16 septembre 2018

Bonne santé de l'économie américaine: merci Obama?

Le dernier débat économico-politique du moment: la bonne santé de l'économie américaine serait à mettre au crédit du Président sortant, Barack Obama, et non à celle de son Président actuel, Donald Trump. La polémique surgit avec un timing tout à fait judicieux alors que se profilent les élections de mi-mandat.

barack-obama-11530968525cgpqnawypv.pngPour découvrir ce dernier narrative venu d'outre-atlantique, il suffit de lire la presse francophone, laquelle reprend sans retenue les médias américains pourvu qu'ils fussent marqués à gauche. Ainsi, dans Le Devoir, on lit en toute objectivité que Barack Obama, "relativement discret depuis son départ de la Maison-Blanche", est "sorti de sa réserve (...) pour mettre les points sur les i."

Il faut avoir le cœur bien accroché pour lire pareil panégyrique sans s'étrangler. Notez comme le journaliste présente Barack Obama, quelqu'un qui se sent "obligé de réagir" face aux mensonges de Trump. Au nom de la Vérité, le vieux guerrier pétri de sagesse sort bien malgré lui de sa paisible retraite... Retraite dans laquelle, il faut bien le dire, l'ex-président n'est jamais rentré. Et qu'annonce le 44e président des États-Unis depuis l'Illinois?

Barack Obama a d’abord rappelé le contexte : lorsqu’il avait pris ses fonctions en 2009, l’économie américaine perdait 800 000 emplois chaque mois. C’était la crise mondiale, avec des effets inédits depuis la Seconde Guerre mondiale. Donald Trump est, lui, arrivé dans une économie assainie. « Quand j’ai quitté mes fonctions, le revenu des ménages était proche d’un record […] et les salaires augmentaient », a fait valoir Obama. « Quand j’entends combien l’économie se porte bien, je dis : rappelons-nous quand la reprise a commencé. Je suis heureux que cela se poursuive, mais quand on entend parler de miracle économique […], je dois leur rappeler que les chiffres relatifs à l’emploi sont assez proches de ce qu’ils étaient en 2015 et 2016. »


On enchaîne avec les prétendus "experts" qui tentent de donner vie à cette version des faits:

« Il n’y a aucun doute que le crédit est à mettre au compte d’un mélange » des deux présidences, estime Douglas Holtz-Eakin, ancien directeur du Bureau du budget du Congrès. (...)

« Les chiffres montrent clairement que l’expansion a démarré sous le président Obama […] et Trump surfe sur les tendances dont il a hérité », a, de son côté, avancé Jared Bernstein, l’ancien conseiller économique du vice-président d’Obama, Joseph Biden.


Je suis le premier à admettre que Barack Obama accéda à la présidence dans une économie en crise, et dont il ne portait personnellement aucune responsabilité. Son idéologie, en revanche, était largement partie prenante dans le désastre, notamment à cause de l'octroi forcé de crédits immobiliers, pour des raisons raciales ou politiques, à des personnes manifestement insolvables. Et tout cela remonte à dix ans aujourd'hui.

Comme d'habitude, le New York Times est le fer de lance de la réécriture historique du moment, écrivant que "la reprise économique commencée sous Obama est maintenant présentée comme celle de Trump". L'article commence par admettre que sur pratiquement chaque critère mesurable l'économie américaine se porte bien, et passe les 1'400 mots suivants à expliquer que cette embellie n'a rien à voir avec l'agenda économique de Trump.

Que le New York Times présente une opinion politiquement marquée comme une vérité est son droit le plus strict, mais cela n'a rien à voir avec de l'information. Les propres archives du journal sont disponibles et abondantes pour se rappeler, il n'y a pas si longtemps, quelles étaient les perspectives économiques alors que Barack Obama s'apprêtait à transmettre le flambeau de la présidence à son successeur démocrate Hillary Clinton - un travail de vérification dont l'Investor's Business Daily se donne la peine.

La crise des subprimes survint au début du premier des deux mandats de Barack Obama. Il disposa de huit ans pour essayer de redresser la barre. Or en 2016 l'économie était encore en stagnation. La reprise après la crise était la plus faible depuis la Grande Dépression de 1929.

En fait, le New York Times lui-même décrivit l'économie sous Obama de cette façon en 2016:

"Pendant trois trimestres de suite, le taux de croissance de l'économie a oscillé autour d'un maigre 1%. Lors du dernier trimestre 2015 et du premier trimestre 2016, l'économie a cru à un faible taux de 0,9% et 0,8% respectivement, en rythme annuel. Les premières estimations pour le deuxième trimestre de cette année, annoncées vendredi, présagent d'un décevant 1,2%."


Le taux de croissance ne fit guère mieux pendant les trois derniers trimestres de 2016. Et le 27 janvier 2017, après que le gouvernement annonce que la croissance pour l'ensemble de 2016 atteignait un piètre 1,6% - le taux le plus faible depuis 5 ans - le New York Times rendit compte que "le Président Trump visait un taux de croissance juste un peu plus élevé." Le bureau bipartisan du Congrès sur le budget prévoyait une croissance de 1,9%.

La croissance fut d'une faiblesse si persistante pendant les deux mandats d'Obama que les journalistes commencèrent à préparer le grand public en évoquant une "stagnation permanente". Ils disaient que l'Amérique entrait dans une longue période de croissance faible et stable, résultante d'une lente hausse de la population et de la productivité. En août 2016, le New York Times déclara que "la réalité sous-jacente de la croissance faible hantera quiconque remporte la Maison Blanche."

Le mois suivant, CBS News annonça "qu'avec la croissance américaine en berne pendant plusieurs années, de nombreux économistes en viennent à penser que le pays est entré dans une période prolongée où toute croissance sera plus faible qu'elle ne fut par le passé."

En d'autres termes, il n'y avait aucune prédiction d'envolée de l'économie sur le radar de quiconque lorsque Trump prit place dans le Bureau Ovale. Maintenant que l'économie dépasse les attentes de tout le monde, les critiques de Trump prétendent que les ingrédients étaient déjà dans le gâteau, et le gâteau déjà dans le four.

donald_trump_PNG29.pngC'est vrai, l'activité économique dépend de paramètres mondiaux sur lesquels même le Président des États-Unis n'a pas prise. Mais l'Amérique va plutôt mieux que le reste du monde aujourd'hui.

Un mauvais Président peut ralentir, voire définitivement oblitérer l'activité économique de son pays en empilant des lois destructrices les unes après les autres - voyez le Venezuela pour la feuille de route. Un bon Président ne peut pas créer la croissance par sa seule volonté, mais peut faire en sorte que le cadre légal, fiscal et juridique devienne favorable à la création d'entreprises et aux profits. L'activité économique croît alors, et avec elle l'emploi et les salaires ; et à terme, même les rentrées fiscales augmentent.

C'est l'éternelle division entre les socialistes qui veulent changer la façon dont on distribue les parts de gâteau, et les libéraux qui font augmenter la taille du gâteau - pour tout le monde.

Quoi qu'en disent les acrimonieux médias occidentaux, les Américains se reconnaissent bien davantage dans la seconde catégorie que la première. Ainsi, l'optimisme grandit à travers la société américaine lorsque Trump remporta l'élection face à son adversaire Hillary Clinton et ses "enthousiasmantes" perspectives de stagnation. Maintenant que Trump a mis en place de nombreuses dérégulations et que la baisse de la fiscalité est sous toit, nous devrions continuer à voir une croissance américaine solide.

Les médias travaillent sans cesse à faire rentrer leur narrative dans les esprits, mais pour l'instant ils échouent. Les sondages montrent clairement que le grand public donne crédit à Trump pour l'embellie économique que traversent les États-Unis. Ils ont raison, et les médias ont tort.

12 août 2018

Internet: la bataille de l'information fait rage

Quel point commun entre Twitter, Facebook, Reddit ou encore Google? Ces acteurs majeurs de la communication d'aujourd'hui se présentent comme des parangons de vertu et d'équilibre, mais ce n'est qu'une façade. Profondément engagés à gauche, ils pèsent de tout leur poids contre ceux qu'ils considèrent comme le camp adverse.

Google, YouTube et al.

L'implication partisane de Google dans la bataille entre les camps républicains et démocrates en faveur des seconds a fait l'objet de nombreuses études, dont celle-ci, particulièrement détaillée. Que ce soit en termes de dons des employés pour les partis politiques, de parcours de carrière allant d'une position de dirigeant dans l'entreprise à celle d'un partenaire de campagne pour un candidat ou simplement de lobbyisme auprès des élus, l'entreprise entretient un engagement idéologique profond.

En termes pratiques, Google oriente les résultats de ses recherches. Par exemple, lorsque Hillary eut un malaise lors de la matinée des cérémonies du 11 septembre 2016, amenant ses gorilles à la balancer évanouie dans son van blindé avec autant d'élégance que si elle avait été un quartier de bœuf, la nouvelle défraya la chronique puis devint virale, malgré les tentatives de YouTube de censurer toutes les vidéos en rapport. Mais Google mit en place un filtre pour "protéger" le grand public de ces interrogations. Il suffit aujourd'hui encore de taper "Hillary Clinton Health" dans la barre de recherche de votre navigateur pour voir des suggestions sur Mme Clinton - mais aucune sur sa santé, jamais. Le terme "Health" est tabou dans Google Suggest lorsqu'il est associé à Hillary Clinton. On peut se poser la question de la pertinence de ce filtre maintenant encore alors que cette histoire est derrière nous ; il est probable que personne chez Google n'ait simplement pensé à l'enlever.

Avoir une opinion politique n'est pas un problème en soi. Elle le devient si celle-ci interfère avec la neutralité prétendument assurée par la plateforme, et quand celle-ci a un quasi-monopole dans l'accès à l'information du public. Comme on s'en doute, Google a sa propre police du discours. Pour éviter d'être directement mise en cause, l'entreprise de Mountain View décharge habilement sa politique de censure à plus de 100 ONG et agences gouvernementales pour aider YouTube à déterminer les contenus "extrémistes", allant des "discours de haine" à des vidéos de recrutement terroriste. Mais qu'est-ce qu'un "discours de haine", pour commencer? Il n'en existe pas la moindre définition légale, ce qui permet de cibler n'importe qui.

médias,mensonges,internet,censureGoogle et YouTube s'engagent à ne pas communiquer le nom de leurs partenaires dans ce programme, mais cette discrétion laisse présager le pire. Nous en avons la preuve à travers certaines ONG qui choisissent tout de même de révéler leur participation, comme l'Anti-Defamation League ou No Hate Speech, des organisations très politisées qui sont bien plus concernées par l'élimination de toute expression conservatrice sur Internet que par celle des vidéos de décapitation de l'État islamique, comme de nombreux contributeurs libéraux, conservateurs ou journalistes indépendants purent en faire l'amère expérience.

L'hypocrisie de YouTube et Google va plus loin ; lorsqu'ils ne peuvent directement interdire certaines vidéos - une hésitation qu'ils éprouvent de moins en moins souvent - ils peuvent encore les cacher, en exigeant un accès restreint à YouTube en présentant leur contenu comme "pour public averti" ou en choisissant de les démonétiser, privant effectivement les producteurs de la vidéo des revenus reliés à son visionnement. À défaut d'interdire d'antenne, ils étranglent financièrement les canaux qui les dérangent.

Le but de la manœuvre est clairement de promouvoir certains contenus au détriment d'autres.

Facebook et Reddit

Facebook est un acteur majeur de la distribution d'information aujourd'hui, et la posture pro-démocrate de Facebook n'est plus à démontrer. Elle fut révélée il y a plus de deux ans dans les colonnes de The Guardian, un journal dont les vues ne sont pas vraiment de droite.

D'anciens employés de Facebook décrivirent le processus en détail:

[Des employés] de Facebook ont ​​régulièrement supprimé les articles d’intérêt intéressant les lecteurs conservateurs de la section d’information "tendances" du réseau social. (...) Ils avaient aussi pour instruction d’injecter artificiellement des articles sélectionnés dans le module de nouvelles, même s’ils n’étaient pas assez populaires pour justifier leur inclusion, ou dans certains cas, ne buzzaient pas du tout. Les anciens employés, qui travaillaient tous en tant que sous-traitants, ont également indiqué qu’ils avaient reçu l’ordre de ne pas inclure de nouvelles concernant Facebook dans le module des tendances. (...)

Les histoires couvertes par les publications conservatrices (comme Breitbart, Washington Examiner et Newsmax) qui étaient assez nombreuses pour être prises en compte par l’algorithme de Facebook étaient exclues à moins que les sites classiques comme le New York Times, la BBC ou CNN ne couvrent le même sujet. (...)

Dans d'autres cas, les employés injectaient une histoire, même si elle n'était pas largement discutée sur Facebook, car elle était jugée importante pour que le réseau ressemble à un endroit où les gens parlaient de nouvelles difficiles. "Les gens ont cessé de se soucier de la Syrie", déclara un ancien employé. "[Et] si cette tendance se traduisait sur Facebook, Facebook aurait mauvaise allure." Ce même opérateur déclara que le mouvement Black Lives Matter avait également été injecté dans le module d'actualités de Facebook. "Facebook a subi beaucoup de pression à cause d'une absence de sujet tendance sur Black Lives Matter", déclara l'individu. "Ils ont réalisé que c’était un problème, et ils l’ont renforcé dans l'algorithme. Ils lui ont donné la priorité sur d'autres sujets. Lorsque nous l’avons injecté, tout le monde a commencé à dire: «Maintenant, je le vois comme numéro un»". Cet exemple d'injection est particulièrement remarquable parce que le mouvement #BlackLivesMatter est né sur Facebook, présence puissante des médias sociaux.


Cette manipulation des tendances n'est pas propre à Facebook. Reddit (phonétiquement "Read it", "je l'ai lu") est un site web communautaire de partage de liens permettant aux utilisateurs de soumettre leurs contributions et de voter pour celles proposées par autrui. Ainsi, les liens les plus populaires se retrouvent propulsés en page d’accueil. Le site se situe en quatrième position des sites américains les plus fréquentés, car on peut parler de tout sur Reddit. Quel que soit le sujet, il y a forcément d'autres passionnés avec le même centre d'intérêt. Ceux-ci se regroupent sur des "canaux" dévolus à un thème précis - comme la politique.

reddit_censor.jpgCertaines des manipulations de Reddit sont le fait de ses utilisateurs. Par exemple, le fameux canal /r/politics, prétendument non-partisan, a été de longue date colonisé par la gauche américaine qui y détient désormais les influentes positions de modération. Rien de plus facile donc que de filtrer tout contenu gênant (une nouvelle favorable à l'Administration Trump, par exemple.) Pour éviter de donner l'apparence d'une modération partisane, la manœuvre est en deux temps. D'abord, un complice se contente de poster un lien vers un article positif pour Trump ("Sprint va rapatrier 5'000 emplois aux États-Unis, annonce Trump") en lui associant volontairement un commentaire violemment hostile et contraire à la charte du canal ("Prenez ça sales crétins gauchistes!"), ce qui permet à la modération d'effacer le tout. Ainsi, l'article disparaît instantanément. Et si un utilisateur bien intentionné tente plus tard de soumettre la même nouvelle, il recevra un message d'erreur lui disant que ce lien a déjà été proposé à la communauté.

Mais les manœuvres partisanes s'étendent jusque dans l'administration du site, comme les utilisateurs de Reddit purent s'en rendre compte lors de la campagne présidentielle américaine de 2016 opposant Hillary Clinton à Donald Trump. Chacun avait son propre canal - r/HillaryClinton pour la première et r/The_Donald pour le second. Il devint vite assez évident au vu des chiffres de fréquentation que le candidat républicain était bien plus populaire que celui de son adversaire démocrate.

Reddit modifia alors le canal standard /r/popular , une sorte de méta-catégorie listant les contenus les plus populaires, pour filtrer les contenus "présents un peu trop souvent" selon les administrateurs du site. Après quelques temps il fut possible d'établir des statistiques sur l'origine des contenus les plus souvent écartés:

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(cliquez pour agrandir)

On notera qu'il ne s'agit pas simplement de filtrer tout contenu politique de cette rubrique: ni r/HillaryClinton ni r/politics n'apparaissent dans ce top 25. Écrivons-le clairement: Reddit installa un filtre pour écarter toute information venue de r/The_Donald, qu'il s'agisse de nouvelles positives pour Trump ou de révélation de scandales concernant l'opposition à sa présidence. Reddit modifia également son algorithme d'affichage afin de "pondérer" les votes - autrement dit, diminuer arbitrairement l'influence du canal pro-Trump.

Bien entendu, les responsables du site s'abritèrent derrière la ritournelle habituelle de la "préservation de la diversité". Cependant, toute tentative de présenter les choses sous l'angle de la neutralité vola en éclat lorsqu'en 2016 le PDG de Reddit Steve Huffman admit publiquement avoir effacé, voire modifié lui-même des contributions d'utilisateurs pro-Trump qui s'en prenaient à lui dans une discussion sur le site parce que ceux-ci "l'énervaient".

Dans un monde où les lois criminalisent de plus en plus le discours, qui réalise les conséquences provoquées par un individu capable de modifier sournoisement vos propres textes publiés en ligne, sans laisser la moindre trace?

Twitter et le Shadow banning

La neutralité apparente de Twitter est d'autant plus facile à défendre que Donald Trump est un des plus populaires utilisateurs de la plateforme ; mais comme le proverbial arbre qui cache la forêt, la frénésie de micro-messages du Président cache une campagne d'épuration idéologique de grande ampleur. Même le compte de Donald Trump n'est pas à l'abri de la censure de Twitter. Avant qu'il ne devienne président, de nombreuses discussions eurent lieu à l'interne pour déterminer s'il avait "franchi les limites" (une expression de novlangue destinée à exprimer la patience des censeurs vis-à-vis les cibles dont ils tolèrent péniblement l'existence). Ces débats continuèrent même une fois qu'il emménagea dans la Maison Blanche, et chacun se souvient avec quelle facilité Bahtiyar Duysak, un ex-employé de l'entreprise, ferma le compte du président le 2 novembre 2017 pendant une dizaine de minutes. Twitter annonça qu'il s'agissait d'une bévue, mais le public put tout de même découvrir la vulnérabilité des comptes. De nombreux employés de l'entreprise pouvaient fermer d'un simple clic le compte de n'importe quel utilisateur. Et ils ne s'en privent pas.

médias,mensonges,internet,censureSi la vitrine Trump peut continuer à sévir sur Twitter, celle-ci est soigneusement encadrée. On peut ainsi noter que l'algorithme de Twitter "pousse" systématiquement les réactions anti-Trump au sommet des réponses lors de chacun de ses tweets. Le nombre de "likes" et de "reposts" de ces questions, comparés aux statistiques similaires des rares réactions pro-Trump qu'on peut trouver dans le fil de réponse montre clairement qu'une "pondération" est à l’œuvre, pour rester poli.

D'autres contributeurs de Twitter ont moins de chance que le Président américain. C'est le cas de Scott Adams. Le créateur de Dilbert, devenu supporter de Trump à la suite d'une longue analyse de l'échiquier politique, découvrit comment Twitter archivait artificiellement ses messages afin de les rendre plus difficiles à lire, avant de subir un "shadow ban" en 2016 également. Son crime? Avoir demandé à son public de lui envoyer des vidéos d'agression de partisans de Donald Trump perpétrées par des partisans d'Hillary Clinton... Alors qu'il ne fait nul doute que si des supporters de Trump avaient été filmés en train de s'en prendre à des Démocrates, l'information aurait fait la Une de tous les médias.

Le Shadow Banning est une technique de modération plutôt ignoble mais très utilisée par Twitter, Reddit, et d'autres. L'utilisateur qui en est victime utilise toujours la plateforme comme si de rien n'était - il peut poster des contributions, commenter celles d'autrui, et voit ce qu'il publie - mais en fait il est le seul à les voir. Elles sont cachées aux autres utilisateurs, qui ne peuvent ni les lire ni les commenter. Pour des profils comme celui de Scott Adams, la mise à zéro de popularité du jour au lendemain est suffisamment notable pour que l'auteur se doute de quelque chose, mais des dizaines de milliers d'anonymes n'ont pas cette chance. Ils postent sur des réseaux sociaux qui sont pour eux aussi fermés et déserts que des chambres fortes, simplement parce qu'ils n'ont pas les "opinions convenables". Ils se retrouvent à parler dans le vide sans même le savoir - une sentence encore plus vile que de leur notifier officiellement une fermeture de leur compte.

Souriez, vous êtes censurés

"J'ai remarqué un phénomène général sur Internet. Tout forum où règne la liberté d'expression et pas ou peu de modération devient de droite. Les idées de gauche ne peuvent subsister sans censure ni modération." -- anonyme


Le Shadow Banning, le filtrage des opinions et la pondération des nouvelles suffisent un moment, mais un moment seulement. Devant la résistance de l'opinion publique face à ceux qui ont pour mission de la modeler, les majors d'Internet sont récemment passés à la vitesse supérieure. On assiste depuis quelques jours à une vague sans précédent de fermeture de comptes, de suppression de pages et de groupes Facebook, d'élimination de canaux YouTube et ainsi de suite - et la nouveauté est que la chasse aux sorcières semble désormais coordonnée, comme Alex Jones d'Infowars.com peut en témoigner. Alors qu'il maintient son site en ligne depuis près de vingt ans, vit en quelques jours ses comptes YouTube, Apple, Facebook et Twitter disparaître, une information qui fut relayée même sur des médias francophones.

Les imbéciles justifieront la mise au pilori en disant qu'Infowars.com est un site "controversé". Il est incontestable que l'approche de l'information du site fait la part belle au sensationnalisme, mais cela ne justifie en rien une censure - censure qu'aucun major ne songerait à appliquer à un site de propagande d'extrême-gauche comme Mother Jones, coutumier des mêmes dérives. Et au vu de leur track record depuis deux ans, Infowars.com est un site bien plus fiable que peuvent l'être CNN ou le New Work Times...

La vague est tellement vaste qu'elle cible tout azimut - même des individus parfaitement respectables, même des candidats républicains officiels dans le cadre de leur campagne électorale, ce qui pose de sérieuses questions sur l'information démocratique du public.

En Suisse et en Europe de l'Ouest, où les citoyens dorment paisiblement, la bataille pour la réinformation n'a même pas commencé - et au vu du degré d'apathie entretenu au sein de la population, elle ne commencera peut-être jamais. Mais aux États-Unis, elle fait rage. Il n'est d'ailleurs pas sûr que les majors la remportent ; depuis sa mise au ban, Infowars.com est en train de susciter un intérêt démesuré de la part du grand public, selon le bien connu Effet Streisand. Bien malin qui peut dire comment tout cela se terminera. Nous en aurons sans doute un aperçu lors des élections de mi-mandat aux USA, où les Démocrates font feu de tout bois pour reprendre une majorité parlementaire.

Tant que les GAFA resteront massivement engagés à gauche, la bataille restera inégale. En attendant, en matière de pluralisme des médias et de liberté d'expression, l'Occident ne se comporte pas mieux que les régimes totalitaires dont il se permet régulièrement la critique.

28 avril 2018

James Comey se met à table

Le journalisme n'est pas mort, mais il faut aller le chercher sur Fox News.

usa,donald trump,médias,espionnageJeudi soir, le présentateur de la chaîne Bret Baier interviewait un invité de marque - James Comey, ancien directeur du FBI débarqué par Trump, actuellement en tournée de promotion pour son livre A Higher Loyalty - Truth, lies and leadership. Dans cet ouvrage, Comey étrille Trump en mêlant opinions personnelles et anecdotes de rencontres avec le Président des États-Unis. Sachant depuis combien de temps le torchon brûle entre les deux hommes, on n'attendait évidemment pas que Comey dise du bien de son ex-patron.

C'est sans doute la possibilité de doper encore davantage les ventes de son livre qui amena James Comey à accepter de se rendre sur le plateau de la chaîne, une des seules sinon la seule du panel à oser défendre Donald Trump. Il s'imaginait sans peine passer un mauvais quart d'heure, mais que ce passage en vaudrait malgré tout la peine face à un public de lecteurs potentiels.

Mal lui en prit.

Bret Baier est un journaliste de la vieille école, qui mouille sa chemise sur ses dossiers (pendant ses cinq ans comme correspondant de la chaîne au Pentagone pour la chaîne, il se rendit onze fois en Afghanistan et treize fois en Irak). Il n'allait pas laisser son temps d'antenne avec Comey devenir une séquence d'autopromotion sans intérêt. Ayant l'occasion rare d'avoir l'ex-directeur du FBI en face de lui et en direct, il lui posa lors d'un face-à-face mémorable les questions que le grand public américain se pose depuis si longtemps sur sa gestion des affaires alors qu'il était aux commandes. Et ses réponses stupéfièrent les observateurs.

La relation entre Peter Strzok, l'agent de contre-espionnage anti-Trump profondément impliqué dans les enquêtes Clinton et Trump avec l'avocate du FBI, Lisa Page, les deux tourtereaux discutant sans vergogne de la façon dont il faudrait "se débarrasser" de Trump et le plan en cours au sein du FBI pour y parvenir?

Je peux vous dire ceci: quand j'ai vu les textes, j'ai été profondément déçu par eux. Mais je n'ai jamais vu de partialité, ni de reflet d'animosité d'aucune sorte envers qui que ce soit, y compris moi. Je suis sûr qu'on me casse du sucre sur le dos dans ces textes. Je ne vais pas tous les lire.


Comey explique ensuite que s'il avait été conscient du niveau de haine éprouvé par Strzok et Page pour Trump, il les aurait tous deux "retiré comme contact de toute enquête significative en cours". Donc l'ex-directeur du FBI affirme que les deux agents faisaient bien preuve de partialité, mais que le produit de leur travail d'enquête reste valide... Magnifique.

Quand on aborde la question des "mémos fuités" aux médias - ceux-là même qui ont servi à justifier le lancement de l'enquête par le procureur spécial Mueller - Comey admet qu'il est à l'origine de la fuite. Il transmit ces sept mémos à Dan Richman, professeur de droit à l'Université de Columbia, avec instruction de les envoyer aux médias ; et en outre d'autres personnes de son "équipe légale", David Kelly et le précédent Procureur des États-Unis Patrick Fitzgerald.

"Je ne considère pas [ces mémos] comme des fichiers du FBI... C'était plus des aide-mémoires personnels", explique-t-il. À ceci près que deux d'entre eux étaient de niveau "confidentiel" et deux de niveau "secret". L'ex-directeur Comey avoua donc encore une fois un crime fédéral, à l'antenne et en direct. Il estima aussi qu'il était en droit de garder sous silence le nom de Dan Richman et le fait qu'il ait été un ancien agent du FBI lors de son témoignage devant le Congrès, parce que selon lui ces détails n'étaient pas "pertinents". Les parlementaires apprécieront.

Vint enfin le sujet du dossier Steele, selon le nom de la barbouze qui en est à l'origine, le faux dossier monté de toute pièce et fourni au FBI comme "preuve" des moyens de pression que la Russie aurait possédé sur Trump. Le document servit de prétexte à de nombreuses manœuvres judiciaires comme la mise sur écoute d'une bonne partie de l'équipe de campagne du candidat républicain. On sait depuis un certain temps déjà, preuves à l'appui, que ce faux dossier a été payé par l'équipe de campagne d'Hillary Clinton et par les instances dirigeantes du Parti démocrate ; mais Comey s'accroche à un mensonge périmé en prétendant qu'il n'en est rien, qu'il ne sait pas voire qu'il vient des Républicains, quitte à se faire reprendre par le présentateur:

- Quand avez-vous appris que la campagne Clinton et le Comité National Démocrate ont payé pour le travail de Christopher Steele? demande Baier.
- Je ne considère pas ça comme un fait, répond Comey.
- Que voulez-vous dire?
- Je ne l'ai vu que dans les médias [NdA: notoirement pro-Trump comme chacun sait...], je n'ai jamais su exactement ce que les Démocrates ont financé. J'ai su qu'il a d'abord été payé par les Républicains.


Baier corrige rapidement Comey, notant que si des sites web conservateurs avaient effectivement fini par disposer du dossier, ils ne payèrent pas pour le dossier Steele, ajoutant que "celui-ci fut lancé par les Démocrates."

Le Directeur du FBI en exercice au moment des faits, donc un des hommes les mieux informés des États-Unis, prétend qu'il ne connaissait pas le nom de Steele, qu'il ne savait pas que Steele avait menti au FBI et en avait été écarté pour cela, qu'il ne savait pas qui avait payé pour élaborer ce faux dossier, qu'il ne savait pas qui l'avait fait fuiter auprès des médias. Cela commence à faire beaucoup pour un seul homme. Peut-être qu'il ne tenait pas vraiment à connaître tous ces détails?

Vendredi matin, outré parce ce qu'il avait vu, Trump explosa Comey dans un nouveau tweet:

Est-ce que quelqu'un arrive à croire ce qui arrive. James Comey ne peut pas définir ce qu'est une fuite. Il a illégalement laissé fuiter de l'INFORMATION CLASSIFIÉE mais ne comprend pas ce qu'il a fait ni la gravité de son acte. Il a menti de tous les côtés pour se couvrir. Il est soit très malade soit très stupide.


En regard à ce que les États-Unis sont devenus aujourd'hui, il n'est même pas impensable que Comey se tire de tous ces crimes sans la moindre conséquence judiciaire. La rupture n'en est que plus forte avec la population américaine, qui rumine furieusement en constatant à quel point les élites de Washington se soustraient ouvertement aux lois qui s'imposent à eux.

08 avril 2018

Guerre commerciale: comment la gagner ou la perdre

Trump a toujours tort, sur tout. Ce leitmotiv transpire dans tous les médias romands. Pour s'en convaincre, il suffit de lire Le Temps de mercredi dernier. Le "quotidien suisse de référence" - mais de quoi au juste? - laisse la parole à Richard Baldwin, ancien diplomate américain désormais professeur à Genève. À lire le compte-rendu de ses propos, l'homme n'a probablement pas voté pour le locataire actuel de la Maison Blanche.

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Gentil dictateur communiste chinois face à un méchant président capitaliste américain

Pour commencer, un peu de contexte:

Œil pour œil, dent pour dent. Quelques heures après la publication par l’administration Trump d’une nouvelle liste de produits chinois qui seraient frappés par des droits de douane punitifs, Pékin a donné la réplique mercredi. C’est désormais l’escalade dans la guerre commerciale entre les deux premières puissances. Le montant cumulé des produits visés par des mesures anti-dumping des deux côtés atteint 100 milliards de dollars. L’an dernier, les échanges entre les premières puissances commerciales totalisaient 580 milliards.


Au milieu de quelques éructations anti-Trump - "le président américain a tout faux dans sa stratégie" - Richard Baldwin revient sur quelques épisodes passés de crises commerciales entre les États-Unis et d'autres partenaires, depuis 1929, incluant la guerre des bananes, du coton, de l'acier, entre Boeing et Airbus, ou celle opposant les constructeurs automobiles américains et japonais. Mais la faute d'interprétation principale est liée à la fameuse "riposte" lancée par la Chine en rétorsion aux décisions américaines annoncées la semaine dernière.

Comment interprétez-vous les mesures de rétorsion chinoises annoncées mercredi?

Après la publication de la liste américaine, c’était normal que Pékin révèle aussi la sienne. Les autorités chinoises ne se laisseront pas faire, mais cela ne veut pas dire qu’elles cherchent la bagarre. Au contraire. Le système actuel leur sied bien et elles ont intérêt à le maintenir. En publiant sa propre liste, la Chine a voulu se mettre dans une position d’égal à égal pour commencer tout dialogue avec les États-Unis. Mais elle a frappé là où ça fait mal aux États-Unis.

Il est intéressant de noter qu’elle a ciblé des produits sensibles, comme le soja, qui est produit dans les Grandes Plaines, au centre des États-Unis. Électorat acquis au président Trump et au Parti républicain, les agriculteurs seraient frappés de plein fouet si la surtaxe chinoise devenait effective. Les Chinois ont en tête les élections de mi-mandat dans quelques mois et jouent une carte qui peut faire mal aux républicains. Une victoire des démocrates serait de mauvais augure pour l’administration Trump. Pékin espère aussi que des voix se lèvent aux États-Unis et contestent la stratégie belliqueuse (sic) de leur président.


Un espoir maigre, car si la manœuvre échoue Pékin perdra la guerre.

Comprendre le Protectionnisme

Héritier idéologique du mercantilisme, le protectionnisme peut se résumer en une phrase:

Le protectionnisme consiste à essayer de vendre à l'étranger tout en empêchant les produits étrangers d'être vendus localement.


En surimposant les frontières sur les échanges commerciaux, le protectionnisme nie la valeur ajoutée que trouve chacune des parties impliquées dans un échange librement consenti. De plus, l'absurdité de la dissymétrie saute aux yeux: le protectionnisme ne peut "fonctionner" que si un pays est plus protectionniste que ses voisins, menant à une surenchère permanente.

Le protectionnisme est simplement l'avatar du culte de l'exportation. À l'époque où il était pratiqué, il s'excusait au moins par le désir d'amasser de l'or, mais depuis que les biens et services s'échangent contre de simples monnaies-papier, il est devenu encore plus absurde.

En cédant aux sirènes du protectionnisme, Trump serait-il tombé dans la facilité et la démagogie, face à de gentils Chinois communistes adeptes du libre-échange le plus absolu? Quel magnifique portrait de la situation! Mais c'est malheureusement une image totalement déformée de la réalité.

Protectionnisme 2.0

Pour avoir travaillé dans le métier du commerce international depuis plus de dix ans, je peux l'affirmer, le protectionnisme ne s'est jamais aussi bien porté. Le protectionnisme traditionnel, s'appliquant à travers des taxes sur les importations, tombe en désuétude depuis les années 80 et la victoire mondiale des principes de libre-échange. Mais d'autres succèdent à ce protectionnisme de grand-papa. Par exemple, imposer à des fabricants des normes de "qualité" ou d'autres exigences réglementaires pour empêcher en pratique ceux-ci d'accéder au marché intérieur - la Suisse a longtemps pratiqué le sport protectionniste en exigeant des emballages rédigés dans les trois principales langues nationales.

Le monde est ainsi progressivement passé à "je vous colle des taxes pour vous empêcher de vendre ici" à "vous avez bien sûr le droit de vendre ici, si vous obéissez à cette longue liste d'exigences de qualité qui doivent être vérifiées à vos frais par un laboratoire indépendant, et obéir à deux ou trois autres vexations d'ordre purement administratif." Les fameuses normes de qualité maintenues par des pays ou des organisations comme l'UE servent que de paravent à des objectifs protectionnistes, notamment à chaque fois que les producteurs locaux en sont exempts.

Le protectionnisme n'est finalement qu'une déformation des prix, mais la distorsion joue dans les deux sens. Des subventions à l'exportation permettent de contrebalancer des taxes à l'importation subies dans le pays d'arrivée, ou alors de pénétrer de nouveaux marchés en proposant des produits à des prix défiant toute concurrence, ruinant les producteurs locaux.

Ces aides gouvernementales s'apparentent à du dumping et sont en principe interdites, mais comme disait Lénine, "Là où il y a une volonté il y a un chemin". Les pays rivalisent d'inventivité pour créer l'équivalent de subventions sans risquer le courroux des gardiens du temple de l'OMC, par exemple en proposant des tarifs postaux à perte, ce qui tombe bien puisque dans la plupart des pays les services postaux sont un monopole d'État.

Sur le papier et dans l'esprit des innombrables adeptes du culte de l'exportation, une politique de subvention aux exportations semble sans doute quelque chose de génial mais il faut comprendre que ces choix ont un coût et que celui-ci est assumé par la population locale. Les gens normaux payent plus de taxes et d'impôts, pour soutenir la croissance à l'international de barons de l'industrie épaulés avec bienveillance par les politiciens... Et souvent avec quelques compensations très éloignées de la recherche de l'intérêt général.

Dans le monde réel, par opposition au monde fantasmé des ex-diplomates interviewés par Le Temps, la Chine est aux antipodes absolus du libéralisme, en particulier en matière de libre-échange. Tous ceux qui ont essayé de commercialiser quoi que ce soit dans l'Empire du Milieu pourront confirmer. Mais les touristes chinois parcourant les étals d'un supermarché européen arriveront à la même conclusion, découvrant une pléthore de produits fabriqués en Chine, mais commercialisés moins cher que là-bas, bien qu'ayant parcouru la moitié du monde!

Chine - USA, 1 partout, mais les USA jouent à l'extérieur

Même si les symboles sont lourds de sens, l'affrontement entre les USA et la Chine est pour l'instant d'ordre purement comptable. Le fonctionnement est très simple: un des protagonistes grève de taxes différents produits venus du pays adverse selon leur classification douanière et le volume des importations des années précédentes. Il en résulte un montant arbitraire, par exemple "100 milliards de dollars".

Le pays visé fait exactement la même chose, décrétant prélever lui aussi "100 milliards de dollars" sur les marchandises en provenance de la partie adverse. Chacun prétend donc prélever le même montant sur les importations réciproques, ce qui "annule" la mesure de part et d'autre.

Mais en réalité, les choses fonctionnent fort différemment.

En effet, la Chine et les États-Unis ne partent pas du tout sur un pied d'égalité. La Chine vend massivement plus aux États-Unis que les États-Unis ne vendent à la Chine - c'est la pomme de discorde, le fameux "déséquilibre de la balance commerciale" entre les deux pays. Le protectionnisme historique chinois joue soudainement contre les intérêts de Pékin. Cela signifie que les USA et la Chine peuvent monter les enchères - 100 milliards de pénalité aux importations, 200 milliards, et... Et puis quoi? Il arrivera un moment où la Chine pourrait tout aussi bien interdire toute importation de marchandise américaine (ce qui arrivera probablement en pratique) pendant que les États-Unis auront encore beaucoup de marge de manœuvre pour continuer à pénaliser les importations venues de la Chine sans que celle-ci ne puisse plus répliquer. Si on poursuit le raisonnement jusqu'au bout en interdisant les échanges entre les deux pays, la Chine perdra beaucoup, beaucoup plus que les États-Unis.

Les États-Unis peuvent mettre sur la table des sanctions commerciales bien plus élevées que toute riposte jamais venue de Pékin. Raison pour laquelle les autorités chinoises essayent de se trouver des alliés en Europe - nous verrons si Bruxelles accepte de monter sur le ring pour prendre des coups au bénéfice de la dictature communiste, mais c'est un autre sujet.

Seconde difficulté, que chacun comprendra aisément, le volume des échanges du passé - sans les taxes - sera évidemment bouleversé par l'ajout desdites taxes. Lorsque les marchandises en provenance de Chine sont rendues plus chères, les importateurs se fournissent ailleurs, auprès de pays moins pénalisés. Le marché change, ou s'étiole. C'est un problème régulièrement rencontré par les politiciens incompétents qui espèrent d'immenses rentrées fiscales à l'aide de taxes à l'importation, mais heureusement, aucune des parties impliquées ici n'est aussi stupide. Ici, les taxes n'ont pas vocation à faire rentrer de l'argent dans les caisses mais à modifier délibérément la structure du marché.

Or, le monde entier se bat pour vendre aux États-Unis, première économie de la planète. Trump, qui n'est pas idiot, a délibérément exclu des sanctions commerciales les produits chinois nécessaires au bon fonctionnement de l'économie américaine, comme les composants électroniques par exemple. Pour le reste, comme l'acier, les fournisseurs étrangers alternatifs ne manquent pas. Si bien qu'en fin de compte, le citoyen américain devrait être relativement peu impacté par les premiers rounds de cette guerre commerciale.

En Chine, les choses sont différentes. Pour trouver suffisamment de marchandises américaines à taxer pour présenter une riposte crédible, les autorités chinoises ont ciblé les plus grosses importations américaines en Chine, comme le soja. Mais les Chinois dépendent énormément du soja pour leur alimentation. Et il n'y a pratiquement pas d'alternative, comme les graphiques ci-dessous le montrent:

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Dans les faits, cela signifie que les Chinois n'ont qu'une seule option - remplacer les fournisseurs américains par des Brésiliens, lesquels, en position de force, ne vont pas se gêner pour monter leurs prix face à un client vulnérable. Taxes à l'importation ou pas, le Chinois moyen subira vite l'addition, ce qui pourrait causer quelque mécontentement dans un pays qui ne doit sa stabilité qu'à la promesse d'une prospérité prétendument partagée par le petit peuple.

Voilà pourquoi Donald Trump aborde la guerre commerciale avec la Chine en toute tranquillité: la Chine a bien plus à perdre que les États-Unis. Espérons qu'elle finisse par se plier au même respect des règles commerciales qu'elle exige des États-Unis, et cesse ses innombrables barrières à l'importation et ses assauts sur la propriété intellectuelle. La réciprocité est à la base d'une relation commerciale saine, et depuis des décennies la Chine ne joue pas le jeu.

Mais Xi Jinping parviendra-t-il à le comprendre et à garder la face?

25 février 2018

Enseignements politiquement incorrects de la tuerie de Floride

Le 14 février, un ancien élève de 19 ans ouvre le feu dans un lycée en Floride, faisant 17 morts.

Après une brève période d'hébétude face à la violence de l'acte, la polémique prend selon un scénario bien rodé. Relayée par les médias mainstream, la gauche américaine s'en prend aux armes et à la NRA. Si l'adolescent n'avait pas eu d'armes en main, expliquent-ils, la tuerie n'aurait pas pu avoir lieu.

C'est tout simple, mais comment s'assurer de façon certaine qu'un adolescent avec des envies meurtrières ne peut pas avoir d'armes à feu entre les mains?

Les réponses à ces questions existent, mais ne sont pas mentionnées dans les éditoriaux parce qu'elles contreviennent au narrative, une technique de désinformation ayant pour but de provoquer un embrigadement idéologique.

Les armes tuent... Surtout aux Etats-Unis

Davantage d'armes doivent entraîner davantage de morts par armes à feu. C'est la logique même. Mais l'argument apparemment imparable est erroné.

Un tableau remonté des statistiques maintenues sur Wikipédia permet de voir qu'il n'y a pas de corrélation entre la proportion d'armes à feu détenues dans la population et la quantité de meurtres par armes à feu.

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Le tableau ne fait que rassembler des informations que chacun connaît déjà instinctivement, en particulier en Suisse. La Suisse est un des pays au monde avec le plus d'armes par habitant, grâce à l'armée de milice, et il s'agit d'armes de guerre. Pourtant, le taux d'homicide est un des plus bas du monde.

On le comprend donc, le taux d'armes à disposition dans un pays n'explique pas tout, car tout dépend de qui détient les fameuses armes. En Suisse toujours, les ressortissants de certains pays n'ont pas le droit de posséder une arme - s'ils viennent d'Albanie, d'Algérie, de Bosnie-Herzégovine, du Kosovo, de Macédoine, de Serbie, du Sri Lanka ou de la Turquie. Bizarrement, même les politiciens de gauche sont peu nombreux à monter au créneau pour réclamer bruyamment que les ressortissants de ces nationalités puissent s'armer aussi librement que des citoyens suisses.

Les armes tuent... Surtout entre de mauvaises mains

L'Europe se découvre peu à peu aux tueries de masse, notamment par le biais des attentats islamistes. Des islamistes qui utilisent parfois de véritables arsenaux de matériel de guerre dont la détention est rigoureusement interdite. L'existence même de ces caches d'armes, régulièrement découvertes dans les banlieues françaises, montre les limites d'une politique basée sur le contrôle de l'accès aux armes. Comme le prêchent (dans le désert) des défenseurs des armes depuis des années, les législations restrictives ont pour seul effet de désarmer les honnêtes citoyens, alors que les malfrats - et les terroristes - s'en moquent éperdument. Saviez-vous que le dessinateur Charb de Charlie Hebdo était un tireur sportif et avait réclamé en vain le droit de porter une arme? Il respecta la loi, jusqu'au bout.

Bien que l'idée soit impensable voire devenue criminelle dans certains pays d'Europe, les États-Unis maintiennent des statistiques ethniques liées aux crimes de sang et à la criminalité en général. Et les résultats sont aussi instructifs que choquants pour les belles âmes.

À partir de données publiques de la ville de New-York, Alisha Sherron a ainsi livré une représentation raciale de la criminalité:

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Les noirs new-yorkais sont à l'origine de 75% des arrestations pour usage d'armes à feu, et de 62% de celles pour meurtre. La violence ne concerne pas que les armes, comme les chiffres des viols le montrent. Les hispaniques viennent immédiatement derrière dans les trois catégories. La conclusion est implacable: si la population de New-York était uniquement blanche, le taux de criminalité baisserait de 83% pour les viols, 91% pour les meurtres et 96% pour les tirs d'armes à feu. Voilà une thèse qui choquera dans plus d'un dîner en ville à Lausanne ou Genève.

Pourtant, là encore, les Suisses savent bien que la criminalité est liée à certains groupes, eux dont les prisons regorgent littéralement de criminels étrangers, 90% à Genève, et la moitié de musulmans - des taux qui ont certainement contribué à leur faire approuver, il y a sept ans déjà, l'initiative sur le renvoi des criminels étrangers...

L'État saura s'en charger...

Mais admettons. Oublions les questions de culture, d'ethnie ou de nationalité, et posons comme hypothèse que les armes soient interdites. Comme nous l'avons évoqué avec l'exemple français, quelques méchants finiront immanquablement par récupérer des armes illégales et tenteront de faire un carton.

Peut-on alors compter sur les services de renseignement pour assurer la surveillance des détraqués? Pas vraiment. Depuis la tuerie de Parkland, des détails émergent. Comment le système a-t-il géré Nikolas Cruz, le tueur de 19 ans?

  • La police se rendit à 39 reprises au domicile de la famille pour répondre à des plaintes de ses proches ou du voisinage. Mais Nikolas Cruz ne fut jamais formellement arrêté, ce qui lui permit de montrer un casier vierge au moment d'acheter son fusil AR-15.
  • Cruz laissa dès l'an dernier un commentaire sur une vidéo YouTube, annonçant qu'il allait "devenir un professionnel de la tuerie en milieu scolaire". Le commentaire fut signalé par un internaute mais ne donna lieu à aucune investigation.
  • Cruz acheta des armes avec une carte de crédit appartenant à sa mère et s'afficha avec sur Instagram.
  • Un mois avant son passage à l'acte, une femme appela un agent du FBI pour tenter pendant 13 minutes de le convaincre de la dangerosité de Cruz, et "qu'il était sur le point d'exploser".  Sans succès.

D'autres détails émergeront peut-être encore. Notons que même le FBI admit publiquement qu'il avait commis de graves manquements dans la gestion de ce cas. On imagine que les parents des victimes seront très réconfortés d'apprendre que, quelque part, un obscur fonctionnaire recevra peut-être un blâme.

Allo, police? Allo? Allo?

Quand tout le reste échoue, que faire lorsque les coups de feu éclatent et que les cris se font entendre? Se barricader et appeler la police. C'est son travail après tout. C'est ce que firent les élèves et les professeurs du lycée de Parkland lorsque le tueur de 19 ans commença son carnage. D'ailleurs, le Gouverneur (républicain) de Floride Rick Scott réclame désormais un policier dans chaque école.

Problème: il y avait déjà des policiers au lycée de Parkland le jour fatidique. Un premier agent, Scot Peterson, armé, formé et en uniforme, fut sur place une minute trente après les premiers tirs. Et il ne fit rien, se contentant d'attendre à l'extérieur des bâtiments alors que les élèves se faisaient massacrer pendant plus de vingt minutes. Il démissionna sans solde une fois la révélation de son comportement.

Un cas isolé? Même pas. Quatre autres policiers arrivèrent sur les lieux à leur tour et se contentèrent de prendre la pose, mettant en joue les bâtiments depuis leurs voitures sans prendre le risque de pénétrer là où le tueur se livrait à sa macabre besogne. Eux aussi sont blâmés - encore un geste qui mettra du baume au cœur des familles des 17 victimes...

Heureusement, tous les agents de police qui se trouvèrent sur place ce jour-là ne se comportèrent pas comme des lâches. Deux autres policiers se lancèrent à l'assaut, l'officier Chris Crawford et le sergent Jeff Heinrich. Notons que le second avait sa femme et son fils dans l'école. Cela ne diminue pas son mérite, mais permet de mieux comprendre ses motivations. Prendre des risques lorsque des proches sont menacés, certainement ; le faire parce que le règlement l'exige, et les volontaires sont déjà moins nombreux.

Et si le problème venait de réglementations existantes?

Résumons: le contrôle des armes au sens strict et à travers une population entière n'a aucun sens. Il en prive les citoyens respectueux alors que l'État est incapable de désarmer ceux qui le devraient. Ses services de renseignement sont faillibles, et face à une crise, la police met toujours trop de temps à réagir.

Pendant ses deux mandats, Barack Obama a soigneusement exploité chaque tuerie, réclamant une impossible réforme du 2e Amendement pour ensuite faire porter le blâme de l'échec au camp républicain et en tirer des gains politiques.

Donald Trump choisit une autre approche, faussement rapportée comme un port d'armes pour les enseignants. La levée de boucliers des bien-pensants a été immédiate, mais absurde, car il n'est n'a jamais été question d'armer les professeurs contre leur volonté. En réalité, une certaine proportion des 3 millions de professeurs dispose déjà d'un port d'armes cachées. La réforme permettrait à ceux qui le veulent d'amener sur leur lieu de travail ces armes cachées, armes qu'ils ont déjà le droit de transporter partout ailleurs. Le but est de susciter l'incertitude d'un tireur potentiel quant au danger auquel il devra faire face en cas de fusillade, et donc d'exercer une dissuasion.

En réalité, Donald Trump propose de revenir sur la fameuse loi gun-free zone, une loi qui interdisait la présence légale d'armes dans certains périmètres (école et université par exemple). Or, et c'est la dernière statistique dont les médias ne vous parleront jamais, 92% des tueries de masse sur territoire américain ont eu lieu dans des gun-free zones, où les tireurs fous (mais pas stupides) savent qu'ils peuvent s'adonner à cœur-joie à leur massacre contre des cibles désarmées.

Avant le vote de la loi gun-free zone, les tueries dans les écoles étaient quasiment inconnues aux États-Unis. Elle fut votée en 1990, proposée par un démocrate ambitieux du nom de Joe Biden, et ouvrit la voie à ces massacres d'un nouveau genre. Mais les médias ne rappelleront jamais ces détails dérangeants.

02 février 2018

Watergate Puissance Dix.

Du point de vue des "experts" de la politique, des médias, de Hillary Clinton, des Démocrates, et d'un trop grand nombre de Républicains, l'accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis n'aurait pas dû avoir lieu. C'était un accident. Une anomalie.

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Beaucoup s'indignèrent de cette élection et s'en indignent encore. D'autres la refusèrent et décidèrent de corriger l'histoire alors même qu'elle était en train de s'écrire.

Ce complot est désormais exposé au grand jour.

Ce que nous savons déjà

Voici un résumé des faits, prouvés, étayés et documentés.

Nous savons que la Campagne d'Hillary Clinton et le Comité National Démocrate ont payé de leur poche une entreprise, Fusion GPS, par l'entremise du cabinet d'avocats Perkins Coie, pour produire un document visant à réunir de fausses informations contre celui qui n'était alors que candidat à l'élection présidentielle, Donald Trump.

Nous savons, à travers les reportages de la journaliste primée Sara Carter, spécialiste de la sécurité nationale, que le FBI a utilisé le soi-disant Dossier Trump pour obtenir un mandat de surveillance de la FISA pour espionner l'équipe de campagne de M. Trump, par le biais de Carter Page, un consultant et conseiller de Trump pendant sa campagne électorale, soupçonné d'avoir rencontré un membre du gouvernement russe lors d'un voyage en 2016.

C'est également un fait avéré que des responsables à la tête du FBI, dont Peter Strzok, à la fois à la tête de l'enquête sur le serveur mail d'Hillary Clinton et sur celle contre l'équipe Trump, ont envoyés à la juriste du FBI Lisa Page de nombreux messages faisant état d'un biais parfaitement clair en faveur d'Hillary Clinton et contre Donald Trump. Strzok et Page discutèrent même d'une "police d'assurance" visant à se protéger de Trump si par malheur il était élu, et d'une "société secrète" rassemblant au sein de leur organisation des gens avec le même état d'esprit.

M. Strzok fut naturellement nommé dans l'équipe spéciale de Robert Mueller chargée d'enquêter sur les "influences russes" sur l'élection, mais une fois ses messages partisans portés à la connaissance du grand public, le Ministère de la Justice n'eut d'autre choix que de le congédier de cette équipe.

Nous savons que de hauts responsables de l'Administration Obama, dont sa conseillère à la sécurité nationale, Susan Rice, et son ambassadrice à l'ONU, Samantha Power, ont fait des dizaines, voire des centaines, de demandes d'identification des membres de l'équipe de Trump pendant et après les élections. Ces demandes d'identification consistent à révéler les interlocuteurs dans une transcription de conversation enregistrée d'une personne espionnée. Ainsi il est possible d'avoir l'entier des propos tenus par tous les participants dans une réunion, à partir d'une seule source surveillée.

Ces procédures de masquage, dites de "minimisation et de ciblage", initialement prévues pour éviter l'espionnage des citoyens américains par leur gouvernement, ont été systématiquement violées par la NSA et le FBI sous l'Administration Obama comme révélé par un rapport top secret publié en avril 2017.

Nous savons que l'Administration Obama organisa de nombreuses fuites auprès des médias pour pousser dans l'opinion publique l'idée d'une collusion de Donald Trump avec la Russie. L'ancien directeur du FBI, James Comey, témoigna sous serment devant le Congrès en juin et admit que la plupart des reportages basés sur ces fuites de renseignements anonymes étaient incorrects.

Nous savons que l'ancien Directeur du renseignement national, James Clapper, qui a supervisé un rapport enquêtant sur l'ingérence présumée de la Russie aux élections de 2016, a déclaré à plusieurs reprises, y compris sous serment devant le Congrès, qu'il n'y avait aucune preuve de complicité du gouvernement russe.

Nous savons également, d'après des documents judiciaires britanniques, qu'un ancien espion britannique, Christopher Steele, qui avait été engagé par Fusion GPS pour produire le dossier Trump, a donné des informations secrètes à des organisations médiatiques à au moins deux reprises. Ces médias comprenaient le New York Times, le Washington Post, CNN, le New Yorker et Yahoo News.

Nous savons enfin, d'après des documents judiciaires déposés par le Comité du Renseignement de la Chambre, que Fusion GPS a effectué des paiements directs auprès de journalistes qui couvraient l'actualité des affaires liées à l'ingérence russe.

Les intervenants sont si nombreux, et les ramifications si grandes, que Epoch Times a fait œuvre de salubrité publique en créant une infographie de la situation avant la révélation du Mémo, reproduite ici:

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(Cliquez pour agrandir)

Le Mémo de Devin Nunes

Mais il manque encore quelques points essentiels, auquel répond le Mémo de Devin Nunes qui défraie la chronique depuis quelques jours.

Devin Nunes est le Président de la Commission de surveillance de la Chambre des Représentants, assemblée bipartisane chargée de contrôler l'activité FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act, ou Loi de Surveillance de l'Espionnage Étranger). Nunes était parfaitement dans son rôle lorsque la Commission enquêta sur les allégations d'espionnage de la campagne de Donald Trump. Il dut faire preuve de beaucoup d'opiniâtreté pour surmonter les obstructions érigées par le FBI et le Département de la Justice pour empêcher les élus de consulter les informations auxquelles ils avaient normalement accès dans le cadre de leurs responsabilités.

Le Mémo, comme on l'appelle donc, est simplement le résumé de mois d'enquête et d'interrogatoires de responsables devant la Commission. Déclassifié par le Président Trump, il est disponible en ligne en intégralité. Là encore, ce Mémo ne contient que des informations 100% prouvées et vérifiées - il est assorti de centaines de pièces, témoignages, documents, rapports collectés par la Commission au cours de son enquête.

Quels sont les points saillants du Mémo?

  • Un dossier compilé par Christopher Steele, ex-espion britannique payé 160'000$ par le Comité de Campagne d'Hillary Clinton et la direction du Parti Démocrate, fut un élément essentiel de la demande FISA à l'encontre de Carter Page (c'est-à-dire une demande faite à la justice d'autoriser l'espionnage d'un citoyen américain).
     
  • Une demande FISA doit être renouvelée tous les 90 jours sur la base d'éléments nouveaux découverts lors de la surveillance. Le directeur du FBI James Comey signa lui-même trois renouvellements, son vice-président Andrew McCabe en signa un. D'autres renouvellements furent approuvés par le Bureau du Procureur Général, lié au Département de la Justice de l'Administration Obama d'alors. L'un d'eux fut signé par Rod Rosenstein, encore en poste aujourd'hui au sein de l'Administration Trump.
     
  • Aucune de ces demandes de renouvellement ne fut basée sur de quelconques éléments nouveaux découverts au cours de la mise sous surveillance.
     
  • Ni la demande originale de surveillance en Octobre 2016 ni aucun des renouvellements ne mentionnent le rôle de la Direction du Parti Démocrate ou du Comité de Campagne d'Hillary Clinton, pas plus que l'influence financière de ceux-ci dans les productions de M. Steele, alors que l'origine politique du dossier Steele était connue dès le départ des hauts responsables du FBI et du Département de la Justice.

D'autres aspects du Mémo mentionnent que certaines "fuites" du dossier organisées dans la presse furent employées pour justifier une poursuite de la surveillance, et donc, dans un bel argument circulaire, donner davantage de poids aux allégations du dossier.

Autrement dit, la Direction du Parti Démocrate, le Comité de Campagne d'Hillary Clinton, l'Administration Obama par le biais du Département de la Justice et le FBI - pour les rôles principaux - ont travaillé main dans la main à l'aide de faux documents pour franchir tous les obstacles légaux, notamment l'approbation de juges, afin de mettre sur écoute Donald Trump, un adversaire politique. Cette surveillance s'étendit au-delà de son élection, dans le but probable de trouver des éléments à charge qui permettent de le destituer.

Le moment crucial

Les masques sont tombés. Le Parti Démocrate a fait alliance avec les services de renseignement et la justice sous l'Administration Obama pour mettre en branle l'appareil d'État au service d'une cause partisane. La collusion entre les médias, les services de renseignement, et certains politiciens est désormais établie, donnant corps à ce que les Américains appellent l'État profond ("Deep State") ou encore le Marais ("The Swamp").

Le Scandale du Watergate qui finit par venir à bout du Président Nixon avait impliqué un petit nombre de proches collaborateurs ; aujourd'hui, la conspiration exposée en pleine lumière implique des dizaines, voire des centaines de personnes travaillant dans une douzaine d'organisations gouvernementales et non-gouvernementales différentes dans le but de calomnier, salir et finalement destituer le Président en exercice, privant le peuple américain de son élection présidentielle.

Pire encore, les Démocrates, mouillés jusqu'au cou dans cette affaire, se battent avec la dernière mauvaise foi pour empêcher la vérité d'atteindre le grand public. Loin de toute amende honorable, ils ont utilisé toutes les astuces possibles pour tenter, sans succès, d'arrêter le raz-de-marée de révélations. Aucune remise en question n'est à l'ordre du jour. Qu'auraient dit les mêmes en 2008 si George W. Bush avait espionné sur de faux prétextes la campagne de Barack Obama pour le compte de son camp! Mais M. Bush ne le fit pas et Obama le fit, voilà toute la différence.

Nous voyons se dérouler sous nos yeux le plus gros scandale politico-médiatique de l'histoire des États-Unis. Les médias mainstream sont tout aussi complices, et tentent - comme en Europe où la posture anti-Trump fait fureur - de minimiser l'affaire, salir les messagers, voire d'accuser les Républicains de complot à leur tour. Là encore, l'esprit partisan a pris le pas sur toute autre considération, qu'il s'agisse de la recherche de la vérité ou de la simple information du public.

La destruction de l'entier de la toile occulte qui tenta de voler l'élection présidentielle des États-Unis d'Amérique impliquera nombre de procès et de condamnations - je pense que le terme de "haute trahison" est approprié. Lorsque la poussière sera retombée, il y aura des livres à écrire, des films à tourner, et des prisons remplies. Mais en attendant, il faut nettoyer les Écuries d'Augias, et l'ampleur de la tâche donne le vertige.