23 août 2016

Réflexions sur le Burkini

Période estivale oblige, le burkini est devenu le sujet de l'été. Ce vêtement, inventé il y a dix ans par une Australienne d'origine libanaise, a été prévu dès le départ "avec pour objectif de permettre aux musulmanes de profiter de la plage tout en respectant les préceptes de leur religion."

On notera comme d'habitude le joli double-discours qui, sous couvert de liberté, culpabilise des musulmanes en simple maillot de bain comme de mauvaises musulmanes. Nous sommes régulièrement spectateurs des mêmes manœuvres quant au port du voile.

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Mais dans la France meurtrie par les attentats de cette année et de ceux de l'an dernier (sans parler des prochains) cette ostensible démonstration religieuse sur le sable des plages ne passe plus. Loin d'abriter le corps des femmes du "regard concupiscent des hommes", le burkini attise les passions, parfois violemment.

Il faut dire que la démarche est aux antipodes de toute discrétion. Elle s'apparente au contraire à une énième revendication imposant l'islam dans de nouveaux espaces. Les familles dont les femmes portent le burkini ne font pas profil bas, mais revendiquent, marquent leur différence, s'approprient le domaine public.

Le burkini indique la couleur du drapeau.

Sisco-Story

C'est bien par cette appropriation, et non par un burkini, que démarra la rixe de Sisco en Corse. Comme l'expliqua ultérieurement le procureur de Bastia, Nicolas Bessone, l'affrontement procédait plus d'une "logique de caïdat" où des musulmans tentèrent carrément de s'emparer d'une plage pour leur usage propre:

"Il est établi comme évidence qu'à l'origine des incidents se trouvent les membres de la famille maghrébine qui ont manifesté une volonté de privatiser la plage et ont provoqué des incidents avec des personnes présentes, sous la forme d'insultes, de menaces et de jets de pierres."

 
Les journalistes s'engouffrèrent aussitôt dans la brèche: le burkini n'était pas directement responsable! Tout allait bien! Corse-Matin tenta de faire retomber le soufflé, mais rien n'y fit. Le malaise subsiste. Les gens saisissent très bien que la situation leur échappe. Le burkini n'est que le dernier symptôme en date d'un phénomène plus vaste.

france,islam,prosélytisme,guerre civileA Sisco, les Corses ne se firent pas prier - les familles musulmanes tentant une OPA hostile sur les plages de l'Île de Beauté trouvèrent sur leur chemin de nombreux jeunes du village et leurs familles, impliquant plusieurs dizaines de personnes dans une bagarre généralisée qui conduisit plusieurs blessés à l'hôpital et trois voitures à finir incendiées.

Aujourd'hui encore les détails de l'affaire restent flous, les témoignages contradictoires. Mais le déroulement exact des faits à Sisco n'a plus guère d'importance. L'onde de choc s'est propagée. Diverses communes ont lancé des arrêtés municipaux visant à bannir le burkini, avant peut-être une loi qui l'interdirait sur tout le territoire français.

Le burkini, l'islamisme en vacances

Le sujet ayant dépassé le fait divers pour devenir un thème politique, le débat s'engage. Faut-il interdire le burkini? Des esprits à la naïveté calculée proclament que non, invoquant un simple vêtement inoffensif. D'autres rappellent que les femmes portaient il y a un siècle des tenues de bain bien proches du fameux burkini - mais se défendent par ailleurs de prôner un retour à la condition féminine de l'époque.

La myopie volontaire a ses limites. Le burkini n'est pas un équipement sportif comme une tenue de plongée, ni une mode. C'est un vêtement religieux, adopté par une frange revendicative de la population musulmane. Le besoin de légiférer sur le burkini existe parce que le burkini apparaît. La marque du communautarisme est d'obliger à légiférer sur des comportements qui relevaient auparavant de l'évidence. La judiciarisation des rapports sociaux jusque sur une plage traduit la désintégration de la société en communautés antagonistes. Elles ne peuvent plus coexister pacifiquement que sous la férule d'un État régissant par voie légale leurs interactions.

En amenant le débat dans le domaine législatif, le risque est le même que pour le voile intégral: que l'interdiction ne se répercute pas sur le terrain. Que les baigneuses en burkini ne se fassent pas amender, et si elles le sont, qu'elles puissent rester en burkini sur la plage après coup. Comme pour toutes ces musulmanes en burqa sur le territoire de la République Française où pareille tenue est théoriquement interdite, ces lois ne servent plus que comme indicateur du recul de l'autorité de l'État sur son propre territoire.

Des juges livrent (enfin) une analyse correcte

Amenés à se prononcer sur la validité d'un arrêté municipal contesté par les protestataires habituels - "Ligue des droits de l'homme" et "Collectif contre l'islamophobie en France" - les juges du tribunal administratif de Nice validèrent ce lundi l'interdiction des burkinis, déboutant les plaignants.

Cette première victoire est assortie d'une seconde, car non seulement le burkini est interdit, mais son sens a été correctement interprété par les hommes de loi. Foin de prétendue sécurité ou du besoin d'identifier les gens pour lutter contre le terrorisme (cagoules, cache-nez, burqa, même combat!) les juges appellent un chat un chat:

Le tribunal administratif a estimé lundi que ce vêtement de bain féminin couvrant le corps et la tête était « de nature à porter à atteinte aux convictions ou l'absence de convictions religieuses des autres usagers de la plage » et pourrait « être ressenti comme une défiance ou une provocation exacerbant les tensions ressenties par la population (...)».

 
La conclusion est toute aussi directe:

« Quelle que soit la religion ou la croyance concernée les plages ne constituent pas un lieu adéquat pour exprimer de façon ostentatoire ses convictions religieuses. »


Rares sont les décisions de justice aussi limpides, en particulier lorsque l'islam est concerné. L'introduction du qualificatif d'ostentatoire est évidemment clé, et pourrait ouvrir tout un pan de jurisprudence permettant - avec la force adéquate - de mettre un terme à de nombreuses dérives ailleurs qu'à la plage, comme les prières de rue.

La laïcité française sera-t-elle un jour employée autrement que contre les catholiques?

Trop peu, trop tard?

La législation éventuelle sur le burkini sera peut-être un caillou symbolique sur le chemin de la radicalisation islamique en France, mais ne suffira évidemment pas à l'arrêter. En Corse, les esprits ne cessent de s'échauffer, comme en témoigne une vidéo qui fait le buzz sur Facebook:

Si ce ne sont là que des paroles - vindicatives certes - elles se rajoutent à de nombreux épisodes parfaitement concrets qui témoignent de la tension là-bas entre les autochtones et les musulmans qui auraient la mauvaise idée de la ramener un peu trop.

Frédéric Saint Clair livre dans les colonnes du Figaro une analyse virant au lyrique lorsqu'il parle de la Corse:

[La] Corse est l'âme de la France. En quel sens? Elle est le lieu où son esprit nationaliste et conservateur est demeuré intact. Elle est, en actes, ce que le reste du pays n'est qu'en pensée et en parole. Elle est la jeunesse de la France, sa fougue, sa folie, cette partie de soi-même que l'on sait devoir dompter, c'est à dire soumettre à la raison, sans pourtant se décider à le faire, peut-être à cause du bon sens qui émane bien souvent de cette folie, et dont notre raison moderne semble cruellement dépourvue.


Admiratif de la Corse "image exaltée d'une France fatiguée", il oublie que l'île endure une proportion de population musulmane trois fois plus élevée que sur le continent. L'irritation semble donc suivre le pourcentage, et plutôt qu'un témoignage de la vigueur de la Corse, nous pourrions simplement être en train de contempler notre propre avenir.

Entre une minorité musulmane revendicative, des habitants échaudés et un État encore plus faible que sur le reste du territoire français, la Corse semble une poudrière quasiment hors de contrôle. Si une guerre civile éclate un jour entre musulmans et infidèles en Europe occidentale, il se pourrait bien que l'Île de Beauté soit le théâtre des premières batailles.

Mise à jour (26 août): sans grande surprise, la décision du tribunal administratif de Nice a été cassée par le Conseil d’État: "La plus haute juridiction administrative a estimé que toute interdiction de ces tenues de bain islamiques très couvrantes devait s'appuyer sur des «risques avérés» pour l'ordre public."

28 août 2013

La bataille du voile

La lutte contre le foulard islamique et ses variantes sera, à n'en pas douter, la prochaine étape de la résistance contre l'islamisation.

Le canton du Tessin fera parler de lui le 22 septembre. Ce jour-là, en votation, les Tessinois seront amenés à se prononcer sur l'interdiction de la la burqa et du niqab au travers d'une initiative populaire:

"Personne ne peut voiler ou dissimuler son visage dans les rues et les parcs publics."

"Personne ne peut forcer un tiers à se voiler en raison de son sexe."


Le résultat du scrutin sera un véritable test de l'engouement populaire pour ce genre de mesure, loin des assertions lancées par de prétendus experts au nom de la société entière.

Je parie sur un plébiscite.

islam,votation du 22 septembre 2013,tessin,initiativeComme souvent sur les questions ayant trait à l'islam, les Tessinois auront dû affronter non seulement des opposants mais également leurs propres élites. Le Conseil d’État n'a pas hésité à s'emparer du débat à bras-le-corps pour livrer sa propre solution: une simple modification à la loi sur l'ordre public interdisant de se cacher le visage, sauf exceptions comme le port de vêtements de protection et de costumes... Une formulation générale afin que personne ne fasse le lien avec une quelconque religion de paix et d'amour! Non seulement personne n'est dupe, mais la manœuvre trahit la lâcheté des élus. Double échec.

D'après certains commentateurs éclairés, la loi devrait être rejetée parce que personne ne porterait de voile islamique au Tessin. Bizarrement, les mêmes dénoncent peu l'énergie dépensée par les autorités pour proposer un contre-projet à un non-problème.

Ces âmes bienheureuses capables d'embrasser d'un seul regard d'Airolo à Chiasso pour décréter que le port du voile intégral n'existe pas devraient aller au fond de leur raisonnement. Si personne ne le porte, qui l'interdiction gênera-t-elle? Faut-il à ce point être accueillant par avance envers les éventuels islamistes du futur? Au contraire, c'est précisément dans une optique de long terme que les membres du comité d'initiative situent leur texte. Ils ont parfaitement saisi les enjeux et ce que le contre-projet passe sous silence:

"Nous voulons que l’interdiction soit inscrite dans la Constitution afin que personne ne puisse plus changer ça, sauf le peuple. En outre, nous pensons que la dissimulation du visage en public  n’est pas seulement un problème de sécurité, comme le disent le Conseil d’Etat et la majorité de la commission, mais aussi et surtout une question de défense de valeurs qui méritent d’être inscrites dans la Constitution."

 
On ne peut pas avoir une discussion saine sur le voile en faisant abstraction de ce qu'il représente, ni du cadre dans lequel cette interdiction s'inscrit. Relevons donc quelques ornières intellectuelles dans lesquelles de nombreux intervenants ne manqueront pas de s'enfoncer.

Tout d'abord, le voile islamique n'est pas un "simple morceau de tissu". C'est un symbole destiné à marquer l'appartenance à la religion, la soumission de la femme et son infériorité générale vis-à-vis de l'homme, et un moyen d'exclusion faisant le lit du communautarisme. Le voile permet aux islamistes de se compter. Il est une étape sur le chemin de revendications plus poussées. Une femme intégralement voilée n'a aucune chance de décrocher un emploi ou d'avoir une vie sociale normale avec le reste de la société. Le voile rend l'intégration impossible et représente à ce titre un atout auprès de ceux qui rejettent toute forme d'intégration pour les musulmans et leurs familles. Sont donc partisans du voile tant les islamistes que, paradoxalement, certains xénophobes - au nom de la ségrégation des communautés.

Les femmes les plus manipulées clameront bien entendu que le choix de porter le voile est le leur et uniquement le leur, qu'elles n'ont jamais reçu ni coups ni menaces de leur entourage. Grand bien leur fasse, mais la question n'est pas là: le voile islamique est un puissant outil de prosélytisme. Ceux qui luttent contre le voile sur des raisons utilitaristes ("nous devrions tous être identifiables à n'importe quel moment") font fausse route. Se masquer le visage n'est pas qu'une affaire de police. Ce n'est pas la musulmane voilée qu'il faut défendre d'elle-même ou de son mari, mais les autres, celles qui ne sont pas voilées et qui sont poussées à l'être par la pression sociale communautaire et ce qu'il faut bien appeler un symbole marketing. Le prosélytisme sur la voie publique est interdit en Suisse, sauf autorisation officielle ; la force des islamistes est d'avoir inventé un code vestimentaire créant le prosélytisme par sa seule vision. Les femmes voilées sont les hommes-sandwich de l'islam!

Encore ne s'agit-il que d'un islam très éloigné de celui que pratiquent la plupart des musulmans intégrés depuis longtemps sous nos latitudes, car la pratique de l'islam ne requiert pas le port du voile. Comme le précise pudiquement wikipedia:

Si le "voile islamique" existe bien en tant que coutume, et s'il joue un rôle indiscutable de symbole identitaire pour certaines communautés musulmanes, son fondement théologique n'est pas établi de façon certaine.


En associant le port du voile à la pratique "normale" de l'islam, les défenseurs de la liberté de religion impliquent que la pratique "normale" de l'islam réclame le port du voile. C'est un autogoal infligé à toute la communauté modérée. Mais le voile n'est pas un pilier de l'islam, quelle que soit la doctrine musulmane considérée. On peut être une bonne famille musulmane sans que Madame ne porte le voile, n'en déplaise aux onctueux docteurs de la foi régulièrement invités sur les plateaux de télévision pour plaider la "liberté" d'enfermer les femmes sous des rouleaux de tissu.

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Jeune femme au miroir, Iran, fin XVIIIe-déb. XIXe siècle

Abordons pour finir un point mineur mais faisant rage dans certains cercles: l'interdiction du voile ne serait pas "libérale". L'interdiction du voile toujours et partout ne serait évidemment pas libérale ; heureusement, il n'en est pas question. Les musulmanes les plus acharnées peuvent porter une combinaison intégrale en mailles doublée de plomb chez elles ou chez leurs voisins si ça leur chante, aussi longtemps qu'il leur plaira, avec ma bénédiction. Le débat ne porte pas sur "l'interdiction du voile" mais sur "l'interdiction du voile dans l'espace public". Ce n'est pas la même chose.

Tous les libéraux vous le diront, l'espace public est une aberration juridique - ce qui ne l'empêche pas d'exister. Dès lors, il faut faire avec. Il n'y a rien d'absurde à laisser à l'approbation de la majorité les lois qui le régissent. Dans l'espace public, bien des comportements sont déjà interdits - faire trop de bruit, se promener nu, traverser en dehors des clous. Autant de restrictions progressivement érigées par des règlements ou par jurisprudence... Pourquoi l'interdiction du voile serait-elle taboue? Pourquoi serait-il "interdit d'interdire" dès que le sujet touche vaguement à l'islam?

Il est des gens qui se refusent à voir au-delà de la pièce de tissu. Certains ne connaissent rien à l'islam et ne veulent rien en connaître, d'autres sont des dhimmis hypocrites travaillant à se faire bien voir. Le voile comme le minaret ont leur place dans l'arsenal de conquête islamiste. Pour le comprendre, il faut abandonner ses repères et entrer un instant dans le schéma mental de l'autre - ce qui donne un nouveau sens à de nombreux aspects anodins de notre quotidien, même une simple demande de cigarette. Comme l'écrit un connaisseur du mode de pensée magrébin:

En interdisant la burqa, le législateur français a fait un pas dans le bon sens. Il a compris qu’en important des populations aux problèmes spécifiques, il faut des lois spécifiques. Maintenant, cet élan s’est arrêté là. Pourquoi à Trappes ou ailleurs on réagit si brutalement a cette loi ? Ce n’est pas tant pour défendre la burqa que pour terroriser le législateur et éviter qu’il n’aille plus loin avec des lois encore plus précises visant les problèmes de la communauté magrébine en France.



Trappes... L'exemple même de situation montrant qu'en France, le débat sur le voile n'est plus possible. L’État français a certes interdit le port du voile intégral, mais il ne contrôle plus de larges pans de son territoire - si bien que la moindre verbalisation d'une contrevenante mène à une nuit d'émeutes et au siège en règle d'un commissariat. Il en est réduit, piteusement, à essayer de limiter les dégâts à l'université...

En Suisse, il est encore possible d'agir, soutenu par une légitimité populaire inégalée, avant que le problème ne devienne insoluble. C'est vrai, le problème du voile intégral ne se pose pas de façon critique dans les rues helvétiques ; faudrait-il attendre que ce soit le cas? Je soutiens pleinement l'initiative tessinoise visant à interdire le port du voile islamique dans l'espace public. Si le succès est au rendez-vous, nous verrons certainement une suite de cette initiative à l'échelle fédérale.

18 octobre 2012

Feuille de route vers un désastre

Au hasard de leur pérégrinations, certains d'entre vous sont peut-être déjà tombés dans un recoin d'Internet sur la célèbre "carte de la domination islamique", une espèce de plan plus ou moins délirant de conquête du monde...

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26 août 2010

Tous voiles dehors

La Commission Fédérale contre le Racisme ne manque jamais une occasion de poursuivre sa politique partisane. Au menu du jour, le voile porté par des élèves musulmanes à l'école, qu'il s'agit de permettre à tout prix. Où quand l'administration décrète qu'il est interdit d'interdire...

L'information est relatée dans un article engagé du Temps intitulé "mobilisation contre l'interdiction du voile". En guise de contexte, on minimise le problème sur le thème du puis-qu'il-y-en-a-peu-pas-besoin-d'en-faire-un-flan, déjà largement entendu lors du débat sur l'interdiction des minarets. Les écolières de confession musulmane portant le voile à l’école obligatoire en Suisse sont-elles nombreuses? Sont-elles dix, vingt, cinquante? Les islamistes en Suisse, combien de divisions? Personne le le sait, puisque personne ne les compte...

N'empêche, il y en a.

945154O_ecoliere.jpgLe canton de Saint-Gall a mis les pieds dans le plat de la dhimmitude en adoptant au début de l'été une directive invitant les communes, seules compétentes en la matière, à interdire le port du voile à l'école - diérective faisant écho à des problèmes déjà rencontrés par certaines communes face à des élèves voilées. Francois Modoux, le journaliste du Temps, s'empresse de souligner que le président du Conseil de l’éducation du canton, Stefan Kölliker, porte l'étiquette UDC: le décor est dressé, les méchants fachos d'extrême-drouâte contre les gentilles élèves vivant paisiblement leur foi. Mais M. Modoux omet délibérément de préciser que les partis politiques de Saint-Gall ont tous soutenu la mesure, une information mentionnée à la TSR dans un reportage sur le même sujet. Et quant il titre son article "mobilisation contre l'interdiction du voile", il faut comprendre: mobilisation administrative de la CFR... Rien à voir avec un quelconque élan populaire.

Les islamistes ayant le chic et les complicités médiatiques pour provoquer des scandales à l'envi, comme par hasard, Elisa, une jeune fille voilée, débarque à la rentrée dans une école saint-galloise. Comme d'habitude dans ces cas-là, elle a pris toute seule la décision de provoquer une polémique en défiant le règlement de son école et ne voit pas le problème parce que c'est juste sa religion qui demande le voile... La méthode éprouvée a également le mérite de faire sortir du bois les possibles alliés parmi le troupeau des infidèles. On comptera sans surprise certains médias et la CFR dans cette liste.

Le plus intéressant n'est pas de savoir qui l'emportera entre la CFR et le règlement de la commune de Saint-Gall, mais bien les arguments de la première.

Invoquer la nécessité d’intégrer pour interdire le foulard islamique à l’école n’est qu’un prétexte, car au contraire la réglementation proposée ferait un obstacle à l’intégration, en rejetant des filles hors de l’école, note la Commission fédérale contre le racisme. L’interdiction enfreindrait donc le principe de l’égalité de traitement.

La CFR refuse l’interprétation que fait le Conseil de l’éducation saint-gallois du foulard islamique quand il décrète, dans sa circulaire, n’y voir «aucun sens religieux» mais plutôt «un simple moyen d’exprimer une identité culturelle». Porter le voile s’inscrit bien dans le domaine de la liberté de religion qui est largement protégée en Suisse, rappelle la CFR.

 

Le journaliste estime que la CFR démonte l'argumentation du Conseil de l’éducation saint-gallois point par point. Pour ma part, je me ferai un plaisir de démonter celle de la CFR.

Pour commencer, l'égalité de traitement. Il y aurait ainsi une inégalité entre les élèves voilées à qui on interdit le port du voile, et les élèves non voilées à qui on interdit le port du voile? Bizarre. A moins qu'il ne faille interdire quelque chose à chacun pour faire bonne mesure? Vous savez, tous ces catholiques arborant des croix comme si le monde leur appartenait...

Mais le meilleur est bien sûr de ramener le port du voie dans le domaine de liberté de religion puisqu'une telle déclaration signifie rien de moins que toutes les musulmanes doivent porter le voile. Si on ne peut interdire le voile parce qu'il est partie intégrante de la religion, cela signifie que tous les musulmans modérés dont les femmes ne sont pas voilées ne respectent pas les préceptes de leur religion, puisqu'elles renoncent à une partie intégrante de la religion. Et sont donc de mauvais musulmans. Ou comment la CFR pousse toute une frange de croyants modérés dans les bras des extrémistes en les insultant au passage. En si peu de mots, c'est un tour de force!

Le port du voile exprime un sens religieux tout à fait assumé, le prosélytisme, et c'est à ce titre qu'il devrait être absolument interdit à l'école. C'est un message envoyé aux non-musulmans: regardez-moi et voyez l'islam. C'est un message envoyé aux musulmans modérés: je suis plus proche d'Allah que vous. C'est un message envoyé à la société civile: l'embrigadement religieux de nos enfants est plus important que leur intégration scolaire. Le port du voile amène des débats et des discussions, débats et discussions avidement recherchés par les islamistes, parce qu'ils jouent sur leur terrain. Qu'ils argumentent autour de la sincérité de leur foi, de leur attachement à leurs croyances en terre infidèle, ou qu'ils cherchent juste à inventer une prétendue hostilité des mécréants envers tous les musulmans, ils ont tout à gagner d'une polémique.

Croire que celle-ci peut s'éteindre en autorisant le port du voile en classe est de la plus grande naïveté. Evidemment la faiblesse sera exploitée et les extrémistes grisés par cette première victoire. Loin d'être résolu, le problème s'amplifiera jour après jour, les parents n'ayant pas peur de pousser toujours plus loin le bouchon (exigence de repas halal, cinq prières par jour, non-mixité entre garçons et filles, etc.) et il est bien plus difficile de résister à ces revendications lorsque la tête voilée n'est pas un cas isolé mais représente 20% de l'effectif féminin des élèves...

La seule solution contre l'islamisation de la société - elle n'a rien de rampante - consiste à s'attaquer à la question dès qu'elle se pose et à fixer des limites claires et fermes. En gardant à l'esprit qu'une bonne partie des instances politiques et des journalistes jouent dans le camp adverse.