20 juin 2018

Sauver Tommy Robinson

Soyons honnêtes, vous n'avez probablement jamais entendu parler de Tommy Robinson avant, au mieux, ces quelques jours. Le Matin et 24Heures recopiant les mêmes dépêches issues de l'ATS, on repérera une mention, identique dans les deux publications, remontant à 2013 et rendant compte d'une manifestation contre les terroristes musulmans qui, à l'époque, se mirent à poignarder à coups de couteau et de hachoir un soldat en pleine rue (un événement dont je pus rendre compte ici, mêlé à d'autres réflexions). À cette occasion, nous eûmes donc un premier aperçu du Sieur Robinson:

Un millier de partisans de la Ligue de défense anglaise (EDL, extrême-droite) ont manifesté lundi devant les bureaux du Premier ministre, ont constaté des journalistes. Ils scandaient: "Les meurtriers musulmans hors de nos rues".

"Ils ont eu leur Printemps arabe. Le temps est venu d'avoir le Printemps anglais", a déclaré le chef de l'EDL, Tommy Robinson.


Osant chanter quelque chose d'aussi odieux que "les meurtriers musulmans hors de nos rues", Tommy Robinson serait donc un affreux leader d'extrême-droite. Correspondant de la RTS alors en poste à Paris, Jean-Philippe Schaller, au détour d'une énième charge contre Oskar Freysinger le décrit dès 2010 comme "le fondateur de la très violente et raciste English defense league", et qu'il serait un "orateur sulfureux". Besoin d'un exorciste, M. Schaller?

Pourtant, même la page Wikipédia de la fameuse English defense league laisse le quidam sur sa faim. Le but affiché de ce mouvement est de combattre l'islamisation de l'Angleterre, et plus particulièrement l'extrémisme musulman, par de nombreuses manifestations ; et les accusations d'extrême-droite (proférée par l'extrême-gauche) se heurtent à la présence dans l'association de membres gays, pro-israéliens, anti-nazis ou de couleur.

Cette laborieuse recherche des traces de Tommy Robinson dans nos médias nous fait clairement comprendre une chose: il n'est pas question d'en parler, et s'il doit être évoqué c'est pour en dire le plus grand mal. Pour eux, il est dans le camp anti-islam et fait donc partie des gens à abattre. Et ce n'est pas qu'une tournure de style.

TommyRobinson.com

Ceux qui souhaiteraient se forger eux-mêmes leur idée sur le personnage peuvent le faire en allant simplement sur sa chaîne YouTube forte de plus de 200'000 abonnés et depuis peu, son site. Car avant d'être fondateur d'associations, Tommy Robinson est simplement un Anglais concerné, simple et direct, agissant comme journaliste indépendant pour parler des sujets que les grands médias décident de passer sous silence.

Les sujets traités sont hélas innombrables. Tommy Robinson soutient par exemple que de nombreuses exactions commises au nom de l'islam au Royaume-Uni, terrorisme ou actes criminels, sont couverts par la police. Ils restent impunis, cachés au grand public ou convertis en simples accidents - comme les fameux "actes de déséquilibrés" dont nous sommes désormais tous coutumiers, ou des attaques de voiture contre des civils comptées comme de simples accidents de la route.

De par la nature même de ses propos, Tommy Robinson dérange. La riposte graduelle qu'il subit amena le youtubeur à poster une vidéo inquiétante et prophétique:

"Ils veulent me réduire au silence, me discréditer. Ils ont essayé de m'arrêter de toutes les façons possibles et imaginables - couper mes finances, m'emprisonner, me diffamer, me relier à du téléchargement porno ou extrémiste... Maintenant ils essayent de me prendre la dernière chose qui me reste, ma voix."

"Je ne doute pas un instant qu'un jour ils me retireront l'accès aux médias sociaux, complètement et pour toujours. Ils m'ôteront mon droit à me défendre quand je suis diffamé dans la presse. Les médias pourront vous dire exactement ce qu'ils veulent de moi et je n'aurai aucun moyen d'y répondre."

"S'ils peuvent le faire contre moi, ils peuvent le faire contre vous."

Arrestation, emprisonnement et tentative de mise à mort

Le 28 mai 2018, Tommy Robinson se faisait enregistrer en direct depuis l'extérieur d'une cour de justice de Leeds où il évoquait le jugement d'un gang pédophile de plusieurs dizaines de Pakistanais musulmans qui violèrent des décennies durant de jeunes enfants anglais sans intervention des pouvoirs publics. En l'espace de quelques heures, un juge lança un procès, le mit en accusation et le condamna à une peine de prison ferme de 13 mois - tout en associant à la décision de justice l'interdiction absolue aux médias anglais de rendre compte de l'affaire. Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, fut immédiatement incarcéré à la prison de Hull.

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Tommy Robinson, arrêté en direct, filmé depuis sa propre caméra.

La plupart des médias furent heureux d'obtempérer à l'injonction mais certains articles publiés sur Scottish Daily Record, Birmingham Live, The Mirror, RT, et sur Breitbart News durent néanmoins être retirés. L'ordre de la Cour interdisant aux médias d'évoquer le sujet dut lui aussi être ôté de toute publication en ligne.

Événement inattendu, l'arrestation de Tommy Robinson déclencha des manifestations spontanées, puis d'autres organisées. Mais ce qui n'était encore que la dérive orwellienne des derniers fragments de la "liberté d'expression" en Angleterre empira peu après, puisque Tommy Robinson fut transféré dans une nouvelle prison peuplée d'encore plus de musulmans que la précédente, dans l'objectif implicite qu'ils concrétisent les nombreuses menaces de mort proférées à son encontre et finissent le travail.

Heureusement, des politiciens de plus haut niveau (UKIP en Angleterre et à l'Union Européenne, subissant des techniques identiques, et AfD en Allemagne) s'interrogèrent sur ce qui était arrivé à M. Robinson et sur la responsabilité du gouvernement britannique dans ce qui ressemblait à un assassinat déguisé. Cette réaction lui sauva sans doute la vie - pour l'instant en tout cas.

Lettre de prison

Depuis sa cellule de Hull - avant son transfert donc - Tommy Robinson a écrit une lettre aux centaines de milliers de personnes qui le soutiennent. La voici en intégralité, traduite par Florence Labbé. Je vous laisse juger du niveau d'extrémisme de son auteur, tel que le décrètent nos chers journalistes.

 


 

Nous y revoilà donc. C’est dimanche soir 10 juin 2018, les nouvelles des scènes magnifiques qui se sont déroulées à Londres hier soir me parviennent, mais avant que je commente les aspects positifs de ces événements, je veux d’abord parler des aspects négatifs. Je veux partager avec vous des extraits de la lettre de ma femme :

« L’école m’a téléphoné avant que je ne parte au travail pour me dire que Spencer (le fils de Tommy) n’allait pas bien à l’école, qu’il ne gérait pas du tout et qu’il pleurait à la moindre occasion. Son copain Sam lui a dit : « je vais faire du cross avec mon père » et Spencer lui a répondu: « bon, moi je peux pas faire ça avec le mien » et il est parti en pleurant. il a pleuré jusqu’à ce qu’il s’endorme. il dort avec ton oreiller et me demande à longueur de journée « quand est-ce qu’il rentre Papa ? ». Je ne peux même pas lui donner de date approximative puisque tu n’en as pas non plus ! Je me contente de lui répéter que c’est pour bientôt, que ça ne sert à rien de pleurer et qu’il doit se montrer courageux pour que tu sois fier de lui. Hier soir, il m’a dit : « Je vais faire quelque chose de mal comme ça je serai en prison et je pourrai voir Papa. »

Je ne vais pas mentir : cette nouvelle m’a brisé le cœur. Il y a une semaine, la prison m’a enlevé le numéro de téléphone de ma femme, je n’ai donc pas pu parler à mes enfants. Ce qui  me bouleverse aussi, c’est de penser que mon fils pense que si je suis en prison, c’est parce que j’ai fait quelque chose de mal. Plutôt que m’apitoyer sur moi-même, je devrais mettre cela en perspective : je ne suis pas chez moi pendant une courte durée. Les enfants de soldats vivent tout le temps de telles situations. C’est pour cela que j’admire leurs sacrifices passés et présents. Je ne m’étends pas trop longtemps sur mon affaire car nous venons d’introduire un recours. Ce dont je veux parler, c’est de ce que vous m’avez apporté.

Quand je me suis retrouvé dans cette prison, j’étais dégoûté. Écœuré de ce que ma famille allait devoir traverser, dégoûté pour ceux avec qui j’étais en contact et qui comptaient sur moi pour raconter leur histoire. J’étais également sûr que je serais tué en prison. Quand j’étais leader de l’English Defence League, j’ai été condamné en 2012 à 10 mois de prison.  Pour ma propre sécurité, j’ai été mis en isolement pendant 22 semaines. Je pense que c’est parce que le Gouvernement craignait des soulèvements dans les rues si j’étais tué en prison. En 2013, le soldat Lee Rigby a été décapité ; le Gouvernement a pu voir qu’un soldat pouvait être décapité sans que personne ne réagisse.

En 2014, j’ai été envoyé en prison pour 18 mois. J’ai été littéralement livré aux chiens.  Roué de coups par des prisonniers musulmans, j’ai eu de la chance de m’en sortir vivant. Le gouvernement savait que je pouvais mourir sans que quiconque n’intervienne. Ce fut un moment terrible pour moi de me rendre compte que si j’étais tué, ma mort passerait inaperçue;  Je me suis rendu également compte que ma famille ne recevrait aucun soutien pour ses besoins ou sa sécurité.

OH MAIS QUELLE DIFFERENCE  EN QUATRE ANS !

Dès les premières 24 heures de mon arrivée ici,  J’ai  appris que des milliers de personnes manifestaient devant le 10 Downing Street. Que votre pétition avait récolté 100 000 signatures, maintenant nous en sommes à 300 000.  Ensuite un demi-million. J’ai entendu dire que des manifestants escaladaient les grilles de la maison du Premier ministre. Je pensais que ceux qui me rapportaient ces nouvelles se trompaient, qu’il s’agissait d’une manifestation pour la liberté en général. Je ne me doutais pas qu’il s’agissait d’un combat pour MA libération.

Incarcéré les premiers jours au milieu de musulmans, j’étais en danger quand quelque chose a changé. J’ai été soustrait de ma cellule et de mon quartier,  et mis seul dans une cellule, en sécurité. Je pense que c’est lorsque Lord Pearson (homme politique, ancien dirigeant de l’UKIP)  a pris la parole au sujet de ma sécurité. il m’a certainement sauvé la vie;

J’ai ensuite su que des mouvements de protestation se propageaient partout dans le monde. J’ai su que la parole se libérait chez beaucoup de gens qui pendant des années  étaient restés silencieux, hommes politiques, policiers, avocats. Je suis profondément  ému de savoir que 20 000 personnes  ont manifesté ce week-end à Londres leur solidarité. Je suis abasourdi par la réaction du public. Je me sens aimé. Aimé et reconnu.

Je reçois tous les jours des centaines de lettres et mails. Je lis chacun d’eux et vous en suis très reconnaissant. Je tiens à remercier chacun d’entre vous qui m’a soutenu. Je sais combien il est difficile de parler. Je sais que beaucoup, pour m’avoir soutenu, ont dû subir des conséquences, de la part d’amis ou au travail,  et je vous en suis très reconnaissant. Il n’y a plus de liberté d’expression quand on doit subir des conséquences sociales.

Je suis heureux, heureux que cette peine de prison ait eu des conséquences pour l’establishment,  heureux que le public ait montré les conséquences que ma mort aurait entraînées. Je dis depuis longtemps qu’un jour, on ne sait quand, notre nation changera de cap.

J’y pense beaucoup et je suis sûr que je mourrai à cause de l’islam. Ceci m’effraie, mais pas autant que de savoir que ma mort n’aurait eu aucune conséquence. A présent, je souris, soulagé de savoir que ma mort entraînerait une révolution. Je ris, ce qui peut sembler fou, mais de savoir cela m’apporte une grande satisfaction.

J’ai toujours dit que je donnerais ma vie si cela pouvait arrêter la prise de pouvoir de l’islam sur mon beau pays. Notre bataille n’est pas aussi simple que contre la chair et le sang mais nous nous battons contre un système, un système corrompu. La prison laisse beaucoup de temps pour réfléchir. Nous ne pouvons plus rester chacun dans notre coin, nous devons unir nos voix et nos mouvement dans l’action politique. J’ai beaucoup de projets après ma sortie de prison.  J’ai été très heureux de savoir que Geert Wilders est venu parler à Londres. C’est lui qui m’a inspiré quand j’ai commencé mon action de militant.

Je ne peux pas établir la liste de toutes les personnes que je veux remercier  mais je sais qu’Alex Jones d’Info Wars mènerait la lutte pour ma libération. il me fait rire et je l’adore. Gerard Bitten de UKIP, Lord Pearson, Raheem Kassam, Katie Hopkins, mon cousin Kevin Carroll, Donald Trump junior pour ses tweets. J’aurais fait six mois rien que pour ça.

La liste serait encore longue, je remercierai en bonne et due forme à ma libération.  Enfin, je tiens à remercier par-dessus tout ma femme. Quand j’ai enfin pu lui parler au téléphone je lui ai demandé, en plaisantant, si elle n’en avait pas assez de tout ça. Je n’ai pas été un mari génial mais elle a été une épouse et une mère parfaites. Je ne pourrais pas survivre à cette épreuve sans ma famille.

Si vous lisez cette lettre en ligne, sachez que JE VOUS AIME et que VOUS ME MANQUEZ. Mes potes vont me chambrer pour cette putain de lettre sentimentale. Beaucoup de gens me disent que je leur donne de l’espoir mais je tiens à vous dire que vos réactions, que ce soient votre soutien à ma famille, la  prise en charge des frais de justice, ou le partage de vidéos, vous m’avez donné de l’espoir et un sentiment sans nom.

Veuillez excuser mon écriture, ma main me fait mal parce que je rédige des notes pour mon prochain livre sur lequel je travaillais avant d’être emprisonné.  Le titre provisoire en est : Battle for Britain. il s’agit en gros de mettre à jour l’Ennemi de l’Etat et de présenter une vision de l’avenir. Je remercie donc Sa Majesté de me donner le temps d’y travailler.

C’est formidable de savoir qu’il y a d’autres manifestations prévues, c’est formidable de savoir que je ne suis pas oublié et que leurs tentatives de me faire taire n’ont pas marché.

C’est lundi et je viens de regarder Love Island. On a remis le numéro de téléphone de ma femme dans les données et j’ai pu parler à mes enfants. Je suis moins stressé et plus détendu. Mes enfants vont venir me voir très  bientôt.

Merci à tous de votre soutien. C’est votre protestation et vos réactions qui me garderont en sécurité. Je tiens à ce que vous sachiez combien je suis motivé et reconnaissant. J’espère que Lord Pearson et Gérard Batten m’écriront et, les potes, si vous lisez cette missive, demandez à Gérard de venir avec vous à la prison de Hull. Mes appels ont abouti, appel du verdict, appel des conditions d’emprisonnement et appel concernant la caution. Merci de tout cœur à Pauline Hansen, merci à l’AfD pour leur offre d’asile.

L’establishment pensait clore le livre. Au contraire, le public vient d’ouvrir un nouveau chapitre.

Amitiés et remerciements à tous.

Papa, Maman, désolé de ce stress que je vous cause.

Merci au monde libre.

C’est mardi. On me change de prison. Mes enfants ne me verront pas ce week-end.

25 mars 2018

Héroïsme, sacrifice et valeurs

La France a un héros: le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.

Un héros à titre posthume, victime d'un nouvel épisode de barbarie commis au nom de l'islam.

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Illustre inconnu il y a quelques jours, le lieutenant-colonel passa à la postérité en agissant en situation de crise avec un sens aigu du sacrifice:

Le lieutenant-colonel Beltrame faisait partie les gendarmes appelés à intervenir, plus tôt dans la journée, alors qu’une attaque [était] en cours dans un supermarché de Trèbes, à 8 km de Carcassonne.

Il entre dans le Super U et se porte volontaire pour se substituer à une femme retenue en otage par Radouane Lakdim, un jeune délinquant se revendiquant du groupe État islamique. Le terroriste accepte et, trois heures plus tard, lui tire dessus à plusieurs reprises avant que les policiers du GIGN, alertés par le téléphone portable d’Arnaud Beltrame resté allumé, ne lancent l’assaut et neutralisent le terroriste. Arnaud Beltrame succombera à ses blessures dans la nuit, à l’hôpital.


Parmi ses multiples blessures, le geste fatal est un coup de couteau asséné au niveau du cou par le terroriste musulman, comme nous l'apprennent aujourd'hui les résultats de son autopsie.

Le noble sacrifice du gendarme permet rétrospectivement aux médias et au monde politique de souffler. Ouf, on peut parler d'autre chose que des errements des services de renseignement, de l'incurie politique en matière de protection des frontières et de la population, du Padamalgam! habituel et autres trajectoires de radicalisation du dernier "loup solitaire" en date. La France a un héros, un vrai, et mis à part quelques imbéciles de service, la célébration posthume du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame semble sincère.

Semble, car elle ne l'est pas. La célébration est délibérément incomplète et superficielle.

On évite de creuser, de peur de tomber sur quelque chose.

Qu'est-ce qui a conduit un brillant haut-gradé et militaire de carrière à risquer sa vie pour une parfaite inconnue, lors d'une prise d'otage dans un supermarché anonyme? Des valeurs. Et pas n'importe quelles  valeurs - des valeurs chrétiennes.

Il faut lire le récit du Père Jean-Baptiste, qui préparait Arnaud Beltrame et sa compagne au mariage religieux, pour le comprendre. Le voici reproduit in-extenso, car dans ce modèle de concision rien ne peut être ôté.

C'est au hasard d'une rencontre lors d'une visite de notre abbaye, Monument Historique, que je fais connaissance avec le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame et Marielle, avec laquelle il vient de se marier civilement le 27 août 2016. Nous sympathisons très vite et ils m'ont demandé de les préparer au mariage religieux que je devais célébrer près de Vannes le 9 juin prochain. Nous avons donc passé de nombreuses heures à travailler les fondamentaux de la vie conjugale depuis près de 2 ans. Je venais de bénir leur maison le 16 décembre et nous finalisions leur dossier canonique de mariage. La très belle déclaration d'intention d'Arnaud m'est parvenue 4 jours avant sa mort héroïque.

Ce jeune couple venait régulièrement à l'abbaye participer aux messes, offices et aux enseignements, en particulier à un groupe de foyers, ND de Cana. Ils faisaient partie de l'équipe de Narbonne. Ils sont venus encore dimanche dernier.

Intelligent, sportif, volubile et entraînant, Arnaud parlait volontiers de sa conversion. Né dans une famille peu pratiquante, il a vécu une authentique conversion vers 2008, à près de 33 ans. Il reçoit la première communion et la confirmation après 2 ans de catéchuménat, en 2010.

Après un pèlerinage à Sainte-Anne-d'Auray en 2015, où il demande à la Vierge Marie de rencontrer la femme de sa vie, il se lie avec Marielle, dont la foi est profonde et discrète. Les fiançailles sont célébrées à l'abbaye bretonne de Timadeuc à Pâques 2016.

Passionné par la gendarmerie, il nourrit depuis toujours une passion pour la France, sa grandeur, son histoire, ses racines chrétiennes qu'il a redécouvertes avec sa conversion.

En se livrant à la place d'otages, il est probablement animé avec passion de son héroïsme d'officier, car pour lui, être gendarme voulait dire protéger. Mais il sait le risque inouï qu'il prend.

Il sait aussi la promesse de mariage religieux qu'il a fait à Marielle qui est déjà civilement son épouse et qu'il aime tendrement, j'en suis témoin. Alors? Avait-il le droit de prendre un tel risque? Il me semble que seule sa foi peut expliquer la folie de ce sacrifice qui fait aujourd'hui l'admiration de tous. Il savait comme nous l'a dit Jésus, qu'«Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.» (Jn 15, 13). Il savait que, si sa vie commençait d'appartenir à Marielle, elle était aussi à Dieu, à la France, à ses frères en danger de mort. Je crois que seule une foi chrétienne animée par la charité pouvait lui demander ce sacrifice surhumain.

J'ai pu le rejoindre à l'hôpital de Carcassonne vers 21h hier soir. Les gendarmes et les médecins ou infirmières m'ont ouvert le chemin avec une délicatesse remarquable. Il était vivant mais inconscient. J'ai pu lui donner le sacrement des malades et la bénédiction apostolique à l'article de la mort. Marielle alternait ces belles formules liturgiques.

Nous étions le vendredi de la Passion, juste avant l'ouverture de la Semaine Sainte. Je venais de prier l'office de none et le chemin de croix à son intention. Je demande au personnel soignant s'il peut avoir une médaille mariale, celle de la rue du Bac de Paris, près de lui. Compréhensive et professionnelle, une infirmière, la fixe à son épaule.

Je n'ai pas pu le marier comme l'a dit maladroitement un article, car il était inconscient.

Arnaud n'aura jamais d'enfants charnels. Mais son héroïsme saisissant va susciter, je le crois, de nombreux imitateurs, prêts à au don d'eux-mêmes pour la France et sa joie chrétienne.

 

Non seulement Arnaud Beltrame était catholique, mais il était converti, croyant, pratiquant, et fervent dans sa Foi. Un mauvais exemple pour la France de demain, donc. Sous les coups de boutoir du socialisme, de la société multiculturelle et du relativisme moral, ces valeurs se perdent, et avec elles les gens capables de les porter.

Médias ou politiciens, la plupart de ceux qui célèbrent aujourd'hui le courage du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame luttent avec ferveur pour abolir les valeurs au nom desquelles il est devenu un héros. Et avant ce jour fatidique, ils s'en seraient probablement moqués.

Dans une situation de crise, une féministe, un transsexuel militant des LGBT, un trotskyste cynique, un syndicaliste arc-bouté sur les droits-acquis, un No-Border adepte du métissage se porteraient-ils volontaires dans un contexte identique? Se substitueraient-ils à une otage anonyme à la merci d'un fou furieux islamiste? Chacun a le droit d'y croire, mais pour ma part, j'ai quelques doutes.

Arnaud Beltrame est mort, cruellement assassiné, mais le monde d'où il vient et les valeurs dont il se réclamait sont aussi agonisantes. Nous nous dirigeons à grande vitesse vers un avenir où tout cela aura disparu. Le monde occidental sera-t-il meilleur pour autant? Chacun imaginera sa propre réponse, mais au train où vont les choses, nous aurons l'occasion de le découvrir bien assez tôt.

18 janvier 2018

Radicalisations

C'est sous l'intitulé mystérieux de "Radicalisations" que la Municipalité de Renens organisa une soirée pour que des habitants puissent échanger avec des professionnels. Ayant été indirectement à l'origine de cette manifestation à travers une interpellation au Conseil Communal ("Pour que Renens agisse contre le radicalisme islamiste" en 2015) il était de mon devoir de m'y rendre.

Dessine-moi un radicalisé

observatoire2017rad.jpgLa soirée vit affluer un public nombreux. Après différentes présentations du contexte par les autorités mettant bien cette assemblée sous le signe du Padamalgam!, la première présentation commença, donnée par Mallory Schneuwly-Purdie, "Sociologue et formatrice - Pluralités".

L'exposé commença par un long et tortueux cheminement visant à définir ce qu'était le radicalisme, à l'aide de citations comme:

"[Le] processus par lequel un individu ou un groupe adopte une forme violente d'action, directement liée à une idéologie extrémiste à contenu politique, social ou religieux qui conteste l'ordre établi sur le plan politique, social ou culturel." -- Khosrokhavar (2014, p. 7-8)


Fuyez, manants, vous n'êtes pas de taille à rivaliser avec ces puissants intellectuels!

Ceux qui passèrent outre la pédanterie pour s'interroger sur la généralité de cette approche furent rapidement confortés dans leurs doutes par les slides suivants, qui montrèrent quelques exemples "d'idéologies extrêmes" selon la présentatrice, dans cet ordre:

  • Nationalisme
  • Communisme
  • Populisme
  • Islamisme

Le nationalisme faisait sans doute référence au nazisme, alors que ce dernier est avant tout un avatar du socialisme, comme en témoigne la bonne entente entre les communistes et les nazis avant que les seconds ne s'en prennent à l'Union Soviétique lors de la Seconde Guerre Mondiale. Mais le populisme? Même Wikipédia n'en parle pas ainsi, c'est dire. Je fus presque surpris de ne pas découvrir le libéralisme parmi cette collection "d'idéologies extrêmes".

Le malaise empira lorsqu'on aborda - enfin - la question de l'islam. Parmi plusieurs contre-vérités sur cette religion, Mme Schneuwly-Purdie eut l'audace d'affirmer que les mosquées étaient un élément central de la lutte contre la radicalisation, ce qui suscita quelques remous dans la salle. Pour la sociologue, la lutte contre la radicalisation passait par quatre thèmes:

  • Les mosquées comme "espaces de socialisation" ;
  • Les imams comme "acteurs de contextualisation" ;
  • Internet comme "outil de transmission" ;
  • Les jeunes comme "passeurs de savoir" (comprendre: un pied dans la culture musulmane et un autre dans la culture occidentale).

Comme d'autres spectateurs je pense, je me fis la remarque qu'elle venait de brosser le portrait des quatre principaux vecteurs de radicalisation. Et elle eut l'audace de les présenter comme les meilleurs moyens de lutter contre! C'est sûr, un jeune déraciné, livré à lui-même sur Internet et se rendant assidûment à la mosquée pour y écouter les prêches des imams est certainement dans une posture idéale pour échapper à toute radicalisation...

À la fin de ce premier exposé, je me demandais: un passionné des loups est-il finalement la meilleure personne à interroger pour chasser le loup?

Les 99%

La seconde présentation fut donnée par Brigitte Knobel, Directrice du Centre intercantonal d'Information sur les Croyances (CIC). Cette structure para-étatique fondée dans le sillage du Massacre du Temple Solaire avait pour premier but de lutter contre les dérives sectaires. D'islam il ne fut question que tardivement, le CIC n'étant réorienté vers cet aspect que depuis quelques années.

Se signant elle aussi du Padamalgam, Mme Knobel s'efforça de montrer que l'islam n'était finalement qu'un radicalisme parmi "de nombreux autres". Le public eut donc droit à un panel représentatif "de groupes religieux hindous, ésotériques, chrétiens et bouddhistes ayant commis des actes de violence dirigés vers l'extérieur ou vers l'intérieur" (sic). Un attentat à la bombe en Suisse par un illuminé hindou en 1975, soit vieux de quarante-trois ans ; la secte du Temple Solaire ; des illuminés chrétiens d'Afrique du Sud qui se suicidèrent en groupe en avalant du cyanure en 1978 ; ou encore l'attentat au gaz sarin de la secte Aum au Japon en mars 1995. Démonstration très concluante en effet.

Cette présentation fut suivie d'un dernier slide statistique montrant l'activité du CIC sur l'année 2017. Émoi dans la salle: 99% des interventions étaient liées à l'islam, "sauf une, liée à un jeune évangéliste", précisa la conférencière. Patatras! En une seule page d'honnêteté intellectuelle, elle démolit le château de cartes du Padamalgam. Les organisateurs échangèrent quelques regards consternés.

Les questions-réponses dérapent

Légèrement déprimé par ce rouleau-compresseur de bons sentiments (malgré une chute du peloton dans la dernière ligne droite) je me demandais si j'allais assister à une deuxième couche de ripoline lors des questions-réponses sur le modèle de ce que j'avais déjà dû subir lors de la visite des mosquées de Renens. Mais ce soir, le public n'était pas le même. Pas de député pro-islam du Grand Conseil vaudois, pas de Claude Béglé venu lécher des babouches depuis Genève, seulement des gens normaux, et inquiets, et pas forcément aussi incultes que nos hôtes l'auraient pensé - ou espéré, peut-être - sur l'islam et la situation actuelle.

Le ton des questions était franchement hostile vis-à-vis des conférenciers, principalement à cause de leur naïveté confondante sur l'islam. "Comment dans un pays où les Droits de l'Homme sont tellement importants, peut-on accepter une communauté qui ne respecte pas les Droits de l'Homme?" demanda par exemple une vieille dame, sous l'approbation générale.

Mais le moment que j'espérais finit par arriver: un Algérien prit la parole - et évoqua son passé pendant la guerre civile algérienne des années 90, pendant le jihad des moudjahidines. Mme Schneuwly-Purdie ayant évoqué en bonne dhimmie le jihad comme "un combat intérieur pour devenir meilleur", il la remit aimablement à sa place:

"La guerre sainte est une prescription de l'islam. Ce n'est pas un choix, c'est une prescription, sur laquelle il y a unanimité, consensus. On ne peut pas me citer un seul courant religieux de l'islam qui réfute que le jihad soit une prescription. Maintenant vous avez beaucoup entendu parler que dans le coran, c'était dans le cadre d'une émission Infrarouge, que le coran enseignait beaucoup plus le jihad spirituel... J'ai mémorisé le coran pendant des décennies... Il n'y a aucun verset du coran qui parle de jihad spirituel, ni aucun hadith. Si vous connaissez un verset, est-ce que vous pouvez me le citer?"


Ouille.

Après ces interventions, la session de questions-réponses fut rapidement close, écourtée de moitié.

La Verrée

La soirée se conclut par une verrée donnant l'occasion au public de discuter avec les intervenants. Ce fut pour moi l'occasion de quelques échanges surréalistes - l'un d'eux avec Éric Golaz, Délégué cantonal aux affaires religieuses et chargé du dossier de la reconnaissance de l'islam. Pour lui, il fallait reconnaître l'islam sauce UVAM comme communauté d'intérêt public pour mieux la contrôler:

- Excusez-moi, mais en quoi cette reconnaissance aidera en quoi que ce soit à contrôler l'islam de Suisse?

- Eh bien, ils seront obligés de se plier à nos lois, de respecter l'ordre public, l'égalité...

- Vous savez qu'ils ne feront rien de tout cela. Et quand même vous ne pourrez plus le nier, que ferez-vous?

- Il y a des sanctions prévues, euh...

- Comme quoi?

- Eh bien, au pire, cela pourrait aller jusqu'au retrait de la reconnaissance d'utilité publique de la communauté.

- Vous plaisantez? Vous savez parfaitement que lorsque cette reconnaissance sera accordée les autorités n'auront jamais le cran de faire machine arrière, quoi qu'il advienne.


Ayant vu clair dans sa tentative d'enfumer le chaland, il riposta en me demandant ce qu'il fallait faire.

- Mais c'est tout simple Monsieur. Il me semble que le peuple suisse a voté depuis quelques années déjà le Renvoi des Criminels Étrangers.

- Et alors?

- Alors? Chaque islamiste dont on nous raconte les exploits dans les médias a souvent commencé par la délinquance et a un casier judiciaire long comme le bras. Il me semble que si on expulsait manu militari les étrangers criminels au premier, deuxième ou même au dixième délit, on éviterait pas mal des problèmes de radicalisation et de terrorisme musulman simplement parce que ces gens ne seraient plus dans notre pays quand leur viendrait l'idée de commettre un attentat.

- Ah mais Monsieur, c'est compliqué, la Suisse n'a pas d'accords de réadmission...


...Et surtout aucune volonté d'en avoir, pensais-je en concluant la discussion. Mais c'est au cours d'une autre conversation, où je critiquais l'angélisme des sociologues et des autorités et rappelais la dangerosité des islamistes, qu'un haut responsable dont je tairai le nom me livra un conseil, et finalement la clé de l'histoire:

"Tu sais, Stéphane, on est à Renens... Il faut faire attention à ce qu'on dit."


Renens, plus d'une centaine de nationalités, plus de 50% d'étrangers. Un chaudron. Les pièces du puzzle s'emboitèrent: partout en Suisse et en Europe, la veulerie des majorités politiques face à l'islam, le Padamalgam à pleins tubes, l'aveuglement volontaire, la langue de bois, la négation de la menace ne traduisent pas l'incompétence mais la terreur dans laquelle vivent les élites. Le génie malfaisant de l'islam est sorti de la bouteille et, aussi dénuées de force de caractère que d'imagination, elles n'ont que l'apaisement à l'esprit pour essayer de maintenir le statu-quo un peu plus longtemps.

N'excusons pas par l'incompétence ce qui s'explique amplement par la lâcheté.

Ce fut finalement une soirée très instructive.

11 novembre 2017

Les Amis de Ramadan

Tariq Ramadan a quelques soucis. Dans la ligne du buzz de #BalanceTonPorc, il semble qu'il ait été dénoncé comme prédateur sexuel par certaines de ses anciennes victimes. Une première. Puis une deuxième. Puis la Tribune de Genève lâche une bombe: alors qu'il enseignait à Genève, le respectable M. Ramadan aurait harcelé et eu des relations sexuelles avec des élèves mineures sous son emprise.

deux poids deux mesures,justice,hypocrisie,islam,médiasSandra* avait 15 ans lorsque le jeune et séduisant Tariq Ramadan s’est rapproché d’elle. Comme d’autres, elle se souvient encore des mots du professeur, qu’elle trouvait bizarres: «Je me sens proche de toi. Tu es mature. Tu es spéciale. Je suis entouré de beaucoup de monde mais je me sens seul.» Comme d’autres, elle a été invitée à rester dans la classe après les cours. Puis elle a accepté de boire des cafés avec lui en dehors de l’école. «J’étais à l’aise et mal à l’aise. La confusion s’était installée dans ma tête. A deux ou trois reprises, nous avons eu des relations intimes. A l’arrière de sa voiture. Il disait que c’était notre secret», confie celle qui n’avait alors pas la majorité sexuelle.(...)

Léa* s’en souvient encore. Elle avait 14 ans lorsqu’il lui a fait des avances durant le trajet. «Il a mis sa main sur ma cuisse en me disant qu’il savait que je pensais à lui le soir avant de m’endormir. Ce qui était faux. C’était de la manipulation. Il disait qu’il pensait à moi mais qu’il était marié. J’étais mal, mais je ne pouvais rien dire. C’était mon prof.» (...)

Cette emprise, Agathe* la ressent encore dans sa chair. «J’ai été abusée et violentée. Je me suis beaucoup efforcée d’oublier, mais tout ressort maintenant avec ces affaires…» La voix déraille. (...)

La trame de l’histoire se répète quelques années plus tard avec Claire*. (...)


Il ne s'agit bien sûr que des victimes recensées lors de l'écriture de l'article. Stéphane Lathion, enseignant, cofondateur du Groupe de recherche sur l’islam en Suisse, ami de Tariq Ramadan jusqu'à ce que le voile sur son idéologie réelle se déchire, confirme: "Non seulement les faits relatés sont choquants, mais ils révèlent en plus le décalage entre son attitude et son discours sur un islam moralisateur, qui prône des relations sexuelles dans le cadre exclusif du mariage."

Heureusement, Tariq Ramadan peut compter sur de nombreux soutiens. Dans la communauté musulmane suisse par exemple, ou auprès de féministes musulmanes (dont on apprend par la même occasion l'existence contradictoire),  ou encore chez son ami Jacques Neyrinck, érigeant en loi divine la présomption d'innocence pour mieux verser dans la théorie du complot:

Il faut donc prendre la présomption d’innocence très au sérieux. Le symétrique du harcèlement sexuel, de la pédophilie ou du viol est la dénonciation calomnieuse de ces fautes lorsqu’elles sont imaginaires, inventées pour les besoins de la cause, c’est-à-dire la destruction de la réputation d’un homme public qui gêne certains. Bien évidemment, en prônant un islam pacifique, réfléchi, positif, Tariq Ramadan embarrasse tous ceux qui essaient, au contraire, de l’identifier au terrorisme, à la violence, au machisme.

L’accusation portée contre lui pourrait donc se résumer à une campagne d’intoxication, visant l’islam à travers sa personne.


Car il va de soi que les victimes de M. Ramadan ne sauraient être que des menteuses sournoises qui cherchent à le faire tomber. On s'amusera par ailleurs à comparer l'amour de la présomption d'innocence prônée par M. Neyrinck lorsque lui-même se charge de faire le portrait des électeurs de l'UDC.

On pourrait sans doute multiplier les exemples, mais la palme de l'excuse la plus invraisemblable revient sans doute au 20 minutes du 9 novembre. Selon le journaliste Jérôme Faas, l'explication est toute simple: "d'anciens élèves du collège disent avoir été au courant des frasques de l'islamologue. Mais c'était une autre époque, la chose était courante, disent-ils." L'aspect de l'âge des victimes n'est même pas abordé.

Le prétexte est proprement génial. La faute de l'époque - le joker pour tous les pédophiles et prédateurs sexuels, la ligne de défense parfaite. "C'était une autre époque, la chose était courante, Monsieur le Juge." Victimes de la mode, en quelque sorte. Un avocat rappelle tout de même que les faits reprochés à l'individu à l'époque auraient été poursuivis d’office, et passibles de cinq ans de prison.

On notera qu'aucun des anciens élèves décrivant cette "époque" n'a été victime du prédicateur des Frères Musulmans. Une élève temporise tout de même, révélant au passage la chape pesante du gauchisme sur la liberté d'expression: "Il dégageait quelque chose de malsain. Il voulait se comporter en guide. Cela choquait certains, qui désiraient qu’on les laisse tranquilles. Mais, dans un collège un peu altermondialiste, ce n’était pas bien vu de le dire." On ne sera pas surpris d'apprendre que

Un doute m'étreint face à la mansuétude politico-médiatique dont bénéficie le BHL de l'islamisme. Aurait-elle eu lieu si Tariq Ramadan avait été, disons, un brillant prédicateur chrétien?

29 octobre 2017

L'espoir venu d'Arabie Saoudite

Une fois n'est pas coutume, des nouvelles encourageantes nous proviennent d'Arabie Saoudite, où le Prince héritier Mohammed ben Salmane déclara cette semaine le souhait de retourner à un islam modéré - ainsi que la volonté de "détruire l'extrémisme".

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L'annonce eut lieu devant un parterre de quelques quatre mille investisseurs et journalistes étrangers réunis à Ryad pour une conférence économique internationale, le Future Investment Initiative. Le prince fit état de sa vision d'une Arabie Saoudite post-pétrolière où la prospérité du royaume viendrait désormais de la haute-technologie, du capitalisme et du tourisme. Ces visions se concrétiseraient à travers la construction d'une méga-cité écologique et robotique à 500 milliards de dollars située au bout d'un pont reliant l'Arabie Saoudite au Sinaï égyptien par-dessus la Mer Rouge. Le projet s'appellerait NEOM.

Malgré son ampleur, l'ambitieuse vision du prince n'est pas un rêve absurde. Il affirma ainsi que les premiers investissements seraient assumés par le Fonds Souverain Public d'Arabie Saoudite, et attireraient dans les projets des partenaires aussi divers que des sociétés travaillant dans l'énergie renouvelable, la biotechnologie, la robotique et même les spectacles, l'idée étant à terme de proposer des actions de NEOM sur le marché boursier.

Bien sûr, la perspective de faire venir des entreprises sur le sol saoudien est délicate compte tenu de l'interprétation rigoriste de l'islam infligée à la population locale depuis des décennie. La récente autorisation de conduire accordée aux femmes - selon la volonté de Mohammed ben Salmane d'ailleurs - n'est qu'une goutte d'eau de liberté dans un océan d'interdits. Mais le jeune prince de 32 ans semble bien comprendre que le salut économique de son pays passe par la réforme. La réforme de la pratique de l'islam.

Dans un premier temps, NEOM devrait être une enclave sur le sol saoudien, mais non soumise aux règles qui régissent le reste du pays (un peu comme Hong-Kong put fleurir grâce au capitalisme anglo-saxon au lieu de souffrir sous le joug communiste du reste de la Chine.) Mais cette situation sera déjà un casus belli pour le clergé wahhabite, considérant chaque centimètre carré d'Arabie Saoudite comme sacré au nom de l'islam, sans compter l'idée que des Saoudiens puissent y travailler et donc se confronter au mode de vie non-islamique des étrangers.

Pourtant, le prince Mohammed ben Salmane ne semble guère s'en inquiéter. La rupture avec le clergé sera facilitée par le désir d'émancipation de la jeunesse saoudienne et la simple survie économique du royaume. Son choix est totalement assumé et tout à fait clair. Citant La Croix:

« Nous voulons vivre une vie normale. Une vie où notre religion signifie tolérance et bonté », a-t-il répondu à une journaliste devant un parterre d’investisseurs et de journalistes étrangers. « 70 % de la population saoudienne a moins de 30 ans et, franchement, nous n’allons pas passer 30 ans de plus à nous accommoder d’idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant et tout de suite ».

« Nous ne ferons que retourner à un islam modéré, tolérant et ouvert sur le monde et toutes les autres religions », a-t-il encore assuré.


Dans un pays où la possession de bibles est interdite, où des bloggeurs sont fouettés, où les femmes sont possédées et surveillées par les hommes, pareilles déclarations semblent tenir de la science-fiction. Mais un prince héritier saoudien n'est pas exactement le premier venu. Le plan n'est pas improvisé, et l'ouverture récente à Médine de l'Institut du Roi Salmane destiné à faire le ménage parmi les "hadith du prophète", ces milliers de paroles ou de gestes prêtés à Mohammed à l'historicité plus que douteuse mais auxquels l’ensemble de la sphère salafiste prête une valeur parfois supérieure au Coran, paraît s'inscrire dans une stratégie d'ensemble.

Bien entendu, rien n'est joué. Remettre en question le lien historique entre la famille royale saoudienne et le clergé wahhabite finançant mosquées et expansion de l'islam dans le reste du monde pourrait être interprétés par certains comme une déclaration de guerre. Les terroristes islamistes saoudiens ne manquent pas. Il pourrait y avoir une nouvelle révolution de palais, changeant encore une fois le prince héritier - un titre attribué à cinq membres différents de la famille du roi Salmane depuis 2012. Le Prince héritier Mohammed ben Salmane pourrait lui-même faire face à quelques défis de légitimité lorsque le vieux roi malade, âgé de 81 ans, finira par s'éteindre. Et le projet NEOM pourrait être un échec économique.

Les inconnues sont donc nombreuses, mais l'avenir de l'Arabie Saoudite semble soudainement beaucoup moins déterminé. Les lignes bougent et le prince héritier fit à plusieurs reprise référence au "virage" pris dans les années 70. Le début de la décennie avait amené une ouverture dans le royaume, avec l'introduction de la télévision et de l'école pour les filles, mais les choses changèrent avec l'assassinat du roi Faisal en 1975 et la prise du pouvoir par les Ayatollahs iraniens en 1979, poussant les deux puissances musulmanes de la région à rivaliser dans l'extrémisme.

Pour tous les islamistes, la déclaration du prince est une bien mauvaise nouvelle. Le pays gardien des deux plus importants lieux saints de l'islam donne le la en matière de religion. Si les flux financiers du Wahhabisme se tarissent, si même les Saoudiens abandonnent l'extrémisme, les musulmans radicaux les plus épais pourraient eux-mêmes finir par réaliser que leur démarche de conquête du monde est totalement absurde.

31 août 2017

Les musulmans vaudois à la manœuvre

Lundi, l'UVAM, l'Union Vaudoise des Associations Musulmanes, organisa une rencontre pour mieux faire connaître l'islam de Suisse. Les invités furent donc conviés à une visite du Centre culturel islamique Omar ibn Khatab à Crisser puis à la Nouvelle Mosquée de Renens - distants de moins de 100m l'un de l'autre - avant de partager un repas. D'autres centres islamiques se trouvent encore non loin, à Chavannes-près-Renens par exemple, mais l'objectif n'était certes pas de recenser tous les lieux de culte musulmans qui agrémentent l'Ouest lausannois.

Voyage au pays de l'islam heureux

L'assemblée, forte de plusieurs dizaines de personnes, comportait de nombreux délégués des communes du district, Municipaux et Conseillers communaux. Parmi les personnes présentes le quidam put aussi reconnaître le socialiste Pierre Zwahlen, Député au Grand Conseil vaudois, ou Claude Béglé, venu en tant que simple citoyen. Nul journaliste ne fit le déplacement cependant. Soit ils n'en virent pas l'intérêt, soit aucun ne fut invité.

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Accueillis par divers responsables, la visite proprement dite fut rondement menée: salles de prière, annexes, cuisine, de simples locaux aménagés avec des tapis tournés vers la Mecque, parfois agrémentés d'une bibliothèque aux ouvrages richement décorés. Tout au plus puis-je m'étonner de la présence incongrue d'un ouvrage de chimie au beau milieu des livres de religion du bureau de l'imam. Quelqu'un osa demander et on lui répondit: oui, les femmes ont leur propre zone pour la prière, loin des hommes.

L'opération de communication, car il faut bien l'appeler ainsi, se situait dans le cadre des grandes manœuvres opérées par les communautés musulmanes vaudoises pour voir l'islam reconnu comme religion officielle du Canton et bénéficier ainsi des avantages liés à ce statut. Les paroles apaisantes et les invitations à la fête commune résonnèrent agréablement aux oreilles d'un public, il faut bien le dire, conquis d'avance.

Pour ces gens, la reconnaissance de l'islam allait de soi. Il ne s'agissait pas d'une fatalité, mais au contraire d'une volonté enthousiaste de promouvoir la nouvelle religion. Le socialiste Pierre Zwahlen incarna cette vision mieux que quiconque. Lorsqu'il prit la parole, il courtisa sans retenue le vote musulman et soutint la reconnaissance comme un processus bienvenu, l'approbation des citoyens en votation populaire n'étant perçue que comme une étape juridique désuète.

[En] tant que deuxième courant spirituel de ce pays après le christianisme, les communautés musulmanes doivent, à terme, aussi être reconnues dans ce canton. On le sait, ça nous fera passer sans doute par un référendum, puisque pour reconnaître une communauté il faut un vote (...) mais ce canton est progressiste, n'oubliez pas qu'il a été l'un des seuls cantons de ce pays à voter contre l'interdiction des minarets. Et pour ma part, je reste optimiste quand je vois ce que nous représentons ici, des opinions différentes qui sont là, je pense [que] dans la raison nous saurons porter ce projet qui nous attend dans quelques années, parce que le processus s'annonce lent, et l'UVAM est un modèle de patience et d'abnégation.


Entre deux compliments à l'égard de la communauté des croyants, on admirera la tournure rhétorique typique du "progressisme": les voix critiques ne sont que des empêcheurs de tourner en rond face à la marche inéluctable de l'Histoire.

Oui, l'ambiance était belle au pays de l'islam heureux. Mais il ne fallut pas longtemps pour que le vernis se craquelle.

Ambiguïté quand tu nous tiens

Malgré des mots d'ordre visiblement suivis, les contradictions et les tensions virent le jour dès la visite des mosquées - le fait même que différents lieux de cultes coexistent en chiens de faïence à quelques dizaines de mètres l'un de l'autre étant l'illustration la plus parfaite des divisions entre communautés musulmanes de Suisse. Si vous posiez quelques questions naïves sur les nuances entre chiites et sunnites, la plupart des visages se fermaient, bien qu'on vous réponde que les chiites étaient "naturellement les bienvenus" dans ces deux mosquées (ce qui signifie qu'il n'y en avait aucun).

Mais rien de tel qu'un petit sujet sur le terrorisme pour entrer dans le mode de pensée très particulier de certains musulmans vaudois.

Tenez, que penser des attentats à la voiture bélier commis par les fous de Dieu récemment? Ceux de Berlin (12 morts), de Londres (5 morts, dont un policier poignardé une fois la course folle du terroriste achevée), de Stockholm (5 morts), de Londres encore (8 morts), de Paris sur les Champs-Elysées (aucune victime, sauf le terroriste qui meurt brûlé dans sa voiture), ou le 9 août à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine (6 blessés), pour n'évoquer que les attaques remontant à moins d'un an? Rien à voir avec l'islam. Des déséquilibrés. Des malades mentaux. De pauvres gens, quoi. Même si les terroristes font allégeance à l'État Islamique. Même s'ils ont toujours agi avec des complices. Même s'ils ont prémédité leurs actes. Même s'ils beuglent "Allah akbar" en s'y livrant. Rien-à-voir avec l'islam.

Mais pourquoi ces gens affirment-ils tant agir au nom de l'islam alors? Si vous dites qu'ils n'agissent pas au nom de l'islam, comment se fait-il qu'eux se revendiquent de l'islam? Il y a visiblement une petite contradiction dans les revendications des uns et des autres, non? "Ils n'obéissent simplement pas aux mêmes autorités religieuses que nous", explique calmement Pascal Gemperli, président de l'UVAM. "Au bout du compte, tout se ramène à l'autorité à laquelle vous décidez de croire", poursuit-il dans des propos à double sens.

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Salle de prière du Centre culturel islamique Omar ibn Khatab de Crisser. Au mur, l'horloge indique
l'année en cours selon le calendrier musulman - 1438 - et les horaires des différentes prières du jour.
(Cliquez pour agrandir)

Le terrorisme islamique qui fleurit un peu partout en Occident? "On en parle parce juste parce qu'il frappe l'Europe, mais il y a du terrorisme chrétien aussi." Pardon? "Oui, les milices chrétiennes en Afrique. On n'en parle pas ici." Admettons. Et l'ampleur de chaque phénomène? "Les milices chrétiennes font beaucoup de morts." Donc tout se vaut finalement. Un partout, la balle au centre. Le fait que des miliciens africains se réclament du Seigneur dans un coin paumé de Centrafrique permet de relativiser les attaques islamistes au couteau, à la voiture-bélier ou à la ceinture explosive contre des innocents, de Londres à Sidney.

Nous voguons en pleine taqiya depuis un moment mais je m'en doutais. Toutefois, tout le monde n'a pas autant travaillé ses dossiers. Il suffit de parler de l'État Islamique et de la Syrie à d'autres participants de la soirée pour voir encore une fois émerger un discours relativement éloigné du sentiment helvétique moyen. Les abominables bouchers de l'État Islamique qui décapitent des enfants? "Assad fait pire", intervient une voisine de table. Pardon? "Oui, les Russes bombardent la Syrie, ils font bien plus de morts." Sans entrer dans le décompte macabre - je n'ai pas la moindre idée du nombre de victimes infligé par chaque camp dans cette guerre civile, les Russes sont là pour soutenir le régime de leur allié Bachar el-Assad, qui est par ailleurs 100% musulman tout tyran qu'il soit - j'objecte qu'on ne peut pas comparer les victimes collatérales d'un bombardement avec l'égorgement de sang-froid d'enfants et d'otages face caméra. Mais pour ma voisine, on peut. "Les Américains ont fait plus de cent mort récemment en bombardant un mariage" explique-t-elle, sautant du coq à l'âne jusqu'en Afghanistan. Je me hasarde à demander: "Pensez-vous qu'ils savaient qu'il s'agissait d'un mariage et choisirent de les viser délibérément?". Elle ignore ma remarque. "Ils ont fait plus de cent morts", insiste-t-elle. Son point de vue ne fait aucun doute: les exactions de l'État Islamique trouvent une justification.

Surréaliste.

Tout va super-bien

Mais pourquoi vouloir faire reconnaître l'islam comme religion officielle d'utilité publique, finalement, alors que depuis des années, des décennies même, les musulmans de Suisse vivent paisiblement leur religion dans un cadre privé? Pascal Gemperli répond: "C'est une normalisation, cela fait partie de la pleine intégration, ce qui donne des droits et des devoirs. On y va surtout pour les droits!" dit-il en partant dans un éclat de rire.

Mes voisins de table me présentent divers exemples de coexistence réussie, selon eux, entre les musulmans et d'autres confessions: l'ex-Yougoslavie (déchirée par une guerre civile et confessionnelle il y a vingt ans) ou le Liban (idem). Charmant. Bien sûr, les musulmans de Suisse, pour ce qui est du modeste échantillon que j'ai croisé ce soir-là, ne sont pas des islamistes assoiffés de sang, mais des individus tout à fait respectables, sympathiques mêmes. L'un d'eux m'avoue que comme beaucoup d'autres musulmans il n'a pas la moindre idée du sens de ses prières et qu'il les a juste apprises de façon phonétique. Pourtant, il n'y a pas besoin de laisser traîner une conversation bien longtemps pour voir émerger des opinions à des années-lumière de celles couramment admises en Europe sur des sujets comme le terrorisme musulman ou l'État Islamique.

Je reste dubitatif sur le sens de l'intégration de certaines communautés. Les Turcs de l'Ouest lausannois, par exemple, présentent le fait de se retrouver entre Turcs, de prier entre Turcs, de donner au sein de la mosquée turque une éducation religieuse spécifique aux enfants turcs, d'amener ces derniers faire du sport dans un club de foot turc, bref, de se retrouver uniquement et exclusivement entre Turcs du matin au soir, comme l'objectif le plus souhaitable. Ils jouent fièrement la carte du communautarisme le plus assumé et s'en félicitent. Mais ce faisant, ne laissent-ils pas quelque chose au bord du chemin? L'absence de troubles suffit-elle à proclamer le succès? Ne sommes-nous pas plutôt en train de laisser se créer de véritables enclaves sur notre sol?

Assumant mes opinions, j'explique comment je vois les choses: "je pense que beaucoup de Suisses en ont marre des revendications continuelles de certains musulmans, le refus de serrer la main à sa maîtresse d'école, le refus de la mixité, les horaires séparés pour les cours de piscine, les congés spéciaux, les interdits alimentaires imposé à tous à la cantine, le voile à l'école, les aménagements pour le ramadan, le prosélytisme sur la voie publique, les pauses pour la prière, les exigences à l'hôpital... Et toutes les attaques contre les autres religions comme la tradition catholique, les fêtes de Noël, menées cette fois-ci au nom de la laïcité." Pascal Gemperli ironise sur la brièveté de mon énumération et joue encore une fois la carte des "cas isolés". Tout va bien donc. Je ne m'attends de toute façon pas à convaincre mon interlocuteur de quoi que ce soit. Encouragée par mon audace, une brave dame tente bien de parler de son expérience dans une cantine scolaire, dire que ce n'est pas normal que la minorité impose son mode de vie halal et sans porc à la majorité, elle ne parvient pas à exprimer le fond de sa pensée et me lance un regard attristé, penaud.

De cette soirée, il me restera le souvenir vivace de l'implication enthousiaste des participants (parmi lesquels autorités locales et cantonales, délégués religieux d'autres confessions, notables) en faveur d'une reconnaissance de l'islam comme religion d'utilité publique dans le canton de Vaud. Les élites poussent clairement en ce sens. Je comprends dès lors que la commission chargée pendant cinq ans de surveiller la conformité de la pratique de l'islam vis-à-vis du droit suisse sera un exercice de pure forme. Elle ne soulèvera probablement pas la moindre critique - quant à préconiser un rejet, n'en parlons même pas. À l'aune des responsables politiques rencontrés, le travail se fera en toute complaisance. La conclusion du rapport est peut-être déjà écrite.

Rentrant chez moi, je me félicite que finalement la décision soit collective, grâce à la démocratie helvétique. Il reviendra au peuple de trancher. Les Vaudois, ces Vaudois qui ont si fièrement exprimé leur amour des minarets, voudront-ils faire de l'islam une religion officielle du Canton? S'ils suivent les vents médiatico-politiques dominants, aucun doute effectivement. Mais dans le secret de l'isoloir, une surprise est toujours possible. Au train où vont les choses, beaucoup d'eau coulera sous les ponts durant ces cinq ans.

En fin de compte, tout ceci se ramène à une interrogation très simple. Compte tenu des revendications musulmanes actuelles, une reconnaissance de l'islam comme religion officielle ira-t-elle dans le sens d'un apaisement de ces demandes, ou à leur brutale augmentation? Cette question suffit pour deviner ce qui attend notre bien joli canton.