13 juin 2020

Black Lives Matter: la lettre d'un professeur de Berkeley

Un professeur d'histoire anonyme de l'Université de Berkeley a rédigé une lettre ouverte contre les récits du moment sur l'injustice raciale qui sous-tend le mouvement Black Lives Matter (BLM) et les protestations en cours un peu partout dans le monde, consécutives à la mort de George Floyd.

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Royce Hall de l'Université de Californie à Berkeley.

L'authenticité de l'auteur a été confirmée par le professeur adjoint de science politique de l'Université d'État du Kentucky, Wilfred Reilly, qui a dit avoir reçu une copie de la lettre de même que l'économiste de l'Université de Stanford, Thomas Sowell. La lettre fut publiée sur Twitter par Tracy Beanz, un journaliste d'investigation. En voici une traduction.

 


 

Lettre ouverte d'un professeur d'histoire de l'Université de Berkeley contre Black Live Matters, les brutalités policières et l'orthodoxie culturelle

Chers Professeurs X, Y et Z,

Je suis l'un de vos collègues de l'Université de Californie à Berkeley (UCB). Je vous ai rencontré personnellement, mais je ne vous connais pas de près et je vous contacte de manière anonyme, avec mes excuses. Je crains que la révélation publique de cet e-mail ne me fasse perdre mon emploi et probablement toute possibilité d'emploi futur dans mon domaine.

Dans vos récents courriels du département, vous avez mentionné notre engagement en faveur de la diversité, mais je suis de plus en plus alarmé par l'absence de diversité d'opinions sur le sujet des récentes manifestations et de la réaction de la communauté [académique] à leur égard.

Dans la profusion de liens et ressources que vous avez fournie, je n'ai trouvé aucune sorte de contre-argument substantiel ni de récit alternatif qui expliquerait la sous-représentation des Noirs dans le monde universitaire, ou leur surreprésentation dans le système de justice pénale. L'explication fournie dans votre documentation, à la quasi-exclusion de toutes les autres, est univariée: les problèmes de la communauté noire sont causés par les Blancs, ou, lorsque les Blancs ne sont pas physiquement présents, par l'infiltration de la suprématie blanche et du racisme systémique blanc dans les cerveaux, les âmes et les institutions en Amérique.

De nombreuses objections convaincantes à cette thèse ont été soulevées par des voix raisonnables, y compris au sein de la communauté noire elle-même, comme celles de Thomas Sowell et Wilfred Reilly. Ces gens ne sont pas des racistes ou des "Oncles Tom"[1]. Ce sont des savants intelligents qui rejettent un récit qui dépouille les Noirs de leur pouvoir et extériorise systématiquement les problèmes de la communauté noire vers des étrangers. Leur point de vue est totalement absent des communiqués des départements et de l'UCB elle-même.

L'affirmation selon laquelle les difficultés rencontrées par la communauté noire s'expliquent entièrement par des facteurs exogènes sous la forme de racisme systémique blanc, de suprématie blanche et d'autres formes de discrimination blanche reste une hypothèse problématique qui devrait être vigoureusement contestée par les historiens. Au lieu de cela, elle est traitée comme une vérité axiomatique, exploitable sans considération sérieuse de ses défauts profonds, ni de son inquiétante implication d'une impuissance totale des Noirs. Cette hypothèse transforme notre institution et notre culture, sans aucun espace de dissidence en dehors d'un discours étroit et strictement contrôlé.

Un contre-récit existe. Si vous avez le temps, veuillez envisager d'examiner certains des documents que je joins à la fin de cet e-mail. De manière écrasante, le raisonnement fourni par BLM et ses alliés est soit essentiellement anecdotique (comme dans le cas de l'essentiel de l'article incontestablement émouvant de Ta-Nehisi Coates), soit avec des motivations transparentes. Comme exemple de ce dernier problème, considérons la proportion de Noirs américains incarcérés. Cette proportion est souvent utilisée pour qualifier le système de justice pénale d'anti-noir. Cependant, si nous utilisons précisément la même méthodologie, nous devrions conclure que le système de justice pénale est encore plus anti-masculin qu'il est anti-noir.

Pourrions-nous qualifier la justice pénale de complotiste, systématiquement biaisée contre les personnes de sexe masculin, à l'encontre d'Américains innocents? J'espère que vous comprenez à quel point une mise en sommeil importante de nos facultés rationnelles s'impose pour accepter ce type de raisonnement imparfait. Les Noirs ne sont pas incarcérés à des taux plus élevés que ce que montre leur implication dans des crimes violents. Ce fait a été démontré à plusieurs reprises dans plusieurs juridictions dans plusieurs pays.

Et pourtant, je vois mon département reproduire sans discernement un récit qui diminue le pouvoir noir en faveur d'une explication centrée sur le Blanc, qui fait appel au désir apparent du département d'assumer le "fardeau de l'homme blanc"[2] et de promouvoir un récit de culpabilité blanche.

Si nous prétendons que le système de justice pénale est suprémaciste blanc, pourquoi les Américains d'origine asiatique, les Indiens d'Amérique et les Américains nigérians sont-ils incarcérés à des taux considérablement inférieurs à ceux des Américains blancs? C'est une drôle de suprématie blanche. Même les Juifs américains sont moins incarcérés que les gentils Blancs. Je pense qu'il est juste de dire que votre suprémaciste blanc moyen désapprouve les Juifs. Et pourtant, ces prétendus suprémacistes blancs incarcèrent des gentils à des taux beaucoup plus élevés que les Juifs. Rien de tout cela n'est abordé dans votre littérature. Rien de tout cela n'est expliqué, à part en agitant la main et en lançant des attaques ad hominem. "Ce sont des arguments racistes". "La notion de minorité exemplaire est un mythe entretenu par les suprémacistes blancs". "Seuls les fascistes parlent des crimes des Noirs contre les Noirs", ad nauseam.

Les déclarations de ce type ne constituent pas des contre-arguments: ce sont simplement des classifications arbitraires et offensantes, destinées à réduire au silence et à empêcher toute discussion. N'importe quel historien sérieux les reconnaîtra pour ce qu'elles sont, des tactiques visant à faire taire toute critique de l'orthodoxie, communes aux régimes répressifs, aux doctrinaires et aux religions à travers le temps et l'espace. Ces déclarations visent à écraser la vraie diversité et à chasser pour de bon toute culture robuste de critique intellectuelle de notre département.

Nous sommes de plus en plus appelés à nous conformer et à souscrire à la vision problématique de l'Histoire selon BLM, et le département est présenté comme unifié sur la question. En particulier, les minorités ethniques sont volontairement rassemblées au sein d'une posture unique. Cette unité apparente est probablement fonction du fait que la dissidence pourrait très certainement mener au renvoi ou à la non-reconduction de ceux d'entre nous qui sont dans une situation précaire, ce qui n'est pas un petit nombre.

Personnellement, je n'ose pas m'élever contre le récit de BLM. Sous ce déluge d'unité présumée dont l'administration, les professeurs titulaires, l'administration de l'Université, les entreprises américaines et les médias nous inondent en masse, la punition pour dissidence est un danger évident à une époque de vulnérabilité économique généralisée. Je suis certain que si mon nom était joint à cet e-mail, je perdrais mon emploi et toute possibilité d'emploi futur, même si je crois et je peux justifier chaque mot que je tape.

La grande majorité des violences exercées sur la communauté noire est commise par des Noirs. Il n'y a pratiquement pas de marches pour ces victimes invisibles, pas de minutes de silence, pas de lettres sincères des responsables de l'Université, des doyens ni des chefs de département. Le message est clair: les vies noires ne comptent que lorsque les Blancs les prennent. La violence noire est inévitable et insoluble, tandis que la violence blanche demande des explications et exige une solution. Osez regarder dans vos cœurs pour réaliser à quel point cette formulation est sectaire.

Aucune discussion n'est autorisée pour les victimes non noires de violence noire, qui sont proportionnellement plus nombreuses que les victimes noires de violence non noire. C'est particulièrement amer dans la région de la Baie, où la proportion de victimes asiatiques par des assaillants noirs atteint des proportions épidémiques, au point que le chef de la police de San-Francisco a conseillé aux Asiatiques d'arrêter de suspendre des porte-bonheur à leurs portes, car cela attire l'attention de violeurs de domiciles (massivement noirs). Des importuns comme George Floyd. Pour cette réalité concrète, vécue, y compris physiquement, de la violence aux États-Unis, il n'y a pas de marches, pas de courriels larmoyants des chefs de département, pas de soutien de McDonald's ni de Wal-Mart. Pour le département d'histoire, notre silence n'est pas une simple abrogation de notre devoir de faire la lumière sur la vérité: c'est un rejet de celle-ci.

L'affirmation selon laquelle la violence intra raciale noire est le produit du redlining [3], de l'esclavage et d'autres injustices repose sur des faits largement historiques. Il appartient donc aux historiens d'expliquer pourquoi l'internement des Japonais ou le massacre des Juifs européens n'a pas conduit à des taux de dysfonctionnement équivalents et à de faibles statuts socio-économiques chez les Japonais et les Juifs américains, respectivement. Les Arabo-américains ont été méchamment diabolisés depuis le 11 septembre, tout comme les Sino-américains plus récemment. Cependant, les deux groupes surpassent les Américains blancs sur presque tous les indices de statut socio-économique - tout comme les Américains nigérians, qui ont d'ailleurs la peau noire. Il appartient aux historiens de signaler ces anomalies et d'en discuter. Cependant, aucune véritable discussion n'est possible dans le climat actuel de notre département. L'explication nous est fournie: tout désaccord avec la position officielle est raciste, et le travail des historiens est d'explorer plus en détail d'autres façons de montrer que l'explication est correcte. Il s'agit d'une parodie de la profession d'historien.

Plus troublant encore, notre ministère semble avoir été entièrement subjugué par les intérêts de la Convention Démocratique Nationale et du Parti Démocrate en général. Pour expliquer ce que je veux dire, réfléchissez à ce qui se passe si vous choisissez de faire un don à Black Lives Matter, une organisation que le département d'histoire de l'Université de Californie à Berkeley a explicitement promu dans ses récents courriers. Tous les dons sur le site Web officiel de BLM sont immédiatement redirigés vers ActBlue Charities, une organisation principalement concernée par le financement des campagnes électorales pour les candidats démocrates. Faire un don à BLM aujourd'hui revient à faire un don indirect à la campagne 2020 de Joe Biden. C'est grotesque étant donné que les villes américaines avec les pires taux de violence de Noirs contre des Noirs, ou de violence policière sur des Noirs, sont dans une écrasante majorité conduites par des Démocrates. Minneapolis elle-même est entièrement entre les mains des Démocrates depuis plus de cinq décennies ; le "racisme systémique" y a été construit par les administrations démocrates successives.

L'attitude paternaliste et condescendante des dirigeants démocrates envers la communauté noire, illustrée par presque toutes les déclarations de Biden sur la race noire, ne font que garantir un état perpétuel de misère, de ressentiment, de pauvreté et une politique de griefs qui anéantit simultanément le débat politique américain et des vies noires. Et pourtant, faire un don à BLM, c'est financer les campagnes électorales d'hommes comme le maire Frey, qui ont vu leurs villes dégénérer dans la violence. Il s'agit de la captation grotesque d'un mouvement de bonne foi visant à une nécessaire réforme de la police, et de notre département, en faveur d'un parti politique. Pire encore, il n'y a pratiquement aucune possibilité de dissidence dans le milieu universitaire. Je refuse de servir le Parti, et vous devriez aussi.

L'alliance totale des grandes sociétés impliquées dans l'exploitation humaine avec BLM devrait être un signal d'avertissement pour nous, et pourtant cette preuve accablante passe inaperçue, délibérément ignorée ou célébrée de façon perverse. Nous sommes les idiots utiles des classes les plus riches, porteurs d'eau pour Jeff Bezos et autres esclavagistes de notre temps, réels et modernes. Starbucks, une organisation utilisant des Noirs travaillant littéralement comme des esclaves chez ses fournisseurs de plantations de café, est en faveur de BLM. Sony, une organisation utilisant du cobalt extrait encore plus littéralement par des esclaves noirs, dont beaucoup sont des enfants, est en faveur de BLM. Et apparemment, nous aussi. L'absence de contre-récit permet cette obscénité. Fiat lux, en effet.[4]

Il existe également un large éventail de ceux que l'on ne peut qualifier que "d'arnaqueurs raciaux": des bonimenteurs de toutes couleurs qui tirent profit des brasiers de conflits raciaux pour obtenir des emplois administratifs, des postes de gestion caritative, des emplois universitaires et de l'avancement, ou atteindre des objectifs politiques personnels.

Étant donné la direction que notre département d'histoire semble prendre, loin de tout engagement envers la vérité, nous pouvons nous considérer comme une institution de formation pour cette catégorie de charlatans. Leurs activités sont corrosives, détruisant tout espoir d'une coexistence raciale harmonieuse dans notre nation et envahissant notre vie politique et institutionnelle. Beaucoup de leurs voix sont ségrégationnistes, ce qui n'est pas sans ironie.

Martin Luther King serait probablement qualifié "d'Oncle Tom" s'il parlait sur notre campus aujourd'hui. Nous formons des dirigeants qui ont l'intention, de manière explicite, de détruire l'une des seules sociétés ethniquement diversifiées véritablement prospère de l'histoire moderne. Alors que la République Populaire de Chine, un régime nationaliste bâti sur une base ethnique, agressivement raciste et chauvin, avec une immigration nulle et sans concept de jus solis, se présente de plus en plus comme l'alternative politique mondiale aux États-Unis, je vous demande: est-ce sage? Sommes-nous vraiment en train d'agir comme il faut?

Enfin, notre université et notre département ont fait plusieurs déclarations pour célébrer et faire l'éloge de George Floyd. Floyd était un criminel récidiviste qui a autrefois tenu une femme noire enceinte sous la menace d'une arme. Il est entré par effraction chez elle avec une bande d'hommes et a pointé une arme sur son ventre de femme enceinte. Il a terrorisé les femmes de sa communauté. Il a engendré et abandonné plusieurs enfants, ne jouant aucun rôle dans leur soutien financier ni leur éducation, échouant à l'un des tests de décence les plus élémentaires pour un être humain. Il était toxicomane et parfois trafiquant de drogue, un escroc qui s'en prenait à ses voisins honnêtes et travailleurs.

Et pourtant, les dirigeants de l'Université de Californie et les historiens du département d'histoire célèbrent ce criminel violent, élevant son nom à la sainteté virtuelle. Un homme qui a blessé les femmes. Un homme qui a blessé des femmes noires. Avec la pleine collaboration du département d'histoire de l'UCB, des entreprises américaines, de la plupart des médias grand public et de certaines des élites les plus riches et les plus privilégiées qui façonnent l'opinion des États-Unis, il est devenu un héros culturel, enterré dans un cercueil doré, sa famille (officielle) couverte de cadeaux et de louanges. Les Américains subissent des pressions sociales pour s'agenouiller à cause de ce misogyne violent et abusif. Une génération d'hommes noirs est forcée de s'identifier à George Floyd, le pire ambassadeur qui soit de sa couleur de peau et de la race humaine.

J'ai honte de mon département. Je dirais que j'ai honte de vous aussi, mais peut-être êtes-vous d'accord avec moi et avez-vous simplement peur, comme moi, du retour de bâton après avoir dit la vérité. Il est difficile de donner un sens au fait de se mettre à genou quand vous devez vous agenouiller quotidiennement pour garder votre travail.

Cela ne devrait pas affecter la force de mon argumentation précédente, mais pour mémoire, j'écris tout cela en tant que personne de couleur. Ma famille a été personnellement victime d'hommes comme M. Floyd. Nous sommes conscients des déprédations condescendantes du Parti Démocrate contre notre race. L'hypothèse humiliante selon laquelle nous sommes trop stupides pour faire des tests de raisonnement STEM, que nous avons besoin d'une aide spéciale et d'exigences moindres pour avancer dans la vie, nous est largement familière. Je me demande parfois s'il ne serait pas plus facile de traiter avec des fascistes classiques, qui seraient au moins directs en me traitant de sous-homme, et qui ont peu de chances de partager ma couleur de peau.

L'omniprésente bigoterie doucereuse des exigences moindres et l'affirmation permanente selon laquelle les solutions au sort de mon peuple reposent exclusivement sur la bonne volonté des Blancs plutôt que sur notre propre travail acharné, sont psychologiquement dévastatrices. Aucun autre groupe en Amérique n'est systématiquement démoralisé de cette manière par ses prétendus alliés. On enseigne à toute une génération d'enfants noirs que ce n'est qu'en mendiant, en pleurant et en hurlant qu'ils obtiendront des miettes de la part de Blancs culpabilisés.

Aucun message ne dévastera plus sûrement leur avenir, surtout si les Blancs sont à court de culpabilité, voire même, si l'Amérique est à court de Blancs. Si cela s'était passé ainsi pour les Américains d'origine japonaise, les Américains juifs ou les Américains d'origine chinoise, alors Chinatown et Japantown ne seraient certainement pas différents aujourd'hui des quartiers les plus dévastés de Baltimore et d'East St. Louis. Le département d'histoire de l'UCB est maintenant le promoteur institutionnel d'une erreur destructrice et dénigrante sur la race noire.

J'espère que vous mesurez la frustration derrière ce message. Je ne soutiens pas Black Lives Matter. Je ne soutiens pas le programme de griefs des Démocrates et la capture incontestée de notre ministère par le Parti. Je ne soutiens pas que le Parti décide au nom ma race, comme Biden l'a fait récemment dans sa troublante interview, affirmant qu'être Noir revient obligatoirement à voter démocrate. Je condamne la manière dont George Floyd est décédé et je me joins à vous pour demander une plus grande responsabilisation et une réforme de la police. Cependant, je ne prétendrai pas que George Floyd était autre chose qu'un misogyne violent, un homme brutal qui a connu une prévisible fin brutale.

Je veux aussi protéger la pratique de l'Histoire. Cleo n'est pas la servante soumise des politiciens et des entreprises. Comme nous, elle est libre.

 


 

[1] Oncle Tom: tiré du livre La Case de l'Oncle Tom, surnom dénigrant donné aux Noirs qui vivent heureux au milieu des Blancs, ce qui ne saurait être, du point de vue de ceux qui l'expriment, qu'une hypocrisie dictée par des nécessités de survie. Retour

[2] Fardeau de l'homme blanc: titre d'un poème de Rudyard Kipling en 1899 résumant la pensée selon laquelle l'homme blanc aurait entre ses mains le devoir de civiliser, de subvenir aux besoins et d'administrer les populations colonisées (le "fardeau" pouvant être à la fois pour ces populations et pour le colonisateur lui-même). Elle justifie la colonisation en tant que mission civilisatrice. Retour

[3] Le redlining est une pratique discriminatoire consistant à refuser ou limiter les prêts aux populations situées dans des zones géographiques déterminées, selon Wikipédia. Retour

[4] Fiat Lux, "que la lumière soit!", employé ici avec ironie, est la devise de l'Université de Californie à Berkeley. Retour

20 mars 2019

De Christchurch à Utrecht

Christchurch en Nouvelle-Zélande. Un "extrémiste de droite", Brenton Tarrant, ouvre le feu dans deux mosquées de la ville, provoquant 50 morts et autant de blessés, des victimes de 3 à 77 ans. Il s'agit du massacre le plus meurtrier en temps de paix dans ce pays depuis plus d'un siècle.

Dans la tête d'un terroriste anti-musulman

Brenton Tarrant a préparé son coup. Peu avant la tuerie - qu'il filme et diffuse en direct sur les réseaux sociaux - il publie en ligne un manifeste de 74 pages expliquant qui il est et pourquoi il a conduit cette attaque, tout en affirmant avoir été inspiré par le tueur norvégien Anders Breivik.

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Le tireur a marqué les noms de suprémacistes blancs sur ses armes et ses chargeurs

Le texte contient un dialogue avec lui-même à travers une série de questions réponses, la première d'entre elle demandant: "qui êtes-vous"? Citant l'Independent:

"Je suis un homme blanc ordinaire, âgé de 28 ans. Né en Australie d'une famille de travailleurs à bas revenus.

Mes parents sont d'origine écossaise, irlandaise et anglaise. J'ai eu une enfance ordinaire, sans grand problème. J'avais peu d'intérêt pour l'enseignement dispensé à l'école, parvenant tout juste à décrocher mon diplôme."

Il ajoute: "Je suis juste un homme blanc ordinaire, d'une famille ordinaire. Qui a décidé de se mettre debout pour donner un futur à son peuple."
Il se décrit comme une personne "renfermée et principalement introvertie" et admet qu'il est raciste, ajoutant qu'il est "éco-fasciste par nature".


Éco-fascisme? Selon Tarrant, les maux de l’humanité sont tous causés par la surpopulation. Et les peuples ethniquement européens seraient les seuls à ne pas "surpeupler la planète". Quant au choix de sa cible, elle est essentiellement due au hasard:

Selon lui, la Nouvelle-Zélande n'était pas le premier choix pour une attaque ; il dit qu'il y vint temporairement seulement pour planifier son coup et s'entraîner.
Sur la planification de l'attentat, il écrit: "J'ai commencé à planifier le concept de l'attaque il y a environ deux ans et l'attaque précisément contre les lieux de Christchurch trois mois avant."


Il donne aussi son avis sur l'actualité politique.

Quant à savoir s'il soutient le Brexit, il écrit: "Oui, bien que pas pour  les raisons politiques officielles. La vérité est que, finalement, les gens doivent faire face au fait que cela n’avait rien à voir avec l’économie.

C'était le peuple anglais ripostant contre l'immigration de masse, les changements culturels et le globalisme, et c'était une chose grande et merveilleuse."

Quant à savoir s'il soutient le Président Trump, il écrit: "Comme le symbole d'une identité blanche renouvelée dans un but commun? Certainement. Comme législateur et leader? Mon Dieu non."


D'autres détails filtrent dans la presse anglaise, notamment l'Indépendant:

Brenton Tarrant affirme également que son idée d'attaque lui a été inspirée par les attentats islamistes, pour se "venger" d'un attentat terroriste commis en Suède et faisant une jeune fille parmi les victimes.

"Deux ans avant l'attaque [de Christchurch], cela a radicalement changé mon point de vue. La période allait d'avril 2017 à mai 2017", écrit-il. "Le premier événement qui a marqué le début du changement a été l'attaque terroriste de Stockholm le 7 avril 2017. Je ne pouvais plus tourner le dos à la violence. Quelque chose était différent cette fois. Cette différence était entre Ebba Akerlund... Ebba se rendait à pied à la rencontre de sa mère après l'école quand elle fut assassinée par un attaquant islamiste."

Expliquant son plan pour le massacre, le tireur écrit qu'il agit "avant tout pour montrer aux envahisseurs que nos terres ne seront jamais leurs terres, que nos foyers sont à nous, et que, aussi longtemps que vit un homme blanc, ils ne conquerront JAMAIS nos terres et ne remplaceront jamais nos peuples."


Radicalisé en France. La "seconde étape" de sa radicalisation vient d'un séjour en France. Citant Ouest-France:

La victoire d’Emmanuel Macron contre Marine Le Pen lors de la présidentielle française de 2017, est celle, selon lui, d’un "ancien banquier internationaliste, mondialiste, anti-blanc" contre une "mollassonne" et "timide". Il juge d’ailleurs le parti de Marine Le Pen "complètement incapable de créer un réel changement".

Il fait le portrait d'une France peuplée d’envahisseurs "non-blancs", qu’importe la taille de la ville. Les Français y sont décrits comme "pessimistes", le pays comme "en perte de culture et d’identité" et l'auteur du Manifeste déplore la pauvreté des "solutions politiques offertes".


En observant dans un cimetière militaire "les croix blanches" à l’horizon, Brenton Tarrant dit avoir "éclaté en sanglots", précise LCI.

D'autres détails filtrent encore dans les médias, mais sont moins rapportés. Le terroriste conçoit parfaitement la possibilité qu'il meure au cours de l'attaque. Mais s'il y survit, dit-il, il se fera un plaisir de "contribuer à être à la charge de l'État tout le reste de sa vie," une façon supplémentaire d'afficher sa haine des gouvernements comme celui de Nouvelle-Zélande.

Manque de chance, le pays a aboli la peine de mort pour tous les crimes en 1989. Et maintenant des gens manifestent pour la rétablir. Apparemment l'idée que certains crimes méritent une peine adéquate (re)fait gentiment son chemin.

Traitement médiatique

Les quelques extraits ci-dessus montrent que le terroriste, son acte et sa personnalité ont intéressé les médias aux plus haut point, bien qu'ils soient gênés de "faire de la publicité" à l'acte et à son auteur. Les médias évoquent la réaction de Néo-zélandais qui offriraient des millions de dollars de dons aux victimes, se couvriraient la tête ou achèteraient en réaction de la viande halal. On attendra la symétrie des musulmans qui offriraient des millions de dollars à des victimes de l'islam, rejetteraient le voile ou achèteraient du porc comme protestation après un attentat islamiste...

Il ne fallut que quelques heures avant que la polémique sur le contrôle des armes ne surgisse. "Ils n'apprennent jamais", se lamenta Leesa K. Donner sur LibertyNation.

La Nouvelle-Zélande applique déjà une politique assez stricte de contrôle des armes à feu. Posséder une arme au pays des Kiwis n’est pas un droit, mais un privilège accordé à ceux qui sont prêts à obéir à toutes les lois sur les armes à feu. Et elles sont nombreuses. Tout le monde doit avoir une licence et faire vérifier ses antécédents. Ils doivent tous suivre un cours sur la sécurité - la possession légale d'une arme à feu est un processus long et ardu. Si vous pouvez imaginer une loi sur le contrôle des armes à feu, la Nouvelle-Zélande l'a probablement déjà dans ses tablettes.


1,2 millions de citoyens disposent déjà d'une arme, dans un pays vaste et peu peuplé qui contient plus de moutons que d'humains. Il ne sera pas facile de désarmer tout le monde ; mais comme le rappelle la chroniqueuse, "cela n'aurait eu aucun effet sur la tuerie de Christchurch de toute façon".

L'ONU devient d'extrême-droite. Suivant un scénario rodé, l'assassin est associé aux personnalités politiques gênantes du moment ; les médias français sont à deux doigts d'accuser Marine Le Pen de complicité dans la tuerie. Ici, pas de déséquilibré, pas de "piste terroriste possible", pas de padamalgam - c'est tout le contraire.

Le manifeste du terroriste est aussi jeté aux orties, puisqu'il expose la théorie du Grand Remplacement qui ne saurait être qu'un délire issu de l'esprit fiévreux d'un militant d'extrême-droite. Dommage que celle-ci soit officiellement disponible sur le site de l'ONU sans compter les innombrables déclarations des responsables de l'organisation encourageant les migrations massive de population du Tiers-monde comme moyen "d'équilibrer" la démographie de l'occident vieillissant.

Pendant ce temps au Nigeria... Certains internautes pointent du doigt un certain déséquilibre: ainsi, Breitbart.com rapporte que 120 chrétiens ont été tués au Nigeria par des islamistes durant les trois dernières semaines. Quels médias mainstream ont évoqué ces massacres? La réponse est rapide: aucun.

Les réseaux sociaux font l'objet de furieuses polémiques. Un Internaute s'insurge ainsi que 122 attentats terroristes islamistes aient eu lieu dans les 30 derniers jours, provoquant 859 morts dans 21 pays. Mais Facebook veille à ce que l'information ne s'affiche pas facilement:

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L'outrage semble surtout être vis-à-vis des opinions politiques de Facebook...

Et si l'ont prend des statistiques plus anciennes, on en serait à 34'717 morts  dans le monde depuis le 11 septembre 2001 - en prenant uniquement en compte les attentats islamistes terroristes identifiés comme tels et non pas les attaques, coups de poignards, écrasement par véhicule et autre égorgements proférés par de simples "déséquilibrés".

"Peut-être que la vie des musulmans vaut plus que celle des chrétiens?" demandent des Internautes. Je ne pense pas que cela soit le cas, simplement parce que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme islamiste. Selon moi, la particularité de la tuerie de Christchurch vient de la personnalité du tueur et de ses motivations.

Les services de sécurité du monde entier sont sur la sellette, et la Nouvelle-Zélande ne fait pas exception. Elle emploie d'immenses ressources pour mener la vie dure à Kim Dotcom de Megaupload, doubla son budget depuis 2012, mais s'avéra incapable de déceler un profil comme celui du terroriste de Christchurch. Alors, à quoi sert tout cet argent?

Dans la tête d'un terroriste musulman

L'attaque terroriste de Christchurch monopolisa les médias, mais elle ne fut même pas la dernière de ces jours. Une actualité chasse l'autre, comme on dit. Lui succéda, le 18 mars, une "fusillade" à Utrecht, aux Pays-Bas. L'auteur serait un certain Gökmen Tanis, Turc de 37 ans passé par la Tchétchénie et en contact avec des individus partis faire le djihad au sein de l'État Islamique.

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Bien que le mode opératoire et la personnalité du tueur fassent partie des grands classiques, on parla longtemps d'acte terroriste "possible", l'autre possibilité étant le "déséquilibre", tant il est commun de se promener en ville en ouvrant le feu sur les individus croisés en chemin.

On n'en sait encore peu sur Gökmen Tanis, mais certains détails de son passage à l'acte sont clairs, même si les médias évitent d'en parler. Le passage à l'acte de Gökmen Tanis à Utrecht pourrait être consécutif à celui de Brenton Tarrant à Christchurch.

Autrement dit, face à un déséquilibré ouvrant le feu sur des musulmans innocents, un autre déséquilibré à l'autre bout du monde ouvrirait le feu sur des civils innocents.

Ainsi, Gökmen Tanis aurait publié sur un compte Twitter lui appartenant une photographie du fusil utilisé par le tireur de Nouvelle Zélande.

Une guerre civile qui ne dit pas son nom

Un autre Bretton Tarrant serait difficile à déceler tant il fut banal avant son passage à l'acte. Il existe probablement des centaines de milliers, voire des millions de Bretton Tarrant d'avant Christchurch de par le monde. La plupart ne passeront heureusement jamais à l'acte, mais d'autres, si.

De même, il existe des centaines de milliers, voire des millions de Gökmen Tanis d'avant Utrecht de par le monde. La plupart ne passeront heureusement jamais à l'acte, mais d'autres, si.

Le but de l'exercice n'est pas de compter la proportion des uns et des autres, mais de comprendre que les Bretton Tarrant et les Gökmen Tanis sont tous deux persuadés d'être en guerre, une guerre totale. Ils n'hésitent pas à s'attaquer à des civils désarmés dans des tueries plus ou moins improvisées, fut-ce à 20'000 kilomètres l'un de l'autre, dans un échange mortel.

Les gens normaux sont saisis d'horreur face à leurs actes, mais une partie de l'opinion publique peut aussi penser que nous nous dirigeons petit à petit vers une guerre civile en bonne et due forme. Elle éclatera réellement si une proportion suffisante de gens le pensent ainsi - en particulier des leaders politiques - peu importe le désir de paix de la majorité.

La masse critique n'est pas encore atteinte, mais lorsque les opérations punitives commencent à s'enchaîner de part et d'autre du globe, la trajectoire devient franchement inquiétante.

09 décembre 2018

Martine Brunschwig Graf, le mensonge dans la peau

Les innombrables ramifications de l'affaire Ramadan n'en finissent pas de faire des vagues. Certaines s'échouent jusque sur la grève de Genève, éclaboussant des notables qu'on aurait espéré au-dessus de tout soupçon.

Tariq Ramadan, coupable d'actes sexuels sur mineures

Comme d'habitude, il faut quérir ailleurs l'information qui concerne la Suisse romande. Ici, il faut la chercher dans le magazine français Le Point - qui cite lui-même un reportage de Radio Lac, peu repris par les médias locaux - pour savoir de quoi il retourne.

Tariq Ramadan est rattrapé par son passé d'enseignant en Suisse. L'enquête, commandée par le gouvernement du canton de Genève sur les abus à l'école, porte principalement sur le Cycle d'orientation des coudriers et sur le collège de Saussure, où Tariq Ramadan a enseigné le français entre 1984 et 2004. Ce rapport confidentiel, remis au Conseil d'État le 31 octobre dernier, vient d'être révélé par Radio Lac. Les enquêteurs, deux anciens juges, ont entendu une cinquantaine de personnes, dont quatre anciennes élèves du prédicateur.


On peut lire que Tariq Ramadan serait parvenu à entretenir des relations sexuelles avec trois élèves âgées de 15 à 18 ans. Une ancienne élève confiait avoir été "abusée et violentée". "J'ai eu des relations sexuelles avec lui. Il était marié et père de famille. Cela s'est passé trois fois, notamment dans sa voiture. C'était consenti mais très violent. J'ai eu des bleus sur tout le corps. Il m'a toujours fait croire que je l'avais cherché".

Ces actes sont punis par les articles 187 à 190 du Code Pénal.

Lors de l'ouverture de l'enquête, Tariq Ramadan avait aussitôt annoncé qu'il déposerait une plainte contre X pour diffamation, voire calomnie. Un an plus tard, il n'a toujours rien fait. Il est vrai que la posture de respectabilité du prédicateur des Frères Musulmans est devenue difficile à tenir.

Mais d'autres questions sont aussi importantes, notamment, comment un simple professeur a-t-il pu contraindre sexuellement voir violer ses propres élèves, au sein même de l'école publique, pendant des années, au nez et à la barbe de toute la hiérarchie de l'institution?

La réponse est évidente: il a été couvert.

Martine Brunschwig Graf, celle qui savait et choisit de mentir

Les explications sont données dans la suite de l'article, dont un passage hallucinant que je me permets de souligner.

Le rapport met également en cause le directeur du collège de Saussure. Alerté sur les agissements de Tariq Ramadan, il n'aurait pas cherché à « approfondir des faits rapportés par de tierces personnes, témoins directs de comportements inadéquats, au motif que de tels faits devaient être dénoncés par la victime elle-même ». Quant à Martine Brunschwig Graf, ministre de l'Instruction publique à l'époque, elle reconnaît avoir menti à la presse en évoquant de « simples rumeurs ». En fait, elle aurait bien été informée que Tariq Ramadan entretenait des relations intimes avec certaines de ses élèves. Notamment par une enseignante à la retraite « et féministe ».

Malgré cela, le rapport, très « suisse » (sic), se contente d'évoquer des « dysfonctionnements », mais pas de « manquements ». Une conclusion qui fait bondir Anne-Marie Von Arx Vernon, députée démocrate-chrétienne. Sur Radio Lac, elle dénonce un « rapport décevant et peu respectueux des victimes, qui n'ont pas été prises au sérieux ». C'est cette élue, à l'origine en novembre 2017 de la création d'un comité de soutien aux anciennes élèves abusées par Tariq Ramadan, qui a insisté pour que le ministère de l'Instruction publique mène cette enquête.


racismeMadame Brunschwig Graf a couvert un enseignant dans une affaire d'actes sexuels sur mineurs.

Madame Brunschwig Graf a sciemment menti à la presse et, à travers elle, au grand public et aux autorités du pays.

Ces actes sont d'une extrême gravité. Dans une époque où des élites tombent pour corruption, les errements de Mme Brunschwig Graf sont encore plus graves: elle foula au pied les devoirs mêmes qui étaient associés à son mandat de l'époque. Elle n'a tout simplement aucune excuse.

Combien de femmes auraient pu ne pas être violées les années suivantes si Mme Brunschwig Graf, il y a quinze ans, avait pris ses responsabilités à l'encontre de M. Ramadan?

Quant à comprendre pourquoi Mme Brunschwig Graf se trouva si compréhensive à l'égard d'un détraqué sexuel sévissant au sein des écoles genevoises, l'explication pourrait se trouver dans l'individu concerné. Le séducteur pathologique pourrait être parvenu à subjuguer jusqu'à la politicienne elle-même.

Cette théorie - qui ne dépassera sans doute jamais ce stade à moins d'un grand déballage - aurait aussi le mérite d'expliquer l'étrange mansuétude de Mme Brunschwig Graf vis-à-vis de l'islam à travers son mandat de Présidente de la Commission Fédérale contre le Racisme. Quelques exemples de sa partialité se trouvent ici, ici ou ici, relevés par la vigilance de citoyens concernés par la montée de l'islamisme en Suisse.

Nommée par le Conseil Fédéral, Mme Brunschwig Graf, 68 ans, en est à son deuxième mandat de quatre ans à la tête de la Commission. Il court jusqu'en 2020. Quelles que soient ses motivations pour couvrir Tariq Ramadan lorsqu'il sévissait à Genève, on se demande comment à Berne les autorités peuvent rester sourdes, muettes et aveugles face à une directrice de Commission fédérale qui avoue carrément à la presse qu'elle a menti dans l'exercice de ses fonctions alors qu'elle n'était "que" Conseillère d'État. Sa probité est irrémédiablement salie.

Un poste aussi important que le sien ne devrait-il pas impliquer une éthique irréprochable?

Mise à jour (10 décembre): il n'aura pas fallu longtemps, une pétition en ligne circule désormais pour demander la fin de l'impunité de Mme Brunschwig Graf. Comme quoi je ne suis pas la seule personne choquée ici-bas.

Mise à jour (14 décembre): encore de nouvelles victimes du prédicateur islamiste révélées dans la Tribune de Genève, six pour l'instant, toujours à la même époque où Mme Brunschwig Graf fermait plaisamment les yeux.

23:02 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : racisme |  Facebook

20 octobre 2018

Elizabeth Warren et l'ADN de la bêtise

Des États-Unis nous viennent une des plus hilarantes mésaventure politique de ces dernières années, je veux parler des "racines amérindiennes" d'Elizabeth Warren.

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Elizabeth Warren, Sénatrice du Massachusetts (vue d'artiste)

Le pari génétique

Pour être désinformé, il suffit de lire la presse francophone, comme Le Figaro par exemple. Prenons un article emblématique sur le sujet. On y lit dans l'en-tête:

Elizabeth Warren, sénatrice démocrate du Massachusetts, réclame le million de dollars que Donald Trump lui avait promis si elle se soumettait à ce test [pour prouver qu'elle est amérindienne]. La démarche s'est pourtant retournée contre la sénatrice qui est désormais accusée d'instrumentaliser ses origines.


Notez la mise en place du décor: le vilain Trump refuse d'honorer une prétendue promesse de don d'un million de dollars alors que la Sénatrice s'est soumise à un test prouvant qu'elle est amérindienne, et subit en outre la vindicte des méchants qui l'accusent d'instrumentaliser "ses origines". La pauvresse subirait une double peine, c'est vraiment trop injuste.

La réalité est subtilement différente.

Mme Warren, proclamant depuis l'université qu'elle est d'origine cherokee, suscita l'ironie de nombreuses personnes (dont, récemment, le Président américain Donald Trump). S'en prenant verbalement à elle en juillet lors d'un rallye dans le Montana, il expliqua que s'il lui faisait face dans un débat pour la présidentielle de 2020 il lui ferait faire un test génétique pour prouver qu'elle est amérindienne, auquel cas il offrirait un million de dollars à une association caritative choisie par la politicienne...

Décidée à le prendre au mot, la Sénatrice se livra donc à un test ADN en bonne et due forme par le professeur Carlos Bustamente, professeur d'université à Stanford et expert en ADN. Elle publia les résultats prouvant selon elle son ascendance amérindienne sur le Boston Globe et sur son compte Twitter. Elle conclut en réclamant le million de dollar pour une association de femmes amérindiennes.

Warren trébuche sur le sentier de la guerre...

L'opération de comm' aurait pu marcher comme sur des roulettes, à un petit détail près: Elizabeth Warren (et le journaliste du Boston Globe) allèrent trop vite en besogne et se méprirent sur les résultats du test. À leur décharge il est vrai, celui-ci était relativement compliqué avec des résultats s'étalant sur six pages. On aurait toutefois été en mesure d'en attendre davantage d'un journaliste professionnel et d'une Sénatrice jonglant avec des textes de loi de milliers de pages et briguant peut-être l'investiture présidentielle démocrate en 2020.

Toujours est-il que les "racines amérindiennes" d'Elizabeth Warren remonteraient en fait à la dixième génération ou au-delà, soit 1/1024e de son ascendance génétique. Quelques heures après sa première publication, le Boston Globe fut contraint de publier un correctif à son article.

Est-elle encore génétiquement amérindienne, pour le coup? On peut bien sûr le plaider. Peut-être qu'un ancêtre de dixième génération suffit à faire de quelqu'un un "amérindien" sur le plan génétique. Mais alors, quelle est la limite inférieure? Car en prenant pour seuil la proportion de gènes de la Sénatrice, alors toute la population américaine l'est, car le taux de gènes amérindiens de la population blanche américaine, à 0.98%, est deux fois plus élevé que celui de la Sénatrice Warren. Autrement dit, elle est encore moins amérindienne que le blanc américain lambda!

Mieux encore, l'examen détaillé de la méthodologie du professeur Bustamente montra que celui-ci utilisa en réalité des échantillons du Mexique, du Pérou et de la Colombie pour définir le critère "amérindien"... Le test ADN entier flirte avec la fraude.

Devant l'hilarité générale, le Sénateur républicain Lindsay Graham, révélé lors des auditions de Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, releva le gant en expliquant qu'il allait faire le même test et qu'il pensait qu'il serait probablement plus amérindien que Warren.

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Lindsay Graham dans une journée comme les autres...

Le coup de grâce fut sans doute délivré par les Amérindiens eux-mêmes. Dans un communiqué de presse, la Nation Cherokee mit les points sur les "i" avec la posture de la Sénatrice:

"[L'annonce d'Elizabeth Warren quant à son héritage génétique amérindien] tourne en plaisanterie les tests ADN et leur usage légitime, tout en déshonorant les gouvernements tribaux et leurs concitoyens, dont l'ascendance est correctement documentée et l'héritage prouvé. Le Sénateur Warren sape les intérêts tribaux avec ses prétentions continuelles d'un héritage tribal."

De Pocahontas à Fauxcahontas

Ne comptez pas sur les médias européens pour rapporter les petits développements de ce qui est devenu "l'affaire Warren". En attendant aux États-Unis, le hashtag #Fauxcahontas prit son envol, de nombreux Internautes s'esclaffant de la mésaventure de la Sénatrice:

"Elizabeth Warren doit remonter sur 10 générations pour trouver une personne non-blanche dans son héritage familial. Warren est extrêmement, extraordinairement, presque entièrement blanche. Beaucoup plus blanche que le blanc moyen. Voilà la vraie nouvelle là-dedans."

"Le truc drôle c'est que Warren pensait que la partie serait facile à gagner. Les blancs peuvent être tellement déconnectés de la réalité..."

"1/1024e, le pourcentage d'héritage génétique amérindien de Warren, est à peu près le même que ses chances d'être un jour élue Présidente des États-Unis."

"Hilarant: le seul ancêtre amérindien de Warren a probablement vécu à l'époque de Pocahontas."


Cependant, "l'obsession cherokee" d'Elizabeth Warren va plus loin que de tourner en ridicule un héritage fantaisiste - c'est aussi l'occasion de démonter une fraude, Mme Warren ayant joué la carte raciale tout au long de son existence pour en tirer des avantages. Benny Johnson se donna la peine de rassembler les faits dans cette affaire:

Elizabeth Warren se présenta comme une Native American (Indienne d'Amérique) dans l'annuaire des Professeurs de Droit de l'Association des Écoles Américaines de Droit, publié entre 1986 et 1995. Après être devenue professeur à l'Université de Pennsylvanie, elle demanda à l'Université de changer son ethnicité enregistrée dans la faculté de "blanche" à "amérindienne". Warren fut reconnue par la faculté de droit de Harvard comme une "femme de couleur". Harvard encouragea l'embauche de Warren comme un moyen de promouvoir la diversité en rajoutant à la faculté une femme avec une expérience de vie "issue des minorités". (...)

Warren soumis de nombreuses recettes dans un livre de cuisine indienne d'Amérique en signant "Elizabeth Warren - Cherokee". Elle n'hésita pas à utiliser un langage offensant et racialement connoté pour défendre son prétendu héritage amérindien, déclarant que sa famille avait "de hautes pommettes" comme "tous les Indiens en ont" (...)

Il est très difficile de plaider que Warren n'a pas commis une escroquerie raciale. Elle a utilisé les avantages prévus dans le système pour promouvoir sa carrière sans la moindre preuve (à ce jour) de son héritage. Les Démocrates qui défendent son comportement sont pour le moins douteux, pour ne pas dire plus.

L'obsession raciale de la Gauche

Pourquoi un test génétique devrait-il déterminer la culture d'une personne? Pourquoi les "minorités" devraient-elles être favorisées et échapper à la promotion au mérite qui a normalement cours dans une société saine? Et si celle-ci ne l'est plus, introduire des quotas raciaux est-elle la meilleure solution?

L'épopée frauduleuse d'Elizabeth Warren et de sa mère amérindienne et sa conclusion ridicule ne sont que la partie émergée d'un iceberg de racisme et de corruption qui imprègne toute l'idéologie démocrate aux États-Unis. Un ancien démocrate sorti de la mainmise du Parti explique ce qu'il en est dans un contexte plus large:

"Franchement la dissonance cognitive de la gauche est terriblement éprouvante pour le psychisme.

Un jour, alors que je me considérais encore comme un liberal, j'ai avalé ma pilule rouge lorsque j'ai réalisé qu'être de gauche revenait à se convaincre continuellement de l'opposé de la vérité sur tous les sujets. Cela inflige de réelles blessures à l'esprit et la culpabilité et la honte associées sont débilitantes.

Les Hommes et les Femmes sont différents, c'est scientifiquement prouvé, mais les gauchistes disent que c'est le contraire qui est vrai.

Des gens avec 1/1024e de sang indien d'Amérique ne sont pas des Amérindiens légitimes, mais selon les Démocrates, ils le sont.

Tuer des enfants à naître est clairement malfaisant, mais à gauche c'est un "droit de la femme".

Il est évident que les hommes et les femmes jouent des rôles importants et différents dans la naissance et l'éducation des enfants, mais les gauchistes nous disent que les familles monoparentales et que l'adoption homosexuelle sont OK, et que les hommes sont des ordures débordantes de "masculinité toxique" (mais rappelez-vous que le genre est une construction sociale).

Il est évident que tous les gens devraient être traités sur un pied d'égalité, mais les gauchistes insistent en disant que la véritable égalité n'est atteignable qu'en scrutant la couleur de peau et le sexe de chacun (bien que le sexe soit toujours une simple opinion) et l'orientation sexuelle et tout le reste et en faisant des quotas de tout ce magma.

Cette foutue liste continue encore et encore. C'est assez pour vous rendre dingue, et c'est ce qui se produit."


En attendant, on souhaite bien du plaisir à Elizabeth Warren pour parvenir à restaurer un minimum de crédibilité. Selon les dernières intentions de vote au sein du parti démocrate, elle se situe à 8% des suffrages pour décrocher l'investiture pour l'élection présidentielle. C'est dommage car un face-à-face avec Donald Trump aurait probablement permis d'aborder le sujet à une heure de grande écoute.

19 juillet 2018

Football et politique

La Coupe du Monde s'est achevée avec la victoire de la France contre la Croatie, mais dans deux pays impliqués dans la compétition, la France et la Suisse, plusieurs polémiques subsistent.

La France, deuxième étoile et gueule de bois

La victoire de 2018 n'a clairement pas le même goût que celle de 1998. Pour tous ceux qui ont pu vivre les deux événements, le constat apparaît comme une évidence. Il y a de nombreuses raisons à cela. La France partait largement favorite dans la finale, et n'en faisait même pas mystère. Le jeu mis en place par l'entraîneur Didier Deschamps sacrifiait le jeu spectaculaire sur l'autel de l'efficacité. De très nombreuses équipes favorites - Brésil, Portugal, Espagne, Allemagne - furent éliminées bien plus tôt que ce que leur réputation présageait, diminuant l'attrait des "affiches" à défaut de celui des enjeux. Mais surtout, la France ne fit que répéter un exploit déjà accompli. C'est une triste loi de l'existence, mais aucune répétition ne peut avoir la même force que l'original.

emeutes_france.pngLa communion avec le public sur les Champs-Élysées, de 4 heures en 1998, n'aura cette fois-ci duré que 12 minutes, laissant des milliers de supporters frustrés.

Le soir même de la victoire, des émeutes, des saccages et des incendies de véhicules gâchèrent la fête dans plusieurs villes de France - Paris, Lyon, Marseille - laissant près de 300 personnes en garde à vue, 45 policiers blessés, et d'innombrables déprédations. De nombreuses femmes avouèrent avoir subi des agressions sexuelles dans la rue.

Le Président Macron tenta bien une récupération politique de la bonne humeur générale, mais jusqu'ici sa tentative semble échouer:

L’épopée victorieuse de l’équipe de France de football n’a (...) pas produit d’effet sur la popularité d’Emmanuel Macron, jugé « bon président » par seulement 39 % des personnes interrogées, en baisse de deux points depuis fin juin. « La victoire de 2018 n’aura donc pas du tout eu le même effet pour la popularité d’Emmanuel Macron que la victoire de 1998 pour celle de Jacques Chirac (+7 points à BVA et à l’Ifop en un mois) », note [l’institut de sondage Odoxa].


En bien entendu, l'euphorie va aller s'amenuisant alors que la rentrée se profile. Nombre de Français réalisent que la victoire ne leur a apporté qu'une voiture réduite à l'état de carcasse et des commerces pillés. Loin de la célébration unanime attendue et espérée, la Coupe du Monde aura démontré les failles profondes entre les factions antagonistes de la société française et l'impuissance des pouvoirs publics à maintenir l'illusion du contrôle.

Le footballeur, sa technique, sa couleur de peau, son ethnie

Une autre polémique eut trait à la composition de l'Équipe de France. Beaucoup craignaient un retour de la fameuse France "black-blanc-beur" de 1998, une propagande en faveur du multiculturalisme aussi subtile qu'un rouleau-compresseur ; mais l'équipe de France de 2018 est bien plus "black-blanc", la composante "beur" étant réduite à sa plus simple expression.

Afrique-foot.png

La sélection tricolore n'a pas grand-chose à voir avec la composition ethnique du pays dont elle est théoriquement issue: "sur les 23 joueurs retenus par le sélectionneur Didier Deschamps, pas moins de 16 joueurs sont originaires d’Afrique, dont 2 du Maghreb", rappelle un quotidien... du Burkina Faso.

"Si vous [doutez de la force de la diversité], demandez à l’équipe de France de football qui vient de gagner la Coupe du monde. Tous n’ont pas l’air Gaulois à mes yeux… mais ils sont Français. Ils sont Français!" -- Barack Obama, depuis Johannesburg


La singularité que représente l'Équipe de France est donc repérée au-delà des frontières de l'Hexagone, en bien ou en mal. Les journaux africains - mais pas seulement - sont ainsi nombreux à s'en émouvoir, considérant celle-ci comme "la sixième équipe africaine" dans la compétition. Un média du Mali relève diverses réactions sur le sujet partout dans le monde:

L'ancien joueur et sélectionneur de la Croatie Igor Stimac [s’est] faussement interrogé sur Facebook : « Quelqu’un sait contre qui exactement on joue la finale ? »

« Nous affrontons la République Française et le continent africain », a-t-il renchéri dans une interview à l’agence de presse turque Anadolu. « Donc d'un côté ce sont les 11 meilleurs, les plus talentueux, parmi un milliard de personnes, et de l’autre, nous sommes quatre millions [de Croates]. »

Au lendemain de la finale, le quotidien italien Corriere della Sera a évoqué « la France pleine de champions africains mêlés à de très bons joueurs blancs, et une équipe de blancs seulement au carrefour de trois grandes écoles de football, l’allemande, la slave et l’italienne ». (...)

De son côté, le président vénézuélien Nicolas Maduro a salué une « victoire de l’Afrique ». L’héritier d’Hugo Chavez s’en est servi pour appeler à « en finir avec le racisme contre les peuples africains en Europe ».


Ces polémiques raciales sont absurdes. Il serait évidemment vain de démontrer une quelconque supériorité de l'Équipe de France à travers sa composition ethnique - non seulement parce que des pays avec des équipes nettement plus homogènes s'en sont très bien sortis, à commencer par la Croatie parvenue jusqu'en finale, mais aussi parce que tous les pays africains se sont fait très vite éliminer de la compétition. Cependant, le débat montre l'importance des questions de couleur de peau dans le monde entier.

La Suisse et son équipe de papier

Les questions de passeport font toujours des vagues de ce côté de la frontière, la sincérité du sentiment patriotique étant un sujet supplémentaire. Les Suisses eurent longtemps l'occasion de ressasser leur courte participation à la Coupe du Monde 2018. Le scandale arriva lors d'un match contre la Serbie à Kaliningrad, où des joueurs suisses originaires du Kosovo célébrèrent le but en faisant le signe de l'aigle albanais.

aigle_albanie.jpg

Disons-le tout net, dans un match avec de tels enjeux, pareil comportement de la part de joueurs professionnels expérimentés est totalement consternant.

Les médias helvétiques firent immédiatement profil bas, à l'inverse de quelques rares politiciens qui osèrent protester publiquement comme Nathalie Rickli. La Conseillère nationale UDC tweeta en toute sincérité "Je ne peux pas vraiment me réjouir. Les deux buts n'ont pas été marqués pour la Suisse, mais pour le Kosovo", déclenchant une avalanche de réactions dans les deux sens.

Cette victoire de la Suisse ne fut pas du goût de tout le monde: à Zurich, des fans serbes attaquèrent un homme de 32 ans et brulèrent un drapeau du... Kosovo. Message reçu.

Malheureusement pour des médias suisses faisant de leur mieux pour minimiser l'affaire, celle-ci remonta de façon automatique à la FIFA, toute manifestation politique à l'issue d'une célébration de but étant interdite. Granit Xhaka, Xherdan Shaqiri et le capitaine (!) Stephan Lichtsteiner risquaient jusqu'à deux matches de suspension. Ils écopèrent finalement d'une amende, payée par une communauté albanaise reconnaissante.

La polémique trouva un rebond inattendu lorsque le secrétaire de l'ASF, l'Association Suisse de Football, souhaita ouvrir le débat sur la question de la double-nationalité de beaucoup de joueurs helvétiques:

Les gestes jubilatoires de joueurs portant le maillot suisse mais exprimant leur solidarité à l'Albanie et les discussions qui ont suivi, montrent qu'il y a un problème, affirme Alex Mischer lors d'un entretien avec le Tages-Anzeiger. Doit-on demander aux joueurs binationaux de renoncer à leur autre passeport?

C'est ce que propose en tout cas l'ASF vendredi. Et si elle lance cette idée, explique son secrétaire général, c'est qu'elle veut en examiner l'écho auprès de la population. Si tout le monde juge qu'il s'agit d'une idée fumeuse, alors la question sera réglée, explique Alex Miescher. Mais afin d'apaiser les esprits, le sujet doit être abordé.


Las! Le sujet ne fut pas "abordé", même pas pour être qualifié d'idée fumeuse. À la place, le secrétaire eut droit à un lynchage médiatique en règle. Il avait enfreint un tabou.

Et peu importe qu'au milieu de sa crucifixion en place publique, l'ASF demande tout de même "comment gérer le fait que les footballeurs juniors binationaux, après avoir été financés par l'ASF, quittent l'équipe nationale suisse." Le débat sera abordé plus tard... Jamais, par exemple.

En attendant, tout le monde profite des vacances, dont Granit Xhaka, un des footballeurs responsable de la polémique, qui envoya une petite photo sur son compte Instagram:

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"Je perçois [l'idée] que les binationaux ne seraient pas prêts à aller au bout d'eux-mêmes pour la Suisse. Ça me touche directement moi et un certain nombre d'autres joueurs avec deux nationalités", avait-il expliqué, légèrement agacé, dans une interview à l'ATS. Paroles contredites par la publication de ce genre de photo, revenant à en jeter un jerrican d'essence sur le feu en espérant que la polémique s'éteigne...

Que devrait représenter une équipe nationale? Le reflet d'un peuple? Des types sans racines mais au bénéfice d'un passeport, bien qu'incapables de chanter l'hymne de leur pays? Des mercenaires capables d'arracher des victoires et peu importe le reste? Des patriotes sincères, et tant pis s'ils perdent leur match? Chacun aura son idée sur la question, mais il serait trop facile de défausser les opinions d'autrui d'un revers de la main.

Malgré le mépris affiché par les médias et les autorités, le débat est bel et bien ouvert.

12 mars 2018

Lausanne noire de monde

Samedi, le promeneur qui déambulait dans Lausanne put découvrir le cortège surprenant d'une manifestation organisée par le collectif d'extrême-gauche Jean Dutoit, "contre les violences policières", explique 24Heures. Mais surtout celles présumées contre les noirs.

C'est donc aux cris et aux pancartes "Black Lives Matter" que le cortège s'ébroua de la Place Saint-François.

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Le cortège au départ de la manifestation. Notez les deux sympathiques individus au premier rang, qui brandissent des hampes en bois dénuées de pancarte... Quelle utilité, à part pour taper?
(cliquez pour agrandir)

Pour le détail de la manifestation, lisons la presse locale:

Quelque 500 personnes, selon les estimations de la police, ont arpenté les rues de Lausanne samedi après-midi pour dénoncer le racisme et les violences policières et rendre hommage à Mike, un Nigérian décédé la semaine passée. Pour rappel, l'Africain de 40 ans, soupçonné de dealer de la drogue, a fait un malaise lors de son interpellation mouvementée dans la soirée du mercredi 28 février, avant de succomber le lendemain au CHUV.


Un "malaise", une "interpellation mouvementée"... Quelle romance! Pour en avoir le cœur net, il faut aller chercher l'information auprès d'une publication concurrente où les faits sont étayés avec plus de rigueur:

Un homme de 40 ans, soupçonné de dealer de la drogue, a fait l'objet d'un contrôle de la police municipale mercredi [28 février] vers 22h45 dans le quartier Sainte Luce, près de la gare de Lausanne. Selon la police, l'individu n'a pas obtempéré aux injonctions de l'agent, ni des forces appelées en renfort. Il a été maîtrisé par la force puis menotté.

Juste après son immobilisation, cet homme a fait un malaise et perdu connaissance, informe la police. Un massage cardiaque a été prodigué par les agents en attendant l'arrivée de l'ambulance. «Lors des premiers soins, plusieurs boulettes de cocaïne ont été découvertes à côté de son visage ainsi que dans sa bouche», explique la police. Il a été hospitalisé au CHUV, où il est décédé le lendemain. (...)

L'homme, de nationalité nigériane, avait déjà été condamné pénalement pour trafic de produits stupéfiants. Une instruction pénale a été ouverte afin d'établir les causes et les circonstances de ce décès. Une autopsie va être pratiquée. (...)

L'homme décédé faisait partie du Collectif Jean Dutoit, qui défend les personnes sans-abri en situation de séjour irrégulière, a communiqué solidaritéS Vaud en soirée. (...)



Le Nigérian décédé, probable dealer de drogue récidiviste, se serait accidentellement empoisonné avec sa propre marchandise en tentant de l'avaler lors de son arrestation. Nous en saurons plus à la conclusion de l'enquête.

Quelques questions me viennent à l'esprit.

  • Je ne suis pas un partisan aveugle de la police, mais en l'absence d'enquête déterminant la cause du décès, pourquoi accuser immédiatement les policiers?
     
  • Quel est l'intérêt des activistes de Jean Dutoit de provoquer pareille manifestation? Souhaitent-ils attirer la sympathie du grand public? Capter le vote noir en Suisse? Se livrer à de l'autopromotion politique en exploitant la mort de quelqu'un?
     
  • N'est-il pas étrange de s'associer à un individu méprisable, un vendeur de drogue présumé en l'occurrence, sous prétexte qu'on partage la même couleur de peau? Si un jour un mafieux recherché tente de venir chercher asile chez moi en invoquant notre couleur de peau commune, j'aurais tôt fait de le livrer à la police! Je me sens plus de solidarité avec les gens honnêtes de toutes origines qu'avec les malfrats, fussent-ils de la même couleur de peau que moi. Mais visiblement tout le monde ne pense pas ainsi.

Je note que si les pouvoirs publics et la justice avaient renvoyé "Mike" au Nigeria, comme le bon sens et les décisions du peuple suisse le demandent, il serait toujours vivant et le marché de la drogue à Lausanne diminué d'autant. Mais je doute que les gens de Jean Dutoit soient très perméables à ce genre de raisonnement...

Les badauds rencontrant la manifestation eurent doit à un tract rempli d'un salmigondis que je vous laisse apprécier:

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Et si tu leur vends de la drogue?