13 juin 2016

Le bar gay le plus triste d'Orlando

Le Pulse se définissait comme "le bar gay le plus chaud d'Orlando". C'est sans doute à cause de cette sulfureuse réputation qu'il fut pris pour cible ce douze juin par un fou d'Allah. L'homme ouvrit le feu sur la foule à l'arme automatique, tuant une cinquantaine de personnes et en blessant tout autant.

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Le bar du Pulse, avant.

Dans son allocution post-attaque, Barack Obama, versé dans le déni au point d'en faire une sorte de discipline olympique, trébucha sur l'obstacle ; ne réussissant pas à éviter d'employer le terme de terrorisme, il sauva son honneur de champion en titre en tentant dans les derniers mètres d'employer le terme "d'acte de terreur" à la place. Faisant jouer son expérience sur le reste du parcours, il esquiva habilement les mots "islam", "musulman", ou "État Islamique" pour réorienter le débat vers le droit de posséder une arme. La technique, bien exécutée, fut malheureusement trop dénuée d'originalité pour impressionner le jury ; le peloton de la presse mainstream, connu pour son suivisme, s'empressa néanmoins de recopier la stratégie dès le lendemain.

Quel dommage pour le Président américain! Il s'imaginait terminer son mandat dans le calme, travaillant à caresser dans le sens du poil les partisans de Bernie Sanders pour les réconcilier avec Hillary Clinton, candidate de la continuité par excellence, contre les méchants Républicains. Le script était écrit ; il n'y avait plus qu'à rabaisser Donald Trump et dénoncer son "simplisme", comme il s'évertuait à le faire depuis plusieurs mois. Certes, il sortait encore et toujours de son rôle institutionnel, mais de l'offensive fiscale contre les groupes du Tea Party à la mansuétude judiciaire dans les affaires concernant Mme Clinton, quel écart ne pardonne-t-on pas à l'administration Obama?

Mais voilà, les Etats-Unis viennent de subir la pire attaque terroriste sur leur territoire depuis les attentats du 11 septembre 2001. Toutes les attaques terroristes islamistes sur le territoire américain depuis cette date eurent lieu pendant un mandat du président Obama. Les LGBT, traditionnellement démocrates, sont mi-figue mi-raisin: ils font aujourd'hui l'expérience de la différence entre une posture de victime et une place, bien réelle, de victime. Les familles comptent leurs morts. Pas possible non plus pour eux de dénoncer les Républicains, les affreux chrétiens radicaux ou les armes automatiques, même s'ils essayent sans grande conviction. La tuerie du Pulse d'Orlando est bel et bien un acte homophobe commis par un extrémiste musulman, Omar Seddique Mateen - un de ces éléments de richesse dont l'Amérique, disaient-ils samedi encore, a tant besoin.

usa,donald trump,barack obama,terrorisme,islam,homosexualitéEn mode damage control, l'objectif est désormais de montrer que le tueur surgissait de nulle part. Manque de chance, M. Seddique Mateen, né à New York d'origine afghane, n'avait rien d'un inconnu pour les services américains:

Selon plusieurs médias américains, Omar Seddique Mateen, né à New York, vivait à environ 200 kilomètres au sud-est d'Orlando, dans la ville de Port Saint Lucie. Le sénateur de Floride Marco Rubio a indiqué sur CNN que l'auteur de la tuerie avait travaillé pour une compagnie de gardiennage. Omar Seddique Mateen, qui n'avait apparemment pas de casier judiciaire, avait attiré l'attention de la police à deux reprises, en 2013 puis en 2014, selon le Daily Beast.

Le FBI a confirmé avoir interrogé le jeune homme ces dernières années pour ses présumées «sympathies» islamistes mais que l'enquête n'avait jamais donné suite. Son chef à Orlando, Ronald Hopper, a révélé qu'Omar Mateen avait été interrogé à deux reprises: «Le FBI a eu connaissance de son existence quand il a fait des remarques à ses collègues laissant penser à d'éventuels liens avec des terroristes», a-t-il expliqué. Il avait une nouvelle fois attiré l'attention du FBI pour des liens avec un djihadiste kamikaze américain à l'étranger. «Au final, nous n'avons pas été en mesure de vérifier la substance de ses commentaires et l'enquête a été close», a poursuivi Ronald Hopper.


Mais des détails émergent sans cesse et brossent une fois de plus un portrait peu flatteur des agences de renseignement américain. Bien qu'interrogé trois fois (et non deux) par le FBI et inscrit sur un fichier de terroristes potentiels, Omar Mateen, qui battait sa femme, avait accès à une licence de port d'armes - et s'en servit encore la semaine précédant la tuerie. Employé depuis 2007 comme agent de sécurité dans la filiale américaine de G4S en Floride, une des plus grosses sociétés de sécurité de la planète, il avait accès à du matériel et de l'armement de pointe. Et son travail consistait incidemment à faire transporter des immigrés illégaux sur le territoire des Etats-Unis... Mais pas des Mexicains.

Omar Mateen appela les urgences juste avant de tirer, annonçant son allégeance au chef de l’État Islamique Abu Bakr al-Baghdadi. Il mentionna également les frères Tsarnaev, qui menèrent l'attaque terroriste du marathon de Boston. Son geste fut revendiqué par l'Etat Islamique lui-même un peu plus tard.

Abondamment cité par les médias, le père du tueur nia "tout lien" entre le crime de son fils et la religion ; mais ce père, Seddique Mateen, impliqué dans la politique afghane, critiqua le gouvernement pakistanais et soutint les Talibans. "Nos frères au Waziristan, nos frères guerriers du mouvement taliban et les Talibans afghans se soulèvent", affirmait-il dans une vidéo... Quel crédit apporter à pareil témoin de moralité?

Sur CNN, Christopher Hanson fit le récit d'une soirée virant à l'horreur: "Je n'ai vu aucun des tireurs. J'ai juste vu des corps tomber. J'étais au bar pour commander un verre, je suis tombé, j'ai rampé pour sortir. Les gens essayaient de sortir par derrière. Quand je suis arrivé dans la rue, il y avait du monde, du sang partout."

L'homosexualité est un péché mortel dans l'islam. Les LGBT de tous horizons devraient repenser quelque peu leurs accointances politiques.

16 mars 2016

Ce sera Donald Trump

La victoire de Donald Trump en Floride met probablement un terme au suspense des primaires républicaines. En emportant en mode winner take all les 99 grands électeurs associés à cet État de 20 millions d'habitants, M. Trump prend une telle longueur d'avance dans la course à l'investiture qu'il ne peut plus guère être rejoint.

Marco Rubio a d'ores et déjà jeté l'éponge.

Les derniers développements

usa,donald trump,électionsIl faut prendre la mesure de la Floride pour comprendre la victoire que Trump vient de remporter. Marco Rubio était celui qu'on tentait de présenter comme une alternative. Bien que Républicain et proche de la tendance Tea Party, Marco Rubio était récemment devenu la coqueluche des médias, ces derniers, il faut bien le dire, ayant largement épuisé le filon des nouveaux poulains à mettre sous le feu des projecteurs.

Marco Rubio est en Floride. D'origine cubaine, il est hispanique comme 20% des habitants de L’État. Il a été élu en novembre 2010 pour représenter l’État en question dans la Chambre du Sénat à Washington, ce qui donne une idée de sa popularité locale dans ce swing state - un état qui vote tantôt à gauche, tantôt à droite, marque de nombreux électeurs en théorie modérés et centristes. En début de campagne, Marco Rubio était soutenu par de nombreux supporters simplement parce qu'il "devait" logiquement remporter la Floride et qu'on n'a jamais vu homme politique remporter la présidentielle sans obtenir le soutien de cet État-clé.

Cela n'a pas suffit contre la tornade Trump. Non seulement ce dernier l'emporte, mais en plus, il l'emporte largement: 46% contre 27% pour Rubio. Trump l'emporte également en Caroline du Nord, en Illinois et au Missouri, quoique d'une courte tête face à Ted Cruz. Dans ce nouveau "super-mardi", seul John Kasich tire son épingle du jeu en arrachant l'Ohio - dont il est gouverneur - et ses 66 délégués. Mais même si les médias s'enflamment soudainement pour un n-ième candidat forcément plus fréquentable que Trump, cette victoire survient bien trop tard dans la campagne pour changer significativement les choses.

Le front des primaires républicaines s'est singulièrement éclairci. Seuls trois candidats restent en lice: Donald Trump, Ted Cruz et John Kasich. Au lendemain d'une victoire symbolique, ce dernier ne peut décemment pas se retirer tout de suite, mais son retrait paraît inévitable. Seul Ted Cruz semble pouvoir faire illusion encore quelques temps, même s'il vient de se faire étriller mardi en ne remportant pas le moindre État.

Trump, cet inconnu méprisable

En Europe, il est pratiquement impossible d'avoir la moindre information non biaisée sur Donald Trump. Le niveau de condescendance et de mépris est si proche de l'hystérie que le soutien - en masse! - des Américains à cet individu semble totalement incompréhensible, comme s'ils avaient été saisis d'une sorte de délire collectif. Il y a pourtant bien des raisons à sa popularité.

Certes, Trump dynamite le politiquement correct. Certes, un Trump européen est juste impensable - il aurait tôt fait de croupir en prison sur ce continent, condamné grâce à nos vigoureuses lois sur la "liberté d'expression". Mais Trump est un communicateur expert en accord avec son époque et ses moyens de communication, la télévision bien sûr, mais aussi Internet, ses réseaux sociaux et Twitter. Il en maîtrise les moindres ficelles.

De plus, et contrairement aux propos tenus par nombre de nos éditorialistes, il n'est ni superficiel, ni stupide. C'est sans doute ce qui fait le plus peur aux élites des deux côtés de l'Atlantique. Orgueilleux sans doute mais réel entrepreneur, il connaît le monde des affaires comme personne et porte un jugement sans appel sur la veulerie et la corruption de la classe politique - y compris celle de Mme Clinton.

Le canal TVLibertés fait œuvre de salubrité dans le débat en publiant mardi une vidéo des nombreux discours de campagne de Donald Trump depuis l'annonce de sa course à l'investiture. La séquence de 25 minutes représente un effort méritoire pour comprendre le point de vue authentique de M. Trump sur un certain nombre de sujets - l'immigration, la classe politique corrompue, l'interventionnisme militaire, la diplomatie - et ce qu'il espère accomplir à travers une présidence des États-Unis.

Si vous voulez avoir une idée objective de ce souhaite Trump plutôt que de vous contenter de la bouillie indigeste de propagande servie matin, midi et soir par absolument tous les journalistes, alors prenez le temps d'examiner cette vidéo sous-titrée en français.

M. Trump pourrait bien être le prochain président des États-Unis, cela vaut la peine de chercher un peu à comprendre son point de vue!

Panique républicaine

Trump représente un coup de poing contre le système, les élites, les lobbies, l'immobilisme, le trafic d'influence - tout ce qu'incarne Hillary Clinton. Ce rejet n'est pas limité au camp républicain. Ce n'est donc pas pour rien que celle-ci doit faire face à une autre révolte, à sa gauche cette fois-ci, par le biais de Bernie Sanders. Mais la plus grande menace sur la candidature de Donald Trump ne vient pas du camp démocrate.

usa,donald trump,électionsParce qu'il ne fait pas partie de l'appareil politique, parce qu'il n'a aucun respect pour les lobbies et connaît tous les rouages de la corruption politique pour s'y être adonné lui-même pendant des années en tant qu'entrepreneur immobilier, Donald Trump suscite une véritable terreur au sein des politiciens de carrière du Parti Républicain.

Officiellement bien sûr il s'agit simplement de trouver un "meilleur candidat", c'est-à-dire quelqu'un de plus "consensuel", pour "préserver les chances du camp républicain face à Mme Clinton". Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage!

L'explication, cousue de fil blanc, repose sur des sondages qui accréditeraient une victoire probable d'Hillary Clinton en novembre dans un duel Clinton-Trump pour la présidence. Mais que valent ces sondages à huit mois du scrutin? La véritable campagne n'a même pas encore commencé. Lorsque Trump s'attaquera à Hillary Clinton, mieux vaudra ne pas traîner dans les parages. Quant aux sondages, si quelqu'un les a bien fait mentir jusqu'ici, c'est le bouillant homme d'affaire. Après tant de débats qui montrèrent la capacité de chacun, on voit mal comment John Kasich ou Ted Cruz, malgré leur qualités respectives, pourraient mieux galvaniser des Américains largement désabusés de la politique.

Car la force de Trump est là: il mobilise hors des cercles politiques établis, chez des gens qui ne votent pas habituellement, dont de nombreux dégoûtés du Hope and Change fallacieux servi par Obama. Des Américains normaux écœurés de l'immobilisme de Washington et de la crise économique dans laquelle ils se débattent depuis des années.

Trump est haï de l'establishment non seulement parce qu'il menace les élites et un bipartisme parfaitement artificiel, mais aussi parce qu'il semble désormais en mesure de l'emporter. La crainte qu'il inspire croît avec chaque nouveau délégué arraché pour la Convention républicaine. L'amusement des débuts a cédé la place à l'incrédulité, puis à l'inquiétude, puis à la panique.

À ce stade, il n'est pas exclu que certains pontes républicains franchissent le Rubicon et appellent carrément à soutenir Mme Clinton. Nous verrons s'ils osent aller jusque là.

15 février 2016

La Cour Suprême s'invite dans la campagne présidentielle américaine

Le décès à 79 ans du juge Antonin Scalia met sous le feu des projecteurs une fonction essentielle du président des États-Unis, nommer les membres de la Cour Suprême.

220px-Antonin_Scalia,_SCOTUS_photo_portrait.jpgLa fête de ce vendredi soir au Ranch de Cibolo Creek, un complexe hôtelier au sud de Marfa, devait être un moment de détente entre les quarante invités, mais personne ne s'attendait à ce que ce soit la dernière apparition publique du juge Scalia. Ses amis ne le voyant pas arriver au petit-déjeuner le samedi matin, l'un d'eux partit à sa recherche et le découvrit mort dans sa chambre. Il semble décédé durant la nuit de causes naturelles.

Nommé par Ronald Reagan, le juge Scalia (Justice Scalia selon le titre donné aux membres de la Cour Suprême) était un esprit fidèle à la Constitution américaine, partisan d'un droit direct et intelligible par le commun des mortels. Dans son style particulier, incisif et souvent drôle, il s'alignait naturellement avec les opinions les plus conservatrices au sein du collège, dont le juge Clarence Thomas et le Chief Justice Roberts, actuel président de la Cour.

Sans surprise, le portrait d'Antonin Scalia brossé de ce côté de l'Atlantique est largement négatif: décrit comme conservateur, catholique "traditionaliste", on devine l'esprit borné. N'était-il pas d'ailleurs convaincu de la constitutionnalité de la peine de mort et défenseur de la détention d'armes individuelles? Opposé à l'avortement, à l'union homosexuelle et à la discrimination positive? Pas un journaliste pour comprendre qu'il s'agissait moins des positions de l'homme que d'une compréhension tout à fait banale de la Constitution américaine par le juge, à la portée de tout un chacun d'ailleurs...

Mais ce quiproquo plus ou moins involontaire entre les opinions personnelles d'un magistrat et la source du droit qu'il était chargé d'interpréter est au cœur du problème qui attend la prochaine Cour Suprême et les États-Unis dans leur ensemble - à brève échéance.

La Cour Suprême, un rôle central

La Cour Suprême américaine représente le faîte du pouvoir judiciaire des États-Unis. On ne peut pas faire appel de ses décisions. Elle peut également annuler des décisions politiques importantes. A l'opposé de constitutions truffées de formules générales de nombreux pays, la Constitution américaine définit aussi précisément que possible le rôle de l’État, c'est-à-dire ses prérogatives et son périmètre. Il ne peut, ou en tout cas ne devrait pas, les dépasser ni s'en attribuer de nouvelles. Les droits des Américains sont quant à eux protégés par un socle de droits fondamentaux, les fameux Amendements du Bill of Rights.

Comprendre et respecter la Constitution américaine revient donc à contenir l'évolution naturelle de l’État - comme de toute bureaucratie - à se mêler de domaines divers et variés sans aucune limite. La Cour Suprême a donc avant tout un rôle de gardien face à une évolution positiviste du Droit où le Gouvernement américain, s'éloignant de ses fonctions régaliennes, tend à légiférer sur des aspects toujours plus nombreux de la vie des Américains.

De ce fait, le rapport de force au sein du collège des juges est moins important que la majorité absolue. Tant que les constitutionnalistes tiennent le haut du pavé, la Constitution américaine signifie encore quelque chose ; que les constructivistes l'emportent et elle sera détruite, brisée par des réformes contraires à l'esprit des Pères Fondateurs qui se retrouveront pour toujours ancrées dans la jurisprudence.

Ces deux camps se retrouvent le grande partie, mais pas complètement, dans le clivage droite-gauche. Les Républicains sont en général respectueux de la Constitution, alors que les Démocrates la voient comme un papier à la seule valeur historique. Les seconds reprochent d'ailleurs continuellement aux premiers de s'abriter derrière la Constitution pour les empêcher de mener à bien les réformes qu'ils envisagent pour la société.

Les gauchistes des deux côtés de l'Atlantique se réjouiront sans doute de la nomination d'un candidat "progressiste", "libéral" ou "réformiste" qui permettrait par exemple de réglementer la possession d'armes à feu. Mais il faut bien comprendre que si ce Droit lié au 2e Amendement est modifiable, il en sera alors de même pour d'amendements, comme le droit de connaître les raisons de son arrestation, l'interdiction de la torture, ou le droit à la liberté d'expression... Une perspective qui s'avère immédiatement plus inquiétante.

Le relativisme constitutionnel n'a pas de limites!

Les grandes manœuvres

La disparition d'Antonin Scalia change de nombreux équilibres au sein de l'appareil judiciaire américain. La Cour Suprême, temporairement réduite à 8 membres, rend par exemple des jugements sans valeur de jurisprudence aussi longtemps qu'elle ne retrouve pas un effectif complet. Mais le plus important a naturellement trait aux rapports de force au sein de l'institution.

Les juges sont nommés par le président et exercent un mandat à vie. Ils peuvent néanmoins démissionner. Ainsi, ils prennent généralement leur retraite à un âge avancé, si possible lorsqu’un président issu de leur sensibilité occupe la Maison Blanche. Avant le décès d'Antonin Scalia, 5 juges avaient été nommés par un président républicain, 4 par un démocrate ; même si la réalité est plus nuancée (rappelons-nous que le collège actuel a approuvé l'Obamacare) les factions constitutionnalistes / constructivistes se retrouvent désormais à 4 contre 4.

Sans surprise, dès l'annonce du décès du juge, Barack Obama se lança dans la bataille en voyant là une opportunité historique de faire basculer l'institution. Il annonça qu'il nommerait un successeur au juge Scalia dans les plus brefs délais. Décidé à pousser son avantage, Barack Obama ne souhaite pas attendre les élections de la fin de l'année qui verraient peut-être le succès d'un candidat républicain ; mais la partie n'est pas gagnée.

La nomination doit en effet passer entre les mains du Sénat pour la confirmation des candidatures de juges à la Cour suprême. Son président républicain, Mitch McConnell, qui fixe le calendrier du Sénat, a déclaré que le juge Scalia ne devrait pas être remplacé avant les élections présidentielles de l'automne. Nous verrons s'il parvient à tenir cette position jusqu'en novembre.

Si Barack Obama échoue dans ses projets, le choix reviendra donc aux citoyens américains. La question est donc moins le nom du remplaçant de M. Scalia que de savoir qui le nommera.

Si les 54 sénateurs républicains tiennent bon, ce sera aux Américains de décider lors de l'élection présidentielle. Hillary Clinton? Bernie Sanders? Donald Trump? Un autre? Quand les citoyens voteront, ils décideront bien davantage que le chef de l'exécutif. Par extension, ils se prononceront également sur la composition du collège des juges de la Cour Suprême, donc les différentes interprétations à donner à la Constitution ; et donc, finalement, les droits dont ils entendent disposer face à leur gouvernement.

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25 juin 2015

Secrets de Polichinelle

"La France est espionnée!" s'indignent les pouvoirs publics. Après s'être gaussé de l'Allemagne et du portable piraté de Mme Merkel, c'est au tour de François Hollande de découvrir qu'il est sur écoute. Il aurait même décidé d'appeler Obama - sans réaliser l'absurdité de sa démarche, le président américain étant déjà au courant que les opérations étaient éventées...

espionnage,france,usaHilare, le Web s'est donc emparé du dossier pour le plus grand déplaisir d'une classe politique qui ne supporte pas qu'on lui rappelle sa banalité. C'est bien pourtant ce dont il s'agit car les secrets pêchés jusqu'ici sont bien médiocres:

Jacques Chirac a, en 2006, poussé son candidat pour le poste de sous-secrétaire général adjoint des Nations unies, mais aussi que, selon la NSA, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Philippe Douste-Blazy, avait une «propension […] à faire des déclarations inexactes ou inopportunes.»


Une tentative de pousser son influence dans une organisation internationale? Un ministre qui parle mal - et trop? Sacrées nouvelles. Quant au successeur de M. Chirac, on apprend que...

Nicolas Sarkozy se voyait, en 2008, comme «le seul homme capable de résoudre la crise financière»


Là encore, quel scoop! Face à une telle humilité, même le journaliste avoue que cela ne surprendra personne. Finissons ce triste tableau avec M. Hollande:

Le mémo le plus récent date du 22 mai 2012 (...) et fait état de «réunions secrètes» pour discuter d’une possible sortie de la Grèce de la zone euro, mais également des inquiétudes de Jean-Marc Ayrault quant aux réactions d’Angela Merkel si elle venait à avoir vent de la rencontre entre le nouveau président et l’opposition allemande.


Discuter de la sortie de la Grèce de la zone euro en 2012 n'avait rien d'absurde, au vu de la trajectoire que continue de prendre le pays depuis. Quant à une réunion avec les socialistes allemands pour préparer une éventuelle alternance du pouvoir à Berlin, là encore rien de stupéfiant.

Où sont les Puissants décidant en toute omnipotence du destin du monde et de ses peuples? Pas d'avant-garde du prolétariat qui tienne, ni de quoi que ce soit en vérité. On en apprend décidément davantage sur la politique française dans les pages de papier glacé de Closer ou entre deux mauvais jeux de mots du Canard Enchaîné.

Depuis les communistes russes qui inventèrent l'espionnage en temps de paix peu après la Première Guerre Mondiale, le succès des services de renseignement ne s'est jamais démenti. Tout le monde espionne tout le monde, ennemis comme alliés, dans la mesure de ses moyens financiers et techniques. Comme le dit en boutade François Heisbourg, président de l'International Institute for Strategic Studies, à l'antenne de la RTS, François Hollande aurait pu tout aussi mal prendre de ne pas avoir été jugé assez important pour être espionné...

Dans ce jeu hypocrite, la seule faute est de se faire prendre.

S'il y a bien une nouveauté, c'est la façon dont les services secrets (essentiellement américains, mais pas seulement) se font désormais attraper la main dans le sac dans des opérations d'espionnage pas du tout justifiables. Leurs errements finissent régulièrement dans les médias grâce à des contre-pouvoirs comme Wikileaks qui prouve encore une fois la terrible nécessité de leur existence. La volonté des pouvoirs publics de fermer les sites de ce genre est-elle vraiment mue par la recherche de l'intérêt général?

La démultiplication des moyens technologiques permet désormais une surveillance de masse ; mais ce que les États s'autorisent pour le simple quidam ne saurait s'appliquer pour les dirigeants, les élites, bref, ces gens tellement au-dessus du lot que la seule idée d'être traités de la même façon les indigne.

Par hasard, le jour même du scandale de l'espionnage des président français, le parlement approuvait quant à lui le vote final de la loi sur la surveillance de masse. On ne saurait trouver meilleure illustration de cette hypocrisie institutionnelle.

Comme le résume parfaitement un internaute:

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20 avril 2015

Les casseroles d'Hillary

En annonçant sa candidature à la présidence des Etats-Unis, Hillary Clinton mit fin au suspense le plus faible de toute l'histoire politique américaine.

usa,hillary clintonChoisie cinq fois par le Time pour figurer sur la liste des cent personnes les plus influentes au monde, elle ne fait face à aucune concurrence dans son propre camp. Personne dans le camp démocrate ne semble prêt à en découdre face à elle - ce qui donne un aperçu de sa mainmise sur le parti de gauche. Cependant, la victoire devant les électeurs ne sera pas forcément acquise, Hillary Clinton traînant derrière elle un certain nombre d'affaires gênantes. Revenons sur trois d'entre elles.

Whitewater Development Corporation

Les médias sont prompts à ramener sur la table l'épisode Clinton-Lewinski, mais cette affaire n'en est pas une ; Hillary Clinton était la victime trompée - et en joua avec talent dans les médias - alors que son mari était poursuivi pour avoir menti sous serment. En évoquant l'affaire Lewinski comme un des épisodes négatifs émaillant l'histoire d'Hillary, les médias lui rendent en fait service, mêlant un faux scandale à d'autres, bien vrai ceux-là, pour affaiblir la crédibilité de l'ensemble.

Le plus ancien scandale sérieux porté à notre connaissance est celui de la Whitewater Development Corporation, un projet de développement immobilier dans lequel le couple Clinton s'était associé avec Susan et Jim McDougal dans les années 70. Selon un certain témoignage, Bill Clinton, alors gouverneur de l'Arkansas, aurait fait pression sur un investisseur afin qu'il accorde un prêt illicite (car adossé à des fonds fédéraux) de 300'000 dollars à Susan McDougal.

Des enquêtes mirent en cause plusieurs proches collaborateurs des Clinton, dont Jim Guy Tucker, le successeur de Bill Clinton comme gouverneur de l'Arkansas. Il fut reconnu coupable et emprisonné pour fraude.

Bien qu'une quinzaine de personnes soient concernées et malgré les soupçons planant sur les Clinton, les enquêteurs ne parvinrent pas à les mettre en cause directement. La façon dont ils furent protégés était des plus étranges. Ainsi, Susan McDougal accepta d'aller en prison essentiellement pour avoir refusé de témoigner devant la cour face à des questions sous serment sur l'implication des Clinton. Ils ne furent blanchis que grâce à des silence de ce genre. Les Clinton surent toutefois démontrer leur gratitude quelques années plus tard ; ainsi Bill gracia Susan McDougal dans les tous derniers jours de sa présidence.

Encore voilée de mystère quarante ans après, l'affaire Whitewater est symbolique de l'opacité dans laquelle les Clinton maintiennent leurs affaires.

L'attaque anti-américaine de Benghazi

Le 11 septembre 2012, la représentation américaine à Benghazi, en Libye, fut attaquée par des terroristes islamistes. La responsabilité de la protection du personnel incombait à la secrétaire d'Etat en charge des affaires étrangères d'alors, c'est-à-dire Hillary Clinton. L'assaut, en deux endroits différents et à plusieurs heures d'intervalle, se solda par la mort de l'ambassadeur Christopher Stevens, du chef du renseignement Sean Smith et de deux agents de la CIA, tous deux anciens navy SEALs, ainsi que d'une dizaine de blessés. La mort d'un ambassadeur à l'étranger était la première depuis plus de trente ans. Un mois plus tôt, il s'était inquiété du faible niveau de protection de la mission américaine dans la ville...

La gestion de la protection de l'ambassade, de l'attaque puis de la crise politique qui s'ensuivit fut un échec à tous les niveaux.

usa,hillary clintonL'attaque commença le 11 septembre à 21h (3h de l'après-midi à Washington). Entre 125 et 150 assaillants, "certains portant les tuniques de style afghan prisées par les militants islamistes", d'autres équipés de masques et de gilets pare-balles, lancèrent l'attaque avec des lance-roquettes, des grenades à main, des AK-47, des fusils d'assaut de l'OTAN, des mortiers et des mitrailleuses lourdes montées sur des pick-ups. L'ambassadeur trouva la mort dans cette première attaque qui montra des défenseurs fort peu préparés, un système d'alerte défaillant, une chaîne de commandement désorganisée et une force de réaction inexistante.

Une seconde attaque eut lieu un peu plus tard, à 4h du matin heure locale, contre une annexe de la CIA située à moins de deux kilomètres de là. De nouveau, les défenseurs durent faire face à des tirs nourris, dont des tirs de mortier. L'un d'eux dévasta le sommet du bâtiment, tuant deux Américains.

De façon stupéfiante, et alors même que la veille le chef d'al-Qaeda Ayman al-Zawahiri annonçait pour l'anniversaire du 11 septembre une vague d'attaque contre les Américains en Libye, la première réaction américaine officielle fut de lier ces événements à une obscure vidéo de bande-annonce d'un film improbable,  "l'innocence des musulmans" dont l'existence fut évoquée pour la première fois le jour même de l'assaut. Aussi absurde soit-elle, la manœuvre - relayée par quatre médias - visait sans aucun doute à couvrir les innombrables manquements du fiasco de Benghazi.

Le mensonge dura quelques temps, appuyé par toute la force de persuasion de l'administration Obama et empoisonna même le débat de l'élection présidentielle: l'attaque de Benghazi était une manifestation qui avait "dégénéré". Mais le récit fut de plus en plus difficile à tenir face aux témoignages et à l'étalage d'armes lourdes employées contre les Américains. La thèse finit par s'effondrer complètement, le rapport d'enquête officiel ne laissant planer aucun doute sur le ridicule de la version d'une manifestation anti-américaine improvisée ayant basculé dans la violence.

Sans aller jusqu'à les qualifier de négligences criminelles, les conclusions de la commission d'enquête pointèrent directement l'incompétence de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton en termes de leadership et de gestion de crise.

Le scandale des emails

La plus récente affaire en date concerne les emails de la politicienne. Le quotidien Libération donne avec sa complaisance habituelle un aperçu du sujet:

Pendant ses quatre années passées au département d’Etat, lors du premier mandat de Barack Obama, Hillary Clinton n’a jamais disposé d’une adresse électronique du gouvernement fédéral. L’ancienne secrétaire d’Etat (...) utilisait sa boîte personnelle, moins protégée des risques de piratage. Une adresse mail personnelle ne peut être utilisée qu’en cas d’urgence lorsque l’on travaille pour les services de l’Etat fédéral, rappelle le New York Times.


"Moins protégée des piratages?" En effet. C'est d'ailleurs par le biais d'un hacker roumain prenant le contrôle du compte mail d'un proche des Clinton que l'on appris l'existence de l'email particulier d'Hillary - employé dans son rôle de Secrétaire d'Etat.

Hillary avait bien une adresse email gouvernementale mais choisit délibérément de ne pas s'en servir. Pendant quatre ans, elle utilisa expressément un email privé, non encrypté et sans supervision, pour traiter d'affaires d’État officielles. Elle savait exactement ce qu'elle faisait puisque c'était précisément ce qui avait été reproché à des responsables de l’administration Bush en 2007, surpris à utiliser leurs boîtes mail personnelles pour ne pas avoir à livrer des échanges compromettants. A l'époque, Hillary était sénatrice, mais dans l'opposition.

Une fois dans le rôle de Secrétaire d'Etat, elle céda elle-même à la facilité d'un mail "officieux", bien pratique pour entretenir une correspondance parallèle sans rendre de compte à personne. Quelle excellente façon d'éviter d'avoir à divulguer quoi que ce soit à une éventuelle commission d'enquête!

Il est assez ironique de rappeler qu'en 2012 un ambassadeur fut sévèrement réprimandé et ensuite licencié pour avoir utilisé un email privé dans des affaires professionnelles. Histoire de lever le doute sur une éventuelle naïveté, Hillary Clinton signa elle-même, en 2011, un message enjoignant tous les ambassadeurs à ne pas utiliser des adresses privées dans le cadre de leurs activités professionnelles...

Prise la main dans le sac, Hillary prétendit que tout cela était en fait très transparent et livra des milliers de pages d'échanges comme preuve de sa bonne foi. Les enquêteurs eurent donc un aperçu de ce qu'Hillary voulait bien leur livrer, mais évidemment pas de ce qu'elle avait omis. Ensuite, par le plus grand des hasards, le serveur mail des Clinton clintonemail.com fut purement et simplement... Formaté.

Nous ne saurons peut-être jamais les secrets que Mme Clinton a décidé d'effacer, mais elle n'est pas sortie d'affaire pour autant. Écrits dans le cadre de son travail de Secrétaire d’État, ces messages étaient propriété du gouvernement américain ; elle est donc susceptible d'être accusée de destruction de biens de l’État. En outre, selon la date du formatage "accidentel" du serveur mail, elle pourrait également être poursuivie pour destruction de preuves. Enfin, tout son comportement est une violation flagrante des lois fédérales américaines sur l'archivage et la transparence.

L'affaire suit son cours.

Faire table rase du passé, un exercice difficile

D'une certaine façon, les auspices sont favorables à la candidature d'Hillary. D'une part, les médias acquis à sa cause veilleront à la présenter sous le jour le plus favorable possible, tout en dénigrant sans vergogne les candidats républicains. D'autre part, une proportion importante des électeurs démocrates votent en faveur d'un système et non d'une personne ; ils soutiendront simplement le candidat officiel qu'on leur désignera.

Cependant, Hillary Clinton ne pourra pas profiter de l'engouement qui avait porté Barack Obama avant son premier mandat. Présente dans le panier de crabes politique depuis l'université, première dame sous Bill Clinton, sénatrice de l'Etat de New-York sous la présidence Bush fils, secrétaire d'Etat dans le gouvernement d'Obama, elle est l'incarnation parfaite de la politicienne professionnelle, voguant au sein des arcanes du pouvoir comme un poisson dans l'eau, allant se cacher sous un rocher si les courants sont défavorables.

La promesse du Hope and Change de Barack Obama avait beau être creuse, elle amenait les foules à se mobiliser ; Hillary représente tout le contraire de ce message. Elle illustre à merveille les élites de Washington corrompues et éloignées des réalités, repoussant les gens normaux. Coupée du commun des mortels, voguant de congrès en sommets internationaux, considérant les allées du pouvoir comme son jardin, Hillary Clinton ne fait pas partie du sérail - elle incarne le sérail.

Les "affaires" suffiront-elles à ternir son éclat? Cela dépend de la curiosité des électeurs à aller au-delà des médias mainstream et de leur hagiographie permanente. Mais, surtout aux Etats-Unis, qu'on ne prenne pas à la légère la menace des sites alternatifs sur Internet ; ce sont eux, par exemple, qui contraignirent le président en exercice Barack Obama à éclaircir la controverse de son lieu de naissance.

Le premier adversaire d'Hillary ne viendra pas du camp républicain mais de son propre passé. Les médias parviendront-ils à le faire oublier pour la présenter comme une candidate toute neuve? Son succès repose sur le maintien de cette illusion.

30 janvier 2015

USA: cette classe moyenne qui va si mal

"Vous prétendez que les chiffres de la reprise américaine sont arrangés, pourriez-vous apporter des preuves pour être crédible ?" demande, en commentaire, un internaute qui a du mal à accepter l'idée que l'échec de la reprise économique américaine a provoqué la défaite du camp démocrate aux élections de Midterm en 2014.

Mais pareil sujet mérite amplement un billet entier - d'autant plus que le travail de mesure a été fait dans les grandes largeurs par Michael Snyder sur son blog.

Voilà donc une traduction des 27 signes qui montrent ce que la classe moyenne a enduré sous 6 ans de présidence de Barack Obama. Que tous ceux qui prétendent ensuite que l'économie (hormis la bourse dopée à l'argent gratuit de la FED) et la population américaine se portent mieux amènent des preuves pour être crédibles...

Mais laissons la parole à Michael Snyder.

 


 

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Pendant son discours sur l'état de l'Union jeudi soir, Barack Obama va promettre [NdT: le billet est du 18 janvier] une vie meilleure pour les familles de la classe moyenne. Bien entendu, il a déjà promis cela lors de tous ses discours précédents sur l'état de l'Union, mais apparemment il croit qu'il y a encore des gens ici-bas pour prendre ses paroles pour argent comptant. Chaque mois de janvier, il vient à la tribune et nous raconte comment l'économie "se remet" et nous incite à croire que les jours heureux nous attendent au détour du chemin.

Et pourtant les choses continuent à empirer pour la classe moyenne. Les chiffres que vous allez voir ne seront pas mentionnés dans le discours sur l'état de l'Union d'Obama. Ils ne collent pas avec la "trame narrative" qu'Obama essaye de faire avaler au peuple américain. Mais toutes ces statistiques sont précises. Elles brossent le portrait d'une classe moyenne en voie de disparition.

Certes, le déclin de la classe moyenne américaine est un phénomène qui se déroule depuis des décennies, mais les troubles se sont sans aucun doute accélérés pendant les années Obama. Lorsqu'il s'agit d'économie, il est complètement et définitivement paumé, et les politiques qu'il a mis en place grignotent les fondements de l'économie américaine comme un cancer. Voici 27 faits qui montrent comment la classe moyenne s'en est sortie après six années de Barack Obama...

#1 Les familles américaines dans les 20% du centre de cette tranche de revenus gagnent moins d'argent maintenant qu'elles n'en gagnaient le jour où Barack Obama est entré pour la première fois à la Maison Blanche.

#2 Les familles américaines dans les 20% du centre de cette tranche de revenus ont un patrimoine moyen inférieur à ce qu'elles avaient lorsque Barack Obama est entré pour la première fois à la Maison Blanche.

#3 Selon un article du Washington Post publié il y a quelques jours seulement, plus de 50% des enfants dans les écoles publiques américaines viennent de foyers pauvres. C'est la première fois que cela arrive depuis au moins 50 ans.

#4 Selon un rapport du Census Bureau récemment publié, 65 % des enfants aux États-Unis habitent dans un foyer qui reçoit de l'aide du gouvernement fédéral sous une forme ou une autre.

#5 En 2008, le nombre total de faillites a excédé le nombre total de créations d'entreprises pour la première fois jamais enregistrée, et cela a continué chaque année depuis.

#6 En 2008, 53% de tous les Américains se considéraient comme faisant partie de la "classe moyenne". Mais en 2014, seuls 44% d'entre eux considèrent encore en faire partie.

#7 En 2008, 25% de tous les Américains dans la tranche d'âge des 18-29 ans se considéraient comme faisant partie de la "classe défavorisée". Mais en 2014, une proportion étonnante de  49% d'entre eux considère en faire partie.

#8 Traditionnellement, l'accession à la propriété était un des indicateurs-clef de l'appartenance à la classe moyenne. Alors, qu'est-ce que la chute pendant sept ans de suite du taux de propriétaires peut nous enseigner sur les années Obama?

#9 Selon une enquête conduite l'année dernière, 52% des Américains ne pourraient plus se payer la maisons dans laquelle ils vivent actuellement.

#10 Après avoir intégré l'inflation, le revenu médian des foyers aux États-Unis est 8% plus bas qu'il n'était lorsque la dernière récession a débuté en 2007.

#11 Selon un sondage récent, 62% des Américains vivent actuellement de mois en mois [NdT: sans mettre le moindre centime de côté.]

#12 En ce moment, un adulte sur trois aux États-Unis a une dette impayée "en cours de recouvrement".

#13 Quand Barack Obama a mis le pied dans le Bureau Ovale, 60,6% des Américains en âge de travailler avaient un emploi. Aujourd'hui, ce nombre s'est tassé à seulement 59,2%...

Employment Population Ratio 2015

#14 Pendant que Barack Obama était à la Maison Blanche la durée moyenne de chômage entre deux emplois aux Etats-Unis est montée de 19,8 semaines à 32,8 semaines.

#15 C'est difficile à croire, mais une proportion stupéfiante de 53% des employés américains gagne moins de 30'000 $ annuels.

#16 A la fin de la première année de Barack Obama à son poste, le déficit commercial annuel avec la Chine se montait à 226 milliards de dollars. L'année dernière, il était à plus de 314 milliards de dollars.

#17 Quand Barack Obama a été élu pour la première fois, le taux d'endettement des Etats-Unis était en-dessous de 70% du PIB. Aujourd'hui, il est au-dessus de 101%.

#18 La dette fédérale américaine est sur une trajectoire qui la fera approximativement doubler sur les huit ans de l'administration Obama. Autrement dit, sous l'égide de Barack Obama le gouvernement américain aura accumulé autant de dettes que tous les autres présidents américains de l'histoire réunis.

#19 Selon le New York Times, le patrimoine de la "famille américaine typique" est maintenant inférieur de 36% comparé à ce qu'il valait dans la décennie précédente.

#20 Le taux de pauvreté aux États-Unis a été à 15% ou plus pendant 3 années consécutives.  C'est la première fois que cela arrive depuis 1965.

#21 De 2009 à 2013, le gouvernement des États-Unis a dépensé la somme colossale de 3,7 mille milliards de dollars sur des programmes de prestations sociales.

#22 Pendant que Barack Obama était dans la Maison Blanche le nombre d'Américains vivant de chèques alimentaires est passé de 32 millions à 46 millions.

#23 Il y a dix ans, le nombre de femme aux États-Unis avec un emploi à temps plein dépassait celui des femmes vivant de chèques alimentaires dans une proportion de 2 pour 1. Mais aujourd'hui le nombre de femmes vivant de chèques alimentaires dépasse désormais le nombre de femmes avec un emploi à plein temps.

#24 Une enquête récente a révélé qu'environ 22% des Américains a eu recours à des banques alimentaires paroissiales pour subvenir à leurs besoins.

#25 Une proportion ahurissante de 45% des enfants afro-américains vit dans des zones de "pauvreté concentrée".

#26 40,9% des enfants américains en foyer monoparental vivent dans la pauvreté.

#27 Selon un rapport publié l'an dernier par le National Center on Family Homelessness, le nombre d'enfants sans domicile fixe aux États-Unis a atteint un nouveau record absolu de 2,5 millions.

Malheureusement, ce n'est que le début.

Les décisions incroyablement folles prises par Obama, le Congrès et la Réserve Fédérale nous amènent droit dans le précipice d'une nouvelle crise financière majeure et d'un nouveau revers terrible pour l'activité économique.

Donc aussi mauvais que puissent être les chiffres partagés avec vous ci-dessus, la vérité est qu'ils ne sont rien par rapport à ce qui nous attend.

Nous nous dirigeons vers la plus grande crise économique jamais vue, et elle va bouleverser le monde.

J'espère que vous vous vous préparez.