20 mars 2016

La Municipalité de Renens est sous toit

Ce dimanche vit le second tour des élections à la Municipalité dans diverses communes du canton de Vaud, dont celle de Renens, où votre serviteur était candidat!

La participation était de 25,34%, un score minable et encore en baisse par rapport au premier tour. Là où le scrutin du 28 février proposait en plus des élections des objets susceptibles de mobiliser l'électorat, l'affiche de ce 20 mars ne concernait rien d'autre qu'un référendum de l'extrême-gauche contre la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III) dont le résultat était couru d'avance à partir du moment où même les socialistes choisirent de la soutenir.

Le dépouillement occupa les vaillants sélectionnés une partie de la journée avant que les résultats officiels ne soient publiés au cours de l'après-midi. Si vous vous posez la question, RIE III fut acceptée à 87,12% au niveau cantonal...

Voici donc sous forme de tableau les résultats du 2e tour par ordre de popularité des Municipaux, étant entendu que les sept premiers décrochent une place à la Municipalité:

Municipalité (7 sièges)
  2e tour
1er tour
Jean-François Clément (PS) - Réélu 1'967 1'634
Tinetta Maystre (Les Verts) - Réélue 1'914 1'073
Didier Divorne (POP) - Réélu 1'871 1'281
Myriam Romano-Malagrifa (PS) - Réélue 1'786 1'587
Patricia Zurcher Maquignaz (PS) - Nouvelle élue
1'754 1'344
Karine Clerc (POP) - Nouvelle élue 1'663 1'071
Olivier Golaz (PLR) - Réélu 1'300 1'279
Jean-Marc Dupuis (PLR) - Non réélu 1'236 1'188
Stéphane Montabert (UDC) - Non élu 526 678

Nous verrons donc une Municipalité fortement ancrée à gauche avec 3 socialistes, 2 communistes et 1 verte, et un rescapé PLR perdu au milieu.

L'étonnante progression de la gauche s'explique aisément. Au premier tour, chaque parti présentait ses candidats sur une liste propre ; au second, les partis de gauche s'affichèrent sur un ticket commun. Les six mêmes noms se retrouvèrent ainsi sur un bulletin de vote unique réunissant les voix de tous ceux qui avaient soutenu les socialistes ou les communistes ou les verts au premier tour. Le cumul des voix garantit un score retentissant! On notera notamment la remontée spectaculaire de Mme Maystre, propulsée de la septième à la deuxième place entre les deux scrutins. Les électeurs de gauche ont joué à plein le jeu de l'unité.

Bien sûr, la droite aurait dû avoir l'intelligence de faire de même mais s'en abstint à cause d'un refus du PLR ; les raisons de ce désastre prévisible sont expliquées ici. Le résultat ne se fit pas attendre: le PLR perd un siège, alors qu'une alliance avec l'UDC aurait visiblement permis à M. Dupuis de passer devant Mme Clerc et donc de sauver son siège.

Une droite à reconstruire

Berné par les promesses de la gauche, le PLR renanais partait perdant en déclinant une alliance avec l'UDC. Il lutta comme un beau diable durant la campagne l'espoir de combler son retard et n'y parvint pas. Le résultat des urnes montre qu'il était assez loin du compte.

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L'affiche de campagne du PLR pour le second tour, aussi confuse que les positions du parti.

Cette combativité tardive était plutôt une bonne surprise mais ne pouvait plus rien sauver à partir du moment où la droite partait divisée. La droite unie correspond évidemment au souhait des électeurs ; sur de nombreux bulletins les Renanais choisirent d'associer PLR et UDC.

De mon côté, je ferme la marche, ce qui est conforme au rôle d'outsider que j'ai tenu durant toute la campagne. Nous nous sommes bien battus et je n'ai pas à rougir de mon score ; sa relative diminution s'explique par des Renanais qui prêtèrent foi au discours PLR appelant à "sauver la droite".

élections,municipalité,plr,udcJe salue et j'exprime mon plus profond respect à l'équipe UDC de Renens qui m'aida par son implication et son énergie à mener une très belle campagne. Une alliance avec le PLR aurait été nécessaire pour un meilleur résultat mais celle-ci était de toute façon délicate avec un parti qui passa son temps à voter avec la gauche durant la législature écoulée.

C'est d'ailleurs pour cette raison que je me lançai au second tour avec le slogan "Pour une vraie droite à Renens", étant entendu qu'aujourd'hui seule l'UDC représente une réelle opposition. Après tout, avec six sièges pour la gauche, autant accorder le septième à un véritable opposant plutôt qu'à un béni-oui-oui!

Ce soir le PLR renanais est face à de profondes interrogations. S'il se contente d'être le strapontin de la majorité de gauche, alors toute alliance entre nos formations restera difficile. Le PLR restera vissé sur son dernier siège jusqu'à ce que les électeurs de droite se lassent d'une opposition de pacotille. Si au contraire il assume enfin son rôle à droite - posture à laquelle il n'est guère habitué - alors nous pourrons travailler main dans la main et proposer à Renens un autre futur que la trajectoire actuelle de chômage, d'assistanat social et de chantiers publics financés par la dette.

Le PLR a donc son destin entre ses mains. Nous verrons dans les cinq ans à venir le chemin qu'il s'est choisi.

En attendant, que tous les Renanais qui ont eu la flemme de s'impliquer dans les élections communales ne viennent pas se plaindre de ce qui les attend!

01 mars 2016

Renens, la Nuit des Couteaux à Beurre

Sur l'échelle strictement locale, le 28 février fut également l'occasion du premier tour des élections communales vaudoises. Le scrutin eut une saveur particulière à Renens, quatrième ville du canton, puisqu'à l'inverse de Lausanne les jeux était ouverts, chaque parti se lançant séparément à la Municipalité.

Il s'agit donc d'une analyse un peu plus exhaustive que celle, sommaire, que j'ai pu livrer sur le plateau de La Télé dimanche soir.

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A l'aube du dépouillement.

Commençons par les résultats du Conseil Communal.

Conseil Communal (80 sièges)
  2016 2011
Parti Socialiste 24 (+6) 18 (-3)
PLR 20 (+1) 19 (-4)
POP - Fourmis Rouges 17 (-6) 23 (+3)
UDC 10 (-) 10 (+10)
Les Verts 9 (-1) 10 (-1)

Les chiffres entre parenthèses renvoient à l'évolution vis-à-vis du scrutin précédent. La variation indiquée entre parenthèse pour 2011 (montrant l'écart avec 2006) doit être relativisée, une liste de cinq sièges disparaissant lors de cette élection.

L'extrême-gauche POP / Fourmis Rouges subit la loi d'un Parti Socialiste hégémonique au sein de la gauche plurielle. Le PLR grignote un siège aux Verts. Au coude-à-coude avec eux en 2011, l'UDC prend la tête. La stabilité du parti est plutôt une bonne surprise pour ces élections qui ont vu l'UDC affronter un vent contraire avec le mauvais score vaudois de l'Initiative de Mise en Œuvre. Merci aux électeurs qui nous ont fait confiance!

Il n'y a guère de glissement gauche-droite au Conseil Communal de Renens, mais le premier tour de l'élection à la Municipalité s'avère plus instructif.

Municipalité (7 sièges)
  2016 2011
Jean-François Clément (PS) 1'634 2'163
Myriam Romano-Malagrifa (PS) 1'587 2'113
Patricia Zurcher Maquignaz (PS) 1'344 -
Didier Divorne (POP) 1'281 -
Olivier Golaz (PLR) 1'279 911
Jean-Marc Dupuis (PLR) 1'188 777
Tinetta Maystre (Les Verts) 1'073 2'040
Karine Clerc (POP) 1'071 -
Florian Gruber (PLR) 1'036 -
Johnson Bastidas (POP) 952 -
Nathalie Jaccard (Les Verts) 761 -
Stéphane Montabert (UDC) 678 504
Gérard Duperrex (UDC) 606 -
Roland Delapierre (PEV) 144 -

Les résultats sont donnés par ordre décroissant. La comparaison avec les scores de 2011 est purement indicative: à l'époque, la gauche partait unie avec un ticket de cinq candidats (2 POP, 2 PS et 1 Vert) qui furent tous élus dès le premier tour. Il n'y eut pas de second tour à Renens, les deux candidats du PLR Olivier Golaz et Jean-Marc Dupuis obtenant leurs sièges tacitement.

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Dans le premier tour ci-dessus, chacun des six sortants emmena avec lui un ou plusieurs colistiers qui purent profiter de sa notoriété - la fameuse "prime au sortant". Les partis représentés à la Municipalité n'eurent donc aucun mal à occuper le haut du classement. Les six sortants et leurs cinq colistiers occupent fort logiquement les onze premières places. L'UDC vient ensuite, selon un résultat somme toute assez logique. J'obtiens un score personnel d'un peu moins de 16%, à comparer aux 38,5% engrangés par Jean-François Clément.

L'intérêt de cette élection à Renens portait surtout sur la recomposition de la gauche. En avançant trois candidats tout en annonçant briguer le poste de Syndic, les socialistes affichèrent leurs ambitions - et leur appétit. Ce premier tour ouvert permit de mesurer la force réelle de chaque parti. La figure historique du POP Marianne Huguenin s'étant retirée du jeu, les candidats socialistes dominèrent largement. Le "tout-juste-sortant" Didier Divorne, en poste depuis moins d'un an, se fit distancer alors qu'il est encore le mieux placé de son groupe. Vinrent ensuite les candidats du PLR. La Municipale verte se vit sévèrement sanctionnée, obtenant le plus petit score parmi les sortants, derrière la droite.

Renens, à la lausannoise

Lundi soir, les groupes politiques définirent donc leur stratégie pour la conquête des sept sièges de la Municipalité. Le terme de Nuit des Longs couteaux est sans doute trop ambitieux pour les petites cuisines de la politique renanaise!

Approché dès le dimanche par l'UDC pour une alliance électorale formelle au second tour, le PLR refusa sèchement. Contrairement aux discussions qui avaient pu avoir lieu en amont, ses responsables expliquèrent alors que leur objectif était de conserver leurs deux sièges et qu'ils n'auraient "rien à gagner" à déterrer la hache de guerre avec la majorité de gauche. Les électeurs de droite apprécieront. Bien entendu, cette fin de non recevoir douchait tout espoir d'un troisième siège de droite à la Municipalité, marque d'un rééquilibrage nécessaire. Écœuré par cette passivité, c'est avec un certain dégoût que je ressortis de cette entrevue déconcertante.

De leur côté, lundi soir, dans une ambiance de veillée d'armes, les trois partis de gauche installés dans trois salles différentes de la Salle de Spectacle de Renens tinrent conseil jusque tard dans la nuit. Le résultat du premier tour les avait en effet placés devant une situation apparemment inextricable. Compte tenu de ses cinq sièges sortants, comment respecter les vœux de toute la gauche plurielle? Le souhait du POP de garder la tête haute, le PS d'obtenir les trois sièges auxquels il prétendait et les Verts de préserver leur unique Municipale, gage de leur participation dans une alliance de gauche?

La continuité aurait voulu que le POP concède le transfert d'un siège municipal au PS, mais ajouté à la perte de la syndicature, cela commençait à faire beaucoup. J'imagine qu'à un moment quelqu'un s'interrogea naïvement à haute voix: "Au nom de quoi infliger ce sacrifice à la gauche? Pour que le PLR continue d'occuper joyeusement les deux derniers sièges de la Municipalité?"

Pas besoin d'être devin pour comprendre que la réponse était dans la question. L'équilibre d'une gauche renanaise "apaisée" passerait par la prise d'un siège de la minorité de droite. Toute la gauche serait satisfaite: le POP trouverait la continuité, les Verts le salut et le PS la victoire. Cette idée fut confortée par l'exemple de Lausanne où, la veille, un ticket de la gauche unie rafla 6 sièges municipaux dès le premier tour.

Il faut préciser que ce scénario avait été envisagé et expliqué au PLR par votre serviteur, mais le comité de ce parti refusa d'en tenir compte. Des rumeurs vraisemblables laissent entendre que des responsables de gauche auraient "promis" au PLR qu'il garderait ses deux sièges minoritaires s'il ne s'alliait pas avec l'UDC. Mais, en revanche, qu'il fasse mine d'attaquer un siège de la gauche dans une alliance PLR-UDC et la gauche le "punirait" en lui prenant un de ses deux sièges. Et le PLR aurait servilement acquiescé à ces conditions!

Mal lui en prit.

Le coup de Jarnac de la gauche s'explique facilement: quitte à trahir quelqu'un, les gauchistes préféreront toujours prendre pour cible la droite plutôt qu'un des leurs. Douloureuse leçon que le PLR de Renens vient, un peu tard, de comprendre!

En route pour le second tour!

L'assemblée de l'UDC se passa sereinement: comme le PLR nous avait fermé la porte, nous n'avions plus d'autre choix que de partir seuls. Même sans savoir ce qui se tramait, eu égard à nos électeurs, il eut été impensable de priver la population renanaise d'un second tour.

Mon co-listier Gérard Duperrex, arrivé deuxième, se retira avec élégance. Je fus fort logiquement acclamé pour me lancer.

Le second tour pour la Municipalité de Renens verra donc s'affronter:

  • Une liste "Renens, rose rouge vert" avec:
    • Jean-François Clément (PS)
    • Myriam Romano-Malagrifa (PS)
    • Patricia Zurcher Maquignaz (PS)
    • Didier Divorne (POP)
    • Karine Clerc (POP)
    • Tinetta Maystre (Les Verts)
  •  Une liste PLR avec:
    • Olivier Golaz (PLR)
    • Jean-Marc Dupuis (PLR)
  •  Une liste UDC avec:
    • Stéphane Montabert (UDC)

Neuf noms pour sept sièges. Il y aura des perdants. Autant dire qu'avec une droite désunie, nous ouvrons un boulevard pour que la gauche s'empare de six sièges à la Municipalité, laissant un strapontin à la droite.

Les électeurs de droite de Renens seront sans doute déçus, mais ils doivent savoir que le refus de l'alliance est le fait du PLR. Nous sommes les premiers à le regretter. Nous avons tendu la main au PLR et nous souhaitions faire un ticket commun au second tour, mais notre offre fut déclinée. Mis devant le fait accompli du coup de force de la gauche, ces messieurs du PLR ne pensèrent même pas à nous contacter ce matin, car pour qu'un désastre soit complet, il fallait également renoncer à tout plan de rechange...

Calculer ce qu'on a à perdre et se compromettre ne mène à rien. La leçon est rude mais nécessaire. Tout au plus peut-on espérer que le PLR sorte assagi de cette cure d'amaigrissement à l'exécutif. Je me réjouis de pouvoir en discuter avec MM. Golaz ou Dupuis sur les bancs du Conseil Communal, selon lequel y siégera à nouveau au soir du 20 mars.

20 octobre 2015

L'UDC vaudoise renonce à soutenir Olivier Français

Le congrès de l'UDC Vaud eut donc lieu lundi soir à Chavornay.

Pour un compte-rendu à peu près factuel de la soirée, on se tournera vers l'article en rapport dans le quotidien 24Heures. Malgré tout, celui-ci n'est pas exempt de quelques erreurs. Par exemple, le journaliste évoque le conflit larvé entre "UDC des villes et UDC des champs" ; si cette tension est bien réelle au niveau de l'électorat (les bons scores de Jacques Nicolet et d'Alice Glauser au sein de la liste UDC s'expliquent amplement par des consignes de vote très suivies dans les campagnes) elle n'est absolument pas la source de la division du parti au moment de choisir de soutenir Olivier Français.

Si l'alliance avec le PLR au second tour du Conseil des Etats a été rejetée par 67 voix contre 57 et une abstention, c'est pour de toutes autres raisons. Revenons sur cette soirée.

Après une présentation mi-amère des résultats vaudois, décevants comparés à la progression de l'UDC suisse mais explicables par la polémique de l'été, après l'annonce de la présidente de sa démission attendue en janvier 2016, après une analyse fine des résultats vaudois de l'élection par Kevin Grangier, arriva enfin le point d'orgue de ce congrès: le choix de soutenir ou non la candidature de M. Olivier Français au second tour de l'élection au Conseil des États.

Tout juste ressorti de sa propre séance du PLR à Bussigny, M. Français vint en tant qu'invité sous un tonnerre d'applaudissements pour plaider sa cause avant se soumettre à un feu roulant de questions de la part des délégués. La presse ne perdit pas une miette de l'exercice.

Même pas de vagues promesses

olivier français,udc,plr,élections du 18 octobre 2015Si Olivier Français était venu avec une proposition du congrès PLR de faire un apparentement avec l'UDC pour les élections communales de 2016 ou les cantonales de 2017, l'adhésion de l'assemblée lui aurait été acquise. Au lieu de cela, il ne put faire mieux que de soutenir cette position à titre personnel, et de promettre de défendre l'idée de l'élection d'un second membre de l'UDC au Conseil Fédéral au sein de son groupe à Berne. Interrogé sur ce qui le séparait des candidats de gauche sur les sujets brûlants, application de l'initiative du 9 février ou du renvoi des criminels étrangers, il resta évasif.

Bref, bien que sympathique, Olivier Français vint les mains vides. L'idée de soutenir un candidat de centre-droit était évidemment séduisante pour une assemblée UDC, mais la pilule était difficile à avaler face à un candidat proche du centre, charriant un certain historique d'animosité envers l'UDC et ses électeurs (bien qu'élu par ces derniers lorsqu'il fut porté par une coalition pour accéder à la Municipalité de Lausanne), et dont l'élection au Conseil des Etats aurait ressuscité la carrière politique d'un certain Fathi Derder sur les bancs du National par le truchement des viennent-ensuite.

Le soutien de l'UDC envers Olivier Français était donc plombé au départ, mais pas de façon irrémédiable. Il aurait fallu que le PLR vaudois fasse un effort concret pour faire pencher la balance. Mais c'était sans doute un acte d'humilité et d'ouverture trop difficile à accomplir pour un parti encore tout émoustillé par sa victoire de la veille.

Penser comme un délégué

M. Français travailla de façon méritoire pour donner l'impression d'y croire, mais l'écart avec la gauche est très grand. Il aurait été moindre si le PLR avait joué la carte de l'apparentement dès le premier tour, et alors les chances de la droite dans un ticket PLR + UDC auraient été réelles. Hélas, on ne refait pas l'histoire.

L'assemblée UDC réunie à Chavornay s'inscrivait dans une optique plus vaste que celle du second tour au Conseil des Etats, les relations futures avec le PLR vaudois.

Je pense que 80% au moins des délégués de l'UDC sont pour un rapprochement avec le PLR au nom de la droite bourgeoise, même si nos partis divergent sur des points importants. Mais cette relation doit se construire étape par étape, des fondations au sommet: d'abord à l'échelle communale, puis cantonale, puis au National, et enfin au Conseil des Etats, premier et second tour.

Dans ce contexte, une alliance avec le PLR au deuxième tour de l'élection au Conseil des Etats revenait à commencer un livre par le dernier chapitre.

Nous aurons l'occasion de rebâtir ces fondations prochainement, puisque le cycle électoral s'achève. Il reprendra dès 2016 avec les élections communales, puis les cantonales en 2017 et se concluera à nouveau avec les élections fédérales de 2019. A chaque étape l'UDC tendra la main au PLR ; à lui d'avoir l'intelligence de la saisir.

L'élection appartient aux électeurs

Les délégués ne sont pas les citoyens. Les mots d'ordre formulés par les partis sont suivis ou non de la population.

L'UDC vaudoise n'avait pas l'intention de torpiller la candidature d'Olivier Français en maintenant un de ses candidats au second tour, mais elle avait le choix entre appeler à voter pour lui ou s'en abstenir. Elle choisit cette dernière option.

S'en remettre aux électeurs est une attitude tout à fait dans la ligne de l'UDC. Les citoyens ne sont pas stupides. Ils ont, comme tout le monde, assisté aux violentes diatribes anti-UDC d'une Isabelle Moret, ou se rappellent les déclarations hostiles de M. Français lui-même. Ils ont vu le dédain affiché par le PLR vaudois en déclinant les invitations d'apparentement venues de l'UDC. Si le PLR ne séduit pas l'électorat UDC y compris lorsque l'équilibre gauche-droite est en jeu, il ne peut guère s'en prendre qu'à lui-même.

De l'autre côté, ils savent que renoncer à soutenir M. Français revient à laisser élire M. Recordon, celui qui dansait dans les couloirs du Conseil National en 2007 après avoir réussi à évincer M. Blocher du Conseil Fédéral. Des images inoubliables!

Le choix est difficile, et même si la mobilisation est au rendez-vous la victoire du candidat PLR au Conseil des États paraît très incertaine. Heureusement, la politique vaudoise porte plus loin. Comme le fit remarquer un délégué, même si les écologistes vaudois réussissent à sauver leur candidat au Conseil des Etats, cela ne changera pas grand-chose à leur défaite nationale. Ils ont perdu et ils le savent.

Le congrès UDC du 19 octobre ne visait pas qu'à décider du second tour d'une élection, mais à mettre à plat ses relations futures avec le PLR au sein de la droite. Et bien que les majorités soient amoindries par l'enjeu le sentiment de l'assemblée fut clair: il n'y aura plus d'alliance avec le PLR si celui-ci continue à traiter l'UDC par le mépris. Les délégués UDC ne supporteront plus que le PLR ne s'adresse au parti que les quelques soirs où il aura besoin de ses voix au gré des circonstances.

Il est dommage que cette leçon coûte probablement sa candidature à M. Français, mais entre deux formations politiques et leurs électeurs le respect se doit d'être réciproque. L'exemple du Valais nous montre d'ailleurs que l'UDC peut fort bien progresser dans un canton sans avoir d'apparentement avec qui que ce soit.

Espérons que le PLR vaudois comprenne le message. Nous verrons ce qu'il en est dès 2016, lors des élections communales.

13 avril 2015

De l'immobilisme électoral zurichois

Des élections ont eu lieu ce dimanche à Zurich, le canton le plus peuplé de Suisse. A quelques mois des élections fédérales d'automne, et sachant que ce canton réunit à lui seul un sixième des citoyens helvétiques, le scrutin avait valeur de test.

Le résultat est mauvais.

"Les Conservateurs, grands gagnants des élections cantonales zurichoises", titre le Nouvelliste. Le triomphe est encore loin mais il est vrai qu'à première vue, le résultat semble correct: le vert Martin Graf a été sèchement écarté du Conseil d'Etat, l'électorat n'ayant semble-t-il pas digéré l'affaire Carlos. A la place le PDC récupère un siège avec Silvia Steiner, offrant au gouvernement une répartition marquée au centre avec 2 PS, 2 UDC, 2 PLR et 1 PDC. Le remplacement d'un Vert (d'extrême-gauche) par un PDC (de centre-gauche) ne laisse donc pas présager d'un énorme changement de trajectoire gouvernementale. En évoquant "un léger glissement à droite", le Nouvelliste est dans le vrai. À peine un frémissement...

Mais, quitte à nous projeter dans les élections fédérales, laissons tomber l'élection de l'exécutif puisque celle-ci n'est pas du ressort du peuple. Penchons-nous donc sur l'évolution du Grand Conseil zurichois:

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Infographie RTS

L'UDC tient toujours la part du lion dans l'assemblée (30%) mais ne gagne pas le moindre élu. Le deuxième parti du canton, le PS, se renforce un peu d'un siège, ainsi que l'extrême-gauche. Seuls les Verts et Verts Libéraux perdent réellement des plumes dimanche, mais là encore on est loin de l'effondrement: les deux partis gardent encore plus de deux tiers de leurs sièges. Même le renouveau gouvernemental du PDC ne se concrétise guère au niveau du parlement.

Le vainqueur du jour est évidemment le PLR, doté de huit nouveaux sièges et passant en termes de force électorale de 12,9% à 17,3% des voix.

Quatre virgule quatre pour cent

En 2011, un mois après l'accident de Fukushima, un Vert avait profité de la confusion pour s'emparer d'une place à l'exécutif ; après un mandat les citoyens s'en sont lassé.

Que s'est-il passé depuis? Oh, quasiment rien. L'Europe a continué de s'enfoncer dans la crise économique et financière. Le printemps arabe a fait plonger de nombreuses dictatures dans le chaos. Les Français ont eu la joie d'expérimenter dans les faits le socialisme après l'avoir porté au pouvoir par pure détestation de Nicolas Sarkozy. La guerre civile ravage l'Ukraine. L’État Islamique est né, déplaçant le curseur de la violence islamique à un niveau encore jamais atteint. La Syrie draine de nombreux "jeunes européens" dans une guerre civile dont on ne sait de quelles exactions seront capables les gens qui en reviennent. Divers attentats terroristes ont été perpétrés en Europe, jusqu'aux portes de la Suisse.

Sur le plan strictement helvétique, la BNS a mis en place puis retiré un taux de change plancher avec l'euro, abandonnant la souveraineté du franc en embarquant des milliards d'euros dans son bilan. Les frontaliers et les immigrés n'ont jamais été aussi nombreux, malgré le vote du peuple suisse contre l'immigration de masse. Celui-ci attend toujours, d'ailleurs, la mise en œuvre du renvoi des criminels étrangers. Deux visions de moins en moins compatibles de la loi opposent les apôtres du culte du droit international aux tenants de la démocratie directe, les premiers disposant de tous les leviers médiatiques et politiques hormis le vote populaire. Le gouvernement fédéral n'a toujours pas retiré sa demande d'adhésion à l'Union Européenne, et continue en fait de faire la promotion d'une adhésion "en douce" à la bureaucratie de Bruxelles.

Tout cela n'est bien sûr qu'une maigre sélection de ce qui s'est passé ces derniers temps. Le résultat? +4,4% pour le PLR, et à peu près autant de perdu pour la gauche - les Verts plus ou moins rouges perdent davantage mais les socialistes et l'extrême-gauche compensent. Pire encore, en guise de "droite" les gagnants du jour sont ceux qui prônent entre autre l'ouverture sans limite des frontières aux personnes, la soumission à l'UE et qui cautionnent les manœuvres d'apprenti-sorcier de la BNS! Et les médias de célébrer la victoire des "Conservateurs"?

Voilà à quoi nous en sommes réduit: un basculement à peine perceptible de l'électorat. Les lignes sont figées. Comme on pouvait le craindre, l'évolution du rapport de force entre gauche et droite s'avère dérisoire. De quoi refroidir les ardeurs de tous ceux qui pouvaient espérer un réveil des citoyens.

Vent mauvais pour l'automne

Ceci n'est évidemment pas de bon augure pour les élections fédérales de la fin de l'année. Si les mêmes tendances se poursuivent - et rappelons-nous que les Zurichois sont plutôt plus à droite que le reste de la Suisse et en particulier que des Romands - le nouveau Parlement ne se distinguera pratiquement en rien du précédent ; et il en sera de même pour le Conseil Fédéral.

Le statu-quo est-il précieux au point de devoir tout lui sacrifier? La question se pose de façon cruciale alors que l'heure tourne et que les options se réduisent. Entre les bulles financières et le jihad global, la dilution de la citoyenneté et les pressions transfrontalières du chômage de masse, l'avenir de la Suisse semble constellé d'écueils qu'il faudra contourner avec habileté sous peine d'éventrer la coque.

Le dernier chiffre remarquable du scrutin est celui d'une participation qui frise l'insulte: 31,3% pour le Conseil d'Etat et 32,6% pour le Grand conseil. Moins d'un électeur sur trois s'est donné la peine de se rendre aux urnes - ou de voter par correspondance plusieurs semaines en avance...

Il est de bon ton de s'intéresser à la politique lorsque des initiatives et des référendums sont proposés au souverain, mais les citoyens devraient se rappeler que 95% des lois au moins ne passent jamais devant le peuple, concoctées par des élus ayant acquis leur siège dans l'apathie générale. Comme ce dimanche.

Dans un pays tel que la Suisse où l'offre politique est si vaste et si libre (deux des partis du Grand Conseil zurichois, PBD et Verts Libéraux, n'existaient même pas il y a dix ans) pareil désintérêt de la population pour la politique est proprement terrifiant. On peut y voir la marque d'un certain ennui, d'une offre insatisfaisante, d'une démobilisation... A moins qu'il ne s'agisse de lassitude mêlée de fatalisme. Dans tous les cas, cette posture du corps électoral n'annonce rien de bon pour le fragile futur de la démocratie helvétique.

21 octobre 2013

Le PLR choisit d'être anodin

Les libéraux-radicaux sont sauvés! La reconquête est en marche! Comme l'indique l'ATS, le brillant président du parti Philipp Müller, successeur du non moins brillant Fulvio Pelli, dévoile ses ambitieux objectifs: devenir le deuxième plus grand parti de Suisse lors des élections fédérales de 2015.

Comment compte-t-il y parvenir?

Le PLR veut "développer un profil écologique" (...), déclare son président Philipp Müller dans une interview parue dans la "SonntagsZeitung". De nouvelles centrales nucléaires ne sont "à long terme réalisables ni économiquement ni politiquement."

Le PLR s'était montré moins catégorique dans son papier de position sur la Stratégie énergétique 2050, présenté en novembre 2012. Il n'y rejetait la construction de nouvelles centrales que si celles-ci n'étaient bâties "qu'avec la technologie aujourd'hui à disposition".

Une réforme fiscale écologique fait par ailleurs figure d'instrument d'économie de marché envisageable. Son introduction devrait cependant être assortie de "certaines conditions", ajoute [le conseiller national].

"Il est pertinent d'augmenter l'imposition de l'énergie et de diminuer celle du travail. Mais il est obligatoire que l'enveloppe totale provenant des taxes et des impôts ne soient pas revue à la hausse et que les subventions soient en parallèle massivement réduites.", déclare le président du PLR.


facepalm.pngA ce stade, chers lecteurs, c'est une obligation, il me faut introduire un facepalm qui sert, comme l'explique Wikipedia, à illustrer "honte, embarras, incrédulité, exaspération, dégoût ou malheur" - ou, comme face à la nouvelle posture du PLR, tout cela à la fois.

Entendons-nous bien: je n'ai rien contre le PLR, seul parti national majeur à considérer l'UDC comme un interlocuteur vaguement fréquentable. C'est aussi avec l'UDC la réserve naturelle des libéraux du pays, sur le papier en tous cas.

Je leur souhaite, sincèrement, le succès.

C'est donc avec une tristesse infinie que j'assiste à cette déclaration stratégique pitoyable, qui annonce à l'évidence la poursuite du déclin du parti. Aucune discussion de fond n'a lieu sur les valeurs de base, d'où devrait découler un programme ; par exemple, des libéraux auraient pu demander la mise à plat économique de tous les modes de production d'énergie, sans coûts cachés, et appeler ensuite à laisser faire le marché. Mais non, à la place le PLR choisit d'interdire et de taxer et finalement de suivre... La mode.

Philipp Müller n'a probablement pas l'esprit rebelle, c'est un fait. Mais il n'est pas seul dans la capitainerie et même l'équipe dont il est entouré ne fait pas mieux. Se déclarer préoccupé par l'écologie et anti-nucléaire en 2013, quelle idée originale pour se démarquer! Quelle audace! Et proposer des taxes! A part les verts, les socialistes, les démocrates-chrétiens, les verts-libéraux et les bourgeois-démocrates, personne n'a eu l'idée. Remarquez, l'UDC est bien absente de cette longue liste, mais même elle peut se targuer d'être l'authentique parti des paysans. La nature, il y a ceux qui en parlent et ceux qui la vivent.

Malheureusement pour ses électeurs en proie au doute, la stratégie du PLR suisse ne se limite pas à cela ; dans ses autres décisions fortes, le parti a aussi décidé de soutenir la proposition du conseiller fédéral Didier Burkhalter de laisser le soin à la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) d'interpréter le droit de l'UE en cas de différend, et continue de soutenir à bout de bras une liberté de circulation des personnes absolue et aveugle dont nul ne veut plus.

A l'aune de ces déclarations visionnaires, je doute fort de l'émergence du PLR comme deuxième plus grand parti de Suisse en 2015, ni même à n'importe quelle date d'ailleurs. Je suis prêt à parier quelque argent là-dessus contre M. Müller, s'il lit ces lignes. Avant de prôner des objectifs pompeux, il faudrait encore voir l'adéquation entre les valeurs fondamentales du parti - inintelligible depuis le mariage catastrophique entre les frères ennemis radicaux et libéraux - et son programme, entre le message et les attentes de la population.

Les dirigeants successifs du PLR sont tous de brillants stratèges, paraît-il. Visiblement, ils ne sont pas jugés sur leurs résultats.

15 octobre 2012

Renens, le pays où les impôts ne baissent jamais

Alors que Renens a choisi l'endettement massif et la hausse d'impôt en 2012 (combinaison ô combien prudente par les temps qui courent) les débats de jeudi dernier sur l'arrêté d'imposition 2013 étaient l'occasion de ramener la question sur le tapis.

C'est ainsi qu'une courageuse conseillère communale UDC vint à la tribune pour plaider un humble amendement dont voici grosso-modo la teneur:

La situation économique helvétique se détériore. Cela vaut pour tous les cantons et toutes les communes, comme l'affaire des IRL le montre. Et même si aujourd'hui l'ancienne filiale renanaise semble avoir un nouvel avenir, le processus qui l'a sauvé aura laissé un bon nombre de salariés sur le carreau.

En ces temps difficile, la ville de Renens doit montrer qu'elle est capable de faire aussi bien avec moins, mais surtout, que l'effort fiscal est partagé.

L'UDC Renens propose donc d'amender l'arrêté d'imposition 2013 pour baisser d'un point l'imposition de la commune, c'est-à-dire de revenir à la situation prévalant jusqu'en 2011.

Bien que modeste, cette baisse d'impôt montrera que la fiscalité de Renens n'est pas éternellement orientée à la hausse.

Les contribuables et les entreprises doivent se sentir aidés, et ne plus avoir l'impression qu'ils sont les seuls à devoir se serrer la ceinture.

 

C'était sans doute trop demander. Renens est devenu un enfer fiscal et a bien l'intention de le rester. L'amendement fut repoussé "à une large majorité", ce qui n'a rien de bien étonnant compte tenu de la composition politique du Conseil Communal.

Vous seriez plus surpris en revanche d'apprendre que le PLR s'est massivement abstenu. Le centre-droit de Renens s'accommode décidément bien rapidement des hausses d'impôt qu'il prétend combattre...

Les déclarations pas si vieilles comme quoi cette hausse d'impôt serait "temporaire" font sourire - sauf si c'était pour évoquer de nouvelles hausses, bien entendu! Avec l'assentiment d'une droite bien peu combative, la stratégie fiscale de la gauche - à Renens comme ailleurs - peut plus que jamais prendre comme emblème la Roue à rochet:

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