26 octobre 2020

Les Biden, une histoire de famille (deuxième partie)

Les révélations de "l'ordinateur portable infernal" continuent se déverser, et avec elles les eaux saumâtres du marécage de Washington. Dépassés, décrédibilisés par des années de désinformation continue sur Trump, en retard de plusieurs scoops, les médias mainstream tentent de faire barrage autant qu'ils peuvent - en invoquant constamment la dernière de toutes les défenses, le complot russe.

Mentionnons par exemple une lettre de "50 anciens hauts responsables du renseignement américain" affirmant que la publication d'e-mails appartenant à Hunter Biden a "toutes les caractéristiques classiques d'une opération d'information russe". Les médias citent volontiers la lettre présentant cette théorie du complot tout en omettant, par manque de place sans doute, que le texte original prend la peine de préciser que les signataires "ne savent pas si les e-mails sont authentiques" et qu'ils n'ont "pas de preuve d'une implication russe". C'est bien dommage...

Pas de chance pour ces anciens hauts responsables, des officiels du FBI bel et bien en poste, eux, ont fini par admettre que l'organisation était bien en possession du portable, donnant crédit au récit du lanceur d'alerte original. Des journalistes qui ont pu accéder aux e-mails via la copie de disque dur en possession de Rudolph Giuliani ont quant à eux reconnu leur authenticité.

Jusqu'ici le clan Biden n'a toujours pas démenti la validité des données présentes sur l'ordinateur.

Reste un point que personne dans les médias ne prend la peine d'éclaircir: pourquoi Trump, particulièrement sévère contre la Russie et la Chine, verrait ces deux pays manipuler l'opinion américaine pour tenter de favoriser sa réélection? Cela n'a aucun sens.

Un ancien associé parle

Les preuves les plus accablantes viennent de plusieurs personnes citées dans les chaînes d'e-mails et qui ont confirmé avoir reçu les messages mentionnés. Parmi ces gens, l'un d'eux sort du lot - un certain Tony Bobulinski, PDG de la société Sinohawk Holding.

Son témoignage ne concerne pas l'Ukraine mais une précédente aventure professionnelle de Hunter Biden, en Chine cette fois-ci. Plus intéressant encore, il donne un bon aperçu du fonctionnement du clan Biden en affaires. Voici l'intégralité de sa déclaration publiée dans le New York Post:

Je m'appelle Tony Bobulinski. Les faits exposés ci-dessous sont vrais et exacts ; ils ne constituent pas une quelconque forme de désinformation, nationale ou étrangère. Toute suggestion du contraire est fausse et offensante. Je suis le destinataire du courrier électronique publié il y a sept jours par le New York Post qui montrait Hunter Biden et Rob Walker en copie. Cet e-mail est authentique.

Cet après-midi, j'ai reçu une demande du Comité sénatorial de la sécurité intérieure et des affaires gouvernementales, et du Comité sénatorial des finances, me demandant tous les documents relatifs à mes affaires avec la famille Biden ainsi que diverses entités et particuliers étrangers. J'ai de nombreux documents et communications pertinents et j'ai l'intention de présenter ces éléments aux deux comités dans un proche avenir.

Je suis le petit-fils d'un officier travaillant pendant 37 ans aux service du renseignement de l'armée, le fils d'un officier de marine de plus de 20 ans de carrière et le frère d'un officier de bord servant dans la marine depuis 28 ans. J'ai moi-même servi notre pays pendant 4 ans et j'ai quitté la marine comme lieutenant. Je détenais une habilitation de sécurité de haut niveau et j'étais instructeur puis directeur technique pour le commandement de la formation navale nucléaire. Je suis très fier du temps pendant lequel ma famille et moi avons servi ce pays. Je ne suis pas non plus un politicien. Les quelques contributions électorales que j'ai pu faire dans ma vie ont été en faveur des Démocrates.

Si les médias et les grandes entreprises technologiques avaient fait leur travail au cours des dernières semaines, je n'aurais pas eu la moindre pertinence dans cette histoire. Mais compte tenu de mon service et de mon dévouement de longue date à ce grand pays, je ne peux plus permettre que le nom de ma famille soit associé ou lié à la prétendue désinformation russe ou à ces mensonges implicites et ces faux récits qui dominent actuellement les médias.

Après avoir quitté l'armée, je suis devenu un investisseur institutionnel impliqué partout dans le monde et sur tous les continents. J'ai voyagé dans plus de 50 pays. Je crois que nous vivons dans le meilleur pays du monde, haut la main.

Ce que je décris sont des faits. Je sais que ce sont des faits parce que je les ai vécus. Je suis le PDG de Sinohawk Holding, un partenariat entre des Chinois opérant par l'intermédiaire du CEFC et du Président Ye, et la famille Biden. J'ai rejoint l'entreprise en tant que PDG via James Gilliar et Hunter Biden. La référence au "Big Guy" ["Gros Bonnet"] dans le courriel très médiatisé du 13 mai 2017 est en fait une référence à Joe Biden. L’autre "J" référencé dans cet e-mail est Jim Biden, le frère de Joe.

Hunter Biden appelait son père "le gros bonnet" ou "mon président", et a souvent fait appel à lui pour lui demander une approbation ou ses conseils sur divers accords potentiels dont nous discutions. J'ai vu le vice-président Biden affirmer qu'il n'avait jamais parlé à Hunter de son entreprise. Je peux dire de première main que ce n’est pas vrai, car ce n’était pas seulement l’affaire de Hunter. Ils disaient qu’ils mettaient en jeu le nom de la famille Biden et son héritage.

J'ai réalisé que les Chinois n'étaient pas vraiment concernés financièrement par un sain retour sur investissement. Ils considéraient cela comme un investissement politique ou d'influence. Une fois avoir réalisé que Hunter voulait utiliser l'entreprise comme sa tirelire personnelle en retirant simplement de l'argent dès qu'il venait des Chinois, j'ai pris des mesures pour éviter que cela ne se produise.

Le rapport Johnson a relié certains points d'une manière qui m'a choqué - il m'a fait réaliser que les Biden avaient été payés des millions de dollars par les Chinois dans mon dos [5 millions de dollars, apparemment], alors qu'ils m'ont dit qu'ils ne l'avaient pas fait et qu'ils ne feraient pas cela à leurs partenaires.

Je voudrais demander à la famille Biden de s’adresser au peuple américain et d'exposer les faits de façon que je puisse redevenir non-pertinent - et donc je ne suis pas en mesure de répondre à ces questions à leur place.

Je n'ai pas de grain politique à moudre ; Je viens de voir tiré le rideau des Biden et je suis préoccupé par ce que j'ai vu derrière. La famille Biden a exploité de manière agressive le nom de la famille Biden pour gagner des millions de dollars auprès d'entités étrangères, jusqu'à certaines sous contrôle de la Chine communiste.

Dieu bénisse l'Amérique!


Notons que suite à cette lettre, M. Bobulinski a décidé de mettre à disposition du FBI toutes ses communications électroniques et tout son matériel informatique pour les besoins de l'enquête.

Le témoignage de l'ancien associé de Hunter Biden est instructif car il démolit la principale ligne de défense de Joe Biden depuis le début, à savoir que son fils et lui "ne parlent jamais d'affaire". Imaginer qu'un père de 77 ans et son fils de 50 ans, proches l'un de l'autre depuis des décennies, puissent ne jamais parler de leurs vies professionnelles respectives tient du dernier ridicule, mais cela n'empêche pas les médias de tenter le coup en le répétant constamment.

big guy_0.jpg
Dix pourcents mis de côté par (H)unter pour le gros bonnet?

Malheureusement pour Joe Biden, outre le témoignage de Tony Bobulinski ou le mail ci-dessus suggérant que Hunter Biden "mette de côté" un pourcentage pour son gros bonnet de père, une intervention de Hunter sur sa messagerie instantanée est encore plus accablante. Dans celle-ci, Hunter se plaint du manque de reconnaissance de sa famille vis-à-vis de l'argent qu'il lui procure:

usa,joe biden,corruption,justice

"Je vous aime tous. Mais je ne reçois aucun respect et c'est normal je suppose - ça marche pour vous apparemment. J'espère que vous parviendrez tous à faire ce que j'ai fait et tout payer à cette famille pendant 30 ans. C'est vraiment dur. Mais ne vous inquiétez pas, à la différence de P'pa je ne vous ferai pas me donner la moitié de votre salaire."


Difficile de trouver une preuve plus limpide de l'implication directe de Joe Biden dans les affaires de son fils.

À vrai dire, rien de tout cela n'est vraiment surprenant. Comment Hunter, accro au crack passé sans succès par six cures de désintoxication, sans expérience dans les métiers qu'il a occupé, aurait-il pu prétendre à des jobs aussi bien payés sans rien produire, si ces postes n'avaient été décrochés grâce à l'influence de son vice-président de père?

Joe Biden était très au courant des postes occupés par son fils, quand il ne les avait pas négociés lui-même. Il était donc normal, de son point de vue, qu'il se serve au passage. Charité bien ordonnée commence par soi-même.

Sur le simple volet chinois de la corruption des Biden, un article extrêmement détaillé (incluant les réseaux d'influence) est disponible sur le site de ZeroHedge.

Politicien à vendre

L'Ukraine et la Chine ne sont que des éléments récents de la corruption de la famille Biden. On peut aller plus loin et affirmer que la carrière entière de Joe Biden a été entièrement façonnée par la corruption. Un article vieux d'un an du journal The Intercept, donc antérieur à toute la polémique actuelle sur l'ordinateur du fiston, permet de savoir ce qu'il en est.

La famille de Joe Biden tire profit de sa carrière depuis des décennies. Les Démocrates doivent l'admettre

[Le problème pour les Démocrates reprochant à Trump un éventuel marchandage en Ukraine] est qu'un examen de la carrière de Hunter Biden montre clairement que lui et le frère de Joe Biden, James, ont capitalisé sur leur nom de famille pendant des décennies, tirant parti de l'implication - et parfois de l'argument explicite - que donner de l'argent à un membre de la famille de Joe Biden permettait de gagner la faveur de Joe Biden. (...)

En s'appuyant sur le nom et le pouvoir de son père pour faire avancer sa carrière, Hunter Biden suivit les traces de James Biden, le jeune frère de Joe. Tout commença modestement. En 1973, un an après que Joe Biden fut élu au Sénat à 29 ans, James Biden ouvrit la discothèque Seasons Change avec ce que Politico, faisant référence à des reportages locaux contemporains dans le Delaware, qualifia de "prêts bancaires exceptionnellement généreux". Lorsque James eut des problèmes, Joe, en tant que sénateur, se plaignit plus tard que la banque n'aurait pas dû prêter l'argent à James. "Ce que j'aimerais savoir", déclara Biden au News Journal en 1977, "c'est comment le responsable des prêts a laissé les choses aller aussi loin." Le journal enquêta, et des sources à la banque déclarèrent que le prêt avait été accordé parce que James était le frère de Joe.

James, dans les années 90, fonda Lion Hall Group, qui fit du lobbying pour les avocats du Mississippi impliqués dans des litiges sur le tabac. Selon le livre de Curtis Wilkie The Fall of the house of Zeus, les avocats du procès voulaient l’aide de James Biden pour pousser Joe Biden sur la législation sur le tabac.

Cette même décennie, en 1996, Hunter Biden entra dans la partie. Fraîchement sorti de la faculté de droit (...) il choisit de travailler pour MBNA, alors un émetteur dominant sur le marché des cartes de crédit, tout en officiant également comme directeur de campagne adjoint de Biden. MBNA était l'une des sociétés les plus puissantes du Delaware, un État qui ne manquait pas de grandes entreprises grâce à son approche fiscale et réglementaire laxiste, et a depuis été absorbée par Bank of America. Dans les années 90 Joe Biden était connu à moitié en plaisantant comme le sénateur de MBNA, même s'il ne goûtait pas à la plaisanterie. "Je ne suis pas le sénateur de MBNA", déclara-t-il en 1999.

Il était cependant le plus grand champion de MBNA au Sénat. Tout au long des années 1990, les faillites augmentèrent et MBNA commença à faire pression pour réformer la loi afin de rendre plus difficile pour les gens d'annuler leurs dettes. La controverse amena Elizabeth Warren en politique ; professeur bien connu du Droit des faillites, elle fut nommée à une commission chargée de réviser la loi, ce qui posa les bases d'un affrontement de plusieurs décennies avec Biden.

En 2001, Hunter Biden devint lobbyiste fédéral à plein temps, bien qu'il soit resté sur la liste de paie de MBNA en tant que consultant jusqu'en 2005, lorsque le président George W. Bush signa la loi sur la prévention des abus de faillite et la protection des consommateurs voulue par Joe Biden. C'était une loi sévère, et Joe Biden travailla même à bloquer un amendement qui aurait offert la protection d'une faillite aux personnes avec une dette médicale. Le projet de loi empêcha également les gens de s'acquitter de la dette privée d'un prêt étudiant en cas de faillite. La dette totale des prêts étudiants était inférieure à 400 milliards de dollars en 2005 ; à la suite de l’adoption de la loi, elle augmenta et s’élève maintenant à plus de 1'500 milliards de dollars.

L'utilisation transparente du nom des Biden par Hunter devenait un poids politique pour son père, si bien que Joe le poussa à trouver du travail sans lobbying (..) Sa solution était d'aider Hunter et James à occuper des postes chez Paradigm Global Advisors. C'est là que James dit aux responsables de l'entreprise que les clients cherchant à "investir dans Joe Biden" viendraient frapper à la porte, comme le rapporta le magazine Politico.

En 2007, James Biden fit de nouveau équipe avec certains des avocats du tabac de la décennie précédente, prévoyant de lancer un cabinet de lobbying dans lequel Hunter serait également impliqué. Encore une fois, l'affaire devint un problème politique pour Joe Biden, lors d'un moment délicat où les deux partenaires potentiels de James Biden furent pris sur une écoute électronique du FBI disant: "Nous devons vraiment faire pression sur le projet de loi du Sénat" et "Nous allons rencontrer les Biden vers midi", apparemment en référence à une législation visant à indemniser les agriculteurs noirs pour discrimination. L’entreprise n’aboutit jamais car l’un des partenaires potentiels des Biden fut arrêté.

Cette année-là, Biden lança sa deuxième candidature ratée à la présidentielle, mais se retrouva vice-président sur le ticket Obama. La relation de Hunter avec MBNA redevint un problème politique. Un article du New York Times de 2008, intitulé "Des collaborateurs d'Obama défendent le salaire d'une banque au fils Biden" apparaît comme un déjà-vu: "les collaborateurs d'Obama ont déclaré qu'il n'avait jamais fait de lobbying pour MBNA et qu'il n'y avait rien de mal à propos des paiements", qui durent être signalés à hauteur de 100'000 dollars par an. La nouvelle que l’université du Delaware avait payé des millions de dollars fermes à Biden et en avait promis plusieurs millions d’autres causa également des ennuis au candidat à la vice-présidence.

Entre-temps, Paradigm Global Advisors s'effondra et ferma ses portes en 2010. James trouva rapidement un nouveau travail, rejoignant une entreprise de construction en novembre 2010. En juin 2011, alors que Joe Biden supervisait la politique irakienne, l'entreprise remporta un contrat de 1,5 milliard de dollars pour la construction de maisons, en Irak. (...)


Pour un aperçu du CV entier de Hunter Biden, rien ne vaut l'enquête de RealClearInvestigations.

Autant l'écrire noir sur blanc, la corruption de la famille Biden n'a rien de nouveau. Elle dure depuis des décennies et jette le trouble sur les organes de contrôles censés surveiller ou enquêter sur ces affaires depuis tout aussi longtemps.

usa,joe biden,corruption,justice

Si la justice ne fait pas son travail, au moins peut-on espérer que la branche législative fasse le sien: le Sénat semble enfin vouloir s'emparer de l'enquête.

Et si la branche législative ne fait rien - difficile à ce stade de penser que les sénateurs tombent des nues en découvrant l'affaire Biden - il faut encore espérer que le peuple souverain agisse dans les prochains jours. Si des citoyens américains ont légitimement pu être horrifiés par les (fausses) accusations de marchandage proférées contre Trump en Ukraine, comment peuvent-ils accepter une seule seconde de porter un Joe Biden à la présidence?

19 octobre 2020

Les Biden, une histoire de famille (première partie)

La corruption de la famille Biden est dévoilée au grand jour. Et à l'inverse de tant d'autres affaires concernant des Démocrates, les preuves sont entre les mains du camp républicain. Elles sont trop accablantes pour que cela ne se solde par un non-lieu. Évidemment, les chances d'élection de Joe Biden à la Présidence des États-Unis viennent de fondre comme neige au soleil.

Les Américains parlent d'October surprise, la surprise d'Octobre: le bon vieux scandale livré à point nommé juste avant l'élection pour salir un candidat. Trump eut droit à sa surprise d'Octobre en 2016 avec la découverte - soigneusement orchestrée - d'un enregistrement audio où il se vantait en termes crus de ses relations avec des femmes. Mais Hillary Clinton eut droit elle aussi à sa surprise d'Octobre alors que le FBI rouvrit l'enquête fédérale sur son serveur mail privé, dans le seul but de la refermer juste après. L'effet fut désastreux. Mauvais timing de son allié James Comey...

Toujours est-il que cette année la vedette inattendue de l'élection présidentielle s'appelle Hunter Biden - le fils du candidat démocrate. Une incroyable quantité d'informations compromettantes pour son père et lui vient d'être découverte par le biais d'un disque dur d'ordinateur.

Une histoire de réparation

Beaucoup de fadaises circulent sur les circonstances de l'obtention de ces données, principalement lancées par les médias eux-mêmes alors qu'ils entrent en mode damage control pour essayer de préserver les chances du clan Biden. Heureusement, nous disposons désormais de toute l'histoire.

Fils d'un vétéran du Vietnam aux états de service impeccables, John Paul Mac Isaac tenait une boutique de réparation de Mac dans la ville de Wilmington au Delaware. Le 12 avril 2019, un individu se présenta pour demander la réparation de trois ordinateurs endommagés par du liquide. Après un examen sommaire, le réparateur annonça que l'un d'eux était fichu, le deuxième réparable, et que le troisième ne l'était pas mais qu'on pouvait encore sauvegarder le contenu de son disque dur. L'individu accepta et signa le bon de dépôt pour la réparation. Il s'appelait Hunter Biden.

Le bon de dépôt en main, John Paul commença à récupérer les informations contenues sur le disque dur, vérifiant que les données n'avaient pas été corrompues. Il fut très surpris de découvrir des images dérangeantes ainsi que toute une correspondance concernant l'Ukraine, la société Burisma, la Chine et d'autres sujets.

Le travail effectué, il envoya sa facture à M. Biden en lui indiquant que ses ordinateurs étaient prêts. Pendant quatre mois M. Biden ne se manifesta jamais, malgré les efforts répétés pour le joindre, ni ne paya pour la réparation. En d'autres termes, il lui laissa une ardoise.

Fin août 2019, les médias commencèrent à évoquer la conversation téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien et le prétendu marchandage qui aurait eu lieu. John Paul compris qu'il avait entre les mains des éléments qui pourraient être tout à fait important pour l'enquête. Après en avoir discuté avec son père, il décida de se rendre à la mi-septembre aux bureaux du FBI à Albuquerque, où il expliqua la situation à un agent impassible qui refusa d'entreprendre quoi que ce soit.

Deux mois plus tard, le FBI pris malgré tout contact avec John Paul Mac Isaac via la visite de deux agents, Joshua Williams et Mike Dzielak. Il leur proposa de leur donner le disque dur sans poser de question. Les agents refusèrent, mais le recontactèrent deux semaines plus tard pour venir faire une image (une copie) du fameux disque dur. Cependant, une fois sur place, au lieu de prendre le disque dur ou d'en faire une copie, ils lui remirent une assignation à comparaître dans le cadre d'une procédure de grand jury - sans rien dire des objectifs de ce grand jury. John Paul se plia à l'injonction et livra le disque dur et l'ordinateur.

La censure s'en mêle

Pendant tout ce temps, la prétendue affaire du "coup de fil ukrainien" empirait. L'écume aux lèvres, les Démocrates allèrent jusqu'à lancer une procédure de destitution avec un dossier d'accusation totalement vide. Malgré cela, John Paul Mac Isaac, en téléspectateur de la polémique, parvint à la conclusion que les informations qu'il avait livrées au FBI n'étaient jamais parvenues à l'équipe chargée de la défense du Président, dirigée par l'ancien maire de New-York Rudolf Giuliani.

Le réparateur prit alors la décision fatidique de contacter le bureau de Rudolf Giuliani, et offrit une copie du disque dur. Nous savons désormais que M. Giuliani accepta son offre et qu'il décida de diffuser une petite partie des informations compromettantes dans les médias, avec un galop d'essai par le New York Post, un vénérable quotidien paru depuis 1801.

L'article explosif fut publié le 14 octobre.

usa,joe biden,corruption,ukraine,justice

La réaction fut pour le moins... Stupéfiante. Hormis Fox News, tous les grands médias américains (télévision, journaux) refusèrent ne serait-ce que d'évoquer cette histoire d'e-mails. Mais les réseaux sociaux allèrent encore plus loin. Facebook prit l'initiative de bloquer préventivement la diffusion de l'article en invoquant des "vérificateurs de faits", une décision étonnante puisque l'information venait d'un quotidien établi.

Sur Twitter, l'article du New York Post rejoint la troisième place des "tendances" lorsque l'entreprise décida d'assortir le lien vers l'article d'une mise en garde ("information douteuse ou non vérifiée"), puis décida d'effacer les tweets incluant un lien vers l'article... Puis décida carrément de fermer les comptes de tous les gens diffusant un lien vers l'article!

En 2020 en Amérique, diffuser une information potentiellement gênante pour le camp démocrate peut vous valoir une interdiction sur les réseaux sociaux. Des milliers de comptes Twitter furent ainsi arbitrairement fermés, dont ceux d'élus républicains de haut rang, et jusqu'au compte de campagne de Donald Trump!

C'est ainsi que l'histoire finit par rebondir. La censure opérée contre l'article du New York Post devint un sujet en soi, suscitant tellement d'agitation que les médias traditionnels furent bien obligés de l'évoquer, même du bout des lèvres. La tentative de censure du sujet des e-mails de Hunter Biden lui donna un nouvel essor, selon le bien connu effet Streisand.

Il est important de comprendre le cheminement de tout ceci car, en Europe, la barrière de la langue s'ajoute à la censure. Le grand public est donc "préservé pour son bien" de toute information réelle sur le sujet. Plusieurs jours après ce premier article du New York Post, les médias romands comme 24heures se cantonnent uniquement à l'aspect du cheminement de l'information sur les réseaux sociaux. Pour la télévision, l'affaire n'existe même pas.

Un premier sujet: la corruption en Ukraine

usa,joe biden,corruption,ukraine,justiceMalheureusement pour ceux qui aimeraient passer à autre chose, Tucker Carlson, le présentateur vedette de Fox News, ce qui en fait le premier journaliste d'Amérique, s'est emparé du sujet dans son émission. Voici une petite traduction de sa présentation, dont l'intégralité est disponible ici.

Tous ce qui est entendu n'est pas forcément mensonge, et toute histoire n'est pas forcément compliquée. Au cœur du scandale grandissant entre Biden et l'Ukraine repose une question des plus directes: Joe Biden a-t-il détourné la politique extérieure de l'Amérique pour enrichir sa propre famille?

En 2015, Joe Biden était vice-président des États-Unis. Les relations avec l'Ukraine avaient été incluses dans son portefeuille de responsabilités. À ce moment-là, le Vice-président Biden avait plus d'influence sur l'économie et le gouvernement ukrainiens que tout autre personne sur le globe, hors Europe de l'Est.

Le plus jeune fils de Biden, Hunter, le savait et espérait devenir riche grâce à l'influence de son père. Des e-mails publiés mercredi dans le New York Post, apparemment extraits directement d'un ordinateur appartenant à Hunter Biden, révèlent un pan de cette histoire. (...)

Le 2 novembre 2015, à 16:36, un dirigeant de Burisma du nom de Vadym Pozharskyi envoya un e-mail à Hunter Biden ainsi qu'à Devon Archer, son partenaire en affaires. Le but de l'e-mail, selon Pozharskyi, était "d'être sur la même longueur d'onde quant à nos objectifs... comprenant un ensemble d'actions concertées, sans s'arrêter à cela."

Que voulait Burisma, exactement? De bonnes relations publiques, pour commencer. Pozharskyi demandait que des "dignitaires américains de haut rang" expriment leur "opinion positive" de Burisma, et ensuite il demanda à ce que l'administration agisse selon les intérêts de la société.

"Le cadre de travail devrait aussi inclure l'organisation de la visite en Ukraine en novembre d'un nombre important de décideurs politiques américains influents de premier plan, actuels ou passés, visant à mener des réunions avec Burisma et à amener des signaux et des messages de soutien positifs".

Le but, expliqua Pozharskyi, était de "clore tout dossier ou situation de poursuite" contre la tête de Burisma en Ukraine.

Ce qu'ils voulaient n'aurait pas pu être exprimé de façon plus limpide. Burisma demandait que le père de Hunter Biden sorte la société de ses différends légaux avec le gouvernement ukrainien. Et c'est exactement ce qui se passa. Un mois plus tard jour pour jour, le 2 décembre 2015, Hunter Biden reçut une notification d'une société de relations publiques de Washington appelée Blue Star Strategies, qui avait été embauchée pour faire du lobbying sur l'Ukraine auprès de l'Administration Obama. Nous avons obtenu l'exclusivité de cet e-mail.

"Bonjour à tous..." commence le message. "Ce matin, la Maison Blanche a tenu une conférence téléphonique au sujet du futur voyage du vice-président en Ukraine. En pièce jointe se trouve un mémo de l'équipe de Blue Star Strategies avec les minutes de l'appel, qui souligne l'agenda du voyage et répond à certaines questions au sujet de la politique américaine envers l'Ukraine."

Donc ici vous avez une société de relations publiques impliquée dans un appel de politique étrangère. Comment cela a-t-il pu arriver? Bonne question. Mais cela fonctionna.

Quelques jours plus tard, Joe Biden s'envola pour l'Ukraine et y fit exactement ce que souhaitait son fils. Le vice-président donna un discours qui étrillait le représentant de la justice qui tourmentait Burisma. Si le gouvernement ukrainien ne licenciait pas son procureur général, un certain Viktor Shokin, expliquait Biden, alors l'administration américaine retiendrait un milliard de dollars d'aide américaine. L'Ukraine est un pays pauvre, et ils n'eurent pas d'autre choix que d'obéir. La brutalité de Biden fonctionna. Il s'en vanta plus tard.

Question évidente: pourquoi le vice-président des États-Unis force-t-il sous la menace un petit pays comme l'Ukraine à licencier son procureur général? Cela ne correspond pas au rôle d'un vice-président. Mais maintenant, nous savons pourquoi. (...)

Voilà comment fonctionnent vraiment les choses à Washington. Votre fils décroche un contrat pour un mandat lucratif avec une compagnie d'énergie ukrainienne, et vous adaptez la politique extérieure américaine - celle d'un pays tout entier - pour l'aider à devenir riche. Même au sein du Département d'État [NdT: le Ministère des Affaires Étrangères], peut-être l'agence la plus cynique de tout le gouvernement, cette façon d'agir parut effrontée et choquante. (...)

Cinq ans plus tard, Joe Biden n'a toujours pas été forcé de dire pourquoi il a fait virer le procureur général d'Ukraine au moment même où son fils se faisait payer pour qu'il fasse virer le procureur général d'Ukraine, et Joe Biden n'a pas non plus clarifié s'il avait personnellement bénéficié du contrat signé avec Burisma [par son fils]. (...)

La fête ne fait que commencer

La violence de la réaction médiatique est à la hauteur des informations révélées sur l'implication de la famille Biden dans la corruption en Ukraine. Les médias américains et les politiciens démocrates interviewés font feu de tout bois - c'est un complot russe, des données piratées, les faits avérés sont faux... Mais toutes ces explications sont fausses, absolument toutes (détail d'importance, même la campagne de Joe Biden n'a pas osé contester l'authenticité de ces e-mails.)

Il n'y a pas le moindre élément factuel pour soutenir une seconde une éventuelle manipulation. De la signature de Hunter Biden sur le ticket de caisse du réparateur jusqu'au fait que celui-ci ait contacté le FBI en premier, tout évoque la plus absurde des manières de procéder pour un coup monté. Les informations n'ont pas plus été "piratées" que "volées" - selon la loi du Delaware, John Paul Mac Isaac devint propriétaire légal des ordinateurs 90 jours après l'ardoise laissée par Hunter Biden.

Qu'importe: les appels à un nouveau "complot russe" tourneront dans les rédactions, tout simplement parce que c'est la dernière excuse invraisemblable à laquelle la gauche américaine (et ses relais partout dans le monde) se raccroche dans l'espoir de sauver les élections présidentielles de novembre. Des absurdités ânonnées en boucle par les mêmes qui dénoncent les "complotistes de Qanon"...

usa,joe biden,corruption,ukraine,justice

L'affaire du disque dur de Hunter Biden pose énormément de questions - notamment, pourquoi le FBI ne s'est pas servi de ces informations cruciales dont il disposait, alors même que Trump était en proie à un invraisemblable procès en destitution pour trafic d'influence en Ukraine. Des têtes vont tomber.

Mais le plus savoureux est à venir. Rudolph Giuliani est ancien maire de New-York, mais avant cela il était l'un des meilleurs procureurs du pays pendant des décennies. Il a fait tomber des têtes de la mafia. Il connaît parfaitement la loi et le droit, et les médias. Il a laissé parler son expérience en ne donnant qu'une petite partie des informations dont il dispose au New York Post. À travers les interviews qu'il donne volontiers, comme celle-ci, les rumeurs filtrent sur les informations qu'il a encore en réserve:

  • D'innombrables selfies montrant Hunter Biden en train de se droguer ;
  • Une sextape de Hunter Biden avec une fille qui pourrait être mineure ;
  • De nombreux documents attestant de corruption par la Chine, l'Ukraine, l'Irak et d'autres pays ;
  • Une explication par le menu du mécanisme de corruption, et de blanchiment d'argent de cette corruption, impliquant tous les membres de la famille Biden.

La conclusion de M. Giuliani est que les Biden sont un danger pour la sécurité des États-Unis, sachant que tout ce qu'il a entre les mains est probablement aussi entre les mains de services secrets étrangers. Il n'y aurait pas plus manipulable, corrompu et sujet au chantage qu'un Joe Biden à la Maison Blanche.

Rudolf Giuliani n'a pas l'intention de retenir ses coups, surtout face à des adversaires qui ne le méritent en aucune façon. Il prévoit de dévoiler les informations progressivement d'ici les élections. Comptez sur moi pour en rendre compte, sachant que les médias européens sont en-dessous de tout et ne raconteront rien à ce sujet, si ce n'est des mensonges.

Peu importe, la décision se joue aux États-Unis, et la dernière ligne droite de la campagne présidentielle va être un véritable enfer pour le camp démocrate.

19 septembre 2020

La Juge Ruth Bader Ginsburg de la Cour Suprême est décédée

La Cour Suprême américaine a annoncé ce vendredi le décès de la juge Ruth Bader Ginsburg, des "complications métastatiques d'un cancer du pancréas", à 87 ans.

usa,justice,cour suprême
Ruth Bader Ginsburg en 2012.

L'heure est aux politesses et aux hommages, donc et y compris par Donald Trump. On célèbre la fille d'immigrants juifs de Brooklyn, parvenue petit à petit à accéder au sommet du pouvoir judiciaire... Mais au-delà de l'éloge panégyrique de circonstance, les médias encensent surtout la juge la plus "progressiste" de la cour.

Il faut comprendre ce que cela veut dire. Ruth Bader Ginsburg ("RBG" selon son acronyme) a été nommée par Bill Clinton en 1993. Loin de la "modérée" sous l'étiquette de laquelle elle fut présentée, elle s'est avérée en pratique une des plus gauchistes et des plus engagées politiquement de tous les juges de la Cour Suprême américaine, partageant ce triste honneur avec Sonia Sotomayor nommée par Obama en 2009.

En d'autres termes, RGB n'a eu de cesse que de fouler aux pieds son rôle d'interprétation de la Constitution des États-Unis. À la place, elle a toujours statué avec comme seul objectif de pousser tous les sujets qui lui tenaient à cœur politiquement ou sociologiquement. Permettant à l'occasion à la Cour suprême de basculer en sa faveur, elle fut en faveur de:

  • toutes les initiatives de vote par correspondance (qui ne cesse de créer la polémique aujourd'hui) ;
  • l'immigration par tous les moyens ;
  • le rejet de toute tentative de renvoi de quelque immigré que ce soit, quelles que soit les raisons (même les pires criminels de sang) ;
  • l'avortement et l'infanticide (avortement jusqu'au terme de la grossesse, y compris pendant l'accouchement) ;
  • le mariage homosexuel ;
  • l'abaissement de l'âge du "consentement raisonné" aux relations sexuelles à douze ans ;
  • la validation constitutionnelle de l'Obamacare ;
  • l'approche raciste de la discrimination positive.

La liste n'est pas exhaustive. On comprend le désarroi des gauchistes radicaux américains sur Twitter.

La juge était malade depuis plusieurs années. Elle avait néanmoins refusé de démissionner sous la Présidence Obama, estimant préférable de céder sa place sous l'Administration (Hillary) Clinton qui devait lui succéder en 2016. Les citoyens américains lui jouèrent un bien mauvais tour en élisant à sa place Donald Trump. Dès lors, plus question de démissionner et de laisser à Trump le choix de son successeur!

RBG choisit donc de se maintenir à son siège coûte que coûte, malgré son grand âge et une santé déclinante, s'absentant souvent et pour de longues périodes alors qu'elle subissait des interventions médicales et des thérapies liées au cancer qui la rongeait. Il  arriva plusieurs fois à la vieille dame de s'évanouir en public. À plusieurs reprises, la Cour suprême dut siéger à huit au lieu de neuf, ce qui entraîna des troubles de son fonctionnement et supprima temporairement son rôle d'établissement de la jurisprudence.

Malheureusement pour elle, son heure arriva trop tôt. Trump est toujours Président, et il est en mesure de décider de son successeur. Le fera-t-il pendant le mois qui nous sépare de l'élection? C'est possible - après tout il est parfaitement en droit de le faire. Trump a toujours mis la nomination des juges au cœur de son mandat (c'est un aspect de sa Présidence bien peu couvert par les médias) et les Républicains contrôlent toujours le Sénat avec 53 sièges. Mieux encore, face aux critiques de la gauche, Trump a établi depuis longtemps une liste officielle des personnalités qu'il envisageait pour une future nomination à la Cour Suprême. Autant dire que tout est prêt. Mais Trump pourrait aussi sportivement choisir d'attendre les élections de novembre, galvanisant les deux parties en montant les enchères de l'élection.

L'équilibre de la Cour Suprême est fragile. Les juges Clarence Tomas et Samuel Alito sont les plus conservateurs dans le respect de la Constitution. Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh (pourtant tous deux nommés par Trump) ainsi que John G. Roberts Jr., le juge en Chef, sont souples dans leur interprétation ; Stephen Breyer, Elena Kagan et Sonia Sotomayor la négligent clairement pour laisser libre court à leurs convictions de gauche, et viennent de perdre Ruth Bader Ginsburg dans leur camp.

La place est donc libre pour que la nomination d'un futur juge réellement constitutionnaliste ramène enfin l'équilibre dans une institution qui a beaucoup perdu en crédibilité dans l'histoire récente à force de se rallier à l'opinion politico-médiatique du moment, plutôt qu'à la Constitution américaine. Et ce choix pourrait influer sur le comportement de la Cour pendant plusieurs décennies.

02 février 2020

Le Cirque de la Destitution, Suite

En novembre dernier, j'évoquai le Cirque de la Destitution, un magnifique spectacle d'autodestruction organisé par les Démocrates américains dans la (vaine) tentative de retourner, encore une fois, l'élection de 2016. Le spectacle touche à sa fin.

Festival à la Chambre des Représentants

Rappelons-nous! Trump avait volé son élection, parce qu'il était, nous disait-on, une marionnette des Russes. Trois ans de faux dossiers, de barbouzes, de manipulations et de millions de dollars plus tard, le narrative vit sa conclusion dans un Rapport Mueller complètement creux. L'auteur de l'enquête à charge eut beau dire que le rapport "n'exonérait pas Trump", un principe de base du droit est qu'un accusé est présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité soit prouvée. Autrement dit, on prouve la culpabilité, non l'innocence. Tous ces politiciens surpayés, ces juristes et ces éditorialistes devraient pourtant le savoir...

Forcer un accusé à prouver son innocence, c'est la façon de faire dans les républiques bananières et les États totalitaires. Les États-Unis sont-ils devenus l'un ou l'autre?

Le Rapport Mueller n'avait pas encore atteint le fond de la corbeille que les Démocrates trouvèrent un nouveau poulain: le coup de fil ukrainien. Trump, ce salaud, aurait forcé une enquête contre un rival politique et futur concurrent, Joe Biden, en marchandant l'aide militaire américaine en Ukraine... Le coup de fil le prouvait.

Depuis des mois l'eau a donc coulé sous les ponts. La nouvelle affaire - la dernière avant les élections de 2020, sans doute - fait long feu. Car, voyez-vous, la Destitution d'un Président en exercice est un processus qui ne laisse pas trop de part à l'improvisation. Il faut suivre quelques règles de base établies dans la Constitution... Règles que les Démocrates devraient bien connaître depuis le temps, eux qui ont lancé des procédures de Destitution contre cinq des six présidents républicains depuis Dwight Eisenhower.

Dans la Chambre des Représentants, les Démocrates majoritaires jouaient sur du velours ; pendant des semaines, les médias se firent complaisamment l'écho de toutes les horreurs racontées sur Trump. Il faut dire que les Démocrates usèrent et abusèrent de leur majorité. Dix-sept témoins à charge se succédèrent ainsi, déballant des heures durant leur fiel contre Trump. Contre combien de témoins de la défense, en face? Zéro. Les Démocrates écrasèrent toute velléité du locataire de la Maison Blanche de tenter de se défendre. Ils allèrent jusqu'à contrôler les questions que la minorité républicaine avait le droit de poser à leurs témoins.

Rien de remarquable pour nos médias, bien entendu. Ni même assez pour que les commentateurs de service qualifient le processus de "partisan". Non, tout était normal... Mais l'écrasant manque d'équité de cette parodie de procédure en destitution fut bel et bien perçu par le grand public.

usa,trump,démocrates,justice
Adam Schiff, grimé avec son maquillage de scène (création d'un artiste de rue)

Les meilleures choses ayant une fin, les Démocrates furent contraints, de mauvaise grâce, d'arriver à une conclusion: la mise en accusation. Donald J. Trump fut accusé d'Abus de Pouvoir et d'Obstruction au Congrès. Après avoir clamé pendant des semaines que Trump était un "danger public", que la destitution était une "urgence absolue" et qu'il n'était pas question qu'il reste "un jour de plus" dans la Maison-Blanche, Nancy Pelosi fut soudainement bien moins empressée de passer la main au Sénat. Elle mit des semaines à transmettre le dossier, alors que le Sénat siège dans l'autre aile du même bâtiment du Capitole... Mais voilà, là-bas, les Démocrates ne sont plus majoritaires.

Les Numéros au Sénat

Les journalistes et la gauche américaine eurent beau gloser que Donald Trump était "destitué", il ne l'a jamais été. Selon la Constitution, la Chambre des Représentants a le pouvoir de mettre le Président en accusation, c'est-à-dire de l'inculper. Il revient au Sénat d'ordonner le procès. Celui-ci s'est donc finalement ouvert.

Plutôt que d'en rendre compte jour après jour, examinons les différents sujets qui y ont circulé.

La nature de l'infraction. Oublions un instant la nature des "preuves" plus que douteuses (témoignages de deuxième voire troisième main et aucun élément matériel) amenées par les Démocrates. Supposons que Trump soit bel et bien responsable d'Abus de Pouvoir et d'Obstruction au Congrès, comme le mentionne l'acte d'accusation transmis par Nancy Pelosi. Problème: il n'existe aucune définition juridique claire de ces notions. Deuxième problème: la Constitution des États-Unis définit explicitement les motifs pour lesquels un Président en exercice peut être destitué ("trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs"). Autrement dit, le motif d'accusation est irrecevable.
Détail d'importance, les Démocrates eux-mêmes ont renoncé au cours de la procédure à utiliser le motif initial, la corruption, qui aurait pourtant justifié une Destitution.

usa,trump,démocrates,justiceEric Ciaramella. Eric Ciaramella est le secret le moins bien gardé du monde. Eric Ciaramella est un démocrate engagé, analyste de la CIA et ex-membre du Conseil National de Sécurité (National Security Council, NSC), qui fit ses armes sous Obama et resta comme taupe gauchiste sous l'Administration Trump. Il participa à l'élaboration du faux dossier servant à lancer "l'affaire russe". Il serait le fameux "lanceur d'alerte" qui aurait dénoncé en premier l'appel ukrainien. Mais, bien que la loi sur les lanceurs d'alerte ne protège nullement leur identité, les Démocrates firent tout pour la garder secrète - allant jusqu'à menacer d'arrestation un Sénateur qui aurait mentionné son nom. Pourquoi? Parce qu'Eric Ciaramella s'est coordonné avec Adam Schiff, le meneur de toute la procédure d'impeachment, bien avant la naissance officielle de celle-ci, pour lui donner corps. Et non seulement c'est illégal, mais cela mettrait Adam Schiff en position de parjure devant le Congrès, puisque Schiff mentit à plusieurs reprises sur ses liens avec le "lanceur d'alerte". Il prétend encore à ce jour ne pas connaître son identité. Eric Ciaramella est donc devenu un nouveau Voldemort, celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. S'il est jamais interrogé, toute la procédure de destitution s'effondre et des gens haut placés pourraient bien finir en prison.

usa,trump,démocrates,justice
Un des nombreux mèmes créés sur le thème du "lanceur d'alerte anonyme"

L'esprit partisan. Depuis le début du procès, les médias (et les Démocrates) accusent le Sénat d'être "partisan", c'est-à-dire, dans leur langue, contrôlé par la majorité républicaine. L'accusation est à hurler de rire compte tenu de la façon dont les Démocrates se sont comportés dans la Chambre des Représentants. La notion de vote bipartisan reste très importante dans la vie politique américaine. Elle signifie qu'un sujet réussit à rassembler au-delà des clivages partisans. Les Démocrates auraient ainsi apprécié, par exemple, que des Républicains de la Chambre des Représentants appuient leur mise en accusation de Trump, mais c'est exactement le contraire qui s'est produit. Des Démocrates de la Chambre des Représentants ont voté contre la mise en accusation de Trump. Et tout porte à croire que dans la chambre haute du Sénat, d'autres Démocrates voteront aussi pour l'acquittement de Trump. Autrement dit, le maintien de Trump à la Présidence est devenu bipartisan, alors que la volonté de le destituer est une affaire rassemblant uniquement les Démocrates les plus extrémistes.
Rappelons que selon la volonté des Pères Fondateurs des États-Unis, le vote aux 2/3 du Sénat pour prononcer la Destitution était explicitement prévu pour forcer le processus à être bipartisan. La culpabilité du Président devait être constatée jusque dans les rangs de son propre parti.

John Bolton, le bouquet final

Alors qu'à l'issue du vote de la Chambre des Représentants le dossier d'accusation était soi-disant "parfait", celui-ci s'est effondré devant le Sénat du fait de ses innombrables manquements. Les Démocrates se sont donc condamnés à jouer les pompiers et, aidés par les médias, à amener un flot ininterrompu de révélations fracassantes pour maintenir le processus en vie.

John Bolton fait partie de ce numéro. Malgré ses lunettes d'intellectuel et sa sympathique moustache de grand-père, Bolton est un va-t'en-guerre des plus radicaux. Son credo est qu'il vaut mieux faire la guerre sur le territoire ennemi que sur le territoire américain. Cette doctrine est à l'origine de l'invasion de l'Irak et de la déstabilisation du Moyen-Orient.

usa,trump,démocrates,justice

La carrière de John Bolton est importante puisqu'elle permet de mieux comprendre comment les Démocrates en sont parvenus à s'allier avec ceux qu'ils considéraient hier comme la lie de l'humanité, pourvu qu'ils puissent les aider à faire tomber Trump aujourd'hui.

En guise d'apaisement envers certaines factions néo-conservatrices du Parti Républicain, Donald Trump nomma John Bolton conseiller en mars 2018, avant de se séparer de lui en septembre. Il affirme depuis que s'il l'avait écouté nous en serions "à la sixième guerre mondiale".

Trump utilise le "privilège exécutif" pour interdire à John Bolton de témoigner, si jamais le Sénat en arrivait à le convoquer. L'explication qu'il donne est que son rôle de conseiller du Président l'a amené à connaître "le véritable sentiment" de Trump sur nombre de chefs d'État avec lesquels il est en tractation aujourd'hui, et que le risque est grand que ces informations fuitent au cours de l'interrogatoire, ce qui mettrait toute la démocratie américaine en péril.

Alors que le processus de Destitution était en grande difficultés, le New York Times survint en affirmant que Bolton écrivait dans un livre à venir que Trump avait bien prévu un "donnant-donnant" avec l'Ukraine. Le manuscrit du livre fut bloqué par la Maison Blanche, trois jours avant l'article du NYT, parce qu'il révélait des secrets d'État. Et le responsable de la relecture du manuscrit au NSC n'était nul autre que le frère jumeau du colonel qui témoigna contre Trump devant la Chambre des Représentants!

usa,trump,démocrates,justice

Qui pourrait croire que les deux jumeaux partagent le même biais anti-Trump et que le second fit fuiter des informations au New-York Times?

Même si ce scénario excite beaucoup les journalistes, la piste Bolton est aussi faible que les autres. D'abord, on peut se demander, si les assertions établies par M. Bolton sont exactes, pourquoi il a attendu fin janvier 2020 pour se manifester sur ce point. Il aurait pu le faire dès septembre 2018, libéré de son service à la Maison-Blanche. Il aurait pu le dire lorsqu'il fut interviewé en 2019 sur les relations entre les États-Unis et l'Ukraine...

Ensuite, le témoignage de John Bolton n'est rien de plus qu'une parole contre une autre. Pas de preuve matérielle, comme d'habitude. Or, la parole de Bolton est particulièrement suspecte. Il affirma lui-même dans une interview sur Fox News en 2010 qu'il n'avait "aucun problème à mentir sur les sujets de sécurité nationale". Mieux, il y a même la vidéo d'une interview d'Adam Schiff où ce dernier expliquait que John Bolton avait un problème de crédibilité...

Ceux qui espèrent que John Bolton sera celui-qui-fera-chuter-Trump raccrochent tous leurs espoirs à une branche bien moisie!

Ces sujets que nul n'aborde

La procédure de destitution de Trump va échouer, c'est évident. Pourtant, l'affaire aurait mérité d'aller au fond des choses, même pour les Républicains. Cela n'aurait pas gêné que le procès perce tant d'abcès de la politique étrangère américaine, éclaire toutes les zones d'ombres de la relation entre les Administrations américaines successives et les divers gouvernements étrangers.

Hunter Biden, par exemple, aurait touché un million de dollar de primes en plus de son mirobolant salaire après avoir été placé à Burisma, la société ukrainienne spécialisée dans l'exportation de gaz, par son père, alors vice-président. Et il est loin d'être le seul politicien "fils de" à profiter des largesses de l'influence de ses proches ; pensons à Chelsea Clinton, par exemple. Ou Neil Bush.

Compte tenu de l'historique de la corruption endémique en Ukraine, s'assurer que le versement d'aide militaire américaine ne finisse pas dans les poches d'oligarques corrompus n'aurait-il pas été tout simplement... La meilleure chose à faire? Mais pour les Démocrates, un Président s'inquiétant de la corruption, c'est un délit.

Les mêmes Démocrates qui s'inquiètent d'une possible enquête de corruption contre Hunter Biden, ne se sont jamais inquiétés de l'espionnage de la campagne de Trump par la CIA et le FBI.

Les mêmes Démocrates n'ont pas cligné d'un œil lorsque Obama a donné des milliards de dollars à l'Iran, en faisant livrer par avion une partie de la somme en billets de banque rassemblés en palettes.

La notion de "corruption" ou de "donnant-donnant" est décidément très souple selon le bord de l'échiquier politique.

Avec cette procédure de Destitution, les Démocrates montrent qu'ils sont en-dessous de tout, en attendant que cette expression trouve une signification littérale lors des élections générales d'automne, lorsque Trump sera réélu.

Mise à jour (5 février): Trump vient donc d'être acquitté des deux chefs d'accusation par le Sénat. 52 votes contre 48 l'acquittent pour "l'abus de pouvoir" (le Républicain Mitt Romney, anti-Trump notoire, s'est allié aux Démocrates contre Trump) et 53 votes contre 47 l'acquittent pour "l'obstruction au Congrès" (cette fois-ci il s'agit d'un vote en bloc des Républicains contre les Démocrates). Nous étions donc très loin du compte pour la majorité des deux tiers.

28 novembre 2019

Le Cirque de la Destitution

Suivant les recommandations de la frange la plus extrémiste de leur parti, les Démocrates ont finalement lancé une procédure de destitution - Impeachment en VO - de Donald Trump. Mal leur en a pris, semble-t-il. L'opération vire au désastre.

Pour en parler, rien de mieux que de citer un spécialiste ; voici donc un éditorial de Greg Jarrett sur ce cirque de la destitution, publié la semaine dernière sur FoxNews.

 


 

Trump devrait espérer que le Carnaval de Destitution d'Adam Schiff ne se termine jamais

Le Carnaval de Destitution du Représentant Adam Schiff, Démocrate de Californie, entre dans une nouvelle semaine avec une parade de témoins qui n'ont à offrir que leurs opinions sans fin et des ouï-dire sur un cas de corruption "donnant-donnant" [Quid Pro Quo] d'où la corruption est absente.

Tout comme le titre de la farce comique d'Herman Wouk en 1965, La Fête Continue, le Président Trump peut espérer que cette idiotie de destitution se poursuive éternellement. Ou du moins jusqu'à ce que la saison des élections présidentielles soit bien avancée l'an prochain. Le maintien de sa résidence au 1600 Pennsylvania Avenue lui sera assuré.

Schiff, qui préside le comité du renseignement de la Chambre, représente le Grand Manitou du cirque de destitution, rappelant de manière frappante Norman Paperman, le personnage principal de Wouk. Ses singeries malheureuses sont le matériau du burlesque et de la bouffonnerie. Si quelque chose peut aller mal, ça ira mal. Personne ne semble prendre le pauvre Norman au sérieux. Sauf Norman.

Ainsi en est-il avec Schiff. Il est obsédé, sévère, égocentrique et si puissamment aveuglé qu'il ne semble pas pouvoir reconnaître le lent effondrement de son rêve de destituer Trump de ses fonctions. Les Américains prêtent attention à ses audiences pour la même raison que nous avons tendance à être captivés par des vidéos montrant des bâtiments en train d'imploser. Ou des accidents ferroviaires. Il y a quelque chose d'irrésistiblement attrayant à contempler des catastrophes en gestation.

Il n'y a aucune chance que le Président soit expulsé du bureau ovale par le Sénat. Pourtant, il est presque certain que la Présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et son bedeau de carnaval, Schiff, rassemblent leurs forces partisanes pour destituer Trump. Après tout, cette destitution fut préconçue et préprogrammée au moment même de l'élection de Trump. Il ne fallait plus qu'un prétexte. Toute excuse, même fausse, ferait l'affaire.

Pendant très longtemps, les Démocrates et les médias complices dans leur haine de Trump étaient convaincus que le Procureur spécial Robert Mueller les délivrerait de leur mal fantasmé. Ils ont attendu avec impatience pendant 22 mois, tout en condamnant presque quotidiennement le Président dans le tribunal de l'opinion publique, portant contre lui des accusations fabriquées de toute pièce et des récits non vérifiés.

Qu'importe qu'il n'y ait jamais eu aucune preuve crédible d'un complot criminel de "collusion" échafaudé par Trump et le Président russe Vladimir Poutine dans les entrailles du Kremlin. La piste russe de la "chasse aux sorcières" perdura jusqu'au jour où le rapport Mueller confirma qu'il s'agissait d'un canular. Les Démocrates et les médias eurent une crise d'apoplexie, terrassés par le chagrin et l'incrédulité. Ils le sont toujours.

Depuis lors, la cabale de recherche et de destruction de Trump s'est efforcée d'inventer une autre ruse ou un artifice pour se débarrasser de son ennemi politique. La "chasse aux sorcières" de l'Ukraine en est la suite inévitable, bien qu'elle soit deux fois plus ridicule. Les preuves prétendument incriminantes ne sont aucunement des preuves.

Café à thème

La semaine dernière, la caste bavarde des diplomates a pris une place centrale dans le Carnaval. Comme un «klatch» [une réunion à thème] chez Starbuck, ils ont diffusé toutes sortes de rumeurs et d'indices basés sur des ragots de troisième et quatrième main - un type a raconté à un gars, qui me l'a confié ensuite, que le type d'origine "présumait" qu'il y avait un "donnant-donnant". C'était mercredi.

Vendredi, l'abrutissante absurdité évolua en spéculation de degré encore supérieur alors qu'une nouvelle diplomate, qui avoua ne pas avoir de connaissance directe sur la question centrale, raconta en pleurnichant son histoire selon laquelle elle aurait été limogée en tant qu'ambassadrice en Ukraine. Si elle avait un motif sérieux de plainte, elle aurait dû se tourner vers les ressources humaines, non pas s'épancher devant une procédure d'enquête en destitution menée par le Congrès. Elle avoua finalement qu'elle ne savait rien de la corruption ni d'une "quelconque activité criminelle".

Le républicain Devin Nunes, de Californie, se contenta de formuler l'évidence en déclarant: "Je ne suis pas tout à fait sûr de ce que l'ambassadrice fait ici aujourd'hui." C'est un bon résumé.

Il s'avère que Marie Yovanovitch fut renvoyée à Washington deux mois entiers avant la conversation téléphonique de Trump avec le Président ukrainien Volodymyr Zelensky au centre du prétendu "donnant-donnant". Cela n'a pas empêché le conseil juridique des Démocrates de superposer sur écran vidéo géant la transcription de l'appel et de demander à Yovanovitch son interprétation du contenu et des intentions du Président.

Yovanovitch est typique des personnes imbues d'elles-mêmes qui garnissent le service des Affaires Étrangères de notre pays. Par exemple, elle déclara: "La relation étrangère des États-Unis avec l'Ukraine est la plus importante de toutes".

Sérieusement? Ces diplomates sont convaincus que l'univers tourne autour d'eux. Ils se trompent en croyant que ce sont eux qui dictent la politique étrangère, et non pas le Président.

Si Trump ose faire quelque chose qui ne leur plaît pas, ils cherchent à le saper. Ils sont la force maligne qui hante notre gouvernement.

Cette semaine, huit autres "témoins" présumés monteront au manège du Carnaval Schiff. Eux aussi vont faire tourner des conjectures et des opinions fondées sur du ouï-dire. En tant que témoins, ils sont en grande partie superflus.

La conversation Trump-Zelensky n'a pas besoin d'interprétation. Avec une transcription accessible à tous, elle parle d'elle-même. Nulle part il n'y fait mention d'exigence, de menace, de condition ou de pression sur des "contreparties" liant l'aide militaire américaine à une enquête sur Joe Biden et son fils. Cela a été corroboré par des déclarations de Zelensky.

Un diplomate, Bill Taylor, réussit à offrir quelque chose de pertinent et de concret lorsqu'il déclara au comité qu'il avait eu trois réunions avec le Président ukrainien à la suite de l'appel téléphonique et que le sujet du "donnant-donnant" n'avait jamais été abordé. Cela constitue la preuve la plus solide qu'il n'y ait jamais eu jusqu'ici.

Trump taquine

La semaine dernière, Pelosi demanda à Trump de témoigner dans ce carnaval. Peut-être pensait-elle que cela faisait une bonne phrase toute faite.

Lundi, Trump tweeta une réponse à "Nancy la nerveuse" qu'il pourrait accepter son offre de témoigner "à propos de cette chasse aux sorcières de Destitution".

Les médias partirent instantanément en vrille et commencèrent à saliver de cette perspective. Ils tombèrent dans le piège. Ou dans le panneau.

Trump n'a aucune intention d'accorder ainsi de la dignité à un processus indigne. Il ne faisait que taquiner ou piéger Pelosi, comme il a l'habitude de le faire.

Mais vous pouvez probablement vous attendre à un autre tweet dans lequel le Président proposera de témoigner si Schiff transforme son enquête en débat contradictoire respectant à la fois l'équité fondamentale entre l'accusation et la défense et le respect de la légalité en permettant aux Républicans d'appeler leurs propres témoins et de permettre un contre-interrogatoire des témoins démocrates, sans les coups de marteau [de Schiff].

Nypostcoverwednesday_97265b_7393707.jpg
"COUPABLE! Et Maintenant le Procès..."
La couverture du New York Post du 13 novembre illustre sans doute le sentiment général.
(Cliquez pour agrandir)

Trump sait qu'une telle offre sera rapidement rejetée par Schiff. Cela démolirait le Carnaval. Les Républicans appellent le faux "lanceur d'alerte" à témoigner, ainsi que Schiff lui-même. Leur "complicité" présumée dans la composition de la plainte de dénonciateur (qui ne représente pas une plainte légitime au regard de la loi) pourrait bien impliquer Schiff en tant que force motrice qui conçut le canular de l'Ukraine comme prétexte pour attaquer Trump. Le président des débats ne prendrait jamais le risque d'être exposé ainsi à la vérité.

Voyez-vous, Schiff est un homme désespéré. C'est à la mesure de son désespoir qu'il a lu à Yovanovitch un tweet de Trump la critiquant publiquement, puis lui a presque demandé si elle se sentait intimidée. La réponse était prévisible.

Schiff a alors laissé entendre que le tweet pourrait constituer un motif d'inculpation pour "intimidation de témoin". Oubliez le fait que Schiff a lui-même créé l'incident en informant le témoin du tweet, qui ne répond toujours pas aux critères légaux "d'intimidation de témoin", lesquels impliquent des menaces physiques, de la corruption ou l'emploi d'une contrainte pour le forcer à mentir. Mais ni les faits ni la loi n'ont jamais empêché Schiff d'inventer une bonne histoire.

Comme Brad Blakeman l'a noté dans un récent éditorial de Fox News Opinion, "Les Démocrates cherchent déjà un moyen de sortir de la procédure de destitution". Le représentant Jeff Van Drew, DN.Y., l'un des deux Démocrates à avoir voté contre l'enquête en cours, a déploré que "c'est censé être bipartisan… c'est censé être juste". Lui et d'autres membres de son parti savent que les manigances de Schiff ont démoli le processus.

Cependant, il est peut-être trop tard pour inverser le cap et aménager l'arrêt du Manège de la Destitution. Le chef de la majorité [au Sénat] Mitch McConnell, Républicain du Kentucky, a déclaré à la presse que le Sénat ne condamnerait jamais Trump pour sur des pseudo-preuves aussi fragiles, mais qu'un procès complet semblait inexorable si la Chambre des Représentants votait en faveur de la destitution.

Les Américains ont un sens aigu de l'équité. Ils commencent de plus en plus à se rendre compte que le spectacle de clown de Schiff est l'antithèse d'une procédure juste, équitable et impartiale. Plus il durera longtemps, plus les Démocrates seront susceptibles de subir de graves réactions politiques qui profiteront finalement au Président en exercice.

Pour cette raison, Trump peut espérer que le carnaval ne s'arrête jamais.

 


 

Cet éditorial est intéressant parce qu'il tombe juste, et se retrouve corroboré par les sondages. Les Américains trouvent terriblement ennuyeuses les auditions publiques menées par la Chambre des Représentants.

En Suisse, les médias rapportent fidèlement le point de vue exclusif de la gauche, comme la groupie Valérie de Graffenried pour Le Temps qui évoque des "auditions publiques dévorantes" et ose même prétendre que les  auditions publiques sont "passionnantes" alors que les chiffres d'audience montrent clairement le contraire. Alors que l'enjeu est bien plus important, elles sont encore moins suivies que le processus de nomination du juge Kavanaugh. La journaliste désinforme effrontément en affirmant de l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union Européenne Gordon Sondland qu'il "accuse" Trump, omettant par exemple ce petit échange:

Turner - C'est selon votre témoignage ici aujourd'hui, Ambassadeur Sondland, que vous avez des preuves que Donald Trump a lié la demande d'enquête [contre Burisma] à l'aide [militaire américaine]? Parce que je ne pense pas que vous disiez cela.

Sondland - Je l'ai répété à plusieurs reprises, Monsieur le membre du Congrès, je le présumais.

Turner - Donc personne ne vous l'a dit. Giuliani ne vous l'a pas dit. Mulvaney ne vous l'a pas dit. Personne. Pompeo. Personne d'autre sur cette planète ne vous a dit que Donald Trump liait l'aide à cette enquête?

Sondland - Je pense que j'ai déjà témoigné.

Turner - Répondez à la question. Est-ce correct? Personne sur cette planète ne vous a dit que Donald Trump liait l'aide à cette enquête - parce que si la réponse est oui, alors le président de la commission a tort et les gros titres de CNN sont faux. Personne sur cette planète ne vous a dit que Donald Trump liait l'aide à cette enquête. Oui ou non?

Sondland - Oui.


Il ne fait aucun doute que les témoins - uniquement à charge puisque imposés exclusivement par les Démocrates - ont tous en commun de détester Trump. Ils pensent qu'il a organisé un marchandage donnant-donnant avec l'Ukraine, mais, à moins de renverser quelques siècles de tradition juridique, une opinion n'est pas une preuve. Un témoin se doit de rapporter des faits observés. Ses sentiments, pour sincères qu'ils soient, n'ont pas de valeur dans un procès.

Alors que les Démocrates ne font défiler que des témoins acquis à leur cause, mènent les débats, contrôlent les questions que la minorité républicaine a le droit de poser et disposent d'une confortable majorité dans les votes, ils n'arrivent même pas à convaincre le grand public de la culpabilité de Trump. Non seulement l'opinion publique est de plus en plus convaincue de l'innocence du Président, mais ce changement de cap de l'opinion affecte principalement les "indépendants", la grande masse des citoyens qui ne sont affiliés ni aux Démocrates ni aux Républicans.

(Pour ceux qui se demandent comment les médias peuvent affirmer continuellement le contraire, voilà comment: les instituts de sondage "engagés" ont l'habitude de manipuler leurs résultats en y incluant une proportion exagérée de sondés d'obédience démocrate, ce qui permet d'affecter "favorablement" le résultat final.)

Pire, l'ampleur de ce changement pourrait précipiter le basculement de swing states en 2020, ces fameux états fédéraux où ni les Démocrates ni les Républicans ne disposent d'une majorité solide. Et cette perspective inquiète de plus en plus les politiciens démocrates. Brenda Lawrence du Michigan est ainsi la première Démocrate de la Chambre des Représentants à annoncer publiquement le retrait de son soutien à la procédure de destitution, et tout indique qu'elle ne sera pas la dernière.

Les Démocrates sont coincés. Engagés à ce point dans l'hyperbole, renoncer à prononcer la destitution serait une explosion en plein vol du narrative dont ils gavent l'opinion publique depuis des mois. Jouer la montre lasserait encore plus le public qu'il ne l'est déjà aujourd'hui. Mais poursuivre pourrait être encore pire. L'inculpation de Trump par Adam Schiff dans la Chambre des Représentants amènerait le dossier à se poursuivre au Sénat.

Là-bas, les Républicans pourraient se livrer à un procès contradictoire en bonne et due forme - en convoquant des témoins impliqués comme Joe et Hunter Biden, Eric Ciaramella, le pseudo-lanceur d'alerte originel, Devon Archer, le beau-fils de John Kerry et des officiels ukrainiens à des heures de grande écoute. Ils pourraient les amener à discuter du donnant-donnant qui eut lieu sous Obama lorsque Joe Biden fit lui-même un chantage pour faire virer le procureur ukrainien inquiétant son fiston. Tout ça sous l’œil des caméras pendant une année d'élection présidentielle.

Le Cirque de la Destitution est en train de virer au cauchemar pour la gauche américaine, et nous n'en sommes qu'au début.

12 août 2019

L'opportun suicide de Jeffrey Epstein

"J'ai été très surpris du suicide de Jeffrey Epstein, mais peut-être pas autant que Jeffrey Epstein lui-même", déclara sarcastiquement un Internaute au matin de l'annonce de l'événement. Le décès impromptu du milliardaire pédophile déclenche encore d'innombrables réactions - la plupart du temps atterrées, quelquefois humoristiques.

Jeffrey Epstein, 66 ans, aurait été retrouvé mort dans un "suicide apparent" dans sa cellule du Centre Correctionnel de Manhattan samedi matin. Son corps emporté sur une civière à environ 7h30. Jeffrey Epstein avait été mis sous surveillance anti-suicide après avoir été retrouvé dans sa cellule presque inconscient et "avec des marques sur le cou" le 23 juillet. Si deux sources pénitentiaires avaient alors évoqué une tentative de pendaison, une autre rétorqua qu'Epstein aurait pu s'infliger ces blessures lui-même pour favoriser un transfert. Une quatrième déclara en revanche que la possibilité d'une agression n'était pas à exclure, notamment de la part de l'ex-officier de police Nicholas Tartaglione, suspecté d'avoir tué quatre hommes et enterré leurs corps dans une histoire de trafic de cocaïne. Déjà beaucoup de mystères...

Depuis, les informations les plus contradictoires circulent. Jeffrey Epstein n'aurait pas été mis en surveillance dans une cellule anti-suicide, mais dans une cellule simple depuis le 29 juillet. Ou encore, il n'aurait pas bénéficié du niveau de surveillance requis faute de personnel, ramenant les visites toutes les demi-heures à une seule pour la nuit samedi matin. Les images de vidéo-surveillance seraient manquantes, ou il n'y aurait pas eu de caméras là où il était installé.

epstein sui.png

Comme le résume lapidairement un internaute:

  • Le prisonnier Jeffrey Epstein fait une tentative de suicide.
  • Il est mis sous surveillance anti-suicide.
  • Il se suicide avec succès.
  • Circulez, il n'y a rien à voir.

Le suicide d'un suspect aussi important que Jeffrey Epstein, alors même qu'il est incarcéré dans une prison sous surveillance anti-suicide et qu'il a fait une première tentative quelques semaines plus tôt, reste un constat difficile à avaler. Évidemment, les médias romands ne s'étonnent de rien ; pour eux, il n'y a aucun problème, et ceux qui pensent autrement ne sauraient être que des complotistes. Pourtant, même en Europe, Le Figaro évoque un "suicide apparent". Et aux États-Unis, la polémique fait rage dans les médias, y compris au sein des rédactions alignées à gauche.

Les différentes morts de Jeffrey Epstein

combinaison_cornichon.jpgLe suicide est la première cause de mortalité des détenus américains - la deuxième étant l'overdose. D'après un agent de correction américain anonyme, le suicide d'Epstein n'aurait jamais dû être possible dans un milieu carcéral conforme:

Je suis agent de correction. Cela n'aurait jamais dû être possible. Au cours du processus d'admission, en raison de la nature de ses crimes et de sa célébrité, il aurait déjà dû faire l'objet d'une surveillance particulière. Après la première tentative, il aurait été dans une cellule spéciale. Il porterait ce que nous appelons une «combinaison cornichon», c’est une combinaison verte que vous ne pouvez ni déchirer ni attacher à rien. Ses couvertures seraient du même matériau. Il ne recevrait que des produits d'hygiène sous surveillance. La seule chose autorisée dans sa cellule serait un livre et des documents judiciaires. Nous serions alors surveillés au plus près. C'est un énorme échec du système pénitentiaire. Je veux une enquête poussée sur la façon dont cela a pu se produire.


De même, les cellules anti-suicide sont prévues pour empêcher toute accroche, saillie, ou matériau dont on pourrait se servir pour se pendre. Les cellules contiennent un ou deux prisonniers, et font l'objet d'une ronde toutes les demi-heures. Les prisonniers sont délivrés de toute ceinture, ficelle, lacet, cordelette qui pourrait servir à les étrangler ; et même les fournitures présentes dans la pièce sont étudiées pour empêcher qu'on ne puisse se pendre avec - M. Epstein pesait tout de même 90 kilos.

Pour l'instant, aucun détail ne filtre quant à son autopsie. Officiellement, on ne sait donc pas encore de quoi il est mort. S'il s'est pendu, le grand public aimerait sans doute savoir avec quels ustensiles il est parvenu à ses fins dans ce milieu particulier. Il semble difficile à croire qu'il soit parvenu à cacher sur lui de quoi se pendre alors qu'il était déjà incarcéré depuis des semaines.

Il pourrait bien sûr avoir été aidé par un complice. Des journaux expliquent que les caméras - si elles n'ont pas été débranchées - ne filmaient pas les cellules mais les couloirs attenants ; on pourrait donc voir si quelqu'un a apporté quelque chose au prisonnier.

Tout ceci participe de l'idée qu'il ait voulu se donner la mort et qu'un tiers l'ait soutenu dans sa démarche. Mais cette situation ne correspond pas à son comportement jusque-là. Selon le témoignage de gardiens, il s'était peu à peu accoutumé à la vie carcérale, et après sa première "tentative de suicide" il se serait plaint à des collègues de cellule que quelqu'un souhaitait sa mort. Les esprits les moins curieux s'empresseront de défausser tout ces aspects gênants comme des rumeurs sans fondement, mais il reste un détail troublant.

Epstein souhaitait attendre son procès en liberté surveillée, un privilège qui lui avait été refusé compte tenu des risques de fuite. Le jugement d'appel de ce refus de remise en liberté était imminent. Pourquoi s'être suicidé avant de connaître la nouvelle décision?

Une disparition bien commode

Beaucoup de gens très haut placés se sentent sans doute soulagés de la disparition du milliardaire. Au moins il ne parlera pas. Mais se pourrait-il qu'ils aient pris une part plus active dans son suicide?

L'hypothèse est évidemment gênante à notre époque où remettre en question la vérité officielle est de plus en plus un acte de dissidence (il n'y a pas si longtemps la même attitude permettait de gagner des oscars). Il faudrait également que les gens qui veuillent l'éliminer aient le bras très, très long.

Ou peut-être pas tant que ça. Il se trouve par exemple que Colleen McMahon, le juge en chef du SDNY (la cour de district qui contrôle les dossiers et les détenus du centre où était incarcéré Epstein), fut nommé à son poste par un certain Bill Clinton. Et Shirley Skipper-Scott, le gardien du MCC, fut nommé au sien par Colleen McMahon.

Si les médias de gauche doutent de la véracité du suicide, c'est uniquement pour mieux essayer d'en faire porter le chapeau à Trump, dont ils se sont échinés à bâtir l'image de "bon ami d'Epstein" depuis l'arrestation du pédophile, bien qu'elle ne corresponde pas à la réalité. Et d'autres penchent plus pour une élimination par le clan Clinton.

Choisissez votre complot, camarades! Deux hashtag sont tendance en ce moment, #TrumpBodyCount et #ClintonBodyCount. Mais ils ne sont pas équivalents. Le premier semble avoir été inventé précisément pour contrer le second, et on peut le voir selon l'origine du Trend par Google. L'attribution du "suicide" à Trump semble venir uniquement de Calfornie, et des gens font beaucoup d'effort pour obtenir du buzz sur cette version...

Que les Républicains et les Démocrates se renvoient la responsabilité du suicide organisé de Jeffrey Epstein n'a aucune importance, si la dispute peut au moins permettre d'enquêter pour accéder à la vérité. Le grand public - américain tout du moins - ne se laisser plus compter des fables de "dysfonctionnement" qui virent de plus en plus au grotesque. À un certain stade, ce sont ceux qui refusent de douter de la version officielle qui passent définitivement pour des imbéciles.