28 juillet 2021

Vaccination et Obligation

Dans deux jours, la France entame le régime du "pass sanitaire étendu". L'agitation gronde, alors que la foule se rebelle, conséquences prévisibles de l'autoritarisme du Président Macron. Le nudge a laissé place à la matraque.

Las! La France n'est pas la Suisse. Jamais sa Majesté Macron ne s'abaisserait à faire ce qui en Suisse relève de l'évidence - demander son avis au peuple à travers un référendum. Le système suisse le permet, et le permettra inévitablement. Après un premier vote contre la Loi COVID - acceptée après avoir été faussement présentée par les médias comme un vote "sur les mesures financières d'urgence" - un deuxième est en route, et d'autres pourraient encore suivre.

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Protestations anti-pass sanitaire à Paris

En France, le débat politique se limite à la rue, entre tirs de gaz lacrymogène et incendies de poubelles. La perspective de laisser le peuple s'exprimer n'augure évidemment pas d'un résultat acceptable pour tout le monde, mais il permet au moins d'habiller la décision d'un minimum de légitimité. Et le débat a déjà lieu en Suisse sur le pass sanitaire, le certificat COVID, ou quel qu’autre nom dont on l'affuble ici-bas.

Il suffit de lire la presse locale pour s'en convaincre. Aujourd'hui, Le Matin s'alarme du ralentissement des vaccinations en l'assortissant bien entendu de l'obligatoire comparaison internationale (dûment échantillonnée). Allons-y les gars! Hop Suisse! Il faut remonter au classement! Oubliés le nombre de cas, le nombre de malades, le nombre d'hospitalisés dans un état grave, le nombre de morts - le taux de vaccination est devenu le nouveau chiffre du moment, à l'exclusion de tout autre. Peut-être parce que les autres ne permettent pas de susciter l'état de panique souhaité au sein de la population? "Il va maintenant falloir trouver une parade et de nouveaux moyens pour convaincre les hésitants de passer par la case piqûre pour contrer la pandémie", conclut le journaliste sur un ton inquiétant.

Crise de confiance

Les complotistes sont partout, entend-t-on. Après les accusations de fascisme, de racisme, d'extrémisme (de droite cela va sans dire) le complotisme est désormais l'accusation disqualifiante par excellence. Comme les précédentes, elle dispense celui qui la formule de toute charge de preuve.

Les complotistes existent, c'est un fait, mais l'appellation recouvre désormais quiconque n'est pas enthousiaste face à la doxa gouvernementale. Par exemple, le cri "complotiste!" permet d'éviter de répondre aux interrogations suivantes:

  • Pourquoi a-t-il été si longtemps interdit de supposer que le COVID venait d'un laboratoire chinois?
  • Si les gestes barrières et la distanciation sociale sont efficaces, pourquoi obliger à porter le masque?
  • Si le masque est efficace, pourquoi forcer la vaccination?
  • Si la vaccination est efficace, pourquoi forcer le port du masque?
  • Si la vaccination est efficace, pourquoi prétendre que le Variant Delta implique la fin du monde?

Et enfin, si la vaccination n'est pas aussi efficace qu'on le dit, pourquoi vouloir à tout prix la rendre obligatoire? Si une proportion non négligeable des professionnels de la santé refuse le vaccin, la moindre des choses serait d'écouter leurs arguments de gens du métier, plutôt que de les défausser d'un revers de la main.

Depuis plus d'un an, les autorités enchaînent les conférences de presse devant un public de journalistes conquis. Jamais ils ne leurs posent ces questions.

Dans une logique sanitaire saine, il suffirait de vacciner les groupes à risques autant que possible, et les gens à leur contact (le personnel des EMS par exemple) et la messe serait dite. Le reste de la population se contenterait de se vacciner selon son désir. Nous avons quitté ces eaux calmes depuis longtemps. Est-ce par volonté de contrôle? Parce qu'il faut écouler les stocks de vaccin, ou en commander d'autres? Parce que des gens ont pris goût à la crise, et veulent la poursuivre pour leurs propres buts, heureux qu'ils sont de la chute du transport aérien ou du ralentissement de l'économie?

Le complotisme est l'enfant naturel du climat de mensonge et de contradiction dans lequel baigne le grand public depuis le début. Les masques étaient contre-productifs et inutiles jusqu'à ce qu'aujourd'hui ils fassent partie du paysage. Le vaccin était la solution alors que désormais il ne l'est plus, sauf à atteindre 100% de la population. Des molécules comme la chloroquine ou l'ivermectine sont arbitrairement défaussées comme des poisons alors qu'elles sont consommées depuis plus de cinquante ans contre de multiples maladies. On demande à toutes les populations de s'injecter un vaccin expérimental sur la base d'une technologie à ARNm sur laquelle nous n'avons aucun recul - et ce n'est pas comme si les scandales sanitaires n'existaient pas... On affirme que le vaccin est la solution à un retour à la normale, puis que les vaccinés sont contaminants et doivent toujours porter le masque. Et ainsi de suite.

Comme toujours les élites sont les premières à s'affranchir des règles qu'elles imposent d'une main de fer à la plèbe - qu'il s'agisse du port du masque, de dîners en ville ou des principes de quarantaine. C'est la variante sanitaire de la Davos crowd qui vient en jet privé se plaindre que M. Tout-le-monde puisse partir en vacances.

L'hystérie vaccinale pousse les autorités à réclamer la vaccinations d'enfants de plus en plus jeunes, une aberration alors qu'ils sont plus vulnérables à d'éventuels effets à long terme des "vaccins" à ARNm, et qu'ils se sortent beaucoup mieux d'une infection au COVID que leurs aînés. Elle pousse les autorités à bouleverser le secret médical en obligeant chacun à dévoiler des informations personnelles à son employeur ou pour prendre un simple café en terrasse. Elle amène certains à plaider la fin de la notion de solidarité au cœur de l'assurance-maladie, comme le propose le conseiller national PLR Kurt Fluri.

Heureusement, nous pourrons compter sur l'UDC pour mener le combat - contre l'ensemble des autres partis, semble-t-il, mais c'est devenu une habitude.

Vaccin et Gilets Jaunes

Lundi, la Tribune de Genève ouvre ses colonnes à un avocat. L'homme incarne parfaitement le mépris de classe face aux gueux qui ont l'outrecuidance de refuser la libération vaccinale. Ne sauraient résister à l'obligation que "ceux qui hésitent encore" et les "antivaxx convaincus". Ces derniers sont selon lui "plutôt jeunes, (entre 18 à 50 ans [sic] environ), souvent conservateurs, sans avoir un parcours scolaire jusqu’à des études supérieures ou issus de milieux aux revenus moins élevés et le plus souvent le nez plongé sur les applications TikTok, Snapchat et autres balivernes à neurones produites sur leur smartphone."

Le subtil portrait est brossé, suivi de plusieurs salves du même calibre. L'avocat pose finalement le sommet de son argumentation, sa question de bon sens: "Iriez-vous en vacances en Tanzanie ou en Ouganda sans être vacciné contre la malaria?" Une interrogation pour le moins intéressante vu qu'il n'existe pas, pour l'heure, de vaccin contre la malaria!

C'est un peu le problème avec tous ces gens qui tancent les réfractaires à la vaccination forcée. Suintant de mépris, ils tombent assez vite dans les travers - compréhension très parcellaire de la science, données approximatives et théories du complot - qu'ils projettent constamment sur leurs adversaires.

Si on est contre la vaccination obligatoire on est forcément "antivaxx", par exemple. C'est-à-dire un peu con et plutôt de droite (pardon pour le pléonasme), pauvre, abreuvé de bêtises et anti-science. Il ne vient même pas à l'esprit de la plupart de ces beaux parleurs qu'on peut être à la fois vacciné et contre la vaccination obligatoire. Ce cas de figure pourtant banal équivaut à une division par zéro dans leur logiciel intellectuel.

Croire que la vaccination implique un désir de vaccination obligatoire est une erreur grossière. Journalistes et politiciens en France comme en Suisse romande la commettent quotidiennement. Les adultes vaccinés et contre la vaccination obligatoire, à mon avis nombreux en Suisse, ramènent le débat à sa quintessence, la souveraineté de chacun sur son propre corps. Le vaccin permet-il de se protéger suffisamment? Vaut-il les risques encourus, y compris les risques à long terme que personne n'est en position de mesurer? Il ne peut pas y avoir de réponse universelle à cette question ; seulement des décisions personnelles.

Le pass sanitaire gagne du terrain, clame Le Matin avec gourmandise. Voulons-nous d'une société basée sur la ségrégation sanitaire? Ce n'est pas qu'une vue de l'esprit. Un rapport sénatorial en France - qui sera lu à l'étranger, n'en doutons pas - fait la liste de toutes les mesures de contrôle social qui pourraient survenir en cas de nouveau super-COVID... Ou peut-être juste si "la situation l'exige", selon l'appréciation des pouvoirs publics. Bracelets électroniques, alertes de proximité, portiques sous alarme pour prendre le train ou le métro, le contrôle social à la chinoise s'invite sous nos latitudes à une vitesse effrayante.

Les autorités nous manipulent par la peur depuis un an et demi, et elles l'admettent. Allons-nous accepter de renoncer pour toujours à notre vie d'avant, face à une maladie qui effraie de moins en moins? Voilà le combat pour la liberté que nous devrons mener.

17 juillet 2021

Fraude électorale aux USA: la vérité perce

Cette semaine, Tucker Carlson a franchi le Rubicon.

Le présentateur vedette de Fox News (première chaîne d'information aux États-Unis) a ainsi consacré dix minutes d'antenne lors de son émission de ce mercredi à la fraude électorale dans le comté de Fulton, en Géorgie, lors des élections présidentielles de 2020.

La vidéo est aussi disponible sur Fox News, au cas où.

L'étalage des faits est accablant:

Dans le comté de Fulton, au moins 36 liasses de bulletins de vote par correspondance de l'élection de novembre ont été comptées à double. Cela représente plus de 4'000 votes. Le décompte final de ces bulletins que nous savons comptés à double se monte à plus de 3'300 votes pour Joe Biden et 865 pour Donald Trump.


Mais là où le journaliste va plus loin, c'est qu'il montre - séquences vidéo à l'appui - que ces liasses de bulletins ont été comptées à double à la fois lors du décompte de l'élection et lors de l'audit qui a suivi. Le recomptage effectué à la main l'an dernier fut lui aussi "constellé d'erreurs de grande ampleur et de fraudes prouvables". Et il enfonce le clou:

Nous ne parlons pas d'une paire de bulletins de vote égarés. Nous parlons de beaucoup de bulletins, au moins plusieurs centaines et potentiellement assez pour changer le résultat de l'élection présidentielle.


Tucker Carlson reprend les informations fournies par une organisation apolitique et à but non lucratif, VotersGA, concentrée sur l'intégrité du vote. L'association a obtenu les vidéos de surveillance et les scans d'analyse de bulletins. L'accès à ces données n'a pas été de tout repos ; il a fallu recourir à l'injonction d'un tribunal pour que les autorités du comté se plient aux exigences de transparence formulées par les demandeurs.

L'équipe de VotersGA trouva également que sept feuilles de décompte de résultats (pdf) furent falsifiées pour donner des totaux sans rapport avec les bulletins sous-jacents. Par exemple, une liasse contenant 59 bulletins Pour Biden et 42 pour le président sortant Trump fut décomptée comme 100 votes pour Biden et zéro pour Trump.

Sur l'échantillon examiné, 923 des 1'539 bulletins de vote par correspondance, soit 60% du total, n'ont pas été attribués correctement dans les résultats officiels de l'élection 2020. De plus, on s'étonne de l'absence de marque de pliage sur un très grand nombre de bulletins par correspondance, qui sont de grand format aux États-Unis, et devraient normalement avoir été pliés pour être insérés dans l'enveloppe officielle de vote...

Garland Favorito, cofondateur et président de l'association VotersGA depuis quinze ans, a affirmé dans une conférence de presse le 13 juillet que les responsables de l'élection du Comté de Fulton avaient connaissance de ces divergences "depuis bien, bien longtemps" et les accuse d'avoir "tout fait pour essayer de les camoufler."

Joe Biden commenta le 13 juillet que les résultats dans le comté de Fulton "avaient été comptés trois fois", mais des recomptages qui perpétuent les manipulations effectuées lors du premier décompte ne servent à rien d'autre qu'à endormir l'opinion publique ; certainement pas à découvrir la vérité. Le terme "d'audit" abusivement employé par de mauvais journalistes est tout aussi mensonger. Un audit est tout à fait différent d'un simple recomptage, et pour cause. Un texte de BlackBoxVoting de 2016, loin de la polémique actuelle, permet de réaliser toute la différence entre un véritable audit et un faux qui ne sert au mieux qu'à donner le change, et au pire à couvrir des manipulations.

  • Un audit est holistique, c'est-à-dire qu'il implique des vérifications croisées de l'information depuis plusieurs sources de documents.

  • Des divergences détectées déclenchent une expansion sans restriction de l'audit.

  • L'entité auditée n'a pas les moyens de contraindre l'audit. Il n'est pas possible par exemple de le restreindre à seulement une quantité ou un type de bulletins, ou de définir des limites que l'audit ne peut pas atteindre si les recherches l'amènent dans cette direction.

  • Un audit correctement réalisé implique une sélection basée sur des indices, des signaux d'alertes mais aussi des échantillons sélectionnés de façon aléatoire.

Un véritable audit, comme ci-dessus, est en cours en Arizona dans le Comté de Maricopa. Il dure depuis des mois et ses conclusions sont proches ; j'aborderai évidemment le sujet ici même.

Rien de tout ceci n'étonnera les lecteurs de ce blog ; mais la nouveauté est dans la diffusion de l'information dans la sphère publique. Si quelques séquences de Fox News avaient donné la parole à des avocats évoquant des fraudes dans les mois de novembre et décembre 2020, il s'agissait d'une information de second ordre dans les actualités du matin, par exemple. Ici, l'émission vedette de Tucker Carlson est le phare de la chaîne - elle est vue en moyenne par trois millions de foyers américains.

Nul doute que ce reportage avec extraits vidéo à l'appui pourra faire bouger quelques lignes, et peut-être fracturer la muraille du narrative d'une "élection présidentielle 2020 parfaitement intègre" érigée depuis des mois par les médias de masse, appuyés par la censure de Google, Facebook et Twitter.

Quiconque prétend respecter la démocratie doit reconnaître qu'il se passe des choses anormales rien que dans le Comté de Fulton en Géorgie, et chercher à connaître la vérité.

À la fin de sa séquence, Tucker conclut:

"Pourquoi sommes-nous d'accord avec [toutes ces fraudes]? Nous le sommes parce qu'on nous a raconté que nous devions l'être. Sinon, nous serions en train de "miner la démocratie" avec nos questions sur ce qui s'est passé lors des élections de 2020. Et bien entendu c'est une parfaite inversion de la vérité.

Sans réponses à ces questions légitimes, comme à celles que nous avons sous les yeux, la démocratie meurt. Les gens commencent à comprendre que le système dans lequel on leur a demandé d'avoir confiance est en fait biaisé. Et quand ils le comprennent, Dieu sait ce qu'il peut advenir.

Alors, cherchons à comprendre ce qui s'est passé. Cherchons immédiatement et cherchons sans honte aucune. C'est notre droit de savoir, et notre responsabilité."


Des mots auxquels penseront beaucoup de citoyens dans tous les états gagnés par Joe Biden avec une marge très faible - l'Arizona, la Géorgie, le Michigan, le Nevada, la Pennsylvanie et le Wisconsin - et après une surprenante suspension du décompte pendant parfois plusieurs jours. Un arrêt coordonné et toujours inexpliqué à cette date.

30 juin 2021

La Fabrique à Benêts

Ce mois de juin finissant, la réforme de l'orthographe à l'école est en marche. Dans un article (payant) dithyrambique, Le Temps expose son enthousiasme à travers son mépris pour ceux qui tentent de s'y opposer.

Il fallait bien que leur consternation s’exprime. Dans une démarche inédite, les libéraux-radicaux de Suisse romande s’unissent pour dire tout le mal qu’ils pensent de «l’orthographe rectifiée» qui devrait faire son entrée dans les écoles de Suisse romande, à la rentrée d’aout (août) 2023, a appris Le Temps. Ainsi en a voulu la Conférence intercantonale de l’Instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP), annonçant début juin cette petite révolution de langage, argüant (arguant) vouloir simplifier le français dans un esprit de cohérence. Elle en profitait aussi pour introduire une «sensibilisation» au langage épicène.

Le PLR genevois n’a gouté (goûté) ni l’art ni la manière. Il a donc pris l’initiative d’une lettre ouverte à la ministre de l’Instruction publique, Anne Emery-Torracinta, demandant de reporter sine die toute mise en œuvre de ce projet et de procéder à une concertation démocratique. Un courrier que les autres sections romandes du parti bourgeois se sont empressées de reprendre. C’est ainsi que six ministres romands ont reçu mardi cette lettre, témoin d’une double exaspération, comme l’explique le président du PLR genevois, Bertrand Reich: «Exaspération de voir l’incursion de l’Etat dans la définition du savoir. L’Etat n’est pas linguiste, sa mission doit donc se borner à transmettre celui-ci, et non à le définir.» Autrement dit, l’Etat devrait se mêler de ses ognons (oignons), puisque même l’Académie française, contrairement aux aprioris (a priori), «observe l’évolution de la langue et ne la décrète pas», note le Genevois. Exaspération, encore, de voir une organisation chargée d’assurer la coordination s’approprier un débat qui engage toute la société sans que le référendum soit possible.


La plume de Laure Lugon laisse transparaître une joie sauvage, mais elle appose tout de même l'orthographe correcte de chaque mot entre parenthèses. L'audace a ses limites! Notre journaliste ne réalise même pas qu'en agissant de la sorte, elle prouve magistralement l'absurdité de ce changement forcé. On notera aussi le mépris affiché face à la démarche du PLR, permettant de mesurer la dérive idéologique du quotidien de référence autrefois bien disposé envers le parti centriste.

Sous l'impulsion des constructivistes de gauche dès qu'ils sont aux manettes, la langue est devenue un champ de bataille. Les fronts sont multiples et vont de la lecture globale à la sexualisation forcée de l'écrit en passant par la simplification de l'orthographe. Tous les motifs sont bons pour détourner l'école publique de sa mission première, accomplie à grand-peine, l'instruction des élèves.

Comme les mouvements de voyous vandalisant les statues d'hommes auxquels ils n'arrivent pas à la cheville, c'est une guerre totale de l'existant. Du passé il faut faire table rase.

Le PLR et à dire vrai tous les gens alphabétisés devraient s'ériger contre ce sabotage d'un savoir commun. Bien des langues ont été emportées dans le flot de l'histoire mais quand on les détruit activement, c'est une trahison. Et un ridicule péché d'orgueil, en passant, des administrations romandes face aux 300 millions de francophones dans le monde. Mais ne leur jetons pas la pierre: elles ne font que reprendre les efforts constructivistes du grand frère français depuis 1990 - dont on a pu voir le peu d'effet depuis trente ans.

Malgré tous les efforts de l'école gérée par l'État, le français n'appartient à aucune administration. Vous ne trouverez pas beaucoup d'articles de presse, de livres publiés ou de pages web écrites avec les mots rectifiés, et si vous en dénichez ils risquent d'attirer davantage les critiques que les louanges. Le grand public n'est pas favorable à ces évolutions forcées. Les francophones se montrent particulièrement pointilleux, lorsqu'ils ont fait l'effort de maîtriser leur langue, envers ceux qui ne la respectent pas.

Le nœud du problème est bien là: en utilisant l'orthographe rectifiée, vous risquez surtout de passer pour un imbécile, et aucune loi ne peut empêcher cela.

L'acharnement des idéologues fera bien sûr des dégâts - en premier lieu, sur ceux qui n'ont pas le choix. Les parents qui le pourront corrigeront à la maison les dérives de l'école, ou avec des cours privés, mais d'autres n'auront ni le bagage linguistique ni les moyens disponibles pour arranger la situation. Brossés dans le sens du poil par une administration qui s’enorgueillira de la docilité de ces sujets, ces enfants traverseront toute leur scolarité en pensant qu'on leur a appris à écrire. Devenus grands, ils déchanteront lorsque le moment sera venu de chercher un emploi.

Le monde du travail est cruel ; l'épreuve d'orthographe est déjà infranchissable pour bon nombre d'aspirants policiers. Les entreprises privées ne tiennent pas de bêtisier mais vu les conseils donnés aux candidats quelque chose me dit que l'orthographe "simplifiée" n'a pas encore trouvé sa place.

En Suisse, on a compris comment aller dans le sens de l'Histoire. Très bientôt, on n'apprendra plus le français. On apprendra le fransais. Et il y aura des victimes, principalement parmi les populations les plus choyées par nos gauchistes enkystés dans les comités d'instruction publique - les immigrés et les pauvres.

20:40 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : école |  Facebook

09 juin 2021

5 x Non le 13 juin: réduction des gaz à effet de serre et du porte-monnaie

Finissons le tour d'horizon des votations du 13 juin par le plus insigne des objets proposés au vote, la fameuse Loi fédérale sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (loi sur le CO2).

Ce n'est pas que le reste ne soit pas important - les initiatives mettant l'agriculture en coupe réglée auront des conséquences délétères sur la vie d'un secteur économique entier, et les autres textes ont des effets symboliques forts. Mais aucun d'eux n'aura plus d'impact sur la vie des Suisses et le niveau de prospérité du pays que la Loi sur le CO2.

Précisons en préambule que cette loi, acceptée ou non, n'aura pas le moindre effet sur le climat. Rien, zilch, nada. Comme je l'ai expliqué face au Conseil Communal de Renens, si on se place du point de vue des émissions mondiales annuelles de pollution, dès le premier janvier à midi, la Chine communiste a pollué plus que la Suisse pendant toute l'année. La Suisse compte pour moins d'un demi-pourcent des émissions de gaz à effet de serre mondiaux. Si la loi passe et produit des effets vertueux, la diminution à l'échelle mondiales ne sera même pas mesurable. Même si la Suisse disparaissait dans le néant (peut-être le rêve secret de certains...) l'atmosphère terrestre ne verrait pas la différence.

Du point de vue climatique, pour ceux qui y croient, la Loi sur le CO2 n'aura aucun effet. Nous sommes donc dans le registre symbolique. Il faut "faire quelque chose", "donner un signe". D'autant plus que l'on sait parfaitement que la véritable pollution mondiale a lieu ailleurs qu'en Suisse.

C'est assez logique: le Suisse est un grand défenseur de l'environnement, bien avant que l'écologie politique n'arrive avec ses gros sabots et ses discours aux relents de marxisme. Les Suisses aiment traditionnellement l'ordre, la propreté et un cadre de vie sain. La population suisse a fait de gros efforts en faveur du recyclage, de la qualité de l'eau, de l'air et des sols depuis des dizaines d'années. La tentation est grande pour les ayatollahs verts, pour lesquels rien n'est jamais assez, de vouloir aller toujours plus loin grâce aux méthodes de coercition que permet la loi. Il est assez effrayant qu'ils aient réussi à rassembler une majorité parlementaire en faveur de leur funeste projet, mais nous y reviendrons.

Si on se place d'un point de vue global, pourtant, la démarche est absurde. La pollution - en particulier la pollution atmosphérique - ne connaît pas les frontières. En comparaison internationale, la Suisse est un pays remarquablement propre ; dans la plupart des autres pays, tout reste à faire. Pourquoi vouloir traquer les derniers restes de saleté en Suisse lorsque les dépotoirs se multiplient ailleurs? Dans des pays où en plus la main-d’œuvre est abondante et les investissements bon marché?

Pour une fraction du coût que la Loi sur le CO2 imposera aux ménages helvétiques, il serait possible de faire bien mieux en s'attaquant à la pollution là où elle se trouve - hors de nos frontières. Et la vraie question serait alors la légitimité de cet interventionnisme.

Sans effet sur la pollution globale et essayant de juguler la pollution là où elle est la moins élevée et la plus chère à combattre, la Loi sur le CO2 manque clairement sa cible sur un plan écologique. Mais elle réussit parfaitement à démolir la classe moyenne.

L'hypocrisie au centre du dogme

"Je m'en fiche que l'essence coûte plus cher, je n'ai pas de voiture." Combien d'entre vous ont entendu ce genre de remarque mariole à l'occasion d'une discussion sur la Loi sur le CO2 ? Les Suisses ont la chance unique de pouvoir voter sur les taxes qui s'apprêtent à les frapper ; et ce scrutin devient aussi, en quelque sorte, une mesure réaliste sur les capacités de raisonnement qu'on prête aux citoyens. Si l'on en croit les sondages, le résultat n'est guère brillant.

L'individu qui n'a pas de voiture utilisera quand même de l'énergie pour se déplacer - un transport en commun, un train, une paire de chaussures. Que ce soit celles-ci ou le vélo électrique dont il se vantera auprès de ses amis pour étaler sa fibre "verte", tout aura été fabriqué en Chine et transporté jusqu'à nos latitudes par un cargo propulsé au fioul lourd, puis par camion. Même le boulgour bio-équitable-de-saison du commerce tendance de quartier y aura été livré par camion. Ainsi que les matériau et outils des artisans venus installer l'isolation de son logement. Ou ses achats sur Internet. Ou les produits fabriqués par la société par laquelle il est employé. Ou l'iMac sur lequel il consulte l'actualité et travaille à distance. Ou les smartphones avec lesquels certains coordonnent leurs actions "coup-de-poing" écologistes.

Le mode de vie du plus bobo des citadins, du plus engagé des écologistes, repose entièrement sur les énergies fossiles. Même s'ils n'ont pas de voiture. Même s'ils exècrent la voiture.

La grande force des écologistes politiques est d'avoir monopolisé le débat public pour faire croire que le CO2 est une sorte de poison, alors que, vital pour les plantes à l'origine de toute la chaîne alimentaire, il n'existe que sous la forme de traces dans l'atmosphère. Ils sont parvenus à imposer la conclusion que toute activité humaine, produisant nécessairement du CO2, est du même coup néfaste. Misanthropes, ils ont une approche entièrement négative de l'Humanité. Elle ne peut expier le crime de son existence qu'en s'abandonnant entièrement à la Cause de Gaïa - une cause qu'ils professent à l'envi mais qu'ils adoptent eux-mêmes bien peu dans leur vie privée. Le méprisant "faites ce que je dis et pas ce que je fais" est leur marque de fabrique et ruine toute leur crédibilité.

L'énergie, un point faible pris pour cible

Les écologistes savent bien qu'ils ne peuvent pas tout interdire, même si l'envie les démange. Leur approche, à coup de taxes, consiste à rendre chères les énergies compétitives, et à gaver de subventions celles qui ne le sont pas. Avec ces ajustements, ils parviennent à donner l'impression d'une équivalence, comme si toutes les options se valaient, faussant la perception du plus grand nombre. Mais pour finir, l'énergie bon marché n'existe plus pour personne. Le résultat est une baisse du niveau de vie de la population entière.

L'augmentation du prix à la pompe augmentera les prix de tout ce qui est transporté par camion - donc, de tout. Pourtant, ce n'est là que la partie émergée de l'iceberg. La hausse des prix diminuera aussi les capacités exportatrices de nos entreprises, puisque leurs coûts seront plus élevés.

Les locataires verront s'envoler leur facture de chauffage, puisqu'elle leur incombe. Et s'ils protestent pour avoir un remplacement de la chaudière, ils donneront une excuse idéale aux propriétaires qui ne souhaitent rien d'autre que de mettre dehors au prétexte de travaux ceux qui louent à un tarif inchangé depuis trente ans. De grandes déconvenues attendent ceux qui pensent qu'ils paieront moins de frais de chauffage. Ce sera peut-être vrai, mais seulement pour le nouveau logement au loyer doublé dans lequel ils auront été obligés de déménager.

Gagner et trahir, le choix du PLR

Comme le dit l'adage, "les solutions de la gauche sont si bonnes qu'elles doivent être imposées de force". Et en termes d'imposition et de taxes, les Suisses vont être servis. Cependant, et les partisans du texte insistent là-dessus, les taxes sont incitatives. L'argent collecté sera reversé. Et voilà comment la gauche a réussi, au-delà de ses supplétifs habituels du centre, à amener le PLR à tourner casaque pour obtenir une majorité au parlement helvétique.

Évidemment, c'est une arnaque. Les taxes que vous payez ne vous seront évidemment pas rendues telles quelles, sinon, il n'y aurait nul besoin de les prélever.

Une partie des taxes sur les billets d'avion et sur les huiles minérales sera "reversée à la population" en passant par les caisses des assurances-maladie, structures dont on connaît la transparence, et la propension à mal payer leur personnel, leurs comités de direction, et leurs lobbyistes. Le reste sera attribué à une nouvelle structure, un Fonds pour le climat, une entité bureaucratique dont on peut être sûr qu'elle rémunèrera royalement les copains politiques qui se distribueront les sièges à pourvoir.

Un fonds qui justifie son existence tant que le climat mondial est prétendument "déréglé", c'est la planque ultime, éternelle et plaquée or.

Non seulement l'administration prélèvera sa dîme au passage, mais la direction du Fonds pour le climat va aussi investir. L'argent public sera donc reversé à des régions de montagne, des entreprises développant des technologies "respectueuses du climat"... La redistribution de cette manne donnera lieu à des arbitrages que l'on imagine déjà juteux, en coulisses. C'est qu'il va falloir bien défendre les dossiers, voyez-vous.

Voilà comment tant des élites économiques du PLR, siégeant au Parlement se sont subitement laissées convaincre de ne pas barrer la route à la Loi sur le CO2. Tant de chefs d'entreprise qui se frottent les mains de tous ces mandats pour isoler des maisons et des immeubles! De vendre des chaudières à gaz et des pompes à chaleur avec une marge juteuse royalement payée par les contribuables! À ce tarif, ils poseraient même des éoliennes au sommet du Cervin!

Les médias ont été prompts à expliquer ce revirement de Petra Gössi soudainement convaincue de "l'urgence climatique", et éventuellement de ses prétendus dividendes électoraux. À mon avis, la vérité est ailleurs, et fort simple: le PLR s'est fait acheter. L'argent n'a pas d'odeur, et le PLR nous montre qu'il n'a pas non plus de principes. La perspective de goûter au capitalisme de connivence - dans lequel le PLR a déjà mordu à pleine dents avec la LAMal - a séduit à l'interne, mais principalement les dirigeant du parti, ceux qui en profiteront. D'où les tensions, pour le moins, avec la section jeune et sa base électorale.

C'est un peu le problème avec le capitalisme de connivence: quand on n'est pas une des souris dans le fromage, on y trouve moins son compte.

Un superbe test démocratique

Notez bien que toute la Loi sur le CO2 est d'une totale vacuité. Tout ce qu'elle présente pourrait tout à fait être entrepris sur une base privée et personnelle. Les compagnies aériennes proposent déjà des compensations volontaires du CO2 émis par le trajet lors de la prise du billet, par exemple. Et l'argent récolté par les taxes pourrait tout aussi bien être versé directement par ceux qui approuvent le texte, en direction d'un Fonds pour le Climat géré de façon privée (et qui rendrait davantage de comptes ainsi, d'ailleurs).

Je me réjouis du référendum sur la Loi sur le CO2. Il permet de vérifier dans les urnes le sentiment réel de la majorité des votants quant à l'idéologie verte lorsqu'elle se concrétise, inévitablement sous la forme de taxes et d'interdictions. À l'inverse de tant de votations cruciales mais d'une portée lointaine ou symbolique, la Loi sur le CO2 apporte du concret, très vite, et pour chacun d'entre nous.

Si elle est rejetée, elle signera l'arrêt de la "vague verte" tant vantée par les médias, qui rivaliseront alors de formules apocalyptiques (enfin, celles qu'ils leur restent après l'abandon du projet d'Accord-cadre avec l'UE, la plaie est trop fraîche) pour rendre compte de son échec. On glosera sur "l'égoïsme du Suisse face aux enjeux planétaires", la Suisse qui "fait cavalier seul à contre-courant sur le réchauffement", "l'impassibilité du Helvète devant notre maison qui brûle" et autres variations sur le thème, jusqu'à la nausée. Mais le référendum aura aussi démontré l'indépendance d'esprit des citoyens face à des élites enfermées dans leurs délires, et leurs complices des médias qui matraquent le mantra jour après jour. Les dindes auront refusé de voter pour Noël.

Si elle passe, les taxes seront mises en place au plus tôt, au nom de l'urgence climatique n'est-ce-pas, et elles frapperont. Fort. C'est le but. Faire mal, pour altérer les choix de la population par la contrainte. Le Fonds pour le climat se retrouvera à la tête d'une véritable fortune extorquée de force et donnera naissnce, d'ici quelques années, à divers scandales de népotisme, de trafic d'influence et de corruption, je suis prêt à prendre les paris. La population suisse s'appauvrira et se plaindra que tout devient cher, y compris et surtout ceux qui n'avaient, pourtant, même pas de voiture! Mais je me doute bien que les médias trouveront des boucs émissaires pour détourner l'attention...

Dans les deux cas, j'espère que le vote final, qu'il soit Oui ou Non, verra un résultat marqué. Il est important que les décisions soient prises avec force lorsqu'elles sont suivies de conséquences. Les mauvais choix doivent être douloureux, et ici, ils le seront.

06 juin 2021

5 x Non le 13 juin: non aux mesures policières

Le 13 juin 2021, le peuple est amené à se prononcer pour ou contre la Loi fédérale sur les mesures policières contre le terrorisme (MPT). La description de la brochure de vote explique ouvertement qu'il s'agit d'un nouveau train de mesures pour agir préventivement contre le terrorisme.

Amusons-nous à lire un texte de loi

Comme dans les vieilles dissertations en philo, chaque mot doit être interprété.

  • Train de mesures...: un ensemble de règles, qui mériteraient un débat politique pour chacune d'elles. Obligation de se présenter et de participer à des entretiens, interdiction de contact, interdiction géographique, interdiction de quitter le territoire, assignation à résidence, surveillance électronique et localisation par téléphonie portable, forment ce "train".
  • ...Agir préventivement...: l'acte n'est pas accompli, ni même (au vu des exemples présentés) sur le point d'être accompli, ni dans un futur proche, ni avec certitude.
  • ...Contre le terrorisme. La définition de celui-ci est donnée dans l'article 23, alinéa 2 (la mise en gras est de moi):

Par activités terroristes, on entend les actions destinées à influencer ou à modifier l'ordre étatique et susceptibles d'être réalisées ou favorisées par des infractions graves ou la menace de telles infractions ou par la propagation de la crainte.


Les dispositions pénales face à l'infraction de ces mesures impliquent des peines allant jusqu'à trois ans de prison ou d'une amende. Certaines mesures sont délibérément adoucies par ces peines ; ainsi, la prison est exclue pour ne pas avoir respecté l'obligation de se présenter et de participer à des entretiens. La peine est aussi l'amende si le délinquant (tiens, on ne le qualifie plus de "terroriste potentiel"!) a agi par "négligence". L'excuse du "Désolé wesh mec j'savais que c'té interdi" continuera donc à tourner à plein régime (avec ses variantes: j'avais fumé un oinj / bu / oublié, etc.)

En revanche, rien n'est spécifié pour les odieux criminels qui auraient enfreint l'article 23q, la mesure concernant la surveillance électronique et localisation par téléphone mobile. On apprend dans celui-ci (fin de l'alinéa 3) que le terroriste potentiel (plus un délinquant cette fois!) "doit constamment avoir l'appareil de téléphonie avec lui, allumé et en état de fonctionnement." Les gars, il va falloir faire gaffe avec vos téléphones portables et prévoir une batterie de secours, sinon ça pourrait vous coûter cher...

Des peines (sélectivement) inapplicables

Je ne peux m'empêcher de repenser au fameux texte UDC qui demandait, avec son "initiative d'application", une concrétisation de son initiative, approuvée par le peuple, sur le Renvoi des criminels étrangers. Que n'avions-nous entendu d'experts se succéder pour expliquer à quel point le texte était mal rédigé et inapplicable! Quelques années plus tard, on pourrait ressortir pas mal de ces critiques sur ces MPT adoubées par la majorité des brillantes élites siégeant au législatif de notre pays.

Le parallèle avec les deux objets n'est pas anodin. Le texte de loi sur les MPT donne une immense latitude aux juges pour décider des montants d'amendes, des peines et de leur application. Comme on a pu s'en rendre compte en Suisse avec le renvoi des criminels étrangers, les juges ont rarement eu la main lourde, surtout en Romandie. Il n'est donc pas absurde de croire que la magistrature fera preuve d'encore plus de clémence à l'égard d'individus qui se présenteront fatalement comme innocents. Ils ne savent pas ce qu'ils font, n'avaient pas compris de quoi on parlait, voyaient tout ça comme une plaisanterie... N'oublions pas que selon la loi même, ces gens-là seront de simples suspects. Le faisceau de présomption et le doute raisonnable sont difficiles à surmonter lorsque la négligence devient une excuse acceptable et mentionnée explicitement.

Alors que les juges sont d'une douceur stupéfiante face à des criminels de sang, comment s'attendre à ce qu'ils soient ferme contre des individus simplement soupçonnés de terrorisme?

Mais tout dépend de l'individu en question, naturellement. Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir, disait La Fontaine, est devenu aujourd'hui "selon que vous serez de gauche ou de droite". À ceux qui en doutent, rappelons-nous qu'un like sur Facebook est susceptible de vous traîner au tribunal. En Suisse, les tueurs ne vont pas en prison mais un commentaire douteux peut vous valoir une condamnation confirmée jusqu'au Tribunal fédéral.

Urgence climatique ou casseurs dans les manifestations, contre automobilistes ou quidams se réunissant trop nombreux dans une fête privée sous le régime anti-Covid, nous avons vu ces derniers temps l'émergence visible d'une justice divisée. Il y a la justice pour la gauche, les camarades et alliés, clémente, où les délits sont justifiables et excusables au nom de l'idéologie. En face, il y a la justice pour le reste (et particulièrement pour la droite), impitoyable de sévérité, monolithique et sans appel.

Espionnons tout le monde!

Le terrorisme auquel tout le monde pense est le terrorisme musulman. Mais les mots "musulman", "islamiste" ou même "islam" n'apparaissent pas à une seule reprise dans l'argumentaire en faveur de la loi. On peut penser à une certaine pudeur de la part de gens qui ne voudraient pas "stigmatiser". On peut s'interroger sur le sens de ne pas nommer une idéologie qu'on imaginerait ciblée par ce genre de mesure. Il est aussi possible de penser qu'on fait fausse route.

Comme vous l'aurez compris, je ne suis pas trop en faveur de cette loi. J'ai donc lu avec attention le commentaire de mon collègue de parti M. Yvan Perrin, qui écrit pour la soutenir. M. Perrin est ancien policier, et un homme intègre ; il pense donc comme un policier intègre. Je n'en attendais pas moins de lui, mais ce n'est peut-être plus le raisonnement par défaut d'un grand nombre de gens au sein de l'État, et depuis un bon moment.

Il y a une grande confusion, entretenue à dessein selon moi, entre ce que le grand public appelle "terrorisme", et ce que les autorités constituées appellent "terrorisme". Par exemple, et c'est devenu un triste thème de plaisanterie, il n'y a plus d'attentats terroristes islamistes dans l'actualité, seulement les agissements de "déséquilibrés". Sauf s'ils ne sont pas musulmans. S'ils ne sont pas musulmans, leur nom apparaît jusque dans le titre de l'article. Ils sont sains d'esprit du début à la fin ; aucune circonstance atténuante n'est applicable ; et leur culpabilité s'étend à tous ceux qu'ils connaissent et qui ne sont pas de gauche.

On s'amuse, on rigole, mais quand M. Perrin écrit ceci...

Cette loi a été conçue pour s'attaquer au point faible des réseaux djihadistes, principale menace actuelle. Pour bien comprendre la chose, souvenons-nous que le Larousse donne du réseau au sens qui nous occupe la définition suivante : "Réseau : organisation clandestine dont les membres travaillent en liaison les uns avec les autres : Un réseau d'espionnage. Un réseau de résistance."

La notion déterminante, "dont les membres travaillent en liaison" constitue le fil conducteur de la MPT. Il s'agit en effet de travailler sur la communication. Le texte prévoit la possibilité de placer sous contrôle certaines personnes soupçonnées d'activités terroristes, ce qui autorise écoutes, observations, assignation ou interdiction de périmètre, ceci afin de contrarier l'indispensable liaison entre membres. Pour organiser un attentat impliquant plusieurs protagonistes, collaboration, coordination donc communication sont essentielles. Les ordres viennent parfois de loin, comme de l'Etat islamique dans certains cas. Couper les liens unissant les djihadistes permet d'entraver leur action, à tout le moins de réduire leur dangerosité aux actes isolés.


...On se demande: qu'en est-il d'un réseau non-djihadiste? Les mots djihad ou djihadiste n'apparaissent pas davantage dans l'argumentaire des autorités. Et quand on sait que la loi cible quiconque se rend coupable de l'odieux crime de "propager de la crainte" (cf. la mise en gras dans le texte de loi au premier paragraphe) je crois que le lecteur moyen commence à comprendre que les MPT vont taper beaucoup plus loin que les réseaux islamistes...

Merci mais non merci!

Les Mesures Policières de lutte contre le Terrorisme définissent celui-ci de façon extensive et souple. Elles permettent d'espionner et de contraindre des gens sur des motifs très légers, de simples soupçons. Si tout va bien, elles serviront à lutter contre les réseaux terroristes islamistes en Suisse ; si tout va mal, elles continueront de les ignorer et serviront à bien d'autres buts. Enfin, elles inversent la charge de la preuve: c'est à l'individu suspect de prouver son innocence.

Pour toutes ces raisons, je voterai Non aux Mesures Policières de lutte contre le Terrorisme le 13 juin.

Notez que cela ne fait pas de moi un supporter du terrorisme. Je pense juste que la Suisse dispose déjà de tout l'arsenal législatif nécessaire pour faire en sorte que notre pays ne soit plus la base arrière du terrorisme en Europe. Par exemple, l'acquisition du statut de réfugié exclut la poursuite d'un activisme politique en échange de l'asile. Pourquoi ces lois ne sont pas appliquées?

De plus, le renvoi des criminels étrangers, associé au motif suffisant d'abus dans le recours aux aides sociales, suffirait à expulser hors du pays d'innombrables sympathisants des terroristes qui vivent au crochet de la collectivité de notre pays. Non seulement cela se ferait sans avoir besoin d'espionner tout le monde, mais cela permettrait aussi d'assainir les comptes de nos assurances sociales. Et cela a déjà été approuvé par le peuple.

29 mai 2021

5 x Non le 13 juin: la loi COVID-19

De tous les objets soumis au vote le 13 juin, la Loi COVID-19 sera sans doute celle qui réunira le plus grand nombre de voix en sa faveur. Non seulement les sondages - s'ils sont authentiques - affirment que la population a plébiscité l'action du Conseil Fédéral pendant les événements sanitaires de 2020, mais en plus le texte est soutenu par l'ensemble de la classe politique.

Ce n'est en rien une raison pour l'approuver. En effet, la Loi COVID-19 représente une énorme avancée du pouvoir administratif et politique sur la population, à titre permanent.

Lorsque l'épidémie de Coronavirus a essaimé de Wuhan dans le monde entier, nous affrontions une maladie dont nous ne savions rien. Tous les pays avançaient à l'aveuglette, guidés seulement par les cris de panique orchestrés depuis la Chine pour ruiner ses ennemis en surchargeant leur service de santé. La partition a été parfaitement jouée ; l'Occident a détruit son économie en se préparant à l'Apocalypse, à coup de confinements et d'interdictions professionnelles, aidé par les complicités locales. Mais, comme à chaque fois, l'Apocalypse n'est pas venue.

Le Conseil Fédéral et la classe politique se sont arrogés des pouvoirs de catastrophe même en l'absence de catastrophe, et veulent les pérenniser. Les variants, l'existence de régions du monde où la vaccination est en retard, et l'ouverture des frontières permettant un afflux de voyageurs au statut sanitaire douteux (et qu'il n'est bien entendu pas question de tester à l'arrivée) seront des excuses merveilleuses pour ne jamais sortir de la crise.

Nous en avons la preuve à travers le portrait fait par l'OFSP, et résumé dans Le Matin, des dix mille morts du Covid-19 en Suisse. Le seuil a été franchi en avril de cette année, ce qui est tout de même modeste pour un fléau biblique. Le canton le plus touché en proportion a été le Tessin avec 249 morts pour 100'000 habitants (la mortalité naturelle est de plus de 1'000 morts par 100'000 habitants). L'âge médian des victimes est de 84 ans, supérieur à l'espérance de vie. 97% des victimes du Covid-19 souffraient d'une comorbidité, c'est-à-dire d'une maladie grave. Les plus fréquentes étaient une maladie cardio-vasculaire (62%), l’hypertension (61%) et les maladies rénales chroniques (28%).

Il ne s'agit pas de minimiser les drames personnels vécus par beaucoup de familles, les hospitalisations et la gravité de symptômes parfois très pénibles. Lorsqu'il se déclenche de façon sévère, le Covid-19 n'a rien d'anodin. Cependant, à l'échelle d'une population, nous sommes très loin des 3 à 5% de de mortalité de la grippe espagnole.

Cela n'a pas empêché le Conseil Fédéral d'emprunter la voie d'urgence, même lorsque l'Apocalypse sanitaire s'est fait attendre. Nous avons eu droit aux pieux mensonges sur l'inefficacité des masques jusqu'à ce qu'ils deviennent soudain obligatoires ; le CF a détruit délibérément des pans entiers de l'économie comme l'hôtellerie, la restauration ou la culture ; des subventions ont été accordé à des entreprises sur une base sélective, comme la presse. Mais à côté, certaines dispositions basiques pour endiguer la pandémie, comme la simple prise de température des passagers arrivant d'un avion, n'ont jamais voulu être considérées.

Il ne s'agit pas de dire que le Conseil Fédéral a eu tout faux, même s'il n'est de loin pas exempt de critiques. Mais bon nombre de ses décisions prises en urgence n'avaient aucun rapport avec la santé, ou même une situation d'urgence. L'Administration traîne des pieds pour le retour à la normale. Aujourd'hui, même si des millions d'habitants du pays sont désormais vaccinés ou guéris de la maladie, les règles absurdes de "distanciation sociale" ou de port du masque sont toujours en vigueur.

Le 13 juin, il ne s'agit pas de juger si ce qui a été fait jusqu'ici était bon, ou même accompli au nom d'objectifs sincères. Même si le Non l'emporte, les aides financières engagées jusqu'ici seront maintenues jusqu’au 25 septembre 2021, et plus loin encore si les parlementaires le décident. La voie politique normale existe toujours.

Le 13 juin, il s'agit de décider si le Conseil Fédéral a le droit, "au nom de l'urgence", de permettre de discriminer l'accès aux lieux publics selon la vaccination. D'autoriser le traçage informatisé des contacts et des déplacements de chacun. De suspendre les droits populaires, comme ils l'ont été en 2020 et malgré le vote par correspondance, au nom de la situation sanitaire. De déclarer qui peut se déplacer où et comment, et accepter ou refuser de tels déplacements. De limiter le nombre d'individus qui peuvent se réunir entre eux, même dans un lieu privé. De décréter arbitrairement quelles entreprises, comme des stations de ski, des cinémas, des compagnies aériennes, des hôtels ou des restaurants, peuvent travailler et accueillir des clients et sous quelles conditions - toujours au nom d'une prétendue "science".

Pour cette raison, il me paraît important de ne pas normaliser la situation que nous vivons. Nous avons dépassé depuis longtemps le stade de la santé publique pour passer subrepticement à autre chose. Et c'est pour cela que je vous invite à voter Non sur ce sujet le 13 juin.