19 avril 2012

22 avril 2012, un choix cornélien

Face à l'échéance électorale de dimanche, le citoyen français est face à un choix délicat. D'habitude, on exprime les dilemmes sous forme d'alternatives, comme Charybde et Scylla, mais ici, l'électeur affronte pas moins de dix petits monstres à la fois, tous plus agressifs, pathétiques et incompétents les uns que les autres. Pas facile de se décider, en effet.

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Avec une telle brochette de champions, le grand vainqueur de ce premier tour est déjà connu: l'abstention. La tentation sera grande pour les Français de consacrer leur dimanche à une occupation plus essentielle que l'élection du prochain président - comme passer un peu de temps avec leur famille, par exemple.

L'élection est d'autant moins importante que même si les programmes se suivent et se ressemblent d'une échéance à l'autre, il n'y en aura en réalité qu'un seul applicable au lendemain du second tour: la rigueur, matin, midi et soir. Alors, à quoi bon voter pour les promesses de Jacques, de Nathalie ou de Philippe en sachant que le résultat sera le même? La situation de la France ne fait plus guère illusion et en fin de compte, que ce soit en hausse des prélèvements ou en baisse des prestations, tout l'inventaire va y passer.

Mais enfin, pour les irréductibles inexplicablement accrochés à leur "devoir civique", il faut bien se décider à choisir quelqu'un. Pour ceux-là, voici ma modeste analyse.

Mélenchon, Bayrou et les autres candidats rigolos

Le premier tour d'une élection présidentielle est une kermesse où se côtoient, sur un pied d'égalité, tous ceux qui ont réussi à obtenir les fameuses 500 signatures de maires. La tentation est grande de voter pour le plaisir. Cela donne aux "grands" une indication de la façon dont l'électorat se comporte. Les "petits", eux, peuvent monnayer leur soutien au second tour en échange d'un renvoi d'ascenseur, comme un maroquin de ministre.

Gageons qu'entre Nathalie Arthaud (trotskyste), Nicolas Dupont-Aignan (souverainiste), Philippe Poutou (trotskyste), Eva Joly (trotskyste écologiste) et Jacques Cheminade (gaulliste), rares seront ceux à franchir la barre fatidique des 5%.

Seuls Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou sortent du lot. Le premier a su habilement créer le buzz pour se présenter en leader de l'extrême-gauche, aussi étonnante soit cette hypothèse pour un politicien du sérail, sénateur pendant vingt ans, tardivement reconverti au militantisme forcené. Mais à part éructer contre le système, il n'y a pas grand-chose à attendre de sa candidature. Son score risque d'être décevant, malgré les sondages: dans le secret de l'isoloir, les sympathisants gauchistes savent bien qu'un candidat de leur bord se doit d'arriver au second tour, et que François Hollande a infiniment plus de chances de parvenir au poste suprême. Tout révolutionnaires qu'ils soient, les supporters de Jean-Luc Mélenchon ne supporteraient pas d'endosser le rôle de ceux qui ont offert à Nicolas Sarkozy sa réélection sur un plateau.

Ce n'est pas la même chose pour François Bayrou, dont la position modérée le verrait vainqueur au second tour dans n'importe quelle configuration. Problème, aucune chance qu'il ne parvienne jusque-là. Sa longue traversée du désert ne l'a pas laissé indemne. Il n'a pas d'élus, guère de moyens, son parti est faible et divisé. L'espace politique qu'il occupait a été promptement broyé par Nicolas Sarkozy dès le début de son mandat, ce dernier orientant sa politique résolument à gauche afin qu'aucune place ne subsiste entre le PS et l'UMP.

La tentation de la Marine

Entre Jean-Luc Mélanchon et Marine Le Pen, qui incarnera le mieux le coup de pied dans la fourmilière? Le dégoûté de gauche penchera pour le premier, le dégoûté de droite pour la seconde. Mais, outre le fait qu'il y a à droite bien plus de gens écoeurés par Nicolas Sarkozy que d'électeurs de gauche remontés contre François Hollande, l'héritière de la famille Le Pen bénéficie du précédent historique du 21 avril 2002, où, à la surprise générale, son père se retrouva au second tour contre Jacques Chirac.

Autrement dit: l'effet de surprise est éventé depuis dix ans.

Depuis 2002, la gauche se fait un devoir d'assurer le service minimum en arrivant au second tour, quitte à y échouer lamentablement. D'ailleurs, cinq ans après l'incident, Jean-Marie Le Pen obtint à peine plus de 10% des suffrages. L'histoire ne repasse pas les plats.

Marine Le Pen table sur une honorable troisième place. Si par accident elle devait éliminer un favori, l'exemple historique nous suggère que rien ne changera: la candidate du Front National sera ostracisée et le rescapé plébiscité. Il n'y aurait pas de débat télévisé. Le Front National ne deviendra pas un parti fréquentable. Tout ce que la place compte de chroniqueurs et d'éditorialiste s'empressera d'effacer ce pénible épisode de sa mémoire.

En fait, comme en 2002, une réussite du candidat du Front National privera simplement le peuple français d'un véritable second tour.

Bienvenue en Sarkhollande

Selon toute vraisemblance l'élection présidentielle de 2012 se jouera comme d'habitude dans un ennuyeux duel entre l'UMP et le PS, Nicolas Sarkozy contre François Hollande. Vue de Suisse, la différence entre les candidats est ténue. Pourtant, et malgré tout les griefs que je peux éprouver envers l'un et l'autre, il me semble préférable d'opter pour François Hollande.

Ne croyez pas un instant que je pense qu'il fera un bon président ou que son programme a le moindre sens. Mon point de vue est strictement pragmatique. Je pense que François Hollande doit remporter ces élections pour deux raisons.

La première, et pardonnez-moi ce truisme, est qu'une victoire de François Hollande implique une défaite de Nicolas Sarkozy. Or, il est essentiel que Nicolas Sarkozy perde. Elu en 2007 sur un programme de droite, vaguement responsabilisant et poussant timidement la France dans la direction des réformes, il n'a cessé de décevoir son électorat, de pencher toujours plus à gauche et de finalement trahir l'immense espoir sur lequel il a été élu. Il a fâché jusque dans sa propre majorité. Les Français avaient choisi un réformateur, ils se sont retrouvés avec l'héritier frénétique de Jacques Chirac.

Nicolas Sarkozy a passé son temps à créer de nouveaux impôts et taxes, à nommer ses prétendus adversaires politiques à des postes à responsabilité (on pense non seulement à ses ministres socialistes, mais aussi à Dominique Strauss-Kahn à la présidence du FMI), à renoncer à réformer en profondeur la fonction publique, la sécurité sociale, les retraites, le droit du travail. Sous sa direction, la France a perdu des rangs de compétitivité, son triple-A, et s'est vu gratifiée d'un million de chômeurs supplémentaire.

Ce président demandait en début de mandat à être jugé sur ses résultats: ils sont sous nos yeux. Nicolas Sarkozy ne doit pas être réélu. S'il est reconduit à la présidence, alors les citoyens français auront perdu les derniers vestiges de crédibilité dont ils disposaient encore auprès de leur classe politique. Il n'est pas certain que l'échec du président sortant amène à une remise en question salutaire, mais s'il accède à un second mandat, on peut être sûr que celle-ci n'aura pas lieu.

La seconde raison de choisir François Hollande, c'est que l'expérience empirique montre que lorsque la rigueur survient, un président et un gouvernement de gauche sont plus à même de faire passer la pilule des réformes auprès de leurs administrés.

La France va changer dans les cinq ans qui viennent, et dans une direction toute autre que celle chantée par les candidats. Si les changements sont prônés par un gouvernement de droite, les blocages seront terribles: à la résistance acharnée contre la remise en cause des "droits acquis" s'ajoutera la lutte contre l'adversaire politique. La minorité de gauche ne sera que trop contente de miner l'effort entrepris en versant dans la surenchère irresponsable: cette rigueur n'est pas nécessaire, le président est à la solde de la finance apatride, etc.

Si les changements sont prônés par un gouvernement de gauche, en revanche, les centrales syndicales seront en porte-à-faux ; le soutien de la minorité de droite n'est pas impensable ; les forces de gauche seront en ordre d'autant plus dispersé que la plupart des formations politiques de ce bord se seront empressées de participer au nouveau gouvernement. Des réformes prises au nom du réalisme et de l'urgence pourraient passer, malgré des protestations symboliques. Après tout, si même des socialistes proposent une réduction du poids de la fonction publique, c'est qu'il n'y a vraiment plus d'autre choix.

Voilà pourquoi - toutes choses étant relatives - l'élection probable de François Hollande est la moins pire des solutions, même s'il est choisi par les citoyens français pour tout un tas de mauvaises raisons!

Moi? Je ne voterai pas, Frédéric Bastiat n'ayant pas réussi à obtenir ses 500 signatures.

12 avril 2012

Présidentielles françaises: Retour vers le Futur

Les publicités inondent les boîtes aux lettres, mais toutes ne sont pas sans valeur. Ainsi, en tant que Français de l'Etranger, j'ai reçu il y a quelques années - cinq ans exactement - une petite liasse de documents promotionnels tous plus farfelus les uns que les autres, concernant les élections présidentielles françaises.

J'aurais pu envoyer le tout directement à la corbeille, mais j'ai eu une meilleure idée: mettre soigneusement ce courrier de l'ambassade de côté pour le ressortir un peu plus tard, histoire de voir, avec le recul, ce que valaient les promesses de nos candidats. A quelques jours du premier tour de la présidentielle, le moment semble tout à fait approprié pour se remémorer ces documents, scannés au format PDF.

Accordons-nous donc un petit voyage dans le temps, à l'aube d'un 22 avril plus ancien...

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18 avril 2011

Obama et les "Birthers": fin de partie

La nouvelle n'a pas fait les gros titre, mais elle pourrait bien mettre un terme à une polémique qui n'a que trop duré: l'Etat de l'Arizona vient de promulguer une loi forçant un candidat à prouver son éligibilité pour se présenter à l'élection présidentielle.

Si le gouverneur de l'Etat ne fait pas obstacle à la loi dans les prochains jours, et rien ne prouve qu'il le fera, alors elle entrera en vigueur et fermera sans doute définitivement les questions autour de l'éligibilité du Président Obama.

Selon l'Article 2, Section 1 de la Constitution des Etats-Unis, seul citoyen de naissance, selon la définition en vigueur à l'époque de la rédaction de la constitution, est éligible au poste de Président. Un individu naturalisé ne serait pas éligible.

Barack Obama est fils d'un Kenyan et d'une Américaine. Sa mère avait 17 ans au moment de l'accouchement; du fait de son jeune âge et de la juridiction de 1961, elle n'a pas transmis automatiquement sa citoyenneté à son fils. En fait, seule une naissance d'Obama sur le sol américain le rendrait éligible pour la fonction qu'il occupe actuellement. (Et encore, puisqu'Obama est Kenyan par son père, il est aussi citoyen de la Couronne Britannique, le Kenya étant alors une colonie; c'est-à-dire qu'il pourrait être bi-national, ce qui est incompatible avec la définition de la constitution! On le voit, le problème a bien des facettes. Mais limitons-nous pour l'instant aux interrogations sur son lieu de naissance, puisque c'est l'argument le plus "parlant", et fermons cette parenthèse.)

La question de l'éligibilité du président est lancinante et pèse depuis des mois sur la légitimité d'Obama à son poste.

Les diverses tentatives de faire passer les Birthers - ceux qui pensent que Barack Obama n'est pas éligible à son poste à cause de sa situation de naissance - pour des illuminés a fait long feu. Internet a suppléé au silence de connivence des médias traditionnel sur la question, et a poussé à la victoire électorale des candidats prêts à faire la lumière sur cette affaire. Nous en voyons aujourd'hui le résultat.

2008-06-12_obama_birth_certificate.jpgBarack Obama proclame qu'il est né à Hawaï, mais il n'a jamais montré pour prouver sa naissance là-bas que la "forme abrégée du certificat de naissance", un document montré ci-contre dont les autorités d'Hawaï elle-mêmes admettent qu'il n'est pas une preuve formelle de naissance sur le sol de cet Etat. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir.)

Le document, posté en 2008 sur le site de campagne d'Obama pour répondre à une campagne de "dénigrement et d'insultes" sur sa personne, n'a pas étouffé la polémique. Aujourd'hui, les autorités de l'Arizona admettent implicitement qu'un tel certificat est sans valeur puisqu'ils l'excluent de la liste des documents officiels prouvant la citoyenneté de naissance d'un candidat:

Ces documents [prouvant la citoyenneté de naissance] peuvent être soit la forme longue du certificat de naissance soit deux ou plus parmi les autres documents autorisés, incluant un certificat de baptême, un certificat de circoncision, un extrait du registre des naissances de l'hôpital, un enregistrement médical post partum signé par la personne qui a accouché l'enfant ou un rapport préliminaire du registre des habitants.

 

Selon l'auteur de la loi, le Républicain Carl Seel, le projet est solide parce qu'il demande les mêmes documents que ceux que doivent produire les candidats à l'armée pour prouver leur éventuelle citoyenneté américaine.

En lançant cette loi, l'Arizona est loin de faire cavalier seul: des législations similaires sont en cours d'élaboration dans le Montana, en Pennsylvanie, en Géorgie et au Texas.

De deux choses l'une: soit Obama est né à Hawaï comme il l'affirme, soit il ne l'est pas.

245px-Official_portrait_of_Barack_Obama.jpgDans le premier cas, il fournira aux autorités de l'Arizona les documents requis, mettant une bonne fois pour toute un terme aux interrogations des Birthers sur son éligibilité. Il restera aux historiens à comprendre pourquoi il a été aussi réticent à exposer ces documents aisément disponibles plus tôt et à laisser ainsi prospérer la rumeur, mais tout cela n'aura plus guère d'importance.

Dans le second, les choses deviennent plus intéressante, notamment parce que de l'aveu même du Gouverneur de l'Etat de Hawaï, personne n'arrive à trouver la version complète du certificat de naissance d'Obama. La controverse ira croissant, et des gens pourraient se mettre à réclamer des preuves de l'éligibilité d'Obama pour le mandat actuel. Et bien malin qui peut dire tout ce qui va se passer si en 2011 Obama n'est pas légalement le président des Etats-Unis!

Afin d'éviter un pénible refus de candidature en 2012 en Arizona, il est possible qu'Obama renonce à se présenter là-bas. Après tout, rien de l'y oblige, et il est peu probable que l'élection nationale se joue avec le décompte des votes de ce modeste état rural. Mais en termes d'opinion publique, il en sera autrement.

Au train où vont les choses, Obama aura du mal à garder les questions d'éligibilité sous le tapis avant les élections de 2012.

Jusqu'ici, Obama a dépensé des centaines de milliers de dollars en frais d'avocat, si ce n'est davantage, pour empêcher que certains pans de sa vie passée ne soient dévoilés au public. Bizarrement, ces secrets incluent les premières années de son existence. Pourtant, même l'adversaire politique d'Obama le plus acharné pourrait difficilement reprocher politiquement son lieu de naissance à un nouveau-né - sauf si, comme dans ce cas particulier, cela a un effet direct sur l'éligibilité de l'adulte.

D'une façon ou d'une autre, nous pouvons espérer être bientôt fixés.

Remarque complémentaire - ayant déjà vu des commentateurs partir en vrille sur ce sujet, je tiens à préciser quelques points:

  • Aimer ou détester Obama ne change strictement rien à la question de son éligibilité.
  • Qu'Obama soit métis, blanc, noir, jaune, républicain, démocrate, musulman, chrétien, hindouiste ou chausse du 47 ne change strictement rien à la question de son éligibilité.
  • Partant de là, les motivations pures ou impures qu'on prête aux Birthers et à ceux qui évoquent le sujet de ce côté de l'Atlantique, comme moi, ne changent strictement rien à la question de son éligibilité.
  • L'éligibilité d'un candidat est une question légale et constitutionnelle. Prétendre que la Constitution Américaine est "désuète" sur ce point est défendable, mais, ici encore, hors-sujet. Il existe des moyens légaux pour l'amender; en attendant, elle s'applique. Dura lex, sed lex.
  • Si Obama devait être déclaré inéligible aujourd'hui, le poste de président échoirait au vice-président, Joe Biden, démocrate lui aussi. Ce serait évidemment un séisme politique, mais aucun automatisme n'offrirait la présidence aux Républicains.
  • Les interrogations sur l'éligibilité d'Obama sont antérieures à son élection. Elles remontent aux primaires démocrates.
  • A ceux qui se demanderaient comment un scénario pareil est possible, rappelons que c'est aux partis politiques américains (Républicains et Démocrates) à qui il incombait jusqu'ici de vérifier, en interne, l'éligibilité de leurs candidats.
  • Obama n'est de loin pas le premier homme politique de l'histoire à avoir connu pareils soucis. En fait, son adversaire de 2008, John McCain, né à Panama, a dû lui-même prouver devant une commission républicaine qu'il était bien citoyen américain de naissance dans le sens constitutionnel du terme.

Merci de tenir compte de ces éléments dans vos éventuels commentaires :-)

23 octobre 2010

La Paille et la Poutre

Sarah Palin provoque la terreur.

Pour la gauche (pourtant avide de laïcité) elle représente l'antéchrist. L'an dernier, à l'aide d'une simple mention sur sa page facebook, elle a démoli la réforme de la santé prévue par Obama. Il ne s'en est toujours pas remis. Elle a apprivoisé le mouvement Tea Party. Elle soutient les candidats conservateurs contre les républicains aux valeurs indéfinissables. Pire, ses poulains l'emportent.

En réaction à cette terreur, un grand nombre de personnes idéologiquement engagées - dont, naturellement, quantité de journalistes des deux côtés de l'Atlantique - haïssent Sarah Palin du plus profond de leur être. Comme une tentative d'exorcisme, avec un art achevé du ridicule, ils traquent le moindre défaut, la moinde hésitation, si dérisoire soit-elle, pour pointer du doigt et ricaner, espérant que les rires forcés cacheront leurs tremblements de panique.

Rigolons un bon coup avec le dernier exemple en date, photo d'écran de la page d'accueil de Yahoo France hier:

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Pfff, quelle andouille.

Sarah Palin signe sa plus belle gaffe. Sarah Palin choque encore. Qu'a-t-elle commis? Un crime fédéral? Ou encore une autre "terrible" maladresse, comme d'avoir écrit quelques mots-clé dans sa main?

Hélas, pour ceux qui auraient espéré quelque chose de pertinent, notre Américaine honnie a commis une offense de seconde catégorie. Elle a signé un autographe sur un drapeau américain. A-t-elle outragé le drapeau américain, s'interroge, inquiet, Le Point? Parce "qu'on ne plaisante pas avec les étoiles et les rayures du drapeau des Etats-Unis", explique le journal. "Un code bien précis, le Flag Code, interdit notamment qu'on dessine ou qu'on écrive quoi que ce soit dessus."

Qui sait, peut-être que sa condamnation à la chaise électrique sera commuée en peine de prison à vie en appel.

C'est vrai, le drapeau c'est important, pour toutes les nations. On se doit de lui témoigner du respect, comme dans cette exposition photo qui rend bien honneur au drapeau français et qui a d'ailleurs été primée dans un concours de la Fnac:

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"Coup de coeur" du jury.

C'est beau, hein? Notez tout de même que là, l'autographe ayant été signé avec les fesses, l'équivalent français du Flag Code a été invoqué pour poursuivre le sujet. Euh, en fait, non. Et dans tous les cas, l'éminent panel décernant les prix n'a pas été inquiété...

Mais oublions les digressions sur ce qu'on peut faire ou ne pas faire avec un drapeau. C'est hors sujet, finalement. Ce qui compte, c'est que Sarah Palin soit une andouille. Une incapable.

Ecrire un autographe sur un drapeau américain, franchement! Et penser qu'il y aura des électeurs assez paumés pour voter pour elle!!

A propos de paumer, voilà qui me rappelle un autre titre - le même jour - sur un président américain, pas le deuxième nom d'un ticket perdant comme Palin. Remarquez, pas de quoi crier au scandale ni faire la première page de Yahoo, tout de même. Gardons le sens des proportions. Jugez plutôt:

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"Vous allez rire les gars..."

M. Cliton était un bon président. Un grand président. Si c'est la presse qui le dit, c'est que ça doit être vrai.

Signer un autographe sur un drapeau: indignation, mise au pilori.

Perdre les codes nucléaires: anecdote amusante.

C'est beau, l'actualité.