12 mars 2018

Lausanne noire de monde

Samedi, le promeneur qui déambulait dans Lausanne put découvrir le cortège surprenant d'une manifestation organisée par le collectif d'extrême-gauche Jean Dutoit, "contre les violences policières", explique 24Heures. Mais surtout celles présumées contre les noirs.

C'est donc aux cris et aux pancartes "Black Lives Matter" que le cortège s'ébroua de la Place Saint-François.

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Le cortège au départ de la manifestation. Notez les deux sympathiques individus au premier rang, qui brandissent des hampes en bois dénuées de pancarte... Quelle utilité, à part pour taper?
(cliquez pour agrandir)

Pour le détail de la manifestation, lisons la presse locale:

Quelque 500 personnes, selon les estimations de la police, ont arpenté les rues de Lausanne samedi après-midi pour dénoncer le racisme et les violences policières et rendre hommage à Mike, un Nigérian décédé la semaine passée. Pour rappel, l'Africain de 40 ans, soupçonné de dealer de la drogue, a fait un malaise lors de son interpellation mouvementée dans la soirée du mercredi 28 février, avant de succomber le lendemain au CHUV.


Un "malaise", une "interpellation mouvementée"... Quelle romance! Pour en avoir le cœur net, il faut aller chercher l'information auprès d'une publication concurrente où les faits sont étayés avec plus de rigueur:

Un homme de 40 ans, soupçonné de dealer de la drogue, a fait l'objet d'un contrôle de la police municipale mercredi [28 février] vers 22h45 dans le quartier Sainte Luce, près de la gare de Lausanne. Selon la police, l'individu n'a pas obtempéré aux injonctions de l'agent, ni des forces appelées en renfort. Il a été maîtrisé par la force puis menotté.

Juste après son immobilisation, cet homme a fait un malaise et perdu connaissance, informe la police. Un massage cardiaque a été prodigué par les agents en attendant l'arrivée de l'ambulance. «Lors des premiers soins, plusieurs boulettes de cocaïne ont été découvertes à côté de son visage ainsi que dans sa bouche», explique la police. Il a été hospitalisé au CHUV, où il est décédé le lendemain. (...)

L'homme, de nationalité nigériane, avait déjà été condamné pénalement pour trafic de produits stupéfiants. Une instruction pénale a été ouverte afin d'établir les causes et les circonstances de ce décès. Une autopsie va être pratiquée. (...)

L'homme décédé faisait partie du Collectif Jean Dutoit, qui défend les personnes sans-abri en situation de séjour irrégulière, a communiqué solidaritéS Vaud en soirée. (...)



Le Nigérian décédé, probable dealer de drogue récidiviste, se serait accidentellement empoisonné avec sa propre marchandise en tentant de l'avaler lors de son arrestation. Nous en saurons plus à la conclusion de l'enquête.

Quelques questions me viennent à l'esprit.

  • Je ne suis pas un partisan aveugle de la police, mais en l'absence d'enquête déterminant la cause du décès, pourquoi accuser immédiatement les policiers?
     
  • Quel est l'intérêt des activistes de Jean Dutoit de provoquer pareille manifestation? Souhaitent-ils attirer la sympathie du grand public? Capter le vote noir en Suisse? Se livrer à de l'autopromotion politique en exploitant la mort de quelqu'un?
     
  • N'est-il pas étrange de s'associer à un individu méprisable, un vendeur de drogue présumé en l'occurrence, sous prétexte qu'on partage la même couleur de peau? Si un jour un mafieux recherché tente de venir chercher asile chez moi en invoquant notre couleur de peau commune, j'aurais tôt fait de le livrer à la police! Je me sens plus de solidarité avec les gens honnêtes de toutes origines qu'avec les malfrats, fussent-ils de la même couleur de peau que moi. Mais visiblement tout le monde ne pense pas ainsi.

Je note que si les pouvoirs publics et la justice avaient renvoyé "Mike" au Nigeria, comme le bon sens et les décisions du peuple suisse le demandent, il serait toujours vivant et le marché de la drogue à Lausanne diminué d'autant. Mais je doute que les gens de Jean Dutoit soient très perméables à ce genre de raisonnement...

Les badauds rencontrant la manifestation eurent doit à un tract rempli d'un salmigondis que je vous laisse apprécier:

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Et si tu leur vends de la drogue?

11 janvier 2016

Cologne ou le point de bascule

Le nouvel an a été difficile pour l'Europe. Des femmes ont été agressées par centaines sur tout le continent européen, nouvel eldorado de prédateurs sexuels importés.

Après une Omerta de quelques jours les faits ont fini par filtrer, petit à petit, sur les réseaux sociaux. Les médias traditionnels furent plus lents, car réticents à admettre l'effondrement de la fable d'une immigration de masse aussi paisible que positive. Mais contrairement aux premières nouvelles délivrées, les violences infligées aux femmes (et parfois aux hommes qui les accompagnaient et tentaient de les protéger) ne furent en rien limitées à Cologne. Les informations sont toujours fragmentaires et ont énormément de mal à passer la censure de la bien-pensance, mais on peut compter pour l'instant pour la soirée de la Saint-Sylvestre:

  • Des agressions sexuelles en Autriche, que la police est accusée d'avoir dissimulées ;
  • Six femmes sexuellement agressées en Suisse à Zurich ;
  • A Kalmar en Suède, des femmes volées et sexuellement agressées par des gangs de migrants ;
  • En Finlande, à Helsinki, des agressions sexuelles coordonnées par des migrants selon la police ;
  • Des violences sexuelles et des agressions dans au moins cinq villes allemandes, Hambourg, Bielefeld, Cologne, Francfort et Stuttgart, perpétrées par des requérants d'asile et des immigrés en situation irrégulière.

allemagne,criminalité,immigrationBien que les victimes hésitent à contacter les autorités, les langues se délient peu à peu, balayant toutes les tentatives de minimisation. Samedi soir, juste pour le nouvel an à Cologne, on rapportait 379 plaintes et des suspects "principalement demandeurs d'asile ou immigrés en situation illégale" selon la police ; dimanche soir, les plaintes se montaient à 500, lundi à 517.

Certains journalistes perdent leurs nerfs devant la diffusion de l'information sur des canaux de "réinformation" sur Internet, les accusant sans vergogne de récupération politique. Bien que l'accusation de soit particulièrement piquante au vu de la stratégie de l'enfant mort prévalant à l'époque où les médias s'étaient engagés, à n'importe quel prix, à faire pleurer sur les migrants, les agressions sexuelles de ce début d'année montrent un phénomène qui n'a malheureusement rien de l'événement isolé.

Le Padamalgam™ est distribué par cartons entiers mais le patient ne réagit plus, la surdose provoque des symptômes de rejet. Fait marquant, le grand public semble avoir perdu le sens de l'humour. Les victimes sont trop nombreuses, les méfaits trop systématiques, les autorités trop apathiques. "J'ai senti un doigt dans chaque orifice de mon corps", raconte une femme horrifiée. Des centaines de victimes dont les témoignages font parfois froid dans le dos ainsi que toutes celles qui n'auront pas eu le courage de porter plainte resteront traumatisées pour des années, de même que les témoins, leurs familles...

Le jour de l'an, la police de Cologne communiquait pourtant:

POL-K: 160101-1-K/LEV Ausgelassene Stimmung - Feiern weitgehend friedlich

 
"Une ambiance exubérante - des célébrations dans l'ensemble paisibles" - voilà le mensonge officiel à destination des citoyens. Il fut précédé et suivi de beaucoup d'autres. Les langues se délient un peu partout. On apprend ainsi que, depuis longtemps, le quotidien suédois Dagens Nyheter passe sous silence les crimes sexuels infligés par les migrants à la population de Stockholm. Jamais syndrome n'a si bien porté son nom...

Pour les médias, seule compte la pression sur Angela Merkel et la façon dont elle va trouver une belle tournure de phrase pour s'en sortir. Les victimes? Aucune importance! Sauf, comme d'habitude, s'il peut s'agir de migrants maltraités par quelques excités. Là, l'indignation est à son comble. Face à la réaction chaotique d'une frange de la société, les autorités sortent les gros calibres: arsenal anti-émeutes, canons à eau et gaz lacrymogène. Mais des agressions sexuelles sauvages perpétrées par une véritable meute contre des femmes occidentales simultanément dans une demi-douzaine de villes, franchement, pas de quoi en faire un drame.

Malheureusement pour les Chevaliers de la Bien-Pensance, les faits sont têtus - et la réalité assez conforme à ce que les citoyens sont de plus en plus nombreux à comprendre. Presque tous les suspects sont étrangers, par exemple. Et ce n'est pas tout. Parmi eux, on trouve nombre de migrants reçus de fraîche date.

"Tant les déclarations des témoins que les rapports de la police (locale), et que les descriptions de la police fédérale indiquent que les personnes qui ont commis ces crimes étaient presque exclusivement d'origine immigrée", a déclaré Ralf Jäger, ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. (...) "Par ailleurs, il ressort de beaucoup d'éléments qu'il s'agissait de personnes originaires d'Afrique du Nord et du monde arabe (...) En l'état actuel des investigations, il y a aussi parmi les suspects des réfugiés venus chez nous l'année dernière."

 
Le ministre reconnaît également que l'action de la police avait été "inacceptable" et que, en conséquence, le chef de la police de Cologne avait été suspendu. Mais bien entendu, l'homme politique réserve ses mots les plus durs non pour ses services incompétents, non pour les mensonges des médias, non pour les actes criminels de ceux de sa caste, mais contre... Ses adversaires politiques, accusés finalement d'avoir eu raison:

"Stigmatiser un groupe comme des agresseurs sexuels est non seulement une erreur mais aussi dangereux. C'est ce que font les charognards de l'extrême droite, c'est leur seul argument."


Un seul argument suffit pourtant, s'il est correct - hors de 1984, la logique n'a pas de couleur politique et, heureusement, n'est certainement pas réservée à "l'extrême droite". Mais le ministre ne précise pas sur qui pèse ce fameux danger. La population allemande? Certainement, sachant le prix qu'elle paye et s'apprête à payer encore longtemps à cause de l'incurie de ses dirigeants.

Mais en réalité, si Cologne doit jamais avoir un effet sur la population allemande, ce devrait être au tour des politiciens de s'inquiéter, Mme Merkel en tête ; et ce ne serait que justice.

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21 décembre 2015

Genève: casseurs partout, police nulle part

Les Genevois ont eu une bonne gueule de bois ce dimanche: ils ont découvert l'état de leur ville après une manifestation interdite de l'extrême-gauche locale. Extrême-gauche? Pardon, ultra-gauche selon la novlangue en vigueur, histoire d'épargner l'extrême-gauche institutionnelle... Certains élus de gauche soutenant d'ailleurs le mouvement.

genève,extrême-gaucheLa manifestation, sobrement intitulée "sauvage" (tout un programme!) sur le site "information et luttes" de Suisse romande renverse.ch, a dévasté la ville depuis les Cropettes dans le quartier de la gare jusqu'au boulevard Carl-Vogt à la Jonction. De nombreuses vitrines ont souffert ainsi que des banques et des bâtiments publics, au premier rang desquels le Grand Théâtre, lourdement maculé de peinture et de slogans.

Le quotidien 20 minutes se fait l'écho de la profession de foi des nihilistes:

"Nous prenons la rue pour qu'elle soit autre chose qu'un espace de circulation automobile et de vitrines de luxe; nous prenons la rue car l'avenir de nos lieux de fête et de culture est menacé par la volonté inflexible de Pierre Maudet d'imposer sa loi; nous prenons la rue parce que l'état de Genève subventionne en grande majorité le Grand Théâtre, un lieu de culture bourgeoise pratiquant des tarifs inaccessibles aux plus nombreux."


Pierre Maudet, l'ennemi à abattre. Ainsi que toutes les banques et les commerces rencontrés sur le chemin, nos révolutionnaires n'hésitant pas à s'offrir un petit extra en se servant sur la bête. De nombreuses vidéos de Genevois atterrés montrent les émeutiers attaquer les vitrines à coup de marteau, voire tenter d'y bouter le feu avec des bombes incendiaires improvisées, en toute décontraction. Mais de police, point.

La police était là, nous dit-on à la radio par le biais de sa cheffe Monica Bonfanti, mais elle a choisi... De ne pas agir. Alors que la manifestation ne comportant en tout et pour tout que quelques centaines de personnes (on parle de 500 individus, casseurs compris), les forces de l'ordre on décidé "d'être souple" et donc de livrer le centre-ville à des hordes de barbares pendant une heure et demie, les laissant infliger des dégâts se chiffrant en dizaines de milliers de francs avant de se lancer et de disperser la manifestation non autorisée. Mais qu'on se rassure, personne n'a été arrêté!

Dans une Genève prétendument en état d'alerte maximum à cause du danger terroriste, pareille démonstration d'impuissance représente un échec crucial. La soirée de samedi soir ne contribue pas à renforcer la crédibilité de la police - ni pour les citoyens du bout du lac et leur sempiternel "sentiment d'insécurité", ni face à d'éventuels islamistes en quête d'une cible facile.

En période de crise, mieux vaut éviter de crier que le roi est nu ; Genève vient de faire exactement le contraire, étalant au grand jour son impuissance derrière des excuse de stratégie de contention de la foule qui n'abusent personne.

Aurait-il été possible d'agir? De toute évidence, oui, ne serait-ce que lorsque le cortège non autorisé était le plus vulnérable, lors du passage du pont du Mont-Blanc. C'est d'ailleurs ainsi qu'une manifestation altermondialiste fut neutralisée lors du sommet du G8 à Évian en 2003. Bien que le sommet se déroule à une cinquantaine de kilomètres, les black blocks avaient investi la Cité de Calvin, surprenant tout le monde. Mais, il y a douze ans déjà, la police n'avait pu arrêter les meneurs: un Conseiller d’État de gauche avait pris fait et cause pour les manifestants, allant jusqu'à rejoindre le cortège sur le pont pour empêcher la police de les arrêter...

A l'époque déjà le problème était moins légal que politique. Que peut faire la police si on lui a donné l'ordre de ne pas intervenir?

De même que les émeutes de 2003 avaient brisé la carrière de la conseillère d'Etat Micheline Spoerri, responsable de la police à l'époque, celles de 2015 pourraient menacer Pierre Maudet. Nul doute que celui-ci ne laissera pas l'épisode de ce week-end ternir son image sans réagir. Alors que l'enquête patauge déjà et qu'on se demande si le moindre casseur verra jamais une cellule, la pression est donc maximale sur les épaules de Monica Bonfanti, dont la gestion de crise laisse pour le moins à désirer.

Entre malveillance ou incompétence il est difficile de trancher; mais du point de vue des citoyens, les deux maux sont tout aussi rédhibitoires. Si les responsables sont incapables, il faut en changer, point.

08 avril 2015

Charleston et les psychopathes de la police

Les autorités de North Charleston, en Caroline du Sud, États-Unis, sont KO debout après la diffusion par le New York Times d'une vidéo montrant un noir abattu par un policier.

Prise par inadvertance par un témoin à l'aide de son smartphone, la séquence ne laisse aucune place au doute. Un individu tente de s'enfuir ; le policier, Michael T. Slagger, âgé de 33 ans, dégaine alors son arme et lui tire dans le dos à huit reprises. Touchée de cinq balles, la cible s'écroule. Le policier intime à sa victime agonisante l'ordre de mettre ses mains dans son dos et lui passe les menottes... Walter L. Scott, 50 ans, père de quatre enfants, ne se relèvera pas.

L'altercation aurait débuté à la suite d'un contrôle routier et d'un phare éteint sur le véhicule de la victime.

Les médias insistent lourdement pour attribuer un aspect racial à l'affaire, la victime étant noire alors que le tireur est blanc. Pareille perception sonnerait comme une revanche alors que 9 mois et 1200 kilomètres séparent cette affaire de l'épisode de Ferguson dans le Missouri où un jeune noir avait trouvé la mort sans que la culpabilité du tireur blanc ne puisse être établie. Mis à part la couleur de peau des protagonistes, les similitudes s'arrêtent là. Nulle caméra ne filmait la scène là-bas et la victime reçut les balles de face. Mais même à Charleston, rien dans les faits dont nous disposons à l'heure actuelle ne vient conforter l'hypothèse d'un crime raciste.

Si le grand public apprend quelque chose aujourd'hui, c'est avant tout le peu de scrupules que peut avoir un policier à mentir effrontément. Avant que l'avocat de la famille de la victime ne produise la terrible vidéo, le tireur affirmait qu'il avait eu "peur pour sa vie", prétendant que l'homme abattu se serait emparé de son Taser. Les images montrent depuis qu'au moment de vider le chargeur de son arme dans le dos de sa victime, sa main ne tremblait guère.

Alors, y a-t-il du racisme dans cette affaire? Les activistes professionnels jurent que oui, et c'est pour eux le principal problème. Aucun d'eux ne semble beaucoup s'inquiéter de la facilité avec laquelle un policier expérimenté et assermenté peut froidement tuer un homme et mentir après-coup sur ce qui s'est passé, comptant sur la confiance qu'un jury apportera la plupart du temps à un dépositaire de l'autorité publique.

Mais pourquoi? Les policiers ne sont pas et n'ont pas à être des Übermensch légaux. Ils sont aussi imparfaits et faillibles que tout autre être humain. Les nombreux avantages juridiques dont ils bénéficient ne les amène certainement pas à devenir meilleurs. Si certains d'entre eux peuvent canaliser leur colère et leurs bas instincts à l'aide d'un entraînement rigoureux, d'autres peuvent très bien garder à l'esprit qu'ils seront au bénéfice du doute le jour où la justice leur demandera pourquoi ils ont employé leur arme.

Sans être entièrement faux en Suisse, cet aspect est d'autant plus remarquable aux États-Unis où la dangerosité de certaines zones (notamment à cause des gangs) et l'hystérie sécuritaire consécutive aux attentats du 11 septembre ont donné les coudées franches à tous les services de sécurités. Les abus s'enchaînent depuis contre le grand public. Entre une législation de plus en plus souple, la confiscation de biens sans inculpation, la facilité d'emploi d'une arme ou l'image positive associée aux comportements les plus extrêmes grâce aux séries télévisées faisant la part belle au "héros sans scrupules", le respect des droits des individus et des procédures est largement passé au second plan.

police,violence,racismeMichael Slagger aura du mal à éviter la prison à perpétuité. Sachant que la Caroline du Sud pratique toujours la peine de mort, il s'expose peut-être même à pire. On verra à l'occasion combien de manifestations politico-médiatiques seront orchestrées pour soutenir son droit à la vie.

Hors de toute polémique idéologique, on se demande surtout comment éviter pareille tragédie à l'avenir. Cet épisode relance encore une fois la pertinence de caméras accrochées à l'uniforme des policiers et filmant en permanence. L'idée est simple, facile à mettre en place et extrêmement formatrice. Un individu ne se comporte pas du tout de la même façon en sachant que ses faits et gestes sont enregistrés que lorsqu'il pense agir sans témoin.

Les policiers se doivent d'agir de façon irréprochable ; être filmés en permanence est une façon d'y parvenir. Ceux que cela dérange ne sont probablement pas dignes de l'uniforme. On ne sera pas surpris d'apprendre que certains s'y opposent, utilisant leurs relais politiques pour tenter de criminaliser l’œil public.

Avec une caméra attachée à sa chemise, Michael Slagger n'aurait certainement pas tué Walter Scott. Mais ce n'est pas le plus important. Avec la certitude de porter un gadget de ce type pendant ses heures de service, peut-être ne se serait-il même pas engagé dans la police.

Mise à jour (10 avril): correction du nom de la localité (North Charleston) et de son état (Caroline du Sud)... Et une nouvelle vidéo montrant la fuite de M. Scott un peu avant qu'il ne soit abattu.

31 mai 2014

Les policiers, surhommes légaux?

Les policiers suisses sont assurément des professionnels effectuant un travail difficile. Sont-ils des Übermensch pour autant? Des créatures semi-divines dominant le reste des mortels, leurs pitoyables existences et leurs lois?

Pareille déclaration fait quelque peu tiquer, forcément. Un policier ne porte pas son uniforme en permanence et celui-ci n'est pas non plus un costume de superhéros.

police__mal_garee.jpgNous avons de nombreuses raisons de penser que les policiers sont loin d'être infaillibles. A dire vrai, les exemples abondent de situations où ils ne respectent pas la loi, comme se garer sur une zone pour handicapés (photo ci-contre prise à Sion).

L'exemple n'est pas anodin. La question du respect des lois et de l'impunité des policiers se pose de façon criante dans le domaine des règles de circulation, un cadre particulièrement propice aux restrictions arbitraires et aux punitions exemplaires, notamment avec l'introduction de Via Sicura.

24Heures nous en rapporte un exemple au 13 janvier dernier:

[Des] policiers genevois en voiture banalisée, sans avertisseur, ont été flashés à 102 km/h le 14 août 2013 à la rue Gambetta à Clarens limitée à 50 km/h. Marge d’erreur déduite, le dépassement se monte à 46 km/h. Ils suivaient des arnaqueurs qui se faisaient passer pour de faux policiers, à Genève, mais aussi au château de Chillon.


Le dossier fut promptement enterré par le chef de Police-Riviera au lieu d'être transmis au procureur général comme l'aurait requis la procédure. Des élus se sont heureusement indignés.

Depuis que Via Sicura est en place, les forces de l'ordre s'inquiètent:

«Aujourd’hui, nous sommes vite considérés comme des chauffards. Il faut donc s’adapter et peut-être lever le pied.» Christian Antonietti, président du syndicat de la gendarmerie genevoise UPCP, est inquiet. Depuis l’entrée en vigueur le 1er janvier de la loi sur la circulation routière, appelée Via Sicura, les policiers risquent d’être inquiétés plus facilement par la justice et de se retrouver derrière les barreaux en cas de courses d’urgence.


Sauf si l'infraction est repérée par un collègue complaisant, bien entendu. Mais sur le plan strictement légal, Via Sicura prévoit des peines allant de 1 à 4 ans de prison pour les chauffards. Entre dans cette catégorie un individu roulant à 100 km/h sur un tronçon limité à 50, par exemple. La sanction qui les attend est lourde: ils sont punis plus sévèrement que pour un homicide par négligence!

Certains élus se demandent si des policiers peuvent effectivement se faire pincer pour excès de vitesse. Une réponse détaillée de la Municipalité de Lausanne cite le texte de loi (article 100 alinéa 4 LCR) et montre que la situation est un peu plus compliquée:

Lors de courses officielles urgentes, le conducteur d'un véhicule du service du feu, du service de la santé, de la police ou de la douane qui aura donné les signaux d'avertissement nécessaires et observé la prudence que lui imposaient les circonstances ne sera pas puni pour avoir enfreint les règles de la circulation ou des mesures spéciales relatives à la circulation.


Une course officielle urgente - chaque mot compte. "Officielle" implique que le véhicule policier se fait clairement identifier par les autres usagers de la route par sirènes et gyrophare et que le déplacement est connu de sa hiérarchie. "Urgente" signifie que la course doit être justifiée par des circonstances particulières comme une demande d'intervention pour une situation grave, pesée face au danger. Autrement dit, le bon sens même. Malgré les inquiétudes des uns et des autres, les partisans de Via Sicura ont raison lorsqu'ils disent que la loi est compatible avec le travail des policiers.

Évidemment, chacun ne l'entendra pas forcément de cette oreille. Tout dépend bien sûr du niveau de circonstances requis pour violer le code de la route: une course officielle urgente, une course urgente, voire une course toute simple... Les policiers seraient-ils en train de réclamer des passe-droits? Peut-être que le terme est exagéré, mais on ne peut s'empêcher de songer à un militantisme visant à réinstaurer d'anciens privilèges.

Les mauvaises habitudes sont tenaces. Un exemple nous est fourni par le Matin pas plus tard qu'aujourd'hui, où un internaute genevois filme une voiture de police tranquillement garée sur un passage piéton pendant que son chauffeur va chercher des hamburgers...

Peut-être que cette voiture abritait des superflics d'élite traquant un gros bonnet de la drogue depuis 72h, avec un terrible besoin d'un apport protéiné pour tenir le coup? Peut-être. A moins que nous n'assistions juste à l'abus de pouvoir banal d'une caste de fonctionnaires habituée à des entorses à la loi. Entorses d'autant plus faciles que le contrôle est assuré par des collègues...

Hélas pour ces gens, la démocratisation des téléphones portables avec caméra permet un contrôle citoyen plus strict que n'importe quelle directive administrative. Et si des policiers affamés doivent à l'avenir faire le tour du quartier pour se garer et aller ensuite au restaurant à pied comme n'importe quel quidam, en quoi est-ce un problème? A y réfléchir, c'est une forme de patrouille comme une autre.

Contrairement à d'autres élus jusque dans mon parti, je ne peux que saluer l'alignement relatif des forces de l'ordre avec le commun des mortels. Via Sicura est une monstruosité pénale mais ses effets s'appliquent sans distinction d'uniforme. D'ailleurs, le problème que la réglementation pose aux agents est probablement l'argument le moins défendable. Personne n'accepterait de perdre un proche dans un accident avec un véhicule de police ne respectant pas le code de la route, roulant sirènes éteintes alors que son conducteur n'est engagé dans aucune mission particulièrement urgente. Ces cas sont moins rares qu'on ne pourrait le croire. Une voiture de police genevoise a récemment fait une embardée à 160 km/h sur un axe à limité à 60, sans qu'on sache vraiment si l'urgence justifiait cette allure.

Les policiers doivent non seulement respecter la loi mais donner l'exemple. Il y aura probablement des esprits chagrins pour se plaindre que pareilles obligations seraient de nature à rendre moins attirante la carrière de policier, sans réaliser l'absurdité de cette remarque. Qui voudrait d'un policier dont la motivation vient des passe-droits que permet le poste?

31 juillet 2013

Tout-va-très-bien à Renens

Il y a un an, lassé par le décalage continuel entre la situation réelle de Renens et sa présentation par une presse amie sinon complice, j'écrivais un petit billet ironique intitulé Tout-va-bien à Renens. Rien de compliqué: il suffisait de récolter quelques dépêches ayant trait à l'actualité locale - la partie que la Municipalité aimerait cacher - et de saupoudrer de quelques statistiques officielles de la police pour brosser un portrait moins flatteur, mais ô combien réaliste, de la commune.

Un an plus tard, où en sommes-nous?

Eh bien, la commune de Renens continue d'honorer brillamment son titre de chef-lieu du district de l'Ouest Lausannois... Sur le plan de la criminalité.

Bien sûr, des drames touchent régulièrement Renens. Un jour, c'est un père qui percute son fils dans le toboggan de la piscine municipale (les lumières autorisant le départ étaient "déréglées", mais ne vous en faites pas, la facture en dommages et intérêts de ce simple dysfonctionnement sera payée par le contribuable). Un autre, c'est le meurtre d'un bébé d'un an par son père congolais dans une dispute avec sa compagne portugaise autour du droit de garde, le tout saupoudré d'une intervention des forces spéciales. Ce sont des choses qui arrivent dans-n'importe-quelle-ville, n'est-ce pas? N'est-ce pas?

Mais ces nouvelles saillantes et spectaculaires - rendons grâce au talent de nos amis journalistes pour informer régulièrement le lecteur avec des variantes quotidiennes sur le thème du fait divers - cachent mal la criminalité de base, celle qui imprègne la vie des Renanais. De fait, des événements tout aussi dramatiques mais moins originaux ne donnent lieu qu'à un entrefilet dans la presse. Triste époque où même le quart d'heure de gloire est âprement disputé!

On rapportera par exemple d'une façon bien lapidaire la mort d'une mule avec sa boulette de cocaïne, un plutôt l'une des 24 avalée. La situation pleine d'exotisme de ce ressortissant de Guinée-Bissau de 29 ans en possession d'une carte de résident espagnol aurait pourtant mérité une petite enquête. De même que les habitudes culinaires de ces gens qui, tout d'un coup, décident de leur propre initiative de s'enfiler deux douzaines de boulettes de poison surgies de nulle part...

Officiellement il n'y a pas de marché de la drogue à Renens, bien entendu, même si on y arrête quelquefois un bout de réseau. Un Albanais de 27 ans en séjour illégal en Suisse payait une chambre avec de la drogue. La crise du logement oblige à faire des choses pas croyables, Monsieur le Juge.

On a aussi droit à du tristement banal, comme l'attaque à main armée d'un kiosque en ville par deux individus "d'origine africaine", selon une victime suffisamment choquée pour en perdre temporairement ses notions de vivrensemble ; ou l'incivilité fatale d'un adolescent fauché par un train en traversant des voies de chemin de fer un samedi soir. Ne pas respecter les règles, parfois, tue.

vandalisme_gare.jpg
Vandalisme banal dans le banal couloir sous-gare (sans caméras de surveillance, bien entendu)

La jeunesse bouge à Renens. En meute. Et elle attaque des policiers - démonstrations de force parfois nécessaire pour que les pandores comprennent qui est le maître. Une fois, au mois de mars, le niveau de violence atteint et les mesures engagées - 3 patrouilles de la Police de l'Ouest lausannois, 5 de la Gendarmerie vaudoise, 2 de la Police ferroviaire, pour un total de 20 policiers et deux chiens - firent sauter la chape de plomb médiatique. Ce soir-là, on parla de Renens jusque sur le plateau du journal de la RTS. Renens rayonna!

Mais vous devinez bien qu'en tant qu'élu UDC au Conseil Communal je ne peux avoir qu'un point de vue exagérément négatif sur la situation idyllique d'une ville tout en sourires et en cordialité. Tenez, ça tombe bien, l'été est l'occasion de compulser des rapports de toute sorte, comme celui de la Police de l'Ouest lausannois et les statistiques qui vont avec (page 36 et suivantes). On y lit des chiffres intéressants, en voilà quelques-uns:

  • Entre 2011 et 2012 les interventions de la police locale ont baissé dans toutes les communes de plus de 1'000 habitants du district. Sauf à Renens.
  • Sur Renens, les vols de toutes sortes ayant généré une intervention de la police sont passés de 374 à 712 (+96% en un an).
  • Les bagarres et violences corporelles sont passées de 99 à 137 (+38%).
  • Les infractions à la loi sur les étrangers sont passées de 47 à 70 (+49%).

Le nombre d'interpellations et d'arrestations est quant à lui passé de 116 à 174 (+50%). Maigre consolation, au vu de la facilité avec laquelle la justice helvétique relâche des criminels.

Renens, officiellement autoproclamée "carrefour d'idées", est en réalité le carrefour de bien plus de choses. Les idées qui s'y croisent, quant à elles, ne se valent pas toutes. Ainsi, en guise de réponse à une criminalité galopante, la municipalité et le conseil communal (lourdement à gauche) ne laissent passer que les expérimentations les plus farfelues, pour peu qu'elles impliquent des animateurs de rue, de dispendieuses campagnes de propagande, et qu'elles soient outrageusement inefficaces.

Pour lutter contre la criminalité, Renens a par exemple décidé de... L'observer. Un Observatoire de la sécurité, quelle brillante idée! Au vu des mesures prises, les malfrats tremblent déjà. A moins que, outre les jetons de présence, cette structure bureaucratique ne soit réellement un observatoire? Vous savez, un de ces immenses télescopes permettant d'apercevoir des choses si lointaines... Ici, en l'occurrence, la sécurité!

On devine au vu de ces initiatives courageuses et efficaces que les criminels de Renens n'ont qu'à bien se tenir. Les habitants inquiets se réjouissent déjà de découvrir les statistiques de l'année prochaine.