09 novembre 2015

COP 21 et contrôle des frontières: l'ultime hypocrisie

france,hypocrisie,espace schengen,cop 21En France, COP 21 est sur toutes les lèvres: enfin l'Hexagone aura l'occasion de briller sur la scène internationale, organisant le dernier grand raout diplomatique en date autour de la thèse controversée du réchauffement climatique d'origine humaine - laquelle bat un peu de l'aile ces derniers temps face aux aléas de l'actualité...

Puisque le sujet est franco-français, citons un site local:

Fin novembre, la quasi-totalité des dirigeants mondiaux seront à Paris pour la COP 21, la grande conférence internationale sur le réchauffement climatique qui doit durer 12 jours. Pour cette occasion, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fait une annonce ce 6 novembre : les contrôles aux frontières vont être renforcés.

Gares, ports, aéroports... Chaque mouvement sera scruté. L'État redoute les menaces terroristes, un sujet sensible depuis les attentats de janvier 2015 dans la capitale.

 

En guise de "quasi-totalité des dirigeants mondiaux", tablons sur quelque 80 chefs d'État, ce qui n'est pas si mal. S'il leur vient l'idée saugrenue de se déplacer pendant les douze jours du sommet, les Parisiens passeront probablement un mauvais quart d'heure.

Mais au-delà de la paralysie habituelle d'une capitale lors de la visite de hauts dignitaires étrangers, la réinstauration de contrôles aux frontières prend un caractère hautement polémique dans le contexte actuel de la crise des migrants et des tensions institutionnelles autour de l'Espace Schengen.

Les possibilités d'explication ne sont pas légion.

Imaginons que cela soit utile. Cela voudrait dire que quelques groupes terroristes hors sol français attendent le dernier moment pour venir en France lors de la COP 21 et faire un carton. Enfin, dernier moment, c'est encore discutable: l'annonce de M. Cazeneuve le 6 novembre leur laisse encore une bonne semaine pour rapatrier tranquillement leur matériel sur le territoire. On a déjà connu plus efficace comme effet de surprise...

Mais attention: on sait qu'ils sont décidé et dangereux, on sait qu'ils veulent frapper lors de COP 21, on sait qu'ils sont quelque part à l'extérieur du territoire français, on sait que leurs plans diaboliques seront déjoués avec un contrôle aux frontières d'un mois instauré une semaine plus tard, mais... On n'en sait tout de même pas assez pour les identifier et les arrêter. Crédible de bout en bout!

Imaginons que cela soit inutile. Sachant que le journaliste précédent utilise comme exemple les attentats de 2015 - dont les exécutants sont nés en France et y ont vécu pendant plus de trente ans - il est probable que les menaces éventuelles sur COP 21 soient déjà profondément établies sur le sol français, peut-être même depuis plus d'une génération.

La décision de surveiller les frontières ne serait donc qu'une mesure folklorique destinée à distiller un sentiment parfaitement illusoire de sécurité à l'attention des chefs d'État invités. Les cyniques pourraient même y déceler une excuse à posteriori: voyez, il y a eu des problèmes mais nous avons fait de notre mieux, nous avions même remis en place la surveillance des frontières... Mais même si rien ne se produit, et bien qu'elle soit tolérée dans le cadre des accords de Schengen, la réinstallation temporaire de la surveillance aux frontières reste le signe que la France n'a pas confiance dans les règles de sécurité communes de l'espace et préfère ses propres contrôles lorsque les choses sont vraiment importantes.

Bien sûr, on pourra plaider que cette mesure n'a rien d'exceptionnel ; elle a été appliquée en France en 2009 lors du sommet de l'OTAN à Strasbourg, en 2011 lors du G8 à Deauville puis lors du G20 à Cannes. D'autres membres de l'Espace Schengen mirent en place des mesures similaires lorsqu'ils accueillirent la COP eux-mêmes, comme le Danemark en 2009 et la Pologne en 2013. Il n'en reste pas moins que dans le contexte actuel de l'effondrement de l'Espace Schengen, la surveillance de frontières à l'échelle d'un pays entier et pour une période aussi longue est un acte symbolique fort dont la signification n'a pas pu échapper à l'exécutif français. On ne peut décemment pas placer cette décision sous le signe de la banalité.

Comme on voit, la décision du gouvernement socialiste français n'a guère de sens, et en tout cas aucune conséquence positive. C'est, au pire, un aveu d'impuissance, et au mieux un effet de manche destiné à distraire la galerie.

Dans les deux cas, l'insulte finale est à destination du petit peuple. Il a bien compris qu'en fin de compte seule la conférence COP 21 a de l'importance. Rien n'est trop beau pour la grand-messe médiatico-politique. La crise des migrants n'est pas un motif suffisant pour reprendre le contrôle des frontières ; la sécurité des personnes ordinaires non plus. Mais qu'un parterre de hauts dignitaires se rende à Paris et tout le pays peut, doit, être paralysé!

Vue de Suisse, la COP 21 ne semble qu'une nouvelle occasion de dépenser de l’argent public et de se goinfrer de petits fours, et, pour des dirigeants en perdition, de tenter de redorer leur blason en "rayonnant" internationalement à la veille d'élections régionales fort mal engagées. Se livrant à l'exercice avec sa maladresse habituelle, il n'est pas sûr que le gouvernement socialiste voie sa manœuvre produire les effets escomptés.

14 octobre 2015

La gauche renanaise aime les réfugiés, mais pas chez elle

immigration,hypocrisieNotre commune de Renens a tenu jeudi dernier la session d'octobre de son Conseil Communal. Ce fut donc l'occasion de revenir sur un point chaud du moment: l'accueil par la commune de Renens de cinquante "réfugiés" logés dans l'abri PC du site scolaire du Léman. Une actualité qui ramena à mon projet présenté en septembre de faire loger des migrants par la majorité de gauche si prompte à vouloir les faire venir...

Entre deux célébrations (!) de l'arrivée des migrants, je pus donc placer le texte suivant devant mes collègues du Conseil (avec le rajout de liens adéquats).

 


 

Le mois dernier j'ai tenté de déposer un projet de résolution qui n'a pu être pris en compte pour des raisons de procédures. Depuis, la Municipalité a formellement répondu à mon interpellation, ce dont je la remercie. A l'époque, je ne me doutais pas que la Municipalité négociait en coulisse avec l'EVAM sur l'arrivée de réfugiés dans notre commune. Ils seront déjà installés lors de notre prochaine séance de Conseil.

Voilà une nouvelle qui ne manquera pas de convaincre les derniers incrédules que la question des migrants est très concrète et tout à fait locale. Je suis sûr que la majorité de ce Conseil se réjouit de l'arrivée des premiers 50 réfugiés musulmans célibataires mâles dans un l'abri PC d'un site scolaire. Cela alimentera certainement les conversations des élèves comme de leurs parents et des riverains. J'ai moi-même suggéré une grande fête pour les accueillir. Renens a fait une fête rien que pour inaugurer des zones 30, donc ne soyons pas chiches.

La Municipalité a précisé que l'EVAM avait l'obligation de loger aussi bien les immigrés légaux que les illégaux. Les abris PC et autres hébergements d'urgence n'étant pas toujours suffisants, ils les logent désormais dans les hôtels, par exemple à l'auberge du Châlet à Gobet - le tout payé par les contribuables. Mais ce n'est pas assez. Pendant le mois de septembre, le Parlement helvétique a statué sur une révision de la loi sur l'asile. On a beaucoup parlé dans les médias des avocats gratuits dont ils bénéficieront désormais automatiquement, mais ce n'est pas le seul "progrès" amené par la révision. A présent, la loi offre également la possibilité d'exproprier des particuliers pour ouvrir de nouveaux centres d'asile.

Tout ceci ramène à mon projet de résolution de septembre qui a été, je dois bien le dire, rattrapé puis dépassé par l'actualité. Pourtant, ses fondements restent valables: j'invite la majorité de gauche de ce Conseil à agir concrètement, en accord avec les programmes de ses partis respectifs. Le PS suisse, par exemple, dispose en ce moment d'un programme concret "Solidarité avec les réfugiés". Christian Levrat, le président de ce parti, a affirmé que nous devrions accueillir "dix fois plus de réfugiés".

Comment les loger? De toute évidence, les abris PC ne suffiront pas et l'hôtellerie non plus. Mais pourquoi attendre que des particuliers se fassent exproprier pour les loger lorsqu'il suffit de s'investir sur une base volontaire? Nous avons dans ce conseil tout ce qu'il faut pour donner l'exemple.

Je (re)propose donc à cette assemblée ce projet de Résolution à peine remanié:

Le Conseil Communal déclare à la Municipalité qu'il souhaite apporter une aide immédiate à l'hébergement des migrants dans le besoin situés sur la commune et alentours. Les conseillers communaux soutenant cette résolution réaffirment ainsi leurs convictions politiques. Ils souhaitent héberger des migrants chez eux jusqu'à ce qu'une solution pérenne soit trouvée. Compte tenu de l'urgence, ils prient les autorités de contacter l'Etablissement Vaudois d'Accueil des Migrants ou toute autre structure adéquate pour que cet accueil puisse se concrétiser dans les plus brefs délais.


Certains ne comprennent pas le sens de mon action. Il est pourtant simple: je pense qu'il faut mener par l'exemple, en cohérence avec les opinions de chacun. D'ailleurs, à ce propos, je voudrais terminer mon intervention en rendant hommage à une personnalité de ce conseil, Mme Nathalie Kocher-Jaccard des Verts, qui vit selon ces principes d'implication et de sincérité. Lors de notre séance précédente, Mme Jaccard faisait étalage de sa vaste supériorité morale en affirmant, je cite:

"je parle personnellement, pour moi, accueillir quelqu'un en difficulté dans ma maison, cela ne me pose aucun problème."


Je m'incline respectueusement, Mme Jaccard. Je vous invite donc à venir à la tribune nous décrire les différentes démarches que vous avez entreprises depuis un mois pour accueillir quelqu'un en difficulté dans votre maison, sachant que cela ne vous posait "aucun problème". Après tout, nul n'est sensé attendre un vote pour agir à titre personnel.

L'urgence est toujours là et les nuits rafraîchissent, mesdames et messieurs.

 


 

La vidéo de cette séquence est disponible au point 4 "communications de la présidence".

Même si personne ne savait exactement ce que je viendrais dire à la tribune, l'effet de surprise était éventé depuis un mois. D'autres orateurs continuèrent comme si de rien n'était leur magnifique plaidoyer pour l'accueil des migrants et Mme Kocher-Jaccard vint naturellement répondre que ses démarches étaient une affaire privée. Pareille discrétion dans la bonté force le respect!

Mais il fallut tout de même passer au vote - à ma demande un vote nominal qui plus est, c'est-à-dire que chaque conseiller communal devait annoncer à l'appel de son nom s'il était pour ou contre la Résolution, ou s'il s'abstenait. Pas possible de se cacher derrière une forêt anonyme de bras levés! La gauche ne pouvait pas non plus quitter la salle pétrie d'indignation, puisque l'affaire était traitée parmi les premiers points de l'ordre du jour.

On demanda une suspension de séance. Les partis de la majorité n'eurent aucun mal à se mettre d'accord: à l'exception d'une poignée d'abstentionnistes, ils choisirent tous de rejeter le texte.

La gauche aime les réfugiés, mais pas chez elle.

Rappelons-nous de ce vote lorsque les autorités réclameront des efforts supplémentaires de la part de la population renanaise, car il est clair que les 50 "réfugiés" qui arriveront début novembre ne seront de loin pas les derniers.

13 septembre 2015

La gauche renanaise face à ses contradictions

La Suisse paisible existe mais elle est en sursis. Il y a peut-être des gens insouciants et heureux à Leysin ou dans des villages reculés des Grisons, qui se croient à l'abri de la déferlante migratoire européenne. Mais ils se trompent: la vague les atteindra eux aussi. Rien que dans notre modeste ville de Renens, l'afflux de migrants a fait parler de lui dans les médias.

Cet été, jusqu'à 80 immigrés illégaux se retrouvèrent à dormir dans les jardins du "sleep-in", une structure d'hébergement d'urgence renano-lausannoise complètement débordée. Après diverses sommations la décision fut prise de les expulser... C'est-à-dire juste de les faire s'installer ailleurs.

Les frontières doivent rester ouverte et tous les étrangers sont les bienvenus... Mais ils sont priés de ne pas s'installer dans une commune de gauche! N'est-ce pas un peu facile?

Me faisant l'écho de tous ceux, excédés, qui enjoignent les apôtres de l'ouverture des frontières à joindre le geste à la parole en accueillant eux-mêmes les migrants, je déposai un texte dont voici la teneur:

[Les] conseillers communaux (...) se proposent d'agir en accord avec leurs convictions politiques pour apporter une aide immédiate à l'inconfort des migrants dans le besoin situés sur la commune ou ses alentours. Ils se portent volontaires pour les héberger chez eux jusqu'à ce qu'une solution pérenne soit trouvée.


Panique à bord! Quelle levée de boucliers! Pendant que certains examinaient scrupuleusement le règlement du conseil communal pour voir comment désamorcer la bombe, des orateurs se succédèrent pour incendier l'UDC en esquivant soigneusement le fond. Finalement, la syndique communiste botta en touche en repoussant le sujet à la séance suivante.

Les plus courageux pourront assister à ces échanges en regardant la vidéo de la séance, les choses intéressantes se déroulent entre 2:51:00 et 3:09:00.

Au cours de cette séquence, un peu avant le dépôt du texte par qui le scandale arrive, Marianne Huguenin tint d'ailleurs des propos instructifs sur les relations entre l’Établissement Vaudois d'Accueil des Migrants (EVAM) et les immigrés illégaux:

...Nous avons cherché à les accompagner dans leur arrivée en Suisse (...) et c'est vrai que nous avons cherché à les orienter sur l'EVAM en sachant que se pose le problème de l'identification. L'EVAM loge ces gens dans la soirée, c'est son job, même s'ils sont en situation illégale, il faut le savoir et la loi sur l'asile et les requérants d'asile oblige le canton à loger non seulement les demandeurs d'asile légaux mais aussi les étrangers en situation irrégulière. Ils doivent les loger. C'est vrai qu'ils doivent être identifiés, avec le risque, qui n'est pas un risque immédiat, mais avec le risque qu'ils puissent être expulsés.

 
Comment loger ces gens dans la soirée? Facile! A l'hôtel. Et c'est le contribuable qui régale.

L'offensive pour mettre la gauche renanaise face à ses responsabilités continuera le mois prochain. J'espère que dans l'intervalle, maintenant que je leur ai soufflé l'idée, tous les donneurs de leçon en auront profité pour accueillir chez eux un migrant!

08 mai 2015

Indicible Robert Ménard

En Absurdie - pays voisin qui s'appelait autrefois France - la chasse aux sorcières bat son plein. La cible du jour: Robert Ménard, maire de Béziers, dont l'aura de respectabilité de fondateur de Reporters Sans Frontières est devenue radioactive depuis qu'il s'est fait élire avec le soutien du Front National.

Depuis, l'odieux, le diabolique Ménard enchaîne les ignominies: armement de la police municipale, changement de nom d'une rue, linge au balcon interdit... Et la dernière d'entre elles, probablement celle de trop, d'avoir évoqué à l'antenne le "fichage" d'élèves musulmans:

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"Robert Ménard dit qu'il y a 64,9% d'enfants de confession musulmane à Béziers. Mais il les tient d'où, ces statistiques ?", interroge un internaute, repris par l'un des chroniqueurs de l'émission. L'intéressé répond sans sourciller :

"Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants. Les prénoms disent les confessions, il ne faut pas nier l'évidence. Je sais que je n'ai pas le droit, mais on le fait."


Grâce à cette belle tirade, le maire dérangeant encourt 300'000 euros d'amende et 5 ans de prison, ainsi qu'une révocation. Gageons qu'on ne le loupera pas. Il aura probablement droit à la totale, un aller simple vers les poubelles de l'histoire, même si l'acte d'accusation est fragile - il n'y a par exemple pour l'heure aucun élément matériel prouvant l'infraction. Mais détails que tout cela. Qu'importe le Droit lorsqu'on s'attaque au Vive-Ensemble, à la Dignité Humaine, à la République, à la France! Oui, Monsieur, la France! La France éternelle, pays des Lumières, patrie des Droits de l'Homme, fière et intransigeante! Tout ça le jour même où François Hollande, en voyage au Moyen-Orient, assiste à un sommet de chefs d'Etat locaux où chaque réunion commence par une prière solennelle en arabe rappelant la soumission à Allah... malheureuse coïncidence du calendrier.

L'affront commis par M. Ménard est tellement ignoble que même la tenue d'un procès semble une concession déplacée. La machine à broyer, le jihad médiatique est en marche:

[Le gouvernement français] qui a fait rentrer entre 15 et 20 millions d’allogènes en un quart de siècle, monte sur ses grands chevaux républicains pour menacer la tourbe populaire encore trop rétive.(...) Le crime reproché au maire de Béziers est hallucinant, il est incroyable, il relève de la pathologie la plus complète et du renversement des valeurs le plus total, et il consiste, ce crime, à compter le nombre de musulmans dans les écoles ! Or, savoir combien il y a de musulmans en France, dix, quinze ou vingt millions est, pour les fous qui nous dirigent, un crime contre l’humanité.


Robert Ménard eut droit à une  mise en examen et la fouille en règle de ses bureaux et de ceux de ses collaborateurs moins d'un jour après ses commentaires à la télévision ; la célérité avec laquelle la Force Publique est à l'affût contraste avec la franche apathie des autorités lorsqu'il faut défendre quelque chose comme le droit de propriété ou lorsqu'elles conseillent à des victimes à répétition de déménager...

De même, il est probablement déplacé de faire quelques parallèles, comme on dit. Par exemple, rappeler que:

  • Tous les élèves de France et de Navarre eurent au cours de leur scolarité à remplir d'innombrables petites fiches en début d'année pour que leurs professeurs "les connaissent mieux", fiches contenant sempiternellement la profession des parents par exemple, sans que cela ne soit jamais considéré comme du fichage.
  • Le même fichage inexistant qui a lieu à tous les niveaux de l'Etat français et depuis longtemps, et se renforce régulièrement suite à des lois contre le terrorisme (lequel implique essentiellement des témoins de Jéhovah comme chacun sait).
  • Manuel Valls l'indigné-en-chef proclamant crânement sur un tweet que la République ne faisait aucune distinction entre ses enfants, ne se gêna apparemment pas pour en faire entre les adultes quelques années plus tôt.
  • En 2012, SOS Racisme se livra à la même étude sur l'origine basée sur le prénom sans être le moins du monde inquiétée.
  • Question pour les curieux: comment les cantines scolaires de ces fameuses écoles-où-on-ne-dénombre-pas-les-enfants-selon-leur-religion font, sans jamais tenir un fichier, pour fournir des repas halal à ceux qui en font la demande?

On pourrait probablement trouver de nombreux autres exemples de l'absurdité d'une France qui prétend ne ficher soi-disant personne, jamais, et encore moins sur des considérations religieuses, et le fait en réalité en permanence.

L'indignation surjouée a un but, elle permet d'évacuer le vrai débat. Plus personne pour commenter la question de fond, à savoir, deux tiers d'élèves musulmans dans une classe, n'est-ce pas un peu beaucoup? La France n'est-elle pas en train de changer vers autre chose? Après plusieurs décennies, l'immigration et le regroupement familial n'ont-ils pas donné naissance à des défis d'intégration insolubles?

Certains chapitres de l'histoire de France ou certains cours d'éducation civique vont avoir du mal à passer - sans parler des lois de la république... Mais d'autres subsisteront, car il y a deux sortes de lois en France: les lois banales, souvent inapplicables, qu'on exerce quand on le veut bien et quand il n'y a pas trop de danger, et puis les lois spéciales, les lois d'exception, les lois anti-Ménard en quelque sorte, ou anti-Dieudonné, ou autre cible du moment. Celles-ci sont appliquées avec la plus grande sévérité et une célérité proprement stupéfiante. Elles sont réservées aux ennemis du peuple.

Dans un pays comme la Suisse où l'Etat prélève l'impôt ecclésiastique selon la confession déclarée du citoyen-contribuable et où chaque naissance, décès ou déménagement doit être dûment rapporté auprès du Contrôle des Habitants, les scènes d'hystérie collective de la classe politique et des médias français suite aux "révélations" de Robert Ménard suscitent un sourire incrédule.

On aurait tort pourtant de prendre l'hystérie comme une amusante manifestation d'excès. Exprimée par des politiciens au pouvoir, elle se démultiplie à travers un arsenal législatif impressionnant aux conséquences bien concrètes et implacables - et le maire de Béziers ne sera pas le dernier à les éprouver.

Tous ceux qui se réjouissent de la curée anti-Ménard ici ou ailleurs devraient d'ailleurs s'inquiéter qu'un jour le manche de la même trique tombe entre les mains de quelqu'un d'autre.

20 octobre 2014

Quand les donneurs de leçon n'aiment plus les étrangers

L'EPFL aimerait bien introduire des quotas d'étrangers.

Reformulons: l'EPFL, école d'élite ouverte sur le monde etc. etc., pour laquelle la Suisse est un modeste reliquat du passé et les frontières un carcan dont il faut s'affranchir, dirigée par l'éminent parachuté Patrick Aebischer, lequel n'hésita pas à exprimer dans les journaux toute son "amertume" après un vote du 9 février qui le laissa "furieux et abattu", prêt à lutter contre les "arguments populistes de l'UDC"... Bref, on pourrait continuer longtemps! Eh bien cette EPFL-là, dirigée par ces gens-là, demande, réclame même, l'instauration de quotas pour les inscription d'étudiants étrangers.

Dit comme cela, on comprend mieux l'ampleur de la nouvelle.

Celle-ci fut d'ailleurs révélée en premier par la Schweiz am Sonntag, un quotidien alémanique. On devine que l'EPFL n'était pas trop fière de son changement de cap - un peu comme un prêtre avouant à ses ouailles qu'il a contracté la syphilis - et n'alla pas le clamer sur tous les toits, mais juste auprès des instances concernées, au Département Fédéral de la Formation à Berne. Instances auprès desquelles se renseignent aussi quelques journalistes du cru. Et évidemment l'information de finir par revenir en Romandie... Même au journal télévisé s'il vous plaît!


La nouvelle a de quoi surprendre, annonce la présentatrice...

"L'école polytechnique fédérale de Lausanne souhaiterait donc pouvoir limiter le nombre d'étrangers dès la première année, si besoin, car avec dix mille étudiants elle est victime de son succès", nous explique-t-on. Tout parallèle avec un pays doté d'un drapeau rouge à croix blanche est purement fortuit.

Le plus savoureux est évidemment d'entendre la justification avancée par le président de l'EPFL, joint au téléphone par une journaliste ; en voici la transcription:

"Je suis totalement contre les contingentements mais aujourd'hui si on laissait ouvert les vannes on pourrait avoir trente mille étudiants sur le campus... Il y a une limite à avoir, aujourd'hui [l'université de] Saint-Gall limite à 25% d'étudiants étrangers, ça c'est la réalité. Donc je crois qu'il y a un moment si vous voulez où vous devez trouver des équilibres et 50% me paraît être un bon équilibre..."


Patrick Aebischer a sans doute beaucoup pleuré, il s'est flagellé à de nombreuses reprises, il a perdu l'appétit et ne demande des quotas que la mort dans l'âme, mais bon, il les demande tout de même. Je suis totalement contre les contingents, mais j'en veux pour l'EPFL.

C'est magnifique, magique. On reste interdit par une telle facilité verbale. On en perdrait sa novlangue!

Alors que l'Armée du Bien martèle jour après jour son amour pour le métissage, l'immigration, l'ouverture indiscriminée des frontières, passant comme chat sur braise sur les aspects les moins reluisants de l'afflux d'étrangers... L'EPFL semble, avec 52% d'étrangers, avoir heurté de plein fouet le mur de la réalité. Non, il n'y a pas de place pour tout le monde. Et même la mise en place d'une immigration choisie - que l'EPFL pratique en recrutant sur dossier - ne suffit pas!

La tolérance ne serait-elle donc qu'une question de proportion?

04 décembre 2010

Le Sommet de Cancun

Découverte via h16, une vidéo sur le Sommet de Cancun va sans nul doute devenir virale.

Le Sommet de Cancun? Mais si, vous savez, du 29 novembre au 10 décembre, la 16e conférence sur les changements climatiques dans le cadre de l’ONU (CCNUCC) dont l'objectif est de trouver un accord international sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour la période 2013-2020...

Les ministres de l'environnement, délégués et autres lobbyistes issus de 194 pays se retrouvent donc à Cancun avec un agenda chargé: déforestation, compensations de non-émission, législation internationale contraignante pour la réduction des émissions de CO2, définition de quotas de CO2 et ainsi de suite dans le cadre de la lutte historique de l'humanité contre le réchauffement climatique.

Pourquoi Cancun me direz-vous? Eh bien, Cancun est une espèce de symbole d'un développement non maîtrisé; une station balnéaire artificiellement érigée sur d'anciennes mangroves asséchées. Pauvres mexicains qui ont vu leurs marais poisseux bourrés de moustiques remplacés par des hôtels de luxe! Saloperie de développement économique! On visionnera avec délice le reportage de la TSR sur la ville, il vaut son pesant de cacahuètes.

On imagine l'abnégation et le sérieux de chaque participant, imprégné de l'importance cruciale de sa mission pour la survie de la civilisation et l'avenir de l'humanité alors que s'ouvre le sommet...

Foutaises, faut-il crier à ce moment là. N'en jetez plus, la coupe est pleine! Assez!

Si les délégués écolo-bien-pensants du monde entier se réunissent à Cancun, c'est avant tout parce que c'est une station balnéaire super cool débordante d'hôtels de luxe, de piscines, de spas et de plages artificielles magnifiques. L'alcool y coule à flots, il y a de la musique live et des buffets à volonté (et probablement les extras qui vont avec, de la drogue aux prostituées.)

Démonstration. C'est encore mieux avec un peu de son.

Voilà, chers lecteurs, comment l'humanité est sauvée par ses élites pendant que la Suisse s'enfonce sous la neige. Allons, cette vidéo ne montre que le premier soir, n'oublions pas que le sommet dure jusqu'au 10 décembre.

Je comprends qu'on se bouscule pour sauver la planète!

Si le résultat de Cancun est insuffisant, le prochain sommet se tiendra en Afrique du Sud à Durban en décembre 2011. Comme par hasard, Durban se trouve être une station balnéaire luxueuse. Ca tombe drôlement bien! Et puis décembre 2011, dans l'hémisphère sud, ce sera très ensoleillé. Un symbole en direction du réchauffement climatique, sans aucun doute.

Oui, il fait bon sauver la planète. Mais comme dit h16, pas de quoi s'indigner: c'est avec votre pognon, après tout.