17 mars 2014

Tempête dans un verre d'eau à Renens

Lors de la séance du Conseil communal de Renens du jeudi 13 mars, l'extrême-gauche quitta la salle sur un mouvement d'humeur lors de la prise de parole par un membre de l'UDC. L'épisode eut lieu à la toute fin de la séance, lors du dernier point de l'ordre du jour (questions, propositions individuelles et divers).

Le "clash" est perceptible sur la retranscription vidéo de la séance  (point 17, vers 2:28:30) et donna lieu à une mention dans l'édition de 24 Heures du lendemain:

Fin de séance houleuse, hier soir, au Conseil communal de Renens. Après plus de deux heures de débats est arrivé le point dédié aux questions.

Un élu UDC s'est alors lancé dans une série d'interrogations destinées à la Municipalité. Mais, alors qu'il avait encore la parole, le groupe POP (majoritaire à Renens) dans sa très grande majorité, a décidé de quitter la salle.


Ce résumé factuel aura été suivi d'un second article dans l'édition papier de samedi dans laquelle la transcription malheureusement partielle de mes propos m'amène à écrire ce billet.

Ce soir-là, notre conseiller communal Joâo-Batista Domingos fut donc la cible d'un certain nombre d'attaques gratuites, une première salve ayant trait à son rapport de commission sur lequel, pourtant, aucun conseiller ne trouva à redire pendant le délai imparti à la relecture. Saluons l'honnêteté de M. Alberto Mocchi, des Verts, qui releva ce point à la tribune.

depart_cc_renens.pngPlus tard, M. Domingos intervint au sujet du traitement de son préavis et à l'incendie d'un abri accordé par la municipalité à un sans-abri, entraînant la mort de ce dernier.

La gauche de la gauche n'entendit pas les propos de M. Domingos. Elle quitta bruyamment la salle dès le début de son intervention, laquelle ne fut ni longue, ni hors-sujet.

La séance du conseil communal ayant été rapide, il n'était pas spécialement tard non plus (malgré la regrettable erreur d'interprétation de l'incident en ce sens par le Président du Conseil).

Comment expliquer ce geste?

M. Domingos suscite une irritation particulière au sein de l'extrême-gauche de Renens. Il ne cadre pas avec ses idées préconçues sur les membres de l'UDC. Est-ce dû à sa couleur de peau? La sympathie naturelle qu'il inspire? Sa nationalité angolaise? Ses études de philosophie qui lui permettent aisément de rétorquer quelques vérités à de nombreux apprentis-théoriciens du marxisme? Seule une introspection approfondie des "Fourmis rouges" permettrait de le savoir!

Pour ma part, je salue son amour de notre pays et de son système démocratique et je suis fier de le compter parmi nos membres, peu importe l'opinion que le Parti Ouvrier Populaire vaudois peut avoir de lui.

Il est rare de voir un parti politique quitter une séance. Exprimé à l'encontre d'une minorité, le geste se transforme en insulte. J'eus l'occasion d'en être témoin le soir même alors que plusieurs conseillers communaux d'extrême gauche me lancèrent leurs invectives en quittant la salle.

Rien n'empêchait un élu de prendre la parole après M. Domingos pour réagir à ses propos, dire tout le bien ou tout le mal qu'il en pensait, les commenter, répondre, susciter la discussion - ce à quoi sert une assemblée en fin de compte! Mais ces gens ne voulaient pas d'un débat. Ils souhaitaient quitter la séance en faisant un éclat, mêlant la démonstration de force à l'expression de leur mépris.

Je ne suis pas sûr que le message soit bien passé d'ailleurs, car la réaction évoque plus l'irritabilité et le caprice que quoi que ce soit d'autre. Se retirer d'une assemblée démocratique est un acte politique fort qui ne peut se justifier que lorsque les bornes de l'inacceptable ont été franchies, une situation aux antipodes de cette séance du Conseil Communal.

Aussi, je crois aussi volontiers à une autre hypothèse: que cette sortie pleine de mauvaise foi ait été moins liée à des motifs politiques qu'à la volonté de se trouver une excuse pour voir la fin du match de playoff entre Berne et Lausanne qui se jouait au même moment!

Mais ça, aucun protestataire n'osera jamais l'admettre...