03 avril 2019

Comment tuer deux fois un cétacé

Souhaitant sans doute surfer sur la vague écolo-revendicative de son jeune lectorat, le 20 Minutes de mercredi se fait l'écho d'une manipulation assez infâme sur la base de la mort d'un cachalot en Italie.

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Photo d'écran 20 Minutes

"Portante, elle avait 22 kg de plastique dans le ventre", s'émeut l'article. L'indignation est grande en Italie de cette triste scène découverte sur une plage de Porto Cervo, au nord de la Sardaigne. Elle est d'ailleurs de plus en plus fréquente, relate le journaliste, et on lui accorde raison - bien qu'il puisse aussi s'agir d'une sensibilité plus grande des médias face à ce genre d'information.

Sur cette base factuelle, l'article prend vite une tournure politique en reprenant les propos du Ministre italien Sergio Casta (sic, il s'agit en fait de Sergio Costa mais on ne va pas chipoter). En bon politicien le Ministre de l'environnement, proche du mouvement 5 étoiles, profite de la mort du cétacé pour relancer des politiques pour limiter l'usage massif des plastiques.

Usant de la même stratégie pour en rajouter une louche, le journaliste rappelle que l'Union Européenne, la séduisante organisation supranationale, agit pour sauver la planète:

Cotons-tiges, pailles, touillettes à café: le Parlement européen a entériné mercredi dernier à une large majorité la fin dans l'Union européenne, à partir de 2021, de ces produits en plastique à usage unique qui polluent les océans.


Bien entendu, les commentaires abondent dans le sens de l'article - "Qui après ça osera encore prétendre que la protection de l'environnement n'est pas une priorité absolue?", déplore le plus populaire d'entre eux. Mais ceci n'est qu'une manipulation de plus, comme nous allons voir.

La mise en contexte qui n'aura pas lieu

La construction de l'article est assez classique de ce qui tient actuellement lieu de journalisme: un titre choquant (on ne sait même pas alors qu'il s'agit d'un animal!) conçu pour "chasser les clics", une photo spectaculaire, un tiers de l'article factuel et deux tiers de mise en contexte difficile à distinguer de la pure propagande.

La femelle cachalot échouée avait-elle vraiment vingt-deux kilos de cotons-tiges, pailles, touillettes à café, ces produits en plastique à usage unique qui polluent les océans? Une masse de vingt-deux kilos de ce genre d'objet semble invraisemblable quand on voit la quantité d'autres déchets en plastique flottant dans les mers - des bouteilles, des sacs et autres morceaux de bâche. Mais aller dans cette direction ne permet pas d'aller dans la bonne direction.

Pourtant, si le but est bien de sauver les cachalots et la vie marine, il faut se donner la peine, même si le chemin n'est pas agréable. La vérité déplaisante a été révélée il y a peu: 95% du plastique des océans provient des pays du tiers-monde ou des pays émergents. 19 kilos sur 20.

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La (non) gestion des déchets plastiques le long du fleuve Niger

Il serait facile de défausser l'information comme un nouveau délire complotiste de tel ou tel groupuscule mais c'est le résultat d'une étude scientifique sérieuse dont les vrais médias, ceux qui informent, ont rendu compte.

N'espérez pas voir ce genre de nouvelle circuler sur la RTS ou dans la presse romande, jamais.

Des scientifiques ont simplement analysé sur 79 sites les débris plastiques charriés par 57 cours d'eau, y compris les microplastiques de moins de 5 mm. Leur conclusion est sans appel: 95% de la pollution plastique qui se déverse dans les océans à travers les fleuves vient de seulement dix d'entre eux: deux en Afrique (le Nil et le Niger) et huit en Asie (le Gange, l'Indus, le Mékong, le Fleuve Jaune, le Fleuve Bleu, la Rivière des Perles, l'Amour et le Hai He).

Bien avant l'étude scientifique qui le prouve, cet état de fait aurait pu être confirmé visuellement par quiconque a voyagé dans ces pays, comme moi. Le concept même de préservation de l'environnement à grande échelle est une invention occidentale, une singularité dont le reste du monde ne se préoccupe guère. Et je ne suis pas loin de penser que cette approche "culturelle" de la non-gestion des déchets perdure lorsque ces gens émigrent, et pourrait expliquer une bonne partie de la pollution plastique qu'on retrouve dans la nature au sein des pays occidentaux. Je ne dis pas que les Occidentaux sont parfaitement propres, loin s'en faut, mais il faut bien reconnaître que l'idée de ne pas balancer ses ordures n'importe où n'a pas fait son chemin dans tous les pays de la même façon.

Mais voilà, admettre cela, c'est admettre beaucoup de choses, un véritable bouleversement intellectuel qui ravagerait l'esprit engagé de beaucoup d'écologistes, surtout les plus jeunes. Mieux vaut donc leur cacher la vérité.

Sauver les baleines ou sauver les apparences pour des gains électoraux?

Plusieurs lecteurs (dont votre serviteur) firent remarquer que les pays du Tiers-Monde sont responsables de l'écrasante majorité de la pollution plastique des océans, mais les modérateurs de 20 Minutes ont un moyen simple de neutraliser les commentaires contradictoires: ils en retardent la publication de quelques heures afin que les commentaires les plus "convenablement indignés" disposent d'un avantage de vote conséquent, et l'affaire est dans le sac.

Si l'Italie, l'UE ou même tous les pays occidentaux avaient banni les cotons-tiges, pailles et touillettes à café, et même tout le plastique possible et imaginable, la femelle cachalot de Porto Cervo aurait eu 5% de plastique en moins dans l'estomac, soit encore 20,5 kilos, et serait morte quand même.

Les écologistes européens le savent et se gardent bien de le dire. Ils comptent culpabiliser le grand public pour se faire élire. Ils votent ensuite de nouvelles taxes et des lois permettant d'offrir des prébendes à des lobbys de certification écologique. Ils s'évertuent en paroles à rendre plus propre encore des pays où il n'y a aucun problème sérieux de pollution, tandis que le reste du monde vire peu à peu au cloaque et que les océans s'empoisonnent de plastique, une réalité bien plus concrète que le prétendu réchauffement climatique.

La femelle cachalot échouée en Italie est morte deux fois ; la première du plastique ingéré, la seconde des mensonges bâtis sur son triste destin pour de lamentables objectifs politiques.

Tant que nous refusons d'ouvrir les yeux sur l'origine de la pollution plastique des océans, il n'y a aucune chance d'arranger la situation. Aucune.

23 janvier 2019

Davos, en une dépêche

Lorsque les élites économiques croisent les élites politiques à Davos dans un merveilleux ballet de cartes de visite, chacun n'a officiellement que l'intérêt général et la bonne marche du monde à la bouche.

Il aura pourtant suffi d'une seule dépêche d'un pigiste de l'AFP - qu'on imagine vertement réprimandé pour ce crime de lèse-maître du monde - pour dévoiler l'hypocrisie, et à travers elle le manque total de crédibilité de ces "élites".

L'information initialement intitulée "À Davos, l'élite se préoccupe du climat mais vole en jet privé" a été reprise sur Tv5 Monde, Sciences et Avenir, La Libre en Belgique, sur le Huffpost Maghreb, sur Courrier International, et des dizaines d'autres publications. Nombre d'entre elles choisirent de changer le titre de l'article à posteriori, pour l'atténuer - la manœuvre est visible dans les résultats des moteurs de recherche. Mais cette petite sélection de sources est importante pour que mes lecteurs comprennent bien de quelle façon la Suisse "rayonne" à l'international grâce au World Economic Forum de Davos...

L'information trouva évidemment son chemin sur la RTS, dans une version très édulcorée. Les nombreux liens précédemment cités permettent de retrouver l'intégralité de l'article de l'AFP, mais citons-en quelques morceaux:

Le nombre de vols de jets privés attendus cette semaine dans les aéroports avoisinant Davos atteint 1500 contre 1300 un an plus tôt, selon la société d'affrètement Air Charter Service (ACS).

Une fois arrivés dans des aéroports tels que Zurich, à deux heures de train de Davos, les passagers de ces vols privés poursuivent souvent leur voyage en hélicoptère, pour gagner du temps.

Un paradoxe alors que le changement climatique a été placé au premier rang des risques pour l'économie mondiale par les participants au Forum, dans un sondage dévoilé la semaine dernière par les organisateurs.


Un "paradoxe", nous disent les journalistes. Quel terme élégant pour expliquer au vulgum pecus qu'on se fiche de lui ouvertement! Pour ceux qui en doutent, il faut supporter un second extrait:

[Les organisateurs du WEF] redoublent d'efforts pour "verdir" l'événement: des limousines électriques transportent une partie des personnalités officielles et la marche dans les rues enneigées, avec crampons, est "fortement recommandée" pour les autres. Les pailles en plastiques sont bannies, les assiettes sont en carton recyclable et les bouteilles de soda en verre.


Voilà, on voyage en jets privés et en hélicoptères et on termine en limousine électrique avant de se détendre devant un bon repas où le cocktail est servi sans paille. Bref, rien n'a changé depuis Noël Mamère et son vélo. "Mais on compense!" clame le comité organisateur du WEF en restant dans le flou. Ces gens prennent toujours le grand public pour un gros tas d'abrutis à qui on peut faire gober tout ce qu'on lui raconte.

Petit calcul à l'intention des apôtres de la lutte contre le CO2: de combien de pailles en plastique faut-il se priver pour compenser la combustion d'un seul litre de kérosène?

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"Ce sommet a eu un bel impact sur le Changement climatique..."

Au vu de leur apathie intellectuelle, il faudra sans doute encore beaucoup de sommets du même genre avant que nos jeunes et joyeux gymnasiens helvétiques comprennent qu'ils sont les dindons de la farce climatique, s'ils le comprennent jamais.

02 octobre 2015

Les délires de l'Ofrou

Face au logiciel antipollution truqué de Volkswagen l'Office Fédéral des Routes (Ofrou) ne sait comment réagir. Un reportage de la RTS du 29 septembre résume fort bien ces atermoiements:

Le particulier propriétaire d'une voiture au moteur trafiqué par Volkswagen peut-il continuer à rouler avec en Suisse? Peut-il la revendre sur le marché de l'occasion? Le flottement s'installe ; les communiqués contradictoires se succèdent.

  • Vendredi 25 septembre, 19h00: "L'Office Fédéral des Routes prépare des mesures pour retirer l'autorisation [de circulation] des véhicules concernés, à titre de précaution (...) Cette mesure ne concerne pas les véhicules déjà en circulation."
  • Samedi 26 septembre, 14h41: "L'Office Fédéral des Routes supprime provisoirement l'autorisation [de circulation] des véhicules des marques Audi, Seat, Skoda, et Volkswagen des années 2009 à 2014, version Euro 5. (...) Les véhicules neufs comme d'occasion sont concernés."
  • Lundi 28 septembre, 19h38: "Les véhicules suisses d'occasion et tous les véhicules déjà immatriculés en Suisse (...) peuvent continuer de circuler ou être mis en vente sur le marché de l'occasion."

Guido Bielmann, porte-parole de l'Office Fédéral des Routes et visiblement mal à l'aise à l'antenne, tente une explication qui fleure bon la langue de bois:

Il y avait de la pression de partout alors l'Office Fédéral des Routes [a] pris la décision et maintenant on est sur le bon chemin. (...) C'était une évolution de la solution du problème alors maintenant on est dans un état correct...

 
Pour le grand public, ces hésitations bureaucratiques sont sans doute distrayantes, mais pour les propriétaires des véhicules concernés, elles ont été dramatiques. Quel week-end ont-ils du passer avec une voiture dont la valeur marchande a soudainement été réduite à zéro par décision administrative! De samedi à lundi, ils ne pouvaient plus ni rouler avec votre véhicule ni le revendre. Il ne leur restait plus guère qu'à louer une dépanneuse pour l'emmener à la casse...

Même aujourd'hui, les dégâts financiers restent très concrets. Le moindre acheteur sera méfiant et on le serait à moins. Acquérir un véhicule d'occasion Volkswagen Euro 5 représente un risque réel - non vis-à-vis de son éventuel niveau de pollution, mais à cause de décisions arbitraires que l'Ofrou peut sortir de sa poche du jour au lendemain.

Quelle mouche a piqué le département fédéral? L'explication d'une "pression venue de partout" ne tient pas une seconde. Aucun pays au monde n'est allé aussi loin que réclamer l'interdiction de circuler des véhicules incriminés. Sur ce dossier, la Suisse s'est au contraire fait remarquer dans plusieurs médias internationaux par l'extrémisme de son administration.

De même, sans minimiser les manipulations malhonnêtes de Volkswagen, la pollution engendrée par les véhicules trafiqués n'a rien d'abominable. Le trucage des tests antipollution a duré des années sans que personne ne se rende compte de quoi que ce soit. Lorsqu'un particulier suisse porte plainte hier contre la marque et que ses avocats lui suggèrent d'invoquer carrément l'homicide au nom de la "santé publique", le sommet de l'hystérie est définitivement atteint. On attendra avec impatience la démonstration expliquant de façon irréfutable que la pollution excessive sortie du pot d'échappement d'une Volkswagen aura tué quelqu'un...

Les réactions excessives sont monnaie courante, mais on attend une meilleure tenue des administrations publiques. Si l'Ofrou s'est fait remarquer de si piètre manière, c'est selon moi parce qu'il est bourré de fonctionnaires politiquement engagés. Travaillant habituellement contre la mobilité individuelle - pensons à son enthousiasme face à Via Sicura, un délire législatif où un délit de chauffard est plus grave qu’un homicide par négligence - ces gens-là ont vu l'opportunité de porter un coup terrible à des milliers de propriétaires de véhicule sous couvert de la meilleure excuse du moment, la lutte contre la pollution.

Depuis le sommet de leur tour d'ivoire, ils ont donc décrété que tous les véhicules Audi, Seat, Skoda, et Volkswagen des années 2009 à 2014 version Euro 5 devaient rester au garage, même si ces modèles roulaient normalement la veille, même si pas un seul de ces bureaucrates ne saurait distinguer un diesel trafiqué d'un diesel normal, même si les malheureux propriétaires de ces voitures ne sont pour rien dans ce qui leur arrive.

Et puis, avec le week-end, quelque chef haut placé a réfléchi un peu (peut-être Mme Leuthard?) et s'est rappelé que ces véhicules étaient nombreux en Suisse - 126'000 en tout. Donc autant de propriétaires. Autant de familles. Autant d'électeurs, en fait.

Et que nous étions à moins de trois semaines des élections fédérales.

Alors, le rétropédalage a eu lieu, accouchant d'une nouvelle directive tardive le lundi soir.

Je ne peux prouver cette hypothèse, bien sûr, mais elle me paraît plus plausible que toute autre explication entendue jusqu'à aujourd'hui. Beaucoup de conducteurs ont eu chaud: si le scandale avait éclaté à un autre moment, il n'est pas certain qu'ils auraient bénéficié de cet étonnant revirement des fonctionnaires de l'Ofrou. Nul ne sait non plus ce qu'ils choisiront de faire, finalement, une fois les échéances électorales derrière nous.

09 mars 2011

La fuite en avant

Un flux continu de nouvelles vont dans le même sens: toujours moins de liberté, toujours plus d'interdictions, de limites, de restrictions, le tout habillé d'une guimauve sucrée et collante de bons sentiments. De quoi avoir franchement la nausée.

Grand écart. "J'aime la voiture, pourvu qu'elle soit verte", a dit la Présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey lors de sa visite en territoire ennemi, au Salon de l'Automobile de Genève. Elle a annoncé la couleur - et ainsi officialisé le divorce entre la population et la classe politique, résumée dans le titre d'un article de 24Heures, les Suisses se ruent sur les 4x4, les élus les pénalisent, dont je conseille vivement la lecture.

Range-Rover-Evoque-Geneva-front.jpgEh oui, les 4x4 sont populaires. Et en plus ils peuvent être tout à fait propres! Les constructeurs ont fait de gros efforts. Comme l'écrit le journaliste:

Land Rover remporte la palme du 4x4 pollueur… et celle du plus écolo! Son modèle Range Rover Sport à essence rejette 348 grammes de CO2 (l’Union européenne ambitionne de ne plus dépasser les 130 g dès 2015), par contre sa Range Rover Evoque, un diesel, se situe parmi les meilleurs élèves: elle rejette moins de 130 g. Enfin, le prototype Range e, un hybride diesel rechargeable, émettrait moins de 90 g.

 

On s'éloigne à grand pas de l'initiative anti-4x4 des écologistes, visant à interdire les véhicules qui émettent plus de 250 grammes de CO2 par kilomètre. Il suffirait en définitive d'attendre (et de laisser le peuple rejeter l'initiative) pour que, sans rien faire, la pollution diminue nettement. Mais c'est tout le contraire qui arrive! Les élus suisses suivent tellement la ligne écologiste que ceux-ci n'ont plus guère de raisons de maintenir leur projet:

Le parlement a privilégié l’instauration d’une moyenne d’émission de 130 g par importateur. Si cette valeur limite est dépassée, une amende est prévue. En clair, les voitures polluantes pourraient toujours rouler en Suisse. Mais leur prix d’achat ne manquera pas d’augmenter de manière sensible, puisqu’il y a fort à parier que les importateurs répercuteront les amendes sur le prix des 4x4.

 

Faut-il être naïf pour croire que c'est l'importateur, et non le consommateur, qui payera la moindre amende! Même le journaliste a compris l'arnaque. Voilà où nous arrivons au bout du compte: le consommateur aura le choix entre une voiture haut de gamme hybride ou autre, peu polluante et très chère, ou une voiture classique mais surtaxée par des amendes, donc chère elle aussi. Résultat: voiture plus chère pour tout le monde. Donc, un renouvellement plus lent du parc automobile. Donc, des Suisses conservant plus longtemps leur vieilles guimbardes. Donc plus de véhicules anciens sur les routes. Donc plus de pollution.

Encore une belle victoire de l'étatisme!

En attendant la zone 30 sur autoroute? Pauvres Espagnols! Ecrasés par un gouvernement socialiste jamais à court d'arguments fallacieux, les automobilistes de la péninsule ibérique subiront désormais une limite à 110 km/h sur autoroute, une information également reprise au journal de la TSR. Mais le scandale vient surtout de la tentative de justification: la mesure serait décidée par le gouvernement pour limiter la consommation de carburant face à l'envolée des prix du pétrole, découlant de la crise en Libye!

Aberrant!

Les gens payent de leur poche chaque goutte d'essence qu'ils consomment. L'offre et la demande suffisent à réguler la consommation. Si les Espagnols estiment que de rouler vite leur coûte trop cher, ils lèveront le pied d'eux-mêmes sans que personne n'ait à les forcer à quoi que ce soit.

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Les premières limitations de vitesse en France dans les années 70 ont été instaurées au prétexte du prix du pétrole. Dans les années 80, les chocs pétroliers étant passée, on les a maintenues au nom de la sécurité routière (et qu'importe que les accidents mortels aient lieu en ville!). Les années 90 ont vu l'arrivée de l'écologisme triomphant et les limitations de vitesse justifiées par la pollution. En 2011, en Espagne, on en revient au prix du pétrole: la boucle est bouclée. Qu'importe la raison pourvu qu'on ait la limitation de vitesse!

Du point de vue purement financier, c'est carrément contre-productif. Si l'économie était vraiment l'équivalent de 28,6 millions de barils de pétrole par an, comme le prétend le ministère de l'Industrie, il faudrait aussi mettre en rapport la baisse des rentrées fiscale conséquente à une moindre consommation d'essence, car c'est aussi ça de moins en taxes sur l'essence, ce qui me fait douter de la sincérité du discours... D'autant plus qu'on sait incidemment que 117 radars gérés par l'Etat espagnol ont été "actualisés" avec la nouvelle limite de vitesse.

Quelque chose me dit que c'est par ce biais que le gouvernement de M. Zapatero va vraiment profiter de rentrées d'argent frais!

Pour un climat étouffant. Cette fois-ci, encore en "réponse" à une initiative des écologistes qui boivent décidément du petit lait, la Chambre Haute du Parlement helvétique a choisi de s'attaquer aux émissions de CO2. Objectifs "ambitieux": une réduction de 20% les émissions de CO2 d'ici à 2020 par rapport à 1990. L'initiative prévoyait 30%, on voit la grande résistance de nos autorités face à ce projet funeste! Evidemment, avec de telles complicités le peuple pourrait ne même pas avoir son mot à dire.

Alors, pour atteindre ce chiffre, je vous le donne en mille, on va taxer à mort. Original, non? 28 centimes de taxes de plus par litre d'essence. 36 francs par tonne de CO2 pour le mazout de chauffage, que le gouvernement pourra augmenter jusqu'à 120 francs si les objectifs intermédiaires ne sont pas atteints (on parie qu'ils ne le seront pas?)

C'est du pur délire.

Au vote d'ensemble, la révision de la loi a passé la rampe par 28 voix pour, 6 voix contre et 5 abstentions.

Voilà la triste situation au Conseil des Etats - et ce n'est guère mieux au National. 71% des Sénateurs prêts à démolir la prospérité suisse en sacrifice aux dieux absurdes d'un réchauffement climatique inventé. Peu importe que le protocole de Kyoto soit mort et enterré, que le CO2 ne soit ni un polluant ni un gaz avec un quelconque effet mesurable sur un prétendu réchauffement, ni qu'il soit totalement absurde de chercher à réduire une éventuelle pollution en Suisse, alors que le pays est déjà un modèle étouffant de protection de l'environnement. Non, le Conseil des Etats veut réduire de 20% les émissions de CO2 d'ici à 2020 par rapport à 1990, et ce uniquement en Suisse voyez-vous: là où c'est le plus difficile, le plus inefficace et le plus cher.

Il faut boire le calice jusqu'à la lie, livrer jusqu'au dernier homme un combat d'arrière-garde contre des chimères.

La Suisse se distingue une fois de plus par son empressement à avancer le long de la Route de la Servitude. C'est comme si les politiciens, sentant vaguement l'heure de leur non-réélection arriver, s'empressaient de commettre le plus de dégâts possible à la société avant que les électeurs ne se rappellent à leur bon souvenir. Vivement qu'ils s'en aillent! J'en viens à envier la Belgique, à l'abri de telles décisions grâce à la crise qui paralysie sa classe politique alors que sa croissance est au beau fixe. S'il fallait une démonstration que la société civile se porte très bien sans politiciens, la voilà!

La Suisse n'a nullement besoin d'une catastrophe naturelle pour se ruiner: l'oreille bienveillante des parlementaires aux thèses millénaristes des écologistes suffit largement.