20 mars 2019

De Christchurch à Utrecht

Christchurch en Nouvelle-Zélande. Un "extrémiste de droite", Brenton Tarrant, ouvre le feu dans deux mosquées de la ville, provoquant 50 morts et autant de blessés, des victimes de 3 à 77 ans. Il s'agit du massacre le plus meurtrier en temps de paix dans ce pays depuis plus d'un siècle.

Dans la tête d'un terroriste anti-musulman

Brenton Tarrant a préparé son coup. Peu avant la tuerie - qu'il filme et diffuse en direct sur les réseaux sociaux - il publie en ligne un manifeste de 74 pages expliquant qui il est et pourquoi il a conduit cette attaque, tout en affirmant avoir été inspiré par le tueur norvégien Anders Breivik.

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Le tireur a marqué les noms de suprémacistes blancs sur ses armes et ses chargeurs

Le texte contient un dialogue avec lui-même à travers une série de questions réponses, la première d'entre elle demandant: "qui êtes-vous"? Citant l'Independent:

"Je suis un homme blanc ordinaire, âgé de 28 ans. Né en Australie d'une famille de travailleurs à bas revenus.

Mes parents sont d'origine écossaise, irlandaise et anglaise. J'ai eu une enfance ordinaire, sans grand problème. J'avais peu d'intérêt pour l'enseignement dispensé à l'école, parvenant tout juste à décrocher mon diplôme."

Il ajoute: "Je suis juste un homme blanc ordinaire, d'une famille ordinaire. Qui a décidé de se mettre debout pour donner un futur à son peuple."
Il se décrit comme une personne "renfermée et principalement introvertie" et admet qu'il est raciste, ajoutant qu'il est "éco-fasciste par nature".


Éco-fascisme? Selon Tarrant, les maux de l’humanité sont tous causés par la surpopulation. Et les peuples ethniquement européens seraient les seuls à ne pas "surpeupler la planète". Quant au choix de sa cible, elle est essentiellement due au hasard:

Selon lui, la Nouvelle-Zélande n'était pas le premier choix pour une attaque ; il dit qu'il y vint temporairement seulement pour planifier son coup et s'entraîner.
Sur la planification de l'attentat, il écrit: "J'ai commencé à planifier le concept de l'attaque il y a environ deux ans et l'attaque précisément contre les lieux de Christchurch trois mois avant."


Il donne aussi son avis sur l'actualité politique.

Quant à savoir s'il soutient le Brexit, il écrit: "Oui, bien que pas pour  les raisons politiques officielles. La vérité est que, finalement, les gens doivent faire face au fait que cela n’avait rien à voir avec l’économie.

C'était le peuple anglais ripostant contre l'immigration de masse, les changements culturels et le globalisme, et c'était une chose grande et merveilleuse."

Quant à savoir s'il soutient le Président Trump, il écrit: "Comme le symbole d'une identité blanche renouvelée dans un but commun? Certainement. Comme législateur et leader? Mon Dieu non."


D'autres détails filtrent dans la presse anglaise, notamment l'Indépendant:

Brenton Tarrant affirme également que son idée d'attaque lui a été inspirée par les attentats islamistes, pour se "venger" d'un attentat terroriste commis en Suède et faisant une jeune fille parmi les victimes.

"Deux ans avant l'attaque [de Christchurch], cela a radicalement changé mon point de vue. La période allait d'avril 2017 à mai 2017", écrit-il. "Le premier événement qui a marqué le début du changement a été l'attaque terroriste de Stockholm le 7 avril 2017. Je ne pouvais plus tourner le dos à la violence. Quelque chose était différent cette fois. Cette différence était entre Ebba Akerlund... Ebba se rendait à pied à la rencontre de sa mère après l'école quand elle fut assassinée par un attaquant islamiste."

Expliquant son plan pour le massacre, le tireur écrit qu'il agit "avant tout pour montrer aux envahisseurs que nos terres ne seront jamais leurs terres, que nos foyers sont à nous, et que, aussi longtemps que vit un homme blanc, ils ne conquerront JAMAIS nos terres et ne remplaceront jamais nos peuples."


Radicalisé en France. La "seconde étape" de sa radicalisation vient d'un séjour en France. Citant Ouest-France:

La victoire d’Emmanuel Macron contre Marine Le Pen lors de la présidentielle française de 2017, est celle, selon lui, d’un "ancien banquier internationaliste, mondialiste, anti-blanc" contre une "mollassonne" et "timide". Il juge d’ailleurs le parti de Marine Le Pen "complètement incapable de créer un réel changement".

Il fait le portrait d'une France peuplée d’envahisseurs "non-blancs", qu’importe la taille de la ville. Les Français y sont décrits comme "pessimistes", le pays comme "en perte de culture et d’identité" et l'auteur du Manifeste déplore la pauvreté des "solutions politiques offertes".


En observant dans un cimetière militaire "les croix blanches" à l’horizon, Brenton Tarrant dit avoir "éclaté en sanglots", précise LCI.

D'autres détails filtrent encore dans les médias, mais sont moins rapportés. Le terroriste conçoit parfaitement la possibilité qu'il meure au cours de l'attaque. Mais s'il y survit, dit-il, il se fera un plaisir de "contribuer à être à la charge de l'État tout le reste de sa vie," une façon supplémentaire d'afficher sa haine des gouvernements comme celui de Nouvelle-Zélande.

Manque de chance, le pays a aboli la peine de mort pour tous les crimes en 1989. Et maintenant des gens manifestent pour la rétablir. Apparemment l'idée que certains crimes méritent une peine adéquate (re)fait gentiment son chemin.

Traitement médiatique

Les quelques extraits ci-dessus montrent que le terroriste, son acte et sa personnalité ont intéressé les médias aux plus haut point, bien qu'ils soient gênés de "faire de la publicité" à l'acte et à son auteur. Les médias évoquent la réaction de Néo-zélandais qui offriraient des millions de dollars de dons aux victimes, se couvriraient la tête ou achèteraient en réaction de la viande halal. On attendra la symétrie des musulmans qui offriraient des millions de dollars à des victimes de l'islam, rejetteraient le voile ou achèteraient du porc comme protestation après un attentat islamiste...

Il ne fallut que quelques heures avant que la polémique sur le contrôle des armes ne surgisse. "Ils n'apprennent jamais", se lamenta Leesa K. Donner sur LibertyNation.

La Nouvelle-Zélande applique déjà une politique assez stricte de contrôle des armes à feu. Posséder une arme au pays des Kiwis n’est pas un droit, mais un privilège accordé à ceux qui sont prêts à obéir à toutes les lois sur les armes à feu. Et elles sont nombreuses. Tout le monde doit avoir une licence et faire vérifier ses antécédents. Ils doivent tous suivre un cours sur la sécurité - la possession légale d'une arme à feu est un processus long et ardu. Si vous pouvez imaginer une loi sur le contrôle des armes à feu, la Nouvelle-Zélande l'a probablement déjà dans ses tablettes.


1,2 millions de citoyens disposent déjà d'une arme, dans un pays vaste et peu peuplé qui contient plus de moutons que d'humains. Il ne sera pas facile de désarmer tout le monde ; mais comme le rappelle la chroniqueuse, "cela n'aurait eu aucun effet sur la tuerie de Christchurch de toute façon".

L'ONU devient d'extrême-droite. Suivant un scénario rodé, l'assassin est associé aux personnalités politiques gênantes du moment ; les médias français sont à deux doigts d'accuser Marine Le Pen de complicité dans la tuerie. Ici, pas de déséquilibré, pas de "piste terroriste possible", pas de padamalgam - c'est tout le contraire.

Le manifeste du terroriste est aussi jeté aux orties, puisqu'il expose la théorie du Grand Remplacement qui ne saurait être qu'un délire issu de l'esprit fiévreux d'un militant d'extrême-droite. Dommage que celle-ci soit officiellement disponible sur le site de l'ONU sans compter les innombrables déclarations des responsables de l'organisation encourageant les migrations massive de population du Tiers-monde comme moyen "d'équilibrer" la démographie de l'occident vieillissant.

Pendant ce temps au Nigeria... Certains internautes pointent du doigt un certain déséquilibre: ainsi, Breitbart.com rapporte que 120 chrétiens ont été tués au Nigeria par des islamistes durant les trois dernières semaines. Quels médias mainstream ont évoqué ces massacres? La réponse est rapide: aucun.

Les réseaux sociaux font l'objet de furieuses polémiques. Un Internaute s'insurge ainsi que 122 attentats terroristes islamistes aient eu lieu dans les 30 derniers jours, provoquant 859 morts dans 21 pays. Mais Facebook veille à ce que l'information ne s'affiche pas facilement:

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L'outrage semble surtout être vis-à-vis des opinions politiques de Facebook...

Et si l'ont prend des statistiques plus anciennes, on en serait à 34'717 morts  dans le monde depuis le 11 septembre 2001 - en prenant uniquement en compte les attentats islamistes terroristes identifiés comme tels et non pas les attaques, coups de poignards, écrasement par véhicule et autre égorgements proférés par de simples "déséquilibrés".

"Peut-être que la vie des musulmans vaut plus que celle des chrétiens?" demandent des Internautes. Je ne pense pas que cela soit le cas, simplement parce que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme islamiste. Selon moi, la particularité de la tuerie de Christchurch vient de la personnalité du tueur et de ses motivations.

Les services de sécurité du monde entier sont sur la sellette, et la Nouvelle-Zélande ne fait pas exception. Elle emploie d'immenses ressources pour mener la vie dure à Kim Dotcom de Megaupload, doubla son budget depuis 2012, mais s'avéra incapable de déceler un profil comme celui du terroriste de Christchurch. Alors, à quoi sert tout cet argent?

Dans la tête d'un terroriste musulman

L'attaque terroriste de Christchurch monopolisa les médias, mais elle ne fut même pas la dernière de ces jours. Une actualité chasse l'autre, comme on dit. Lui succéda, le 18 mars, une "fusillade" à Utrecht, aux Pays-Bas. L'auteur serait un certain Gökmen Tanis, Turc de 37 ans passé par la Tchétchénie et en contact avec des individus partis faire le djihad au sein de l'État Islamique.

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Bien que le mode opératoire et la personnalité du tueur fassent partie des grands classiques, on parla longtemps d'acte terroriste "possible", l'autre possibilité étant le "déséquilibre", tant il est commun de se promener en ville en ouvrant le feu sur les individus croisés en chemin.

On n'en sait encore peu sur Gökmen Tanis, mais certains détails de son passage à l'acte sont clairs, même si les médias évitent d'en parler. Le passage à l'acte de Gökmen Tanis à Utrecht pourrait être consécutif à celui de Brenton Tarrant à Christchurch.

Autrement dit, face à un déséquilibré ouvrant le feu sur des musulmans innocents, un autre déséquilibré à l'autre bout du monde ouvrirait le feu sur des civils innocents.

Ainsi, Gökmen Tanis aurait publié sur un compte Twitter lui appartenant une photographie du fusil utilisé par le tireur de Nouvelle Zélande.

Une guerre civile qui ne dit pas son nom

Un autre Bretton Tarrant serait difficile à déceler tant il fut banal avant son passage à l'acte. Il existe probablement des centaines de milliers, voire des millions de Bretton Tarrant d'avant Christchurch de par le monde. La plupart ne passeront heureusement jamais à l'acte, mais d'autres, si.

De même, il existe des centaines de milliers, voire des millions de Gökmen Tanis d'avant Utrecht de par le monde. La plupart ne passeront heureusement jamais à l'acte, mais d'autres, si.

Le but de l'exercice n'est pas de compter la proportion des uns et des autres, mais de comprendre que les Bretton Tarrant et les Gökmen Tanis sont tous deux persuadés d'être en guerre, une guerre totale. Ils n'hésitent pas à s'attaquer à des civils désarmés dans des tueries plus ou moins improvisées, fut-ce à 20'000 kilomètres l'un de l'autre, dans un échange mortel.

Les gens normaux sont saisis d'horreur face à leurs actes, mais une partie de l'opinion publique peut aussi penser que nous nous dirigeons petit à petit vers une guerre civile en bonne et due forme. Elle éclatera réellement si une proportion suffisante de gens le pensent ainsi - en particulier des leaders politiques - peu importe le désir de paix de la majorité.

La masse critique n'est pas encore atteinte, mais lorsque les opérations punitives commencent à s'enchaîner de part et d'autre du globe, la trajectoire devient franchement inquiétante.

29 janvier 2019

"Salafistes", la vérité qui dérange

Salafistes, un film documentaire de François Margolin et Lemin Ould Salem sur les milieux du même nom, est une œuvre qui sort de l'ordinaire. Vous pourrez la voir à New York, mais pas à Paris: le gouvernement a décidé de la censurer. Le film-documentaire tourné il y a deux ans et demi en Mauritanie, au Mali et en Tunisie est en revanche sur les écrans américains cette semaine, depuis le 25 janvier à New York, la semaine suivante à Los Angeles, puis dans une trentaine de villes américaines. Le film a aussi été diffusé en Irak et en Tunisie, en prime-time, à la télévision.

Mais en France vous ne le verrez pas, ni au cinéma, ni ailleurs. Vous n'en entendrez sans doute quasiment pas parler. Dans le Pays des Lumières, le gouvernement interdit de diffuser des films qui dérangent... Fussent-ils coproduits par France 3 et Canal+, deux chaînes de télévision françaises.

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La raison est évidente: le contenu pose problème. François Margolin n'a pourtant pas fait de son documentaire une apologie des salafistes, pas plus qu'un procès à charge que les journalistes auraient descendu en flammes avec tant de plaisir en narrant ses "relents d'extrême-droite". Non, le cinéaste est simplement allé à la rencontre des salafistes. Il les a interrogés. Il les a laissé parler.

Pourquoi laisser simplement s'exprimer des salafistes devient si terrifiant que les pouvoirs publics français frappent le résultat d'anathème?

Pour le comprendre, il faut lire une longue interview du réalisateur parue sur le site du Figaro, dont voici de larges extraits. Sur le documentaire lui-même, pour commencer, François Margolin explique sa technique à un journaliste qui reprend le reproche de "faire l'apologie du terrorisme":

[Mon choix en tant que réalisateur] était d'écouter leurs propos. C'est ma façon de faire des films depuis toujours, tout comme c'est celle d'un Raymond Depardon ou d'un Claude Lanzmann. On est plus impressionné par les propos quand on les entend directement, sans avoir un professeur de sciences politiques qui vous dit quoi penser, en vous répétant que «ce n'est pas ça l'Islam» ou que «si le terroriste a agi comme cela, c'est parce qu'il ne cherche qu'à se révolter contre l'oppression sociale qu'il subit, ou contre le colonialisme qu'ont enduré ses parents»…

Il faut entendre les propos de ces dignitaires religieux, même s'ils sont désagréables et, souvent, condamnables. Ce ne sont pas des propos bruts, comme on l'a dit ici ou là ; nous avons passé des mois sur le montage pour qu'on comprenne ce qu'il y a dans la tête de ces gens, qui disent eux-mêmes qu'ils ont déclaré la guerre à l'Occident. On nous a reproché d'avoir voulu donner une image calme et posée de ces gens que nous avions filmés, mais ils sont comme cela. Ils sont sûrs d'eux et de la justesse de leur propos. Ils ne croient d'ailleurs pas tellement au monde ici-bas mais plutôt au paradis! Nous voulions dépasser les idées reçues, en finir avec la culture de l'excuse. Et, contrairement à ce que disait un Premier ministre à l'époque, comprendre ce n'est pas justifier.


François Margolin ne fait pas dans l'angélisme et ne se place certainement pas dans la neutralité.

Je pense depuis toujours qu'il faut écouter nos ennemis, surtout si on veut les combattre. Et surtout, en finir avec les œillères, voir que la guerre a commencé, au moins depuis le 11 septembre 2001. Je pense que si on avait écouté ce que disent les gens dans le film, on n'aurait pas pu empêcher les attentats, bien sûr, mais on aurait pu mieux comprendre le pourquoi des cibles des attentats.

Les chefs djihadistes y affirment qu'ils activeront leurs réseaux dans le monde dès que cela sera possible, en particulier si l'État islamique est attaqué. Ce qu'il s'est effectivement passé. Et qu'ils auront pour cibles les lieux où l'on boit de l'alcool, ceux où l'on écoute de la musique, ceux où les filles sont court vêtues etc. Ils assument pleinement leur idéologie.


La censure du film est en fin de compte le symptôme d'un déni bien français, et le réalisateur s'offre même le luxe d'en faire l'inventaire.

On nie totalement ce qu'il se passe en banlieue, on nie que certaines cités sont interdites aux policiers, on nie que les jeunes filles musulmanes, qui travaillent à Paris ou vont y faire du shopping, sont obligées d'avoir d'autres vêtements quand elles rentrent le soir en banlieue à cause des «grands frères», on nie que les enfants juifs du 9-3 doivent aller à l'école tous les matins dans d'autres départements, on nie que la défense du frère de Mohamed Merah a été payée par des gens qui se sont cotisés dans les cités de la banlieue toulousaine… Tout cela concourt à une forme d'acceptation globale de l'islamisme en général par les autorités. On accepte des choses inacceptables. C'est une honte par rapport à ce que sont les valeurs de la France. (...)

J'ai été très surpris de l'accueil du film par la presse. Au départ, nous avons été reçus partout, dans les médias télés ou radio, et, à partir du jour où il y a eu cette prise de position de la ministre de la Culture [Fleur Pellerin, à l'époque], la plupart des médias ont suivi la «ligne officielle du parti», certains en retournant leur veste, beaucoup d'autres, en ne défendant même plus la liberté d'expression.

Cela a été la même chose pour beaucoup de sociétés d'auteurs, pour la plupart des associations de producteurs ou de réalisateurs. Des organismes toujours très prompts à réagir quand un réalisateur russe se fait emprisonner ou quand un réalisateur iranien est empêché de tourner… Cela dérange visiblement moins quand c'est en France, étrangement… J'ai en revanche été très fier de la défense de personnalités importantes comme Claude Lanzmann ou les frères Dardenne.


Notez que la première interdiction du film a été prononcée par le Ministre de la Culture (!) sous la Présidence Hollande et qu'elle a été reconduite par son successeur de la Présidence Macron. La volonté de balayer les problèmes sous le tapis transcende la couleur politique affichée... Mais le réalisateur n'est pas dupe de la manœuvre. Il ne s'agit pas d'une méprise mais d'un calcul politique parfaitement assumé dans les hautes sphères. Les élites veillent à endormir la population sous des doses toujours plus massives de Padamalgam, tandis que les politiciens sont simplement dans des calculs électoralistes, car en France, le poids démographique des musulmans pèse déjà. Et il est important de maintenir tout ce petit monde sous contrôle.

[En] y réfléchissant, je trouve qu'il se passe avec les Gilets jaunes quelque chose du même ordre [que le traitement du terrorisme islamiste] sur la question de ce qu'on appelle les fake news. On accuse beaucoup les Gilets jaunes de diffuser des fausses informations mais on ne dit rien quand des ministres -de l'Intérieur, en général- disent en permanence quand il y a un attentat, que le «cas est plus complexe qu'on ne le croit», qu'il «ne faut pas parler trop vite de terroriste» -même si l'attentat est revendiqué par l'État Islamique - ou qu'il s'agit d'un «déséquilibré», ou d'un «type qui a des problèmes sexuels», comme à Nice, ou encore «d'un repris de justice», comme récemment à Strasbourg.

Or, on se rend compte en général, par la suite, que c'était le fait d'une personne bien entraînée, qui avait préparé son action depuis des mois, et avait fait allégeance à l'État islamique. Mais, cela est dit quelques semaines plus tard et cela fait un entrefilet en bas de page dans les quotidiens. Les fake news sont souvent utilisées par ceux qui prétendent les combattre.


Mais au-delà de toutes ces polémiques, il reste le propos du film, les entretiens avec les salafistes, leur relation avec l'Occident, le traitement de la lutte contre le terrorisme par les gouvernements occidentaux. Et faute d'accepter d'identifier correctement l'ennemi, de le nommer, de le désigner, il n'y a aucun progrès.

Mon propos n'est évidemment pas de dire que tous les Musulmans sont des terroristes, mais il va à l'encontre de la doxa qui voudrait qu'il ne s'agisse que de fous, qu'on pourrait guérir avec des pilules rouges ou bleues, ou par des électrochocs, comme on faisait dans le temps, avec les dissidents, en Union Soviétique. En France nous sommes en plein déni. On est dans la psychiatrisation du terrorisme. Et c'est [la démolition de cette approche] qu'a voulu interdire le gouvernement. Or, comme on le voit dans «Salafistes», très clairement, on a affaire à des gens dotés de raisonnements, qui obéissent à une logique. C'est un terrible désaveu que de constater que tout est beaucoup plus compliqué que de simples problèmes psychiatriques. (...)

[Il] y a une vraie volonté [politique en France] de vouloir nier que le salafisme est une tendance profonde et ancienne, très répandue dans l'histoire de l'Islam, de manière récurrente à travers les siècles, et qui perdure dans certains États, que certains adorent au plus haut niveau de L’État, comme l'Arabie Saoudite de Mohammed Ben Salman.


Dont acte. Et face à tous ceux, musulmans ou non, qui clament que l'islam-ce-n'est-pas-ça ou qui expliquent que les terroristes ne sont pas de véritables musulmans, le réalisateur répond par une simple question:

"Au nom de quoi a-t-on le droit de dire à des djihadistes: Vous n'avez aucun rapport avec les textes dont vous vous réclamez, avec la foi que vous proclamez?" -- François Margolin


On attendra, longtemps hélas, la réponse des "musulmans modérés".

Salafistes, 2016, 1h 15 minutes, à voir dans tous les bons cinémas les pays qui ne pratiquent pas la censure politique. En attendant qu'il finisse par fuiter sur Internet, vous pouvez vous contenter de la bande-annonce.

21 décembre 2018

Trekking mortel au Maroc

Ce sont les plus récentes victimes notables du moment, et gageons que ce ne seront pas les dernières: deux touristes scandinaves, une Danoise et une Norvégienne, ont été agressées et tuées par des islamistes au Maroc. Leurs corps ont été découverts lundi sur un site isolé dans le Haut-Atlas. L'une d'elles a été décapitée, l'autre égorgée.

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Les deux victimes sont Louisa Vesterager Jespersen, 24 ans, du Danemark, et Maren Ueland, 28 ans, de Norvège.

"Le DFAE modifie ses recommandations aux voyageurs", rappelle, pince-sans-rire, l'encadré en fin d'un article sur l'enquête sur le site de la RTS. Le DFAE, très suisse, est toujours à l'heure lorsqu'il s'agit d'annoncer les dangers une fois qu'il est trop tard.

Deux vidéos circulent sur Internet ; l'une d'elle montre le meurtre d'une des deux touristes en direct, vraisemblablement filmée par un des agresseurs, l'autre montre les quatre suspects arrêtés depuis faisant allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l'État islamique. Un détail qui vient aussi rappeler que l'État islamique a cessé depuis longtemps d'être un ennemi qu'on combat avec des tanks en Syrie, à plus de 4'000 km de là.

Le Maroc est un paradis, selon le dogme même de l'islam: sa population est musulmane à 99%. Il est donc normal que des touristes viennent visiter le paradis, et parfois, qu'ils terminent leur séjour au paradis. Leurs agresseurs s'étant comportés en bons islamistes se voient quant à eux promettre le paradis. C'est paradis pour tout le monde.

On peut naturellement se demander ce qui a pu pousser les deux victimes à se promener dans un endroit aussi dangereux que l'arrière-pays marocain - et pas à cause des éboulements.

Il y a des gens qui ne se doutent de rien. En 2018, avec ce que nous voyons tous les jours sur la planète. Ne riez pas, ce genre d'individu existe, et dans des proportions remarquables. Leur niveau de conscience est maintenu en-dessous du seuil de réveil par des médias compétents et une dose quotidienne de padamalgam. Au vu du niveau d'endoctrinement qui a court dans les pays du nord de l'Europe, il n'est pas impossible que les victimes aient appartenu à cette catégorie. Les gens qui ne se doutent de rien apprennent vite, lorsqu'ils survivent.

Il y a des gens qui veulent faire un exemple. Oui, c'est vrai, vu de loin, deux jeunes femmes blondes de type nordique faisant du trekking dans une région sauvage d'un pays profondément musulman s'apparente à une forme de suicide... Ou pas. Après tout, y aller soi-même, quel meilleur moyen de démontrer que tous ces médisants se trompent? Prouver que la réalité n'est pas l'image déformée que renvoient ces sales sites d'extrême-droite (et la rubrique faits-divers de beaucoup de médias) et donner une belle leçon de vie à tous ces gens peureux, racistes, à la prudence malsaine!

Rappelons-nous de Pippa Bacca en 2008:

islam,terrorisme,marocElle avait 33 ans. Artiste conceptuelle milanaise, elle s’était embarquée dans un projet insensé [sic!] qui a tourné au drame : Giuseppina Pasqualino di Marineo a été retrouvée morte en Turquie, violée et assassinée. La police a arrêté celui qu’elle soupçonne d’être son meurtrier, un Turc qui l’avait prise en autostop dans la ville industrielle de Gebze, à une heure de route d’Istanbul.

La jeune femme, plus connue sous le nom de Pippa Bacca, était partie avec une amie, toutes deux vêtues d’une robe de mariée, pour traverser les zones de conflit des Balkans et du Proche-Orient, afin de démontrer les valeurs communes de la Méditerranée, et de donner un signe de « confiance entre êtres humains ». Elles devaient se rendre en autostop de Milan à Jérusalem, en passant par les pays de l’ex-Yougoslavie, la Turquie, le Liban, la Syrie, la Palestine et Israël.

Pour ce projet intitulé « Brides on Tour », elles devaient porter la même robe blanche du début à la fin, et celle-ci, avec toutes les tâches de ce long périple, devait figurer au cœur d’une exposition à leur retour en Italie, avec toute la documentation filmée et écrite de ce voyage symbolique. Pippa Bacca portait effectivement cette robe lorsque son corps a été retrouvé vendredi près de Gebze, étranglée.


Pippa Bacca était bien une artiste d'avant-garde, mais pas forcément de ce qu'elle aurait voulu.

Il y a des gens qui chantent des louanges de l'islam-religion-de-paix, et qui se garderaient bien de faire un tour dans un pays comme le Maroc. Une longue phrase pour illustrer le sens du mot "hypocrite".

Il y a des gens, enfin, qui ont un vague sens des réalités et qui choisissent mieux leurs destinations. Ce n'est peut-être pas très glorieux (ceux qui portent ce genre de jugement sont de type Pippa Bacca ou des hypocrites) mais ces gens finissent souvent vivants leurs vacances, ce qui est un gros plus.

Je ne dis pas que chaque touriste visant à passer une semaine au Maroc ou en Turquie doive réactualiser son testament. Mais il faut avoir voyagé, un peu, ou avoir au moins fait preuve de curiosité sur Internet pour comprendre que le monde est un endroit dangereux. Les populations locales sont souvent arriérées, parfois hostiles. Les raisons sont multiples, que ce soit par jalousie, idéologie, ou simplement ne pas avoir grand-chose à craindre en s'en prenant à des étrangers de passage.

Le monde est sillonné de chemins déserts où croiser un type à pied revient à se demander s'il a un couteau et s'il va s'en servir, et à espérer que non. Dans de nombreux pays, les touristes sont assimilés à du gibier - soit à plumer, soit à tuer, selon la culture des autochtones et le niveau de police local. Même dans les pays "touristiques", les touristes sont souvent parqués pour leur propre bien dans des zones précises. Ils ne se mêlent à la population locale qu'en groupe, avec des guides et une bonne escorte.

Les pays occidentaux sont des oasis de sécurité, de paix et de politesse. Ils le sont eux-mêmes de moins en moins, grâce à la convergence que permet l'immigration de masse en provenance du tiers-monde. La grande faiblesse de la population occidentale en général et des Suisses en particulier est de croire que parce qu'on est gentil et honnête, les autres le sont aussi. Les naïfs le sont toujours moins, mais restent très nombreux.

En vacances dans leur cursus universitaire d'éco-philosophie, Louisa Vesterager Jespersen et Maren Ueland ont sans doute été surprises de se faire attaquer. Avant d'être submergées par la peur, avant de réaliser que leur destin était scellé, avant d'être égorgées, au tout début de l'agression, pendant une seconde, elles ont peut-être froncé les sourcils en se disant que tout cela ne collait pas. C'était cliché. Elles assistaient de l'intérieur à une scène correspondant aux pires stéréotypes qu'elles avaient choisi de ne pas croire.

Cela ne les a pas sauvées.

"Être de gauche ne protège pas des islamistes", avais-je écrit à l'époque du massacre de Charlie Hebdo, avant de poursuivre: "Vous êtes encarté chez les socialistes ou les communistes? Vous êtes ami du "peuple palestinien"? Vous exécrez les juifs et souhaitez tout le mal du monde à un type comme Zemmour? Pas de problème. Vous aurez droit à la mort à votre tour, comme tous les autres chiens d'infidèles." On peut rajouter à la liste les randonneuses écervelées décidées à faire vivre le tourisme local.

Dans son article, se faisant l'écho des médias marocains, la RTS s'inquiète "des possibles répercussions du meurtre sur le tourisme, secteur clé de l'économie puisqu'il représente 10% de la richesse du pays et constitue le deuxième employeur après l'agriculture." On a évidemment bien de la sympathie pour les nombreux Marocains qui tentent de vivre honnêtement du tourisme. Dans cette perspective, l'islamisme est évidemment un problème. Mais c'est un problème marocain. C'est aux autorités politiques, religieuses et économiques du Maroc de trouver une réponse.

Les touristes n'ont pas vocation à risquer leur vie pour maintenir le PIB touristique d'un pays ou un autre - s'ils font face à un risque significatif de se faire décapiter en vacances, les moins lobotomisés d'entre eux iront simplement faire du trekking ailleurs. Les autres auront leur quart d'heure de gloire posthume dans les journaux, dans des articles dont les commentaires ont été étrangement désactivés.

16 décembre 2018

Comment lutter (réellement) contre le terrorisme islamiste

La France est encore frappée par le terrorisme. Cette fois-ci, c'est au tour de Strasbourg. Il suffit de lire la liste de 2017 ou celle qui sera faite en 2018 - l'année n'est pas terminée - pour avoir une idée de ce qui attend l'Hexagone les décennies à venir.

Mais est-ce une fatalité?

Naturellement, les gens s'interrogent. Comme le fait remarquer un Internaute taquin:

"Tous ces attentats, ces attaques au couteau, à l'arme à feu, ces camions qui foncent dans la foule, ces gens qui crient en commettant leurs méfaits... Si au moins on était capable de trouver un point commun, quelque chose qui permette de les relier... Mais non, rien de rien. Quel dommage!"


Face à l'incompétence des autorités et la veulerie des politiciens, l'ironie est une arme efficace. Ces messieurs ne sont bien entendu jamais à court d'excuses: il ne faut pas "stigmatiser", il faut "respecter les droits de l'homme", la "présomption d'innocence", "renoncer à l'amalgame", et tutti quanti... Et pendant ce temps, de l'autre côté du mur du politiquement correct, les victimes s'empilent. Les pays européens subissent des dizaines d'attaques que les médias s'évertuent de plus en plus à maquiller comme les actes de déséquilibrés, voire de simples accidents de la route.

strasbourg_attentat_2018.jpgMais pour répondre à la question un peu plus haut, non, le terrorisme islamiste n'est pas une fatalité. Nous en avons l'exemple avec l'Italie - un pays européen, en première ligne de la crise migratoire, et qui n'a pour l'instant pas eu à souffrir du moindre attentat terroriste perpétré par des fous d'Allah.

Que font différemment les Italiens? La recette n'a rien d'un mystère. Elle est livrée dans une passionnante interview donnée par Lorenzo Vidino, expert du djihadisme à l'Université George-Washington et ancien coordinateur de la Commission italienne d'étude sur la radicalisation, dans les colonnes du Temps.

Plus intéressant que l'absence d'attentat sur sol italien, Lorenzo Vidino tire de précieux enseignements du nombre de départ de combattants sur les différents fronts du djihad - des données empiriques, scientifiques. Ainsi, on compte, par ordre décroissant:

  • 350 départs de combattants d'Autriche, soit un peu moins de 40 par million d'habitant ;
  • 300 pour la Suède, soit environ 30 par million d'habitant ;
  • 190 pour la Suisse, soit 22,5 par million d'habitant ;
  • plus de 1500 pour la France, soit 22,3 par million d'habitant ;
  • 1000 pour l’Allemagne, soit 12 par million d'habitant ;
  • et seulement... 129 pour l'Italie, soit à peine plus de 2 par million d'habitant.

Certes, ces chiffres peuvent être discutés - tous les candidats au djihad en Irak ou en Syrie ne déclarent pas ouvertement leurs intentions - mais il n'y a pas de raison que ces comportements diffèrent sensiblement d'un pays à l'autre. L'écart entre l'Italie et les autres saute aux yeux: ils sont tous entre six et vingt fois plus radicalisés que la première.

Lorenzo Vidino précise encore les chiffres italiens:

C’est un chiffre incroyablement bas pour un pays de 60 millions d’habitants qui compte au moins 2 millions de musulmans. Et sur ces 129, il y a des Marocains qui ont passé des années en France avant de partir en Syrie, ou encore deux Italiens nés en Suisse – à Saint-Gall et à Zurich – et partis pour la Syrie en 2014 et 2015. On a seulement 18 citoyens italiens sur l’ensemble des départs.


Pour l'expert du djihadisme, ces chiffres sont un meilleur indicateur de l'exception italienne que l'absence d’attentats. Après tout, un individu assez motivé pour aller faire le djihad à l'étranger est probablement prêt à se livrer à des attentats sur place.

L'Italie n'a pas toujours été aussi bonne élève. Le pays abritait des mosquées professant le djihadisme, notamment à destination de la Bosnie, dans les années 1990. Mais les autorités surent réagir.

[La méthode italienne de lutte contre le terrorisme islamiste] cible avant tout ceux qu’on appelle les «mauvais maîtres», les cattivi maestri, ces mentors qui attirent les jeunes sur la voie de la radicalisation. S’ils ne sont pas Italiens, et la grande majorité ne le sont pas, ils sont expulsés systématiquement. C’est la tolérance zéro: si vous êtes radicalisé ou si vous radicalisez d’autres gens, et que vous n’êtes pas Italien, vous êtes expulsé, c’est aussi simple que cela.

Depuis le 1er janvier 2018, 109 personnes ont été expulsées d’Italie pour menace à la sécurité nationale. Depuis 2015, cela fait plus de 350 personnes expulsées, soit environ deux par semaine. C’est un outil majeur à disposition du gouvernement italien, issu d’une loi passée après les attentats de Londres en 2005. La déportation est décidée par décret ministériel, sans recours suspensif possible. Elle ne s’applique qu'aux étrangers, mais comme il est très difficile de devenir italien si vos parents ne le sont pas, cet outil s’applique bien à la majorité des cattivi maestri.

En général, le décret est signé par le ministre l’après-midi, la personne est arrêtée vers 1 ou 2h du matin et expulsée vers 5h ou 6h du matin. Parfois à la sortie de la prison où elle séjournait. La plupart des gens sont renvoyés vers le Maroc, la Tunisie, la Bosnie, le Kosovo, l’Albanie ou la Macédoine. Des pays avec lesquels l’Italie a de très bonnes relations et des accords d’expulsion qui marchent bien.


vidino.jpgLoin de l'angélisme prévalant dans d'autres pays occidentaux, la police italienne sait aussi faire preuve de curiosité - un héritage de la lutte antimafia et du terrorisme des années de plomb. "On sait que si on arrête quelqu’un, le lendemain il faut ouvrir une enquête sur son cercle d’amis ou sa famille", explique Lorenzo Vidino. Les malfrats, qu'ils soient mafieux ou islamistes, agissent en réseau.

Les Italiens auraient-ils découvert la Panacée? Oui et non. Oui, parce que les résultats sont là, indubitablement. La réussite italienne force le respect. Non, parce que la méthode perdra de son efficacité dans le temps, à cause d'une évolution démographique plus profonde qui a déjà court ailleurs sur le continent.

La démographie de l’Italie est différente de celle du nord de l’Europe. La plupart des jeunes qui sont partis pour le djihad depuis la Belgique, la France, la Suisse, etc., sont issus de la deuxième génération d’immigrants. Or cette deuxième génération n’existait pas en Italie jusqu’à très récemment. Les premiers immigrants musulmans sont arrivés en Italie comme célibataires dans les années 1990, et c’est seulement aujourd’hui qu’on voit apparaître une seconde génération née ici. L’Italie ressemble de ce point de vue à la Grèce, au Portugal ou à l’Espagne. On n’a pas eu les mêmes facteurs de radicalisation qu’ailleurs en Europe.


La distribution de passeports sans grand discernement joue aussi son rôle:

Le système des expulsions ne fonctionne pas pour les citoyens italiens, ni pour les mineurs. Un des attaquants tués lors de l’attentat du pont de Londres en 2017 était le fils d’une convertie italienne qui a voulu partir vers la Syrie et qu’on ne pouvait pas expulser. Il y a aussi eu le cas de Tommaso Hosni, qui a poignardé un policier et un militaire à la gare de Milan. Il est Italien. Un adolescent d’Udine qui tenait une chaîne sur Telegram pour l’Etat islamique n’a pas pu être expulsé non plus puisqu’il est mineur.

Il y a davantage de cas de ce genre, car de plus en plus de gens reçoivent la nationalité italienne. Donc l’arme des expulsions a tendance à s’émousser avec le temps.


Sans complaisance ni langue de bois, Lorenzo Vidino donne donc les recettes efficaces pour lutter contre le terrorisme islamiste dans un pays occidental développé et sujet à l'État de Droit:

  • refuser de laisser venir s'installer et expulser tous les individus radicalisés qui peuvent l'être ;
  • étendre les enquêtes pour démanteler les réseaux dans leur intégralité ;
  • établir des accords de réadmission avec les pays tiers ;
  • redoubler de vigilance avant d'accorder la nationalité à des gens qui deviennent de fait inexpulsables, notamment leur descendance.

C'est une vraie feuille de route. La Suisse dispose déjà de plusieurs armes législatives pour l'appliquer - comme le Renvoi des Criminels étrangers par exemple - mais la volonté politique manque. M. Vidino s'en rend parfaitement compte et livre sans concession l'image que la Suisse donne d'elle à l'étranger: "les Italiens ont tendance à penser que la Suisse est un peu molle dans le traitement de ce problème. La perception des Italiens est que les Suisses autorisent des gens problématiques à s’installer à leur frontière. Il y a eu des cas de gens expulsés d’Italie qui sont revenus s’établir en Suisse."

Faudra-t-il que le sang coule ici aussi pour les politiques se réveillent enfin?

20 juin 2018

Sauver Tommy Robinson

Soyons honnêtes, vous n'avez probablement jamais entendu parler de Tommy Robinson avant, au mieux, ces quelques jours. Le Matin et 24Heures recopiant les mêmes dépêches issues de l'ATS, on repérera une mention, identique dans les deux publications, remontant à 2013 et rendant compte d'une manifestation contre les terroristes musulmans qui, à l'époque, se mirent à poignarder à coups de couteau et de hachoir un soldat en pleine rue (un événement dont je pus rendre compte ici, mêlé à d'autres réflexions). À cette occasion, nous eûmes donc un premier aperçu du Sieur Robinson:

Un millier de partisans de la Ligue de défense anglaise (EDL, extrême-droite) ont manifesté lundi devant les bureaux du Premier ministre, ont constaté des journalistes. Ils scandaient: "Les meurtriers musulmans hors de nos rues".

"Ils ont eu leur Printemps arabe. Le temps est venu d'avoir le Printemps anglais", a déclaré le chef de l'EDL, Tommy Robinson.


Osant chanter quelque chose d'aussi odieux que "les meurtriers musulmans hors de nos rues", Tommy Robinson serait donc un affreux leader d'extrême-droite. Correspondant de la RTS alors en poste à Paris, Jean-Philippe Schaller, au détour d'une énième charge contre Oskar Freysinger le décrit dès 2010 comme "le fondateur de la très violente et raciste English defense league", et qu'il serait un "orateur sulfureux". Besoin d'un exorciste, M. Schaller?

Pourtant, même la page Wikipédia de la fameuse English defense league laisse le quidam sur sa faim. Le but affiché de ce mouvement est de combattre l'islamisation de l'Angleterre, et plus particulièrement l'extrémisme musulman, par de nombreuses manifestations ; et les accusations d'extrême-droite (proférée par l'extrême-gauche) se heurtent à la présence dans l'association de membres gays, pro-israéliens, anti-nazis ou de couleur.

Cette laborieuse recherche des traces de Tommy Robinson dans nos médias nous fait clairement comprendre une chose: il n'est pas question d'en parler, et s'il doit être évoqué c'est pour en dire le plus grand mal. Pour eux, il est dans le camp anti-islam et fait donc partie des gens à abattre. Et ce n'est pas qu'une tournure de style.

TommyRobinson.com

Ceux qui souhaiteraient se forger eux-mêmes leur idée sur le personnage peuvent le faire en allant simplement sur sa chaîne YouTube forte de plus de 200'000 abonnés et depuis peu, son site. Car avant d'être fondateur d'associations, Tommy Robinson est simplement un Anglais concerné, simple et direct, agissant comme journaliste indépendant pour parler des sujets que les grands médias décident de passer sous silence.

Les sujets traités sont hélas innombrables. Tommy Robinson soutient par exemple que de nombreuses exactions commises au nom de l'islam au Royaume-Uni, terrorisme ou actes criminels, sont couverts par la police. Ils restent impunis, cachés au grand public ou convertis en simples accidents - comme les fameux "actes de déséquilibrés" dont nous sommes désormais tous coutumiers, ou des attaques de voiture contre des civils comptées comme de simples accidents de la route.

De par la nature même de ses propos, Tommy Robinson dérange. La riposte graduelle qu'il subit amena le youtubeur à poster une vidéo inquiétante et prophétique:

"Ils veulent me réduire au silence, me discréditer. Ils ont essayé de m'arrêter de toutes les façons possibles et imaginables - couper mes finances, m'emprisonner, me diffamer, me relier à du téléchargement porno ou extrémiste... Maintenant ils essayent de me prendre la dernière chose qui me reste, ma voix."

"Je ne doute pas un instant qu'un jour ils me retireront l'accès aux médias sociaux, complètement et pour toujours. Ils m'ôteront mon droit à me défendre quand je suis diffamé dans la presse. Les médias pourront vous dire exactement ce qu'ils veulent de moi et je n'aurai aucun moyen d'y répondre."

"S'ils peuvent le faire contre moi, ils peuvent le faire contre vous."

Arrestation, emprisonnement et tentative de mise à mort

Le 28 mai 2018, Tommy Robinson se faisait enregistrer en direct depuis l'extérieur d'une cour de justice de Leeds où il évoquait le jugement d'un gang pédophile de plusieurs dizaines de Pakistanais musulmans qui violèrent des décennies durant de jeunes enfants anglais sans intervention des pouvoirs publics. En l'espace de quelques heures, un juge lança un procès, le mit en accusation et le condamna à une peine de prison ferme de 13 mois - tout en associant à la décision de justice l'interdiction absolue aux médias anglais de rendre compte de l'affaire. Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, fut immédiatement incarcéré à la prison de Hull.

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Tommy Robinson, arrêté en direct, filmé depuis sa propre caméra.

La plupart des médias furent heureux d'obtempérer à l'injonction mais certains articles publiés sur Scottish Daily Record, Birmingham Live, The Mirror, RT, et sur Breitbart News durent néanmoins être retirés. L'ordre de la Cour interdisant aux médias d'évoquer le sujet dut lui aussi être ôté de toute publication en ligne.

Événement inattendu, l'arrestation de Tommy Robinson déclencha des manifestations spontanées, puis d'autres organisées. Mais ce qui n'était encore que la dérive orwellienne des derniers fragments de la "liberté d'expression" en Angleterre empira peu après, puisque Tommy Robinson fut transféré dans une nouvelle prison peuplée d'encore plus de musulmans que la précédente, dans l'objectif implicite qu'ils concrétisent les nombreuses menaces de mort proférées à son encontre et finissent le travail.

Heureusement, des politiciens de plus haut niveau (UKIP en Angleterre et à l'Union Européenne, subissant des techniques identiques, et AfD en Allemagne) s'interrogèrent sur ce qui était arrivé à M. Robinson et sur la responsabilité du gouvernement britannique dans ce qui ressemblait à un assassinat déguisé. Cette réaction lui sauva sans doute la vie - pour l'instant en tout cas.

Lettre de prison

Depuis sa cellule de Hull - avant son transfert donc - Tommy Robinson a écrit une lettre aux centaines de milliers de personnes qui le soutiennent. La voici en intégralité, traduite par Florence Labbé. Je vous laisse juger du niveau d'extrémisme de son auteur, tel que le décrètent nos chers journalistes.

 


 

Nous y revoilà donc. C’est dimanche soir 10 juin 2018, les nouvelles des scènes magnifiques qui se sont déroulées à Londres hier soir me parviennent, mais avant que je commente les aspects positifs de ces événements, je veux d’abord parler des aspects négatifs. Je veux partager avec vous des extraits de la lettre de ma femme :

« L’école m’a téléphoné avant que je ne parte au travail pour me dire que Spencer (le fils de Tommy) n’allait pas bien à l’école, qu’il ne gérait pas du tout et qu’il pleurait à la moindre occasion. Son copain Sam lui a dit : « je vais faire du cross avec mon père » et Spencer lui a répondu: « bon, moi je peux pas faire ça avec le mien » et il est parti en pleurant. il a pleuré jusqu’à ce qu’il s’endorme. il dort avec ton oreiller et me demande à longueur de journée « quand est-ce qu’il rentre Papa ? ». Je ne peux même pas lui donner de date approximative puisque tu n’en as pas non plus ! Je me contente de lui répéter que c’est pour bientôt, que ça ne sert à rien de pleurer et qu’il doit se montrer courageux pour que tu sois fier de lui. Hier soir, il m’a dit : « Je vais faire quelque chose de mal comme ça je serai en prison et je pourrai voir Papa. »

Je ne vais pas mentir : cette nouvelle m’a brisé le cœur. Il y a une semaine, la prison m’a enlevé le numéro de téléphone de ma femme, je n’ai donc pas pu parler à mes enfants. Ce qui  me bouleverse aussi, c’est de penser que mon fils pense que si je suis en prison, c’est parce que j’ai fait quelque chose de mal. Plutôt que m’apitoyer sur moi-même, je devrais mettre cela en perspective : je ne suis pas chez moi pendant une courte durée. Les enfants de soldats vivent tout le temps de telles situations. C’est pour cela que j’admire leurs sacrifices passés et présents. Je ne m’étends pas trop longtemps sur mon affaire car nous venons d’introduire un recours. Ce dont je veux parler, c’est de ce que vous m’avez apporté.

Quand je me suis retrouvé dans cette prison, j’étais dégoûté. Écœuré de ce que ma famille allait devoir traverser, dégoûté pour ceux avec qui j’étais en contact et qui comptaient sur moi pour raconter leur histoire. J’étais également sûr que je serais tué en prison. Quand j’étais leader de l’English Defence League, j’ai été condamné en 2012 à 10 mois de prison.  Pour ma propre sécurité, j’ai été mis en isolement pendant 22 semaines. Je pense que c’est parce que le Gouvernement craignait des soulèvements dans les rues si j’étais tué en prison. En 2013, le soldat Lee Rigby a été décapité ; le Gouvernement a pu voir qu’un soldat pouvait être décapité sans que personne ne réagisse.

En 2014, j’ai été envoyé en prison pour 18 mois. J’ai été littéralement livré aux chiens.  Roué de coups par des prisonniers musulmans, j’ai eu de la chance de m’en sortir vivant. Le gouvernement savait que je pouvais mourir sans que quiconque n’intervienne. Ce fut un moment terrible pour moi de me rendre compte que si j’étais tué, ma mort passerait inaperçue;  Je me suis rendu également compte que ma famille ne recevrait aucun soutien pour ses besoins ou sa sécurité.

OH MAIS QUELLE DIFFERENCE  EN QUATRE ANS !

Dès les premières 24 heures de mon arrivée ici,  J’ai  appris que des milliers de personnes manifestaient devant le 10 Downing Street. Que votre pétition avait récolté 100 000 signatures, maintenant nous en sommes à 300 000.  Ensuite un demi-million. J’ai entendu dire que des manifestants escaladaient les grilles de la maison du Premier ministre. Je pensais que ceux qui me rapportaient ces nouvelles se trompaient, qu’il s’agissait d’une manifestation pour la liberté en général. Je ne me doutais pas qu’il s’agissait d’un combat pour MA libération.

Incarcéré les premiers jours au milieu de musulmans, j’étais en danger quand quelque chose a changé. J’ai été soustrait de ma cellule et de mon quartier,  et mis seul dans une cellule, en sécurité. Je pense que c’est lorsque Lord Pearson (homme politique, ancien dirigeant de l’UKIP)  a pris la parole au sujet de ma sécurité. il m’a certainement sauvé la vie;

J’ai ensuite su que des mouvements de protestation se propageaient partout dans le monde. J’ai su que la parole se libérait chez beaucoup de gens qui pendant des années  étaient restés silencieux, hommes politiques, policiers, avocats. Je suis profondément  ému de savoir que 20 000 personnes  ont manifesté ce week-end à Londres leur solidarité. Je suis abasourdi par la réaction du public. Je me sens aimé. Aimé et reconnu.

Je reçois tous les jours des centaines de lettres et mails. Je lis chacun d’eux et vous en suis très reconnaissant. Je tiens à remercier chacun d’entre vous qui m’a soutenu. Je sais combien il est difficile de parler. Je sais que beaucoup, pour m’avoir soutenu, ont dû subir des conséquences, de la part d’amis ou au travail,  et je vous en suis très reconnaissant. Il n’y a plus de liberté d’expression quand on doit subir des conséquences sociales.

Je suis heureux, heureux que cette peine de prison ait eu des conséquences pour l’establishment,  heureux que le public ait montré les conséquences que ma mort aurait entraînées. Je dis depuis longtemps qu’un jour, on ne sait quand, notre nation changera de cap.

J’y pense beaucoup et je suis sûr que je mourrai à cause de l’islam. Ceci m’effraie, mais pas autant que de savoir que ma mort n’aurait eu aucune conséquence. A présent, je souris, soulagé de savoir que ma mort entraînerait une révolution. Je ris, ce qui peut sembler fou, mais de savoir cela m’apporte une grande satisfaction.

J’ai toujours dit que je donnerais ma vie si cela pouvait arrêter la prise de pouvoir de l’islam sur mon beau pays. Notre bataille n’est pas aussi simple que contre la chair et le sang mais nous nous battons contre un système, un système corrompu. La prison laisse beaucoup de temps pour réfléchir. Nous ne pouvons plus rester chacun dans notre coin, nous devons unir nos voix et nos mouvement dans l’action politique. J’ai beaucoup de projets après ma sortie de prison.  J’ai été très heureux de savoir que Geert Wilders est venu parler à Londres. C’est lui qui m’a inspiré quand j’ai commencé mon action de militant.

Je ne peux pas établir la liste de toutes les personnes que je veux remercier  mais je sais qu’Alex Jones d’Info Wars mènerait la lutte pour ma libération. il me fait rire et je l’adore. Gerard Bitten de UKIP, Lord Pearson, Raheem Kassam, Katie Hopkins, mon cousin Kevin Carroll, Donald Trump junior pour ses tweets. J’aurais fait six mois rien que pour ça.

La liste serait encore longue, je remercierai en bonne et due forme à ma libération.  Enfin, je tiens à remercier par-dessus tout ma femme. Quand j’ai enfin pu lui parler au téléphone je lui ai demandé, en plaisantant, si elle n’en avait pas assez de tout ça. Je n’ai pas été un mari génial mais elle a été une épouse et une mère parfaites. Je ne pourrais pas survivre à cette épreuve sans ma famille.

Si vous lisez cette lettre en ligne, sachez que JE VOUS AIME et que VOUS ME MANQUEZ. Mes potes vont me chambrer pour cette putain de lettre sentimentale. Beaucoup de gens me disent que je leur donne de l’espoir mais je tiens à vous dire que vos réactions, que ce soient votre soutien à ma famille, la  prise en charge des frais de justice, ou le partage de vidéos, vous m’avez donné de l’espoir et un sentiment sans nom.

Veuillez excuser mon écriture, ma main me fait mal parce que je rédige des notes pour mon prochain livre sur lequel je travaillais avant d’être emprisonné.  Le titre provisoire en est : Battle for Britain. il s’agit en gros de mettre à jour l’Ennemi de l’Etat et de présenter une vision de l’avenir. Je remercie donc Sa Majesté de me donner le temps d’y travailler.

C’est formidable de savoir qu’il y a d’autres manifestations prévues, c’est formidable de savoir que je ne suis pas oublié et que leurs tentatives de me faire taire n’ont pas marché.

C’est lundi et je viens de regarder Love Island. On a remis le numéro de téléphone de ma femme dans les données et j’ai pu parler à mes enfants. Je suis moins stressé et plus détendu. Mes enfants vont venir me voir très  bientôt.

Merci à tous de votre soutien. C’est votre protestation et vos réactions qui me garderont en sécurité. Je tiens à ce que vous sachiez combien je suis motivé et reconnaissant. J’espère que Lord Pearson et Gérard Batten m’écriront et, les potes, si vous lisez cette missive, demandez à Gérard de venir avec vous à la prison de Hull. Mes appels ont abouti, appel du verdict, appel des conditions d’emprisonnement et appel concernant la caution. Merci de tout cœur à Pauline Hansen, merci à l’AfD pour leur offre d’asile.

L’establishment pensait clore le livre. Au contraire, le public vient d’ouvrir un nouveau chapitre.

Amitiés et remerciements à tous.

Papa, Maman, désolé de ce stress que je vous cause.

Merci au monde libre.

C’est mardi. On me change de prison. Mes enfants ne me verront pas ce week-end.

25 mars 2018

Héroïsme, sacrifice et valeurs

La France a un héros: le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.

Un héros à titre posthume, victime d'un nouvel épisode de barbarie commis au nom de l'islam.

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Illustre inconnu il y a quelques jours, le lieutenant-colonel passa à la postérité en agissant en situation de crise avec un sens aigu du sacrifice:

Le lieutenant-colonel Beltrame faisait partie les gendarmes appelés à intervenir, plus tôt dans la journée, alors qu’une attaque [était] en cours dans un supermarché de Trèbes, à 8 km de Carcassonne.

Il entre dans le Super U et se porte volontaire pour se substituer à une femme retenue en otage par Radouane Lakdim, un jeune délinquant se revendiquant du groupe État islamique. Le terroriste accepte et, trois heures plus tard, lui tire dessus à plusieurs reprises avant que les policiers du GIGN, alertés par le téléphone portable d’Arnaud Beltrame resté allumé, ne lancent l’assaut et neutralisent le terroriste. Arnaud Beltrame succombera à ses blessures dans la nuit, à l’hôpital.


Parmi ses multiples blessures, le geste fatal est un coup de couteau asséné au niveau du cou par le terroriste musulman, comme nous l'apprennent aujourd'hui les résultats de son autopsie.

Le noble sacrifice du gendarme permet rétrospectivement aux médias et au monde politique de souffler. Ouf, on peut parler d'autre chose que des errements des services de renseignement, de l'incurie politique en matière de protection des frontières et de la population, du Padamalgam! habituel et autres trajectoires de radicalisation du dernier "loup solitaire" en date. La France a un héros, un vrai, et mis à part quelques imbéciles de service, la célébration posthume du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame semble sincère.

Semble, car elle ne l'est pas. La célébration est délibérément incomplète et superficielle.

On évite de creuser, de peur de tomber sur quelque chose.

Qu'est-ce qui a conduit un brillant haut-gradé et militaire de carrière à risquer sa vie pour une parfaite inconnue, lors d'une prise d'otage dans un supermarché anonyme? Des valeurs. Et pas n'importe quelles  valeurs - des valeurs chrétiennes.

Il faut lire le récit du Père Jean-Baptiste, qui préparait Arnaud Beltrame et sa compagne au mariage religieux, pour le comprendre. Le voici reproduit in-extenso, car dans ce modèle de concision rien ne peut être ôté.

C'est au hasard d'une rencontre lors d'une visite de notre abbaye, Monument Historique, que je fais connaissance avec le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame et Marielle, avec laquelle il vient de se marier civilement le 27 août 2016. Nous sympathisons très vite et ils m'ont demandé de les préparer au mariage religieux que je devais célébrer près de Vannes le 9 juin prochain. Nous avons donc passé de nombreuses heures à travailler les fondamentaux de la vie conjugale depuis près de 2 ans. Je venais de bénir leur maison le 16 décembre et nous finalisions leur dossier canonique de mariage. La très belle déclaration d'intention d'Arnaud m'est parvenue 4 jours avant sa mort héroïque.

Ce jeune couple venait régulièrement à l'abbaye participer aux messes, offices et aux enseignements, en particulier à un groupe de foyers, ND de Cana. Ils faisaient partie de l'équipe de Narbonne. Ils sont venus encore dimanche dernier.

Intelligent, sportif, volubile et entraînant, Arnaud parlait volontiers de sa conversion. Né dans une famille peu pratiquante, il a vécu une authentique conversion vers 2008, à près de 33 ans. Il reçoit la première communion et la confirmation après 2 ans de catéchuménat, en 2010.

Après un pèlerinage à Sainte-Anne-d'Auray en 2015, où il demande à la Vierge Marie de rencontrer la femme de sa vie, il se lie avec Marielle, dont la foi est profonde et discrète. Les fiançailles sont célébrées à l'abbaye bretonne de Timadeuc à Pâques 2016.

Passionné par la gendarmerie, il nourrit depuis toujours une passion pour la France, sa grandeur, son histoire, ses racines chrétiennes qu'il a redécouvertes avec sa conversion.

En se livrant à la place d'otages, il est probablement animé avec passion de son héroïsme d'officier, car pour lui, être gendarme voulait dire protéger. Mais il sait le risque inouï qu'il prend.

Il sait aussi la promesse de mariage religieux qu'il a fait à Marielle qui est déjà civilement son épouse et qu'il aime tendrement, j'en suis témoin. Alors? Avait-il le droit de prendre un tel risque? Il me semble que seule sa foi peut expliquer la folie de ce sacrifice qui fait aujourd'hui l'admiration de tous. Il savait comme nous l'a dit Jésus, qu'«Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.» (Jn 15, 13). Il savait que, si sa vie commençait d'appartenir à Marielle, elle était aussi à Dieu, à la France, à ses frères en danger de mort. Je crois que seule une foi chrétienne animée par la charité pouvait lui demander ce sacrifice surhumain.

J'ai pu le rejoindre à l'hôpital de Carcassonne vers 21h hier soir. Les gendarmes et les médecins ou infirmières m'ont ouvert le chemin avec une délicatesse remarquable. Il était vivant mais inconscient. J'ai pu lui donner le sacrement des malades et la bénédiction apostolique à l'article de la mort. Marielle alternait ces belles formules liturgiques.

Nous étions le vendredi de la Passion, juste avant l'ouverture de la Semaine Sainte. Je venais de prier l'office de none et le chemin de croix à son intention. Je demande au personnel soignant s'il peut avoir une médaille mariale, celle de la rue du Bac de Paris, près de lui. Compréhensive et professionnelle, une infirmière, la fixe à son épaule.

Je n'ai pas pu le marier comme l'a dit maladroitement un article, car il était inconscient.

Arnaud n'aura jamais d'enfants charnels. Mais son héroïsme saisissant va susciter, je le crois, de nombreux imitateurs, prêts à au don d'eux-mêmes pour la France et sa joie chrétienne.

 

Non seulement Arnaud Beltrame était catholique, mais il était converti, croyant, pratiquant, et fervent dans sa Foi. Un mauvais exemple pour la France de demain, donc. Sous les coups de boutoir du socialisme, de la société multiculturelle et du relativisme moral, ces valeurs se perdent, et avec elles les gens capables de les porter.

Médias ou politiciens, la plupart de ceux qui célèbrent aujourd'hui le courage du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame luttent avec ferveur pour abolir les valeurs au nom desquelles il est devenu un héros. Et avant ce jour fatidique, ils s'en seraient probablement moqués.

Dans une situation de crise, une féministe, un transsexuel militant des LGBT, un trotskyste cynique, un syndicaliste arc-bouté sur les droits-acquis, un No-Border adepte du métissage se porteraient-ils volontaires dans un contexte identique? Se substitueraient-ils à une otage anonyme à la merci d'un fou furieux islamiste? Chacun a le droit d'y croire, mais pour ma part, j'ai quelques doutes.

Arnaud Beltrame est mort, cruellement assassiné, mais le monde d'où il vient et les valeurs dont il se réclamait sont aussi agonisantes. Nous nous dirigeons à grande vitesse vers un avenir où tout cela aura disparu. Le monde occidental sera-t-il meilleur pour autant? Chacun imaginera sa propre réponse, mais au train où vont les choses, nous aurons l'occasion de le découvrir bien assez tôt.