25 février 2018

Enseignements politiquement incorrects de la tuerie de Floride

Le 14 février, un ancien élève de 19 ans ouvre le feu dans un lycée en Floride, faisant 17 morts.

Après une brève période d'hébétude face à la violence de l'acte, la polémique prend selon un scénario bien rodé. Relayée par les médias mainstream, la gauche américaine s'en prend aux armes et à la NRA. Si l'adolescent n'avait pas eu d'armes en main, expliquent-ils, la tuerie n'aurait pas pu avoir lieu.

C'est tout simple, mais comment s'assurer de façon certaine qu'un adolescent avec des envies meurtrières ne peut pas avoir d'armes à feu entre les mains?

Les réponses à ces questions existent, mais ne sont pas mentionnées dans les éditoriaux parce qu'elles contreviennent au narrative, une technique de désinformation ayant pour but de provoquer un embrigadement idéologique.

Les armes tuent... Surtout aux Etats-Unis

Davantage d'armes doivent entraîner davantage de morts par armes à feu. C'est la logique même. Mais l'argument apparemment imparable est erroné.

Un tableau remonté des statistiques maintenues sur Wikipédia permet de voir qu'il n'y a pas de corrélation entre la proportion d'armes à feu détenues dans la population et la quantité de meurtres par armes à feu.

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Le tableau ne fait que rassembler des informations que chacun connaît déjà instinctivement, en particulier en Suisse. La Suisse est un des pays au monde avec le plus d'armes par habitant, grâce à l'armée de milice, et il s'agit d'armes de guerre. Pourtant, le taux d'homicide est un des plus bas du monde.

On le comprend donc, le taux d'armes à disposition dans un pays n'explique pas tout, car tout dépend de qui détient les fameuses armes. En Suisse toujours, les ressortissants de certains pays n'ont pas le droit de posséder une arme - s'ils viennent d'Albanie, d'Algérie, de Bosnie-Herzégovine, du Kosovo, de Macédoine, de Serbie, du Sri Lanka ou de la Turquie. Bizarrement, même les politiciens de gauche sont peu nombreux à monter au créneau pour réclamer bruyamment que les ressortissants de ces nationalités puissent s'armer aussi librement que des citoyens suisses.

Les armes tuent... Surtout entre de mauvaises mains

L'Europe se découvre peu à peu aux tueries de masse, notamment par le biais des attentats islamistes. Des islamistes qui utilisent parfois de véritables arsenaux de matériel de guerre dont la détention est rigoureusement interdite. L'existence même de ces caches d'armes, régulièrement découvertes dans les banlieues françaises, montre les limites d'une politique basée sur le contrôle de l'accès aux armes. Comme le prêchent (dans le désert) des défenseurs des armes depuis des années, les législations restrictives ont pour seul effet de désarmer les honnêtes citoyens, alors que les malfrats - et les terroristes - s'en moquent éperdument. Saviez-vous que le dessinateur Charb de Charlie Hebdo était un tireur sportif et avait réclamé en vain le droit de porter une arme? Il respecta la loi, jusqu'au bout.

Bien que l'idée soit impensable voire devenue criminelle dans certains pays d'Europe, les États-Unis maintiennent des statistiques ethniques liées aux crimes de sang et à la criminalité en général. Et les résultats sont aussi instructifs que choquants pour les belles âmes.

À partir de données publiques de la ville de New-York, Alisha Sherron a ainsi livré une représentation raciale de la criminalité:

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Les noirs new-yorkais sont à l'origine de 75% des arrestations pour usage d'armes à feu, et de 62% de celles pour meurtre. La violence ne concerne pas que les armes, comme les chiffres des viols le montrent. Les hispaniques viennent immédiatement derrière dans les trois catégories. La conclusion est implacable: si la population de New-York était uniquement blanche, le taux de criminalité baisserait de 83% pour les viols, 91% pour les meurtres et 96% pour les tirs d'armes à feu. Voilà une thèse qui choquera dans plus d'un dîner en ville à Lausanne ou Genève.

Pourtant, là encore, les Suisses savent bien que la criminalité est liée à certains groupes, eux dont les prisons regorgent littéralement de criminels étrangers, 90% à Genève, et la moitié de musulmans - des taux qui ont certainement contribué à leur faire approuver, il y a sept ans déjà, l'initiative sur le renvoi des criminels étrangers...

L'État saura s'en charger...

Mais admettons. Oublions les questions de culture, d'ethnie ou de nationalité, et posons comme hypothèse que les armes soient interdites. Comme nous l'avons évoqué avec l'exemple français, quelques méchants finiront immanquablement par récupérer des armes illégales et tenteront de faire un carton.

Peut-on alors compter sur les services de renseignement pour assurer la surveillance des détraqués? Pas vraiment. Depuis la tuerie de Parkland, des détails émergent. Comment le système a-t-il géré Nikolas Cruz, le tueur de 19 ans?

  • La police se rendit à 39 reprises au domicile de la famille pour répondre à des plaintes de ses proches ou du voisinage. Mais Nikolas Cruz ne fut jamais formellement arrêté, ce qui lui permit de montrer un casier vierge au moment d'acheter son fusil AR-15.
  • Cruz laissa dès l'an dernier un commentaire sur une vidéo YouTube, annonçant qu'il allait "devenir un professionnel de la tuerie en milieu scolaire". Le commentaire fut signalé par un internaute mais ne donna lieu à aucune investigation.
  • Cruz acheta des armes avec une carte de crédit appartenant à sa mère et s'afficha avec sur Instagram.
  • Un mois avant son passage à l'acte, une femme appela un agent du FBI pour tenter pendant 13 minutes de le convaincre de la dangerosité de Cruz, et "qu'il était sur le point d'exploser".  Sans succès.

D'autres détails émergeront peut-être encore. Notons que même le FBI admit publiquement qu'il avait commis de graves manquements dans la gestion de ce cas. On imagine que les parents des victimes seront très réconfortés d'apprendre que, quelque part, un obscur fonctionnaire recevra peut-être un blâme.

Allo, police? Allo? Allo?

Quand tout le reste échoue, que faire lorsque les coups de feu éclatent et que les cris se font entendre? Se barricader et appeler la police. C'est son travail après tout. C'est ce que firent les élèves et les professeurs du lycée de Parkland lorsque le tueur de 19 ans commença son carnage. D'ailleurs, le Gouverneur (républicain) de Floride Rick Scott réclame désormais un policier dans chaque école.

Problème: il y avait déjà des policiers au lycée de Parkland le jour fatidique. Un premier agent, Scot Peterson, armé, formé et en uniforme, fut sur place une minute trente après les premiers tirs. Et il ne fit rien, se contentant d'attendre à l'extérieur des bâtiments alors que les élèves se faisaient massacrer pendant plus de vingt minutes. Il démissionna sans solde une fois la révélation de son comportement.

Un cas isolé? Même pas. Quatre autres policiers arrivèrent sur les lieux à leur tour et se contentèrent de prendre la pose, mettant en joue les bâtiments depuis leurs voitures sans prendre le risque de pénétrer là où le tueur se livrait à sa macabre besogne. Eux aussi sont blâmés - encore un geste qui mettra du baume au cœur des familles des 17 victimes...

Heureusement, tous les agents de police qui se trouvèrent sur place ce jour-là ne se comportèrent pas comme des lâches. Deux autres policiers se lancèrent à l'assaut, l'officier Chris Crawford et le sergent Jeff Heinrich. Notons que le second avait sa femme et son fils dans l'école. Cela ne diminue pas son mérite, mais permet de mieux comprendre ses motivations. Prendre des risques lorsque des proches sont menacés, certainement ; le faire parce que le règlement l'exige, et les volontaires sont déjà moins nombreux.

Et si le problème venait de réglementations existantes?

Résumons: le contrôle des armes au sens strict et à travers une population entière n'a aucun sens. Il en prive les citoyens respectueux alors que l'État est incapable de désarmer ceux qui le devraient. Ses services de renseignement sont faillibles, et face à une crise, la police met toujours trop de temps à réagir.

Pendant ses deux mandats, Barack Obama a soigneusement exploité chaque tuerie, réclamant une impossible réforme du 2e Amendement pour ensuite faire porter le blâme de l'échec au camp républicain et en tirer des gains politiques.

Donald Trump choisit une autre approche, faussement rapportée comme un port d'armes pour les enseignants. La levée de boucliers des bien-pensants a été immédiate, mais absurde, car il n'est n'a jamais été question d'armer les professeurs contre leur volonté. En réalité, une certaine proportion des 3 millions de professeurs dispose déjà d'un port d'armes cachées. La réforme permettrait à ceux qui le veulent d'amener sur leur lieu de travail ces armes cachées, armes qu'ils ont déjà le droit de transporter partout ailleurs. Le but est de susciter l'incertitude d'un tireur potentiel quant au danger auquel il devra faire face en cas de fusillade, et donc d'exercer une dissuasion.

En réalité, Donald Trump propose de revenir sur la fameuse loi gun-free zone, une loi qui interdisait la présence légale d'armes dans certains périmètres (école et université par exemple). Or, et c'est la dernière statistique dont les médias ne vous parleront jamais, 92% des tueries de masse sur territoire américain ont eu lieu dans des gun-free zones, où les tireurs fous (mais pas stupides) savent qu'ils peuvent s'adonner à cœur-joie à leur massacre contre des cibles désarmées.

Avant le vote de la loi gun-free zone, les tueries dans les écoles étaient quasiment inconnues aux États-Unis. Elle fut votée en 1990, proposée par un démocrate ambitieux du nom de Joe Biden, et ouvrit la voie à ces massacres d'un nouveau genre. Mais les médias ne rappelleront jamais ces détails dérangeants.

02 février 2018

Watergate Puissance Dix.

Du point de vue des "experts" de la politique, des médias, de Hillary Clinton, des Démocrates, et d'un trop grand nombre de Républicains, l'accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis n'aurait pas dû avoir lieu. C'était un accident. Une anomalie.

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Beaucoup s'indignèrent de cette élection et s'en indignent encore. D'autres la refusèrent et décidèrent de corriger l'histoire alors même qu'elle était en train de s'écrire.

Ce complot est désormais exposé au grand jour.

Ce que nous savons déjà

Voici un résumé des faits, prouvés, étayés et documentés.

Nous savons que la Campagne d'Hillary Clinton et le Comité National Démocrate ont payé de leur poche une entreprise, Fusion GPS, par l'entremise du cabinet d'avocats Perkins Coie, pour produire un document visant à réunir de fausses informations contre celui qui n'était alors que candidat à l'élection présidentielle, Donald Trump.

Nous savons, à travers les reportages de la journaliste primée Sara Carter, spécialiste de la sécurité nationale, que le FBI a utilisé le soi-disant Dossier Trump pour obtenir un mandat de surveillance de la FISA pour espionner l'équipe de campagne de M. Trump, par le biais de Carter Page, un consultant et conseiller de Trump pendant sa campagne électorale, soupçonné d'avoir rencontré un membre du gouvernement russe lors d'un voyage en 2016.

C'est également un fait avéré que des responsables à la tête du FBI, dont Peter Strzok, à la fois à la tête de l'enquête sur le serveur mail d'Hillary Clinton et sur celle contre l'équipe Trump, ont envoyés à la juriste du FBI Lisa Page de nombreux messages faisant état d'un biais parfaitement clair en faveur d'Hillary Clinton et contre Donald Trump. Strzok et Page discutèrent même d'une "police d'assurance" visant à se protéger de Trump si par malheur il était élu, et d'une "société secrète" rassemblant au sein de leur organisation des gens avec le même état d'esprit.

M. Strzok fut naturellement nommé dans l'équipe spéciale de Robert Mueller chargée d'enquêter sur les "influences russes" sur l'élection, mais une fois ses messages partisans portés à la connaissance du grand public, le Ministère de la Justice n'eut d'autre choix que de le congédier de cette équipe.

Nous savons que de hauts responsables de l'Administration Obama, dont sa conseillère à la sécurité nationale, Susan Rice, et son ambassadrice à l'ONU, Samantha Power, ont fait des dizaines, voire des centaines, de demandes d'identification des membres de l'équipe de Trump pendant et après les élections. Ces demandes d'identification consistent à révéler les interlocuteurs dans une transcription de conversation enregistrée d'une personne espionnée. Ainsi il est possible d'avoir l'entier des propos tenus par tous les participants dans une réunion, à partir d'une seule source surveillée.

Ces procédures de masquage, dites de "minimisation et de ciblage", initialement prévues pour éviter l'espionnage des citoyens américains par leur gouvernement, ont été systématiquement violées par la NSA et le FBI sous l'Administration Obama comme révélé par un rapport top secret publié en avril 2017.

Nous savons que l'Administration Obama organisa de nombreuses fuites auprès des médias pour pousser dans l'opinion publique l'idée d'une collusion de Donald Trump avec la Russie. L'ancien directeur du FBI, James Comey, témoigna sous serment devant le Congrès en juin et admit que la plupart des reportages basés sur ces fuites de renseignements anonymes étaient incorrects.

Nous savons que l'ancien Directeur du renseignement national, James Clapper, qui a supervisé un rapport enquêtant sur l'ingérence présumée de la Russie aux élections de 2016, a déclaré à plusieurs reprises, y compris sous serment devant le Congrès, qu'il n'y avait aucune preuve de complicité du gouvernement russe.

Nous savons également, d'après des documents judiciaires britanniques, qu'un ancien espion britannique, Christopher Steele, qui avait été engagé par Fusion GPS pour produire le dossier Trump, a donné des informations secrètes à des organisations médiatiques à au moins deux reprises. Ces médias comprenaient le New York Times, le Washington Post, CNN, le New Yorker et Yahoo News.

Nous savons enfin, d'après des documents judiciaires déposés par le Comité du Renseignement de la Chambre, que Fusion GPS a effectué des paiements directs auprès de journalistes qui couvraient l'actualité des affaires liées à l'ingérence russe.

Les intervenants sont si nombreux, et les ramifications si grandes, que Epoch Times a fait œuvre de salubrité publique en créant une infographie de la situation avant la révélation du Mémo, reproduite ici:

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(Cliquez pour agrandir)

Le Mémo de Devin Nunes

Mais il manque encore quelques points essentiels, auquel répond le Mémo de Devin Nunes qui défraie la chronique depuis quelques jours.

Devin Nunes est le Président de la Commission de surveillance de la Chambre des Représentants, assemblée bipartisane chargée de contrôler l'activité FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act, ou Loi de Surveillance de l'Espionnage Étranger). Nunes était parfaitement dans son rôle lorsque la Commission enquêta sur les allégations d'espionnage de la campagne de Donald Trump. Il dut faire preuve de beaucoup d'opiniâtreté pour surmonter les obstructions érigées par le FBI et le Département de la Justice pour empêcher les élus de consulter les informations auxquelles ils avaient normalement accès dans le cadre de leurs responsabilités.

Le Mémo, comme on l'appelle donc, est simplement le résumé de mois d'enquête et d'interrogatoires de responsables devant la Commission. Déclassifié par le Président Trump, il est disponible en ligne en intégralité. Là encore, ce Mémo ne contient que des informations 100% prouvées et vérifiées - il est assorti de centaines de pièces, témoignages, documents, rapports collectés par la Commission au cours de son enquête.

Quels sont les points saillants du Mémo?

  • Un dossier compilé par Christopher Steele, ex-espion britannique payé 160'000$ par le Comité de Campagne d'Hillary Clinton et la direction du Parti Démocrate, fut un élément essentiel de la demande FISA à l'encontre de Carter Page (c'est-à-dire une demande faite à la justice d'autoriser l'espionnage d'un citoyen américain).
     
  • Une demande FISA doit être renouvelée tous les 90 jours sur la base d'éléments nouveaux découverts lors de la surveillance. Le directeur du FBI James Comey signa lui-même trois renouvellements, son vice-président Andrew McCabe en signa un. D'autres renouvellements furent approuvés par le Bureau du Procureur Général, lié au Département de la Justice de l'Administration Obama d'alors. L'un d'eux fut signé par Rod Rosenstein, encore en poste aujourd'hui au sein de l'Administration Trump.
     
  • Aucune de ces demandes de renouvellement ne fut basée sur de quelconques éléments nouveaux découverts au cours de la mise sous surveillance.
     
  • Ni la demande originale de surveillance en Octobre 2016 ni aucun des renouvellements ne mentionnent le rôle de la Direction du Parti Démocrate ou du Comité de Campagne d'Hillary Clinton, pas plus que l'influence financière de ceux-ci dans les productions de M. Steele, alors que l'origine politique du dossier Steele était connue dès le départ des hauts responsables du FBI et du Département de la Justice.

D'autres aspects du Mémo mentionnent que certaines "fuites" du dossier organisées dans la presse furent employées pour justifier une poursuite de la surveillance, et donc, dans un bel argument circulaire, donner davantage de poids aux allégations du dossier.

Autrement dit, la Direction du Parti Démocrate, le Comité de Campagne d'Hillary Clinton, l'Administration Obama par le biais du Département de la Justice et le FBI - pour les rôles principaux - ont travaillé main dans la main à l'aide de faux documents pour franchir tous les obstacles légaux, notamment l'approbation de juges, afin de mettre sur écoute Donald Trump, un adversaire politique. Cette surveillance s'étendit au-delà de son élection, dans le but probable de trouver des éléments à charge qui permettent de le destituer.

Le moment crucial

Les masques sont tombés. Le Parti Démocrate a fait alliance avec les services de renseignement et la justice sous l'Administration Obama pour mettre en branle l'appareil d'État au service d'une cause partisane. La collusion entre les médias, les services de renseignement, et certains politiciens est désormais établie, donnant corps à ce que les Américains appellent l'État profond ("Deep State") ou encore le Marais ("The Swamp").

Le Scandale du Watergate qui finit par venir à bout du Président Nixon avait impliqué un petit nombre de proches collaborateurs ; aujourd'hui, la conspiration exposée en pleine lumière implique des dizaines, voire des centaines de personnes travaillant dans une douzaine d'organisations gouvernementales et non-gouvernementales différentes dans le but de calomnier, salir et finalement destituer le Président en exercice, privant le peuple américain de son élection présidentielle.

Pire encore, les Démocrates, mouillés jusqu'au cou dans cette affaire, se battent avec la dernière mauvaise foi pour empêcher la vérité d'atteindre le grand public. Loin de toute amende honorable, ils ont utilisé toutes les astuces possibles pour tenter, sans succès, d'arrêter le raz-de-marée de révélations. Aucune remise en question n'est à l'ordre du jour. Qu'auraient dit les mêmes en 2008 si George W. Bush avait espionné sur de faux prétextes la campagne de Barack Obama pour le compte de son camp! Mais M. Bush ne le fit pas et Obama le fit, voilà toute la différence.

Nous voyons se dérouler sous nos yeux le plus gros scandale politico-médiatique de l'histoire des États-Unis. Les médias mainstream sont tout aussi complices, et tentent - comme en Europe où la posture anti-Trump fait fureur - de minimiser l'affaire, salir les messagers, voire d'accuser les Républicains de complot à leur tour. Là encore, l'esprit partisan a pris le pas sur toute autre considération, qu'il s'agisse de la recherche de la vérité ou de la simple information du public.

La destruction de l'entier de la toile occulte qui tenta de voler l'élection présidentielle des États-Unis d'Amérique impliquera nombre de procès et de condamnations - je pense que le terme de "haute trahison" est approprié. Lorsque la poussière sera retombée, il y aura des livres à écrire, des films à tourner, et des prisons remplies. Mais en attendant, il faut nettoyer les Écuries d'Augias, et l'ampleur de la tâche donne le vertige.

18 janvier 2018

Radicalisations

C'est sous l'intitulé mystérieux de "Radicalisations" que la Municipalité de Renens organisa une soirée pour que des habitants puissent échanger avec des professionnels. Ayant été indirectement à l'origine de cette manifestation à travers une interpellation au Conseil Communal ("Pour que Renens agisse contre le radicalisme islamiste" en 2015) il était de mon devoir de m'y rendre.

Dessine-moi un radicalisé

observatoire2017rad.jpgLa soirée vit affluer un public nombreux. Après différentes présentations du contexte par les autorités mettant bien cette assemblée sous le signe du Padamalgam!, la première présentation commença, donnée par Mallory Schneuwly-Purdie, "Sociologue et formatrice - Pluralités".

L'exposé commença par un long et tortueux cheminement visant à définir ce qu'était le radicalisme, à l'aide de citations comme:

"[Le] processus par lequel un individu ou un groupe adopte une forme violente d'action, directement liée à une idéologie extrémiste à contenu politique, social ou religieux qui conteste l'ordre établi sur le plan politique, social ou culturel." -- Khosrokhavar (2014, p. 7-8)


Fuyez, manants, vous n'êtes pas de taille à rivaliser avec ces puissants intellectuels!

Ceux qui passèrent outre la pédanterie pour s'interroger sur la généralité de cette approche furent rapidement confortés dans leurs doutes par les slides suivants, qui montrèrent quelques exemples "d'idéologies extrêmes" selon la présentatrice, dans cet ordre:

  • Nationalisme
  • Communisme
  • Populisme
  • Islamisme

Le nationalisme faisait sans doute référence au nazisme, alors que ce dernier est avant tout un avatar du socialisme, comme en témoigne la bonne entente entre les communistes et les nazis avant que les seconds ne s'en prennent à l'Union Soviétique lors de la Seconde Guerre Mondiale. Mais le populisme? Même Wikipédia n'en parle pas ainsi, c'est dire. Je fus presque surpris de ne pas découvrir le libéralisme parmi cette collection "d'idéologies extrêmes".

Le malaise empira lorsqu'on aborda - enfin - la question de l'islam. Parmi plusieurs contre-vérités sur cette religion, Mme Schneuwly-Purdie eut l'audace d'affirmer que les mosquées étaient un élément central de la lutte contre la radicalisation, ce qui suscita quelques remous dans la salle. Pour la sociologue, la lutte contre la radicalisation passait par quatre thèmes:

  • Les mosquées comme "espaces de socialisation" ;
  • Les imams comme "acteurs de contextualisation" ;
  • Internet comme "outil de transmission" ;
  • Les jeunes comme "passeurs de savoir" (comprendre: un pied dans la culture musulmane et un autre dans la culture occidentale).

Comme d'autres spectateurs je pense, je me fis la remarque qu'elle venait de brosser le portrait des quatre principaux vecteurs de radicalisation. Et elle eut l'audace de les présenter comme les meilleurs moyens de lutter contre! C'est sûr, un jeune déraciné, livré à lui-même sur Internet et se rendant assidûment à la mosquée pour y écouter les prêches des imams est certainement dans une posture idéale pour échapper à toute radicalisation...

À la fin de ce premier exposé, je me demandais: un passionné des loups est-il finalement la meilleure personne à interroger pour chasser le loup?

Les 99%

La seconde présentation fut donnée par Brigitte Knobel, Directrice du Centre intercantonal d'Information sur les Croyances (CIC). Cette structure para-étatique fondée dans le sillage du Massacre du Temple Solaire avait pour premier but de lutter contre les dérives sectaires. D'islam il ne fut question que tardivement, le CIC n'étant réorienté vers cet aspect que depuis quelques années.

Se signant elle aussi du Padamalgam, Mme Knobel s'efforça de montrer que l'islam n'était finalement qu'un radicalisme parmi "de nombreux autres". Le public eut donc droit à un panel représentatif "de groupes religieux hindous, ésotériques, chrétiens et bouddhistes ayant commis des actes de violence dirigés vers l'extérieur ou vers l'intérieur" (sic). Un attentat à la bombe en Suisse par un illuminé hindou en 1975, soit vieux de quarante-trois ans ; la secte du Temple Solaire ; des illuminés chrétiens d'Afrique du Sud qui se suicidèrent en groupe en avalant du cyanure en 1978 ; ou encore l'attentat au gaz sarin de la secte Aum au Japon en mars 1995. Démonstration très concluante en effet.

Cette présentation fut suivie d'un dernier slide statistique montrant l'activité du CIC sur l'année 2017. Émoi dans la salle: 99% des interventions étaient liées à l'islam, "sauf une, liée à un jeune évangéliste", précisa la conférencière. Patatras! En une seule page d'honnêteté intellectuelle, elle démolit le château de cartes du Padamalgam. Les organisateurs échangèrent quelques regards consternés.

Les questions-réponses dérapent

Légèrement déprimé par ce rouleau-compresseur de bons sentiments (malgré une chute du peloton dans la dernière ligne droite) je me demandais si j'allais assister à une deuxième couche de ripoline lors des questions-réponses sur le modèle de ce que j'avais déjà dû subir lors de la visite des mosquées de Renens. Mais ce soir, le public n'était pas le même. Pas de député pro-islam du Grand Conseil vaudois, pas de Claude Béglé venu lécher des babouches depuis Genève, seulement des gens normaux, et inquiets, et pas forcément aussi incultes que nos hôtes l'auraient pensé - ou espéré, peut-être - sur l'islam et la situation actuelle.

Le ton des questions était franchement hostile vis-à-vis des conférenciers, principalement à cause de leur naïveté confondante sur l'islam. "Comment dans un pays où les Droits de l'Homme sont tellement importants, peut-on accepter une communauté qui ne respecte pas les Droits de l'Homme?" demanda par exemple une vieille dame, sous l'approbation générale.

Mais le moment que j'espérais finit par arriver: un Algérien prit la parole - et évoqua son passé pendant la guerre civile algérienne des années 90, pendant le jihad des moudjahidines. Mme Schneuwly-Purdie ayant évoqué en bonne dhimmie le jihad comme "un combat intérieur pour devenir meilleur", il la remit aimablement à sa place:

"La guerre sainte est une prescription de l'islam. Ce n'est pas un choix, c'est une prescription, sur laquelle il y a unanimité, consensus. On ne peut pas me citer un seul courant religieux de l'islam qui réfute que le jihad soit une prescription. Maintenant vous avez beaucoup entendu parler que dans le coran, c'était dans le cadre d'une émission Infrarouge, que le coran enseignait beaucoup plus le jihad spirituel... J'ai mémorisé le coran pendant des décennies... Il n'y a aucun verset du coran qui parle de jihad spirituel, ni aucun hadith. Si vous connaissez un verset, est-ce que vous pouvez me le citer?"


Ouille.

Après ces interventions, la session de questions-réponses fut rapidement close, écourtée de moitié.

La Verrée

La soirée se conclut par une verrée donnant l'occasion au public de discuter avec les intervenants. Ce fut pour moi l'occasion de quelques échanges surréalistes - l'un d'eux avec Éric Golaz, Délégué cantonal aux affaires religieuses et chargé du dossier de la reconnaissance de l'islam. Pour lui, il fallait reconnaître l'islam sauce UVAM comme communauté d'intérêt public pour mieux la contrôler:

- Excusez-moi, mais en quoi cette reconnaissance aidera en quoi que ce soit à contrôler l'islam de Suisse?

- Eh bien, ils seront obligés de se plier à nos lois, de respecter l'ordre public, l'égalité...

- Vous savez qu'ils ne feront rien de tout cela. Et quand même vous ne pourrez plus le nier, que ferez-vous?

- Il y a des sanctions prévues, euh...

- Comme quoi?

- Eh bien, au pire, cela pourrait aller jusqu'au retrait de la reconnaissance d'utilité publique de la communauté.

- Vous plaisantez? Vous savez parfaitement que lorsque cette reconnaissance sera accordée les autorités n'auront jamais le cran de faire machine arrière, quoi qu'il advienne.


Ayant vu clair dans sa tentative d'enfumer le chaland, il riposta en me demandant ce qu'il fallait faire.

- Mais c'est tout simple Monsieur. Il me semble que le peuple suisse a voté depuis quelques années déjà le Renvoi des Criminels Étrangers.

- Et alors?

- Alors? Chaque islamiste dont on nous raconte les exploits dans les médias a souvent commencé par la délinquance et a un casier judiciaire long comme le bras. Il me semble que si on expulsait manu militari les étrangers criminels au premier, deuxième ou même au dixième délit, on éviterait pas mal des problèmes de radicalisation et de terrorisme musulman simplement parce que ces gens ne seraient plus dans notre pays quand leur viendrait l'idée de commettre un attentat.

- Ah mais Monsieur, c'est compliqué, la Suisse n'a pas d'accords de réadmission...


...Et surtout aucune volonté d'en avoir, pensais-je en concluant la discussion. Mais c'est au cours d'une autre conversation, où je critiquais l'angélisme des sociologues et des autorités et rappelais la dangerosité des islamistes, qu'un haut responsable dont je tairai le nom me livra un conseil, et finalement la clé de l'histoire:

"Tu sais, Stéphane, on est à Renens... Il faut faire attention à ce qu'on dit."


Renens, plus d'une centaine de nationalités, plus de 50% d'étrangers. Un chaudron. Les pièces du puzzle s'emboitèrent: partout en Suisse et en Europe, la veulerie des majorités politiques face à l'islam, le Padamalgam à pleins tubes, l'aveuglement volontaire, la langue de bois, la négation de la menace ne traduisent pas l'incompétence mais la terreur dans laquelle vivent les élites. Le génie malfaisant de l'islam est sorti de la bouteille et, aussi dénuées de force de caractère que d'imagination, elles n'ont que l'apaisement à l'esprit pour essayer de maintenir le statu-quo un peu plus longtemps.

N'excusons pas par l'incompétence ce qui s'explique amplement par la lâcheté.

Ce fut finalement une soirée très instructive.

08 janvier 2018

Et maintenant, Trump est fou.

Dire que les Démocrates s'emploient à éjecter Trump du pouvoir depuis le jour de son élection serait un euphémisme. Incapables depuis plus d'un an d'avaler le résultat d'une élection contraire à leurs attentes, ils n'ont de cesse de trouver le moyen de le renvoyer de la Maison Blanche avant la fin de son mandat. Complot russe, prétendue obstruction à justice, une page Wikipédia tente même de recenser les diverses manœuvres employées dans ce but.

usa,donald trump,manoeuvres politiques,foliePas un mois ne passe sans que vienne s'ajouter une nouvelle excellente raison de chasser le Président en exercice. Disons plutôt que chaque péripétie sur sa présidence, vraie ou fausse mais toujours montée en épingle par les médias, se conclut invariablement par l'examen d'une possible destitution sur la base de ces nouveaux "faits".

La dernière tentative en date se base donc sur une probable "folie" de M. Trump, qui pourrait comme par hasard mener à sa destitution par le biais du 25e amendement.

Une vingtaine de psychiatres et psychologues - forcément "éminents" pour la presse - franchirent le pas en octobre 2017 en publiant un ouvrage collectif sur la question: The Dangerous Case of Donald Trump ("Le Dangereux Cas Donald Trump"). Il reçut bien sûr un certain succès de la part des anti-Trump, confortés par les descriptions hyperboliques livrés aux médias par la coordinatrice très engagée à gauche de l'ouvrage, la psychologue Bandy Lee de l'Université de Yale. Apparemment, il y avait urgence à envoyer M. Trump à l'asile, en camisole de force.

Quelques professionnels du secteur eurent beau objecter que depuis quarante-cinq ans l'Association des psychiatres américains (APA) a établi la "Règle Goldwater", dénonçant comme un grave manquement à l’éthique le fait de dresser le diagnostic d’une personnalité publique sans son autorisation et sans même la rencontrer, personne ne les écouta. Billevesées que tout cela. Les règles de déontologie les plus élémentaires ne sauraient s''appliquer face à Donald Trump!

La nouvelle couche est appliquée ces derniers jours par Michael Wolff et son livre Fire and Fury : Inside the Trump White House ("Feu et Fureur : Dans la Maison Blanche de Trump"). Les médias font leur régal des bonnes feuilles de l'ouvrage. Trump serait un enfant gâté réclamant des "victoires", pris de crises de colère et insultant le personnel de la Maison Blanche et son propre gouvernement ; il s'enfermerait pour ruminer devant plusieurs télévisions en même temps ; il craindrait d'être empoisonné par les repas présidentiels ; il serait quasiment illettré, ou trop impatient, et incapable de venir à bout de textes simples...

usa,donald trump,manoeuvres politiques,folieBien que l'ouvrage soit entièrement à charge et dérive souvent dans le grotesque, les rédactions ne prennent aucune distance lorsqu'elles en parlent. Pour les médias, et Le Temps est en première ligne, Fire and Fury ne représente rien d'autre que la vérité. Comment s'en étonner alors que Michaël Wolff a couché sur le papier, jusque dans des "anecdotes" sur la chevelure de Trump, les fantasmes qu'attendait son public?

Seul problème, une partie au moins du livre est basée sur des affabulations - de l'auteur ou de ses sources - donnant au final un tableau caricatural et mensonger.

Prenons le simple exemple de l'élection. Wolff prétend à de nombreuses reprises que Trump ne voulait "pas vraiment" l'emporter - d'où une promesse faite à son épouse Melania qu'elle n'avait pas à s'inquiéter de devenir Première Dame contre sa volonté, car il n'avait aucune chance. Il aurait de même été parfaitement livide, le soir fatidique, en apprenant finalement sa victoire. Pourtant, Trump s'est battu comme un lion pendant toute la campagne, mettant au point une stratégie novatrice pour arracher aux Démocrates des États considérés comme acquis et enchaînant des dizaines de meetings durant la dernière ligne droite. Pourquoi se serait-il donné tant de peine s'il ne voulait pas gagner? Pourquoi aurait-il lutté avec succès contre seize autres candidats lors des primaires républicaines pour arracher l'investiture du parti s'il ne voulait pas gagner? Pourquoi se serait-il compromis dans l'illégalité avec les Russes, comme l'affirme Wolff, pour arracher un avantage indu dans l'élection, s'il ne voulait pas gagner?

Le récit de Fire and Fury n'a même pas de cohérence interne. Certains intervenants cités par l'auteur ont apporté un démenti cinglant face aux propos qu'on leur prête. Tant que nous n'aurons pas eu le verbatim des enregistrements effectués par l'auteur, nous ne saurons pas où situer le mensonge. Mais Michaël Wolff se couvre lui-même dès l'introduction:

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"Beaucoup des comptes-rendus de ce qui s'est passé dans la Maison Blanche de Trump entrent en conflit les uns avec les autres ; beaucoup, à la mode trumpienne, sont cruellement faux. Ces contradictions et cette souplesse prise avec la vérité, sinon avec la réalité elle-même, forment le fil conducteur du livre. Parfois, j'ai laissé les intervenants exposer leurs versions, permettant en retour au lecteur de les juger. Dans d'autres cas, grâce à une cohérence dans les récits et par le biais de sources auxquelles j'ai fini par faire confiance, je me suis arrêté sur une version des événements que je crois véridique."

Alors, Fire and Fury est-il un récit ou une fiction? Probablement un peu des deux, quoique le point de vue de l'auteur sur Donald Trump ne fasse guère de doute. Comment croire alors que Wolff, coutumier de ces dérives, n'a pas prêté davantage de bienveillance à tous ceux qui disaient du mal de Trump? Et comment s'étonner du résultat?

Nous sommes en pleine construction de narrative, celui-ci visant à préparer l'opinion publique à la prochaine offensive démocrate contre Trump. Les médias qui enquêtent aujourd'hui sur la santé de M. Trump sont les mêmes qui refusèrent avec acharnement de rendre compte de l'évanouissement public de Mme Clinton en 2016.

Mais il n'est pas sûr que la sauce prenne. Donald Trump tweete avec son public, parle un langage simple et direct, n'est pas bardé de diplômes des plus hautes universités du pays. M. Trump est indiscutablement un Président atypique et les Américains le savent. Ceux qui ont voté pour lui l'ont fait précisément pour ne plus être menés dans l'ornière par des élites surdiplômées, sûres d'elles et de leur verbe, et bien plus préoccupées par les cercles mondains que par le devenir de la classe moyenne.

Pourtant, Trump est bel et bien dérangé. Père de grands enfants, marié à un ancien mannequin, entrepreneur richissime, vedette de son émission de télé-réalité, il aurait pu couler une retraite paisible en profitant de la vie. À la place, il choisit de se lancer dans la conquête de la Présidence des États-Unis et tente depuis, avec les plus grandes difficultés, de remettre le pays sur les rails. Clairement, aucune personne saine d'esprit ne ferait tout cela.

Mise à jour (14 janvier): Par un étrange tour du destin, nous apprenons que la psychiatre Brandy Lee à l'origine du livre indiquant que M. Trump n'était pas apte à gouverner ne dispose plus de licence de psychiatrie depuis 2015, soit bien avant l'écriture de son livre.

27 novembre 2017

La croisade absurde contre le glyphosate

L'Allemagne a sifflé la fin de la récréation: les pays de l'UE ont finalement voté pour une prolongation de cinq ans du droit d'utilisation du glyphosate dans l'agriculture. Les activistes trépignent - dont ceux installés au sein du gouvernement français.

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Retour sur une invraisemblable croisade, et ses possibles conséquences.

Préambule: poison et poison

Il y a presque cinq siècles, Sieben defensiones de Paracelse écrivait une maxime pleine de sagesse:

"Tout est poison et rien n'est sans poison; la dose seule fait que quelque chose n'est pas un poison."


Cette maxime est encore connue aujourd'hui de la plupart des gens dotés d'un peu de culture scientifique. Le poison est avant tout une question de dosage. L'arsenic, le cyanure, les venins des pires serpents sont parfaitement inoffensifs inoculés à suffisamment petites doses - et parfois employés dans ce but à des fins thérapeutiques. Revers de la médaille, les produits quotidiens les plus anodins peuvent devenir des poisons à haute dose, comme l'alcool, mais aussi le sel et même l'eau.

Chacun, selon son caractère, sera donc rasséréné que rien ne soit poison, ou au contraire terrifié que tout soit poison.

À ce stade, la seule attitude raisonnable est d'étudier les effets d'une substance, notamment sa dose létale. Pour cela, il existe différentes méthodes. Celle privilégiée par nombre de laboratoires consiste à effectuer des cultures de cellules, de les soumettre à des doses croissantes de la substance étudiée, et d'observer ce qui se passe - une gamme de conséquences s'étendant invariablement de l'innocuité à la fatalité. En bonus, on peut examiner la façon dont les cellules meurent, mutent et se transforment durant leur agonie. Des variantes du processus impliquent de tester sur des tissus, voire sur des animaux vivants, afin d'affiner l'examen des conséquences selon différents organes, les phases de croissance, voire le sexe des créatures étudiées.

À la question cruciale de savoir si le glyphosate est un poison, armé d'une sagesse scientifique très ancienne, nous pouvons donc répondre avec certitude: "oui - comme tout le reste". La vraie question est ailleurs.

Le glyphosate est-il dangereux?

Le glyphosate est d'autant plus un poison qu'il est employé exactement dans ce but. C'est un désherbant. Il tue les plantes. À très petites doses, le glyphosate est fatal au règne végétal - c'est un herbicide total foliaire systémique, pour reprendre le résumé de son effet. Diffusé sur des feuilles, il détruit la plante entière en empêchant la synthèse des acides aminés nécessaires à sa survie.

Quant à sa dangerosité sur l'être humain, contentons-nous de citer Wikipédia:

Le glyphosate est classé depuis le comme « probablement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer. Le CIRC précise que c'est une estimation du danger mais que l'estimation du risque pour la population générale est du ressort des agences de sécurité sanitaire5. Depuis lors, un panel d'experts de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture et de l'Organisation mondiale de la santé estime en mai 2016 qu'il est improbable que le glyphosate soit cancérigène par voie alimentaire6. Des appréciations similaires ont été rendues par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA)7 ainsi que par les différentes agences nationales ayant été chargées récemment d'évaluer le risque sanitaire du glyphosate8,9,10,11,12,13,14,15,16.


Notons que d'après la propre nomenclature du CIRC, le glyphosate est moins dangereux que la charcuterie, et aussi dangereux que la viande rouge. La définition de "probablement cancérigène" de certains organismes de recherche est assez éloignée du sens courant accordé à ces mots.

Comme beaucoup d'autres substances chimiques, le glyphosate n'est pas dangereux dans le cadre d'une utilisation normale, c'est-à-dire, si vous n'en buvez pas un verre au petit déjeuner. Les agriculteurs doivent évidemment prendre des précautions lorsqu'ils l'emploient sur leurs champs, mais ce n'est pas différent des nombreux autres produits qu'un professionnel est amené à manipuler dans le cadre de son travail.

L'innocuité du glyphosate à travers une utilisation normale est corroborée par une étude récente et très bien réalisée dont les médias ont peu fait écho, à l'exception notable du Figaro. La journaliste a visiblement examiné le sujet sous toutes les coutures avant de publier son papier. Il en résulte un article remarquable et complet qui mérite d'être cité.

Selon une étude dénuée de liens d'intérêts, l'exposition à l'herbicide n'augmente pas le risque de cancer.

A l'heure où le débat fait rage à la Commission européenne sur la question du renouvellement ou non de l'autorisation du glyphosate, une étude publiée le 9 novembre dans le Journal of the National Cancer Institute affirme que cet herbicide n'augmente pas le risque de cancer chez les agriculteurs qui l'utilisent. Or en 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le glyphosate comme cancérogène probable pour l'homme.

Cette étude serait-elle une machination montée de toutes pièces par la firme américaine Monsanto, à qui ce pesticide rapporte entre 4 et 5 milliards d'euros par an? (...) Un coup d'œil du côté des promoteurs de ce travail publié le 9 novembre indique que celui-ci a été entièrement financé par des institutions publiques de recherche américaines. Premier bon point. Les 12 auteurs de l'étude sont tous des universitaires ou des chercheurs d'organismes américains publics qui n'ont aucun conflit d'intérêts à déclarer. Autre point positif. Par ailleurs, l'étude est publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, une revue sérieuse et reconnue par les scientifiques internationaux. En 2017, ce journal arrive ainsi à la 146e position - parmi 12'000 journaux scientifiques — sur l'échelle de la notoriété. Quant à la directrice de l'étude, Laura Beane Freeman, épidémiologiste à l'Institut américain du cancer, elle s'attache depuis 2004 à étudier le rôle des pesticides dans la survenue de cancers chez les agriculteurs. Elle n'en est donc pas à son coup d'essai.


Après toutes ces précautions préalables - nécessaires, sans être suffisantes, pour dénoyauter l'hystérie des écologistes anti-glyphosate - on peut passer à la partie scientifique proprement dite:

Mais en quoi consiste vraiment l'étude? Les chercheurs ont suivi pendant vingt ans plus de 54'000 agriculteurs travaillant en Caroline du Nord et dans l'Iowa. Parmi eux, 9'300 n'ont pas utilisé de glyphosate sur cette période. L'idée des chercheurs était simple: comparer le nombre de cancers survenus sur cette période dans le groupe ayant été exposé au glyphosate par rapport au groupe qui n'en a pas utilisé, appelé «groupe contrôle».

Mais avant cela, il leur fallait écarter tous les aléas de la vie susceptibles de provoquer un cancer, tels que le tabac, l'alcool, les facteurs génétiques, etc. Les scientifiques ont donc questionné l'ensemble des participants sur leurs habitudes de vie (alimentation, addictions, poids, exposition à cinq pesticides…) et sur la survenue de cancers chez des membres de leur famille. Une fois ces facteurs de risque pris en compte, les auteurs de l'étude ont classé les agriculteurs utilisant du glyphosate en quatre groupes de taille identique, de la fréquence d'exposition au produit la plus faible à la plus importante.

Au cours des vingt ans de suivi, 7'290 agriculteurs ont appris qu'ils avaient un cancer. Mais les chercheurs ont constaté que le nombre de cas de cancer était sensiblement le même au sein de tous les groupes, qu'ils aient été exposés fortement ou pas du tout au glyphosate! Des résultats qui confirment ceux obtenus en 2005 par la même équipe, après cinq ans de suivi des agriculteurs.


Mais cela ne suffisait pas à écarter toutes les possibilités. En bons scientifiques, les chercheurs ont donc remis en question leur point de vue et cherché d'autres angles d'attaque pour découvrir la vérité.

citation_glyphosate.pngFace à ces résultats, les chercheurs se sont toutefois questionnés: et si c'était l'arbre qui cache la forêt? Et si au lieu de recenser les agriculteurs malades, tous types de cancer confondus, il fallait regarder les chiffres cancer par cancer? Pour s'assurer que ces données rassurantes ne masquaient pas l'existence d'un cancer meurtrier dû au glyphosate, les chercheurs ont donc entrepris de calculer le risque relatif associé à 22 types de cancer. Mais là encore, tout comme en 2005, ils n'ont rien trouvé. À l'exception d'un risque plus élevé de leucémie aiguë au sein du groupe utilisateur de glyphosate, mais qui, avertissent les chercheurs, «n'est pas statistiquement significatif». C'est-à-dire qu'il pourrait être le fruit du hasard.

«C'est un excellent travail scientifique, robuste et sérieux, affirme au Figaro le Dr Luc Multigner, épidémiologiste et directeur de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Ces résultats étaient très attendus car il s'agit d'un suivi à long terme d'un nombre très important d'agriculteurs.» Si avec une étude d'une telle ampleur on ne trouve pas de risque de cancer associé au glyphosate, «cela veut dire que le risque est très faible, assure le chercheur français. Il y a eu beaucoup d'émotions et de conclusions un peu hâtives sur les risques cancérigènes du glyphosate chez l'homme. Dans le débat actuel très chaud, cette étude apporte un nouvel élément scientifique solide.»


Dans le débat sur le glyphosate, qui se préoccupe encore de science?

Rage écologiste

La remarquable étude publiée dans le Journal of the National Cancer Institute n'est guère ébruitée, car elle ne va pas dans le sens de l'action souhaitée par les écologistes et leurs nombreux sympathisants dans les médias. Ils veulent interdire le glyphosate, point barre.

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L'activisme écologiste repose en grande partie sur l'ignorance du grand public,
et la peur que cette ignorance permet de susciter.

Il n'y a pas besoin de creuser beaucoup pour découvrir les racines de l'hystérie des mouvements écologistes contre le glyphosate: la société Monsanto, productrice de Roundup, le célèbre herbicide. Véritable croquemitaine des Verts de toutes obédiences, Monsanto commercialise à la fois le glyphosate tant décrié et des semences OGM capables de lui résister. Là où la culture OGM est autorisée, les agriculteurs OGM n'ont qu'à planter des graines résistantes et envoyer ensuite de quoi tuer les mauvaises herbes - et sur cet aspect-là du moins, le succès de la récolte est garanti.

La lutte contre les OGM passe donc par la lutte contre le glyphosate, car dans l'esprit des écologistes, interdire le second portera un coup peut-être fatal à la rentabilité des premiers.

Le plan souffre malheureusement de nombreux points faibles. Pour commencer, le couple OGM résistant + désherbant peut s'effectuer avec d'autres substances herbicides, et il est probable que la multinationale ait travaillé sur quelques plans de secours depuis vingt ans. Ensuite, le glyphosate est utilisé dans bien d'autres domaines que la culture OGM ; ainsi, le premier utilisateur de glyphosate en France n'est nul autre que.. La SNCF, qui s'en sert pour désherber les milliers de kilomètres des lignes de chemin de fer. Enfin, si la plupart des écologistes ne font guère de différence entre le Roundup, le glyphosate et Monsanto, dans les faits, ce n'est plus vrai du tout. Le brevet de la molécule remonte à 1975 et celle-ci est tombée dans le domaine public depuis l'an 2000. De nombreuses autres sociétés commercialisent leurs variantes du mélange (le glyphosate pur n'adhère pas bien aux feuilles) depuis des années.

L'hystérie écologico-médiatique a atteint son apogée cet automne avec les discussions à l'échelle européenne pour le renouvellement de la licence d'utilisation de la molécule au sein de l'Union. Mais les lobbies écologistes ont rencontré un adversaire à leur mesure: les lobbies agricoles. Pas question pour eux de renoncer à employer un herbicide connu, facile d'accès et bon marché simplement pour faire plaisir à des activistes urbains et à leurs relais politiques...

Combat au sommet, et défaite de l'écologie politique

Le vote final du renouvellement de la licence du glyphosate a eu lieu ce 27 novembre.

Les neuf pays qui avaient déjà dit non au cours d'un premier vote le 9 novembre ont campé sur leur position, selon des sources européennes, le scrutin se déroulant à huis clos. (...) Cette fois, 18 pays ont soutenu la proposition de la Commission -- contre 14 au tour précédent --, permettant tout juste d'atteindre le seuil de plus de 65% de la population de l'UE nécessaire pour une majorité qualifiée.


Le principal syndicat d'agriculteurs européen, le Copa-Cogeca, aurait espéré encore plus, la législation européenne permettant d'autoriser une substance pour 15 ans - durée qui fut réclamée par plusieurs pays agricoles, un détail rarement rapporté par les médias.

La France, en fer de lance sur l'interdiction, a donc subit un camouflet. Aujourd'hui, elle annonce travailler sur l'hypothèse d'une interdiction franco-française du glyphosate dans les trois ans. Cela sera à n'en pas douter une expérience intéressante à suivre de l'étranger, et j'adresse par avance mes sincères condoléances à ce qui reste du secteur agricole français.

Il n'existe actuellement aucune alternative viable au glyphosate. La molécule est connue, employée depuis des décennies, bon marché et accessible. Tous les écologistes qui prétendent qu'on peut s'en passer en faveur "d'arrachage mécanique" ou de culture bio sont des charlatans. Ces méthodes sont simplement incompatibles avec la production agricole de masse nécessaire à l'alimentation de la population européenne.

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Désherber à la main?
(Photo: champ de blé en Hongrie - cliquez pour agrandir)

Beaucoup d'écologistes seront désolés d'avoir échoué "si près du but" dans leur croisade contre le glyphosate. Je pense pour ma part que l'Europe vient d'éviter l'autodestruction, et de très peu.

Je peine à imaginer que des pays disposant d'une forte activité agricole comme en Europe de l'Est puissent accepter une décision de Bruxelles les amenant à sacrifier un pan entier de leur économie au nom d'un quelconque principe. À mon avis, l'interdiction du glyphosate à brève échéance aurait précipité l'effondrement de l'Union Européenne bien plus brutalement que ne le fera le Brexit. Mais tout ceci n'est qu'hypothèse, puisque le vote pour le prolongement de la licence d'utilisation du glyphosate a finalement eu lieu. Et à l'avenir, au train où vont les choses, il n'est pas du tout certain que les écologistes soient encore en mesure de réitérer leur exploit de ces derniers jours.

Rendez-vous dans cinq ans.

Mise à jour (30 novembre): pas vraiment une nouvelle actualité, mais un élément à porter au dossier, aimablement fourni par un commentateur. Christopher Portier, un membre de l'Agence Internationale Contre le Cancer, a énormément travaillé à la fameuse classification du glyphosate comme "cancérigène probable" par l'institut. Mais il avait vraisemblablement d'autres motivations que la recherche de la vérité. Il a ainsi préalablement accepté une somme de 160'000 dollars offertes par un cabinet d'avocat représentant des patients cancéreux souhaitant poursuivre les fabricants de glyphosate, et a bien sûr caché ce léger conflit d'intérêt.

La fraude scientifique suit, avec notamment des manipulations statistiques pour faire ressortir une corrélation qui n'existe pas. On ne s'étonnera qu'à moitié qu'un tel scandale, qui remonte à octobre, ne fasse pas plus de bruit.

Réréfences: Times, Reuters.

26 septembre 2017

Séisme politique en Allemagne

Les élections générales allemandes ont eu lieu ce dimanche, et leur résultat pourrait changer la trajectoire de l'Europe entière.

Pendant des mois, les sondages placèrent le parti d'Angela Merkel à environ 40% des votes, voire davantage. Les socialistes du SPD bénéficièrent d'une poussée étonnante lors de la nomination de Martin Schulz - d'ailleurs peut-être totalement inventée par les médias pour donner une "dynamique" - et situèrent quelques temps les deux partis au coude-à-coude l'un de l'autre, mais la fièvre retomba tout aussi rapidement.

Derrière, le peloton des petits partis vivotait au gré de l'actualité, comme en témoignent les intentions de vote rassemblées par divers sondages sur la durée:

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Trois de ces partis étaient connus: Die Linke, l'extrême-gauche allemande ; Grüne, les Verts, qui n'ont rien à envier aux précédents en termes de collectivisme et de lutte contre la prospérité ; le FDP, des libéraux alliés de la CDU / CSU, un peu trop accommodants, et qui pour cette raison sortirent laminés lors des dernières élections.

Alternative pour l'Allemagne

Le dernier venu, l'AfD, jouait les trouble-fêtes. L'AfD, parti politique que même la RTS avait du mal dimanche soir à présenter sous le qualificatif bateau "d'extrême-droite" (ne vous inquiétez pas, elle se rattrape depuis), n'existe que depuis 2013. Il naquit dans le sillage de la crise de la dette publique européenne, et se fit connaître en s'indignant contre la politique de la Bundesbank et de la BCE, bafouant les traités européens chargés de préserver la stabilité et la bonne tenue de l'Euro en intervenant directement dans la gestion de la crise grecque. L'AfD commença donc son existence comme parti opposé à une Union Européenne envahissante.

Cette politique lui offrit un écho de bon aloi dans certains cercles intellectuels - les Allemands ont gardé une mémoire atavique de l'hyperinflation de la République de Weimar et n'ont pas envie d'y revenir - et lui octroya environ 5% d'intentions de vote, en plus d'une réputation d'empêcheur de tourner en rond au sein de la belle famille européenne. Déjà, l'AfD était un mouton noir.

Mais en 2015, la ligne politique du mouvement évolua aussi rapidement que les menaces du moment lorsque survint la crise des migrants. Des hordes d'immigrés clandestins venues du monde entier convergèrent vers l'Allemagne, dans l'objectif avoué de vivre confortablement aux dépens du contribuable allemand. Pendant un temps les médias tentèrent de les présenter comme des familles syriennes mais ne réussirent à convaincre que les naïfs. Les mensonges se succédèrent et s'effondrèrent les uns après les autres sans que le flot ne s'arrête jamais, les envahisseurs se sentant invités par Angela Merkel et son fameux appel "Wir schaffen das!".

Assistant à l'application concrète d'une politique de remplacement du peuple allemand historique par une population de substitution, l'AfD modifia ses priorités en fonction de ce nouveau danger. En phase avec les préoccupations de la population allemande, la popularité du mouvement monta au-delà de 15% avant que la machine médiatico-politique ne se mette en branle: l'Alternative pour l'Allemagne serait une bande de racistes, xénophobes, fascistes, islamophobes, antisémites, néo-nazis et ainsi de suite... La tactique habituelle des ceux qui n'ont aucun argument à opposer.

L'effet réussit en apparences, puisque l'AfD retomba en-dessous des 10% d'intentions de vote. Mais le parti continua malgré tout à progresser, région après région. Les résultats de dimanche soir montrent que les Allemands apprirent comme d'autres peuples d'Europe à garder leurs opinions pour eux et à ne les exprimer que dans le secret de l'isoloir. L'AfD se profile donc aujourd'hui comme la troisième force politique allemande. Et que veut-elle? Selon Pauline Mille:

"L'AfD a fait campagne contre l’islamisation grandissante de l’Allemagne, en accusant Angela Merkel de se faire traître à la patrie en favorisant l'afflux des migrants. Elle préconise aussi la sortie de l'Allemagne de l’euro et une politique familiale traditionnelle. Elle ne croit pas à l'origine humaine d'éventuelles variations du climat et demande l'annulation de l'accord de Paris."


Franchement, que du bon sens.

Victoire à la Pyrrhus pour Merkel

"Une victoire catastrophique", titra le Blick lundi. La formule résume parfaitement la situation. Sur le papier, la CDU / CSU est victorieuse comme à l'accoutumée et Angela Merkel pourra accomplir un quatrième mandat ; dans les faits, la position de la Chancelière est plus instable que jamais.

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Résultats électoraux définitifs

La CDU et la CSU arrivent en tête, mais à quel prix! La CDU de Merkel perd 65 sièges. Le SPD perd 40 sièges et décide de se placer résolument dans l'opposition, empêchant toute "grande coalition" entre la droite de Merkel et la gauche, dont les électeurs ne veulent pas.

La seule coalition possible est la "Jamaïcaine" selon les couleurs du drapeau du pays ; noir, jaune et vert - une alliance improbable et fragile entre la CDU/CSU, les libéraux du FDP et les crypto-communistes des Verts. Parvenir à les asseoir autour d'une même table pour établir un programme commun tient de la gageure. Il me paraît improbable qu'un gouvernement parvienne à se bâtir dans ces conditions, et encore plus qu'il tienne pendant les quatre années qui viennent. L'Allemagne pourrait vraisemblablement se diriger vers un blocage ne débouchant sur rien d'autres que de nouvelles élections.

Le couple CDU / CSU fait son plus mauvais score depuis trente ans. De son côté, l'AfD fait une première entrée au Parlement. Le parallèle s'explique facilement: l'électorat de l'AfD vient bien de la droite traditionnelle allemande, qui a complètement tourné casaque sous la direction d'Angela Merkel. Les électeurs ont fui. Pauline Mille explique encore:

"Avec 13% des voix, l’AfD, Alternative für Deutschland, l’alternative pour l’Allemagne, fait une percée sans précédent aux élections législatives outre-Rhin. En quatre ans, l'AfD a franchi tous les échelons locaux pour entrer au Bundestag, et en force avec près de cent sièges. C’est mieux que n'ont jamais réussi les Verts. Cela coïncide avec un recul historique de la CDU, le parti d’Angela Merkel."


Les médias n'ont toujours rien compris. Ils continueront à traîner l'AfD et son électorat dans la fange en espérant faire ployer l'opinion publique, sans comprendre qu'ils parviennent seulement à détruire le peu de crédibilité qu'il leur reste. Aujourd'hui l'AFP se fend d'un article de propagande que n'aurait pas renié la Pravda en expliquant "l'inquiétude" des Israéliens face au succès de l'Alternative pour l'Allemagne. Comme le résume Jean-Patrick Grumberg, "des nazis pro-israéliens, c'est un scoop." Un chercheur, Patrick Moreau, a beau expliquer qu'il est "absurde de comparer l'AfD aux nazis", comment porter son message au milieu de centaines d'articles qui proclament le contraire?

Les Allemands jugeront sur pièce. Au Bundestag, ils verront comment interviennent et votent les élus. Les représentants de l'AfD auront accès aux médias, participeront aux débats, ne serait-ce que par le fait que sur la plupart des sujets, de l'Union Européenne à la migration et à l'islam, ils représentent la seule opposition. N'en déplaise à Martin Schulz.