23 février 2020

Coronavirus: le monde d'après (première partie)

L'épidémie de Coronavirus est l'événement majeur de cette année, et peut-être de la décennie. Elle changera pour toujours les relations entre les pays, entre les individus, et la structure économique du monde que nous connaissons.

Une épidémie galopante

De phénomène localisé à une région de la Chine, la progression du virus est tout simplement fulgurante. En Italie, on parle de 150 cas de contamination. 50'000 personnes sont en quarantaine forcée dans douze villages du nord du pays. Et le patient à l'origine de cette flambée reste inconnu. Pas mal pour un pays qui affichait "3 cas" il y a quelques jours. L'Italie bat ainsi la Corée du Sud, qui a vu le nombre de cas de Coronavirus multipliés par dix en une semaine.

(Au Tessin, concernant l'épidémie en Italie, le médecin cantonal Giorgio Merlani explique aux médias que "L'affaire est plus importante qu'il n'y semblait au début." Avec des foudres de guerre pareilles aux commandes, on peut dormir sur ses deux oreilles. Évidemment, aucune fermeture de la frontière n'est prévue pour l'heure...)

En Iran, 8 morts soudaines démontrent qu'il y a des dizaines de cas d'infection, que le régime ne parvient évidemment pas à tracer. À Taïwan, une femme malade du virus avait un fils, infecté puis décédé à son tour; avant que la maladie ne l'emmène à l'hôpital, il travaillait comme chauffeur de taxi. Depuis, le pays considère qu'il n'est plus possible de tracer le cheminement de l'épidémie au sein de la population.

Le grand public découvre, effaré, à quoi ressemble une courbe exponentielle:

coronavirus_23-02-2020.png
La progression du virus dans les 8 pays les plus touchés hormis la Chine.
(Image @jodigraphics15 ; cliquez pour agrandir)

Quel que soit le graphique que vous verrez sur l'évolution de la maladie, il est déjà périmé.

Quelques informations sur la maladie

La dangerosité du virus est énorme. Les gouvernements, les agences supranationales et leurs relais dans les médias mentent et minimisent les chiffres. L'OMS prétend que 80% des gens développent une forme bénigne de la maladie - une formule élégante pour éviter de parler des 20% qui seront touchés par une forme sévère et ne s'en relèveront pas tous.

Le calcul de la mortalité d'une maladie est simple ; il suffit de faire le rapport entre le nombre de personnes guéries et le nombre de personnes décédées. Les malades en cours de traitement doivent être exclus du calcul puisqu'on n'a pas de certitude sur l'évolution de l'infection.

Toutefois, il est difficile d'obtenir des données fiables sur ces deux chiffres dans le principal réservoir de population du virus, la province chinoise du Hubei. Depuis le début de la crise, les autorités chinoises travestissent les chiffres, changent la définition d'un malade, attribuent des décès à de simples "pneumonies". À Wuhan, les fours crématoires font des heures supplémentaires. Il est aussi possible, au vu de la déliquescence de la gestion administrative de la maladie, que certains Chinois cloitrés chez eux en guérissent ou en meurent dans l'anonymat le plus total.

En faisant un calcul sur la base des chiffres dont nous disposons, ce que les médias ne feront pas, on obtient un taux de mortalité de 9.5% environ. À titre de comparaison, la grippe saisonnière a un taux de mortalité de 0,3%. On est donc face à une menace trente fois plus létale - quelque chose à garder en tête face aux olibrius de service qui prétendront que "tout ça c'est comme la grippe".

Le virus se transmet facilement. Des gouttelettes suffisent (sueur, postillons). Le virus peut survivre jusqu'à neuf jours, déposé sur une surface. De nombreux porteurs du virus deviennent contagieux en ne présentant que des symptômes mineurs, voire pas de symptômes du tout. La traçabilité de la maladie est donc un défi pratiquement impossible à relever. Mesurer la température des passagers dans les aéroports est totalement inefficace pour empêcher la propagation de l'épidémie. Même les kit de détection ne sont pas fiables et ramène de nombreux faux négatifs - c'est-à-dire qu'ils ne parviennent même pas à détecter le Coronavirus chez une personne qui le porte.

Et la cerise sur le gâteau, même des individus guéris de la maladie peuvent être réinfectés.

Le virus ne vient pas du marché exotique de Wuhan

C'est sans doute la dernière révélation du moment - et elle met à mal tout le narrative que les autorités chinoises présentent depuis la naissance médiatique de l'épidémie. Le plus intéressant est que la nouvelle - que les chercheurs savaient déjà - est désormais présentée par le Global Times, la Pravda du régime communiste.

Si pour l'instant même le Global Times évite de poser la question qui fâche - d'où vient ce virus, finalement? - d'autres se la posent, naturellement. Une étude publiée sur ChinaXiv, un site de publication ouvert aux chercheurs, révèle que le Coronavirus a été introduit dans le marché aux fruits de mer depuis un autre lieu, et s'est ensuite étendu de marché en marché. Ces résultats viennent d'une analyse du génome du virus, des sources d'infection et de la route empruntée par 93 échantillons de Coronavirus collectées auprès de 12 pays sur quatre continents.

Le New York Post donne une version des faits qui demande à être confirmée, mais qui n'aurait rien de surprenant: le virus proviendrait d'un laboratoire chinois. Selon l'auteur,

"Les preuves désignent la recherche SARS-CoV-2 en cours à l'Institut de Virologie de Wuhan. Le virus serait sorti du laboratoire par le biais d'un chercheur infecté (...) Quel que soit le vecteur, les autorités de Beijing s'empressent aujourd'hui de corriger les problèmes sérieux dans la façon dont leurs laboratoires gèrent les pathogènes mortels. (...)

La Chine a lâché la peste sur son propre peuple. Il est trop tôt pour dire combien mourront en Chine et dans d'autres pays pour la gestion des laboratoires de microbiologie de leur gouvernement, mais le coût en vies humaines sera élevé.


La théorie du virus-échappé-du-laboratoire est un peu un passage obligé de toute pandémie, et le Coronavirus n'y ferait pas exception. Mais l'examen du virus révèle des gènes de SIDA au sein de son code génétique - raison pour laquelle, hors de toute polémique sur son origine, des traitements à base de médicaments anti-SIDA sont employés sur les malades.

Il est vrai que l'Institut de Virologie de Wuhan dispose d'un laboratoire de microbiologie de niveau 4, le plus élevé et correspondant à la manipulation des souches de virus les plus dangereuses, appelé le Laboratoire National de Biosécurité.

Est-ce qu'un virus malencontreusement disséminé depuis une installation spécialisée dans la virologie est une explication plus plausible qu'une soupe à la chauve-souris consommée sur un marché exotique? Chacun se fera son opinion. En tout cas, même l'outil de propagande officiel de Xi Jinping ne prétend plus que le virus vient d'un marché de Wuhan. Combien de temps nos médias s'en tiendront-ils à cette version?

Un aperçu de ce qui nous attend

L'absence de réponse adaptée de la part des gouvernements expose leurs populations à la maladie, quand ils n'importent pas directement des malades sur leur sol. Avec les politiciens qui nous gouvernent, on peut donc conclure que la plupart des pays seront touchés, sauf quelques rares exceptions.

Déjà, parce qu'il faut le préciser, l'Humanité survivra sans encombre au Coronavirus. Si l'entier de l'Humanité était touché et que 10% voire 20% des humains périssaient, cela ne nous ramènerait que quelques décennies en arrière en termes de population globale. Mais la traversée de cette épreuve ne se fera pas sans douleur.

De la progression de la maladie à la gestion de la crise par les autorités, il suffit de se tourner vers l'Est pour découvrir ce qui se passe. La Chine est un pays plus touché que tous les autres, mais dans la progression exponentielle de l'épidémie, elle a simplement de l'avance. Autrement dit, pour savoir ce qui nous attend, il suffit de regarder la Chine. La Chine nous donne un assez bon aperçu de ce que sera la situation dans les pays occidentaux touchés d'ici quelques mois - peut-être quelques semaines.

Dites adieu aux Jeux Olympiques de Tokyo, aux concerts, aux matches de foot en public et à de nombreuses autres choses - et encore ne s'agit-il là que des aspects les plus véniels de la crise à venir. Un prochain billet évoquera ce qui va vraiment changer.