21 janvier 2017

Discours d'investiture de Donald Trump

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Chief Justice Roberts, Président Carter, Président Clinton, Président Bush, Président Obama, mes chers concitoyens américains, peuples du monde, je vous remercie. Nous, citoyens d'Amérique, sommes maintenant engagés dans un effort national de grande ampleur pour reconstruire notre pays et rétablir sa promesse pour tout notre peuple. Ensemble, nous déterminerons la trajectoire de l'Amérique, et du monde, pendant de très nombreuses années à venir. Nous serons confrontés à des défis. Nous allons affronter les difficultés, mais nous accomplirons notre tâche.

Tous les quatre ans, nous nous réunissons sur ces marches pour effectuer un transfert de pouvoir ordonné et pacifique, et nous sommes reconnaissants au Président Obama et à la Première Dame Michelle Obama pour leur aide gracieuse tout au long de cette transition. Ils ont été magnifiques. Je vous remercie.

Cependant, la cérémonie de ce jour revêt une signification toute particulière, car aujourd'hui, nous ne transférons pas seulement le pouvoir d'une administration à une autre ou d'un parti à un autre, mais nous prenons le pouvoir de Washington D. C. et nous vous le restituons, au peuple. Pendant trop longtemps, un petit groupe dans la capitale de notre pays a récolté les fruits du gouvernement pendant que les gens en supportaient le coût. Washington prospéra, mais le peuple ne partageait pas ses richesses. Les politiciens firent fortune, mais les emplois partirent et les usines fermèrent leurs portes. Les élites se protégèrent, mais pas les citoyens de notre pays. Leurs victoires n'ont pas été vos victoires. Leurs triomphes n'ont pas été vos triomphes, et pendant qu'ils festoyaient dans la capitale de notre nation, les familles qui luttent partout à travers le pays avaient peu de raisons de faire la fête.

Tout a changé en commençant ici et maintenant, parce que cet instant est votre moment. Il vous appartient. Il appartient à tous ceux qui sont réunis ici aujourd'hui, et tous ceux qui nous regardent, à travers l'Amérique. Ceci est votre jour. Ceci est votre célébration, et les États-Unis d'Amérique sont votre pays.

Ce qui importe vraiment n'est pas quel parti contrôle notre gouvernement, mais de savoir si notre gouvernement est contrôlé par le peuple. Ce 20 janvier 2017 sera évoqué comme le jour où les citoyens reprirent les rênes de cette nation. Les hommes et les femmes oubliés de notre pays ne le seront plus désormais. Tout le monde vous écoute maintenant. Vous êtes venus par dizaines de millions faire partie d'un mouvement historique, tel que le monde n'en a jamais vu auparavant.

Au centre de ce mouvement réside la conviction capitale qu'une nation existe pour servir ses citoyens. Les Américains veulent d'excellentes écoles pour leurs enfants, des quartiers sûrs pour leurs familles et des emplois de qualité pour eux-mêmes. Ce sont les exigences compréhensibles et légitimes de gens raisonnables et d'un public vertueux, mais pour un trop grand nombre de nos citoyens la réalité est différente. Dans nos centres urbains des mères et des enfants sont enfermés dans la pauvreté. Le paysage de notre nation est constellé d'usines désaffectées comme autant de pierres tombales. Le système éducatif est inondé d'argent mais laisse nos jeunes et beaux étudiants privés de toute connaissance. Et la criminalité, et les gangs et les drogues ont dérobé de trop de vies et ont volé notre pays de tant de potentiel non réalisé... Ce carnage de l'Amérique s'arrête ici et maintenant.

Nous sommes une nation, et la douleur d'autrui est notre douleur. Les rêves d'autrui sont nos rêves, et leur succès sera notre succès. Nous partageons un cœur, une maison et un destin glorieux. Le serment d'investiture que je prends aujourd'hui est un serment envers tous les Américains. Pendant de nombreuses décennies, nous avons enrichi l'industrie étrangère aux dépens de l'industrie américaine, subventionné les forces militaires d'autres pays, tout en permettant la triste décrépitude de notre propre armée. Nous avons défendu les frontières d'autres nations tout en négligeant de défendre les nôtres. Et nous avons dépensé des milliards et des milliards de dollars à l'étranger tandis que l'infrastructure de l'Amérique disparaissait dans le délabrement. Nous avons enrichi d'autres contrées alors que la richesse, la force et la confiance de notre pays se sont dissipées à l'horizon. L'une après l'autre, les sociétés industrielles ont haussé les épaules et quitté nos rivages sans la moindre arrière-pensée pour les millions et les millions d'ouvriers américains qu'elles laissaient sur le carreau. La richesse de notre classe moyenne a été arrachée de son foyer puis redistribuée à travers le monde. Mais ceci appartient au passé et désormais nous ne regardons que vers l'avenir.

Nous sommes rassemblés ici aujourd'hui pour annoncer un nouveau décret qui sera entendu dans chaque ville, dans chaque capitale étrangère et dans chaque antichambre du pouvoir. Une nouvelle vision régit notre pays. À partir de ce jour, ce sera seulement l'Amérique d'abord.

L'Amérique d'abord.

Chaque décision concernant le commerce, la fiscalité, l'immigration, les affaires étrangères devra être prise pour bénéficier aux ouvriers américains et aux familles américaines. Nous devons protéger nos frontières contre les ravages des pays qui fabriquent nos produits, s'emparent de nos entreprises et détruisent nos emplois. Cette protection mènera à la force et à une grande prospérité. Je me battrai pour vous avec mon dernier souffle d'énergie. Je ne vous laisserai jamais, jamais tomber.

L'Amérique va recommencer à gagner, à gagner comme jamais auparavant. Nous récupèrerons nos emplois. Nous reprendrons nos frontières. Nous ramènerons nos richesses, et nous restaurerons nos rêves. Nous allons construire de nouvelles routes, et des ponts, des aéroports, des tunnels et des chemins de fer, partout dans notre merveilleuse nation. Nous allons libérer notre peuple de l'aide sociale et le remettre au travail, reconstruisant notre pays avec des mains américaines et du travail américain. Nous suivrons deux règles simples - acheter américain, et embaucher américain.

Nous chercherons l'amitié et la bonne volonté avec les nations du monde, mais nous le ferons en gardant à l'esprit qu'il est dans le droit de toute nation de mettre en avant son intérêt propre. Nous ne chercherons pas à imposer notre mode de vie à quiconque, mais plutôt à le laisser briller comme un exemple pour que le monde nous suive. Nous renforcerons les alliances anciennes et en forgerons de nouvelles, et unirons le monde civilisé contre le terrorisme islamique radical, que nous éradiquerons complètement de la face de la Terre. L'allégeance totale aux États-Unis d'Amérique sera le fondement de notre politique, et à travers notre loyauté envers notre pays, nous renverrons notre loyauté les uns aux autres. Quand vous ouvrez votre cœur au patriotisme, il n'y a pas de place pour les préjugés.

La bible nous dit combien il est bon et agréable que le peuple de Dieu vive dans l'unité. Nous devons pouvoir parler ouvertement de ce que nous avons à l'esprit, débattre honnêtement de nos désaccords, mais toujours chercher la solidarité. Quand l'Amérique est unie, l'Amérique est totalement invincible. Cela ne devrait pas faire peur. Nous sommes protégés et nous serons toujours protégés. Nous serons protégés par les hommes et femmes méritoires de nos forces armées et par l'application de la loi. Et surtout, nous serons protégés par Dieu.

Enfin, nous devons penser en grand et rêver encore plus grand. En Amérique, nous comprenons qu'une nation n'est vivante que tant qu'elle croît. Nous n'accepterons plus ces politiciens qui discutent sans arrêt sans rien accomplir, se plaignant constamment mais ne font jamais rien pour y changer quoi que ce soit. Le temps des paroles creuses est fini. Le temps de l'action arrive désormais. Ne laissez personne vous dire que quelque chose ne peut pas être accompli. Aucun défi ne peut dépasser le cœur, la combativité et l'esprit de l'Amérique.

Nous n'échouerons pas. Notre pays réussira et prospérera de nouveau. Nous sommes à la naissance d'un nouveau millénaire, prêts à découvrir les mystères de l'espace, à libérer la Terre des affres de la maladie, et à exploiter les industries et les technologies de demain. Une nouvelle fierté nationale fera vibrer nos âmes, gonflera notre vision et guérira nos divisions. Il est temps de se souvenir de cette vieille sagesse que nos soldats n'oublient jamais. Noirs, bruns ou blancs, nous saignons tous du même sang écarlate des patriotes. Nous jouissons tous des mêmes libertés glorieuses, et nous rendons tous hommage au même magnifique drapeau américain.

Et que des enfants soient nés dans l'agglomération urbaine de Detroit ou dans les plaines du Nebraska balayées par le vent, ils contemplent le même ciel nocturne, remplissent leur cœur des mêmes rêves et sont imprégnés du souffle de vie accordé par le même créateur tout-puissant. Que tous les Américains, dans chaque ville proche et lointaine, petite et grande, d'une montagne à l'autre, d'un océan à l'autre, entende ces mots: vous ne serez jamais plus ignorés. Votre voix, vos espoirs et vos rêves définiront notre destinée américaine, et votre courage, votre bonté et votre amour nous guideront à jamais sur le chemin.

Ensemble, nous rendrons à nouveau l'Amérique forte. Nous rendrons à nouveau l'Amérique prospère. Nous rendrons l'Amérique fière. Nous mettrons à nouveau l'Amérique en sécurité et oui, ensemble, nous rendrons encore sa grandeur à l'Amérique. Je vous remercie. Dieu vous bénisse. Et que Dieu bénisse l'Amérique. Merci.

-- Président Donald J. Trump, Washington, D.C., le 20 janvier 2017

11 janvier 2017

Les médias piégés par les "Fake News"

donald-trump-premiere-conference.jpgAprès que les médias américains soient tombés dans le panneau du "dossier russe", on aurait pu attendre un minimum de circonspection de la part des médias européens, dont romands. Mais non! Le Matin s'engouffra dans la brèche, dès l'aube il est vrai. Les journalistes d'investigation ont toujours un peu de mal à se réveiller. Mais il fut suivi, et c'est beaucoup plus grave, de la RTS dans son journal du soir traitant de la première conférence de presse du président élu Donald Trump, alors que les rédactions avaient pourtant toute la journée pour découvrir qu'elles étaient menées en bateau, ce que les Américains savaient déjà depuis longtemps.

Les coupables de fausses nouvelles se livreront-ils finalement à un démenti? Le grand public gobera-t-il sans broncher des allégations tellement grotesques que leur simple teneur devrait faire hausser le sourcil de tout observateur doté d'un esprit critique? Trop tôt pour le dire. Mais reprenons depuis le début. Le énième scandale autour du Président Trump promet d'être de gros calibre: les Russes (toujours les Russes...) disposeraient d'informations très compromettantes sur M. Trump. Format télévisé oblige, le 19h30 est contraint de donner un résumé succinct de l'affaire:

Le coup de tonnerre est parti des plateaux de CNN, une chaîne qui affirme que la Russie détient des dossiers plutôt compromettants sur le président élu, liens avec le Kremlin, informations financières sur le milliardaire, et même une vidéo montrant Donald Trump en plein ébat sexuel osé avec des prostituées dans un hôtel de Moscou.


"Des allégations qui provoquent la colère du principal intéressé", poursuit le journaliste. On le serait à moins: tout est faux.

Remonter la piste

Passons rapidement sur certains détails: le scoop n'est pas originaire de CNN mais de BuzzFeed, un site d'information basé à New York et se définissant comme un "laboratoire viral". L'épidémie a bien pris, pour le moins. Comme le rapporte Le Monde :

“BuzzFeed News” publie le document dans son intégralité pour que les Américains puissent se faire une idée par eux-mêmes sur les accusations concernant le président élu qui circulent depuis quelque temps au plus haut niveau du gouvernement américain.


De quel document s'agit-il? D'un dossier de 35 pages consacré aux prétendues relations entre Donald Trump et la Russie. Ce dossier émane des services secrets américains. Il est authentique. Il mentionne divers liens entre Trump et la Russie dont des façons dont les Russes pourraient faire chanter le président avec des informations compromettantes. Il "circule" depuis quelques temps entre les différents services de plusieurs agences de renseignement américaines, au point qu'un journaliste de BuzzFeed a pu mettre la main dessus.

Fidèle à la ligne de conduite du site, le document est mis en ligne. Mais comme le précise Le Monde, il s'agit d'informations "explosives mais non recoupées": le dossier n'est pas validé. C'est un document de travail qui n'a pas vocation à être public, et qui contient des informations dont la véracité n'a pas pu être vérifiée. Qu'importe! Les "Américains se feront une idée par eux-mêmes", lance le rédacteur en chef de BuzzFeed.

benSmith_tweet.jpg
Le tweet de Ben Smith de BuzzFeed, appelant les lecteurs à faire preuve de circonspection.
(cliquez pour agrandir)

Les informations sont reprises tantôt par tous les grands réseaux, CNN étant la première chaîne à ouvrir le bal. Les maigres garde-fous mentionnés par BuzzFeed sont jetés aux orties - une charge anti-Trump pareille ne peut pas attendre.

Et tous les médias, comme un seul homme, plongent dans le précipice...

Aux racines du canular

Comme souvent, Internet est bien plus rapide que les professionnels de l'information. Alors que les rédactions en sont encore à se demander comment elles pourront donner un maximum d'impact à ces révélations salaces, des internautes s'interrogent face à des détails croustillants et invraisemblables ("Au cours d'une orgie à Moscou Donald Trump aurait fait uriner des prostituées sur le lit où aurait dormi Barack Obama lorsqu'il était venu dans la capitale russe" - le tout filmé, bien évidemment) qui leur rappellent une histoire évoquée sur le forum 4chan quelques mois plus tôt.

Pour ceux qui l'ignorent, 4chan est selon Wikipedia un forum anonyme anglophone, constitué d'un réseau de diffusion d'images. Remontant aux débuts anarchiques d'Internet, il ne connaît quasiment pas de modération, ce qui en fait un joyeux bazar où "le pire côtoie le meilleur", d'autant plus que les utilisateurs ne sont absolument pas identifiés ni identifiables. Émanation de cette culture, le mouvement Anonymous serait d'ailleurs né sur le site.

Des conversations mentionnent même l'auteur (anonymisé) du délire de départ sur le canal /pol/acks:

4chan_sextape_orgy.jpg(cliquez pour agrandir)

- Alors ils ont pris ce que j'ai raconté à Rick Wilson et ils ont rajouté une sauce d'espionnage russe par-dessus. Ils y croient encore. Les gars, je crois qu'ils sont putain de désespérés - il n'y a plus le moindre scandale sur Trump qui soit encore crédible.
- C'est cette histoire de sextape d'une orgie? Comment qui que ce soit peut même croire un truc pareil?


Notez la date: le premier novembre 2016. Déjà à l'époque 4chan discutait d'une histoire rocambolesque inventée par un contributeur du site et s'étonnant qu'on le prenne au sérieux. Il n'imaginait pas l'ampleur que prendrait le fantasque récit issu de son imagination enfiévrée...

Autopsie d'une montée en puissance

La discussion du premier novembre évoque un homme, Rick Wilson. Rick Wilson est un consultant du Parti Républicain. Néo-conservateur, il affiche fièrement son hashtag #NeverTrump sur Twitter. Et surtout, il prend comme argent comptant la fable qu'un compère anonyme de 4chan, apparemment anti-Trump lui aussi, lui a inventé pour lui faire plaisir.

Mais l'affaire s'emballe lorsque Rick Wilson fait part de cette histoire à un proche, accessoirement ancien officier du renseignement, Evan McMullin. M. McMullin est lui aussi néo-conservateur et tout aussi opposé à Trump, utilisant lui aussi le hashtag #NeverTrump. Il est également anti-Russe, ça ne mange pas de pain dans ce milieu. Tous les ingrédients de l'histoire sont en place.

Le dossier passe ainsi de mains en mains, augmenté à chaque étape. Le gros du travail est écrit par un ex-agent du MI6 britannique, Christopher Steele, directeur of d'une société de "business intelligence" basée à Londres (attention aux recherches sur Internet, c'est aussi l'homonyme d'un acteur porno gay...)

Alors que son "dossier" se constitue peu à peu M. Steele décide d'en informer un responsable politique. Et qui de mieux que John McCain, un des républicains les plus opposés à Trump? Néo-conservateur, anti-Trump et anti-Russe, il semble l'interlocuteur parfait pour amener le dossier dans les sphères du gouvernement. Sitôt dit, sitôt fait.

Avec entre les mains une bombe qui concrétise ses fantasmes anti-Trump les plus fous, le sénateur John McCain hésite peu avant de transmettre le dossier aux agences de renseignement américaines avec lesquelles il partage des liens. L'information commence à circuler entre les différents groupes de travail officiels. Mais sans que le moindre recoupement ne soit effectué (qui montrerait entre autres choses que les dates et les lieux ne correspondent absolument pas à la présence des protagonistes sur sol russe, encore moins dans l'hôtel dont il est question) le dossier contamine d'autres documents secrets composés en urgence, comme l'implication des Russes dans l'élection américaine, puis "fuite" évidemment en intégralité vers des journalistes amis de BuzzFeed... Lesquels s'empressent de répandre l'information sur leur site.

Si ça vient des services de renseignement cela vaut la peine d'être publié, n'est-ce pas? Les Américains seront seuls juges...

Un aveuglement consternant

Depuis une journée, les médias du monde entier s'empêtrent dans leur propre désinformation en diffusant un scandale monté de toute pièce contre Donald Trump. Le soufflé promet de retomber assez vite (sauf chez les individus les plus lobotomisés) mais l'affaire est tout bonnement affligeante, considérant la récente campagne lancée comme un seul homme par tous les médias pour lutter contre les "fausses nouvelles". Et quid de tous les médias européens qui ont repris la nouvelle à l'unisson alors que le 10 janvier au soir - heure européenne - la baudruche avait déjà éclaté?

La recherche de l'audience mêlée à une inextinguible soif de scandale anti-Trump aura fini d'emporter le peu de crédibilité qu'il restait encore à nos médias. Comme le résume tristement un autre utilisateur de 4chan:

4chan_conclusion.jpgRécapitulons ce qui est arrivé:
- /pol/acks envoya par mail une fiction à l'éditorialiste anti-Trump Rick Wilson à propos de Trump faisant pisser des gens sur un lit dans lequel aurait dormi Obama
- Il a pensé que c'était vrai et l'a donné à la CIA
- La CIA, Agence Centrale de Renseignement des États-Unis d'Amérique, mit cela dans son rapport de renseignement classifié sur l'implication russe dans les élections
- Donald Trump et Barack Obama ont tous deux lu cette fiction de /pol/acks
- La CIA a conclu que les Russes envisageaient de faire chanter Trump avec cette histoire que nous avons inventé
Laissons tout cela couler
Que sommes-nous devenus


Donald Trump aura une tâche ardue: dans son combat pour remettre l'Amérique sur les rails, il devra aussi sérieusement nettoyer des services de renseignement visiblement en roue libre, sans parler de ses "amis" du Parti Républicain. Les médias, eux, semblent au-delà de tout espoir.

Mise à jour (12 janvier): petite clarification du chemin de l'histoire entre 4chan et la CIA alors que les informations remontent. Pour l'heure aucun démenti notable dans les médias. On admirera au contraire la posture goulue du journal de référence autoproclamé Le Temps face aux "révélations" du dossier faisandé...

10 janvier 2017

Le grand retour du protectionnisme

"Un vent glacial souffle sur le libre-échange", s'inquiète la RTS. Bigre! Le commerce mondial s'est-il effondré? Les marchandises pourrissent-elles au soleil face à des douaniers intraitables? Les commandes par Internet ne passent plus? Les gens sont-ils cloisonnés dans des frontières nationales devenues hermétiques à toute circulation de personnes?

Nous n'en sommes pas là. Un rapide souvenir de la douane de Bardonnex - guère plus qu'un dos d'âne à l'heure actuelle - permet de dissiper le cauchemar. Mais le libre-échange affronte bel et bien des vents contraires, comme s'en émeut ensuite Charles Wyplosz dans une longue interview consécutive au sujet.

L'accélération du monde

Mais le débat est piégé. Même le terme de libre-échange est galvaudé. Initialement, il représentait la libre circulation des marchandises, c'est-à-dire le commerce transfrontalier. Sur cette base historique légitime et paisible du commerce entre sociétés humaines, les apôtres de la disparition des états-nations l'ont étendu à celle des capitaux, des services, des personnes. À une échelle quasiment atomique, tout est devenu équivalent à tout et réciproquement. La rentabilité horaire de l'ouvrier qualifié, qu'il s'éreinte en Inde ou au Brésil. Le prix livré de la tonne d'acier, coulée en France ou en Chine. Le rendement d'un placement dans une compagnie américaine ou japonaise.

Certains se savent hors-course et en conçoivent de l'amertume. D'autres se réjouissent d'être les vainqueurs d'aujourd'hui tout en s'inquiétant de le rester demain. La migration des affaires est source d'incertitude. Entre deux crises financières la turbine économique tourne en surrégime, créant autant de vagues de protestation dans son sillage. Les médias s'attardent avec complaisance sur les groupuscules de casseurs communistes en maraude dans les centres-villes, mais les perdants de la mondialisation sont ailleurs, et bien réels. Les paysans au mode de vie ancestral, les salariés sans qualification, les entrepreneurs prisonniers de législations absurdes ou de la corruption des autorités, les working poors écrasés par l'effet des taxes sur le coût de la vie. Ils ne font pas la une des journaux. Les rares fois où ils sont évoqués, c'est pour donner la parole aux politiciens responsables de leur malheur.

Au capitalisme apatride et fier de l'être s'oppose un courant conservateur rejetant la réduction de l'homme à un agent économique. L'homme n'est pas aussi volage que le capital qui l'emploie ni les produits qu'il conçoit. Il s'inscrit dans une culture, une famille, un héritage, des valeurs. Il ne les sacrifie que rarement au nom de sa prospérité matérielle.

Les libéraux désarmés

Cet aspect du débat sème le trouble au sein des libéraux. Ils ratent le sujet en ne se concentrant trop souvent que sur sa seule dimension économique. Or, chacun n'a pas les ressources, la volonté ou même l'ouverture d'esprit pour se conformer à la nouvelle donne - et encore moins celles de changer son propre pays ou de le quitter. Comme le dit un sage, "Si vous vous affairez à calmer les plaintes d'un affamé en lui expliquant le recul de la faim dans le monde, vous réussirez juste à le rendre furieux."

Les théoriciens libéraux du passé ont apporté des solutions économiques à un monde dans lequel ces problèmes ne se posaient pas. Les délocalisations brutales, les revendications communautaristes, l'assaut migratoire sur les systèmes sociaux n'existaient pas à l'époque de Frédéric Bastiat. Ils sont absents de ses raisonnements élégants mais bien présents de nos jours.

Les libéraux se retrouvent privés d'arguments, ne sachant souvent articuler que des réponses économiques à des problèmes sociaux. Les postulats de base de l'humain libéral doué de raison sont battus en brèche par l'obscurantisme, le prosélytisme, le communautarisme. Face à ces comportements, les libéraux se contentent souvent de prôner la tolérance la plus absolue en fermant les yeux sur l'usage qui en est fait pour détruire la société hôte. Comment s'étonner que le libéralisme perde en influence?

Le protectionnisme, ce vieux compagnon de route

douane_bandeau.jpgL'inanité économique du protectionnisme a été maintes fois démontrée, il faut le répéter. L'explication est fort simple: les taxes ne sont jamais payées par les producteurs mais in fine par les consommateurs locaux. Les prix surfaits dont ils s'acquittent les prive d'argent pour d'autres activités, d'autres consommations. Les habitants "protégés" par le protectionnisme s'appauvrissent.

En revanche, et c'est aussi avéré, le protectionnisme permet la survie d'entreprises locales qui ne seraient pas économiquement rentables sinon, et avec elles les emplois et les impôts que payent leurs salariés au lieu de les faire pointer au chômage.

Le score entre libre-échange et protectionnisme n'est donc pas si net qu'il y paraît. De nombreux pays comme la Suisse ou le Japon ont d'ailleurs atteint de hauts niveaux de prospérité tout en étant très protectionnistes sur de nombreuses catégories de marchandises, comme les produits alimentaires.

Bien qu'on annonce aujourd'hui son retour, le protectionnisme n'est jamais vraiment parti de nos contrées ; sous les assauts de l'OMC, il s'est déguisé en "normes de qualité" et autres certifications nécessaires à l'importation, l'objectif étant toujours de barrer la route aux produits fabriqués à l'étranger. Dans les mœurs, il est resté fortement ancré sous le prétexte de "consommer local" et "de saison", peu importe la compétitivité des denrées étrangères sur les étals. Même des gouvernements modernes se sont lancés sans vergogne dans le "patriotisme économique".

Les autres aspects du libre-échange moderne ne sont pas en reste: les populations sont violemment hostiles à la concurrence transfrontalière des services. Diverses affaires d'imposition impliquant de grandes entreprises ont éclairé sous un jour négatif l'optimisation fiscale, pour légale soit-elle. Enfin, la crise migratoire européenne a détruit pour de bon toute illusion d'une prospérité basée sur une immigration incontrôlée, au point que plus personne de sérieux n'ose la plaider. Il y a effectivement un mouvement de balancier.

Retour sous les projecteurs

Aujourd'hui, l'élection d'un candidat ouvertement protectionniste comme Donald Trump à la tête d'un pays comme les États-Unis libère aussi la parole sur cet aspect: le bon vieux protectionnisme ressort du bois. Est-ce une mauvaise chose? "Oui", crieront en chœur tous les libéraux. Mais la réponse ne jaillit-elle pas un peu trop vite?

Posons le problème. On le sait, à niveau de prélèvement égal, certains impôts sont plus destructeurs que d'autres, plus nuisibles à l'activité économique en quelque sorte. Qu'en est-il du protectionnisme? Après tout, en quoi un milliard soutiré aux consommateurs à travers des taxes douanières serait pire, ou meilleur, qu'un milliard soutiré aux consommateurs à travers la TVA? L'impôt sur le revenu? Les droits de succession?

Si on élimine le sophisme de base qui a tant servi le protectionnisme en acceptant de l'appeler pour ce qu'il est - un impôt - en quoi ce prélèvement serait-il plus grave que n'importe laquelle des myriades de taxes directes et indirectes que les consommateurs sont appelés à payer dès qu'ils achètent quelque chose? Voilà un thème de recherche passionnant, et bien peu défriché.

Aux États-Unis, Donald Trump promet de baisser les impôts des personnes physiques et morales mais aussi sans doute d'instaurer des taxes d'importation. La combinaison de ces deux changements pourrait durablement changer la physionomie de l'économie américaine sans modifier fondamentalement le niveau des recettes de l'État. L'expérience revêt donc un intérêt colossal pour le monde entier. Son slogan de campagne Make America Great Again dépendra largement de la réussite ou de l'échec de cette réforme fiscale.

29 décembre 2016

Obama fait feu de tout bois

Les derniers jours de la présidence Obama correspondent aux manœuvres les plus effrénées du président sortant pour nuire à son successeur.

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Peu de temps après l'élection, chacun devinait que la période entre le 8 novembre et le 20 janvier serait celle de tous les dangers. Barack Obama utiliserait-il ses dernières semaines de pouvoir exécutif pour faire un maximum de dégâts avant d'abandonner son poste à un adversaire politique?

Certains purent souffler de soulagement en découvrant l'apparente bonne entente affichée par les deux présidents à l'issue de leur premier entretien, voire se rassurer avec la signature d'un "mémorandum de transition douce" entre l'administration Obama et l'administration Trump. Nous savons aujourd'hui que cela n'était qu'un écran de fumée. Barack Obama n'a jamais eu de cesse que de savonner la planche à son successeur.

Un héritage bâti sur du sable

Bien que regrettable, cette attitude n'a rien de surprenant. Commentant des affaires judiciaires pendant leur instruction, court-circuitant les Chambres législatives à la moindre contrariété, abandonnant jusqu'à la neutralité de sa fonction pour faire campagne auprès d'Hillary Clinton, Barack Obama démontra à de nombreuses reprises son esprit partisan, passant outre les institutions américaines dès qu'elles faisaient obstacle à sa volonté de remodeler l'Amérique.

Obama réussit à aller assez loin, signant quelques 260 décrets présidentiels (executive orders ou memorandums) pour imposer ses vues dans le domaine du travail, du climat ou des réformes de l'immigration. Mais il construisit sur du sable. Chaque décret est susceptible d'être annulé par un autre président et le sera sans doute par Donald Trump - ce qui fit dire à Newt Gingrich que l'essentiel de l'héritage Obama disparaîtrait en moins d'une année.

Rien de tout cela ne serait évidemment arrivé si le peuple américain avait suivi le script prévu en élisant Hillary Clinton. Sous sa férule, la modification progressive du corps électoral à travers la régularisation puis la naturalisation de millions d'immigrés clandestins ou la nomination de juges "progressistes" à la Cour Suprême auraient fini par accorder aux Démocrates un pouvoir impossible à remettre en question. Les réformes mises en place par Obama auraient été sanctuarisées simplement parce qu'aucun président républicain n'aurait plus accédé au pouvoir.

Obama et Clinton furent à deux doigts de réussir. Ils échouèrent contre toute attente face à un OVNI politique dont bien peu saisirent le potentiel lorsqu'il se lança dans la course.

Bétonnage d'urgence

Depuis le 8 novembre, Barack Obama travaille donc d'arrache-pied à fortifier son héritage avant de le léguer à Donald Trump. Mais sa marge de manœuvre est réduite à cause de son manque de préparation d'une part, et parce que les Républicains tiennent le Congrès d'autre part.

Il reste malgré tout des possibilités. Le cas du forage offshore est un exemple symptomatique. Barack Obama avait interdit tout nouveau forage en mer par simple décret présidentiel, mais annonça le 20 décembre la sanctuarisation de 50 millions d'hectares dans l'Arctique à l'aide d'une construction juridique s'appuyant à la fois sur une obscure loi "Outer Continental Shelf Lands Act" de 1953 et la décision conjointe du Canada - toujours en esquivant Sénat et Chambres des Représentants. Le démontage de cette construction légale impliquera sans doute les tribunaux et de nombreux mois de procédure.

Depuis, les décisions présidentielles se suivent et se ressemblent. Obama supprime un système de surveillance des musulmans avant l'arrivée de Trump - système instauré par l'administration Bush, traçant les entrées et sorties sur le territoire américain des ressortissants de 25 pays suspectés de terrorisme. Obama gracie un nombre record de condamnés: 1'176 criminels sont libérés ou voient leur peine commuée, soit plus que la somme des grâces accordées par les 11 précédents présidents.

Jusqu'à la dernière seconde, Barack Obama continue à pousser son agenda pour l'avortement, le contrôle des armes ou les quotas de minorités dans l'administration. Mais si ces manœuvres tardives seront contrecarrées avec plus ou moins de difficultés par l'administration Trump, Obama garde un réel pouvoir là où ses fonctions de Président sont les plus étendues, dans le domaine de la politique étrangère.

Coup de poignard contre Israël

Si Vladimir Poutine semble irrité par les diatribes anti-russes régulièrement lancées sans la moindre preuve par l'administration Obama, le président russe paraît aussi avoir assez de recul pour attendre, le 20 janvier, un président américain qui ne soit plus obnubilé par une nouvelle guerre froide.

Mais Obama travailla également avec les Palestiniens pour faire voter une résolution réclamant l’arrêt de la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens - à laquelle les États-Unis n'opposèrent pas leur veto.

Au sein de l'assemblée de l'ONU, en vertu de la règle selon laquelle un pays égale une voix, les nations arabes sont surreprésentées comparé à leur influence économique et démographique. Les résolutions anti-israéliennes sont monnaie courante ; rien que cette année, il y en eut 40, contre 4 pour le reste du monde (incluant la Syrie en désintégration et la crise en Ukraine). Pendant des décennies, les Américains étaient la seule voix du Conseil de Sécurité disposant du droit de veto et l'utilisant pour protéger la seule démocratie du Moyen-Orient contre ses ennemis. Cela changea il y a quelques jours alors que la diplomate américaine à l'ONU s'abstint de rejeter la résolution, entraînant la validation de celle-ci.

Ce simple texte a un impact énorme, comme le montre la vidéo d'une sérieuse dispute sur le plateau de CNN au sujet du vote de cette résolution:

Alan Dershowitz de la Faculté de droit de Harvard expliqua que le président Obama agissait de façon non démocratique, puis développa:

[Obama] peut changer de politique, il peut faire des discours. Mais il ne devrait pas changer 40 ans de politique américaine aux Nations Unies. Si la résolution du Conseil de sécurité est adoptée, elle lie complètement les mains d'un nouveau président. Vous ne pouvez pas annuler une résolution du Conseil de sécurité. Vous ne pouvez pas ramener le droit de veto. Cette résolution du Conseil de sécurité est une invitation donnée à la Cour Pénale Internationale de poursuivre Israël. C'est une invitation donnée au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions de commencer à sanctionner Israël. C'est une très, très mauvaise résolution. (...)

[Donald Trump] a dit au président, faites ce que vous voulez dans les derniers jours de votre administration, mais ne me liez pas les mains. En fait, j'ai même écrit un article à ce sujet avant les élections, exhortant le président à ne pas lier les mains de celle que nous pension alors voir comme nouvelle présidente, Hillary Clinton. Je suis persuadé, soit dit en passant, que si Hillary Clinton avait été élue, elle aurait elle aussi appelé le président pour lui demander de ne pas lui lier les mains. Ce président [Obama] agit de manière non démocratique. Quatre-vingt-huit sénateurs se sont opposés [à l'abstention américaine sur ce vote de l'ONU], la grande majorité du Congrès, la grande majorité du peuple américain. C'est le coup bas d'un président frustré... (...)"


Les effets sont malgré tout bien réels. Bien entendu, dans une Europe biberonnée à l'antisémitisme, on se réjouit de cette résolution. Les colonies israéliennes n'ont pourtant rien à voir avec la paix.

En abandonnant aux Palestiniens toutes leurs colonies de la Bande de Gaza en 2005, les Israéliens virent par eux-mêmes que leurs concessions ne leur apportèrent rien d'autre que des tirs de roquettes en retour. Lorsque le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu cédait à la pression américaine en déclarant un "gel des colonies", les Palestiniens ne revinrent même pas à la table des négociations. La résolution de l'ONU n'encouragera pas une solution à deux États ; elle ne fera que conforter les Palestiniens dans l'idée qu'ils peuvent vaincre Israël et jeter tous les juifs à la mer, ce qu'ils ont toujours voulu en refusant de reconnaître jusqu'au droit d'Israël à exister.

Une histoire d'argent

Le coup porté aux relations israélo-américaines par Obama ne restera pas sans conséquences. Même les juifs les plus bornés des États-Unis ne peuvent s'empêcher de constater aujourd'hui que le parti démocrate a fait son coming-out anti-Israélien, ce qui aura des conséquences sur les orientations électorales de cette population dans les scrutins futurs. Donald Trump aura lui aussi l'occasion de répliquer - il en a l'intention, et pourra influer dès le 20 janvier sur la contribution américaine à l'ONU, qui représente 22% du budget annuel de l'institution.

L'argent est le nerf de la guerre ; mais c'est aussi par cet aspect, peu présenté par les médias, que Barack Obama pèsera le plus sur la présidence Trump et toutes celles qui lui succéderont. Car pendant les huit ans de sa présence à la Maison-Blanche, Obama creusa la dette de l'État américain de 7'917 milliards de dollars - 2,7 milliards de dollars par jour, plus que tous les autres présidents américains réunis.

C'est donc avec un véritable boulet économique au pied que le prochain président entamera son mandat. La façon dont il évitera ou non cet écueil façonnera sa trajectoire à la Maison Blanche, et laissera dans l'histoire une trace bien plus profonde que la manière dont il détricotera les décrets abusifs semés par Obama.

13 novembre 2016

La Suisse complice dans la corruption d'Hillary?

"La Direction du développement et de la coopération (DDC), soit l’organe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) en charge de la coopération internationale, a versé en 2011 près de 500'000 francs à la Fondation Clinton, l'organisation caritative de Hillary Clinton, du temps où elle était alors secrétaire d'Etat", rapporte la Tribune de Genève en relayant des informations du journal Schweiz am Sonntag paru ce dimanche.

Influence à louer

En qualifiant "d'organisation caritative" la fondation de la politicienne démocrate, la Tribune de Genève aligne quelques mots-clés pour préserver de la tempête qui se prépare l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, responsable dans ce dossier. Mais la Fondation Clinton n'a rien d'une organisation caritative. Et c'est parce qu'elle l'est si peu tout en prétendant l'être qu'elle est aujourd'hui sous enquête du FBI. Différents scandales touchent la fondation, liés essentiellement à des versements pour des postes et des interventions politiques, à des détournements de fonds au profit des époux Clinton, et, dans le cas qui nous intéresse, à des donations reçues de pays étrangers.

hillary clinton,corruption,usaPendant des années la Fondation Clinton bénéficia de la très favorable législation américaine sur les organisations caritatives en matière de transparence et de fiscalité, mais resta bien plus réservée sur l'aspect "caritatif" de sa mission. En 2013 par exemple, elle reçut 140 millions de dollars en dons et en promesses de don mais ne dépensa que 9 millions de dollars sur le terrain. D'autres années révèlent un ratio d'environ 10% de caritatif réel.

En fait, il semble relativement clair aujourd'hui que Hillary Clinton a utilisé une fondation pour collecter et blanchir plus facilement les innombrables pots-de-vin versés par les différents lobbys et pays étrangers avec lesquels elle était en contact en tant que Secrétaire d'État, puis plus tard comme candidate à l'élection présidentielle américaine - sous le regard bienveillant de la justice de part sa proximité avec l'Administration Obama.

Le versement de la DDC à la Fondation Clinton s'inscrit directement dans cette stratégie d'une "offrande pour apaiser les puissants" - à l'instar d'autres pays.

Quand la RTS fait (un peu) de journalisme

L'affaire donna lieu à un rare moment de journalisme sur les ondes de la RTS dimanche (au journal de 12h45, n'exagérons rien) lorsque Pierre Nebel - oui, Pierre Nebel! - finit par admettre qu'il y avait effectivement anguille sous roche. Voilà la transcription de cet échange:

Pierre-Olivier Volet - [...Et cette enquête de la Schweitz Am Sonntag] qui nous apprend que la Suisse a versé un demi-million de francs à la Fondation Clinton, et cela, Pierre Nebel, dans un contexte très particulier, où on était à l'époque en pleine crise du secret bancaire.

Pierre Nebel - Oui, souvenez-vous à l'époque, le Crédit Suisse est en pleine tourmente, il a aidé des clients américains à frauder le fisc et il est sous pression maximum de la justice américaine qui commence à sortir ses instruments de torture. Quatre banquiers ont été inculpés, on craint une procédure pénale contre la banque elle-même, ce qui aurait des conséquences cataclysmiques sur le système financier suisse, et mondial... C'est dans ce contexte que les autorités suisses cherchent désespérément le contact avec les plus hautes sphères de l'administration Obama pour essayer de trouver une solution politique. Mais ce n'est pas facile et c'est là qu'intervient ce paiement (sic) de la DDC à la Fondation Clinton à partir de septembre 2011. Bien sûr il n'y a aucune preuve qu'il y a un lien formel avec l'affaire Crédit Suisse, mais il y a des coïncidences. En septembre 2011 Micheline Calmy-Rey rencontre la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton à New York, et un mois plus tard, le 26 octobre, le Conseil Fédéral ouvre des négociations pour régler la crise fiscale avec les États-Unis.

Pierre-Olivier Volet - Alors, Pierre, cette révélation intervient à un moment aussi assez important puisque c'est le moment où les Démocrates sont chassés de la Maison Blanche... Est-ce que cette affaire pourrait rattraper la Suisse aujourd'hui?

Pierre Nebel - Je pense que cette affaire pourrait surtout rattraper Hillary Clinton. Sa fondation familiale est toujours sous enquête du FBI, il est clair que ce versement pourrait entretenir le soupçon que les donateurs de la fondation, sous couvert d'œuvres caritatives, ont en réalité cherché à s'acheter de l'influence au sommet de l'État américain. Alors est-ce que cela pourrait avoir des conséquences pour les relations de la Suisse avec un futur président Trump, honnêtement, aujourd'hui, c'est très, très difficile à dire.


A en croire le journaliste, Mme Calmy-Rey aurait courageusement décidé de sauver la place financière helvétique, et le monde par la même occasion. Un si noble objectif vaut bien de piétiner quelques principes, n'est-ce pas?

Micheline Calmy-Rey dans les coulisses des puissants

Une porte-parole de la DDC démentit rapidement - trop, peut-être - toute implication discutable. "La Suisse n'a pas d'agenda caché et n'instrumentalise pas la coopération au développement à des fins politiques", précisa-t-elle dans les colonnes de la Schweiz am Sonntag. Le don de 484'000 francs suisses soutenait officiellement un programme humanitaire au Liberia entre 2011 et 2013, visant à réduire la mortalité des mères et des enfants.

hillary clinton,corruption,usa

Malheureusement, l'explication de la DDC ne tient pas cinq minutes. Même la RTS n'y croit pas, c'est dire. Pourquoi passer par la Fondation Clinton pour soutenir des engagements en Afrique? Et il sera facile, le cas échéant, de vérifier combien de cet argent a atteint le Liberia. Gageons que les parlementaires suisses vont s'emparer de l'affaire et qu'il sera de plus en plus difficile d'en cacher les détails.

En réalité, chacun tente de maintenir les apparences mais personne ne semble y croire vraiment. Le scénario qui se dessine est des plus simples: Micheline Calmy-Rey à la tête du DDC, a graissé la patte de Hillary Clinton, Secrétaire d’État en exercice, par le biais de sa Fondation, pour essayer d'obtenir une issue plus "bienveillante" aux différends qui opposaient alors les États-Unis et la Suisse sur les comportements de certaines banques.

"Croyez-moi, [un lien direct avec Hillary Clinton] aide quand par exemple, les banques suisses aux USA sont sous pression." - Micheline Calmy-Rey, lors d'un spectacle à Soleure à l'été 2011


On comprend un peu mieux le soutien sans réserve de la socialiste genevoise à la démocrate américaine: au-delà de la simple idéologie, une complicité unit les deux femmes dans tous les sens du terme...

L'intégrité, cette inconnue

Selon les commentaires des articles de presse, les Suisses découvrant cette affaire semblent assez vindicatifs envers l'ancienne Conseillère Fédérale. Il s'agit, après tout, d'argent des contribuables finissant dans les poches d'une politicienne parmi les plus corrompues de son époque. D'autres critiques se font entendre du milieu diplomatique, engageant cette fois-ci la neutralité du pays. Paul Widmer, diplomate helvétique, trace un parallèle:

"Imaginez que la DDC ait fait un don à une Fondation de la famille Bush... ça aurait fait un énorme tollé."


Tollé purement hypothétique. Micheline Calmy-Rey aurait-elle pris la décision de verser de l'argent à un Secrétaire d'État corrompu s'il avait été républicain? Chacun aura sa propre opinion.

À ce stade, de nombreuses questions restent à éclaircir. Micheline Calmy-Rey a-t-elle agi de sa propre initiative ou disposait-elle de l'aval du Conseil Fédéral de l'époque? Ce versement est-il seul dans son genre? Quel était exactement le deal avec Hillary? Comment Hillary pensait-elle agir sur le fonctionnement du Département de la Justice américain?

Certains cyniques souriront peut-être face à une approche non-conventionnelle de résolution des problèmes, ou défausseront l'affaire d'un haussement d'épaule en expliquant que pareilles pratiques relèvent de la plus grande banalité dans les hautes sphères. Aucune de ces excuses n'est satisfaisante.

Ce n'est pas un hasard si les pays les plus pauvres du monde sont aussi les plus corrompus. La corruption détruit la justice, les mécanismes de décision, et en fin de compte la démocratie elle-même. Le pouvoir ne s'exerce plus que depuis les coulisses, contre de l'argent.

Dans leurs discours, les socialistes prétendent haïr la corruption, le lobbyisme économique, les remises en cause de l'indépendance de la justice et en général toutes les tractations occultes. Il y a quelque chose de profondément troublant à constater qu'une Conseillère Fédérale socialiste a si facilement choisi la trajectoire diamétralement opposée simplement parce qu'elle se croyait à l'abri des regards.

Contrairement à ce que pense Pierre Nebel, je crois que nous n'en sommes qu'au début de cette affaire. Elle pourrait s'avérer très lourde de conséquences pour la Suisse. S'il s'avère que Hillary Clinton a effectivement eu une influence sur le fonctionnement de la justice américaine dans le traitement des dossiers UBS et Crédit Suisse suite au versement de la DDC à la Fondation Clinton, les conséquences pourraient aller jusqu'à une remise en cause intégrale des affaires en question, montant des amendes infligées y compris. Il faudra bien sûr établir l'ensemble des complicités, ce qui risque de prendre un certain temps.

Si la pauvreté est la fille de la corruption, l'incertitude l'accompagne.

09 novembre 2016

Make America Great Again - Trump est élu

Les résultats des élections américaines sont sous toit. Trump est élu - avec une marge confortable.

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Les électeurs ont parlé.

La légendaire campagne d'Hillary Clinton

Dire que l'élite de l'Amérique roulait pour Hillary Clinton serait en-deçà de la vérité, et ceux qui ont suivi cette campagne de près s'en souviendront toute leur vie. La mémoire d'Internet sera là pour rappeler éternellement aux donneurs de leçons leur manque de crédibilité. S'il y a bien une chose à laquelle que je n'imaginais pas assister de mon vivant, c'était à une unanimité et un manque d'esprit critique plus grands encore que lors des deux élections de Barack Obama. Les records sont faits pour être battus...

Démocrates, médias américains et étrangers, Silicon Valley, vedettes de la musique ou du sport, Wall Street, Hollywood, Google, Facebook, tous soutenaient à bout de bras une présidence Clinton. Même des Républicains de haut rang!

Remportant ses débats aux dires des journalistes, volant de victoire en victoire en engrangeant les soutiens selon les journaux télévisés, rien ne semblait plus en mesure d'arrêter Hillary Clinton jusqu'à son plébiscite le 8 novembre. En termes médiatiques américains, on appelle cela un "narrative", une façon de raconter l'information. Les faits sont continuellement filtrés, mis en valeur ou passés sous silence selon la façon dont ils s'intègrent dans la légende en cours d'écriture. Le flot de l'actualité est tellement canalisé que sa force entière ne sert plus qu'à mouvoir le moulin de la propagande.

La révélation de "propos de vestiaire" sexistes de Trump, enregistrés à son insu onze ans plus tôt, devaient être le dernier clou du cercueil de sa candidature. Il est de coutume de livrer des informations salaces sur un candidat au beau milieu de la campagne présidentielle ; là encore, les journalistes amis (c'est un pléonasme) jouèrent leur partition à fond. Le grand public fut abreuvé jusqu'à la nausée de propos indignés tournant en boucle, de protestations, de femmes exprimant leur dégoût, avant que ne sorte du bois de nouvelles victimes affirmant de façon très artificielle la façon dont Trump les avait pelotées ou draguées jusqu'à trente ans plus tôt.

Certains sondages donnèrent jusqu'à douze points d'avance à Hillary Clinton. On en aurait presque oublié qu'ils étaient tous plus faisandés les uns que les autres!

L'ascension de Trump

En face du camp démocrate, Donald J. Trump, n'était pourtant pas exactement le genre d'individu à prendre à la légère.

Les commentateurs abasourdis sont bien forcés de le constater aujourd'hui, M. Trump avait quelques qualités. Au départ, il n'avait pour lui que sa répartie d'ancienne vedette de télé-réalité et un portefeuille garni, qui lui évitait cette course aux levées de fonds, flirtant avec la corruption, à laquelle se soumettent habituellement les candidats.

Il triompha d'innombrables obstacles méthodiquement, les uns après les autres. Le premier d'entre eux fut d'attirer sur lui l'électorat républicain. Celui-ci avait le choix - il y avait seize autres candidats aux primaires républicaines. Cette époque correspond aussi à la courte lune de miel entre Trump et les médias. Trump générait de l'audience, choquait par son franc-parler, ses répliques assassines, ses tweets. À cette époque la presse l'adorait, mais - car il faut le souligner - seulement pour mieux se moquer de lui. Il fut qualifié tour-à-tour de clown, de bouffon et d'autres termes plus méprisants encore. Les Démocrates ne furent pas plus perspicaces ; pendant longtemps l'état-major du Parti de l'Âne regarda avec bienveillance l'ascension de Trump car il était jugé plus facile à battre par Hillary!

La popularité de Trump fut pourtant assez vite démontrée, résistant au dénigrement continuel dont il faisait l'objet. N'étant pas politicien de carrière, il partait en campagne sans le moindre réseau politique. La faiblesse du lien entre Trump et la classe politique se révélait finalement une force, car il cristallisait sur sa candidature les innombrables déçus des années Obama et d'une Amérique en panne, convaincue de la corruption galopante de Washington - de nombreux Américains qui n'étaient ni Républicains, ni Démocrates. Le camp démocrate subit le même vent de protestation à travers la candidature de Bernie Sanders, mais Hillary, incarnant le statu-quo et la continuité, remporta l'investiture. Les "rebelles" (dont des supporters de M. Sanders!) n'eurent donc plus que Trump vers qui se tourner.

Bizarrement, l'analyse la plus juste du tremblement de terre en préparation vint selon moi de Michael Moore. Le réalisateur de faux documentaires engagés, hypocrite au possible quant à ses valeurs, se démarqua de l'enthousiasme artificiel du camp démocrate en livrant deux semaines avant les élections une confession dangereusement proche d'un retournement de veste. Dans une vidéo, il exprima ce qui constituait selon lui la quintessence du vote Trump, la protestation.

[Que Trump pense ce qu'il dise ou non] est une question non pertinente parce qu'il parle à ceux qui souffrent, et c'est pourquoi tous ces sans-nom, cette masse laborieuse oubliée qui faisait partie de ce qu'on appelait la classe moyenne, ces gens démolis, aiment Trump. Il incarne le cocktail Molotov qu'ils ont tant attendu, la grenade humaine qu'ils peuvent légalement balancer dans ce système qui a volé leur vie. Et le 8 Novembre, bien qu'ils aient perdu leur emploi, qu'ils aient été évincés par la banque, qu'à côté survienne ensuite le divorce et le départ de la femme et des enfants, que leur voiture ait été saisie, qu'ils n'ont pas eu de vraies vacances depuis des années, qu'ils soient coincés dans le plan "bronze" de cet Obamacare de merde où vous ne pouvez même pas obtenir un putain d'analgésique, ils ont essentiellement perdu tout ce qu'ils avaient, sauf une chose - la seule chose qui ne leur coûte pas un centime et qui leur soit garantie par la Constitution américaine: le droit de vote. (...)

Ils voient que l'élite qui a ruiné leur vie exècre Trump. L'Amérique corporatiste a Trump en horreur. Wall Street abhorre Trump. Les politiciens de carrière haïssent Trump. Les médias méprisent Trump, après l'avoir aimé et propulsé, et ensuite détesté. Merci les médias: l'ennemi de mon ennemi est celui pour qui je voterai le 8 novembre.


Le support permanent et inconditionnel de l'establishment en faveur de Clinton finissait par être une arme à double tranchant.

Quand le narrative déraille

Longtemps avant le scrutin, Donald Trump avait assimilé son accession au pouvoir au Brexit, la victoire surprise sur toutes les prédictions. Sur les îles britanniques, le Brexit fut rendu possible par une masse inégalée d'électeurs se rendant aux urnes pour faire entendre leur voix - des gens qui n'avaient jamais voté de leur vie auparavant. Les analyses de ce scrutin montreront sans doute que c'est aussi le cas ici.

Il y eut pourtant de nombreux signes avant-coureur d'un problème dans le camp démocrate. Les manipulations pour écarter l'unique challenger Bernie Sanders. L'affaire des e-mails puis son classement par le FBI, perçus par le grand public comme un abominable traitement de faveur vis-à-vis des lois. Près de 70% des Américains considéraient qu'Hillary Clinton était une menteuse indigne de confiance.

Le malaise de Clinton lors des cérémonies du 11 septembre renforça l'impression d'une femme affaiblie et fatiguée, tout en donnant lieu à une nouvelle salve de demi-vérités.

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Le coup de grâce vint de nombreuses fuites révélées par Wikileaks (bien que passées sous silence par les médias) ainsi que de la découverte de milliers d'e-mails cachés sur les portables d'aides de longue date d'Hillary Clinton, forçant James Comey, directeur du FBI, à rouvrir une enquête sur la candidate à quelques jours du scrutin. La presse ne pouvait pas ignorer pareils développements. Des membres haut placés de la Clinton Foundation se mirent à table. Le FBI trouva la preuve que les dizaines de milliers d'e-mails détruits par Hillary n'étaient de loin pas des messages anodins concertant "les cours de yoga de sa fille". Barack Obama était lui aussi impliqué en ayant une parfaite connaissance du serveur mail privé de sa Secrétaire d’État, et en utilisait un lui-même.

Le directeur du FBI James Comey (dont on attend la démission désormais) eut beau céder une nouvelle fois aux exigences de la Ministre de la Justice Loretta Lynch, le grand public ne fut pas dupe de ces manœuvres. L'administration Obama avait abandonné depuis longtemps toute forme d'équité pour se tourner entièrement au service de la candidate démocrate.

Aujourd'hui, plusieurs enquêtes subsistent contre Hillary Clinton, à commencer par la fondation du même nom. Avec cet échec électoral la Maison Clinton est enfin tombée, emportant dans sa chute d'innombrables complices dont nous apprendrons beaucoup ces prochains mois. De nombreux politiciens corrompus finiront sans doute en prison, ce qui s'avère une perspective réjouissante. Le dernier slogan de campagne de Trump était Drain the swamp, "assécher le marais", évoquant la puanteur et la pourriture imprégnant les élites de Washington, mais aussi l'ampleur de la tâche à accomplir.

Sondage Contre Vote

Comme pour le Brexit, les mensonges répétés dans les sondages jour après jour, heure après heure, n'ont pas suffi. Les citoyens américains se sont mobilisés en masse pour soutenir Donald Trump, et la vérité ne se trouve qu'au fond des urnes.

Il est possible qu'une partie de la propagande pro-Clinton ait découragé certains de ses partisans de se déplacer ; mais en réalité, la victoire vient bien davantage de la mobilisation des pro-Trump. Pour le comprendre, un autre témoignage nous vient de Scott Adams, le créateur du célèbre Dilbert. Commentant et analysant avec beaucoup de recul les "performances" des deux candidats à la présidence, il en vint à se rapprocher de Trump en toute rationalité. Jusqu'à en être menacé à titre personnel. Mais cela ne l'amena pas à fuir, bien au contraire, et comprendre sa démarche revient à comprendre la mentalité de nombreux électeurs républicains lors de cette élection.

J'ai essayé de comprendre le trait d'union qui relie ensemble les supporters de Clinton. Autant que je puisse en juger, la volonté d'intimider autrui sous toutes ses formes en est la caractéristique dominante.

  • Si vous avez une pancarte Trump sur votre pelouse, ils vous la voleront.
  • Si vous avez un autocollant Trump sur votre voiture, ils vous la rayeront.
  • Si vous évoquez Trump au boulot, vous risquez de vous faire virer.
  • Sur les réseaux sociaux, presque chaque message que je reçois d'un défenseur de Clinton est une intimidation sous une forme ou une autre. Ils vous insultent. Ils essaient de vous faire honte. Ils vous étiquettent. (...)

L'équipe d'Hillary Clinton a réussi à perpétrer une des pires vilenies auxquelles j'ai pu assister dans ma vie. Sa campagne a présenté les partisans de Trump - une bonne moitié de l'électorat - comme des nazis, des gens sexistes, homophobes, racistes, et autres termes dégradants (...) [Le] portrait de Trump par Clinton offre une parfaite justification morale pour tout acte d'intimidation en ligne ou en personne. Nul ne peut être méchant en s'opposant à Hitler, pas vrai?


Résultat, la campagne de Clinton a divisé l'Amérique comme jamais auparavant. Clinton, et seulement Clinton.

Oui, oui, je me rends compte que des partisans de Trump ont eux aussi eu des mots très durs pour les supporters de Clinton. Je ne prends pas la défense des pommes pourries de chaque panier ; je signale simplement que Trump avait pour message d'unir tous les Américains sous une seule bannière. Le message de Clinton était, lui, que certains Américains étaient de "bonnes personnes" et que les autres, 40% à l'époque, étaient des gens "déplorables", digne d'être pointés du doigt, vandalisés, punis par la fiscalité et la violence. Elle a littéralement tourné les Américains les uns contre les autres. Il est difficile pour moi d'imaginer un candidat à l'élection présidentielle faire quelque chose de pire.

Je vais le répéter.

Autant que je puisse en juger, la pire chose qu'un candidat à l'élection présidentielle puisse faire est de jeter les Américains les uns contre les autres. Hillary Clinton a fait exactement cela.

Intentionnellement.


Les Américains se sont rebellés - lassés des insultes, des intimidations, d'être tancés par des gens prétendant parler en leur nom, lassés d'être accusés de tous les maux de l'Amérique alors que les responsabilités en étaient dans le camp d'en face. Les Américains n'aiment pas les bullies, les brutes qui cherchent à dominer par l'intimidation.

Aujourd'hui, comme Trump l'annonça dans son discours d'investiture, l'heure est à la réconciliation. Et pour de nombreux Américains, à un authentique espoir.

Donald J. Trump, 45e président des États-Unis

L'élection du 8 novembre ne concernait pas seulement le Président des Etats-Unis, mais aussi la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Comme on pouvait s'en douter, les électeurs qui ont fait l'effort de voter pour Trump n'avaient pas spécialement envie de lui lier les mains et choisirent donc de mettre au pouvoir de nombreux élus républicains.

Loin des sondages, une fois de plus, les résultats sont là: les deux chambres sont désormais sous le contrôle des Républicains. Les Démocrates étaient coutumiers du fait, notamment en 2008 avec Obama, mais pour les Républicains il faut remonter à 1924 pour retrouver pareille configuration.

usa,donald trump,hillary clinton,électionsDans les faits, cela signifie que le Président Trump dispose des majorités nécessaires pour instaurer son programme de campagne. De nombreuses réformes désastreuses et socialisantes instaurées par Obama, comme l'Obamacare, seront probablement annulées.

En outre, le Président Trump sera en mesure de nommer les prochains juges de la Cour Suprême - un des neuf sièges est à pourvoir immédiatement, et jusqu'à quatre d'entre eux devraient être nommés ces prochaines années.

Enfin, on peut s'attendre à ce que l'horizon se dégage sur nombre de dossiers internationaux, notamment la guerre en Syrie, le nucléaire iranien et les relations avec la Russie.

Donald Trump n'a jamais caché son scepticisme quant au controversé Réchauffement Climatique d'Origine Humaine, et pourra mettre en œuvre sa vision de l'immigration - et démontrer aux autres nations ce qu'il est possible de faire en la matière.

Nos gauchistes de service ne devraient pas trop désespérer: il est probable que le fameux TIPP dont ils se méfient tant vienne de dérailler sous leurs yeux. Wall Street et tout le big money soutenant Clinton-la-corrompue viennent de se prendre une veste. Les temps sont mûrs pour reconstruire un parti démocrate sur des bases plus saines.

Après le Brexit libérant le Royaume-Uni, les Américains viennent aussi de se libérer du joug de leurs élites. L'avenir se montre à nouveau riche de promesses.