12 août 2019

L'opportun suicide de Jeffrey Epstein

"J'ai été très surpris du suicide de Jeffrey Epstein, mais peut-être pas autant que Jeffrey Epstein lui-même", déclara sarcastiquement un Internaute au matin de l'annonce de l'événement. Le décès impromptu du milliardaire pédophile déclenche encore d'innombrables réactions - la plupart du temps atterrées, quelquefois humoristiques.

Jeffrey Epstein, 66 ans, aurait été retrouvé mort dans un "suicide apparent" dans sa cellule du Centre Correctionnel de Manhattan samedi matin. Son corps emporté sur une civière à environ 7h30. Jeffrey Epstein avait été mis sous surveillance anti-suicide après avoir été retrouvé dans sa cellule presque inconscient et "avec des marques sur le cou" le 23 juillet. Si deux sources pénitentiaires avaient alors évoqué une tentative de pendaison, une autre rétorqua qu'Epstein aurait pu s'infliger ces blessures lui-même pour favoriser un transfert. Une quatrième déclara en revanche que la possibilité d'une agression n'était pas à exclure, notamment de la part de l'ex-officier de police Nicholas Tartaglione, suspecté d'avoir tué quatre hommes et enterré leurs corps dans une histoire de trafic de cocaïne. Déjà beaucoup de mystères...

Depuis, les informations les plus contradictoires circulent. Jeffrey Epstein n'aurait pas été mis en surveillance dans une cellule anti-suicide, mais dans une cellule simple depuis le 29 juillet. Ou encore, il n'aurait pas bénéficié du niveau de surveillance requis faute de personnel, ramenant les visites toutes les demi-heures à une seule pour la nuit samedi matin. Les images de vidéo-surveillance seraient manquantes, ou il n'y aurait pas eu de caméras là où il était installé.

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Comme le résume lapidairement un internaute:

  • Le prisonnier Jeffrey Epstein fait une tentative de suicide.
  • Il est mis sous surveillance anti-suicide.
  • Il se suicide avec succès.
  • Circulez, il n'y a rien à voir.

Le suicide d'un suspect aussi important que Jeffrey Epstein, alors même qu'il est incarcéré dans une prison sous surveillance anti-suicide et qu'il a fait une première tentative quelques semaines plus tôt, reste un constat difficile à avaler. Évidemment, les médias romands ne s'étonnent de rien ; pour eux, il n'y a aucun problème, et ceux qui pensent autrement ne sauraient être que des complotistes. Pourtant, même en Europe, Le Figaro évoque un "suicide apparent". Et aux États-Unis, la polémique fait rage dans les médias, y compris au sein des rédactions alignées à gauche.

Les différentes morts de Jeffrey Epstein

combinaison_cornichon.jpgLe suicide est la première cause de mortalité des détenus américains - la deuxième étant l'overdose. D'après un agent de correction américain anonyme, le suicide d'Epstein n'aurait jamais dû être possible dans un milieu carcéral conforme:

Je suis agent de correction. Cela n'aurait jamais dû être possible. Au cours du processus d'admission, en raison de la nature de ses crimes et de sa célébrité, il aurait déjà dû faire l'objet d'une surveillance particulière. Après la première tentative, il aurait été dans une cellule spéciale. Il porterait ce que nous appelons une «combinaison cornichon», c’est une combinaison verte que vous ne pouvez ni déchirer ni attacher à rien. Ses couvertures seraient du même matériau. Il ne recevrait que des produits d'hygiène sous surveillance. La seule chose autorisée dans sa cellule serait un livre et des documents judiciaires. Nous serions alors surveillés au plus près. C'est un énorme échec du système pénitentiaire. Je veux une enquête poussée sur la façon dont cela a pu se produire.


De même, les cellules anti-suicide sont prévues pour empêcher toute accroche, saillie, ou matériau dont on pourrait se servir pour se pendre. Les cellules contiennent un ou deux prisonniers, et font l'objet d'une ronde toutes les demi-heures. Les prisonniers sont délivrés de toute ceinture, ficelle, lacet, cordelette qui pourrait servir à les étrangler ; et même les fournitures présentes dans la pièce sont étudiées pour empêcher qu'on ne puisse se pendre avec - M. Epstein pesait tout de même 90 kilos.

Pour l'instant, aucun détail ne filtre quant à son autopsie. Officiellement, on ne sait donc pas encore de quoi il est mort. S'il s'est pendu, le grand public aimerait sans doute savoir avec quels ustensiles il est parvenu à ses fins dans ce milieu particulier. Il semble difficile à croire qu'il soit parvenu à cacher sur lui de quoi se pendre alors qu'il était déjà incarcéré depuis des semaines.

Il pourrait bien sûr avoir été aidé par un complice. Des journaux expliquent que les caméras - si elles n'ont pas été débranchées - ne filmaient pas les cellules mais les couloirs attenants ; on pourrait donc voir si quelqu'un a apporté quelque chose au prisonnier.

Tout ceci participe de l'idée qu'il ait voulu se donner la mort et qu'un tiers l'ait soutenu dans sa démarche. Mais cette situation ne correspond pas à son comportement jusque-là. Selon le témoignage de gardiens, il s'était peu à peu accoutumé à la vie carcérale, et après sa première "tentative de suicide" il se serait plaint à des collègues de cellule que quelqu'un souhaitait sa mort. Les esprits les moins curieux s'empresseront de défausser tout ces aspects gênants comme des rumeurs sans fondement, mais il reste un détail troublant.

Epstein souhaitait attendre son procès en liberté surveillée, un privilège qui lui avait été refusé compte tenu des risques de fuite. Le jugement d'appel de ce refus de remise en liberté était imminent. Pourquoi s'être suicidé avant de connaître la nouvelle décision?

Une disparition bien commode

Beaucoup de gens très haut placés se sentent sans doute soulagés de la disparition du milliardaire. Au moins il ne parlera pas. Mais se pourrait-il qu'ils aient pris une part plus active dans son suicide?

L'hypothèse est évidemment gênante à notre époque où remettre en question la vérité officielle est de plus en plus un acte de dissidence (il n'y a pas si longtemps la même attitude permettait de gagner des oscars). Il faudrait également que les gens qui veuillent l'éliminer aient le bras très, très long.

Ou peut-être pas tant que ça. Il se trouve par exemple que Colleen McMahon, le juge en chef du SDNY (la cour de district qui contrôle les dossiers et les détenus du centre où était incarcéré Epstein), fut nommé à son poste par un certain Bill Clinton. Et Shirley Skipper-Scott, le gardien du MCC, fut nommé au sien par Colleen McMahon.

Si les médias de gauche doutent de la véracité du suicide, c'est uniquement pour mieux essayer d'en faire porter le chapeau à Trump, dont ils se sont échinés à bâtir l'image de "bon ami d'Epstein" depuis l'arrestation du pédophile, bien qu'elle ne corresponde pas à la réalité. Et d'autres penchent plus pour une élimination par le clan Clinton.

Choisissez votre complot, camarades! Deux hashtag sont tendance en ce moment, #TrumpBodyCount et #ClintonBodyCount. Mais ils ne sont pas équivalents. Le premier semble avoir été inventé précisément pour contrer le second, et on peut le voir selon l'origine du Trend par Google. L'attribution du "suicide" à Trump semble venir uniquement de Calfornie, et des gens font beaucoup d'effort pour obtenir du buzz sur cette version...

Que les Républicains et les Démocrates se renvoient la responsabilité du suicide organisé de Jeffrey Epstein n'a aucune importance, si la dispute peut au moins permettre d'enquêter pour accéder à la vérité. Le grand public - américain tout du moins - ne se laisser plus compter des fables de "dysfonctionnement" qui virent de plus en plus au grotesque. À un certain stade, ce sont ceux qui refusent de douter de la version officielle qui passent définitivement pour des imbéciles.

11 juillet 2019

Jeffrey Epstein, l'affaire de pédophilie du siècle

Jeffrey Epstein est un nom peu connu de ce côté de l'Atlantique. Les médias européens travaillent à y remédier mais d'une façon assez particulière, comme vous allez voir. En attendant, aux États-Unis, la mèche du plus gros scandale de pédophilie de l'histoire est allumée. L'explosion à venir laissera des traces.

Un milliardaire pédophile légendaire

Jeffrey Epstein, 66 ans, fait carrière dans la banque privée Bear Stearns avant de fonder son propre cabinet de gestion. Discret sur ses clients, il entretient un carnet d'adresse extrêmement fourni l'amenant à côtoyer les personnalités riches et célèbres du monde - politiciens, hommes d'affaires, vedettes de cinéma. Il acquiert ainsi de précieux mandats de gestion qui le rendent richissime.

Autant que son goût de la fête, son attirance pour les femmes très jeunes, voire trop jeunes, n'est un secret pour personne. Avant les années 2000, il achète l'île de Petit Saint-James dans les Îles vierges américaines. Il commence à la transformer - en éliminant la végétation indigène, en entourant la propriété de palmiers imposants et en plantant deux énormes drapeaux américains à chaque extrémité. L'homme a choisi ce lieu pour sa discrétion ; lorsque des guides amènent les plongeurs dans des lieux proches de l'île, les agents de sécurité se déploient sur les rives. Mais on se doute de ce qui s'y passe. L'île est surnommée Pedophile Island par les habitants des îles voisines.

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Un temple bizarre, une des multiples constructions aménagées par Jeffrey Epstein sur son île

L'éloignement de son repaire ne pose pas de problème à notre homme, car il dispose de son Boeing 727 personnel. L'avion, dont il se sert également pour faire la navette de filles mineures entre New York et Palm Beach, est plaisamment surnommé "Lolita Express", selon le roman où un homme manœuvre pour coucher avec une fille de douze ans. Il est équipé d'un lit. Un employé est à bord pour s'assurer que des victimes mineures soient toujours "disponibles pour assouvir les besoins du patron" dès son arrivée.

L'avion ne sert pas qu'à Epstein. Il transporte aussi des invités de marque. Nous y reviendrons.

260px-Jeffrey_Epstein_mug_shot.jpgJeffrey Epstein se fait finalement rattraper par la justice. Classé délinquant sexuel, il est inculpé pour prostitution sur mineure. Il passe un accord avec le procureur de Floride dont la teneur est tenue secrète, même de ses victimes. Alors qu'il encourt des décennies de réclusion, la peine est extraordinairement douce. Dix-huit mois de prison, dont il ne fait que treize. Son aménagement de peine lui permet de passer ses journées à son bureau. Sa cellule privée est la plus luxueuse qui soit.

Dire qu'Epstein a bénéficié d'appuis en haut lieu serait un euphémisme. Nous y reviendrons aussi.

Après cet épisode, Jeffrey Epstein se fait plus calme, mais à peine. Il passe bien moins de temps aux États-Unis. Il y est arrêté récemment pour trafic de drogue et complot, lors d'une brève halte à New-York. L'affaire est relancée: entre 2002 et 2005, loin de simplement coucher avec des mineures, il aurait payé des filles de 14 ans non seulement pour des faveurs sexuelles mais aussi pour en recruter d'autres. Il s'agirait donc de proxénétisme aggravé avec des mineures. Il aurait aussi frappé certaines de ses victimes, et peut-être pire encore. Du matériel pédophile a été retrouvé sur ses appareils électroniques. Une soixantaine de jeunes filles auraient été victimes de son réseau.

Plaidant non coupable sur les accusations de proxénétisme sur mineure et de proxénétisme en bande organisée sur mineures, il encourt une peine de 45 ans de prison en cas de condamnation. Il est assez riche pour se payer de bons avocats ; ceux-ci rejettent les chefs d'accusation en affirmant qu'ils tombent sous le coup de l'accord extrajudiciaire de 2008. La justice répond que cet accord valait pour l'État de Floride et non pour celui de New-York où il vient d'être arrêté. Et tous les projecteurs se braquent sur cet étrange accord extrajudiciaire de 2008 signé avec le procureur de Floride.

Pourtant, même la relance de cette affaire, maintenant en 2019, ne doit rien au hasard.

Jeffrey Epstein, un modèle d'affaire original

L'histoire prend une tournure ahurissante. Elle est en plein développement.

Nous disions que, dans une saine attitude de partage des ressources, Jeffrey Epstein avait l'habitude de prêter son Boeing 727 Lolita Express à des amis. Les gens qu'il fréquentait, les personnalités riches et célèbres du monde. Mais, en homme avisé, il tenait aussi des comptes de leur passage dans un petit carnet noir, qui a fuité.

Bien des politiciens, hommes d'affaires, vedettes de cinéma devinrent très nerveux avec cette histoire de milliardaire pédophile. Bill Clinton, par exemple, qui, bien que personne ne lui ait jamais rien demandé, s'est empressé après la nouvelle arrestation d'Epstein de déclarer aux médias qu'il n'était monté "que quatre fois" à bord du Lolita Express - et uniquement pour des voyages visant à promouvoir la lutte contre le SIDA.

Une telle grandeur d'âme force le respect, encore que l'ancien Président puisse choisir des moyens de transport moins polémiques, mais c'est faux. D'après le carnet de bord d'Epstein, Bill serait monté à bord du Lolita Express vingt-six fois. Et pratiquement à chaque fois qu'il était à bord, il y avait aussi des filles mineures.

Quelques-uns de ses autres passagers?

...Et Donald Trump. Mais nous y reviendrons.

Bien entendu, le fait qu'une personnalité ait fait un petit vol sur le Lolita Express ne signifie pas forcément que des actes répréhensibles selon la loi et la morale aient eu lieu. Mais si ces trajets se multiplient, on peut tout de même se poser des questions.

Comment Jeffrey Epstein est-il devenu riche? Il n'est pas trader. Mais nous savons que c'est un homme avisé, comme en témoigne son petit carnet noir, et qu'il est adepte de pratiques sexuelles déviantes, comme le sexe avec des fillettes. Se pourrait-il qu'il ait d'autres déviances, comme le voyeurisme?

Se pourrait-il qu'il ait installé, que ce soit sur son île privée ou dans son jet de luxe, des caméras pour filmer ses ébats... Ou ceux de ses invités?

Se pourrait-il qu'il ait obtenu ainsi un moyen de pression absolument fantastique contre le gratin des grands de ce monde?

Se pourrait-il que ses nombreux amis, sensibles à ses arguments, lui aient confié leur argent à l'aide d'un mandat de gestion? Comme l'explique Quantian, un utilisateur de Twitter, une fois que la victime a compris que ses ébats sont sur vidéo, le reste est simplissime:

Il suffit alors de lui demander de virer ses économies sur un fonds offshore dans un paradis fiscal (tiens, comme celui d'Epstein) et personne ne verra la liste des clients (comme pour Epstein). Bien sûr, vous ne connaissez rien à l'investissement, mais vous faites plutôt des sottises sur le trading de devises (comme Epstein), et personne à Wall Street n'a jamais échangé avec vous (comme Epstein).

Un virement de 20 millions de dollars du milliardaire X sur votre compte bancaire, sans raison évidente, soulèverait de nombreuses questions. L'IRS voudrait certainement savoir ce que vous avez fait pour le justifier. Mais des frais trimestriels de 5 millions de dollars pour la gestion d'un actif d'un milliard de dollars? Personne ne hausse le moindre sourcil.


La prospérité d'Epstein pourrait reposer sur un racket de la pire espèce, mais cela expliquerait aussi pourquoi ses victimes haut placées aimeraient tant que l'individu reste libre. Peu importe qu'il paye pour ses crimes ou non - le véritable danger est dans sa bibliothèque de vidéos, qui pourrait contenir les ébats de nombreuses personnalités de premier plan avec des prostituées mineures.

Ce n'est pour l'instant qu'une théorie, mais elle tient la route. Et elle explique aussi la suite.

Le Meilleur Ami Pédophile de Trump, ou la genèse d'une Fake News

Un événement singulier a lieu depuis quelques jours: une étonnante falsification de l'histoire se coordonne entre Wikipédia, Google, et les grands médias d'Amérique et du monde. Dans cette falsification, les liens nombreux et puissants entre Epstein et le clan Clinton et autres Démocrates disparaissent, pour être remplacés par des liens superficiels avec Trump mis au premier plan. Et seuls ces derniers subsistent.

Les pages Wikipédia sont ainsi discrètement éditées. Les recherches d'images et les associations dans Google sont subtilement modifiées. Dans Le Figaro, Jeffrey Epstein devient "le milliardaire proche de Donald Trump". Il y a des centaines d'exemples.

Pour la Suisse romande, l'article de Valérie de Graffenried dans les colonnes du Temps est un bijou du genre. Les sous-entendus subtils s'associent aux délicats arômes de passages sous silence pour concocter un magnifique bouquet de désinformation.

Comme tout bon journaliste vous le dira, tout mensonge doit être entremêlé de vérité. Il y a des faits indéniables. Ainsi, le procureur qui scella l'accord de 2007 avec Epstein est Alexander Acosta "qui est devenu ministre du Travail de Donald Trump", explique insidieusement la journaliste. La trame implantée est à peine visible. Est-ce parce qu'il a scellé l'accord de 2007 avec Epstein qu'Acosta serait devenu ministre du Travail de Donald Trump? La réponse est évidemment négative - parce qu'Acosta n'était pas le premier choix de Donald Trump pour ce poste. Et parce qu'en 2007, personne, peut-être pas même Trump, ne savait qu'il serait président dix ans plus tard.

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Une des nombreuses photos de Trump avec Epstein. Il n'existe en revanche aucun cliché de Bill Clinton en compagnie du même homme, malgré une amitié qui dure au moins depuis 1995.

Alexander Acosta n'est peut-être pas exempt de fautes et pourrait se faire rattraper par cet épisode, mais l'histoire est plus compliquée qu'il y paraît. Le juge qui valida cet accord, par exemple, était un appointé de Bill Clinton. Et Acosta a témoigné avoir subi des pressions à l'époque pour le pousser à une transaction - une source en haut lieu lui aurait ainsi affirmé qu'Epstein était "d'une catégorie supérieure" et devait être protégé "parce qu'il était lié aux services de renseignement". Or, il existe des preuves écrites d'un lien entre le FBI et notre pédophile. Et qui était directeur du FBI à l'époque? Un certain... Robert Mueller. Mais tout ceci n'est probablement que le fait du hasard.

Si Jeffrey Epstein avait été amené à "collaborer" avec des services de renseignement, on n'ose imaginer les moyens de pression dont disposeraient les fonctionnaires de ces agences vis-à-vis des puissants de ce monde, américains ou étrangers, corrompus par un voyage sur le Lolita Express.

Dans les articles européens, on ne verra pas mention des vingt-six voyages en avion de Bill. On ne verra pas les nombreuses donations d'Epstein à des organisations démocrates, des ONG de gauche et à la Fondation Clinton. On ne fera pas mention des 3,5 millions de dollars donnés par Epstein à Clinton via un compte suisse. Les relations d'Epstein avec les puissants se divisent visiblement en deux types d'associations: ceux a piéger, et ceux à soutenir en échange de protection.

Trump, en revanche, perçut assez vite Epstein pour ce qu'il était - un type intéressé par les filles jeunes, "parfois un peu trop jeunes". S'il côtoyait socialement le milliardaire comme beaucoup d'autres membres de la jet-set, il le fit chasser de son club exclusif de Mar-a-Lago après qu'Epstein se soit montré pressant envers la fille de quatorze ans d'un employé du club, avec interdiction de jamais y remettre les pieds.

En fait, il est peu probable que Trump ait jamais cherché à protéger Epstein, non seulement parce qu'il n'avait absolument aucune influence sur la politique et la justice américaine avant son élection, mais surtout parce qu'il a probablement tout à gagner à ce que les réseaux d'Epstein tombent avec le proxénète.

Un zeste de vertige

Livrons-nous à un peu de spéculation. Ressortons du placard la fameuse "théorie du complot" du Pizzagate - une page Wikipédia qu'il est bon d'archiver au vu de ce qui pourrait se produire ces prochaines semaines.

Vous ne vous rappelez pas le Pizzagate? "Une théorie conspirationniste prétendant qu'il existe un réseau de pédophilie autour de John Podesta, l'ancien directeur de campagne d'Hillary Clinton, par le biais de diverses interprétations et constructions, notamment en rapport avec une pizzeria et des courriels privés divulgués par WikiLeaks."

En fait il s'agit moins de pizzas que de mots-clés employés dans des courriers pour mentionner autre chose. Citons encore l'article de Wikipédia:

Dans sa correspondance qui paraît anodine, John Podesta mentionne plusieurs fois les mots pizzas, fromages et pâtes. Herbert Sandler, un agent immobilier demande dans un message à John Podesta intitulé fromage « tu penses que je ferais mieux de jouer aux dominos sur du fromage ou sur des pâtes? ».
Dans un autre courriel, Tony Podesta écrit à son frère « Mary n’est pas libre. Tu aimerais avoir une pizza pour une heure ? ».
Un 4channer pro–Trump (sic) lit les nombreux messages et pense déchiffrer un code utilisé pour communiquer en toute discrétion. Cheese Pizza, dont l'acronyme est CP serait utilisé pour parler de Children Pornography. Pizza désignerait une fille, domino pour domination, cheese signifierait petite fille, hot dog pour garçon, pasta pour petit garçon, glace veut dire gigolo et sauce pour orgie.
Le mot « pizza » est en effet employé comme mot de code pour désigner des notions en relation avec la pédophilie. Déjà en 2010, l'Urban Dictionary indiquait pour « Cheese Pizza » le sens de « child pornography ». En octobre 2017, un homme a été arrêté aux États-unis comme suspect d'activités pédophiles parce qu'il avait placé une annonce intitulée « "Woman/Moms that are into Cheese Pizza » et que, selon l'U.S. Attorney's Office, « Cheese Pizza » est un mot de code pour pornographie enfantine.


Qui commande des pizzas "pour une heure" puisque "Mary n'est pas libre"? Qui "joue aux dominos sur du fromage ou sur des pâtes?" Dans leur sens usuel, ces phrases n'ont absolument aucun sens.

Mais, nous sommes d'accord, et les rares esprits indépendants du grand public se sont vus suffisamment bourrer le crâne pour qu'on n'en parle plus, le Pizzagate est juste une théorie du complot, les grands médias (au-dessus de tout soupçon comme chacun sait) s'étant empressés de le démontrer.

Maintenant, entre les 26 vols de Bill à bord du Lolita Express, les étranges mails impliquant John Podesta, les protections en haut lieu dont a visiblement bénéficié Jeffrey Epstein en 2008, il paraît difficile de penser que le volet judiciaire de l'affaire ait été traité en totale indépendance.

Il va de soi que rien de tout cela ne serait jamais ressorti sous la présidence d'Hillary Clinton. Mais l'impensable s'est produit, Trump a été élu. La protection que s'accordaient les uns les autres semble se fissurer. La vérité éclatera-t-elle?

19 mai 2014

Ni Gripen ni salaire minimum

Ce dimanche, 56% des citoyens se sont déplacé pour s'exprimer sur plusieurs objets fédéraux et cantonaux. Le résultat est historique: pas moins de deux initiatives populaire ont passé la rampe.

Référendum contre le Gripen (longuement évoqué ici ou ): le projet d'acquisition du futur chasseur suédois est refusé par 53,4% des votants. C'est une demi-surprise: d'un côté, la première fois qu'une demande d'équipement de l'armée ne passe pas la rampe, et de l'autre, la conclusion d'une campagne où les adversaires du Gripen ont fait la course en tête du début à la fin. La carte des votes montre un clivage romand-alémanique assez marqué.

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La presse unanimement engagée contre le Gripen se délecte de "l'échec personnel" d'Ueli Maurer. Aujourd'hui encore on appelle à demi-mot à sa démission et on annonce fièrement le rejet de "son" avion, comme si le choix de ce modèle était le fait d'un seul homme et les conséquences limitées à sa carrière politique. Les analyses livrées par les intervenants pro-Gripen dès dimanche laissent tout aussi songeur: le peuple aurait rejeté le Gripen pour "se venger" du vote du 9 février, surtout en Romandie, et cherché à jouer un bon tour à un conseiller fédéral UDC.

Cette analyse, si elle est exacte, serait terrible: le peuple ne serait plus capable d'appréhender les enjeux militaires sur le long terme, ramenant les questions stratégiques à des bisbilles politiciennes et des querelles de cour d'école. Rappelons que les avions militaires servent pendant des décennies, bien au-delà du mandat d'un politicien ou d'un autre, et surtout de la situation géopolitique qui préside à son acquisition.

Dès les premières tendances en faveur du Non connues, l'inénarrable écologiste Christian van Singer clama que l'argent du Gripen devrait être dévolu à tout un tas de choses (éducation-aide-sociale-santé...) le plus loin possible de l'armée, dans l'objectif avéré de lui ôter le maximum de moyens. Les adeptes de l'armée-doit-répondre-aux-nouvelles-menaces-style-cyberguerre en seront pour leurs frais. Idem pour le camp bourgeois le-Gripen-n'est-pas-le-meilleur-avion: en rejetant dédaigneusement l'acquisition d'une poignée d'exemplaire de l'appareil le moins cher, ces gens pensaient-ils vraiment que l'armée pourrait un jour disposer d'avions plus performants et plus coûteux comme le Rafale? La gauche et le GSsA ne seront décidément jamais à court d'idiots utiles!

L'armée suisse, elle, entre désormais dans une terre inconnue ; terre qui n'a visiblement plus grand-chose à voir avec la défense physique du territoire. Peut-on encore appeler "armée" un groupe d'hommes en uniformes dont les missions semblent se réduire à l'aide en cas d'inondation et à l'encadrement de la Patrouille des Glaciers?

Face à ce résultat lourd de sens dans une Europe à l'avenir indéchiffrable, les autres objets semblent anecdotiques, même s'ils ont chacun leur importance. Mais nul besoin d'ajouter d'autres cartes des votes, la Suisse étant monochrome dans tous les cas.

L'initiative pour un salaire minimum (évoquée ici) a été sèchement rejetée. Le projet de l'union syndicale suisse de 4'000 francs par mois a rassemblé 76,3% contre lui, une véritable déconvenue pour une gauche syndicale qui ne semble même pas avoir réussi à mobiliser ses propres rangs. Le rejet est encore plus fort que pour des textes utopiques comme l'initiative 1:12.

Beaucoup a été dit sur ce projet, asséné comme un marteau sur l'économie sans tenir compte des particularités locales, du coût de la vie ou des difficultés de telle ou telle branche économique. On ne peut qu'espérer que devant un résultat aussi lisible les syndicalistes comprennent le message et reviennent enfin à la table des négociations entre partenaires sociaux, avec un soupçon de réalisme.

L'initiative pour que les pédophiles ne travaillent plus avec les enfants (évoquée ici) a enfin été adoptée, à l'issue d'une campagne très dure où la classe politico-médiatique a constamment asséné des mensonges sur le texte de la Marche Blanche, jusqu'au Conseil Fédéral lui-même.

Qui souhaiterait que des pédophiles condamnés puissent travailler à nouveau avec des enfants? Contre toute attente, seuls 63.5% des électeurs ont admis cette évidence. C'est assez inquiétant quant au sens des priorités - ou au niveau de crédulité - de la minorité battue dans les urnes, en espérant qu'il ne s'agisse pas de quelque chose de pire encore.

Encore une fois, la conseillère fédérale socialiste Simonetta Sommaruga va avoir la tâche difficile de concocter une loi d'application donnant le change aux initiants et ménageant le courroux du Veau d'or de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, devant lequel toutes les élites suisses se prosternent...

L'initiative pour la médecine de famille a elle aussi été plébiscitée avec des scores jamais vus, 88% d'approbation en moyenne. Les Suisses ont exprimé leur attachement à la médecine de famille et à l'importance d'une couverture médicale dans le pays, mais il est à craindre qu'ils aient en fait approuvé tout autre chose.

Attendons la loi d'application pour y voir plus clair.

Ces quatre objets fédéraux ont retenu l'attention de l'actualité mais de nombreux objets cantonaux étaient soumis au vote, à vous de trier le bon grain de l'ivraie:

  •  Les Genevois refusent de financer de 5 parkings relais d’intérêt transfrontalier situés en France voisine, un coup d'arrêt au colonialisme transfrontalier de la cité du bout du lac. Ils ont aussi rejeté une hausse du tarif des transports publics et, plus important encore, retiré cette responsabilité du gouvernement pour la confier au parlement.
  • La centrale nucléaire de Mühleberg ne sera pas arrêtée immédiatement comme le réclamaient les écologistes bernois.
  • La région viticole de Lavaux ne se transformera pas en musée à ciel ouvert. Contre toute attente (et mes propres pronostics) les Vaudois ont massivement préféré le contre-projet du gouvernement à l'absolutisme de Franz Weber, permettant une survie de l'activité viticole de la région.
  • Les Tessinois ont aussi retoqué une initiative de salaire minimum, cantonale celle-ci.
  • Les Lucernois acceptent que des sociétés privées puissent octroyer des prêts aux étudiants ne remplissant pas les critères cantonaux d'octroi de bourse.
  •  A Neuchâtel, les autorités ont obtenu le feu vert pour l'implantation de cinq parcs éoliens, autorisant l'enlaidissement de leurs crêtes et acceptant à terme que 20% de l'énergie du canton dépende du bon vouloir des vents.

En une seule journée de votation, les Suisses se sont prononcé sur plus de sujets que la plupart des autres peuples européens en une décennie!

30 avril 2014

Heureux comme un pédophile suisse

L'avenir des pédophiles en Suisse semble quelque peu compromis avec les sondages donnant victorieuse l'initiative de la Marche Blanche "pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants". 74% des personnes interrogées glisseraient un Oui dans l'urne. Mais c'est oublier un peu vite que les pédophiles - et en particulier les pédophiles récidivistes - sont défendus avec acharnement par une bonne partie de la classe politique.

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