02 septembre 2018

Pierre Maudet et l'ombre de la corruption

La carrière de M. Maudet, le "surdoué de la politique genevoise", vient de subir un brutal coup d'arrêt ce jeudi avec un communiqué du Ministère public demandant sa mise en prévention pour acceptation d'un avantage.

Pierre Maudet risque jusqu'à trois ans de prison.

Dans son communiqué, le Ministère public genevois a détaillé ses motifs avec un rare luxe de détails et demandé la levée de l'immunité dont dispose le chef du gouvernement genevois. La Tribune de Genève, en pointe sur ce scandale politique du bout du lac, résume une partie de l'affaire:

L’élu PLR [reconnaît] s’être rendu à Abu Dhabi pour assister à un Grand Prix de Formule 1 – sans être spécialement un fan – avec sa famille, son chef de cabinet et un autre ami, l’entrepreneur genevois d’origine libanaise Antoine Daher, lequel s’occupait d’organiser le voyage. Un package comprenant le vol, le logement à l’Emirates Palace et l’accès à l’événement avait été payé, selon le magistrat, par un certain «Saïd Bustany, d’origine libanaise, un ami de longue date d’Antoine Daher» (...)

Sachant qu’on lui offrait ce cadeau, Pierre Maudet avait, plusieurs jours avant son départ, décidé de faire un don de 4000 francs aux Églises. Comme pour se dédouaner. Le montant total du voyage s’élevait pourtant à plusieurs dizaines de milliers de francs, d’après un calcul des médias. Sur place, Pierre Maudet avait rencontré, par hasard selon lui, l’homme fort du pays, le prince héritier des Émirats. Puis il s’était entretenu avec de hauts dignitaires sur des sujets politiques, tel que relaté dans un article de l’agence d’information officielle du gouvernement.


Le Conseiller d'État a toujours plaidé que ce voyage était privé. Il fut désavoué par le Parlement en juin, qui estima que le voyage relevait des fonctions publiques de l'élu. À ce premier désaveu s'en rajouta un second, de la Justice cette fois-ci, et beaucoup plus sérieux, car Pierre Maudet a menti à plusieurs reprises. Le communiqué révisé par Stéphane Grodecki, premier procureur et directeur de la procédure, Olivier Jornot, procureur général, et Yves Bertossa, premier procureur, fait état de nombreuses entorses à la vérité:

Les éléments de preuve recueillis semblent indiquer que Pierre Maudet, en sa qualité expressément mentionnée de conseiller d’État, sa famille et son chef de cabinet ont été formellement invités », indique leur communiqué. Ce n’est pas tout. «La Maison du prince héritier a pris à sa charge le coût des vols en classe affaires et l’hébergement, soit un montant de plusieurs dizaines de milliers de francs.» Selon nos informations, les bureaux du haut dignitaire ont adressé l’invitation à Pierre Maudet, conseiller d’État, et lui ont même précisé que tout lui était payé.

Pire. «En particulier, le dénommé Saïd Bustany n’a joué aucun rôle dans le financement du voyage, sa mention ayant été décidée par les intéressés en 2018, dans le but de dissimuler la véritable source de financement.» Pour le Parquet, Pierre Maudet aurait donc menti.

Autre élément livré: «Des personnes et sociétés actives à Genève dans l’immobilier, en contact régulier avec Pierre Maudet et son chef de cabinet, ont activement pris part à la mise sur pied de ce voyage.» Selon nos informations, il ne s’agit pas seulement d’Antoine Daher, mais aussi d’autres personnes d’origine libanaise retrouvées sur place: Magid Khoury, un acteur immobilier très actif notamment à Genève, Philippe Ghanem, une grande figure de la finance basée à Abu Dhabi, et son père, Charbel Ghanem, un financier ayant défrayé la chronique en France dans les années 80 et 90.

Pour le trio de procureurs, «ces éléments, qui diffèrent très sensiblement (sic) des informations données par Pierre Maudet et son chef de cabinet au Ministère public» jusqu’à présent, «ont conduit ce dernier à ouvrir formellement l’instruction contre le chef de cabinet et à souhaiter entendre Pierre Maudet en qualité de prévenu d’acceptation d’un avantage».


Pierre Maudet a donc menti délibérément sur 1) la nature du voyage, 2) le financement du voyage, et 3) les buts du voyage. Le Parquet dispose, pour le prouver, de nombreux "éléments de preuve". L'immunité dont dispose l'élu sera rapidement levée, et le scandale ne fait sans doute que commencer.

genève,pierre maudet,corruptionPierre Maudet avait de nombreux thuriféraires, jusqu'aux citoyens genevois qui votèrent pour lui en masse pour le faire élire dès le premier tour des élections cantonales. Ces gens-là devraient passer quelques minutes d'introspection quant à leurs choix politiques.

Peut-être persisteront-ils dans l'aveuglement et déclareront que Pierre Maudet n'a rien fait, ou n'est coupable d'aucun détournement, ou que ses errements n'ont pas eu d'effet sur le contribuable - en attendant que l'on découvre les éléments venant contredire toutes ces postures. Tout comme ils se sont fait balader depuis le début du scandale, la minimisation réussira juste à les faire passer pour des imbéciles.

Ces mêmes personnes se persuadent sans doute qu'il est normal pour un membre de gouvernement cantonal de se faire inviter "pour rien" par un lointain chef d'État étranger, lequel a comme par hasard des intérêts financiers importants dans l'attribution des marchés publics de l'Aéroport de Genève, et gageons que ce ne sont pas les seuls. Ou peut-être pensent-ils réellement que le monde est plein de nababs qui invitent des gens avec leur famille tous frais payés dans des hôtels de luxe, pour le simple plaisir d'offrir?

Ces mêmes personnes estiment peut-être aussi qu'il est tout aussi normal de mentir pour se couvrir, d'inventer de faux prétextes et de présenter comme "fortuites" des réunions politiques planifiées depuis longtemps. Bref. Soit ces gens sont d'une naïveté au-delà de toute rédemption, soit ils sont dotés d'une moralité aussi douteuse que celle de M. Maudet - et du même sens de l'hypocrisie.

Cette dernière possibilité est hélas! plausible. Genève est régulièrement secouée par des scandales de corruption divers et variés. Certains pourraient en déduire que la Cité de Calvin est corrompue jusqu'à la moelle ; le verdict est sans doute exagéré, mais on ne pourra guère parer Genève d'une pureté virginale en la matière.

Il y a quelques temps, dans ces colonnes, je qualifiais M. Maudet de "politicien français - de passeport, de style et d'ambition" ; son ascendance genevoise manquait à ce portrait.

Le plus amusant est que M. Maudet se soit longtemps présenté comme un redresseur de torts. Le problème posé à l'électeur face à tous les gens qui avancent ainsi est de déceler s'ils cherchent à mettre un terme à des dérives ou à remplacer ceux qu'ils dénoncent. Comme dit une fameuse boutade, "je souhaite mettre un terme à la corruption, ou en profiter au moins autant que les autres!"

M. Maudet est-il corrompu? C'est à la justice d'en juger, et plus tard, au citoyen. Il paraît difficile de ne pas voir dans le voyage à Abu Dhabi la définition même d'une opération de corruption, jusqu'au mensonge employé par le politicien pour tenter de se couvrir. Pierre Maudet lança ses énormes bobards avec l'aplomb d'un Cahuzac, mais c'est dans le style du personnage. En revanche, l'enfumage fut rapidement dissipé, montrant une grande inexpérience en ce domaine. Cela joue plutôt en sa faveur: le petiot n'est pas encore à l'aise pour bétonner ses alibis.

La corruption est affaire de degrés. On ne reçoit les honneurs suprêmes qu'à la suite d'une longue carrière de compromissions, d'appels d'offre truqués et de renvois d'ascenseur. La corruption dépend aussi du poids de l'État. Un État limité n'offre guère de prises pour négocier, un État omniprésent par son poids économique et régulatoire présente d'innombrables opportunités de corruption. Dans cette perspective, Genève et les autres Cantons romands sont sans doute les plus vulnérables de Suisse.

Venant d'un pays très corrompu, la France, je sais quels efforts peut mettre en place le législateur pour essayer de juguler la corruption, et punir durement ceux qu'il parvient à attraper. En Suisse, c'est tout le contraire: la grande faiblesse des institutions helvétiques est d'avoir une haute opinion de la chose politique. Les citoyens pensent qu'il suffit que leurs élus prêtent serment pour que les règles soient respectées dans l'esprit sinon dans la lettre - une attitude pieuse mais peu compatible avec la nature humaine. Face à des organes de contrôle défaillants, le risque est grand qu'un individu passe entre les mailles du filet et s'en donne ensuite à cœur-joie en toute impunité.

Pierre Maudet est au moins un menteur, c'est un fait désormais incontestable, mais pour le reste, il faudra attendre les conclusions de l'enquête à venir. Sa démission est probable. En guise de fin de carrière, le "surdoué de la politique genevoise" aura, comme principal fait d'armes, offert à la gauche genevoise la majorité au Conseil d'État à l'occasion de l'élection complémentaire visant à le remplacer.

16 avril 2018

Genève, ou ce qu'il en reste

Les élections ont eu lieu ce dimanche à Genève. Les résultats sont implacables: la gauche a le vent en poupe, Maudet est élu au premier tour, les vilains populistes boivent la tasse et les journalistes sont contents.

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Une offre politique foisonnante de promesses (cliquez pour agrandir)

Je n'eus guère de temps à consacrer à la campagne électorale genevoise, dont la principale particularité était, comme souvent au bout du lac, de pousser à l'extrême des déviances pratiquées par ailleurs. Tel parti proposait rien de moins que le paradis, tel autre l'enfer si ses adversaires l'emportaient. Les primes maladies baisseraient. L'emploi serait retrouvé. Les logements abordables pousseraient comme des champignons - tout en préservant la nature en ville et au-dehors. Et ainsi de suite. Les promesses rendent les fous joyeux, dit-on.

L'extrême-gauche genevoise est solide et préserva ses 9 sièges. Les grands frères socialistes en gagnèrent deux, redevenant la deuxième formation politique du Grand Conseil après l'éclipse de 2013 et la fièvre du MCG. Les Verts marquèrent un véritable triomphe, passant de 10 à 15 sièges - la plus forte progression de tous les partis. Les socialistes honteux du PDC firent mieux que se maintenir et profitèrent de la redistribution générale pour grappiller un siège.

Au centre, le PLR passa de 24 à 28 députés, faisant la course en tête. Pierre Maudet fut le seul candidat de l'exécutif élu dès le premier tour, démontrant ainsi de façon indiscutable l'affection des Genevois pour les politiciens français (de passeport, de style et d'ambition).

C'est évidemment à droite que les scandales prévus arrivèrent. Les querelles intestines - entre les partis et à l'intérieur de ceux-ci - laissent des traces. L'UDC parvint péniblement à 8 sièges (-3) et échappa de peu à l'élimination par la voiture-balai du quorum. Premier candidat de l'UDC au Conseil d'État, Yves Niddegger pointa à la quinzième place, excusez du peu. Je le lis depuis suffisamment longtemps pour affirmer qu'il méritait mieux. Peut-être trop cérébral pour Genève?

L'essentiel de l'affrontement se joua finalement hors du ring entre le MCG d'Éric Stauffer, et Genève En Marche... d'Éric Stauffer également. Le bouillant tribun genevois sait assurer le spectacle. Il y a quelques années, il fondit le Mouvement Citoyen Genevois, essaya sans succès de le faire essaimer ailleurs (qui se rappelle du Mouvement Citoyen Vaudois?) puis s'en lassa et tenta de le quitter, un départ qui se mua en haine féroce envers une créature politique qui ne reconnaissait plus son maître.

Retrouvant du poil de la bête, Éric Stauffer lança pour l'occasion un nouveau mouvement (Genève En Marche, on se demande où le bougre alla chercher tout ça) dans l'objectif avoué de détruire son ancien parti. Las! Un budget de campagne étonnamment élevé et le placard de slogans sur les TPG ne suffirent plus à capter l'attention d'un électorat lassé d'une bataille d'ego virant au soap interminable. Genève En Marche trébucha sur la première d'entre elle en n'atteignant pas le quorum, privant M. Stauffer de sa revanche.

Les dégâts infligés au MCG, eux, furent bien réels. Le parti but la tasse, sa députation passant de 20 à 11 sièges, préservant juste le siège exécutif de Mauro Poggia dans le naufrage. Citons l'analyse de François Bärtschi, secrétaire général du MCG, à la Julie:

«Au MCG, nous venons de vivre deux ans d'attaques internes, de la part d'Éric Stauffer, et externes de la part des députés qui n'ont pas voulu mener une politique unitaire. Nous payons la note de cette situation et l'UDC également. Mais il faut relativiser: notre résultat nous place au même niveau qu'un parti national comme le PDC. Quant à Genève En Marche, cela ne me déplaît pas qu'il n'ait pas le quorum. Il n'a ni militants, ni légitimité, mais seulement du financement et un désir de vengeance. C'est une imposture.»


Le nouveau parlement genevois est donc sous toit.

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Le Canton du bout du lac restera aussi ingouvernable que lors de la législature précédente, le bloc de gauche se sentant pousser des ailes, le PLR étant renforcé au milieu d'alliés affaiblis et méprisés, et entre les deux pôles un marais indéchiffrable.

Les partis affûtent leurs stratégies en vue du second tour de l'élection au Conseil d'État, qui verront probablement un siège de plus revenir à la gauche, mais cela ne devrait pas changer grand-chose à la paralysie si typique du Canton, sauf quand il s'agit de lancer de grands travaux d'une grande laideur.

Les Genevois décidèrent donc ce dimanche de leurs autorités législatives - du moins une fraction des Genevois, car avec 38% de participation électorale, ce scrutin fut un des pires jamais enregistrés. Difficile pourtant de trouver une offre plus variée qu'à Genève. Six Genevois sur dix ne se donnèrent même pas la peine de voter et ne semblent donc pas vraiment s'intéresser à la politique.

J'imagine que c'est parce que Genève va très bien. Les comptes publics sont magnifiques, les caisses de pension saines, on se gare facilement et pour pas cher en ville, le marché du logement s'est assaini, les chômeurs genevois retrouvent aisément du travail et la terrible sous-enchère salariale qui ravage la société a enfin été contenue. Un peu trop beau, dites-vous? Mais, chers amis genevois, si vous aviez l'occasion de voter et que vous ne l'avez pas fait, vous avez perdu le droit de vous plaindre.

Mais foin de polémiques, buvons à la santé de M. Maudet, souhaitons le meilleur pour ce Canton, et continuons à observer ce qu'il devient.

06 juin 2014

Quand l'application des peines fait peine

"L'assassin a trahi notre confiance." C'est par ces mots hallucinants de naïveté que Pierre Maudet a commenté l'évasion d'un détenu à l'issue de deux jours de permission sans surveillance accordés par l'administration pénitentiaire...

Dans le monde très particulier de l'application des peines en Suisse, la confiance s'accorde assez aisément. C., de nationalité française, avait tué de 110 coups de couteau une transsexuelle de 49 ans à son domicile de la rue de Berne, aux Pâquis, en janvier 2004, clamant avoir agi sous l'influence de stupéfiants. Il fut condamné à 15 ans de réclusion la même année.

Ne tombez pas dans le panneau d'une simple addition pour en déduire que le coupable devrait sortir en 2019 ; le temps carcéral s'écoule d'une façon toute particulière:

En Suisse, la majorité des personnes détenues sont libérées après avoir exécuté au minimum deux tiers de leur peine ou, dans le cadre de l’exécution des mesures, quand les interventions thérapeutiques ont permis des progrès permettant de considérer qu’elles sont en mesure de réussir la mise à l’épreuve.


Donc 33% de remise de peine pour tout le monde, sauf exception. Les quinze ans en deviennent dix. Mais un condamné se retrouvera au contact du public bien avant:

Souvent, la sortie des personnes détenues ayant exécuté de longues peines se fait progressivement. La personne passe d’une exécution en milieu fermé à une exécution en milieu ouvert, ouvrant la possibilité d’une réinsertion par étapes successives. Avant la libération conditionnelle, il est également possible de passer par une période de travail externe, éventuellement suivie d’une période de logement externe (...)


prison,justice,pierre maudet,genèveLe terme "milieu ouvert" renvoie au contact entre l'individu et la société. Dès la moitié de la peine effectuée, il peut effectuer un travail externe - si le risque d'évasion est nul et le risque de récidive faible, précise-t-on avec un cynisme calculé. Il est aussi possible d'accéder à un logement à l'extérieur. On parle alors de travail et logement externes (TLEX), un statut qui n'a plus guère de rapport avec l'image traditionnelle de la prison. Les détenus doivent simplement dormir dans la structure les soirs de semaine. C. était ainsi logé à Plainpalais, en plein centre de Genève, dans l'institution "la Pâquerette des Champs".

Résumons: l'assassin aux 110 coups de lames condamné à quinze ans de prison en 2004 goûtait à la liberté probablement depuis 2011-2012 et serait sorti de prison cette année. C'est d'ailleurs le refus de sa liberté conditionnelle suite au tour de vis général consécutif à l'assassinat d'Adeline qui l'amena à "péter les plombs" et se rendre chez sa mère en France, d'où il n'était pas possible de l'extrader... Un pétage de plomb qui n'a rien de surprenant sachant qu'il était déjà hébergé dans une structure destinée à des personnes souffrant de troubles de la personnalité, comme en témoigne cette définition de poste pour un nouveau directeur.

Savez-vous pourquoi vous n'avez vu aucun portrait-robot de C. dans la presse ni à la télévision? Parce qu'il était en régime de semi-liberté depuis si longtemps que la police ne voulait pas avoir à traiter les centaines de témoignages de gens l'ayant croisé avant sa cavale!

Un système carcéral reposant sur le bon vouloir de meurtriers et d'assassins peut-il fonctionner? Oui, s'il est très confortable, que les prisonniers sont aux petits soins, les professionnels chargés de l'évaluation compétents, le suivi impeccable, et les détenus pas trop vicieux. Qu'un seul de ces critères tombe et toute la construction s'écroule.

En Suisse il est effondré depuis longtemps, mais le grand public ne réalise l'ampleur de la situation que depuis peu. Suivi lacunaire par des administration qui se renvoient la balle, irresponsabilité généralisée, évaluations angéliques... Les gabegies se succèdent, en particulier pour les peines les plus longues. On finit avec des remises de peine tellement banalisées qu'elles déclenchent l'ire des détenus lorsqu'elles ne sont pas accordées de suite, et bien sûr une dangereuse exposition de la société civile aux éléments dont la prison est sensée la protéger.

La personne qui prend un café en terrasse en face de vous est peut-être un condamné avec encore de longues années théoriques de peine devant elle. Vous n'avez aucun moyen de le savoir. Ne vous fiez pas à l'absence de surveillant aux alentours pour conclure quoi que ce soit... Il faudra sans doute encore bien des scandales pour que les sorties soient correctement surveillées ; quant à des détenus purgeant enfin leur peine telle que définie dans le code pénal, n'en rêvons même pas.

M. Maudet, chef du Département de la Sécurité et de l'Economie dans le gouvernement genevois, le jeune loup PLR si triste que la confiance de l'administration pénitentiaire ait été flouée, fait paraît-il partie des "durs" de sa formation politique. Cela donne une petite idée de l'état d'esprit qui règne en haut lieu. Et puis bon, après quelques jours le condamné est retourné au bercail, donc tout va bien, non?

L'enquête administrative n'a pas encore démarré mais gageons que cette fois encore ce ne sera la faute de personne.