisémites, pratiquer l’aveuglement volontaire face au péril islamique, tenir un discours anti-russe tout en laissant se mettre en place un ordre mondial tenu par la Russie, l’Iran et la Chine.


Quel beau programme, en effet, et pas une de ces phrases n'est excessive. Malheureusement, une présidence Clinton signifie exactement cela. Une chance que la politicienne démocrate soit qualifiée de "centriste", on se demande ce à quoi les Américains auraient eu droit sinon.

La Menace Trump

trump_sprint.jpgA droite, nous avons Trump. Trump incarne la rupture. La rupture d'un homme d'affaire revenu de tout et décidé à bousculer un système corrompu dont il a pourtant largement profité pendant ses plus jeunes années. Trump est la promesse fragile et incertaine d'un changement, porteur d'incertitude mais aussi d'espoir. Mais pour ses adversaires, le changement préconisé par Trump représente le danger absolu, et ils n'hésitent pas à fouler ouvertement toutes les valeurs qu'ils ont jamais prétendu avoir pour le combattre. Comme l'explique Charles Gave:

Je n’ai jamais vu dans une élection aux USA une telle partialité de la grande presse. Qu’elle aille fouiller dans le passé de monsieur Trump me paraît normal. Qu’elle ne parle pour ainsi dire jamais des casseroles que traînent les Clinton commence à attirer l’attention du vertueux Wall-Street journal qui a du mal à comprendre pourquoi cette même grande presse monte en épingle les peccadilles supposées de monsieur Trump et refuse de parler des crimes des Clinton.

Car il semble bien que les journalistes de cette même grande presse soient prêts à tout pour faire élire leur candidate, comme par exemple en transmettant les questions qui lui seront posées avant que l’interview n’ait eu lieu ou en refusant de filmer les foules qui viennent aux réunions de monsieur Trump.


"Que les journalistes soient à la fois de gauche et vendus au pouvoir en place, voilà qui n’étonnera que les naïfs", poursuit-il, avant de déceler dans cette affaire une deuxième bataille, occulte cette fois-ci, entre les anciens médias et les nouveaux autour de la recomposition du paysage médiatique.

Les anciens médias historiques, presse et télévision, s'arc-boutent en faveur de Clinton dans le but de préserver leur modèle économique, leur coût élevé et leur faible rentabilité. En face, la réinformation sur Internet qui s'est envolée ces dernières années repose sur un modèle plus léger, flexible et réactif, basé sur la concurrence et la diversité des opinions. Une victoire de Trump en ferait définitivement le nouveau média mainstream.

[La] grande presse américaine est constituée aujourd’hui de valets ayant peur pour leur job et donc suivant les ordres qu’on leur donne.

Les journalistes classiques en fait soutiennent Clinton parce qu’ils savent fort bien que si Trump était élu, alors ils se retrouveraient au chômage très rapidement, et que le chômage est acceptable pour le peuple mais pas pour eux.


Mais le duel entre Trump et Clinton ne concerne de loin pas que les journalistes. Il concerne les élites dans un sens beaucoup plus large - la grande masse des gens influents qui estiment avoir plus à perdre qu'à gagner dans un bouleversement. Trump cristallise donc l'entier de l'Amérique-d'en-haut contre lui, une coalition ahurissante et sans exemple dans l'histoire, atteignant jusqu'aux cadres du parti républicain.

Soupçons de fraude

Trump ne s'est pas mal sorti des trois débats télévisés, mais beaucoup pensent que ce n'est pas suffisant pour rattraper le retard qu'il affiche depuis des semaines dans les sondages, alors même que ces sondages sont constamment biaisés. Pourquoi truquer des sondages? Peut-être, de "façon traditionnelle", pour décourager les électeurs du camp d'en face à se rendre aux urnes. Personne n'a envie d'aller voter en se sachant perdant. Mais il est aussi possible qu'il s'agisse de quelque chose de plus sinistre.

Dans le dernier débat Trump "choqua l'assistance" (toujours selon les termes soigneusement choisis des journalistes) en laissant planer le suspense sur l'acceptation de son éventuelle défaite. Clinton s'engouffra évidemment dans la brèche en fustigeant son adversaire de menacer la démocratie américaine en laissant planer un doute sur la validité de l'élection à venir.

Les médias reprennent à l'unisson. Bien sûr, personne ne se demande si la fraude électorale massive sous-entendue par Donald Trump en faveur de son adversaire démocrate ne serait pas, elle, de nature à menacer la démocratie.

Même les gauchistes les plus anti-Trump devraient se rappeler de l'élection de George W. Bush face à Al Gore en 2000, de la confusion face au vote final de la Floride, des recomptages et de la bile déversée alors en apprenant que le Républicain restait en tête. Les accusations de fraude électorale persistèrent en 2008 cette fois-ci à l'avantage du Président Obama.

Le fait est que la fraude électorale existe aux États-Unis, depuis longtemps: vote multiple, inscription de personnes décédées sur les listes électorales, ou tout simplement la bonne vieille corruption. Le fait que ces exemples récents pointent exclusivement vers des fraudeurs démocrates n'est probablement que le fait du hasard. Mais lorsque tout le reste échoue, il suffit alors de tricher au niveau des machines elles-mêmes.

Aujourd'hui 70% des électeurs républicains pensent que les résultats électoraux seront manipulés en faveur d'Hillary Clinton. La tentation sera grande pour les élites menacées par Trump de mettre "toutes les chances de leur côté" ; pour sa part, Julian Assange de Wikileaks a suffisamment d'information en sa possession pour juger que c'est le cas:

"Il n'y a pas d'élection aux États-Unis. Il y a une consolidation de la puissance. Primaires truquées, médias truqués et une candidate 'joueuse de flûte' mènent cette consolidation."


Si le 8 novembre les résultats électoraux ne correspondent pas aux sondages sortie des urnes, les États-Unis se préparent à une crise gravissime.