27 février 2017

La post-vérité suédoise fragilisée

Oubliez les tensions entre le Mexique et les États-Unis en matière d'immigration ; la véritable épreuve a lieu en Suède.

Les échanges virils entre les politiciens mexicains et Donald Trump font les choux gras de la presse, mais les relations entre les gouvernements de Stockholm et de Washington ne sont pas au beau fixe - et cela commence à se voir. Fiscalité, libre-échange, défense des frontières, réchauffement climatique, dans pratiquement chaque domaine les positions des deux pays sont diamétralement opposées. Le fait que Donald Trump pointe récemment les projecteurs sur la Suède en la désignant comme l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire en matière d'immigration n'arrange évidemment pas les choses.

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Au matin après une énième nuit d'émeutes en Suède
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L'existence même de Donald Trump est une menace pour le modèle de société prôné par le gouvernement suédois. Elle montre qu'un peuple, le peuple américain en l'occurrence, peut sortir des bornes du politiquement correct pour se choisir un autre avenir que celui concocté par ses élites. En Suède, pareille perspective terrifie les autorités. Elles travaillent depuis plus de trente ans à supprimer l'idée même de cette possibilité au sein de leur population.

Des peccadilles à l'énervement

Ressentant vivement le danger de l'élection de Donald Trump pour ses propres projets, et bien qu'un océan les sépare, le gouvernement suédois se posa naturellement en fer de lance des protestations internationales contre son Administration.

Le 23 janvier, Trump signa comme ses prédécesseurs républicains l'interdiction pour l'État fédéral de financer le remboursement des avortements pratiqués à l’étranger - une politique connue sous le nom des "accords de Mexico City." Les contempteurs de Trump se jetèrent sur la photo officielle de l'évènement, qui ne montrait que des hommes dans le bureau ovale.

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Là où des individus avec un minimum de recul auraient haussé les épaules, les politiciennes suédoises se sentirent obligées de faire leurs commentaires sur la politique intérieure américaine. Le 3 février, soit deux semaines plus tard, signant pour l'occasion une nouvelle législation contre le réchauffement climatique (aucun rapport donc) ces dames prirent la pose.

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On se demande bien quel était l'objectif politique recherché par cette action de communication guère amusante, d'autant plus que quelques jours plus tard, le 11 février, le même gouvernement suédois "féministe" se ridiculisa à Téhéran en défilant voilé pour plaire aux Mollahs. Même la très conformiste et anti-Trump RTS ne put s'empêcher de relayer l'information.

L'épisode suivant de la guérilla américano-suédoise vint d'une apparition publique de Donald Trump en Floride, où il lança:

"Regardez ce qui se passe en Allemagne, regardez ce qui s'est passé hier soir en Suède. La Suède, qui l'aurait cru? La Suède. Ils ont accueilli beaucoup de réfugiés, et maintenant ils ont des problèmes comme ils ne l'auraient jamais pensé."


Naturellement, les cohortes anti-Trump se jetèrent immédiatement sur les deux mots "hier soir" en prenant soin d'ignorer le reste. On vit donc fleurir le hashtag #lastnightinSweden essayant de tourner en dérision les paroles du président. Internautes et journalistes engagés purent ainsi s'en donner à cœur-joie pendant quelques heures, se couvrant de ridicule avant qu'un autre tweet de Donald Trump ne vienne mettre un terme à la tempête dans un verre d'eau: il parlait simplement d'un reportage diffusé sur Fox News la veille, évoquant les problèmes liés à l'immigration en Suède...

Caramba, encore raté!

Le Village Potemkine de l'immigration

Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'un gouvernement tente de donner une bonne image de son pays, quitte à embellir un peu la réalité pour y parvenir. La Suède va beaucoup plus loin, s'engouffrant résolument dans la post-vérité si chère à nos élites, au point de dresser un portrait du pays digne d'un Village Potemkine:

Mis en cause pour sa politique généreuse d'accueil des migrants (244.000 entre 2014 et 2015), le gouvernement suédois de gauche (sociaux-démocrates et écologistes) a finalement décidé de livrer sa vérité (sic).

"De façon générale, la violence a diminué en Suède ces 20 dernières années" même si la perception de la violence dans la population a, elle, augmenté, au gré de l'immigration, admet-on. (...) Quant aux viols, "leur nombre déclaré a augmenté mais la définition du viol s'est élargie, ce qui complique la comparaison statistique". Par exemple, note le texte, "si une femme affirme avoir été violée par son mari chaque nuit pendant une année, 365 faits criminels seront enregistrés, alors que dans la plupart des pays, ils n'en constitueraient qu'un seul".


Air connu: la violence n'augmente pas, juste sa perception par les gens. Et on reste bouche bée devant un gouvernement féministe se retranchant derrière une définition "assouplie" du viol pour expliquer que, grosso-modo, ce qui compte comme viol en Suède n'en est finalement pas vraiment un.

Malheureusement, la réalité de l'immigration en Suède n'est pourtant pas rose. Des reporters de la très anti-Trump CBS ont pu en faire l'expérience par eux-mêmes, en direct. (On notera le courage des journalistes qui laissent un handicapé venu à leur secours "se débrouiller".)

La triste réalité suédoise

Guidée par la même classe politique qui règne désormais sur toute l'Europe, la Suède décida durant les années 70 de se tourner résolument vers le multiculturalisme et l'immigration. Ouvrant grand les frontières à l'immigration la plus exotique possible, la population suédoise changea progressivement, une transformation de fond que la récente crise des migrants n'a fait qu'accélérer. L'islamisation de la Suède a déjà été abordée dans ces pages.

C'est vrai, la Suède n'a pas connu d'attentat islamique de masse - du moins, pas encore. Mais elle n'en a même pas besoin pour se retrouver en crise. Aujourd'hui, il existe en Suède 55 zones de non-droit où même les services de secours comme les pompiers et les ambulances ne peuvent plus se rendre sans escorte policière. Les émeutes sont régulières, dégénérant en incendies volontaires et en dévastation urbaine.

Les statistiques de la criminalité ont explosé. Partant de 1975 et l'illumination du multiculturalisme en Suède, en quarante ans, le nombre de crimes violents augmenta de 300%. Le nombre de viols s'accrut quant à lui de 1'472%, faisant de la Suède le pire pays du monde en la matière après le Lesotho - une réputation qui traverse les frontières.

Sur le point précis du viol, un article de fond du Gatestone Institute démolit, preuve à l'appui, la version gouvernementale.

Plutôt que d'agir contre le problème de la violence et des viols, les politiciens suédois, les autorités publiques et les médias font de leur mieux pour justifier les faits. Voici quelques-unes de leurs explications :

  • Les Suédois signalent plus volontiers les crimes.
  • La loi a été modifiée de telle sorte qu'un plus grand nombre d'agressions sexuelles sont désormais considérées comme des viols.
  • Les Suédois ne peuvent pas gérer une plus grande égalité entre les sexes et réagissent violemment contre les femmes (peut-être l'excuse la plus fantaisiste).

Un mythe féministe qui existe de longue date est que l'endroit le plus dangereux pour une femme est sa propre maison, que la plupart des viols sont commis par quelqu'un qu'elle connaît. Cette affirmation a été démentie par le rapport [du Conseil National Suédois pour la Prévention du Crime]:

« Dans 58% des cas, l'agresseur était tout à fait inconnu de la victime. Dans 29% des cas, l'agresseur était une connaissance, et dans 13% des cas, l'agresseur était une personne proche de la victime. »

Selon les rapports [du Conseil National Suédois pour la Prévention du Crime] il n'y a pas de grandes différences entre les femmes d'origine suédoise et d'origine étrangère en ce qui concerne le risque d'être violées. Fait significatif, le rapport n'aborde pas la question de l'origine des violeurs.


Et pour cause: en Suède, toutes les statistiques ethniques ont été progressivement interdites. Le contrôle de la liberté d'expression est le dernier refuge de l'incompétence de politiciens cherchant à cacher la réalité à leur population. Mais il reste un historique de ces études sur la criminalité avant qu'elles ne soient bannies du débat public.

Vingt et un rapports de recherche depuis les années 1960 jusqu'à aujourd'hui sont unanimes dans leurs conclusions: qu'ils aient ou non mesuré le nombre de violeurs reconnus coupables ou d'hommes présumés coupables de viol, les hommes d'origine étrangère étaient représentés beaucoup plus que les Suédois. Et cette représentation plus importante de personnes d'origine étrangère ne cesse d'augmenter:

  • 1960-1970 - 1,2 à 2,6 fois plus que les Suédois
  • 1980 - 2,1 à 4,7 fois plus que les Suédois
  • 1990 - 2,1 à 8,1 fois plus que les Suédois
  • 2000 - 2,1 à 19,5 fois plus que les Suédois


En 2008, le Danemark, pays voisin de la Suède et culturellement proche, avait seulement 7,3 viols pour cent mille habitants, contre 53,2 en Suède. Rien n'explique cette différence hormis la proportion et la provenance de la population étrangère entre les deux pays. On retrouve cette différence dans la quantité de viols collectifs en Suède - des crimes sexuels extrêmement rares au sein des populations européennes.

A des affaires criminelles symboliques et abjectes comme le viol et le meurtre d'Elin Krantz s'ajoutent la loi du silence et des milliers d'affaires sordides brisant la vie d'autant de victimes. Et les crimes ont empiré depuis que des dizaines de milliers de nouveaux immigrés - mâles, jeunes et musulmans dans leur écrasante majorité - ont rejoint la Suède à la faveur de la crise migratoire. Aujourd'hui ils vivent d'assistance dans des logements financés par les contribuables, sans parler suédois, sans qualification et sans la moindre incitation à travailler. Et ils commencent à s'ennuyer.

Comme toujours et partout, les politiciens tentent de cacher la vérité au grand public plutôt que de remettre en question leur ligne politique. La surveillance d'Internet est très forte en Suède et les déviants sont impitoyablement traqués et leur carrière professionnelle menacée. Mais les journalistes vont plus loin, mentant carrément en présentant comme des "Suédois" des auteurs de crimes requérants d'asile sans la nationalité. Pris la main dans le sac, ils affirment que c'est pour ne pas stigmatiser les groupes en question.

Pourquoi la Suède, un petit pays sans ressources particulières et aux conditions de vie difficiles s'est-il lancé dans une trajectoire aussi suicidaire que le métissage multiculturel? Il faudrait poser la question à la classe politique qui a décidé de rayer de la carte l'ancienne Suède où il faisait bon vivre. Mais ils n'ont nullement l'intention de renoncer. Comme le déclara avec une naïveté confondante Jens Orback, Ministre de la Démocratie, des Affaires Intérieures, de l'Intégration et de l'Égalité entre les sexes, issu du Parti Social-Démocrate, lors d'un débat à la radio Suédoise en 2004:

"Nous devons être ouverts et tolérants envers l'Islam et les musulmans, parce que lorsque nous deviendrons une minorité, ils le seront envers nous."


La trajectoire de la Suède est donc toute tracée.

05 janvier 2017

L'étrange bataille d'Alep

Alep, ville martyre, promettait de devenir la nouvelle bataille de Leningrad du XXIe siècle, l'autel sur lequel seraient sacrifiées en vain d'innombrables victimes innocentes. L'offensive de Bachar el-Assad et de ses alliés contre Alep la rebelle était un "assaut contre l’humanité" en novembre, notre "Guernica" en décembre...

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Hormis sans doute les présidentielles américaines, rarement événement géopolitique donna lieu à pareille surenchère médiatique. Alep devint le cimetière de bien davantage de que des civils et des combattants: L'Europe, l'ONU et le droit moururent à Alep. En fait, la Communauté Internationale toute entière mourut à Alep. Sur un ton plus léger, les espoirs de percée électorale du candidat libertarien américain Gary Johnson moururent aussi à Alep. Ainsi que les derniers restes de crédibilité de Hollande, qui ne voyait avec sa clairvoyance habituelle qu'une solution politique pour sortir de la crise.

La désinformation sur Alep battait son plein, les voix lucides se faisant bien rares. Parmi elles, Éric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), qui eut doit à quelques minutes d'antenne absolument limpides - à trois jours de Noël, à minuit moins vingt...

Ce faisant, il rappela quelques vérités contextuelles sur l'apocalyptique bataille d'Alep:

"On est à mon sens sur une falsification de l'information qui est énorme. Bien sûr qu'il y a sur une guerre civile en Syrie, mais ça ne concerne que 30% d'Alep, ce sont soit des civils qui sont pris en otage par des djihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu'ils soutiennent ces mêmes djihadistes. On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie. On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de victimes innocentes qui périssent (...) Seul 1/3 d'Alep est victime des bombardements, et j'insiste, c'est 1/3 de la ville dans lequel des djihadistes dangereux sont présents qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens et le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais.


Plus ignoble encore, il rappela à quel point une "crise humanitaire" est un merveilleux outil pour éviter que les regards ne se perdent sur d'autres théâtres d'opérations:

On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd'hui au Yémen où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, des sites archéologiques détruits. Un de nos contacts qui est rentré du terrain l'autre jour nous disait qu'en Syrie, il y a des tas d'endroits où les choses se passent bien où on peut dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, aller au bord de la mer, donc le pays n'est pas à feu et à sang [à méditer face au prochain débarquement de "réfugiés syriens", NdA]. Au Yémen, c'est totalement différent, il n'y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, et on ne parle pas de cela. Dans les années 90, dans une ancienne colonie française (belge NDLR), le Congo, une guerre civile a fait 400 000 morts sur 4M d'habitants, soit 10% de la population. On n'en parle pas non plus. Aujourd'hui, le focus qui est mis sur la Syrie d'une part et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité, ce qui ne veut pas dire qu'on défende Bachar el-Assad, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d'extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd'hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d'Alep est une motivation pour passer à l'action.


Il y avait quelque chose de franchement indécent dans la façon dont les médias couvraient l'offensive du régime syrien à Alep. Si des massacres eurent lieu, ils ne furent pas forcément imputables aux méchants désignés, le régime de Damas et ses alliés russes et iraniens, mais bien aux défenseurs d'Alep, ces charmants rebelles dont les médias occidentaux pleuraient la future disparition et qui utilisaient les civils comme otages et boucliers humains.

Quelque chose ne collait pas. Les forces du régime syrien n'avaient aucun avantage à laisser des poches de population au milieu des combats. Ils laissèrent d'ailleurs volontiers les civils fuir lors du reste de la libération de la ville. Les civils d'Alep-Est eux-mêmes n'avaient aucune raison de rester sur place pendant l'affrontement. Beaucoup prirent de grands risques pour partir, menacé de mort par nos rebelles "humanistes". Mais beaucoup d'autres choisirent de rester. Lâchons enfin l'explication: parce qu'Alep-Est était un fief de l'État Islamique et les "civils" d'Alep-Est, les familles des combattants.

Alep-Est était le dernier bastion d'une capitale administrative de l'État islamique gérée en tant que telle. Les civils d'Alep-Est n'étaient pour beaucoup que des Aleppins de fraîche date. Ils vinrent simplement comme une seconde vague de nouveaux occupants lorsque les milices de l'EI déferlèrent sur la ville en juillet 2012, chassant les habitants historiques de leurs foyers avec la violence coutumière des djihadistes.

La couverture de la bataille d'Alep par les médias occidentaux est plus qu'indécente ; elle relève de la collaboration directe avec le pire ennemi de l'Occident. La même chose vaut pour l'ONU et les organisations non-gouvernementales qui prirent fait et cause pour préserver sous des prétextes humanitaires la dernière enclave de l'EI dans cette grande ville de Syrie. Leur opiniâtreté finit par payer ; Damas et Moscou accordèrent des couloirs d'évacuation pour les combattants de l'EI et leurs familles. Le 22 décembre, les Suisses purent ainsi découvrir un reportage hallucinant de l'évacuation "humanitaire" d'Alep: cinq mille partisans de l'EI, dont seuls 20% de civils (parmi lesquels un nombre indistinct de futures bombes humaines) bénéficièrent sous la supervision d’observateurs de l'ONU d'une évacuation vers des zones contrôlées par l'EI.

Ce jour-là, le mythe des "rebelles modérés" s'effondra enfin.

Depuis, Alep reprend vie ; on y fête Noël ; les habitants reviennent ; on pense à la reconstruction ; et on découvre chaque jour de nouvelles horreurs témoignant de la brutalité de l'occupation islamiste. Selon toute vraisemblance, la reconquête d'Alep est une bonne chose. On tentait d'effrayer le bon peuple avec la chute d'Alep, alors qu'il s'agissait d'une libération. Maintenant que les faits leur ont donné tort, les grands de ce monde ne s'attardent plus guère sur le sort de cette ville.

16 novembre 2016

Recomposition médiatique en vue

L'élection de Donald Trump pourrait bien avoir un effet inattendu sur la composition du paysage médiatique, de ce côté de l'Atlantique.

Aux États-Unis, les médias mainstream n'en finissent pas de s'excuser de ne pas avoir vu venir la victoire du milliardaire républicain. Si une image vaut mille mots, une petite vidéo vaut un album photo entier.

Malgré tout, leurs excuses sonnent faux: aucun journaliste n'a démissionné ou été licencié suite aux résultats électoraux. Les éditorialistes en place continuent de vomir sur le Président Trump alors qu'il n'est même pas encore entré en fonction. Nous assistons à la même dérive sur le Vieux Continent, qui, à sa décharge, se contente souvent de reprendre les reportages tournés par les collègues. Le suivisme est tel que c'en est à se demander à quoi servent tous ces "envoyés spéciaux" sillonnant le pays à grands frais.

Les reportages mettent donc l'accent sur la déception des Démocrates, les émeutes - largement artificielles - de ceux qui rejettent les résultats de l'élection, les dangers du programme de Trump pour la survie de l'humanité, et allouent le reste de leur temps d'antenne à la tournée d'adieu que s'offre le Président Obama avec l'argent du contribuable. On a déjà vu remise en cause plus sincère.

BB-logo-highres.jpgIl n'y a donc pas vraiment de changement de cap à attendre de la part de ces médias, ce qui ne surprendra personne. Mais le paysage médiatique lui-même change. Comme l'avait décelé Charles Gave, "le système de l’information aux USA, le fameux quatrième pouvoir est en train de se scinder en deux groupes violemment hostiles." Côté Clinton, la presse officielle ; côté Trump, les nouveaux acteurs comme Zero Hedge, Breitbart ou des réseaux comme Reddit. "Et nous assistons à une véritable guerre à mort entre les deux systèmes, qui continuera bien après que l’élection présidentielle ait eu lieu."

La guerre continue mais pourrait bien s'achever tantôt avec la victoire de Trump, infligeant une grave blessure de crédibilité aux médias périmés. Leur incapacité à se remettre en question ne fera que hâter leur disparition. Aux États-Unis, c'est un fait. Mais désormais, les nouveaux médias se tournent vers l'Europe, et les vieux médias du Vieux Continent glapissent de terreur.

Que peuvent faire les médias habituels, sachant que toute remise en cause est exclue? La même tactique que d'habitude, essayer de salir les nouveaux venus de façon préventive. L'idée est que le grand public soit préparé à les haïr dès leur arrivée, afin qu'ils soient plus méprisés que regardés.

Reconnaissons que la tactique avait bien fonctionné depuis une dizaine d'années avec Fox News. La première chaîne d'information américaine de Rupert Murdoch avait gagné des parts de marché en proposant des nouvelles "équilibrées" au grand public, en demandant par exemple leurs commentaires tant à des invités démocrates que républicains sur un point de l'actualité. Le slogan de la chaîne - fair and balanced - impliquait un équilibre loin du parti-pris ouvertement démocrate adopté par ses concurrentes. Quelle nouveauté dans le paysage télévisuel! Cela n'empêcha pas Fox News d'être anti-Trump dans sa couverture des élections présidentielles 2016, notamment par le biais de sa présentatrice vedette Megyn Kelly. Et cela n'empêcha pas les journalistes européens de continuer à la présenter comme "conservatrice", voire "ultra-conservatrice"...

Aujourd'hui encore, l'opinion d'un individu sur la chaîne est un puissant marqueur de connaissance sur les médias américains. L'épithète "conservateur" accolé à Fox News est révélateur de quelqu'un qui ne fait que répéter ce qu'on lui a mis dans la tête.

Mais ces péripéties dans la désinformation amènent les journalistes à un autre problème, la surenchère. Si une chaîne neutre voire consensuelle comme Fox News leur paraît déjà "ultra-conservatrice", comment qualifier un site corrosif comme Breitbart News? Méga-conservateur? Ultra-ultra-conservateur? Les rédactions travaillent d'arrache-pied sur cette épineuse question de vocabulaire. En attendant qu'un nouvel adjectif émerge, on présente Breitbart comme "le bras médiatique de Trump", "un site réac et raciste", "la machine de propagande de Trump"...

Certes Breitbart News a un style tabloïd et l'assume complètement, mais c'est aussi un site extrêmement populaire. L'Express est bien obligé de l'admettre:

Depuis son lancement, Breitbart News réussit à plusieurs reprises à embarrasser les démocrates: lorsque le site dévoile, en 2009, la vidéo d'une fonctionnaire noire, Shirley Sherrod, dans laquelle elle tient des propos anti-blanc. Quand, en 2011, Andrew Breitbart, un an avant sa mort, joue un rôle majeur dans la publication des sextos d'Anthony Weiner, démocrate élu à la chambre des représentants et pressenti pour devenir maire de New York.  

Des coups d'éclat qui lui ont permis d'acquérir un véritable succès d'audience: avec ses 37 millions de visiteurs uniques par mois, Breitbart News a aujourd'hui les moyens de ses ambitions. Bannon se vante, lors d'une interview donnée à Bloomberg, de pouvoir laisser ses journalistes enquêter durant plusieurs mois, tandis que les autres rédactions traditionnelles ne le peuvent plus. 

 
Steve Bannon, le directeur exécutif de Breitbart News, a été récemment nommé directeur de la stratégie et conseiller du Président Trump par ce dernier. Pas possible donc de défausser le site comme le travail de ploucs illuminés sortis de nulle part.

Breitbart News a bien l'intention de partir à la conquête de l'Europe. Une version anglaise a servi à plaider pour le Brexit, et une version française est à l'étude, présageant notamment d'une collaboration avec Marion Maréchal-Le Pen.

Ce n'est pas la première fois que des médias venus d'outre-Atlantique s'implantent en Europe ; pensons au Huffington Post ou au très gauchiste Slate. Les sites de Réinformation ont aussi le vent en poupe, qu'ils soient qualifiés de "droite pamphlétaire", de "réacosphère" voire de "fachosphère". Mais c'est la première fois que des acteurs majeurs à la fois politiquement incorrects et dotés d'une réelle force de frappe financière s'apprêtent à entrer sur le marché médiatique européen.

Le succès sera-t-il au rendez-vous? On peut imaginer que oui. Ces gens n'ont rien de philanthropes. S'ils veulent désormais tant s'implanter en Europe, c'est parce qu'il y a une demande. Environ la moitié de l'électorat est méprisée, dénigrée et tancée par les médias traditionnels à force de ne pas comprendre comme il faut, de ne pas voter comme il faut.

C'est un énorme marché.

Sur ce dossier, la Suisse est à la croisée des chemins ; tant que dure la redevance obligatoire, la RTS et ses affidés sont à l'abri de toute remise en question. Mais il n'en sera pas de même de la presse régionale et, naturellement, des médias en ligne. On peut donc s'attendre à de gros changements de ton dans les publications qui veulent survivre ; à défaut, les Suisses continueront à se tourner, toujours plus nombreux, vers les sites de Réinformation.

14 octobre 2016

Menteurs à louer: un journaliste américain se livre

Existe-t-il encore des gens pour penser que le traitement de l'actualité par les médias mainstream soit motivé par le simple désir d'informer le grand public? Heureux les imbéciles! La plupart des gens comprennent qu'il y a anguille sous roche et supportent mal un traitement partisan de l'information - la récente campagne pour les présidentielles américaines étant un modèle du genre.

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Couverture médiatique comparée entre des propos sexistes de Trump enregistrés à son insu
il y a onze ans d'une part, et des milliers d'emails révélés par Wikileaks exposant la corruption
d'Hillary Clinton à travers sa fondation, ses relations avec le gouvernement,la justice et
les médias d'autre part.

Certains tolèrent mieux la propagande, simplement parce qu'elle va dans le sens de leurs convictions, mais le malaise subsiste. Quelle cause juste pourrait avoir besoin de mensonge pour se défendre? Et si cette cause n'en a nul besoin, comme le rétorqueront immanquablement ceux à qui on pose la question, alors, pourquoi mentir?

En réalité, l'information biaisée est la marque d'un mépris total pour le destinataire final - c'est-à-dire, vous. Mais "l'information" est-elle réellement produite pour lui? La réalité est bien plus crue que tout ce que vous pouvez imaginer, au moins aux Etats-Unis, comme le révèle un ex-journaliste dans un article sans détours, "Confessions d'un ex-journaliste sur le milieu corrompu des médias", dont voici une traduction.

Heureusement, rien de tout cela n'est à déplorer en Suisse.

 


 

Confessions d'un ex-journaliste sur le milieu corrompu des médias

Comment s'acheter des amis et plaider pour l'ennemi

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Tout est mensonge, chéri

Je doute que quiconque ait besoin qu'on lui rappelle que les médias sont pourris jusqu'à la moelle ; même les personnes les plus réticentes et à l'esprit le plus fermé tiennent désormais cela pour acquis. Mais bien que les médias soient largement condamnés de nos jours (mes remerciements aux Allemands pour avoir ramené le mot Lügenpresse dans le discours public), peu de gens savent ou comprennent ce qui se passe réellement dans la cuisine journalistique, où se concocte la potée de mensonges dont les gens sont quotidiennement nourris. Cependant, il y a toujours un moyen de le découvrir, par une infiltration délibérée du milieu ou, dans mon cas, par accident.

J'ai un vieil ami - appelons-le Sven - que j'ai toujours tenu pour être un homme bienveillant et sincère. Cependant, ces traits étaient également tempérés par une vision optimiste et quelque peu naïve des gens. Pour cette raison, il se retrouvait régulièrement embarqué dans des situations difficiles et parfois même dangereuses. L'une d'elle s'est révélée être un bref passage en tant que journaliste pour un journal en ligne à succès. Il maintint à peine contact au cours de son emploi et finit par décrocher complètement. Environ un mois plus tard, il refit surface - un homme changé, et pas en mieux. Comme il l'expliqua, il démissionna de son travail et se renferma sur lui-même un certain temps, sans autre arme que l'alcool, pour faire face à la dépression dans laquelle l'avait plongé ce travail de journaliste.

Cette réaction doit probablement paraître excessive à beaucoup d'entre vous, comme elle le parut à moi-même. Les hommes tombent rarement en dépression ainsi et ne se sortent pas de leurs problèmes en buvant. Si j'accordai à mon ami la clémence de lui expliquer ses manquements, je reconnus aussi l'utilité de son expérience et commençai à l'interroger sur ce qu'il avait vu et entendu durant son emploi. Je transmettrai ses conclusions ci-après ; cependant, je ne révélerai ni son vrai nom ni celui de son employeur, sachant que dans le pays "libre" où nous vivons, cela pourrait l'amener en eaux troubles.

Qui vous paie, vous possède

Sven rejoint les rangs des journalistes pour apporter la vérité aux gens. À son crédit, il croyait vraiment qu'il ferait exactement cela. Sa première mission semblait si simple, après tout: parler à une personne, enregistrer la conversation, écrire un article, le publier. La réalité se révéla diamétralement opposée. Une fois notre journaliste fraîchement émoulu revenu de sa première entrevue, on lui ordonna de retranscrire l'enregistrement immédiatement et de l'envoyer par courriel au gestionnaire de contenu. Une demi-heure plus tard, Sven reçut une version fortement modifiée de la transcription, avec les éléments qu'il jugeait les plus significatifs remplacés par des tournures dénuées de sens ou complètement supprimés. Quand il alla voir le directeur pour exprimer son indignation, celui-ci lui répondit simplement : "Cet homme ne nous a pas payé pour un article qui le dénigre. Retournez à votre bureau."

Ce fut loin d'être le seul cas où Sven fut témoin de sommes d'argent tirant le journalisme. Ses nombreux collègues ne produisaient presque jamais du contenu indépendant - ils étaient trop occupés à publier des articles payés les uns après les autres. Lorsque Sven demanda si ces articles devaient être indiqués comme du contenu sponsorisé, la seule réponse qu'il obtint fut un rire amer. Très souvent, le gestionnaire de contenu venait à son bureau et disait quelque chose comme "Savez-vous que le gars sur lequel vous écrivez est un ami proche du boss? Ne vous plantez pas sur cet article." Sven fut également surpris de voir que de nombreuses personnes interrogées (habituellement les politiciens) ne se donnaient même pas la peine de répondre à ses interviews, déléguant à la place leurs secrétaires ou assistantes. L'une d'elle alla même jusqu'à lui remettre un discours pré-écrit en main en lui disant de travailler à partir de cela avant de s'en aller.

Cependant, notre Sven possédait aussi un sens aigu de la justice, qui l'amena plusieurs fois à ignorer les "recommandations" données par son gestionnaire de contenu, à s'écarter de l'histoire officielle et à permettre à de petits extraits de vérité de faire leur chemin aux yeux du public. Pour chacune de ces transgressions, il fut convoqué au bureau du directeur, sévèrement admonesté, et se vit amputé d'une partie de son salaire mensuel. Tout fragment "non autorisé" qu'il avait écrit fut rapidement édité après coup - même si l'article avait déjà été lu par des milliers de personnes. Et ceci était censé être un média "neutre et objectif"!

La déontologie? Jamais entendu parler

Sven éprouva un grand choc quand il réalisa finalement que ses employeurs étaient des êtres dénués de conscience qui se prostituaient au plus offrant. Le choc fut encore plus grand quand il découvrit avec quelle nonchalance ses collègues prenaient leurs responsabilités. Les journalistes d'investigation se reposaient sur des informations obtenues à travers de simples recherches Google et des messages sur Twitter. Les éditorialistes et leurs subordonnés utilisaient des rumeurs et des ouï-dire pour rédiger des charges au vitriol. Les gestionnaires de sites Web postaient tout contenu qui leur plaise aussi longtemps qu'ils le présentent avec de gros titres assez flashy pour attirer le chaland. Le contrôle des faits était quasiment inconnu, à moins que quelqu'un n'ait spécifiquement payé pour cela.

Quand il était temps de choisir les sujets et de rédiger les articles, la ligne directrice de l'ensemble de l'entreprise était limpide: ne pas mettre les gens en colère. Pas les gens ordinaires, vous pensez bien - ceux-là n'étaient en interne même pas considérés comme des êtres humains, juste une masse sans visage à qui l'on jette des articles et qui sert à générer des clics et à produire de l'argent en retour. Non, le terme de "gens" se référait aux personnes qui comptaient réellement. Ce groupe comprenait des représentants des pouvoirs en place, des personnalités publiques bien connues, de riches individus avec les doigts bien trempés dans le gâteau politique et, bien sûr, les fréquentations personnelles du propriétaire de la publication.

Ceux-là devaient être protégés, dorlotés et flattés à tout prix, tous les autres n'étant que du gibier. Inutile de le dire, la politique avait au moins autant d'influence que l'argent dans la ligne éditoriale - à chaque fois que quelque chose de remarquable survenait, les "protecteurs de la vérité et de l'objectivité" s'attelaient immédiatement à travailler de façon à tourner les événements d'une manière favorable pour ceux qui tenaient leurs laisses. Des coups médiatiques étaient laborieusement élaborés contre les adversaires politiques et les indésirables, des écrans de fumée étaient érigés, les faits étaient omis, déniés et interprétés de façon biaisée. Sven m'avoua plus tard que le jour où sa publication couvrit les élections législatives fut le premier de sa vie où il passa toute la soirée à se saouler. L'éthique du journalisme, un terme que les médias aiment jeter à gauche et à droite, ne s'avérait rien d'autre que du vent.

Dans l'omelette médiatique, vous n'êtes qu'un œuf

Le titre dit tout. Pour les élites du secteur des médias, les pigistes ne sont pas juste des pions - ils sont des préservatifs. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, l'existence d'un journaliste typique est assez pathétique: sous-payée, sous-évaluée, ingrate et constamment scrutée par sa hiérarchie. Le turnover du personnel de la "cuisine" est très élevé, et pas à cause des promotions obtenues. Dans ce milieu, le terme de "journaliste senior" désigne souvent un pauvre bougre sans alternative qui ne peut pas raccrocher.

Selon Sven, nombre de ses collègues travaillaient dans le seul but de toucher leur salaire mensuel, ce qui expliquait leur négligence. Faces grises, bouches pincées, regards fuyants et aigreur dans l'attitude - tout ce qu'il fallait pour abattre une journée de plus. En outre, les plus expérimentés esquivaient toute responsabilité quant au contenu publié: chaque fois qu'un lecteur en colère contactait le journal pour se plaindre d'un article, le gars qui l'avait rédigé subissait l'entier du blâme, même si son travail avait été scruté et validé par la rédaction avant publication. Après tout, quel temps fallait-il avant de retrouver un autre drone de bureau avec des compétences de rédaction à peu près décentes?

Cependant, Sven expliqua également que certains de ses collègues appréciaient leur travail. Ils arrivaient au bureau d'un pas leste, un sourire sinueux sur leur visage et une lueur espiègle dans leurs yeux. Ils étaient les "talents" favoris du directeur de la publication - des ordures froides et vicieuses qui auraient vendu leur propre mère pour une bonne tranche de commérages à répandre un peu partout sur le site. À chaque fois qu'ils avaient l'occasion d'appeler au scandale, de répandre une vilaine rumeur ou de ruiner la vie de quelqu'un, on pouvait presque les voir s'illuminer de l'intérieur. (...)

Stigmatisation interdite

Comme vous l'avez probablement remarqué depuis longtemps, le secteur médiatique est une boîte de Pétri immense et accueillante pour de nombreuses variétés de Kulturbolschewismus, de bolcheviques culturels. Dans le cas de Sven, cela dépassait la simple politique interne de dénigrement de la peur et d'autocensure pour être un réel ordre du jour au travail. Il me dit qu'un organigramme accroché en salle de presse expliquait ce qu'il fallait faire en cas d'article rapportant des crimes et des incidents. Il comportait quelque chose comme ceci: "le protagoniste était-il de souche (blanc) ? Oui: rapporter en détail, amplifier ; Non: gommer les détails, minimiser."

Sven rédigea une fois un article sur une fête nationale, mais son gestionnaire de contenu refusa d'approuver la publication parce qu'elle était "trop patriotique", lui conseillant plutôt de "mettre l'accent sur la participation des minorités dans le festival." Tout ce qui pouvait louer le pays et ses habitants autochtones était indésirable et omis chaque fois que c'était possible, alors que toute nouvelle débordant de haine de soi ou faisant l'éloge d'allogènes au pays (lire: africains et musulmans) ou attaquant les indigènes et leur mode de vie était promis au succès et franchissait le processus d'approbation comme une lettre à la poste.

Inutile de dire que la rédaction était bourrée de femmes, de blaireaux émasculés faisant office d'animaux de compagnie et, bien sûr, de juifs. Les premières disposaient d'un pouvoir absolu quelle que soit leur position - une simple plainte aux ressources humaines était suffisante pour faire virer n'importe qui, pas besoin de preuves. Les blaireaux émasculés, incarnés par des créatures malingres en T-shirts Che Guevara arborant une barbe lépreuse sur leur visage chargé de piercings, vivaient de façon très satisfaisante la façon dont les choses se passaient, sirotant leurs cafés et dénonçant aux ressources humaines ceux qui exprimaient des idées incompatibles avec le récit. Les juifs étaient dans leur élément naturel en salle de presse, étalant leur arrogance intellectuelle et obtenant des promotions sorties de nulle part. La majorité des articles dénigrant les autochtones, leur culture et leurs valeurs venait d'eux, comme étude du site Web du journal me l'apprit plus tard.

Menteurs à louer

Donc, pour résumer tout cela: les médias ne se composent pas d'individus bienveillants mais malavisés, comme beaucoup le pensent encore. Au contraire, ils représentent une entité consciente d'elle-même qui se positionne quelque part entre l'opportunisme sans scrupules et le chien fidèle de l’État. Au mieux, ils se livrent à un faux patriotisme ("Nous avons un pays merveilleux, invitons davantage d'immigrants!"), au pire ils sont hostiles à l'égard de la population historique de leur pays de résidence.

De plus, les médias permettent la consolidation et l'affirmation des forces globalistes - des gouvernements perfides, des juifs, des multinationales, l'industrie du divertissement et d'autres - contre une population indigène désenchantée et déclinante. Et last but not least, les médias sont complices des crimes commis en Occident par des immigrants non-blancs à cause de leur obscurcissement délibéré des faits et, en cas d'échec, de la démagogie visant à faire pression sur les tribunaux pour laisser les criminels en ressortir libres. Pour moi, cette dernière raison devrait être à elle seule suffisante pour envoyer nombre de journalistes et leurs employeurs au gibet.

L'essentiel est de toujours se rappeler que les médias ne sont vos amis en aucune façon, ni sur la forme ni sur le fond, même si leurs employés les plus modestes ressemblent davantage à de malheureuses victimes qu'à des ennemis visant la destruction des nations. Il faut s'opposer aux médias, exposer leurs manœuvres et les boycotter à chaque occasion jusqu'à ce qu'ils commencent à saigner de l'argent et s'étouffent avec leur propre venin.

28 septembre 2016

La presse romande découvre la causalité

Panique dans les rédactions: 24Heures et la Tribune de Genève (qui partagent des "synergies" depuis plusieurs années déjà) devraient avoir à se séparer de 24 collaborateurs dans un avenir proche.

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Le logo de l'entreprise Tamedia barré d'une bande noire, action des manifestants

Le sujet, qui ne susciterait qu'un entrefilet dans la rubrique économique s'il concernait n'importe quel autre secteur d'activité, est traité comme le point essentiel de l'actualité. Biais corporatiste, pourrait-on dire. Les médias s'inquiètent du destin de leurs confrères. Alors tout le monde s'étend sur l'horrible nouvelle, que ce soit dans les colonnes de 24Heures et de la Tribune évidemment, mais aussi dans celles de 20 minutes, de La Liberté ou du Temps, et j'en oublie, souvent à travers plusieurs articles.

Même la RTS évoque le sujet, quoi qu’avec la distance propre à un organisme protégé de pareilles déconvenues par la sanctuarisation de la redevance, car, en filigrane, c'est bien de cela dont il s'agit. Stéphane Montangero, président du PS vaudois, fait dans la paraphrase de Voltaire mais avec un sens tout différent:

C'est une question de qualité de l'information. Je ne suis pas toujours d'accord avec tout ce qui s'écrit mais je me battrai pour que les journalistes puissent continuer à l'écrire.


Comment comprendre cette déclaration dans un monde où l'information, comme n'importe quelle activité économique, est soumise à concurrence? Contre quoi faudrait-il se battre exactement, si ce n'est la désaffection pour la prétendue "qualité de l'information" délivrée au grand public par ces titres? Envisage-t-on de forcer les gens à lire? De subventionner les journalistes afin qu'ils reçoivent de l'argent sans que personne ne se donne même plus la peine d'acheter leurs journaux?

Presse en crise cherche maquereau

La presse écrite cherche des sous, résume avec une clarté rare le médiateur de Tamedia. Il commence lui aussi par un état des lieux sur une presse qui serait, à son plus grand regret, un secteur économique comme les autres:

[La presse écrite quotidienne] ne reçoit certes pas de fonds publics, bien que l’information semble être considérée encore comme un bien commun en démocratie (sic). Depuis bientôt deux siècles, elle tire ses ressources de ses ventes et de ses recettes publicitaires. Mais son modèle économique est atteint d’anémie. (...) La presse écrite quotidienne subit deux migrations massives: celle des lecteurs, et d’abord des plus jeunes, celle d’annonceurs autrefois très présents sur le marché de l’automobile, de l’emploi, de l’immobilier, des petites annonces.


Et de conclure: "Tout le monde se retrouve désormais sur le Net." Le vilain Internet, voilà l'ennemi. Mais il est invincible, alors que faire? De son point de vue, trouver de "nouveaux sponsors" - des organismes privés qui paieraient directement tout ou partie des reportages publiés, au lieu de simplement faire de la publicité comme au siècle dernier. Mais même ce passage généralisé au publi-reportage ne va pas sans poser des questions éthiques:

Sans ouvrir de procès d’intention ni agiter des théories du complot, à quoi sont aussitôt portés certains esprits, des questions se posent. Quel sera le traitement réservé par une rédaction à tel ou tel parrain prodigue qui rencontrerait des difficultés d’ordre économique, voire judiciaire, qui s’exposerait à une controverse publique?


On se demande, en effet. Et si les apports de fonds requièrent l’application de règles, que penser de l'indépendance relative des médias face à des groupes politiques avec lesquels ils entretiennent tant de rapports de sympathie?

Les lecteurs seront nombreux à se détourner d'un article trop dithyrambique pour être sincère sur tel ou tel dernier modèle de smartphone, mais combien seront tout aussi révulsés par une de ces interviews complaisantes où un politicien se fait aimablement servir la soupe par un journaliste en totale connivence idéologique?

Le publi-reportage économique repousse le lecteur, mais son pendant politique provoque la même réaction - et il est bien plus fréquent. Ce débat déontologique-là est soigneusement évité.

En quête de valeur ajoutée

"Partout dans le monde, les tirages des journaux s’érodent, même parmi les plus grands. Partout, les volumes publicitaires se ratatinent" se lamente le médiateur de Tamedia.

Mais ce n'est pas vrai. Outre-Sarine, la Weltwoche se porte comme un charme. Le quotidien gratuit 20 minutes triomphe avec son modèle économique basé sur la gratuité. Un site de réinformation comme Lesobservateurs.ch parvient à devenir un des sites web francophones les plus populaires malgré un budget dérisoire.

Le journalisme n'est pas mort. Mieux que cela, il ne s'est jamais aussi bien porté. Mais en achetant un quotidien les gens sont à la recherche de valeur ajoutée, de vérité, de synthèses, d'esprit critique. Ils ne sont pas demandeurs d'une presse obséquieuse avec les puissants, superficielle, moralisatrice et insultante, et qui en voudrait d'ailleurs? Les lecteurs veulent de l'information pertinente - pas des prêches, ni des copiés-collés de dépêches de la veille.

La presse romande est en crise. Il n'appartient qu'à elle de changer de ton, de ligne éditoriale, de retrouver son esprit critique et, peut-être, son public. Au moins peut-on espérer que les rédactions concernées comprennent qu'il en va désormais de leur survie.

24 février 2016

Et pourquoi pas une RTS de droite?

Un lecteur me pose la question:

Vous dénoncez régulièrement et à juste titre la SRG/SSR pour sa vision de gauche... J’ai lu que 70% des journalistes sont de gauche. J’imagine que les dirigeants de la SRG/SSR aussi.

J’ai alors deux questions à ce sujet.

  • Qui nomme ces dirigeants ?
  • N’y aurait-il pas moyen d’avoir des personnes de droite à la direction de la SRG/SSR ?


Bonnes questions qui appellent évidemment une réflexion plus profonde sur le sens des médias et de leur orientation en général. Mais commençons par le commencement.

Entre un temps de parole minimisé dans Infrarouge à des reportages biaisés visant à inférioriser la population helvétique en passant par une couverture totalement partisane des sujets en votations, la RTS se distingue particulièrement. Elle ne fait même pas semblant.

médias,propagande,redevance,roger de weckMon interlocuteur se doute que le directeur de la SRG/SSR est un homme de gauche, et il a évidemment raison: non seulement Roger de Weck, puisque c'est de lui qu'il s'agit, est partisan en diable, mais il en est en plus extrêmement fier. Et rudement bien payé. Roger de Weck fut nommé en 2010 par le conseil d'administration de la SRG SSR, comportant neuf membres:

  • Les quatre présidents des sociétés régionales.
  • Trois membres nommés par l'Assemblée des délégués.
  • Deux membres désignés par le Conseil fédéral.

Les présidents des sociétés régionales sont mentionnés sur Wikipedia. Le grand public ne connaît pas forcément les personnalités de ce sérail, mais on trouve assez facilement un engagement à gauche - ou à tout le moins anti-UDC - de la plupart de ces gens.

Deux tiers des membres sont choisis par des instances politiques disparates (le Conseil Fédéral et un système complexe de représentation linguistique des cantons), un tiers par la propre corporation des journalistes. Ce mode de désignation laisse les coudées franches à des individus carriéristes et politiquement "bien orientés", avec tout ce que cela implique sur les débats du moment: condescendants envers l'UDC et son électorat, pro-européens, pro-migrants, réticents face à la démocratie directe, etc.

Fiction médiatique

Imaginons que par un étrange concours de circonstances (accident cérébral, erreur de casting, remplacement par un clone extraterrestre) la SRG/SSR se retrouve avec un directeur de droite. Que se passerait-il alors? Probablement rien. Outre que les entités régionales de la régie publique représentent autant de citadelles idéologiques inexpugnables, les autres directeurs se contenteraient de courber l'échine en attendant que l'orage passe, opposant une résistance passive à toute tentative de réforme sérieuse.

Si le directeur devenait un peu trop pressant, il suffirait de monter contre lui une cabale (relayée par exemple par des copains dans les rédactions de presse histoire de donner l'illusion d'un point de vue extérieur) pour dénoncer l'odieuse tentative de "droitisation" d'un service public. Des procès en sorcellerie ont mené au bûcher pour moins que ça.

Autrement dit, le directeur de la SRG/SSR n'est que la partie émergée de l'iceberg. Si ses positions et sa rémunération peuvent énerver, il n'est que le symptôme d'une affliction profondément ancrée dans le monde journalistique: la certitude de faire partie d'une élite intellectuelle, le besoin de "guider" l'opinion publique, de critiquer la société hôte et de dénoncer ses impairs, le tout enchâssé dans une solidarité sans faille avec les partisans de la même ligne, collègues de travail ou politiciens, entraînant un deux-poids-deux-mesures permanent.

Des médias de droite, pourquoi faire?

Les nombreux Suisses indignés par le parti-pris des médias publics se satisferaient-ils d'une couverture médiatique tout aussi biaisée dans l'autre sens? Probablement pas. Si l'idée d'un directeur de droite relève de la science-fiction, elle n'est même pas souhaitable. Les gens aimeraient avant tout une couverture médiatique aussi équilibrée que possible, sans aucune omertà. Et là, il y a du travail.

L'exemple américain de Fox News est intéressant. La chaîne - vouée aux gémonies en Europe par des gens qui n'ont sans doute jamais vu une seule de ses émissions - détrôna la très démocrate CNN non en proposant une information de droite, mais une information équilibrée. Le slogan fair and balanced de la chaîne renvoie à une attitude non-partisane. Par exemple, un présentateur appellera un Républicain et un Démocrate à commenter chacun leur tour un sujet politique. Bien entendu, imaginer un temps de parole égal est déjà une hérésie pour la plupart des journalistes européens ; de là leur haine viscérale contre la chaîne.

Soyons clair: l'existence de médias de gauche ne pose pas de problème particulier. Lorsqu'ils s'efforcent de vivre par leurs propres moyens, comme Le Courrier, la démarche est même parfaitement respectable. La question est plus épineuse lorsque les médias en question bénéficient d'un monopole légal. Elle devient carrément dérangeante lorsqu'ils vivent de surcroît de l'argent des contribuables.

La solution n'est probablement pas de nommer ou d'espérer la venue d'un directeur de droite à la SRG/SSR, mais de laisser les gens libre de s'informer au lieu de les assommer de propagande avec leurs propres impôts. Je soutiens donc l'initiative No Billag.

Face à une information officielle tendancieuse, moralisatrice, et choisissant soigneusement ses sujets pour empêcher la population de réaliser l'ampleur des dangers qui la menacent, le terme récent de "réinformation" prend de l'ampleur. Le succès de canaux parallèles sur Internet, à commencer par Lesobservateurs.ch en Suisse, démontre clairement un besoin de la population. Car sans information correcte, la démocratie n'a plus aucun sens.